<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Frantz Fanon &#8212; Sahel Tribune</title>
	<atom:link href="https://saheltribune.com/tag/frantz-fanon/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://saheltribune.com/tag/frantz-fanon/</link>
	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
	<lastBuildDate>Sun, 14 Jun 2026 21:16:13 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	

<image>
	<url>http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2021/04/cropped-logo-Sahel-Tribune_Plan-de-travail-1.jpg</url>
	<title>Archives des Frantz Fanon &#8212; Sahel Tribune</title>
	<link>https://saheltribune.com/tag/frantz-fanon/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
<site xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">192168702</site>	<item>
		<title>Fanon avait raison : comment le Sahel confirme sa critique du néocolonialisme 65 ans après</title>
		<link>https://saheltribune.com/fanon-avait-raison-comment-le-sahel-confirme-sa-critique-du-neocolonialisme-65-ans-apres/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/fanon-avait-raison-comment-le-sahel-confirme-sa-critique-du-neocolonialisme-65-ans-apres/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[AES]]></category>
		<category><![CDATA[Assimi Goïta]]></category>
		<category><![CDATA[Bassirou Diomaye Faye]]></category>
		<category><![CDATA[Burkina Faso]]></category>
		<category><![CDATA[décolonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Françafrique]]></category>
		<category><![CDATA[Frantz Fanon]]></category>
		<category><![CDATA[géopolitique africaine]]></category>
		<category><![CDATA[indépendance africaine]]></category>
		<category><![CDATA[Les Damnés de la Terre]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[néocolonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Niger]]></category>
		<category><![CDATA[sahel]]></category>
		<category><![CDATA[souveraineté africaine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=22834</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Soixante-cinq ans après Les Damnés de la Terre, les ruptures entre plusieurs États sahéliens et la France relancent le débat sur le néocolonialisme. Une analyse des thèses de Frantz Fanon à la lumière des transformations politiques du Sahel.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En 1961, Frantz Fanon écrivait que les indépendances africaines seraient confisquées par des bourgeoisies nationales servant de « courroie de transmission » entre les peuples africains et le capitalisme occidental. Entre 2021 et 2025, six pays africains ont mis fin aux accords militaires qui les liaient à la France depuis leur indépendance. Cette séquence historique n&rsquo;est pas une anomalie. C&rsquo;est la confirmation, données à l&rsquo;appui, de la prophétie fanonienne.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe des penseurs qui ont le malheur d&rsquo;avoir raison trop tôt. Frantz Fanon est de ceux-là. Né en Martinique en 1925, mort en 1961 à 36 ans d&rsquo;une leucémie foudroyante, il n&rsquo;a pas eu le temps de voir ses prophéties se réaliser. Mais en 2026, soixante-cinq ans après la publication des <em><a href="https://amzn.to/3QhEPga" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Damnés de la Terre</a></em>, la chronologie sahélienne offre la démonstration empirique la plus éclatante de la pertinence de son analyse : en quatre ans, six pays d&rsquo;Afrique subsaharienne ont mis fin aux accords militaires qui les liaient à la France depuis leur indépendance. Le décolonisateur imaginé par Fanon est arrivé. Il est en treillis et tient un micro.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que Fanon avait écrit — et que personne n&rsquo;avait vraiment lu</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le malentendu sur Fanon est vieux comme sa réception. On l&rsquo;a réduit à un théoricien de la violence — parce que Jean-Paul Sartre l&rsquo;a dit dans sa préface aux&nbsp;<em>Damnés de la Terre</em>, parce que la formule est commode et parce qu&rsquo;elle permet de ne pas lire le reste. Mais ce que Fanon dit dans ce texte est bien plus précis, bien plus structurel, et bien plus actuel que le seul éloge de la violence révolutionnaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa thèse centrale est une analyse de classe : après les indépendances, les élites africaines — ce qu&rsquo;il appelle la «&nbsp;<em>bourgeoisie nationale</em>&nbsp;» — ne rompront pas avec l&rsquo;ordre colonial. Elles s&rsquo;y substitueront. Elles prendront la place des administrateurs français, s&rsquo;installeront dans les palais gouvernementaux, signeront les mêmes accords que leurs prédécesseurs, et serviront d&rsquo;interface entre les populations africaines et le capitalisme occidental. Ce n&rsquo;est pas une décolonisation — c&rsquo;est une relève de garde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Dans la logique néocoloniale, la bourgeoisie nationale découvre sa mission historique : être la courroie de transmission entre la nation et un capitalisme camouflé. En vérité, la bourgeoisie nationale se contentera fort bien du rôle d&rsquo;agent d&rsquo;affaires de la bourgeoisie occidentale. »</em>, écrit Frantz Fanon dans&nbsp;<em>Les Damnés de la Terre</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette analyse, formulée en 1961, décrit avec une précision troublante ce que la recherche en science politique a documenté depuis sous le nom de «&nbsp;<em>Françafrique</em>&nbsp;» — ce réseau de relations entre les élites politiques françaises et africaines qui a permis à Paris de maintenir une influence déterminante sur ses anciennes colonies pendant plus de six décennies, bien après les indépendances formelles de 1960.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La Françafrique en chiffres : ce que Fanon n&rsquo;avait pas besoin d&rsquo;inventer</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%25C3%25A7afrique&amp;ved=2ahUKEwjQ77H1yYeVAxWidqQEHQGEBr4QFnoECB8QAQ&amp;usg=AOvVaw1V9JR6pusXARHW9ks8Iis_" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Françafrique</a> n&rsquo;est pas une théorie complotiste. C&rsquo;est un système documenté, qui repose sur trois piliers que les historiens et les journalistes d&rsquo;investigation ont largement décrits. Le premier est militaire : depuis les indépendances, la France a maintenu des bases permanentes et signé des accords de défense avec la quasi-totalité de ses anciennes colonies, lui permettant d&rsquo;intervenir militairement — de <a href="https://www.lefigaro.fr/histoire/il-y-a-40-ans-la-france-declenchait-l-operation-manta-au-tchad-20230809" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;opération Manta au Tchad en 1983</a> à <a href="https://www.irsem.fr/storage/file_manager_files/2025/03/infoveilles-25-mali-serval.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;opération Serval au Mali en 2013</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2014, l&rsquo;opération Barkhane déploie plus de 5 100 soldats français dans cinq pays sahéliens — Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie, Niger — pour combattre les groupes terroristes. Cette présence est présentée à Paris comme un acte de solidarité et un service rendu. Elle est vécue par une partie croissante des populations concernées comme une continuation de la tutelle coloniale par d&rsquo;autres moyens : des soldats étrangers qui opèrent sur un territoire, dont les commandements prennent des décisions qui engagent la vie des populations locales, sans mandat électif et sans contrôle démocratique africain.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Sahel comme cas d&rsquo;école fanonien : la bourgeoisie nationale dépassée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui s&rsquo;est produit au Mali en août 2020, au Burkina Faso en janvier et septembre 2022, au Niger en juillet 2023, n&rsquo;est pas — comme on l&rsquo;a souvent présenté dans les médias européens — simplement des coups d&rsquo;État militaires parmi d&rsquo;autres. C&rsquo;est la rupture de la classe politique civile qui avait jusqu&rsquo;alors assumé le rôle que Fanon avait assigné à la bourgeoisie nationale : gérer l&rsquo;interface avec l&rsquo;ancienne puissance coloniale, maintenir les accords de défense, accueillir les bases, laisser les sociétés françaises exploiter les ressources.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les gouvernements d&rsquo;Ibrahim Boubacar Keïta au Mali, de Roch Marc Christian Kaboré au Burkina Faso, de Mohamed Bazoum au Niger avaient tous maintenu les accords militaires avec Paris, accepté la présence de Barkhane, travaillé dans le cadre institutionnel hérité de la décolonisation française. Ils ont tous été renversés par des officiers militaires qui ont immédiatement annoncé une rupture avec ce cadre. Que l&rsquo;on approuve ou non les méthodes — et la question de la légitimité démocratique des régime militaires est réelle et sérieuse —, la logique fanonienne est là : la bourgeoisie nationale de service s&rsquo;est effondrée sous la pression des populations qui refusaient ce qu&rsquo;elle représentait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fanon écrivait que la décolonisation réelle ne serait pas un transfert de pouvoirs entre élites — mais une rupture. Le Sahel a produit des ruptures. La question est de savoir si elles tiennent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La thèse du néocolonialisme : ce que les données disent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;accusation de néocolonialisme est souvent rejetée en France comme un anachronisme ou une manipulation. Les données économiques et institutionnelles permettent de l&rsquo;examiner sans passion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le franc CFA — créé en 1945 comme «&nbsp;<em>franc des colonies françaises d&rsquo;Afrique</em>&nbsp;», rebaptisé «&nbsp;<em>franc de la Communauté financière africaine</em>&nbsp;» après les indépendances — a longtemps lié quatorze pays africains à la France par un mécanisme monétaire qui imposait la centralisation de 50 % des réserves de change auprès du Trésor français (ramené à 20 % en 2019). En échange, la convertibilité de la monnaie était garantie par Paris. Ce système, dont les économistes débattent encore des effets nets, a été vécu par beaucoup comme une dépendance monétaire constitutive — précisément ce que Fanon entendait par l&rsquo;absence d&rsquo;indépendance économique réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan militaire, la présence française en Afrique — entre 2013 et 2022 — s&rsquo;est traduite par le déploiement de plus de 5 000 soldats dans le cadre de Barkhane, une opération qui a duré neuf ans sans mettre fin aux insurrections terroristes. En 2021 seul, selon les données citées par Wikpédia dans l&rsquo;article sur le <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://fr.wikipedia.org/wiki/Retrait_militaire_fran%25C3%25A7ais_d%2527Afrique_de_l%2527Ouest&amp;ved=2ahUKEwjb6ZPzyoeVAxU7VqQEHc0oCugQFnoECCcQAQ&amp;usg=AOvVaw3e0pvYtkMNR2kCBlZ32Z0-" target="_blank" rel="noreferrer noopener">retrait militaire français d&rsquo;Afrique</a>, près de 6 000 personnes sont mortes de violences liées au conflit au Mali, au Burkina Faso et au Niger — pendant que Barkhane était déployée dans ces trois pays. Ce chiffre dit quelque chose sur l&rsquo;efficacité réelle de la protection offerte, et sur la légitimité de la contestation populaire qui s&rsquo;est développée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le Sénégal est un pays indépendant, c&rsquo;est un pays souverain, et la souveraineté ne s&rsquo;accommode pas de la présence de bases militaires dans un pays souverain. »</em>, expliquait Bassirou Diomaye Faye, le président de la République du Sénégal, en 2024 — cité par <a href="https://www.aa.com.tr/fr/afrique/le-pr%C3%A9sident-bassirou-diomaye-faye-plaide-pour-la-fermeture-des-bases-militaires-francaises-au-s%C3%A9n%C3%A9gal/3408388" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’Agence Anadolu</a>. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que Fanon appelle aujourd&rsquo;hui</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si Fanon vivait en 2026, que lirait-il dans la séquence sahélienne ? Il y verrait, je crois, la confirmation de son diagnostic sur la fragilité des indépendances formelles, et la réalité de la pression populaire pour une décolonisation substantielle. Il verrait aussi, avec sa lucidité habituelle, les dangers d&rsquo;une rupture qui se refermerait sur elle-même — une décolonisation capturée non plus par une bourgeoisie pro-française, mais par une caste militaire pro-russe, avec les mêmes populations qui attendent toujours l&rsquo;émancipation réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://histoirecoloniale.net/fanon-un-film-de-jean-claude-barny/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">film Fanon de Jean-Claude Barny</a>, sorti en salles le 2 avril 2025, a produit un regain d&rsquo;intérêt pour sa pensée dans les milieux intellectuels francophones. Ce regain est salutaire — à condition de ne pas se limiter à l&rsquo;hommage. Relire Fanon aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est refuser de choisir entre le néocolonialisme français et ses alternatives autoritaires. C&rsquo;est exiger davantage : des ruptures qui tiennent, des États qui respectent leurs peuples, des souverainetés qui ne soient pas des cages dorées sous d&rsquo;autres drapeaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela, Fanon l&rsquo;avait écrit aussi. Il faut relire les Damnés de la Terre jusqu&rsquo;à la dernière page.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/fanon-avait-raison-comment-le-sahel-confirme-sa-critique-du-neocolonialisme-65-ans-apres/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">22834</post-id>	</item>
	</channel>
</rss>
