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	<title>Archives des France Mali tensions &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Mali : annulation du bac français, une décision sécuritaire ou diplomatique ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 May 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La France annule les épreuves du brevet et du baccalauréat dans les établissements français du Mali pour raisons sécuritaires. Une décision controversée qui interroge l’équité entre élèves et le contexte diplomatique franco-malien.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le ministère de l&rsquo;Éducation nationale a annoncé le 12 mai l&rsquo;annulation de toutes les épreuves du brevet et du baccalauréat dans les établissements français du Mali, au nom de la «&nbsp;situation sécuritaire&nbsp;». Une décision présentée comme un geste de protection. Qui ressemble davantage à un aveu d&rsquo;impuissance diplomatique — et soulève des questions sérieuses d&rsquo;équité.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un communiqué de quelques paragraphes, rédigé dans la langue froide des circulaires administratives. Mais pour des centaines d&rsquo;élèves du Lycée Liberté de Bamako et des autres établissements français du Mali, il a l&rsquo;effet d&rsquo;une douche froide : pas de brevet, pas de bac, pas d&rsquo;épreuves en juin. À la place, les moyennes annuelles du livret scolaire feront foi. Et pour les candidats individuels — ceux qui ne sont pas inscrits dans un établissement homologué — rendez-vous en septembre pour une session de remplacement, si tout va bien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Édouard Geffray, ministre de l&rsquo;Éducation nationale, a décidé «&nbsp;<em>de mettre en place des aménagements d&rsquo;examen&nbsp;</em>» pour les candidats au Mali, en raison, dit le texte, «&nbsp;<em>des événements en cours&nbsp;</em>». La formule est remarquablement vague pour une décision qui affecte concrètement l&rsquo;avenir scolaire de jeunes gens dont le seul tort est de résider dans un pays avec lequel Paris entretient des relations diplomatiques au plus bas depuis des décennies.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Mali rangé entre l&rsquo;Irak et l&rsquo;Iran</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier problème de ce communiqué est son périmètre. Le Mali est classé dans la même liste que Bahreïn, les Émirats arabes unis, l&rsquo;Irak, l&rsquo;Iran, Israël, le Koweït, le Liban et le Qatar. Soit des pays en guerre ouverte, sous bombardements, traversés par des conflits armés actifs impliquant des puissances régionales et internationales. Le Proche et le Moyen-Orient vivent une séquence particulièrement violente depuis mars 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et le Mali dans tout ça ? La situation sécuritaire au Sahel est sérieuse, nul ne le conteste. Les groupes terroristes actifs dans les régions de Mopti, Gao et Tombouctou font peser une menace réelle. Mais Bamako, la capitale, où est concentré l&rsquo;essentiel du réseau scolaire français, n&rsquo;est pas Beyrouth sous les bombes. Mettre le Mali sur le même plan que des zones de guerre actives, c&rsquo;est soit une erreur d&rsquo;analyse, soit un choix politique qui ne dit pas son nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car il faut rappeler le contexte : depuis le départ de l’armée française du Mali, les relations franco-maliennes ont atteint un point de rupture inédit. En août 2025, les autorités maliennes ont arrêté un citoyen français à Bamako, pour complot de déstabilisation du pays. La France a contesté ces faits, les qualifiant d&rsquo;infondées. En septembre, Paris a annoncé la suspension de sa coopération antiterroriste avec le Mali et ordonné le départ de deux diplomates maliens. En réponse, Bamako a déclaré persona non grata cinq personnels de l&rsquo;ambassade française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte de brouille diplomatique majeure, la décision du 12 mai sur les examens ne peut pas être lue indépendamment du reste. Quand le politique se détériore, ce sont toujours les élèves qui paient.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une inégalité de traitement criante</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le second problème est une question d&rsquo;équité élémentaire. Le dispositif mis en place distingue deux catégories d&rsquo;élèves, dont les destins divergent radicalement. Les élèves scolarisés dans un établissement français homologué — en clair, les enfants de familles disposant des ressources nécessaires pour accéder au réseau de l&rsquo;Agence pour l&rsquo;enseignement français à l&rsquo;étranger (AEFE) — se voient attribuer leurs moyennes annuelles, sans épreuves. Leur diplôme est validé, leur année préservée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les candidats sous statut individuel — souvent des élèves maliens ou des familles moins aisées qui ont préparé l&rsquo;examen en dehors des établissements homologués — devront se présenter à une session de remplacement en septembre 2026. Quatre mois supplémentaires d&rsquo;attente, d&rsquo;incertitude, de stress. Quatre mois pendant lesquels les inscriptions en classe supérieure seront probablement déjà fermées, les places en université déjà prises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le communiqué du ministère ne s&rsquo;attarde pas sur cette asymétrie. Elle est pourtant fondamentale : une même décision de «&nbsp;<em>protection</em>&nbsp;» produit des effets radicalement inégaux selon que l&rsquo;on appartient ou non au réseau privilégié de l&rsquo;enseignement français à l&rsquo;étranger.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;équité du bac, un principe à géométrie variable</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La France est attachée, en principe, à l&rsquo;universalité de ses diplômes. Le baccalauréat est présenté comme un rite républicain, le même pour tous, de Dunkerque à Bamako. Cette décision en révèle l&rsquo;envers : l&rsquo;égalité des chances s&rsquo;arrête aux frontières du réseau AEFE et de sa sécurité institutionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le SNES-FSU, principal syndicat des enseignants du secondaire, note que la situation sécuritaire au Mali «&nbsp;<em>depuis plusieurs mois</em>&nbsp;» a perturbé le déroulement des cours — interruptions, enseignement à distance — et les conditions psychologiques de préparation des élèves comme des personnels. Il reconnaît néanmoins que la décision du ministère est intervenue «&nbsp;<em>tardivement</em>&nbsp;». Tardivement : le mot est dit. Les enseignants du réseau le savent, eux qui ont maintenu des cours dans des conditions difficiles pendant des mois, sans que Paris ne prenne la mesure de leur situation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il aurait sans doute été possible d&rsquo;organiser les épreuves dans des conditions adaptées, avec des centres sécurisés, comme cela s&rsquo;est fait dans d&rsquo;autres contextes tendus. Il aurait été possible d&rsquo;étendre les aménagements à tous les candidats, sans distinction de statut. Il aurait été possible, aussi, d&rsquo;agir bien plus tôt, dès lors que la détérioration de la situation était connue.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que cette décision révèle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que ce communiqué révèle, en filigrane, c&rsquo;est l&rsquo;état des relations franco-maliennes. La rupture entre Paris et Bamako s&rsquo;est accélérée depuis le retrait des forces françaises du Mali en 2022 et le rapprochement de Bamako avec Moscou. Depuis, les relations bilatérales se sont réduites comme peau de chagrin, au point que maintenir un dispositif d&rsquo;examen normal dans les établissements français du Mali soit devenu — ou soit présenté comme — une impossibilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France reste pourtant un partenaire économique majeur pour le Mali, premier employeur privé étranger direct, premier en nombre d&rsquo;entreprises présentes dans le pays, et premier contributeur étranger aux recettes gouvernementales à hauteur de 20 %. Les liens humains, économiques et culturels entre les deux pays restent profonds, quoi qu&rsquo;en disent les gesticulations diplomatiques des uns et des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément pourquoi la décision du 12 mai est révélatrice d&rsquo;une impasse : Paris ne sait plus comment gérer sa relation avec Bamako, et c&rsquo;est l&rsquo;institution scolaire — censée être au-dessus des brouilles politiques — qui en fait les frais. Les élèves du Lycée Liberté de Bamako n&rsquo;ont voté ni pour Assimi Goïta, ni pour aucun gouvernement français. Ils voulaient juste passer leur bac.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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