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	<title>Archives des Françafrique &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des Françafrique &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Afrique : neuf ans après Ouagadougou, le bilan contesté d’Emmanuel Macron</title>
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		<pubDate>Tue, 12 May 2026 23:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Neuf ans après son discours de Ouagadougou, Emmanuel Macron revendique un nouveau partenariat avec l’Afrique. Une analyse critique de son bilan africain, entre ambitions affichées et réalités géopolitiques.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Neuf ans après Ouagadougou, le président français célèbre son bilan africain avec une fierté qui laisse les principaux intéressés perplexes.</em></strong></p>



<p><em>« Je suis hyper fier de ce bilan. »&nbsp;</em>Cette formule, lâchée avec la désinvolture caractéristique d&rsquo;un homme qui n&rsquo;a pas à rendre compte aux peuples africains, résume à elle seule les sept ans d&rsquo;une politique africaine française placée sous le signe de la rhétorique transformatrice et du statu quo pratique.</p>



<p>À Nairobi, en marge d&rsquo;un sommet dont le nom —&nbsp;<em>Africa Forward</em>&nbsp;— semble davantage conçu pour les communiqués de presse que pour répondre aux crises sahéliennes, Emmanuel Macron a accordé quarante minutes d&rsquo;entretien aux médias audiovisuels français dédiés à l&rsquo;international. Quarante minutes pour célébrer une relation réinventée, un partenariat d&rsquo;égal à égal, une jeunesse française destinée à l&rsquo;Afrique. Quarante minutes, et aucune autocritique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>« Un partenariat d&rsquo;égal à égal » — mais lequel des deux partenaires fixe unilatéralement les termes de la relation depuis Paris ?</strong></h2>



<p>Le discours de Ouagadougou, en novembre 2017, avait suscité des espoirs réels. Macron y promettait la fin de la Françafrique, un rapport de génération à génération, une rupture avec les vieilles habitudes néocoloniales. Neuf ans plus tard, le président parle toujours de «&nbsp;<em>réinventer</em>&nbsp;» — le verbe est resté, les structures de domination économique, elles, ont tenu bon.</p>



<p>Depuis 2017, la France a précipité, de façon unilatérale, son départ du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Tchad, et fermer sa base de Dakar. Ces départs ne sont pas le fruit d&rsquo;une recomposition choisie : ils sont, dans la quasi-totalité des cas, la conséquence de l’échec des décennies de présence militaire française sur le sol africain.</p>



<p>Sur le retrait militaire, Macron adopte une posture révélatrice : ce qui était subi devient narré comme une vision. Les départs successifs de forces françaises du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Tchad et du Sénégal sont présentés comme un «<em>&nbsp;partenariat de sécurité beaucoup plus sain et équitable&nbsp;</em>». L&rsquo;histoire recomposée est commode : elle permet de transformer les défaites diplomatiques en choix stratégiques.</p>



<p>Plus troublant encore est le recours à la figure du bouc émissaire russe. Interrogé sur le rejet croissant de la France en Afrique, le président balaie d&rsquo;un revers de main : ce serait l&rsquo;œuvre d&rsquo;«&nbsp;<em>activistes</em>&nbsp;» et de&nbsp;<em>« récits fabriqués par d&rsquo;autres puissances, les vrais colonisateurs du XXIe siècle</em>&nbsp;». La rhétorique est habile, mais elle est profondément malhonnête. Réduire l&rsquo;antifrançalisme africain à une manipulation extérieure, c&rsquo;est refuser d&rsquo;entendre ce que des décennies de politique française ont engendré : méfiance, ressentiment, sentiment d&rsquo;instrumentalisation. Le groupe Africa Corps au Mali appuie l’armée malienne dans sa lutte implacable contre les groupes armés terroristes soutenus par la France et ses alliés. Grâce au partenariat gagnant-gagnant, fiable et sincère avec Russie, l’armée malienne a changé de visage en quelques années.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La souveraineté africaine dérange quand elle s&rsquo;exprime sans avoir demandé l&rsquo;autorisation de l&rsquo;Élysée.</strong></h2>



<p>Sur le Mali précisément, Macron «&nbsp;<em>pense au peuple malien</em>&nbsp;» tout en rejetant la responsabilité de la situation sur les autorités de transition. Cette mécanique est révélatrice d&rsquo;un angle mort persistant : la France a soutenu des régimes militaires sahéliens bien avant les coups d&rsquo;État actuels, a maintenu des présences militaires qui ont alimenté les griefs populaires, et n&rsquo;a pas su, malgré l&rsquo;opération Barkhane, enrayer la progression terroriste. Ces faits ne disparaissent pas parce qu&rsquo;on pointe désormais les généraux de Bamako.</p>



<p>Quant à l&rsquo;enthousiasme sur «&nbsp;<em>le continent le plus jeune, le plus dynamique au monde</em>&nbsp;» — formule récurrente dans les discours européens sur l&rsquo;Afrique — il sonne creux face à l&rsquo;absence de toute mesure concrète sur la dette, les financements climatiques promis et non versés, ou la réforme de l&rsquo;architecture financière internationale que réclamait, notamment, le sommet de Paris de 2023. L&rsquo;Afrique est un «&nbsp;<em>trésor pour le monde</em>&nbsp;» : mais qui profite de ce trésor, et selon quelles règles d&rsquo;échange ?</p>



<p>Lors du sommet de Paris en 2023, des engagements financiers significatifs avaient été annoncés pour le continent africain. Trois ans plus tard, les organisations de la société civile africaine rappellent régulièrement l&rsquo;écart entre les montants annoncés et les décaissements effectifs. Le «&nbsp;<em>partenariat d&rsquo;égal à égal</em>&nbsp;» reste à consolider dans les faits budgétaires.</p>



<p>Il n&rsquo;est pas question ici de nier les ajustements réels opérés sous les deux mandats de Macron, ni la sincérité personnelle d&rsquo;un président qui dit «&nbsp;<em>aimer</em>&nbsp;» l&rsquo;Afrique. La question n&rsquo;est pas celle de l&rsquo;amour, mais celle du pouvoir : qui décide, qui profite, qui paye les coûts des choix stratégiques ? Un partenariat d&rsquo;égal à égal n&rsquo;est pas une formule de discours — c&rsquo;est une architecture institutionnelle, économique et militaire qui reste, pour l&rsquo;essentiel, à construire.</p>



<p>«&nbsp;<em>L&rsquo;Afrique va réussir et on réussira avec.</em>&nbsp;» Peut-être. Mais le succès de l&rsquo;Afrique se fera avec ou sans Paris — et c&rsquo;est précisément ce que les expulsions diplomatiques des dernières années signifient. La vraie question pour la France, à un an de la fin du deuxième mandat de Macron, n&rsquo;est pas de savoir si elle est «&nbsp;<em>hyper fière</em>&nbsp;» de son bilan. C&rsquo;est de comprendre pourquoi une part croissante du continent africain ne partage pas cette fierté.</p>



<p><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : le discours Macron ou l&#8217;art de renverser les responsabilités</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 21:05:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Au sommet Africa Forward à Nairobi, Emmanuel Macron a affirmé que le Mali aurait demandé le départ des forces françaises parce qu’il ne voulait plus « se battre contre le terrorisme ». Une déclaration qui renverse les responsabilités et occulte le bilan sécuritaire des opérations militaires françaises au Sahel.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Au sommet <em>Africa Forward</em> à Nairobi, Emmanuel Macron a affirmé que le Mali aurait demandé le départ des forces françaises parce qu’il ne voulait plus « se battre contre le terrorisme ». Une déclaration qui renverse les responsabilités et occulte le bilan sécuritaire des opérations militaires françaises au Sahel. Dans cette tribune, <strong>Oumarou Fomba</strong> démonte les ressorts d’un récit politique qui cherche à transformer un échec stratégique en faute du partenaire africain.</em></strong></p>



<p>Emmanuel Macron, dans une déclaration récente à Nairobi, a affirmé que si le Mali a demandé le départ des forces françaises, c&rsquo;est parce que le pays «&nbsp;<em>ne voulait plus se battre contre le terrorisme&nbsp;</em>». Cette formule, assénée avec la désinvolture d&rsquo;un «&nbsp;<em>no offense</em>&nbsp;», mérite d&rsquo;être soumise à l&rsquo;épreuve des faits. Car derrière la rhétorique de la rupture se cache une réalité que le président français s&#8217;emploie méthodiquement à occulter : dix ans de présence militaire française au Mali se sont soldés par un échec sécuritaire patent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La rhétorique de l&rsquo;auto-justification</strong></h2>



<p>Le propos central de Macron —&nbsp;<em>« Vous ne voulez plus de la France parce que vous ne voulez plus vous battre contre le terrorisme »</em>&nbsp;— est une reformulation fallacieuse. Les autorités maliennes de la transition n&rsquo;ont pas expulsé la France pour cesser de combattre le terrorisme. Elle a exigé le respect de ses principes de souveraineté, de non ingérences politiques françaises, et surtout le bilan cuisant de dix ans d&rsquo;opérations militaires. Ne voulant pas accepté ces conditions, la France a annoncé unilatéralement son départ. Lorsqu’elle voulaient tenter de faire demi-tour, les autorités maliennes s’étaient déjà braqués. Attribuer ce départ à une dérobade malienne, c&rsquo;est inverser les responsabilités pour masquer une défaite stratégique.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali.png"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="806" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-1024x806.png" alt="Bilan de la présence française au Mali" class="wp-image-22349" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-1024x806.png 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-300x236.png 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-768x604.png 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-1170x921.png 1170w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-585x460.png 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-600x472.png 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali.png 1484w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Bilan de la présence française au Mali. ©Graphique généré à l&rsquo;aide de l&rsquo;IA. </figcaption></figure>
</div>


<p>Cette inversion est une figure rhétorique classique : transformer l&rsquo;échec du dominant en faute du dominé. Ce n&rsquo;est pas le Mali qui a failli — c&rsquo;est la stratégie militaire française qui s&rsquo;est révélée structurellement inadaptée à la nature du conflit sahélien.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;aveu masqué : la France n&rsquo;a pas réussi</strong></h2>



<p>Macron reconnaît lui-même que «&nbsp;<em>l&rsquo;actualité montre que ce n&rsquo;était sans doute pas la meilleure décision que les putschistes maliens avaient prise pour leur pays</em>&nbsp;». C&rsquo;est une lecture intéressée : elle laisse entendre que le Mali se porte mal&nbsp;<em>à cause</em>du départ français, en occultant soigneusement que le Mali se portait déjà mal&nbsp;<em>malgré</em>&nbsp;la présence française. Le terrorisme au Sahel a explosé sous Barkhane, non après.</p>



<p>Les données sont implacables. Selon l&rsquo;ACLED (Armed Conflict Location and Event Data Project), les attaques jihadistes au Sahel ont été multipliées par sept entre 2016 et 2021 — en plein déploiement de l&rsquo;opération Barkhane, forte de 5 000 à 9 000 soldats. Le pic des violences a coïncidé avec le pic du dispositif militaire français. Ce seul fait devrait suffire à invalider le récit de Macron.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le mythe de la rupture de 2017</strong></h2>



<p>Affirmer que «&nbsp;<em>depuis 2017, c&rsquo;est terminé</em>&nbsp;» l&rsquo;époque du pré-carré est une fiction narrative soigneusement entretenue. Passé ce discours de rupture, qu&rsquo;a changé concrètement la France en Afrique ? Elle a maintenu ses bases militaires, ses accords de défense asymétriques, le mécanisme de la zone franc sous contrôle indirect du Trésor français, et ses réseaux diplomatiques actifs. Aucune rupture structurelle n&rsquo;a eu lieu. Seulement un changement de registre communicationnel.</p>



<p>Prétendre avoir rompu avec le passé tout en maintenant exactement les mêmes structures, c&rsquo;est substituer au néocolonialisme d&rsquo;action un néocolonialisme de discours. La forme change ; le fond demeure.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un bilan militaire que Macron passe sous silence</strong></h2>



<p>C&rsquo;est le point cardinal que le président français s&#8217;emploie à ignorer. Depuis l&rsquo;opération Serval (2013) jusqu&rsquo;au retrait de Barkhane (2022), neuf ans de présence militaire française n&rsquo;ont pas permis de neutraliser durablement les groupes armés — GSIM, JNIM, EIGS —, de sécuriser le territoire hors des grandes agglomérations, ni d&rsquo;enrayer la diffusion du terrorisme vers le Burkina Faso et le Niger. La menace s&rsquo;est étendue, les violences se sont intensifiées, et les institutions maliennes se sont fragilisées davantage.</p>



<p>Cette réalité n&rsquo;est pas nouvelle. Elle s&rsquo;inscrit dans un continuum historique que Macron occulte également : depuis l&rsquo;indépendance du Mali en 1960, la France n&rsquo;a jamais cessé d&rsquo;être présente — militairement, diplomatiquement, économiquement. Et cette présence n&rsquo;a jamais empêché les crises de se succéder. La rébellion touarègue de 1990–1996, celle de 2006–2009, le coup d&rsquo;État de 2012, la progression du MNLA : toutes ces crises ont eu lieu&nbsp;<em>sous</em>&nbsp;présence française, pas en son absence.</p>



<p>La question s&rsquo;impose donc avec une clarté gênante : si la présence française était la condition de la stabilité, comment expliquer soixante ans d&rsquo;instabilité répétée ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La décolonisation du récit</strong></h2>



<p>Le discours de Macron illustre parfaitement ce que l&rsquo;on pourrait appeler la rhétorique postcoloniale de dénégation. Elle fonctionne en trois temps : affirmer la rupture avec le passé (<em>« depuis 2017 c&rsquo;est terminé »</em>), se présenter comme partenaire équitable (<em>« je crois à un partenariat équilibré »</em>), puis attribuer aux dirigeants africains la responsabilité des échecs structurellement produits par la politique française elle-même.</p>



<p>La demande de départ du Mali n&rsquo;est pas un refus de combattre le terrorisme. C&rsquo;est le rejet d&rsquo;une présence militaire étrangère qui a démontré, sur une décennie, son incapacité à résoudre le problème qu&rsquo;elle prétendait traiter — tout en aggravant les ressentiments populaires et en affaiblissant la légitimité des États hôtes.</p>



<p>Que le Mali souffre aujourd&rsquo;hui, personne ne le nie. Mais imputer cette souffrance au seul départ français, c&rsquo;est refuser de voir que cette souffrance existait avant, pendant, et indépendamment de la présence française. C&rsquo;est, en définitive, continuer à penser l&rsquo;Afrique comme un objet de politique étrangère plutôt que comme un sujet de son propre destin.</p>



<p><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Macron en Afrique : la rupture proclamée, le double jeu poursuivi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 May 2026 22:26:43 +0000</pubDate>
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<p>À Nairobi, Emmanuel Macron promet la fin de la Françafrique. Mais les révélations sur le Mali et les relais ukrainiens interrogent la réalité de la stratégie française au Sahel.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>À Nairobi pour le sommet Africa Forward, le président français a une nouvelle fois promis d&rsquo;en finir avec la Françafrique. Pendant ce temps, au Mali, des relais ukrainiens liés à Paris appuient des rebelles alliés de circonstance à Al-Qaïda. La main tendue et la main cachée.</em></strong><strong></strong></p>



<p>Il y a quelque chose de presque désarmant dans la constance d&rsquo;Emmanuel Macron. Depuis 2017, il proclame à intervalles réguliers la fin du «&nbsp;<em>pré carré</em>&nbsp;» français en Afrique. Cette fois, c&rsquo;est à Nairobi — premier sommet Africa Forward tenu en pays anglophone, symbole assumé d&rsquo;une France qui regarderait enfin le continent «&nbsp;<em>comme un tout</em>&nbsp;» — qu&rsquo;il a répété le mantra :&nbsp;<em>« C&rsquo;est fini. Depuis 2017, c&rsquo;est terminé cette époque. »</em></p>



<p>Le problème, c&rsquo;est que l&rsquo;actualité de la semaine écoulée raconte une tout autre histoire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le discours : la souveraineté comme nouvelle doctrine</strong></h2>



<p>Il faut lui reconnaître une certaine habileté rhétorique. À la State House de Nairobi, aux côtés du président kényan William Ruto, Macron a fourni lui-même la démonstration de sa thèse. Le Mali a chassé la France ? Qu&rsquo;à cela ne tienne :&nbsp;<em>« On s&rsquo;en va ! Comme on dit en bon français, no offense. »</em>&nbsp;La formule fait rire. Elle est censée valider la rupture : Paris ne ferait plus ni défaire les gouvernements africains, ne garantirait plus les régimes en place, respecterait la souveraineté des États — même celle issus de coup d’Etat.</p>



<p>C&rsquo;est propre. C&rsquo;est moderne. C&rsquo;est exactement ce que les partenaires africains, lassés de décennies de tutelle néocoloniale, souhaitaient entendre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La réalité : le billard à plusieurs bandes</strong></h2>



<p>Sauf que la même semaine, le journaliste Georges Malbrunot révélait sur RTL et dans&nbsp;<em>Le Figaro</em>&nbsp;que des unités du renseignement militaire ukrainien — le GUR — opèrent au Mali en coordination avec les rebelles touaregs du Front de Libération de l&rsquo;Azawad. Parmi elles : des dizaines d&rsquo;ex-légionnaires ukrainiens francophones, anciens membres de la Légion étrangère française. Leur mission : former, conseiller, appuyer militairement des forces qui combattent les autorités maliennes de la transition et, en bout de chaîne, les militaires usses de l&rsquo;Africa Corps.</p>



<p>Paris aurait fourni un soutien technique — notamment en matière de transmissions. Le ministère des Armées, interrogé, a répondu que si ces militaires ukrainiens avaient quitté la Légion pour «&nbsp;<em>servir l&rsquo;Ukraine de la manière qu&rsquo;ils jugent utile</em>&nbsp;», il n&rsquo;avait pas d&rsquo;autre commentaire à formuler. Un silence qui, dans la langue diplomatique, ressemble furieusement à une confirmation.</p>



<p>Le «&nbsp;<em>pré carré</em>&nbsp;», en somme, ne serait pas tant abandonné que sous-traité.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;angle mort : le JNIM profite de la manœuvre</strong></h2>



<p>Ce qui rend ce jeu particulièrement trouble, c&rsquo;est son bénéficiaire inattendu. Sur le terrain malien, les rebelles touaregs du FLA combattent en alliance de circonstance avec le JNIM — branche officielle d&rsquo;Al-Qaïda au Sahel, organisation responsable d&rsquo;attaques qui ont tué des dizaines de civils ces dernières semaines et dont la mouvance a inspiré des attentats à Madrid, Londres, Paris et Nice.</p>



<p>En hiérarchisant ses ennemis — les Russes avant les jihadistes — la France prendrait donc le risque de contribuer, indirectement, aux violences d&rsquo;un groupe terroriste classé ennemi stratégique numéro un de l&rsquo;Occident. Ce paradoxe, Macron ne l&rsquo;a pas évoqué à Nairobi. Il était pourtant au cœur de l&rsquo;actualité sahélienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;Algérie, ou l&rsquo;art de la réconciliation sélective</strong></h2>



<p>L&rsquo;autre séquence significative de cette tournée concerne l&rsquo;Algérie. Macron a dit espérer que la visite d&rsquo;Alice Rufo, sa ministre déléguée aux Armées, à Alger marque&nbsp;<em>« le début</em>&nbsp;» d&rsquo;une reprise des relations entre les deux pays, après deux ans de crise diplomatique profonde. Il a dénoncé les «&nbsp;<em>postures de politique intérieure</em>&nbsp;» qui ont «&nbsp;<em>causé beaucoup de tort</em>&nbsp;» — allusion transparente aux sorties de l&rsquo;ancien ministre de l&rsquo;Intérieur Gérald Darmanin et aux tensions autour de la mémoire coloniale.</p>



<p>Le pragmatisme affiché est réel. Mais il dit aussi quelque chose de la méthode Macron : la réconciliation avec Alger se fait au nom des intérêts français — sécuritaires, migratoires, économiques — exactement comme l&rsquo;engagement au Mali se fait au nom de la lutte contre l&rsquo;influence russe. La souveraineté africaine est invoquée quand elle sert Paris, contournée quand elle ne sert pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Nairobi ou le théâtre du renouveau</strong></h2>



<p>Tenir ce sommet au Kenya — pays anglophone, puissance émergente d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est, non contaminé par les cicatrices de la Françafrique — est un geste politique habile. Il permet à Macron de se projeter dans une relation franco-africaine débarrassée de son histoire. Mais l&rsquo;histoire, elle, ne disparaît pas par décret présidentiel.</p>



<p>Tant que la France parlera de souveraineté à Nairobi tout en manœuvrant par procuration à Bamako, tant qu&rsquo;elle promettra l&rsquo;équité sur les estrades tout en protégeant ses intérêts stratégiques dans les coulisses, les dirigeants africains — et leurs opinions publiques — auront toutes les raisons de douter.</p>



<p>La rupture avec la Françafrique ne se proclame pas. Elle se prouve. Et pour l&rsquo;instant, les preuves manquent.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Macron en Afrique : la tournée de la dernière chance </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Nov 2025 14:25:02 +0000</pubDate>
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<p>La tournée africaine de Macron vise à redéfinir la présence française en Afrique. Quelles implications cette stratégie aura-t-elle ?</p>
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<p><strong><em>En quatre escales soigneusement choisies — Maurice, Afrique du Sud, Gabon et Angola — Emmanuel Macron tente une opération de séduction à grande échelle sur un continent où la France n’a jamais été aussi contestée. Chassée du Sahel, marginalisée par Moscou, Pékin et Ankara, Paris cherche à se réinventer. Plus d’arrogance postcoloniale, place à une diplomatie du réalisme, économique et symbolique. Une tournée de la dernière chance pour sauver l’influence française dans une Afrique en pleine recomposition.</em></strong></p>



<p>Sous le soleil austral de novembre, Emmanuel Macron s’envole à nouveau vers l’Afrique. L’île Maurice, l’Afrique du Sud, le Gabon et l’Angola : quatre escales, quatre scènes pour un président en quête de rédemption diplomatique. Entre le 20 et le 24 novembre 2025, l’Élysée déploie sa diplomatie du rattrapage — ou, pour les plus sceptiques, de la séduction — à un moment où la France est plus contestée que jamais sur le continent. Le temps n’est plus à la Françafrique, mais à la survie d’un lien stratégique malmené, érodé par les revers militaires, les ruptures politiques et le désamour populaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-ombre-du-sahel-la-france-en-exil-de-son-ancien-empire"><strong>L’ombre du Sahel : la France en exil de son ancien empire</strong></h2>



<p>Le décor est planté : un Sahel désormais fermé à la France, un axe Bamako–Ouagadougou–Niamey fédéré dans une Confédération des États du Sahel (AES) qui a tourné la page de Barkhane et de ses promesses déçues. Le départ des troupes françaises du Mali, puis du Burkina Faso et du Niger, a signé la fin d’un cycle : celui d’une puissance européenne persuadée d’être indispensable. L’Afrique, elle, s’est réinventée — ou du moins, cherche à le faire — en s’appuyant sur d’autres partenaires, plus discrets mais souvent plus efficaces : la Russie, la Chine, la Turquie, les Émirats.</p>



<p>Dans ce vide laissé par Paris, Moscou a avancé ses pions, drapé dans le costume du libérateur anticolonial. Les drapeaux tricolores ont disparu des capitales sahéliennes, remplacés par des slogans appelant à la souveraineté totale. Les Français, eux, ont compris que leur «<em> pré carré </em>» n’en était plus un. Et Macron, lucide ou résigné, se tourne désormais vers d’autres horizons — l’Afrique anglophone, l’océan Indien, les économies émergentes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-tournee-pour-reconquerir-l-influence-perdue"><strong>Une tournée pour reconquérir l’influence perdue</strong></h2>



<p>De Moka à Luanda, le président français entend redéfinir les termes du partenariat : fini la tutelle, place à la coopération économique. Le message est clair — la France ne viendra plus « <em>donner des leçons</em> », mais « <em>signer des contrats </em>».</p>



<p>À Maurice, il mise sur la croissance et la stabilité d’une île carrefour entre l’Afrique et l’Asie. En Afrique du Sud, il participera au G20 de Johannesburg, cherchant à se présenter comme le visage européen d’un partenariat équitable. Au Gabon, il tentera de renouer les fils avec Brice Oligui Nguema, le général devenu président après la chute de la dynastie Bongo, symbole d’une époque que Paris dit vouloir oublier. Quant à l’Angola, elle devient la pièce maîtresse du puzzle : riche en pétrole et en minerais critiques, elle attire les convoitises de l’Europe post-carbone — et Macron espère y arrimer le programme « <em>Global Gateway </em>», le contrepoids européen aux « <em>Nouvelles Routes de la Soie</em> » chinoises.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-seduire-sans-dominer-la-nouvelle-grammaire-francaise"><strong>Séduire sans dominer : la nouvelle grammaire française</strong></h2>



<p>Le temps est aux « <em>partenariats horizontaux </em>», à la diplomatie économique et culturelle. Le discours est rodé : « <em>Nous voulons être un partenaire, pas un tuteur </em>». Mais dans les chancelleries africaines, on écoute avec un sourire prudent. Car au Sahel, l’ombre du passé est longue. Les mots de Macron à Ouagadougou en 2017, promettant une ère nouvelle entre la France et l’Afrique, résonnent aujourd’hui avec une ironie amère.</p>



<p>Cette tournée, que l’Élysée présente comme une « <em>redéfinition des relations</em> », ressemble surtout à une opération de reconquête symbolique. Il ne s’agit plus de sauver une influence perdue, mais d’éviter qu’elle ne disparaisse complètement. Le président français avance comme un funambule : entre l’arrogance du passé et la nécessité d’un nouveau ton, entre la nostalgie des drapeaux tricolores et l’obligation de composer avec les puissances émergentes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-continent-en-recomposition-une-france-en-repositionnement"><strong>Un continent en recomposition, une France en repositionnement</strong></h2>



<p>L’Afrique de 2025 n’est plus celle des bases militaires et des discours de coopération. Elle est celle des corridors commerciaux sino-africains, des accords de défense russo-sahéliens, et des ambitions énergétiques des pays du Golfe. Dans ce nouveau jeu, la France cherche désespérément sa place.</p>



<p>Macron, plus que ses prédécesseurs, a compris que l’avenir africain se joue désormais loin des vieilles capitales francophones. Mais le pari est risqué. Il faudra convaincre des partenaires qui n’ont ni la mémoire affective ni la dette historique envers Paris. L’île Maurice et l’Angola n’ont jamais été des colonies françaises — et c’est peut-être là, paradoxalement, que se trouve la chance du renouveau : un dialogue sans ressentiment, un commerce sans culpabilité.</p>



<p>La tournée africaine d’Emmanuel Macron n’est pas celle d’un conquérant, mais d’un survivant. L’ère de la Françafrique est révolue, celle de la France-afrique économique commence — avec humilité, contrainte et réalisme.</p>



<p>À travers ce voyage, Paris tente de montrer qu’elle reste un acteur crédible dans un continent où la géopolitique se redessine sans elle. Mais au fond, ce périple a la saveur d’un mea culpa : celui d’une puissance qui, après avoir trop longtemps cru parler au nom de l’Afrique, cherche aujourd’hui à simplement lui parler.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Sahel : au-delà du djihadisme, la bataille des puissances</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Nov 2025 08:22:22 +0000</pubDate>
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<p>Le Sahel traverse une crise sans précédent où le terrorisme devient un outil géopolitique. Au Mali, la lutte pour la souveraineté et la dignité nationale redéfinit le destin de toute une région.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Au-delà des affrontements armés, le Sahel livre une bataille existentielle : celle de sa souveraineté et de son récit. Derrière le voile du terrorisme, Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au secondaire, décrypte une guerre d’influence où se mêlent intérêts géostratégiques, manipulations idéologiques et luttes internes pour le contrôle des ressources. Entre fracture et résilience, le Mali et ses voisins cherchent à reconquérir non seulement leurs territoires, mais aussi leur dignité républicaine.</em></strong></p>



<p>Le Sahel est aujourd’hui le théâtre d’une crise profonde qui n’est ni le fruit du hasard ni une fatalité inscrite dans son histoire. Le terrorisme qui s’y déploie depuis plus d’une décennie dépasse largement le cadre d’un phénomène local, spontané ou strictement religieux. Il s’agit d’un outil politique, savamment conçu et entretenu, visant à affaiblir les États, fracturer les sociétés et maintenir cette région stratégique dans un état d’instabilité chronique. L’explosion de violences au Mali, au Nigeria, en Somalie, au Congo ou au Mozambique traduit moins une contagion idéologique qu’un mécanisme géopolitique qui façonne le destin des peuples à leur insu.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-souverainete-condition-premiere-de-la-victoire-sahelienne">La souveraineté, condition première de la victoire sahélienne</h3>



<p>Les autorités sahéliennes en ont compris l’enjeu. Le président nigérien Abdouramane Tiani a souligné que la lutte actuelle est «&nbsp;<em>une guerre existentielle</em>&nbsp;», bien au-delà d’un simple affrontement militaire. Il s’agit d’un combat pour que les peuples du Sahel puissent enfin jouir librement de leurs ressources et de leur souveraineté. Au Mali, cette conviction est partagée par la diplomatie et les forces armées. Aucune victoire durable ne sera possible sans une souveraineté pleine et entière — c’est-à-dire un État capable de se défendre, de décider ses stratégies et de diriger son propre destin.</p>



<p>Le terrorisme prospère sur les failles profondes de la gouvernance. Là où les contradictions internes ne sont pas résolues et où les ressources naturelles sont mal exploitées ou captées par des réseaux opaques, la violence s’installe. Elle n’est que rarement un choix idéologique à part entière&nbsp;; elle devient surtout un marché lucratif pour trafiquants, milices politico-identitaires et entreprises clandestines qui voient dans le chaos une source de prospérité. Sous le masque d’une «&nbsp;<em>guerre sainte</em>&nbsp;», ces groupes défendent avant tout des intérêts économiques, géostratégiques et des agendas qui n’ont rien de religieux.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-islam-instrumentalise-une-trahison-spirituelle-et-culturelle">L’islam instrumentalisé : une trahison spirituelle et culturelle</h3>



<p>L’instrumentalisation de l’islam est au cœur de cette stratégie. Les groupes terroristes utilisent un vocabulaire moral et religieux qu’ils ne respectent jamais. Leur prétendue rigueur n’est qu’une façade destinée à intimider et séduire une jeunesse en quête de repères. Les premières victimes sont les musulmans eux-mêmes&nbsp;: hommes, femmes et enfants pris en otage par une doctrine sans racines locales, étrangère aux traditions sahéliennes. Tombouctou incarne tristement cette contradiction&nbsp;: cité phare de la civilisation islamique, elle a été profanée par des insurgés se réclamant de la foi qu’ils trahissent.</p>



<p>Même la question du voile au Mali illustre ce décalage. Pendant des siècles, les femmes musulmanes du pays ont intégré cette pratique dans un rapport culturel et spirituel authentique, libre de contraintes dogmatiques imposées. Aujourd’hui, des pressions radicales tentent d’imposer un modèle étranger à la réalité sociale locale, ignorant l’histoire et l’enracinement progressif de l’islam au Mali. Cette rupture montre que les groupes armés ne véhiculent aucune tradition, mais une idéologie hostile à la vie même des sociétés qu’ils prétendent défendre.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-terrorisme-ennemi-de-la-republique">Le terrorisme, ennemi de la République</h3>



<p>Au-delà des dimensions morale et culturelle, le projet terroriste cible prioritairement l’espace rural, pilier de l’économie sahélienne. Partout où avance le terrorisme, c’est la désertification humaine qui s’installe&nbsp;: villages vidés, champs abandonnés, pasteurs forcés à l’exil, marchés fermés. Ce phénomène n’est pas accidentel, mais méthodique&nbsp;: les campagnes deviennent des zones sanctuarisées, hors contrôle étatique, où s’imposent les groupes armés qui prélèvent la dîme, imposent leur loi et recrutent la jeunesse privée d’avenir. En détruisant la ruralité, ils menacent la continuité même de la nation.</p>



<p>Le terrorisme est anti-républicain par essence&nbsp;: il s’attaque à la dignité, aux droits, à l’égalité et au pluralisme — piliers de l’idéal républicain sahélien. Là où la République veut garantir la liberté, il instaure la peur&nbsp;; là où l’État cherche à rassembler, il divise&nbsp;; là où les sociétés veulent dialoguer, il impose le silence. Mais ce projet ne survivrait pas sans les acteurs «&nbsp;<em>arépublicains&nbsp;</em>»&nbsp;: entrepreneurs de violence, trafiquants transfrontaliers, intermédiaires économiques, notables déchus, certains responsables locaux ambigus voire des puissances étrangères qui tirent profit du chaos. Ces facilitateurs, qui ne sont pas terroristes de profession, nourrissent et entretiennent le désordre.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-reprendre-le-controle-du-recit-national">Reprendre le contrôle du récit national</h3>



<p>Une lutte véritable contre ce fléau ne saurait être superficielle ou ambiguë. Elle doit être sincère avant d’être médiatisée, active plutôt qu’affichée. Les États sahéliens ne demandent pas une simple assistance sécuritaire, mais une reconnaissance claire de leur droit souverain&nbsp;: celui de se défendre, de choisir leurs alliances et de rompre avec des tutelles paternalistes. La souveraineté reste la principale arme contre le terrorisme. Un État qui ne maîtrise pas sa politique sécuritaire perd le contrôle de son territoire, de ses ressources et de son avenir. Sans cela, il est voué à sombrer, comme l’avait prévu la situation malienne avant la mobilisation populaire et militaire remarquablement résiliente.</p>



<p>Dans ce combat, la communication stratégique est cruciale. Donner la parole au chaos, c’est nourrir ce même chaos. Les États doivent reprendre le contrôle du récit national. La victoire contre le terrorisme est autant psychologique que militaire. Elle exige une unité nationale forte, une cohésion des institutions, une mobilisation citoyenne autour des valeurs républicaines, et le renforcement des capacités étatiques, notamment dans les campagnes. La souveraineté ne doit pas rester un simple slogan, mais redevenir une exigence morale et politique concrète.</p>



<p>Le Sahel n’est donc pas condamné à l’instabilité. Ses peuples ont prouvé leur capacité de résistance, de renaissance et leur aspiration profonde à vivre dignement. Le terrorisme, aussi violent soit-il, n’est qu’un épisode transitoire dans l’histoire longue de nations forgées par la lutte, la foi et la culture. Ce qui se joue aujourd’hui au Mali n’est pas seulement une question de sécurité, mais bien une bataille pour la dignité républicaine, la souveraineté politique et la possibilité même de décider librement de leur avenir.</p>



<p><strong>Mikaïlou Cissé&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>« Françafrique, médias, diaspora : les fronts invisibles du Mali » — la tribune de Judé Sogoba</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Nov 2025 11:51:42 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez la campagne médiatique contre le Mali et son impact sur le projet souverainiste et la sécurité nationale.</p>
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<p><strong><em>Dans une tribune au ton résolument souverainiste, Judé Sogoba, doctorant en philosophie et spécialiste des questions de développement en Afrique, revient sur la bataille informationnelle qui entoure le Mali. Entre accusations de néocolonialisme, critique des élites médiatiques et mise en avant des avancées sécuritaires des FAMa, l’auteur analyse les fractures idéologiques qui traversent le pays et plaide pour une vigilance accrue face aux récits qui, selon lui, fragilisent le projet souverainiste porté par l’AES.</em></strong></p>



<p>Ces derniers temps, nous assistons à une propagande orchestrée pour semer la panique au Mali. Certains apatrides réfugiés en France et dans d’autres pays incarnent une véritable décadence morale pour toute l’Afrique, et particulièrement pour le Mali. Je ne peux comprendre comment un individu peut aller jusqu’à soutenir les ennemis qui cherchent à détruire son pays natal. Leur attitude révèle un comportement tératologique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-combat-contre-la-francafrique"><strong>Combat contre la Françafrique</strong></h2>



<p>Le combat mené aujourd’hui par les pays de l’AES est un combat frontal contre la Françafrique. Ceux qui refusent de le mener n&rsquo;ont qu’à se taire à jamais. Nous savons que tous les hommes intègres qui ont œuvré pour la libération de l’Afrique ont été froidement assassinés ou combattus par les forces néocolonialistes. Des figures comme Thomas Sankara, Mouammar Kadhafi, Idriss Déby et tant d’autres ont été lâchement trahies par des Africains devenus les «&nbsp;<em>boys</em>&nbsp;» d’intérêts étrangers, véritables symboles de décadence morale.</p>



<p>Les sponsors des terroristes sont connus de tous, sauf de ceux frappés par une cécité intellectuelle. Cette lutte de libération, qu’elle se mène aujourd’hui ou demain, finira par s’imposer, car l’Afrique doit être affranchie. Ceux qui participent à l’asphyxie du continent nous trouveront sur leur chemin. Les principaux commanditaires sont, bien sûr, les pays impérialistes qui s’enrichissent en pillant des États dirigés par des pseudo-intellectuels. C’est pourquoi la lutte engagée contre le terrorisme est un combat noble, que toute l’Afrique devra mener tôt ou tard. La liberté ou la mort !</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-victoires-notables-de-l-armee-malienne"><strong>Les victoires notables de l’armée malienne</strong></h2>



<p>La malhonnêteté intellectuelle pousse certains à répéter que Bamako serait «&nbsp;<em>encerclé</em>&nbsp;» par les terroristes, mais aucun n’ose mentionner les victoires remarquables des FAMa sur les groupes armés. Les vaillants militaires maliens ne cessent de neutraliser les terroristes, et cela doit être affirmé haut et fort. Toute souveraineté a un prix, et le Mali n’y fera pas exception. Le peuple, conscient de cet enjeu, s’est tenu fermement aux côtés de ses forces armées pour la libération du pays.</p>



<p>La sortie de la CEDEAO est désormais effective. Avec la création d’une banque centrale propre, la nouvelle monnaie viendra, permettant d’obtenir une pleine souveraineté monétaire. La Monnaie de l’AES nous libérera du franc CFA, instrument de domination et de recolonisation.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-terroristes-intellectuels-maliens-et-africains"><strong>Les terroristes intellectuels maliens et africains</strong></h2>



<p>Des pseudo-intellectuels maliens, africains, ainsi que certains journalistes — maliens ou non — participent eux aussi à la guerre médiatique contre le Mali, considéré par beaucoup comme le cœur de l’AES à abattre en priorité. C’est pourquoi ces individus courent se réfugier auprès de leurs maîtres pour tenter d’asphyxier le pays.</p>



<p>Tous ceux qui font l’apologie du terrorisme ou contribuent à son financement sont eux-mêmes des terroristes. Ils sont même plus dangereux que les combattants armés, car ils constituent les têtes pensantes de cette entreprise destructrice. Il revient donc aux autorités maliennes de prendre des mesures fermes contre tous les Maliens vivant à l’extérieur qui se livrent à de telles pratiques.</p>



<p><strong>Judé SOGOBA, doctorant en philosophie, Spécialiste des questions de développement de l’Afrique</strong></p>
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		<title>AES : l’irréversible basculement qui fait trembler Paris et rassure l’Afrique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Sep 2025 20:58:39 +0000</pubDate>
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<p>Un sondage sur l'AES révèle un soutien fort en Afrique de l'Ouest malgré les critiques. Lisez les résultats ici.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Deux ans après sa création, l’Alliance des États du Sahel (AES) fascine bien au-delà de ses frontières. Un sondage exclusif réalisé pour Jeune Afrique, révèle que, malgré les critiques officielles et les mises en garde occidentales, les opinions publiques ouest-africaines plébiscitent ce bloc sahélien. Symbole d’une souveraineté reconquise et d’un rejet des tutelles anciennes, l’AES s’impose comme le laboratoire d’une nouvelle ère géopolitique africaine.</em></strong></p>



<p>Il est des chiffres qui valent plus que de longs discours. 77&nbsp;% des citoyens interrogés dans six pays francophones d’Afrique de l’Ouest jugent l’Alliance des États du Sahel (AES) « <em>bonne ou très bonne</em> », selon les résultats d’un sondage publié ce lundi&nbsp;15&nbsp;septembre 2025 par le média panafricain&nbsp;<em>Jeune Afrique</em>. Même en Côte d’Ivoire, fief d’Alassane Ouattara et bastion de l’orthodoxie pro-CEDEAO, 66&nbsp;% des sondés affichent leur approbation. Deux ans après sa création à Bamako, l’AES est devenue plus qu’une alliance militaire. Elle incarne une idée-force, une alternative, presque un rêve collectif, expliquent nos confrères de&nbsp;<em>Jeune Afrique</em>, à la veille du deuxième anniversaire de la signature de la Charte du Liptako-Gourma, le 16&nbsp;septembre 2023.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-s-inventer-un-destin-sans-bequilles-occidentales"><strong>S’inventer un destin sans béquilles occidentales</strong></h2>



<p>Ce n’est pas un détail. Car ce plébiscite populaire survient alors même que les chancelleries occidentales, relayées par certaines ONG, tentent de réduire l’expérience sahélienne à un « <em>espace de non-droit</em> ». Or, la perception est têtue. Ce que voient et retiennent les peuples, ce sont les images fortes — le départ des troupes françaises, la reprise en main des mines d’uranium et d’or, la fin probable du système CFA en ligne de mire, l’affirmation d’une souveraineté assumée. Autant de gestes vécus comme une reconquête de l’indépendance, là où Paris et ses alliés ne veulent y voir qu’un « <em>populisme autoritaire</em> ».</p>



<p>La force de l’AES tient à ce paradoxe, selon les auteurs du sondage. En se libérant du joug françafricain, elle ne convainc pas seulement ses propres citoyens, mais suscite l’admiration des voisins. Et pour cause&nbsp;: dans une Afrique où la jeunesse étouffe sous le chômage, l’endettement et l’arrogance des vieilles élites, l’expérience sahélienne agit comme un électrochoc. Elle prouve qu’il est possible de dire non, de rompre les chaînes et de s’inventer un destin sans béquilles occidentales.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-aes-le-tombeau-definitif-de-la-francafrique"><strong>L’AES, le tombeau définitif de la Françafrique</strong></h2>



<p>On le sait, à Paris comme à Abidjan, ce message dérange. Car derrière le sondage, c’est une lame de fond qu’il faut lire&nbsp;: la fin de l’hégémonie française et la décomposition progressive du système CEDEAO. La popularité de l’AES, loin d’être un feu de paille, traduit une recomposition géopolitique irréversible. Une Afrique francophone qui, pour la première fois depuis soixante ans, regarde son avenir sans demander la permission.</p>



<p>Reste une évidence&nbsp;: l’AES n’est pas un épiphénomène, mais le symptôme d’un basculement irréversible. Là où les élites pro-occidentales parlent encore de « <em>sanctions </em>» ou de « <em>retour à l’ordre constitutionnel</em> », les peuples, eux, célèbrent une souveraineté retrouvée. Et si l’Occident, englué dans ses obsessions sécuritaires, voit dans l’alliance sahélienne une menace, les populations y lisent au contraire une promesse — celle d’un avenir où les décisions ne se prennent plus à Paris, mais à Bamako, Ouagadougou ou Niamey.</p>



<p>C’est cette réalité têtue qui ronge aujourd’hui l’influence française et fissure le vieux système CEDEAO. L’histoire retiendra que l’AES a été le tombeau définitif de la Françafrique. Et que, deux ans après sa naissance, ce bloc sahélien aura su imposer à ses voisins — et au monde — une vérité simple : la souveraineté, même balbutiante, reste infiniment plus séduisante que la tutelle éternelle.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Assimi Goïta, l’appel de Moscou : entre souveraineté retrouvée et guerre d’usure contre le terrorisme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Jun 2025 08:36:58 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez le discours franc d'Assimi Goïta sur la coopération avec la Russie et l'avenir du Mali devant ses compatriotes.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Depuis Moscou, devant ses compatriotes établis en Russie, le Président de la Transition malienne, Assimi Goïta, a livré un discours sans filtre. Coopération stratégique avec la Russie, bilan sécuritaire, défense acharnée de l’Alliance des États du Sahel (AES) et lutte contre le terrorisme érigée en combat de civilisation. Le chef de l’État trace, avec une certaine gravité, les contours d’un Mali nouveau, affranchi des tutelles, décidé à briser l’ordre établi.</em></strong></p>



<p>C’est un Assimi Goïta combatif, presque prophétique, qui s’est adressé à la diaspora malienne à Moscou. Loin des formules diplomatiques, le Président de la Transition a préféré la franchise rugueuse du soldat. Et s’il n’a pas mâché ses mots, c’est sans doute parce que l’enjeu lui semble immense&nbsp;: assurer au Mali sa souveraineté pleine et entière, sécuritaire comme diplomatique, au prix, s’il le faut, de l’isolement ou de l’affrontement.</p>



<p>Le ton est donné d’emblée&nbsp;:&nbsp;<em>« Il était normal que nous rencontrions la Russie pour renouveler nos liens de coopération ».</em>&nbsp;Une phrase anodine, si elle ne venait résumer l’un des plus grands virages géopolitiques du Mali depuis l’indépendance. Car pour Goïta, il ne s’agit pas d’un simple changement d’allié, mais d’un changement de paradigme.&nbsp;<em>« Pendant près de dix ans, environ 19 500&nbsp;soldats étrangers étaient présents sur notre sol. La sécurité n’est jamais revenue. »</em>&nbsp;Deux ans de coopération avec Moscou, affirme-t-il, auront suffi à reprendre le contrôle de l’ensemble des capitales régionales sur l’ensemble du territoire national. Une victoire militaire, mais aussi psychologique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-diplomatie-d-interet-pas-d-allegeance"><strong>Une diplomatie d’intérêt, pas d’allégeance</strong></h2>



<p>La Russie n’est pas ici perçue comme une puissance tutélaire, mais comme un partenaire stratégique. Une relation&nbsp;<em>« gagnant-gagnant »</em>, martèle Goïta, qui cite à l’appui les transferts de compétences, les bourses d’études, les coopérations dans l’énergie, les mines, les télécommunications. Et le message est limpide&nbsp;:&nbsp;<em>« Nous sommes venus défendre les intérêts de notre peuple. Et ce sera satisfait. »</em>&nbsp;Point.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Entre souveraineté retrouvée et guerre d’usure contre le terrorisme" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/xiosZmh-GMc?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>Mais l’essentiel est ailleurs, dans cette conception élargie de la souveraineté qui intègre la sécurité, le développement et la diplomatie dans un même logiciel stratégique&nbsp;: la Confédération des États du Sahel (AES), créée à Niamey (Niger), le 6 juillet 2024. Pour Goïta, l’AES n’est pas une entité conjoncturelle, mais une réponse structurelle à un système mondial vicié, dominé par des puissances étrangères qui utilisent le terrorisme comme un levier d’influence.&nbsp;<em>« Le terrorisme, ce n’est ni l’ethnie, ni la religion. C’est un instrument géopolitique. Une nouvelle forme de colonisation. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-aes-ou-la-rupture-assumee"><strong>L’AES ou la rupture assumée</strong></h2>



<p>Derrière le verbe, une conviction&nbsp;: celle d’un monde post-Françafrique, où&nbsp;<em>« la dynamique de précarré et de porte-plume »</em>&nbsp;est révolue. Dans la bouche du chef de l’État, le langage se fait tranchant, presque corrosif&nbsp;:&nbsp;<em>« Des États sponsors soutiennent ces groupes terroristes. »</em>&nbsp;Et pourtant, pas d’appel à la haine. Seulement un appel à la vigilance, à la cohésion, à&nbsp;<em>l’« union sacrée »</em>&nbsp;derrière les autorités légitimes. La menace, selon lui, ne vient plus du désert, mais des réseaux sociaux, où la désinformation ronge les fondations de la jeune alliance.</p>



<p>L’AES, affirme-t-il, est désormais&nbsp;<em>« verrouillée »</em>. Et la clé ?&nbsp;<em>« Jetée à la mer. »</em>&nbsp;Drapeau, hymne, devise, passeport, banque d’investissement, plateforme de communication…&nbsp;: les institutions prennent forme. Reste à&nbsp;<em>« déconstruire un système mental instauré depuis plus de 60&nbsp;ans »</em>. Un combat générationnel, un&nbsp;<em>« combat pour l’éternité »</em>, porté par la jeunesse, seule capable, dit-il, de&nbsp;<em>« mener les batailles que personne ne peut mener à notre place. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-vision-un-combat-un-prix"><strong>Une vision, un combat, un prix</strong></h2>



<p>Il n’y aura&nbsp;<em>« pas de marche arrière »</em>, prévient Goïta. Loin des grandes messes internationales, le Mali fait donc le choix du silence assourdissant de ses armes et de la résilience stratégique. Goïta le sait. Cette guerre sera longue, semée d’embûches et d’embargos, mais pour lui, l’essentiel est ailleurs. Dans l’idée que, pour la première fois depuis des décennies, le pays se bat pour lui-même — sans traducteurs, sans tuteurs, sans compromis.</p>



<p>Assimi Goïta n’a pas seulement parlé à Moscou. Il a lancé un avertissement au monde. Et une promesse à son peuple&nbsp;: celle d’un Mali debout, sans peur, sans maître, et plus que jamais prêt à écrire sa propre histoire.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>La « Françafriche », nouvel avatar de la Françafrique ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Dec 2021 06:21:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La coopération culturelle et artistique franco-africaine – la « Françafriche » – n’a-t-elle pas trouvé son point d’orgue avec « Africa 2020 » ?</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p>La coopération culturelle et artistique franco-africaine – la <a href="https://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=9208&amp;menu=0" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«&nbsp;Françafriche&nbsp;»</a> – n’a-t-elle pas trouvé son point d’orgue avec <a href="https://www.pro.institutfrancais.com/fr/offre/africa-2020" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«&nbsp;Africa 2020&nbsp;»</a>&nbsp;? C’est la question que l’on peut se poser à propos de cette saison africaine en France, interrompue un temps en raison de la pandémie mais qui s’est poursuivie cette année.</p>



<p>En organisant cette série d&rsquo;événements, la France a voulu rendre hommage à l’Afrique. Toutefois, si l&rsquo;on y regarde de plus près, Africa2020 et, au-delà, la vision qu&rsquo;a aujourd&rsquo;hui Paris de sa coopération avec l&rsquo;Afrique suscitent quelques questionnements…</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="les-deux-primitivismes">Les deux primitivismes</h3>



<p>Malgré la bonne volonté qui a présidé à la mise en oeuvre d&rsquo;Africa2020, un stéréotype primitiviste accolé de façon illégitime au continent continuait à émaner de cette opération. Et en la matière, il convient de distinguer un «&nbsp;primitivisme premier&nbsp;» et un «&nbsp;primitivisme second&nbsp;». Le premier, lié aux <a href="https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/art_premier/187292" target="_blank" rel="noreferrer noopener">arts dits «&nbsp;premiers&nbsp;»</a> est classiquement reconnu comme ayant fortement influencé l’art occidental alors que le second est plus difficile à débusquer.</p>



<p>Aujourd’hui, ce primitivisme premier n’est plus l’objet de controverses puisqu’on parle désormais d’«&nbsp;art classique africain&nbsp;» et que le principe de la restitution de ces œuvres d’art aux pays africains a acquis droit de cité. Même s’il subsiste, comme on le verra à propos de l’exposition <a href="https://www.quaibranly.fr/fr/expositions-evenements/au-musee/expositions/details-de-levenement/e/ex-africa-38922/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«&nbsp;Ex-Africa&nbsp;»</a>, il a été remplacé par un autre paradigme – le primitivisme second – qui a trait à l’enrichissement ou à la re-fécondation de la culture artistique française par l’art contemporain africain.</p>



<p>Ce processus de re-fécondation accompagne le «&nbsp;nettoyage&nbsp;» artistique et toponymique auquel se livrent les gouvernements de nombreux pays <a href="https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-09-juin-2020" target="_blank" rel="noreferrer noopener">à la suite du meurtre de George Floyd</a>. Il s’est ensuivi un processus de déboulonnage de statues de personnages esclavagistes ou coloniaux et de remplacement de ces statues, ainsi que de noms de rue et de places de même nature, par des «&nbsp;figures de la diversité&nbsp;».</p>



<p>Pour la première fois en France, avec l’opération «&nbsp;Africa 2020&nbsp;», lancée par Emmanuel Macron, on peut voir des monuments français portant la marque d’artistes africains. C’est notamment le cas avec l’installation d’œuvres d’<a href="http://www.paris-conciergerie.fr/Actualites/el-anatsui-revisite-conciergerie-artiste-sculpture" target="_blank" rel="noreferrer noopener">El Anatsui à La Conciergerie</a>, de <a href="http://www.aigues-mortes-monument.fr/Actualites/Brise-du-rouge-soleil-carte-blanche-a-Joel-Andrianomearisoa" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Joël Andrianomearisoa sur les remparts d’Aigues-Mortes</a> ou bien encore celles de l’artiste de République démocratique du Congo <a href="https://www.grandpalais.fr/fr/article/le-grand-palais-invite-lartiste-sammy-baloji-dans-le-cadre-de-la-saison-africa-2020" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sami Baloji à l’entrée du Musée du Grand Palais</a>.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/435560/original/file-20211203-25-1iaabj6.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip" alt=""/><figcaption>Une partie de l’installation d’El Anatsui exposée à la Conciergerie à Paris du 20&nbsp;mai au 14&nbsp;novembre 2021 à l’occasion de la saison Africa2020. Eric Sander/Centre des monuments nationaux</figcaption></figure>



<p>Bref, la France, l’Europe, l’Occident se débarrassent de leurs vieux oripeaux coloniaux – les «&nbsp;fétiches&nbsp;» –, qui sont désormais promis à un recyclage dans les musées de sociétés déjà créés ou en cours de construction en Afrique. À l’occasion d’«&nbsp;Africa 2020&nbsp;», la France a manifesté l’existence d’une «&nbsp;présence africaine&nbsp;», comme dans le cas de l’exposition <a href="https://www.quaibranly.fr/fr/expositions-evenements/au-musee/expositions/details-de-levenement/e/ex-africa-38922/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«&nbsp;Ex Africa&nbsp;»</a> (Musée du quai Branly) – même si cette dernière exposition n’est pas exempte de présupposés primitivistes, puisqu’elle a mis en évidence le poids que continuent d’occuper les représentations anciennes de l’art classique africain dans l’esprit de certains artistes contemporains, qu’ils soient occidentaux ou africains. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="« Ex Africa » au quai Branly en 100 secondes chrono" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/zHCl7yyg2eo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div><figcaption>Beaux-Arts Magazine, 6&nbsp;avril 2021.</figcaption></figure>



<p>De la sorte, c’est toute l’ambiguïté de la saison «&nbsp;Africa 2020&nbsp;» qui s’exprime au prisme de ces quatre expositions. Tout autant qu’une opération de reconnaissance de l’art contemporain africain, <em>per se</em>, il s’agit largement d’indexer l’art contemporain africain à des monuments datant de plusieurs siècles et d’assimiler ainsi cet art au patrimoine architectural et historique français.</p>



<p>Dans les deux cas, ces opérations se traduisent par une massification des différentes œuvres de ces artistes qui peinent à exister dans leur individualité.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="un-aggiornamento-du-rapport-de-la-france-a-l-afrique">Un aggiornamento du rapport de la France à l’Afrique&nbsp;?</h3>



<p>Ce sommet artistique Afrique-France n’avait-il pas en définitive pour but de faire oublier <a href="https://sommetafriquefrance.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">celui, beaucoup plus concret, de Montpellier</a> qui devait, pour une énième fois, rafistoler les relations franco-africaines dans les domaines politique, économique et stratégique&nbsp;? En somme, «&nbsp;Africa 2020&nbsp;» – ce dernier avatar de la «&nbsp;Françafriche&nbsp;» – aurait constitué le prélude au rajeunissement de la Françafrique.</p>



<p>Ces deux événements – Africa 2020 et le sommet Afrique-France de Montpellier – semblent en effet dessiner les nouveaux linéaments de la politique française en Afrique. Ils peuvent être interprétés comme un <em>aggiornamento</em> visant à rompre avec les pratiques politiques anciennes.</p>



<p>Dans le domaine militaire, il s’agit, pour le gouvernement français, de manifester sa volonté de se retirer du continent africain et notamment du Sahel pour faire pièce à l’opposition croissante que cette présence suscite. En témoigne l’abandon par la force Barkhane des bases de Kidal, Tombouctou et Tessalit au Mali.</p>



<p>En même temps, la force Barkhane ne quitte pas totalement le Sahel car il lui reste la tâche de protéger l’approvisionnement de la France en uranium du Niger – une ressource d’autant plus indispensable qu’Emmanuel Macron vient d’<a href="https://www.europe1.fr/politique/nucleaire-macron-annonce-la-construction-de-nouveaux-reacteurs-4076148" target="_blank" rel="noreferrer noopener">annoncer</a> la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. C’est en tenant compte de ce souci de sécuriser cet apport énergétique qu’il faut apprécier la hantise de voir les Russes pénétrer sur le pré carré français dans la zone sahélienne.</p>



<p>Le maintien de la présence française en Afrique, outre le domaine militaire avec ses opérations extérieures et ses bases, a également un volet diplomatique. En la matière, la politique française est fragile puisqu’elle repose sur le principe «&nbsp;deux poids-deux mesures&nbsp;». Selon les cas, la France peut aussi bien soutenir une transition non démocratique du pouvoir effectuée par le biais de coups d’État illégaux comme au Tchad ou légaux comme en Côte d’Ivoire, ou désavouer des putschs, comme au Mali et en Guinée.</p>



<p>Le sommet de Montpellier, avec toutes ses ambiguïtés, avait pour but de permettre à Paris de se démarquer des despotes africains au pouvoir depuis plusieurs dizaines d’années, tout en tentant de nouer des liens avec les différentes «&nbsp;sociétés civiles&nbsp;» du continent et en projetant de mettre sur pied une sorte de «&nbsp;start up Africa&nbsp;». </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Sommet Afrique-France : Emmanuel Macron &quot;bousculé&quot; par la jeunesse • FRANCE 24" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/glnMlj04MDQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div><figcaption>Emmanuel Macron «&nbsp;bousculé&nbsp;» par la jeunesse, France 24, 8&nbsp;octobre 2021.</figcaption></figure>



<p>De la même façon, la mise en scène de la restitution de pièces d’art «&nbsp;premier&nbsp;» aux pays africains n’est que l’amorce de la continuation d’une politique de coopération artistique et culturelle «&nbsp;new look&nbsp;» entre la France et l’Afrique, coopération déjà à l’œuvre avec «&nbsp;Africa 2020&nbsp;».</p>



<p>Ainsi est instauré un nouveau partenariat <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/11/15/chacun-apporte-sa-pierre-quand-musees-francais-et-africains-uvrent-main-dans-la-main_6102159_3212.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">qui se veut paritaire</a> entre musées français et musées africains. En témoigne l’exposition «&nbsp;Picasso à Dakar, 1972-2022&nbsp;» qui doit avoir lieu au Musée des civilisations noires de Dakar où seront sempiternellement mises en regard les œuvres du maître catalan avec les pièces d’art «&nbsp;classique&nbsp;» africain qui l’ont inspiré.</p>



<p>De la même façon, sans préjuger de ce que sera la reconstruction du Festival Mondial des Arts nègres de 1966 au Grand Palais en 2025, on peut se demander pourquoi il faut que ce soit presque toujours la France qui soit impliquée dans les projets artistiques ou muséaux concernant l’Afrique et particulièrement sa partie francophone. Même s’il existe d’autres projets ou réalisations artistiques et muséales qui ont par exemple entraîné la participation de la Corée du Sud ou de la Chine, la présence massive et presque sans rival de la France dans ce domaine conduit inévitablement à se demander si ne se maintient pas là, d’une certaine façon, une forme de paternalisme.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="la-complexite-du-lien-entre-la-france-et-l-afrique">La complexité du lien entre la France et l’Afrique</h3>



<p>Enfin, l’attribution du prix Goncourt 2021 à Mohamed Mbougar Sarr, qui a participé au sommet de Montpellier, s’inscrit dans le droit fil de cette recherche de rajeunissement à laquelle contribue la Françafriche. Mohamed Mbougar Sarr, indépendamment de son talent d’écrivain, coche en effet toutes les cases. Il est jeune, francophone, est publié par un petit éditeur français et fait référence dans son roman <a href="http://www.philippe-rey.fr/livre-La_plus_secr%C3%A8te_m%C3%A9moire_des_hommes-504-1-1-0-1.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«&nbsp;La plus secrète mémoire des hommes&nbsp;»</a> aux écrivains les plus prestigieux – Gombrovicz, Bolano et Borges, entre autres.</p>



<p>Cette attribution, qui intervient cent ans après que le Goncourt a <a href="https://www.jeuneafrique.com/1258062/culture/rene-maran-premier-auteur-noir-a-remporter-le-goncourt-de-retour/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">couronné un autre écrivain «&nbsp;noir&nbsp;»</a>, René Maran, avec <a href="https://www.albin-michel.fr/batouala-9782226463432" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Batouala</em></a>, montre l’attachement indéfectible de la France, et notamment de la France littéraire, à ses «&nbsp;petits frères africains&nbsp;».</p>



<p>«&nbsp;Africa is so important for us&nbsp;» a déclaré récemment Emmanuel Macron en exhortant les responsables d’institutions artistiques à renforcer leurs liens avec l’Afrique.</p>



<p>Cette injonction, certes généreuse et visant à une reconnaissance du rôle de l’Afrique dans la culture mondiale, renvoie à la place que continue d’occuper le continent africain, particulièrement sa partie supposément francophone, dans le destin de cette grande puissance de deuxième ordre qu’est maintenant devenue la France.</p>



<p><a href="https://theconversation.com/profiles/jean-loup-amselle-1294244" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jean-Loup Amselle</a>, Anthropologue et ethnologue, directeur d&rsquo;études émérite à l&rsquo;EHESS, chercheur à l&rsquo;Institut des mondes africains, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/institut-de-recherche-pour-le-developpement-ird-2267" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Institut de recherche pour le développement (IRD)</a></em></p>



<p>Cet article est republié à partir de <a href="https://theconversation.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Conversation</a> sous licence Creative Commons. Lire l’<a href="https://theconversation.com/la-francafriche-nouvel-avatar-de-la-francafrique-172728" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article original</a>.</p>



<img decoding="async" src="https://counter.theconversation.com/content/172728/count.gif?distributor=republish-lightbox-advanced" alt="The Conversation" width="1" height="1" style="border: none !important; box-shadow: none !important; margin: 0 !important; max-height: 1px !important; max-width: 1px !important; min-height: 1px !important; min-width: 1px !important; opacity: 0 !important; outline: none !important; padding: 0 !important; text-shadow: none !important">
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Diaspora : le potentiel de développement sous-estimé de l’Afrique</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Nov 2021 11:33:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Longtemps considérée comme une perte, voire un désastre, pour l’Afrique, et parfois associée à une « fuite des cerveaux », la diaspora africaine se révèle, au contraire, être un puissant vecteur de développement pour le continent.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p>Longtemps considérée comme une perte, voire un désastre, pour l’Afrique, et parfois associée à une « fuite des cerveaux », la diaspora africaine se révèle, au contraire, être un puissant vecteur de développement pour le continent. Cela sur plusieurs fronts, y compris dans le cas des expatriés préalablement « bien » formés en Afrique. Mais elle pourrait être encore plus décisive, tant son potentiel est immense.</p>



<p>Pour ce faire, certains leviers bien connus comme les transferts financiers personnels vers l’Afrique, doivent être redynamisés. D’autres, sous-estimés et sous-exploités, voire méconnus, doivent être activés.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="dynamique-de-la-diaspora-africaine-en-europe-et-aux-etats-unis">Dynamique de la diaspora africaine en Europe et aux États-Unis</h3>



<p>L’accélération de la mondialisation, depuis le début des années 1990, s’est accompagnée d’une forte émigration depuis l’Afrique vers les pays développés d’Europe et d’Amérique. Dans ces derniers, la diaspora africaine (les personnes nées en Afrique et vivant en dehors du continent) a plus que doublé, passant de <a href="https://www.un.org/en/development/desa/population/migration/data/estimates2/estimates19.asp" target="_blank" rel="noreferrer noopener">5,2 millions en 1990 à 13,6 millions en 2019</a>.</p>



<p>Cette dynamique est soutenue par une impressionnante émigration de personnes qualifiées (ayant une éducation universitaire), qui a quasiment quadruplé en deux décennies. La diaspora africaine qualifiée vivant dans les pays développés de l’OCDE est passée de <a href="https://www.iab.de/en/daten/iab-brain-drain-data.aspx" target="_blank" rel="noreferrer noopener">1,3 million de personnes en 1990 à 5,2 millions en 2010</a>.</p>



<p>Il en résulte une forte proportion de diaspora africaine qualifiée dans ces pays par rapport à la population de même niveau d’éducation dans les pays d’origine. Pour certains pays africains comme l’Angola, le Cameroun, le Ghana, le Libéria et le Sénégal, le taux de diaspora qualifiée dans les pays développés de l’OCDE <a href="https://www.iab.de/en/daten/iab-brain-drain-data.aspx" target="_blank" rel="noreferrer noopener">dépassait les 20 % en 2010 voire les 40 % pour d’autres</a> comme la Guinée équatoriale, la Sierra Leone, l’Érythrée et la Mauritanie.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="impact-de-la-diaspora-sur-les-economies-africaines-un-debat-de-longue-date">Impact de la diaspora sur les économies africaines : un débat de longue date</h3>



<p>Bien que la diaspora africaine en Europe et en Amérique du Nord représente une faible part de la population totale de l’Afrique (1,05 % en 2019 contre 0,83 % en 1990) et 34,3 % de la diaspora totale des pays africains, la question de son impact sur les économies africaines provoque de vifs débats.</p>



<p>Les oppositions théoriques trouvent leur racine dans l’ampleur de l’émigration qualifiée qui forme cette diaspora.</p>



<p>En effet, dans un contexte de manque criant de capital humain qualifié pour l’Afrique, l’exode des Africains – en particulier les plus qualifiés – vers les pays développés est perçu par beaucoup d’économistes comme une <a href="https://www.capital.fr/economie-politique/la-fuite-des-cerveaux-mine-l-afrique-sub-saharienne-fmi-1171740" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« fuite des cerveaux »</a> aux conséquences fâcheuses pour le développement du continent.</p>



<p>L’argument qui sous-tend cette position porte principalement sur le double coût économique subi par les économies des pays d’origine : celui lié à l’investissement dans la formation de l’émigrant d’une part, et celui des points de croissance perdus du fait de sa non-participation directe à l’activité économique, d’autre part.</p>



<p>Quoiqu’intéressante, une telle analyse semble partielle, voire partiale. Elle passe sous silence la problématique de l’inadéquation de l’éducation, et donc du capital humain, avec les besoins réels de l’économie. Les domaines clés de l’économie des pays d’origine de la majeure partie des émigrants africains qualifiés sont peu ou mal ciblés par les systèmes éducatifs. Il en résulte un faible taux d’employabilité.</p>



<p>En effet, dans la plupart les pays africains, le taux de sous-emploi chez les jeunes est très élevé, y compris chez les plus qualifiés. Dans ces conditions, il est improbable que l’émigration qualifiée soit économiquement coûteuse pour les pays concernés. La théorie de la « fuite des cerveaux » occulte également plusieurs mécanismes vertueux qui font de la diaspora africaine un accélérateur de développement pour le continent, que les données et études empiriques récentes mettent en lumière. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="ET SI L&#039;AFRIQUE REPRENAIT SES CERVEAUX ?" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/g1Udp_PgJ5c?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div><figcaption>Et si l’Afrique reprenait ses cerveaux ? AJ+, 28 juin 2020.</figcaption></figure>



<p>Dans la mesure où le cordon ombilical n’est pas rompu entre l’Afrique et sa diaspora, encore moins dans un contexte de mondialisation, les Africains de la diaspora entretiennent divers rapports économiques, financiers, politiques et technologiques avec leurs pays d’origine. Les études empiriques (voir entre autres <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s10290-019-00344-3" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Gnimassoun et Anyanwu, 2019</a>, et <a href="https://academic.oup.com/oep/advance-article-abstract/doi/10.1093/oep/gpz055/5557812?redirectedFrom=fulltext" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Coulibaly et Omgba, 2021</a>) montrent que ces liens sont bénéfiques pour l’Afrique à plusieurs égards.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="une-source-importante-de-transferts-financiers">Une source importante de transferts financiers</h3>



<p>L’importance des transferts de fonds de la diaspora pour l’Afrique est désormais bien documentée. Ceux-ci ont considérablement augmenté depuis 1990 et ont dépassé les flux d’aide publique au développement (APD) depuis la crise financière de 2007.</p>



<p>Selon les <a href="https://databank.banquemondiale.org/reports.aspx?source=world-development-indicators" target="_blank" rel="noreferrer noopener">données de la Banque mondiale</a>, les flux financiers de la diaspora comptent pour 3,5 % du produit intérieur brut (PIB) de l’Afrique en 2019 alors que l’APD ne représente que 2,2 % du PIB.</p>



<p>Outre leur importance, les envois de fonds de la diaspora ont la vertu de la stabilité, comparés à l’APD. Ainsi, au cours des 40 dernières années, ces flux financiers ont été <a href="https://databank.banquemondiale.org/reports.aspx?source=world-development-indicators" target="_blank" rel="noreferrer noopener">45 % moins volatils que l’APD</a>. La diaspora apparaît donc comme une source de financement importante et potentiellement plus sûre pour les pays africains. Et si ces flux financiers n’étaient que la partie émergée de l’iceberg ?</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="un-catalyseur-dans-l-amelioration-de-la-qualite-des-institutions">Un catalyseur dans l’amélioration de la qualité des institutions</h3>



<p>Avec le vent de la démocratisation des années 1990, la diaspora a joué un rôle déterminant dans l’amélioration du cadre institutionnel de nombreux pays africains. En effet, les Africains de la diaspora ont souvent à cœur de s’inspirer des modèles institutionnels qui marchent ailleurs pour <a href="https://www.un.org/africarenewal/fr/a-la-une/l%E2%80%99afrique-fait-appel-%C3%A0-sa-diaspora" target="_blank" rel="noreferrer noopener">améliorer ceux de leur pays d’origine</a>, en tenant compte des réalités locales.</p>



<p>Cela s’opère soit via un retour dans les pays d’origine, soit via la formation et le financement des réseaux de relais locaux tels que la société civile et les partis politiques. <a href="https://ideas.repec.org/a/oup/oxecpp/v73y2021i1p151-177..html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Dans leur étude</a>, Dramane Coulibaly et Luc-Désiré Omgba montrent que dans plusieurs pays africains comme le Mali, la diaspora a joué un rôle majeur dans l’émergence et le développement d’une société civile indépendante capable d’opérer des changements institutionnels favorables au renforcement de la démocratie.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="un-vecteur-d-amelioration-du-capital-humain-et-de-la-productivite-globale">Un vecteur d’amélioration du capital humain et de la productivité globale</h3>



<p>La diaspora – en particulier la plus qualifiée –, contribue à l’amélioration du capital humain de son pays d’origine lorsqu’elle est impliquée dans des réseaux de formation, de recherche et d’innovation en lien avec lui.</p>



<p>Par ailleurs, à travers sa participation à des réseaux scientifiques et commerciaux, elle contribue significativement aux transferts de technologies vers l’Afrique. Elle joue donc un <a href="https://ideas.repec.org/a/spr/weltar/v155y2019i4d10.1007_s10290-019-00344-3.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rôle clé</a> dans l’amélioration de la productivité globale du continent.</p>



<p>Malgré les effets positifs sus-cités, l’impact de la diaspora africaine est bien en deçà de son potentiel. L’Afrique pourrait, et devrait, davantage prendre appui sur elle pour relever les défis de son développement.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="optimiser-l-impact-positif-de-la-diaspora-africaine">Optimiser l’impact positif de la diaspora africaine</h3>



<p>L’activation de plusieurs leviers inclusifs permettrait à la diaspora africaine de plus contribuer au développement du continent. Les mesures ci-dessous pourraient fortement y contribuer.</p>



<ul class="wp-block-list"><li>L’institution d’une saison annuelle de la diaspora africaine</li></ul>



<p>Afin de permettre un brassage efficace et productif entre l’Afrique et sa diaspora, il convient d’aller au-delà des réseaux traditionnels d’interaction à impact limité (conférences, colloques, séminaires, consultations, etc.) pour instituer une saison annuelle de la diaspora.</p>



<p>Avec pour vocation le partage de connaissance et d’expérience, un tel espace permettrait de concilier les offres de la diaspora avec les besoins réels de développement en Afrique. Il permettrait également de développer des initiatives et partenariats privés propices à l’émergence et au développement d’entreprises prospères.</p>



<p>Cet appel à la diaspora devrait donc viser les domaines dans lesquels sa valeur ajoutée est maximale pour l’Afrique, tels que le capital humain (santé, éducation), l’agriculture et l’agro-industrie, les technologies numériques et la transition écologique. Un tel projet pourrait être porté par les institutions africaines avec l’appui des États.</p>



<ul class="wp-block-list"><li>La promotion des « Diaspora bonds » pour briser une spirale de la dette insoutenable</li></ul>



<p>Les États africains manquent de gros moyens financiers pour assurer la fourniture des infrastructures de base (transport, énergie, santé, éducation) sur l’ensemble de leur territoire, ce qui nuit énormément à la productivité du capital.</p>



<p>Le recours à la dette extérieure pour pallier le manque de ressources internes se révèle souvent être un « serpent qui se mord la queue » en raison des taux d’emprunt très élevés <a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/economie-africaine/oxfam-pointe-l-implication-des-banques-francaises-dans-l-endettement-de-plusieurs-pays-africains_4804693.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">(6 à 10 %)</a> sur les marchés mondiaux alors que la croissance économique des pays reste fortement instable.</p>



<p>Il en résulte que ces pays sont souvent confrontés à un endettement insoutenable c’est-à-dire une dette qui ne crée pas les conditions de son remboursement. Des taux d’intérêt trop élevés sur la dette et une croissance économique instable et insuffisamment robuste en sont les principales causes.</p>



<p>Les « Diaspora bonds » – titres d’emprunt obligataire émis par les États en vue de mobiliser l’épargne de la diaspora – apparaissent comme un instrument susceptible de soulager les contraintes de financement des États africains. Ce mécanisme a d’ailleurs déjà prouvé son potentiel, comme en </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="La diaspora sénégalaise, une bénédiction pour le développement local" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/NRz1IK77Fmk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div><figcaption>La diaspora africaine est déjà un vecteur de développement local fort. Elle pourrait prendre bien plus d’ampleur encore.</figcaption></figure>



<p>En effet, la diaspora africaine contribue à l’offre d’épargne mondiale et a une bonne perception du risque en Afrique. La rémunération de l’épargne étant relativement plus faible dans les pays industrialisés (moins de 2 % pour certains instruments financiers comme le livret A en France), les « Diaspora bonds » pourraient s’avérer très attractifs pour les Africains émigrés hors de leur continent d’origine.</p>



<p>Ils contribueraient ainsi à rendre la dette publique de l’Afrique plus viable à long terme. Un tel mécanisme pourrait aussi être mobilisé pour financer l’activité privée via la saison annuelle de la diaspora africaine et les partenariats privés qu’elle ferait naître.</p>



<p><a href="https://theconversation.com/profiles/blaise-gnimassoun-1076214">Blaise Gnimassoun</a>, Maître de conférences en sciences économiques, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-de-lorraine-2158" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Université de Lorraine</a></em></p>



<p>Cet article est republié à partir de <a href="https://theconversation.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Conversation</a> sous licence Creative Commons. Lire l’<a href="https://theconversation.com/diaspora-le-potentiel-de-developpement-sous-estime-de-lafrique-170893" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article original</a>.</p>



<img decoding="async" src="https://counter.theconversation.com/content/170893/count.gif?distributor=republish-lightbox-advanced" alt="The Conversation" width="1" height="1" style="border: none !important; box-shadow: none !important; margin: 0 !important; max-height: 1px !important; max-width: 1px !important; min-height: 1px !important; min-width: 1px !important; opacity: 0 !important; outline: none !important; padding: 0 !important; text-shadow: none !important" />
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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