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	<title>Archives des foncier rural &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Femmes rurales maliennes : les oubliées de l’exode qui font vivre l’agriculture</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Alors que les hommes quittent les campagnes, les femmes rurales maliennes assurent l’agriculture, l’éducation des enfants et la survie économique des villages.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Quand on parle d&rsquo;exode rural au Mali, on imagine des jeunes hommes prenant la route vers Bamako ou au-delà. Mais derrière chaque départ masculin, il y a une femme qui reste. Qui cultive. Qui élève les enfants. Qui nourrit la famille. Qui porte le village. Ces femmes rurales maliennes, piliers silencieux d&rsquo;une économie agricole en tension, sont les grandes absentes du débat sur la migration intérieure. Il est temps de leur rendre leur place.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;exode rural malien a un visage masculin. Ce sont majoritairement les hommes — jeunes fils, frères, maris — qui quittent les villages pour les villes ou l&rsquo;étranger. Derrière eux, les femmes demeurent. Non par choix systématique, mais par contrainte sociale, économique et familiale. Partir, pour une femme rurale malienne, c&rsquo;est souvent renoncer à ses enfants, à sa famille élargie, à ce que la tradition lui assigne comme place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce phénomène, que les chercheurs appellent la « <em><a href="https://www.anefa.org/blog/actualites-nationales/la-feminisation-de-lagriculture/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">féminisation de l&rsquo;agriculture</a></em> », est en train de remodeler les campagnes maliennes. Dans certaines régions comme Ségou, Mopti ou Kayes, les femmes représentent aujourd&rsquo;hui la <a href="https://fr.scribd.com/document/735638377/2018-01-Care-rapport-etude-femmes-foncier" target="_blank" rel="noreferrer noopener">majorité de la main-d&rsquo;œuvre agricole active</a>. Elles labourent, sèment, récoltent, transforment — souvent sans posséder légalement la terre qu&rsquo;elles travaillent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un triple fardeau invisible</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La première injustice que vivent les <a href="https://landportal.org/sites/default/files/library/resources/Femme%2520et%2520foncier%2520agricole%2520au%2520Mali_202301_0.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">femmes rurales maliennes est foncière</a>. Au Mali, l&rsquo;accès à la terre reste dominé par les structures patrilinéaires : c&rsquo;est l&rsquo;homme qui hérite, qui possède, qui décide. Une femme qui travaille un champ toute sa vie peut se le voir retirer à la mort de son mari, au profit des fils ou des frères du défunt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette insécurité foncière n&rsquo;est pas qu&rsquo;une question de justice : c&rsquo;est un frein économique majeur. Sans titre de propriété, une femme ne peut pas obtenir de crédit agricole, ne peut pas investir dans son exploitation, ne peut pas s&rsquo;engager dans des contrats avec des acheteurs professionnels. Elle travaille, mais le fruit de son travail lui échappe structurellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand l&rsquo;homme part, la <a href="https://www.wathi.org/laboratoire/initiatives/migrations-ouest-africaines/contribution-migrations-ouest-africaines/situation-difficile-femmes-demigres/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">femme ne reçoit pas de renfort</a> : elle assume seule ce qu&rsquo;ils portaient à deux, voire à plusieurs. La gestion du foyer, l&rsquo;éducation des enfants, les soins aux anciens, et en même temps le travail des champs. Les transferts d&rsquo;argent envoyés par les migrants sont souvent irréguliers, insuffisants, ou simplement inexistants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ces conditions, beaucoup de femmes rurales maliennes développent des stratégies de survie remarquables : jardins potagers, petit commerce, transformation de produits agricoles, tontines entre voisines. Ces activités, invisibles dans les statistiques officielles, constituent pourtant une économie parallèle vitale pour les ménages ruraux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième dimension du fardeau : l&rsquo;exclusion des espaces de décision. Les conseils de village, les coopératives agricoles, les comités de gestion des périmètres irrigués — ces instances où se décide l&rsquo;avenir des terres et des ressources sont encore très majoritairement masculines. La voix des femmes, pourtant premières concernées, y est peu entendue.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des résistances qui s&rsquo;organisent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces contraintes, les femmes rurales maliennes ne restent pas passives. Depuis des décennies, elles s&rsquo;organisent en groupements — tontines, associations villageoises, <a href="https://wildaf-mali.org/remise-des-kits-dactivites-generatrices-de-revenus-agr-aux-beneficiaires-des-groupes-de-metiers-porteurs-des-4-cercles-de-la-region-de-sikasso-sikasso-kadiolo-dandereso-et-kolondieba/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">coopératives de transformation</a> — qui leur permettent de <a href="https://www.ripess.org/cooperative-de-femmes-cest-lieu-privilegie-dexpression-dempowerment-femmes-entretien-sabine-martel/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">mutualiser ressources et savoirs</a>. Ces structures informelles sont souvent le premier filet de sécurité économique dans les zones rurales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains de ces groupements ont franchi un cap décisif : ils accèdent désormais au microcrédit, forment leurs membres à l&rsquo;agroécologie, négocient collectivement avec les acheteurs de la ville. Dans la région de Sikasso, des groupements féminins de <a href="https://mon-3.org/wp-content/uploads/2019/09/Etude-de-marche-du-beurre-de-karite-produit-en-Republique-du-Mali.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">productrices de karité</a> ont réussi à commercialiser directement leur beurre sur des marchés d&rsquo;exportation, capturant une valeur ajoutée qui leur échappait auparavant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités maliennes ont progressivement intégré la dimension genre dans leurs politiques agricoles. Des programmes spécifiques ciblent <a href="https://ceci.org/fr/nouvelles-et-evenements/donner-aux-femmes-un-acces-a-la-terre" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;accès des femmes au foncier</a>, à la formation et au financement. <a href="https://faolex.fao.org/docs/pdf/mli67609.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Loi d&rsquo;Orientation Agricole</a> prévoit des dispositions pour renforcer la participation des femmes dans les coopératives et les instances de gouvernance agricole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des périmètres maraichers réservés aux femmes ont été aménagés dans plusieurs régions, leur donnant un espace de production sécurisé, irrigué et légalement reconnu. Ces initiatives, encore insuffisantes à l&rsquo;échelle du besoin, montrent néanmoins que la question est prise au sérieux et que des solutions concrètes existent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali est l&rsquo;un des <a href="https://www.agenceecofin.com/gestion-publique/0512-114347-mali-les-acteurs-de-la-filiere-karite-se-dotent-d-une-interprofession" target="_blank" rel="noreferrer noopener">premiers producteurs mondiaux de karité</a>, un arbre dont les noix sont transformées en beurre prisé par l&rsquo;industrie cosmétique internationale. Cette filière est quasi exclusivement féminine : ce sont les femmes qui ramassent, concassent, transforment et vendent. Un secteur en plein essor qui représente pour des milliers de femmes rurales une source de revenus croissante et un levier d&rsquo;autonomisation économique réel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que l&rsquo;avenir peut tenir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Reconnaître le rôle des femmes rurales maliennes n&rsquo;est pas seulement un impératif moral : c&rsquo;est une nécessité économique. Une agriculture qui ignore la moitié de ses acteurs se condamne elle-même à l&rsquo;incomplétude. Les femmes ne constituent pas une catégorie périphérique de l&rsquo;économie rurale ; elles en sont l&rsquo;un des piliers. Les exclure de l&rsquo;accès aux ressources, aux financements, à la propriété foncière ou aux instances de gouvernance revient à amputer le secteur agricole d&rsquo;une part considérable de son potentiel productif. Comme le rappelle <em><a href="https://www.maliweb.net/interview/fousseni-togola-lauteur-du-livre-feminitude-musoya-ce-livre-revendique-plus-despaces-appropries-a-lexpression-lepanouissement-de-la-femme-2794040.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Féminitude : Musoya</a></em>, « <em>aucun projet de développement ne saurait être crédible s&rsquo;il fait l&rsquo;impasse sur la moitié de l&rsquo;humanité</em> ». L&rsquo;implication des femmes dans l&rsquo;économie n&rsquo;est donc pas seulement une exigence de justice sociale : elle est une condition de l&rsquo;efficacité économique. Une nation qui marginalise ses femmes renonce à une partie de son intelligence, de sa créativité et de sa capacité d&rsquo;innovation. À l&rsquo;inverse, une économie qui leur ouvre pleinement ses portes se donne les moyens d&rsquo;une croissance plus inclusive, plus durable et plus prospère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes rurales maliennes ne sont pas des victimes passives de l&rsquo;exode. Elles en sont les grandes absorbantes, celles qui maintiennent le tissu social et productif des villages pendant que d&rsquo;autres partent. Il est temps que cette réalité soit reconnue, valorisée et soutenue par des politiques à la hauteur de leur contribution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Invisibles dans les statistiques, absentes des débats publics, mais omniprésentes dans les champs : les femmes rurales maliennes sont le vrai pilier d&rsquo;une agriculture en mutation. Leur reconnaissance pleine et entière — foncière, économique, institutionnelle — est l&rsquo;une des clés d&rsquo;un développement rural durable et équitable au Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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