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	<title>Archives des Faure Gnassingbé &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des Faure Gnassingbé &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>À Lomé, le Togo redéfinit sa stratégie sahélienne face aux recompositions régionales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Apr 2026 09:27:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Réuni à Lomé, le Togo dévoile sa stratégie 2026-2028 pour le Sahel, axée sur sécurité, diplomatie et intégration régionale, dans un contexte de profondes mutations géopolitiques.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réunis le 18 avril 2026 dans la capitale togolaise, responsables politiques, diplomates et partenaires internationaux ont acté une nouvelle feuille de route pour les relations entre le Togo et le Sahel. Dans un contexte de mutations géopolitiques profondes, Lomé entend s’imposer comme un acteur pivot du dialogue régional.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Togo a franchi une nouvelle étape dans son positionnement diplomatique en direction du Sahel. À l’issue d’une réunion de haut niveau tenue à Lomé, les autorités togolaises ont présenté leur nouvelle stratégie 2026-2028 pour le Sahel, marquant une volonté affirmée d’adaptation aux dynamiques sécuritaires, politiques et économiques qui redessinent la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Placée sous le haut patronage du président du Conseil, Faure Gnassingbé, cette rencontre a réuni un large éventail d’acteurs : ministres sahéliens, représentants d’organisations internationales, envoyés spéciaux, experts et partenaires techniques et financiers. Elle intervient dans un contexte marqué par la montée des menaces sécuritaires, l’extension de l’instabilité vers le golfe de Guinée et l’émergence de nouvelles architectures régionales, notamment l’Alliance des États du Sahel.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-plateforme-de-dialogue-strategique"><strong>Une plateforme de dialogue stratégique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur des échanges, la volonté de repositionner le Togo comme un facilitateur du dialogue entre les États sahéliens et les pays côtiers. La réunion a ainsi servi de cadre à des discussions approfondies sur les priorités de la nouvelle stratégie, qui vise à renforcer la coopération politique, économique et sécuritaire dans un espace en recomposition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey, a accueilli plusieurs de ses homologues sahéliens, dont Karamoko Jean-Marie Traoré. Ce qui témoigne de l’importance accordée à une approche concertée face aux défis communs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les discussions ont également impliqué des représentants de l’Organisation des Nations unies, de l’Union africaine, de la CEDEAO et de l’Union européenne. Toute chose qui traduit une mobilisation internationale autour de la stabilité du Sahel.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-cinq-piliers-pour-une-strategie-renouvelee"><strong>Cinq piliers pour une stratégie renouvelée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La nouvelle stratégie Togo-Sahel s’articule autour de plusieurs axes structurants. Elle met l’accent sur le renforcement du dialogue politique et des relations de bon voisinage, la promotion de l’intégration économique régionale, ainsi que le développement des infrastructures logistiques pour faciliter les échanges.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La coopération sécuritaire occupe également une place centrale. Les participants ont insisté sur la nécessité d’intensifier les efforts conjoints dans la lutte contre le terrorisme, à travers la prévention, la coordination et le partage de renseignements. Cette dimension sécuritaire est perçue comme indissociable des enjeux de développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, Lomé entend promouvoir une diplomatie active en faveur d’un multilatéralisme inclusif et de partenariats équilibrés, dans un contexte où les équilibres internationaux évoluent rapidement.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-togo-mediateur-regional"><strong>Le Togo, médiateur régional</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des orientations stratégiques, les participants ont salué le rôle croissant du Togo comme médiateur et facilitateur dans les crises régionales. Fort d’une tradition diplomatique axée sur le dialogue, le pays ambitionne de maintenir des canaux de communication ouverts entre les différentes parties, y compris dans des contextes de tensions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette posture s’inscrit dans une volonté plus large de contribuer à la stabilité régionale, en favorisant la confiance mutuelle et la recherche de solutions concertées. Les pays sahéliens ont d’ailleurs réaffirmé leur attachement à leurs relations avec le Togo, fondées sur des principes de solidarité et de coopération.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-mobilisation-internationale-attendue"><strong>Une mobilisation internationale attendue</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les partenaires internationaux présents ont exprimé leur disponibilité à accompagner la mise en œuvre de cette nouvelle stratégie à travers des appuis techniques et financiers. L’enjeu, pour Lomé, sera désormais de traduire ces engagements en actions concrètes sur le terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un environnement marqué par l’incertitude et la fragmentation, le Togo cherche ainsi à se positionner comme un trait d’union entre le Sahel et le golfe de Guinée. En articulant sécurité, développement et diplomatie, la stratégie 2026-2028 ambitionne de répondre aux défis complexes de la région tout en ouvrant de nouvelles perspectives de coopération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Lomé, le message est de faire face aux turbulences régionales, le dialogue et l’intégration restent les leviers privilégiés pour construire une stabilité durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>À Lomé, le Mali appelle à « travailler avec le Sahel », pas à sa place</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Apr 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le discours d'Abdoulaye Diop à Lomé appelle à une refonte des approches internationales pour une sécurité durable.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Lors du lancement de la stratégie Sahel du Togo, le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, a plaidé pour une refonte des approches internationales dans la lutte contre le terrorisme. Au cœur de son message : souveraineté, coopération régionale et rejet des modèles imposés de l’extérieur.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Réuni à Lomé le 18 avril, à l’occasion du lancement de la stratégie Sahel du Togo, le ministre malien des Affaires étrangères a salué une initiative «&nbsp;<em>inclusive</em>&nbsp;» et adaptée aux réalités sécuritaires de la région. Devant les autorités togolaises et plusieurs partenaires internationaux, Abdoulaye Diop a insisté sur la nécessité d’une action concertée, respectueuse des États directement concernés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le diplomate a notamment transmis les remerciements des autorités maliennes, à leur tête le général d’armée Assimi Goïta, au président togolais Faure Gnassingbé pour son engagement en faveur de la stabilité régionale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-sahel-nbsp-victime-de-crises-venues-d-ailleurs-nbsp"><strong>Le Sahel, «&nbsp;victime de crises venues d’ailleurs&nbsp;»</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un discours aux accents politiques, Bamako a rappelé sa lecture des crises sahéliennes. Pour le Mali, celles-ci ne sont pas uniquement endogènes. Abdoulaye Diop a pointé des facteurs externes, évoquant notamment l’intervention occidentale en Libye comme élément déclencheur d’une instabilité durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du diagnostic, il a appelé à une compréhension globale du phénomène terroriste, intégrant ses dimensions sécuritaires mais aussi sociales, économiques et géopolitiques. Une approche «&nbsp;<em>holistique</em>&nbsp;», selon ses termes, qui guide désormais l’action des pays sahéliens.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-alliance-des-etats-du-sahel-comme-pivot"><strong>L’Alliance des États du Sahel comme pivot</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre a longuement défendu la dynamique de l’Alliance des États du Sahel (AES), créée en juillet 2024 par le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Il a mis en avant les résultats obtenus en matière de sécurité, de diplomatie et de développement, autour d’un triptyque devenu central : défense, diplomatie et développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aux côtés du capitaine Ibrahim Traoré et du général Abdourahamane Tiani, le président malien incarne, selon Bamako, une nouvelle vision régionale fondée sur l’intégration et la souveraineté.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-critique-assumee-des-interventions-exterieures"><strong>Une critique assumée des interventions extérieures</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le cœur du message malien réside dans une remise en cause des stratégies internationales. Trop nombreuses, mal coordonnées et parfois déconnectées du terrain, ces initiatives doivent, selon Bamako, être repensées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Travailler avec le Sahel et non sur le Sahel</em>&nbsp;», a insisté Abdoulaye Diop, appelant les partenaires à soutenir les politiques nationales plutôt qu’à s’y substituer. Une critique directe des approches jugées paternalistes, voire contre-productives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre a également évoqué la nécessité de développer des mécanismes de sécurité «&nbsp;<em>endogènes</em>&nbsp;», financés et pilotés par les Africains eux-mêmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-question-sensible-de-la-confiance-regionale"><strong>La question sensible de la confiance régionale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Autre point central : la coopération sécuritaire. Si celle-ci est jugée indispensable, elle reste entravée par un déficit de confiance entre États. Bamako appelle à des partenariats pragmatiques, d’abord bilatéraux, avant d’élargir progressivement la coopération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre a aussi évoqué, sans les nommer, certains pays accusés de soutenir ou d’abriter des groupes armés, soulignant que la lutte contre le terrorisme exige une définition commune de la menace.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-une-recomposition-geopolitique-ouest-africaine"><strong>Vers une recomposition géopolitique ouest-africaine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte marqué par la coexistence de blocs régionaux, le Mali appelle à une nouvelle articulation entre les différentes organisations d’Afrique de l’Ouest. L’objectif : préserver les intérêts des populations tout en évitant la fragmentation des initiatives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Nos destins sont liés</em>&nbsp;», a conclu Abdoulaye Diop, plaidant pour une coopération fondée sur la solidarité, la transparence et le respect mutuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du cadre diplomatique, l’intervention malienne à Lomé s’apparente à une déclaration de doctrine. Elle confirme l’orientation stratégique de Bamako : affirmation de la souveraineté, rejet des ingérences et promotion d’un partenariat redéfini avec la communauté internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une région en recomposition, le Sahel entend désormais peser sur les règles du jeu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Togo : Faure l’Éternel ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jun 2025 23:18:00 +0000</pubDate>
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<p>Analyse de la crise politique au Togo: le règne durable de Gnassingbé face à une jeunesse en lutte pour le changement.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Un demi-siècle après le coup d’État militaire d’Eyadéma, son fils Faure Gnassingbé continue de régner sur le Togo, désormais via une réforme constitutionnelle sur mesure. Mais en juin 2025, une jeunesse décomplexée, dopée aux réseaux sociaux et à la musique contestataire, est descendue dans la rue. Le pouvoir vacille-t-il sous le poids de son propre entêtement ? Ou est-ce simplement le dernier sursaut d’un régime trop longtemps protégé par le silence ?</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le théâtre politique ouest-africain, il est des régimes qui défient la pesanteur du temps. Des régimes qui, à force de manœuvres juridiques, de verrouillages électoraux et de silences complices, s’installent dans une longévité quasi monarchique. Le Togo est de ceux-là. Cinquante-huit ans après que Gnassingbé Eyadéma s’est emparé du pouvoir par la voie des armes, son fils, Faure, en occupe encore les allées les plus feutrées. À Lomé, l’air du changement se fait rare, et l’opposition, quand elle ne se consume pas dans ses propres contradictions, se heurte au mur d’une dynastie désormais constitutionnellement blindée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-immobilisme-par-le-droit"><strong>L’immobilisme par le droit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Car c’est bien là que le bât blesse&nbsp;: l’adoption, en avril 2024, d’une nouvelle Constitution par une Assemblée monocolore, sans consultation populaire, a dessiné les contours d’un régime parlementaire sur mesure. Un texte qui consacre l’institution d’un « <em>président du Conseil des ministres</em> » — autrement dit, le chef du parti majoritaire à l’Assemblée — détenteur de tous les leviers du pouvoir exécutif. Un texte que Faure Gnassingbé, sans surprise, a incarné dès le 3&nbsp;mai 2025 en prêtant serment, renforçant ainsi les fondations d’un pouvoir dont il est désormais l’alpha et l’oméga.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agit plus ici d’une simple réforme. Il s’agit d’un coup de force légal. D’un coup d’État constitutionnel qui ne dit pas son nom. Exit le suffrage universel, exit les limites de mandats&nbsp;: tant que l’Union pour la République (UNIR) tiendra la majorité parlementaire, Faure pourra régner à sa guise. Et ce, sans jamais être soumis au verdict populaire. Dans une région secouée par les ruptures de l’ordre constitutionnel — qu’elles soient militaires ou électorales — le Togo vient d’inventer une nouvelle variante du maintien autoritaire&nbsp;: l’immobilisme par le droit.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-mais-voila-nbsp-la-rue-elle-n-a-pas-dit-son-dernier-mot"><strong>Mais voilà&nbsp;: la rue, elle, n’a pas dit son dernier mot</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les 26, 27 et 28&nbsp;juin derniers, une vague inédite de contestation a déferlé sur Lomé et plusieurs autres villes du pays. À l’origine, une jeunesse lassée de l’inertie, galvanisée par les réseaux sociaux, portée par des artistes et rappeurs comme Aamron — arrêté, interné de force, devenu symbole d’un pouvoir qui vacille. Ce n’était pas un appel des partis classiques, mais un cri du peuple. Brut, spontané, déchaîné. Et la répression, elle, fut à la hauteur de la peur du régime&nbsp;: sept morts, des corps repêchés dans les lagunes, des miliciens masqués, des forces de l’ordre à visage découvert.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement a botté en touche, parlant de « <em>noyade</em> ». La société civile, elle, parle de crimes d’État. Chacun choisira son camp. Mais les faits sont têtus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière le rideau de cette réforme constitutionnelle se cache une crise plus vaste&nbsp;: celle d’un pays en panne d’alternance, figé dans une pauvreté chronique où 53&nbsp;% de la population vit sous le seuil de pauvreté, où l’économie informelle fait office de planche de salut, et où la moindre hausse du prix de l’électricité — +12,5&nbsp;% en mai dernier — peut mettre le feu aux poudres.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-mur-de-la-peur-qui-se-fissure"><strong>Le « mur de la peur qui se fissure »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’opposition, de son côté, continue à se chercher. Fragmentée, inaudible, parfois discréditée par ses propres revirements, elle a longtemps fait le lit du régime qu’elle prétend combattre. En 2024, un mea culpa tardif a été prononcé, mais le mal est profond. Les FDR, l’ANC, le Parti des Togolais ont bien tenté de faire front, allant jusqu’à exiger la démission de Faure. Mais les institutions sont verrouillées, le système est huilé, et le parti majoritaire agit comme un rouleau compresseur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, reste la rue. Reste cette jeunesse qui n’a connu que le règne des Gnassingbé. Reste cette société civile qui, à défaut de bulletins de vote efficaces, mise sur le sursaut citoyen. Reste ce que David Dosseh appelle le « <em>mur de la peur qui se fissure</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui se joue au Togo, ce n’est pas seulement la fin d’une illusion démocratique. C’est l’usure d’un modèle. Un modèle où une famille confond l’État avec son patrimoine. Où le pouvoir n’est pas transmis par l’élection, mais par l’héritage. Où la politique devient une affaire de lignage et non de légitimité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Togo n’est pas une monarchie. Ce n’est pas la Corée du Nord. Et pourtant, l’ombre portée de la transmission dynastique plane déjà au-dessus de Lomé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire retiendra peut-être que ce mois de juin 2025 aura marqué le début de la fin. Non pas d’un règne, mais d’une résignation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car même les régimes les mieux huilés finissent toujours par se gripper.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Vers une nouvelle dynamique régionale : le Togo se rapproche de la Confédération des États du Sahel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Mar 2025 04:32:11 +0000</pubDate>
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<p>Le Togo semble de plus en plus déterminé à se rapprocher de l’Alliance des États du Sahel (AES), une confédération regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Togo semble de plus en plus déterminé à se rapprocher de l’Alliance des États du Sahel (AES), une confédération regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Ce virage diplomatique, porté par le ministre des Affaires étrangères Robert Dussey, s’inscrit à la croisée de plusieurs dynamiques, notamment la recherche de nouveaux partenariats régionaux, l’impératif sécuritaire et les manœuvres politiques internes.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après une première annonce faite en janvier sur le plateau de Vox Africa, Robert Dussey a réaffirmé sur son compte officiel Facebook la volonté de son pays de rejoindre l’AES. Ce qui marque un tournant potentiel dans les équilibres régionaux et les dynamiques politiques en Afrique de l’Ouest. Il a qualifié cette décision de «&nbsp;<em>stratégique</em>&nbsp;», soulignant qu’elle pourrait «&nbsp;<em>renforcer la coopération régionale et offrir un accès à la mer aux pays membres&nbsp;</em>», tout en la décrivant comme une «&nbsp;<em>démarche qui suscite l’intérêt et marque un tournant dans la politique africaine&nbsp;</em>», sans toutefois préciser les étapes concrètes d’une adhésion officielle.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un rapprochement économique stratégique</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’adhésion à l’AES offrirait au Togo des avantages économiques notables. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger étant enclavés, l’accès à l’océan Atlantique est crucial pour leurs échanges commerciaux. Or, les tensions croissantes avec la Côte d’Ivoire et le Bénin, accusés d’être trop alignés sur les intérêts occidentaux, poussent ces pays à diversifier leurs routes d’approvisionnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le port de Lomé pourrait ainsi devenir un point d’accès stratégique pour les marchandises sahéliennes, renforçant la place du Togo comme plaque tournante des échanges régionaux. «&nbsp;<em>Il y a l’espoir d’une solidarité économique : un accès au pétrole nigérien, des routes commerciales renouvelées</em>&nbsp;», souligne l’analyste politique togolais Madi Djabakate. En intégrant l’AES, le Togo se positionnerait comme un maillon logistique clé, tout en dynamisant son économie portuaire.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un enjeu sécuritaire crucial</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des intérêts économiques, les questions de sécurité pèsent lourd dans ce rapprochement. Le nord du Togo, frontalier du Burkina Faso, est de plus en plus exposé aux attaques djihadistes qui ravagent le Sahel depuis une décennie. Pour Lomé, une intégration à l’AES pourrait ouvrir la voie à une coopération militaire renforcée, grâce au partage de renseignements et à la mise en place d’opérations conjointes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pays sahéliens ont récemment annoncé la création d’une force commune de 5 000 hommes pour lutter contre le terrorisme, un dispositif qui pourrait offrir au Togo des moyens supplémentaires pour protéger ses frontières. «&nbsp;<em>Le Togo pourrait aussi y gagner une coopération militaire plus agile, des renseignements partagés avec des voisins</em>&nbsp;», ajoute Djabakate.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un alignement idéologique et politique</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà des aspects économiques et sécuritaires, ce rapprochement porte aussi une forte dimension politique. L’AES incarne un courant souverainiste et panafricain qui séduit de plus en plus de dirigeants de la région, lassés des ingérences étrangères et des pressions occidentales.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le président togolais Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, cette posture pourrait également servir de levier politique interne. En adoptant une rhétorique panafricaine, il renforce son image de leader souverainiste et s’assure un soutien populaire dans un contexte où le panafricanisme prend de l’ampleur. Certains observateurs y voient toutefois une manœuvre pour asseoir sa longévité au pouvoir.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une CEDEAO fragilisée</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’hypothèse d’un rapprochement avec l’AES suscite également des interrogations quant à l’avenir de la Cedeao. Le départ des trois pays sahéliens a déjà porté un coup dur à l’organisation, accusée d’inefficacité face au djihadisme et de servir les intérêts des anciennes puissances coloniales. Si le Togo venait à rejoindre cette alliance, cela fragiliserait encore davantage une institution régionale déjà en crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Pour la CEDEAO, l’adhésion du Togo à l’AES serait une accélération de sa désintégration. En tout cas, cela aggraverait sa situation déjà précaire</em>&nbsp;», analyse Seidik Abba, président du Centre international d’études et de réflexions sur le Sahel. Pourtant, d’autres experts estiment que Lomé ne cherche pas nécessairement à rompre avec la CEDEAO, mais plutôt à diversifier ses alliances. «&nbsp;<em>Les alliances ne sont pas des mariages, mais des partenariats. Le Togo ne tourne pas le dos à la CEDEAO. Comment le pourrait-il, alors que le port de Lomé est une artère vitale pour toute une région ? Il s’agit plutôt d’une stratégie de ‘en-même-temps’ : rester ancré dans une institution historique tout en explorant de nouvelles voies</em>&nbsp;», nuance Madi Djabakate.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une recomposition régionale en marche</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, le rapprochement du Togo avec l’AES illustre une recomposition profonde des alliances en Afrique de l’Ouest. Entre quête de sécurité, ambitions économiques et affinités politiques, Lomé semble vouloir jouer sur plusieurs tableaux pour maximiser ses intérêts. Reste à voir si ce pari stratégique renforcera le poids du Togo dans la région ou s’il contribuera à creuser encore davantage les fractures au sein de l’espace ouest-africain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est certain, c’est que ce mouvement redessine les équilibres régionaux et pourrait accélérer la montée en puissance d’un nouveau pôle d’influence centré autour de l’AES. Pour le Togo, l’heure est à la manœuvre diplomatique, entre ambitions souverainistes et réalités géopolitiques complexes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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