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	<title>Archives des famille &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des famille &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Peut-on encore construire un couple durable aujourd’hui ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 08:02:17 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez les implications sociales du divorce à Bamako, un phénomène en croissance qui révèle une transformation profonde.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Par-delà les chiffres, c’est une transformation profonde de la société malienne qui se joue. L’augmentation du taux de divorce, désormais supérieure à celui des mariages dans certaines zones urbaines, n’est pas un simple fait divers sociologique : c’est un symptôme. Un signal d’alerte sur l’état du lien conjugal, mais aussi sur l’évolution des valeurs, de l’éducation et des rapports sociaux au Mali.</em></strong></p>



<p>Les données sont sans équivoque. Plus de 8 130 divorces ont été enregistrés en 2022 dans les six communes du district de Bamako, contre 6 950 mariages la même année. À cela s’ajoute une pression croissante sur les juridictions, avec plus de 150 dossiers traités chaque semaine, selon certaines sources. Même si des variations apparaissent d’une année à l’autre, la tendance globale reste préoccupante : le divorce s’installe durablement dans le paysage social. Mais derrière ces chiffres, que faut-il réellement comprendre ?</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-fragilisation-du-lien-conjugal"><strong>Une fragilisation du lien conjugal</strong></h2>



<p>Le mariage, dans sa conception traditionnelle, repose sur un équilibre fragile : celui d’un engagement nourri dans le temps. L’amour, souvent invoqué comme point de départ, ne saurait suffire à lui seul. Il doit être entretenu, consolidé, réaffirmé à travers les actes du quotidien.</p>



<p>Or, les réalités contemporaines montrent une érosion progressive de ces fondements. Les conflits non résolus, le manque de respect, les violences verbales ou encore l’absence d’attention contribuent à fragiliser les relations. Le couple devient alors un espace de tension plutôt que de construction. Cette évolution interroge notre capacité collective à préserver les bases essentielles du vivre-ensemble.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-education-cle-de-voute-du-vivre-ensemble"><strong>L’éducation, clé de voûte du vivre-ensemble</strong></h2>



<p>Toute société repose sur des normes. Et ces normes ne tiennent que par l’éducation. Celle reçue dans la famille, consolidée dans l’espace social et renforcée par l’école.</p>



<p>L’individu est le produit de ces trois cercles. Lorsqu’ils sont solides et cohérents, ils favorisent l’équilibre. Lorsqu’ils sont fragilisés, c’est l’ensemble de l’édifice social qui vacille.&nbsp;</p>



<p>La vie de couple n’échappe pas à cette règle. Elle exige des concessions, une capacité à renoncer à une part de sa liberté individuelle au profit d’un projet commun. Cette discipline n’est pas innée : elle s’apprend.</p>



<p>Le problème, aujourd’hui, est que cette éducation semble de plus en plus fragmentée, voire concurrencée par d’autres influences. Aujourd’hui, l’espace social semble prendre le dessus aussi sur le familial que sur l’école, livrant ainsi l’éducation des enfants à eux-mêmes.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-impact-des-transformations-sociales-et-numeriques"><strong>L’impact des transformations sociales et numériques</strong></h2>



<p>Les nouveaux canaux de communication redéfinissent les référentiels. Ils diffusent des modèles, parfois déconnectés des réalités locales, qui influencent les perceptions du couple, de l’autorité et de la liberté individuelle.</p>



<p>Cette exposition permanente peut créer des attentes irréalistes ou des incompréhensions profondes sur le fonctionnement du mariage. Elle alimente également une forme de rigidité intellectuelle. Chacun s’enferme dans ses certitudes, persuadé de détenir la vérité. La communication devient un idéal puisque chaque partie reste plus concentrer sur son smartphone, se connectant ainsi à des réalités en déphasage avec son milieu de vie.&nbsp;</p>



<p>La vie conjugale exige précisément l’inverse : ouverture, écoute, capacité à se remettre en question. Ce principe cardinal du «&nbsp;<em>rationalisme critique</em>&nbsp;» est de plus en plus absent dans les foyers où la femme accorde de moins en moins de considération au chef de famille à qui l’éducation et l’entretien des enfants incombe. Nous assistons à une véritable inversion des valeurs qui a de la peine à passer.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-sortir-des-certitudes-pour-reconstruire-le-couple"><strong>Sortir des certitudes pour reconstruire le couple</strong></h2>



<p>La famille demeure la première cellule d’organisation sociale. Elle est le lieu où se transmettent les valeurs, où s’apprennent les règles du vivre-ensemble. Mais ce socle est aujourd’hui en recomposition. Les repères évoluent, les rôles se redéfinissent, les équilibres traditionnels sont questionnés. Cette mutation, si elle n’est pas accompagnée, peut générer des tensions et des incompréhensions au sein du couple.</p>



<p>Car toute organisation sociale repose sur un minimum de règles partagées. Lorsque ces règles ne sont plus clairement définies ou acceptées, la stabilité devient difficile à maintenir.</p>



<p>Face à cette situation, une évidence s’impose : le problème n’est pas seulement juridique ou institutionnel. Il est avant tout culturel et éducatif. Il appelle une remise en question collective. Une capacité à sortir des postures figées, à accepter la critique, à apprendre de l’autre.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-reapprendre-a-faire-societe"><strong>Réapprendre à faire société</strong></h2>



<p>Le couple ne peut survivre sans effort mutuel. Il ne peut prospérer sans respect réciproque. Il ne peut durer sans une volonté partagée de construire, malgré les imperfections inhérentes à toute existence humaine.</p>



<p>La montée des divorces au Mali n’est donc pas une fatalité. Elle est le reflet d’une société en transition, confrontée à des mutations rapides. Mais elle peut aussi être une opportunité : celle de repenser les bases du vivre-ensemble, de réhabiliter l’éducation comme pilier central, et de redonner au couple sa dimension de projet commun.</p>



<p>Car au fond, la question est simple : voulons-nous subir ces transformations ou les comprendre pour mieux les maîtriser ? La réponse déterminera, sans doute, l’avenir du lien social au Mali.</p>



<p><strong>Oumarou Fomba </strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>L’exode rural ou la fabrique d’une génération sans lieu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 09:19:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>L’exode rural ou la fabrique d’une génération sans lieu examine les conséquences du déclassement et de l’errance en Afrique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Entre le village quitté et la ville qui n’accueille pas vraiment, une génération entière se trouve piégée dans un entre-deux social et existentiel. À partir des données sur l’exode rural au Mali et d’une réflexion philosophique sur le déclassement, Mikaïlou Cissé analyse les impasses humaines d’un modèle de développement qui produit de l’errance plutôt que de la dignité.</em></strong></p>



<p>Dans le Sahel, comme dans de nombreuses régions d’Afrique confrontées à l’exode rural vers les grandes villes, une génération entière vit suspendue entre deux mondes : ni véritablement intégrée à la ville, ni pleinement réinsérée au village. Cette couche sociale a traversé toutes les péripéties politiques des jeunes États africains, nés des compromis entre ex-puissances coloniales et leaders aspirant à une indépendance souvent de façade. Elle incarne aujourd’hui les failles profondes d’un modèle de développement postcolonial à bout de souffle.</p>



<p>Quitter le village pour la ville, ou inversement, n’est plus un geste d’audace ni un pari sur l’avenir, mais un départ contraint, souvent désespéré, face à un quotidien qui s’appauvrit et ne nourrit plus comme autrefois. Pour cette couche sociale, rester équivaut à consentir à l’immobilité sociale, au sens propre du terme.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-ampleur-d-un-exode-structurel"><strong>L’ampleur d’un exode structurel</strong></h2>



<p>Le rapport <em>La croissance pro-pauvres au Mali</em> de l’Agence française de développement (AFD), publié en 2007, souligne l’ampleur croissante de l’exode rural dans un contexte de fortes migrations internes et externes. Environ 200 000 personnes migrent chaque année. Faute d’estimations précises, les auteurs évaluent que si les tendances démographiques avaient été similaires en zones rurales et urbaines, près de 56 000 ruraux auraient quitté les campagnes pour les villes en 2001, un chiffre qui pourrait atteindre environ 150 000 par an en 2006.</p>



<p>Ce mouvement s’inscrit dans une dynamique plus large de déplacement des populations fuyant la désertification dans le Nord pour s’installer dans le Sud, contribuant à une urbanisation rapide, notamment autour de Bamako, dont la population est appelée à croître fortement.</p>



<p>Les conséquences sont multiples et préoccupantes. Le rapport met en évidence une dégradation accrue de l’environnement liée à la pression démographique sur les terres agricoles, ainsi que des tensions sociales entre populations autochtones et nouveaux arrivants, auxquelles s’ajoutent les conflits anciens entre éleveurs et agriculteurs. La densification rurale contraint les systèmes agricoles extensifs à atteindre leurs limites et oblige à une transformation des pratiques culturales. Si la demande urbaine peut, à terme, stimuler la productivité agricole autour des villes, cette transition reste fragile et profondément inégalitaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-mirage-urbain-et-la-desillusion-sociale"><strong>Le mirage urbain et la désillusion sociale</strong></h2>



<p>Portés par les promesses de travail et d’émancipation, ils prennent la route des grandes agglomérations. Mais le mirage urbain se dissipe vite. Sans diplômes reconnus, sans capital économique ni réseaux solides, ces migrants s’entassent dans l’économie informelle, sans protection. Ils s’installent dans les périphéries reléguées, exposées à une vie chère qui dévore leurs maigres revenus.</p>



<p>La ville ne les intègre pas ; elle les absorbe sans les reconnaître. Le village reste le village, mais l’être s’y sent désormais étranger dans sa propre peau. Les repères ne guident plus, et le quotidien perd tout sens concret.</p>



<p>Au-delà de la pauvreté matérielle, ces trajectoires relèvent d’un déclassement au sens bourdieusien : l’écart brutal entre des attentes socialement construites et une réalité qui les invalide. Le départ promettait l’ascension ; il produit l’humiliation. Il ouvrait un avenir ; il suspend le présent dans une attente sans issue.</p>



<p>Les enfants en pâtissent les premiers : certains manquent cruellement de cadre, tandis que d’autres, offerts par la nature sans être demandés, peinent à y être élevés. Les mères, vieilles et usées, sont les plus touchées. Contraintes de suivre les traces de ceux qui n’ont plus l’âge d’être des enfants, elles ploient sous la solitude, état d’être par excellence.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-double-absence-ni-du-village-ni-de-la-ville"><strong>La double absence : ni du village, ni de la ville</strong></h2>



<p>Quitter le village, c’est rompre avec un monde. La terre, la parenté, la reconnaissance communautaire formaient un cadre d’existence et de dignité. En ville, ces repères se dissolvent. Comme un aimant, la ville attire ; comme le capitalisme, elle se débrouille pour se débarrasser de ceux qui perdent leur substance.</p>



<p>Le migrant n’a plus de terre, car il ne cultive plus ; il n’est pas citadin non plus, faute de propriété tangible. Il survit dans un entre-deux instable, sans statut clair ni appartenance affirmée.</p>



<p>De là naît une double absence : absent du village quitté, jamais pleinement présent dans la ville d’accueil. Physiquement là, ils demeurent socialement invisibles. Leur quotidien se déroule dans des non-lieux, où la ville devient un transit interminable, un séjour sans mémoire ni projet durable. Certains s’y épuisent lentement, d’autres y tombent malades, loin des solidarités familiales. Il arrive que des migrants disparaissent sans laisser de traces, errant de chantier en quartier, jusqu’à mourir comme des inconnus.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-retour-comme-epreuve-collective"><strong>Le retour comme épreuve collective</strong></h2>



<p>Le retour, lorsqu’il s’impose, n’a rien de triomphal. Tardif, contraint, souvent silencieux, il expose l’échec dans sa nudité : sans économies, sans maison construite, parfois sans épouse ni enfants, et marqué par la maladie. D’autres peinent même à revenir, faute de moyens, jusqu’à ce que des parents inquiets se lancent à leur recherche.</p>



<p>Bien souvent, ce sont les familles restées au village qui assument le coût du retour : les soins, les charges matérielles et les blessures symboliques de la réintégration. Le retour devient un fardeau collectif, révélateur d’une solidarité familiale mise à rude épreuve par l’échec structurel.</p>



<p>Pourtant, réduire ces trajectoires à de simples échecs individuels serait une erreur. Les revenants portent un capital invisible : expériences urbaines, savoir-faire pratiques, endurance forgée dans l’adversité. Dans un Sahel en mutation, ils pourraient devenir des médiateurs entre ville et campagne, entre économie informelle et initiatives locales.</p>



<p>Mais ce potentiel reste largement inexploité. Le développement demeure cloisonné, sectorisé, laissant les individus et les familles absorber seuls les coûts humains des mutations économiques. Les politiques inclusives font défaut, et le cycle de l’errance se perpétue.</p>



<p>La figure du revenant révèle ainsi moins des échecs personnels que l’implosion d’un modèle désarticulé, incapable d’offrir des trajectoires viables à sa jeunesse. Tant que partir signifiera déracinement et revenir humiliation, l’errance produira de la survie plutôt que de la dignité. Il est temps d’investir dans ces « ni-ni », non comme des laissés-pour-compte, mais comme des ponts vivants entre des mondes que le développement a trop longtemps opposés.</p>



<p><strong>Mikaïlou Cissé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Éducation au Mali : la balance semble déséquilibrée !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 May 2021 09:06:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éducation]]></category>
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<p>Au Mali, l’éducation des enfants semble être uniquement l’affaire de l’école. Ce lieu de façonnage des âmes neuves devient ainsi un débarras pour la plupart des parents qui y inscrivent&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong>Au Mali, l’éducation des enfants semble être uniquement l’affaire de l’école. Ce lieu de façonnage des âmes neuves devient ainsi un débarras pour la plupart des parents qui y inscrivent leurs enfants puis affiche un désintérêt vis-à-vis de leur avenir.</strong></p>



<p>« <em>L’éducation, la famille, c’est un triangle. Il y a l’enfant, il y a l’école et il y a les parents</em> », expliquaient Assa Traoré et Geoffroy De&nbsp;Lagasnerie dans leur livre <em><a href="https://saheltribune.com/jenparle-combat-adama-coulisses-violence-policiere/">« Le combat d’Adama »</a></em>. Une triade pour attirer les attentions sur la nécessaire complémentarité entre ces trois niveaux pour une éducation ou une personnalité réussite. Mais au Mali, l’éducation des enfants semble être uniquement l’affaire des établissements scolaires, qui sont « <em>censés</em> » jouer les trois rôles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>« La supervision représente un niveau spécifique…&nbsp;»</strong></h2>



<p>Après l’inscription à l’école, le contrôle parental, qui devrait être une nécessité absolue, devient malheureusement le grand absent. La présence de l’enfant aux cours, ses activités extra-scolaires, son niveau à l’école, sa conduite scolaire, etc., rien n’est plus suivi par les parents qui trouvent des excuses dans les activités qu’ils exercent pour subvenir aux besoins de la famille.</p>



<p>Pourtant, lorsque ces enfants intègrent de mauvais comportements ou ne travaillent pas à l’école parce qu’ils ont un faible niveau, c’est le sérieux de l’établissement qui est remis en cause. C’est les enseignants qui sont indexés. C’est le système éducatif qui est jugé faillible. Mais nul ne voit ses propres failles.</p>



<p>Dans la revue spécialisée Cairn info, Marwan Mohammed explique que la <a href="https://www.cairn.info/la-formation-des-bandes--9782130578727-page-163.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">supervision parentale</a> <em>« permet de détecter les déviances et de dissuader les enfants en développant chez eux “une aversion pour les délits” et une capacité à anticiper les coûts</em> ». Selon ses précisions, <em>« la supervision représente un niveau spécifique du travail éducatif ».</em> Un niveau qui est malheureusement assez négligé au Mali. Une situation qui permet d’expliquer la recrudescence de la délinquance juvénile, de la prostitution des mineurs, des activités sexuelles des mineurs, de la consommation de la drogue, etc.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Des niveaux complémentaires </strong><strong></strong></h3>



<p>Se profitant du désintérêt qu’affichent leurs parents vis-à-vis de leur avenir, nombreux sont ces enfants qui s’adonnent à ces pratiques peu catholiques. Parce que l’enfance renvoie à l’incapacité de raisonnement que les enfants ont tendance à imiter tout ce qu’ils voient dans les smartphones, sur les chaînes de télévision sous le manque de vigilance de leurs parents.&nbsp;</p>



<p>Dans une telle situation, comment voulez-vous obtenir des citoyens polis, respectueux des valeurs de la république, de leur communauté. Ce que l’on sème, c’est ce que l’on récolte, dit-on. Alors, pourquoi décharger sa responsabilité sur l’autre ?</p>



<p>Tant que cette absence de contrôle parental subsistera dans ce pays, il est difficile d’espérer parvenir sur une résolution durable des nombreuses crises que le Mali traverse. Car des citoyens mal formés ou plus pétris des valeurs étrangères que des leurs constituent de véritables dangers pour l’émergence de leur État.</p>



<p>L’éducation est une <a href="https://www.cairn.info/revue-la-revue-internationale-de-l-education-familiale-2011-2-page-119.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">chaîne</a>. Quand une partie se brise, c’est tout le système qui prend un coup dur. La famille, la rue et l’école sont les trois niveaux d’éducation complémentaires que de grands pédagogues de toute l’histoire nous ont enseignés. Mais au Mali, tout semble reposé sur le troisième niveau. La balance est donc déséquilibrée.</p>



<p><strong>Fousseni Togola</strong></p>



<p><strong>Source: Maliweb.net</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>#AuMondeDesEaux 11 : le mort-vivant!</title>
		<link>https://saheltribune.com/aumondedeseaux-11-mort-vivant/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Jul 2020 12:42:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
		<category><![CDATA[cadavre]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
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		<category><![CDATA[retour de migrant]]></category>
		<category><![CDATA[sirène]]></category>
		<category><![CDATA[zombie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le village s’était désordonné, on pouvait entendre : « Le mort revient se venger ! Sortez vite ! Sortez vite ! Quel désastre ! » Les hommes couraient dans tous les sens. Certains tombaient sous l’effet de la panique. Les plus dynamiques cherchaient rapidement refuge dans des villages environnants.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong>Dans ce 11<sup>e</sup> épisode de notre série de billets fictifs « Au monde des eaux », nous vous expliquons le choc que crée le retour d’un proche que nous avions pris pour mort durant des années.</strong></p>



<p>Lorsque nous sommes arrivés au village, tout le monde fuyait en poussant des cris de détresse. Le village s’était désordonné, on pouvait entendre&nbsp;: <em>« Le mort revient se venger ! Sortez vite ! Sortez vite ! Quel désastre ! »</em> Les hommes couraient dans tous les sens. Certains tombaient sous l’effet de la panique. Les plus dynamiques cherchaient rapidement refuge dans des villages environnants.</p>



<p>A lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1690&amp;action=edit">Au monde des eaux 1 : victime de sa haine</a></p>



<p>Malgré ce chaos créé par mon retour, j’ai gardé le sang-froid auprès de ma femme qui ne doit se sentir en danger. J’ai compris dans ces agissements que ma présence, après tant d’années, est la source d’une grande panique au village.</p>



<p>Ma femme et moi avancions à pas de géants de chez nous. De loin, nous apercevions ma mère arrêtée impatiemment à la porte nous attendre. Pendant toutes ces années passées, elle n’avait jamais perdu espoir de me voir encore un jour dans ses bras.</p>



<p>Lorsque je l’ai aperçue, je me suis précipité dans ses bras en pleurant de toutes mes forces. Elle m’accueille à bras ouverts. Tout le monde était étonné. Elle explique alors aux villageois que je n’étais point mort. J’étais plutôt entre les mains des diables qui s’occupaient d’ailleurs bien de moi. Elle poursuit en disant qu’elle avait été voir le devin du village qui lui avait confirmé cela. Et ça fait longtemps qu’elle attendait ce grand jour&nbsp;: celui de mon retour.</p>



<p>A lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1976&amp;action=edit">#AuMondeDesEaux2 : citoyen d’un nouveau monde</a></p>



<p>Malgré toute cette harangue de ma mère, personne n’arrivait à croire que j’étais en vie dans un autre monde durant tout ce temps. Ma mère n’attend rien pour nous donner place sous le grand hangar au milieu de la cour. Nous avons pris place. Elle nous sert à boire et à manger. Entre temps, elle entre dans la chambre pour informer mon père qui sursaute de son lit, épris de peur. Mais comme on le dit souvent chez nous, l’homme ne doit pas afficher sa peur. Il garde alors son sang-froid et vient nous accueillir à son tour.</p>



<p>Après les salutations, il commence à m’interroger après que nous ayons fini de manger&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Qui est-elle ?, me demande-t-il.</li>



<li>Elle, c’est ma femme, ai-je répondu.</li>



<li>Alors, où étais-tu ?</li>



<li>J’étais dans le fleuve.</li>



<li>Idiotie ! Comment pourrait-on vivre sous l’eau. Étais-tu devenu une sirène ou un poisson ?, a-t-il repris.</li>



<li>Une sirène, on peut dire.</li>
</ul>



<p>Je décide alors de raconter toute mon aventure &nbsp;</p>



<p>A lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=2164&amp;action=edit">#AuMondeDesEaux 3 : un cadavre qui médite sur la mort</a></p>



<p><em>Quand tu m’as pourchassé jusque dans la forêt, j’ai vite trouvé refuge sous des arbres très touffus. Je te voyais rôder autour de ces arbres avec ta torche. Mais je retenais tellement mon souffle que tu ne pouvais pas me voir. Je savais aussi que me montrer équivalait à ma mort ce jour-là. Fatigué, tu es retourné à la maison, et moi, j’ai passé un bout de temps sous ces arbres, histoire de me rassurer davantage que tu étais réellement rentré. Aux environs de minuit trente, je me suis rendu au bord du fleuve, en pleine forêt, sans aucune peur. C’est là que j’ai rencontré celle-ci qui sortait pour ses promenades nocturnes sur la rive. Elle m’a rapproché et m’a demandé ce que je venais faire au bord du fleuve à pareille heure de la nuit. Je lui ai raconté l’histoire comme je le fais maintenant. Elle a décidé de m’amener chez elle au fond du fleuve pour s’occuper de moi. Et c’est ce qu’elle a fait durant tout ce temps. De temps en temps, nous venions acheter nos condiments au marché ici, et nous nous profitions souvent pour donner un bonjour à maman. Mais celle-ci ne s’est jamais rassuré que c’était moi. Par conséquent, puisque, j’étais très proche de celle-ci et que c’est elle qui m’a aussi sauvé, son père, roi de toutes les tribus des sirènes, a décidé de me la donner en mariage. »</em></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Elle est alors une sirène ?</li>



<li>Elle l’était. Mais plus maintenant comme tu puisses le constater.</li>



<li>OK, soyez les bienvenus.</li>



<li>Merci père. Vous nous aviez vraiment manqué.</li>



<li>Pareil pour nous aussi. Je sais que tu sauras m’excuser pour tous les maux que je t’ai causés, me demande-t-il.</li>



<li>Oh, père, tu ne m’as absolument rien fait de mal si ce n’est de m’éduquer.</li>
</ul>



<p>Maintenant, place à l’installation. Mon beau-père m’a fait comprendre que le reste de mes valises sont déjà arrivées chez moi. Alors je dois vérifier où se trouvent ces bagages.</p>



<p><strong>À suivre !</strong></p>



<p><strong>Fousseni Togola</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Comment le Covid-19 malmène les rites et le temps du deuil</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2020 11:18:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[Coronavirus]]></category>
		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
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<p>« Je voulais l’enterrer moi-même ; il avait droit à une “belle” mort, une mort digne, entourée de toute sa famille […] quand la nouvelle de la mort de mon père m’est tombée dessus telle une foudre</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><a href="https://theconversation.com/profiles/frida-benattia-1073344">Frida Benattia</a>, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-de-paris-4263" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Université </a><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-de-paris-4263">de Paris</a></em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;Je voulais l’enterrer moi-même&nbsp;; il avait droit à une “belle” mort, une mort digne, entourée de toute sa famille […] quand la nouvelle de la mort de mon père m’est tombée dessus telle une foudre, me retrouver à des milliers de kilomètres au moment précis de la perte était une réelle damnation…&nbsp;»</p></blockquote>



<p>Voici ce que m’a confessé J.B., un ami et fils d’un homme décédé des suites du Covid-19.</p>



<p>Ces dernières semaines, partout dans le monde, d’autres vivaient des situations semblables, marquées par le bouleversement des rites habituels liés à la perte d’un être cher. Citons le <a href="https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200311.OBS25903/l-appel-de-detresse-d-un-napolitain-reste-confine-24-heures-avec-le-corps-de-sa-soeur-decedee-du-coronavirus.html">cri de détresse </a><a href="https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200311.OBS25903/l-appel-de-detresse-d-un-napolitain-reste-confine-24-heures-avec-le-corps-de-sa-soeur-decedee-du-coronavirus.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">d’un </a><a href="https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200311.OBS25903/l-appel-de-detresse-d-un-napolitain-reste-confine-24-heures-avec-le-corps-de-sa-soeur-decedee-du-coronavirus.html">jeune Italien</a> coincé chez lui avec le corps inanimé de sa sœur. Elle était morte depuis plus de 24 heures. Ou encore, la voix époumonée d’une jeune étudiante, qui n’a pas su faire ses adieux à son grand-père décédé en Iran. Autant de témoignages de l’indicible d’une mort sans rituel.</p>



<p>Même éparses, ces histoires finissent toutes par converger vers le même besoin&nbsp;: accomplir l’ultime devoir et faire amende honorable envers ses défunts.</p>



<p>Comme le <a href="https://www.hup.harvard.edu/catalog.php?isbn=9780674003811">notait Pauline </a><a href="https://www.hup.harvard.edu/catalog.php?isbn=9780674003811" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Boss </a>en se référant à la <a href="https://books.google.tn/books/about/John_Bowlby_and_Attachment_Theory.html?id=jVPIHXLl4ZwC&amp;redir_esc=y">théorie de </a><a href="https://books.google.tn/books/about/John_Bowlby_and_Attachment_Theory.html?id=jVPIHXLl4ZwC&amp;redir_esc=y" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’attachement </a><a href="https://books.google.tn/books/about/John_Bowlby_and_Attachment_Theory.html?id=jVPIHXLl4ZwC&amp;redir_esc=y">de Bowlby</a>, il semblerait de fait que l’on ne puisse se délier d’un être cher qu’à condition de pouvoir participer activement aux rituels d’adieux et d’hommages au défunt. C’est ce qui amorce, d’après l’auteur, le processus de détachement. De fait, au moment de la perte, l’âme des défunts, pour les vivants, se trouve dans un état de transition. Mais l’achèvement de la transformation, comme dans tout rite de passage, nécessite l’intercession d’une communauté assujettie à la facilitation de l’enterrement, à la fois littéral et symbolique.</p>



<p>La crise sanitaire a changé la donne, en amenant des milliers de personnes à faire face au deuil et à la douleur isolés, sans étreintes réconfortantes et sans support communautaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand le rite est confisqué</h2>



<p>Confisqué dans ses manifestations habituelles et partagées, <a href="https://www.causefreudienne.net/encore/"><em>le deuil ne cesse pas de </em></a><em><a href="https://www.causefreudienne.net/encore/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ne </a></em><a href="https://www.causefreudienne.net/encore/"><em>pas s’inscrire</em></a> pourrait-on dire avec Lacan, face à l’impossibilité de symboliser la perte en l’absence de rites. Toute ritualité est, de fait, empêchée. D’abord, en raison des règles de distanciation sociale. Mais aussi parce que les proches des défunts, se retrouvent troublés dans le processus d’acceptation de la mort. Comme déshérités de leur droit de mémoire, ils vacillent, entre une soumission inévitable aux nouveaux rites dénaturés, et le dessein qu’ils ont à entretenir avec le mort, a fortiori, avec toute la communauté.</p>



<p>Au-delà, le confinement impose également une réflexion sur le rituel et sa fonction au moment du stade ultime de la vie avant la mort. Qu’en est-il de ces personnes, dont le pronostic vital est engagé, qui agonisent seules sur un lit d’hôpital&nbsp;? Ou encore celles qui partent en silence confinées dans des Ehpad&nbsp;?</p>



<p>La ritualité commence avant l’acte d’enterrement et bien avant la sépulture. Les regards ultimes attestent le départ. La proximité physique liée aux moments de veille en compagnie de la personne en fin de vie, de même que les dernières paroles échangées sont autant de gestes qui façonnent <em>la mémoire-relique</em> pour accompagner l’épreuve douloureuse de la perte.</p>



<p>La mort est toujours une fêlure dans le réel, qui interrompt brutalement la conversation avec une personne aimée. Mais au temps du Covid-19, le récit même du deuil se trouve confisqué aux vivants, définissant un nouveau socle social sans épitaphe.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;Je n’ai pas vu la mort passer, mon grand-père est parti si vite que je n’ai même pas eu le temps de lui parler […] J’aurais aimé qu’il me livre ses derniers mots, j’aurais aimé garder en résonance ces dernières paroles, je n’aurais eu pour souvenir et pour legs que cela&nbsp;». (W.M. ayant perdu son grand-père en mars 2020, témoignage lu sur Twitter)</p></blockquote>



<p>Sans la dimension anthropologique liée à la perte, faite de rites qui permettent la sacralisation du défunt, le corps mort devient suspect. Il est condamné au verdict de l’oubli dès lors que toute fonction d’inscription dans le souvenir est empêchée.</p>



<p>La mémoire n’est autre qu’un rite forgé de commémorations. Or en temps de pandémie, le traitement des corps, placés dans des housses mortuaires scellées et enterrées sous surveillance extrême donne une dimension <em>obscène</em> (du latin obscenus/indécent) au cadavre emporté hors champ de vision, hors champ de mémoire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un temps étiré</h2>



<p>La pandémie modifie notre conception du temps qui semble s’étirer face à l’incertitude induite par une situation nouvelle. Selon William James, dans son ouvrage <a href="https://books.google.tn/books/about/The_Principles_of_Psychology.html?id=TMrJfcaC8bYC&amp;redir_esc=y"><em>The Principle of </em></a><em><a rel="noreferrer noopener" href="https://books.google.tn/books/about/The_Principles_of_Psychology.html?id=TMrJfcaC8bYC&amp;redir_esc=y" target="_blank">Psychology</a></em><a href="https://books.google.tn/books/about/The_Principles_of_Psychology.html?id=TMrJfcaC8bYC&amp;redir_esc=y"> (1890)</a>, les émotions peuvent entraîner des distorsions temporelles. L’anxiété et la peur imprègnent désormais un quotidien chamboulé dans sa ritualité la plus commune. Le temps semble s’étirer aussi quand une effraction traumatique advient et c’est ainsi que <a href="https://www.cairn.info/revue-imaginaire-et-inconscient-2011-2-page-143.htm">« toute temporalité </a><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.cairn.info/revue-imaginaire-et-inconscient-2011-2-page-143.htm" target="_blank">rituelle </a><a href="https://www.cairn.info/revue-imaginaire-et-inconscient-2011-2-page-143.htm">vient soutenir la temporalité psychique et les processus de transformation et de métabolisation psychique</a>.</p>



<p>Les traditions sémiotiques et monothéistes prévoient des rites de deuil rythmés de manière très précise – c’est le cas dans les familles de confession juive ou musulmane. C’est aussi le cas dans la tradition Bouddhiste tibétaine ou encore celle du Japon où les rites funéraires culminent le 49<sup>e</sup>&nbsp;jour après la mort.</p>



<p>Quand le rituel est entravé, le temps, qui semble confiné autant que l’espace, est perçu comme plus long, tandis que le moment de la commémoration est différé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Inventer des rituels</h2>



<p>Face à l’effraction dans le réel d’une perte beaucoup trop violente, citons l’histoire de cette mère américaine qui a inventé un rituel inédit pour maintenir l’objet (en l’occurrence sa fille) psychiquement présent&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;À Natchez ville, au bord du fleuve Mississippi, Florence Irene Ford avait seulement 10&nbsp;ans lorsqu’elle est morte de la fièvre jaune, le 30&nbsp;octobre 1871. Pendant sa courte vie, elle avait très peur des tempêtes et des orages. À chaque fois que cela se produisait, la petite fille se précipitait dans les bras de sa mère pour trouver du réconfort. À sa mort, Madame Ford fut tellement frappée par le chagrin qu’elle fit construire une fenêtre en verre au-dessus du cercueil de sa fille, flanqué de quelques marches, et protégé par des trappes métalliques. Pendant des années et à l’abri de la tempête, la mère de Florence Ford s’installait sur les marches pour lui lire un conte ou lui fredonner une berceuse jusqu’à ce que le ciel se calme.&nbsp;»</p></blockquote>



<p>Cette mère continue à raconter des histoires, et à bercer ses peurs, créant une sorte de cordon ombilical de substitut. Cela la relie au sépulcre, où la mort s’écarte et s’efface, en faveur de ce que Fédida appelle <a href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-essais/L-Absence">« un </a><a href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-essais/L-Absence" target="_blank" rel="noreferrer noopener">compromis illusoire </a><a href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-essais/L-Absence">d’un toujours vivant »</a>. Florence Irene Ford n’est pas morte. Elle est maintenue en état de sommeil par ce rituel maternel de veille et en pérennité. Madame Ford acquiert un sens à sa perte, dans <a href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-essais/L-Absence">« le désir de conserver quelque chose de ce dont elle se </a><a href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-essais/L-Absence" target="_blank" rel="noreferrer noopener">sépare </a><a href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-essais/L-Absence">sans, pour autant, devoir renoncer à s’en </a><a href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-essais/L-Absence" target="_blank" rel="noreferrer noopener">séparer </a><a href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-essais/L-Absence">»</a>. Au-delà de la réalité de la perte qui l’accable, elle invente un rituel possible dans l’espace de ce qui manque. Elle dilate le temps, pour ne pas en voir le bout !</p>



<h2 class="wp-block-heading">La dichotomie du rite&nbsp;: du temps à la traversée</h2>



<p>Des siècles après, le Covid-19 fait éclater la problématique de l’appréciation du temps, mais questionne en plus l’espace et ses restrictions. Lors des commémorations qui ont lieu dans le contexte du confinement le réel et le virtuel se confondent&nbsp;: remise de diplômes pilotée à distance par des étudiants japonais qui manipulent des robots, mariage où les invités sont remplacés par leur portrait sur les bancs de l’église&nbsp;; ou retransmission des obsèques d’une infirmière par vidéo-conférence…</p>



<p>Dans ce conflit autour du temps confiné du deuil se dessinent les prémisses d’un nouvel édifice psychique autour de la mort et ses rites, qui promet une dichotomie entre une technologie qui raccourcit le temps, et une traversée de deuil allongée.</p>



<p><a href="https://theconversation.com/profiles/frida-benattia-1073344" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Frida</a><a href="https://theconversation.com/profiles/frida-benattia-1073344"> Benattia</a>, Doctorante en études psychanalytiques, Chercheuse en psychanalyse et Psychopathologie, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-de-paris-4263">Université de </a><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-de-paris-4263" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Paris</a></em></p>



<p>Cet article est republié à partir de <a href="https://theconversation.com">The </a><a rel="noreferrer noopener" href="https://theconversation.com" target="_blank">Conversation </a>sous licence Creative Commons. Lire l’<a href="https://theconversation.com/comment-le-covid-19-malmene-les-rites-et-le-temps-du-deuil-138680">article </a><a rel="noreferrer noopener" href="https://theconversation.com/comment-le-covid-19-malmene-les-rites-et-le-temps-du-deuil-138680" target="_blank">original</a>.</p>



<img decoding="async" src="https://counter.theconversation.com/content/138680/count.gif?distributor=republish-lightbox-advanced" alt="The Conversation" width="1" height="1" style="border: none !important; box-shadow: none !important; margin: 0 !important; max-height: 1px !important; max-width: 1px !important; min-height: 1px !important; min-width: 1px !important; opacity: 0 !important; outline: none !important; padding: 0 !important; text-shadow: none !important" />

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		<title>Au monde des eaux 1 : victime de sa haine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Phileingora]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Apr 2020 08:38:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
		<category><![CDATA[éducation]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[haine]]></category>
		<category><![CDATA[migration]]></category>
		<category><![CDATA[querelle]]></category>
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<p>La nuit avance. Le village devient calme. Plus rien ne bouge. L’espoir de ma mère devenait minime. Elle demandait avec insistance et larme dans les yeux à son mari où je pouvais bien être ou ce qu’il m’aurait fait. Toujours angoissé, il garde le silence.</p>
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<p> <strong>Au monde des eaux est une série de billets fictifs pour décrire certaines causes de la <a href="https://www.cairn.info/revue-le-divan-familial-2005-1-page-207.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">migration des jeunes</a>. Cette première partie s’attèle à montrer les conséquences de la discrimination entre les enfants dans la famille.</strong></p>


<p>La ville devenait de plus en plus calme. Les eaux des puits étaient dormantes. Les rues désertes. L’obscurité atteignait les demeures. Seuls quelques noctambules se promènent encore dans la rue. Puisqu’il est enseigné aux enfants de ne pas passer le crépuscule hors de la maison, ils sont tous chez eux. C’est le moment pour moi de regarder le feuilleton à la télévision nationale.</p>


<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Avant la bourrasque </strong><strong></strong></h5>


<p>J’aime énormément suivre ce feuilleton entre 19&nbsp;h et 19&nbsp;h&nbsp;30&nbsp;min. Je m’assois confortablement pour éviter tout dérangement. Mais impossible d’être tranquille quand nous ne sommes pas bien aimés.</p>


<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1650&amp;action=edit">À cause du Covid-19, Bina n’exercera plus le commerce</a></p>


<p>Voici qu’un vendredi, assis dans mon coin, devant l’écran, à l’écart de tout le monde, pour éviter tout contact avec ma sœur Amina, que la voici venue troubler ma quiétude en rendant tous mes efforts quasiment vains.</p>


<p>Ce jour-là, je venais de comprendre qu’elle était inévitable pour moi. Qu’elle est pour moi comme la mort. Car quoi que nous fassions, nous croiserons le chemin de la mort. Ce qui m’a tout de suite fait rappeler ces propos de El Hadj Almatar Mahamar Touré&nbsp;: « Quand la mort<em> </em>donne rendez-vous à l’homme en un endroit déterminé, ce dernier use<em> </em>de tous les moyens à sa disposition pour être au rendez-vous à l’heure<em> </em>précise. »</p>


<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1629&amp;action=edit">Amina, la petite fille qui sensibilise sur le covid-19</a></p>


<p>Mon rapport avec ma sœur était pareil. J’ai dû tout faire, je n’arrivais pas à l’échapper. La petite a tout eu avec notre père. Elle est la reine de la maison. Personne ne peut toucher à un seul de ses cheveux sans recevoir la colère du chef de famille. Tous ont peur d’elle non pas pour ce qu’elle est, mais pour ce qu’elle représente pour le grand chef. &nbsp;</p>


<p>Tout part d’une querelle de chaise. Sans aucune manière, elle me demande de lui remettre coûte que coûte la chaise sur laquelle je me trouvais. Pour ne pas polémiquer et attirer la rage de Pa, je la lui remets. Je prends un escabeau, pensant l’avoir évité, enfin, pour ce soir-là. Mais je n’avais rien compris encore. Le film terminé, nous nous sommes mis à manger en compagnie de nos parents, Tièfing et Musodjè. Je prends toujours mes écarts d’elle. Mais on dirait qu’elle cherche toujours à me nuire.</p>


<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1586&amp;action=edit">Coronavirus : la petite Amina discute avec son père</a></p>


<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>L’inévitable se produit</strong></h5>


<p>Elle amène son site auprès du mien. Du coup, mon cœur se met à battre tellement forte que j’ai l’impression de perdre le souffle. Parce que je savais que quelque chose de mal risque de se produire. Elle se met à me taquiner jusqu’à me mettre hors de moi-même. Je lui donne une gifle. Tièfing se procure d’un gros bâton et se met à mes trousses. Il me conduit jusque dans la forêt profonde près du fleuve Bani. En courant derrière moi, il se lançait le bâton tout en prononçant&nbsp;: <em>« Je vais en</em><em> </em><em>finir avec cet enfant maudit une fois que je l’attraperai</em> ».</p>


<h5 class="wp-block-heading"><strong>Au milieu de la forêt</strong></h5>


<p>Arrivé près du fleuve, je trouve l’idée de me cacher. Je trouve un arbre bien touffu. Sans aucune crainte, je me glisse dessous. Il me cherche en vain. Puisqu’il ne me retrouve pas, il retourne à la maison, très fatigué.</p>


<p>La nuit avance. Le village devient calme. Plus rien ne bouge. L’espoir de ma mère devenait minime. Elle demandait avec insistance et larme dans les yeux à son mari où je pouvais bien être ou ce qu’il m’aurait fait. Toujours angoissé, il garde le silence.</p>


<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1586&amp;action=edit">Coronavirus : la petite Amina discute avec son père</a></p>


<p>Au milieu de la nuit, Musodjè n’était plus seule dans sa nuit blanche. Mes frères, Bina et Kountou, venaient de la rejoindre. Tous pleuraient déjà ma mort. Ils pensaient tous que notre papa m’avait éliminé pour de bon.</p>


<p>La bonne dame sortait de temps en temps pour regarder aux alentours de la maison afin de s’assurer si je n’étais pas caché quelque part. Mais en vain.</p>


<p>Puisqu’il fait nuit, elle avait peur de rentrer seule dans la forêt à ma recherche. Alors elle est pressée que le jour se lève.</p>


<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Tout le village debout</strong></h5>


<p>Dès l’aube, elle se rend chez un ami à mon père pour raconter l’histoire. Soudain, tout le village a été inondé de la nouvelle. La famille est vite remplie de monde.</p>


<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1537&amp;action=edit">Fermeture des écoles : le soliloque d’un enseignant</a></p>


<p>La petite et son père prenaient petit à petit conscience des conséquences de leur haine. Ils se mêlent aux autres pour pleurer. Le vieux a été dans l’obligation d’expliquer l’aventure à la foule, et surtout la façon dont il m’a perdu entre les arbres. Personne ne le croyait sur parole. Alors, tout le village décide d’aller à ma recherche.</p>


<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Personnages</strong></h5>


<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>De même que le billet est fictif, ces noms aussi le sont.</strong></h5>


<p><em>Amina&nbsp;: Ma sœur, âgée de 13 ans. Elle est l’emmerdeuse mondiale.</em></p>


<p><em>Kountou&nbsp;: la jeune sœur d’Amina. Âgée de 10 ans. Cette fille a une conscience d’adulte. Sa particularité, c’est la pitié pour les autres.</em></p>


<p><em>Bina&nbsp;: l’aîné de la famille, âgé de 15 ans.</em></p>


<p><em>Bafing&nbsp;: Le chef de famille au caractère brutal. Il est connu pour sa discrimination. Notre père.</em></p>


<p><em>Musodjè&nbsp;: la femme de Bafing. C’est la religieuse imperturbable. Elle est folle d’amour pour tous ses enfants.</em></p>


<h5 class="wp-block-heading"><strong>A suivre ! </strong></h5>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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