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	<title>Archives des exportation or &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Mali : l&#8217;OMSP, ou comment l&#8217;or malien cesse enfin de disparaître dans la nuit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jul 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le Mali franchit une étape majeure dans la réforme de son secteur minier avec la création de l’Office malien des Substances précieuses (OMSP). Objectif : contrôler les exportations d’or, lutter contre la contrebande et renforcer la souveraineté économique du pays.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 30 juin 2026, le Conseil national de Transition a adopté à l&rsquo;unanimité — 120 voix pour, zéro contre — la loi créant l&rsquo;Office malien des Substances précieuses. Un vote historique qui parachève trois ans de réforme minière et donne au Mali ce qui lui manquait depuis les indépendances : le contrôle réel sur la commercialisation et l&rsquo;exportation de son or.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a des textes de loi dont le vote est une formalité, et d&rsquo;autres dont le vote est un acte politique de premier ordre. La ratification, le 30 juin 2026, de l&rsquo;ordonnance créant l&rsquo;Office malien des Substances précieuses (OMSP) appartient à la seconde catégorie. 120 voix pour, zéro contre, zéro abstention au Conseil national de Transition : l&rsquo;unanimité dit le poids de la décision. Depuis les indépendances, le Mali produisait de l&rsquo;or, en exportait, en tirait des recettes — et en perdait une fraction considérable dans des circuits informels que l&rsquo;État ne contrôlait pas. L&rsquo;OMSP est la réponse institutionnelle à soixante ans d&rsquo;hémorragie dorée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le scandale des statistiques : l&rsquo;or qu&rsquo;on déclare et l&rsquo;or qui part</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le point de départ de cette réforme est un constat que les autorités n&rsquo;ont pas cherché à minimiser. Dans le communiqué du Conseil des ministres du 18 mars 2026, qui présentait les textes de création de l&rsquo;OMSP avant leur ratification par le CNT, le gouvernement a posé le problème en termes clairs : il existe des disparités entre les statistiques officielles au niveau national et les quantités reçues dans les pays de destination.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Traduction : le Mali déclare une certaine quantité d&rsquo;or exportée. Les pays qui reçoivent cet or en enregistrent davantage. L&rsquo;écart n&rsquo;est pas une erreur comptable — c&rsquo;est de l&rsquo;or qui quitte le territoire malien sans jamais être déclaré aux douanes, sans jamais générer de recettes fiscales, sans jamais alimenter les caisses de l&rsquo;État. C&rsquo;est de la contrebande à grande échelle, organisée, systémique, qui dure depuis des décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ampleur du phénomène est difficile à chiffrer précisément — par définition, ce qui est frauduleux n&rsquo;est pas déclaré. Mais les données officielles donnent une idée du contexte. En 2022, le Mali a produit 72,227 tonnes d&rsquo;or, dont 6 tonnes issues de l&rsquo;orpaillage. Ce secteur représentait 9,2 % du PIB et avait généré 763 milliards de FCFA de recettes budgétaires. Si même une fraction de l&rsquo;or non déclaré avait transité par des circuits officiels, ces chiffres auraient été significativement plus élevés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Malgré cette contribution, il existe des difficultés dans la maîtrise des flux issus de l’orpaillage et des petites mines au regard des disparités entre les statistiques officielles au niveau national et les quantités reçues dans les pays de destination.</em> <em>»</em>, selon le communiqué final du Conseil des ministres du 18 mars 2026. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;OMSP : monopole d&rsquo;exportation et régulation de la chaîne complète</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse apportée par l&rsquo;OMSP est structurelle. L&rsquo;Office devient la seule entité habilitée à exporter l&rsquo;or malien — un monopole d&rsquo;exportation qui met fin à la fragmentation des circuits actuels, où des dizaines de comptoirs d&rsquo;achat, de collecteurs privés et d&rsquo;exportateurs opèrent en parallèle, avec des niveaux de contrôle très variables. Désormais, tout l&rsquo;or exporté doit passer par un guichet unique étatique, qui trace, enregistre et certifie chaque transaction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;OMSP est placé sous la tutelle du ministère de l&rsquo;Industrie et du Commerce — non pas des Mines, ce qui est un choix délibéré : il s&rsquo;agit d&rsquo;une institution de commerce et de transformation, pas seulement d&rsquo;extraction. Ses missions couvrent la régulation et la centralisation de la commercialisation de l&rsquo;or et des autres substances précieuses, le renforcement du contrôle de l&rsquo;État sur les ressources minières, la sécurisation des flux financiers, et la lutte contre les circuits de commercialisation illicites.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La pièce manquante d&rsquo;un puzzle en trois ans</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre ce que représente l&rsquo;OMSP, il faut le lire dans la séquence de réformes engagées depuis 2023. En août 2023, le Conseil national de Transition adoptait le nouveau Code minier (loi n°2023-040) et la loi sur le contenu local dans le secteur minier (loi n°2023-041). Le code portait la participation obligatoire de l&rsquo;État dans les projets miniers de 20 % à 35 %, supprimait les clauses de stabilité qui immunisaient les compagnies contre toute révision fiscale, et réformait en profondeur le régime des redevances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2023-2024, un audit du secteur minier révélait entre 300 et 600 milliards de FCFA d&rsquo;irrégularités. Les négociations avec les compagnies minières aboutissaient à des recouvrements massifs : 761 milliards de FCFA d&rsquo;arriérés en 2025, dont 85 millions de dollars pour la seule Barrick Gold. En juin 2025, la pose de la première pierre de SOROMA-SA — la raffinerie nationale d&rsquo;or de Sénou, partenariat public-privé avec la société russe Yadran, capacité de 200 tonnes par an — matérialisait la volonté de transformer l&rsquo;or malien sur le territoire malien avant de l&rsquo;exporter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;OMSP est la pièce finale de ce puzzle. Le code minier a fixé les règles d&rsquo;exploitation. L&rsquo;audit a récupéré les arriérés. La raffinerie va transformer l&rsquo;or brut en lingots certifiés. L&rsquo;OMSP va contrôler que l&rsquo;or exporté par la raffinerie est bien le même que celui déclaré à la production. La chaîne est enfin complète — de la mine au marché international, en passant exclusivement par des circuits sous contrôle malien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Produire de l&rsquo;or sans contrôler son exportation, c&rsquo;est tenir un seau percé. L&rsquo;OMSP est le bouchon qui manquait depuis l&rsquo;indépendance.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;orpaillage : le vrai enjeu de l&rsquo;OMSP</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;OMSP s&rsquo;applique à l&rsquo;ensemble du secteur aurifère, c&rsquo;est l&rsquo;orpaillage — et plus généralement les petites et moyennes exploitations — qui constitue son vrai terrain de bataille. Les grandes mines industrielles (Barrick, Resolute, B2Gold, etc.) sont déjà sous contrat avec l&rsquo;État, soumises à des audits, tenues de déclarer leurs productions. C&rsquo;est difficile, parfois litigieux, mais le cadre existe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;orpaillage, lui, est une autre affaire. Selon les estimations du gouvernement, plusieurs millions de personnes pratiquent l&rsquo;orpaillage au Mali — une activité qui génère des revenus vitaux pour des communautés rurales entières, mais qui est aussi le principal vecteur de la fuite de l&rsquo;or en dehors des circuits officiels. Les collecteurs qui achètent l&rsquo;or aux orpailleurs, les comptoirs qui le stockent, les exportateurs qui l&rsquo;acheminent vers Dubaï, le Togo ou la Côte d&rsquo;Ivoire avec des déclarations tronquées : c&rsquo;est toute cette filière informelle que l&rsquo;OMSP doit structurer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tâche est immense et les défis sont réels. L&rsquo;orpaillage est géographiquement dispersé — il se pratique dans des centaines de sites, souvent dans des zones reculées difficiles d&rsquo;accès. Les orpailleurs sont des travailleurs précaires qui vendent leur production au mieux offrant, sans se soucier des circuits officiels. Et la contrebande d&rsquo;or a des réseaux bien établis, qui ne disparaîtront pas parce qu&rsquo;un office a été créé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce qui fera la différence : l&rsquo;application</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le président de la Commission des Mines et de l&rsquo;Énergie du CNT, Assane Sidibé, a posé clairement l&rsquo;enjeu lors du débat précédant le vote : l&rsquo;OMSP s&rsquo;impose désormais comme l&rsquo;organe exclusif pour lutter contre l&rsquo;orpaillage anarchique et la dégradation des forêts. Pour lui, ce texte parachève la feuille de route du Président de la Transition initiée après le vote du Code minier de 2023.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La chaîne causale est logique : si l&rsquo;OMSP est le seul exportateur autorisé, et si la raffinerie de Sénou — opérationnelle fin 2026 selon le calendrier prévu — est le seul transformateur agréé, alors tout l&rsquo;or qui circule en dehors de ces deux entités sera, par définition, hors-la-loi. Pas seulement informel — illégal. Ce changement de statut juridique est la condition pour que les sanctions soient appliquées et que les circuits parallèles perdent leur impunité actuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec 120 voix pour et zéro contre, le CNT a dit ce que le pays pense de cette réforme. Il reste maintenant à transformer l&rsquo;unanimité du vote en réalité du terrain. C&rsquo;est là que se joueront les milliards.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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