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	<title>Archives des Emmanuel Macron &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des Emmanuel Macron &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Macron–Macky Sall : l&#8217;entrevue qui brouille les lignes</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 21:54:39 +0000</pubDate>
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<p>Reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron, Macky Sall poursuit sa campagne pour le poste de secrétaire général de l’ONU. Une rencontre qui soulève des interrogations sur le soutien de la France, alors que le Sénégal affiche sa neutralité.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L&rsquo;ancien président sénégalais fait campagne pour la tête de l&rsquo;ONU avec la bienveillance de Paris — mais sans le soutien de Dakar. Une rencontre à l&rsquo;Élysée qui pose autant de questions qu&rsquo;elle n&rsquo;apporte de réponses.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une image soigneusement mise en scène, et c&rsquo;est précisément là que réside le problème. Le 3 juin, Macky Sall a diffusé sur ses réseaux sociaux une photographie le montrant&nbsp;serrant la main d&rsquo;Emmanuel Macron&nbsp;dans le grand escalier de l&rsquo;Élysée, la veille — un cliché que l&rsquo;Élysée, lui, a préféré taire. Cette asymétrie de communication en dit long sur la nature réelle de cette rencontre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ancien chef de l&rsquo;État sénégalais brigue le poste de secrétaire général des Nations unies, en lice pour succéder à Antonio Guterres le 1er janvier 2027. Pour asseoir sa candidature sur la scène internationale, il sollicite les capitales qui comptent. Paris, puissance permanente au Conseil de sécurité, en est une. Jusqu&rsquo;ici, rien d&rsquo;anormal.&nbsp;<em>« Nous n&rsquo;avons pas été impliqués depuis le début, même pas par l&rsquo;intéressé. »</em>, avait fait savoir Bassirou Diomaye Faye en mai&nbsp;2026.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une campagne sans mandat national</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui interroge davantage, c&rsquo;est le&nbsp;vide institutionnel&nbsp;que révèle cet activisme diplomatique. Le président Bassirou Diomaye Faye l&rsquo;a dit sans détour début mai : son gouvernement a choisi «&nbsp;<em>une posture neutre</em>&nbsp;» et n&rsquo;a «&nbsp;<em>pas été impliqué depuis le début</em>&nbsp;». Autrement dit, Macky Sall mène une campagne internationale pour représenter — potentiellement — l&rsquo;ensemble des États membres de l&rsquo;ONU, sans même avoir obtenu l&rsquo;aval de son propre pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation est pour le moins singulière. Quel poids réel peut avoir un candidat dont le pays d&rsquo;origine décline de le soutenir officiellement ? La bienveillance française, aussi réelle soit-elle, ne saurait combler ce déficit de légitimité nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Élysée n&rsquo;a confirmé ni la réunion ni un éventuel soutien à la candidature. C&rsquo;est Macky Sall lui-même qui a donné une dimension publique à l&rsquo;entretien, transformant une rencontre discrète en argument de campagne.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Paris joue la discrétion, macky joue l&rsquo;affichage</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Élysée n&rsquo;a formulé aucun commentaire. Pas de communiqué, pas de déclaration, pas même une confirmation officielle de la réunion. Ce silence choisi contraste avec l&rsquo;enthousiasme médiatique de Macky Sall, qui a pris soin de diffuser la photo&nbsp;en français et en anglais, signalant clairement à quel public international il s&rsquo;adressait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son entourage, l&rsquo;élan est immédiat. Néné Tall, cadre de l&rsquo;Alliance pour la République, n&rsquo;a pas hésité à commenter :&nbsp;<em>« Pendant ce temps, les grands hommes discutent de l&rsquo;avenir du monde. »</em>&nbsp;La formule, aussi maladroite que révélatrice, trahit une stratégie de valorisation par l&rsquo;image plus que par le fond — un&nbsp;affichage de légitimité&nbsp;qui se substitue au débat programmatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car sur le fond, que sait-on réellement de la vision onusienne de Macky Sall, au-delà de la formule — «&nbsp;<em>rationaliser, simplifier, optimiser</em>&nbsp;» — présentée devant l&rsquo;Assemblée générale en avril ? Des principes qui sonnent plus comme un slogan de consultant que comme un projet politique pour une organisation de 193 membres.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le pari risqué d&rsquo;une image trop parisienne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le contexte actuel du continent africain, où le sentiment anti-français reste vif dans plusieurs pays et où la France cherche elle-même à redéfinir sa posture en Afrique,&nbsp;afficher la bienveillance de l&rsquo;Élysée comme un atout&nbsp;pourrait se révéler une stratégie à double tranchant. Si elle peut séduire certaines chancelleries occidentales, elle risque d&rsquo;alimenter la méfiance de nombreux États du Sud global — bloc de voix crucial dans toute élection à l&rsquo;ONU.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Macky Sall devra arbitrer entre deux logiques contradictoires : celle qui consiste à capitaliser sur des réseaux franco-africains bien entretenus, et celle qui exige de se présenter comme un candidat du monde entier, au-delà des alignements historiques. Pour l&rsquo;heure, l&rsquo;image de l&rsquo;escalier de l&rsquo;Élysée penche clairement du premier côté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Aide publique au développement : vers la fin d&#8217;un modèle à bout de souffle ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Au sommet Africa Forward de Nairobi, réunissant 32 chefs d'État, experts et responsables français ont débattu d'une refonte profonde de l'aide publique au développement. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au sommet Africa Forward de Nairobi, réunissant 32 chefs d&rsquo;État, experts et responsables français ont débattu d&rsquo;une refonte profonde de l&rsquo;aide au développement. Entre contestation souverainiste et réforme de l&rsquo;AFD, un tournant s&rsquo;esquisse.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Trente-deux chefs d&rsquo;État réunis à Nairobi, un titre ambitieux –&nbsp;<em>Africa Forward : Afrique-France, un nouveau souffle</em>&nbsp;– et une question qui fâche autant qu&rsquo;elle mobilise&nbsp;: l&rsquo;aide publique au développement (APD) a-t-elle encore un avenir&nbsp;? C&rsquo;est dans ce contexte qu’un média français organisait son débat&nbsp;<em>Au cœur de l&rsquo;Info</em>, avec des invités aux convictions tranchées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Une aide efficace est une aide qui travaille à sa propre obsolescence. Ce n&rsquo;est pas un système qui se nourrit et s&rsquo;auto-entretient pendant des décennies. Le fait qu&rsquo;il perdure démontre en réalité son inefficacité.&nbsp;»,&nbsp;</em>a expliqué&nbsp;Niagalé Bakayoko, présidente de l&rsquo;African security sector network.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une contestation des deux côtés de la Méditerranée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Niagalé Bakayoko, présidente de l&rsquo;African Security Sector Network, le diagnostic est sans appel. L&rsquo;aide au développement, telle qu&rsquo;elle fonctionne depuis des décennies, s&rsquo;est bureaucratisée au point de mécontenter aussi bien les citoyens du Nord que ceux du Sud. La présidente cite en exemple le discours du président kényan, qui a publiquement déclaré ne plus vouloir d&rsquo;aide extérieure – une position souverainiste qui gagne du terrain sur le continent africain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté français, le débat a été relancé après la fermeture de l&rsquo;USAID américaine. Des voix se sont élevées dans la presse hexagonale pour pointer les limites de certains programmes d&rsquo;aide. «&nbsp;<em>Des deux côtés de la Méditerranée, il y a une contestation du bien-fondé et de l&rsquo;efficacité de l&rsquo;aide&nbsp;</em>», constate Bakayoko. La nécessité de sortir du système actuel s&rsquo;impose donc comme une évidence partagée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le partenariat comme nouvelle boussole</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément ce que défend Emmanuel Macron en prônant les «&nbsp;<em>partenariats</em>&nbsp;» – un terme qui va «&nbsp;<em>dans la bonne direction</em>&nbsp;». Mais la présidente de l&rsquo;ASSN va plus loin&nbsp;: si les partenariats public-privé constituent une piste pertinente, l&rsquo;enjeu fondamental est de responsabiliser les États africains devant leurs propres citoyens, en les rendant comptables de l&rsquo;usage des fonds qui leur sont accordés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle pose aussi la question de la valeur guide&nbsp;: faut-il parler de «&nbsp;<em>partenariat</em>&nbsp;» ou d&rsquo;«&nbsp;<em>équité</em>&nbsp;»&nbsp;? «&nbsp;<em>Ce qui est fondamental, c&rsquo;est de se fonder sur la notion d&rsquo;équité davantage, à mon avis, que sur celle de partenariat</em>&nbsp;», tranche-t-elle, suggérant que le premier terme porte une dimension de justice structurelle que le second n&rsquo;implique pas nécessairement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout juste nommé à la tête de l&rsquo;Agence française de développement (AFD), Christophe Lecourtier participait au sommet Africa Forward. Dans un contexte de restrictions budgétaires et de remise en question de l&rsquo;APD, il défend, dans un autre média français, une nouvelle approche fondée sur les intérêts mutuels, l&rsquo;impact concret et une communication renforcée auprès des citoyens français.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les Français n&rsquo;ont pas renoncé à l&rsquo;idée d&rsquo;une solidarité internationale.&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces critiques, Christophe Lecourtier, nouveau directeur de l&rsquo;Agence française de développement, assume un tournant. Il reconnaît que l&rsquo;ère des objectifs chiffrés d&rsquo;APD en pourcentage du PIB est révolue&nbsp;: «&nbsp;<em>Aujourd&rsquo;hui, plus personne ne juge que c&rsquo;est l&rsquo;objectif essentiel.&nbsp;</em>» Sa feuille de route se veut plus sélective et plus lisible&nbsp;: concentrer les efforts sur un nombre restreint de pays et de secteurs, et surtout mieux expliquer le sens de l&rsquo;action française à l&rsquo;international.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;On peut, avec un peu moins, faire beaucoup mieux. J&rsquo;ai vraiment la conviction que les Français n&rsquo;ont pas renoncé à l&rsquo;idée d&rsquo;une solidarité internationale.&nbsp;»,&nbsp;</em>a souligné&nbsp;christophe Lecourtier, directeur général de l&rsquo;AFD.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s&rsquo;appuie sur ce qu&rsquo;il considère comme un consensus profond chez les Français&nbsp;: la compréhension de l&rsquo;interdépendance mondiale. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de santé publique, de souveraineté alimentaire ou du climat, l&rsquo;argument de la «&nbsp;<em>planète unique</em>&nbsp;» reste, selon lui, majoritairement accepté. L&rsquo;AFD doit simplement mieux démontrer qu&rsquo;elle en est «&nbsp;<em>le bras armé&nbsp;</em>», non seulement de l&rsquo;État français, mais de la nation tout entière.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Macron et le franc CFA : la fin annoncée d’un système postcolonial ?</title>
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		<pubDate>Fri, 15 May 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Emmanuel Macron affirme que la France a réformé le franc CFA, mais les pays de l’AES dénoncent la persistance d’une domination monétaire française et réclament une véritable souveraineté économique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En affirmant que la France avait déjà « pris toutes ses responsabilités » dans la réforme du franc CFA, Emmanuel Macron pensait sans doute clore un vieux débat postcolonial. Mais au Mali, au Burkina Faso et au Niger, la question monétaire reste au contraire au cœur du combat souverainiste engagé contre l’influence française. Derrière les annonces sur l’ECO et les réformes techniques du CFA, les pays du Sahel dénoncent la persistance d’un système monétaire qu’ils considèrent toujours comme un instrument de dépendance économique et géopolitique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par-delà les déclarations diplomatiques et les promesses de «&nbsp;<em>modernisation</em>&nbsp;», Emmanuel Macron peine à convaincre une Afrique de l’Ouest de plus en plus critique envers le franc CFA. En affirmant que la France aurait «&nbsp;<em>pris toutes ses responsabilités</em>&nbsp;» dans la réforme du système monétaire ouest-africain, le président français tente surtout de déplacer le débat : celui d’une dépendance monétaire héritée de la colonisation qui demeure, malgré les ajustements techniques annoncés depuis 2019, au cœur des tensions entre Paris et les États africains. Derrière le discours officiel sur la souveraineté des pays africains se cache en réalité une stratégie de préservation d’influence, alors même que les pays du Sahel revendiquent désormais une rupture plus profonde avec l’ordre monétaire postcolonial.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Franc CFA : Macron renvoie l’Afrique à ses contradictions monétaires</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En marge du sommet Africa Forward, Emmanuel Macron a assuré que la France avait déjà fait tout ce qu’elle pouvait concernant la réforme du franc CFA. Selon lui, Paris a supprimé les principaux symboles de sa présence dans le fonctionnement de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), notamment la représentation française dans les organes de gouvernance et le mécanisme de centralisation des réserves de change au Trésor français. Ne resteraient donc que la garantie de convertibilité et l’ancrage fixe du CFA à l’euro, maintenus à la demande des États africains concernés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette lecture est contestée dans de nombreux milieux politiques et intellectuels africains. Car au-delà des ajustements institutionnels, la structure même du système monétaire demeure intacte. Le franc CFA reste arrimé à l’euro selon une parité fixe décidée dans un cadre largement influencé par les intérêts européens. Pour les critiques du système, cette architecture continue de limiter les marges de manœuvre budgétaires, industrielles et commerciales des États africains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Mali, Burkina Faso et Niger — la question monétaire s’inscrit désormais dans une dynamique politique plus large de reconquête de souveraineté. Les autorités de transition présentent le franc CFA comme l’un des derniers instruments de domination française sur les économies africaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En février 2024, le général Abdourahamane Tiani du Niger évoquait publiquement la possibilité d’une monnaie commune entre les pays de l’AES. «&nbsp;<em>La monnaie est une étape de sortie de cette colonisation&nbsp;</em>», déclarait-il sur la télévision nigérienne. Le chef de l’État nigérien estimait alors que «&nbsp;<em>la souveraineté totale</em>&nbsp;» passait nécessairement par une rupture avec le système monétaire hérité de la période coloniale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même tonalité au Burkina Faso. Le capitaine Ibrahim Traoré affirmait en 2024 que l’abandon du franc CFA pourrait constituer l’une des prochaines étapes du combat engagé contre «&nbsp;<em>les liens qui maintiennent le pays dans l’esclavage</em>&nbsp;». Des déclarations qui traduisent une évolution profonde du discours politique sahélien, désormais centré sur l’idée d’émancipation économique et stratégique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Eco, souveraineté et CFA : le grand blocage monétaire ouest-africain</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali également, la critique du franc CFA est désormais intégrée dans la vision prospective officielle du pays. Dans le document stratégique «&nbsp;<em>Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma</em>&nbsp;», les autorités maliennes considèrent que la France chercherait à «&nbsp;<em>pirater</em>&nbsp;» le projet de monnaie régionale ECO afin de préserver les avantages géopolitiques et économiques liés au contrôle du CFA. «&nbsp;<em>Les tentatives de la France appuyée par certains dirigeants africains sont entrain de pirater le processus en vue de conserver les avantages que lui procure le contrôle du FCFA.&nbsp;</em>», lit-on dans la Vision Mali 2063. Le texte envisage explicitement plusieurs scénarios de rupture : soit une nouvelle monnaie commune entre États partageant les mêmes ambitions souverainistes, soit une monnaie nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette montée des discours souverainistes, Emmanuel Macron tente aujourd’hui d’inverser la charge politique. En déclarant attendre des États africains qu’ils «&nbsp;<em>aillent au bout</em>&nbsp;» du processus, le président français cherche à faire porter sur les dirigeants africains la responsabilité du maintien du franc CFA. Une posture qui suscite des critiques croissantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car si Paris affirme ne plus s’opposer à une réforme profonde, beaucoup rappellent que la France demeure l’un des principaux bénéficiaires indirects de la stabilité du système CFA. La convertibilité garantie par le Trésor français offre à Paris un levier d’influence financière et diplomatique considérable dans la région. Pour plusieurs économistes africains, cette garantie agit aussi comme un mécanisme de contrôle stratégique des politiques monétaires ouest-africaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet de monnaie ECO, censé remplacer progressivement le CFA, illustre d’ailleurs les ambiguïtés du processus. Annoncée depuis plusieurs années, la nouvelle devise peine toujours à voir le jour. Les divergences économiques entre États membres de la CEDEAO, les retards de convergence macroéconomique et les tensions géopolitiques régionales compliquent considérablement le calendrier.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Sortir du franc CFA : pourquoi les États africains hésitent encore à franchir le pas</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais pour de nombreux observateurs africains, les blocages ne sont pas uniquement techniques. Ils traduisent également la difficulté de sortir d’un système monétaire historiquement conçu pour maintenir l’espace ouest-africain dans une dépendance structurelle vis-à-vis de la France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pays de l’AES entendent désormais vouloir accélérer leur propre agenda monétaire, indépendamment des lenteurs de la CEDEAO. Même si aucune monnaie commune sahélienne n’est encore officiellement lancée, le débat est désormais ouvert et politiquement assumé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fond, la sortie du franc CFA dépasse largement la seule question économique. Elle touche à l’identité politique des États africains, à leur capacité à définir librement leurs politiques publiques et à leur volonté de rompre avec les héritages institutionnels de la Françafrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En affirmant que «&nbsp;<em>tout dépend désormais des Africains&nbsp;</em>», Emmanuel Macron tente de solder symboliquement un dossier devenu explosif. Mais dans le Sahel, beaucoup considèrent au contraire que la France reste au cœur du problème. Et que tant que les mécanismes fondamentaux du système monétaire ne seront pas démantelés, le CFA continuera d’incarner, aux yeux d’une partie croissante des opinions publiques africaines, la survivance d’une domination économique postcoloniale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : le discours Macron ou l&#8217;art de renverser les responsabilités</title>
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		<pubDate>Mon, 11 May 2026 21:05:03 +0000</pubDate>
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<p>Au sommet Africa Forward à Nairobi, Emmanuel Macron a affirmé que le Mali aurait demandé le départ des forces françaises parce qu’il ne voulait plus « se battre contre le terrorisme ». Une déclaration qui renverse les responsabilités et occulte le bilan sécuritaire des opérations militaires françaises au Sahel.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au sommet <em>Africa Forward</em> à Nairobi, Emmanuel Macron a affirmé que le Mali aurait demandé le départ des forces françaises parce qu’il ne voulait plus « se battre contre le terrorisme ». Une déclaration qui renverse les responsabilités et occulte le bilan sécuritaire des opérations militaires françaises au Sahel. Dans cette tribune, <strong>Oumarou Fomba</strong> démonte les ressorts d’un récit politique qui cherche à transformer un échec stratégique en faute du partenaire africain.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Emmanuel Macron, dans une déclaration récente à Nairobi, a affirmé que si le Mali a demandé le départ des forces françaises, c&rsquo;est parce que le pays «&nbsp;<em>ne voulait plus se battre contre le terrorisme&nbsp;</em>». Cette formule, assénée avec la désinvolture d&rsquo;un «&nbsp;<em>no offense</em>&nbsp;», mérite d&rsquo;être soumise à l&rsquo;épreuve des faits. Car derrière la rhétorique de la rupture se cache une réalité que le président français s&#8217;emploie méthodiquement à occulter : dix ans de présence militaire française au Mali se sont soldés par un échec sécuritaire patent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La rhétorique de l&rsquo;auto-justification</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le propos central de Macron —&nbsp;<em>« Vous ne voulez plus de la France parce que vous ne voulez plus vous battre contre le terrorisme »</em>&nbsp;— est une reformulation fallacieuse. Les autorités maliennes de la transition n&rsquo;ont pas expulsé la France pour cesser de combattre le terrorisme. Elle a exigé le respect de ses principes de souveraineté, de non ingérences politiques françaises, et surtout le bilan cuisant de dix ans d&rsquo;opérations militaires. Ne voulant pas accepté ces conditions, la France a annoncé unilatéralement son départ. Lorsqu’elle voulaient tenter de faire demi-tour, les autorités maliennes s’étaient déjà braqués. Attribuer ce départ à une dérobade malienne, c&rsquo;est inverser les responsabilités pour masquer une défaite stratégique.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali.png"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="806" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-1024x806.png" alt="Bilan de la présence française au Mali" class="wp-image-22349" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-1024x806.png 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-300x236.png 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-768x604.png 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-1170x921.png 1170w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-585x460.png 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-600x472.png 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali.png 1484w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Bilan de la présence française au Mali. ©Graphique généré à l&rsquo;aide de l&rsquo;IA. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Cette inversion est une figure rhétorique classique : transformer l&rsquo;échec du dominant en faute du dominé. Ce n&rsquo;est pas le Mali qui a failli — c&rsquo;est la stratégie militaire française qui s&rsquo;est révélée structurellement inadaptée à la nature du conflit sahélien.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;aveu masqué : la France n&rsquo;a pas réussi</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Macron reconnaît lui-même que «&nbsp;<em>l&rsquo;actualité montre que ce n&rsquo;était sans doute pas la meilleure décision que les putschistes maliens avaient prise pour leur pays</em>&nbsp;». C&rsquo;est une lecture intéressée : elle laisse entendre que le Mali se porte mal&nbsp;<em>à cause</em>du départ français, en occultant soigneusement que le Mali se portait déjà mal&nbsp;<em>malgré</em>&nbsp;la présence française. Le terrorisme au Sahel a explosé sous Barkhane, non après.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les données sont implacables. Selon l&rsquo;ACLED (Armed Conflict Location and Event Data Project), les attaques jihadistes au Sahel ont été multipliées par sept entre 2016 et 2021 — en plein déploiement de l&rsquo;opération Barkhane, forte de 5 000 à 9 000 soldats. Le pic des violences a coïncidé avec le pic du dispositif militaire français. Ce seul fait devrait suffire à invalider le récit de Macron.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le mythe de la rupture de 2017</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Affirmer que «&nbsp;<em>depuis 2017, c&rsquo;est terminé</em>&nbsp;» l&rsquo;époque du pré-carré est une fiction narrative soigneusement entretenue. Passé ce discours de rupture, qu&rsquo;a changé concrètement la France en Afrique ? Elle a maintenu ses bases militaires, ses accords de défense asymétriques, le mécanisme de la zone franc sous contrôle indirect du Trésor français, et ses réseaux diplomatiques actifs. Aucune rupture structurelle n&rsquo;a eu lieu. Seulement un changement de registre communicationnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prétendre avoir rompu avec le passé tout en maintenant exactement les mêmes structures, c&rsquo;est substituer au néocolonialisme d&rsquo;action un néocolonialisme de discours. La forme change ; le fond demeure.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un bilan militaire que Macron passe sous silence</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est le point cardinal que le président français s&#8217;emploie à ignorer. Depuis l&rsquo;opération Serval (2013) jusqu&rsquo;au retrait de Barkhane (2022), neuf ans de présence militaire française n&rsquo;ont pas permis de neutraliser durablement les groupes armés — GSIM, JNIM, EIGS —, de sécuriser le territoire hors des grandes agglomérations, ni d&rsquo;enrayer la diffusion du terrorisme vers le Burkina Faso et le Niger. La menace s&rsquo;est étendue, les violences se sont intensifiées, et les institutions maliennes se sont fragilisées davantage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réalité n&rsquo;est pas nouvelle. Elle s&rsquo;inscrit dans un continuum historique que Macron occulte également : depuis l&rsquo;indépendance du Mali en 1960, la France n&rsquo;a jamais cessé d&rsquo;être présente — militairement, diplomatiquement, économiquement. Et cette présence n&rsquo;a jamais empêché les crises de se succéder. La rébellion touarègue de 1990–1996, celle de 2006–2009, le coup d&rsquo;État de 2012, la progression du MNLA : toutes ces crises ont eu lieu&nbsp;<em>sous</em>&nbsp;présence française, pas en son absence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question s&rsquo;impose donc avec une clarté gênante : si la présence française était la condition de la stabilité, comment expliquer soixante ans d&rsquo;instabilité répétée ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La décolonisation du récit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le discours de Macron illustre parfaitement ce que l&rsquo;on pourrait appeler la rhétorique postcoloniale de dénégation. Elle fonctionne en trois temps : affirmer la rupture avec le passé (<em>« depuis 2017 c&rsquo;est terminé »</em>), se présenter comme partenaire équitable (<em>« je crois à un partenariat équilibré »</em>), puis attribuer aux dirigeants africains la responsabilité des échecs structurellement produits par la politique française elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La demande de départ du Mali n&rsquo;est pas un refus de combattre le terrorisme. C&rsquo;est le rejet d&rsquo;une présence militaire étrangère qui a démontré, sur une décennie, son incapacité à résoudre le problème qu&rsquo;elle prétendait traiter — tout en aggravant les ressentiments populaires et en affaiblissant la légitimité des États hôtes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que le Mali souffre aujourd&rsquo;hui, personne ne le nie. Mais imputer cette souffrance au seul départ français, c&rsquo;est refuser de voir que cette souffrance existait avant, pendant, et indépendamment de la présence française. C&rsquo;est, en définitive, continuer à penser l&rsquo;Afrique comme un objet de politique étrangère plutôt que comme un sujet de son propre destin.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
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		<title>Macron en Afrique : la rupture proclamée, le double jeu poursuivi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 May 2026 22:26:43 +0000</pubDate>
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<p>À Nairobi, Emmanuel Macron promet la fin de la Françafrique. Mais les révélations sur le Mali et les relais ukrainiens interrogent la réalité de la stratégie française au Sahel.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À Nairobi pour le sommet Africa Forward, le président français a une nouvelle fois promis d&rsquo;en finir avec la Françafrique. Pendant ce temps, au Mali, des relais ukrainiens liés à Paris appuient des rebelles alliés de circonstance à Al-Qaïda. La main tendue et la main cachée.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelque chose de presque désarmant dans la constance d&rsquo;Emmanuel Macron. Depuis 2017, il proclame à intervalles réguliers la fin du «&nbsp;<em>pré carré</em>&nbsp;» français en Afrique. Cette fois, c&rsquo;est à Nairobi — premier sommet Africa Forward tenu en pays anglophone, symbole assumé d&rsquo;une France qui regarderait enfin le continent «&nbsp;<em>comme un tout</em>&nbsp;» — qu&rsquo;il a répété le mantra :&nbsp;<em>« C&rsquo;est fini. Depuis 2017, c&rsquo;est terminé cette époque. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème, c&rsquo;est que l&rsquo;actualité de la semaine écoulée raconte une tout autre histoire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le discours : la souveraineté comme nouvelle doctrine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut lui reconnaître une certaine habileté rhétorique. À la State House de Nairobi, aux côtés du président kényan William Ruto, Macron a fourni lui-même la démonstration de sa thèse. Le Mali a chassé la France ? Qu&rsquo;à cela ne tienne :&nbsp;<em>« On s&rsquo;en va ! Comme on dit en bon français, no offense. »</em>&nbsp;La formule fait rire. Elle est censée valider la rupture : Paris ne ferait plus ni défaire les gouvernements africains, ne garantirait plus les régimes en place, respecterait la souveraineté des États — même celle issus de coup d’Etat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est propre. C&rsquo;est moderne. C&rsquo;est exactement ce que les partenaires africains, lassés de décennies de tutelle néocoloniale, souhaitaient entendre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La réalité : le billard à plusieurs bandes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sauf que la même semaine, le journaliste Georges Malbrunot révélait sur RTL et dans&nbsp;<em>Le Figaro</em>&nbsp;que des unités du renseignement militaire ukrainien — le GUR — opèrent au Mali en coordination avec les rebelles touaregs du Front de Libération de l&rsquo;Azawad. Parmi elles : des dizaines d&rsquo;ex-légionnaires ukrainiens francophones, anciens membres de la Légion étrangère française. Leur mission : former, conseiller, appuyer militairement des forces qui combattent les autorités maliennes de la transition et, en bout de chaîne, les militaires usses de l&rsquo;Africa Corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paris aurait fourni un soutien technique — notamment en matière de transmissions. Le ministère des Armées, interrogé, a répondu que si ces militaires ukrainiens avaient quitté la Légion pour «&nbsp;<em>servir l&rsquo;Ukraine de la manière qu&rsquo;ils jugent utile</em>&nbsp;», il n&rsquo;avait pas d&rsquo;autre commentaire à formuler. Un silence qui, dans la langue diplomatique, ressemble furieusement à une confirmation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le «&nbsp;<em>pré carré</em>&nbsp;», en somme, ne serait pas tant abandonné que sous-traité.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;angle mort : le JNIM profite de la manœuvre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui rend ce jeu particulièrement trouble, c&rsquo;est son bénéficiaire inattendu. Sur le terrain malien, les rebelles touaregs du FLA combattent en alliance de circonstance avec le JNIM — branche officielle d&rsquo;Al-Qaïda au Sahel, organisation responsable d&rsquo;attaques qui ont tué des dizaines de civils ces dernières semaines et dont la mouvance a inspiré des attentats à Madrid, Londres, Paris et Nice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En hiérarchisant ses ennemis — les Russes avant les jihadistes — la France prendrait donc le risque de contribuer, indirectement, aux violences d&rsquo;un groupe terroriste classé ennemi stratégique numéro un de l&rsquo;Occident. Ce paradoxe, Macron ne l&rsquo;a pas évoqué à Nairobi. Il était pourtant au cœur de l&rsquo;actualité sahélienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;Algérie, ou l&rsquo;art de la réconciliation sélective</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;autre séquence significative de cette tournée concerne l&rsquo;Algérie. Macron a dit espérer que la visite d&rsquo;Alice Rufo, sa ministre déléguée aux Armées, à Alger marque&nbsp;<em>« le début</em>&nbsp;» d&rsquo;une reprise des relations entre les deux pays, après deux ans de crise diplomatique profonde. Il a dénoncé les «&nbsp;<em>postures de politique intérieure</em>&nbsp;» qui ont «&nbsp;<em>causé beaucoup de tort</em>&nbsp;» — allusion transparente aux sorties de l&rsquo;ancien ministre de l&rsquo;Intérieur Gérald Darmanin et aux tensions autour de la mémoire coloniale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pragmatisme affiché est réel. Mais il dit aussi quelque chose de la méthode Macron : la réconciliation avec Alger se fait au nom des intérêts français — sécuritaires, migratoires, économiques — exactement comme l&rsquo;engagement au Mali se fait au nom de la lutte contre l&rsquo;influence russe. La souveraineté africaine est invoquée quand elle sert Paris, contournée quand elle ne sert pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Nairobi ou le théâtre du renouveau</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tenir ce sommet au Kenya — pays anglophone, puissance émergente d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est, non contaminé par les cicatrices de la Françafrique — est un geste politique habile. Il permet à Macron de se projeter dans une relation franco-africaine débarrassée de son histoire. Mais l&rsquo;histoire, elle, ne disparaît pas par décret présidentiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant que la France parlera de souveraineté à Nairobi tout en manœuvrant par procuration à Bamako, tant qu&rsquo;elle promettra l&rsquo;équité sur les estrades tout en protégeant ses intérêts stratégiques dans les coulisses, les dirigeants africains — et leurs opinions publiques — auront toutes les raisons de douter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rupture avec la Françafrique ne se proclame pas. Elle se prouve. Et pour l&rsquo;instant, les preuves manquent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>La France tente de renouer avec le Tchad après son recul stratégique en Afrique</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 22:07:57 +0000</pubDate>
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<p>Le président tchadien est attendu à l'Élysée pour une rencontre historique. Explorez les raisons de la visite du président tchadien en France.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Un peu plus d’un an après la rupture brutale de l’accord de défense entre Paris et N’Djamena, la France et le Tchad esquissent un rapprochement. Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby, est attendu à l’Élysée le 29 janvier, à l’invitation de son homologue français, Emmanuel Macron. Une rencontre hautement symbolique dans un contexte où Paris multiplie les gestes diplomatiques pour restaurer son influence sur le continent africain, après avoir été contraint de retirer ses forces de plusieurs pays du Sahel.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lundi 26 janvier, le chef de l’État tchadien a reçu à N’Djamena l’ambassadeur de France, Éric Gerard. Selon un communiqué de la présidence tchadienne, les échanges ont porté sur « <em>l’avenir de la coopération bilatérale appelée à se renouveler et à se redynamiser, en s’adaptant aux enjeux actuels </em>». L’entretien est décrit comme « <em>dense</em> », placé sous le signe du dialogue et de la concertation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le diplomate français a transmis un message verbal d’Emmanuel Macron invitant Mahamat Idriss Déby à effectuer une visite officielle à Paris. Une invitation acceptée par le président tchadien, interprétée par les autorités comme « <em>un signal fort de la volonté partagée de consolider et de moderniser les relations </em>» entre les deux pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-relation-rompue-sur-fond-de-rejet-de-la-presence-francaise"><strong>Une relation rompue sur fond de rejet de la présence française</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rapprochement intervient quelques mois après une rupture retentissante. Fin novembre 2024, le Tchad avait mis un terme de manière unilatérale à son accord de défense avec la France, entraînant le départ précipité des forces françaises stationnées dans le pays. Cette décision s’inscrivait dans une dynamique régionale plus large de remise en cause de la présence militaire française en Afrique, après les retraits successifs du Mali, du Burkina Faso et du Niger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Longtemps considéré comme l’un des piliers du dispositif militaire français en Afrique centrale et sahélienne, le Tchad avait rompu avec une tradition de coopération sécuritaire vieille de plusieurs décennies. À N’Djamena comme ailleurs, la souveraineté nationale et la diversification des partenariats militaires avaient été mises en avant pour justifier cette décision.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-paris-en-quete-d-un-nouveau-recit-africain"><strong>Paris en quête d’un nouveau récit africain</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La visite annoncée de Mahamat Idriss Déby s’inscrit dans une stratégie plus large de réajustement diplomatique de la France sur le continent. Après l’échec de son dispositif antiterroriste au Sahel et la montée des discours hostiles à son influence, Paris tente désormais de privilégier une approche politique et économique, fondée sur le dialogue et la refondation des partenariats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ton employé par les deux capitales illustre cette inflexion. La coopération est désormais présentée comme devant être « <em>modernisée</em> » et « <em>adaptée aux enjeux actuels</em> », une formulation qui marque la volonté de rompre avec les schémas sécuritaires hérités de l’ère postcoloniale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-test-pour-la-nouvelle-diplomatie-francaise"><strong>Un test pour la nouvelle diplomatie française</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Reste à savoir si ce réchauffement se traduira par des accords concrets. Les contours d’une éventuelle reprise de la coopération militaire demeurent flous, tout comme les secteurs prioritaires de ce rapprochement : sécurité, économie, formation ou diplomatie régionale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Paris, la rencontre du 29 janvier constitue un test majeur de sa capacité à rétablir un dialogue politique avec des partenaires africains qui, ces dernières années, ont pris leurs distances. Pour N’Djamena, elle offre l’occasion de redéfinir les termes d’une relation longtemps asymétrique, dans un contexte régional profondément transformé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce tête-à-tête entre Emmanuel Macron et Mahamat Idriss Déby —celui là même à cause duquel la France a été accusée d’appliquer une politique de deux poids deux mesures dans ses relations avec ses partenaires africains — pourrait ainsi marquer l’un des premiers jalons d’une nouvelle phase des relations franco-africaines, fondée moins sur la présence militaire que sur une tentative de reconquête politique et symbolique d’un espace diplomatique largement perdu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Groenland &#8211; Etats-Unis &#8211; l’UE : le bal de l’hypocrisie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Oleg Nesterenko]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Jan 2026 08:14:31 +0000</pubDate>
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<p>Le Groenland - Etats-Unis - l’UE : un aperçu des aspirations de Donald Trump et de leurs implications internationales.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dès son premier mandat, Donald Trump a manifesté son désir d&rsquo;acquérir le Groenland, territoire danois depuis le XVIe siècle. Ces propos, initialement accueillis avec scepticisme, ont ressurgi lors de son retour au pouvoir en janvier 2025, ravivant l&rsquo;intérêt américain pour cette colonie arctique danoise.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les déclarations de la Maison Blanche concernant la convoitise du Groenland, initialement perçues comme une extravagante aberration, ont pris une toute nouvelle tournure avec l&rsquo;enlèvement du président vénézuélien légitime le 3 janvier. Ce passage de la fantaisie à l&rsquo;action a révélé à la communauté internationale la détermination des États-Unis d&rsquo;Amérique, sous la présidence Trump, à transgresser le droit international, au besoin, afin d’obtenir les bénéfices géo-économiques unilatéraux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-pretextes-fallacieux-nbsp"><strong>Les prétextes fallacieux&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les prétextes drapés dans des justifications sécuritaires antirusses et antichinoises, que brandit la présidence américaine pour justifier sa volonté de s’approprier l’île du Groenland, ne sont que des mensonges caractérisés que la Maison Blanche ne prend même pas la peine de camoufler davantage. L&rsquo;époque où l&rsquo;on exhibait à l&rsquo;ONU une prétendue fiole d&rsquo;anthrax, comme le fit le secrétaire d&rsquo;État américain Colin Powell le 5 février 2003, pour maquiller l&rsquo;invasion de l&rsquo;Irak sous un vernis de légitimité, semble révolue. Cette mascarade avait alors servi de prétexte pour déclencher la destruction d&rsquo;un pays et le massacre de son peuple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;anéantissement de l&rsquo;Irak, ne nous y trompons pas, n&rsquo;était pas un but en soi, mais la conséquence inéluctable d&rsquo;une stratégie américaine. La véritable motivation résidait dans la nécessité de neutraliser l&rsquo;initiative de Saddam Hussein contre le «&nbsp;<em>pétrodollar</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">En octobre 2000, le président irakien avait osé déclarer son intention de ne plus vendre son pétrole contre des dollars américains, mais uniquement contre des euros. Une telle audace valait la signature de son propre arrêt de mort. En février 2003, Saddam Hussein mit sa «&nbsp;<em>menace</em>&nbsp;» à exécution en vendant plus de 3 milliards de barils de pétrole brut pour 26 milliards d&rsquo;euros. Un mois plus tard, les États-Unis envahissaient et détruisaient l&rsquo;Irak, infligeant au peuple irakien une tragédie marquée par l&rsquo;anéantissement des infrastructures et un nombre effroyable de victimes civiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Forte de l&rsquo;impunité judiciaire totale dont jouissent les crimes contre l&rsquo;humanité commis par les gouvernements successifs des Etats-Unis, ils ne se donnent plus la peine de les couvrir par des narrations ne serait-ce qu’un peu crédibles aux yeux de la communauté internationale. Nul besoin, donc, de déployer des efforts de communication supplémentaires pour préparer l&rsquo;annexion du Groenland, que ce soit de gré ou de force.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La véritable raison de la convoitise américaine pour cette zone polaire peu hospitalière réside incontestablement dans les gigantesques réserves de matières premières qu&rsquo;elle recèle, tant dans son sous-sol que dans les profondeurs de l&rsquo;océan Arctique, au sein de la zone économique exclusive (ZEE) danoise qui s&rsquo;étend jusqu&rsquo;à 200 milles marins des côtes du Groenland (370,42 km) et confère à son détenteur des droits souverains en matière de ressources économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le Groenland venait à passer sous l’autorité américaine, le fait que l&rsquo;extraction américaine de terres rares et d&rsquo;uranium se fasse sans consulter les populations autochtones serait une considération secondaire, une simple formalité qui sera ignorée à Washington. En 2021, pourtant, ces populations avaient réussi à bloquer le début d&rsquo;une telle exploitation (affaire d&rsquo;Energy Transition Minerals), afin de préserver leurs moyens de subsistance traditionnels d&rsquo;une pollution imminente. Compte tenu des enjeux économiques pour les États-Unis, il est prévisible que l&rsquo;opinion des populations autochtones sur ce sujet ne suscitera pas plus d&rsquo;intérêt que l&rsquo;avis des Européens concernant l&rsquo;annexion de l&rsquo;île. Cette indifférence stratégique s&rsquo;inscrit dans une logique géopolitique et économique où les intérêts nationaux prévalent sur les considérations éthiques ou les droits des minorités. De plus, l&rsquo;histoire des relations entre les États-Unis et les peuples autochtones est profondément marquée par une marginalisation systématique de ces derniers dans les processus décisionnels concernant leurs propres territoires et ressources.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Un conflit ou une tentative d&rsquo;annexion du territoire d&rsquo;un pays membre de l&rsquo;OTAN par un autre pays également membre de l&rsquo;OTAN serait la fin du monde tel que nous le connaissons »</em>, a déclaré le Premier ministre polonais Tusk. Une déclaration qui semble ignorer que la préservation du monde tel que nous le connaissons est la dernière des préoccupations du maître d&rsquo;Outre-Atlantique.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/01/2-scaled.jpg"><img decoding="async" width="1024" height="277" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/01/2-1024x277.jpg" alt="DÉCLARATION DES TRAITÉS ET ACCORDS INTERNATIONAUX." class="wp-image-20910" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/01/2-1024x277.jpg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/01/2-300x81.jpg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/01/2-768x207.jpg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/01/2-1536x415.jpg 1536w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/01/2-2048x553.jpg 2048w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/01/2-1920x519.jpg 1920w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/01/2-1170x316.jpg 1170w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/01/2-585x158.jpg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/01/2-600x162.jpg 600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">DÉCLARATION DES<br>TRAITÉS ET ACCORDS INTERNATIONAUX. Capture d&rsquo;écran. </figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-presence-americaine-au-groenland"><strong>La présence américaine au Groenland</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement aux insinuations fallacieuses, la présence militaire américaine dans l&rsquo;océan Arctique ne nécessite nullement l&rsquo;annexion du Groenland ni sa transformation en territoire national des États-Unis. En réalité, les forces armées américaines sont stationnées en permanence sur cette île arctique depuis la Seconde Guerre mondiale, une présence officialisée dès 1951 par un accord bilatéral américano-danois (Accord du 27 avril 1951). Cet accord confère à Washington D.C. une latitude d&rsquo;action militaire significative dans la région arctique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ce jour, la base aérienne de Pituffik (Thulé Air Base) demeure la seule installation militaire américaine active au Groenland.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les déclarations occasionnelles de Donald Trump, telles que celles sur Truth Social, suggérant que « <em>L’OTAN deviendrait plus redoutable et efficace si le Groenland était entre les mains des États-Unis. Tout ce qui est en-deçà&nbsp;de cela est inacceptable </em>», n&rsquo;altèrent pas la nature juridique de l&rsquo;accord existant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne fait aucun doute que, si les circonstances l&rsquo;exigeaient, les États-Unis pourraient accroître très considérablement leur présence militaire sur l&rsquo;île, même si cette dernière demeure sous la souveraineté danoise.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-hypocrisies-de-l-union-europeenne-nbsp"><strong>Les hypocrisies de l’Union Européenne &nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À ce jour, seuls six des vingt-sept États membres de l&rsquo;Union Européenne, abstraction faite du Danemark, ont formalisé leur position par une déclaration officielle condamnant l&rsquo;initiative des États-Unis d&rsquo;Amérique vis-à-vis du Groenland (déclaration conjointe du 6 janvier, émanant d&rsquo;Allemagne, du Royaume-Uni, de France, d&rsquo;Italie, de Pologne et d&rsquo;Espagne).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette déclaration, confinée à l&rsquo;expression verbale, est dénuée d’un véritable engagement : les paroles qui n’ont aucune valeur, ne signifient rien et n’engagent les déclarants à rien.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;instar des prédateurs opportunistes, l&rsquo;appareil politico-bureaucratique de l&rsquo;UE et de ses États membres manifeste une propension à cibler exclusivement les Etats perçues, à tort ou à raison, comme structurellement plus faibles ou en situation de vulnérabilité conjoncturelle. Face aux forces dominantes, une politique de deux poids, deux mesures, d&rsquo;une perversité indéniable, se révèle inéluctablement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La devise de l’Union&nbsp;Européenne est bien celle formulée jadis par les Romains : «&nbsp;<em>Ce qui est permis à Jupiter n&rsquo;est pas permis au bœuf&nbsp;».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La protection des démocraties, des droits de l&rsquo;homme et de la liberté d&rsquo;expression n’est qu’une pure chimère, un artifice rhétorique destiné à manipuler l’électorat. La classe politique européenne, majoritairement constituée de vulgaires activistes carriéristes, est bien davantage préoccupée par la conservation du pouvoir et la dissimulation de ses crimes à l’encontre des nations entières, commis en continu à travers le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Union Européenne redécouvre avec soudaineté l&rsquo;existence du droit international, une prise de conscience motivée par la menace que représente Donald Trump pour ses propres intérêts. Les instances dirigeantes de l&rsquo;UE et de nombreux États européens, qui critiquent la Maison Blanche pour ses velléités de démembrement du Danemark, en appellent désormais au respect du droit international.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, ces mêmes acteurs ont fait preuve d&rsquo;un empressement notable à participer au démembrement illégal de la Yougoslavie en 1999, en violation totale dudit droit.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même, les indignations européennes face aux bombardements russes de l’infrastructure énergétique ukrainienne (après avoir laissé la chance à la partie adverse d’entendre la raison durant plus de 3 années consécutives) remportent haut la main le concours de l’hypocrisie, sur le fond de la destruction de plus de 70% non seulement de l’infrastructure énergétique civile, mais également de l’accès à l’eau potable en Yougoslavie par l’organisation criminelle du Traité Atlantique Nord dès les premiers jours de son agression en 1999 et sur le fond de la déclaration officielle de l’OTAN concernant la privation des populations de l’accès à l’électricité et à l’eau potable&nbsp;: « <em>Si Milosevic veut vraiment que ses citoyens aient de l&rsquo;eau et de l&rsquo;électricité, tout ce qu&rsquo;il a à faire est d&rsquo;accepter les conditions de l&rsquo;OTAN et nous arrêterons cette campagne </em>[&#8230;]. <em>Si cela a des conséquences pour la population, ce sont ses problème</em>s <em>!</em> » (porte-parole de l&rsquo;OTAN, l’anglais Jamie Shea, le 25 mai 1999). En ce moment de l’histoire et dans tant d’autres crimes qui ont suivi depuis, le droit international semblait d’un intérêt bien plus limité pour ces acteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Abstraction faite des causes profondes du conflit en Ukraine et des opinions divergentes, toute personne raisonnable dotée d’un minimum de capacités analytiques ne peut nier que la Fédération de Russie avait des raisons bien plus impérieuses de revendiquer la Crimée et le Donbass que les États-Unis d’Amérique d’annexer le Groenland, dont l’unique rapport de l’État américain avec ce dernier ne consiste que dans la modeste présence sur son sol d’une seule, parmi plus de 700, de leurs bases militaires dans le monde.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors, la question qui se pose est la suivante : quelle est la réaction des pays de l’Union Européenne et de leurs « <em>élites</em> » politiques face à ces deux revendications ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse est indéniable et bien étonnante pour un esprit non averti : une quasi-guerre totale contre la Russie, impliquant des investissements de centaines de milliards d’euros, des centaines de milliers de morts sur les champs de bataille et plus de 30 711 sanctions imposées à la Russie (au 1er janvier 2026).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, quelle est l’action de ces mêmes pays face à leur suzerain américain ? Quelques paroles impuissantes qui n’iront jamais plus loin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même, il est inutile de détailler l’hypocrisie profonde des « <em>élites</em> » européennes face au massacre à grande échelle des populations civiles à Gaza et à d’autres crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés à travers le monde, dont les « <em>défenseurs des droits de l’homme </em>» sont non seulement restés silencieux, mais souvent, sont directement responsables.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit fondamental de la classe politique de l’Occident collectif vis-à-vis du reste du monde, depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours, est celui du plus fort. Elle ne sait avancer que par la force et ne comprend aucun autre langage que celui de la force. Cette monolinguistique de la force annihile toute tentative de dialogue subtil, d&rsquo;échange constructif, réduisant la relation à un rapport de domination brute et simpliste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les abus et crimes extraterritoriaux à répétition, visant à accroître la richesse des « <em>élites</em> » (à ne pas confondre avec les peuples) du « <em>jardin fleuri</em> » aux dépens des intérêts des nations non occidentales, qualifiées de « <em>jungles</em> » <em>(« L&rsquo;Europe est un jardin. La plus grande partie du reste du monde est une jungle », Josep Borrell, Haut représentant de l&rsquo;UE pour les affaires étrangères, vice-président de la Commission Européenne)</em>, sont justifiés par des discours incessants sur les droits de l’homme, la démocratie et de nobles idéaux servant de prétexte à leurs ingérences et invasions, tout en réprimant avec véhémence ceux qui s’y opposent. Simultanément, tout régime, aussi antidémocratique, dictatorial, voire sanguinaire soit-il, mais soumis aux intérêts des capitales occidentales, peut compter sur leur soutien indéfectible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, les discours de ces fervents défenseurs du concept spirituel incarné par les cochons orwelliens de <em>La Ferme des animaux</em> : « T<em>ous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres</em> », ne trompent plus personne, ni en Afrique, ni en Amérique latine, ni en Asie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu importe les déclarations européennes actuelles et futures :&nbsp; aucune action européenne égale ne serait-ce qu’à quelques pour cent de celles entreprises contre la Russie ne verra jamais le jour à l’égard des États-Unis d’Amérique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 14 janvier, le président français Emmanuel Macron déclarait que la France « <em>ne sous-estimait pas</em> » les intentions des États-Unis concernant le Groenland et s’engageait à « <em>faire preuve d’une solidarité totale</em> » avec le Danemark.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En guise d&rsquo;illustration, rien ne révèle mieux le degré d’hypocrisie pathétique des « <em>élites</em> » européennes que le déploiement de troupes européens au Groenland pour préparer le terrain à une résistance contre une éventuelle invasion américaine. La Norvège a envoyé deux personnes. La France a envoyé quinze personnes. L’Allemagne en a envoyé treize. Les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Finlande, l’Estonie et la Suède s’apprêtent également à envoyer leurs troupes, dont le nombre ne dépassera certainement pas celui des puissances déjà engagées.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, Donald Trump est incité à réfléchir davantage avant de se heurter au redoutable déploiement militaire européen sur ce territoire convoité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oleg Nesterenko</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Président du CCIE<em>(</em><a href="http://www.c-cie.eu"><em>www.c-cie.eu</em></a><em>)</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>(Spécialiste de la Russie, CEI et de l’Afrique subsaharienne,ancien directeur de l’MBA, ancien professeur auprès des masters des Grandes Ecoles de Commerce de Paris)</strong></em></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Macron en Afrique : la tournée de la dernière chance </title>
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		<pubDate>Fri, 21 Nov 2025 14:25:02 +0000</pubDate>
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<p>La tournée africaine de Macron vise à redéfinir la présence française en Afrique. Quelles implications cette stratégie aura-t-elle ?</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En quatre escales soigneusement choisies — Maurice, Afrique du Sud, Gabon et Angola — Emmanuel Macron tente une opération de séduction à grande échelle sur un continent où la France n’a jamais été aussi contestée. Chassée du Sahel, marginalisée par Moscou, Pékin et Ankara, Paris cherche à se réinventer. Plus d’arrogance postcoloniale, place à une diplomatie du réalisme, économique et symbolique. Une tournée de la dernière chance pour sauver l’influence française dans une Afrique en pleine recomposition.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous le soleil austral de novembre, Emmanuel Macron s’envole à nouveau vers l’Afrique. L’île Maurice, l’Afrique du Sud, le Gabon et l’Angola : quatre escales, quatre scènes pour un président en quête de rédemption diplomatique. Entre le 20 et le 24 novembre 2025, l’Élysée déploie sa diplomatie du rattrapage — ou, pour les plus sceptiques, de la séduction — à un moment où la France est plus contestée que jamais sur le continent. Le temps n’est plus à la Françafrique, mais à la survie d’un lien stratégique malmené, érodé par les revers militaires, les ruptures politiques et le désamour populaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-ombre-du-sahel-la-france-en-exil-de-son-ancien-empire"><strong>L’ombre du Sahel : la France en exil de son ancien empire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le décor est planté : un Sahel désormais fermé à la France, un axe Bamako–Ouagadougou–Niamey fédéré dans une Confédération des États du Sahel (AES) qui a tourné la page de Barkhane et de ses promesses déçues. Le départ des troupes françaises du Mali, puis du Burkina Faso et du Niger, a signé la fin d’un cycle : celui d’une puissance européenne persuadée d’être indispensable. L’Afrique, elle, s’est réinventée — ou du moins, cherche à le faire — en s’appuyant sur d’autres partenaires, plus discrets mais souvent plus efficaces : la Russie, la Chine, la Turquie, les Émirats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce vide laissé par Paris, Moscou a avancé ses pions, drapé dans le costume du libérateur anticolonial. Les drapeaux tricolores ont disparu des capitales sahéliennes, remplacés par des slogans appelant à la souveraineté totale. Les Français, eux, ont compris que leur «<em> pré carré </em>» n’en était plus un. Et Macron, lucide ou résigné, se tourne désormais vers d’autres horizons — l’Afrique anglophone, l’océan Indien, les économies émergentes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-tournee-pour-reconquerir-l-influence-perdue"><strong>Une tournée pour reconquérir l’influence perdue</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">De Moka à Luanda, le président français entend redéfinir les termes du partenariat : fini la tutelle, place à la coopération économique. Le message est clair — la France ne viendra plus « <em>donner des leçons</em> », mais « <em>signer des contrats </em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Maurice, il mise sur la croissance et la stabilité d’une île carrefour entre l’Afrique et l’Asie. En Afrique du Sud, il participera au G20 de Johannesburg, cherchant à se présenter comme le visage européen d’un partenariat équitable. Au Gabon, il tentera de renouer les fils avec Brice Oligui Nguema, le général devenu président après la chute de la dynastie Bongo, symbole d’une époque que Paris dit vouloir oublier. Quant à l’Angola, elle devient la pièce maîtresse du puzzle : riche en pétrole et en minerais critiques, elle attire les convoitises de l’Europe post-carbone — et Macron espère y arrimer le programme « <em>Global Gateway </em>», le contrepoids européen aux « <em>Nouvelles Routes de la Soie</em> » chinoises.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-seduire-sans-dominer-la-nouvelle-grammaire-francaise"><strong>Séduire sans dominer : la nouvelle grammaire française</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le temps est aux « <em>partenariats horizontaux </em>», à la diplomatie économique et culturelle. Le discours est rodé : « <em>Nous voulons être un partenaire, pas un tuteur </em>». Mais dans les chancelleries africaines, on écoute avec un sourire prudent. Car au Sahel, l’ombre du passé est longue. Les mots de Macron à Ouagadougou en 2017, promettant une ère nouvelle entre la France et l’Afrique, résonnent aujourd’hui avec une ironie amère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tournée, que l’Élysée présente comme une « <em>redéfinition des relations</em> », ressemble surtout à une opération de reconquête symbolique. Il ne s’agit plus de sauver une influence perdue, mais d’éviter qu’elle ne disparaisse complètement. Le président français avance comme un funambule : entre l’arrogance du passé et la nécessité d’un nouveau ton, entre la nostalgie des drapeaux tricolores et l’obligation de composer avec les puissances émergentes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-continent-en-recomposition-une-france-en-repositionnement"><strong>Un continent en recomposition, une France en repositionnement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Afrique de 2025 n’est plus celle des bases militaires et des discours de coopération. Elle est celle des corridors commerciaux sino-africains, des accords de défense russo-sahéliens, et des ambitions énergétiques des pays du Golfe. Dans ce nouveau jeu, la France cherche désespérément sa place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Macron, plus que ses prédécesseurs, a compris que l’avenir africain se joue désormais loin des vieilles capitales francophones. Mais le pari est risqué. Il faudra convaincre des partenaires qui n’ont ni la mémoire affective ni la dette historique envers Paris. L’île Maurice et l’Angola n’ont jamais été des colonies françaises — et c’est peut-être là, paradoxalement, que se trouve la chance du renouveau : un dialogue sans ressentiment, un commerce sans culpabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tournée africaine d’Emmanuel Macron n’est pas celle d’un conquérant, mais d’un survivant. L’ère de la Françafrique est révolue, celle de la France-afrique économique commence — avec humilité, contrainte et réalisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers ce voyage, Paris tente de montrer qu’elle reste un acteur crédible dans un continent où la géopolitique se redessine sans elle. Mais au fond, ce périple a la saveur d’un mea culpa : celui d’une puissance qui, après avoir trop longtemps cru parler au nom de l’Afrique, cherche aujourd’hui à simplement lui parler.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
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		<title>Madagascar : Rajoelina, passager de classe affaires sur la Françafrique Airlines</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Oct 2025 15:01:03 +0000</pubDate>
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<p>L’exfiltration d’Andry Rajoelina par la France, un acte qui soulève des questions sur l'ingérence française en Afrique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Sous prétexte de « préserver la stabilité », Paris s’est de nouveau immiscée dans une crise africaine. L’exfiltration d’Andry Rajoelina par un avion militaire français, au cœur de la tourmente malgache, ravive un débat ancien : la France sait-elle vraiment rompre avec ses réflexes d’ingérence sur le continent ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une scène que Paris aurait préféré garder dans l’ombre : celle d’un président africain, exfiltré par un avion militaire français, en pleine tempête politique.<br>Le 12 octobre 2025, Andry Rajoelina, chef de l’État malgache, quittait discrètement son pays, à bord d’un appareil de l’armée française. Officiellement, «&nbsp;<em>pour éviter un bain de sang&nbsp;</em>». Officieusement, pour sauver ce qui pouvait encore l’être d’un régime à bout de souffle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un accord de «&nbsp;<em>président à président</em>&nbsp;» — entre Emmanuel Macron et Rajoelina — aurait permis cette fuite organisée. Les relais de l’armée française de&nbsp;<em>La Réunion</em>&nbsp;ont agi avec une efficacité sans faille. L’opération fut propre, sans éclat, mais lourde de symboles. Paris affirme ne pas s’ingérer, mais c’est encore Paris qui ferme la porte derrière un président africain déchu.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-vieille-habitude-sauver-les-siens-preserver-les-apparences"><strong>Une vieille habitude : sauver les siens, préserver les apparences</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Officiellement, l’Élysée s’en tient à une ligne simple : aucune intervention, aucune prise de position. En coulisses, c’est tout autre chose. Depuis le 25 septembre, Antananarivo s’enfonce dans le désordre : pénuries d’eau, coupures d’électricité, manifestations, puis mutineries.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à la débâcle, l’appareil d’État s’est disloqué. Dimanche, la gendarmerie nationale a basculé du côté des protestataires, sous la houlette du général Nonos Mbina Mamelison, désormais autoproclamé nouveau commandant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps, à Paris, les téléphones chauffaient. Les diplomates et les conseillers de l’Élysée n’ont jamais cessé de suivre la situation heure par heure. Comme souvent dans ces crises africaines, la tentation de «&nbsp;<em>gérer</em>&nbsp;» discrètement le chaos s’est imposée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On se souvient d’autres épisodes — Bokassa évacué par un DC-8 français en 1979, Blaise Compaoré exfiltré vers la Côte d’Ivoire en 2014 — autant de pages jaunies du manuel officieux de la politique africaine de la France : ne jamais abandonner totalement un ami, même déchu.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-ingerence-douce-mais-constante"><strong>Une ingérence douce, mais constante</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les responsables français se défendent de toute intervention. Pourtant, la France reste omniprésente dans la mécanique du pouvoir malgache. Les Forces armées de la zone Sud de l’océan Indien (FAZSOI), basées à&nbsp;<em>La Réunion</em>, encadrent les échanges militaires ; l’Agence française de développement (AFD) irrigue les finances publiques malgaches ; et les grands groupes français, du bâtiment à l’énergie, pèsent lourd dans l’économie locale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous Rajoelina, les contrats se sont multipliés : téléphérique de 150 millions d’euros, projets d’infrastructures, financements électoraux. La France est restée le premier investisseur et bailleur bilatéral. Un lien que l’on appelle pudiquement «&nbsp;<em>coopération</em>&nbsp;», mais qui ressemble souvent à une tutelle sous perfusion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, quand Paris affirme qu’il ne&nbsp;«&nbsp;<em>fait que faciliter un départ</em>&nbsp;», on entend surtout la voix d’une puissance qui, sous couvert d’humanitarisme et de prudence diplomatique, continue de s’autoriser un droit de regard sur la scène politique africaine.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-paradoxes-d-un-partenaire-encombrant"><strong>Les paradoxes d’un partenaire encombrant</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Andry Rajoelina, l’ancien DJ devenu président, était un allié à géométrie variable. Soutenu par la France en 2009 après un coup d’État, il avait su parler le langage des affaires et des diplomates. Son pouvoir, contesté mais utile, convenait bien à Paris : stabilité apparente, ouverture économique, coopération sécuritaire dans l’océan Indien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la lune de miel s’est ternie. En 2023, la révélation de sa double nationalité française, acquise dans le plus grand secret, a créé un malaise durable. Comment défendre un président qui, tout en brandissant le drapeau de la souveraineté, possédait un passeport tricolore ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question embarrassait l’Élysée autant qu’elle fragilisait Rajoelina. Son exfiltration en 2025, orchestrée par les mêmes réseaux qui l’avaient jadis installé, apparaît aujourd’hui comme l’épilogue d’une dépendance mutuelle. Paris protège, Rajoelina s’efface.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-madagascar-miroir-d-un-systeme-a-bout-de-souffle"><strong>Madagascar, miroir d’un système à bout de souffle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce départ en catimini relance un débat qui dépasse largement les frontières de la Grande Île : la France sait-elle encore se tenir à distance des crises africaines ? Chaque fois qu’un régime vacille — qu’il s’agisse du Mali, du Niger, autrefois, ou désormais de Madagascar — Paris est tentée d’arbitrer, de conseiller, parfois d’évacuer.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous couvert de «&nbsp;<em>préserver la stabilité</em>&nbsp;», l’ingérence française se pare d’habits moraux. Mais sur le terrain, elle nourrit la méfiance et alimente le ressentiment anti-français qui monte partout sur le continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Afrique change, ses capitales bougent, ses alliances se déplacent. La France, elle, semble encore croire qu’elle peut écrire la fin des histoires africaines — à condition d’en maîtriser le scénario.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-exfiltration-ou-la-diplomatie-du-dernier-refuge"><strong>L’exfiltration, ou la diplomatie du dernier refuge</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Emmanuel Macron, l’affaire Rajoelina n’est pas seulement un épisode tropical : c’est un révélateur. Malgré les discours sur la «&nbsp;<em>nouvelle relation</em>&nbsp;» entre la France et l’Afrique, les vieux réflexes coloniaux demeurent, ceux du parapluie protecteur et du coup de main fraternel à un président ami. Une ingérence qui ne dit pas son nom, mais qui s’inscrit dans la continuité : sauver l’ordre avant la justice, la stabilité avant la démocratie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Antananarivo, la population célèbre peut-être la chute d’un président. À Paris, on se félicite d’avoir évité un bain de sang. Entre ces deux vérités, se glisse toute l’ambiguïté de la politique africaine de la France.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Madagascar : le pouvoir se dit “debout”, mais chancelle sur ses appuis</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Oct 2025 17:46:29 +0000</pubDate>
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<p>À Madagascar, la situation est confuse avec des mutineries militaires et une lutte pour le pouvoir à Antananarivo.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À Antananarivo, le pouvoir malgache tente de reprendre la main après une journée de confusion et de rumeurs. Pendant que des militaires mutins proclament la “prise du pouvoir”, la présidence assure que tout va bien. L’orchestre continue de jouer, même si le bateau tangue.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce samedi 11 octobre 2025, Madagascar a connu l’un de ces jours où l’histoire hésite entre tragédie et comédie politique. En fin de matinée, des soldats du CAPSAT — le Corps d’administration des personnels et services de l’armée de terre —, déjà entrés dans la légende pour leurs mutineries passées, annoncent qu’ils “<em>prennent leurs responsabilités</em>” et déclarent le pouvoir “<em>dissous</em>”. Dans la foulée, ils instaurent un couvre-feu et appellent la population à “<em>rester chez elle</em>”, ce qui, à Antananarivo, signifie généralement descendre dans la rue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques heures plus tard, alors que la place du 13-Mai, symbole historique des révoltes malgaches, est envahie par une foule euphorique scandant la fin du régime, la présidence de la République sort enfin de son silence. Le message ? Non, le président Andry Rajoelina n’a pas fui. Oui, il est “<em>au pays</em>”. Et mieux encore : il “<em>coordonne les affaires nationales</em>” aux côtés de son Premier ministre, le général Fortunat Ruphin Zafisambo. Un communiqué à la tonalité plus rassurante que crédible, dans un pays où les démentis officiels précèdent souvent les ruptures de régime.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-premier-ministre-en-funambule"><strong>Un Premier ministre en funambule</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Apparu à la télévision nationale, le général Zafisambo — raide comme un porte-drapeau — s’est voulu rassembleur : “<em>Le pouvoir en place se tient debout et est prêt à écouter toutes les factions, qu’il s’agisse des jeunes, des syndicats ou des militaires.”</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un ton mesuré, presque apaisé, loin du lexique martial habituel. Comme s’il voulait convaincre que l’on peut encore dialoguer quand les fusils parlent. Le Premier ministre a même rappelé qu’une concertation nationale, sous l’égide du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes (FFKM), est “<em>en cours de préparation”</em>. Une manière de dire que la religion, une fois de plus, sert de planche de salut politique à un État dévissé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Signe de lucidité ou aveu d’impuissance, Zafisambo a lancé un appel à ne pas “<em>laisser les forces armées s’entretuer</em>”. Une phrase lourde de sens, car elle trahit ce que tout le monde sait : le pouvoir ne contrôle plus totalement ses propres troupes.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-presidence-sur-le-fil"><strong>Une présidence sur le fil</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Rajoelina, l’homme de 2009 qui s’était hissé au pouvoir en renversant Marc Ravalomanana avec l’appui de ce même CAPSAT, est désormais rattrapé par sa propre histoire. Ironie du sort : ceux qui l’avaient jadis propulsé pourraient bien aujourd’hui le renverser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière le vernis des communiqués et les discours d’apaisement, la réalité malgache demeure brutale : une armée fracturée, une population épuisée, un président contesté, et une économie asphyxiée. Le tout sur fond de colère sociale nourrie par la pauvreté et les coupures d’électricité, dans un pays où les illusions de stabilité ne durent jamais plus qu’un cycle électoral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’heure, Antananarivo retient son souffle. Le pouvoir dit qu’il “<em>se tient debout</em>”, mais à Madagascar, on sait depuis longtemps que la verticalité politique est un sport de déséquilibriste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre démentis officiels et rumeurs virales, le flou règne, et c’est peut-être cela, le vrai pouvoir du moment : la confusion. Car à Madagascar, comme souvent, les crises politiques ne s’achèvent pas — elles changent simplement d’acteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra </strong></p>
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