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	<title>Archives des élections municipales | Sahel Tribune</title>
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		<title>Sénégal : la stratégie de Diomaye Faye pour sortir de la cohabitation avec le Pastef</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Jul 2026 08:20:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Bassirou Diomaye Faye annonce la création de son propre parti politique. Entre tensions avec le Pastef, rivalité avec Ousmane Sonko et recherche d'une majorité, analyse d'un tournant majeur au Sénégal.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 3 juillet 2026, Bassirou Diomaye Faye a annoncé la création de son propre parti politique. La classe politique sénégalaise crie à la trahison, à la contradiction, aux « calculs politiciens ». Mais si l&rsquo;on regarde les faits, et non les postures, c&rsquo;est plutôt le contraire : un président qui refuse de rester otage d&rsquo;un mouvement qui a ses propres agendas, et qui choisit de construire un projet politique à lui. C&rsquo;est difficile, risqué, et nécessaire.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une facilité rhétorique dans la politique africaine qui consiste à accuser tout dirigeant qui prend ses distances avec son camp d&rsquo;origine de trahison. C&rsquo;est confortable, binaire, et souvent injuste. L&rsquo;annonce du 3 juillet 2026 par laquelle Bassirou Diomaye Faye déclare vouloir créer son propre parti politique a aussitôt déclenché ce réflexe. Mais en regardant les faits de plus près, c&rsquo;est peut-être l&rsquo;inverse qui est vrai : ce n&rsquo;est pas Diomaye qui trahit le Sénégal. C&rsquo;est lui qui essaie, laborieusement, de le gouverner.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que Diomaye a dit, et ce qu&rsquo;il n&rsquo;a pas dit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Devant plus de 300 maires de la coalition Diomaye Président, réunis au Palais de la République le 3 juillet, Bassirou Diomaye Faye n&rsquo;a pas annoncé qu&rsquo;il quittait le Pastef. Il n&rsquo;a pas déclaré la guerre à Ousmane Sonko. Il n&rsquo;a pas demandé la dissolution du parti majoritaire à l&rsquo;Assemblée nationale. Il a dit, en termes mesurés, confiés à une superviseure générale chargée de structurer la réflexion, qu&rsquo;il souhaitait aller vers une «&nbsp;<em>unité plus organique</em>&nbsp;» des forces qui le soutiennent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce langage de la coordination politique, de l&rsquo;efficacité institutionnelle, de la rationalisation d&rsquo;une coalition de 500 partis et organisations dont chacun tire dans sa direction, n&rsquo;a rien de révolutionnaire. C&rsquo;est de la gestion politique ordinaire dans n&rsquo;importe quelle démocratie consolidée. Que la France de Macron, le Royaume-Uni de Blair ou l&rsquo;Afrique du Sud de Ramaphosa aient traversé des épisodes similaires de restructuration de l&rsquo;outil partisan du président n&rsquo;a pas suscité d&rsquo;indignation particulière. Au Sénégal, en juillet 2026, cela déclenche des accusations de «&nbsp;<em>volte-face</em>&nbsp;» et de «&nbsp;<em>calculs politiciens</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« C&rsquo;est dans un souci d&rsquo;efficacité de la coalition. Figurez-vous que l&rsquo;on est 500 partis et organisations et chacun est dans son parti et dans la coalition. Il faut une unité plus organique pour aller vers les élections municipales. »</em>, a expliqué Aminata Touré, superviseure générale de la coalition Diomaye Président.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La situation réelle : gouverner à mains liées</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre pourquoi Diomaye fait ce choix, il faut se rappeler dans quelle situation il se trouve depuis juin 2026. Il a limogé Ousmane Sonko comme Premier ministre le 22 mai 2026. Sonko, en réponse, a été élu président de l&rsquo;Assemblée nationale le 26 mai avec 132 voix sur 165. Le nouveau gouvernement formé le 1<sup>er</sup>juin par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô ne compte que quelques membres du Pastef. Les autres ayant refusé de participer ou ayant été écartés. Et Sonko, depuis sa conférence de presse du 2 juin, a clairement posé le cadre : «&nbsp;<em>Nous sommes dans une situation de cohabitation. Il n&rsquo;a pas un seul député à l&rsquo;Assemblée nationale.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Diomaye gouverne donc avec un Premier ministre qu&rsquo;il a choisi, mais sans majorité parlementaire propre. La quasi-totalité des 165 sièges de l&rsquo;Assemblée sont détenus par le Pastef de Sonko. Dans cette configuration, tout projet de loi, tout budget, toute réforme constitutionnelle dépend du bon vouloir de Sonko et de ses députés. Et Sonko a déjà utilisé cette majorité pour voter, le 29 juin, une réforme constitutionnelle qui rend incompatible la fonction présidentielle et la direction d&rsquo;un parti. Cette réforme cible visiblement Diomaye s&rsquo;il cherchait à prendre la tête du Pastef.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est dans ce contexte (piégé par sa propre majorité parlementaire et gouvernant sous la surveillance constante d&rsquo;un Premier ministre destitué qui dirige l&rsquo;Assemblée) que Diomaye annonce la création de son propre parti. Ce n&rsquo;est pas un caprice ou un calcul mesquin. C&rsquo;est une tentative de récupérer une marge de manœuvre politique élémentaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;accusation de contradiction&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ayib Daffé, chef du groupe parlementaire Pastef, formule l&rsquo;accusation avec des mots choisis : «&nbsp;<em>C&rsquo;est un peu étonnant de la part d&rsquo;un président de la République qui avait annoncé se mettre au-dessus de la mêlée. C&rsquo;est une volte-face guidée par des calculs politiciens et électoralistes. Tout cela est un peu contradictoire avec les valeurs qu&rsquo;il proclame.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Diomaye avait annoncé vouloir se «&nbsp;<em>mettre au-dessus de la mêlée&nbsp;</em>». Mais cette intention, louable dans son principe, s&rsquo;est heurtée à une réalité : on ne gouverne pas un pays depuis les hauteurs de l&rsquo;arbitrage supérieur quand votre Premier ministre organise des meetings nationaux, mobilise son parti contre votre gouvernement et construit sa propre machinerie électorale pour 2029. Le statisme présidentiel n&rsquo;est pas une vertu quand la mêlée monte jusqu&rsquo;à vous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant aux «&nbsp;<em>calculs politiciens</em>&nbsp;» : créer un parti en vue des élections municipales et présidentielle de 2029, c&rsquo;est précisément ce que fait tout dirigeant qui entend gouverner sur la durée. Que Sonko fasse exactement la même chose, c’est-à-dire mobiliser le Pastef, recruter des militants, construire un réseau, ne lui vaut pas la même accusation. La politique, c&rsquo;est aussi cela : les mouvements que l&rsquo;on reproche à l&rsquo;adversaire sont toujours «&nbsp;<em>du calcul</em>&nbsp;» quand ils viennent d&rsquo;en face.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La réforme constitutionnelle Pastef comme manœuvre d&rsquo;encerclement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;épisode le plus révélateur de la nature du conflit entre Diomaye et le Pastef est peut-être la réforme constitutionnelle votée le 29 juin 2026 par les 130 députés Pastef présents à l&rsquo;Assemblée. Ce texte prévoit l&rsquo;incompatibilité entre la fonction de président de la République et la direction d&rsquo;un parti. Il sera soumis à référendum selon l&rsquo;annonce de Diomaye.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En apparence, c&rsquo;est une mesure de bonne gouvernance. Elle limite les cumuls, sépare les fonctions d&rsquo;État de l&rsquo;activité partisane. Seulement qu’il faut rappeler que cette réforme a été votée au moment précis où Diomaye était soupçonné de vouloir prendre le contrôle du Pastef, ou d&rsquo;en créer un concurrent. Elle a été votée par les seuls députés Pastef, sans consultation du gouvernement. Et elle vise à empêcher Diomaye de faire exactement ce qu&rsquo;il vient d&rsquo;annoncer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la réforme est approuvée par référendum et entre en vigueur avant la création effective du parti Diomaye, le président se retrouvera dans une situation inédite : avoir annoncé la création d&rsquo;un parti, puis être constitutionnellement empêché de le diriger. Le Pastef aura réussi à lui couper l&rsquo;herbe sous le pied par une voie démocratique. C&rsquo;est une manœuvre d&rsquo;encerclement institutionnel, habile et légale.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que Diomaye doit faire pour réussir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si la création de ce nouveau parti est un acte politique nécessaire, sa réussite n&rsquo;est pas automatique. Plusieurs conditions devront être réunies pour qu&rsquo;elle serve effectivement le projet que Diomaye lui assigne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout d’abord, la substance programmatique. Un parti créé pour les seuls besoins de la prochaine échéance électorale, sans doctrine propre, sans programme de gouvernement articulé, sans vision distincte de celle du Pastef, ne sera qu&rsquo;un véhicule électoral vide. Les Sénégalais qui ont porté Diomaye à la présidence en 2024 attendaient une transformation du Sénégal, et non pas un énième acteur de la politique politicienne que le mouvement des Patriotes avait contribué à dénoncer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, l&rsquo;ancrage territorial. La réunion des 300 maires au Palais de la République dit que Diomaye dispose d&rsquo;une base locale réelle. Ces élus locaux, issus de quatorze régions, sont des relais potentiels d&rsquo;un nouveau parti. Mais leur fidélité sera mise à l&rsquo;épreuve si Sonko et le Pastef exercent des pressions, et ils le feront, avec toute l&rsquo;organisation partisane qu&rsquo;ils ont construite depuis 2014.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, la clarté sur le référendum constitutionnel. Si Diomaye soumet à référendum la réforme d&rsquo;incompatibilité votée par le Pastef, deux scénarios sont possibles : le peuple approuve, et Diomaye devra choisir entre son parti naissant et sa fonction présidentielle. Le peuple rejette, et Diomaye en sort renforcé politiquement face au Pastef. Le référendum est un pari risqué, mais c&rsquo;est aussi une occasion de donner aux Sénégalais la parole sur leur propre système politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bassirou Diomaye Faye a été élu président du Sénégal avec l&rsquo;un des scores les plus élevés de l&rsquo;histoire du pays, 54,28 % au premier tour en mars 2024, sans second tour. Ce mandat appartient au peuple sénégalais, pas au Pastef. Créer les conditions institutionnelles pour le mettre en œuvre pleinement, y compris contre la résistance de ses anciens alliés, n&rsquo;est pas une trahison. C&rsquo;est l&rsquo;exercice de la souveraineté présidentielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Foula D. Massé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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