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	<title>Archives des économie extractive | Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des économie extractive | Sahel Tribune</title>
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		<title>Et si l’or finançait enfin les routes du Mali ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 22:32:43 +0000</pubDate>
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<p>Apprenez comment le Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport peut changer l'économie malienne.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Avec la réforme de son Code minier adoptée en 2023, le Mali entend franchir un nouveau cap. Le pays passe d’une économie extractive à une logique de transformation. Au cœur du dispositif, cinq fonds dédiés, dont un mécanisme inédit destiné à financer directement les infrastructures, afin de mieux capter et réinjecter la rente minière dans l’économie nationale.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment transformer la richesse du sous-sol en routes, en barrages et en réseaux électriques ? Au Mali, la réforme du Code minier adoptée en 2023 tente d’apporter une réponse concrète à cette équation en instituant des fonds dédiés, conçus pour capter directement une part des revenus extractifs et les réinjecter dans l’économie productive.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-tentative-de-reallocation-de-la-rente-miniere"><strong>Une tentative de réallocation de la rente minière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali figure parmi les grandes puissances aurifères du continent africain. Selon un rapport de l’organisation suisse SWISSAID, la production industrielle et semi-industrielle d’or du pays a atteint environ 66,2 tonnes en 2022. Avec ce volume, le Mali se classe troisième producteur d’or en Afrique, derrière le Ghana (95,8 tonnes) et l’Afrique du Sud (84 tonnes), mais devant le Burkina Faso (57,7 tonnes). Cette position confirme le rôle stratégique du secteur minier dans l’économie malienne, l’or constituant la première source d’exportations et une ressource clé pour les finances publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un pays où l’or représente l’essentiel des recettes d’exportation, la question de la redistribution des revenus miniers reste centrale. En adoptant un nouveau Code minier en 2023, les autorités maliennes corrigent les déséquilibres d’un modèle longtemps critiqué pour sa faible capacité à irriguer l’économie réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La création de cinq fonds sectoriels s’inscrit dans cette logique. L’objectif est non seulement de sécuriser des ressources dédiées à des priorités stratégiques mais ausi d’améliorer l’efficacité de la dépense publique en fléchant les revenus extractifs vers des usages précis.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-mecanisme-de-financement-indexe-sur-la-production"><strong>Un mécanisme de financement indexé sur la production</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi ces instruments, le Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport constitue l’un des leviers les plus structurants. Il introduit une forme de prélèvement quasi-fiscal directement adossé à la production minière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dispositif prévoit une contribution de 1 % du chiffre d’affaires trimestriel des sociétés minières pendant les cinq premières années d’exploitation, à laquelle s’ajoute 10 % de la redevance ad valorem. Au-delà de cette période, le taux sur le chiffre d’affaires est relevé à 2,5 %, augmentant progressivement la pression contributive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mécanisme permet d’adosser le financement des infrastructures à la performance du secteur minier, créant ainsi un lien direct entre extraction et investissement public.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-outil-de-financement-des-biens-publics"><strong>Un outil de financement des biens publics</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte de contraintes budgétaires accrues, ce fonds est un instrument de financement alternatif pour des infrastructures essentielles, traditionnellement dépendantes des ressources budgétaires ou de l’aide extérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Énergie, eau, transport : ces trois secteurs concentrent les principaux goulets d’étranglement de l’économie malienne. Leur sous-développement pèse sur la compétitivité des entreprises, renchérit les coûts logistiques et limite l’attractivité du pays pour les investisseurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour y remédier, le Mali a identifié onze programmes et projets structurants afin de soutenir les stratégies nationales de développement à moyen et long terme, à travers «&nbsp;﻿<em>Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma</em>&nbsp;». Parmi eux figure le projet n°4, «&nbsp;<em>Kanku Musa Seginna</em>&nbsp;» (le retour de l’âge d’or de Kankou Moussa), qui vise à inscrire l’exploitation minière dans une logique de développement durable, en renforçant ses retombées sociales, économiques et environnementales pour l’ensemble du territoire, avec une attention particulière aux communautés des zones minières. Le projet n°5, «&nbsp;<em>Intégrer le Mali au monde</em>&nbsp;», ambitionne quant à lui de développer et d’entretenir un réseau d’infrastructures de transport multimodal, efficace et sécurisé, capable de mieux connecter le pays aux marchés régionaux et internationaux, tout en soutenant l’aménagement durable du territoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En orientant une partie des revenus miniers vers ces segments, les autorités entendent créer un effet d’entraînement sur l’ensemble de l’économie. L&rsquo;ambition des autorités maliennes de la Transition est de faire profiter les richesses du pays aux Maliens. Cela apparaît clairement dans l&rsquo;article 42 de la Constitution du 22 juillet 2023  : « <em>L&rsquo;Etat dispose du droit souverain sur les richesses et les ressources naturelles situées sur son territoire.</em>» Quant à leur exploitation, elle doit se faire  « <em>dans le respect des règles de protection de l&rsquo;environnement et dans l&rsquo;intérêt des générations présentes et futures.</em>»</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-gouvernance-un-enjeu-cle-de-credibilite"><strong>Gouvernance : un enjeu clé de crédibilité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La performance de ce dispositif dépendra largement de sa gouvernance. Le Code minier prévoit l’adoption de textes réglementaires pour encadrer le fonctionnement du fonds, ainsi que la production de rapports annuels validés par les collectivités territoriales et les organes de contrôle de l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La publication de ces rapports constitue un signal en faveur de la transparence, dans un secteur historiquement exposé aux critiques sur l’opacité et la gestion des revenus. Mais au-delà des dispositifs formels, la crédibilité du mécanisme reposera sur la capacité de l’État à garantir une allocation efficace des ressources et à éviter les effets de dispersion ou de captation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fonds dédié aux infrastructures s’insère dans une architecture plus large comprenant : un fonds de développement local, destiné à renforcer l’acceptabilité sociale des projets miniers ; un fonds de réhabilitation et de sécurisation des sites artisanaux ; un fonds de promotion du secteur minier ; un fonds consacré à la recherche géologique et au renforcement des capacités. Cette structuration traduit une approche plus intégrée de la politique minière, combinant objectifs économiques, sociaux et environnementaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-entre-ambition-economique-et-contraintes-structurelles"><strong>Entre ambition économique et contraintes structurelles</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre du Fonds minier pour le développement local, plus de 18 milliards de FCFA ont été redistribués aux collectivités locales du Mali, par le Président de la Transiton, le 12 mars 2026.&nbsp;Prévu par le Code minier de 2023, ce mécanisme vise à faire bénéficier directement les territoires producteurs des retombées de l’exploitation minière et par ricochet toutes les communes du Mali.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec cette réforme du secteur minier, Bamako maximise les retombées économiques d’un secteur clé, tout en réduisant sa dépendance aux financements extérieurs pour les investissements publics. Toutefois, plusieurs inconnues demeurent : volatilité des cours de l’or, capacité de collecte effective des contributions, discipline budgétaire et efficacité de l’exécution des projets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En filigrane, c’est la question classique des économies extractives qui se pose : comment transformer une rente en développement durable ? Le nouveau Code minier malien apporte un début de réponse institutionnelle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Lithium malien : Kodal Minerals dément et rassure, mais Bamako garde la main</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 May 2025 07:34:46 +0000</pubDate>
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<p>Les exportations de lithium à Bougouni sont-elles menacées ? Découvrez les détails à travers ces explications de Kodal Minéral. </p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que la rumeur d’un blocage des exportations de lithium alimente les spéculations à Bamako et à Londres, Kodal Minerals dément toute suspension officielle mais reconnaît que les discussions avec les autorités maliennes se poursuivent. En jeu, 27 000 tonnes de spodumène prêtes à être exportées, mais toujours sous le contrôle souverain de l’État malien.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le démenti est tombé comme un couperet, aussi sec qu’un rapport de vérification, mais au goût légèrement défensif. Depuis quelques jours, les spéculations vont bon train sur un supposé blocage par les autorités maliennes des exportations de spodumène, ce minerai rare à haute teneur en lithium que Kodal Minerals extrait à Bougouni, dans le sud du pays. En jeu : 27 000 tonnes déjà stockées, prêtes à prendre la route des marchés mondiaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une note laconique mais nécessaire, la juniore minière britannique Kodal Minerals a tenu à tuer dans l’œuf les rumeurs. Non, assure la direction depuis Londres, aucune mesure officielle n’empêche ce jour l’exportation du précieux concentré. Certes, les discussions avec Bamako se poursuivent sur les modalités administratives d’un permis d’exportation définitif, mais elles suivent – dit-on – «&nbsp;<em>leur cours normal</em>&nbsp;». Traduction : pas d’embargo, mais pas encore de feu vert officiel non plus.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-des-relations-nbsp-positives-nbsp-vraiment-nbsp"><strong>Des relations «&nbsp;positives&nbsp;», vraiment&nbsp;</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Que Bernard Aylward, le patron de Kodal, soit actuellement à Bamako pour «&nbsp;<em>visiter les opérations&nbsp;</em>» n’a rien d’anodin. Le message est clair : la société reste présente, ses équipes sont sur le terrain, et la montée en puissance de l’usine de traitement suit le calendrier annoncé. Une manière de rassurer les investisseurs, de montrer que malgré le flou administratif, la machine industrielle tourne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais derrière cette communication maîtrisée affleure une autre réalité, moins reluisante pour les actionnaires impatients : Kodal Minerals, comme toutes les autres entreprises étrangères opérant sur le sous-sol malien, sait qu’ici, Bamako garde la main. Le lithium est stratégique, et le gouvernement de la Transition entend bien faire valoir les intérêts souverains du Mali, qu’il s’agisse de fiscalité, de retombées locales ou de contrôle des flux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kodal se dit «&nbsp;<em>soutenue</em>&nbsp;» par les autorités. C’est probablement vrai. Mais nul n’ignore que le climat politique au Mali a changé : plus souverainiste, plus exigeant, parfois plus imprévisible. La compagnie britannique devra composer avec cette nouvelle donne. Finies les exportations quasi automatiques d’une époque où l’État fermait les yeux sur les pertes fiscales et les contrats léonins. Le temps est à la renégociation permanente.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-27-000-tonnes-en-attente-une-symbolique-forte"><strong>27 000 tonnes en attente, une symbolique forte</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Que ces 27 000 tonnes soient là, stockées mais immobilisées, résume à lui seul le bras de fer feutré entre l’État malien et l’industrie extractive internationale. Certes, Kodal joue l’apaisement. Certes, Bamako se garde pour l’instant de toute annonce fracassante. Mais une chose est sûre : rien ne partira sans l’aval du gouvernement. Le lithium malien, nouvelle manne convoitée, est devenu un actif stratégique dont les autorités veulent garder le contrôle absolu.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-rassurer-sans-trop-promettre"><strong>Rassurer sans trop promettre</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">En annonçant qu’une nouvelle communication sera faite «&nbsp;<em>dès réception</em>&nbsp;» du permis, Kodal joue la montre tout en gardant la porte ouverte. On avance, mais on ne maîtrise pas totalement le calendrier. En clair, tout dépend de Bamako.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pari de Kodal devra poursuivre la montée en puissance industrielle, tout en consolidant sa relation politique avec un État désormais conscient de la valeur stratégique de son sous-sol. Un exercice d’équilibriste que Bernard Aylward devra maîtriser s’il veut éviter que les rumeurs d’aujourd’hui deviennent les blocages de demain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En attendant, à Bougouni, les tas de spodumène s’accumulent. Et le silence prudent de Bamako vaut, à lui seul, toutes les annonces officielles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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