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	<title>Archives des écoles coraniques &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Les écoles coraniques au Mali : Un pont entre tradition et modernité face aux défis contemporains</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bakary FOMBA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Jul 2025 09:01:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Les écoles coraniques au Mali : un pilier culturel face aux défis contemporains et à l'évolution des traditions éducatives.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Dans les villages et quartiers maliens, où la terre rouge s’étend à perte de vue, le son des enfants récitant le Coran rythme les journées. Ces voix, portées par le souffle des générations passées, racontent une histoire vieille de plusieurs siècles.</em></strong></p>



<p>Au Mali, les écoles coraniques, appelées medersas ou daaras, sont bien plus qu’un lieu d’apprentissage religieux ; elles incarnent un héritage séculaire et un pilier culturel. Mais aujourd’hui, ces institutions se trouvent à la croisée des chemins, confrontées aux pressions de la modernité. Elles doivent naviguer entre préservation de leurs traditions et adaptation aux réalités d’un monde en mutation. Entre défis et résilience, quel avenir pour ces écoles qui façonnent encore des générations de Maliens ?</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-heritage-millenaire"><strong>Un héritage millénaire</strong></h2>



<p>Les écoles coraniques existent au Mali depuis l’époque glorieuse des grands empires précoloniaux, tels que celui du Mali sous Soundiata Keïta (XIIIe&nbsp;siècle) et celui de Songhaï sous Askia Mohamed (XVe&nbsp;siècle). À cette époque, elles étaient des centres d’excellence pour la transmission des connaissances islamiques, mais aussi pour l’apprentissage des sciences, de la littérature et des arts. Des villes comme Tombouctou, Djenné et Gao étaient des phares intellectuels, accueillant des savants venus de tout le monde musulman.</p>



<p>Aujourd’hui encore, ces écoles jouent un rôle fondamental dans la société malienne. Selon une étude de 2019 menée par l’UNESCO, près de 30&nbsp;% des enfants en âge scolaire au Mali fréquentent des écoles coraniques, soit environ 1,5&nbsp;million d’enfants. Elles offrent une éducation accessible, souvent gratuite, et ancrée dans les valeurs religieuses et morales.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-rigueur-et-spiritualite"><strong>Rigueur et spiritualité</strong></h2>



<p>Le modèle pédagogique des medersas repose sur une discipline stricte et une méthode de mémorisation intensive. Sous la supervision d’un marabout, les élèves, appelés talibés, apprennent à réciter le Coran par cœur, lettre par lettre, verset par verset. Ce processus exige patience, dévotion et persévérance. Pour certains, il s’agit d’une quête spirituelle, tandis que pour leurs parents, c’est une manière de garantir une éducation morale et religieuse à leurs enfants.</p>



<p><em>« Mon fils est ici pour apprendre la religion et être un bon musulman »,</em>&nbsp;explique Amadou Traoré, un agriculteur de Banco, dans la région de Dioïla.&nbsp;<em>« Je ne peux pas payer les frais de scolarité des grandes écoles, alors je préfère qu’il soit dans une medersa où il apprendra aussi à respecter Dieu et les autres »,&nbsp;</em>ajoute-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-defis-contemporains"><strong>Les défis contemporains</strong></h2>



<p>Depuis la crise multidimensionnelle qui secoue le Mali depuis 2012, marquée par des attaques terroristes, des conflits intercommunautaires et une instabilité politique persistante, les écoles coraniques ont été durement touchées. Dans les régions du centre et du nord, où les violences sont omniprésentes, de nombreuses écoles ont fermé leurs portes ou ont été délocalisées.</p>



<p><em>« Avant, nous étions 80&nbsp;élèves ici, mais maintenant, il n’y en a plus que 20 »</em>, déplore Oumar Diallo, un marabout basé dans la région de Tombouctou.&nbsp;<em>« Les familles fuient les violences, et certains enfants doivent travailler pour aider leurs parents. »</em>&nbsp;Les talibés, souvent vulnérables, deviennent des cibles faciles pour les groupes armés qui recrutent des enfants soldats.</p>



<p>La pauvreté reste un autre obstacle majeur. Dans de nombreuses écoles coraniques, les enfants sont envoyés mendier dans les rues pour subvenir aux besoins de leur école. Cette pratique, bien que critiquée, est souvent perçue comme une nécessité par les communautés locales.</p>



<p><em>« Nous savons que cela peut choquer, mais c’est une réalité »,</em>&nbsp;admet Aïcha Konaté, enseignante à Ségou.&nbsp;<em>« Les familles n’ont pas toujours les moyens de soutenir financièrement les medersas, et sans cette contribution, certaines écoles risquent de fermer ».</em></p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-tradition-versus-modernite"><strong>Tradition versus modernité</strong></h2>



<p>Avec l’essor des systèmes scolaires modernes, les écoles coraniques sont souvent accusées de ne pas offrir une formation adaptée au marché du travail. Le gouvernement malien, soutenu par des partenaires internationaux, encourage désormais l’intégration des écoles coraniques dans le système éducatif national. Des initiatives ont vu le jour pour combiner l’enseignement religieux avec des matières académiques comme le français, les mathématiques et les sciences.</p>



<p>Cependant, cette intégration suscite des résistances. Certains marabouts considèrent que ces changements diluent l’essence même des écoles coraniques.&nbsp;<em>« Notre mission est de former de bons musulmans, pas des employés de bureau »,</em>&nbsp;affirme Aboubacar Cissé, un marabout à Faladié.&nbsp;<em>« Si nous ajoutons trop de matières profanes, nous risquons de perdre notre identité ».</em></p>



<p>Malgré ces tensions, les écoles coraniques continuent de jouir d’une grande popularité auprès des parents maliens. Pour beaucoup, elles représentent une alternative crédible à l’école formelle, souvent perçue comme inaccessible ou éloignée des réalités locales.</p>



<p><em>« Dans les grandes écoles, mes enfants apprennent des choses que je ne comprends pas »,</em>&nbsp;confie Fatoumata Diarra, une commerçante de Koulikoro Gare.&nbsp;<em>« Ici, ils apprennent des valeurs qui leur serviront toute leur vie ».</em></p>



<p>Cependant, une partie croissante de la population reconnaît la nécessité d’une éducation plus complète.&nbsp;<em>« Je veux que mon enfant puisse lire le Coran, mais aussi parler français et utiliser un ordinateur »</em>, explique Ibrahim Touré, un chauffeur de taxi à Bamako. Car, dit-il, « <em>le monde change, et nous devons changer avec lui ».</em></p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-un-equilibre"><strong>Vers un équilibre</strong></h2>



<p>Face à ces enjeux, des organisations comme l’ONG Tamat et l’Association malienne pour la promotion de la jeunesse (AMPJ) travaillent avec les communautés pour développer des programmes hybrides qui respectent les traditions tout en répondant aux exigences modernes.</p>



<p><em>« Il s’agit de trouver un équilibre »</em>, souligne Drissa Sangaré, expert en éducation.&nbsp;<em>« Nous devons préserver les valeurs culturelles et religieuses tout en donnant aux enfants les outils dont ils ont besoin pour réussir dans un monde globalisé ».</em></p>



<p>L’avenir des écoles coraniques au Mali dépendra en grande partie de leur capacité à s’adapter sans perdre leur essence. Alors que le pays continue de naviguer entre ses racines et ses aspirations modernes, ces institutions restent un symbole vivant de la résilience et de la richesse culturelle du Mali. En trouvant un équilibre entre préservation des valeurs ancestrales et adaptation aux réalités contemporaines, elles pourraient bien devenir un modèle inspirant pour d’autres pays africains confrontés aux mêmes dilemmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-pont-entre-deux-mondes"><strong>Un pont entre deux mondes</strong></h2>



<p>Les écoles coraniques au Mali incarnent un paradoxe fascinant&nbsp;: elles sont à la fois un ancrage dans la tradition et un terrain fertile pour l’innovation. Tandis que les défis sécuritaires, économiques et éducatifs persistent, elles continuent de jouer un rôle crucial dans la formation des jeunes générations.&nbsp;</p>



<p>En équilibrant respect des traditions et ouverture au monde moderne, ces institutions témoignent de la capacité du Mali à conjuguer passé et futur.</p>



<p><strong>Bakary Fomba</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Sahel : les enfants de la guerre, otages d’une tragédie silencieuse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Jun 2025 17:04:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>L’utilisation systématique d’enfants soldats dans les conflits armés au Sahel est une tragédie humanitaire à ne pas ignorer.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Par un mélange d’idéologie, de misère et de cynisme stratégique, les groupes armés qui sévissent entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger recrutent massivement des mineurs. Face à cette hémorragie humaine, les États sahéliens peinent à enrayer un engrenage tragique qui mine aussi leurs efforts militaires.</em></strong><em></em></p>



<p>Il s’appelle Seydou. Dans le roman <em><a href="https://www.editions-harmattan.fr/catalogue/livre/enfant-des-ruines/78374?srsltid=AfmBOorXe8ByHWExQBLd2AWcRowEklgXzz2Dq4A9FAyqEIvtnTCL20dm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Enfant des ruines</a></em> de Fousseni Togola, il incarne le visage d’une génération que la guerre a kidnappée. De Gao à Solhan, de Tillabéri à Mopti, ce sont des milliers d’enfants qui, depuis plus d’une décennie, ont vu leur destin basculer dans les rangs des groupes terroristes. Loin des discours diplomatiques, c’est là que se joue une des grandes tragédies du Sahel : celle des enfants soldats.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-armee-d-ombres-juveniles"><strong>Une armée d’ombres juvéniles</strong></h3>



<p>Au Burkina Faso, certains ont à peine huit ans. <a href="https://www.studiotamani.org/157563-plus-de-200-enfants-soldats-recuperes-depuis-2018-a-gao" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Au Mali</a>, ils sont parfois enrôlés dès les écoles coraniques, abandonnés par leurs maîtres, récupérés par la propagande salafiste. Filles ou garçons, ils deviennent kamikazes, éclaireurs, sentinelles ou esclaves sexuels. Selon l’UNICEF, 15 % des enfants soldats sont des filles. Les garçons, eux, composent souvent la chair à canon d’assauts meurtriers. À Solhan, en 2021, <a href="https://globalinitiative.net/wp-content/uploads/2021/09/Les-%C3%A9conomies-criminelles-ont-jou%C3%A9-un-r%C3%B4le-cl%C3%A9-dans-le-massacre-de-Solhan-au-Burkina-Faso.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">80 % des assaillants étaient mineurs</a>.</p>



<p>Les <a href="https://issafrica.org/fr/iss-today/des-enfants-en-ordre-de-bataille-les-dernieres-recrues-de-letat-islamique-en-afrique-de-louest" target="_blank" rel="noreferrer noopener">groupes armés islamistes,</a> comme l’EIGS ou le GSIM, instrumentalisent la pauvreté, les rivalités communautaires et l’effondrement de l’éducation. Les écoles ? Six mille ont été détruites dans la région. Au Mali, seules 12 % des communes en zone rouge ont encore une école en fonctionnement. Le vide laissé par l’État est comblé par des dogmes et des kalachnikovs.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-dilemme-tactique-pour-les-armees-nationales"><strong>Un dilemme tactique pour les armées nationales</strong></h3>



<p>Que faire lorsque l’ennemi a le visage de l’enfance ? Les soldats sahéliens, confrontés à ces <a href="https://international-review.icrc.org/sites/default/files/reviews-pdf/2022-08/LE%20SAHEL-ARTICLE%20PAR%20ARTICLE_01_918_Edito_2.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">dilemmes moraux</a>, voient leur capacité de riposte altérée. Chaque tir devient un acte de conscience. Chaque opération, un risque de tragédie collatérale. À cela s’ajoute la complexité logistique : détecter un adolescent armé au sein d’une foule civile relève de la gageure. Le paradoxe est cruel : frapper, c’est trahir sa propre humanité ; ne rien faire, c’est laisser l’ennemi se renforcer.</p>



<p>Les armées, dès lors, s’adaptent. Au <a href="https://fr.africanews.com/2021/09/13/niger-de-plus-en-plus-d-enfants-tues-ou-recrutes-par-les-djihadistes/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Niger</a>, le bataillon « <em>Tahoua</em> » s’est doté d’équipes de psychologues pour gérer les enfants capturés. Au Burkina, une part croissante des ressources militaires est dédiée à la protection civile. La guerre n’est plus seulement une affaire de fusils : elle devient une bataille pour les âmes.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-des-reponses-encore-trop-timides"><strong>Des réponses encore trop timides</strong></h3>



<p>Face à l’ampleur du drame, les <a href="https://saheltribune.com/etude-scientifique-sur-lutilisation-du-fleuve-niger-comme-source-deau-potable-au-mali/">réponses institutionnelles</a> peinent à suivre. À Gao, le centre de transit pour enfants démobilisés peut héberger 50 mineurs. Or, 200 nouvelles recrues y sont identifiées chaque année. La réintégration est souvent un mirage : rejetés par leur famille, stigmatisés dans leurs villages, nombre d’enfants reprennent la route des armes.</p>



<p>Pourtant, des signaux faibles esquissent une alternative. Des écoles mobiles sillonnent désormais le nord burkinabè. Au Mali, un programme expérimental verse une allocation mensuelle aux familles qui gardent leurs enfants à l’abri des recruteurs. Au Niger, des comités de vigilance communautaires alertent les autorités sur les tentatives d’enrôlement.</p>



<p>Mais la guerre impose son propre tempo. Et le temps, dans le Sahel, est une denrée rare.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-enjeu-de-souverainete"><strong>Un enjeu de souveraineté</strong></h3>



<p>Les <a href="https://www.humanium.org/fr/les-enfants-soldats-du-mali/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">enfants soldats</a> ne sont pas seulement une tragédie humanitaire. Ils représentent un multiplicateur de puissance pour les groupes armés. Ils sapent les efforts de stabilisation, délégitiment les États, détruisent le tissu social. Tant que l’école ne remplace pas la kalachnikov, tant que la justice n’offre pas une alternative crédible à la vengeance, la reconquête militaire restera incomplète.</p>



<p>Assimi Goïta et ses homologues burkinabè et nigérien le savent : sans victoire sur le terrain social, l’effort sécuritaire restera inabouti. L’avenir du Sahel ne se joue pas seulement dans les casernes, mais aussi dans les classes, les familles et les mosquées.</p>



<p>Seydou, l’enfant des ruines, n’est pas un personnage de fiction. Il est le miroir de notre impuissance, mais aussi de ce que pourrait être, demain, la dignité retrouvée d’un continent. À condition de ne plus le regarder sans agir.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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