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	<title>Archives des Dr Yacouba Dogoni &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Yacouba Dogoni : « L’armée tchadienne viendrait appuyer la force Barkhane »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Mar 2021 11:39:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[armée Tchadienne]]></category>
		<category><![CDATA[contingent tchadien]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La levée du blocus sur Farabougou (dans la région de Ségou), l’arrivée de 1200 soldats tchadiens dans le Liptako-Gourma ainsi que les accusations de bavures contre la force Barkhane, etc.&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><strong>La levée du blocus sur Farabougou (dans la région de Ségou), l’arrivée de 1200 soldats tchadiens dans le Liptako-Gourma ainsi que les accusations de bavures contre la force Barkhane, etc. C’est les questions que nous abordons avec Dr Yacouba Dogoni, enseignant-chercheur au département de sociologie à la Faculté des sciences humaines et des sciences de l’éducation (FSHSE) de Bamako.</strong><strong></strong></p>



<h2 class="has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Phileingora&nbsp;: Quelle analyse faites-vous de l’intervention du Haut Conseil Islamique à Farabougou ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Yacouba Dogoni</strong>&nbsp;: ce geste est salutaire parce que la population de Farabougou était prise au piège par les djihadistes et même les chasseurs. Une situation qui empêchait les habitants de vaguer à leurs occupations. D’autres problèmes sociaux surgissaient également.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu’il faut comprendre dans la situation de cette zone, c’est que nous tendons vers une problématique religieuse parce que de plus en plus les djihadistes prônent la vertu religieuse. Le haut conseil islamique, qui n’est pas à sa première intervention dans ce sens, est donc dans ses droits. Car si le problème est religieux, la solution ne peut être que religieuse. Le plus important est qu’il ait réussi à résoudre cette crise.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La levée de ce blocus permettra de relancer les bases du développement économique. Les populations pourront ainsi avoir accès aux services sociaux de base, certaines infrastructures pourront également être renforcées.</p>



<h3 class="has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Pensez-vous que cette crise de Farabougou est définitivement résolue ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette zone, il est important qu’il y ait une rencontre beaucoup plus formelle, un cadre beaucoup plus idéal et dans un espace beaucoup plus ouvert au dialogue pour une résolution définitive de ce conflit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais si au lieu de cela, on autorise les groupes djihadistes à faire des prêches dans la ville, alors il faut se dire que le problème ne serait pas résolu. Car si les citoyens n’adhèrent pas aux idéologies de ces hommes, il pourrait y avoir des actes de répression. C’est pourquoi il serait important que l’État prenne toutes ses responsabilités pour recadrer tous les acteurs qui interviennent dans la localité en les inculquant les valeurs de la laïcité.</p>



<h4 class="has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Quelle est votre appréciation de l’arrivée du contingent tchadien de 1200 soldats pour le renforcement de la sécurité dans le Liptako-Gourma ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Cette arrivée pourrait contribuer à la stabilité de la zone. Mais il convient de rappeler que les Maliens n’ont pas oublié ce qui s’est passé en 2013. Cette armée tchadienne avait beaucoup d’histoires à Kidal, notamment à Aguelhoc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la libération des différentes villes, Gao, Tombouctou, etc., l’armée tchadienne s’est retrouvée seule avec l’armée française dans la région de Kidal. Qu’est-ce que ces armées faisaient dans cette zone ? Beaucoup de questions se sont posées autour de cette situation.</p>



<h5 class="has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Pensez-vous que cette intervention est purement « <em>géostratégique</em> » ? &nbsp;</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, la force Barkhane concentre de plus en plus ses efforts sur la zone des trois frontières. C’est la raison pour laquelle je pense que cette nouvelle intervention ne serait qu’une stratégie pour appuyer Barkhane. Ce qui m’amène à parler plutôt de mercenaires (des gens recrutés par la France et mis au service de l’armée française) que d’armée tchadienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes dans une perspective géostratégique. À ce titre, on ne peut pas exclure l’hypothèse selon laquelle l’armée tchadienne vient appuyer la force Barkhane.</p>



<h6 class="has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Les « <em>termes d’intervention</em> » ne sont donc pas clairs selon vous ?</strong></h6>



<p class="wp-block-paragraph">Si c’est pour sécuriser le Liptako Gourma, il doit forcément y avoir une coordination des opérations entre l’armée malienne et l’armée tchadienne. Ces opérations doivent être dirigées par le commandant de la zone qui ne sera pas choisi en dehors de l’armée malienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut donc éclaircir les termes d’intervention. Cette intervention ne doit pas se concentrer sur une seule zone comme l’armée française l’avait fait à Konna avec l’opération Serval. Une opération qui a d’ailleurs permis aux groupes djihadistes d’occuper les régions du centre. Cela parce que la stratégie adoptée n’était pas adaptée.</p>



<h6 class="has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>À quoi faut-il s’attendre&nbsp;si cette intervention se concentrait sur une seule zone ?</strong></h6>



<p class="wp-block-paragraph">Au lieu de contribuer à la sécurisation du Liptako-Gourma, elle contribuera à la dissémination des groupes djihadistes. Si les opérations ne sont pas bien coordonnées, on risque de voir encore des groupes envahir davantage la zone.</p>



<p class="wp-block-paragraph">N’oublions pas surtout que l Liptako-Gourma est une zone stratégique, une zone tampon. La France, engagée dans des exploitations de ressources minières au Niger aussi bien qu’en Mauritanie, a besoin de plus de sécurité dans la zone du Liptako-Gourma afin de réussir ses activités. L’armée tchadienne vient dans ce cadre pour lui prêter main-forte.</p>



<h6 class="has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Cette intervention a lieu surtout pendant une période difficile pour la force Barkhane qui est accusée de plus en plus de bavure. S’agirait-il d’une simple coïncidence ?</strong></h6>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont ces mêmes reproches, qu’on faisait à l’armée malienne, qui ont contribué à la création de beaucoup de milices au centre du Mali. Aujourd’hui, nous sommes en face d’un fait similaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si aujourd’hui on parle de plus en plus de bavure, d’exaction, c’est pour pousser la population à la révolte contre une armée française qui est mal vue au Mali parce que l’objet et les résultats de son intervention ne sont pas appréciés par le peuple malien qui aspire à la paix et à la sécurité, que cette force était censée lui en procurer.</p>



<h6 class="has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Au Mali aussi bien que dans le reste du sahel, on parle de plus en plus de l’implication des civils dans la gestion de la crise sécuritaire. Quelle est votre position à ce sujet ?</strong></h6>



<p class="wp-block-paragraph">Les civils sont incontournables dans la gestion de la crise sécuritaire. Sécuriser n’est pas toujours de prendre les armes. C’est aussi prendre en compte les aspects sociaux qui ne peuvent être gérés que par des civils.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut une implication effective des populations de la localité. Cela ne doit pas se faire sur la seule base des renseignements fournis. D’ailleurs, généralement, ceux qui vont sur cette base se retrouvent assassinés par des groupes djihadistes.</p>



<h6 class="has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Alors à quoi doit donc consister cette implication des civils ?</strong></h6>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut permettre à la population de se sécuriser, c’est-à-dire lui permettre de s’organiser en groupes d’auto-défense. On se rappelle le conflit dans les régions du Nord ainsi que du centre où il y a eu des initiatives locales de sécurité qui ont porté des fruits. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous devons aller vers une décentralisation de la sécurité. Un aspect qui n’est pas pris en compte dans la politique actuelle de sécurité au Mali. À travers cette décentralisation, on adoptera une approche par proximité. Cela voudrait dire que les décisions concernant la sécurité ou la paix viendront des gouverneurs des régions, des présidents des conseils régionaux ainsi que des élus locaux au niveau des cercles et des communes. Cela permettra à ceux-ci d’avoir leur propre armée ainsi que des équipements de sécurité afin de pouvoir sécuriser la population de plus près.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette décentralisation ou même régionalisation permettra d’avoir au moins 20 militaires à proximité, prêts à intervenir à tout moment sans avoir besoin d’attendre la décision de l’État central ou du chef d’État-major général des armées. Mais si on doit rester dans la politique de l’État qui gère la sécurité, on prendra encore du temps avant d’arriver à un véritable règne de cette sécurité.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><strong>Propos recueillis par Fousseni Togola</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Dr Yacouba Dogoni : « L’avenir ne se joue pas seulement à Bamako »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Feb 2021 14:42:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Accord pour la paix]]></category>
		<category><![CDATA[décentralisation]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Yacouba Dogoni]]></category>
		<category><![CDATA[régionalisation]]></category>
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<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><strong>Dr Yacouba Dogoni est un enseignant-chercheur au département de sociologie à la Faculté des sciences humaines et des sciences de l’éducation (FSHSE) de Bamako. Dans cette interview, il explique le contexte dans lequel l’Accord pour la paix a été signé. Il met également le doigt sur les insuffisances de ce document et propose des pistes à explorer après la mise en œuvre de cet Accord.</strong></p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Phileingora : aujourd’hui le débat sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix refait surface dans un contexte particulier. Pouvez-vous nous parler du contexte de signature de ce document ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Yacouba Dogoni</strong> : l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger a été signé dans un contexte d’insécurité totale, de fragilité complète dans notre pays. Le Mali n’avait pas le contrôle de tout son territoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On se rappelle qu’en 2012, le Mali a été confronté à un véritable problème d’insécurité dû à la rébellion dans la partie nord du pays. Une situation qui a été provoquée par le retour des combattants que nous appelons les Libyens. Une fois sur notre territoire, ces hommes ont lancé des offensives sur des camps militaires au nord du pays, comme celui d’Aguelhoc, de Gao, de Tombouctou, etc. Un processus qui a mis en branle la sécurité de notre pays.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Comment sommes-nous arrivés à cet Accord dans un tel contexte ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour aller vers la paix et la réconciliation, le gouvernement du Mali et les groupes rebelles ont lancé l’initiative de la mise en place d’un cadre de concertation pour la réconciliation et la paix au Mali. À l’issue des mois de travail dans ce cadre de concertation, un Accord pour la paix et la réconciliation a été signé en deux temps. Des mouvements signataires vont signer le document, le 15 mai 2015, les groupes appartenant à la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), vont le signer en juin de la même année.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais nous nous sommes rendu compte plus tard que cet Accord souffre de beaucoup d’insuffisances.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Des insuffisances ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr. Il n’a pas été présenté au peuple malien ni soumis à l’Assemblée nationale du Mali. Pour résoudre ce problème, qui pouvait soulever des questions de légitimité, l’avis de certains experts, dont des acteurs de la société civile, qui avaient d’ailleurs été exclus du processus des négociations, a été demandé. Mais les observations issues de ces concertations n’ont été prises en compte. Pourtant, ces insuffisances rendent difficile l’application de cet Accord.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Faut-il ou non appliquer cet Accord en l’état ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour répondre à cette question, je dirai que nous n’avons pas besoin de relancer des débats de ce genre sur ce document. Car nous pouvons appliquer cet Accord. Il est bien applicable, même s’il comporte des points qui nécessitent des négociations entre les populations maliennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré tout, j’estime qu’il faut commencer son application afin de renforcer la paix, la sécurité et même la réconciliation nationale. C’est seulement après cela que nous pouvons voir quels sont les points de discordances qui nécessitent une révision.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Mais certains craignent que son application en l’état n’entraîne une « partition du Mali » ou faire de ce pays une « République fédérale ». Ne partagez-vous pas ces craintes ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut quand même reconnaitre aujourd’hui que les États les plus forts sont les États fédéraux. Prenez les États-Unis, la Chine, la Russie, ils sont tous des États fédéraux, mais qui sont pourtant considérés comme les plus grandes puissances dans les domaines militaires, économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les gens ont raison de penser de la sorte. Mais je pense qu’à un moment donné, il faut aller nécessairement vers cette option. Compte tenu de la rareté et de la morosité des ressources économiques et même de l’étendue de notre pays, il faut plutôt aller vers des régions États, c’est-à-dire des États avec des autonomies entières pour permettre aux gouvernants et aux gouvernés de prendre leurs propres décisions sur certains aspects de la vie, comme les services sociaux de base, la sécurité, etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut laisser le soin aux autres de tenter d’autres politiques, si la paix et la réconciliation en dépendent. Nous savons tous que notre décentralisation a montré ses limites.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Ne pensez-vous pas que la mise en œuvre de l’Accord pour la paix en l’état pourrait conduire à d’autres situations ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème est que le Malien est généralement pessimiste par rapport aux nouvelles politiques. Mais je pense qu’il faut toujours les sensibiliser et aussi organiser une large concertation entre tous les Maliens, en excluant totalement la communauté internationale et même le comité de suivi de l’Accord (CSA).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si nous arrivons entre Maliens à discuter et à mettre en place de véritables institutions assez fortes pour pouvoir gérer les différentes régions, le Mali pourrait mieux rebondir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le monopole de Bamako sur le pouvoir doit s’arrêter à un moment donné. Il faut sortir de cet enclos et penser à l’avenir. Et cet avenir ne se joue pas seulement à Bamako.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Réalisée par Fousseni Togola </strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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