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	<title>Archives des Djenné &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des Djenné &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Mali : une frappe de drone élimine un coordinateur terroriste de premier rang du JNIM</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jun 2026 15:22:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>L'armée malienne annonce la neutralisation d'un coordinateur de premier rang du JNIM lors d'une frappe de drone menée près de Djenné. Une opération qui illustre la montée en puissance des capacités antiterroristes des FAMa.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L&rsquo;État-Major général des Armées maliennes a annoncé ce 14 juin la neutralisation, lors d&rsquo;une opération conduite le 3 juin 2026, d&rsquo;un chef terroriste identifié comme l&rsquo;un des coordinateurs régionaux du Groupe de soutien à l&rsquo;islam et aux musulmans (JNIM). Un succès opérationnel qui illustre la montée en puissance des Forces armées maliennes dans la guerre contre les groupes armés terroristes.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un coup dur porté au cœur du dispositif terroriste dans le Centre et le Sud du Mali. Le 3 juin 2026, à Mougnan, localité située à environ 45 kilomètres à l&rsquo;ouest de Djenné, les Forces armées maliennes (FAMa) ont mené une frappe de drone précise et ciblée qui a abouti à la neutralisation d&rsquo;un individu connu sous trois alias : Oumar Kéréna, Farouk et Housseini Mawdo. L&rsquo;annonce officielle, formulée par l&rsquo;État-Major général des Armées dans un communiqué daté de Bamako ce 14 juin, ne laisse aucun doute sur l&rsquo;importance de la cible : il s&rsquo;agissait d&rsquo;un «&nbsp;<em>chef terroriste de premier plan</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Originaire de Tébi, dans la commune de Kéréna, cercle de Douentza — une zone du centre du pays longtemps disputée entre les forces gouvernementales et les groupes armés —, cet individu avait construit une trajectoire ascendante au sein de l&rsquo;appareil terroriste sahélien. Il avait débuté au sein du Mouvement pour l&rsquo;unicité et le jihad en Afrique de l&rsquo;Ouest (MUJAO), l&rsquo;une des organisations qui a contribué à l&rsquo;occupation du Nord-Mali en 2012, avant de gravir progressivement les échelons du commandement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un coordinateur régional aux ramifications transfrontalières</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui distingue la cible neutralisée le 3 juin, c&rsquo;est l&rsquo;étendue de ses responsabilités opérationnelles. L&rsquo;individu avait successivement exercé les fonctions de chef de zone à Serma — secteur stratégique dans la région de Mopti — puis accédé au rang de coordinateur des activités terroristes sur plusieurs théâtres d&rsquo;opérations. Son périmètre de responsabilité couvrait les régions maliennes de Sikasso et de Koutiala, ainsi qu&rsquo;une partie du Burkina Faso voisin. Cette dimension transfrontalière est particulièrement significative : elle montre que les FAMa ne se contentent plus de réagir aux menaces localisées, mais s&rsquo;attaquent aux nœuds de commandement qui alimentent l&rsquo;instabilité à l&rsquo;échelle sous-régionale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par son positionnement au carrefour de plusieurs zones d&rsquo;opérations et son rôle dans la structuration des réseaux armés du JNIM, cet individu représentait une cible dite de «&nbsp;<em>haute importance&nbsp;</em>». Sa neutralisation perturbe mécaniquement les chaînes de commandement et les circuits logistiques qu&rsquo;il supervisait, dans des régions — Sikasso et Koutiala — qui constituaient jusqu&rsquo;ici des zones relativement préservées des attaques les plus meurtrières, mais que les groupes armés cherchaient à investir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les groupes armés terroristes continueront d&rsquo;être activement recherchés, identifiés et neutralisés sur l&rsquo;ensemble du territoire national jusqu&rsquo;à leur complète éradication. »,&nbsp;</em>a déclaré l’état-major général des armées maliennes dans son communiqué.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La frappe de drone, nouvel outil de la contre-insurrection malienne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La modalité opérationnelle retenue — une frappe de drone «&nbsp;<em>précise et ciblée</em>&nbsp;» — mérite d&rsquo;être soulignée. Elle confirme une évolution profonde de la doctrine des FAMa, qui ont progressivement intégré des capacités aériennes de renseignement et de frappe permettant de localiser et d&rsquo;éliminer des cibles mobiles dans des zones difficiles d&rsquo;accès. Ce type d&rsquo;opération, longtemps l&rsquo;apanage de puissances dotées de moyens technologiques avancés, s&rsquo;est généralisé dans les armées africaines engagées contre les groupes terroristes au Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les FAMa, c&rsquo;est aussi la démonstration d&rsquo;une chaîne de renseignement opérationnel qui fonctionne : localiser un individu se déplaçant sous plusieurs alias, dans une zone rurale isolée, à 45 kilomètres de Djenné, suppose un travail de collecte et de fusion du renseignement humain et technique de plusieurs semaines, sinon plusieurs mois. La précision de la frappe, soulignée dans le communiqué, renforce ce message.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un signal politique autant que militaire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la dimension purement opérationnelle, l&rsquo;annonce faite ce 14 juin porte également une signification politique. En communiquant publiquement et avec détail — nom, alias, origine géographique, fonctions occupées, zone d&rsquo;opérations — sur la neutralisation de cette cible, l&rsquo;État-Major général des Armées envoie plusieurs messages simultanément. Aux populations des régions concernées d&rsquo;abord, pour lesquelles la présence terroriste représente une menace quotidienne et dont l&rsquo;adhésion à l&rsquo;effort de guerre reste un enjeu crucial. Aux partenaires régionaux et internationaux ensuite, pour démontrer les capacités croissantes des FAMa. Et aux groupes armés eux-mêmes, enfin, dont aucun cadre — quel que soit son niveau dans la hiérarchie — n&rsquo;est désormais à l&rsquo;abri d&rsquo;une frappe ciblée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités de la Transition font de la lutte contre le terrorisme une cause nationale, portée par l&rsquo;ensemble de la société malienne, et non le seul fardeau d&rsquo;une armée isolée face à l&rsquo;adversité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Construire avec la terre : Renaissance de l&#8217;architecture en banco comme réponse écologique et culturelle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 09:19:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Au Mali et dans le Sahel, le banco revient au cœur des débats sur l’habitat durable. Écologique, économique et adapté au climat, l’architecture en terre crue apparaît comme une alternative crédible au béton face aux défis environnementaux et urbains.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Deux milliards de personnes vivent encore dans des bâtiments en terre crue. Le ciment, lui, produit chaque année 2,5 milliards de tonnes de CO₂, soit 7 % des émissions mondiales. Au Mali, à Djenné, à Tombouctou, au Burkina Faso et dans tout le Sahel, le banco — cette argile mêlée de paille ou de la bouse de vache — a façonné des cités durant des siècles. Aujourd&rsquo;hui, une génération d&rsquo;architectes, de chercheurs et d&rsquo;artisans tente de redonner à ce matériau sa place légitime. Non pas comme vestige folklorique, mais comme réponse rigoureuse à la double urgence climatique et sociale du XXI</em></strong><strong><em>ᵉ</em></strong><strong><em>&nbsp;siècle.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut commencer par nommer le paradoxe. Dans la ville de Djenné, au cœur du Mali, se dresse le plus grand édifice en terre crue du monde : la Grande Mosquée, inscrite au patrimoine mondial de l&rsquo;UNESCO depuis 1988. Construite initialement au XIIIᵉ&nbsp;siècle, reconstruite en 1907 dans le style soudano-sahélien, elle accueille chaque année le rituel du crépissage — une mobilisation collective de toute la communauté djennékée pour enduire ses murs de banco frais avant la saison des pluies. Ce geste n&rsquo;est pas de la nostalgie : c&rsquo;est de l&rsquo;ingénierie sociale et thermique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, à quelques rues de là, les habitants détruisent leurs maisons en terre pour les reconstruire en parpaings et en ciment. Non par conviction technique, mais par mimétisme social : dans l&rsquo;imaginaire collectif forgé par des décennies de «&nbsp;<em>modernisation</em>&nbsp;», la maison en béton est signe de réussite, et le banco signe de pauvreté. Cette hiérarchie symbolique est l&rsquo;un des obstacles les plus redoutables à surmonter. Elle n&rsquo;est pas irrationnelle — elle est le produit d&rsquo;une histoire coloniale et postcoloniale qui a systématiquement déprécié les savoirs locaux au profit de matériaux importés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le résultat est documenté : l&rsquo;UNESCO signale depuis plusieurs années que <a href="https://africarenewal.un.org/fr/magazine/mali-le-site-des-villes-anciennes-de-djenne-ajoute-la-liste-du-patrimoine-mondial-en-peril" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;introduction du ciment</a>, des briques cuites et des huisseries métalliques dans le tissu ancien de Djenné altère l&rsquo;authenticité du site classé, et accélère la dégradation des structures traditionnelles en modifiant leurs propriétés hygrothermiques d&rsquo;origine.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que la science dit du banco : des chiffres, pas des mythes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;architecture en terre crue n&rsquo;est pas qu&rsquo;une affaire d&rsquo;esthétique ou d&rsquo;identité. Elle est d&rsquo;abord une technique aux performances mesurables, documentées par la recherche contemporaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Première propriété fondamentale : l&rsquo;inertie thermique. Les murs en banco présentent un déphasage thermique de 10 à 12 heures — ce qui signifie que la chaleur absorbée en journée n&rsquo;est restituée vers l&rsquo;intérieur que la nuit, quand les températures extérieures ont baissé. Dans un climat sahélien où <a href="https://www.jle.com/en/revues/sec/e-docs/les_parcours_du_sahel_270087/article.phtml%60" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les écarts jour/nuit peuvent dépasser 20 °C</a>, cette propriété est capitale. Elle permet de maintenir une température intérieure stable sans aucune énergie mécanique — sans climatiseur, sans ventilateur, sans générateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième propriété : le bilan carbone. Selon les données disponibles sur les matériaux de construction, la production d&rsquo;une tonne de ciment Portland génère entre 800 kilos et une tonne de CO₂. L&rsquo;industrie cimentière mondiale est responsable d&rsquo;environ <a href="https://www.ecocemglobal.com/wp-content/uploads/2023/03/FR-06445-Ecocem-%E2%80%93-State-of-the-Cement-Nation-Report-V8_FR.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">2,5 milliards de tonnes de CO₂ par an</a>, soit 7 % des émissions mondiales — un chiffre comparable à celui de l&rsquo;aviation internationale. La terre crue, elle, ne subit aucune cuisson, aucune transformation chimique énergivore. Son énergie grise — c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;énergie nécessaire à sa production — est jusqu&rsquo;à dix fois inférieure à celle des briques cuites, et radicalement moindre que celle du béton armé, selon des experts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième propriété : la réversibilité. Un mur en banco peut, en fin de vie, retourner à la terre. Il n&rsquo;existe pas de déchet inerte, pas de gravat non recyclable. Dans un continent africain qui devra construire des millions de logements dans les prochaines décennies pour absorber une urbanisation sans précédent — <a href="https://unhabitat.org/topic/housing" target="_blank" rel="noreferrer noopener">UN-Habitat</a> évaluait en 2016 le besoin à 90 000 logements par jour d&rsquo;ici 2030 pour 3 milliards de personnes mal logées — la question du coût environnemental des matériaux n&rsquo;est pas secondaire. Elle est centrale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Djenné, Tombouctou, le Sahel : un patrimoine vivant sous pression</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali concentre quelques-uns des monuments en terre les plus importants au monde. Outre la Grande Mosquée de Djenné — le plus grand édifice en adobe du monde —, la ville <a href="https://whc.unesco.org/fr/actualites/1520" target="_blank" rel="noreferrer noopener">abrite plus de 2 000 maisons traditionnelles</a>, toutes inscrites au patrimoine mondial de l&rsquo;UNESCO. À Tombouctou, la mosquée Djingareyber, construite au XIVᵉ siècle, est la plus vieille construction en terre d&rsquo;Afrique subsaharienne encore debout. Ces monuments ne sont pas des musées : ils sont des preuves vivantes de la durabilité d&rsquo;une technique constructive quand elle est correctement entretenue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="https://the.akdn/en/how-we-work/our-agencies/aga-khan-trust-culture" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L&rsquo;Aga Khan Trust for Culture</a></em> (AKTC), qui intervient à Djenné depuis 2006, a conduit une restauration complète de la Grande Mosquée après avoir constaté que des décennies de surcrépissage avaient accumulé plus de 500 tonnes de banco sur la toiture, fragilisant l&rsquo;ensemble de la structure. Cette intervention illustre une leçon essentielle : l&rsquo;architecture en terre n&rsquo;est pas une technique passive. Elle exige un entretien régulier, des savoir-faire transmis, une organisation communautaire. C&rsquo;est précisément là que réside sa dimension culturelle irremplaçable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le banco n&rsquo;est pas seulement un matériau de construction — il est un vecteur de cohésion sociale. Le crépissage annuel de la mosquée de Djenné est un événement culturel qui mobilise l&rsquo;ensemble de la communauté, transmet les techniques aux jeunes générations, et réaffirme collectivement l&rsquo;appartenance à un lieu et à une histoire. Cet aspect — difficile à quantifier dans une feuille de calcul carbone — est pourtant l&rsquo;une des ressources les plus précieuses que l&rsquo;architecture en banco peut offrir à des sociétés sahéliennes traversées par les fractures de la modernité.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La renaissance est en marche — mais elle se bat contre des vents contraires</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis quelques années, un écosystème d&rsquo;acteurs travaille à réhabiliter l&rsquo;architecture en terre crue comme option sérieuse pour la construction contemporaine au Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Bamako, l&rsquo;École supérieure d&rsquo;ingénierie, d&rsquo;architecture et d&rsquo;urbanisme (<a href="https://legrandfrere.africa/etablissement/esiau/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ESIAU</a>) porte le réseau <a href="https://www.factsahelplus.com/le-reseau" target="_blank" rel="noreferrer noopener">FACT Sahel+,</a> un forum qui fédère architectes, maçons, ingénieurs et chercheurs du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Bénin et au-delà. </p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;échelle internationale, le <a href="https://amaco.org/terra-award-premier-prix-mondial-des-architectures-contemporaines-terre-crue/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">TERRA Award</a> — premier prix mondial des architectures contemporaines en terre crue, lancé en 2016 sous l&rsquo;égide de la chaire UNESCO « <em>Architectures de terre, cultures constructives et développement durable</em> », portée par le laboratoire CRAterre de l&rsquo;ENSAG — a déjà récompensé des réalisations sahéliennes et démontré que l&rsquo;architecture en banco peut être à la fois rigoureuse, esthétique et économiquement accessible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces initiatives se heurtent cependant à des obstacles structurels considérables. Les normes de construction en vigueur dans la plupart des pays sahéliens ont été conçues pour le béton armé : elles ignorent ou pénalisent les matériaux locaux. Les bailleurs de fonds internationaux — banques de développement, agences d&rsquo;aide bilatérale — financent plus volontiers du béton «&nbsp;<em>standardisé</em>&nbsp;» que de la terre «&nbsp;<em>vernaculaire</em>&nbsp;». Et les architectes formés dans des écoles aux références occidentales manquent souvent des compétences techniques spécifiques à la construction en terre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce qu&rsquo;il faut faire : une politique, pas une nostalgie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La renaissance du banco ne peut pas reposer sur la seule bonne volonté des militants de l&rsquo;architecture durable. Elle nécessite des décisions politiques claires, à plusieurs niveaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier impératif est normatif. Les États malien, burkinabè, nigérien et leurs voisins doivent adapter leurs codes de construction pour intégrer les matériaux locaux — banco, brique de terre compressée (BTC), pisé — avec des normes de mise en œuvre claires et des exigences de formation adaptées. Sans reconnaissance légale, les artisans et architectes qui choisissent la terre restent dans un vide juridique pénalisant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième impératif est éducatif. L&rsquo;architecture en terre doit entrer dans les cursus des écoles d&rsquo;architecture et d&rsquo;ingénierie du Sahel — non pas comme module optionnel exotique, mais comme compétence fondamentale. L&rsquo;expérience de l&rsquo;ESIAU et du réseau FACT Sahel+ montre que la demande existe chez les étudiants. Il manque des ressources pédagogiques, des équipements, et une reconnaissance institutionnelle de ces formations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième impératif est financier. Les programmes d&rsquo;aide au logement, qu&rsquo;ils émanent des États ou des bailleurs internationaux, doivent intégrer des critères favorisant les matériaux locaux à faible empreinte carbone. Dans un contexte où le continent africain va devoir construire massivement pour loger une population en forte croissance, orienter ces flux financiers vers des filières locales de construction en terre est à la fois un choix climatique et un choix de développement économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le quatrième impératif, souvent négligé, est symbolique. Tant que la maison en banco sera perçue comme signe de pauvreté et le parpaing comme signe de réussite, les campagnes techniques échoueront. Changer cette perception suppose un travail de longue haleine — dans les médias, dans les programmes scolaires, dans l&rsquo;architecture des équipements publics. Lorsqu&rsquo;une mairie, une école ou un dispensaire est construit en banco de qualité, avec un soin architectural visible, le message est puissant : ce matériau est digne, il est contemporain, il est nôtre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La terre n&rsquo;est pas un retour en arrière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait naïf de prétendre que le banco seul peut répondre à tous les besoins de construction du Sahel contemporain. Les villes croissent trop vite, les programmes sont trop massifs, les contraintes trop diverses. L&rsquo;enjeu n&rsquo;est pas de remplacer le ciment par la terre de manière idéologique, mais d&rsquo;intégrer la terre crue dans une palette de matériaux raisonnée — là où ses performances thermiques, son coût, sa disponibilité locale et sa dimension culturelle en font le meilleur choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce choix est déjà celui de près de deux milliards d&rsquo;êtres humains sur la planète. Il est celui de civilisations sahéliennes qui ont bâti des cités entières, des mosquées millénaires, des greniers centenaires avec cette argile modeste et généreuse. La science du XXIᵉ&nbsp;siècle ne fait que confirmer ce que les maçons de Djenné savaient depuis longtemps : la terre est un matériau intelligent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie question n&rsquo;est pas de savoir si l&rsquo;architecture en banco est capable de répondre aux défis du présent. Elle l&rsquo;est. La vraie question est de savoir si nos politiques, nos institutions et nos imaginaires collectifs sont capables de lui faire confiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Lutte anti-terroristes : Plusieurs combattants terroristes neutralisés à l’ouest de Djenné </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Nov 2025 08:54:37 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>L’État-Major Général des Armées a annoncé, ce lundi 17 novembre 2025, à l’opinion nationale qu’une opération de surveillance aérienne menée par les Forces Armées Maliennes (FAMa) le dimanche 16 novembre 2025 a permis de neutraliser avec efficacité un véhicule transportant des combattants terroristes à environ 20 kilomètres à l’ouest de Djenné. Selon le communiqué officiel, l’intervention s’est soldée par la destruction d’un pick-up et la neutralisation de plusieurs terroristes. &nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette action s’inscrit dans le cadre des opérations régulières de sécurisation du territoire national, menées par les vecteurs aériens des FAMa. L’État-Major souligne que l’opération du 16 novembre 2025 illustre la capacité des forces armées à détecter, cibler et traiter rapidement toute menace identifiée dans les zones sensibles. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le communiqué précise que les vecteurs aériens engagés ont agi avec précision et efficacité, démontrant la montée en puissance des moyens de surveillance et d’intervention des FAMa. Le pick-up, identifié comme transportant des combattants armés, a été pris pour cible et détruit. Le bilan fait état de plusieurs terroristes neutralisés, confirmant la réussite de l’opération. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette action, menée à proximité de Djenné, une zone stratégique du centre du pays, témoigne de l’attention particulière accordée par les forces armées à la sécurisation des localités exposées aux menaces terroristes. La neutralisation de ce véhicule armé contribue à réduire la capacité de nuisance des groupes hostiles et à renforcer la confiance des populations dans la présence militaire. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Message de l’État-Major, rassurer et mobiliser</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers ce communiqué, le Chef d’État-Major Général des Armées a tenu à rassurer la population sur la détermination des FAMa à protéger les personnes et les biens sur l’ensemble du territoire national. Il a réaffirmé que les opérations de surveillance et de neutralisation se poursuivront sans relâche, afin de garantir la sécurité des citoyens et de préserver l’intégrité du pays. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce message s’inscrit dans une logique de communication institutionnelle visant à maintenir le lien de confiance entre les forces armées et la population. En mettant en avant la réussite de cette opération, l’État-Major rappelle que la lutte contre le terrorisme est une priorité nationale et que les FAMa restent mobilisées pour répondre aux attentes sécuritaires. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La neutralisation de ce pick-up armé constitue un signal fort adressé aux groupes terroristes qui cherchent à déstabiliser les régions du centre. Elle démontre que les FAMa disposent de moyens opérationnels capables de détecter et d’intervenir efficacement contre toute tentative d’infiltration ou de menace armée. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En détruisant ce véhicule et en neutralisant ses occupants, les forces armées réduisent non seulement la mobilité des groupes hostiles, mais elles envoient également un message clair : toute tentative de porter atteinte à la sécurité nationale sera traitée avec fermeté. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une détermination réaffirmée</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’opération du 16 novembre 2025 à l’ouest de Djenné illustre la vigilance et la réactivité des Forces Armées Maliennes dans leur mission de protection du territoire. Le bilan plusieurs terroristes neutralisés et un pick-up détruit témoigne de l’efficacité des vecteurs aériens engagés. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers ce communiqué, l’État-Major Général des Armées réaffirme sa détermination à sécuriser les personnes et les biens sur l’ensemble du territoire national. La population est ainsi invitée à garder confiance dans l’action des FAMa, qui poursuivent leurs efforts pour garantir la paix et la stabilité du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong><strong></strong></p>
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		<title>Mali : Oumou, une enfance volée</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Oct 2025 13:21:56 +0000</pubDate>
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<p>Les traumatismes psychologiques peuvent avoir des conséquences profondes. Découvrez l'histoire d'Oumou et du soutien reçu.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée chaque 10 octobre, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) rappelle que les conséquences psychologiques des conflits sont souvent aussi dévastatrices que les blessures physiques. Au Mali et dans de nombreuses zones de crise, les guerres, les déplacements forcés et les violences laissent des cicatrices invisibles sur des milliers de vies. Pour y répondre, le CICR déploie des programmes de soutien psychosocial et de santé mentale destinés aux personnes les plus vulnérables : victimes de violences sexuelles, détenus, amputés, familles de disparus et déplacés internes, afin d’alléger leurs souffrances et de restaurer leur dignité.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis sept ans, Oumou* vit avec sa famille sur un site de déplacés internes dans la commune de Djenné, au centre du Mali. Secouée par une multitude de chocs émotionnels après avoir fui son village à la suite des violences armées, elle a bénéficié d’un soutien psychosocial dans un centre de santé soutenu par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Auparavant, l’adolescente, alors âgée de 13 ans, vivait une vie paisible entourée de ses parents, de ses deux frères et de sa jeune sœur. Elle a grandi dans un environnement rural structuré autour des activités agropastorales et d’un tissu social solidaire profondément enraciné dans les traditions. Malheureusement, tout a basculé quand les violences armées atteignirent son village. Son esprit d’enfant a grandi trop vite, trop tôt, laissant place à une vie de jeune fille déplacée, marquée par les séquelles d’un traumatisme invisible.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Lorsque mon village a été attaqué en 2018, ma vie a subitement changé. Nous vivions tranquillement et nous n’imaginions pas que les violences armées pourraient à ce point bouleverser nos vies. Du jour au lendemain, nous ne pouvions plus aller aux champs ni aux pâturages. Pour subvenir à nos besoins quotidiens, nous utilisions les rendements de nos récoltes précédentes et de l’élevage. Une précarité sans précédent s’est alors installée dans le village, et les violences armées continuaient à nous accabler. La même année, ma famille a décidé de fuir, puis d’autres nous ont rejoints dans ce périple.&nbsp;&nbsp;Ensemble, avec le peu de biens que nous avions pu emporter, nous avons pris la route vers Djenné, à des centaines de kilomètres du village</em>&nbsp;» raconte -t-elle.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-diaba-un-refuge-fragile-nbsp"><strong>Diaba, un refuge fragile&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Diaba est un village de la commune de Djenné. Ici, les sites de déplacés se sont multipliés. Les familles, à l’instar de celle d’Oumou, continuent de s’y installer bien que les sites soient fortement peuplés. «&nbsp;<em>Nous avons été logés dans un abri de fortune en banco, nous n’avions ni toiture adéquate ni plancher stable.&nbsp;</em>», explique Oumou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Déjà tourmentés et affaiblis par les violences armées et les défis liés à leur nouvelle condition de déplacés, Oumou et sa famille n’ont pas été épargnés par les intempéries climatiques de 2024. «&nbsp;<em>Pendant la saison des pluies, notre abri a été totalement inondé. L’eau a emporté une grande partie des rares biens qui nous restaient. Il nous était encore plus difficile de subvenir à nos besoins alimentaires. Si on tombait malade, l’accès aux soins était une lutte</em>. », continue-t-elle.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En dépit de ces épreuves, il n’était pas envisageable pour eux de retourner dans leur village en raison de la violence persistante.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-revers-de-plus-nbsp-un-incendie"><strong>Un revers de plus&nbsp;: un incendie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En février 2025, les braises encore ardentes d’un foyer traditionnel ont déclenché un incendie. Ravivé par un vent violent, le feu s’est rapidement propagé,&nbsp;détruisant les habitations voisines construites en banco et en chaumes. L’abri de fortune de la famille d’Oumou n’a pas été épargné. Ils ont pu sauver leurs vies, mais pas leurs biens&nbsp;: «&nbsp;<em>les maigres ressources que nous préservions sont parties en fumée. Cette fois, nous n’avions plus rien</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Oumou, c’en était trop. Les chocs liés à l’enchaînement de ces événements ont laissé de profondes séquelles. «&nbsp;<em>Même lorsqu&rsquo;elle réussissait à s’endormir, elle se réveillait toujours en sursaut et en criant « Ils arrivent, ils arrivent !</em>&nbsp;», explique Madina*, sa mère.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne sachant plus à quel saint se vouer, ses parents ont décidé de contacter un leader communautaire du site avec l’espoir que ce dernier puisse trouver l’aide nécessaire.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-services-de-sante-mentale-presque-inexistants"><strong>Des services de santé mentale presque inexistants</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le CICR travaille étroitement avec les leaders communautaires dans les zones où il intervient. Ibrahim*, chef d’un site des déplacés de Diaba, a décidé de contacter l’organisation, car il a connaissance qu‘elle apporte une aide vitale aux victimes de conflits.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Dans la plupart des régions, il n’existe pas de services de santé mentale et de soutien psychosocial. C’est pourquoi nous mettons l’accent sur ce volet à travers notre soutien aux structures sanitaires que nous appuyons, notamment le centre de santé communautaire (CSCOM) de Sofara, dans le cercle de Djenné</em>. », explique Gnon Cessi Ahmdatou Moussa Baa, responsable du programme de santé mentale du CICR.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, à travers ce partenariat, Oumou a été référée au CSCOM de Sofara et prise en charge avec le soutien technique du psychologue du CICR. «&nbsp;<em>Elle manifestait des signes de détresse psychologique évidents : repli sur soi, insomnies récurrentes, sursauts nocturnes accompagnés de cris d’alarme… Autant de manifestations d’une angoisse profonde, réminiscence des violences subies, des déplacements forcés et d’une peur désormais ancrée en elle</em>.&nbsp;», explique Siméon Sagara, psychologue au CICR.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après une prise en charge psychosociale qui aura duré quelques semaines, Oumou se porte beaucoup mieux à présent. Pour sa famille, c’est une renaissance&nbsp;: «&nbsp;<em>Nous pensions qu’elle avait complètement perdu la tête, qu’elle ne guérirait plus jamais. Nous étions loin d’imaginer qu’une personne pouvait être soignée sans médicaments. Maintenant elle reprend peu à peu ses activités quotidiennes, comme faire le marché et cuisiner</em>.&nbsp;», se réjouit Oumar*, son père.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’instar de nombreuses personnes déplacées pendant leur enfance, Oumou continue de porter les stigmates invisibles des violences armées qui ont brisé la sienne, fragilisé son équilibre psychologique et assombri ses perspectives.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour alléger les souffrances humaines, le CICR apporte protection et assistance aux populations les plus affectées par le conflit, en particulier celles se trouvant dans des zones reculées peu accessibles aux autres acteurs humanitaires.</p>



<figure class="wp-block-table"><div class="pcrstb-wrap"><table class="has-fixed-layout"><tbody><tr><td><strong>Point des actions du CICR dans le domaine de la santé mentale&nbsp;</strong>Depuis 2015, le CICR met en œuvre un programme de Santé Mentale et de Soutien Psychosocial. Il travaille en partenariat avec la Croix Rouge Malienne (CRM) et la Croix Rouge Danoise (CRD) à travers un Accord Tripartite couvrant la période 2023 &#8211; 2025.Cet accord s’intéresse particulièrement aux personnes affectées par la violence dans la communauté. Pour faciliter leur prise en charge, des salles d’écoute opérationnelles ont été mises en place au sein des branches locales de la CRM à Ménaka, Tombouctou, Léré, Mopti et Gao.&nbsp;Pour la prise en charge des personnes affectées par la violence, y compris sexuelle, les blessés par arme à feu et les patients en réhabilitation physique, le programme est mis en œuvre dans 28 structures soutenues par le CICR au nord, au centre et au sud du pays notamment :<br>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les hôpitaux régionaux de Tombouctou, Mopti et Gao<br>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les centres de santé de référence de Kidal et de Nianfunké<br>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Quatorze centres de santé communautaires<br>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le Centre National d’Appareillage Orthopédique du Mali à Bamako<br>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les Centres Régionaux d’Appareillage Orthopédique de Tombouctou, Mopti, Gao.Les communautés sont également sensibilisées aux impacts des violences, y compris sexuelles, avec 35 agents communautaires (relais communautaires et volontaires de la CRM).Depuis le début de l’année 2025, le CICR développe aussi des activités ludiques dans les camps de déplacés des aires de santé de quatre régions&nbsp;: Gao, Mopti, Bandiagara et Tombouctou. Outre leur contribution à la cohésion sociale et au bien-être des enfants affectés, ces activités permettent aux agents psychosociaux d’observer et d’identifier les enfants ayant besoin d’une prise en charge soutenue.&nbsp;&nbsp;</td></tr></tbody></table></div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ce texte est une contribution du CICR dans le cadre de notre collaboration. </em></strong></p>
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		<title>Les écoles coraniques au Mali : Un pont entre tradition et modernité face aux défis contemporains</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bakary FOMBA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Jul 2025 09:01:39 +0000</pubDate>
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<p>Les écoles coraniques au Mali : un pilier culturel face aux défis contemporains et à l'évolution des traditions éducatives.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans les villages et quartiers maliens, où la terre rouge s’étend à perte de vue, le son des enfants récitant le Coran rythme les journées. Ces voix, portées par le souffle des générations passées, racontent une histoire vieille de plusieurs siècles.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, les écoles coraniques, appelées medersas ou daaras, sont bien plus qu’un lieu d’apprentissage religieux ; elles incarnent un héritage séculaire et un pilier culturel. Mais aujourd’hui, ces institutions se trouvent à la croisée des chemins, confrontées aux pressions de la modernité. Elles doivent naviguer entre préservation de leurs traditions et adaptation aux réalités d’un monde en mutation. Entre défis et résilience, quel avenir pour ces écoles qui façonnent encore des générations de Maliens ?</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-heritage-millenaire"><strong>Un héritage millénaire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les écoles coraniques existent au Mali depuis l’époque glorieuse des grands empires précoloniaux, tels que celui du Mali sous Soundiata Keïta (XIIIe&nbsp;siècle) et celui de Songhaï sous Askia Mohamed (XVe&nbsp;siècle). À cette époque, elles étaient des centres d’excellence pour la transmission des connaissances islamiques, mais aussi pour l’apprentissage des sciences, de la littérature et des arts. Des villes comme Tombouctou, Djenné et Gao étaient des phares intellectuels, accueillant des savants venus de tout le monde musulman.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui encore, ces écoles jouent un rôle fondamental dans la société malienne. Selon une étude de 2019 menée par l’UNESCO, près de 30&nbsp;% des enfants en âge scolaire au Mali fréquentent des écoles coraniques, soit environ 1,5&nbsp;million d’enfants. Elles offrent une éducation accessible, souvent gratuite, et ancrée dans les valeurs religieuses et morales.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-rigueur-et-spiritualite"><strong>Rigueur et spiritualité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le modèle pédagogique des medersas repose sur une discipline stricte et une méthode de mémorisation intensive. Sous la supervision d’un marabout, les élèves, appelés talibés, apprennent à réciter le Coran par cœur, lettre par lettre, verset par verset. Ce processus exige patience, dévotion et persévérance. Pour certains, il s’agit d’une quête spirituelle, tandis que pour leurs parents, c’est une manière de garantir une éducation morale et religieuse à leurs enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Mon fils est ici pour apprendre la religion et être un bon musulman »,</em>&nbsp;explique Amadou Traoré, un agriculteur de Banco, dans la région de Dioïla.&nbsp;<em>« Je ne peux pas payer les frais de scolarité des grandes écoles, alors je préfère qu’il soit dans une medersa où il apprendra aussi à respecter Dieu et les autres »,&nbsp;</em>ajoute-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-defis-contemporains"><strong>Les défis contemporains</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis la crise multidimensionnelle qui secoue le Mali depuis 2012, marquée par des attaques terroristes, des conflits intercommunautaires et une instabilité politique persistante, les écoles coraniques ont été durement touchées. Dans les régions du centre et du nord, où les violences sont omniprésentes, de nombreuses écoles ont fermé leurs portes ou ont été délocalisées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Avant, nous étions 80&nbsp;élèves ici, mais maintenant, il n’y en a plus que 20 »</em>, déplore Oumar Diallo, un marabout basé dans la région de Tombouctou.&nbsp;<em>« Les familles fuient les violences, et certains enfants doivent travailler pour aider leurs parents. »</em>&nbsp;Les talibés, souvent vulnérables, deviennent des cibles faciles pour les groupes armés qui recrutent des enfants soldats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pauvreté reste un autre obstacle majeur. Dans de nombreuses écoles coraniques, les enfants sont envoyés mendier dans les rues pour subvenir aux besoins de leur école. Cette pratique, bien que critiquée, est souvent perçue comme une nécessité par les communautés locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Nous savons que cela peut choquer, mais c’est une réalité »,</em>&nbsp;admet Aïcha Konaté, enseignante à Ségou.&nbsp;<em>« Les familles n’ont pas toujours les moyens de soutenir financièrement les medersas, et sans cette contribution, certaines écoles risquent de fermer ».</em></p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-tradition-versus-modernite"><strong>Tradition versus modernité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec l’essor des systèmes scolaires modernes, les écoles coraniques sont souvent accusées de ne pas offrir une formation adaptée au marché du travail. Le gouvernement malien, soutenu par des partenaires internationaux, encourage désormais l’intégration des écoles coraniques dans le système éducatif national. Des initiatives ont vu le jour pour combiner l’enseignement religieux avec des matières académiques comme le français, les mathématiques et les sciences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, cette intégration suscite des résistances. Certains marabouts considèrent que ces changements diluent l’essence même des écoles coraniques.&nbsp;<em>« Notre mission est de former de bons musulmans, pas des employés de bureau »,</em>&nbsp;affirme Aboubacar Cissé, un marabout à Faladié.&nbsp;<em>« Si nous ajoutons trop de matières profanes, nous risquons de perdre notre identité ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ces tensions, les écoles coraniques continuent de jouir d’une grande popularité auprès des parents maliens. Pour beaucoup, elles représentent une alternative crédible à l’école formelle, souvent perçue comme inaccessible ou éloignée des réalités locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Dans les grandes écoles, mes enfants apprennent des choses que je ne comprends pas »,</em>&nbsp;confie Fatoumata Diarra, une commerçante de Koulikoro Gare.&nbsp;<em>« Ici, ils apprennent des valeurs qui leur serviront toute leur vie ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, une partie croissante de la population reconnaît la nécessité d’une éducation plus complète.&nbsp;<em>« Je veux que mon enfant puisse lire le Coran, mais aussi parler français et utiliser un ordinateur »</em>, explique Ibrahim Touré, un chauffeur de taxi à Bamako. Car, dit-il, « <em>le monde change, et nous devons changer avec lui ».</em></p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-un-equilibre"><strong>Vers un équilibre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces enjeux, des organisations comme l’ONG Tamat et l’Association malienne pour la promotion de la jeunesse (AMPJ) travaillent avec les communautés pour développer des programmes hybrides qui respectent les traditions tout en répondant aux exigences modernes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il s’agit de trouver un équilibre »</em>, souligne Drissa Sangaré, expert en éducation.&nbsp;<em>« Nous devons préserver les valeurs culturelles et religieuses tout en donnant aux enfants les outils dont ils ont besoin pour réussir dans un monde globalisé ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’avenir des écoles coraniques au Mali dépendra en grande partie de leur capacité à s’adapter sans perdre leur essence. Alors que le pays continue de naviguer entre ses racines et ses aspirations modernes, ces institutions restent un symbole vivant de la résilience et de la richesse culturelle du Mali. En trouvant un équilibre entre préservation des valeurs ancestrales et adaptation aux réalités contemporaines, elles pourraient bien devenir un modèle inspirant pour d’autres pays africains confrontés aux mêmes dilemmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-pont-entre-deux-mondes"><strong>Un pont entre deux mondes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les écoles coraniques au Mali incarnent un paradoxe fascinant&nbsp;: elles sont à la fois un ancrage dans la tradition et un terrain fertile pour l’innovation. Tandis que les défis sécuritaires, économiques et éducatifs persistent, elles continuent de jouer un rôle crucial dans la formation des jeunes générations.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En équilibrant respect des traditions et ouverture au monde moderne, ces institutions témoignent de la capacité du Mali à conjuguer passé et futur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bakary Fomba</strong></p>
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		<title>[Interview] Alabourou Guirou, enseignant et agri-preneur : un parcours inspirant au service de l’agriculture malienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bakary FOMBA]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Oct 2024 15:34:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Rencontrez Alabourou Guirou, enseignant et agri-preneur, et découvrez son parcours entrepreneurial et ses solutions innovantes pour les défis agricoles au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alabourou Guirou est enseignant de formation. Il détient une maîtrise en anglais unilingue et enseigne cette langue au niveau fondamental. Il est également agri-preneur et promoteur de l’entreprise Agro-Amassagou, implantée sur un quart d&rsquo;hectares  à Djenné, dans la région de Mopti. Sahel Tribune l’a rencontré pour parler de son parcours entrepreneurial et de sa vision pour le développement d’unités de transformation au Mali. Tout en évoquant l’impact de son entreprise sur la communauté locale, M. Guirou propose des solutions innovantes pour surmonter les difficultés auxquelles les agri-preneurs maliens font face aujourd’hui. Nous vous invitons à lire l’intégralité de notre entretien exclusif.</em></strong></p>



<h5 class="wp-block-heading" id="h-sahel-tribune-nbsp-pouvez-vous-nous-parler-de-ce-qui-vous-a-pousse-vers-l-agriculture-cette-entreprise-date-de-quelle-annee"><strong>Sahel Tribune&nbsp;: Pouvez-vous nous parler de ce qui vous a poussé vers l’agriculture ? Cette entreprise date de quelle année ?</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alabourou Guirou</strong>&nbsp;: Il n’échappe à personne que le développement d’une nation repose sur l’agriculture. Le Mali possède de vastes terres arables, mais une grande partie de la population n’a pas accès à une alimentation saine, en raison du manque d’investissement dans le domaine de l’agrobusiness par de grandes entreprises. Face au déficit d’autosuffisance alimentaire, j’ai décidé d’investir dans l’agriculture afin de relever ce grand défi auquel le Mali est confronté.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Des-produits-du-jardin-de-Alabourou-Guirou.jpeg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="461" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Des-produits-du-jardin-de-Alabourou-Guirou-1024x461.jpeg" alt="Alabourou Guirou arrêté au milieu des pieds de papayes." class="wp-image-16670" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Des-produits-du-jardin-de-Alabourou-Guirou-1024x461.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Des-produits-du-jardin-de-Alabourou-Guirou-300x135.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Des-produits-du-jardin-de-Alabourou-Guirou-768x346.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Des-produits-du-jardin-de-Alabourou-Guirou-585x263.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Des-produits-du-jardin-de-Alabourou-Guirou-600x270.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Des-produits-du-jardin-de-Alabourou-Guirou.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Alabourou Guirou arrêté au milieu des pieds de papayes. Bakary Fomba/Sahel Tribune. </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Cette idée m’est venue depuis mon adolescence, lorsque je faisais mes études secondaires dans la ferme de mon grand frère. À mon arrivée à Djenné, après plusieurs recherches, j’ai réalisé que c’était un lieu où je pouvais concrétiser mes rêves. J’ai donc saisi cette opportunité et créé mon entreprise en 2022.</p>



<h5 class="wp-block-heading" id="h-qu-est-ce-qui-distingue-agro-amassagou-des-autres-entreprises-agricoles-au-mali"><strong>Qu’est-ce qui distingue Agro-Amassagou des autres entreprises agricoles au Mali ?</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Agro-Amassagou se distingue de nombreuses entreprises évoluant dans le secteur de l’agrobusiness. Les autres utilisent des produits chimiques pour cultiver les légumes et les fruits. Chez Agro-Amassagou, nous produisons nous-mêmes des engrais organiques 100&nbsp;% bios, destinés à nos plantations et à nos produits maraîchers, afin de réduire les maladies causées par les produits chimiques, notamment ceux importés de certains pays. L’objectif est également d’augmenter la durée de conservation des produits pour les revendeurs et les consommateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le marché, nous faisons face à des produits provenant de certaines localités, dont les prix sont élevés pour les clients. Compte tenu des temps de conservation et des coûts de transport, nous offrons nos produits frais et 100&nbsp;% bios à un prix raisonnable.</p>



<h5 class="wp-block-heading" id="h-quels-types-de-cultures-privilegiez-vous-et-pourquoi"><strong>Quels types de cultures privilégiez-vous et pourquoi ?</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Nous privilégions la culture de la papaye, de l’oignon, de la salade, du gombo, du maïs, etc., car ces produits sont très demandés sur le marché, particulièrement à Djenné.</p>



<h5 class="wp-block-heading" id="h-quels-sont-vos-objectifs-a-court-moyen-et-long-terme-pour-agro-amassagou"><strong>Quels sont vos objectifs à court, moyen et long terme pour Agro-Amassagou ?</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">À court terme, nous souhaitons augmenter la production pour répondre aux besoins des clients, créer des unités de transformation pour nos produits (oignons secs et jus de papaye), mettre en place une unité de fabrication de fumure organique et étendre la vente de nos produits dans d’autres localités au-delà de Djenné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour nos objectifs à long terme, nous prévoyons de créer plusieurs sites de maraîchage dans différentes localités du Mali où le besoin se fait sentir, et de fonder une école d’agrobusiness ainsi que des centres de formation Agro-Amassagou, combinant théorie et pratique pour encourager les jeunes maliens à investir davantage dans l’agriculture.</p>



<h5 class="wp-block-heading" id="h-comment-envisagez-vous-le-developpement-d-unites-de-transformation"><strong>Comment envisagez-vous le développement d’unités de transformation ?</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Pour développer des unités de transformation, il nous faut des marques de produits conformes aux codes du commerce. Il est également nécessaire de disposer de matériels adaptés pour garantir la sécurité des consommateurs.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Des-culture-dun-jardin-de-Alabourou-Guirou.jpeg"><img decoding="async" width="1024" height="461" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Des-culture-dun-jardin-de-Alabourou-Guirou-1024x461.jpeg" alt="Des cultures dun jardin de Alabourou Guirou" class="wp-image-16672" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Des-culture-dun-jardin-de-Alabourou-Guirou-1024x461.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Des-culture-dun-jardin-de-Alabourou-Guirou-300x135.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Des-culture-dun-jardin-de-Alabourou-Guirou-768x346.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Des-culture-dun-jardin-de-Alabourou-Guirou-585x263.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Des-culture-dun-jardin-de-Alabourou-Guirou-600x270.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Des-culture-dun-jardin-de-Alabourou-Guirou.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Des produits du jardin d&rsquo;Alabourou Guirou. Bakary Fomba/Sahel Tribune. </figcaption></figure>



<h5 class="wp-block-heading" id="h-quel-impact-pensez-vous-que-votre-entreprise-a-sur-la-communaute-locale"><strong>Quel impact pensez-vous que votre entreprise a sur la communauté locale ?</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Agro-Amassagou a un impact significatif sur la communauté de Djenné et ses environs. Tout d’abord, elle crée des emplois locaux (avec cinq personnes comme employés), en réduisant l’usage de produits chimiques qui ont un effet négatif sur la santé. De plus, l’entreprise fournit des produits frais et bios à la population, à un coût accessible.</p>



<h5 class="wp-block-heading" id="h-comment-travaillez-vous-avec-les-agriculteurs-locaux-pour-promouvoir-des-pratiques-durables"><strong>Comment travaillez-vous avec les agriculteurs locaux pour promouvoir des pratiques durables ?</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Nous collaborons avec d’autres agriculteurs de la communauté afin de répondre à la forte demande des consommateurs. Nous nous concertons pour optimiser la production et organisons des visites pour échanger sur les difficultés du métier, afin de trouver ensemble des solutions efficaces. Comme le dit l’adage, « <em>Seul, on va plus vite ; ensemble, on va plus loin </em>».</p>



<h5 class="wp-block-heading" id="h-comment-la-technologie-influence-t-elle-votre-maniere-de-travailler"><strong>Comment la technologie influence-t-elle votre manière de travailler ?</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">La technologie a un impact positif sur notre activité, notamment grâce à l’utilisation de machines telles que les pompes solaires et les systèmes d’arrosage automatisés. Cela permet de réduire les coûts de production et le temps de travail. L’accès aux informations via les réseaux sociaux est également un atout pour se tenir informé des innovations et produits disponibles.</p>



<h5 class="wp-block-heading" id="h-quelles-sont-les-principales-difficultes-auxquelles-vous-avez-du-faire-face-en-tant-que-jeune-agriculteur-au-mali"><strong>Quelles sont les principales difficultés auxquelles vous avez dû faire face en tant que jeune agriculteur au Mali ?</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">L’entrepreneuriat est synonyme de défis quotidiens. Il m’arrive souvent de vouloir tout abandonner, mais la passion et la vision de ce que l’on fait nous poussent à continuer. L’agriculture est un secteur où l’on peut réussir comme échouer, surtout avec les aléas climatiques. Par exemple, j’ai perdu 90&nbsp;% de mon investissement cette année à cause de l’inondation de mon site de maraîchage. En tant que jeunes entrepreneurs, nous sommes aussi confrontés à des obstacles financiers (difficulté d’accès aux fonds pour atteindre nos objectifs, accès limité aux parcelles agricoles, cherté des équipements) et sociaux.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Alabourou-Guirou-tenant-son-fumier-organique-en-main.jpeg"><img decoding="async" width="461" height="1024" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Alabourou-Guirou-tenant-son-fumier-organique-en-main-461x1024.jpeg" alt="Alabourou Guirou tenant son fumier organique en main" class="wp-image-16673" style="width:212px;height:auto" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Alabourou-Guirou-tenant-son-fumier-organique-en-main-461x1024.jpeg 461w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Alabourou-Guirou-tenant-son-fumier-organique-en-main-135x300.jpeg 135w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2024/10/Alabourou-Guirou-tenant-son-fumier-organique-en-main.jpeg 486w" sizes="(max-width: 461px) 100vw, 461px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Alabourou Guirou montrant son fumier organique. Bakary Fomba /SAhel Tribune. </figcaption></figure>
</div>


<h5 class="wp-block-heading" id="h-quelles-solutions-proposez-vous-pour-surmonter-ces-difficultes"><strong>Quelles solutions proposez-vous pour surmonter ces difficultés ?</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Avec la passion, la patience, le courage et la détermination, nous pouvons relever les défis. Toutefois, l’État doit jouer son rôle en subventionnant les agri-preneurs, en investissant dans l’agriculture.</p>



<h5 class="wp-block-heading" id="h-pourquoi-avez-vous-choisi-la-zone-de-djenne-pour-developper-votre-entreprise"><strong>Pourquoi avez-vous choisi la zone de Djenné pour développer votre entreprise ?</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Djenné offre une grande opportunité agricole, avec une forte demande de produits maraîchers. De plus, l’accès à l’eau pour le maraîchage y est plus facile, et la terre y est fertile, ce qui en fait un lieu propice au développement de l’agriculture.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Propos recueillis par Bakary Fomba</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le crépissage de la grande mosquée de Djenné : un rituel de solidarité et d’héritage</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bakary FOMBA]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 May 2024 08:05:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
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		<category><![CDATA[patrimoine culturel]]></category>
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<p>Le crépissage de la grande mosquée de Djenné : découvrez cet évènement magistral et traditionnel qui attire des milliers de visiteurs chaque année.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce dimanche&nbsp;12&nbsp;mai 2024, la ville de Djenné vibre au rythme d’un évènement à la fois magistral et emblématique&nbsp;: le crépissage annuel de la grande Mosquée de la ville. Cette célébration ancestrale, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, transcende les simples travaux de rénovation pour devenir le symbole vivant de l’identité, de la solidarité et de la résilience de toute une communauté.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur les rives du fleuve Niger, la grande mosquée de Djenné, dans la région de Mopti, trône majestueusement, offrant au regard une architecture unique en terre crue et en banco, fruit du savoir-faire des artisans locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque année, la ville de Djenné accueille des milliers de visiteurs pour son célèbre crépissage annuel, un évènement traditionnel qui remonte à près de 120&nbsp;ans. Cette tradition remonte à l’époque où les habitants de Djenné se réunissaient pour rénover et réparer les murs en banco de la mosquée et des maisons de la ville.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-occasion-de-renouer-avec-leurs-racines"><strong>L’occasion de renouer avec leurs racines</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l’occasion du crépissage annuel de la grande Mosquée de Djenné, les habitants de la ville se mobilisent pour restaurer les façades de l’édifice, mêlant ainsi tradition et modernité dans un élan de collaboration et de fierté communautaire. Rassemblant toute la communauté, cet évènement reste un témoignage vivant de l’importance de la préservation du patrimoine culturel et religieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, le crépissage de la grande Mosquée de Djenné est un processus qui consiste à appliquer une couche de boue mélangée avec du foin sur les murs en banco, pour les protéger et les renforcer. Cela donne aux bâtiments leur aspect caractéristique en terre cuite, qui est emblématique de l’architecture de Djenné. C’est l’occasion pour les habitants de renouer avec leurs racines, de célébrer leur histoire et de perpétuer les coutumes et les savoir-faire de leurs ancêtres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, le moment est propice pour les différents groupes ethniques de la région de se retrouver, d’échanger et de partager leurs traditions dans un esprit de tolérance et de respect mutuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet évènement annuel est tout autant un hommage vibrant à la mémoire des anciens, qui ont légué à la ville ce joyau architectural et culturel.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-bien-plus-qu-une-simple-operation-de-maintenance"><strong>Bien plus qu’une simple opération de maintenance</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de sa dimension technique, le crépissage de la grande Mosquée de Djenné revêt une dimension sociale et culturelle profonde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les habitants de Djenné, le crépissage de la Mosquée est bien plus qu’une simple opération de maintenance. C’est un moment sacré, chargé de symboles et d’émotions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Approchée par Alabourou Guirou, notre correspondant à Djenné, Aminata Kané, une habitante de Djenné, raconte avec fierté&nbsp;:&nbsp;<em>« le crépissage de la grande Mosquée est un héritage précieux que nous transmettons de génération en génération. C’est notre devoir de veiller à sa préservation pour que nos enfants et petits-enfants puissent également en profiter ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En perpétuant cette tradition millénaire, les habitants de Djenné perpétuent ainsi l’héritage de leurs ancêtres et transmettent à leurs enfants un patrimoine précieux, témoignage de leur attachement indéfectible à leur terre et à leur identité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-rendez-vous-incontournable-pour-tous-les-amoureux-de-la-culture-africaine">Rendez-vous incontournable pour tous les amoureux de la culture africaine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les artisans locaux, qui sont les acteurs principaux de ce processus, mettent tout de même leur savoir-faire au service de la Mosquée. Pour Aliou Sarré, un maçon expérimenté, le crépissage est un moment privilégié.&nbsp;<em>« C’est un honneur pour moi de participer à la préservation de ce monument exceptionnel. Chaque geste que je pose sur les murs de la mosquée est empreint de respect et de tradition »,</em>&nbsp;explique-t-il au micro de notre correspondant basé à Djenné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités locales, conscientes de l’importance de cet évènement, veillent également à ce que tout se déroule dans les meilleures conditions. Ainsi, les autorités locales de la ville mettent tout en œuvre pour que le crépissage se déroule sans encombre, constate M.&nbsp;Guirou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le crépissage de la grande mosquée de Djenné est un rendez-vous incontournable pour tous les amoureux de la culture africaine et du patrimoine mondial. Chaque année, des milliers de visiteurs convergent vers cette ville historique pour assister à ce spectacle unique, découvrir la richesse et la diversité de la culture malienne, et partager des moments d’émotion et de partage avec les habitants de la ville.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bakary Fomba</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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