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	<title>Archives des discours souverainiste &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des discours souverainiste &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Du blocus à la fierté : comment le 14 janvier 2022 a refaçonné la mémoire nationale au Mali</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jan 2026 11:29:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le 14 janvier 2022 marque la souveraineté retrouvée du Mali face aux sanctions de la CEDEAO et à la lutte pour la dignité.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Le 14 janvier 2022, sous le poids des sanctions de la CEDEAO, le Mali semblait au bord de l’asphyxie. Depuis, cette date est devenue celle de la « souveraineté retrouvée ». La commémoration du 14 janvier révèle les défis d’un pays qui cherche à se reconstruire autour de la dignité, tout en s’interrogeant sur le prix réel de sa souveraineté.</em></strong></p>



<p>Quatre ans après les sanctions économiques «&nbsp;<em>illégales, illégitimes et inhumaines&nbsp;</em>» imposées par la CEDEAO et l’UEMOA — qui ont donné lieu à une mobilisation historique du peuple malien pour dénoncer des complots géopolitiques contre leur pays — le Mali célèbre chaque 14 janvier sa « <em>Journée nationale de la souveraineté retrouvée </em>». Une date qui, pour beaucoup, marque le moment où la nation a dit « <em>non</em> » à ce qu’elle percevait comme une nouvelle forme de tutelle.</p>



<p>Derrière les drapeaux, les discours et les chants patriotiques, cette journée concentre à la fois la mémoire d’un traumatisme collectif et l’affirmation d’une fierté nationale renaissante. L’institutionnalisation de cette Journée est une reconnaissance des autorités maliennes de la transition des combats héroïques et historiques du peuple pour l’accès à une souveraineté pleine et entière.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-les-sanctions-frappent-la-nation-se-ressoude"><strong>Quand les sanctions frappent, la nation se ressoude</strong></h2>



<p>Le 9 janvier 2022, la CEDEAO décide à Accra d’une série de sanctions économiques sans précédent contre Bamako, après le report du calendrier électoral décidé par les autorités de la Transition. Les frontières terrestres et aériennes sont fermées, les avoirs maliens gelés, les transactions commerciales suspendues. L’objectif recherché était d’asphyxier le pays et par ricochet le peuple malien dont le seul tort est de soutenir les autorités dans leur noble combat contre la nouvelle forme de colonialisme ou d’impérialisme, à travers laquelle des acteurs étrangers, soutenus par des apatrides, dilapident les richesses du pays depuis des décennies, et entretiennent des conflits, sous la couverture du terrorisme. Un conflit soutenu par ces «&nbsp;<em>sponsors du chaos contrôlé&nbsp;</em>».</p>



<p>Le 14 janvier 2022 qui aurait pu être une journée de désespoir, s’est vite transformé en un sursaut national sans précédent. À l’appel des autorités de transition, des foules immenses se rassemblent au monument de l’indépendance, d’où est parti toutes les manifestations du 14 juin 2020, et qui avait conduit à la chute du président Ibrahim Boubacar et signé l’arrivée des militaires au pouvoir en sauveur d’un peuple et d’un pays meurtris par des décennies d’expropriation des richesses. A Bamako comme dans les capitales régionales, le peuple malien a lancé le même message, à savoir que le Mali ne cédera plus devant l’adversité.</p>



<p>Ce jour-là, au-delà du rejet des sanctions, c’est un sentiment collectif de revanche et d’unité qui émerge — celui d’un peuple longtemps humilié, soudainement rassemblé autour d’une même idée : la souveraineté comme acte de dignité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-de-la-mobilisation-a-la-mythologie-nationale"><strong>De la mobilisation à la mythologie nationale</strong></h2>



<p>Très vite, le pouvoir comprend la puissance émotionnelle de cet épisode. En 2023, il institue officiellement le 14 janvier comme «&nbsp;<em>Journée nationale de la souveraineté retrouvée</em>&nbsp;». Défilés, cérémonies d’hommage, débats sur « <em>l’indépendance économique</em> » et « <em>la dignité retrouvée </em>» : l’événement devient un rituel civique. Dans les écoles, on hisse les couleurs et des leçons modèles sont généralement dispensés. Dans les médias, on traite régulièrement de la résilience du peuple.</p>



<p>Le discours officiel transforme la souffrance en victoire symbolique. Le 14 janvier devient un mythe fondateur, comparable — dans son intensité émotionnelle — à la proclamation de l’indépendance en 1960. Mais cette sacralisation célèbre la souveraineté d’un peuple longtemps maintenu sous le poids de l’exploitation, surtout de l’extraversion de ses richesses.&nbsp;</p>



<p>Le régime d’Assimi Goïta s’appuie sur cette mémoire collective pour forger l’idéologie du Mali Kura, le « <em>Mali nouveau </em>», «&nbsp;<em>An tè kôrôlen fè fô kura&nbsp;</em>» (on ne veut plus de l’ancien, on veut du nouveau), le slogan cher aux révolutionnaires maliens de mars 1991. Cette doctrine réactualisée par la transition de 2021 repose sur trois piliers, devenus constitutionnels depuis le 22 juillet 2023 — « <em>respect de la souveraineté nationale </em>», « <em>liberté de choix des partenaires </em>» et « <em>défense des intérêts vitaux des populations </em>» — et s’accompagne d’un vocabulaire moral emprunté aux traditions maliennes : <em>maaya</em> (l’humanité partagée), <em>danbe</em> (la dignité), <em>maliden kura </em>(le citoyen nouveau). Car en effet, le nouveau Mali tant rêvé par chaque Malien ne pourra voir le jour qu’avec un nouveau type de Maliens. Des hommes et des femmes, croyant profondément en l’avenir et ayant l’amour de leur patrie dans le coeur et dans l’esprit. Un Peuple certes résilient et respectueux de ses devoirs et qui respecte également les lois de son pays. Sans ce <em>Malidenkura</em>, le <em>Mali kura</em> ne sera qu’un mirage malgré tout l’engagement des autorités de la transition.&nbsp;</p>



<p>En surface, cette réhabilitation des valeurs endogènes répond à une aspiration légitime : refonder la nation sur des bases morales et culturelles propres. C’est dans cette dynamique que 2025 a été décrété par le chef de l’Etat comme «&nbsp;<em>l’année de la culture&nbsp;</em>». L’objectif affiché était la valorisation de l’art et de la culture malienne. Une mission accomplie avec enthousiasme par le ministère de la Culture. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-la-souverainete-devient-une-arme-politique"><strong>Quand la souveraineté devient une arme politique</strong></h2>



<p>Dans cette mise en scène de la mémoire, chaque symbole compte. L’hymne national — «&nbsp;<em>Pour l’Afrique et pour toi, Mali&nbsp;</em>» — retrouve une dimension quasi sacrée. Les références au sacrifice et au travail collectif sont mises en avant comme autant de vertus morales d’un peuple debout face à l’adversité. Quatre ans après les sanctions «&nbsp;<em>illégales, illégitimes et inhumaines</em>&nbsp;» de la CEDEAO et de l’UEMOA, le Mali continue d’affronter les adversités, tant au niveau régional qu’au niveau international.&nbsp;</p>



<p>Les sanctions n’ayant pas réussi, les adversaires se tournent désormais du côté des groupes armés, qu’ils recrutent, forment et équipent afin qu’ils s’en prennent aux intérêts économiques du Mali. C’est dans ce cadre que se situent les attaques contre les convois de ravitaillement en carburant et aussi contre des entreprises nationales et étrangères. Le but reste toujours de déstabiliser le pouvoir en place à travers une asphyxie économique. Mais toujours, le pouvoir a su compter sur la résilience du peuple souverain du Mali, décidé à braver toutes les adversités pourvu qu’il préserve la souveraineté sur ses richesses. &nbsp;</p>



<p>Pour de nombreux observateurs, la commémoration du 14 janvier fonctionne comme un miroir qui reflète les moments de fierté populaire réelle, mais aussi constitue un instrument de mobilisation politique au service du régime. Quatre ans après le traumatisme des sanctions de 2022, le souvenir du 14 janvier reste vivace. Elle exprime un désir profond d’émancipation, une volonté de rompre avec les tutelles extérieures asservissantes.</p>



<p>Le 14 janvier 2022 n’a pas seulement marqué une résistance économique ; il a inauguré une nouvelle posture nationale. Cette posture audacieuse repose davantage sur la transformation réelle des conditions de vie, à travers notamment une réelle mainmise sur les richesses nationales. De toute évidence, le Mali a su transformer un moment d’humiliation en source de fierté. Comme quoi, derrière chaque défi se cache une opportunité. Notre pays, pour sa part, a su saisir la sienne pour désormais changer le cours défavorable de son histoire.&nbsp;</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra </strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Maïga, le franc-parler malien qui secoue les Nations Unies</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Sep 2025 21:03:44 +0000</pubDate>
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<p>Le discours du Premier ministre aux Nations unies marque un tournant. Une déclaration forte sur l'ingérence étrangère et le panafricanisme.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>À la tribune de l’ONU,&nbsp;</em></strong><strong><em>ce vendredi 26 septembre 2025,&nbsp;le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga a livré un discours sans filtre, entre appel à la réforme du multilatéralisme et dénonciation frontale de l’ingérence étrangère. À travers lui, le Mali – et plus largement la Confédération des États du Sahel (AES) – assume son tournant souverainiste, son panafricanisme combatif et son ambition d’émergence. L’ère des silences prudents est révolue : place à la parole libre.</em></strong></p>



<p>New York, le 26 septembre 2025 – Il est monté à la tribune de l’ONU comme on monte au front, le verbe martial, le regard fixe, et l’histoire en bandoulière. Le Général de Division Abdoulaye Maïga, Premier ministre malien et visage politique du nouveau triptyque sahélien, a livré à la 80e Assemblée générale des Nations Unies une adresse aussi tranchante qu’assumée, où la diplomatie classique s’est effacée au profit d’une franchise peu coutumière sous les lambris new-yorkais.</p>



<p>Depuis la création de la Confédération des États du Sahel (AES), en juillet 2024 – cette alliance à trois têtes entre Bamako, Ouagadougou et Niamey – les chefs militaires sahéliens ne cessent de marteler une volonté nouvelle : rompre avec les modèles imposés, et reprendre en main leur destin collectif. Ce 26 septembre, leur chef de file, Abdoulaye Maïga, n’a pas varié.</p>



<p>Un ton souverain, un message sans détour. Dès les premiers mots, les codes diplomatiques sont respectés, les formules convenues alignées. Mais très vite, le ton change. Le Mali, et avec lui l’AES, ne demande plus, il affirme. Il ne quémande pas, il interpelle. Et surtout, il ne se justifie plus. «&nbsp;<em>Nous ne serons pas des spectateurs</em>&nbsp;», prévient le Premier ministre. «&nbsp;<em>Pour chaque balle tirée contre nous, nous réagirons par réciprocité. Pour chaque mot employé de travers, nous réagirons par réciprocité.&nbsp;</em>»</p>



<p>Le décor est planté.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-onu-face-a-ses-incoherences"><strong>L’ONU face à ses incohérences</strong></h2>



<p>Pour Bamako et ses alliés du Sahel, la communauté internationale – et singulièrement l’ONU – souffre de cécité sélective. Comment, s’interroge Maïga, expliquer le silence assourdissant qui entoure le soutien supposé de puissances occidentales aux groupes terroristes opérant au Sahel ? Pourquoi la requête malienne de 2022 contre la France devant le Conseil de sécurité n’a-t-elle pas été suivie d’effet, alors que des «&nbsp;<em>preuves irréfragables</em>&nbsp;» étaient prêtes à être déposées ?</p>



<p>Le message est clair : le multilatéralisme est en crise, et l’Afrique, ou du moins une partie d’elle, n’est plus disposée à attendre passivement que les règles du jeu changent d’elles-mêmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-aes-entre-resilience-et-ambition"><strong>L’AES, entre résilience et ambition</strong></h2>



<p>Mais au-delà de la dénonciation, un projet se dessine. Avec ses 75 millions d’habitants, un territoire vaste comme cinq fois la France, une jeunesse abondante, des ressources minières inestimables et une diaspora dynamique, l’AES se veut une puissance régionale montante, enracinée dans le panafricanisme. Pour asseoir cette ambition, une Banque Confédérale d’Investissement et de Développement a vu le jour. Et les projets structurants se multiplient : énergie, infrastructures, industrialisation…</p>



<p>Le ton est volontairement optimiste, presque conquérant. «&nbsp;<em>Nous avons choisi la voie de l’audace et de la souveraineté&nbsp;</em>», martèle Maïga. Une phrase qui résume à elle seule l’ADN du nouveau pouvoir malien.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-sortie-de-la-cpi-et-un-tacle-cinglant-a-alger"><strong>Une sortie de la CPI, et un tacle cinglant à Alger</strong></h2>



<p>S’il fallait une preuve supplémentaire du virage assumé par le Mali, elle est venue le 22 septembre 2025 avec la sortie de la Confédération AES du Statut de Rome, marquant la fin de leur appartenance à la Cour pénale internationale. Un acte politique fort, interprété à Bamako comme un rejet du «&nbsp;<em>deux poids, deux mesures</em>&nbsp;» de la justice internationale.</p>



<p>Le passage le plus polémique du discours reste cependant celui réservé à l’Algérie. La destruction d’un drone malien par l’armée algérienne a déclenché une salve verbale d’une rare virulence. Le Premier ministre a qualifié les autorités d’Alger de «&nbsp;<em>junte</em>&nbsp;», moquant au passage leur «&nbsp;<em>mensonge diplomatique</em>&nbsp;» et les pointant du doigt d’être devenues un «&nbsp;<em>exportateur de terroristes</em>&nbsp;». Rarement, sinon jamais, une telle attaque n’avait été lancée contre un voisin maghrébin à la tribune de l’ONU.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-aes-n-est-pas-seule-mais-exige-le-respect"><strong>L’AES n’est pas seule… mais exige le respect</strong></h2>



<p>Sur le fond, le Mali ne tourne pas le dos au monde. Il tend la main – mais à ses conditions. Partenariat, oui. Coopération, bien sûr. Mais dans le respect des choix politiques souverains, et sur une base de gagnant-gagnant. L’Occident paternaliste, c’est terminé. Place à la diplomatie d’égal à égal.</p>



<p>L’appel final est limpide : il ne s’agit pas de quémander de l’aide, mais de réclamer la reconnaissance d’un combat légitime. «&nbsp;<em>Le peuple de l’AES est agressé »,&nbsp;</em>dit Maïga. Il demande que cela soit dit, reconnu, défendu. Il demande à l’ONU de ne pas devenir&nbsp;<em>« le bras passif de l’injustice mondiale</em>&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-verdict-de-l-histoire"><strong>Le verdict de l’histoire</strong></h2>



<p>Ce discours, certains le jugeront bravache, voire provocateur. D’autres y verront l’expression d’une Afrique décomplexée, qui a rompu avec ses complexes postcoloniaux. Une Afrique qui ne craint plus de nommer ses adversaires, ni de contester les postures d’un ordre international à géométrie variable.</p>



<p>L’histoire, conclut Maïga, «&nbsp;<em>jugera ceux qui ont armé les forces du mal</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>ceux qui ont détourné le regard&nbsp;</em>», et «&nbsp;<em>ceux qui ont oublié que la justice est la seule voie vers la paix durable</em>&nbsp;».</p>



<p>L’homme a quitté la tribune comme il y était monté : debout, digne, les poings serrés.</p>



<p><strong>Cheincoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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