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	<title>Archives des développement rural &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Mali : la Charte nationale pour la paix s’attaque aux conflits fonciers</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation du Mali place la question foncière au cœur de la stabilité nationale. Pastoralisme, terres agricoles, mines et cadastre figurent parmi les priorités pour prévenir les conflits communautaires.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Derrière la plupart des violences intercommunautaires qui ensanglantent le Mali depuis des années, il y a une terre disputée. Un champ, un pâturage, un filon d&rsquo;or. La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale affronte enfin cette réalité brutale avec une ambition à la hauteur de l&rsquo;enjeu.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, les guerres commencent souvent par une borne. Une borne plantée de travers, déplacée dans la nuit, contestée au petit matin. Un sillon de trop tracé par un paysan dans un champ que son voisin revendique depuis trois générations. Un troupeau qui pénètre dans une zone cultivée et piétine une récolte entière. Une concession minière accordée par Bamako sans que personne n&rsquo;ait consulté les habitants du village qui vivaient sur cette terre depuis des siècles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces disputes paraissent petites. Elles ne le sont pas. Elles sont la mèche d&rsquo;une poudrière. Et dans un pays où l&rsquo;État a longtemps été absent des zones reculées, où la justice formelle reste inaccessible à la majorité, où le changement climatique réduit chaque année les terres cultivables et les pâturages disponibles, cette mèche a une fâcheuse tendance à s&rsquo;enflammer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale, promulguée le 22 août 2025 par le Président de la Transition, le Général d&rsquo;Armée Assimi Goïta, a eu l&rsquo;intelligence et le courage de regarder cette réalité en face. Elle consacre des développements substantiels à la question foncière, aux ressources minérales, au pastoralisme. Elle nomme les conflits, en analyse les causes, propose des mécanismes de résolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une avancée considérable. Et elle mérite d&rsquo;être examinée avec la rigueur qu&rsquo;impose l&rsquo;ampleur du défi.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La terre, matrice de tous les conflits maliens</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre pourquoi la question foncière est si centrale dans la crise malienne, il faut d&rsquo;abord comprendre ce que représente la terre dans les sociétés sahéliennes. Elle n&rsquo;est pas seulement un bien économique. Elle est un lieu de mémoire, un lien entre les vivants et les morts, un marqueur d&rsquo;identité et de dignité. Perdre sa terre, c&rsquo;est perdre son histoire. C&rsquo;est perdre sa place dans la communauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or le Mali concentre sur son territoire plusieurs des facteurs les plus explosifs en matière foncière. Le changement climatique rétrécit chaque année les zones cultivables, poussant les éleveurs vers le sud, sur des terres que les agriculteurs considèrent comme les leurs. L&rsquo;orpaillage artisanal, en plein boom, attire des milliers de jeunes sur des sites disputés où la loi du plus fort tend à s&rsquo;imposer. L&rsquo;exploitation minière industrielle déplace des communautés entières sans que les compensations promises se matérialisent toujours. Et dans le nord et le centre du pays, des années de conflit armé ont brouillé les droits fonciers traditionnels, créant un chaos juridique que les groupes armés ont habilement exploité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte reconnaît tout cela. Elle note que «&nbsp;<em>l&rsquo;exploitation du foncier rural et urbain, forestier, minier, pastoral et de l&rsquo;eau constitue une source de conflits individuels et communautaires récurrents, parfois violents, qui impactent négativement la paix, la sécurité, la cohésion sociale et le vivre-ensemble.&nbsp;</em>» Un diagnostic sans concessions, formulé dans un texte de loi. C&rsquo;est déjà, en soi, un acte courageux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le pastoralisme, poudrière silencieuse</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les conflits fonciers qui ravagent le Mali, ceux qui opposent agriculteurs et éleveurs sont sans doute les plus meurtriers et les moins médiatisés. Dans le delta intérieur du Niger, dans le Manden, dans le Gourma, ces affrontements font des dizaines de morts chaque année, dévastent des communautés entières, et alimentent des cycles de vengeance qui se transmettent de génération en génération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la racine de ces conflits : la réduction des corridors de transhumance, ces couloirs traditionnels par lesquels les troupeaux des éleveurs peuls, touaregs ou arabes descendaient vers le sud en saison sèche. Ces corridors, reconnus par la coutume et parfois par la loi, ont été progressivement grignotés par l&rsquo;extension des cultures, la construction d&rsquo;infrastructures, l&rsquo;installation de nouvelles populations. Les éleveurs se retrouvent sans chemin pour leurs bêtes. Les agriculteurs voient leurs champs piétinés. La violence s&rsquo;installe comme seul arbitre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte propose un cadre de réponse articulé autour de plusieurs axes : «&nbsp;<em>l&rsquo;aménagement équilibré du territoire national&nbsp;</em>», «&nbsp;<em>l&rsquo;aménagement et l&rsquo;exploitation contrôlée des espaces pastoraux&nbsp;</em>», «&nbsp;<em>le renforcement des politiques publiques d&rsquo;aménagement des terres agricoles et des zones pastorales.&nbsp;</em>» Elle prévoit également «&nbsp;<em>la gestion concertée des ressources naturelles »&nbsp;</em>et le recours aux<em>&nbsp;« conventions locales pour l&rsquo;accès aux ressources naturelles.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces orientations sont justes. Elles correspondent à ce que les chercheurs, les organisations paysannes et les experts du développement rural recommandent depuis des années. Mais leur mise en œuvre supposera des investissements considérables, une volonté politique soutenue, et surtout la présence effective de l&rsquo;État dans des zones où il a longtemps été fantomatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;or qui divise : la question minière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si le pastoralisme est la poudrière silencieuse, l&rsquo;exploitation minière est la bombe à fragmentation. L&rsquo;or malien — le pays est l&rsquo;un des premiers producteurs africains — génère des revenus considérables, mais aussi des conflits d&rsquo;une intensité croissante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sites d&rsquo;orpaillage artisanal, où des dizaines de milliers de jeunes maliens cherchent fortune dans des conditions souvent périlleuses, sont devenus des zones de non-droit où se croisent trafics en tous genres, violences et tensions intercommunautaires. Les sites miniers industriels, gérés par des multinationales sous contrat avec l&rsquo;État, soulèvent des questions légitimes de partage des revenus, de compensation des communautés déplacées et de préservation de l&rsquo;environnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte aborde cette réalité avec une franchise bienvenue. Elle reconnaît que «&nbsp;<em>l&rsquo;exploitation industrielle ou artisanale de ces ressources entraîne souvent des crises sociales dont les conflits, la déperdition des valeurs, la dégradation de la santé de la population, et la déscolarisation à grande échelle.&nbsp;</em>» Et elle prescrit un ensemble de mesures : encadrement et régulation des activités minières, formation des exploitants artisanaux aux enjeux environnementaux, renforcement des mécanismes de prévention des conflits sur les sites d&rsquo;orpaillage, et surtout «&nbsp;<em>investissement des revenus tirés de l&rsquo;exploitation minière dans les secteurs sociaux et dans les infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dernière disposition est fondamentale. Elle pose un principe de justice redistributive : les richesses extraites du sous-sol malien doivent profiter aux communautés qui vivent sur ce sous-sol. Ce n&rsquo;est pas une idée nouvelle. Mais son inscription dans un texte fondamental de la République lui donne une force normative qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas jusqu&rsquo;ici.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les commissions foncières : un outil à consolider</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur du dispositif de gestion des conflits fonciers prévu par la Charte se trouvent les Commissions foncières — les COFO. Ces instances multi-acteurs, créées au début des années 2000, regroupent représentants de l&rsquo;administration, élus locaux, chefs coutumiers, organisations paysannes et éleveurs. Leur mission : prévenir et gérer les conflits liés à la terre avant toute saisine des tribunaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte leur confère une légitimité renforcée. Elle prévoit que leurs décisions, «&nbsp;<em>consignées dans un procès-verbal&nbsp;</em>», peuvent être «&nbsp;<em>homologuées par le juge</em>&nbsp;», créant ainsi un pont solide entre la justice coutumière et le droit formel. Elle insiste également sur «&nbsp;<em>le renforcement de la synergie d&rsquo;action entre les Collectivités territoriales et les Autorités et Légitimités traditionnelles dans la mise en œuvre des mécanismes endogènes de prévention, de gestion et de règlement des litiges fonciers.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le terrain, là où elles fonctionnent réellement, les COFO ont démontré leur efficacité. Dans plusieurs communes de la région de Mopti, elles ont permis de désamorcer des conflits agriculteurs-éleveurs qui auraient pu dégénérer en affrontements meurtriers. Leur force tient à leur composition : tout le monde est représenté, les décisions reflètent les réalités locales, et leur légitimité communautaire est souvent bien supérieure à celle d&rsquo;un tribunal lointain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais leur déploiement reste insuffisant. De nombreuses communes n&rsquo;ont pas de COFO opérationnelle. Celles qui existent manquent souvent de moyens, de formation et de soutien institutionnel. La Charte trace la direction. Il faudra maintenant y mettre les ressources.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le cadastre, chaînon manquant de la sécurité foncière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les mesures préconisées par la Charte, l&rsquo;une mérite une attention particulière : «&nbsp;<em>la sécurité juridique en matière foncière par l&rsquo;instauration du cadastre au niveau communal, régional et national.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, une proportion considérable des terres ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucun titre formel. Les droits fonciers reposent sur des accords oraux, des pratiques coutumières, des mémoires familiales. Robustes en temps de paix, ces arrangements deviennent sources de conflits explosifs lorsque la pression sur les terres augmente, lorsque des populations déplacées reviennent réclamer leurs biens, ou lorsque des investisseurs extérieurs arrivent avec des contrats et des bulldozers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un cadastre national fiable, accessible, régulièrement mis à jour, constituerait un instrument de paix d&rsquo;une efficacité redoutable. Il ne résoudrait pas tous les conflits fonciers, mais il en éviterait un grand nombre en clarifiant les droits de chacun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa mise en œuvre sera longue et coûteuse. Elle se heurtera aux résistances de ceux qui profitent de l&rsquo;opacité foncière actuelle. Mais son inscription dans la Charte comme objectif national constitue un engagement solennel que les autorités devront honorer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une ambition à la hauteur du défi</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La question foncière est au Mali ce que le nœud gordien était à Alexandre : un problème si complexe, si emmêlé dans l&rsquo;histoire, la culture, l&rsquo;économie et la politique, que certains désespèrent de le trancher jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités de la Transition n&rsquo;ont pas tranché le nœud. Elles ont fait quelque chose de plus sage : elles ont commencé à le dénouer, patiemment, en reconnaissant la complexité du problème, en mobilisant à la fois le droit moderne et les sagesses traditionnelles, en associant l&rsquo;État et les communautés dans une démarche partagée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale ne résoudra pas d&rsquo;un coup de baguette magique des décennies de conflits fonciers accumulés. Aucun texte ne le pourrait. Mais elle pose les fondations d&rsquo;une approche nouvelle, cohérente et ambitieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle dit aux paysans du delta intérieur, aux éleveurs du Sahel, aux orpailleurs du Wassoulou, aux communautés déplacées du nord : nous vous voyons. Nous savons que la terre est au cœur de votre vie et de vos conflits. Et nous nous engageons à construire un cadre juste pour que chacun puisse vivre de sa terre en paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une promesse considérable. Les autorités de la Transition ont maintenant la responsabilité de la tenir. L&rsquo;histoire du Mali — et la paix de ses communautés — en dépend.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Jeunesse rurale malienne : partir ou rester, le grand choix</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 07:36:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
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<p>Entre changement climatique, chômage et manque d’opportunités, des milliers de jeunes quittent les campagnes maliennes. Face à l’exode rural, le Mali cherche à créer les conditions d’un avenir durable pour sa jeunesse.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Ils ont entre 18 et 35 ans, ont grandi dans les villages du Sahel, regardé partir leurs frères et cousins, et se posent aujourd&rsquo;hui la même question : faut-il rester sur la terre de leurs ancêtres ou tenter sa chance à Bamako, à Dakar, ou plus loin encore ? Cette interrogation, des centaines de milliers de jeunes Maliens la portent en silence. Elle est au cœur d&rsquo;une crise silencieuse qui redessine les campagnes maliennes.</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, la migration rurale n&rsquo;est pas un phénomène nouveau. Depuis des générations, les hommes partent en saison sèche pour travailler dans les villes ou en Côte d&rsquo;Ivoire, avant de rentrer avec quelques billets pour la famille, se payer du luxe ou encore préparer un mariage. Mais ce qui se joue aujourd&rsquo;hui est d&rsquo;une autre nature : des jeunes, de plus en plus nombreux, partent sans retour prévu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les estimations, environ&nbsp;<a href="https://www.ifad.org/documents/d/new-ifad.org/investing-in-rural-people-in-mali-pdf">60 % de la population malienne vit encore en zone rurale</a>. Pourtant, Bamako croît à un rythme de 5 à 6 % par an, portée en grande partie par cet afflux de migrants internes. Les régions de Ségou, Mopti, Kayes et Sikasso sont les plus touchées par ce départ massif de leurs forces vives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;aventure qui pousse ces jeunes à partir. C&rsquo;est, bien souvent, l&rsquo;absence de perspectives : des terres appauvries par des décennies de sécheresse, peu d&#8217;emplois, des infrastructures défaillantes, et le sentiment que l&rsquo;avenir est ailleurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les racines du départ : entre crise climatique et manque d&rsquo;opportunités</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier facteur qui pousse les jeunes ruraux maliens vers les villes est d&rsquo;ordre climatique. La pluviométrie irrégulière, la désertification rampante du Sahel et la dégradation des terres réduisent chaque année les rendements agricoles. Des familles qui se nourrissaient et vivaient de l&rsquo;agriculture se retrouvent dans l&rsquo;incapacité de subvenir à leurs besoins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les jeunes, qui auraient autrefois hérité de la parcelle familiale et perpétué les savoir-faire agricoles, se retrouvent face à une terre qui ne peut plus les nourrir. Le changement climatique n&rsquo;est pas une abstraction pour un paysan du Sahel : c&rsquo;est la récolte qui diminue d&rsquo;année en année, le puits qui se tarit, le troupeau qui maigrit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de l&rsquo;agriculture, c&rsquo;est l&rsquo;absence quasi totale d&rsquo;activités économiques diversifiées en milieu rural qui condamne les jeunes à l&rsquo;exode. Peu d&rsquo;industries, peu de PME, peu d&rsquo;artisanat organisé capable d&rsquo;absorber une main-d&rsquo;œuvre jeune et croissante. Les zones rurales maliennes manquent cruellement d&rsquo;investissements structurants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cela s&rsquo;ajoute la question de l&rsquo;éducation. De nombreux jeunes qui ont suivi une scolarité complète, parfois jusqu&rsquo;au baccalauréat, ne trouvent aucune application locale à leurs compétences. Ils se retrouvent dans une situation paradoxale : trop formés pour la vie rurale traditionnelle, pas encore assez armés pour le marché de l&#8217;emploi urbain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Partir pour quoi ? La réalité de l&rsquo;exode</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La ville n&rsquo;est pas toujours l&rsquo;eldorado imaginé. Beaucoup de jeunes migrants ruraux rejoignent l&rsquo;économie informelle à Bamako : vendeurs ambulants, maçons, gardiens, conducteurs de moto-taxi. Ils survivent, envoient quelques francs au village, et nourrissent l&rsquo;espoir d&rsquo;une promotion qui tarde souvent à venir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les bidonvilles et quartiers périphériques de Bamako — Kabala, Faladié, Niamakoro — concentrent ces populations fragilisées, souvent sans accès aux services de base. L&rsquo;exode rural résout rarement la pauvreté : il la déplace géographiquement et la transforme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, ces jeunes migrants jouent un rôle économique essentiel. Les sommes qu&rsquo;ils envoient à leurs familles restées au village constituent, pour beaucoup de ménages ruraux, la principale source de revenus monétaires. Ces transferts informels, invisibles dans les statistiques officielles, sont un pilier discret de l&rsquo;économie malienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rester : une résistance qui s&rsquo;organise</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à l&rsquo;exode, des initiatives locales et nationales tentent de créer les conditions d&rsquo;un avenir possible en zone rurale. Des programmes d&rsquo;appui à l&rsquo;entrepreneuriat agricole, soutenus par l&rsquo;État malien et des partenaires locaux, permettent à certains jeunes de moderniser leurs exploitations et d&rsquo;en vivre dignement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La culture maraîchère irriguée, l&rsquo;aviculture, la transformation de produits locaux : ces filières, longtemps négligées, offrent des perspectives réelles pour une jeunesse qui accepte de réinventer le rapport à la terre. Des coopératives de jeunes, dans plusieurs régions, montrent qu&rsquo;il est possible de vivre et de prospérer au village.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;extension progressive de la couverture réseau mobile au Mali ouvre également des perspectives inédites. Des jeunes ruraux formés aux métiers du numérique — maintenance informatique, commerce en ligne, community management — peuvent désormais exercer depuis leur village des activités qui étaient autrefois réservées aux citadins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces expériences restent encore marginales, mais elles dessinent une voie possible : celle d&rsquo;un développement rural qui ne demande plus aux jeunes de choisir entre leur terre et leur avenir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les politiques publiques face au défi</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités maliennes ont pris la mesure du phénomène. Plusieurs programmes nationaux ciblent spécifiquement la jeunesse rurale, comme la formation professionnelle agricole, la construction d&rsquo;infrastructures dans les zones isolées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces efforts méritent d&rsquo;être amplifiés. Car l&rsquo;enjeu est double : il s&rsquo;agit à la fois de retenir les jeunes qui souhaitent rester et de créer des conditions dignes pour ceux qui choisissent de revenir après une expérience urbaine. Le village de demain sera celui qui sait accueillir des compétences nouvelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question de la jeunesse rurale est, au fond, celle de la souveraineté alimentaire et du modèle de développement malien. Un pays qui vide ses campagnes de ses jeunes perd bien plus que de la main-d&rsquo;œuvre agricole : il perd la mémoire vivante de ses territoires et la capacité de les faire fructifier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix entre partir et rester que vivent des centaines de milliers de jeunes Maliens n&rsquo;est pas un choix individuel : c&rsquo;est le symptôme d&rsquo;un déséquilibre profond entre les territoires. Relever ce défi nécessite des politiques volontaristes, des investissements durables et une écoute sincère de ceux qui font encore le pari du village. Car c&rsquo;est dans les campagnes, autant que dans les villes, que se joue l&rsquo;avenir du Mali. Les autorités maliennes de la Transition l’ont bien compris et travaillent déjà pour y rémédier à travers plusieurs initiatives.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Agriculture au Mali : Assimi Goïta dévoile les mesures clés pour la campagne agricole 2026</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 15:28:46 +0000</pubDate>
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<p>Réuni à Koulouba, le Conseil supérieur de l’agriculture a adopté les orientations de la campagne agricole 2026. Subventions aux engrais, soutien au coton et souveraineté alimentaire sont au cœur de la stratégie du Mali.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réuni à Koulouba à l&rsquo;approche de la campagne agricole 2026, le Conseil supérieur de l&rsquo;agriculture a fixé les grandes orientations du secteur. Entre subventions renforcées, soutien aux filières stratégiques et ambition de souveraineté alimentaire, les autorités maliennes affichent leur volonté de faire de l&rsquo;agriculture l&rsquo;un des piliers du « Mali Kura ».</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À quelques semaines du lancement de la campagne agricole 2026, les autorités maliennes ont voulu envoyer un signal fort au monde rural. Réuni mardi 9 juin au palais de Koulouba sous la présidence du général d&rsquo;armée Assimi Goïta, le Conseil supérieur de l&rsquo;agriculture (CSA) a dessiné les contours d&rsquo;une nouvelle offensive en faveur de la production agricole nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Instituée par la Loi d&rsquo;orientation agricole, cette rencontre annuelle rassemble les principaux acteurs du secteur : gouvernement, organisations professionnelles, chambres d&rsquo;agriculture et représentants des filières de production. Un rendez-vous devenu stratégique dans un pays où l&rsquo;agriculture demeure le principal pourvoyeur d&#8217;emplois et de revenus pour une large partie de la population.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;agriculture au cœur du projet de refondation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son intervention, le président de la Transition a placé l&rsquo;agriculture au centre du projet de transformation économique porté par les autorités maliennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>C&rsquo;est grâce au courage, à la résilience et à la détermination des producteurs que nous relevons progressivement le défi de la transformation et de la modernisation de notre agriculture</em>&nbsp;», a déclaré Assimi Goïta devant les participants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chef de l&rsquo;État a réaffirmé sa volonté de faire du secteur agricole un moteur de croissance, de création de richesses et de stabilité sociale. Une ambition qui s&rsquo;inscrit dans la Vision 2063 du Mali et dans la Stratégie nationale pour l&rsquo;émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033), dont l&rsquo;un des axes majeurs repose sur le développement des chaînes de valeur agricoles à travers les futurs agropoles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte régional marqué par les défis sécuritaires, climatiques et économiques, Bamako considère désormais la souveraineté alimentaire comme un enjeu stratégique au même titre que la sécurité nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des mesures concrètes pour la campagne 2026</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour soutenir les producteurs face à la hausse des coûts de production et préserver la compétitivité des filières, plusieurs mesures d&rsquo;accompagnement ont été annoncées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le prix subventionné du kilogramme de coton graine de premier choix est fixé à 300 FCFA. Les autorités maintiennent également une politique de soutien aux intrants agricoles avec un prix subventionné de 15 000 FCFA pour le sac de 50 kilogrammes d&rsquo;engrais minéraux et de 3 000 FCFA pour les engrais organiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les semences améliorées bénéficient elles aussi d&rsquo;un accompagnement public. Le kilogramme de semence hybride de maïs est fixé à 1 500 FCFA tandis que le biostimulant OVALIS sera proposé à 17 500 FCFA le kilogramme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre décision importante : le maintien de l&rsquo;affectation de 10 % des graines de coton aux huileries agréées destinées à l&rsquo;alimentation animale, une mesure saluée par les acteurs des filières élevage et agriculture.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une résilience agricole malgré les difficultés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les contraintes sécuritaires et les aléas climatiques, les résultats provisoires de la campagne écoulée témoignent, selon les autorités, de la capacité de résistance du secteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre de l&rsquo;Agriculture a présenté des chiffres encourageants : plus de 11,4 millions de tonnes de céréales produites, 433 700 tonnes de coton, près de 158 000 tonnes de viande contrôlée, plus de 17 000 tonnes de lait collecté et plus de 122 000 tonnes de poisson.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des performances qui traduisent, selon le gouvernement, les effets des politiques de soutien engagées ces dernières années.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le monde rural salue les efforts de l&rsquo;État</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au nom des producteurs, le président de l&rsquo;Assemblée permanente des chambres d&rsquo;agriculture du Mali (APCAM), Sanoussy Bouya Sylla, a salué les mesures prises par les autorités depuis cinq ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a notamment cité la récupération et la sécurisation des terres agricoles de Samanko, les programmes de subvention des tracteurs, la détaxation des aliments destinés à l&rsquo;aviculture et à la pisciculture, la criminalisation du vol de bétail ou encore les achats institutionnels de riz directement auprès des producteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autant d&rsquo;initiatives qui, selon les représentants du monde rural, ont contribué à améliorer les conditions de production et à renforcer la résilience des exploitations agricoles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les organisations professionnelles ont toutefois rappelé plusieurs défis à relever, notamment les difficultés d&rsquo;approvisionnement en poussins d&rsquo;un jour pour les éleveurs, les risques liés aux prévisions d&rsquo;un hivernage déficitaire et la nécessité d&rsquo;accélérer l&rsquo;opérationnalisation du Fonds national d&rsquo;appui à l&rsquo;agriculture afin de faciliter l&rsquo;accès au financement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La souveraineté alimentaire comme horizon</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au terme de cette 16ᵉ édition du Conseil supérieur de l&rsquo;agriculture, un consensus émerge : face aux défis économiques et géopolitiques, le Mali entend faire de son agriculture un instrument de souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers le projet structurant «&nbsp;<em>Farafinna Jigine</em>&nbsp;» et la Vision 2063, les autorités misent sur la modernisation des exploitations, l&rsquo;industrialisation des filières agricoles et la valorisation des productions locales pour réduire la dépendance alimentaire du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte de recomposition économique et politique, l&rsquo;agriculture apparaît plus que jamais comme l&rsquo;un des leviers majeurs de la stratégie de refondation portée par les autorités de la Transition. Une ambition qui devra désormais se mesurer aux réalités du terrain et aux défis climatiques qui attendent la campagne 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oumar Fomba </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : l’Office du Niger veut changer d’échelle et s’imposer comme un agropole continental</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Apr 2026 14:29:41 +0000</pubDate>
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<p>La 56ᵉ session du Conseil d’administration de l'Office du Niger adresse les défis et ambitions pour transformer la zone agricole.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au cœur de la stratégie de souveraineté alimentaire du Mali, l’Office du Niger affiche ses ambitions de transformation structurelle. Lors de la 56ᵉ session de son Conseil d’administration, tenue à Bamako, ses responsables ont dressé un bilan contrasté de l’année 2024 tout en réaffirmant une vision ambitieuse : faire de cette zone agricole un véritable agropole de référence à l’échelle continentale.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Réuni le 7 avril à Bamako, le conseil d’administration de l’Office du Niger a affiché l’ambition de transformer cette vaste zone agricole en véritable pôle agro-industriel de référence en Afrique de l’Ouest. Malgré des performances globalement solides en 2024, l’institution fait face à des contraintes structurelles persistantes, entre déficit de financements, fragilité sécuritaire et limites d’infrastructures.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-ambition-d-agropole-a-l-horizon-2063"><strong>Une ambition d’agropole à l’horizon 2063</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Présidant la 56e session du conseil d’administration, le PDG, Samba Bocary Tounkara, a mis l’accent sur la nécessité de «&nbsp;<em>faire de l’Office du Niger un agropole majeur</em>&nbsp;», capable de structurer durablement les filières agricoles stratégiques. Riz, canne à sucre, oignon, élevage ou encore pisciculture doivent constituer les piliers de cette transformation, à laquelle s’ajoute désormais le blé, introduit pour répondre à une demande nationale croissante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec un potentiel estimé à plus de 2,4 millions d’hectares, dont près de 1,45 million irrigables par gravité, la zone Office du Niger apparaît comme l’un des leviers essentiels de la souveraineté alimentaire du Mali. Cette ambition s’inscrit dans la vision stratégique nationale à long terme, notamment la stratégie «&nbsp;<em>Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma</em>&nbsp;» et la SNEDD 2024-2033.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour concrétiser cette trajectoire, deux outils structurants sont en cours de finalisation : la Stratégie de développement global à l’horizon 2063 (SDG-ON 2063) et le Plan d’action pour le renouveau (PAR-ON), destinés à impulser une transformation structurelle du modèle agricole.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-performances-solides-mais-contrastees"><strong>Des performances solides, mais contrastées</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan opérationnel, la campagne agricole 2024-2025 est jugée globalement satisfaisante. La superficie exploitée a atteint près de 132 000 hectares, soit plus de 92 % des objectifs, en progression par rapport à la campagne précédente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La production de riz paddy s’est établie à plus de 773 000 tonnes, en hausse de plus de 22 000 tonnes. Le rendement moyen, autour de 5,86 tonnes par hectare, reste toutefois légèrement inférieur aux prévisions. Ces résultats ont été favorisés par une pluviométrie favorable et une meilleure disponibilité de l’eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, les performances apparaissent plus mitigées dans les autres segments. Le maraîchage affiche un taux de réalisation d’environ 70 %, tandis que la diversification agricole plafonne à un peu plus de 55 %. Une situation en partie liée au recentrage des producteurs sur le riz de contre-saison, jugé plus rentable dans un contexte incertain.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-contraintes-structurelles-persistantes"><strong>Des contraintes structurelles persistantes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ces résultats encourageants, plusieurs obstacles continuent de freiner le développement de l’Office du Niger. Parmi eux : l’accès tardif aux engrais subventionnés, le manque de main-d’œuvre et d’équipements agricoles, ainsi que l’entretien insuffisant des infrastructures hydrauliques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question du financement demeure également centrale. Sur les 5,5 milliards de FCFA attendus, l’État n’a mobilisé que 45,44 % des ressources prévues en 2024, avec un unique décaissement partiel en fin d’année. À l’inverse, la redevance-eau affiche un taux de recouvrement élevé, supérieur à 92 %, traduisant une relative efficacité dans la mobilisation des ressources internes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan financier, l’établissement reste globalement stable, avec un chiffre d’affaires de 7,63 milliards de FCFA et un résultat net bénéficiaire, bien que modeste, de 9,35 millions de FCFA.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-partenariats-et-securite-conditions-du-decollage"><strong>Partenariats et sécurité, conditions du décollage</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte sécuritaire encore fragile, le PDG a souligné le rôle déterminant des Forces armées maliennes dans la stabilisation de la zone, condition indispensable à la poursuite des activités agricoles. Il a également salué l’appui des partenaires internationaux, notamment la coopération allemande, qui finance le projet d’irrigation de N’Débougou IV à hauteur de 26 milliards de FCFA, et la coopération néerlandaise à travers le projet PRODEAU.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des chiffres, cette 56e session confirme le rôle stratégique de l’Office du Niger dans la politique agricole malienne. Dans un pays où la sécurité alimentaire reste un enjeu majeur, la transformation de cette zone en agropole intégré constituera un tournant décisif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais entre ambitions affichées et contraintes structurelles, la réussite de ce pari dépendra d’une mobilisation accrue des ressources, d’une meilleure gouvernance et d’une stabilisation durable des zones de production.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Production agricole en forte progression : l’État augmente la mise à 164,4 milliards FCFA</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Apr 2026 07:13:36 +0000</pubDate>
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<p>La hausse de la production agricole au Mali est essentielle face aux défis climatiques et à l'insécurité. Découvrez les initiatives.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réuni à Bamako,</em></strong>&nbsp;<strong><em>le 2 avril 2026, le gouvernement malien affiche sa volonté de consolider les performances du secteur agricole, pilier de l’économie nationale. À l’occasion de la 16ᵉ session du Comité exécutif national de l’agriculture, les autorités ont dressé un bilan jugé « encourageant » de la campagne 2025 et fixé des objectifs ambitieux pour les années à venir, dans un contexte marqué par l’insécurité et les effets du changement climatique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte de pressions climatiques, d’insécurité persistante et de recomposition économique, le Mali mise sur son agriculture comme pilier stratégique de souveraineté. A Bamako, le Comité exécutif national de l’agriculture dessine les contours d’une ambition : produire plus, transformer localement et sécuriser durablement les revenus des producteurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-campagne-2025-portee-par-la-resilience-des-producteurs"><strong>Une campagne 2025 portée par la résilience des producteurs</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Présidée à la Primature par le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, la 16ᵉ session du Comité exécutif national de l’agriculture (CENA) s’inscrivait en amont du Conseil supérieur de l’agriculture, placé sous l’autorité du chef de l’État, le général d’armée Assimi Goïta.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Instance de concertation entre l’exécutif et les acteurs du monde rural, cette réunion a permis d’évaluer la campagne agricole 2025, tout en définissant les priorités pour 2026 et les perspectives à moyen terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré un environnement contraint, les résultats de la dernière campagne sont jugés solides. Le Mali a enregistré une production céréalière de plus de 11,4 millions de tonnes, à laquelle s’ajoutent 433 700 tonnes de coton, 157 775 tonnes de viande contrôlée, 17 238 tonnes de lait collecté et 122 671 tonnes de poisson.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-objectifs-ambitieux-pour-2026"><strong>Des objectifs ambitieux pour 2026</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Ces performances témoignent de la résilience remarquable de nos producteurs</em>&nbsp;», a salué le chef du gouvernement, rendant également hommage aux forces de défense et aux acteurs logistiques, essentiels à l’approvisionnement du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la campagne 2026, les autorités entendent poursuivre cette dynamique. Les projections tablent sur une production céréalière de près de 11,9 millions de tonnes, tandis que la filière coton – stratégique pour les exportations – pourrait atteindre 598 500 tonnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan budgétaire, l’État prévoit d’allouer 164,4 milliards de francs CFA au secteur agricole, en légère hausse par rapport à 2025 (+2 %). Une progression mesurée, mais qui traduit la volonté de maintenir l’effort public dans un contexte de contraintes financières.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-eau-foncier-mecanisation-les-chantiers-prioritaires"><strong>Eau, foncier, mécanisation : les chantiers prioritaires</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des chiffres, la stratégie agricole malienne repose sur plusieurs axes structurants. Parmi les priorités figurent l’accélération de la maîtrise de l’eau, avec le développement d’aménagements hydro-agricoles, ainsi que la réforme du foncier rural, enjeu clé pour sécuriser les exploitations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement mise également sur la mécanisation des systèmes de production, le développement de l’agro-industrie et la transformation locale des produits agricoles, afin de capter davantage de valeur ajoutée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre levier identifié : le renforcement des mécanismes de financement du secteur, couplé à une meilleure adaptation aux effets du changement climatique, désormais au cœur des préoccupations.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-structurer-les-filieres-pour-conquerir-les-marches"><strong>Structurer les filières pour conquérir les marchés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les discussions ont également porté sur la nécessité de bâtir des organisations interprofessionnelles solides. L’objectif est de structurer les filières agricoles pour améliorer leur compétitivité, faciliter l’accès aux marchés et tirer parti des achats institutionnels de l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette orientation s’inscrit dans une vision plus large, adossée au référentiel stratégique national, visant à faire de l’agriculture un moteur de souveraineté économique et alimentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les indicateurs sont encourageants, les défis restent nombreux. L’insécurité persistante dans certaines zones rurales, les aléas climatiques et les contraintes logistiques continuent de peser sur les capacités de production.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
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		<title>Mali : résultats agricoles satisfaisants à l’OHVN, un autre progrès vers l’autosuffisance alimentaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sidi Modibo Coulibaly]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Mar 2026 17:52:28 +0000</pubDate>
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<p>L'Office de la Haute Vallée du Niger (OHVN) joue un rôle clé dans le développement agricole et la sécurité alimentaire au Mali.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Aucun pays ne peut prétendre à la souveraineté s’il n’a pas réussi l’autosuffisance alimentaire. En d’autres termes, un pays doit pouvoir se nourrir de ce qu’il produit. C’est ce à quoi les autorités de la transition s’attèlent depuis leur installation à la tête du pays. Ainsi, elles ont initié diverses actions dont les résultats s’annoncent satisfaisants. L’une de ces initiatives est la publication récente du bilan élogieux, au titre de la campagne agricole écoulée, de l’Office de la Haute Vallée du Niger (OHVN), une structure nationale de production agricole.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’agriculture est au cœur de la société, de l’économie et du développement du Mali. Elle occupe 70 % de la population active, contribue à plus de 40 % du PIB (produit intérieur brut) et fournit près de 40 % des recettes d’exportation du pays. Elle est soutenue par l’État à travers plusieurs structures de production agricole, telles que la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT), l’Office du Niger (ON), le Programme national du système de riziculture intensive (PN-SRI), le Programme national d’irrigation de proximité, le Programme de développement de l’irrigation dans le bassin du Bani et de Sélingué (PDI-BS), le Projet de mise en valeur des plaines rizicoles de Tombouctou, l’Office riz, ainsi que l’Office de la Haute Vallée du Niger (OHVN). Celui-ci a rendu public, lors de la dernière session de son conseil d’administration, le bilan de sa campagne écoulée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-excedent-cerealier-de-7-388-tonnes"><strong>Un excédent céréalier de 7 388 tonnes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tenue le jeudi 12 février 2026 à Ségou — la 34ᵉ du genre — cette session de l’OHVN a présenté les résultats de la dernière campagne et affiché ses ambitions pour celle de 2026. Au titre de la campagne 2025, les objectifs de production végétale ont enregistré des résultats globalement satisfaisants. Il a été produit 347 964 tonnes de céréales, soit un taux de réalisation de 82 % ; 19 200 tonnes de coton graine (70 %) ; 54 351 tonnes de légumineuses (79 %) ; 4 859 tonnes de sésame (72 %) ; et 134 035 tonnes de légumes (91 %). À la lecture de ces performances, on constate un excédent céréalier estimé à 7 388 tonnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, le conseil d’administration a indiqué que, dans le cadre de la modernisation de l’agriculture, 25 exploitations familiales ont été dotées d’équipements agricoles, trois magasins de stockage d’intrants ont été réhabilités et deux magasins de stockage de sésame bio ont été construits. En ce qui concerne la subvention des intrants agricoles, 6 025 tonnes d’engrais minéraux ont été mises à la disposition des exploitants et exploitantes de la zone OHVN.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-ohvn-couvre-796-villages-et-707-hameaux"><strong>L’OHVN couvre 796 villages et 707 hameaux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La session du conseil d’administration a fixé, pour la campagne agricole 2026, les objectifs suivants : 388 306 tonnes de céréales ; 58 864 tonnes de légumineuses ; 27 801 tonnes de coton graine ; 6 314 tonnes de sésame ; et 233 649 tonnes de légumes. Pour atteindre ces résultats, un budget équilibré en recettes et en dépenses de 5 753 630 849 francs CFA est prévu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Office de la Haute Vallée du Niger est un établissement public à caractère administratif, créé par l’ordonnance n°91-048/PCTSP du 21 août 1991 et basé à Bamako. Il a pour mission principale la promotion des cultures vivrières et industrielles dans sa zone d’intervention, couvrant la Haute Vallée du fleuve Niger. Celle-ci comprend administrativement les cercles de Kati, Kangaba et Koulikoro, pour une superficie de 26 000 km² dont 75 % de terres arables. La zone compte 54 communes, totalisant 796 villages, 707 hameaux et 48 980 exploitations agricoles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’OHVN fournit un encadrement technique aux agriculteurs afin de développer les cultures vivrières et de rente, notamment le coton. Il accompagne également les producteurs pour améliorer les techniques agricoles et accroître les rendements.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sidi Modibo Coulibaly</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Villages sans jeunes : qui reste quand l’avenir part ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 07:32:08 +0000</pubDate>
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<p>L'exode rural n'est pas qu'une absence, c'est une nouvelle norme. Découvrez son effet sur les anciennes structures villageoises.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ils sont partis vers les villes, les mines d’or ou l’étranger. Dans les villages maliens, l’absence des jeunes n’est plus une parenthèse mais une nouvelle norme. Ce vide recompose en profondeur le pouvoir, le travail et la transmission, laissant aux femmes, aux anciens et aux enfants la charge de faire tenir un monde rural sous perfusion migratoire.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après le rapport de l’ONU sur l’urbanisation mondiale, <em>World Urbanization Prospects</em>, publié le 18 novembre 2025, 81 % de la population mondiale vit en zone urbaine en 2025, contre 55 % dans le précédent rapport de 2018. Selon ces travaux, 45 % de la population mondiale réside dans de grands centres urbains, dont la majorité compte moins de 250 000 habitants, tandis que 36 % vit dans de plus petites villes. Les 19 % restants demeurent en milieu rural, souligne l’hebdomadaire britannique citant le rapport.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les dynamiques de cette urbanisation varient fortement selon les régions du monde. En Asie, l’exode rural constitue le principal moteur, les populations quittant les campagnes pour poursuivre des études supérieures ou accéder à l’emploi. En Europe et en Amérique du Nord, la croissance des villes est surtout alimentée par la migration internationale. En Afrique subsaharienne, en revanche, l’augmentation de la population urbaine s’explique avant tout par un taux de natalité supérieur au taux de mortalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand les jeunes partent, le village ne meurt pas. Il se transforme. Il se recompose autour de ceux qui restent, de l’argent qui revient, et de liens désormais entretenus à distance. Au Mali, plus d’une personne sur deux vit encore en milieu rural, mais cette réalité statistique masque une mutation profonde : dans de nombreux villages, la jeunesse active a déserté l’espace local pour rejoindre Bamako, les sites d’orpaillage ou les routes de la migration régionale et transsaharienne. Ce qui était autrefois un passage saisonnier est devenu une structure sociale durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exode rural ne vide pas seulement les villages, il redéfinit le pouvoir, le travail et la mémoire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-qui-tient-encore"><strong>Qui tient encore ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les campagnes maliennes, ce sont d’abord les anciens qui restent. Ils détiennent la mémoire, incarnent l’autorité coutumière, arbitrent les conflits et gardent la parole collective. Mais leur pouvoir est désormais dissocié de la force de travail. « <em>Nous gardons les champs, mais nos forces sont parties </em>», nous résume un chef de village, dans la région de Dioïla.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À leurs côtés, les femmes tiennent l’essentiel. Elles assurent la production vivrière, l’éducation des enfants, le petit commerce, parfois même la gestion informelle du foncier et des récoltes. Dans des villages où les hommes de 18 à 35 ans sont absents une grande partie de l’année, l’organisation quotidienne est massivement féminisée, sans que cette réalité ne se traduise par une reconnaissance institutionnelle. Les femmes portent la survie économique, mais restent largement exclues des espaces formels de décision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enfants, enfin, grandissent dans cet entre-deux. Ils apprennent très tôt que l’horizon ne se situe pas nécessairement là où ils sont nés. Le départ devient une norme avant même l’enracinement.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-ceux-qui-travaillent-ne-sont-pas-forcement-ceux-qui-decident-nbsp"><strong>Ceux qui travaillent ne sont pas forcément ceux qui décident&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le pouvoir villageois ne se limite plus au chef et au conseil des anciens. Il circule désormais avec l’argent et la mobilité. Les transferts financiers des migrants – plusieurs centaines de milliards de francs CFA chaque année – ont profondément modifié les équilibres locaux. Celui qui finance un forage, une salle de classe, une mosquée ou une moto-pompe agricole exerce une influence décisive, même à distance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi se met en place une gouvernance éclatée, où la décision se négocie entre tradition locale et contributions extérieures. Les jeunes partis continuent de peser sur les choix collectifs depuis Bamako, Abidjan ou plus loin encore. Le village devient un espace administré à plusieurs niveaux, où l’autorité symbolique reste sur place tandis que le pouvoir financier circule.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali demeure un pays majoritairement rural, mais ceux qui travaillent effectivement la terre ne sont plus ceux qui la travailleront demain. L’agriculture repose de plus en plus sur les femmes, les jeunes restés faute d’alternative, et les anciens encore valides. Les champs sont parfois abandonnés, parfois sous-exploités, parfois entretenus en attendant un retour hypothétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le travail rural se fragmente : agriculture saisonnière, petits métiers informels, migration temporaire, projets financés par les remises. Cette diversification permet de survivre, mais fragilise la continuité productive. Le village ne produit plus seulement pour se nourrir : il produit pour rester connecté à ceux qui sont partis.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-transmission-intergenerationnelle-serieusement-entamee-nbsp"><strong>La transmission intergénérationnelle sérieusement entamée&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, ce qui disparaît le plus lentement – mais le plus sûrement – ce sont les savoirs. La transmission intergénérationnelle, autrefois fondée sur la proximité quotidienne, se délite. Les initiations, les gestes agricoles, les récits fondateurs, l’apprentissage des métiers traditionnels se raréfient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mémoire n’est pas effacée, mais déplacée. Elle circule désormais par téléphone, messages vocaux, appels vidéo. Les anciens parlent à des jeunes absents. Les normes se négocient à distance. Le village se souvient sans toujours pouvoir transmettre pleinement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agit pas de folklore perdu, mais d’une rupture intergénérationnelle silencieuse, aux conséquences durables sur l’identité rurale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-tensions-invisibles"><strong>Les tensions invisibles</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’exode rural n’est pas une success story unanime. Il génère des jalousies autour des envois d’argent, des soupçons à l’égard de ceux qui ne partent pas, une dévalorisation sociale des jeunes restés. Les femmes, souvent seules pendant de longues périodes, subissent contrôles et rumeurs. Le village, loin d’être apaisé, devient parfois un espace de tensions feutrées, où chacun dépend de quelqu’un qui n’est pas là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les villages ne sont plus peuplés de jeunes, à qui appartiendra demain le monde rural malien ? À ceux qui restent sans pouvoir partir ? À ceux qui décident depuis ailleurs ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le véritable exode n’est peut-être pas celui des corps, mais celui de l’avenir. Tant que le village ne sera pensé que comme un lieu de départ – et non comme un espace d’opportunités, de droits et de projection – il continuera de se vider de sa jeunesse, tout en survivant grâce à elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Bilan de la campagne agricole 2025 au Mali :  des résultats supérieurs à ceux de 2024</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sidi Modibo Coulibaly]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Dec 2025 08:13:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le bilan de la campagne agricole 2025 au Mali révèle des résultats améliorés. Apprenez-en plus sur ces avancées significatives.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>De tous les secteurs de développement d&rsquo;un pays, l&rsquo;agriculture occupe une place prépondérante. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;agriculture et toutes les activités connexes que sont : l&rsquo;élevage, la pisciculture, l&rsquo;aquaculture, etc. En cette fin de campagne agricole 2025, les autorités nationales chargées du développement rural ont procédé à l&rsquo;établissement du bilan. Il ressort de leur rencontre que les résultats obtenus sont supérieurs à ceux de la campagne agricole de 2024.</em></strong></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre qui s&rsquo;est tenue, le jeudi 04 décembre 2025, a regroupé les cabinets des ministères de l&rsquo;agriculture, de l&rsquo;élevage et de la pêche, le commissariat à la sécurité alimentaire. Elle&nbsp;était présidée par le ministre de l&rsquo;agriculture, Daniel Siméon Kelema, en présence de son collègue de l’Elevage et de la&nbsp;Pêche, Youba Ba, et du commissaire à la sécurité alimentaire, Redouane Ag Mohamed Ali.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours de la réunion, il a été présenté les réalisations suivantes:&nbsp;11.452.540 tonnes de céréales ; 100.690 tonnes de viande ; 17.238 tonnes de lait collecté; et 120.382 tonnes de poissons. Des résultats nettement supérieurs à ceux de l&rsquo;année 2024 au cours de laquelle il a été enregistré environ 11.010.851 tonnes de céréales, 569.300 tonnes de coton, 96.750 tonnes de viande contrôlée et 113.218 tonnes de poisson.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces résultats de l&rsquo;année 2024 avaient été données,&nbsp;le jeudi 30 janvier 2025, lors des travaux de la 15ème session du conseil élargi de cabinet du secteur du développement rural (les deux départements ministériels et le commissariat à la sécurité alimentaire).</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-mesures-ayant-permis-d-enregistrer-des-progres"><strong>Les mesures ayant permis d&rsquo;enregistrer des progrès</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour obtenir ces résultats, le gouvernement avait pris les mesures qui s&rsquo;imposaient. Ces mesures avaient été annoncées par le ministre de l&rsquo;Agriculture, Daniel Siméon Kelema, lors d&rsquo;un point de presse tenu le mardi 24 juin 2025 à son département.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;après le ministre, il s&rsquo;agit, entre autres, de la mise à disposition&nbsp;des&nbsp;exploitants agricoles des intrants et équipements subventionnés ; du contrôle de qualité des intrants agricoles ; de la mise en valeur de 552.254 ha d’aménagements hydro-agricoles ; du renforcement des mesures de protection des cultures contre les ravageurs. En plus de ces aspects, il s’agit aussi&nbsp;de la promotion de l’agriculture contractuelle à travers le développement des Interprofessions ; du paiement du reliquat des recettes de coton graine dans un délai raisonnable aux producteurs de coton ; et du maintien du prix d’achat du coton graine à 300f CFA le kilogramme.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Présent à ses côtés, le&nbsp;Président&nbsp;directeur général de la Compagnie malienne de développement textile ( CMDT), Kouloumegué Dembélé, a précisé que concernant le taux de réalisation de la campagne 2025-2026, les objectifs sont ambitieux avec une superficie totale de 672.000 ha, et le taux de réalisation est 38,03% contre 26,90% à la même période l&rsquo;année précédente.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-agriculture-une-priorite-du-gouvernement-nbsp"><strong>L&rsquo;agriculture, une priorité du gouvernement&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon une étude publiée en février 2024 dans la revue « <em>Pnas Nexus</em>« , &nbsp;l&rsquo;agriculture au Mali occupe 70 % de la population active et contribue à plus de 40 % du PIB ( produit intérieur brut). Elle représente la principale source de revenus pour 80 % des populations rurales et génère près de 30 % des recettes d’exportation.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pays dispose de 43,7 millions d’hectares de terres agricoles utilisables, dont seulement 4,5 % sont cultivés ; de 2,2 millions d’hectares aménageables, dont 23,5 % sont exploités ; de 14 millions de bovins, 58 millions d’ovins et caprins, 1,3 million de camelins, 63 millions de volailles ; de 70 milliards de mètres cubes d’eaux de surface et 2 720 milliards de m³ d’eaux souterraines.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, il dispose d’un potentiel de production piscicole d’environ 200 000 tonnes par an et d’un potentiel forestier de 100 millions d’hectares, dont 17 % sont aujourd’hui productifs, avec 7 millions de tonnes par an de potentiel de régénération naturelle. Pour mieux exploiter cet énorme potentiel au bénéfice des populations, le gouvernement l&rsquo;a placé au cœur de la Vision « <em>Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma</em> » et de la Stratégie Nationale pour l’Émergence et le Développement Durable (SNEDD 2024-2033). Dans cette stratégie, il est inscrit comme projet structurant sous le nom de &nbsp;«&nbsp;<em>FARAFINNA JIGINƐ&nbsp;</em>» qui signifie «&nbsp;<em>Nourrir le Mali et la Sous-région</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-assistance-alimentaire-gratuite-composee-de-22-700-tonnes-de-cereales">Une assistance alimentaire gratuite composée de 22 700 tonnes de céréales </h2>



<p class="wp-block-paragraph">A signaler que selon le cadre harmonisé sur la situation alimentaire du pays en 2025 effectué, en novembre 2024, par les autorités maliennes et les partenaires internationaux en la matière, &nbsp;1 470 114 millions de personnes au Mali seront en situation de crise alimentaire, avec 100 941 personnes en situation d&rsquo;urgence.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En d&rsquo;autres termes, selon le programme alimentaire mondial (PAM), dans une publication en date du 17 mars 2025, le Mali sera confronté, en 2025, à une situation alimentaire tendue. Les bons résultats enregistrés par la campagne agricole de 2025 constituent une bouffée d&rsquo;oxygène pour le Mali.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils permettront de juguler cette prévision d&rsquo;insécurité alimentaire en facilitant la mise en œuvre du plan national de réponses à l&rsquo;insécurité alimentaire dont le budget est de 12 milliards de FCFA. Un montant qui est destiné à fournir une assistance alimentaire gratuite composée de 22 700 tonnes de céréales destinées aux populations les plus vulnérables, environ 11 500 tonnes de riz à la vente subventionnée et le reste pour soutenir les maraîchers, les pisciculteurs et les actions de restauration des terres dégradées.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sidi Modibo C</strong><strong>oulibaly</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Production de riz à Tombouctou : plus de 10 000 tonnes attendues à travers le PMPRT</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sidi Modibo Coulibaly]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Oct 2025 08:09:18 +0000</pubDate>
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<p>Informez-vous sur la production de riz à Tombouctou et le Programme national relatif à l'intensification de la riziculture au Mali.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Mali est le troisième producteur de riz en Afrique après le Nigéria et la Guinée. Il couvre environ 80&nbsp;% de ses besoins en riz blanchi. Malgré cela, il importe du riz. Face à cette problématique, le gouvernement a élaboré son Programme national de mise à l’échelle du Système de Riziculture intensif (PN-SRI). Un aspect de la mise en œuvre de ce plan s’est concrétisé par le lancement du Projet de Mise en Valeur des Plaines rizicoles de Tombouctou (PMPRT).</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’était le 16&nbsp;octobre 2025 dans le cadre de la visite du Premier ministre à Tombouctou. Le général de division Abdoulaye Maïga a donné le premier coup de pelle démarrant ainsi les activités du PMPRT qui couvre les plaines de Koriomé, Hamadia et Daye dans les communes de Tombouctou et Alafia. La mise en œuvre du PMPRT devrait remédier d’une part aux dégradations constatées sur le réseau hydraulique et d’autre part consolider les acquis du projet d’appui au développement rural des plaines de Daye, Hamadia et Koriomé exécuté entre 2001 et 2011.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est financé par la Banque ouest-africaines de Développement (BOAD) à hauteur de 8&nbsp;milliards de FCFA pour une période de 5&nbsp;ans. Il ambitionne de produire 10 400&nbsp;tonnes de riz et 2 500&nbsp;tonnes de produits de maraichage. Il concernera 2 500&nbsp;coopératives de producteurs et 15 000&nbsp;exploitants. Les plaines rizicoles de Daye, Hamadia et Koriomé représentent le grenier de Tombouctou et jouent un rôle stratégique dans la sécurité alimentaire de la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-en-quoi-consiste-le-systeme-de-riziculture-intensif-sri"><strong>En quoi consiste le système de riziculture intensif (SRI) ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le SRI est une méthode adaptée au changement climatique. Il offre un énorme potentiel pour intégrer des méthodes de culture adaptées au climat et écologiquement durables. Il s’avère être l’une des solutions fiables. En effet, les résultats de la recherche ont prouvé que le SRI est considéré comme une méthode innovante et intelligente face au changement climatique qui influence significativement les méthodes de culture conventionnelles du riz.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, le SRI permet d’augmenter la production tout en protégeant l’environnement grâce à une utilisation plus efficace des ressources et une réduction considérable de l’utilisation des produits chimiques. D’après le Premier ministre,&nbsp;les objectifs du SRI cadrent parfaitement avec le cadre de référence pour la politique de développement du Mali. Un cadre qui est constitué de la Vision « <em>Mali Kura netaasira ka ben san 2063 ma</em> » et la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable&nbsp;2024-2033. C’était à l’occasion de l’ouverture à Bamako, le 05&nbsp;mai 2025, du&nbsp;« <em>Forum régional sur la transformation vers des systèmes agricoles durables, partage d’expériences de mise à échelle, financement et institutionnalisation du système de riziculture intensif (PN-SRI) en Afrique de l’Ouest </em>». Un forum qui a regroupé treize (13) pays africains.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-mali-a-prepare-le-financement-de-son-plan-sri"><strong>Le Mali a préparé le financement de son plan SRI</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’était le jeudi&nbsp;17&nbsp;avril 2025 à Bamako à travers un forum national. Au cours de ce forum, les experts maliens ont discuté de la mise en œuvre de la feuille de route de 10&nbsp;ans initiée par le ministère de l’Agriculture avec l’appui de la coopération allemande (GIZ-Mali). Il est ressorti que la réalisation de cette feuille de route nécessitera un investissement total de 14,1&nbsp;milliards de francs CFA.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement s’engage à prendre en charge 60&nbsp;% du budget et sollicite l’appui des partenaires techniques et financiers pour les 40&nbsp;% restants. Avec cette mise en œuvre, les autorités envisagent d’augmenter la production locale de riz paddy de 83&nbsp;%, à terme, pour atteindre 5,5&nbsp;millions de tonnes, contre une récolte actuelle de 3&nbsp;millions de tonnes. Cet objectif, s’il est atteint, devrait permettre au Mali de réduire considérablement sa dépendance aux importations, voire réaliser l’autosuffisance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Signalons qu’il ressort des dernières projections formulées par le Département américain de l’Agriculture que le Mali devrait importer 420 000&nbsp;tonnes de riz en 2025. Avec la mise en œuvre de son Programme national de mise à l’échelle du Système de Riziculture intensif (PN-SRI), le pays pourrait non seulement se libérer durablement de sa dépendance aux importations de riz, mais aussi positionner sa production excédentaire sur les marchés régionaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sidi Modibo COULIBALY</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>BNDA, 100 % malienne : Paris se retire, Bamako avance</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Aug 2025 13:02:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le Mali tourne une page avec l'achat des parts de la BNDA, affirmant sa souveraineté économique dans un contexte diplomatique tendu.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En rachetant les parts de l’Agence Française de Développement dans la BNDA,&nbsp;</em></strong><strong><em>le Mali&nbsp;tourne une page vieille de quarante ans. Un geste financier en apparence, un acte politique en réalité : celui d’un État qui, dans un contexte de refroidissement diplomatique avec Paris, revendique la pleine propriété d’un outil stratégique pour son monde rural.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mercredi 13 août 2025, sous les plafonds sobres mais chargés d’histoire du palais de Koulouba, le Conseil des ministres a tenu sa session ordinaire. Aux commandes, le Général d’Armée Assimi Goïta a présidé la séance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au menu, un dossier qui fleure bon la souveraineté économique : la Banque Nationale de Développement Agricole (BNDA). Née il y a quarante-quatre ans, à une époque où le Mali croyait encore au miracle du coton et aux coopératives villageoises, l’institution s’est taillé une place à part dans l’architecture financière du pays. Mission affichée : irriguer de crédits le monde rural, des champs de mil aux pirogues de pêcheurs, de l’habitat villageois aux ateliers d’artisans, en passant par la transformation et la commercialisation des produits agricoles.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-reprendre-la-main-sur-les-leviers-economiques"><strong>« Reprendre la main » sur les leviers économiques</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’ici, son capital de 61,6 milliards de francs CFA était détenu aux trois quarts par l’État malien (77,33 %) et, pour le reste, par l’Agence Française de Développement (AFD), cet allié discret mais décisif qui aime autant les bilans comptables que les diagnostics macroéconomiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, coup de théâtre feutré. L’AFD a décidé de se retirer du capital, invoquant une stratégie de long terme où elle se rêve davantage prêteur que copropriétaire. Le pacte d’actionnaires prévoyait ce droit de sortie conjointe ; Bamako a dit oui. Et pas un oui hésitant. L’État rachète la totalité des parts de l’Agence, faisant passer sa participation à 100 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un projet de décret, adopté séance tenante, scelle l’affaire et détaille les modalités de libération de ces nouvelles actions. Plus qu’un simple réaménagement de capital, un symbole : celui d’une institution désormais entièrement nationale, dans un contexte où la tentation de «&nbsp;<em>reprendre la main</em>&nbsp;» sur les leviers économiques se conjugue de plus en plus souvent au présent de l’indicatif.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
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