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	<title>Archives des développement rural | Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des développement rural | Sahel Tribune</title>
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		<title>Économie verte : pourquoi le karité est un atout stratégique pour le Mali</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 09:00:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le karité s'impose comme l'un des piliers de l'économie verte au Mali. Portée par des millions de femmes rurales, cette filière stratégique alimente les marchés mondiaux tout en offrant un fort potentiel de transformation locale et de souveraineté économique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Pilier discret mais essentiel de l&rsquo;économie rurale malienne, la filière karité connaît une montée en puissance portée par une demande mondiale croissante. À l&rsquo;heure de l&rsquo;hivernage, des millions de femmes s&rsquo;activent pour collecter un trésor que l&rsquo;industrie cosmétique et agroalimentaire mondiale s&rsquo;arrache.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque année, dès que les premières pluies de l&rsquo;hivernage humectent les terres du Sahel, un ballet silencieux s&rsquo;organise dans les villages du Mali. Des femmes, souvent accompagnées de leurs enfants, s&rsquo;élancent à l&rsquo;aube vers les parcs arborés pour ramasser les noix de karité tombées au pied des arbres. Un geste ancestral, répété de génération en génération, qui alimente aujourd&rsquo;hui une filière estimée à plusieurs centaines de milliards de francs CFA et convoitée par les plus grandes multinationales de la cosmétique et de l&rsquo;agroalimentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali figure parmi <a href="https://www.ifc.org/fr/stories/2020/shea-nut-mali-fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les premiers producteurs mondiaux de karité</a>. Avec une ceinture de production s&rsquo;étendant des régions de Sikasso à Mopti, en passant par Ségou et Koulikoro, le pays abrite l&rsquo;une des plus grandes concentrations de <em>Vitellaria paradoxa</em> — le nom scientifique de l&rsquo;arbre à karité — du continent africain. On estime à plus de <a href="https://malijet.com/actualite_de_la_nation_malienne/22930-karite_beaucoup_de_travail_pour.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">40 millions le nombre d&rsquo;arbres</a> sur le territoire national, constituant un patrimoine naturel d&rsquo;une valeur inestimable.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;hivernage, temps fort d&rsquo;une économie féminine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La saison de collecte, qui coïncide avec l&rsquo;hivernage entre juin et août, est un moment charnière pour des millions de ménages ruraux. La cueillette des noix de karité représente souvent la principale source de revenus monétaires des femmes en zone rurale, dans un pays où leur <a href="https://saheltribune.com/femmes-rurales-maliennes-les-oubliees-de-lexode-qui-font-vivre-lagriculture/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">accès à la terre et au crédit</a> demeure structurellement limité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les noix sont d&rsquo;abord ramassées, puis bouillies, séchées, décortiquées, broyées et barattées selon un processus long et éprouvant, entièrement manuel dans la grande majorité des cas. De ce travail patient naît <a href="https://saheltribune.com/economie-locale-ulpk-dioila-une-union-agroecologique-qui-promeut-la-politique-genre-interview/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le beurre de karité</a> brut, produit à la couleur ivoire et à l&rsquo;odeur caractéristique, que les femmes vendent ensuite sur les marchés locaux ou cèdent à des collecteurs qui alimentent les circuits d&rsquo;exportation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les coopératives féminines jouent ici un rôle central. Structurées avec l&rsquo;appui d&rsquo;ONG, de l&rsquo;État et de partenaires internationaux, certaines d&rsquo;entre elles ont réussi à court-circuiter les intermédiaires pour accéder directement aux acheteurs internationaux, améliorant sensiblement leur part de la valeur ajoutée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une demande mondiale en plein essor</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le beurre de karité est devenu un ingrédient incontournable de l&rsquo;industrie cosmétique mondiale. Lotion hydratante, crème anti-âge, baume à lèvres, shampoing ou savon de luxe : les grands noms de la beauté — de&nbsp;<a href="https://www.loreal-finance.com/fr/rapport-activite-2016/the-body-shop">L&rsquo;Oréal à The Body Shop</a>, en passant par&nbsp;<a href="https://www.unilever.fr/">Unilever</a>&nbsp;— s&rsquo;approvisionnent massivement en Afrique de l&rsquo;Ouest. Le secteur agroalimentaire n&rsquo;est pas en reste : utilisé comme substitut au beurre de cacao dans la fabrication du chocolat, le karité répond à une demande croissante de l&rsquo;industrie sucrière européenne depuis la libéralisation des normes sur les matières grasses végétales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;échelle mondiale, le <a href="https://www.fao.org/fao-who-codexalimentarius/sh-proxy/en/?lnk=1&amp;url=https%253A%252F%252Fworkspace.fao.org%252Fsites%252Fcodex%252FMeetings%252FCX-709-29%252Ffo29_09_Add1f.pdf&amp;__cf_chl_f_tk=aFheUYEEDC70C46W_9xsgDitPHc2HEBmWjrKUsI2C6w-1782845055-1.0.1.1-3ln8k_YHt3rq47zzlgAoP.TeDll5bTnGPIZMBIfkWGk" target="_blank" rel="noreferrer noopener">marché du beurre de karité</a> est évalué à plusieurs milliards de dollars et affiche une croissance soutenue, portée par l&rsquo;engouement des consommateurs occidentaux et asiatiques pour les cosmétiques naturels et le commerce équitable. Une tendance dont le Mali peut et doit tirer davantage profit.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une valeur ajoutée encore trop faible</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, malgré ce potentiel considérable, <a href="https://bamada.net/produits-oleagineux-le-mali-suspend-lexportation-damandes-de-karite" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le Mali exportait encore l&rsquo;essentiel de sa production</a> sous forme brute ou semi-transformée. Les noix et le beurre non raffiné partent massivement vers l&rsquo;Europe et l&rsquo;Asie, où ils sont transformés, conditionnés et revendus à des prix sans commune mesure avec ceux pratiqués à la sortie des villages maliens. Cette situation prive le pays d&rsquo;une fraction substantielle de la richesse que génère la filière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les acteurs du secteur plaident depuis longtemps pour une montée en gamme : développement d&rsquo;unités industrielles de transformation locale, certification biologique et équitable, création de marques maliennes à l&rsquo;export, et meilleur accès des productrices aux marchés internationaux. Des initiatives existent — <a href="https://journaldumali.com/karite-lamande-produite-au-mali-sera-transformee-sur-place/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">quelques unités de transformation</a> ont vu le jour à Bamako et à Sikasso — mais elles restent insuffisantes au regard du volume de production national.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;État face à ses responsabilités</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement malien a affiché sa volonté de structurer davantage la filière. L&rsquo;Assemblée Permanente des Chambres d&rsquo;Agriculture du Mali (APCAM) et plusieurs agences étatiques œuvrent à l&rsquo;organisation des producteurs, à la normalisation de la qualité et à la promotion du karité malien sur les marchés internationaux. Des partenariats avec le secteur privé et des bailleurs de fonds internationaux ont permis de financer des programmes de renforcement des capacités des femmes transformatrices.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les défis demeurent immenses. L&rsquo;accès au financement reste la première contrainte des coopératives. La dégradation du couvert arboré, liée à la déforestation et aux changements climatiques, menace à long terme la ressource elle-même. Et la faiblesse des infrastructures rurales — routes impraticables en hivernage, manque d&rsquo;électricité, absence de stockage adéquat — continue de rogner les marges des productrices et de fragiliser la qualité des produits.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un or blanc à faire briller</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le karité malien a tous les atouts pour devenir un fleuron de l&rsquo;économie nationale et un symbole du développement inclusif : il est abondant, naturel, porté par des femmes entrepreneures et plébiscité par un marché mondial en croissance. Il ne manque, pour s&rsquo;imposer pleinement, que la volonté politique de transformer cet or blanc en levier de souveraineté économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les champs de l&rsquo;hivernage, pendant que les femmes s&rsquo;agenouillent pour ramasser les noix tombées, c&rsquo;est déjà, à leur échelle, cette souveraineté-là qu&rsquo;elles exercent, noix après noix, saison après saison.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Femmes rurales maliennes : les oubliées de l’exode qui font vivre l’agriculture</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Alors que les hommes quittent les campagnes, les femmes rurales maliennes assurent l’agriculture, l’éducation des enfants et la survie économique des villages.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Quand on parle d&rsquo;exode rural au Mali, on imagine des jeunes hommes prenant la route vers Bamako ou au-delà. Mais derrière chaque départ masculin, il y a une femme qui reste. Qui cultive. Qui élève les enfants. Qui nourrit la famille. Qui porte le village. Ces femmes rurales maliennes, piliers silencieux d&rsquo;une économie agricole en tension, sont les grandes absentes du débat sur la migration intérieure. Il est temps de leur rendre leur place.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;exode rural malien a un visage masculin. Ce sont majoritairement les hommes — jeunes fils, frères, maris — qui quittent les villages pour les villes ou l&rsquo;étranger. Derrière eux, les femmes demeurent. Non par choix systématique, mais par contrainte sociale, économique et familiale. Partir, pour une femme rurale malienne, c&rsquo;est souvent renoncer à ses enfants, à sa famille élargie, à ce que la tradition lui assigne comme place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce phénomène, que les chercheurs appellent la « <em><a href="https://www.anefa.org/blog/actualites-nationales/la-feminisation-de-lagriculture/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">féminisation de l&rsquo;agriculture</a></em> », est en train de remodeler les campagnes maliennes. Dans certaines régions comme Ségou, Mopti ou Kayes, les femmes représentent aujourd&rsquo;hui la <a href="https://fr.scribd.com/document/735638377/2018-01-Care-rapport-etude-femmes-foncier" target="_blank" rel="noreferrer noopener">majorité de la main-d&rsquo;œuvre agricole active</a>. Elles labourent, sèment, récoltent, transforment — souvent sans posséder légalement la terre qu&rsquo;elles travaillent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un triple fardeau invisible</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La première injustice que vivent les <a href="https://landportal.org/sites/default/files/library/resources/Femme%2520et%2520foncier%2520agricole%2520au%2520Mali_202301_0.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">femmes rurales maliennes est foncière</a>. Au Mali, l&rsquo;accès à la terre reste dominé par les structures patrilinéaires : c&rsquo;est l&rsquo;homme qui hérite, qui possède, qui décide. Une femme qui travaille un champ toute sa vie peut se le voir retirer à la mort de son mari, au profit des fils ou des frères du défunt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette insécurité foncière n&rsquo;est pas qu&rsquo;une question de justice : c&rsquo;est un frein économique majeur. Sans titre de propriété, une femme ne peut pas obtenir de crédit agricole, ne peut pas investir dans son exploitation, ne peut pas s&rsquo;engager dans des contrats avec des acheteurs professionnels. Elle travaille, mais le fruit de son travail lui échappe structurellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand l&rsquo;homme part, la <a href="https://www.wathi.org/laboratoire/initiatives/migrations-ouest-africaines/contribution-migrations-ouest-africaines/situation-difficile-femmes-demigres/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">femme ne reçoit pas de renfort</a> : elle assume seule ce qu&rsquo;ils portaient à deux, voire à plusieurs. La gestion du foyer, l&rsquo;éducation des enfants, les soins aux anciens, et en même temps le travail des champs. Les transferts d&rsquo;argent envoyés par les migrants sont souvent irréguliers, insuffisants, ou simplement inexistants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ces conditions, beaucoup de femmes rurales maliennes développent des stratégies de survie remarquables : jardins potagers, petit commerce, transformation de produits agricoles, tontines entre voisines. Ces activités, invisibles dans les statistiques officielles, constituent pourtant une économie parallèle vitale pour les ménages ruraux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième dimension du fardeau : l&rsquo;exclusion des espaces de décision. Les conseils de village, les coopératives agricoles, les comités de gestion des périmètres irrigués — ces instances où se décide l&rsquo;avenir des terres et des ressources sont encore très majoritairement masculines. La voix des femmes, pourtant premières concernées, y est peu entendue.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des résistances qui s&rsquo;organisent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces contraintes, les femmes rurales maliennes ne restent pas passives. Depuis des décennies, elles s&rsquo;organisent en groupements — tontines, associations villageoises, <a href="https://wildaf-mali.org/remise-des-kits-dactivites-generatrices-de-revenus-agr-aux-beneficiaires-des-groupes-de-metiers-porteurs-des-4-cercles-de-la-region-de-sikasso-sikasso-kadiolo-dandereso-et-kolondieba/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">coopératives de transformation</a> — qui leur permettent de <a href="https://www.ripess.org/cooperative-de-femmes-cest-lieu-privilegie-dexpression-dempowerment-femmes-entretien-sabine-martel/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">mutualiser ressources et savoirs</a>. Ces structures informelles sont souvent le premier filet de sécurité économique dans les zones rurales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains de ces groupements ont franchi un cap décisif : ils accèdent désormais au microcrédit, forment leurs membres à l&rsquo;agroécologie, négocient collectivement avec les acheteurs de la ville. Dans la région de Sikasso, des groupements féminins de <a href="https://mon-3.org/wp-content/uploads/2019/09/Etude-de-marche-du-beurre-de-karite-produit-en-Republique-du-Mali.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">productrices de karité</a> ont réussi à commercialiser directement leur beurre sur des marchés d&rsquo;exportation, capturant une valeur ajoutée qui leur échappait auparavant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités maliennes ont progressivement intégré la dimension genre dans leurs politiques agricoles. Des programmes spécifiques ciblent <a href="https://ceci.org/fr/nouvelles-et-evenements/donner-aux-femmes-un-acces-a-la-terre" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;accès des femmes au foncier</a>, à la formation et au financement. <a href="https://faolex.fao.org/docs/pdf/mli67609.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Loi d&rsquo;Orientation Agricole</a> prévoit des dispositions pour renforcer la participation des femmes dans les coopératives et les instances de gouvernance agricole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des périmètres maraichers réservés aux femmes ont été aménagés dans plusieurs régions, leur donnant un espace de production sécurisé, irrigué et légalement reconnu. Ces initiatives, encore insuffisantes à l&rsquo;échelle du besoin, montrent néanmoins que la question est prise au sérieux et que des solutions concrètes existent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali est l&rsquo;un des <a href="https://www.agenceecofin.com/gestion-publique/0512-114347-mali-les-acteurs-de-la-filiere-karite-se-dotent-d-une-interprofession" target="_blank" rel="noreferrer noopener">premiers producteurs mondiaux de karité</a>, un arbre dont les noix sont transformées en beurre prisé par l&rsquo;industrie cosmétique internationale. Cette filière est quasi exclusivement féminine : ce sont les femmes qui ramassent, concassent, transforment et vendent. Un secteur en plein essor qui représente pour des milliers de femmes rurales une source de revenus croissante et un levier d&rsquo;autonomisation économique réel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que l&rsquo;avenir peut tenir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Reconnaître le rôle des femmes rurales maliennes n&rsquo;est pas seulement un impératif moral : c&rsquo;est une nécessité économique. Une agriculture qui ignore la moitié de ses acteurs se condamne elle-même à l&rsquo;incomplétude. Les femmes ne constituent pas une catégorie périphérique de l&rsquo;économie rurale ; elles en sont l&rsquo;un des piliers. Les exclure de l&rsquo;accès aux ressources, aux financements, à la propriété foncière ou aux instances de gouvernance revient à amputer le secteur agricole d&rsquo;une part considérable de son potentiel productif. Comme le rappelle <em><a href="https://www.maliweb.net/interview/fousseni-togola-lauteur-du-livre-feminitude-musoya-ce-livre-revendique-plus-despaces-appropries-a-lexpression-lepanouissement-de-la-femme-2794040.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Féminitude : Musoya</a></em>, « <em>aucun projet de développement ne saurait être crédible s&rsquo;il fait l&rsquo;impasse sur la moitié de l&rsquo;humanité</em> ». L&rsquo;implication des femmes dans l&rsquo;économie n&rsquo;est donc pas seulement une exigence de justice sociale : elle est une condition de l&rsquo;efficacité économique. Une nation qui marginalise ses femmes renonce à une partie de son intelligence, de sa créativité et de sa capacité d&rsquo;innovation. À l&rsquo;inverse, une économie qui leur ouvre pleinement ses portes se donne les moyens d&rsquo;une croissance plus inclusive, plus durable et plus prospère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes rurales maliennes ne sont pas des victimes passives de l&rsquo;exode. Elles en sont les grandes absorbantes, celles qui maintiennent le tissu social et productif des villages pendant que d&rsquo;autres partent. Il est temps que cette réalité soit reconnue, valorisée et soutenue par des politiques à la hauteur de leur contribution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Invisibles dans les statistiques, absentes des débats publics, mais omniprésentes dans les champs : les femmes rurales maliennes sont le vrai pilier d&rsquo;une agriculture en mutation. Leur reconnaissance pleine et entière — foncière, économique, institutionnelle — est l&rsquo;une des clés d&rsquo;un développement rural durable et équitable au Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Souveraineté, sécurité et résilience sociale au Sahel : dynamiques et enjeux contemporains</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Face aux crises sécuritaires, le Mali, le Burkina Faso et le Niger cherchent à renforcer leur souveraineté. Analyse des enjeux de résilience sociale, du rôle des femmes, des jeunes et des déplacés internes dans la stabilisation du Sahel.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les femmes, les jeunes et les déplacés internes sont souvent présentés comme les victimes silencieuses des crises qui traversent le Sahel. Toutefois, leur situation dépasse largement le cadre humanitaire. Elle constitue l’un des indicateurs importants de la résilience des sociétés sahéliennes et des dynamiques à l’œuvre dans le cadre des politiques de stabilisation engagées par les États de la région dans les processus de réappropriation et de consolidation de la souveraineté.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers leurs conditions de vie, leur capacité à maintenir des activités économiques, à accéder aux services sociaux essentiels et à préserver leurs liens communautaires, se mesure concrètement la portée des efforts de restauration progressive de l’autorité de l’État sur les territoires concernés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La stabilisation sécuritaire, une étape essentielle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Du Mali au Burkina Faso, en passant par le Niger, la souveraineté s’est progressivement imposée comme l’un des principaux référentiels politiques des transitions contemporaines. La reconquête et la sécurisation des territoires, la lutte contre les groupes armés terroristes, le renforcement des capacités nationales de défense ainsi que la réduction des dépendances stratégiques occupent une place centrale dans les orientations des États de la région. Les forces armées nationales constituent à cet égard des acteurs essentiels des dynamiques de stabilisation et de sécurisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, au-delà des enjeux militaires, diplomatiques et géopolitiques, se développe une autre dimension, moins visible mais essentielle : celle de la souveraineté sociale. La souveraineté sécuritaire renvoie à la capacité d’un État à assurer la protection de son territoire et de ses frontières. La souveraineté sociale, quant à elle, désigne la capacité des États à garantir aux populations l’accès aux conditions minimales d’une vie digne dans un contexte de contraintes sécuritaires. Elle concerne notamment l’accès à l’éducation, à la santé, aux moyens de subsistance, à la protection sociale ainsi qu’au maintien de la cohésion communautaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette distinction est importante pour comprendre les dynamiques actuelles du Sahel. Le rétablissement de l’autorité de l’État dans certaines zones ne s’accompagne pas toujours immédiatement du retour des populations déplacées dans leurs localités d’origine, ni de la reprise complète des activités économiques et sociales. La stabilisation sécuritaire constitue une étape essentielle, qui s’inscrit dans un processus plus large de reconstruction sociale et économique progressive.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La crise sahélienne&nbsp;: une crise de production, de circulation et de revenus</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sous cet angle, la situation des femmes, des jeunes et des déplacés constitue un révélateur pertinent de l’évolution des sociétés sahéliennes. Dans plusieurs zones affectées par l’insécurité, les améliorations observées sur le plan sécuritaire s’accompagnent encore de défis importants en matière d’accès aux services sociaux de base, de fonctionnement des infrastructures publiques et d’opportunités économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plus d’une décennie, les conflits armés ont profondément transformé les équilibres sociaux, économiques et territoriaux du Sahel. Les insurrections armées, les opérations de sécurisation, les violences communautaires ainsi que les fragilités institutionnelles ont entraîné d’importants déplacements de populations. Ces dynamiques ont progressivement redessiné les espaces de peuplement et influencé les rapports sociaux et économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans plusieurs localités rurales, les déplacements successifs ont conduit à l’abandon partiel ou total de certains villages, tandis que d’autres centres ont connu une croissance démographique importante en raison de l’accueil de populations déplacées internes. Cette évolution exerce une pression sur les ressources disponibles, notamment l’eau, les terres cultivables, les logements, les infrastructures scolaires et les structures sanitaires. Elle modifie également les équilibres sociaux entre populations d’accueil et populations déplacées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La croissance démographique observée dans certaines localités du centre du Mali, notamment dans des zones comme Koro, illustre ces transformations des dynamiques de peuplement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conséquences économiques de ces mutations sont également significatives. La crise sahélienne peut être analysée comme une crise de production, de circulation et de revenus. Dans de nombreuses zones rurales, les activités agricoles, pastorales et commerciales sont affectées par les contraintes sécuritaires, les difficultés d’accès aux zones de production ainsi que les perturbations des marchés hebdomadaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le rôle des femmes&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réduction de la mobilité des acteurs économiques, notamment des commerçants, des éleveurs et des producteurs agricoles, influence les revenus des ménages, dont une part importante dépend de ces activités. À cela s’ajoutent les effets liés à la perturbation ou au fonctionnement de certaines infrastructures économiques et sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans certains contextes, les mesures sécuritaires mises en œuvre dans les zones concernées répondent à des impératifs de protection des populations et de sécurisation des territoires. Elles peuvent toutefois, selon les situations locales, avoir des effets indirects sur l’accès aux marchés, aux services sociaux et aux activités économiques, en fonction des contraintes opérationnelles et sécuritaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réalité met en évidence la complexité de la gestion de la sécurité dans les espaces sahéliens. Les stratégies militaires et sécuritaires demeurent indispensables à la stabilisation, mais leur efficacité à long terme dépend également de leur articulation avec des actions de reconstruction sociale et économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La confiance entre les États et les communautés locales repose ainsi sur plusieurs dimensions complémentaires : la sécurité, l’accès aux services publics, les opportunités économiques et la qualité de la gouvernance locale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes occupent une place centrale dans ces dynamiques. Dans de nombreuses communautés sahéliennes, elles jouent un rôle important dans les activités agricoles, la transformation des produits locaux, les échanges commerciaux et la gestion des ménages. Dans les contextes de déplacement, elles contribuent au maintien des activités familiales et à la continuité des solidarités communautaires, participant ainsi aux dynamiques de résilience sociale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Au Burkina Faso et du Niger, les populations s’adaptent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La jeunesse est également confrontée à des défis importants, notamment en matière d’accès à l’éducation et aux opportunités économiques. La fermeture ou les perturbations des établissements scolaires et la limitation des débouchés économiques influencent les perspectives d’avenir. Toutefois, les jeunes participent aussi à de nombreuses initiatives locales de solidarité, de résilience communautaire et de reconstruction des activités économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le centre du Mali illustre de manière significative ces dynamiques complexes. Les cercles de Bankass, Koro, Bandiagara, Djenné et Douentza ont connu des transformations importantes liées aux déplacements de populations et aux recompositions sociales. Ces évolutions ont affecté les structures communautaires, les modes de gestion des ressources et les équilibres économiques locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans plusieurs localités, notamment Diallassagou, l’arrivée de populations déplacées a entraîné de nouveaux enjeux liés à l’accès au logement, à la gestion des ressources, aux infrastructures sociales et à la gouvernance locale. Elle témoigne également des capacités d’adaptation des communautés dans des contextes marqués par des contraintes sécuritaires et économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des dynamiques similaires sont observées dans plusieurs régions du Burkina Faso et du Niger. Dans ces espaces, les populations s’adaptent aux contraintes sécuritaires tout en poursuivant leurs activités économiques et sociales dans des environnements parfois instables.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La consolidation de la souveraineté repose sur la complémentarité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, la souveraineté ne peut être réduite à sa seule dimension militaire ou territoriale. Elle comprend également des dimensions économiques et sociales. La souveraineté économique implique la capacité de préserver les circuits de production et d’échanges. La souveraineté sociale renvoie quant à elle à la capacité de garantir l’accès aux services essentiels et de soutenir les populations vulnérables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le contexte sahélien actuel, la consolidation durable de la souveraineté repose sur la complémentarité entre les efforts de sécurisation, la reconstruction des services sociaux, le développement économique et le renforcement de la cohésion sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La stabilité à long terme dépend ainsi de la capacité collective à améliorer les conditions de vie des populations et à soutenir les dynamiques locales de résilience.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes qui maintiennent des activités économiques malgré les contraintes, les jeunes qui cherchent à préserver leurs perspectives d’avenir et les populations déplacées qui s’adaptent à de nouveaux environnements incarnent une dimension essentielle des transformations en cours dans le Sahel. Leur situation met en lumière les enjeux humains au cœur des processus de stabilisation et de développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mikaïlou Cissé&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Agriculture au Mali : comment retenir les paysans sur leurs terres et freiner l’exode rural</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Face à l’exode rural, le Mali mise sur l’irrigation, la mécanisation, la formation, le financement agricole et les infrastructures pour renforcer la souveraineté alimentaire et améliorer les conditions de vie des paysans.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Mali est une nation paysanne. Près de 70 % de sa population active travaille la terre, et l&rsquo;agriculture représente environ 40 % du produit intérieur brut. Pourtant, des milliers de paysans quittent chaque année leurs villages pour les villes. Comment renverser cette tendance ? En rendant la vie rurale viable, digne et porteuse d&rsquo;avenir. C&rsquo;est exactement ce que visent les politiques agricoles engagées par les autorités maliennes.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;agriculture malienne est bien plus qu&rsquo;un secteur économique : c&rsquo;est le socle de l&rsquo;identité nationale. Le riz du fleuve Niger, le coton du Sud, le mil des plaines sahéliennes, les mangues de Sikasso — ces productions alimentent des millions de familles et constituent l&rsquo;ossature du tissu social rural. Perdre les paysans, c&rsquo;est perdre bien plus qu&rsquo;une source de revenus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est pourquoi les autorités de la Transition ont placé l&rsquo;agriculture au cœur de leur stratégie de développement souverain. L&rsquo;objectif est de faire du Mali un pays capable de nourrir sa population sans dépendre des importations, tout en offrant aux paysans des conditions de vie qui leur donnent envie de rester.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les leviers concrets pour ancrer les paysans dans leurs terroirs</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La première raison qui pousse un paysan à partir, c&rsquo;est la peur de ne pas récolter. Face à la variabilité climatique croissante au Sahel, l&rsquo;irrigation est la réponse la plus directe. Le Mali dispose d&rsquo;un atout considérable : le fleuve Niger et ses affluents traversent le pays sur des milliers de kilomètres, offrant un potentiel irrigable estimé à plus de 2,2 millions d&rsquo;hectares.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seulement une fraction de ce potentiel est actuellement exploitée. Les investissements dans les périmètres irrigués — comme ceux de l&rsquo;Office du Niger, qui a doublé sa production de riz en dix ans — montrent ce qui est possible à grande échelle. Chaque hectare irrigué supplémentaire, c&rsquo;est une famille paysanne qui peut planifier sa récolte indépendamment des caprices du ciel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Labourer à la houe plusieurs hectares sous le soleil sahélien est un travail épuisant, peu rentable et peu attractif pour les jeunes générations. La mécanisation — même partielle, même progressive — change radicalement l&rsquo;équation. Des tracteurs mutualisés au sein de coopératives, des batteuses à riz, des décortiqueuses à mil : ces outils transforment le travail agricole en activité productive et digne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des programmes publics de subvention à l&rsquo;équipement agricole ont permis à des milliers d&rsquo;exploitations maliennes d&rsquo;accéder à ces technologies à des prix abordables. C&rsquo;est un investissement dont le retour est immédiat : plus de surface cultivée, moins de pertes post-récolte, plus de revenus pour les familles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Produire plus ne suffit pas si l&rsquo;on ne sait pas produire mieux. Les agents des services d&rsquo;encadrement agricole jouent un rôle décisif dans la diffusion des bonnes pratiques : rotation des cultures, gestion de la fertilité des sols, lutte intégrée contre les nuisibles, conservation des semences. Leur présence dans les villages, régulière et accessible, est la condition du changement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali a également développé des centres de formation professionnelle agricole qui forment chaque année des centaines de jeunes aux métiers de l&rsquo;agroélevage, de la pisciculture et de la transformation alimentaire. Ces diplômés retournent dans leurs régions avec des compétences qui leur permettent de créer de la valeur là où ils ont grandi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rendre la vie rurale attractive : au-delà des champs</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Retenir les paysans sur leurs terres ne passe pas uniquement par des politiques agricoles. Cela passe aussi par la qualité de vie que le village peut offrir. Routes praticables en saison des pluies, accès à l&rsquo;eau potable, centres de santé fonctionnels, écoles équipées : ce sont ces infrastructures qui font la différence entre un village que l&rsquo;on quitte et un village où l&rsquo;on choisit de rester.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les investissements publics dans les zones rurales, amplifiés ces dernières années, commencent à produire des résultats visibles. Dans plusieurs régions, des routes ont désenclavé des zones agricoles entières, permettant aux producteurs d&rsquo;acheminer leurs récoltes vers les marchés dans de meilleures conditions et à moindre coût.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des grands freins au développement agricole malien est l&rsquo;accès difficile au crédit. Un paysan qui veut investir dans des semences améliorées, un équipement ou une petite unité de transformation se heurte souvent à des portes fermées. Les institutions de microfinance rurale, encouragées par l&rsquo;État malien, comblent progressivement ce vide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des fonds spéciaux dédiés à l&rsquo;agriculture familiale permettent à des milliers de petits exploitants d&#8217;emprunter à des taux accessibles, de rembourser après la récolte et de réinvestir dans leur exploitation. Ce modèle, éprouvé dans plusieurs pays africains, est en train de prendre racine au Mali.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les filières d&rsquo;avenir : coton, mangue, karité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de l&rsquo;agriculture vivrière, le Mali mise sur des filières d&rsquo;exportation à haute valeur ajoutée. Le coton, longtemps dominé par des intermédiaires étrangers, fait l&rsquo;objet d&rsquo;une politique de valorisation locale croissante. La mangue de Sikasso, réputée sur les marchés européens, représente un potentiel encore largement sous-exploité. Le karité, dont le Mali est l&rsquo;un des premiers producteurs mondiaux, est au cœur d&rsquo;une industrie cosmétique mondiale en plein essor.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Développer ces filières localement — de la production à la transformation, de la transformation à l&rsquo;exportation — permettrait de multiplier les emplois ruraux et de retenir des populations qui, autrement, partiraient grossir les rangs des migrants urbains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Retenir les paysans sur leurs terres n&rsquo;est pas une question de nostalgie. C&rsquo;est une nécessité économique, sociale et stratégique pour le Mali. Les outils existent : irrigation, mécanisation, formation, financement, infrastructures. Les politiques publiques s&rsquo;y emploient avec une détermination croissante. Le défi est immense, mais les exemples de réussite dans les campagnes maliennes montrent que le chemin est tracé. L&rsquo;avenir du Mali se cultive aussi dans ses champs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : la Charte nationale pour la paix s’attaque aux conflits fonciers</title>
		<link>https://saheltribune.com/mali-la-charte-nationale-pour-la-paix-sattaque-aux-conflits-fonciers/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation du Mali place la question foncière au cœur de la stabilité nationale. Pastoralisme, terres agricoles, mines et cadastre figurent parmi les priorités pour prévenir les conflits communautaires.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Derrière la plupart des violences intercommunautaires qui ensanglantent le Mali depuis des années, il y a une terre disputée. Un champ, un pâturage, un filon d&rsquo;or. La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale affronte enfin cette réalité brutale avec une ambition à la hauteur de l&rsquo;enjeu.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, les guerres commencent souvent par une borne. Une borne plantée de travers, déplacée dans la nuit, contestée au petit matin. Un sillon de trop tracé par un paysan dans un champ que son voisin revendique depuis trois générations. Un troupeau qui pénètre dans une zone cultivée et piétine une récolte entière. Une concession minière accordée par Bamako sans que personne n&rsquo;ait consulté les habitants du village qui vivaient sur cette terre depuis des siècles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces disputes paraissent petites. Elles ne le sont pas. Elles sont la mèche d&rsquo;une poudrière. Et dans un pays où l&rsquo;État a longtemps été absent des zones reculées, où la justice formelle reste inaccessible à la majorité, où le changement climatique réduit chaque année les terres cultivables et les pâturages disponibles, cette mèche a une fâcheuse tendance à s&rsquo;enflammer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale, promulguée le 22 août 2025 par le Président de la Transition, le Général d&rsquo;Armée Assimi Goïta, a eu l&rsquo;intelligence et le courage de regarder cette réalité en face. Elle consacre des développements substantiels à la question foncière, aux ressources minérales, au pastoralisme. Elle nomme les conflits, en analyse les causes, propose des mécanismes de résolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une avancée considérable. Et elle mérite d&rsquo;être examinée avec la rigueur qu&rsquo;impose l&rsquo;ampleur du défi.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La terre, matrice de tous les conflits maliens</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre pourquoi la question foncière est si centrale dans la crise malienne, il faut d&rsquo;abord comprendre ce que représente la terre dans les sociétés sahéliennes. Elle n&rsquo;est pas seulement un bien économique. Elle est un lieu de mémoire, un lien entre les vivants et les morts, un marqueur d&rsquo;identité et de dignité. Perdre sa terre, c&rsquo;est perdre son histoire. C&rsquo;est perdre sa place dans la communauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or le Mali concentre sur son territoire plusieurs des facteurs les plus explosifs en matière foncière. Le changement climatique rétrécit chaque année les zones cultivables, poussant les éleveurs vers le sud, sur des terres que les agriculteurs considèrent comme les leurs. L&rsquo;orpaillage artisanal, en plein boom, attire des milliers de jeunes sur des sites disputés où la loi du plus fort tend à s&rsquo;imposer. L&rsquo;exploitation minière industrielle déplace des communautés entières sans que les compensations promises se matérialisent toujours. Et dans le nord et le centre du pays, des années de conflit armé ont brouillé les droits fonciers traditionnels, créant un chaos juridique que les groupes armés ont habilement exploité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte reconnaît tout cela. Elle note que «&nbsp;<em>l&rsquo;exploitation du foncier rural et urbain, forestier, minier, pastoral et de l&rsquo;eau constitue une source de conflits individuels et communautaires récurrents, parfois violents, qui impactent négativement la paix, la sécurité, la cohésion sociale et le vivre-ensemble.&nbsp;</em>» Un diagnostic sans concessions, formulé dans un texte de loi. C&rsquo;est déjà, en soi, un acte courageux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le pastoralisme, poudrière silencieuse</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les conflits fonciers qui ravagent le Mali, ceux qui opposent agriculteurs et éleveurs sont sans doute les plus meurtriers et les moins médiatisés. Dans le delta intérieur du Niger, dans le Manden, dans le Gourma, ces affrontements font des dizaines de morts chaque année, dévastent des communautés entières, et alimentent des cycles de vengeance qui se transmettent de génération en génération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la racine de ces conflits : la réduction des corridors de transhumance, ces couloirs traditionnels par lesquels les troupeaux des éleveurs peuls, touaregs ou arabes descendaient vers le sud en saison sèche. Ces corridors, reconnus par la coutume et parfois par la loi, ont été progressivement grignotés par l&rsquo;extension des cultures, la construction d&rsquo;infrastructures, l&rsquo;installation de nouvelles populations. Les éleveurs se retrouvent sans chemin pour leurs bêtes. Les agriculteurs voient leurs champs piétinés. La violence s&rsquo;installe comme seul arbitre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte propose un cadre de réponse articulé autour de plusieurs axes : «&nbsp;<em>l&rsquo;aménagement équilibré du territoire national&nbsp;</em>», «&nbsp;<em>l&rsquo;aménagement et l&rsquo;exploitation contrôlée des espaces pastoraux&nbsp;</em>», «&nbsp;<em>le renforcement des politiques publiques d&rsquo;aménagement des terres agricoles et des zones pastorales.&nbsp;</em>» Elle prévoit également «&nbsp;<em>la gestion concertée des ressources naturelles »&nbsp;</em>et le recours aux<em>&nbsp;« conventions locales pour l&rsquo;accès aux ressources naturelles.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces orientations sont justes. Elles correspondent à ce que les chercheurs, les organisations paysannes et les experts du développement rural recommandent depuis des années. Mais leur mise en œuvre supposera des investissements considérables, une volonté politique soutenue, et surtout la présence effective de l&rsquo;État dans des zones où il a longtemps été fantomatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;or qui divise : la question minière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si le pastoralisme est la poudrière silencieuse, l&rsquo;exploitation minière est la bombe à fragmentation. L&rsquo;or malien — le pays est l&rsquo;un des premiers producteurs africains — génère des revenus considérables, mais aussi des conflits d&rsquo;une intensité croissante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sites d&rsquo;orpaillage artisanal, où des dizaines de milliers de jeunes maliens cherchent fortune dans des conditions souvent périlleuses, sont devenus des zones de non-droit où se croisent trafics en tous genres, violences et tensions intercommunautaires. Les sites miniers industriels, gérés par des multinationales sous contrat avec l&rsquo;État, soulèvent des questions légitimes de partage des revenus, de compensation des communautés déplacées et de préservation de l&rsquo;environnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte aborde cette réalité avec une franchise bienvenue. Elle reconnaît que «&nbsp;<em>l&rsquo;exploitation industrielle ou artisanale de ces ressources entraîne souvent des crises sociales dont les conflits, la déperdition des valeurs, la dégradation de la santé de la population, et la déscolarisation à grande échelle.&nbsp;</em>» Et elle prescrit un ensemble de mesures : encadrement et régulation des activités minières, formation des exploitants artisanaux aux enjeux environnementaux, renforcement des mécanismes de prévention des conflits sur les sites d&rsquo;orpaillage, et surtout «&nbsp;<em>investissement des revenus tirés de l&rsquo;exploitation minière dans les secteurs sociaux et dans les infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dernière disposition est fondamentale. Elle pose un principe de justice redistributive : les richesses extraites du sous-sol malien doivent profiter aux communautés qui vivent sur ce sous-sol. Ce n&rsquo;est pas une idée nouvelle. Mais son inscription dans un texte fondamental de la République lui donne une force normative qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas jusqu&rsquo;ici.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les commissions foncières : un outil à consolider</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur du dispositif de gestion des conflits fonciers prévu par la Charte se trouvent les Commissions foncières — les COFO. Ces instances multi-acteurs, créées au début des années 2000, regroupent représentants de l&rsquo;administration, élus locaux, chefs coutumiers, organisations paysannes et éleveurs. Leur mission : prévenir et gérer les conflits liés à la terre avant toute saisine des tribunaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte leur confère une légitimité renforcée. Elle prévoit que leurs décisions, «&nbsp;<em>consignées dans un procès-verbal&nbsp;</em>», peuvent être «&nbsp;<em>homologuées par le juge</em>&nbsp;», créant ainsi un pont solide entre la justice coutumière et le droit formel. Elle insiste également sur «&nbsp;<em>le renforcement de la synergie d&rsquo;action entre les Collectivités territoriales et les Autorités et Légitimités traditionnelles dans la mise en œuvre des mécanismes endogènes de prévention, de gestion et de règlement des litiges fonciers.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le terrain, là où elles fonctionnent réellement, les COFO ont démontré leur efficacité. Dans plusieurs communes de la région de Mopti, elles ont permis de désamorcer des conflits agriculteurs-éleveurs qui auraient pu dégénérer en affrontements meurtriers. Leur force tient à leur composition : tout le monde est représenté, les décisions reflètent les réalités locales, et leur légitimité communautaire est souvent bien supérieure à celle d&rsquo;un tribunal lointain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais leur déploiement reste insuffisant. De nombreuses communes n&rsquo;ont pas de COFO opérationnelle. Celles qui existent manquent souvent de moyens, de formation et de soutien institutionnel. La Charte trace la direction. Il faudra maintenant y mettre les ressources.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le cadastre, chaînon manquant de la sécurité foncière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les mesures préconisées par la Charte, l&rsquo;une mérite une attention particulière : «&nbsp;<em>la sécurité juridique en matière foncière par l&rsquo;instauration du cadastre au niveau communal, régional et national.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, une proportion considérable des terres ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucun titre formel. Les droits fonciers reposent sur des accords oraux, des pratiques coutumières, des mémoires familiales. Robustes en temps de paix, ces arrangements deviennent sources de conflits explosifs lorsque la pression sur les terres augmente, lorsque des populations déplacées reviennent réclamer leurs biens, ou lorsque des investisseurs extérieurs arrivent avec des contrats et des bulldozers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un cadastre national fiable, accessible, régulièrement mis à jour, constituerait un instrument de paix d&rsquo;une efficacité redoutable. Il ne résoudrait pas tous les conflits fonciers, mais il en éviterait un grand nombre en clarifiant les droits de chacun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa mise en œuvre sera longue et coûteuse. Elle se heurtera aux résistances de ceux qui profitent de l&rsquo;opacité foncière actuelle. Mais son inscription dans la Charte comme objectif national constitue un engagement solennel que les autorités devront honorer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une ambition à la hauteur du défi</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La question foncière est au Mali ce que le nœud gordien était à Alexandre : un problème si complexe, si emmêlé dans l&rsquo;histoire, la culture, l&rsquo;économie et la politique, que certains désespèrent de le trancher jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités de la Transition n&rsquo;ont pas tranché le nœud. Elles ont fait quelque chose de plus sage : elles ont commencé à le dénouer, patiemment, en reconnaissant la complexité du problème, en mobilisant à la fois le droit moderne et les sagesses traditionnelles, en associant l&rsquo;État et les communautés dans une démarche partagée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale ne résoudra pas d&rsquo;un coup de baguette magique des décennies de conflits fonciers accumulés. Aucun texte ne le pourrait. Mais elle pose les fondations d&rsquo;une approche nouvelle, cohérente et ambitieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle dit aux paysans du delta intérieur, aux éleveurs du Sahel, aux orpailleurs du Wassoulou, aux communautés déplacées du nord : nous vous voyons. Nous savons que la terre est au cœur de votre vie et de vos conflits. Et nous nous engageons à construire un cadre juste pour que chacun puisse vivre de sa terre en paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une promesse considérable. Les autorités de la Transition ont maintenant la responsabilité de la tenir. L&rsquo;histoire du Mali — et la paix de ses communautés — en dépend.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Jeunesse rurale malienne : partir ou rester, le grand choix</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 07:36:42 +0000</pubDate>
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<p>Entre changement climatique, chômage et manque d’opportunités, des milliers de jeunes quittent les campagnes maliennes. Face à l’exode rural, le Mali cherche à créer les conditions d’un avenir durable pour sa jeunesse.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Ils ont entre 18 et 35 ans, ont grandi dans les villages du Sahel, regardé partir leurs frères et cousins, et se posent aujourd&rsquo;hui la même question : faut-il rester sur la terre de leurs ancêtres ou tenter sa chance à Bamako, à Dakar, ou plus loin encore ? Cette interrogation, des centaines de milliers de jeunes Maliens la portent en silence. Elle est au cœur d&rsquo;une crise silencieuse qui redessine les campagnes maliennes.</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, la migration rurale n&rsquo;est pas un phénomène nouveau. Depuis des générations, les hommes partent en saison sèche pour travailler dans les villes ou en Côte d&rsquo;Ivoire, avant de rentrer avec quelques billets pour la famille, se payer du luxe ou encore préparer un mariage. Mais ce qui se joue aujourd&rsquo;hui est d&rsquo;une autre nature : des jeunes, de plus en plus nombreux, partent sans retour prévu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les estimations, environ&nbsp;<a href="https://www.ifad.org/documents/d/new-ifad.org/investing-in-rural-people-in-mali-pdf">60 % de la population malienne vit encore en zone rurale</a>. Pourtant, Bamako croît à un rythme de 5 à 6 % par an, portée en grande partie par cet afflux de migrants internes. Les régions de Ségou, Mopti, Kayes et Sikasso sont les plus touchées par ce départ massif de leurs forces vives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;aventure qui pousse ces jeunes à partir. C&rsquo;est, bien souvent, l&rsquo;absence de perspectives : des terres appauvries par des décennies de sécheresse, peu d&#8217;emplois, des infrastructures défaillantes, et le sentiment que l&rsquo;avenir est ailleurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les racines du départ : entre crise climatique et manque d&rsquo;opportunités</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier facteur qui pousse les jeunes ruraux maliens vers les villes est d&rsquo;ordre climatique. La pluviométrie irrégulière, la désertification rampante du Sahel et la dégradation des terres réduisent chaque année les rendements agricoles. Des familles qui se nourrissaient et vivaient de l&rsquo;agriculture se retrouvent dans l&rsquo;incapacité de subvenir à leurs besoins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les jeunes, qui auraient autrefois hérité de la parcelle familiale et perpétué les savoir-faire agricoles, se retrouvent face à une terre qui ne peut plus les nourrir. Le changement climatique n&rsquo;est pas une abstraction pour un paysan du Sahel : c&rsquo;est la récolte qui diminue d&rsquo;année en année, le puits qui se tarit, le troupeau qui maigrit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de l&rsquo;agriculture, c&rsquo;est l&rsquo;absence quasi totale d&rsquo;activités économiques diversifiées en milieu rural qui condamne les jeunes à l&rsquo;exode. Peu d&rsquo;industries, peu de PME, peu d&rsquo;artisanat organisé capable d&rsquo;absorber une main-d&rsquo;œuvre jeune et croissante. Les zones rurales maliennes manquent cruellement d&rsquo;investissements structurants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cela s&rsquo;ajoute la question de l&rsquo;éducation. De nombreux jeunes qui ont suivi une scolarité complète, parfois jusqu&rsquo;au baccalauréat, ne trouvent aucune application locale à leurs compétences. Ils se retrouvent dans une situation paradoxale : trop formés pour la vie rurale traditionnelle, pas encore assez armés pour le marché de l&#8217;emploi urbain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Partir pour quoi ? La réalité de l&rsquo;exode</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La ville n&rsquo;est pas toujours l&rsquo;eldorado imaginé. Beaucoup de jeunes migrants ruraux rejoignent l&rsquo;économie informelle à Bamako : vendeurs ambulants, maçons, gardiens, conducteurs de moto-taxi. Ils survivent, envoient quelques francs au village, et nourrissent l&rsquo;espoir d&rsquo;une promotion qui tarde souvent à venir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les bidonvilles et quartiers périphériques de Bamako — Kabala, Faladié, Niamakoro — concentrent ces populations fragilisées, souvent sans accès aux services de base. L&rsquo;exode rural résout rarement la pauvreté : il la déplace géographiquement et la transforme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, ces jeunes migrants jouent un rôle économique essentiel. Les sommes qu&rsquo;ils envoient à leurs familles restées au village constituent, pour beaucoup de ménages ruraux, la principale source de revenus monétaires. Ces transferts informels, invisibles dans les statistiques officielles, sont un pilier discret de l&rsquo;économie malienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rester : une résistance qui s&rsquo;organise</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à l&rsquo;exode, des initiatives locales et nationales tentent de créer les conditions d&rsquo;un avenir possible en zone rurale. Des programmes d&rsquo;appui à l&rsquo;entrepreneuriat agricole, soutenus par l&rsquo;État malien et des partenaires locaux, permettent à certains jeunes de moderniser leurs exploitations et d&rsquo;en vivre dignement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La culture maraîchère irriguée, l&rsquo;aviculture, la transformation de produits locaux : ces filières, longtemps négligées, offrent des perspectives réelles pour une jeunesse qui accepte de réinventer le rapport à la terre. Des coopératives de jeunes, dans plusieurs régions, montrent qu&rsquo;il est possible de vivre et de prospérer au village.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;extension progressive de la couverture réseau mobile au Mali ouvre également des perspectives inédites. Des jeunes ruraux formés aux métiers du numérique — maintenance informatique, commerce en ligne, community management — peuvent désormais exercer depuis leur village des activités qui étaient autrefois réservées aux citadins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces expériences restent encore marginales, mais elles dessinent une voie possible : celle d&rsquo;un développement rural qui ne demande plus aux jeunes de choisir entre leur terre et leur avenir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les politiques publiques face au défi</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités maliennes ont pris la mesure du phénomène. Plusieurs programmes nationaux ciblent spécifiquement la jeunesse rurale, comme la formation professionnelle agricole, la construction d&rsquo;infrastructures dans les zones isolées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces efforts méritent d&rsquo;être amplifiés. Car l&rsquo;enjeu est double : il s&rsquo;agit à la fois de retenir les jeunes qui souhaitent rester et de créer des conditions dignes pour ceux qui choisissent de revenir après une expérience urbaine. Le village de demain sera celui qui sait accueillir des compétences nouvelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question de la jeunesse rurale est, au fond, celle de la souveraineté alimentaire et du modèle de développement malien. Un pays qui vide ses campagnes de ses jeunes perd bien plus que de la main-d&rsquo;œuvre agricole : il perd la mémoire vivante de ses territoires et la capacité de les faire fructifier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix entre partir et rester que vivent des centaines de milliers de jeunes Maliens n&rsquo;est pas un choix individuel : c&rsquo;est le symptôme d&rsquo;un déséquilibre profond entre les territoires. Relever ce défi nécessite des politiques volontaristes, des investissements durables et une écoute sincère de ceux qui font encore le pari du village. Car c&rsquo;est dans les campagnes, autant que dans les villes, que se joue l&rsquo;avenir du Mali. Les autorités maliennes de la Transition l’ont bien compris et travaillent déjà pour y rémédier à travers plusieurs initiatives.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Agriculture au Mali : Assimi Goïta dévoile les mesures clés pour la campagne agricole 2026</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 15:28:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Réuni à Koulouba, le Conseil supérieur de l’agriculture a adopté les orientations de la campagne agricole 2026. Subventions aux engrais, soutien au coton et souveraineté alimentaire sont au cœur de la stratégie du Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réuni à Koulouba à l&rsquo;approche de la campagne agricole 2026, le Conseil supérieur de l&rsquo;agriculture a fixé les grandes orientations du secteur. Entre subventions renforcées, soutien aux filières stratégiques et ambition de souveraineté alimentaire, les autorités maliennes affichent leur volonté de faire de l&rsquo;agriculture l&rsquo;un des piliers du « Mali Kura ».</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À quelques semaines du lancement de la campagne agricole 2026, les autorités maliennes ont voulu envoyer un signal fort au monde rural. Réuni mardi 9 juin au palais de Koulouba sous la présidence du général d&rsquo;armée Assimi Goïta, le Conseil supérieur de l&rsquo;agriculture (CSA) a dessiné les contours d&rsquo;une nouvelle offensive en faveur de la production agricole nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Instituée par la Loi d&rsquo;orientation agricole, cette rencontre annuelle rassemble les principaux acteurs du secteur : gouvernement, organisations professionnelles, chambres d&rsquo;agriculture et représentants des filières de production. Un rendez-vous devenu stratégique dans un pays où l&rsquo;agriculture demeure le principal pourvoyeur d&#8217;emplois et de revenus pour une large partie de la population.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;agriculture au cœur du projet de refondation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son intervention, le président de la Transition a placé l&rsquo;agriculture au centre du projet de transformation économique porté par les autorités maliennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>C&rsquo;est grâce au courage, à la résilience et à la détermination des producteurs que nous relevons progressivement le défi de la transformation et de la modernisation de notre agriculture</em>&nbsp;», a déclaré Assimi Goïta devant les participants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chef de l&rsquo;État a réaffirmé sa volonté de faire du secteur agricole un moteur de croissance, de création de richesses et de stabilité sociale. Une ambition qui s&rsquo;inscrit dans la Vision 2063 du Mali et dans la Stratégie nationale pour l&rsquo;émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033), dont l&rsquo;un des axes majeurs repose sur le développement des chaînes de valeur agricoles à travers les futurs agropoles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte régional marqué par les défis sécuritaires, climatiques et économiques, Bamako considère désormais la souveraineté alimentaire comme un enjeu stratégique au même titre que la sécurité nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des mesures concrètes pour la campagne 2026</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour soutenir les producteurs face à la hausse des coûts de production et préserver la compétitivité des filières, plusieurs mesures d&rsquo;accompagnement ont été annoncées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le prix subventionné du kilogramme de coton graine de premier choix est fixé à 300 FCFA. Les autorités maintiennent également une politique de soutien aux intrants agricoles avec un prix subventionné de 15 000 FCFA pour le sac de 50 kilogrammes d&rsquo;engrais minéraux et de 3 000 FCFA pour les engrais organiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les semences améliorées bénéficient elles aussi d&rsquo;un accompagnement public. Le kilogramme de semence hybride de maïs est fixé à 1 500 FCFA tandis que le biostimulant OVALIS sera proposé à 17 500 FCFA le kilogramme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre décision importante : le maintien de l&rsquo;affectation de 10 % des graines de coton aux huileries agréées destinées à l&rsquo;alimentation animale, une mesure saluée par les acteurs des filières élevage et agriculture.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une résilience agricole malgré les difficultés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les contraintes sécuritaires et les aléas climatiques, les résultats provisoires de la campagne écoulée témoignent, selon les autorités, de la capacité de résistance du secteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre de l&rsquo;Agriculture a présenté des chiffres encourageants : plus de 11,4 millions de tonnes de céréales produites, 433 700 tonnes de coton, près de 158 000 tonnes de viande contrôlée, plus de 17 000 tonnes de lait collecté et plus de 122 000 tonnes de poisson.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des performances qui traduisent, selon le gouvernement, les effets des politiques de soutien engagées ces dernières années.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le monde rural salue les efforts de l&rsquo;État</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au nom des producteurs, le président de l&rsquo;Assemblée permanente des chambres d&rsquo;agriculture du Mali (APCAM), Sanoussy Bouya Sylla, a salué les mesures prises par les autorités depuis cinq ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a notamment cité la récupération et la sécurisation des terres agricoles de Samanko, les programmes de subvention des tracteurs, la détaxation des aliments destinés à l&rsquo;aviculture et à la pisciculture, la criminalisation du vol de bétail ou encore les achats institutionnels de riz directement auprès des producteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autant d&rsquo;initiatives qui, selon les représentants du monde rural, ont contribué à améliorer les conditions de production et à renforcer la résilience des exploitations agricoles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les organisations professionnelles ont toutefois rappelé plusieurs défis à relever, notamment les difficultés d&rsquo;approvisionnement en poussins d&rsquo;un jour pour les éleveurs, les risques liés aux prévisions d&rsquo;un hivernage déficitaire et la nécessité d&rsquo;accélérer l&rsquo;opérationnalisation du Fonds national d&rsquo;appui à l&rsquo;agriculture afin de faciliter l&rsquo;accès au financement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La souveraineté alimentaire comme horizon</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au terme de cette 16ᵉ édition du Conseil supérieur de l&rsquo;agriculture, un consensus émerge : face aux défis économiques et géopolitiques, le Mali entend faire de son agriculture un instrument de souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers le projet structurant «&nbsp;<em>Farafinna Jigine</em>&nbsp;» et la Vision 2063, les autorités misent sur la modernisation des exploitations, l&rsquo;industrialisation des filières agricoles et la valorisation des productions locales pour réduire la dépendance alimentaire du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte de recomposition économique et politique, l&rsquo;agriculture apparaît plus que jamais comme l&rsquo;un des leviers majeurs de la stratégie de refondation portée par les autorités de la Transition. Une ambition qui devra désormais se mesurer aux réalités du terrain et aux défis climatiques qui attendent la campagne 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oumar Fomba </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : l’Office du Niger veut changer d’échelle et s’imposer comme un agropole continental</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Apr 2026 14:29:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La 56ᵉ session du Conseil d’administration de l'Office du Niger adresse les défis et ambitions pour transformer la zone agricole.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au cœur de la stratégie de souveraineté alimentaire du Mali, l’Office du Niger affiche ses ambitions de transformation structurelle. Lors de la 56ᵉ session de son Conseil d’administration, tenue à Bamako, ses responsables ont dressé un bilan contrasté de l’année 2024 tout en réaffirmant une vision ambitieuse : faire de cette zone agricole un véritable agropole de référence à l’échelle continentale.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Réuni le 7 avril à Bamako, le conseil d’administration de l’Office du Niger a affiché l’ambition de transformer cette vaste zone agricole en véritable pôle agro-industriel de référence en Afrique de l’Ouest. Malgré des performances globalement solides en 2024, l’institution fait face à des contraintes structurelles persistantes, entre déficit de financements, fragilité sécuritaire et limites d’infrastructures.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-ambition-d-agropole-a-l-horizon-2063"><strong>Une ambition d’agropole à l’horizon 2063</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Présidant la 56e session du conseil d’administration, le PDG, Samba Bocary Tounkara, a mis l’accent sur la nécessité de «&nbsp;<em>faire de l’Office du Niger un agropole majeur</em>&nbsp;», capable de structurer durablement les filières agricoles stratégiques. Riz, canne à sucre, oignon, élevage ou encore pisciculture doivent constituer les piliers de cette transformation, à laquelle s’ajoute désormais le blé, introduit pour répondre à une demande nationale croissante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec un potentiel estimé à plus de 2,4 millions d’hectares, dont près de 1,45 million irrigables par gravité, la zone Office du Niger apparaît comme l’un des leviers essentiels de la souveraineté alimentaire du Mali. Cette ambition s’inscrit dans la vision stratégique nationale à long terme, notamment la stratégie «&nbsp;<em>Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma</em>&nbsp;» et la SNEDD 2024-2033.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour concrétiser cette trajectoire, deux outils structurants sont en cours de finalisation : la Stratégie de développement global à l’horizon 2063 (SDG-ON 2063) et le Plan d’action pour le renouveau (PAR-ON), destinés à impulser une transformation structurelle du modèle agricole.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-performances-solides-mais-contrastees"><strong>Des performances solides, mais contrastées</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan opérationnel, la campagne agricole 2024-2025 est jugée globalement satisfaisante. La superficie exploitée a atteint près de 132 000 hectares, soit plus de 92 % des objectifs, en progression par rapport à la campagne précédente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La production de riz paddy s’est établie à plus de 773 000 tonnes, en hausse de plus de 22 000 tonnes. Le rendement moyen, autour de 5,86 tonnes par hectare, reste toutefois légèrement inférieur aux prévisions. Ces résultats ont été favorisés par une pluviométrie favorable et une meilleure disponibilité de l’eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, les performances apparaissent plus mitigées dans les autres segments. Le maraîchage affiche un taux de réalisation d’environ 70 %, tandis que la diversification agricole plafonne à un peu plus de 55 %. Une situation en partie liée au recentrage des producteurs sur le riz de contre-saison, jugé plus rentable dans un contexte incertain.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-contraintes-structurelles-persistantes"><strong>Des contraintes structurelles persistantes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ces résultats encourageants, plusieurs obstacles continuent de freiner le développement de l’Office du Niger. Parmi eux : l’accès tardif aux engrais subventionnés, le manque de main-d’œuvre et d’équipements agricoles, ainsi que l’entretien insuffisant des infrastructures hydrauliques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question du financement demeure également centrale. Sur les 5,5 milliards de FCFA attendus, l’État n’a mobilisé que 45,44 % des ressources prévues en 2024, avec un unique décaissement partiel en fin d’année. À l’inverse, la redevance-eau affiche un taux de recouvrement élevé, supérieur à 92 %, traduisant une relative efficacité dans la mobilisation des ressources internes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan financier, l’établissement reste globalement stable, avec un chiffre d’affaires de 7,63 milliards de FCFA et un résultat net bénéficiaire, bien que modeste, de 9,35 millions de FCFA.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-partenariats-et-securite-conditions-du-decollage"><strong>Partenariats et sécurité, conditions du décollage</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte sécuritaire encore fragile, le PDG a souligné le rôle déterminant des Forces armées maliennes dans la stabilisation de la zone, condition indispensable à la poursuite des activités agricoles. Il a également salué l’appui des partenaires internationaux, notamment la coopération allemande, qui finance le projet d’irrigation de N’Débougou IV à hauteur de 26 milliards de FCFA, et la coopération néerlandaise à travers le projet PRODEAU.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des chiffres, cette 56e session confirme le rôle stratégique de l’Office du Niger dans la politique agricole malienne. Dans un pays où la sécurité alimentaire reste un enjeu majeur, la transformation de cette zone en agropole intégré constituera un tournant décisif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais entre ambitions affichées et contraintes structurelles, la réussite de ce pari dépendra d’une mobilisation accrue des ressources, d’une meilleure gouvernance et d’une stabilisation durable des zones de production.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Production agricole en forte progression : l’État augmente la mise à 164,4 milliards FCFA</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Apr 2026 07:13:36 +0000</pubDate>
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<p>La hausse de la production agricole au Mali est essentielle face aux défis climatiques et à l'insécurité. Découvrez les initiatives.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réuni à Bamako,</em></strong>&nbsp;<strong><em>le 2 avril 2026, le gouvernement malien affiche sa volonté de consolider les performances du secteur agricole, pilier de l’économie nationale. À l’occasion de la 16ᵉ session du Comité exécutif national de l’agriculture, les autorités ont dressé un bilan jugé « encourageant » de la campagne 2025 et fixé des objectifs ambitieux pour les années à venir, dans un contexte marqué par l’insécurité et les effets du changement climatique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte de pressions climatiques, d’insécurité persistante et de recomposition économique, le Mali mise sur son agriculture comme pilier stratégique de souveraineté. A Bamako, le Comité exécutif national de l’agriculture dessine les contours d’une ambition : produire plus, transformer localement et sécuriser durablement les revenus des producteurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-campagne-2025-portee-par-la-resilience-des-producteurs"><strong>Une campagne 2025 portée par la résilience des producteurs</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Présidée à la Primature par le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, la 16ᵉ session du Comité exécutif national de l’agriculture (CENA) s’inscrivait en amont du Conseil supérieur de l’agriculture, placé sous l’autorité du chef de l’État, le général d’armée Assimi Goïta.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Instance de concertation entre l’exécutif et les acteurs du monde rural, cette réunion a permis d’évaluer la campagne agricole 2025, tout en définissant les priorités pour 2026 et les perspectives à moyen terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré un environnement contraint, les résultats de la dernière campagne sont jugés solides. Le Mali a enregistré une production céréalière de plus de 11,4 millions de tonnes, à laquelle s’ajoutent 433 700 tonnes de coton, 157 775 tonnes de viande contrôlée, 17 238 tonnes de lait collecté et 122 671 tonnes de poisson.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-objectifs-ambitieux-pour-2026"><strong>Des objectifs ambitieux pour 2026</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Ces performances témoignent de la résilience remarquable de nos producteurs</em>&nbsp;», a salué le chef du gouvernement, rendant également hommage aux forces de défense et aux acteurs logistiques, essentiels à l’approvisionnement du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la campagne 2026, les autorités entendent poursuivre cette dynamique. Les projections tablent sur une production céréalière de près de 11,9 millions de tonnes, tandis que la filière coton – stratégique pour les exportations – pourrait atteindre 598 500 tonnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan budgétaire, l’État prévoit d’allouer 164,4 milliards de francs CFA au secteur agricole, en légère hausse par rapport à 2025 (+2 %). Une progression mesurée, mais qui traduit la volonté de maintenir l’effort public dans un contexte de contraintes financières.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-eau-foncier-mecanisation-les-chantiers-prioritaires"><strong>Eau, foncier, mécanisation : les chantiers prioritaires</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des chiffres, la stratégie agricole malienne repose sur plusieurs axes structurants. Parmi les priorités figurent l’accélération de la maîtrise de l’eau, avec le développement d’aménagements hydro-agricoles, ainsi que la réforme du foncier rural, enjeu clé pour sécuriser les exploitations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement mise également sur la mécanisation des systèmes de production, le développement de l’agro-industrie et la transformation locale des produits agricoles, afin de capter davantage de valeur ajoutée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre levier identifié : le renforcement des mécanismes de financement du secteur, couplé à une meilleure adaptation aux effets du changement climatique, désormais au cœur des préoccupations.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-structurer-les-filieres-pour-conquerir-les-marches"><strong>Structurer les filières pour conquérir les marchés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les discussions ont également porté sur la nécessité de bâtir des organisations interprofessionnelles solides. L’objectif est de structurer les filières agricoles pour améliorer leur compétitivité, faciliter l’accès aux marchés et tirer parti des achats institutionnels de l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette orientation s’inscrit dans une vision plus large, adossée au référentiel stratégique national, visant à faire de l’agriculture un moteur de souveraineté économique et alimentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les indicateurs sont encourageants, les défis restent nombreux. L’insécurité persistante dans certaines zones rurales, les aléas climatiques et les contraintes logistiques continuent de peser sur les capacités de production.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
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		<title>Mali : résultats agricoles satisfaisants à l’OHVN, un autre progrès vers l’autosuffisance alimentaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sidi Modibo Coulibaly]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Mar 2026 17:52:28 +0000</pubDate>
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<p>L'Office de la Haute Vallée du Niger (OHVN) joue un rôle clé dans le développement agricole et la sécurité alimentaire au Mali.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Aucun pays ne peut prétendre à la souveraineté s’il n’a pas réussi l’autosuffisance alimentaire. En d’autres termes, un pays doit pouvoir se nourrir de ce qu’il produit. C’est ce à quoi les autorités de la transition s’attèlent depuis leur installation à la tête du pays. Ainsi, elles ont initié diverses actions dont les résultats s’annoncent satisfaisants. L’une de ces initiatives est la publication récente du bilan élogieux, au titre de la campagne agricole écoulée, de l’Office de la Haute Vallée du Niger (OHVN), une structure nationale de production agricole.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’agriculture est au cœur de la société, de l’économie et du développement du Mali. Elle occupe 70 % de la population active, contribue à plus de 40 % du PIB (produit intérieur brut) et fournit près de 40 % des recettes d’exportation du pays. Elle est soutenue par l’État à travers plusieurs structures de production agricole, telles que la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT), l’Office du Niger (ON), le Programme national du système de riziculture intensive (PN-SRI), le Programme national d’irrigation de proximité, le Programme de développement de l’irrigation dans le bassin du Bani et de Sélingué (PDI-BS), le Projet de mise en valeur des plaines rizicoles de Tombouctou, l’Office riz, ainsi que l’Office de la Haute Vallée du Niger (OHVN). Celui-ci a rendu public, lors de la dernière session de son conseil d’administration, le bilan de sa campagne écoulée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-excedent-cerealier-de-7-388-tonnes"><strong>Un excédent céréalier de 7 388 tonnes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tenue le jeudi 12 février 2026 à Ségou — la 34ᵉ du genre — cette session de l’OHVN a présenté les résultats de la dernière campagne et affiché ses ambitions pour celle de 2026. Au titre de la campagne 2025, les objectifs de production végétale ont enregistré des résultats globalement satisfaisants. Il a été produit 347 964 tonnes de céréales, soit un taux de réalisation de 82 % ; 19 200 tonnes de coton graine (70 %) ; 54 351 tonnes de légumineuses (79 %) ; 4 859 tonnes de sésame (72 %) ; et 134 035 tonnes de légumes (91 %). À la lecture de ces performances, on constate un excédent céréalier estimé à 7 388 tonnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, le conseil d’administration a indiqué que, dans le cadre de la modernisation de l’agriculture, 25 exploitations familiales ont été dotées d’équipements agricoles, trois magasins de stockage d’intrants ont été réhabilités et deux magasins de stockage de sésame bio ont été construits. En ce qui concerne la subvention des intrants agricoles, 6 025 tonnes d’engrais minéraux ont été mises à la disposition des exploitants et exploitantes de la zone OHVN.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-ohvn-couvre-796-villages-et-707-hameaux"><strong>L’OHVN couvre 796 villages et 707 hameaux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La session du conseil d’administration a fixé, pour la campagne agricole 2026, les objectifs suivants : 388 306 tonnes de céréales ; 58 864 tonnes de légumineuses ; 27 801 tonnes de coton graine ; 6 314 tonnes de sésame ; et 233 649 tonnes de légumes. Pour atteindre ces résultats, un budget équilibré en recettes et en dépenses de 5 753 630 849 francs CFA est prévu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Office de la Haute Vallée du Niger est un établissement public à caractère administratif, créé par l’ordonnance n°91-048/PCTSP du 21 août 1991 et basé à Bamako. Il a pour mission principale la promotion des cultures vivrières et industrielles dans sa zone d’intervention, couvrant la Haute Vallée du fleuve Niger. Celle-ci comprend administrativement les cercles de Kati, Kangaba et Koulikoro, pour une superficie de 26 000 km² dont 75 % de terres arables. La zone compte 54 communes, totalisant 796 villages, 707 hameaux et 48 980 exploitations agricoles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’OHVN fournit un encadrement technique aux agriculteurs afin de développer les cultures vivrières et de rente, notamment le coton. Il accompagne également les producteurs pour améliorer les techniques agricoles et accroître les rendements.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sidi Modibo Coulibaly</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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