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	<title>Archives des Développement communautaire &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Mali : Le Bureau du Vérificateur Général pointe de graves dysfonctionnements dans la gestion du Volontariat au Mali</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Dec 2025 10:33:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>L'Audit du Centre national de promotion du Volontariat révèle des problèmes de gestion et des irrégularités financières.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<h3 class="wp-block-heading" id="h-nbsp-entre-irregularites-financieres-deficits-de-gouvernance-et-manque-d-efficacite-dans-la-mise-en-oeuvre-des-programmes-les-conclusions-nbsp-des-deux-rapports-du-bureau-du-verificateur-general-nbsp-pointent-une-serie-de-defaillances-qui-compromettent-la-mission-du-cnpv-promouvoir-l-engagement-citoyen-et-le-developpement-par-le-volontariat"><strong><em><strong><em>&nbsp;Entre irrégularités financières, déficits de gouvernance et manque d’efficacité dans la mise en œuvre des programmes, les conclusions</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>&nbsp;des deux rapports du Bureau du vérificateur général,</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>&nbsp;pointent une série de défaillances qui compromettent la mission du CNPV : promouvoir l’engagement citoyen et le développement par le volontariat.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></h3>



<p>Le Bureau du Vérificateur Général (BVG) a rendu publics, en novembre 2025, deux rapports — l’un financier et l’autre de performance — sur la gestion du Centre National de Promotion du Volontariat au Mali (CNPV). Ces rapports&nbsp;&nbsp;couvrent les exercices 2023 à 2025. Les conclusions mettent en évidence de nombreuses irrégularités administratives, financières et organisationnelles, compromettant l’efficacité du Centre dans la promotion du volontariat national.</p>



<h4 class="wp-block-heading" id="h-des-irregularites-administratives-et-financieres-preoccupantes"><strong>Des irrégularités administratives et financières préoccupantes</strong><strong></strong></h4>



<p>Selon le rapport de vérification financière, la direction du CNPV a ouvert plusieurs comptes bancaires sans autorisation du ministre chargé des Finances, en violation du règlement général sur la comptabilité publique. Des marchés ont également été attribués à des prestataires ne remplissant pas les critères fiscaux requis, et des dépenses injustifiées ont été effectuées, notamment sur des fonds de projets soutenus par le PNUD.</p>



<p>Le BVG relève aussi que certaines dépenses ont été justifiées par de fausses factures et que des traitements de données personnelles de volontaires ont été effectués sans l’autorisation préalable de l’Autorité de protection des données à caractère personnel (APDP). Ce qui&nbsp;expose&nbsp;ainsi le CNPV à des sanctions légales.</p>



<h4 class="wp-block-heading" id="h-un-pilotage-strategique-deficient"><strong>Un pilotage stratégique déficient</strong><strong></strong></h4>



<p>Le rapport de performance met en lumière des défaillances majeures dans le fonctionnement du Conseil d’administration (CA) du CNPV. Les mandats des administrateurs étaient caducs depuis juillet 2024, et plusieurs sessions ordinaires n’ont pas été tenues. Le budget de 2025, par exemple, a été exécuté sans adoption par le CA ni approbation du ministère des Finances, en violation des textes en vigueur.</p>



<p>Ces dysfonctionnements, souligne le BVG, «&nbsp;<em>ne favorisent pas l’atteinte des objectifs assignés à la Direction générale&nbsp;</em>».</p>



<h4 class="wp-block-heading" id="h-des-insuffisances-dans-la-gestion-du-volontariat"><strong>Des insuffisances dans la gestion du volontariat</strong><strong></strong></h4>



<p>Malgré les efforts de promotion du volontariat et une intégration partielle du genre (42 % de femmes parmi les volontaires et 7 % de personnes vivant avec handicap), la vérification a montré un manque d’équité dans le processus de sélection. Le recrutement a été effectué exclusivement en ligne, excluant ainsi de nombreux candidats n’ayant pas accès aux outils numériques, une pratique jugée contraire à l’esprit d’inclusivité prôné par la politique nationale de volontariat.</p>



<p>Le BVG pointe également l’absence de mécanismes efficaces de suivi-évaluation, un déficit de formation des volontaires et une communication institutionnelle insuffisante pour valoriser le volontariat comme levier de cohésion sociale et de développement.</p>



<h4 class="wp-block-heading" id="h-des-recommandations-fortes"><strong>Des recommandations fortes</strong><strong></strong></h4>



<p>Pour corriger ces dérives, le Vérificateur général recommande notamment :&nbsp;le renouvellement immédiat du Conseil d’administration ;&nbsp;le respect strict des règles d’adoption et d’approbation budgétaires ;&nbsp;la régularisation de l’ouverture des comptes bancaires ;&nbsp;le renforcement de la transparence dans la gestion des fonds publics et des projets ;&nbsp;la mise en place d’un mécanisme de suivi-évaluation performant et inclusif.</p>



<p>Ces rapports du BVG rappellent l’importance d’une gouvernance rigoureuse et d’une gestion responsable des ressources destinées à la jeunesse et au développement communautaire. Le CNPV, créé en 2011 pour promouvoir le volontariat comme instrument de participation citoyenne, se trouve aujourd’hui face à un défi majeur : restaurer la confiance et redonner tout son sens à l’engagement volontaire au service du Mali.</p>



<p><strong>A.D</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tribune. Assimi Goïta ou la réinvention du geste social en Afrique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2025 07:24:54 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez comment l'héritage du social en Afrique façonne des politiques contemporaines de solidarité et de service public.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>En allouant une large part de son fonds de souveraineté à des actions sociales concrètes, le président de la transition malienne, le général Assimi Goïta, renoue avec une tradition africaine de gouvernance fondée sur la solidarité et le service public. Une démarche qui s’inscrit non seulement dans l’héritage des grandes figures du continent, mais aussi des penseurs de l’Etat-providence, tout en répondant aux urgences contemporaines du Sahel.</em></strong></p>



<p>« <em>Je m’emploierai […] à la réduction du train de vie de l’État. D’ores et déjà, j’ai décidé d’allouer les deux tiers, du fonds de souveraineté du président, […] aux œuvres soucieux sanitaires notamment, pour faciliter l’accès à l’eau potable et aux soins de santé primaire dans les zones difficiles de notre.</em> », s’est engagé le président de la transition, le général Assimi Goïta, lors de son investiture le 7&nbsp;juin 2021. Les œuvres sociales venaient ainsi de naître.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-retour-d-un-imaginaire-du-pouvoir-ancre-dans-les-traditions-africaines">Retour d’un imaginaire du pouvoir ancré dans les traditions africaines</h2>



<p>Il y a des décisions politiques dont l’écho dépasse le cadre strict d’un programme national. Et il y a des gestes de gouvernance qui, par leur résonance symbolique, s’inscrivent dans une filiation continentale plus vaste. L’initiative des œuvres sociales du président de la transition malienne, le Général d’Armée Assimi Goïta, appartient assurément à cette seconde catégorie. D’abord parce qu’elle repose sur un principe fondamental&nbsp;: l’allocation directe d’une part substantielle du fonds de souveraineté présidentiel à des actions sociales concrètes. Ensuite, parce qu’elle s’inscrit dans une tradition africaine pluriséculaire de gouvernance par le don, la solidarité et la proximité.</p>



<p>Depuis 2021, Goïta a choisi une voie résolument sociale. Deux tiers de son fonds de souveraineté — cet instrument souvent discret, parfois controversé — sont consacrés à des programmes de développement local. Il ne s’agit ni d’opérations ponctuelles, ni de gestes caritatifs isolés, mais d’un effort systématique de redistribution ciblée&nbsp;: près de 500&nbsp;forages d’eau potable, électrification solaire de centres de santé, éclairage public dans la capitale, distribution de kits alimentaires aux plus démunis, kits sanitaires et scolaires. Le tout coordonné selon une logique d’urgence sociale et de réponse aux besoins essentiels.</p>



<p>Mais au-delà des chiffres, ce que dessine cette politique, c’est le retour d’un imaginaire du pouvoir ancré dans les traditions africaines du care communautaire, où le chef est celui qui donne, protège, et rend visible l’utilité de son autorité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-echo-a-l-ubuntu-au-harambee-et-a-la-palabre"><strong>Un écho à l’Ubuntu, au Harambee, et à la palabre</strong></h2>



<p>« <em>Gouverner, c’est certes prévoir</em> », mais dans l’Afrique d’hier comme celle d’aujourd’hui, gouverner, ce n’est pas simplement édicter des lois ou bâtir des institutions — c’est aussi (et surtout) rendre tangible sa présence dans la vie quotidienne des citoyens. L’initiative du président Goïta s’inscrit ainsi dans l’héritage de philosophies sociales africaines telles que l’Ubuntu, l’Ujamaa, le Harambee, ou encore la pratique de la palabre.</p>



<p><em>L’Ubuntu</em>, cette philosophie bantoue popularisée par Desmond Tutu et Nelson Mandela, repose sur une vérité simple, mais profonde&nbsp;:&nbsp;<em>« je suis parce que nous sommes </em>». La logique des œuvres sociales maliennes — écoles, mosquées, centres de santé — reflète précisément cette pensée. C’est dans le renforcement des liens communautaires que se mesure la légitimité de l’autorité.</p>



<p>Le&nbsp;<em>Harambee</em>&nbsp;kenyan — littéralement « <em>tirer ensemble</em> » — incarne une autre facette de cette même idée&nbsp;: celle de l’engagement personnel du dirigeant dans le progrès collectif. Dès l’indépendance, Jomo Kenyatta avait inscrit ce principe dans le projet de nation. En s’inspirant de cette tradition d’effort solidaire, Goïta rappelle que le leadership africain peut aussi s’exercer dans l’exemplarité sociale.</p>



<p>Quant à la palabre, bien plus qu’un mode de discussion, elle fut historiquement une forme de gouvernance délibérative. Le lieu de la décision partagée et du compromis collectif. À sa manière, la politique sociale présidentielle s’inscrit dans cette continuité. Celle d’un pouvoir qui cherche à répondre directement aux besoins exprimés, sans médiation technocratique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-figures-historiques-tutelaires"><strong>Des figures historiques tutélaires</strong></h2>



<p>Le geste de Goïta convoque aussi d’autres figures du panthéon politique africain. Thomas Sankara, au Burkina Faso, reste l’exemple par excellence d’une gouvernance fondée sur la justice sociale&nbsp;: construction d’écoles, vaccination massive, réforme agraire. Le parallèle est tentant — même si les contextes diffèrent profondément — entre les actes concrets du président malien et la vision révolutionnaire de Sankara, pour qui on ne peut pas construire un pays sans soigner, sans instruire, sans nourrir.</p>



<p>Kwame Nkrumah, au Ghana, avait dès les années&nbsp;1960 mis l’éducation gratuite et la santé au cœur de sa stratégie de développement. Julius Nyerere et son&nbsp;<em>Ujamaa</em>&nbsp;tanzanien, malgré ses limites économiques, avaient tenté de faire émerger un socialisme africain centré sur la dignité et l’autonomie. Même Kadhafi, en son temps, avait su utiliser la rente pétrolière pour bâtir un réseau d’infrastructures sociales généreuses.</p>



<p>En s’inscrivant dans cette lignée, Goïta remet au goût du jour l’idée que la légitimité politique peut — et doit — se construire par l’action sociale directe, hors des logiques purement électorales ou institutionnelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-inspiration-au-dela-du-continent"><strong>Une inspiration au-delà du continent</strong></h2>



<p>Le geste présidentiel malien n’est pas uniquement africain dans son inspiration. Il rejoint également une tradition interventionniste occidentale bien connue&nbsp;: celle du&nbsp;<em>New Deal</em>&nbsp;américain de Franklin D. Roosevelt dans les années&nbsp;1930. Face à la Grande Dépression, le président américain avait multiplié les programmes publics pour soutenir les plus vulnérables, créer de l’emploi, et rebâtir le lien entre État et société.</p>



<p>D’autres figures, comme Lyndon Johnson avec sa « <em>guerre contre la pauvreté</em> », ou plus récemment Joe Biden avec ses plans de relance familiaux, illustrent que la redistribution ciblée n’est pas incompatible avec la modernité démocratique. Ce que montre Goïta, c’est que le modèle malien, bien que nourri de traditions africaines, dialogue avec des principes universels de solidarité nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-entre-legitimite-sociale-et-ancrage-sahelien"><strong>Entre légitimité sociale et ancrage sahélien</strong></h2>



<p>Il serait toutefois réducteur de n’y voir qu’un mimétisme historique. Ce que l’initiative présidentielle malienne révèle, c’est la capacité d’un pouvoir politique à s’adapter à un contexte spécifique&nbsp;: celui du Sahel, de son insécurité chronique, de ses vulnérabilités climatiques et de ses fragilités économiques.</p>



<p>Les forages d’eau, les électrifications solaires, les distributions alimentaires&nbsp;: tout cela répond à des besoins concrets, identifiés, vécus. Dans un contexte de défiance généralisée envers les institutions, ces gestes sociaux deviennent des actes de reconquête du lien entre État et citoyen. Ils incarnent une forme de gouvernance tangible, à hauteur d’homme.</p>



<p>De plus, ils participent d’une stratégie de stabilité par le social, en consolidant les communautés les plus exposées, en prévenant les fractures locales, en réaffirmant la présence de l’État là où celui-ci s’était effacé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-de-l-etat-social-a-l-etat-providence-nbsp"><strong>De l’État social à l’État providence&nbsp;</strong></h2>



<p>La philosophie qui sous-tend les œuvres sociales du président Goïta ne relève pas uniquement de la tradition africaine du leadership par le service. Elle rejoint aussi une interrogation plus large sur le rôle de l’État dans la production de justice sociale – un débat qui traverse la pensée politique occidentale moderne depuis la fin du XIXe&nbsp;siècle.</p>



<p>L’idée d’un État-providence, c’est-à-dire d’un État qui intervient activement pour corriger les inégalités, protéger les plus vulnérables et assurer un minimum de sécurité économique et sociale, a trouvé sa formulation classique en Europe après la Seconde Guerre mondiale. Mais elle a aussi été pensée en amont par des intellectuels de premier plan.</p>



<p>Karl Popper, dans&nbsp;<em>La société ouverte et ses ennemis</em>&nbsp;(1945), distinguait avec clarté l’ingénierie sociale fragmentaire (réformiste et empirique) de l’ingénierie utopique (idéologique et totalisante). S’il se méfiait des systèmes clos et doctrinaires, il reconnaissait qu’un État responsable devait garantir un cadre stable et juste pour prévenir les injustices structurelles. Popper plaidait ainsi pour un État qui corrige, ajuste, protège, sans verser dans l’autoritarisme. Une vision qui n’est pas éloignée de l’approche pragmatique que le président malien semble aujourd’hui privilégier.</p>



<p>John Rawls, avec sa théorie de la justice (1971), ira plus loin en affirmant que les institutions doivent être conçues pour que « <em>les inégalités économiques soient au bénéfice des plus défavorisés </em>». Là encore, l’écho est clair : redistribuer les ressources présidentielles vers les zones rurales, les personnes handicapées, les écoles marginalisées, c’est appliquer une justice distributive de terrain.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-rehabilitation-de-l-etat-social-africain">Réhabilitation de l’État social africain</h2>



<p>Même Amartya Sen, prix Nobel d’économie, défendra l’idée que le développement ne peut être réduit à la seule croissance, mais doit se mesurer à la capacité réelle des individus à vivre dignement. L’accès à l’eau, à la lumière, aux soins, comme le promeuvent les œuvres sociales maliennes, correspond exactement à cette « <em>approche par les capabilités</em> ».</p>



<p>En Afrique, des penseurs comme Joseph Ki-Zerbo, Cheikh Anta Diop ou Axelle Kabou ont eux aussi, à leur manière, insisté sur l’urgence de réconcilier action politique et équité sociale, quitte à sortir des schémas importés pour redonner du sens au rôle de l’État dans nos sociétés. Ce que tente aujourd’hui le Mali, c’est peut-être, en filigrane, une réhabilitation de l’État social africain, en phase avec ses racines communautaires, mais aussi avec les exigences contemporaines de justice et d’efficacité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-gouvernance-par-l-exemple-et-ses-conditions-de-reussite"><strong>Une gouvernance par l’exemple… et ses conditions de réussite</strong></h2>



<p>L’histoire nous enseigne cependant que ces expériences, aussi inspirantes soient-elles, restent fragiles si elles ne s’accompagnent pas de mécanismes de pérennisation. Le&nbsp;<em>Harambee</em>&nbsp;kényan a parfois dérivé en instrument clientéliste. Le programme social de Sankara n’a pas survécu à sa disparition.&nbsp;<em>L’Ujamaa</em>&nbsp;de Nyerere s’est essoufflé avec les chocs économiques des années&nbsp;1980.</p>



<p>La leçon a tiré est que sans institutionnalisation, sans ancrage dans des politiques publiques durables, sans garde-fous contre le paternalisme, les œuvres sociales risquent de n’être qu’un feu de paille.</p>



<p>Mais l’expérience malienne d’aujourd’hui semble, elle, chercher à éviter ces écueils. En intégrant ces actions dans une logique de résultats, en articulant les financements aux priorités locales, le président Goïta semble vouloir inscrire sa démarche dans la durée.</p>



<p>Dans un monde où le leadership est souvent déconnecté du terrain, le Mali tente ici quelque chose de rare&nbsp;: un retour à une forme de gouvernance sensible, ancrée, visible. Et si l’histoire nous enseigne la prudence, elle nous rappelle aussi que les plus belles réformes sont celles qui, tout en parlant à la mémoire des peuples, répondent à leurs besoins les plus concrets.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Exploitation minière au Mali : comment les populations peuvent-elles bénéficier des retombées ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sidi Modibo Coulibaly]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 May 2025 14:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Le contenu local offre des perspectives aux populations maliennes. Explorez les implications du nouveau code minier de 2023.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Différentes études ont démontré que le sous-sol du Mali est très riche en différents types de minerais (or, lithium, diamant, pétrole, gaz, etc). Malgré l’existence de cet énorme potentiel en exploitation, les populations, surtout riveraines des installations minières, demeurent dans une précarité. Pourtant, l’application du nouveau code minier, adopté en 2023, permet aux populations de bien profiter de l’exploitation des ressources minières. C’est ce qui est appelé le contenu local.</em></strong><strong></strong></p>



<p>Les articles 1ers du nouveau Code minier et de la nouvelle loi relative au Contenu local dans le secteur minier définissent le contenu local comme&nbsp;<em>« l’ensemble des dispositions et mesures qui exigent des entreprises minières qu’elles donnent la priorité aux nationaux, aux communautés locales, aux entreprises nationales et aux matériaux produits localement dans l’exécution de leurs activités ».</em></p>



<p>Cette définition met en évidence quatre voire cinq éléments permettant de mieux appréhender la notion du contenu local&nbsp;: les Communautés locales, les Ressortissants du pays ou Nationaux, les Entreprises nationales ou locales et les Matériaux ou Produits locaux, auxquels l’on ajouterait l’Économie nationale, ce qui nous donnerait en sigle « <em>CREME</em> ».</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-les-conditions-de-vie-des-communautes-locales-ameliorees-nbsp"><strong>Les conditions de vie des communautés locales améliorées&nbsp;</strong></h3>



<p>Ces trois concepts de développement mentionnés aux points 19, 20 et 21 de l’article 1<sup>er</sup> du nouveau Code minier permettent de donner la priorité aux communautés locales : le développement communautaire, le développement durable et le développement local. Pour les ressortissants ou Nationaux, c’est ici l’obligation pour les entreprises minières étrangères d’accorder une priorité aux ressortissants du pays dont les ressources sont exploitées. </p>



<p>Cette notion couvre plusieurs éléments&nbsp;: recrutement, formation des personnels, gestion des ressources humaines, développement de la main d’œuvre locale, création d’emplois locaux, etc. Aux Entreprises nationales ou locales, c’est le soutien multiforme que les compagnies minières peuvent apporter au tissu économique ou industriel local. Ce soutien peut englober les éléments suivants&nbsp;: contrats d’approvisionnement en biens et services avec les entreprises locales, sous-traitance locale, transfert de technologie, apport au développement des capacités locales, etc.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-les-entreprises-locales-privilegiees-nbsp"><strong>Les entreprises locales privilégiées&nbsp;</strong></h3>



<p>Les articles&nbsp;8.2 et 8.3 de la nouvelle loi sur le Contenu local disposent que les opérateurs miniers doivent soumettre pour approbation un plan d’approvisionnement des biens et services auprès du « <em>Secrétariat Permanent du Contenu Local</em> ». C’est une loi qui augmente de façon substantielle les taux (pourcentages) minima concédés aux entreprises locales dans la fourniture des biens et services aux sociétés minières, en fonction des 4&nbsp;phases d’exploration, de développement/construction, d’exploitation/production et de réhabilitation/fermeture.&nbsp;</p>



<p>De manière globale, la part accordée aux entreprises locales est de 100&nbsp;% pour 20 des 61&nbsp;catégories de services et biens décrits par la loi. Cette part est supérieure ou égale à 50&nbsp;% pour 35 des 61&nbsp;catégories, et elle est de moins de 50&nbsp;% pour seulement 6 des 61&nbsp;catégories.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-offre-locale-priorisee"><strong>L’offre locale priorisée</strong></h3>



<p>Le nouveau Code minier pose l’exigence pour les sociétés minières de prioriser l’offre locale, mais l’assortit de certaines exceptions. Ainsi, le Code prévoit ainsi que les sociétés d’exploitation, leurs fournisseurs et sous-traitants&nbsp;<em>« utilisent autant que possible des services et matières d’origine malienne, des produits fabriqués ou vendus au Mali dans la mesure où ces services et produits sont disponibles au Mali ».&nbsp;</em></p>



<p>En plus, le nouveau Code minier impose aux sociétés d’exploitation de s’engager à consulter les entreprises maliennes pour leurs achats d’équipements, fournitures de biens ou prestations de services, mais les autorise à comparer les propositions de ces entreprises avec celles des entreprises étrangères. Ainsi,<strong><em>&nbsp;</em></strong><em>« lorsque pour les mêmes conditions de qualité, de délai et de sécurité, les prix proposés par les entreprises maliennes sont supérieurs de plus de dix pour cent (10&nbsp;%) aux prix des équipements, biens et services d’origine étrangère, la société peut s’adresser aux entreprises étrangères. »</em></p>



<p>Dans le même sens, la loi sur le Contenu local dispose que&nbsp;<em>« les biens et services liés aux activités minières sont fournis par les entreprises maliennes »</em>. Cependant, les sociétés minières peuvent recourir à des entreprises étrangères lorsqu’il n’existe pas d’entreprises maliennes capables de fournir ces biens et services&nbsp;<em>« dans des conditions de coûts et de planning comparable et selon les standards internationaux applicables à l’industrie minière. »&nbsp;</em></p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-les-ressources-humaines-locales-et-nationales-valorisees-nbsp"><strong>Les ressources humaines locales et nationales valorisées&nbsp;</strong></h3>



<p>Par rapport au recrutement et contrairement à l’ancien texte, la nouvelle loi sur le Contenu local simplifie les règles en matière de recrutement et de formation de Maliens pour remplacer les employés étrangers. Elle semble opérer non plus par « <em>catégorie de travailleurs </em>», mais « <em>toute catégorie confondue</em> ».&nbsp;</p>



<p>Son article&nbsp;6 dispose que le pourcentage du personnel étranger au sein des sociétés minières ne doit pas dépasser 10&nbsp;% du nombre total du personnel malien pendant les 3&nbsp;premières années suivant le début des opérations minières. Après la 3e&nbsp;année, ce pourcentage est de 5&nbsp;%, et après la 6e&nbsp;année, il est réduit en vue d’atteindre la pleine participation malienne.&nbsp;</p>



<p>En outre, la loi sur le Contenu local établit une nouvelle exigence liée à la masse salariale des sociétés minières. En effet, le pourcentage de la masse salariale du personnel étranger par rapport à la masse salariale globale de la société d’exploitation ne doit pas excéder 30&nbsp;% pendant les 3&nbsp;premières années suivant le début de l’exploitation minière.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-plafonnement-des-couts-salariaux-des-etrangers"><strong>Le plafonnement des coûts salariaux des étrangers</strong></h3>



<p>Ce pourcentage est réduit à 20&nbsp;% après la 3e&nbsp;année et il l’est davantage après la 6e&nbsp;année pour atteindre la pleine participation malienne. La loi précise d’ailleurs que l’un des objectifs du contenu local est d’assurer le plafonnement des coûts salariaux des étrangers. Cette nouvelle obligation vise à garantir une meilleure redistribution des salaires au sein des sociétés minières et à permettre au personnel malien de tirer davantage profit de l’exploitation des minerais du pays.&nbsp;</p>



<p>En respectant scrupuleusement ces textes, les Maliens pourront, enfin, bénéficier largement des retombées de l’exploitation des ressources minières.</p>



<p><strong>Sidi Modibo Coulibaly</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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