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	<title>Archives des Démocratie africaine &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Afrique et Europe : pourquoi deux démocraties portant le même nom ne sont pas la même chose</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>À partir du principe philosophique de Leibniz selon lequel deux réalités ne peuvent être parfaitement identiques, cet article analyse les limites de l’exportation du modèle démocratique occidental en Afrique et plaide pour l’émergence de formes démocratiques enracinées dans les histoires, les cultures et les institutions africaines.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Leibniz avait posé qu&rsquo;il ne peut exister dans l&rsquo;univers deux choses parfaitement identiques. Appliqué à la politique, ce principe interdit de transposer la démocratie européenne en Afrique comme si le même mot désignait la même réalité. Il ne le désigne pas.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les archives de la Bibliothèque nationale de Hanovre, Gottfried Wilhelm Leibniz consigna un principe qui aurait dû rendre les politologues plus humbles : aucun objet dans l&rsquo;univers n&rsquo;est parfaitement identique à un autre. Ce que l&rsquo;on appelle indifféremment «&nbsp;<em>démocratie</em>&nbsp;» en France et au Sénégal, en Allemagne et au Mali, au Royaume-Uni et en Côte d&rsquo;Ivoire, n&rsquo;est pas la même chose. Le même mot. Des réalités radicalement différentes. Et prétendre les superposer, c&rsquo;est commettre l&rsquo;erreur que Leibniz avait précisément désignée comme la source de toute confusion : croire que deux choses sont identiques parce qu&rsquo;elles portent le même nom.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le principe et son scandale philosophique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le principe d&rsquo;identité des indiscernables est formulé par Leibniz dans&nbsp;<em>la Monadologie</em>&nbsp;(1714) et dans ses&nbsp;<em>Nouveaux essais sur l&rsquo;entendement humain</em>&nbsp;(1765, posthumes). Sa formulation est d&rsquo;une précision redoutable : il ne peut exister dans l&rsquo;univers deux substances qui soient entièrement semblables et où il ne soit possible de trouver une différence interne ou fondée sur une dénomination intrinsèque. Autrement dit, si deux choses sont en tout point identiques, elles ne sont pas deux choses distinctes — elles sont une seule et même chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réciproque, moins connue mais tout aussi puissante, est ce qu&rsquo;on appelle parfois le principe des indiscernables des identiques : si deux choses diffèrent — même d&rsquo;un seul prédicat, même d&rsquo;une seule propriété — elles ne peuvent pas être identiques. La ressemblance partielle n&rsquo;est pas l&rsquo;identité. La parenté nominale n&rsquo;est pas la parenté ontologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi ce détour par la métaphysique du XVIIe siècle ? Parce que le débat politique contemporain sur la démocratie en Afrique souffre précisément de ce que Leibniz appelait la confusion des noms et des choses. On croit discuter de la même réalité — la démocratie — parce qu&rsquo;on utilise le même mot. On ne discute pas de la même réalité. Et cette confusion nourrit l&rsquo;une des formes les plus insidieuses de domination intellectuelle que le continent africain ait eu à subir depuis les indépendances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En&nbsp;paraphrasant l&rsquo;argument des feuilles de Gottfried Wilhelm Leibniz, nous pouvons dire que&nbsp;&nbsp;si deux feuilles de plante ne peuvent jamais être parfaitement semblables, à plus forte raison deux individus, deux peuples, alors deux histoires ne peuvent-ils pas être gouvernés par les mêmes formes sans que quelque chose d&rsquo;essentiel ne soit trahi.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La démocratie européenne : une singularité historique présentée comme universelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie libérale telle qu&rsquo;elle s&rsquo;est développée en Europe occidentale depuis le XVIIIe siècle n&rsquo;est pas une idée abstraite tombée du ciel. C&rsquo;est un objet historique singulier, produit par une configuration particulière de forces économiques, religieuses, philosophiques et institutionnelles qui ne se retrouvent pas ailleurs — ou pas de la même manière. La Révolution française, la Réforme protestante, l&rsquo;individualisme cartésien, le développement du capitalisme marchand, l&rsquo;émergence de la bourgeoisie comme classe politique : autant de préconditions qui ont rendu possible un certain type de rapport entre l&rsquo;individu et l&rsquo;État, entre la citoyenneté et le marché, entre la liberté formelle et la liberté réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce modèle a ses vertus — la séparation des pouvoirs, la liberté de la presse, le pluralisme partisan — mais aussi ses impensés. Il a été construit sur l&rsquo;exclusion : des femmes, des colonisés, des prolétaires. La démocratie athénienne s&rsquo;appuyait sur l&rsquo;esclavage. La démocratie européenne du XIXe siècle s&rsquo;est financée par la colonisation. La démocratie américaine s&rsquo;est bâtie sur la ségrégation. Ces faits ne sont pas des accidents de parcours. Ils font partie de la constitution historique du modèle — ils le définissent autant que ses principes proclamés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, c&rsquo;est ce modèle — avec ses vertus, ses ambiguïtés et ses angles morts — qui a été exporté en Afrique au moment des indépendances. Non pas proposé : imposé. Avec des constitutions rédigées à Paris ou à Londres dans les mois précédant l&rsquo;indépendance. Avec des partis politiques calqués sur les partis métropolitains. Avec des systèmes électoraux conçus pour des sociétés où l&rsquo;individu-citoyen est l&rsquo;unité de base de la délibération politique — sociétés qui n&rsquo;existaient pas en Afrique, ou existaient différemment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a donné aux sociétés africaines le nom de la démocratie, l&rsquo;enveloppe de la démocratie, les procédures de la démocratie — sans leur donner les conditions historiques qui avaient rendu la démocratie possible ailleurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que le principe leibnizien révèle sur le mimétisme politique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Appliqué au politique, le principe d&rsquo;identité des indiscernables produit un constat sévère : deux institutions portant le même nom mais évoluant dans des contextes différents ne peuvent pas être identiques. Une élection en France et une élection au Burkina Faso partagent le nom d&rsquo;élection, le protocole du vote, le dépouillement des bulletins. Mais les substrats sociaux sont radicalement distincts : l&rsquo;organisation lignagère, les allégeances communautaires, les économies morales du don et de la réciprocité, les structures de médiation entre individus et collectifs — tout ce que les sciences sociales africaines ont documenté depuis Cheikh Anta Diop jusqu&rsquo;à Achille Mbembe — n&rsquo;est pas intégré dans le modèle importé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La conséquence est connue : dans de nombreux pays africains, l&rsquo;élection ne désigne pas la délibération citoyenne entre programmes alternatifs. Elle désigne la mobilisation des réseaux clientélistes, l&rsquo;activation des solidarités ethniques ou religieuses, la compétition pour l&rsquo;accès aux ressources de l&rsquo;État. Ce n&rsquo;est pas une pathologie africaine — c&rsquo;est exactement ce que prédisait le principe de Leibniz : si vous appliquez une forme à un contenu qu&rsquo;elle ne correspond pas, la forme se déforme ou le contenu la subvertit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le politologue camerounais Achille Mbembe a saisi cette tension dans une formule restée célèbre : la politique africaine postcoloniale produit une «&nbsp;<em>modalité d&rsquo;action</em>&nbsp;» qui n&rsquo;est ni la démocratie libérale ni son contraire, mais quelque chose d&rsquo;autre — une forme hybride, baroque, qui mêle les procédures importées aux logiques profondes des sociétés. Cette hybridité n&rsquo;est pas un échec de l&rsquo;africanisation. C&rsquo;est la démonstration empirique du principe de Leibniz : deux choses ne peuvent pas occuper le même espace ontologique si elles diffèrent dans leurs propriétés essentielles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;arrogance de l&rsquo;universel : quand l&rsquo;Europe oublie sa propre singularité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a dans le projet de démocratisation universelle porté par les institutions occidentales — Union européenne, OCDE, agences onusiennes — une forme d&rsquo;oubli de soi qui est en même temps une forme de violence symbolique. L&rsquo;Europe a oublié que sa propre démocratie a été le produit d&rsquo;un processus historique de plusieurs siècles, marqué par des guerres civiles, des révolutions, des restaurations, des totalitarismes et des catastrophes. Elle a oublié que les démocraties occidentales actuelles n&rsquo;ont atteint le suffrage universel — y compris pour les femmes — qu&rsquo;au milieu du XXe siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Suisse, modèle de stabilité démocratique vantée urbi et orbi, n&rsquo;a accordé le droit de vote aux femmes qu&rsquo;en 1971 — soit onze ans après l&rsquo;indépendance de la plupart des États africains. La France, qui donne des leçons de démocratie sur le continent, a maintenu des régimes coloniaux par la force jusqu&rsquo;en 1962. Ces faits ne sont pas convoqués pour disqualifier les valeurs démocratiques — ils sont convoqués pour rappeler que la démocratie réelle est toujours une construction historique partielle, conflictuelle et inachevée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, ce que l&rsquo;Occident exporte en Afrique, c&rsquo;est le produit fini — ou prétendu tel — sans exporter le processus qui l&rsquo;a produit. Il vend le résultat sans vendre la méthode. Il exige l&rsquo;aboutissement sans autoriser le chemin. Et quand les sociétés africaines, qui ont leurs propres processus de délibération collective — la palabre, les conseils des Anciens, les instances de médiation communautaire documentées par les anthropologues depuis Marcel Griaule jusqu&rsquo;à Paulin Hountondji —, tentent de trouver leur propre chemin, on les accuse de régresser.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que l&rsquo;Afrique a que l&rsquo;Europe a perdu</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le principe de Leibniz n&rsquo;est pas seulement un outil de critique. C&rsquo;est aussi un outil de reconnaissance. Si deux choses ne peuvent être identiques qu&rsquo;en partageant toutes leurs propriétés, alors la différence africaine n&rsquo;est pas un déficit démocratique — c&rsquo;est un ensemble de propriétés spécifiques qui méritent d&rsquo;être lues pour ce qu&rsquo;elles sont, pas pour ce qu&rsquo;elles ne sont pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sociétés africaines ont développé des formes de gouvernance fondées sur la délibération communautaire, le consensus, la médiation inter-générationnelle et la responsabilité collective qui ne correspondent pas aux catégories de la démocratie libérale — mais qui n&rsquo;en sont pas moins légitimes. La Charte de Kurukanfuga, proclamée au XIIIe siècle dans l&rsquo;Empire du Mali, protégeait la liberté d&rsquo;expression, interdisait les mauvais traitements aux femmes et posait des limites au pouvoir des souverains — six siècles avant la Déclaration des droits de l&rsquo;homme. Ce texte n&rsquo;est pas la préhistoire de la démocratie. C&rsquo;est une autre démocratie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L&rsquo;ubuntu</em>&nbsp;— la philosophie bantoue qui pose que l&rsquo;individu n&rsquo;existe qu&rsquo;à travers la communauté — n&rsquo;est pas un obstacle à la démocratie. C&rsquo;est une conception différente de la délibération politique, fondée sur l&rsquo;interdépendance plutôt que sur l&rsquo;autonomie individuelle. Elle produit des formes de gouvernance différentes — qui ne sont ni supérieures ni inférieures au modèle libéral occidental, mais qui lui sont non identiques, au sens strictement leibnizien du terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Umuntu ngumuntu ngabantu —&nbsp;« Je suis ce que je suis parce que vous êtes ce que vous êtes », « Je suis ce que je suis grâce à ce que&nbsp;&nbsp;nous sommes tous », ou encore « Je suis parce que nous sommes »&nbsp;»</em>,&nbsp;Proverbe zoulou — fondement philosophique de la pensée ubuntu, cité par Desmond Tutu.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pour une démocratie des indiscernables</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La leçon du principe leibnizien appliqué au politique est double. Première leçon : il n&rsquo;existe pas de démocratie universelle, pas de forme politique valable pour tous les temps et tous les lieux. La démocratie est toujours une démocratie-en-contexte, une démocratie-en-processus, une démocratie-en-conflit. Prétendre en avoir trouvé la formule définitive et vouloir l&rsquo;exporter, c&rsquo;est confondre une configuration historique particulière avec une vérité éternelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième leçon : la différence n&rsquo;est pas l&rsquo;échec. Quand les sociétés africaines produisent des formes politiques qui ne ressemblent pas aux démocraties libérales européennes, cela ne signifie pas qu&rsquo;elles ont échoué à devenir ce qu&rsquo;elles devraient être. Cela signifie qu&rsquo;elles sont ce qu&rsquo;elles sont — des sociétés avec leurs propres histoires, leurs propres logiques, leurs propres contradictions. Leibniz nous enseigne à reconnaître chaque chose dans sa singularité irréductible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas un plaidoyer pour le relativisme ou pour l&rsquo;acceptation des autoritarismes. Les droits fondamentaux — à la vie, à la dignité, à la liberté d&rsquo;expression — ne sont pas des propriétés culturellement relatives. Mais les formes institutionnelles à travers lesquelles ces droits s&rsquo;exercent et se défendent le sont. Et l&rsquo;Afrique a non seulement le droit, mais la responsabilité, d&rsquo;inventer les siennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne peut exister deux feuilles identiques, disait Leibniz. Dès lors, pourquoi exigerait-on que deux continents produisent la même démocratie ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Élections en Afrique : pourquoi l’alternance ne garantit pas toujours la démocratie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Au Bénin, la succession de Patrice Talon par Romuald Wadagni relance le débat sur l’alternance en Afrique : démocratie réelle ou continuité politique déguisée derrière les élections ?</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Bénin, Romuald Wadagni succède à Patrice Talon. L&rsquo;Occident applaudit. Mais quand un dauphin prend la place du roi, peut-on encore parler d&rsquo;alternance — ou seulement de continuité habillée en démocratie ?</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 24 mai 2026, Patrice Talon quittait le palais de la Marina après dix ans de règne. Son successeur,&nbsp;<a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://www.jeuneafrique.com/1798133/politique/romuald-wadagni-officiellement-investi-president-du-benin/&amp;ved=2ahUKEwi6tqeEqdqUAxVPUKQEHVj-NmIQFnoECCIQAQ&amp;usg=AOvVaw1-vtMzczOtR6BmzqNyr9fP">Romuald Wadagni, prêtait serment</a>. Les chancelleries occidentales se félicitaient. La presse internationale saluait une «&nbsp;<em>alternance pacifique exemplaire</em>&nbsp;». Et pourtant.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Karl Popper et le mirage de l&rsquo;urne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Wadagni n&rsquo;est pas un inconnu surgi de l&rsquo;opposition, porté par la colère populaire ou la promesse d&rsquo;un changement de cap. C&rsquo;est l&rsquo;homme qui, depuis le 7 avril 2016, occupait le poste de <a href="https://finances.bj/le-ministre/">ministre d&rsquo;État en charge de l&rsquo;Économie et des Finances</a> dans le gouvernement Talon — reconduit en 2021, fidèle entre les fidèles, architecte de la politique économique du régime sortant. Talon a quitté le pouvoir. Sa politique, elle, reste. Son homme, lui, gouverne. On appelle ça une alternance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe dans la pensée libérale une formule commode, souvent convoquée pour absoudre les démocraties imparfaites de leurs péchés. Karl Popper la résume ainsi : la démocratie, c&rsquo;est la possibilité de déposer les mauvais dirigeants sans effusion de sang. Peu importe qui arrive, peu importe ce qu&rsquo;il représente, peu importe comment il a gagné. L&rsquo;essentiel : les élections ont eu lieu, le sang n&rsquo;a pas coulé, circulez.&nbsp;La démocratie n&rsquo;est pas le gouvernement de la majorité, c&rsquo;est la garantie que les gouvernants peuvent être chassés sans violence, pour paraphraser&nbsp;Karl Popper, dans son ouvrage politique majeur&nbsp;<em>La Société ouverte et ses ennemis</em>, publié en 1945.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut admirer la profondeur de cette intuition dans le contexte où elle fut formulée — l&rsquo;Europe de 1945, sortant du fascisme et du stalinisme, cherchant les fondements d&rsquo;un ordre politique non violent. Mais appliquer mécaniquement ce critère minimal à l&rsquo;Afrique du XXIe siècle, c&rsquo;est se condamner à bénir des simulacres. Popper nous dit comment éviter la tyrannie. Il ne nous dit pas comment construire une démocratie substantielle. Ce glissement, discret mais fondamental, est au cœur de tous les malentendus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand le dauphin du roi monte sur le trône, l&rsquo;urne a peut-être parlé. La démocratie, elle, est restée muette.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;alternance sans alternance : anatomie d&rsquo;un oxymore africain</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas béninois n&rsquo;est pas isolé. Il s&rsquo;inscrit dans une longue tradition de ce que les politologues appellent parfois la «&nbsp;<em>démocratie de façade</em>&nbsp;» ou la «&nbsp;<em>démocratie délégative</em>&nbsp;» — un régime où les formes électorales sont scrupuleusement respectées, où les urnes sont remplies dans l&rsquo;ordre, où les résultats sont proclamés dans les délais, mais où le <a href="https://saheltribune.com/benin-la-cour-constitutionnelle-valide-lelection-de-romuald-wadagni-avec-plus-de-94-des-voix/">résultat est connu d&rsquo;avance et le changement,</a> soigneusement neutralisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a vu des auto-successions déguisées en alternance — un président qui place son fils, son ministre, son cousin au sommet de l&rsquo;État, en faisant mine de se soumettre au verdict des urnes. On a vu des tripatouillages constitutionnels orchestrés pour permettre un troisième mandat, rebaptisé «&nbsp;<em>premier mandat sous la nouvelle Constitution</em>&nbsp;» par les juristes de service. Pour reprendre la formule lumineuse du Premier ministre malien de transition,&nbsp;<a href="https://amap.ml/discours-du-colonel-abdoulaye-maiga-premier-ministre-p-i-chef-du-gouvernement-du-mali-a-loccasion-du-debat-general-de-la-77eme-session-ordinaire-de-lassemblee-generale-des-nations/">Abdoulaye Maïga, à la tribune des nations unies</a>&nbsp;: certains dirigeants ont appris «&nbsp;<em>l’art de se dribbler soi-même tout en gardant le ballon</em>» — à simuler le mouvement sans jamais le lâcher.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le roman de la fabrique des successeurs&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans&nbsp;<em><a href="https://www.amazon.fr/Fatoma-Broussard-Fousseni-Togola/dp/B0H2JSHGKW/ref=sr_1_4?dib=eyJ2IjoiMSJ9.A3Bl7EqL0YLA-N_nWVkV7-UHCzZyn1VaQukvyBqioVnN6FWdKSjjHGb6HjxGZhHmueHDe722DIhQ_pIOIx0CZ3En_lyeWFr_0XT78nTh2fJZ9kWEfoQkPsWR-X8GyXE2Xk8PzB1szB0poFvQXKO6FsGl54U_DmHRblR91FzhOlfiYWVxwKACTnkrQqMY8nDjiKdZ2ytGpqT4Kz1X3WMN6sH3v_PGYDsO1YERSYoLZ9E.L4S2Ko9FPnjYhT7-lO6juZKAtZins_BbiHjcFi4XUx4&amp;dib_tag=se&amp;qid=1779914616&amp;refinements=p_n_publication_date%3A183196031&amp;s=books&amp;sr=1-4">Fatoma, le broussard</a></em>&nbsp;(2026), Fousseni Togola met en scène la République fictive du Zanzane avec une précision qui déconcerte par sa ressemblance avec des réalités bien réelles.&nbsp;Le roman décrit un pays «&nbsp;<em>vitrine officielle de la démocratie</em>» où le chef de l&rsquo;État en est à son quatrième quinquennat — «&nbsp;<em>démocratiquement élu sur le papier mais qui, depuis des lustres, gouvernait d&rsquo;une main de fer</em>&nbsp;». L&rsquo;opposition y est muselée, la presse «&nbsp;<em>fermée, étranglée financièrement ou bâillonnée par décret&nbsp;</em>», et l&rsquo;exil «&nbsp;<em>un réflexe de survie politique, parfois même économique&nbsp;</em>».&nbsp;Les élections peuvent exister, se répéter, s&rsquo;habiller des atours de la légitimité, et n&rsquo;être que le décor d&rsquo;une domination inchangée. Le Zanzane de Togola était autrefois cité comme «&nbsp;<em>miracle africain</em>&nbsp;» ; sa chute, écrit l&rsquo;auteur, commence précisément quand «&nbsp;<em>la gestion se corrompt et que les mœurs se délient</em>&nbsp;» — non quand les élections s&rsquo;arrêtent, mais quand elles perdent leur substance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman révèle que l&rsquo;alternance au Zanzane est une mise en scène orchestrée de l&rsquo;intérieur.&nbsp;Allakama lui-même fabriquait ses successeurs — en les emprisonnant d&rsquo;abord pour les «&nbsp;<em>blanchir</em>&nbsp;» politiquement. Alladio, présenté comme l&rsquo;opposant héroïque sorti de prison, était en réalité un «&nbsp;<em>complice officieux, opposant de façade, secrètement préparé pour ce moment précis</em>&nbsp;». Le peuple crie victoire. Le système ne change pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans consensus occidental, tant qu&rsquo;il y a des élections, la démocratie est solide. Tant que le perdant concède et que le vainqueur prête serment, le processus est légitime. La gouvernance clanique, la répression de l&rsquo;opposition, le rétrécissement de l&rsquo;espace civique, la mainmise sur la justice et les médias : tous ces faits disparaissent derrière le voile pudique de la procédure électorale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Bénin sous Talon : le modèle qu&rsquo;on nous vendait</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://theconversation.com/patrice-talon-au-benin-le-legs-contraste-dune-decennie-de-rupture-283150">Le Bénin de Patrice Talon</a>&nbsp;est précisément ce modèle. Depuis 2016, le pays a été cité en exemple par les institutions financières internationales pour ses réformes économiques, sa stabilité macroéconomique, son dynamisme entrepreneurial. Peu importe que l&rsquo;opposition ait été progressivement étouffée — contrainte par une loi sur les partis qui excluait de fait toute formation non alignée sur le pouvoir des élections législatives de 2019. Peu importe que des figures de l&rsquo;opposition aient été poursuivies, exilées, réduites au silence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui comptait, aux yeux de la communauté internationale, c&rsquo;est que <a href="https://saheltribune.com/benin-talon-sous-escorte-regionale/">Talon</a> n&rsquo;avait pas modifié la Constitution pour s&rsquo;accrocher au pouvoir — et qu&rsquo;il passait le témoin à la date prévue. La forme était respectée. Le fond, lui, était soigneusement évacué du débat. Et quand le destinataire du témoin est le ministre des Finances qui a conçu et appliqué la politique du prédécesseur depuis dix ans, personne ne trouve cela problématique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Réhabiliter la substance contre la procédure</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que cette tribune voudrait défendre, c&rsquo;est une thèse simple et inconfortable : la qualité d&rsquo;une démocratie ne se mesure pas à la régularité de ses élections, mais à la réalité du choix qu&rsquo;elles offrent aux citoyens. Une alternance n&rsquo;est une alternance que si elle porte une véritable rupture — dans les politiques, dans les équipes, dans les orientations stratégiques du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fixer le baromètre de la démocratie uniquement sur la procédure électorale, c&rsquo;est accepter que des élections organisées au prix de centaines de milliards de francs CFA — souvent financées par la dette ou l&rsquo;aide internationale — puissent servir uniquement à légitimer la continuité d&rsquo;un système au bénéfice de quelques individus et de leurs réseaux. C&rsquo;est accepter que les peuples africains votent sans choisir, participent sans décider, alternent sans changer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie, dans sa version substantielle, exige davantage. Elle exige que les dirigeants rendent compte de leurs projets de société, de leur bilan en matière de développement, de souveraineté économique, de justice sociale. Elle exige que l&rsquo;opposition puisse se présenter et campaigner librement. Elle exige que les citoyens aient accès à une information plurielle et indépendante. Elle exige que les institutions — justice, parlement, médias — ne soient pas des instruments de la volonté du chef.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une élection où les dés sont pipés avant que les bulletins soient imprimés n&rsquo;est pas une démocratie. C&rsquo;est un théâtre coûteux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Et si l&rsquo;on changeait de baromètre ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;alternance pacifique est une condition nécessaire de la démocratie. Elle n&rsquo;en est pas une condition suffisante. Ce que le cas béninois illustre avec une clarté presque pédagogique, c&rsquo;est que la forme peut survivre au contenu — que l&rsquo;enveloppe démocratique peut être rigoureusement respectée pendant que son âme est méthodiquement vidée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s&rsquo;agit pas ici de condamner Romuald Wadagni avant qu&rsquo;il ait gouverné, ni de nier que la transmission pacifique du pouvoir a une valeur en soi. Il s&rsquo;agit de refuser que cette transmission soit le seul critère à l&rsquo;aune duquel on évalue la santé démocratique d&rsquo;un pays. Il s&rsquo;agit de rappeler que les peuples africains méritent une démocratie qui travaille pour eux — pas des élections qui travaillent pour leurs élites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le jour où les observateurs internationaux féliciteront non seulement la régularité du scrutin, mais aussi la réalité du choix offert aux électeurs, la liberté de l&rsquo;opposition et la qualité du projet de gouvernance — ce jour-là, peut-être, on pourra parler de démocratie. En attendant, on parle de procédures.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Foula D. Massé : Pour une paix rationnelle, un essai pour repenser la paix et le pouvoir en Afrique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Nominé à la 13e édition de la Journée du manuscrit francophone en octobre 2025, Pour une paix rationnelle : de la théorie critique de la société à la réforme du pouvoir en Afrique de Foula D. Massé n’est ni un simple essai philosophique ni un manifeste politique ordinaire. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Nominé à la 13e édition de la Journée du manuscrit francophone en octobre 2025, Pour une paix rationnelle : de la théorie critique de la société à la réforme du pouvoir en Afrique de Foula D. Massé n’est ni un simple essai philosophique ni un manifeste politique ordinaire.&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://www.leseditionsdunet.com/livre/pour-une-paix-rationnelle&amp;ved=2ahUKEwjp1d3wkMaUAxVER_4FHX4cN04QFnoECBsQAQ&amp;usg=AOvVaw0iK1Fx5apGXgFNbbzqCQ-e" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’ouvrage</a> se situe à la frontière rare entre réflexion intellectuelle, critique institutionnelle et plaidoyer civique. Dans une Afrique traversée par les crises sécuritaires, les coups d’État, les tensions identitaires et les promesses démocratiques inachevées, l’auteur choisit un pari audacieux : convoquer Emmanuel Kant et Karl Popper pour penser la paix non comme slogan diplomatique, mais comme architecture rationnelle du vivre-ensemble. Dès les premières pages, Foula D. Massé installe une conviction forte : la violence n’est pas seulement affaire d’armes, elle procède aussi d’un échec intellectuel et institutionnel. Une idée qui irrigue tout le livre. Selon lui, là où le débat disparaît, la force prend le relais ; là où l’on ne peut plus critiquer, les conflits deviennent inévitables. Le rationalisme critique de Popper devient alors une méthode politique : apprendre à corriger les erreurs plutôt qu’à sacraliser le pouvoir. Le livre insiste ainsi sur une idée centrale : une paix durable suppose des institutions capables de supporter la contradiction, de protéger la liberté critique et d’encadrer le pouvoir plutôt que de le sanctifier.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La démocratie véritable ne se mesure pas au seul rituel électoral</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des grands mérites de l’ouvrage réside dans sa volonté de rendre la philosophie opératoire. Foula D. Massé ne se contente pas de commenter Kant ou Popper ; il africanise leurs intuitions. Les concepts de «&nbsp;<em>société ouverte</em>&nbsp;», d’État de droit ou de rationalisme critique deviennent des instruments pour interroger les réalités africaines contemporaines : constitutions modifiées au gré des ambitions, institutions domestiquées, démagogie politique, instrumentalisation de la peur et criminalisation de la critique. L’auteur rappelle qu’une démocratie véritable ne se mesure pas au seul rituel électoral, mais à la capacité des institutions à corriger les abus, protéger les contre-pouvoirs et accepter la contestation. Il affirme avec force qu’une paix imposée par la peur n’est qu’un silence provisoire, jamais une stabilité durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/pour-une-paix-rationnelle-9782312154565/&amp;ved=2ahUKEwjp1d3wkMaUAxVER_4FHX4cN04QFnoECBoQAQ&amp;usg=AOvVaw21isEH9e3kaUFkfwgxMK9Z" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Pour une paix rationnelle</em> </a>n’est pas un livre confortable. Sa lecture dérange parfois, parce qu’elle refuse les raccourcis idéologiques et les explications faciles. Foula D. Massé s’attaque frontalement aux récits simplificateurs, aux logiques complotistes et aux mythologies politiques qui, selon lui, empêchent de penser lucidement les causes profondes des crises africaines. Il met en garde contre les sociétés closes, ces systèmes où le doute devient suspect, la critique assimilée à une trahison et la vérité transformée en dogme d’État. Dans ces configurations, avertit-il, la violence n’est jamais accidentelle : elle devient le langage du pouvoir lui-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Penser avant de gouverner</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan littéraire, l’essai surprend par son ambition stylistique. L’écriture alterne rigueur universitaire et souffle pamphlétaire, citations philosophiques et formules incisives. L’auteur mobilise Kant, Popper, Montesquieu, Nietzsche ou encore Aldous Huxley avec une volonté manifeste de rendre accessible une réflexion souvent perçue comme réservée aux cercles académiques. Par moments, le ton devient volontiers professoral ou prescriptif, ce qui pourra rebuter certains lecteurs en quête d’un essai plus nuancé. Mais cette densité participe aussi à la singularité du texte : Foula D. Massé écrit comme un intellectuel engagé, convaincu que les idées ont encore un rôle à jouer dans le destin politique du continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fond,&nbsp;<em>Pour une paix rationnelle</em>&nbsp;pose une question simple et redoutable : comment construire une paix qui ne soit ni une parenthèse militaire, ni une illusion institutionnelle ? La réponse proposée par Foula D. Massé tient en une formule implicite : penser avant de gouverner, critiquer avant d’imposer, réformer avant d’exploser. Le livre ne promet ni miracle ni solution clé en main ; il appelle plutôt à une culture politique du doute, du débat et de la réforme progressive. En cela, cette nomination à la 13e Journée du manuscrit francophone apparaît moins comme une récompense symbolique qu’une reconnaissance d’un texte ambitieux, profondément ancré dans les fractures contemporaines de l’Afrique et résolument tourné vers la question essentielle : comment éviter que la paix ne reste un mot, quand elle devrait devenir une méthode ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Côte d’Ivoire : la tentation du quatrième mandat et le spectre de l’exclusion</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Aug 2025 21:30:54 +0000</pubDate>
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<p>La Présidentielle 2025 en Côte d'Ivoire approche. Quels enjeux pour Alassane Ouattara et les candidats exclus ?</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À trois mois de la présidentielle, la Côte d’Ivoire se prépare à voter sans ses figures historiques. Alassane Ouattara, 83 ans, s’accroche à un quatrième mandat, tandis que Gbagbo, Thiam, Blé Goudé et Soro sont rayés de la liste électorale. Une élection verrouillée avant même d’avoir lieu, qui ravive le spectre des crises passées et pose la question centrale : quelle légitimité pour un président élu par défaut ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Abidjan, le calendrier électoral a beau être fixé au 25 octobre 2025, la présidentielle ivoirienne a déjà commencé… sur fond de fractures anciennes, de calculs froids et d’un parfum de revanche qui sature l’air politique. Trois mots suffisent pour résumer l’équation : Ouattara, exclusion, colère.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-ouattara-l-eternel-revenant"><strong>Ouattara, l’éternel revenant</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À 83 ans, Alassane Dramane Ouattara, au pouvoir depuis 2011, s’invite une nouvelle fois dans l’histoire. Le 29 juillet dernier, celui qui avait juré, la main sur le cœur en 2020, vouloir transmettre le flambeau à une nouvelle génération, s’est finalement résolu à briguer un quatrième mandat consécutif. Sa justification ? Les défis sécuritaires, monétaires et économiques «&nbsp;<em>sans précédent</em>&nbsp;» qui exigeraient, selon lui, expérience et continuité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un argumentaire qui sonne familier : en 2020 déjà, Ouattara avait cédé à la tentation de rester après le décès de son dauphin, Amadou Gon Coulibaly. L’homme qui se rêvait en sage passeur de relais, en version ivoirienne de Nelson Mandela, est redevenu joueur de pouvoir pur et dur.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-opposition-decapitee"><strong>L’opposition décapitée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce scrutin n’est pas qu’un duel entre un vieil homme et son ambition. C’est surtout le récit d’une opposition décapitée. Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro, tous exclus de la liste électorale par la CEI, au nom de condamnations judiciaires ou de nationalités jugées incompatibles. Une véritable purge politique, que les adversaires qualifient de stratégie d’élimination méthodique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le PPA-CI de Gbagbo et le PDCI de Thiam, naguère ennemis héréditaires, ont dû s’unir en un «&nbsp;<em>Front Commun</em>&nbsp;», étrange mariage de raison forgé par l’exclusion. Simone Ehivet Gbagbo, en embuscade, a lancé sa propre coalition. Résultat : une opposition fragmentée, contestataire, mais privée de ses têtes d’affiche.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-retour-des-vieux-demons"><strong>Le retour des vieux démons</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le décor est planté : manifestations réprimées, arrestations ciblées, violences sporadiques à Gagnoa, Abidjan ou Bouaké. Comme un écho funeste à la crise de 2010-2011, qui avait laissé plus de 3 000 morts. L’ombre du chaos plane, mais chacun fait semblant de l’ignorer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’étranger, la CEDEAO envoie ses missions d’observation, promet 200 superviseurs électoraux, rédige des communiqués policés. Mais la vraie question est ailleurs : quelle légitimité pour un président réélu face à des adversaires bannis avant même le coup d’envoi ?</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-economie-qui-cache-la-tempete"><strong>Une économie qui cache la tempête</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Officiellement, la Côte d’Ivoire se porte bien : croissance de 6,5 % en moyenne entre 2021 et 2023, infrastructures modernisées, hub régional consolidé. Mais derrière les chiffres miroirs se cachent des fractures sociales béantes, une jeunesse désabusée — 75 % de la population a moins de 35 ans — et une soif de renouvellement qui ne trouve aucun exutoire politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et comme si cela ne suffisait pas, l’instabilité du Sahel voisin (Mali, Burkina Faso, Niger) nourrit des inquiétudes sécuritaires. À la frontière nord, l’onde de choc de l’Alliance des États du Sahel rappelle qu’Abidjan, malgré ses tours de verre et son glamour économique, n’est jamais à l’abri des convulsions régionales.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-impasse-ivoirienne"><strong>L’impasse ivoirienne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À trois mois du scrutin, trois scénarios se dessinent :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>un Ouattara réélu sans gloire mais avec l’appareil d’État,</li>



<li>une opposition mobilisée dans la rue mais incapable d’empêcher le scrutin,</li>



<li>ou, pire, le retour d’un cycle de violences que l’on croyait enterré.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce pays-phare de l’Afrique de l’Ouest, l’élection de 2025 ne se joue pas seulement à Abidjan : elle symbolise l’éternel dilemme africain entre continuité autoritaire et renouvellement incertain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le Mali face à lui-même</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Jul 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Edito]]></category>
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<p>Adoptée en 2025, la Charte nationale pour la paix et la réconciliation au Mali remet à l'honneur les mécanismes endogènes de résolution des conflits. Parenté à plaisanterie, palabre, respect des anciens : autant de valeurs ancestrales que le pays veut réactiver pour consolider sa cohésion sociale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À l’heure où le Mali cherche à recoudre son tissu social déchiré par des années de violences, la Charte nationale pour la paix et la réconciliation sonne comme un retour aux sources. En réhabilitant les mécanismes endogènes de résolution des conflits — palabre, cousinage à plaisanterie, respect des aînés — ce texte marque une tentative assumée de synthèse entre valeurs traditionnelles et institutions modernes. Un pari ambitieux sur l’âme malienne, que seule une appropriation collective pourra transformer en levier durable de stabilité.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En remettant, le 21 juillet 2025, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le projet de <em>charte nationale pour la paix et la réconciliation</em> au président de la Transition, l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga n’a pas simplement transmis un texte. Il a formulé, à travers un vocabulaire d’une densité rare, une sorte de pacte moral avec l’histoire, une tentative de reconquête des fondations profondes de la société malienne. « <em>La charte nationale souligne la nécessité de résoudre les crises et les conflits en privilégiant les modes alternatifs et les mécanismes endogènes de prévention, de gestion et de règlement des conflits qui ont montré leur efficacité </em>», a-t-il déclaré, dans un souffle où perçait la nostalgie d’un ordre ancien que les convulsions modernes ont ébranlé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-sagesse-parle-toujours-d-une-meme-voix"><strong>La sagesse parle toujours d’une même voix</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà de cette volonté de restaurer des équilibres perdus, c’est à un véritable manifeste de civilisation qu’on assiste. «&nbsp;<em>Pour ce faire, elle met en exergue certaines valeurs partagées de la Nation : les alliances et la parenté à plaisanterie, l’autorité des parents, la conscience professionnelle, le dialogue, la dignité, l’honneur, le pardon, le patriotisme, le respect des aînés, la solidarité, la tolérance, l’hospitalité, l’humanitude, l’humilité, la loyauté, le multilinguisme, le travail et la vertu&nbsp;</em>», a encore précisé le président de la commission de rédaction, énumérant ce qui pourrait s’apparenter à une charte morale de l’âme malienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car l’Afrique — et le Mali en particulier — n’a pas attendu la&nbsp;<em>Déclaration universelle des droits de l’homme</em>pour inventer des moyens de gérer les tensions et les désaccords. Le conflit n’est pas un champ de bataille, mais un désordre à rééquilibrer ; la parole, un instrument de justice. Comme l’écrivait Amadou Hampâté Bâ en prêtant ses mots à son maître Thierno Bokar, «&nbsp;<em>tous les maux de nos sociétés se résument à l’intolérance et l’incompréhension&nbsp;</em>».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce constat trouve un écho inattendu chez un penseur à l’opposé du monde mandingue : Karl Popper. Dans son œuvre sur la «&nbsp;<em>société ouverte</em>&nbsp;», ce philosophe austro-britannique, souvent cité mais rarement médité en Afrique, écrivait que la discussion rationnelle est «&nbsp;<em>le meilleur antidote aux conflits</em>&nbsp;». Là encore, l’écoute, le débat contradictoire, la recherche de solutions collectives sont au fondement de la paix durable. De Mopti à Vienne, du Mandé à Oxford, la sagesse, semble-t-il, parle toujours d’une même voix.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-faire-une-synthese-des-valeurs-anciennes-avec-les-nouvelles-nbsp"><strong>Faire une « synthèse » des valeurs anciennes avec les nouvelles&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À ce legs immatériel, il faut ajouter l’intelligence des sociétés d’initiation, creusets de formation civique et morale. Ces espaces, aujourd’hui négligés voire marginalisés, ont pourtant façonné des générations de jeunes Maliens avec une conscience aiguë de leur place dans la communauté. L’amitié scellée entre «<em> camarades d’initiation </em>» valait tous les contrats écrits. On ne tuait pas un frère, mais dialoguait en vue de  trancher ensemble, au nom du groupe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le Mali traditionnel, le «&nbsp;<em>ne me fais pas honte</em>&nbsp;» du vieillard ou encore «&nbsp;<em>mieux vaut la mort que la honte</em>&nbsp;» valait bien plus que mille injonctions légales. Les sociétés d’initiation, les alliances à plaisanterie, les mariages stratégiques entre familles étaient autant de garde-fous qui faisaient du tissu social un filet résilient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce projet de charte ne vise donc pas à faire table rase du présent, ni à idéaliser un passé figé dans l’imaginaire. Il ne s’agit pas d’un retour à l’âge du griot-roi, mais d’une démarche de «&nbsp;<em>synthèse</em>&nbsp;». Une démarche que ne renierait pas Kwamé Nkrumah, qui, au lendemain de l’indépendance du Ghana, appelait à fusionner les vertus du monde ancien avec les exigences de la modernité. Le Mali post-crise, le Mali en transition, s’inscrit dans ce sillon. Il ne s’agit pas de nier l’utilité des institutions modernes, mais de leur injecter une âme. De faire une «&nbsp;<em>synthèse</em>&nbsp;» des valeurs anciennes avec les nouvelles afin d’avoir des valeurs plus fortes permettant de mieux réguler la société et la transformer en havre de paix.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-depersonnalisation-du-nbsp-sujet-francais-nbsp-nbsp"><strong>La dépersonnalisation du «&nbsp;sujet français&nbsp;»&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais pour que cette charte ne reste pas un texte solennel relégué dans les tiroirs de la République, encore faut-il qu’elle vive, qu’elle circule, qu’elle s’incarne. Cela suppose une pédagogie inédite. Une fois son adoption, il serait indispensable, vu que les «&nbsp;<em>sociétés secrètes</em>&nbsp;» sont mortes dans la plupart de nos contrées, d’enseigner ce document dans nos écoles, nos espaces publics de discussion, à travers les médias, mais aussi impliquer les autorités et légitimités traditionnelles pour une large appropriation de son contenu. Toutefois, à quoi bon écrire la paix si personne ne l’apprend, ne l’entend, ne la prononce ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce processus est d’autant très important qu’il fera taire les détracteurs qui essaient de faire croire que le processus de rédaction de ce projet a été exclusif. Pourtant, à en croire les différents discours lors de la remise du projet au président de la transition, toutes les couches ont été impliqués.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut aussi oser poser la question dérangeante : si les sociétés anciennes étaient si fortes, qu’est-ce qui a bien pu entraîner leur décadence ? La réponse tient à la longue ombre de la colonisation. Non, elle ne fut jamais une entreprise philanthropique, si ce n’est dans les déclarations de ses commis. Le projet colonial, dans sa matrice la plus intime, fut un projet de substitution culturelle. Il fallait déraciner pour mieux régner. Il suffit d’analyser la littérature classique africaine pour s’en convaincre&nbsp;: «&nbsp;<em>Le colonisateur a voulu avoir de “purs produits intellectuels de la culture française”. Pour ce faire, il a entrepris de “nous vider de nous-mêmes pour nous emplir des manières d’être, d’agir et de penser du colonisateur”.&nbsp;</em>», pour reprendre Amadou Hampaté Bâ.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et cela a, en partie, réussi. «&nbsp;<em>On ne peut dire que, dans notre cas, cette politique ait toujours échoué. À une certaine époque, la dépersonnalisation du “sujet français” dûment scolarisé et instruit était telle, en effet, qu’il ne demandait plus qu’une chose : devenir la copie conforme du colonisateur, au point d’adopter sa coutume, sa cuisine, souvent sa religion et parfois même ses tics.</em>&nbsp;» Loin d’être de simples anecdotes, ces comportements traduisent une aliénation qui a désarticulé les repères fondateurs de nos sociétés.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-il-est-impossible-de-proposer-un-systeme-tout-fait"><strong>« Il est impossible de proposer un système tout fait. »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’accoutumance a la peau dure, dit-on. Et même après l’indépendance, les réflexes sont restés. L’État africain postcolonial a souvent été une pâle copie de l’État jacobin français, décalé, vertical, déconnecté. Mais voilà qu’aujourd’hui, sous l’effet d’un désenchantement global, d’une crise de légitimité politique et d’une résilience populaire, des nations comme le Mali tentent un virage. Le départ de la France, les réformes constitutionnelles, la montée d’un souverainisme culturel assumé… Tout cela participe d’un chantier plus vaste : celui de la reconquête de soi. Non pas en rejetant en bloc l’apport occidental, mais en procédant par synthèse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ce que disait François Mitterrand à La Baule, en 1990, dans son discours sur la démocratisation de l’Afrique, n’en est que plus éclairant : «&nbsp;<em>La France n’a pas à dicter je ne sais quelle loi constitutionnelle qui s’imposerait de facto à l’ensemble de peuples qui ont leur propre conscience et leur propre histoire et qui doivent savoir comment se diriger vers le principe universel qu’est la démocratie.</em>&nbsp;» Avant d’ajouter : «&nbsp;<em>Il est impossible de proposer un système tout fait.&nbsp;</em>» Voilà qui devrait faire réfléchir ceux qui, à Paris, Bruxelles ou Washington, confondent démocratie et «&nbsp;<em>copy-paste institutionnel</em>&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-ce-qui-vaut-pour-la-politique-vaut-pour-la-societe"><strong>Ce qui vaut pour la politique vaut pour la société</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À travers l’Afrique, des traditions ancestrales de résolution des conflits — du Rwanda à l’Éthiopie, du Soudan à la Tanzanie — démontrent que la paix durable ne se décrète pas uniquement par le droit positif, mais se tisse dans les fibres vivantes de la communauté. Qu’il s’agisse des juridictions «&nbsp;<em>Gacaca</em>&nbsp;» rwandaises, du système «&nbsp;<em>Gadaa des Oromo</em>&nbsp;» ou des médiations foncières en Tanzanie, ces dispositifs endogènes privilégient la vérité, la réparation et la cohésion sociale, là où les mécanismes étatiques échouent souvent. Ils prouvent, en somme, que la sagesse des anciens, la parole échangée et la justice enracinée dans les cultures locales restent des leviers puissants pour restaurer la paix et prévenir les ruptures sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie ne se résume pas à des urnes et des bulletins de vote. Elle s’incarne aussi dans des valeurs partagées, dans un socle culturel accepté. Et ce socle, au Mali, ce sont ces vertus que la charte vient rappeler : l’humilité, le dialogue, le sens de l’honneur, le respect des anciens, la capacité à pardonner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui vaut pour la politique vaut pour la société. La charte nationale pour la paix et la réconciliation ne prétend pas imposer un système, mais raviver un esprit. Celui d’un Mali réconcilié avec lui-même, lucide sur son histoire, et résolument tourné vers un avenir pacifié. Si l’on veut que demain ne ressemble pas à hier, il faudra plus qu’un texte. Il faudra une pédagogie du respect, une volonté partagée, et un courage moral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est là, précisément, que tout commence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Fousseni Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Côte d’Ivoire 2025 : l’épreuve du miroir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Jun 2025 17:48:53 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez les enjeux de la présidentielle d'octobre en Côte d'Ivoire, un scrutin sous haute surveillance.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À Abidjan, la présidentielle d’octobre s’annonce comme un étrange huis clos : un scrutin verrouillé, une opposition décapitée, un président éternel. Et une démocratie qui, à force de manœuvres juridiques, finit par ressembler à un miroir déformant.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’est-ce qu’un scrutin quand les principaux opposants sont écartés, le favori est quasi plébiscité, et le débat, déplacé dans les prétoires et les conférences de presse ? À quatre mois de l’élection présidentielle ivoirienne, prévue pour le 25 octobre 2025, la Côte d’Ivoire se prépare moins à voter qu’à entériner — à valider un ordre établi, huilé, verrouillé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Guillaume Soro et Tidjane Thiam rayés de la liste électorale pour motifs judiciaires ou administratifs, le président Alassane Ouattara se retrouve face à lui-même. Et peut-être, seulement, à son image.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-tentation-d-un-quatrieme-mandat-ou-d-un-dernier-tour-de-piste"><strong>La tentation d’un quatrième mandat… ou d’un dernier tour de piste ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Officiellement investi par son parti, le RHDP, le président Ouattara souffle le chaud et le flou : candidat, oui, mais peut-être pas. À 83 ans, l’homme fort d’Abidjan joue la montre, laisse ses lieutenants mobiliser les foules et multiplie les déclarations sibyllines — comme ce 22 juin au stade d’Ebimpé, devant 60 000 partisans déchaînés : «&nbsp;<em>Je prendrai ma décision en mon âme et conscience</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, tout semble déjà joué. Depuis le tour de passe-passe constitutionnel de 2020 qui lui a permis un troisième mandat, l’idée d’une nouvelle candidature choque moins qu’elle ne lasse. Le débat juridique a été tranché, au profit du prince. Reste le débat éthique. Et celui-là, seul l’Histoire le juge.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-opposition-reduite-a-l-etat-d-ombre"><strong>Une opposition réduite à l’état d’ombre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Privée de ses têtes d’affiche, l’opposition tente de reconstituer ses forces : Gbagbo et Thiam, bien que disqualifiés, se sont rapprochés dans un front inédit ; pendant que le PDCI, le FPI, le MGC de Simone Gbagbo et les débris du Soroïsme se regroupent sous l’étiquette de la Coalition pour l’Alternance Pacifique (CAP).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais comment peser sur un processus dont les règles excluent a priori les challengers sérieux ? À défaut de bulletins, c’est la rue que certains envisagent comme levier. Gbagbo a déjà lancé le mouvement «&nbsp;<em>Trop, c’est trop</em>&nbsp;», dénonçant une dérive autoritaire, un glissement vers le parti unique. Le verbe est là. Mais la dynamique populaire, elle, reste incertaine.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-parrainages-cei-reformes-l-illusion-participative"><strong>Parrainages, CEI, réformes : l’illusion participative</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2020, un système de parrainage citoyen impose aux candidats de collecter des milliers de signatures à travers le pays. Officiellement, il s’agit d’éviter les candidatures fantaisistes. Officieusement, c’est un filtre de plus, opaque, potentiellement redoutable pour ceux qui ne disposent pas de l’appareil d’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps, la Commission électorale indépendante, toujours décriée pour sa composition jugée déséquilibrée, organise réunions et formations. De l’huile dans les rouages, sans que personne n’ose vraiment interroger la légitimité du moteur.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-democratie-sous-perfusion-une-stabilite-en-trompe-l-oeil"><strong>Une démocratie sous perfusion, une stabilité en trompe-l&rsquo;œil</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Côte d’Ivoire d’ADO, c’est aussi un pays en croissance, en reconstruction, en apparence apaisé. Depuis 2011, l’infrastructure avance, les investisseurs reviennent, les conflits se sont déplacés vers les tribunaux. Mais à trop enterrer les contentieux politiques sous la chape de la stabilité, on en oublie leur pouvoir de résurgence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2010, le scrutin s’était transformé en guerre civile. En 2020, des dizaines de morts ont accompagné la réélection d’Ouattara. À l’approche de 2025, les vieilles blessures sont encore là. Camouflées sous les discours, prêtes à se rouvrir au premier choc.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-et-apres-l-eternel-recommencement"><strong>Et après ? L’éternel recommencement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si Alassane Ouattara se représente, il est probable qu’il l’emportera. Si l’opposition boycotte, ce sera un plébiscite. Mais que vaudra ce mandat de plus — ce sursis de pouvoir — dans une société qui réclame du souffle neuf, de la relève, de la justice équitable ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vrai défi de la Côte d’Ivoire ne réside plus dans les chiffres d’une élection, mais dans la capacité de ses élites à céder la place, à construire une alternance crédible. Sans exclusion. Sans vengeance. Sans scénario pré-écrit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : la charte des partis abrogée, à quand la grande lessive ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 May 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez les enjeux de la refondation politique au Mali après l'abrogation de la charte des partis politiques.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au lendemain de l’abrogation de la charte des partis politiques au Mali, les autorités de la transition tracent leur propre voie. Entre ambition de refondation et tentation de verrouillage, le pays pourrait bien s’acheminer vers une dissolution totale du paysage partisan, à l’image de ses voisins du Sahel.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un texte de moins, mais peut-être une ère de plus. En abrogeant, le 30&nbsp;avril 2025, la charte des partis politiques datant de 2005, les autorités maliennes ont signé bien plus qu’un simple acte administratif. Elles ont amorcé une reconfiguration silencieuse, mais radicale du paysage politique. Car derrière ce geste technique, se dessine un scénario que d’aucuns qualifient déjà de « <em>Burkinabè</em> », voire de « <em>Nigérien</em> ». Celui d’une dissolution pure et simple de tous les partis politiques, suivie d’un nettoyage méthodique des appareils traditionnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Le gouvernement agit de façon méthodique</em> », confie à demi-mot une source haut placée au ministère de l’Administration territoriale. Et de préciser&nbsp;: « <em>La charte est la racine. L’abroger, c’est arracher l’ancien système à sa base. </em>» Une déclaration qui n’a rien d’anodin. Car au Mali, comme dans nombre de pays d’Afrique francophones, les partis politiques se sont multipliés à un rythme industriel — près de 300&nbsp;officiellement recensés — sans toujours refléter une réelle implantation populaire. Des formations souvent créées pour négocier des alliances électorales, obtenir des financements publics ou accéder à des postes ministériels.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-copier-coller-assume-de-l-aes"><strong>Un copier-coller assumé de l’AES ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La suite logique serait-elle la dissolution, comme le recommandent d’ailleurs les forces vives de la nation, réunies lors des consultations nationales du 29&nbsp;avril ? Rien n’est officiel. Mais les précédents burkinabè et nigérien — où les transitions ont balayé les partis pour rebâtir un cadre institutionnel — tracent un chemin. Un chemin que le Mali pourrait bien suivre, non par mimétisme, mais par cohérence stratégique, dans la dynamique commune de l’Alliance des États du Sahel (AES).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La méthode a ceci de redoutable qu’elle se veut rationnelle. On arrête la prolifération d’entités sans ancrage ; on réécrit une charte plus exigeante ; on trie le grain de l’ivraie avant de rouvrir les vannes — cette fois, avec un filtre. D’aucuns y voient une opération salutaire de décrassage. D’autres, plus sceptiques, parlent d’un recentrage autoritaire, déguisé en réforme institutionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car, à y regarder de près, cette abrogation intervient dans un contexte de fermeture progressive de l’espace politique, où l’opposition traditionnelle peine à exister, où les voix critiques sont mises sous tension, et où les discours dominants valorisent la stabilité au détriment du pluralisme.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-entre-rupture-et-verrouillage"><strong>Entre rupture et verrouillage</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il y voir une volonté sincère de refondation démocratique ou une tactique de verrouillage ? Les deux lectures coexistent. L’abrogation de la charte est sans doute un prélude. À une dissolution, ou à un durcissement drastique des conditions d’existence des partis — exigeant désormais fonds, base militante réelle, ancrage territorial. En somme, la fin du parti de salon et du chef sans troupes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Bamako, l’on murmure déjà que le gouvernement temporise pour ménager les partenaires extérieurs, mais que le cap est fixé. Il s’agit d’achever les réformes engagées depuis 2021, dans le cadre d’une refondation souveraine du Mali et de ses institutions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’on l’approuve ou non, la démarche suit une logique. Et cette logique n’est pas celle du consensus. Elle est celle du « <em>choc fondateur</em> », cher aux régimes en transition. Détruire, pour mieux reconstruire. Élaguer, pour mieux faire repousser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie malienne version&nbsp;2025 pourrait bien ressembler à un arbre taillé à la serpe. À voir si les fruits qui en sortiront nourriront la nation… ou la priveront d’oxygène.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le pouvoir du peuple </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 May 2025 09:03:19 +0000</pubDate>
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<p>Face à l’essoufflement du modèle électoral occidental, une nouvelle forme d’expression populaire émerge en Afrique de l’Ouest. À travers l’exemple de l’AES, ce billet explore comment les peuples reprennent le&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Face à l’essoufflement du modèle électoral occidental, une nouvelle forme d’expression populaire émerge en Afrique de l’Ouest. À travers l’exemple de l’AES, ce billet explore comment les peuples reprennent le pouvoir — en renouant avec des traditions politiques enracinées, mais longtemps oubliées.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous avez dit «&nbsp;<em>démocratie</em>&nbsp;» ? Ce mot noble que l’on répète à l’envi, sur les plateaux de télévision occidentaux, dans les discours des chancelleries, jusque dans les slogans des rues de Bamako ou Ouagadougou. Démocratie — ce système censé incarner l’expression du peuple, par le peuple et pour le peuple. Mais encore faut-il que ce peuple en question existe dans la réalité des décisions, et pas seulement dans les livres des constitutionnalistes.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-centralite-du-consensus"><strong>La centralité du consensus</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Longtemps, les urnes ont été présentées comme l’alpha et l’oméga de cette expression populaire. On votait, donc on existait. Mais si voter suffit à définir une démocratie, alors certains régimes parmi les plus autoritaires du continent en auraient été les champions. La vérité est plus complexe, moins confortable : les urnes ne sont qu’un instrument. Un moyen, pas une fin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que l’on voit aujourd’hui au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), dans cette Afrique de l’Ouest secouée par les vents chauds de la révolte et du réveil, c’est la naissance d’une nouvelle grammaire politique. Ici, le peuple ne se contente plus de glisser un bulletin dans une boîte. Il consulte, il participe, il débat. Il s’impose. Par des dialogues populaires, par des assises nationales, par une réappropriation du politique au quotidien. Une démocratie d’essence communautaire, au sens noble du terme. Moins procédurale, plus existentielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rendons à César ce qui appartient à Soundiata. La Charte du Mandé, ce code oral de gouvernance, bien avant Montesquieu, Rousseau ou Tocqueville, affirmait déjà les droits de chacun, la centralité du consensus, la dignité de l’individu. L’Afrique n’a pas importé la démocratie. Elle l’a pratiquée, à sa manière, dans ses propres langues, avant d’en perdre la mémoire sous le poids de l’écriture — celle des autres. Pendant trop longtemps, n’a existé que ce qui était écrit. Et l’Afrique, disait-on, n’avait rien écrit. Donc rien produit. Donc rien été.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-peuple-reprend-la-parole-autrement"><strong>Le peuple reprend la parole autrement</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Mais voilà que le stylo change de main. Voilà que les Africains écrivent. Leur histoire, leurs constitutions, leurs modèles. Fini le temps de l’hétéro-histoire. Voici venu celui de l’auto-histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’AES, qu’on le veuille ou non, marque une rupture. Elle ébranle les dogmes. Elle réinvente une légitimité populaire qui ne passe plus uniquement par les vieilles recettes électorales coûteuses, risquées, souvent biaisées. Le peuple y reprend la parole autrement, peut-être plus authentiquement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas une fin de la démocratie. C’est peut-être, simplement, la fin de sa version sous-traitée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et si l’Histoire devait retenir une chose, c’est que sur les terres de l’ancien Manding, le pouvoir du peuple ne se négocie plus dans les chancelleries, mais se réinvente à ciel ouvert, au rythme des peuples qui, enfin, s’écrivent eux-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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