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	<title>Archives des décolonisation &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>François Burgat : « Le cancer du monde aujourd’hui, c’est l’agonie du suprémacisme blanc »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 00:05:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Au Forum mondial de la décolonisation à Istanbul, le politologue François Burgat analyse les crises internationales à travers l’héritage colonial et dénonce « l’agonie du suprémacisme blanc ».</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Forum mondial de la décolonisation à Istanbul, le politologue François Burgat analyse les crises internationales à travers l’héritage colonial et dénonce « l’agonie du suprémacisme blanc ».</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Invité du Forum mondial sur la décolonisation organisé à Istanbul les 11 et 12 mai, le politologue français François Burgat a livré une analyse globale des rapports de domination contemporains. Son intervention a relié la question palestinienne, les débats sur la décolonisation et les recompositions géopolitiques à l’œuvre dans l’ordre international.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La décolonisation comme grille de lecture du monde actuel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le chercheur français, la décolonisation ne doit pas être réduite à la seule période historique des indépendances africaines ou à l’histoire coloniale classique. Selon lui, elle constitue aujourd’hui l’une des clés d’analyse des tensions internationales. «&nbsp;<em>La décolonisation est l’un des concepts les plus centraux actuellement&nbsp;</em>», a-t-il expliqué lors de son intervention.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, il considère que de nombreuses crises contemporaines, notamment au Moyen-Orient, doivent être comprises à la lumière des héritages coloniaux et des rapports de domination persistants. «&nbsp;<em>Le problème du monde aujourd’hui, le cancer du monde aujourd’hui, c’est l’agonie du suprémacisme blanc</em>&nbsp;», a-t-il affirmé, estimant que cette dynamique se manifeste aussi bien dans la guerre à Gaza que dans certaines évolutions politiques occidentales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon lui, ce suprémacisme, bien qu’affaibli, continue d’influencer les relations internationales et peut encore produire des effets déstabilisateurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De la domination coloniale à la domination impériale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le politologue met surtout l’accent aussi sur la continuité entre colonisation et impérialisme. Pour lui, les indépendances nationales n’ont pas nécessairement mis fin aux rapports de domination. «&nbsp;<em>À la domination coloniale a succédé la domination impériale</em>&nbsp;», estime-t-il, évoquant notamment l’influence géopolitique américaine qui aurait remplacé certaines structures héritées des empires européens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette analyse, les effets culturels et idéologiques de la colonisation continuent de structurer les imaginaires politiques, même après la fin des occupations militaires ou administratives.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Entre rejet du colonial et dynamiques internes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">François Burgat met toutefois en garde contre une lecture strictement binaire de l’héritage colonial. Selon lui, les sociétés anciennement colonisées doivent distinguer les éléments imposés par la domination occidentale de ceux qui auraient pu émerger de manière autonome.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il cite notamment l’exemple de l’Afghanistan, où les talibans rejettent l’éducation des femmes en la considérant comme une importation occidentale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le chercheur, ce type de position traduit parfois une réaction «&nbsp;<em>instinctive</em>&nbsp;» face à l’hégémonie culturelle occidentale, qui peut freiner des transformations sociales susceptibles d’émerger de manière endogène.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans sa réflexion, il se réfère également au penseur égyptien Tarek el-Bichri. Celui-ci estimait que certaines sociétés ont cessé de «&nbsp;<em>s’auto-réformer</em>&nbsp;» lorsque leur système symbolique a été perçu comme menacé par la domination occidentale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une expérience personnelle forgée dans le Sud</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">François Burgat a également évoqué son propre parcours intellectuel, marqué par de longues années passées dans plusieurs pays du Sud. Ces expériences auraient contribué à transformer sa perception des relations internationales. Il raconte notamment un voyage en Palestine à l’âge de 16 ans. Un jeune Palestinien lui aurait alors déclaré : «&nbsp;<em>Les Juifs m’ont pris ma maison.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette phrase, explique-t-il, lui aurait révélé l’absence d’une information équilibrée dans les récits auxquels il avait été exposé jusque-là. «&nbsp;<em>Jamais, à l’âge de 16 ans, je n’avais eu une information équilibrée&nbsp;</em>», affirme-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon lui, les études décoloniales cherchent précisément à corriger ce qu’il décrit comme un déséquilibre dans la production et la circulation du savoir, marqué par des «&nbsp;<em>doubles standards</em>&nbsp;» dans certaines analyses occidentales des relations internationales.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un forum international sur les héritages coloniaux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’intervention de Burgat s’inscrivait dans le cadre du&nbsp;<em>World Decolonisation Forum</em>, organisé à Istanbul. Cet événement a réuni chercheurs, intellectuels et représentants de la société civile autour des enjeux liés à l’héritage colonial, aux relations Nord-Sud et aux transformations de l’ordre géopolitique mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte marqué par la multiplication des conflits et la remise en cause de certaines hiérarchies internationales, les débats ont mis en lumière l’importance croissante des approches décoloniales dans l’analyse du monde contemporain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Au Sahel, l’Alliance des États du Sahel trace les contours d’une souveraineté nouvelle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Dec 2025 11:14:22 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez l'importance de l’Alliance des États du Sahel dans la géopolitique ouest-africaine et ses implications historiques.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>Alors que les équilibres géopolitiques se redessinent en Afrique de l’Ouest, la Confédération des États du Sahel (AES) s’impose comme une expérience politique inédite. Dans cette tribune, le philosophe Mikailou Cissé analyse la portée historique et symbolique d’un projet qui rompt avec les tutelles anciennes et revendique une souveraineté endogène. Entre recomposition régionale, résistances extérieures et adhésion populaire, l’AES se présente comme la matrice d’un nouvel horizon politique africain.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un monde où les puissances redéploient leurs influences sous des formes renouvelées, la dynamique sahélienne incarne une contestation vivante de l’ordre établi. Cette audace politique explique à la fois les résistances qu’elle affronte et l’espoir qu’elle suscite, bien au-delà des frontières du Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La recomposition géopolitique en cours ne s’appréhende pleinement qu’en la replaçant dans le désordre plus large qui traverse l’Afrique de l’Ouest. Tandis que l’Alliance des États du Sahel (AES) avance, étape par étape, vers une structuration confédérale appelée à devenir fédérale, l’ordre régional hérité révèle ses fissures, ses incohérences et ses renoncements. Ce contraste justifie la virulence des oppositions au projet autant que l’adhésion populaire qu’il suscite.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-nigeria-puissance-regionale-fragilite-interne"><strong>Nigeria : puissance régionale, fragilité interne</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le discours officiel sur le retrait français du Sahel illustre parfaitement cette duplicité stratégique. Loin d’un désengagement réel, il s’est agi d’un redéploiement spatial et doctrinal. Les forces spéciales françaises, opérant désormais depuis des pays côtiers comme la Côte d’Ivoire, exercent une influence directe sur les dispositifs sécuritaires de certains États, à l’image du Bénin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’armée béninoise, formellement nationale, s’insère ainsi dans une architecture de commandement et de renseignement exogène. Ce «&nbsp;<em>départ&nbsp;</em>» annoncé relevait davantage d’un geste médiatique, imposé par la pression populaire et l’effet politique de l’AES, que d’une rupture stratégique authentique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette logique se prolonge dans l’espace nigérian. Présenté comme un pilier sécuritaire régional, le Nigeria révèle un paradoxe profond : capable de mobiliser sa puissance institutionnelle contre des menaces politiques extérieures, il demeure impuissant face à la prolifération de groupes armés sur son propre territoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces espaces, riches en ressources naturelles, sont devenus des économies de guerre exploitées par des bandes criminelles hybrides sous couvert d’idéologie religieuse, et convoitées par des puissances étrangères.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-ambivalence-du-role-americain"><strong>L’ambivalence du rôle américain</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’implication des États-Unis au Nigeria s’inscrit dans cette même contradiction. Leurs démonstrations militaires spectaculaires visent moins à protéger les populations qu’à sécuriser les corridors maritimes et les ressources au service d’intérêts géostratégiques. Leur incapacité persistante à prévenir les attaques contre les civils, les enlèvements de masse et les attentats dans les lieux de culte atteste de l’échec d’une approche purement sécuritaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces impasses, l’AES se trouve prise en étau entre des autorités voisines contestant la légitimité de ses dirigeants et des peuples qui, massivement, soutiennent ses orientations. Cette dissociation marque une rupture fondamentale entre la légalité institutionnelle défendue par certains États et la légitimité politique née de l’adhésion populaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Loin d’être une simple alliance militaire, l’AES est devenue un projet symbolique de réappropriation de la souveraineté, porté par des autorités locales trop longtemps reléguées au rang d’administrateurs de terrains d’opération.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-entre-religion-politique-et-instrumentalisation-du-conflit"><strong>Entre religion, politique et instrumentalisation du conflit</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans ce contexte que se déploient des stratégies de déstabilisation plus diffuses. Le rôle de l’Algérie, jadis perçue comme un acteur central des processus de paix au Mali, apparaît aujourd’hui ambigu. La destruction d’un drone malien en mission de surveillance sur son territoire a été perçue comme une atteinte directe à la souveraineté sécuritaire malienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus récemment, l’émergence de discours et de mouvements prétendument «&nbsp;<em>résistants&nbsp;</em>», portés par des figures religieuses ou politiques marginalisées, s’inscrit dans une stratégie de fragmentation interne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La sortie publique, en différentes langues locales, de l’imam Mahmoud Dicko illustre cette séquence. Longtemps érigé en autorité morale, il s’est révélé politiquement affaibli et prisonnier d’ambiguïtés dangereuses. Ses positions laissent entrevoir des proximités troubles avec des acteurs armés se réclamant du djihadisme ou de la rébellion. Cette confusion entre discours religieux, contestation politique et violence armée nourrit le terrorisme contemporain.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-refondation-politique-et-symbolique"><strong>Une refondation politique et symbolique</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">En rompant avec ces ambiguïtés, l’AES assume une ligne claire : le djihadisme n’est ni une résistance ni une revendication sociale légitime, mais une entreprise de prédation instrumentalisée par des intérêts extérieurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En opérationnalisant la&nbsp;Force unifiée&nbsp;et en dénonçant le&nbsp;terrorisme médiatique, judiciaire et informationnel, ses chefs d’État affirment que la guerre se joue autant sur le terrain militaire que sur celui du récit et de la souveraineté symbolique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sommet confédéral de Bamako a marqué une étape clé. L’adoption d’instruments institutionnels, la création d’organes financiers autonomes, la coordination diplomatique et la perspective d’un passage de la Confédération à la Fédération traduisent une volonté politique rare dans l’histoire contemporaine de la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce projet n’est pas une fuite en avant, mais une refondation. Là où les modèles importés ont fragmenté les territoires et déresponsabilisé les États, l’AES reconstruit une cohérence politique fondée sur la sécurité collective, l’autonomie économique et l’adhésion populaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu dépasse le Sahel. Il pose à l’Afrique contemporaine une question centrale :&nbsp;<em>peut-on déléguer indéfiniment la sécurité sans perdre la souveraineté ?</em><em>&nbsp;</em>L’AES esquisse une réponse radicale, imparfaite mais historiquement nécessaire : la stabilité ne s’impose pas de l’extérieur, elle se construit par des États assumant leur destin, en alliance avec leurs peuples.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mikailou Cissé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Rentrée littéraire 2026 : l’Afrique refuse d’être racontée par les autres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Aug 2025 08:55:05 +0000</pubDate>
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<p>La Rentrée littéraire 2026 au Mali se déroule du 10 au 14 février, mettant en avant l'Afrique dans le monde de demain.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À Bamako, la Rentrée littéraire du Mali&nbsp;2026 se prépare comme bien plus qu’un simple rendez-vous culturel. Du 10 au 14&nbsp;février, écrivains, penseurs et artistes proclameront que l’Afrique ne veut plus être racontée par les autres. Elle choisit de se réinventer dans ses propres mots et de reprendre la plume de son avenir, face aux récits fabriqués ailleurs.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque livre publié est une pierre posée sur l’édifice vacillant de notre temps. En rassemblant plumes et idées, la Rentrée littéraire malienne 2026 transforme la page blanche en manifeste pour la souveraineté culturelle et la renaissance africaine. Thème de l’année : « <em>L’Afrique dans le monde de demain</em> ». Une formule simple, mais qui, à elle seule, sonne comme une déclaration de rupture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le monde de demain ne pourra pas se construire sans l’Afrique. Ceux qui prétendent le contraire, à Paris, Londres ou Washington, perpétuent les récits d’hier – ceux qui réduisaient le continent au rôle de périphérie dépendante, spectatrice impuissante des tragédies du globe. La Rentrée littéraire du Mali, elle, oppose un manifeste&nbsp;: l’Afrique n’est pas un décor, elle est désormais le sujet central de l’histoire universelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-afrique-refuse-les-recits-fabriques-ailleurs"><strong>L’Afrique refuse les récits fabriqués ailleurs</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis trop longtemps, l’Afrique est assignée au rôle humiliant de « <em>continent malade</em> », enfermée dans des récits d’assistance et de dépendance. Or, répétons-le&nbsp;: ce n’est pas à Bruxelles, à Paris ou à New York que se joue la bataille du récit africain, mais à Bamako, à Lagos, à Dakar. Cette édition&nbsp;2026 proclame haut et fort que l’Afrique n’est pas ce qu’on dit d’elle, mais ce qu’elle choisit de devenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La littérature, ici, n’est pas divertissement, mais arme de libération. Elle démonte les clichés, brise les silences, et rend à ceux qu’on croyait condamnés à l’invisibilité la dignité de leur voix.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-memoire-resistance-et-refondation"><strong>Mémoire, résistance et refondation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">On aurait tort de croire que la Rentrée littéraire du Mali n’est qu’un rendez-vous d’intellectuels. C’est une bataille politique par d’autres moyens. Résister devient un acte vital&nbsp;: à la désespérance, au silence, à la fatalité. Résister, c’est refuser d’abandonner l’avenir aux « <em>caprices</em> » d’une minorité qui, depuis cinq siècles, s’arroge le droit d’écrire l’histoire du monde à la place des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là l’autre dimension de ce forum&nbsp;: rétablir la mémoire africaine comme socle du futur. Car aucun monde de demain ne peut se construire sur l’amnésie. Le passé colonial, les silences imposés, les voix étouffées doivent être réintégrés dans le récit collectif, non pas comme blessures béantes, mais comme sources de lucidité, de courage et d’inspiration.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-afrique-au-centre-de-l-echiquier-mondial"><strong>Une Afrique au centre de l’échiquier mondial</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un temps où les vieilles puissances s’accrochent à leurs illusions de grandeur et où les fractures géopolitiques se creusent, la Rentrée littéraire du Mali rappelle une vérité simple&nbsp;: aucun projet global ne sera viable sans l’Afrique. Non pas une Afrique assignée au rôle de champ d’expérimentation ou de terrain de conquête, mais une Afrique actrice, productrice de sens, d’idées, de récits et de visions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux idéologies de domination, Bamako oppose des projets d’existence. S&rsquo;agissant des stratégies de conquête, elle propose des stratégies de partage. Quant aux récits fabriqués pour d’autres, elle érige son propre récit, celui d’une humanité plurielle, fragile, mais résolument solidaire.<br>La Rentrée littéraire du Mali 2026 ne sera pas seulement une fête des lettres. Elle sera un acte politique, une reconquête symbolique, un manifeste continental. Ici, l’Afrique ne quémande plus le droit à la parole. Elle l’exerce. Avec force, avec mémoire, avec cette certitude que le monde de demain ne s’écrira pas sans elle — ou ne s’écrira pas du tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra </strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le Capitaine Ibrahim Traoré : « La lutte contre l’impérialisme doit être quotidienne »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jan 2025 12:40:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
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<p>Ce moment solennel a été l’occasion pour le chef de l’État de partager ses vœux avec le personnel de l’institution et de rappeler les défis cruciaux auxquels le Burkina Faso et l’Afrique sont confrontés, notamment la lutte contre l’impérialisme.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré</em></strong><strong>,<em>&nbsp;a présidé le lundi 13&nbsp;janvier 2025, la première cérémonie de montée des couleurs de l’année&nbsp;2025 au Palais présidentiel. Ce moment solennel a été l’occasion pour le chef de l’État de partager ses vœux avec le personnel de l’institution et de rappeler les défis cruciaux auxquels le Burkina Faso et l’Afrique sont confrontés, notamment la lutte contre l’impérialisme.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours de cette cérémonie, le Capitaine Ibrahim Traoré a invité chaque agent de l’administration publique à donner le meilleur de lui-même pour assurer la bonne marche de l’institution. Il a également insisté sur l’intégration de la lutte contre l’impérialisme comme une priorité quotidienne. Selon lui, cette lutte ne doit pas être occasionnelle, mais plutôt « <em>une lutte implacable et menée tous les jours</em> », au point de devenir une seconde nature chez les Burkinabè.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Chef de l’État a saisi cette tribune pour souligner l’urgence de rompre avec les pratiques héritées des puissances coloniales. Pour étayer son propos, il est revenu sur les récentes déclarations du Président français Emmanuel Macron concernant la stratégie militaire de la France en Afrique.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Décryptage de la stratégie française en Afrique</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le Capitaine Traoré a expliqué que la France cherche à maintenir sa présence sur le continent africain à travers des dispositifs stratégiques déguisés. « <em>Ils dissoudront des dispositifs militaires visibles pour les transformer en sociétés de sécurité privées, mais les soldats resteront. Vous ne les verrez plus en uniforme ou dans des bases, mais ils seront là pour sécuriser leurs entreprises </em>», a-t-il affirmé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Président du Faso a dénoncé ces manœuvres comme étant une continuation de l’impérialisme sous d’autres formes. Pour lui, la clé pour mettre fin à cette emprise réside dans la dénonciation des accords de défense coloniaux, qu’il considère comme l’instrument principal de cette domination. « <em>Si vous voulez une rupture avec ces forces impérialistes, c’est simple. Il faut dénoncer les accords de défense coloniaux qui ont été signés depuis les indépendances </em>», a-t-il déclaré avec fermeté.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une réponse ferme aux propos du Président français</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son discours, le Capitaine Traoré a également mis en garde contre le rôle néfaste des conseillers militaires étrangers, en particulier ceux de la France. Selon lui, ces conseillers travaillent à affaiblir les armées africaines pour justifier la présence française sur le continent. « <em>Ils mettent en œuvre la politique de la France en Afrique. Leur rôle est de maintenir nos armées faibles pour que la France puisse continuer à exister ici </em>», a-t-il expliqué, tout en saluant le fait que le Burkina Faso ait réussi à se débarrasser de ces éléments.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Capitaine Ibrahim TRAORÉ a également réagi aux récentes déclarations du Président français, qui aurait qualifié les Africains d’ingrats. Pour le Chef de l’État burkinabè, ces propos sont inacceptables et reflètent une ignorance des réalités historiques. « <em>S’il y a bien un ingrat, c’est lui. Si Emmanuel Macron n’est pas athée, il devrait prier chaque matin pour les Africains, car c’est grâce à nos ancêtres que la France existe aujourd’hui</em> », a-t-il martelé avec conviction.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un appel à la décolonisation des mentalités</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">En conclusion, le Président du Faso a exhorté les Africains à se réveiller et à prendre leur destin en main. Il a appelé à une mobilisation générale pour travailler au bonheur des peuples africains, lutter contre l’impérialisme et décoloniser les esprits. « <em>Le moment est venu de penser à l’avenir de l’Afrique avec lucidité et courage</em> », a-t-il conclu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette première montée des couleurs de l’année a ainsi été marquée par un message fort, porteur d’une vision souveraine et résolue pour l’avenir du Burkina Faso et de l’Afrique. Le Capitaine Ibrahim Traoré continue d’incarner une volonté de rupture avec le passé colonial, tout en plaidant pour une Afrique unie et libre de toute emprise étrangère.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim K. Djitteye&nbsp;</strong></p>
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		<title>Vers une réconciliation franco-algérienne ?</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Sep 2022 13:11:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[décolonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Macron]]></category>
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<p>La visite du président Macron en Algérie du 25 au 27 août 2022 a eu pour but de reconstruire du lien avec ce pays qui occupe une place à part dans l’histoire française.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La visite du président Macron en Algérie du 25 au 27&nbsp;août 2022 a eu pour but de reconstruire du lien avec ce pays qui occupe une place à part dans l’histoire française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La relation bilatérale s’était en effet <a href="https://www.la-croix.com/Monde/Pourquoi-torchon-brule-entre-France-lAlgerie-2021-10-03-1201178652" target="_blank" rel="noreferrer noopener">nettement dégradée</a> ces dernières années, en dépit des nombreux gestes mémoriels accomplis par Paris à la suite des préconisations du <a href="https://www.vie-publique.fr/rapport/278186-rapport-stora-memoire-sur-la-colonisation-et-la-guerre-dalgerie" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rapport Stora</a>, la France ayant notamment reconnu des faits de torture et de disparitions forcées pendant la <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/03/03/guerre-d-algerie-emmanuel-macron-reconnait-qu-ali-boumendjel-a-ete-torture-et-assassine-par-l-armee-francaise_6071747_3212.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">guerre d’Algérie</a>, ainsi que le <a href="https://www.france24.com/fr/france/20211016-17-octobre-1961-emmanuel-macron-va-reconna%C3%AEtre-une-v%C3%A9rit%C3%A9-incontestable" target="_blank" rel="noreferrer noopener">massacre des Algériens à Paris</a> lors de la manifestation du FLN du 17 octobre 1961.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dégradation s’expliquait notamment par des <a href="https://www.courrierinternational.com/article/vu-dalgerie-les-propos-de-macron-plongent-paris-et-alger-dans-une-crise-ouverte" target="_blank" rel="noreferrer noopener">propos tenus par Emmanuel Macron</a> le 30 septembre 2021 sur l’inexistence de la nation algérienne avant la colonisation française, qui avaient entraîné le <a href="https://www.france24.com/fr/afrique/20211002-l-alg%C3%A9rie-rappelle-son-ambassadeur-en-france-pour-consultations" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rappel de l’ambassadeur algérien à Paris</a> pendant plusieurs mois et l’<a href="https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20211003-l-alg%C3%A9rie-interdit-le-survol-de-son-territoire-aux-avions-militaires-fran%C3%A7ais" target="_blank" rel="noreferrer noopener">interdiction du survol du territoire algérien</a> par les avions militaires français pour se rendre au Mali ou au Niger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il reste que la France et l’Algérie ont toutes deux intérêt à protéger cette relation privilégiée.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une émancipation partielle de l’Algérie vis-à-vis de la France</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Rappelons d’abord que la <a href="https://www.cairn.info/revue-internationale-et-strategique-2006-3-page-179.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">perte d’influence</a> de la France en Algérie est un phénomène que l’on observe depuis longtemps et qui n’est pas imputable au président Macron.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France est depuis maintenant des décennies concurrencée en Afrique et, en particulier, en Algérie, par des puissances émergentes. La deuxième puissance mondiale, la Chine, l’a supplantée comme <a href="https://afrique.latribune.fr/economie/strategies/2018-12-28/commerce-sans-surprise-la-chine-reste-le-premier-fournisseur-de-l-algerie-802309.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">premier partenaire commercial</a> de l’Algérie. La Turquie s’affirme également en Algérie, elle qui est héritière de l’Empire ottoman, qui avait exercé sa domination en Algérie avant la conquête française en 1830. Quant à la Russie, elle est le <a href="https://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/l-algerie-tiraillee-entre-la-russie-pourvoyeuse-d-armes-et-l-europe-acheteuse-de-gaz_2172134.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">principal fournisseur d’armes</a> de l’Algérie depuis 1962. Mais elle vend aussi des armes au Maroc, notamment des chars et des véhicules blindés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Français ont perdu de gros contrats. Suez ne gère plus l’eau à Alger. Aéroports de Paris a perdu le contrat de management de l’aéroport d’Alger, qui s’est récemment agrandi. La RATP n’est plus en charge du fonctionnement du métro d’Alger. Le français comme langue étrangère est également en perte de vitesse en Algérie <a href="https://journals.openedition.org/droitcultures/1860">par rapport à l’anglais</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, l’Algérie ne peut se passer de la France et de l’Union européenne. Le pays subit actuellement un relatif isolement. Alger a quand même des alliés dans la région, notamment en la personne du président tunisien <a href="https://news.gnet.tn/tunisie-kais-saied-en-algerie-degel-et-resultats-esperes/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Kais Saïed</a>, qui affiche de plus en plus son adhésion au nationalisme arabe. Mais elle voit d’un mauvais œil les ingérences en Libye de l’Égypte et des Émirats arabes unis, qui sont des soutiens importants du maréchal Haftar, très puissant en <a href="https://www.larousse.fr/encyclopedie/autre-region/Cyr%C3%A9na%C3%AFque/115383" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Cyrénaïque</a>. L’Algérie est en effet trés soucieuse de protéger ses vastes frontières, et cherche à les défendre tout en maintenant sa doctrine traditionnelle de non-intervention en dehors de son territoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son relatif isolement actuel a été suscité par les <a href="https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03566453/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">accords d’Abraham</a> du 15 septembre 2020, qui ont entraîné une normalisation des relations entre Israël et certains pays arabes, dont le Maroc, qui a reconnu l’État israélien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En contrepartie, les États-Unis ont <a href="https://www.aa.com.tr/fr/monde/les-etats-unis-r%C3%A9it%C3%A8rent-leur-position-reconnaissant-la-souverainet%C3%A9-du-maroc-sur-le-sahara/2292157" target="_blank" rel="noreferrer noopener">reconnu</a> la marocanité du Sahara occidental, ce qui va à l’encontre de la position de l’Algérie, qui <a href="https://theconversation.com/algerie-maroc-la-rupture-est-consommee-172430" target="_blank" rel="noreferrer noopener">soutient le combat du Front Polisario pour le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui</a>. Madrid a également reconnu la marocanité du Sahara occidental, ce qui a fortement déplu à Alger qui a <a href="https://information.tv5monde.com/afrique/le-president-algerien-coupe-le-robinet-du-gaz-au-maroc-430682">cessé ses livraisons de gaz</a> à l’Espagne à travers le gazoduc Maghreb Europe, qui transite par le Maroc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que, du fait de la guerre en Ukraine, les <a href="https://www.ouest-france.fr/europe/ue/baisse-des-livraisons-de-gaz-l-europe-doit-s-affranchir-de-moscou-des-que-possible-estime-l-ue-530a27a8-0cb4-11ed-bc02-4fec2eb4421e" target="_blank" rel="noreferrer noopener">livraisons de gaz russe aux pays de l’UE devraient baisser significativement</a>, l’Algérie peut-elle prendre le relais de Moscou en la matière ? Pour l’heure, 8 % à 9 % du gaz consommé en France provient d’Algérie. Le gaz algérien arrive en France soit par gazoduc via des interconnexions gazières avec des pays européens, soit par transport maritime via le GNL (gaz naturel liquéfié). Un certain nombre de problèmes techniques doivent être réglés entre Français et Algériens pour permettre l’<a href="https://www.sudouest.fr/economie/energie/l-algerie-pourrait-augmenter-de-50-ses-livraisons-de-gaz-a-la-france-des-annonces-a-venir-12061041.php">augmentation de ces livraisons</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Emmanuel Macron ne semble pas être un partisan du gazoduc <a href="https://www.ouest-france.fr/economie/energie/gaz-naturel/midcat-ce-gazoduc-qui-oppose-plus-que-jamais-la-france-a-l-espagne-l-allemagne-et-bruxelles-451fde18-2946-11ed-816a-f6aa922adaf4" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Midcat</a>,</p>



<p class="wp-block-paragraph">qui relierait l’Espagne à la France et qui permettrait d’augmenter les livraisons de gaz algérien transitant actuellement par le gazoduc <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/04/28/gaz-l-algerie-menace-de-rompre-son-contrat-avec-l-espagne_6124014_3212.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Medgaz</a>. Une solution envisageable passerait par la construction d’un <a href="https://www.usinenouvelle.com/article/la-mise-en-service-d-un-terminal-methanier-flottant-au-havre-en-septembre-2023-confirmee.N2031367" target="_blank" rel="noreferrer noopener">terminal flottant de gaz liquéfié au Havre</a>. Les choses sont plus faciles avec l’Italie : Alger a augmenté ses livraisons de gaz aux Italiens via le gazoduc <a href="https://www.transmed-spa.it/sistema_di_trasporto.php?lingua=3" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Transmed</a> qui va de Hassi R’Mel en Algérie jusqu’à Bologne en transitant par la Sicile et la Tunisie.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Le rôle de l’Algérie dans le conflit malien et les intérêts stratégiques français</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le partenariat renouvelé entre la France et l’Algérie revêt dans ces conditions un caractère stratégique. Les Français ont besoin d’Alger du fait des enjeux sécuritaires de la bande saharo-sahélienne, surtout après le <a href="https://www.francebleu.fr/infos/international/les-derniers-soldats-francais-de-l-operation-barkhane-ont-quitte-le-mali-1660571253" target="_blank" rel="noreferrer noopener">départ de leurs troupes du Mali</a> dont la présence suscitait le rejet de l’opinion publique malienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, Alger a patronné les <a href="https://peacemaker.un.org/sites/peacemaker.un.org/files/Accord%20pour%20la%20Paix%20et%20la%20R%C3%A9conciliation%20au%20Mali%20-%20Issu%20du%20Processus%20d%27Alger_0.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">accords d’Alger</a> signés en mai 2015 entre le gouvernement algérien et la rébellion touareg de la Coordination des mouvements touaregs de l’Azawad, qui n’ont d’ailleurs pas permis de ramener la paix dans la région en raison de la prolifération des milices, de leur désarmement différé et de la distinction artificielle entre rebellions touaregs séparatistes et djihadistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Algériens entretiennent aussi de <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/08/27/paris-cherche-l-appui-d-alger-sur-le-sahel_6139190_3212.html">très bonnes relations</a> avec la junte malienne au pouvoir à Bamako, qui est très hostile à la France, préférant les mercenaires russes à la force Barkhane.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Français ont besoin des Algériens pour redéfinir leurs relations avec le Sahel et ont un ennemi commun les djihadistes du <a href="https://www.la-croix.com/Monde/Quest-GSIM-groupe-djihadiste-responsable-lenlevement-dOlivier-Dubois-2021-05-07-1201154647" target="_blank" rel="noreferrer noopener">GSIM</a> (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), dirigé par le chef touareg radicalisé <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/07/27/mali-iyad-ag-ghali-l-ennemi-numero-un-de-la-france_5336668_3212.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Iyad Ag Ghali</a>, ancien milicien au service du colonel Kadhafi. Il a fait allégeance à Al-Qaida au Maghreb islamique, dirigée par l’Algérien Abou Oubaïda Yousef al-Annabi, un ancien du GIA (Groupement islamique armé). Iyad Ad Ghali s’est allié aux djihadistes peuls de la <em>katîba</em> Macina. Le GSIM, désormais <a href="http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2022/07/28/mali-le-gsim-annonce-des-operations-d-envergure-alors-que-les-attaques-se-m.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">actif dans le centre du Mali</a>, avec des possibilités de frappe dans le sud du pays, représente une menace pour toute l’Afrique de l’Ouest où la France conserve des intérêts, et une menace moindre – pour le moment – pour l’Algérie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant l’approfondissement des relations économiques, l’Algérie est demandeuse d’investissements plus productifs des entreprises françaises et de transferts de technologies, notamment dans le secteur énergétique, dans le domaine des énergies renouvelables avec l’énergie solaire et dans les hautes technologies. Elle souhaite une diversification des investissements français en Algérie.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Le poids du passé colonial</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les relations franco-algériennes sont évidemment aussi une affaire intérieure en France. Emmanuel Macron a annoncé durant son séjour la transition vers une <a href="https://www.algerie-eco.com/2022/08/27/visas-immigration-choisie-ce-qua-dit-macron/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">immigration algérienne choisie</a> de travailleurs qualifiés et d’étudiants. Cette immigration choisie a déjà commencé dans les faits avec l’installation en France de nombreux <a href="https://www.visa-algerie.com/hopitaux-francais-1200-medecins-algeriens-autorises-a-exercer/# :%7E :text=Au %20total %2C %201 %20200 %20m %C3 %A9decins,en %20France %20pour %20cette %20ann %C3 %A9%3Csup%3Ee%3C/sup%3E." target="_blank" rel="noreferrer noopener">médecins généralistes algériens</a> et ingénieurs informaticiens issus de grandes écoles et d’universités algériennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette politique d’immigration sélective peut entraîner des effets négatifs pour le développement algérien du fait de la <a href="https://www.courrierinternational.com/dessin/fuite-des-cerveaux-lalgerie-confrontee-au-depart-de-ses-medecins-vers-la-france" target="_blank" rel="noreferrer noopener">fuite des cerveaux</a> qu’elle représente pour le pays de départ. Paris ne semble plus vouloir des anciennes migrations algériennes de travailleurs peu qualifiés. Pourtant, ces populations ont bien <a href="https://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2011-2-page-219.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">participé à la construction de la France</a> depuis la Première Guerre mondiale jusqu’à nos jours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Approfondir la relation franco-algérienne nécessite d’aplanir les maux hérités du passé colonial et de la guerre qui sont à l’origine de notre relation si forte et si particulière avec l’Algérie. Pendant sa visite à Alger, les présidents Macron et Tebboune ont annoncé la <a href="https://www.la-croix.com/Monde/France-Algerie-commission-mixte-regarder-lhistoire-face-2022-08-28-1201230572" target="_blank" rel="noreferrer noopener">création d’une commission mixte d’historiens français et algériens</a> pour établir ensemble les faits. À noter que le rapport Stora de 2021 ne recommandait que la nomination d’une commission d’historiens sur les <a href="https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/article.php ?laref=2527&amp;titre=victimes-des-massacres-d-oran-le-5-juillet-1962" target="_blank" rel="noreferrer noopener">massacres d’Oran</a>, et pas une commission d’historiens compétente globalement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les travaux produits par cette nouvelle commission d’historiens, si elle voit effectivement le jour, pourraient légitimer la reconnaissance par la France des crimes de la colonisation – même s’il est peu probable que le président français réitère les propos qu’il avait tenus en 2017 en tant que candidat, quand il avait évoqué les <a href="https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/02/15/macron-qualifie-la-colonisation-de-crime-contre-l-humanite-tolle-a-droite-et-au-front-national_5080331_4854003.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">crimes contre l’humanité commis par la France en Algérie</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’il <a href="https://www.lefigaro.fr/international/guerre-d-algerie-macron-recuse-toute-repentance-et-appelle-a-regarder-le-passe-avec-courage-20220826" target="_blank" rel="noreferrer noopener">refuse la repentance</a> et ne veut pas prononcer les excuses officielles demandées par l’Algérie, une telle reconnaissance forte du passé par le pouvoir politique français, légitimée par un travail historique commun, pourrait toutefois être fondatrice d’une nouvelle relation avec l’Algérie, en levant les blocages à la coopération entre nos sociétés et en permettant aux jeunesses de nos deux pays d’envisager pleinement un avenir commun sans haine et sans rancune. Cette initiative est probablement une des dernières chances du président Macron, qui voudrait rester dans l’histoire comme le réconciliateur de la France et de l’Algérie.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Regarder la vérité historique en face, dans toute sa complexité</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Si on ne peut que se réjouir de la prise de conscience du pouvoir politique français et algérien de la nécessité de passer de la mémoire à l’histoire, un processus d’ailleurs largement entamé dans les travaux de plusieurs générations d’historiens – qu’ils portent sur l’histoire des Algériens avant 1830, la conquête de l’Algérie, l’histoire de la colonisation française, la guerre d’Algérie et sa fin tragique avec les <a href="https://theconversation.com/les-obstinations-nucleaires-des-dirigeants-francais-en-algerie-independante-185050" target="_blank" rel="noreferrer noopener">essais nucléaires français en Algérie</a>, le massacre du 17 octobre 1961, l’abandon des harkis, les massacres d’Oran… –, une telle commission sera amenée à évoquer la douloureuse question des responsabilités étatiques au plus haut sommet de l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle ne peut éluder la séquence de la fin de la guerre d’Algérie et devra affronter le regard de la statue de commandeur du général de Gaulle, le dernier grand homme d’État français du XX<sup>e</sup>&nbsp;siècle, sans oublier les non-dits de la mémoire officielle algérienne. Cette prise en compte globale de l’histoire franco-algérienne est indispensable pour deux nations condamnées dans tous les cas par cette même histoire traumatique à avoir un avenir commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://theconversation.com/profiles/emmanuel-alcaraz-1375753" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Emmanuel Alcaraz</a>, Docteur en histoire, Agrégé d&rsquo;histoire géographie, Enseignant à Sorbonne Université, Chercheur associé à Mesopolhis(Sciences Po Aix UMR 7064)et à l&rsquo;IRMC(Institut de recherches sur le Maghreb contemporain, CNRS), <em><a href="https://theconversation.com/institutions/sorbonne-universite-2467" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sorbonne Université</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet article est republié à partir de <a href="https://theconversation.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Conversation</a> sous licence Creative Commons. Lire l’<a href="https://theconversation.com/vers-une-reconciliation-franco-algerienne-189658" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article original</a>.</p>



<img decoding="async" src="https://counter.theconversation.com/content/189658/count.gif?distributor=republish-lightbox-advanced" alt="The Conversation" width="1" height="1" style="border: none !important; box-shadow: none !important; margin: 0 !important; max-height: 1px !important; max-width: 1px !important; min-height: 1px !important; min-width: 1px !important; opacity: 0 !important; outline: none !important; padding: 0 !important" />
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		<title>La « Françafriche », nouvel avatar de la Françafrique ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Dec 2021 06:21:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[art contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[colonies françaises]]></category>
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<p>La coopération culturelle et artistique franco-africaine – la « Françafriche » – n’a-t-elle pas trouvé son point d’orgue avec « Africa 2020 » ?</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph">La coopération culturelle et artistique franco-africaine – la <a href="https://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=9208&amp;menu=0" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«&nbsp;Françafriche&nbsp;»</a> – n’a-t-elle pas trouvé son point d’orgue avec <a href="https://www.pro.institutfrancais.com/fr/offre/africa-2020" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«&nbsp;Africa 2020&nbsp;»</a>&nbsp;? C’est la question que l’on peut se poser à propos de cette saison africaine en France, interrompue un temps en raison de la pandémie mais qui s’est poursuivie cette année.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En organisant cette série d&rsquo;événements, la France a voulu rendre hommage à l’Afrique. Toutefois, si l&rsquo;on y regarde de plus près, Africa2020 et, au-delà, la vision qu&rsquo;a aujourd&rsquo;hui Paris de sa coopération avec l&rsquo;Afrique suscitent quelques questionnements…</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="les-deux-primitivismes">Les deux primitivismes</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré la bonne volonté qui a présidé à la mise en oeuvre d&rsquo;Africa2020, un stéréotype primitiviste accolé de façon illégitime au continent continuait à émaner de cette opération. Et en la matière, il convient de distinguer un «&nbsp;primitivisme premier&nbsp;» et un «&nbsp;primitivisme second&nbsp;». Le premier, lié aux <a href="https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/art_premier/187292" target="_blank" rel="noreferrer noopener">arts dits «&nbsp;premiers&nbsp;»</a> est classiquement reconnu comme ayant fortement influencé l’art occidental alors que le second est plus difficile à débusquer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, ce primitivisme premier n’est plus l’objet de controverses puisqu’on parle désormais d’«&nbsp;art classique africain&nbsp;» et que le principe de la restitution de ces œuvres d’art aux pays africains a acquis droit de cité. Même s’il subsiste, comme on le verra à propos de l’exposition <a href="https://www.quaibranly.fr/fr/expositions-evenements/au-musee/expositions/details-de-levenement/e/ex-africa-38922/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«&nbsp;Ex-Africa&nbsp;»</a>, il a été remplacé par un autre paradigme – le primitivisme second – qui a trait à l’enrichissement ou à la re-fécondation de la culture artistique française par l’art contemporain africain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce processus de re-fécondation accompagne le «&nbsp;nettoyage&nbsp;» artistique et toponymique auquel se livrent les gouvernements de nombreux pays <a href="https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-09-juin-2020" target="_blank" rel="noreferrer noopener">à la suite du meurtre de George Floyd</a>. Il s’est ensuivi un processus de déboulonnage de statues de personnages esclavagistes ou coloniaux et de remplacement de ces statues, ainsi que de noms de rue et de places de même nature, par des «&nbsp;figures de la diversité&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la première fois en France, avec l’opération «&nbsp;Africa 2020&nbsp;», lancée par Emmanuel Macron, on peut voir des monuments français portant la marque d’artistes africains. C’est notamment le cas avec l’installation d’œuvres d’<a href="http://www.paris-conciergerie.fr/Actualites/el-anatsui-revisite-conciergerie-artiste-sculpture" target="_blank" rel="noreferrer noopener">El Anatsui à La Conciergerie</a>, de <a href="http://www.aigues-mortes-monument.fr/Actualites/Brise-du-rouge-soleil-carte-blanche-a-Joel-Andrianomearisoa" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Joël Andrianomearisoa sur les remparts d’Aigues-Mortes</a> ou bien encore celles de l’artiste de République démocratique du Congo <a href="https://www.grandpalais.fr/fr/article/le-grand-palais-invite-lartiste-sammy-baloji-dans-le-cadre-de-la-saison-africa-2020" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sami Baloji à l’entrée du Musée du Grand Palais</a>.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/435560/original/file-20211203-25-1iaabj6.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip" alt=""/><figcaption>Une partie de l’installation d’El Anatsui exposée à la Conciergerie à Paris du 20&nbsp;mai au 14&nbsp;novembre 2021 à l’occasion de la saison Africa2020. Eric Sander/Centre des monuments nationaux</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Bref, la France, l’Europe, l’Occident se débarrassent de leurs vieux oripeaux coloniaux – les «&nbsp;fétiches&nbsp;» –, qui sont désormais promis à un recyclage dans les musées de sociétés déjà créés ou en cours de construction en Afrique. À l’occasion d’«&nbsp;Africa 2020&nbsp;», la France a manifesté l’existence d’une «&nbsp;présence africaine&nbsp;», comme dans le cas de l’exposition <a href="https://www.quaibranly.fr/fr/expositions-evenements/au-musee/expositions/details-de-levenement/e/ex-africa-38922/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«&nbsp;Ex Africa&nbsp;»</a> (Musée du quai Branly) – même si cette dernière exposition n’est pas exempte de présupposés primitivistes, puisqu’elle a mis en évidence le poids que continuent d’occuper les représentations anciennes de l’art classique africain dans l’esprit de certains artistes contemporains, qu’ils soient occidentaux ou africains. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="« Ex Africa » au quai Branly en 100 secondes chrono" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/zHCl7yyg2eo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div><figcaption>Beaux-Arts Magazine, 6&nbsp;avril 2021.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">De la sorte, c’est toute l’ambiguïté de la saison «&nbsp;Africa 2020&nbsp;» qui s’exprime au prisme de ces quatre expositions. Tout autant qu’une opération de reconnaissance de l’art contemporain africain, <em>per se</em>, il s’agit largement d’indexer l’art contemporain africain à des monuments datant de plusieurs siècles et d’assimiler ainsi cet art au patrimoine architectural et historique français.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les deux cas, ces opérations se traduisent par une massification des différentes œuvres de ces artistes qui peinent à exister dans leur individualité.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="un-aggiornamento-du-rapport-de-la-france-a-l-afrique">Un aggiornamento du rapport de la France à l’Afrique&nbsp;?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sommet artistique Afrique-France n’avait-il pas en définitive pour but de faire oublier <a href="https://sommetafriquefrance.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">celui, beaucoup plus concret, de Montpellier</a> qui devait, pour une énième fois, rafistoler les relations franco-africaines dans les domaines politique, économique et stratégique&nbsp;? En somme, «&nbsp;Africa 2020&nbsp;» – ce dernier avatar de la «&nbsp;Françafriche&nbsp;» – aurait constitué le prélude au rajeunissement de la Françafrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux événements – Africa 2020 et le sommet Afrique-France de Montpellier – semblent en effet dessiner les nouveaux linéaments de la politique française en Afrique. Ils peuvent être interprétés comme un <em>aggiornamento</em> visant à rompre avec les pratiques politiques anciennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le domaine militaire, il s’agit, pour le gouvernement français, de manifester sa volonté de se retirer du continent africain et notamment du Sahel pour faire pièce à l’opposition croissante que cette présence suscite. En témoigne l’abandon par la force Barkhane des bases de Kidal, Tombouctou et Tessalit au Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En même temps, la force Barkhane ne quitte pas totalement le Sahel car il lui reste la tâche de protéger l’approvisionnement de la France en uranium du Niger – une ressource d’autant plus indispensable qu’Emmanuel Macron vient d’<a href="https://www.europe1.fr/politique/nucleaire-macron-annonce-la-construction-de-nouveaux-reacteurs-4076148" target="_blank" rel="noreferrer noopener">annoncer</a> la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. C’est en tenant compte de ce souci de sécuriser cet apport énergétique qu’il faut apprécier la hantise de voir les Russes pénétrer sur le pré carré français dans la zone sahélienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le maintien de la présence française en Afrique, outre le domaine militaire avec ses opérations extérieures et ses bases, a également un volet diplomatique. En la matière, la politique française est fragile puisqu’elle repose sur le principe «&nbsp;deux poids-deux mesures&nbsp;». Selon les cas, la France peut aussi bien soutenir une transition non démocratique du pouvoir effectuée par le biais de coups d’État illégaux comme au Tchad ou légaux comme en Côte d’Ivoire, ou désavouer des putschs, comme au Mali et en Guinée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sommet de Montpellier, avec toutes ses ambiguïtés, avait pour but de permettre à Paris de se démarquer des despotes africains au pouvoir depuis plusieurs dizaines d’années, tout en tentant de nouer des liens avec les différentes «&nbsp;sociétés civiles&nbsp;» du continent et en projetant de mettre sur pied une sorte de «&nbsp;start up Africa&nbsp;». </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Sommet Afrique-France : Emmanuel Macron &quot;bousculé&quot; par la jeunesse • FRANCE 24" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/glnMlj04MDQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div><figcaption>Emmanuel Macron «&nbsp;bousculé&nbsp;» par la jeunesse, France 24, 8&nbsp;octobre 2021.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">De la même façon, la mise en scène de la restitution de pièces d’art «&nbsp;premier&nbsp;» aux pays africains n’est que l’amorce de la continuation d’une politique de coopération artistique et culturelle «&nbsp;new look&nbsp;» entre la France et l’Afrique, coopération déjà à l’œuvre avec «&nbsp;Africa 2020&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi est instauré un nouveau partenariat <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/11/15/chacun-apporte-sa-pierre-quand-musees-francais-et-africains-uvrent-main-dans-la-main_6102159_3212.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">qui se veut paritaire</a> entre musées français et musées africains. En témoigne l’exposition «&nbsp;Picasso à Dakar, 1972-2022&nbsp;» qui doit avoir lieu au Musée des civilisations noires de Dakar où seront sempiternellement mises en regard les œuvres du maître catalan avec les pièces d’art «&nbsp;classique&nbsp;» africain qui l’ont inspiré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De la même façon, sans préjuger de ce que sera la reconstruction du Festival Mondial des Arts nègres de 1966 au Grand Palais en 2025, on peut se demander pourquoi il faut que ce soit presque toujours la France qui soit impliquée dans les projets artistiques ou muséaux concernant l’Afrique et particulièrement sa partie francophone. Même s’il existe d’autres projets ou réalisations artistiques et muséales qui ont par exemple entraîné la participation de la Corée du Sud ou de la Chine, la présence massive et presque sans rival de la France dans ce domaine conduit inévitablement à se demander si ne se maintient pas là, d’une certaine façon, une forme de paternalisme.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="la-complexite-du-lien-entre-la-france-et-l-afrique">La complexité du lien entre la France et l’Afrique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, l’attribution du prix Goncourt 2021 à Mohamed Mbougar Sarr, qui a participé au sommet de Montpellier, s’inscrit dans le droit fil de cette recherche de rajeunissement à laquelle contribue la Françafriche. Mohamed Mbougar Sarr, indépendamment de son talent d’écrivain, coche en effet toutes les cases. Il est jeune, francophone, est publié par un petit éditeur français et fait référence dans son roman <a href="http://www.philippe-rey.fr/livre-La_plus_secr%C3%A8te_m%C3%A9moire_des_hommes-504-1-1-0-1.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«&nbsp;La plus secrète mémoire des hommes&nbsp;»</a> aux écrivains les plus prestigieux – Gombrovicz, Bolano et Borges, entre autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette attribution, qui intervient cent ans après que le Goncourt a <a href="https://www.jeuneafrique.com/1258062/culture/rene-maran-premier-auteur-noir-a-remporter-le-goncourt-de-retour/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">couronné un autre écrivain «&nbsp;noir&nbsp;»</a>, René Maran, avec <a href="https://www.albin-michel.fr/batouala-9782226463432" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Batouala</em></a>, montre l’attachement indéfectible de la France, et notamment de la France littéraire, à ses «&nbsp;petits frères africains&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Africa is so important for us&nbsp;» a déclaré récemment Emmanuel Macron en exhortant les responsables d’institutions artistiques à renforcer leurs liens avec l’Afrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette injonction, certes généreuse et visant à une reconnaissance du rôle de l’Afrique dans la culture mondiale, renvoie à la place que continue d’occuper le continent africain, particulièrement sa partie supposément francophone, dans le destin de cette grande puissance de deuxième ordre qu’est maintenant devenue la France.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://theconversation.com/profiles/jean-loup-amselle-1294244" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jean-Loup Amselle</a>, Anthropologue et ethnologue, directeur d&rsquo;études émérite à l&rsquo;EHESS, chercheur à l&rsquo;Institut des mondes africains, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/institut-de-recherche-pour-le-developpement-ird-2267" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Institut de recherche pour le développement (IRD)</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet article est republié à partir de <a href="https://theconversation.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Conversation</a> sous licence Creative Commons. Lire l’<a href="https://theconversation.com/la-francafriche-nouvel-avatar-de-la-francafrique-172728" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article original</a>.</p>



<img decoding="async" src="https://counter.theconversation.com/content/172728/count.gif?distributor=republish-lightbox-advanced" alt="The Conversation" width="1" height="1" style="border: none !important; box-shadow: none !important; margin: 0 !important; max-height: 1px !important; max-width: 1px !important; min-height: 1px !important; min-width: 1px !important; opacity: 0 !important; outline: none !important; padding: 0 !important; text-shadow: none !important">
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