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	<title>Archives des crises au sahel &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
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	<title>Archives des crises au sahel &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Sahel : l’œil des universitaires nigériens sur « espace de crises et de conflits armés »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Oct 2021 06:26:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[banditisme]]></category>
		<category><![CDATA[crises au sahel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Au Niger, des enseignants-chercheurs de l’Université Abdou Moumouni Dioffo de Niamey comptent apporter leur contribution dans la prévention et la résolution des crises et conflits multiformes secouant le Sahel. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong>Au Niger, des enseignants-chercheurs de l’Université Abdou Moumouni Dioffo de Niamey comptent apporter leur contribution dans la prévention et la résolution des crises et conflits multiformes secouant le Sahel. Ils se sont réunis, le dimanche 24 octobre, en conférence publique, pour débattre du thème </strong><em><strong>« Le Sahel : espace de crises et de conflits armés </strong></em><strong>».</strong></p>



<p><em>« Le Sahel est en proie à des conflits armés avec des niveaux d’atrocité inégalée entraînant des crises humanitaires et la fragilisation du tissu social et économique en lien avec l’abandon des zones de cultures et de pâturages et des infrastructures sociales</em> », rappellent nos confrères de l’Agence nigérienne de presse — <a href="http://www.anp.ne/article/crises-au-sahel-des-universitaires-nigeriens-veulent-contribuer-leur-prevention-et" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ANP</a>.</p>



<p>Au cours d’une conférence publique à la Faculté des sciences et techniques de Niamey, le 24 octobre 2021, à l’initiative du Syndicat autonome de l’Enseignement supérieur public (SYNASUP), des universitaires ont dressé le tableau des crises qui secouent la région du Sahel.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Causes diverses</strong></h3>



<p>A l’analyse de ces universitaires, on a dans la région <a href="https://saheltribune.com/face-a-la-multiplication-des-crises-la-faim-avance-en-afrique-de-louest-et-au-sahel/">des crises</a> qui ont des causes diverses : naturelles (sécheresses, inondations, ennemis des cultures), territoriales (limite des frontières), <a href="https://saheltribune.com/au-tchad-nouvelle-tension-entre-agriculteurs-et-eleveurs-des-morts-et-des-blesses/">identitaires</a> (en référence à une communauté), économiques et politiques (<a href="https://reliefweb.int/report/guinea/lections-en-afrique-de-l-ouest-et-le-sahel-entre-crises-et-espoir" target="_blank" rel="noreferrer noopener">post-électorales</a>).</p>



<p>Pour Dr Moussa Zangao, chef du département sociologie à l’UAMD de Niamey, l’espace sahélien reste fragilisé par différents mouvements allant du «<em> banditisme alimentaire </em>» aux groupes se réclamant du <em>djihadisme</em> en passant par des milices et des rébellions, rapporte ANP. À en croire les explications du Dr Zangao, au moins quatre (4) groupes djihadistes évoluent dans la zone sahélienne.</p>



<p>Dans son intervention, il souligne également «<em> l’entrecroisement des enjeux et la multiplicité des acteurs parties prenantes à la situation sécuritaire au Sahel </em>». Parmi ces enjeux, il évoque l’interconnexion entre le banditisme et le terrorisme, la mauvaise gouvernance en lien avec la <a href="https://saheltribune.com/assimi-goita-magistrats-lutte-corruption-fera-sans-etat-dame%E2%80%89/">corruption</a>, les trafics de toutes sortes, la prolifération des armes et le potentiel minier et énergétique de cette région.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Perspectives</strong></h3>



<p><em>« Le Sahel est le carrefour des bandits, des terroristes, des rebelles, des djihadistes et des groupes dits parallèles, sortes de complices internes </em>», a-t-il indiqué — en tirant la sonnette d’alarme sur le fait que «<em> nos territoires ne nous appartiendront plus </em>», si on n’en prend garde.</p>



<p>Face à cette situation, les universitaires ont donc estimé important que les <a href="https://saheltribune.com/appel-intellectuels-maliens-monsieur-ibrahim-boubacar-keita-president-republique-mali/">intellectuels</a> s’engagent en épaulant les décideurs politiques. Outre cette implication, ils invitent à la satisfaction des demandes sociales, au renforcement des forces nationales et à la mise en cause des accords de coopération militaire.</p>



<p>Le but de cette conférence publique, faut-il le signaler, est d’aller vers la création d’un cadre de concertation et d’échanges entre le monde des intellectuels et les responsables politiques. Cela en prélude d’une étude prospective sur la problématique sécuritaire dans l’espace sahélien. Aussi faut-il souligner que cette conférence publique a coïncidé avec la visite d&rsquo;une délégation du <a href="http://www.anp.ne/article/une-delegation-du-conseil-de-securite-de-l-onu-en-mission-au-niger-effectue-une-serie-de" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Conseil de sécurité </a>de l’ONU dans le pays du Président Mohamed Bazoum.</p>



<p><strong>La rédaction</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<item>
		<title>[Tribune] Crises au Sahel: Faire taire les armes, pas les peuples</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Mar 2020 19:59:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[bâillonnement du peuple]]></category>
		<category><![CDATA[crises au sahel]]></category>
		<category><![CDATA[faire taire les armes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Il est possible de sortir par le haut de ces crises en plaçant des<br />
questions majeures au centre de nos préoccupations. Celles-ci<br />
vont des fondements culturels de l’extraversion<br />
économique aux modèles alternatifs de développement.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong>Appel pour une coalition des intellectuel-le-s et des artistes pour une paix durable, la sécurité humaine et la préservation de l’environnement. </strong> </p>



<p> « <em>Oui, en définitive, c’est aux poètes, aux artistes, aux écrivains, aux hommes de culture qu’il appartient, brassant dans la quotidienneté des souffrances et des dénis de justice les souvenirs comme les espérances, de constituer les grandes réserves de foi, ces grands silos de force où les peuples, dans les moments critiques puisent le courage de s’assumer eux-mêmes et de forcer l’avenir</em> ». Aimé Césaire (‘’L’Homme de culture et ses responsabilités’’, 2<sup>ème</sup> Congrès international des écrivains et artistes noirs, Rome, 1959).</p>



<h5 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading"> Quand les peuples sont de trop  </h5>



<p>Sokolo et Ogossagou au Mali,
Silgadji, Yagha et Nagraogo au Burkina Faso, Chinégodar et Tillabéry au Niger
sont quelques unes des localités où des attaques « djihadistes » ont été
perpétrées après le sommet tenu à Pau, le 13 janvier 2020. Les faits sont
atroces et spectaculaires, les images insoutenables. Comment en est-on arrivé
là ? Que faire ?&nbsp; </p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=810&amp;action=edit">Les femmes, ces potentialités ignorées dans la gestion des conflits</a></p>



<p>Nous observons d’abord que deux
écueils majeurs obstruent l’horizon : d’une part, le refus de&nbsp; reconnaître les causes réelles du «
djihadisme » et des migrations, à savoir le néolibéralisme et ses ravages, et
de l’autre le bâillonnement de nos peuples. La prise de parole des
Sahélien-ne-s ne nous en apparaît que plus cruciale. Nous essayons d’inscrire
le sort qui leur est aujourd’hui infligé dans son contexte en clamant haut et
fort que Sokolo, Ogossagou, Silgadji, Yagha, Nagraogo et toutes les autres
localités martyres de cette maudite guerre anti-terroriste ne sont que des
parcelles d’un monde global en feu.&nbsp; </p>



<p>Cependant force est de relever
une flagrante inégalité devant la mort, qu’il s’agisse des dizaines de milliers
de victimes de l’immigration criminalisée ou des quatre mille vies fauchées par
des attaques&nbsp; « djihadistes » au Mali, au
Burkina Faso et au Niger durant la seule année 2019. Ces dernières suscitent
moins de compassion et d’interrogations que quarante et un soldats français
morts en six ans de guerre au Sahel. </p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=725&amp;action=edit">Et si les crises constituaient des mises à l’épreuve ?</a></p>



<p>Honneur à Samir Amin pour avoir
si lucidement identifié le virus libéral et rappelé que « <em>pour le système mondial, les peuples sont de trop..</em>. <em>L’Afrique utile, c’est l’Afrique sans les
Africains […] Elle est condamnée par la logique même de ce système à être
surexploitée. »</em> <strong>&nbsp;</strong></p>



<p>Le ton ouvertement condescendant
du Président Emmanuel Macron,offusqué
par la demande de retrait de la force Barkhane par une partie des opinions
publiques sahéliennes, prouve, s’il en était besoin, qu’entre l’arbre et
l’écorce, entre les peuples et leurs mandataires, il y a le doigt de l’ancienne
puissance coloniale. Aussi Macron n’a-t-il pas hésité à délégitimer les peuples
du Sahel en apostrophant directement leurs leaders : « <em>J’attends d’eux [les Chefs d’Etat du G5] qu’ils clarifient et
formalisent leurs demandes à l’égard de la France et de la communauté
internationale.</em> » <strong>&nbsp;</strong></p>



<h5 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading"> <strong>Barkhane ou le chaos ? Notre part de vérité. </strong> </h5>



<p>Le chef d’Etat-major des armées
françaises, le général François Lecointre, nous a avertis d’une présence de
longue durée. « <em>Nous sommes ici pour
assurer notre sécurité pour les 30 ans qui viennent</em> […], <em>car si nous laissons le chaos s’installer
les Etats sahéliens vont s’effondrer sur eux-mêmes et laisser la place à l’Etat
islamique, ce qui provoquera une pression migratoire sur l’Europe, avec tous
les risques populistes que cela entraînera</em> ». </p>



<p>Rien d’étonnant, dès lors, à ce
que Barkhane soit sortie renforcée du Sommet de Pau avec 600 nouveaux soldats
en plus des 4 500 déployés, depuis le 1<sup>er</sup> août 2014.&nbsp; </p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=653&amp;action=edit">Les législatives à tout prix ou la politique de l’Autruche ?</a></p>



<p>Cette option est en porte-à-faux
autant avec les efforts de l’UA de faire taire les armes qu’avec les impératifs
de la transition climatique. </p>



<p>Le retrait de Barkhane mais
aussi de la MINUSMA, s’il n’est pas envisageable dans l’immédiat, doit, par
conséquent, être sur la table et examinée avec la sérénité et l’honnêteté
intellectuelle qu’exigent la gravité de la situation. &nbsp;</p>



<p>Nous constations du reste avec
étonnement que les valeurs dont se glorifient les « démocraties occidentales »
comme étant fondatrices de leur culture politique – égalité, liberté,
démocratie, multilatéralisme…- sont foulées aux pieds en Libye depuis 2011 tout
comme dans les pays du G5 Sahel, victimes collatérales de la déstabilisation du
régime de Mouammar Kadhafi.&nbsp; </p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=621&amp;action=edit">Guerre de propagande ou mauvaise foi politique ?</a></p>



<p>L’Opération Serval a été décidée
par François Hollande sans un vote des députés français comme la Constitution
de son pays l’y autorise. Le déploiement de troupes au sol n’a pas non plus été
conforme à la requête initiale du président malien par intérim, Dioncounda
Traoré. L’appui aérien demandé a été transformé par Paris en déploiement au
sol. Alain Juppé, l’ancien ministre des affaires étrangères de Nicolas Sarkozy
s’est publiquement demandé si, ce faisant, la France <em>« n’a pas été un coup trop loin », </em>précisant même :<em> « Aujourd’hui, nous sommes confrontés à des
risques extrêmement élevés et nous sommes seuls… »</em> </p>



<p>Il n’est donc pas vrai que le maintien de Barkhane au Sahel pour une durée indéterminée y instaurera la paix et la sécurité. Nous sommes au contraire persuadés que le prétendu risque de création d’un « sanctuaire terroriste » peut être conjuré si les « démocraties occidentales » reconnaissent les conséquences dramatiques de leurs politiques d’ingérence et l’échec de leur paradigme de développement chez eux comme partout ailleurs.&nbsp; </p>



<h5 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading"> La culture, la mère des batailles  </h5>



<p>La suprématie blanche qui, de
plus en plus, s’affiche en Occident est l’expression populaire et décomplexée
d’une volonté de puissance et de domination culturelle qui émaille certains
discours officiels. La vision hégélienne d’une Afrique imperméable aux progrès
persiste.&nbsp; </p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=607&amp;action=edit">Comment faut-il dialoguer avec les terroristes ?</a></p>



<p>Aussi avons-nous ouvert cet
Appel par les propos d’Aimé Césaire. Comme le grand poète martiniquais, nous
jugeons central le rôle des hommes et des femmes de culture dans les choix et
les décisions qui engagent le destin des peuples. Bien comprise, la culture
peut permettre de renouer le fil du dialogue afin de prévenir ou guérir la
plupart des maux qui gangrènent nos sociétés.&nbsp;
</p>



<p>Voilà pourquoi « <em>l’urgence de faire taire les armes</em> »,
l’un des objectifs phares de l’agenda 2063 de l’Union Africaine,&nbsp; a été le thème de la quatorzième édition de «
<em>Migrances</em> ». Elle a eu lieu du 15 au
18 décembre 2019, à Bamako, dans un contexte marqué par la tenue du Dialogue
National Inclusif (DNI) institué par le président Ibrahim Boubacar Keita, à la
demande de différentes composantes de la nation malienne. Elle a mobilisé cette
fois aussi des intellectuel-le-s, des artistes et activistes des sociétés
civiles africaines et européennes ayant à cœur de promouvoir un ordre mondial
plus juste où chaque peuple vivrait en paix de ses ressources naturelles. </p>



<p>Animés par un tel idéal, nous
refusons de nous soumettre à un système inégalitaire, irrespectueux de
l’environnement, raciste, sexiste et guerrier.<strong> </strong></p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=509&amp;action=edit">La mauvaise gouvernance, ce terreau de l’expansion terroriste dans le sahel</a></p>



<p>Si la
corruption est une gangrène dont nos pays doivent impérativement guérir, ellen’en est pas moins l’arbre qui cache
la forêt quand il est question des causes profondes du « djihadisme » au Sahel.
Hautement corruptrices sont les conditionnalités du financement du
développement qui n’est, généralement, consenti que lorsque les objectifs visés
sont conformes aux intérêts des bailleurs de fonds. Nous considérons que tout
contrat de consultation, de construction, de transport, de fourniture
d’équipements, d’aliment, accordé à des experts ou à des entreprises étrangères
par-dessus la tête des Sahélien-ne-s, relève de la mauvaise gouvernance et de
la corruption. Le secteur de la culture et des arts n’échappe pas aux pressions
de certains partenaires. Stigmatisation, suspension de visas, de financement,
menacent les voix discordantes. <strong>&nbsp;</strong></p>



<p>Les Chefs
d’États sahéliens ne peuvent pas faire fi du ressentiment de leurs compatriotes
déçu-e-s à la fois par les fausses promesses de pacification et de
développement. Ils ne peuvent pas davantage éviter les risques de
surendettement qui se profile à l’horizon avec l’explosion des dépenses
militaires. Au point où nous en sommes, le silence des armes est le meilleur
hommage que l’on puisse rendre à toutes les victimes, civiles et militaires,
africaines et européennes, du « djihadisme » au Sahel. <strong>&nbsp;</strong></p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=262&amp;action=edit">L’enlisement français au Sahel</a></p>



<p>Cela dit,
nous réfutons la thèse humiliante d’États sahéliens faillis. Elle accuse un peu
trop vite un pays comme le Mali d’être incapable de contenir les flux
migratoires et de développer son septentrion qu’Al Qaeda au Maghreb Islamique
(AQMI), Ansar Dine et le MUJAO ont envahi, selon les circonstances, en alliés
ou en ennemis du Mouvement National de Libération de l’Azaouad (MNLA). Certes,
tout Etat a le devoir de subvenir aux besoins de sa population et de la
protéger. Mais il ne suffit pas de le vouloir pour le pouvoir : les États du G5
Sahel, affaiblis par les programmes d’ajustement structurel des institutions de
Bretton Woods et par les lois du marché capitaliste, souffrent également
des&nbsp;&nbsp; conséquences de l’attaque de la
Libye. Ils doivent être refondés et renforcés face à des partenaires internationaux
qui, en dépit d’intérêts parfois divergents, savent s’entendre pour nous
imposer leur agenda politique. <strong>&nbsp;</strong></p>



<p>La France est-elle disposée à
entendre la voix de la raison. Ou vat-elle, au contraire, persévérer sur la
voie de sa vieille politique du ‘’diviser pour mieux régner’’, félicitant la Mauritanie
et le Tchad de s’être dotés d’instruments sécuritaires performants et d’une
doctrine claire de l’engagement de leurs forces armées. Le Niger, lui, est
encouragé à rester sur la bonne voie pendant que le Mali et le Burkina Faso
sont stigmatisés. </p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=259&amp;action=edit">Afrique : d’une démocratie des élections à une démocratie de développement</a></p>



<p>L’ancienne puissance coloniale ne
devrait-elle pas méditer les enseignements de la présence militaire américaine
en Afghanistan qui s’est soldée par la mort de
plus de cent mille Afghan-e-s, de plusieurs milliers de soldats américains et a
coûté mille milliards de dollars ? La voie du dialogue avec les </p>



<p>Talibans que Washington vient d’emprunter ne donne-t-elle pas
raison aux Malien-ne-s qui exhortent le président Ibrahim Boubacar Keita à
prendre langue avec Iyad Ag Agali et Amadou Kouffa ?</p>



<p>Le véritable
goulot d’étranglement dans le dialogue entre Malienne-s tient au fait que
l’Europe et les États-Unis croient devoir défendre leur sécurité à partir du
Sahel. Or les auteurs des attentats du Charlie Hebdo, du Bataclan, de Nice et
d’ailleurs ne venaient pas des pays du Sahel. </p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=533&amp;action=edit">Crise du centre: douloureuse perte pour la petite Maï</a></p>



<p>La vérité est
que les Etats Sahéliens sont contraints de gérer les conséquences de ce que
l’Occident a semé en Afghanistan, en Irak et en Libye. Même l’ancien ministre
français des affaires étrangères, Dominique de Villepin, a été obligé de
l’admettre. Il a en effet déclaré en septembre 2014 sur une télévision
française : <em>« …Il serait temps que les
États-Unis et l’Europe tirent les leçons de l’expérience. … Cela fait treize
ans&nbsp; que nous multiplions les
interventions militaires (Afghanistan, Irak, Libye et Mali). En 2001 il y avait
un foyer de crise terroriste central. Aujourd’hui il y en a près d’une
quinzaine. C’est dire que nous les avons multipliés. Pourquoi ? Parce
qu’aujourd’hui, l’État Islamique c’est l’enfant monstrueux de l’inconstance et
de l’arrogance de la politique occidentale. »</em><strong> </strong></p>



<h5 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading"> Le climat : l’ultime interpellation  </h5>



<p>La décennie qui commence
pourrait bien être celle d’un désastre dû aux émissions de gaz à effet de serre
et ce serait accroître ce risque mortel que d’en faire celle de la guerre au
Sahel. </p>



<p>Nous constatons avec une amère
stupéfaction que le réchauffement climatique, bien que menaçant les conditions
de vie des Sahélien-ne-s, n’est pris sérieusement en compte ni dans le
diagnostic ni dans la recherche de solutions à la crise.&nbsp; </p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=74&amp;action=edit">Une tragédie qui bouleverse toute une vie</a></p>



<p>Le Sommet de l’OTAN, à Watford,
et la COP25 à Madrid se sont tenus presque au même moment en décembre 2019. Ce
hasard du calendrier n’a hélas pas été mis à profit pour souligner le lien
entre la protection de l’environnement au Sahel et l’instauration d’une paix
durable. Une telle interaction n’a pourtant pas échappé à Emmanuel Macron qui,
lors d’une conférence de presse à l’issue du Sommet du G20, en juillet 2017, en
Allemagne, a déclaré : « <em>On ne peut pas
prétendre lutter efficacement contre le terrorisme si on n’a pas une action
résolue contre le réchauffement climatique, ou alors il faut aller expliquer
aux gens qui vivent au Tchad, au Niger et ailleurs que le climat n’est pas un
problème.</em> » Le moins que l’on puisse dire, c’est que ses propos ne sont pas
en accord avec ses actes. <strong>&nbsp;</strong></p>



<h5 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading">Nos perspectives </h5>



<p>Il est possible de sortir par le
haut de ces crises en plaçant des questions majeures au centre de nos
préoccupations. Celles-ci vont des fondements culturels de l’extraversion
économique aux modèles alternatifs de développement. </p>



<p>Du paradigme
libéral et militariste, nous voulons que nos États s’émancipent de toute
urgence comme l’exige le dévoilement par un malheureux virus des fragilités du
néolibéralisme dont on n’a pas cessé de nous vanter l’efficacité et
l’infaillibilité. C’est à cette tâche exaltante et indispensable que nous
convions les intellectuel-le-s et les artistes dans le cadre d’une coalition
pour une paix durable, la sécurité humaine et le respect de l’environnement au
Sahel. </p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=78&amp;action=edit">Bamba, l’enfant qui rêvait de grand avenir</a></p>



<p>L’inculture
économique et géopolitique étant notre pire ennemi enAfrique, l’objectif de cette coalition est d’abord pédagogique,
visant à la fois à mieux faire comprendre les liens entre le local et le global
et à renforcer la capacité d’analyse, de proposition et d’anticipation des
peuples infantilisés et exclus. </p>



<p>Nous voulons
aller vite dans l’invention d’une nouvelle culture politique, la compétition
électorale étant réduite à des foires d’empoigne autour des postes pour leurs
avantages. </p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=531&amp;action=edit">Les préjugés ne séparent pas Dieudonné et Boubou</a></p>



<p>Imprégnés,
dans leurs langues nationales, du lien entre le local et le global, armés
d’outils théoriques pertinents, les peuples d’Afrique se battront mieux contre
la faim, le chômage, les inégalités et toutes les dérives que le système
engendre et entretient. </p>



<p>Le fait que
le Secrétaire général des Nations-Unies ait proposé de faire de 2020 l’année de
l’écoute des populations par les États est pour nous un motif d’espoir, tout
comme sa proposition de réduire encore plus les émissions de gaz à effet de
serre. Cette question, vitale pour l’humanité entière, l’est encore plus pour
l’Afrique.&nbsp; </p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=87&amp;action=edit">Barkhane : chasse aux terroristes ou quête de légitimité ?</a></p>



<p>Nous
souhaitons, toutefois, que l’Organisation qu’il dirige se prête, elle aussi, au
jeu démocratique de l’écoute des peuples et du respect de leur droit à la
liberté de parole y compris des sujets qui fâchent certains membres du Conseil
de sécurité. </p>



<p>Nous
appelons à faire de la décennie 2020-2030qui commence celle d’une grande ambition continentale fondée sur la
confiance en nous-mêmes, la solidarité entre nous et un imaginaire politique,
humaniste et écologique. </p>



<p>Notre
conviction est que l’initiative de faire taire les armes dont la mise en œuvre
est prévue par l’Union africaine (UA), en juillet 2020, ne pourra renforcer et
accélérer l’intégration économique que si on évite d’en faire un vaste marché
pour les produits des pays tiers. Il est préférable, à notre avis, de stimuler
les investissements, notamment de la part des entreprises et États africains,
en accordant une priorité absolue à l’industrialisation, à partir de nos
ressources naturelles sur des bases écologiquement et socialement saines. Les
intellectuel-le-s et les artistes engagés ont un rôle capital à jouer dans le
changement de notre regard sur nous-mêmes et de nos comportements économiques
souvent extravertis et mimétiques.&nbsp; </p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=96&amp;action=edit">Le dialogue, un « antidote à la guerre »</a></p>



<p>Nous
poursuivrons en 2020 notre combat pour l’intégration régionale à travers l’ECO,
monnaie unique qui permettra aux pays de la CEDEAO de mieux défendre leurs
intérêts vis-à-vis de pays tiers. Nous exhortons, de ce fait, tous les chefs
d’État de la CEDEAO à respecter la décision prise à Abuja le 29 juin 2019 ainsi
que la feuille de route arrêtée à cet effet.&nbsp;
</p>



<p>L’année 2020
sera par ailleurs marquée par le renouvellement de l’Accord de Cotonou liant
les pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) à l’Union européenne. Nous y
voyons avant tout une formidable opportunité de nous libérer des contraintes
imposées par les Accords de partenariat économique (APE) et d’évaluer les
exigences de la réalisation des objectifs de la ZLECA et des autres processus
d’intégration en cours au niveau régional et continental. Le pari de la
neutralité climatique que l’UE veut gagner d’ici 2050 se joue ici aussi en
Afrique.&nbsp;</p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=108&amp;action=edit">Nul ne peut vaincre l’hydre sans être stratège!</a></p>



<p>Cette année
2020 marquera également le vingtième anniversaire de la résolution 1325 des
Nations-Unies sur « Femmes, paix et sécurité ». Les Etats vendeurs d’armes et
pollueurs peuvent-ils respecter les droits des femmes, les grandes victimes de
leurs guerres ? Les femmes violentées, violées, déplacées, réfugiées comme
celles qui, pour fuir émigrent au risque de leurs vies doivent pouvoir poser
ces questions à l’occasion du 75<sup>ème</sup> anniversaire de l’ONU. </p>



<p>La jeunesse africaine est à
écouter, à éduquer et à protéger parce qu’elle est en danger, considérée comme
trop nombreuse et une menace pour la sécurité et l’identité de l’Occident du
fait de sa mobilité et la couleur de sa peau. Elle n’en est pas moins visée en
tant que consommatrice de biens et services des multinationales. </p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=114&amp;action=edit">Pour comprendre La société close et ses militants</a></p>



<p>Le Sommet Afrique/France 2020
qui se tiendra au mois de juin à Bordeaux, en France dont « la ville et les
territoires durables » est le thème, devra être l’occasion de clarifier bien
des contrevérités et des paradoxes.&nbsp; </p>



<p>Héritiers et fiers de l’être d’une longue tradition de réflexion et de résistance, laquelle donne tout son sens à cet appel, nous pouvons dire avec le président Modibo Keita que « <em>notre lutte contre le colonialisme ne s’abreuve pas aux sources de la rancune, elle procède de la volonté de mettre un terme à l’humiliation, à l’esclavage moderne, elle a pour finalité la libération de l’homme. »</em> Nous ne le savons que trop bien : les démonstrations de force en Afrique visent surtout à rassurer des opinions publiques occidentales apeurées. À ces frères humains savamment désinformés, nous rappelons les fortes paroles de Thomas Sankara pour qui <em>« … les masses populaires en Europe ne sont pas opposées aux masses populaires en Afrique. Ceux qui veulent exploiter l’Afrique sont les mêmes qui exploitent l’Europe. Nous avons un avenir commun. » </em><strong> </strong></p>



<p><em>Bamako, Mars 2020</em></p>



<h5 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading"> <strong>Signataires</strong>  </h5>



<p>Aminata D. Traoré (Essayiste-Mali), Boubacar Boris Diop (Écrivain-Sénégal), Issa N’Diaye (Philosophe-Mali), Jean- Bosco Konaré (Historien-Mali), Cheick Oumar Sissoko (CinéasteMali), Demba Moussa Dembélé (Économiste-Sénégal), Taoufik Ben Abdallah (Économiste-Tunisie),Nathalie M&rsquo;Dela-Mounier (Écrivaine-France), Cherif Salif Sy (Economiste-Sénégal), Mandé Alpha Diarra (Écrivain-Mali), Kako Nubukpo (Economiste-Togo), Ismaël Diabaté (Artiste-peintre-Mali), Adama Samassekou (Linguiste-Mali), Assétou Founè Samaké (Enseignante-Mali), Bernard Founou (Economiste-France), Diadié Dagnoko (Enseignant-Mali), Ismaël Samba Traoré (Éditeur-Mali), Makhily Gassama (Essayiste-Sénégal), Koulsy Lamko (Écrivain-Tchad), Alioune Ifra N’Diaye (Artiste-Mali), Cheick Tidiane Seck (Artiste-Mali), Mahamadou Konaté (Enseignant-Mali), Mariam Koné (Artiste-Mali), Cissé Mariam Coulibaly (Prof. de géométrie économique-Mali), Abdoul Aziz Koné (Siten’K-Artiste slameur), Diola Konaté (Enseignant-Mali). </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
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