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	<title>Archives des crise écologique &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des crise écologique &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Écocide  :  Quand le terrorisme assassine aussi la nature</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Oct 2025 11:05:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat et environnement]]></category>
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<p>Les exactions des groupes terroristes nuisent sur l'environnement, la biodiversité et l'équilibre écologique. Apprenez-en plus sur ce fléau.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Longtemps perçu comme une menace politique, économique et sécuritaire, le terrorisme s’impose aujourd’hui comme un fléau environnemental. Du Sahel à la Mésopotamie, les groupes armés transforment la nature en champ de bataille, sabotent les infrastructures énergétiques, contaminent les rivières et brûlent les forêts et les hydrocarbures. L’écoterrorisme est devenue la nouvelle arme du chaos. Il tue en silence, dans l’indifférence des défenseurs de l’environnement.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, le désert brûle sous les flammes d’une guerre invisible. Plusieurs camions-citernes ont été détruits en 2025 par les groupes armés terroristes, appuyé des partisans du chaos contrôlé. Ces groupes tentent depuis un certain moment d’imposer un blocus économique sur le pays. Ces attaques constituent non seulement une tragédie économique, mais aussi et surtout écologique, dont on parle rarement lors des grands sommets mondiaux sur le climat.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les nappes phréatiques polluées, les sols saturés de carburant et l’air chargé de suie composent le paysage d’un désastre silencieux. Le terrorisme n’y cherche plus seulement la peur, il cherche la ruine durable. Chaque explosion devient une attaque contre l’avenir. Chaque incendie est assimilable à un attentat contre la vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-puits-de-petrole-buchers-du-desespoir"><strong>Les puits de pétrole, bûchers du désespoir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À Qayyarah, en Irak, Daech a transformé les puits de pétrole en bûchers infernaux.&nbsp;En effet, à Mossoul et dans ses environs, il y a huit ans, la population a payé le lourd tribut laissé par l’occupation de ce groupe terroriste et sa politique de la terre brûlée. Bien que la deuxième ville d’Irak avait été reprise par l’armée, les jihadistes poursuivaient leur stratégie de destruction en incendiant les puits de pétrole alentour, libérant d’immenses colonnes de flammes et de fumée. Ces incendies provoquèrent une pollution étouffante qui affectait directement la santé des habitants. Toute chose qui entraîne notamment une recrudescence de troubles respiratoires chez les enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enfants ont grandi sous des pluies de particules toxiques, et les bêtes sont mortes, étouffées dans la suie. Ce n’est plus la guerre, c’est un suicide planétaire. L’air, l’eau, la terre : tout devient arme et victime à la fois. Les hydrocarbures deviennent outils de punition collective, les fumées, un message :&nbsp;«&nbsp;<em>Si nous tombons, la nature tombera avec nous.</em><em>&nbsp;</em>» Mais le message semble n’avoir pas encore eu d’oreilles attentives pour mieux le décortiquer. Les grandes puissances se plaisent encore dans leur analyse d’une situation révolue. La pollution de l’environnement n’est plus seulement le fait uniquement des industrielles ou des grandes puissances, mais aussi les groupes armés terroristes sont devenus des auteurs de ce phénomène sans que le monde tire la sonnette d’arme sur cette problématique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Irak, le Tigre a été souillé par des fuites de pétrole provoquées par ISIS (État islamique en&nbsp;<em>Irak</em>&nbsp;et au Levant). Des millions de personnes privées d’eau potable. Des barrages détournés, des villages noyés, d’autres assoiffés.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-partisans-du-chaos-controle"><strong>Les partisans du chaos contrôlé </strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le Sahel, la rareté de l’eau nourrit les frustrations, les complots provenant des sponsors étatiques étrangers du terrorisme, la colère, puis les enrôlements. Le lien est direct&nbsp;et&nbsp;implacable. Là où l’eau disparaît, la terreur s’installe. Le terrorisme, avec l’appui de ses sponsors, prospère sur la soif et la poussière.&nbsp;Selon l’ONG Solidarités International, la raréfaction de l’eau devient une urgence vitale dans les pays sahéliens, déjà fragilisés par un manque chronique d’infrastructures hydrauliques.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, le conflit de 2012 a provoqué la fuite des services techniques de l’État dans le Nord, entraînant la destruction ou l’abandon des ouvrages d’approvisionnement en eau. Dans plusieurs villages, cette ressource essentielle se faisait si rare qu’elle déterminait les mouvements de population : familles et éleveurs migraient vers les zones encore alimentées pour boire, se laver, cultiver ou abreuver leur bétail, explique Solidarités international. Mais sous la transition du général Assimi Goïta, la donne a changé grâce à l’occupation de toutes les régions par les Forces de sécurité du Mali et du retour de l’administration, mais aussi et surtout de l’initiative des œuvres sociales du président de la Transition. Une initiative, qui a permis depuis 2021, de donner gratuitement plus de 400 forages à toutes les régions du pays, dont des zones très reculées et oubliées jadis dans la forêt.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Cameroun, la région de l’Extrême-Nord, longtemps défavorisée en services de base, subit une double peine. L’insécurité et les violences ont provoqué des déplacements massifs — près de 200 000 personnes en 2016. Ce qui a accentué la pression sur des points d’eau déjà insuffisants, selon Solidarités international.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-forets-en-flammes-les-consciences-en-cendres"><strong>Les forêts en flammes, les consciences en cendres</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">De la Turquie à la Colombie, les pipelines explosent, les centrales s’éteignent. Le sabotage devient un langage universel. Au Yémen, les Houthis ont retenu un million et demi de barils de pétrole sur le FSO&nbsp;<em>Safer</em>, en 2023. Toute chose qui menace de provoquer la plus grande marée noire du siècle pour peser sur les négociations. L’écologie est transformée en monnaie de guerre. La nature est devenue un otage diplomatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2020, une vidéo d’ISIS appelait à incendier forêts, champs et villages. Quelques années plus tôt, Al-Qaïda prêchait déjà l’embrasement des forêts américaines. Quand la haine se fait flamme, la nature devient confessionnal du fanatisme. Même certains activistes radicaux, comme l’<em>Earth Liberation Front</em>, ont confondu défense de la nature et nihilisme. Entre temps, des hectares de forêts sont détruits de par le monde, d’une cause qui prétendait les sauver.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-ecoterrorisme-nouvelle-frontiere-du-chaos"><strong>L’écoterrorisme, nouvelle frontière du chaos</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le XXIᵉ siècle ne connaîtra pas seulement les guerres de religion ou de territoire, mais celles de l’environnement. Dans le Sahel, la désertification nourrit la pauvreté, la pauvreté nourrit la colère, et la colère nourrit les complots des partisans du chaos contrôlé qui nourrissent à leur tour les terroristes. L’État se retire, la pluie se fait rare, et les prêcheurs de haine remplissent le vide. Là où le climat détruit, le terrorisme recrute et détruit par la même occasion l’environnement. C’est la boucle du désastre : climatique, social, moral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus de 50 milliards de dollars pour réparer les dégâts environnementaux laissés par la guerre contre ISIS. Et pourtant, aucune somme ne peut laver une rivière morte ni purifier un air saturé de plomb. Les Nations unies calculent, les scientifiques alertent, mais les décideurs hésitent. Pendant ce temps, le Sahel s’assèche, les forêts brûlent, et les enfants respirent des nuages de cendres, dans l’indifférence des experts sur les questions environnementales.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le terrorisme environnemental est la version moderne du nihilisme absolu. Il ne cherche plus à conquérir, mais à détruire jusqu’à la racine. La communauté internationale doit le reconnaître comme une menace stratégique globale, au même titre que les armes biologiques ou nucléaires. Car à force d’empoisonner les sols et d’étouffer les cieux, les terroristes finiront par découvrir une vérité simple :<br>Quand la Terre meurt, plus rien ne règne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>La brousse dans la cité : deux animaux tombés pour l’urbanisation</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Aug 2025 09:40:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>L'abattage d'un buffle et d'un éléphant au Burkina Faso révèle les défis de la cohabitation entre l'homme et la faune sauvage.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Un buffle abattu sur l’asphalte de Ouagadougou, un éléphant terrassé au cœur du marché de Bobo-Dioulasso. En une seule journée, le Burkina Faso a vu la brousse s’inviter brutalement en ville. Ces scènes tragiques ne disent pas seulement l’urgence sécuritaire face aux bêtes affolées ; elles révèlent surtout la faillite d’une urbanisation incontrôlée et d’une conservation faunique délaissée, où l’homme et l’animal se retrouvent piégés dans une cohabitation impossible.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un buffle foudroyé sur le bitume de Ouagadougou, un éléphant terrassé au milieu du marché de Bobo-Dioulasso&nbsp;: voilà les images cruelles qui, en une journée, rappellent à quel point l’Afrique vit désormais sur une ligne de fracture entre la modernité urbaine et une faune sauvage reléguée à l’étroit. Le spectacle de ces abattages en pleine rue — quatre balles de gros calibre pour abattre le pachyderme, une rafale sèche pour neutraliser le buffle — n’est pas seulement l’illustration de l’urgence sécuritaire. C’est aussi, et surtout, la démonstration sanglante de ce que coûte l’urbanisation anarchique, le braconnage, la fragmentation des habitats naturels.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-cohabitation-forcee-faute-de-vision"><strong>La cohabitation forcée, faute de vision</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelque chose de dérangeant, presque de symbolique, à voir un éléphant — roi des savanes, figure totémique de l’Afrique des origines — s’effondrer dans le vacarme des échoppes et des vuvuzelas. Non pas terrassé par un chasseur, ni par un braconnier à l’ombre d’une réserve, mais par les forces de sécurité d’un État acculé à choisir entre la vie des citadins et le maintien d’un mythe. En quelques minutes, ce colosse des steppes est devenu un danger public, et son abattage, une fatalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De Ouaga à Bobo, la même scène. L’animal, d’abord curieux, devient menaçant parce qu’enfermé dans un labyrinthe de béton et d’asphalte. Le buffle de Balkuy, affolé par les motos et les klaxons, fonce sur la foule comme pour rappeler qu’il n’est pas un bovin docile, mais une force brute de la nature. L’éléphant de Kuinima, lui, n’avait que déplacé quelques étals avant que la panique humaine, comme toujours plus dévastatrice que le danger réel, n’impose son exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière ces faits divers se cache une vérité plus vaste&nbsp;: l’Afrique perd ses frontières invisibles entre l’homme et la faune. Les couloirs écologiques disparaissent, les forêts s’amenuisent, les villages deviennent villes et les villes, métropoles. Résultat&nbsp;: les lions ne rugissent plus que dans les zoos, les éléphants errent jusqu’aux carrefours, et les buffles deviennent des intrus condamnés à mort. La cohabitation forcée, faute de vision, se solde par des cadavres géants sur le bitume.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-inventer-une-strategie-credible-de-coexistence"><strong>Inventer une stratégie crédible de coexistence</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il blâmer les forces de sécurité ? Non. Elles ont choisi la vie des riverains face à l’imprévisible. Mais le vrai procès est ailleurs. Il vise l’absence de dispositifs modernes de capture, la lenteur des programmes de conservation, et l’incapacité des États à anticiper. Les éléphants ne connaissent ni les frontières administratives ni les cadastres urbains ; ils suivent des routes ancestrales que l’homme a barrées de goudron et de béton.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de l’émotion, nul ne peut s’empêcher d’y voir une métaphore&nbsp;: dans le tumulte d’un continent en mutation, l’animal sauvage incarne cette part d’Afrique que l’on sacrifie chaque jour sur l’autel d’un développement précipité. Quand un éléphant tombe à Bobo, ce n’est pas seulement une bête qui meurt ; c’est une civilisation qui renonce un peu plus à son équilibre millénaire avec la nature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste une question, lancinante&nbsp;: combien d’animaux devront encore tomber dans nos rues avant que les capitales africaines n’inventent une stratégie crédible de coexistence ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Climat : quand l’Afrique aride entre en surchauffe et que l’Occident lambine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2025 08:16:05 +0000</pubDate>
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<p>Comment le réchauffement climatique en Afrique aride affecte-t-il les vies? Un aperçu des défis face à la chaleur extrême.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Par une chaleur insoutenable, dans un silence quasi-global, les zones arides du continent tirent leur sonnette d’alarme. Et personne, ou presque, ne l’entend.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«<em> Allah n’est pas obligé, n’a pas besoin d’être juste dans toutes ses choses, dans toutes ses créations, dans tous ses actes ici-bas</em> », écrivait Amadou Kourouma dans une phrase à la fois terrible et lucide, comme un écho prophétique aux tragédies muettes du présent. Kayes, 3 avril 2024. Le&nbsp;<a href="https://www.climatecentre.org/13690/sahel-heatwave-blamed-for-some-100-excess-deaths-in-mali-would-not-have-occurred-without-climate-change-study/">thermomètre crève le plafond à 48,5 °C</a>. Une chaleur brute, inhumaine, implacable. En quatre jours, cent Maliens tombent, non pas sous les balles ou les bombes, mais sous le poids d’un ciel devenu brasier. Le soleil n’a pas d’ennemi, pas de visage, pas de parti. Juste une justice à lui, aussi impénétrable qu’indifférente.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-epicentre-de-la-detresse-climatique-mondiale"><strong>L’épicentre de la détresse climatique mondiale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette ville jadis fière de ses rails, le métal se tord, les certitudes aussi. Ce n’est pas un désastre soudain, mais une agonie diffuse, une apocalypse lente — celle d’un climat qui frappe sans haine, mais avec une efficacité chirurgicale. Face à cette injustice climatique, où mourir de chaleur devient banal, la phrase de Kourouma résonne cruellement juste : l’équilibre du monde ne nous est pas dû. Mais il n’en reste pas moins que les humains en ont, à bien des égards, compromis l’harmonie. Car derrière la chaleur de Kayes, ce n’est pas simplement la fatalité climatique qui se joue, mais bien le prix accumulé de décennies d’inaction, d’aveuglement et d’avidité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que le Sahara grignote les terres, que la faim ravage les villages du Sahel et que les canicules tuent désormais à Kayes, le continent africain est pris dans un compte à rebours climatique. Et pendant que les alertes s’enchaînent, les réponses — financières, politiques, géopolitiques — restent aussi évanescentes qu’un mirage de saison sèche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sahara, Sahel, Corne de l’Afrique&nbsp;: un triangle infernal qui constitue aujourd’hui l’épicentre de la détresse climatique mondiale. Une ligne de front où la température grimpe, les pluies s’évaporent, et les espoirs, trop souvent, se fanent avec les récoltes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-trois-visages-d-un-desastre-silencieux"><strong>Trois visages d’un désastre silencieux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sahara" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sahara</a>, d’abord : 8,5 millions de kilomètres carrés de fournaise, avec des pointes à 50 °C dans le désormais tristement célèbre « <em>triangle de feu</em> » algérien. Puis vient le Sahel, ce trait d’union entre désert et savane, où le <a href="https://www.alliance-sahel.org/presse/le-sahel-face-aux-enjeux-du-changement-climatique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">réchauffement est 1,5 fois</a> plus rapide que la moyenne planétaire. Là, entre Mopti et Tahoua, les pluies tombent — parfois — pendant trois mois, mais laissent sècheresse, migration et conflits sur leur passage. Et enfin la Corne, ce couloir maudit où la sècheresse de 2020-2023 a laissé <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Horn_of_Africa_drought_(2020%E2%80%932023)" target="_blank" rel="noreferrer noopener">plus de 43 000 morts en Somalie</a>, 23 millions d’affamés, et des troupeaux décimés comme jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les chiffres, aussi vertigineux soient-ils, ne disent pas tout. Ce sont les canicules de février, les sècheresses en spirale, la progression du Sahara vers le sud — 400&nbsp;millions de personnes menacées — et la&nbsp;<a href="https://eu.boell.org/en/SoilAtlas-regreening-Sahara-desert">disparition quasi-totale du lac Tchad</a>&nbsp;qui forcent le constat&nbsp;: quelque chose d’irréversible est en marche.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-et-la-communaute-internationale-presente-mais-en-retard"><strong>Et la communauté internationale ? Présente, mais en retard</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les Nations unies, les grandes conférences, les COP, les fonds climatiques… Tout y est. Sauf peut-être l’essentiel : l’urgence. Entre 2021 et 2022, les flux financiers destinés à l’Afrique n’ont couvert que <a href="https://www.climatepolicyinitiative.org/publication/landscape-of-climate-finance-in-africa-2024/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">23 % des besoins climatiques</a> estimés du continent. Sur les 200 milliards nécessaires d’ici 2030, à peine 44 sont déboursés. Et quand les sommes sont là, les retards, les lourdeurs administratives et les critères opaques viennent freiner la moindre avancée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Fonds « <em>Perte et dommage</em> » ? Annoncé, salué, applaudi… mais à zéro dollar décaissé à ce jour. La <a href="https://africanclimatewire.org/2025/05/africa-great-green-wall-initiative-seeks-to-overcome-policy-and-funding-gaps/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Grande Muraille verte</a> ? Ambitieuse, elle peine à dépasser les 30 % d’avancement, malgré des promesses de 19 milliards de dollars. Même <a href="https://www.climatepolicyinitiative.org/publication/landscape-of-climate-finance-in-africa-2024/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’adaptation</a>, ce maillon clé pour survivre, est majoritairement financée par des prêts, accroissant la dette de pays déjà fragilisés.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-resistance-locale-inventivite-africaine"><strong>Résistance locale, inventivité africaine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, le continent résiste.&nbsp;<em>Résiland Sahel</em>, le programme alimentaire du PAM, les registres de protection sociale adaptative, les bonds innovants comme le&nbsp;<em>Lemur Bond</em>&nbsp;à Madagascar… Autant de preuves que l’Afrique ne se contente plus de subir, mais innove, préviens, reconstruit. Non sans douleur, mais avec dignité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le sud de la Mauritanie, plus de 300 000 hectares ont déjà été restaurés. À Niamey, à Ouagadougou ou à Bamako, des stratégies nationales émergent, portées par des jeunes, des femmes, des collectifs qui refusent de se résigner. L’observatoire de la Grande Muraille verte, lancé en 2024, tente de mettre un peu d’ordre dans la jungle des portefeuilles climatiques. Mais sans <a href="https://saheltribune.com/rechauffement-climatique-un-changement-dapproche-simpose/">sursaut global</a>, la course est perdue d’avance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car ce n’est plus une simple crise. C’est une guerre. Une guerre contre la montre, contre la torpeur des bailleurs, contre les mécanismes de financement obsolètes. Une guerre où les soldats sont des éleveurs touaregs sans pâturage, des mères somaliennes sans lait à offrir, des enfants sahéliens sans arbres pour jouer à l’ombre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pendant ce temps, le monde regarde ailleurs. L’Ukraine, Gaza, Taïwan… L’Afrique, elle, brûle en silence.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-ce-que-le-continent-reclame-nbsp-du-concret"><strong>Ce que le continent réclame&nbsp;: du concret</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que faire ? Quatre lignes suffiraient&nbsp;: qu’on quadruple les flux financiers avant 2030. Qu’on simplifie, enfin, l’accès aux fonds. Qu’on canalise l’aide via les systèmes sociaux existants. Et qu’on investisse massivement dans la donnée, la vraie, celle du terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car pour l’Afrique aride, l’heure n’est plus aux discours. Chaque mois perdu, chaque dollar non versé, chaque hectare non replanté est une promesse de famine, d’exode, de conflit. Et au bout de cette chaîne, il y a le monde entier, car comme le dit un proverbe peul&nbsp;:&nbsp;<em>« Quand la case du voisin brûle, mieux vaut ne pas s’endormir. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, si Allah n’est pas tenu à la justice, nous, humains, le sommes. Nous avons une responsabilité morale et politique de rééquilibrer ce qui peut l’être encore : par les politiques climatiques, par la solidarité financière, par la restauration des terres dévastées. À défaut de changer les lois de la physique, il nous reste celle, impérieuse, de la conscience.<em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra </strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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