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	<title>Archives des crise alimentaire | Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des crise alimentaire | Sahel Tribune</title>
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		<title>PNR 2025 : le Mali muscle sa riposte contre l’insécurité alimentaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Aug 2025 14:33:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le plan national de réponse à l'insécurité alimentaire 2025 marque une priorité pour la sécurité et le développement au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ce mardi 12 août 2025, sous un ciel lourd de saison des pluies et dans l’effervescence coutumière du grand carrefour de Sogoniko, en Commune VI du District de Bamako, le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, a donné le coup d’envoi du Plan National de Réponses (PNR) contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle pour l’année 2025.&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rendez-vous, désormais inscrit dans le calendrier politique comme un rituel républicain, illustre à lui seul l’axe stratégique adopté depuis 2021 : faire de l’alimentation, de la nutrition et du développement des priorités jumelles de la sécurité nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car au Mali, les autorités l’ont compris : sans nourriture sur la table, point de paix durable ; sans sécurité alimentaire, pas de sécurité tout court. C’est cette conviction, martelée depuis Mopti en 2021, Nioro du Sahel en 2022, Ségou en 2023 et Sikasso en 2024, que Redouane Ag Mohamed Ali, ministre commissaire à la sécurité alimentaire, résume comme un fil rouge politique : «&nbsp;<em>Un rituel qui, chaque année, ancre un peu plus la réponse nationale dans la réalité des régions&nbsp;</em>», commente-t-il, avant de souligner que Bamako, cette fois, devient le théâtre de l’engagement présidentiel.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-philosophie-de-la-souverainete-alimentaire"><strong>La philosophie de la souveraineté alimentaire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres, eux, ne laissent guère de place à l’approximation : 1 470 114 Maliens vivent aujourd’hui en situation d’insécurité alimentaire aiguë (Phase 3 – Crise) et nécessitent des interventions immédiates. Face à ce constat, l’État a débloqué une enveloppe de 12,74 milliards de F CFA. L’argent permettra la distribution gratuite de 22 700 tonnes de céréales, la vente à demi-tarif de kits alimentaires à 16 000 ménages vulnérables dans Bamako et d’autres villes de l’intérieur, ainsi que la distribution de 300 tonnes d’aliments pour poisson.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le dispositif ne s’arrête pas là. Dans une interview, au ton à la fois martial et protecteur, Goïta a détaillé les trois volets de l’opération : d’abord, les distributions gratuites ; ensuite, la mise sur le marché de 11 500 tonnes de vivres subventionnés ; enfin, le volet «&nbsp;<em>résilience</em>&nbsp;», conçu pour soutenir les pisciculteurs, aménager des périmètres maraîchers et restaurer les terres dégradées. En filigrane, c’est toute une philosophie de souveraineté alimentaire qui se déploie : un pays moins dépendant des importations, plus résistant aux chocs climatiques et aux fluctuations du marché mondial.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-alimentation-l-acte-fondateur-de-toute-souverainete-reelle"><strong>L’alimentation, l’acte fondateur de toute souveraineté réelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre commissaire a, pour sa part, salué les mesures préventives prises par le chef de l’État : approvisionnement régulier des marchés domestiques, stabilité relative des prix, et surtout continuité du PNR, qui, selon lui, a permis des progrès qualitatifs tangibles. À ses côtés, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) apparaît comme un allié stratégique : 15 milliards de F CFA et 10 000 tonnes de vivres pour soutenir 685 000 bénéficiaires supplémentaires, dans une assistance complémentaire qui souligne que, dans ce domaine, la coopération internationale reste vitale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Nous savons que nos défis sont multiples&nbsp;</em>», a conclu Assimi Goïta, évoquant tour à tour les aléas climatiques, les crises internationales et l’insécurité persistante dans certaines zones.<em>&nbsp;« C’est pourquoi la sécurité alimentaire et nutritionnelle de nos concitoyens demeure au cœur de nos priorités.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">En filigrane de cette journée dans la cour de l’Office des Produits Agricoles du Mali (OPAM) de Sogoniko, au-delà des chiffres et des caméras, se lit la volonté d’un exécutif en quête d’ancrage populaire : affirmer que nourrir son peuple n’est pas un geste ponctuel, mais l’acte fondateur de toute souveraineté réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : l’OPAM, colosse aux pieds d’argile d’une sécurité alimentaire toujours en sursis</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 31 May 2025 07:17:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La performance de l'OPAM mise en question par un rapport alertant sur les dérives de la structure au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À quoi sert un géant s’il ne marche plus ? L’Office des Produits Agricoles du Mali (OPAM), censé être le pilier de la politique de sécurité alimentaire nationale, se révèle, selon un rapport du Vérificateur général, comme une structure en panne de stratégie, minée par l’improvisation et la dépendance budgétaire. Dans un pays où plus d’un million de personnes sont menacées de famine, cette contre-performance pose question.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’on devait résumer l’état de santé de l’Office des Produits Agricoles du Mali (OPAM) en une image, ce serait celle d’un dinosaure essoufflé, aux membres atrophiés par des décennies d’inertie bureaucratique, avançant à reculons vers une mission qu’il ne maîtrise plus. Le dernier rapport du Bureau du Vérificateur Général sur la société, couvrant la période 2020-2024, est implacable : entre déficience chronique de gouvernance, carence dans la gestion des stocks de céréales, et une activité commerciale quasi inexistante, l’OPAM ressemble plus à un lest qu’à un levier dans le dispositif national de sécurité alimentaire.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-dependance-structurellement-problematique"><strong>Une dépendance structurellement problématique</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Créée pour veiller à ce que nul ne meure de faim dans les villages oubliés du Gourma ou les faubourgs de Kati, l’institution s’est figée dans une logique de survie institutionnelle. Pourtant, elle a englouti plus de 115 milliards de FCFA en quatre ans – soit 24 milliards de plus que les fonds réellement alloués – sans réussir à garantir un système de stockage efficace ni à rendre ses activités rentables. Loin de générer des recettes propres, l’Office vit sous perfusion étatique, dans une dépendance qui n’est plus simplement inconfortable, mais structurellement problématique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut lire entre les lignes du rapport pour percevoir l’ironie tragique : un EPIC (établissement public à caractère industriel et commercial) dont les activités commerciales sont à peine embryonnaires, pendant qu’il consacre l’essentiel de ses ressources à des missions de service public – reconstitution du Stock National de Sécurité (SNS) et du Stock d’Intervention de l’État (SIE) – menées avec une efficacité discutable. Le constat est sans appel : non seulement l’OPAM n’a pas respecté les engagements de son contrat-plan, mais ses propres entrepôts, mal réhabilités ou laissés à l’abandon, compromettent la qualité des céréales stockées.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-pays-cherche-ses-reperes-alimentaires"><strong>Le pays cherche ses repères alimentaires</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les recommandations fusent, en rafales, comme les ultimes coups d’épée dans une structure qui tangue : doter l’OPAM d’un logiciel de gestion intégrée, actualiser les fiches de poste, certifier les comptes, tenir des réunions de conseil&#8230; Autant de mesures qui relèvent davantage de la médecine d’urgence que d’un plan de transformation stratégique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il dès lors maintenir ce mastodonte en vie ? La question, pourtant taboue, affleure en filigrane du rapport. En attendant, dans les marchés de Mopti ou les greniers du Macina, les sacs de mil se vident plus vite que les mots. Et pendant que le pays cherche ses repères alimentaires dans la poussière des promesses non tenues, l’OPAM continue son chemin. Sans cap. Sans boussole.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Quand l’intelligence artificielle entre dans la guerre contre la faim</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 May 2025 14:16:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Découvrez comment l'intelligence artificielle et lutte contre les famines transforme la gestion des crises alimentaires.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans un monde où les saisons deviennent imprévisibles, les récoltes incertaines et l’aide humanitaire de plus en plus rare, l’intelligence artificielle pourrait bien devenir la dernière arme de prévention contre les famines. Du Sahel au Soudan du Sud, de l’analyse satellitaire à la détection des crises agricoles, des géants technologiques aux coopératives locales, l’IA commence à transformer silencieusement la gestion des crises alimentaires. Encore faut-il qu’elle reste un outil au service des populations – et non des intérêts. Une révolution est en marche. Discrète, mais décisive.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le climat dérègle les saisons, les conflits pulvérisent les marchés, les chocs économiques ferment les greniers. Pendant ce temps, un acteur discret, invisible mais puissant, commence à tracer sa route dans la gestion des crises alimentaires : l’intelligence artificielle. Longtemps cantonnée aux laboratoires des géants de la tech, l’IA pourrait bien devenir, demain, l’outil décisif pour anticiper les famines, coordonner les réponses humanitaires, et peut-être, sauver des millions de vies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas une promesse. C’est une possibilité. Et dans un monde où plus de 295 millions de personnes souffrent aujourd’hui de faim aiguë, selon le Rapport mondial sur les crises alimentaires 2024, il serait irresponsable de ne pas l’explorer.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-voir-venir-la-faim-avant-qu-elle-ne-morde"><strong>Voir venir la faim avant qu’elle ne morde</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que l’IA sait faire mieux que nous ? Croiser les signaux faibles. Analyser les précipitations dans la vallée du Rift, les cours du sorgho sur les marchés de Gao, le déplacement de troupeaux vers le Tchad, et l’évolution du prix du pain à Omdurman. Des informations disparates, que seuls les algorithmes peuvent transformer en modèles prédictifs d’alerte précoce.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le cœur du mécanisme&nbsp;<em>Famine Action Mechanism</em>&nbsp;(FAM), une initiative mondiale lancée par l’ONU, la Banque mondiale et des géants comme Google, Amazon et Microsoft. En croisant données climatiques, économiques, agricoles et de conflit, ce système prédit les zones à risque de famine et déclenche des financements d’urgence avant que le pire ne se produise. Au Nigeria, en Somalie ou au Soudan du Sud, cette technologie a déjà permis d’agir plus tôt — là où, traditionnellement, les humanitaires arrivent trop tard.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-oeil-numerique-sur-les-champs-africains"><strong>L’œil numérique sur les champs africains</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’IA n’est pas qu’un cerveau de prévision. Elle devient aussi le regard qui surveille les champs, les sols et les rendements. En collaboration avec des instituts comme l’OCP (Office Chérifien des Phosphates), plusieurs gouvernements africains testent des plateformes d’analyse satellitaire capables de repérer les zones à faible croissance, de détecter les carences des sols, ou même d’identifier les besoins en fertilisants. Résultat : des conseils ciblés, des semis mieux planifiés, des récoltes moins incertaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans certains cas, ces technologies intègrent même des fonctions d’apprentissage automatique. Des modèles pilotés par IA apprennent à détecter les stress hydriques, les maladies des cultures comme le mildiou du manioc, et formulent des recommandations en temps réel — parfois transmises par SMS en langues locales.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-ia-dans-la-logistique-de-la-faim"><strong>L’IA dans la logistique de la faim</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’intelligence artificielle sait aussi gérer le chaos mieux que les humains. Dans la chaîne de distribution de l’aide, elle peut prédire la demande, organiser les stocks, optimiser les trajets de livraison et identifier les zones de rupture. Moins de pertes post-récolte, moins de gaspillage, plus de rapidité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte où les financements humanitaires s’effondrent, comme le déplore le rapport GRFC 2024, cette efficacité algorithmique devient une nécessité morale. Le moindre sac de riz doit compter. Et la moindre journée gagnée peut éviter un drame.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-securite-alimentaire-sous-controle-digital"><strong>La sécurité alimentaire sous contrôle digital</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les usines de transformation, les laboratoires, les dépôts, l’IA est aussi en train de transformer les standards de sécurité alimentaire. Grâce à la détection automatique des anomalies dans les chaînes HACCP (<em>Hazard Analysis and Critical Control Points</em>), elle peut déclencher des actions correctives sans attendre l’inspection humaine. Cela garantit une traçabilité plus fiable, un contrôle qualité renforcé — et donc une confiance plus grande dans les systèmes d’aide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les zones pastorales, notamment au Sahel, des outils IA suivent déjà la santé des troupeaux, identifient les zones de pâturage, optimisent les déplacements saisonniers. Pour ces communautés fragiles, souvent en marge des politiques agricoles, c’est un pas vers la prévisibilité, l’adaptation, et la survie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et dans les fermes semi-industrielles du Kenya ou du Ghana, les robots d’analyse vétérinaire appuyés par IA commencent à s’intégrer aux pratiques d’élevage. Ils détectent les infections, régulent l’alimentation, préviennent les épidémies. Moins de pertes animales, plus de revenus durables.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-revolution-sous-condition"><strong>Une révolution sous condition</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Mais attention. L’IA n’est pas une baguette magique. Elle suppose un accès à la donnée, une gouvernance éthique, une souveraineté numérique. Et surtout, elle doit être co-construite avec les acteurs locaux. Un algorithme conçu à Seattle mais déployé à Bamako sans adaptation peut faire plus de mal que de bien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut donc des garde-fous : transparence des modèles, responsabilité partagée, inclusion des agriculteurs, des pasteurs, des coopératives. Sinon, la technologie risque de reproduire les inégalités qu’elle prétend combattre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que le climat détruit, l’intelligence humaine et artificielle peut contribuer à réparer — à condition d’agir maintenant. Car si les crises alimentaires deviennent structurelles, c’est aussi parce que les réponses sont trop lentes, trop segmentées, trop technocratiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec l’IA, nous avons enfin les moyens de prévoir la tempête. Reste à savoir si nous aurons le courage d’agir avant que le vent ne souffle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Crises climatiques : quand la météo tue aussi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 May 2025 08:32:36 +0000</pubDate>
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<p>Le climat affecte gravement l’insécurité alimentaire mondiale. Explorez les effets dévastateurs du changement climatique en 2024.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que le changement climatique multiplie les sécheresses et inondations extrêmes, le Rapport mondial sur les crises alimentaires 2024 alerte sur un facteur de famine encore sous-estimé : la météo. En 2024, plus de 96 millions de personnes dans 18 pays ont basculé dans l’insécurité alimentaire aiguë à cause de phénomènes climatiques extrêmes, notamment liés à El Niño. De l’Afrique australe à la Corne de l’Afrique, en passant par l’Asie du Sud, les petits agriculteurs paient le prix fort d’un réchauffement mondial auquel ils n’ont presque pas contribué. Le climat, désormais, tue aussi par la faim.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La terre craque, les pluies se déchaînent, les champs deviennent poussière ou marécages. Pendant que l’humanité débat de géopolitique et de croissance, le climat, lui, tranche sans négociation. En 2024, selon le dernier&nbsp;<em>Rapport mondial sur les crises alimentaires (GRFC)</em>, les phénomènes météorologiques extrêmes – sécheresses, inondations, pluies diluviennes – ont plongé plus de 96 millions de personnes dans des situations de faim aiguë, dans 18 pays en crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est la face oubliée de la déstabilisation climatique : pas celle des COP et des grandes promesses, mais celle des villages assoiffés, des bergers ruinés, des femmes qui plantent sans récolter.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-climat-un-declencheur-aussi-cruel-que-silencieux"><strong>Le climat, un déclencheur aussi cruel que silencieux</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">«<em> Les conditions météorologiques extrêmes, en particulier les sécheresses et les inondations provoquées par El Niño, ont été un facteur majeur des crises alimentaires en 2024 </em>», alerte le GRFC. Cette année, l’Afrique australe, la Corne de l’Afrique, l’Asie du Sud ou encore l’Amérique centrale ont subi des chocs violents, bouleversant les cycles agricoles, détruisant les récoltes et perturbant l’élevage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La spécificité de ce facteur est double. D’une part, il est de plus en plus fréquent, avec des épisodes plus intenses et moins prévisibles. D’autre part, il affecte les plus pauvres, ceux qui vivent de la terre, de l’eau ou du bétail. Et surtout, il s’ajoute à d’autres crises – conflits, instabilité, pauvreté – sans laisser le moindre répit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Afrique australe, la situation est critique. En Zambie, Zimbabwe, Malawi et dans certaines zones du Mozambique, la sécheresse provoquée par El Niño a décimé les cultures de maïs, denrée de base pour des millions de foyers. Selon le rapport, «<em> ces conditions météorologiques extrêmes ont gravement compromis la sécurité alimentaire de millions de personnes, déjà fragilisées par des années de précarité </em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Résultat : des taux de malnutrition infantile en hausse, des prix alimentaires qui flambent sur les marchés, et des tensions accrues entre communautés rurales. Quand l’eau ne vient plus, c’est la solidarité qui s’évapore.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-face-immergee-des-inondations"><strong>La face immergée des inondations</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ailleurs, ce sont les inondations qui tuent en silence. En Somalie, au Pakistan, au Soudan du Sud ou au Bangladesh, les terres agricoles sont submergées, les stocks détruits, les routes coupées. Le GRFC souligne que ces phénomènes, souvent soudains, «<em> exposent les communautés à des pénuries alimentaires brutales, à la perte de moyens de subsistance et à des déplacements massifs </em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe est cruel : trop d’eau tue, tout comme l’absence d’eau. Dans les deux cas, le système alimentaire s’effondre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont les petits exploitants agricoles, qui produisent 80 % des denrées dans de nombreux pays en crise, qui subissent de plein fouet ces bouleversements climatiques. Sans irrigation, sans accès à la météo fiable, sans réserve de semences, chaque saison devient un pari sur la survie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et quand l’agriculture tombe, c’est toute une économie rurale qui s’écroule : emploi saisonnier, marchés locaux, transport vivrier. La faim s’infiltre partout.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-sous-financement-climatique-le-talon-d-achille"><strong>Sous-financement climatique : le talon d’Achille</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pire encore, les réponses manquent. Le rapport déplore que malgré l’ampleur des dégâts, les financements destinés à l’adaptation au changement climatique restent dérisoires. Les projets de résilience locale sont peu soutenus, les mécanismes d’alerte précoce insuffisamment financés, et les filets sociaux rarement anticipés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cindy McCain, directrice exécutive du PAM, est sans détour : «<em> Nous avons des solutions éprouvées pour lutter contre la faim, mais nous manquons du soutien nécessaire pour les mettre en œuvre. </em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette spirale, le rapport plaide pour une action plus ciblée : renforcer les capacités d’adaptation climatique des petits producteurs, investir dans l’irrigation locale, les semences résistantes, les infrastructures rurales, les systèmes d’alerte météo, et surtout dans l’éducation climatique communautaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le rappelle Qu Dongyu, directeur général de la FAO : «<em> Investir dans l’agriculture d’urgence, c’est investir dans une solution à long terme.</em> »</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-meteo-n-est-pas-coupable-l-inaction-l-est"><strong>La météo n’est pas coupable, l’inaction l’est</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu n’est pas simplement de constater les ravages du climat, mais d’y répondre avant qu’ils ne deviennent irréversibles. Le climat devient aujourd’hui l’un des premiers déclencheurs de la faim, au même titre que la guerre ou la misère. Il agit lentement, mais frappe sûrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si rien n’est fait, les saisons agricoles deviendront des saisons de deuil, les enfants des statistiques de mortalité, et les terres fertiles des cimetières d’espoirs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La planète est en surchauffe, les terres en souffrance, et les peuples en attente. L’équation est connue, les solutions existent. Ce qui manque ? Une volonté. Car face à la faim provoquée par le climat, chaque orage est un message. Et chaque sécheresse, un avertissement. À force de les ignorer, le monde pourrait finir par récolter ce qu’il sème : le vide.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>La faim, ce nouveau djihad</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 May 2025 06:48:30 +0000</pubDate>
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<p>L'insécurité alimentaire dans le monde laisse des cicatrices profondes. Explorez les causes et les conséquences de cette crise.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans un monde où les conflits tuent à la kalachnikov et les sécheresses à petit feu, la faim s’impose comme le détonateur silencieux des grands dérèglements. Derrière chaque chiffre froid, une colère chaude. Derrière chaque ration supprimée, une frontière qui s&rsquo;effrite. La Banque mondiale alerte, mais qui écoute encore quand le ventre vide devient un cri politique ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La crise de la faim ne menace pas seulement des vies, elle mine la stabilité des sociétés »,&nbsp;</em>affirme Axel van Trotsenburg, directeur général des opérations à la Banque mondiale. C’est plus qu’un avertissement technocratique : c’est une prophétie. Et c’est surtout une phrase qui mérite d’être lue à haute voix dans toutes les capitales qui prétendent encore croire à l’ordre mondial.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-des-linceuls-de-fortune"><strong>Des linceuls de fortune</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le&nbsp;<em>Rapport mondial sur les crises alimentaires 2025</em>, livré en mai dans une indifférence polie, ressemble à ces diagnostics implacables que l’on lit, un sourcil levé, avant de tourner la page. Erreur. Ce rapport-là est une sirène. Un avertissement sans frais — pour l’instant. Car si la faim tue, elle fait plus encore : elle fracture les sociétés, érode les États, dissout les pactes civiques, transforme des enfants en combattants, des mères en exilées, des villages entiers en camps de fortune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">295 millions de personnes. C’est la masse critique de ceux qui, en 2024, ont plongé dans l’insécurité alimentaire aiguë. L’expression est froide. Elle dissimule des réalités brûlantes : enfants affaiblis, rations coupées, marchés à l’abandon, files d’attente pour du riz moisi, poings levés contre les convois de l’ONU, et parfois — trop souvent — des linceuls de fortune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Regardons la carte. Le Soudan est aujourd’hui le théâtre d’une famine certifiée — la première depuis 2020. En bande de Gaza, 100 % de la population est confrontée à une insécurité alimentaire sévère. À Haïti, au Soudan du Sud, au Mali, les zones classées «&nbsp;<em>urgence</em>&nbsp;» ou «&nbsp;<em>catastrophe</em>&nbsp;» se multiplient. Dans 36 pays, plus de 35 millions de personnes nécessitent une action immédiate. Le chiffre fait tourner les têtes, mais sur le terrain, ce sont les ventres qui grondent.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-kalachnikov-est-devenue-un-plat-du-jour"><strong>La kalachnikov est devenue un plat du jour</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, pendant que la faim progresse, les financements reculent. En Afghanistan, en RDC, au Soudan ou au Yémen, les coupes budgétaires ont paralysé l’aide alimentaire. Les Nations unies préviennent : jusqu’à 45 % de réduction. Comme si l’incendie exigeait moins d’eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La faim, hier conséquence, est devenue cause. Elle alimente les conflits comme le bois sec nourrit le feu. Elle pousse à la fuite, creuse les sillons de la migration, ouvre la voie aux discours extrémistes, aux vendettas intercommunautaires, aux alliances avec les seigneurs de guerre et les groupes armés. La kalachnikov est devenue un plat du jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À qui profitera ce chaos ? Aux entrepreneurs de violence, aux prophètes de l’apocalypse, à ceux qui ont compris depuis longtemps que le ventre vide est plus facile à enrôler que le cerveau nourri. Boko Haram, Al-Shabaab, les factions tribales du Soudan ou les gangs haïtiens le savent. Dans un monde où l&rsquo;on meurt de faim, l&rsquo;arme devient un outil de survie.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-djihad-du-vide"><strong>Le djihad du vide</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Et que fait la planète ? Elle s’agite, puis se lasse. Elle promet, puis se retire. Les financements baissent, les promesses s’étiolent, les diplomates s’égarent dans des palabres sans suite. On dénonce, on condamne, mais on n’agit pas. La famine est une catastrophe qu’on regarde à distance, comme une série Netflix dont l’on peut encore choisir de zapper l’épisode suivant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Axel van Trotsenburg a dit vrai. Mais il faut aller plus loin : la faim est désormais un acteur politique. Elle redistribue les cartes, recompose les rapports de force, redessine les frontières mentales et géographiques. C’est le djihad du vide, le soulèvement du silence, le chaos du quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le XXIe siècle a un nouveau levier de guerre, ce n’est ni le pétrole, ni les minerais, ni l’intelligence artificielle. C’est la faim. Et tant que le monde civilisé la traitera comme une crise parmi d’autres, elle continuera de ronger les fondations de nos certitudes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Quand la rupture du jeûne rime avec rationnement et débrouille</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Mar 2025 08:29:00 +0000</pubDate>
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<p>Dans un Sahel ravagé par l’insécurité et la faim, le Ramadan devient à la fois une épreuve de survie et un révélateur des fractures d’une région en quête d’avenir.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans un Sahel ravagé par l’insécurité et la faim, le Ramadan devient à la fois une épreuve de survie et un révélateur des fractures d’une région en quête d’avenir.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sahel traverse l’un des moments les plus critiques de son histoire, depuis des décennies. Guerres, insécurité alimentaire, déplacements massifs, autant de fléaux qui transforment ce mois de jeûne en une épreuve d’une rare intensité. Pourtant, là où l’État se délite, là où l’économie vacille, la religion demeure. Elle structure le temps, elle donne un sens aux privations, elle permet d’organiser la survie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Ramadan, dans cette région du monde, n’est pas qu’un rituel religieux, il est une boussole sociale, un test de résilience, un révélateur des failles et des espoirs d’une civilisation en mutation.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un Sahel en rupture</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plus d’une décennie, le Sahel est devenu le laboratoire des crises du XXIᵉ siècle. Crise climatique, crise sécuritaire, crise politique, crise alimentaire. Tout s’y cumule, tout s’y entrechoque. En 2023, les violences djihadistes ont causé plus de 12 000 morts, les États se sont effondrés les uns après les autres, et des millions de personnes ont été déplacées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce chaos, les structures traditionnelles se recomposent. L’État se fait rare ? Les chefs de village reprennent du pouvoir. L’économie est asphyxiée ? Le troc et les solidarités informelles refont surface.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et le Ramadan, lui, continue. Parce qu’il est une discipline avant d’être une célébration. Parce qu’il impose un ordre dans un monde qui se délite.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Entre pénurie et contrôle des ressources</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Mais comment jeûner quand la faim n’est plus une option spirituelle, mais une réalité quotidienne ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les marchés sont fermés ou contrôlés par des groupes armés, les routes sont devenues des corridors de l’insécurité, les champs sont impraticables faute de sécurité. Dans certaines zones, «&nbsp;<em>l’OPAM n’est plus en mesure d’assurer un approvisionnement régulier des stocks stratégiques</em>&nbsp;», et des millions de personnes souffrent de malnutrition sévère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là où la rareté s’installe, de nouveaux pouvoirs émergent. Les groupes djihadistes qui contrôlent certaines régions permettent la pratique religieuse, mais imposent leur lecture rigoriste de la charia. La prière est obligatoire, mais surveillée. L’aumône est exigée, mais réquisitionnée. Les lois de la guerre redessinent les lois de la foi.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un futur à inventer</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Que restera-t-il de cette période ? Une région encore plus fracturée ? Une société en quête de nouveaux repères ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sahel est aujourd’hui un avant-poste du monde à venir. Le dérèglement climatique y préfigure celui de la planète entière. Les guerres hybrides, entre États et groupes armés, annoncent les conflits du futur. L’effondrement des économies locales anticipe ce qui attend d’autres territoires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les États veulent éviter un siècle de chaos, ils devront repenser entièrement leur mode de gouvernance, redonner du pouvoir aux communautés locales, investir dans l’éducation et l’agriculture, créer un système économique adapté à ces nouvelles réalités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Ramadan, chaque année, rappelle aux populations du Sahel leur capacité à surmonter l’épreuve. Mais il ne peut être un refuge éternel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si rien ne change, ce n’est plus un mois de privation qui attend le Sahel, mais une génération entière de survie sous contrainte.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Climat et crises alimentaires : comment les changements climatiques accélèrent les problèmes de sécurité alimentaire au Sahel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Aug 2024 07:30:38 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez les effets des changements climatiques sur la crise alimentaire au Sahel et les mesures nécessaires pour renforcer la résilience des communautés.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les changements climatiques aggravent la crise alimentaire au Sahel, perturbant les cycles agricoles et menaçant la survie de millions de personnes. Pour atténuer ces effets, des mesures urgentes sont nécessaires pour renforcer la résilience des communautés face à ces défis croissants.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sahel, cette vaste région semi-aride qui s&rsquo;étend sur plusieurs pays d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, est depuis longtemps confrontée à des défis climatiques majeurs. Cependant, les effets des changements climatiques ont exacerbé ces problèmes, transformant ce qui était autrefois des cycles naturels de sécheresse et de pluie en crises alimentaires récurrentes et de plus en plus graves. L&rsquo;impact de ces bouleversements climatiques sur l&rsquo;agriculture et la sécurité alimentaire dans les pays sahéliens est profond, et les réponses pour atténuer ces effets deviennent urgentes.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-les-tensions-sociales-et-regionales"><strong>Les tensions sociales et régionales</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plusieurs décennies, le Sahel est en première ligne des régions les plus vulnérables aux changements climatiques. L&rsquo;augmentation des températures, la variabilité des précipitations et la fréquence accrue des événements climatiques extrêmes, tels que les sécheresses prolongées et les inondations soudaines, ont perturbé les écosystèmes naturels et les cycles agricoles traditionnels. Pour les millions de personnes qui dépendent de l&rsquo;agriculture de subsistance et de l&rsquo;élevage, ces changements ont des conséquences dévastatrices.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des impacts les plus visibles du changement climatique au Sahel est la réduction de la saison des pluies, qui est devenue non seulement plus courte mais aussi moins prévisible. Cette situation complique la planification agricole, car les agriculteurs ne peuvent plus compter sur des saisons bien définies pour semer et récolter leurs cultures. Les sécheresses fréquentes épuisent les sols, réduisent les rendements agricoles et provoquent la mort du bétail, privant ainsi des millions de familles de leurs principales sources de nourriture et de revenus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, la dégradation des sols est aggravée par l&rsquo;augmentation des températures, qui accentue l&rsquo;évaporation de l&rsquo;eau et réduit encore davantage la disponibilité de cette ressource cruciale pour l&rsquo;agriculture. Les terres arables se réduisent, et les conflits liés à l&rsquo;accès aux ressources naturelles, telles que l&rsquo;eau et les pâturages, deviennent plus fréquents, exacerbant les tensions sociales et régionales.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-ong-action-contre-la-faim-tire-la-sonnette-d-alarme-nbsp"><strong>L&rsquo;ONG Action contre la faim tire la sonnette d’alarme</strong>&nbsp;</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dynamiques climatiques ont entraîné une hausse significative de l&rsquo;insécurité alimentaire dans les pays sahéliens. Selon les Nations Unies, des millions de personnes au Sahel sont régulièrement confrontées à des pénuries alimentaires, et les taux de malnutrition, en particulier chez les enfants, atteignent des niveaux alarmants. Les familles, prises au piège dans un cycle de pauvreté et de dépendance à l&rsquo;aide alimentaire, voient leurs perspectives d&rsquo;avenir de plus en plus compromises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, l&rsquo;organisation Action contre la faim a relevé une augmentation préoccupante des cas de malnutrition infantile dans un rapport publié mardi 20 août. Les enfants de moins de 5 ans vivant à l&rsquo;intérieur des camps de déplacés dans le nord-est du pays sont particulièrement concernés. La malnutrition touche 30 % des enfants dans ces zones, un chiffre alarmant qui illustre l&rsquo;ampleur de la crise. Parmi les causes de cette malnutrition infantile, l&rsquo;ONG pointe les différents conflits en cours depuis 2012. Mais à ces conflits, il faut ajouter aussi les effets du changement climatique.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-des-mesures-pour-attenuer-les-effets-nbsp"><strong>Des mesures pour atténuer les effets&nbsp;</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour atténuer ces effets dévastateurs, plusieurs mesures doivent être mises en œuvre de manière urgente et coordonnée. Premièrement, il est essentiel de renforcer la résilience des communautés locales face aux chocs climatiques. Cela passe par l&rsquo;amélioration des techniques agricoles, telles que l&rsquo;utilisation de cultures résistantes à la sécheresse, la promotion de l&rsquo;agroécologie et la restauration des sols dégradés. Les systèmes d&rsquo;irrigation doivent également être modernisés et adaptés pour maximiser l&rsquo;utilisation de l&rsquo;eau disponible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxièmement, les initiatives visant à diversifier les sources de revenus pour les communautés rurales sont cruciales. L&rsquo;éducation et la formation professionnelle, en particulier pour les jeunes, peuvent offrir des alternatives viables à l&rsquo;agriculture traditionnelle, réduisant ainsi la pression sur les terres et contribuant à une économie plus durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, les gouvernements des pays sahéliens, avec le soutien de la communauté internationale, doivent investir dans la mise en place de systèmes d&rsquo;alerte précoce et de gestion des risques climatiques. Ces systèmes permettent de mieux anticiper les événements extrêmes et de mettre en place des stratégies de réponse rapide pour minimiser les impacts sur la sécurité alimentaire. Le renforcement des infrastructures, telles que les routes et les marchés, est également essentiel pour améliorer l&rsquo;accès aux denrées alimentaires et stabiliser les prix en période de crise.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-construire-un-avenir-plus-durable-pour-le-sahel"><strong>Construire un avenir plus durable pour le Sahel</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, il est impératif que les politiques climatiques mondiales prennent en compte la situation critique du Sahel. Les pays sahéliens, bien qu&rsquo;émetteurs marginaux de gaz à effet de serre, sont parmi les plus touchés par les conséquences du changement climatique. Les engagements internationaux en matière de réduction des émissions de carbone et de financement climatique doivent inclure un soutien accru aux efforts d&rsquo;adaptation et de résilience dans cette région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les changements climatiques ont profondément aggravé les problèmes de sécurité alimentaire au Sahel, menaçant la survie de millions de personnes. Cependant, avec des stratégies d&rsquo;adaptation appropriées, il est possible d&rsquo;atténuer ces effets et de renforcer la résilience des communautés face à ces défis croissants. La mobilisation de tous les acteurs, locaux, régionaux et internationaux, est nécessaire pour répondre à cette crise alimentaire imminente et construire un avenir plus durable pour le Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
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		<title>La saison des pluies 2024 au Mali : prévenir les catastrophes pour éviter la famine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jul 2024 09:41:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Alerte inondations au Mali : Les prévisions météorologiques prévoient des pluies supérieures à la moyenne climatologique. La sécurité alimentaire est menacée. Découvrez les mesures prises par les autorités.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les prévisions météorologiques pour 2024 annoncent des pluies abondantes et des risques élevés d’inondations au Mali. Cette situation menace la campagne agricole et la sécurité alimentaire, incitant les autorités à prendre des mesures d’urgence pour éviter une crise humanitaire et sécuritaire.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La saison des pluies&nbsp;2024 au Mali s’annonce intense, et le Conseil des ministres n’a pas manqué d’en avertir les citoyens dès sa session du 15&nbsp;mai dernier. Les prévisions météorologiques annonçaient des pluies supérieures à la moyenne climatologique de la période&nbsp;1991-2020, avec des risques élevés d’inondations. Le ministre des Transports et des Infrastructures, Mme&nbsp;Dembélé Madina Sissoko, a bien informé sur les attentes&nbsp;: un démarrage moyen à tardif, une fin de saison également tardive, et des pauses pluviométriques variables. Tout semble indiquer que les cours d’eau du pays seront particulièrement sollicités cette année.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-ventre-creux-n-a-point-d-oreille"><strong>« Ventre creux n’a point d’oreille »</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les services météorologiques sont sur le pied de guerre, multipliant les actions pour gérer cette situation : formation et information des différents secteurs socio-économiques, opérations de pluies provoquées dans les zones déficitaires, diffusion d’avis et de conseils agro-hydrométéorologiques, bulletins d’information pour la sécurité alimentaire, et alertes météorologiques. Malgré ces efforts, plusieurs localités comme Bla, Sikasso, Koutiala et Bamako enregistrent déjà de fortes inondations. « <em>Les 22 et 25 juillet, de fortes pluies ont inondé la ville de Bla (région de Ségou) et ses environs. Plus de 6900 sinistrés enregistrés dont 63% sont des femmes et des enfants de moins de 5 ans. Les eaux ont aussi causé des dégâts matériels importants. Les sinistrés ont des besoins urgents : vivres, biens non-alimentaires, eau, hygiène et assainissement. Plusieurs partenaires humanitaires se sont positionnés pour apporter une réponse. D&rsquo;autres y ont déjà fourni une assistance. Ces partenaires organisent une mission à Bla du 29 au 31 juillet afin d’assurer une réponse coordonnée.</em>« , explique OCHA Mali. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation est préoccupante, car elle pourrait impacter gravement la campagne agricole, augmentant les risques d’insécurité alimentaire pour l’année prochaine. Un scénario catastrophique se profile&nbsp;: des récoltes compromises, une population affamée, et des troubles sécuritaires amplifiés. En effet, comme le dit si bien le proverbe, « <em>ventre creux n’a point d’oreille</em> », et les terroristes n’hésitent pas à exploiter les faiblesses des populations pour recruter de nouveaux membres.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-pluie-soit-une-benediction-et-non-une-malediction"><strong>La pluie soit une bénédiction et non une malédiction</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Si gouverner, c’est prévoir, alors les autorités maliennes de la transition doivent non seulement gérer les catastrophes naturelles actuelles mais aussi anticiper celles de l’année prochaine. La lutte contre la famine doit devenir une priorité nationale, avec des mesures concrètes et efficaces pour soutenir les zones les plus touchées. Les prévisions alarmantes de cette saison des pluies doivent servir de leçon pour renforcer la résilience du pays face aux aléas climatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que les nuages s’amoncellent et que les rivières débordent, cette alerte doit être le signal d’un changement de cap. Les Maliens méritent un avenir où chaque goutte de pluie est une promesse de récoltes abondantes et non une menace de destruction. Aux dirigeants de faire en sorte que la pluie soit une bénédiction et non une malédiction.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Sommet Russie-Afrique : face à la « situation économique mondiale inquiétante », des « motifs d’espoir » existent </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Jul 2023 14:41:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le deuxième sommet Russie-Afrique a débuté, le 27 juillet 2023, à Saint-Pétersbourg. Plusieurs pays africains prennent part à ce rendez-vous intercontinental, dont le Mali. Ce vendredi 28 juillet 2023, le président malien de la transition, le colonel Assimi Goita a pris la parole devant ses pairs pour livrer un message sur la nécessité d’ouverture du monde et la coopération russo-africaine. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le deuxième sommet Russie-Afrique a débuté, le 27&nbsp;juillet 2023, à Saint-Pétersbourg. Plusieurs pays africains prennent part à ce rendez-vous intercontinental, dont le Mali. Ce vendredi&nbsp;28&nbsp;juillet 2023, le président malien de la transition, le colonel Assimi Goita a pris la parole devant ses pairs pour livrer un message sur la nécessité d’ouverture du monde et la coopération russo-africaine.&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à une « situation économique mondiale inquiétante », avec une économie au bord de la récession en 2023, le président Goita estime qu’il existe des motifs d’espoir. « <em>Les pays des BRICS se hissent au premier rang de l’économie mondiale et constituent des réponses fiables pour le continent, sans contrepartie hypothéquant le développement de notre continent et l’épanouissement de nos populations</em> », a-t-il déclaré.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2023/07/photo-de-famille--scaled.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="545" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2023/07/photo-de-famille--1024x545.jpg" alt="photo de famille" class="wp-image-12638" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2023/07/photo-de-famille--1024x545.jpg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2023/07/photo-de-famille--scaled-600x320.jpg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2023/07/photo-de-famille--300x160.jpg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2023/07/photo-de-famille--768x409.jpg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2023/07/photo-de-famille--1536x818.jpg 1536w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2023/07/photo-de-famille--2048x1091.jpg 2048w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2023/07/photo-de-famille--150x80.jpg 150w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2023/07/photo-de-famille--696x371.jpg 696w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2023/07/photo-de-famille--1068x569.jpg 1068w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2023/07/photo-de-famille--1920x1023.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Les chefs d&rsquo;Etat africains lors du deuxième sommet Russie-Afrique, le 28 juillet 2023, à Saint-Pétersbourg. Kremlin</figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un monde d’ouverture et de pragmatisme&nbsp;</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali, tout en soutenant les BRICS, estime que cette initiative&nbsp;constitue « <em>un réel espoir de soustraire nos pays d’un ordre international fondé sur la domination et la marginalisation</em> ». Selon le président Goita, le Mali soutient des initiatives telles que « <em>créer une banque de développement pour le financement des infrastructures ou encore, offrir de nouveaux mécanismes et moyens de paiement internationaux</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président malien de la transition a donc prôné pour l’ouverture du monde en vue de lutter plus efficacement contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique. Le Mali salue à cet effet « <em>l’accord international sur l’exportation des céréales</em> » et appelle les autres parties prenantes à « <em>lever les entraves liées aux exportations de céréales à destination du continent africain</em> ». Ce pays d’Afrique de l’Ouest, se battant depuis deux ans pour sa souveraineté retrouvée, lance un appel aux médiations internationales à « <em>plus d’ouverture et de pragmatisme en vue de poursuivre et renforcer les efforts pour un règlement pacifique de la crise </em>» russo-ukrainienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président Assimi Goita ne fait aucun doute que le destin des peuples africains et russes est lié. Une interdépendance qui exige surtout une réponse « <em>collective et appropriée aux défis auxquels nous devons faire ensemble face</em> », a affirmé le président malien de la transition.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Construire un nouvel espace commun&nbsp;</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis des décennies, la région du Sahel, dont fait partie le Mali, est victime d’une crise multidimensionnelle. Résultante de l’intervention de l’OTAN en Libye, a expliqué le chef de l’État avant de souligner la vulnérabilité des populations africaines « <em>confrontées aux effets combinés des facteurs sécuritaires, socio-politiques, économiques, climatiques, environnementaux et récemment sanitaires liés à la pandémie de la COVID 19 </em>».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sommet Russie-Afrique, qui a lieu le lendemain du forum économique et humanitaire, est l’opportunité de « <em>tracer ensemble les contours d’un espace commun de prospérité, de stabilité et de sécurité</em> ». Un cadre rénové qui sera élaboré sur la base des « <em>principes de respect mutuel, des relations d’égal à égal et des intérêts partagés au bénéfice de nos populations </em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Crise alimentaire en Afrique : sortir des dépendances, revenir aux fondamentaux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Nov 2022 11:56:53 +0000</pubDate>
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<p>Sécheresses, instabilité, insécurité et manque de vision politique alimentent la dépendance des pays africains vis-à-vis des importations de céréales, à commencer par le blé. Les répercussions de la guerre entre l’Ukraine et la Russie n’expliquent pas tout.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sécheresses, instabilité, insécurité et manque de vision politique alimentent la dépendance des pays africains vis-à-vis des importations de céréales, à commencer par le blé. Les répercussions de la guerre entre l’Ukraine et la Russie n’expliquent pas tout. En attendant que l’Afrique reprenne son destin en main, la Russie est en position de force pour imposer ses conditions.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>La région du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest fait face à une nouvelle <a href="https://saheltribune.com/insecurite-et-crise-alimentaire-au-sahel-adopter-un-plan-de-riposte-holistique/">crise alimentaire et nutritionnelle</a> majeure. Environ 38,3 millions de personnes seront sous pression pour la période de juin-août 2022</em> », <a href="https://www.food-security.net/topic/crise-alimentaire-et-nutritionnelle-2022/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">alertait le RPCA</a> (Réseau de prévention des crises alimentaires) au printemps dernier. Et elles l’ont été, sous pression. Aux crises habituelles — sécheresse, insécurité — sont venues s’ajouter les conséquences de la guerre en Ukraine et du blocage des exportations de céréales ukrainiennes.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L’Afrique du Nord violemment touchée</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Certains pays ont déjà payé le prix fort, à cause de leur trop grande dépendance au blé de la Mer Noire. Surtout en Afrique du Nord. Par exemple, la <a href="https://www.middleeasteye.net/fr/actu-et-enquetes/russie-ukraine-tensions-importations-ble-algerie-tunisie-egypte" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tunisie importait 47,7 % de son blé d’Ukraine.</a> Le robinet fermé au printemps dernier a mis Tunis devant un dilemme pour éviter des émeutes de la faim. Au point d’amener le président Kaïs Saïed à lâcher du lest et à s’attirer les bonnes grâces d’Alger en s’alignant sur la position algérienne dans le dossier du Sahara Occidental. L’<a href="https://oec.world/en/profile/bilateral-product/wheat/reporter/ukr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Égypte elle aussi s’est cassé les dents sur son approvisionnement en céréales</a>, étant largement en tête des pays importateurs de produits agricoles ukrainiens, devant l’Indonésie, le Pakistan, le Bangladesh et le Liban.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, la tension s’est légèrement relâchée du côté des ports de la Mer Noire : un accord entre Kyiv et Moscou est intervenu le 22 juillet dernier, sous l’égide de la Turquie, afin de laisser sortir les céréales en souffrance dans les silos ukrainiens. Deux mois plus tard, début septembre, le président russe Vladimir Poutine a tapé du poing sur la table, considérant que les cargaisons de céréales exportées durant l’été avaient surtout <a href="https://www.challenges.fr/monde/poutine-remet-en-cause-l-accord-sur-les-cereales_826912" target="_blank" rel="noreferrer noopener">bénéficié à l’Europe et aux pays riches</a>. Selon le chef du Kremlin, seuls 2 navires sur 87 auraient livré leur cargaison « <em>aux pays pauvres </em>», soit 3 % seulement. Info ou intox ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Intox, principalement destinée à séduire les pays africains, car les chiffres sont bien différents. Selon le <a href="https://www.sudouest.fr/international/europe/ukraine/poutine-accuse-l-ue-d-accaparer-les-cereales-ukrainiennes-au-detriment-des-pays-pauvres-12191923.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Centre de coordination conjointe</a> (CCC) d’Istanbul qui supervise les exportations ukrainiennes depuis juillet, l’Union européenne a reçu 36 % de ces céréales, la Turquie (20 %) — grand hub céréalier et meunier pour la zone MENA —, la Chine (7 %) et les pays africains (17 %).</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La bataille Russie/Ukraine antérieure à la guerre</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la guerre en Ukraine n’explique pas tout. Comme le souligne <a href="https://www.middleeasteye.net/fr/actu-et-enquetes/russie-ukraine-tensions-importations-ble-algerie-tunisie-egypte" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Middle East Eye</a>, « <em>les craintes légitimes des effets de la crise sur l’approvisionnement en céréales de l’Afrique du Nord coïncident avec les perspectives d’une chute de la production de blé russe en 2021-2022, conséquence des mauvaises conditions climatiques, en particulier des étés chauds et secs</em> ». Résultat, pour la saison 2021/2022, la <a href="https://www.agenceecofin.com/marches/3108-91052-la-russie-pourrait-exporter-en-2021/2022-son-plus-faible-volume-de-ble-depuis-5-ans" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Russie a exporté son plus faible volume total de blé en cinq ans</a>. A contrario, l’<a href="https://www.ukrinform.fr/rubric-economy/3374231-lukraine-annonce-une-recolte-record-de-cereales-en-2021.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ukraine avait enregistré une « saison record »</a> en 2021. Avant la guerre des armes, l’Ukraine et la Russie se livraient déjà un bras de fer monumental sur le marché des matières premières agricoles. En bloquant l’appareil productif ukrainien, la Russie s’est donc imposée sur le marché pour alimenter ces fameux « <em>pays pauvres</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pays africains, eux, subissaient déjà de plein fouet cette guerre économique entre les deux géants. Selon l’ONU, <a href="https://www.aa.com.tr/fr/afrique/vingt-cinq-pays-africains-importent-plus-dun-tiers-de-leur-bl%C3%A9-de-russie-et-d-ukraine-onu/2539348" target="_blank" rel="noreferrer noopener">25 pays du continent importent plus d’un tiers</a> de leur blé de Russie et d’Ukraine, certains étant même <a href="https://fr.statista.com/infographie/27093/les-pays-africains-qui-dependent-le-plus-du-ble-russe-et-ukrainien/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">dépendants à 100 % comme la Somalie et le Bénin</a>. Avec les conséquences socio-économiques et les famines que l’on sait, des régions comme l’Afrique de l’Ouest voyant qui plus est leur <a href="https://www.agridigitale.net/art-baisse_de_20_de_la_production_cralire_.html">production céréalière baisser de 20 %</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’<a href="https://unric.org/fr/un-ouragan-de-la-faim-gonfle-par-la-guerre-en-ukraine/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ONU ne cesse de tirer la sonnette d’alarme</a> face à cet « <em>ouragan de famines</em> » qui pourrait toucher de nombreux pays en 2023, dont le Burkina Faso, l’Égypte, la République démocratique du Congo, la Libye, la Somalie ou encore le Soudan. Le Programme alimentaire mondial (PAM) souligne également l’impact de l’augmentation des prix (+70 % pour l’huile, +30 % pour le riz, +67 % pour la farine de blé) et alerte sur des pays en situation critique comme la République centrafricaine, victime d’un conflit armé interne prolongé, d’une insécurité persistante et de la <a href="https://news.un.org/fr/story/2022/07/1123132" target="_blank" rel="noreferrer noopener">détérioration de la sécurité alimentaire</a>, comme le précise Tomson Phiri, porte-parole du PAM : « <em>Au-delà de ces chocs, il existe des facteurs structurels tels que la forte croissance démographique, la pauvreté généralisée, le sous-emploi et la dégradation de la base de ressources agroécologiques qui contribuent à une détérioration progressive des moyens de subsistance et de la sécurité alimentaire.</em> » Et la proximité du pays avec la Russie, très présente sur la scène sécuritaire et politique centrafricaine, <a href="https://www.connectionivoirienne.net/2022/10/11/mali-comment-eviter-les-pieges-dans-lesquels-est-tombee-la-centrafrique/">ne semble en aucun cas arranger les choses</a> : le pays est au bord de l’effondrement.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Moscou alimente la dépendance alimentaire des pays africains</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte de bras de fer international, l’Afrique s’est retrouvée dans le collimateur commercial de Moscou : en août dernier, le ministère de l’Agriculture russe a énoncé sa <a href="https://www.agenceecofin.com/commerce-exterieur/3108-100722-confortee-par-sa-reussite-dans-le-ble-la-russie-veut-accroitre-ses-expeditions-agricoles-vers-l-afrique#:~:text=Pour%20rappel%2C%20la%20Russie%20a,de%20l'huile%20de%20soja." target="_blank" rel="noreferrer noopener">stratégie visant neuf pays du continent</a>, comme l’Angola, le Cameroun ou le Ghana : « <em>Le continent africain est une zone intéressante et prometteuse pour le développement des exportations alimentaires russes</em>, a expliqué Dmitry Krasnov du Centre fédéral pour le développement des exportations agroalimentaires. <em>Toutefois, il est important de tenir compte d’un certain nombre de facteurs tels que l’instabilité politique dans certains pays ou encore la réglementation des prix d’un certain nombre de marchandises afin de déterminer les pays prioritaires et de cibler les produits.</em> » Une stratégie qui ne relève donc d’aucune forme d’altruisme, mais s’inscrit davantage dans ce qui s’apparenterait presque à un chantage d’État à État, <a href="https://www.courrierinternational.com/article/guerre-en-ukraine-a-l-onu-les-pays-africains-divises-dans-leurs-rapports-avec-la-russie" target="_blank" rel="noreferrer noopener">la Russie monnayant son appui alimentaire contre des votes à l’Onu</a> : mi-octobre, dans le cadre de la condamnation des annexions russes de quatre régions ukrainiennes, 22 pays africains se sont abstenus, 9 ont voté contre : l’Algérie, le Burundi, le Congo, la République centrafricaine, l’Érythrée, l’Éthiopie, le Gabon, le Mali et le Zimbabwe. Un hasard ? Pas vraiment : la diplomatie des matières premières — chère au président Poutine — fonctionne à plein régime, pour le gaz comme pour le blé. Certains États africains n’ont tout simplement pas le choix et cèdent à la pression.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exemple du Mali est significatif : pourtant producteur de blé et de fonio, le pays a dû <a href="https://www.youtube.com/watch?v=wVkNtONFiVM" target="_blank" rel="noreferrer noopener">se résoudre à s’aligner et à importer du blé russe</a> au début de l’été 2022, ainsi que des fertilisants. Selon Alousséni Sanou, ministre de l’Économie et des Finances du Mali, en visite à Moscou, « <em>le commerce mondial est totalement perturbé. Le prix du blé, entre janvier 2021 et mai 2022 a presque été multiplié par cinq. Le Mali importe environ 47 000 tonnes de blé chaque mois. L’approvisionnement des pays n’est plus assuré, ce qui fait qu’aujourd’hui, chaque pays doit chercher à s’ajuster et à équilibrer ses comptes</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce <a href="https://saheltribune.com/securite-alimentaire-la-banque-mondiale-mobilisee-aupres-des-pays-africains/">contexte de crise</a>, c’est donc la Russie qui tire son épingle du jeu. Car derrière l’apparente posture de souveraineté affichée par le ministre affirmant : « <em>Il faut échanger d’État à État, afin d’obtenir des prix sur le blé. C’est ce que nous avons obtenu grâce à des accords pour engager rapidement l’approvisionnement à partir de la Russie ». </em>Une relation d’égal à égal semble hautement hypothétique, tant le Mali dépend dorénavant pour tout, sécurité, relations diplomatiques et, donc, alimentation, du nouvel allié exclusif dont la junte l’a affublé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et à la crise de l’approvisionnement en blé vient à présent s’ajouter celle de l’approvisionnement en maïs et en riz, venu d’Asie. Pour <a href="https://www.jeuneafrique.com/1324825/economie/comment-sortir-lafrique-de-sa-dependance-aux-cereales-importees/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">sortir de ces multiples dépendances</a>, les pays africains devraient revenir à leurs fondamentaux : la production de cultures vivrières locales comme le mil, le fonio, le manioc et le sorgho. Et investir massivement dans l’appareil de production agricole, plutôt que de payer grassement des bateaux venus des ports russes ou asiatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Fatim Ouattara</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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