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	<title>Archives des CPI | Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des CPI | Sahel Tribune</title>
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		<title>L&#8217;AES quitte la CPI : un acte de souveraineté, pas une fuite devant la justice</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jul 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le Mali, le Burkina Faso et le Niger quitteront officiellement la CPI en 2027. Entre souveraineté, critiques de la justice internationale et projet de Cour pénale sahélienne, analyse des enjeux de cette décision historique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Niger a notifié son retrait de la CPI le 18 juin 2026. Le Mali et le Burkina Faso ont suivi le 24 juin. La sortie effective sera le 24 juin 2027. Les ONG occidentales crient à l&rsquo;impunité. Il faut regarder les faits en face : la CPI n&rsquo;a pas protégé les civils sahéliens depuis quinze ans. L&rsquo;AES a raison de construire ses propres mécanismes de justice.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont annoncé leur retrait de la Cour pénale internationale en septembre 2025, les organisations de défense des droits humains ont crié à la catastrophe. Quand le Niger a formalisé ce retrait le 18 juin 2026, suivi du Mali et du Burkina Faso le 24 juin, elles ont redoublé d&rsquo;indignation. Avant d&rsquo;accuser les États du Sahel de fuir la justice, il faudrait d&rsquo;abord se demander ce que la CPI a concrètement fait pour les civils sahéliens depuis quinze ans. La réponse est accablante.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La chronologie des faits : ce qui s&rsquo;est passé, exactement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le 22 septembre 2025, à New York, en marge de l&rsquo;Assemblée générale des Nations unies, les chefs de gouvernement de l&rsquo;AES ont annoncé conjointement le retrait de leurs pays de la CPI — qualifiant l&rsquo;institution d&rsquo;«&nbsp;<em>instrument de répression néocoloniale</em>&nbsp;» et lui reprochant d&rsquo;avoir «&nbsp;<em>détourné ses objectifs initiaux</em>&nbsp;». La déclaration était spectaculaire. Elle était aussi techniquement incomplète : conformément à l&rsquo;article 127 du Statut de Rome, le retrait d&rsquo;un État membre ne prend effet qu&rsquo;un an après la notification écrite adressée au Secrétaire général des Nations unies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est cette notification formelle que le Niger a déposée le 18 juin 2026 — neuf mois après l&rsquo;annonce. Le Mali et le Burkina Faso ont suivi le 24 juin 2026. La CPI a acté le retrait burkinabè et malien le 30 juin. Conséquence : le retrait effectif des trois États ne sera juridiquement opposable qu&rsquo;à compter du 18 juin 2027 pour le Niger, et du 24 juin 2027 pour le Mali et le Burkina Faso. D&rsquo;ici là, les trois pays restent formellement liés par leurs obligations envers la Cour — y compris l&rsquo;obligation de coopérer avec les affaires en cours, dont celle ouverte sur le Mali depuis 2012.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que la CPI a fait pour les civils sahéliens : le bilan réel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avant de plaindre le sort des victimes sahéliennes privées de la CPI, demandons-nous ce que la CPI a effectivement accompli pour ces victimes depuis que les crises ont éclaté. La réponse exige un peu d&rsquo;histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En juillet 2012, le gouvernement malien lui-même avait saisi la CPI sur les crimes commis dans le nord du pays — destructions de mausolées à Tombouctou, recrutements d&rsquo;enfants soldats, violences sexuelles. Depuis lors, la Cour a ouvert une enquête préliminaire, prononcé des condamnations symboliques — dont celle d&rsquo;Ahmad al-Faqi al-Mahdi en 2016 pour destruction de patrimoine culturel — mais n&rsquo;a pas mis fin aux atrocités. Entre 2012 et 2026, le nombre de morts civils au Mali, au Burkina Faso et au Niger s&rsquo;est mesuré en dizaines de milliers. La CPI n&rsquo;a pas empêché un seul massacre. Elle n&rsquo;a pas protégé un seul village.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est le paradoxe fondamental de l&rsquo;institution : créée pour les cas où les juridictions nationales «&nbsp;<em>ne veulent pas ou ne peuvent pas</em>&nbsp;» juger les crimes les plus graves, elle est structurellement incapable d&rsquo;intervenir en temps réel. Ses procédures durent des années, parfois des décennies. Son financement est insuffisant. Sa capacité d&rsquo;exécution des mandats d&rsquo;arrêt dépend entièrement de la coopération des États — coopération que de nombreux pays membres, à commencer par ceux qui ont voté pour l&rsquo;immunité de Vladimir Poutine au Conseil de sécurité, refusent sélectivement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Cette décision de retrait découle du constat de détournement d&rsquo;objectif et de l&rsquo;instrumentalisation de cette juridiction qui avait pourtant suscité beaucoup d&rsquo;espoir pour les peuples épris de paix et de justice. »</em>, selon la Lettre de notification du Niger au Secrétaire général de l&rsquo;ONU, du 18 juin 2026.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La justice à deux vitesses : le grief africain est fondé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le reproche de sélectivité que les États africains adressent à la CPI depuis une décennie n&rsquo;est pas une invention de propagande. Il repose sur des faits vérifiables. Pendant ses vingt premières années d&rsquo;existence, la quasi-totalité des enquêtes et des poursuites de la CPI concernaient des pays africains. Sur les 31 situations examinées par la Cour depuis sa création, une majorité significative concerne le continent africain, même si des enquêtes ont également été ouvertes sur la Géorgie, le Myanmar, l&rsquo;Afghanistan, la Palestine, le Venezuela et, plus récemment, la Russie et Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les situations qui ne donnent pas lieu à des poursuites disent beaucoup sur la sélectivité réelle de la Cour. L&rsquo;invasion de l&rsquo;Irak par les États-Unis et le Royaume-Uni en 2003 — fondée sur des renseignements fabriqués, conduite sans mandat de l&rsquo;ONU — n&rsquo;a jamais fait l&rsquo;objet d&rsquo;une enquête de la CPI. Les bombardements de populations civiles par des puissances occidentales dans divers théâtres d&rsquo;opérations n&rsquo;ont pas suscité de poursuites.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas que la CPI soit fondamentalement mauvaise — c&rsquo;est qu&rsquo;elle est fondamentalement inégale dans son application. Et cette inégalité est structurelle, pas accidentelle : elle reflète les rapports de force entre États qui financent la Cour, qui siègent au Conseil de sécurité, et qui peuvent lui soustraire leurs ressortissants à volonté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une justice qui ne s&rsquo;applique qu&rsquo;aux faibles n&rsquo;est pas de la justice. C&rsquo;est de la domination habillée en droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;AES a annoncé vouloir créer une Cour pénale et des droits de l&rsquo;homme du Sahel (CPS-DH), fondée, dit le communiqué, sur «&nbsp;<em>les réalités locales</em>&nbsp;» et à l&rsquo;abri de «&nbsp;<em>l&rsquo;influence négative des puissances impérialistes</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le droit à la justice ne peut pas être confisqué par une seule institution</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a dans la rhétorique des ONG de défense des droits humains une présupposition qui mérite d&rsquo;être questionnée : l&rsquo;idée que la CPI est le seul mécanisme de justice internationale légitime, et que s&rsquo;en retirer équivaut nécessairement à choisir l&rsquo;impunité. Cette présupposition n&rsquo;est pas neutre. Elle revient à dire que la justice internationale ne peut être produite que par une institution conçue et financée principalement par des États du Nord — ce qui est précisément le cœur du problème.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les États africains ont été parmi les fondateurs de la CPI, contribuant au tiers des voix qui ont adopté le Statut de Rome en 1998. Ils ne se retirent pas de la justice internationale — ils contestent la forme particulière que cette justice a prise, et la manière dont elle a été instrumentalisée. Cette contestation est légitime. Elle était d&rsquo;ailleurs déjà formulée par l&rsquo;Union africaine depuis 2010, au moment où la CPI avait émis des mandats d&rsquo;arrêt contre des chefs d&rsquo;État africains en exercice — Omar el-Béchir du Soudan, puis Mouammar Kadhafi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit à la justice est universel. L&rsquo;institution qui le met en œuvre peut, doit et devra évoluer. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ne nient pas le droit à la justice. Ils contestent le tribunal. C&rsquo;est une position juridique et politique respectable, même pour ceux qui ne la partagent pas. Et la réponse appropriée à cette contestation n&rsquo;est pas la condescendance — c&rsquo;est le dialogue sur la réforme d&rsquo;une institution qui, après vingt-sept ans d&rsquo;existence, a encore beaucoup à prouver.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba </strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>CPI : Bamako, Niamey et Ouagadougou tirent la prise</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Sep 2025 22:02:11 +0000</pubDate>
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<p>Le retrait de l'AES de la CPI marque un tournant historique dans les relations internationales et la justice en Afrique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En se retirant du Statut de Rome, les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) dénoncent la Cour pénale internationale comme un instrument néocolonial et clament leur volonté de justice souveraine. Une rupture juridique autant que géopolitique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une page d’histoire judiciaire — et diplomatique — qui s’est tournée à Bamako ce 22 septembre 2025. À l’occasion du 65ᵉ anniversaire de l’indépendance du Mali, le Général d’Armée Assimi Goïta, président de la confédération des Etats du sahel, a apposé sa signature au bas d’un document que les chancelleries occidentales auraient sans doute préféré ne jamais lire : le retrait immédiat du Mali, du Burkina Faso et du Niger du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce départ conjoint des trois membres de l’AES n’est pas qu’un simple geste diplomatique. C’est un acte fondateur. Une déclaration de rupture avec un ordre juridique international que ces régimes, tous militaires et souverainistes, considèrent désormais comme discrédité, partial et instrumentalisé par l’Occident.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-proces-d-un-tribunal"><strong>Le procès d’un tribunal</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le communiqué commun, le ton est sans détour. Il est reproché à la CPI d’avoir «&nbsp;<em>dérivé</em>&nbsp;», de s’être «&nbsp;<em>transformée en instrument de répression néocolonial aux mains de l’impérialisme&nbsp;</em>», d’incarner «&nbsp;<em>une justice sélective</em>&nbsp;», voire de faire preuve d’un «&nbsp;<em>mutisme complaisant</em>&nbsp;» face aux crimes des grandes puissances. Pire encore : elle serait incapable de juger les vrais fauteurs de guerre, enfermée dans une logique de deux poids deux mesures, prompt à juger les colonels africains, silencieuse sur les généraux de l’OTAN.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mise en accusation est sévère. Mais elle n’est pas inédite. D’Omar el-Béchir au Kenya de Uhuru Kenyatta, en passant par les réticences de grandes puissances comme les États-Unis, la Russie ou la Chine (qui n’ont jamais ratifié le Statut de Rome), la CPI a toujours été prise entre deux feux : celui des espoirs déçus du Sud global, et celui des intérêts contrariés des grandes puissances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En dénonçant ce qu’ils qualifient de&nbsp;<em>« juridiction à géométrie variable</em>&nbsp;», les États de l’AES renversent la table d’un multilatéralisme à leur yeux trop vertical, et entendent affirmer une souveraineté sans concession, y compris dans le domaine de la justice internationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-divorce-a-trois"><strong>Un divorce à trois</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le retrait est d’autant plus symbolique qu’il intervient dans un moment de recomposition régionale intense. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, tous gouvernés par des autorités militaires, ont fondé en septembre 2023 l’Alliance des États du Sahel (AES), devenue une confédération politico-sécuritaire en juillet 2024, alternative assumée à la CEDEAO. Leur point commun ? Une hostilité partagée à l’ingérence, une critique frontale de la France, et une volonté affirmée de bâtir un ordre nouveau fondé sur des mécanismes endogènes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est au nom de cette vision que les trois pays annoncent vouloir recourir à «&nbsp;<em>des mécanismes de justice internes</em>&nbsp;», censés être plus «&nbsp;<em>adaptés aux valeurs sociétales&nbsp;</em>» et plus efficaces pour «&nbsp;<em>lutter contre toute forme d’impunité</em>&nbsp;». Une souveraineté judiciaire en lieu et place de la juridiction internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les critiques ne manqueront pas. Ce retrait pourrait être vu, dans certaines capitales, comme une tentative d’éviter d’éventuelles poursuites, dans un contexte de conflit armé permanent et de dénonciations régulières de violations des droits humains. Mais du côté des dirigeants de l’AES, c’est justement ce soupçon de deux poids deux mesures — le fait que certains crimes soient jugés et d&rsquo;autres pas — qui justifie leur sortie.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-ligne-de-fracture"><strong>Ligne de fracture</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire dépasse la seule question judiciaire. Elle cristallise une fracture grandissante entre deux visions du monde : celle d’un ordre international piloté depuis La Haye, Bruxelles ou New York, et celle d’un espace sahélien réaffirmant son autonomie, quitte à s’isoler davantage. Dans le style martial et souverainiste désormais assumé par Bamako, Niamey et Ouagadougou, le droit international ne saurait être une camisole morale imposée de l’extérieur, mais un outil à façon, construit sur la base des réalités locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce positionnement séduit, au-delà même du Sahel. Il rejoint une vague montante d’États désillusionnés par le fonctionnement asymétrique des institutions internationales, notamment sur le continent africain, où la CPI a jugé presque exclusivement des ressortissants africains.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-une-justice-sahelienne"><strong>Vers une justice sahélienne ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Reste à savoir par quoi sera remplacée cette justice internationale décriée. Des tribunaux régionaux ? Une juridiction de l’AES ? Une cour militaire conjointe ? Pour l’heure, aucune alternative concrète n’a été annoncée. Mais les États membres de l’AES assurent vouloir poursuivre la coopération avec les Nations Unies et d’autres partenaires, dans des «&nbsp;<em>cadres appropriés</em>&nbsp;» — comprenez : dans le respect total de leur souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce retrait, validé par le président Goïta et par ses homologues le général Abdourahamane Tiani au Niger et le capitaine Ibrahim Traoré au Burkina, s’inscrit dans une stratégie cohérente de désarrimage des institutions héritées de l’ordre post-colonial, au profit d’un recentrage national ou régional. Après les bases militaires françaises, après la CEDEAO, c’est aujourd’hui à la CPI que l’AES tourne le dos.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-geste-lourd-de-sens"><strong>Un geste lourd de sens</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En se retirant du Statut de Rome, l’AES ne tourne pas seulement le dos à une cour de justice. Elle envoie un message politique fort. Elle trace une ligne rouge entre souveraineté réelle et tutelle symbolique, entre indépendance proclamée et dépendance juridique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une époque où le droit est devenu un champ de bataille diplomatique, le geste de l’AES n’est pas anodin. Il faudra désormais compter avec une justice sahélienne, par et pour les Sahéliens, affranchie des assignations morales venues d’ailleurs. Mais aussi avec ses propres limites, ses propres défis.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Victimes des crises au Mali : vers une coopération renforcée entre l’AGRV et le Fonds de la CPI</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 May 2025 09:27:13 +0000</pubDate>
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<p>La justice réparatrice au Mali prend forme à Bamako avec l'AGRV, visant à transformer le paysage judiciaire et humanitaire.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À Bamako, l’Autorité de gestion des réparations en faveur des victimes des crises au Mali (AGRV) et le Fonds au profit des victimes de la Cour pénale internationale ont engagé un dialogue stratégique inédit. Entre capitalisation des acquis et vision partagée d’une justice réparatrice, les deux structures posent les fondations d’une coopération renforcée. Une dynamique qui place l’AGRV au cœur de l’architecture malienne de la paix, dans une volonté assumée de rendre justice aux oubliés des conflits.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la chaleur discrète d’un mois de mai à Bamako, loin des feux de la rampe, mais au cœur des cicatrices encore vives du Mali contemporain, une rencontre d’une rare intensité politique et humaine s’est tenue ce 21 mai 2025 dans les locaux de l’Autorité de gestion des réparations en faveur des victimes des crises au Mali (AGRV). Représentant une nouvelle génération d’institutions maliennes nées de la volonté de soigner les plaies du passé, l’AGRV a accueilli une délégation de marque : celle du Fonds au profit des victimes de la Cour pénale internationale (CPI), conduite par Aude Le Goff, Responsable des Programmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Objectif&nbsp;: jeter les bases d’une collaboration stratégique, dans un moment-clé où justice nationale et justice internationale cherchent à s’accorder pour redonner sens au mot réparation.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-institution-malienne-au-mandat-structurant"><strong>Une institution malienne au mandat structurant</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Créée par l’Ordonnance n°&nbsp;2023-016 du 28&nbsp;mars 2023, l’AGRV est une autorité administrative indépendante, placée auprès du ministre en charge de la Réconciliation nationale. Elle bénéficie d’une autonomie de gestion et d’une indépendance institutionnelle, symboles de sa légitimité dans l’espace politico-juridique malien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa mission est d’envergure&nbsp;: assurer la gestion des réparations des préjudices causés par les violations graves des droits de l’Homme, survenues au Mali depuis 1960. Cela inclut l’identification des victimes civiles et militaires, l’évaluation des préjudices, la détermination et l’allocation des réparations financières ou symboliques, ainsi que le suivi de leur mise en œuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la tête de cette architecture, trois organes clés&nbsp;: un Comité d’Orientation (organe délibérant), un Secrétariat exécutif, conduit par Sidi Almoctar Oumar, épaulé par le colonel Malado Amadou Keïta, un Comité de Gestion (consultatif)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les actifs de l’ancienne Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) ont été transférés à l’AGRV, garantissant la continuité du processus de réparation au Mali. Aujourd’hui, l’Autorité est à pied d’œuvre pour déployer ses outils de gestion, allant de la fiche d’identification des victimes au plan de passation des dépenses.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-dialogue-strategique-avec-la-cpi"><strong>Un dialogue stratégique avec la CPI</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cet élan, la rencontre avec le Fonds au profit des victimes de la CPI s’inscrivait dans une volonté claire de capitalisation des acquis et de partage d’expertise. La délégation internationale a salué les avancées de l’AGRV, notamment son ancrage institutionnel et sa capacité à porter le processus de réparation à l’échelle nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Fonds, pour sa part, a présenté le bilan du programme Al Mahdi, axé sur la réparation des victimes de la destruction des mausolées de Tombouctou. Ce programme a permis&nbsp;: l’indemnisation de 1 691&nbsp;victimes, l’inauguration du mémorial Louha, la réhabilitation de sites emblématiques et le financement de 31&nbsp;projets communautaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais déjà, l’avenir se joue ailleurs, autour de l’affaire Al Hassan Ag Abdoul Aziz Ag Mohamed Ag Mahmoud, reconnu coupable de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. La CPI s’apprête à lancer un nouveau programme de réparation, pour lequel le Fonds souhaite mobiliser le concours de l’AGRV dans la levée de fonds et l’implémentation sur le terrain.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-vers-une-justice-malienne-ancree-et-souveraine"><strong>Vers une justice malienne ancrée et souveraine</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la coopération, ce dialogue marque aussi la montée en puissance de l’AGRV comme acteur de justice nationale, capable de travailler aux côtés d’institutions internationales, tout en affirmant la souveraineté du Mali dans la gestion de sa propre mémoire collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux parties ont exprimé leur volonté de créer un cadre pérenne de concertation, fondé sur le principe de complémentarité inscrit dans le Statut de Rome, et sur une approche holistique de la réparation&nbsp;: judiciaire, symbolique, communautaire.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-espoir-pour-les-victimes-un-signal-pour-l-avenir"><strong>Un espoir pour les victimes, un signal pour l’avenir</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un pays où la paix ne se décrète pas, mais se construit, l’AGRV s’impose aujourd’hui comme l’épine dorsale du processus de réparation, héritière de la CVJR, mais pleinement actrice de son temps. Soutenue par l’État, ouverte aux partenaires, connectée à la réalité des victimes, elle incarne une nouvelle approche de la justice post-conflit au Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et à Bamako, ce 21&nbsp;mai, ce n’est pas seulement un partenariat qui s’est dessiné, mais une ambition partagée de rendre irréversiblement justice à ceux que l’Histoire a trop souvent laissés de côté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réparer, disent-ils. À Bamako, ce jour-là, c’est un mot qui a trouvé chair, regard, et projet. Et pour les victimes des crises maliennes, l’AGRV continue de porter une promesse rare&nbsp;: celle d’un État qui, enfin, les voit, les écoute — et agit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Iyad Ag Ghaly : une ombre du passé qui rejaillit au présent</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Jun 2024 22:37:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Cour pénal international]]></category>
		<category><![CDATA[CPI]]></category>
		<category><![CDATA[crime contre l'humanité]]></category>
		<category><![CDATA[crime de guerre]]></category>
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		<category><![CDATA[Iyad Ag Ghaly]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[mandat d'arrêt international]]></category>
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<p>Une période sombre de l'histoire malienne : le mandat d'arrêt contre Iyad Ag Ghali pour crimes de guerre au nord du Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 21&nbsp;juin 2024 restera marqué par une annonce fracassante&nbsp;: la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI) a levé les scellés du mandat d’arrêt à l’encontre d’Iyad Ag Ghaly, le chef d’Ansar Dine, pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis au nord du Mali entre janvier 2012 et janvier 2013. Ce mandat, initialement délivré en juillet 2017, jette une lumière crue sur une période sombre de l’histoire malienne.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Iyad Ag Ghaly, également connu sous le nom d’Abou Fadl, est un personnage bien connu dans la région de Kidal. Leader incontesté d’Ansar Dine, il aurait contrôlé Tombouctou conjointement avec Al Qaida dans le Maghreb Islamique (AQMI) à l’époque des faits. Les accusations portées contre lui sont d’une gravité sans nom&nbsp;: meurtres de soldats hors de combat, viols, esclavage sexuel, mutilations, traitements cruels et tortures, attaques contre des bâtiments religieux, et persécutions pour motifs religieux et sexistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-nul-ne-peut-construire-un-avenir-sans-justice"><strong>Nul ne peut construire un avenir sans justice</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette annonce suscite une myriade de réactions au Mali et au-delà. Pour les victimes et leurs familles, c’est une lueur d’espoir, la promesse que justice pourrait enfin être rendue. Pour d’autres, c’est un rappel douloureux des horreurs passées, des cicatrices encore ouvertes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà de l’émotion, il est crucial de se demander pourquoi ce mandat d’arrêt a été maintenu sous scellés pendant si longtemps. Pourquoi maintenant ? Cette question enflamme les débats, tant dans les cercles politiques que dans les discussions quotidiennes. Certains voient dans cette révélation tardive une stratégie politique, une manière de renforcer la légitimité des autorités de transition maliennes en montrant leur engagement à lutter contre l’impunité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette décision de la CPI est une victoire pour la justice et les droits de l’homme. Dans un contexte où le Mali est en quête de stabilité et de réconciliation, cette position ferme est cruciale. Nul ne peut construire un avenir sans justice. Le Mali mérite de tourner la page, mais cela ne peut se faire que si l’on fait face à notre passé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-reconstruire-panser-et-prevenir"><strong>Reconstruire, panser et prévenir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, la route vers l’arrestation et le jugement d’Iyad Ag Ghaly est encore longue et semée d’embûches. L’homme, toujours en fuite, bénéficie de soutiens et de refuges potentiels dans une région où les frontières sont poreuses et les alliances complexes. La coopération internationale sera déterminante pour espérer le voir un jour répondre de ses actes devant la justice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, cette annonce rappelle brutalement la fragilité de la situation sécuritaire au Mali. Les récents événements ont montré que la menace djihadiste est loin d’être éradiquée. La levée de ce mandat d’arrêt doit donc s’accompagner d’un renforcement des efforts pour sécuriser les zones encore instables et protéger les populations vulnérables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette annonce, la communauté internationale doit réaffirmer son soutien au Mali. Les crimes d’Iyad Ag Ghaly ne doivent pas rester impunis, mais au-delà de son cas, c’est toute une région qui a besoin d’aide pour se reconstruire, pour panser les plaies et pour prévenir de futures atrocités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali se trouve à un tournant de son histoire. La levée des scellés du mandat d’arrêt contre Iyad Ag Ghaly est une étape importante, mais elle ne doit pas être vue comme une fin en soi. C’est un rappel que la justice est un processus long et ardu, nécessitant détermination et persévérance. Les autorités de transition ont montré leur engagement. Il appartient maintenant à tous, Maliens et partenaires internationaux, de soutenir cet effort pour un Mali plus juste, plus sûr et plus stable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
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		<title>Tchad : la CPI saisie par quatre organisations des droits de l’Homme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jun 2021 21:57:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[CPI]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[repressions policières]]></category>
		<category><![CDATA[Tchad]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>À peine installé dans ses fonctions, le nouveau procureur de la Cour pénale internationale, Karim Khan pourrait ouvrir le dossier tchadien demandant une enquête sur les crimes de guerre et&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph">À peine installé dans ses fonctions, le nouveau procureur de la Cour pénale internationale, Karim Khan pourrait ouvrir le dossier tchadien demandant une enquête sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité. Des crimes qui auraient été commis, il y a une année, par l’armée tchadienne contre la rébellion, et lors de la prise du pouvoir par le Conseil militaire de transition (CMT), contre des civiles.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après le décès d’Idriss Déby Itno, le Tchad était tombé dans une zone de turbulence. Des Tchadiens étaient descendus dans les rues pour réclamer une « <em>transition civile et démocratique</em> ». Des manifestations qui ont été <a href="https://www.franceculture.fr/emissions/revue-de-presse-internationale/la-revue-de-presse-internationale-emission-du-mercredi-28-avril-2021" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>« violemment réprimées </em></a><em>»</em> par les forces de l’ordre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours de ces mobilisations, plusieurs morts auraient été enregistrés. La France condamnait ces répressions. Selon Philippe Larochelle, l’avocat des organisations ayant déposé la demande d’enquête sur la table du procureur, le mois dernier, « <em>les crimes de guerre qui étaient déjà commis dans le cadre des affrontements avec Boko Haram ou avec les forces du Fact, se portent maintenant sur la population civile elle-même ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette demande d’enquête est l’œuvre de quatre organisations des droits de l’homme, dont deux organisations tchadiennes, la LTDH et la CTDDH, selon la <a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210618-les-crimes-pr%C3%A9sum%C3%A9s-de-l-arm%C3%A9e-tchadienne-sur-le-bureau-du-nouveau-procureur-de-la-cpi" rel="nofollow">RFI</a>. Philippe Larochelle, au micro de nos confrères de RFI, rassure : « <em>Notre demande repose sur de nombreuses preuves […]</em> ». Il demande toutefois des mesures de protection « <em>pour les victimes et les témoins</em> », rassure Philippe Larochelle au micro de confrères de Radio France Internationale. Avant de demande toutefois des mesures de protection « <em>pour les victimes et les témoins</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>F. Togola</strong></p>
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