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	<title>Archives des Cour pénale du Sahel &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>L&#8217;AES quitte la CPI : un acte de souveraineté, pas une fuite devant la justice</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jul 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le Mali, le Burkina Faso et le Niger quitteront officiellement la CPI en 2027. Entre souveraineté, critiques de la justice internationale et projet de Cour pénale sahélienne, analyse des enjeux de cette décision historique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Niger a notifié son retrait de la CPI le 18 juin 2026. Le Mali et le Burkina Faso ont suivi le 24 juin. La sortie effective sera le 24 juin 2027. Les ONG occidentales crient à l&rsquo;impunité. Il faut regarder les faits en face : la CPI n&rsquo;a pas protégé les civils sahéliens depuis quinze ans. L&rsquo;AES a raison de construire ses propres mécanismes de justice.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont annoncé leur retrait de la Cour pénale internationale en septembre 2025, les organisations de défense des droits humains ont crié à la catastrophe. Quand le Niger a formalisé ce retrait le 18 juin 2026, suivi du Mali et du Burkina Faso le 24 juin, elles ont redoublé d&rsquo;indignation. Avant d&rsquo;accuser les États du Sahel de fuir la justice, il faudrait d&rsquo;abord se demander ce que la CPI a concrètement fait pour les civils sahéliens depuis quinze ans. La réponse est accablante.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La chronologie des faits : ce qui s&rsquo;est passé, exactement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le 22 septembre 2025, à New York, en marge de l&rsquo;Assemblée générale des Nations unies, les chefs de gouvernement de l&rsquo;AES ont annoncé conjointement le retrait de leurs pays de la CPI — qualifiant l&rsquo;institution d&rsquo;«&nbsp;<em>instrument de répression néocoloniale</em>&nbsp;» et lui reprochant d&rsquo;avoir «&nbsp;<em>détourné ses objectifs initiaux</em>&nbsp;». La déclaration était spectaculaire. Elle était aussi techniquement incomplète : conformément à l&rsquo;article 127 du Statut de Rome, le retrait d&rsquo;un État membre ne prend effet qu&rsquo;un an après la notification écrite adressée au Secrétaire général des Nations unies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est cette notification formelle que le Niger a déposée le 18 juin 2026 — neuf mois après l&rsquo;annonce. Le Mali et le Burkina Faso ont suivi le 24 juin 2026. La CPI a acté le retrait burkinabè et malien le 30 juin. Conséquence : le retrait effectif des trois États ne sera juridiquement opposable qu&rsquo;à compter du 18 juin 2027 pour le Niger, et du 24 juin 2027 pour le Mali et le Burkina Faso. D&rsquo;ici là, les trois pays restent formellement liés par leurs obligations envers la Cour — y compris l&rsquo;obligation de coopérer avec les affaires en cours, dont celle ouverte sur le Mali depuis 2012.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que la CPI a fait pour les civils sahéliens : le bilan réel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avant de plaindre le sort des victimes sahéliennes privées de la CPI, demandons-nous ce que la CPI a effectivement accompli pour ces victimes depuis que les crises ont éclaté. La réponse exige un peu d&rsquo;histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En juillet 2012, le gouvernement malien lui-même avait saisi la CPI sur les crimes commis dans le nord du pays — destructions de mausolées à Tombouctou, recrutements d&rsquo;enfants soldats, violences sexuelles. Depuis lors, la Cour a ouvert une enquête préliminaire, prononcé des condamnations symboliques — dont celle d&rsquo;Ahmad al-Faqi al-Mahdi en 2016 pour destruction de patrimoine culturel — mais n&rsquo;a pas mis fin aux atrocités. Entre 2012 et 2026, le nombre de morts civils au Mali, au Burkina Faso et au Niger s&rsquo;est mesuré en dizaines de milliers. La CPI n&rsquo;a pas empêché un seul massacre. Elle n&rsquo;a pas protégé un seul village.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est le paradoxe fondamental de l&rsquo;institution : créée pour les cas où les juridictions nationales «&nbsp;<em>ne veulent pas ou ne peuvent pas</em>&nbsp;» juger les crimes les plus graves, elle est structurellement incapable d&rsquo;intervenir en temps réel. Ses procédures durent des années, parfois des décennies. Son financement est insuffisant. Sa capacité d&rsquo;exécution des mandats d&rsquo;arrêt dépend entièrement de la coopération des États — coopération que de nombreux pays membres, à commencer par ceux qui ont voté pour l&rsquo;immunité de Vladimir Poutine au Conseil de sécurité, refusent sélectivement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Cette décision de retrait découle du constat de détournement d&rsquo;objectif et de l&rsquo;instrumentalisation de cette juridiction qui avait pourtant suscité beaucoup d&rsquo;espoir pour les peuples épris de paix et de justice. »</em>, selon la Lettre de notification du Niger au Secrétaire général de l&rsquo;ONU, du 18 juin 2026.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La justice à deux vitesses : le grief africain est fondé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le reproche de sélectivité que les États africains adressent à la CPI depuis une décennie n&rsquo;est pas une invention de propagande. Il repose sur des faits vérifiables. Pendant ses vingt premières années d&rsquo;existence, la quasi-totalité des enquêtes et des poursuites de la CPI concernaient des pays africains. Sur les 31 situations examinées par la Cour depuis sa création, une majorité significative concerne le continent africain, même si des enquêtes ont également été ouvertes sur la Géorgie, le Myanmar, l&rsquo;Afghanistan, la Palestine, le Venezuela et, plus récemment, la Russie et Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les situations qui ne donnent pas lieu à des poursuites disent beaucoup sur la sélectivité réelle de la Cour. L&rsquo;invasion de l&rsquo;Irak par les États-Unis et le Royaume-Uni en 2003 — fondée sur des renseignements fabriqués, conduite sans mandat de l&rsquo;ONU — n&rsquo;a jamais fait l&rsquo;objet d&rsquo;une enquête de la CPI. Les bombardements de populations civiles par des puissances occidentales dans divers théâtres d&rsquo;opérations n&rsquo;ont pas suscité de poursuites.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas que la CPI soit fondamentalement mauvaise — c&rsquo;est qu&rsquo;elle est fondamentalement inégale dans son application. Et cette inégalité est structurelle, pas accidentelle : elle reflète les rapports de force entre États qui financent la Cour, qui siègent au Conseil de sécurité, et qui peuvent lui soustraire leurs ressortissants à volonté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une justice qui ne s&rsquo;applique qu&rsquo;aux faibles n&rsquo;est pas de la justice. C&rsquo;est de la domination habillée en droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;AES a annoncé vouloir créer une Cour pénale et des droits de l&rsquo;homme du Sahel (CPS-DH), fondée, dit le communiqué, sur «&nbsp;<em>les réalités locales</em>&nbsp;» et à l&rsquo;abri de «&nbsp;<em>l&rsquo;influence négative des puissances impérialistes</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le droit à la justice ne peut pas être confisqué par une seule institution</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a dans la rhétorique des ONG de défense des droits humains une présupposition qui mérite d&rsquo;être questionnée : l&rsquo;idée que la CPI est le seul mécanisme de justice internationale légitime, et que s&rsquo;en retirer équivaut nécessairement à choisir l&rsquo;impunité. Cette présupposition n&rsquo;est pas neutre. Elle revient à dire que la justice internationale ne peut être produite que par une institution conçue et financée principalement par des États du Nord — ce qui est précisément le cœur du problème.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les États africains ont été parmi les fondateurs de la CPI, contribuant au tiers des voix qui ont adopté le Statut de Rome en 1998. Ils ne se retirent pas de la justice internationale — ils contestent la forme particulière que cette justice a prise, et la manière dont elle a été instrumentalisée. Cette contestation est légitime. Elle était d&rsquo;ailleurs déjà formulée par l&rsquo;Union africaine depuis 2010, au moment où la CPI avait émis des mandats d&rsquo;arrêt contre des chefs d&rsquo;État africains en exercice — Omar el-Béchir du Soudan, puis Mouammar Kadhafi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit à la justice est universel. L&rsquo;institution qui le met en œuvre peut, doit et devra évoluer. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ne nient pas le droit à la justice. Ils contestent le tribunal. C&rsquo;est une position juridique et politique respectable, même pour ceux qui ne la partagent pas. Et la réponse appropriée à cette contestation n&rsquo;est pas la condescendance — c&rsquo;est le dialogue sur la réforme d&rsquo;une institution qui, après vingt-sept ans d&rsquo;existence, a encore beaucoup à prouver.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba </strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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