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	<title>Archives des coup d’État &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>L&#8217;enlèvement sans précédent de Maduro</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Jan 2026 10:35:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Analyse percutante de l'arrestation de Maduro, un enlèvement qui transgresse le droit international.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Dans une tribune percutante, Isidoros Karderinis — journaliste, correspondant de presse accrédité par le ministère grec des Affaires étrangères, romancier et poète — dénonce l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines comme un acte impérialiste sans précédent. Selon lui, cette opération, loin d’être un simple épisode géopolitique, constitue un avertissement adressé à tous les dirigeants insoumis du Sud et un symptôme du retour brutal des logiques de domination mondiale.</em></strong></p>



<p>L&rsquo;enlèvement sans précédent dans les annales du monde, de la manière dont cela s&rsquo;est produit, du président vénézuélien Nicolas Maduro constitue non seulement une intervention militaire dans un pays souverain et indépendant en violation des principes du droit international, mais aussi un avertissement clair à la planète entière. Un avertissement à tout dirigeant insubordonné de chaque pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-operation-inedite-et-un-message-d-intimidation-mondiale"><strong>Une opération inédite et un message d’intimidation mondiale</strong></h2>



<p>Le 3 janvier 2026 déjà, lors d&rsquo;une conférence de presse concernant l&rsquo;opération militaire et l&rsquo;arrestation de Maduro, le président américain Donald Trump a proféré des menaces contre le président colombien Gustavo Petro, déclarant : «&nbsp;<em>Il ferait bien d&rsquo;être prudent</em>&nbsp;».</p>



<p>Dans le même temps, le président américain a laissé entendre que Cuba pourrait être un sujet de discussion dans le cadre de la politique américaine plus large dans la région, soulignant ainsi la capacité de Washington à étendre son champ d&rsquo;action au-delà du Venezuela.</p>



<p>Le secrétaire d&rsquo;État américain Marco Rubio a même déclaré que le gouvernement cubain devrait s&rsquo;inquiéter après l&rsquo;arrestation de Maduro. Il a notamment affirmé&nbsp;: «&nbsp;<em>Si je vivais à La Havane et que j&rsquo;étais membre du gouvernement, je serais au moins inquiet</em>&nbsp;», ajoutant que «&nbsp;<em>Cuba est un désastre</em>&nbsp;» et que le pays est «&nbsp;<em>dirigé par des hommes incompétents et dépravés&nbsp;</em>».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-longue-tradition-d-ingerences-americaines"><strong>Une longue tradition d’ingérences américaines</strong></h2>



<p>L&rsquo;histoire des États-Unis est par ailleurs marquée par de nombreuses interventions impérialistes, tant territoriales qu&rsquo;interventionnistes, dans d&rsquo;autres pays. Plus précisément, on dénombre environ 400 interventions depuis 1776, date à laquelle le Second Congrès continental adopta la Déclaration d&rsquo;indépendance le 4 juillet, proclamant l&rsquo;indépendance des treize colonies américaines vis-à-vis de l&rsquo;Empire britannique, un événement qui marqua la fondation officielle des États-Unis d&rsquo;Amérique.</p>



<p>Qui pourrait oublier que, du 15 au 19 avril 1961, 1&nbsp;400 combattants anticastristes, entraînés et financés par la CIA, tentèrent de débarquer à la baie des Cochons, à 250 kilomètres de La Havane, sans parvenir à renverser le régime communiste cubain. Ces combats firent une centaine de morts de chaque côté.</p>



<p>«&nbsp;<em>Avec la victoire de Salvador Allende aux élections du 4 septembre 1970 au Chili et la présence déjà de Fidel Castro à Cuba, nous allons nous retrouver avec un sandwich rouge en Amérique latine qui deviendra inévitablement entièrement rouge&nbsp;</em>», craignait Richard Nixon, et sa crainte fut bientôt confirmée par les résultats des élections.</p>



<p>Face à cette réalité déplaisante pour les États-Unis, une solution s&rsquo;imposait. Elle fut trouvée le matin du 11 septembre 1973, lorsqu&rsquo;un coup d&rsquo;État militaire fut perpétré sous la direction du général Augusto Pinochet, avec le soutien des États-Unis, mais aussi du Brésil, dont le régime militaire était parfaitement ami et coopératif avec les États-Unis. Les putschistes, après avoir encerclé et bombardé le palais présidentiel, prirent d&rsquo;assaut ce dernier. Salvador Allende et ses proches collaborateurs furent tués après une résistance acharnée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-du-panama-au-venezuela-la-continuite-d-une-politique-de-force"><strong>Du Panama au Venezuela : la continuité d’une politique de force</strong></h2>



<p>Les États-Unis ont également envahi le Panama à la mi-décembre 1989, sous la présidence de George Bush, l&rsquo;Ancien. L&rsquo;objectif de cette invasion militaire était de destituer le dirigeant de facto du Panama, le général Manuel Noriega, accusé par les autorités américaines d&rsquo;extorsion et de trafic de drogue.</p>



<p>Ainsi, si l&rsquo;on cherche un parallèle historique où les États-Unis ont arrêté le dirigeant de facto d&rsquo;un pays et l&rsquo;ont extradé vers les États-Unis pour y être jugé, l&rsquo;affaire Noriega est la plus caractéristique. Et cela s&rsquo;est produit après une véritable invasion militaire, c&rsquo;est-à-dire dans le contexte d&rsquo;une intervention armée coordonnée, et certainement pas dans un contexte de paix «&nbsp;normale&nbsp;».</p>



<p>Noriega parvint à s&rsquo;échapper et se réfugia à l&rsquo;ambassade du Vatican à Panama, la capitale du pays, où il resta onze jours. Il y subit une intense guerre psychologique pour le contraindre à se rendre. L&rsquo;armée américaine installa un mur de son assourdissant devant l&rsquo;ambassade. Une flotte de Humvees équipés de haut-parleurs diffusait en permanence du hard rock et, parfois, du heavy metal. On y passait notamment le titre «&nbsp;<em>Panama</em>&nbsp;» du groupe Van Halen.</p>



<p>Le Saint-Siège s&rsquo;en est plaint à juste titre auprès du président Bush, et la guerre musicale prit fin après trois jours. Le 3 janvier 1990, le général accepta de se rendre.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-veritables-motivations-le-petrole-et-les-ressources-naturelles"><strong>Les véritables motivations : le pétrole et les ressources naturelles</strong></h2>



<p>Mais quelles sont les raisons profondes de l&rsquo;invasion militaire américaine du Venezuela et de la volonté de renverser le régime insubordonné en place?</p>



<p>Le Venezuela possède donc les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, estimées à environ 303,8 milliards de barils en 2021. À titre de comparaison, les principaux pays producteurs de pétrole disposent de réserves plus modestes. L&rsquo;Arabie saoudite, par exemple, en possède environ 267 milliards de barils et le Koweït 101,5 milliards.</p>



<p>Dans le même temps, les réserves prouvées de gaz naturel du pays ont dépassé 5,6 billions de mètres cubes en 2021. Il convient de noter, par ailleurs, que dans l&rsquo;hémisphère occidental, seuls les États-Unis disposaient de réserves plus importantes.</p>



<p>Par ailleurs, les réserves totales de minerai de fer du Venezuela sont estimées à 4,5 milliards de tonnes. Il convient de souligner que le pays se classe deuxième dans la région après le Brésil pour ces réserves. Enfin, le Venezuela possède certaines des plus importantes réserves mondiales de bauxite, un minerai utilisé pour la production d&rsquo;aluminium. Ses réserves totales de bauxite s&rsquo;élèvent à 950 millions de tonnes.</p>



<p>Il est donc clair pour tout observateur objectif que les États-Unis convoitent les ressources naturelles du Venezuela, sources de richesse. Des ressources qu&rsquo;ils ne peuvent obtenir avec le régime actuel, partenaire politique et militaire et allié de Moscou, Pékin et Téhéran, mais aussi principal fournisseur de pétrole de la Chine, dont le contrôle tarit le flux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-condamnation-universelle-du-droit-des-peuples-a-disposer-d-eux-memes"><strong>Une condamnation universelle du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes</strong></h2>



<p>Pour les États-Unis, la solution pour asseoir leur suprématie dans la compétition internationale impitoyable réside dans le renversement du régime vénézuélien actuel et l&rsquo;installation d&rsquo;un président et d&rsquo;un gouvernement parfaitement complaisants et à leur service. Le reste – à savoir la légalité et la nature démocratique d&rsquo;une telle chose – leur importe peu.</p>



<p>En conclusion, je tiens à souligner que les dirigeants d&rsquo;un pays ne sont renversés que par leur peuple, c&rsquo;est-à-dire par des soulèvements populaires et des révolutions, comme cela s&rsquo;est produit dans divers pays par le passé. Ils ne sont pas renversés par l&rsquo;intervention militaire d&rsquo;un autre pays, d&rsquo;une puissance étrangère. Par conséquent, l&rsquo;invasion militaire américaine du Venezuela et l&rsquo;enlèvement de son président, Nicolas Maduro, sont absolument condamnables pour tout citoyen du monde attaché à la démocratie et à la liberté de pensée.</p>



<p><strong>Isidoros Karderinis</strong></p>



<p><strong><em>NB: </em></strong><em><strong>Le chapô et les inter-titres sont de notre rédaction. </strong></em></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Maduro capturé, mais pas de putsch ? Le double standard des puissances occidentales</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Jan 2026 22:46:21 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez le coup d'État américain au Vénézuela et ses implications géopolitiques majeures sur la scène internationale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>L’arrestation de Nicolás Maduro par les forces américaines, le 3 janvier 2026, est un tournant géopolitique majeur, mais aussi un révélateur saisissant du double standard médiatique et diplomatique occidental. Tandis que Washington célèbre une « opération de libération démocratique », nombre d’observateurs y voient un coup d’État en bonne et due forme, mais on préfère des termes plus diplomatique puisqu’il s’agit d’un renversement anticonstitutionnel mené au mépris du droit international par l’une des grandes puissances du monde. Mais lorsqu’il s’agit de l’Afrique, tous les termes péjoratifs sont employés pour qualifier les auteurs et leur opération.</em></strong></p>



<p>«&nbsp;[…] <em>Les&nbsp;milliardaires sont</em> […] <em>les rédacteurs en chef du monde. Si le monde était un journal, ils en définiraient la ligne éditoriale. Ceci pour des raisons structurelles évidentes&nbsp;: les idées ont besoin d’argent pour se diffuser.&nbsp;</em>», écrit Myret Zaki. Une analogie qui explique exactement comment le monde est gouvernée. Les plus puissants font les lois qui sont appliquées sur les autres mais dont eux-mêmes sont épargnés. Le bien et le mal devient toujours relatif. Le vocabulaire même est taillé sur mesure selon qu’il s’agit d’un puissant ou d’un faible. C’est cela le nouveau multilatéralisme respectant le droit international et protégeant les plus faibles contre les puissants.&nbsp; &nbsp;</p>



<p>Lénine avait raison de le dire : «&nbsp;<em>L’impérialisme est le stade suprême du capitalisme</em>&nbsp;». Quoi de plus normal si l’on sait que «&nbsp;<em>Les États-Unis sont gouvernés par les superriches&nbsp;</em>», selon Francis Fukuyama. Quelques heures après les frappes massives menées contre le Venezuela et le coup d’Etat militaire contre le président Nicolás Maduro, le putschiste Donald Trump est apparu triomphal devant les caméras depuis sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride. Le président américain a revendiqué le coup d’Etat en des termes spectaculaires, la qualifiant d’« <em>assaut comme on n’en avait pas vu depuis la Seconde Guerre mondiale</em> ». « <em>Tard, hier soir, et tôt, ce matin, à ma demande, les forces armées américaines ont conduit une opération militaire extraordinaire dans la capitale du Venezuela </em>», a-t-il déclaré, présentant cette intervention comme un acte de justice internationale destiné à « <em>confronter à la justice le dictateur hors-la-loi Nicolás Maduro</em> ».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-putsch-qualifie-d-arrestation-nbsp"><strong>Un putsch qualifié d’arrestation&nbsp;</strong></h2>



<p>Poursuivant sur un ton de conquérant, Donald Trump a annoncé que les États-Unis « <em>allaient désormais diriger le Venezuela</em> » et y déployer des compagnies pétrolières américaines afin de « r<em>éparer les infrastructures pétrolières vétustes et relancer l’économie du pays </em>». Cette déclaration rappelle les logiques d’occupation et de spoliation économique des interventions américaines passées en Amérique latine, de l’Irak à Panama. Derrière le discours de justice se cache une reprise en main directe des ressources stratégiques du Venezuela. Que reste-t-il donc du modèle démocratique enseigné dans les grandes écoles de sciences politiques ? Que reste-t-il de la souveraineté des Etats et de leur droit fondamental de disposer d’eux-mêmes ? Lorsque les Etats ne peuvent plus exercer leur souveraineté sur leur territoire, difficile de parler de liberté ou de souveraineté.&nbsp;</p>



<p>Dans la plupart des grands médias occidentaux ou dans le langage des diplomates occidentaux, le mot « <em>putsch</em> » n’apparaît nulle part. Donald Trump, qui vient de renverser un président en exercice, n’est pas qualifié de « <em>putschiste</em> » ou de « <em>chef d’État renversant un gouvernement souverain par la force </em>». On parle pudiquement d’« <em>opération spéciale </em>», de « <em>capture ciblée »</em>, voire d’« <em>action antiterroriste </em>». Un lexique soigneusement choisi, bien éloigné de celui utilisé lorsqu’un renversement de pouvoir a lieu en Afrique ou en Amérique latine sans l’aval de l’Occident.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-l-afrique-n-a-pas-droit-au-meme-vocabulaire"><strong>Quand l’Afrique n’a pas droit au même vocabulaire</strong></h2>



<p>Dans les faits, le déroulement de l’opération ne laisse place à aucun doute. Des unités d’élite américaines — notamment la Delta Force — ont mené des frappes coordonnées sur Caracas et plusieurs villes du Venezuela avant d’arrêter le président Maduro et son épouse, Cilia Flores. Ce coup d’Etat, conduit sans aucun mandat du Conseil de sécurité des Nations unies, constitue une violation flagrante de la souveraineté vénézuélienne et du droit international.</p>



<p>L’annonce triomphale de Donald Trump sur son réseau Truth Social — « <em>Les États-Unis ont capturé Maduro et mis fin à son règne </em>» — a provoqué un séisme diplomatique. Caracas dénonce un « <em>acte impérialiste </em>» et exige la libération immédiate de son président. La vice-présidente Delcy Rodríguez parle d’une « <em>agression d’État </em>» et réclame une « <em>preuve de vie </em>».</p>



<p>Mais dans les chancelleries occidentales, le silence domine. À Bruxelles, à Londres ou à Paris, l’on « <em>observe la situation avec attention </em>». Aucun mot de condamnation, aucune allusion à un coup d’État.&nbsp;</p>



<p>Le président français Emmanuel Macron s’est exprimé sur le réseau social X sans aucune condamnation de ce coup de force. Au contraire, il s’en réjouit et réaffirme son accompagnement au peuple vénézuelien : «&nbsp;<em>Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir. En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple. La transition à venir doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien. Nous souhaitons que le Président Edmundo González Urrutia, élu en 2024, puisse assurer au plus vite cette transition.&nbsp;</em>»</p>



<p>La retenue lexicale contraste fortement avec le ton habituellement employé lorsque des événements similaires se produisent en Afrique. Au Mali, au Niger, au Burkina Faso, au Gabon ou en Guinée, les prises de pouvoir militaires de 2020 à 2023 ont immédiatement été qualifiées de « <em>putschs</em> » et leurs auteurs de « <em>juntes militaires </em>». Les dirigeants africains ont été bannis des forums internationaux, leurs États sanctionnés, leurs économies asphyxiées au nom de la « <em>défense de la démocratie </em>». On se demande finalement de quelle démocratie défend-on ? Sûrement une démocratie deux poids, deux mesures. Les puissants font la démocratie mais ne violent jamais ses principes. Toute violation par ceux-bin est vu comme une restauration des principes démocratiques.&nbsp;</p>



<p>Mais à Caracas, point de telles indignations. Aucune voix occidentale ne parle de « <em>coup d’État américain </em>» ni ne qualifie Donald Trump de « <em>putschiste</em> ». Au contraire, certains éditorialistes saluent même la « <em>restauration de la démocratie</em> » au Venezuela. Ce deux poids, deux mesures met en lumière un biais profond : celui d’un multilatéralisme sélectif, où la souveraineté des nations du Sud reste conditionnelle, suspendue à l’approbation des puissances du Nord.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-la-fin-du-multilateralisme"><strong>Vers la fin du multilatéralisme ?</strong></h2>



<p>Ce coup de force américain, survenu sans l’aval des Nations unies ni consultation du Congrès, illustre la fragilité d’un ordre mondial que beaucoup jugeaient déjà moribond. Entre la guerre en Ukraine, les frappes américaines au Nigeria contre des positions de l’État islamique, et désormais l’intervention au Venezuela, les équilibres internationaux vacillent.</p>



<p>Le retour assumé des logiques impériales pose une question vertigineuse : le monde entre-t-il dans une ère post-multilatérale, où les puissances imposent leur loi sans retenue ? À Caracas comme à Bamako, la conviction que la souveraineté ne se quémande plus, mais qu’elle se défend, émerge.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Madagascar : le pouvoir se dit “debout”, mais chancelle sur ses appuis</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Oct 2025 17:46:29 +0000</pubDate>
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<p>À Madagascar, la situation est confuse avec des mutineries militaires et une lutte pour le pouvoir à Antananarivo.</p>
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<p><strong><em>À Antananarivo, le pouvoir malgache tente de reprendre la main après une journée de confusion et de rumeurs. Pendant que des militaires mutins proclament la “prise du pouvoir”, la présidence assure que tout va bien. L’orchestre continue de jouer, même si le bateau tangue.</em></strong></p>



<p>Ce samedi 11 octobre 2025, Madagascar a connu l’un de ces jours où l’histoire hésite entre tragédie et comédie politique. En fin de matinée, des soldats du CAPSAT — le Corps d’administration des personnels et services de l’armée de terre —, déjà entrés dans la légende pour leurs mutineries passées, annoncent qu’ils “<em>prennent leurs responsabilités</em>” et déclarent le pouvoir “<em>dissous</em>”. Dans la foulée, ils instaurent un couvre-feu et appellent la population à “<em>rester chez elle</em>”, ce qui, à Antananarivo, signifie généralement descendre dans la rue.</p>



<p>Quelques heures plus tard, alors que la place du 13-Mai, symbole historique des révoltes malgaches, est envahie par une foule euphorique scandant la fin du régime, la présidence de la République sort enfin de son silence. Le message ? Non, le président Andry Rajoelina n’a pas fui. Oui, il est “<em>au pays</em>”. Et mieux encore : il “<em>coordonne les affaires nationales</em>” aux côtés de son Premier ministre, le général Fortunat Ruphin Zafisambo. Un communiqué à la tonalité plus rassurante que crédible, dans un pays où les démentis officiels précèdent souvent les ruptures de régime.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-premier-ministre-en-funambule"><strong>Un Premier ministre en funambule</strong></h3>



<p>Apparu à la télévision nationale, le général Zafisambo — raide comme un porte-drapeau — s’est voulu rassembleur : “<em>Le pouvoir en place se tient debout et est prêt à écouter toutes les factions, qu’il s’agisse des jeunes, des syndicats ou des militaires.”</em></p>



<p>Un ton mesuré, presque apaisé, loin du lexique martial habituel. Comme s’il voulait convaincre que l’on peut encore dialoguer quand les fusils parlent. Le Premier ministre a même rappelé qu’une concertation nationale, sous l’égide du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes (FFKM), est “<em>en cours de préparation”</em>. Une manière de dire que la religion, une fois de plus, sert de planche de salut politique à un État dévissé.</p>



<p>Signe de lucidité ou aveu d’impuissance, Zafisambo a lancé un appel à ne pas “<em>laisser les forces armées s’entretuer</em>”. Une phrase lourde de sens, car elle trahit ce que tout le monde sait : le pouvoir ne contrôle plus totalement ses propres troupes.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-presidence-sur-le-fil"><strong>Une présidence sur le fil</strong></h3>



<p>Rajoelina, l’homme de 2009 qui s’était hissé au pouvoir en renversant Marc Ravalomanana avec l’appui de ce même CAPSAT, est désormais rattrapé par sa propre histoire. Ironie du sort : ceux qui l’avaient jadis propulsé pourraient bien aujourd’hui le renverser.</p>



<p>Derrière le vernis des communiqués et les discours d’apaisement, la réalité malgache demeure brutale : une armée fracturée, une population épuisée, un président contesté, et une économie asphyxiée. Le tout sur fond de colère sociale nourrie par la pauvreté et les coupures d’électricité, dans un pays où les illusions de stabilité ne durent jamais plus qu’un cycle électoral.</p>



<p>Pour l’heure, Antananarivo retient son souffle. Le pouvoir dit qu’il “<em>se tient debout</em>”, mais à Madagascar, on sait depuis longtemps que la verticalité politique est un sport de déséquilibriste.</p>



<p>Entre démentis officiels et rumeurs virales, le flou règne, et c’est peut-être cela, le vrai pouvoir du moment : la confusion. Car à Madagascar, comme souvent, les crises politiques ne s’achèvent pas — elles changent simplement d’acteurs.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra </strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Nigeria – Buhari, le dernier soldat</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Jul 2025 20:41:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le décès de Muhammadu Buhari à Londres marque la fin d'une époque politique. Revivez son parcours et son impact en Afrique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Il fut d’abord un sabre, puis une urne. Le général-président devenu président-général s’en est allé, à 82 ans, dans une clinique londonienne. Muhammadu Buhari aura traversé la vie politique nigériane tel un roc granitique : inamovible, austère, insaisissable. Son décès clôt un chapitre de l’Afrique postcoloniale où les képis se sont peu à peu mués en complets civils — non sans nostalgies ni controverses.</em></strong><br>C’est par la voix feutrée de son ancien porte-parole que la nouvelle est tombée : Muhammadu Buhari n’est plus. Ce dimanche 13 juillet 2025, dans le confort aseptisé d’une clinique de Londres où il s’était exilé pour ses soins depuis avril, l’ancien président nigérian a tiré sa révérence. 82 ans, dont plus de 40 passés dans les arcanes du pouvoir, entre jungle militaire et joutes démocratiques. Un mythe africain s’effondre, aussi rigide dans la mort qu’il le fut dans la vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-mythe-du-born-again-democrat"><strong>Le mythe du « born again democrat »</strong></h2>



<p>Né en décembre 1942 à Daura, dans ce nord féodal et peul où la hiérarchie n’est pas un concept mais un destin, Buhari était un homme d’ordre, de structure, de commandement. Petit dernier d’une fratrie de 23, orphelin de père à quatre ans, il avait été élevé dans une rectitude qui ne le quittera jamais.&nbsp;</p>



<p>Quand, le 31 décembre 1983, il renverse le président Shagari par les armes, le Nigeria ne voit pas venir un despote, mais un redresseur de torts. Ce n’est pas un aventurier, c’est un doctrinaire. Sa croisade ? La « <em>discipline nationale</em>« . Sa méthode ? La matraque, la gifle, la peur. Fela Kuti, l’insoumis saxophoniste, en fera les frais.</p>



<p>Puis vint l’exil intérieur. Évincé par un autre général (Babangida), Buhari disparaît des radars, tel un ermite armé de principes, ruminant dans le silence de Katsina les turpitudes de la République. Il lui faudra attendre 2015, et trois candidatures perdues, pour revenir en majesté : élu président démocratiquement, battant le sortant Goodluck Jonathan dans un élan d’alternance salué dans toute l’Afrique. Une première dans l’histoire du Nigeria. Le mythe du « <em>born again democrat</em> » est lancé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-patriarche-s-est-tue-a-la-tache"><strong>Le patriarche s’est tué à la tâche</strong></h2>



<p>Mais la mue ne sera que partielle. Président civil, Buhari gouverne toujours en général, vertical, distant, peu loquace. Il promet une guerre totale contre la corruption, mais se heurte à l’hydre bureaucratique. Il jure d’en finir avec Boko Haram, mais l’insécurité se déplace sans se dissiper. L’économie ? Elle chancelle sous deux récessions et un baril de pétrole dégringolant. Les illusions s’étiolent, la fatigue s’installe.</p>



<p>La jeunesse, elle, se réveille. Octobre 2020, manifestations EndSARS contre les brutalités policières : le massacre de Lekki souille définitivement l’image d’un patriarche autoritaire devenu sourd à son peuple. Suspendre Twitter ? Un aveu d’impuissance. Comme un roi nu dans un monde digitalisé.</p>



<p>La santé, aussi, devient un secret d’État. Des mois entiers passés à Londres pour des soins jamais détaillés, un président devenu silhouette, que certains soupçonnent même d’avoir été remplacé par un sosie&#8230; La rumeur, au Nigeria, est un art national. Jusqu’à ce 13 juillet, 16h30, où l’Histoire s’écrit pour de bon.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-patriarche-s-est-tue-a-la-tache-0">Le patriarche s’est tué à la tâche</h2>



<p>Bola Tinubu, son successeur, réagit avec mesure. Les drapeaux sont mis en berne, l’Afrique s’incline. Gambiens, Bissau-Guinéens, Congolais lui rendent hommage. Non sans ambivalence : le respect pour l’homme droit, l’austère, le vertueux ; mais aussi le regret d’un dirigeant resté figé, comme prisonnier d’un logiciel politique hérité des années 1980.</p>



<p>Sa déclaration inaugurale en 2015 résonne comme un épitaphe :&nbsp;<em>« Je suis à tout le monde, je ne suis à personne. »</em>&nbsp;Un vœu d’universalité, devenu parfois solitude. Car Muhammadu Buhari, c’était aussi cela : un homme de principes, mais de peu de compromis. Dans un continent où le pardon est une stratégie, lui ne savait que tenir la ligne. Jusqu’au bout.</p>



<p><strong>La rédaction&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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