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	<title>Archives des corruption &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des corruption &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Le président du Faso dixit : « Tout ce que nous consommons doit pouvoir être produit ici »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Apr 2026 08:23:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La transformation économique du Burkina Faso passe par un nouveau modèle de gouvernance axé sur la moralisation et l'industrialisation.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À l’occasion du premier anniversaire de la Révolution progressiste populaire, le président burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré a défendu, face à la presse, une gouvernance axée sur la lutte contre la corruption et la souveraineté économique. Entre traque des « gros poissons » et ambition industrielle encore « embryonnaire », le chef de l’État esquisse une stratégie de transformation en profondeur.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et si la véritable révolution burkinabè se jouait à la croisée de la morale publique et de l’économie réelle ? En assumant une lutte frontale contre la corruption, des pratiques quotidiennes aux détournements d’ampleur, tout en esquissant les contours d’une industrialisation endogène, le capitaine&nbsp;Ibrahim Traoré&nbsp;tente d’imposer un nouveau logiciel de gouvernance : produire localement, moraliser l’État et restaurer la confiance populaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-corruption-des-gros-poissons-sont-aussi-pris"><strong>Corruption : « des gros poissons sont aussi pris »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Interpellé sur l’efficacité de la lutte contre la corruption, souvent critiquée pour ne viser que des «&nbsp;<em>petits poissons</em>&nbsp;», le président du Faso a rejeté cette perception. Selon lui, des dossiers impliquant des montants importants sont bel et bien en cours de traitement, même si tous ne sont pas médiatisés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président a évoqué des procédures variées, allant des procès judiciaires aux transactions financières, permettant à certains mis en cause de rembourser les fonds détournés avec pénalités. «&nbsp;<em>La justice est très chargée</em>&nbsp;», a-t-il insisté, tout en affirmant que la lutte est «&nbsp;<em>implacable</em>&nbsp;» et produit déjà des résultats tangibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des grandes affaires, le chef de l’État a particulièrement mis l’accent sur les «&nbsp;<em>petites corruptions</em>&nbsp;» du quotidien, jugées tout aussi nuisibles. Il a illustré son propos par des situations concrètes dans les services publics, où des pratiques illégales peuvent avoir des conséquences graves pour les citoyens.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-strategie-de-dissuasion-par-l-exemple"><strong>Une stratégie de dissuasion par l’exemple</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour enrayer ces pratiques, les autorités ont opté pour une stratégie de visibilité, consistant à exposer certains cas de corruption afin de dissuader les comportements déviants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des dispositifs ont été mis en place, notamment dans les services de sécurité et d’administration, afin de limiter les abus et garantir un traitement équitable des usagers. «&nbsp;<em>Il faut montrer pour que les autres ne tombent pas dans la même bêtise</em>&nbsp;», a expliqué le président.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-industrialisation-une-ambition-encore-embryonnaire"><strong>Industrialisation : une ambition encore « embryonnaire »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan économique, le capitaine Ibrahim Traoré a reconnu que la politique industrielle du pays n’en est qu’à ses débuts. «&nbsp;<em>On est au début</em>&nbsp;», a-t-il admis, appelant à une meilleure compréhension du&nbsp;concept&nbsp;même d’industrialisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Loin de se limiter aux grandes unités, le chef de l’État encourage la création de petites industries locales, capables de transformer des produits du quotidien. Il a cité des exemples concrets, comme la fabrication d’ustensiles ou de pièces mécaniques, pour illustrer le potentiel de substitution aux importations.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-souverainete-economique-produire-et-transformer-localement"><strong>Souveraineté économique : produire et transformer localement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le président a mis en avant une stratégie visant à réduire la dépendance aux importations, en développant des chaînes de production locales. Plusieurs secteurs sont concernés, notamment l’agriculture et l’agro-industrie (culture du blé, transformation du riz et du maïs, production de pâtes alimentaires et de farines) ; l’industries alimentaires en vue du développement de la transformation locale (huile, jus, produits dérivés) ; le textile avec pour ambition de transformer le coton burkinabè en produits finis dès 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Tout ce que nous consommons doit pouvoir être produit ici</em>&nbsp;», a-t-il martelé, soulignant les gains économiques et les emplois potentiels liés à cette politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-reformes-financieres-et-mobilisation-des-ressources"><strong>Réformes financières et mobilisation des ressources</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le chef de l’État a également salué le travail des agents du ministère des Finances, qu’il considère comme un levier essentiel de la réforme économique. Selon lui, l’amélioration des recettes publiques repose autant sur les réformes que sur l’engagement des ressources humaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les efforts en matière de lutte contre la fraude et d’optimisation des recettes permettent, d’après lui, de financer les priorités nationales, notamment la sécurité et le développement des infrastructures.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-transformation-progressive-mais-assumee"><strong>Une transformation progressive mais assumée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au final, le président du Faso assume une démarche progressive, fondée sur la transformation des mentalités, la valorisation des ressources locales et la reconquête de la souveraineté économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les résultats restent encore partiels, le président revendique une dynamique enclenchée, appelée à s’intensifier dans les années à venir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Au Mali, de lourdes condamnations dans l’affaire des contrats militaires « Paramount et Embraer »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Mar 2026 00:22:37 +0000</pubDate>
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<p>Le verdict de la justice malienne condamne Boubou Cissé à 20 ans de réclusion dans l'affaire des contrats militaires.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La justice malienne a rendu, vendredi 27 mars, son verdict dans l’affaire dite « Paramount et Embraer », liée à des contrats d’équipements militaires conclus en 2015 sous la présidence d’Ibrahim Boubacar Keïta. Plusieurs anciens ministres et responsables militaires ont été reconnus coupables de détournement de fonds et condamnés à de lourdes peines.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est l’épilogue judiciaire d’un dossier emblématique des dérives présumées dans la gestion des finances publiques au Mali. Après trois mois de procès, la chambre criminelle du pôle national économique et financier a prononcé, vendredi, des peines particulièrement lourdes à l’encontre de plusieurs figures de l’ancien régime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ancien Premier ministre Boubou Cissé a été condamné à 20 ans de réclusion. Une peine identique a été infligée à Tiéman Hubert Coulibaly, ancien ministre des Affaires étrangères, et à Mamadou Igor Diarra, ex-ministre de l’Economie. Même sanction pour Babaly Bah, ancien directeur de la Banque malienne de solidarité (BMS), soupçonnée d’avoir servi de canal pour des flux financiers irréguliers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, Tiéna Coulibaly, autre ancien ministre de l’Economie, a été condamné à cinq ans de prison. Plusieurs officiers des Forces armées maliennes (FAMa) ont également écopé de peines similaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-contrat-militaire-au-coeur-des-soupcons"><strong>Un contrat militaire au cœur des soupçons</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire remonte à 2015, dans un contexte de dégradation sécuritaire aiguë. Le gouvernement d’alors, dirigé par Ibrahim Boubacar Keïta, chef de l’Etat à l’époque des faits, engage une politique de renforcement des capacités militaires à travers la loi d’orientation et de programmation militaire (LOPM).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce cadre, l’État malien conclut un contrat d’environ 60 millions de dollars avec les sociétés Paramount Group et Embraer. L’accord porte sur l’acquisition de véhicules blindés, de pièces détachées et la remise en état de deux appareils de l’armée de l’air.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais rapidement, des soupçons émergent : surfacturation, irrégularités dans les procédures d’attribution, et détournements présumés de fonds publics. Le dossier devient explosif, mêlant enjeux sécuritaires et accusations de corruption à haut niveau.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-audits-post-coup-d-etat-et-mandats-d-arret"><strong>Audits post-coup d’État et mandats d’arrêt</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après le renversement d’IBK en 2020, les autorités de transition dirigées par le général d’armée Assimi Goïta lancent une série d’audits sur la gestion des finances publiques. L’un d’eux met en évidence des «&nbsp;<em>irrégularités majeures</em>&nbsp;» dans les contrats passés avec Paramount et Embraer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la base de ces conclusions, la justice malienne émet, en juillet 2022, des mandats d’arrêt internationaux visant plusieurs anciens responsables, dont Boubou Cissé, Mamadou Igor Diarra, Tiéman Hubert Coulibaly et Babaly Bah.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-proces-a-forte-portee-politique"><strong>Un procès à forte portée politique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ouvert le 22 décembre, le procès s’est déroulé dans un climat tendu, sur fond d’attentes fortes de l’opinion publique. Le ministère public avait requis la réclusion à perpétuité contre les principaux accusés en exil, et dix ans de prison contre ceux présents à l’audience.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les juges ont finalement retenu plusieurs chefs d’accusation, notamment « faux et usage de faux », « atteinte aux biens publics » et « blanchiment de capitaux ». Sept coaccusés ont, en revanche, été relaxés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des condamnations individuelles, ce verdict marque une étape importante dans la lutte contre la corruption au Mali. Il intervient dans un contexte où les autorités de transition affichent leur volonté de rompre avec les pratiques passées et de restaurer la crédibilité de l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un pays confronté à des défis sécuritaires et économiques majeurs, la question de la gouvernance publique demeure, plus que jamais, au cœur des enjeux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Burkina Faso : 11 ans de prison pour un scandale de fonds destinés aux déplacés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Mar 2026 00:09:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Laure Zongo condamnée pour détournement de fonds destinés aux populations déplacées. Découvrez les détails de ce procès.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La justice burkinabè a condamné vendredi 27 mars l’ancienne ministre de l’Action humanitaire, Laure Zongo, dans une affaire de détournement de fonds destinés aux populations déplacées par le terrorisme. Le procès, très suivi à Ouagadougou, met en lumière la gestion controversée de plusieurs milliards de francs CFA destinés à l’aide humanitaire.</em></strong><br>Au terme de onze jours d’audience, la justice burkinabè a rendu un verdict sévère dans une affaire emblématique de lutte contre la corruption. Plusieurs prévenus, dont l’ancienne ministre Laure Zongo Hien, ont été condamnés pour détournement de deniers publics et infractions connexes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un jugement très attendu qui est tombé vendredi au Burkina Faso. Après près de deux semaines de débats, le tribunal a rendu sa décision dans l’affaire dite «&nbsp;<em>Yé Yaké Camille et autres</em>&nbsp;», portant sur un montant estimé à 115 millions de francs CFA. Un dossier emblématique, mêlant accusations de détournement de fonds publics, complicité, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les condamnations les plus marquantes figure celle de l’ancienne ministre Laure Zongo Hien. Elle écope de cinq ans de prison ferme, assortis d’une amende de 10 millions de francs CFA. Le tribunal a également délivré à son encontre un mandat d’arrêt. Selon des sources judiciaires, elle est hospitalisée depuis le 24 mars.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-peines-lourdes-pour-les-principaux-accuses"><strong>Peines lourdes pour les principaux accusés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Considéré comme le principal protagoniste du dossier, Yé Yaké Camille a été condamné à la peine la plus lourde : 11 ans de prison ferme et une amende de 462,8 millions de francs CFA. Le juge a ordonné son placement sous mandat de dépôt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le même dossier, Issiaka Sangaré a été condamné à cinq ans de prison ferme, accompagnés d’une amende de 67,5 millions de francs CFA. Là encore, un mandat de dépôt a été prononcé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, Pasco Billa a bénéficié d’une peine plus clémente : 15 mois de prison avec sursis et une amende ferme de 5 millions de francs CFA.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-relaxes-et-zones-d-ombre"><strong>Relaxes et zones d’ombre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le tribunal a toutefois prononcé la relaxe de plusieurs prévenus. Lydie Bonkoungou, Kouka Dimanche Yaméogo et Billy Zongo ont été acquittés au bénéfice du doute concernant les accusations de complicité de détournement de deniers publics. Ils ont également été relaxés pour les faits de blanchiment de capitaux, faute d’infraction constituée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’homme d’affaires Ismaël Ouédraogo a, lui aussi, été relaxé des charges d’enrichissement illicite et de blanchiment.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-proces-sous-tension"><strong>Un procès sous tension</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout au long des audiences, les accusés ont rejeté en bloc les faits qui leur étaient reprochés, plaidant non coupable. Le parquet, de son côté, avait estimé les infractions suffisamment établies et requis des peines allant jusqu’à 11 ans de prison ferme, assorties d’amendes pouvant dépasser 500 millions de francs CFA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire «&nbsp;<em>Yé Yaké Camille et autres</em>&nbsp;» s’inscrit dans un ensemble plus large de dossiers judiciaires liés à la délinquance économique. Elle est notamment connexe à celle impliquant Amidou Tiegnan, portant sur un présumé détournement de plus de 3 milliards de francs CFA.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-signal-politique-et-judiciaire"><strong>Un signal politique et judiciaire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Très suivi par l’opinion publique, ce procès intervient dans un contexte de renforcement affiché de la lutte contre la corruption au Burkina Faso. Les autorités entendent multiplier les poursuites et les sanctions contre les crimes économiques, dans un pays où la question de la gouvernance reste au cœur des préoccupations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce verdict, à la fois sévère et contrasté, envoie le signal que la justice burkinabè entend désormais traiter avec fermeté les affaires de détournement de fonds publics, tout en respectant les principes du contradictoire et du doute raisonnable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Drogues synthétiques en Afrique de l’Ouest : la nouvelle économie criminelle qui inquiète la région</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2026 10:45:54 +0000</pubDate>
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<p>Un rapport sur les drogues synthétiques en Afrique de l’Ouest révèle des défis sanitaires majeurs et des routes commerciales changeantes.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Un rapport de l’Initiative mondiale contre le crime organisé (GI-TOC), publié le 3 mars 2026, révèle l’ampleur croissante des marchés de drogues synthétiques en Afrique de l’Ouest. Entre production locale de méthamphétamine, détournement massif de tramadol, nouvelles routes vers l’Asie et le Moyen-Orient, la région s’impose comme un carrefour stratégique d’un trafic en pleine mutation, aux conséquences sanitaires et sécuritaires majeures.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Longtemps considérée comme une simple zone de transit pour la cocaïne latino-américaine à destination de l’Europe, l’Afrique de l’Ouest est désormais un maillon central d’un autre commerce illicite en pleine expansion : celui des drogues synthétiques. Dans son rapport intitulé <em>Cartographie des marchés des drogues synthétiques en Afrique de l’Ouest</em>, publié le 3 mars 2026, l’Initiative mondiale contre le crime organisé dresse un constat sans appel : la région est devenue à la fois un marché de consommation, une zone de production et une plateforme d’exportation.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-production-locale-en-forte-progression"><strong>Une production locale en forte progression</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des enseignements majeurs du rapport est l’implantation durable de laboratoires clandestins de méthamphétamine en Afrique de l’Ouest. Initialement destinées à l’exportation vers l’Asie de l’Est et du Sud-Est, ces productions alimentent désormais aussi les marchés locaux et régionaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des réseaux criminels structurés exploitent les failles réglementaires, la porosité des frontières et la faiblesse des capacités de contrôle pour importer des précurseurs chimiques, installer des unités de fabrication et organiser la distribution. La méthamphétamine produite dans la région transite par des hubs aéroportuaires et maritimes, avec des itinéraires qui relient l’Afrique de l’Ouest à l’Asie, au Moyen-Orient et, dans une moindre mesure, à l’Europe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport souligne que cette évolution prouve que la région ne se contente plus d’être un corridor logistique, mais qu’elle devient un espace de transformation et de valeur ajoutée criminelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-tramadol-pilier-d-un-marche-de-masse"><strong>Le tramadol, pilier d’un marché de masse</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Autre pilier de cette économie illicite : le tramadol. Cet opioïde synthétique, légalement utilisé comme antalgique, fait l’objet d’un détournement massif. Importé en grandes quantités – souvent sous-dosé ou surdosé – il est écoulé sur les marchés informels à des prix accessibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon la GI-TOC, le tramadol est aujourd’hui la drogue synthétique la plus consommée en Afrique de l’Ouest. Sa diffusion touche aussi bien les centres urbains que les zones rurales. Il est prisé par des travailleurs précaires pour ses effets stimulants, mais aussi par des groupes armés non étatiques, qui l’utiliseraient pour renforcer l’endurance des combattants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette banalisation pose le défi sanitaire de la&nbsp; dépendance, des troubles psychiques, des surdoses et de l’absence de prise en charge adaptée. Les systèmes de santé, déjà fragilisés, peinent à absorber cette nouvelle charge.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-routes-criminelles-en-recomposition"><strong>Des routes criminelles en recomposition</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport met en lumière la sophistication croissante des réseaux. Ceux-ci combinent trafics de drogues synthétiques, contrebande de médicaments, blanchiment d’argent et parfois trafic d’êtres humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les corridors sahéliens, déjà utilisés pour d’autres trafics, servent de voies de circulation vers l’Afrique du Nord et la Méditerranée. Les ports du golfe de Guinée jouent un rôle clé dans les exportations. Parallèlement, le commerce en ligne et les messageries cryptées facilitent les transactions et compliquent le travail des forces de l’ordre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette diversification s’inscrit dans un contexte sécuritaire tendu, marqué par l’instabilité politique et la présence de groupes armés dans plusieurs pays du Sahel. Le rapport avertit que les revenus issus des drogues synthétiques pourraient renforcer l’autonomie financière d’acteurs violents et aggraver l’insécurité régionale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-impact-direct-sur-la-gouvernance-et-l-economie"><strong>Un impact direct sur la gouvernance et l’économie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la santé publique et de la sécurité, la montée des drogues synthétiques affecte la gouvernance. Corruption, infiltration des institutions, fragilisation de l’État de droit : l’économie criminelle prospère sur les failles structurelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La GI-TOC insiste sur le fait que les marchés ouest-africains sont désormais intégrés à des chaînes d’approvisionnement mondiales. Cette insertion dans l’économie illicite globale expose les pays de la région à des pressions internationales accrues et à des risques de sanctions si les dispositifs de lutte restent insuffisants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le même temps, la criminalisation excessive des usagers et des petits revendeurs, souvent issus de milieux précaires, contribue à la surpopulation carcérale sans s’attaquer aux têtes de réseaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-reponses-encore-fragmentees"><strong>Des réponses encore fragmentées</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette mutation rapide, les réponses demeurent inégales. Certains États ont renforcé leurs législations et leurs unités spécialisées. Mais la coopération régionale reste limitée, et le contrôle des précurseurs chimiques demeure lacunaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport recommande une approche globale :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>amélioration des capacités d’enquête financière et de traçabilité des flux ;</li>



<li>harmonisation des cadres juridiques ;</li>



<li>régulation plus stricte des importations pharmaceutiques ;</li>



<li>politiques de santé publique centrées sur la prévention et la réduction des risques ;</li>



<li>renforcement de la coopération internationale.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la GI-TOC, la lutte contre les drogues synthétiques ne peut se limiter à une logique sécuritaire. Elle doit intégrer les dimensions sociales, économiques et sanitaires du phénomène.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-tournant-pour-l-afrique-de-l-ouest"><strong>Un tournant pour l’Afrique de l’Ouest</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La cartographie proposée par l’Initiative mondiale contre le crime organisé met en évidence une transformation structurelle. Les drogues synthétiques redessinent les dynamiques criminelles en Afrique de l’Ouest.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus accessibles, plus faciles à produire et à transporter que les drogues d’origine végétale, elles offrent aux réseaux une rentabilité élevée et une grande flexibilité logistique. Pour les États ouest-africains, l’enjeu est désormais double : contenir une menace transnationale tout en protégeant des populations de plus en plus exposées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À défaut d’une réponse coordonnée et multidimensionnelle, avertit le rapport, l’économie des drogues synthétiques pourrait s’ancrer durablement dans le paysage régional – avec des conséquences profondes sur la stabilité, la santé publique et le développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>L’or noir… et les trous budgétaires</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Feb 2026 17:10:47 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez comment la transparence fiscale pourrait transformer les ressources naturelles en recettes publiques durables.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Malgré l’abondance de pétrole, de gaz et de minerais, de nombreux pays riches en ressources naturelles peinent encore à transformer cette richesse en recettes publiques durables. Un rapport international alerte sur les milliards de dollars perdus faute de transparence fiscale et appelle à une refonte urgente des systèmes de gouvernance extractive.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un rapport international publié en février met en lumière un paradoxe persistant : les pays riches en ressources naturelles peinent encore à transformer cette manne en recettes publiques efficaces. En cause, des failles de gouvernance, un manque de transparence et des systèmes fiscaux fragiles. Mais l’étude montre aussi qu’une meilleure exploitation des données pourrait permettre de récupérer des milliards de dollars aujourd’hui perdus.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-milliards-qui-echappent-aux-caisses-publiques"><strong>Des milliards qui échappent aux caisses publiques</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude intitulée <em>From resources to revenues</em>, commandée par l’Extractive Industries Transparency Initiative, intervient à un moment charnière pour de nombreux États producteurs de pétrole, de gaz ou de minerais. Entre la baisse de l’aide internationale, l’alourdissement des dettes et la volatilité des marchés des matières premières, ces pays sont poussés à mobiliser davantage leurs ressources internes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les auteurs, la mobilisation des revenus extractifs n’est plus une option mais une urgence budgétaire. Dans plusieurs économies dépendantes des ressources, ces recettes constituent l’un des rares leviers disponibles pour financer les infrastructures, l’éducation ou les systèmes de santé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport souligne qu’en croisant données de production, contrats, paiements et coûts d’exploitation, les mécanismes de transparence ont permis d’identifier « <em>des milliards de dollars de recettes perdues ou à risque </em>». Ces pertes peuvent provenir de sous-évaluations fiscales, d’accords contractuels déséquilibrés ou encore de flux financiers illicites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les experts associés à l’étude — dont des partenaires issus du <em>Natural Resource Governance Institute</em> et du <em>Tax Justice Network</em> — insistent sur le fait que les outils d’analyse financière et de modélisation permettent désormais aux gouvernements de négocier plus efficacement avec les compagnies extractives.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-tournant-pour-les-pays-riches-en-ressources"><strong>Un tournant pour les pays riches en ressources</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des constats centraux du rapport est que plus les données sont publiques et détaillées, plus les États peuvent vérifier si les montants versés correspondent réellement à ce qui devrait être payé. Cette transparence renforce non seulement les recettes, mais aussi la confiance des citoyens dans les finances publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude met également en garde contre les risques liés à la transition énergétique mondiale. Les pays dépendants des combustibles fossiles pourraient voir leurs revenus diminuer avec la baisse de la demande, tandis que ceux riches en minerais stratégiques pourraient bénéficier d’opportunités inédites — à condition d’adopter des régimes fiscaux solides.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport décrit le moment actuel comme un « <em>carrefour fiscal </em>» pour les États extractifs. D’un côté, la conjoncture internationale fragilise leurs finances. De l’autre, les progrès technologiques et les normes de transparence offrent des outils inédits pour optimiser la collecte des revenus.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-bataille-des-recettes-publiques"><strong>La bataille des recettes publiques</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les recommandations figurent l’intégration des données extractives dans les systèmes fiscaux nationaux, l’utilisation de rapports basés sur l’analyse des risques, et le renforcement des collaborations entre gouvernements, entreprises et société civile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la technicité, l’enjeu est profondément politique. Pour les auteurs, la question n’est plus seulement de savoir combien de ressources un pays possède, mais combien il parvient réellement à transformer en recettes pour sa population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte de tensions budgétaires mondiales, la gestion des revenus issus du sous-sol apparaît ainsi comme l’un des champs de bataille décisifs du développement. Et le rapport indique que les richesses naturelles ne deviennent un moteur de croissance que si elles sont accompagnées d’institutions solides, de règles fiscales robustes et d’une transparence sans faille.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Contre la corruption, l’ère du diagnostic sans remède</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Feb 2026 07:35:33 +0000</pubDate>
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<p>La lutte contre la corruption est essentielle. Découvrez pourquoi seuls cinq pays dépassent le seuil des 80 points selon Transparency International.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La corruption progresse là où elle était censée reculer. En une décennie, seuls cinq pays dépassent encore le seuil des 80 points, et même les démocraties montrent des signes inquiétants de décrochage. C’est ce que révèle L’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025 de Transparency International, publié le 10 février 2026. À quoi servent les rapports si leurs recommandations restent lettre morte ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque année, les classements internationaux rappellent que la corruption ne recule pas, elle change de forme et s’installe durablement au cœur des systèmes politiques, y compris dans des démocraties réputées solides. Transparency International en apporte une nouvelle confirmation : le nombre de pays obtenant un score supérieur à 80 est passé de douze il y a dix ans à seulement cinq aujourd’hui. Le recul est net, global et préoccupant.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-democraties-elles-memes-reculent"><strong>Les démocraties elles-mêmes reculent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà des chiffres, une question dérangeante s’impose : à quoi servent ces rapports si leurs recommandations restent largement inappliquées ? Depuis plus de vingt ans, la lutte contre la corruption s’est construite autour d’un arsenal d’indicateurs, de stratégies nationales, de plans d’action et de déclarations solennelles. Pourtant, dans de nombreuses régions du monde, la corruption demeure structurelle, parfois même intégrée aux modes ordinaires de gouvernance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La lutte anticorruption est devenue une industrie du diagnostic. Elle mesure, classe, compare, alerte. Elle produit des données indispensables pour comprendre les mécanismes de prédation des ressources publiques, l’opacité des marchés, la capture de l’État par des intérêts privés. Mais trop souvent, elle s’arrête à cette étape. Le passage du constat à la transformation politique reste fragile, inégal, voire inexistant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’IPC 2025 souligne que les démocraties elles-mêmes reculent. Celles-ci étaient pourtant censées constituer des remparts naturels contre la corruption grâce à la séparation des pouvoirs, à la liberté de la presse et à la participation citoyenne. Or, ces contre-pouvoirs s’érodent. La concentration du pouvoir exécutif, la fragilisation des institutions judiciaires et la banalisation des conflits d’intérêts créent un terrain favorable à l’impunité. La corruption n’est plus seulement le problème des régimes autoritaires ; elle devient un symptôme du déclin démocratique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-corruption-un-horizon-normalise"><strong>La corruption, un horizon normalisé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce recul n’est pas dû à l’absence de lois. Dans la majorité des pays, les cadres juridiques existent : autorités de contrôle, cours des comptes, agences anticorruption, codes d’éthique. Ce qui manque, c’est la volonté politique de les faire fonctionner réellement. Une institution anticorruption sans indépendance n’est qu’un décor. Une loi sans sanctions effectives est une promesse creuse. La corruption prospère moins par ignorance que par tolérance organisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les rapports annuels ont pourtant une fonction essentielle. Ils rendent visible ce que les pouvoirs cherchent souvent à invisibiliser. Ils permettent aux citoyens, aux journalistes, aux chercheurs de documenter les dérives, de comparer les trajectoires, d’interpeller les gouvernements. Ils sont des outils de mémoire collective contre l’amnésie politique. Mais leur efficacité dépend de l’appropriation sociale et politique de leurs conclusions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car un rapport sans suite est une archive morte. Quand les recommandations sont répétées année après année sans être mises en œuvre, elles finissent par perdre leur force morale. Le risque est celui d’une fatigue civique. Tout le monde sait, mais plus personne n’espère. La corruption devient un horizon normalisé, un bruit de fond de la vie publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or la corruption n’est pas un simple dysfonctionnement administratif. Elle est un fait politique. Elle affecte la qualité des services publics, accroît les inégalités, nourrit la défiance envers les institutions et alimente parfois les discours autoritaires. Là où l’État est perçu comme prédateur, la démocratie devient fragile. La corruption est ainsi l’un des moteurs silencieux de la crise mondiale de la représentation.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-lutte-anticorruption-une-mise-en-scene-de-la-vertu"><strong>La lutte anticorruption, une mise en scène de la vertu</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La question centrale n’est donc pas celle des méthodes de mesure, mais celle du courage politique. Lutter contre la corruption suppose d’accepter des pertes de pouvoir, des ruptures d’alliances, des conflits avec des élites économiques et administratives. Cela implique de protéger les lanceurs d’alerte, de garantir l’indépendance de la justice, de renforcer la transparence budgétaire et d’ouvrir réellement l’accès à l’information publique. Ce sont des choix coûteux, mais indispensables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À force de produire des indices sans produire de ruptures, la lutte anticorruption risque de devenir une mise en scène de la vertu. Un théâtre où l’on dénonce sans transformer, où l’on classe sans contraindre, où l’on alerte sans réformer. Un monde obsédé par la mesure du mal, mais hésitant à s’attaquer à ses causes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la corruption est en constante évolution, la réponse ne peut rester figée dans une technocratie du chiffre. Elle doit redevenir un combat politique, social et démocratique. Sans cela, les rapports continueront de s’empiler comme des pierres tombales d’une ambition trahie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie question n’est donc plus : <em>quel pays a gagné ou perdu quelques points cette année ? </em>Mais : <em>quand la lutte contre la corruption cessera-t-elle d’être un exercice de communication pour devenir une politique de transformation réelle ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant que cette question restera sans réponse, les indices continueront de baisser — et la confiance avec eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Lutte anticorruption : pourquoi l’Afrique subsaharienne peine à sortir du bas du tableau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Feb 2026 12:08:22 +0000</pubDate>
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<p>L’Afrique subsaharienne est en bas du classement mondial selon l’Indice de perception de la corruption 2025. Informez-vous sur les enjeux.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Avec une moyenne de 32 points sur 100 à l’Indice de perception de la corruption 2025, l’Afrique subsaharienne demeure en queue de peloton mondial. Malgré quelques progrès isolés, la majorité des États de la région voient leurs efforts anticorruption freinés par des faiblesses institutionnelles persistantes et un manque de volonté politique.&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Afrique subsaharienne continue d’occuper la dernière place du classement mondial de la corruption. C’est le principal enseignement de l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025, publié ce 10 février par Transparency International. Avec un score régional moyen de 32 sur 100, seuls quatre des quarante-neuf pays évalués dépassent la barre des 50 points, seuil considéré comme un minimum acceptable en matière d’intégrité du secteur public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la dernière décennie, la situation s’est globalement détériorée : dix pays ont enregistré une baisse significative de leur score depuis 2012, tandis que seuls sept ont connu une amélioration notable. Pour l’ONG basée à Berlin, ces chiffres témoignent de « <em>l’inefficacité des stratégies actuelles de lutte contre la corruption </em>» et d’un déficit de gouvernance publique dans une région pourtant confrontée à de multiples urgences sociales.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-corruption-qui-frappe-les-plus-vulnerables"><strong>Une corruption qui frappe les plus vulnérables</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Transparency International souligne que la corruption dans la gestion des fonds publics a des conséquences directes sur la vie quotidienne des populations. Accès à l’eau, à l’électricité, à la santé ou à l’éducation : autant de secteurs affectés par des détournements et un manque de transparence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>La corruption dans le secteur public frappe toujours plus durement les personnes les plus vulnérables </em>», insiste Paul Banoba, conseiller régional pour l’Afrique au sein de l’organisation. Selon lui, les gouvernements africains doivent désormais transformer leurs engagements internationaux en « <em>mesures décisives</em> », notamment en renforçant les institutions de contrôle, en protégeant l’espace civique et en favorisant la participation citoyenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les mouvements sociaux récents illustrent cette pression populaire. À Madagascar, noté 25 sur 100, les scandales de corruption ont été l’un des déclencheurs des manifestations de la génération Z ayant conduit à la chute du gouvernement en octobre 2025. Les protestataires dénonçaient notamment les détournements de fonds publics responsables de défaillances chroniques dans les services essentiels.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-trajectoires-contrastees"><strong>Des trajectoires contrastées</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques pays se distinguent néanmoins par leurs performances relatives. Les Seychelles arrivent en tête du classement régional avec 68 points, devant le Cap-Vert (62), le Botswana (58) et le Rwanda (58). Mais même ces États sont confrontés à des fragilités : aux Seychelles, une affaire présumée de blanchiment de 50 millions de dollars a mis en lumière la lenteur des enquêtes judiciaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’autre extrémité du classement figurent le Soudan (14), l’Érythrée (13), la Somalie (9) et le Soudan du Sud (9), illustrant le lien étroit entre corruption, conflits armés et effondrement institutionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains pays montrent toutefois des signes d’amélioration. L’Angola a gagné 17 points depuis 2015 grâce à plusieurs réformes engagées contre les réseaux de prédation. Mais selon des enquêtes d’opinion, une grande partie de la population estime toujours que dénoncer la corruption expose à des représailles.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali obtient un score de 28/100 (136ᵉ sur 182), en légère amélioration (+1), tandis que le Niger recule à 31/100 (124ᵉ, –3) et le Burkina Faso à 40/100 (84ᵉ, –1). La Guinée (26/100, 142ᵉ, –2) figure parmi les plus mal classés de la région. À l’inverse, le Sénégal progresse légèrement avec 46/100 (65ᵉ, +1), se situant au-dessus de la moyenne régionale, tandis que la Côte d’Ivoire (43/100, 76ᵉ, –2) marque un recul. L’Algérie (34/100, 109ᵉ) et la Mauritanie (30/100, 130ᵉ) stagnent.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-enjeu-democratique-majeur"><strong>Un enjeu démocratique majeur</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Transparency International, la lutte contre la corruption ne peut être dissociée du renforcement de la démocratie. « <em>Il reste encore beaucoup à faire, plus de vingt ans après l’adoption de la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption </em>», rappelle Paul Banoba. L’organisation appelle à une meilleure transparence budgétaire, à l’indépendance de la justice et à la protection des lanceurs d’alerte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte de transitions politiques, de tensions sociales et de pression économique, la corruption apparaît ainsi comme un facteur aggravant des crises de confiance entre États et citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si quelques progrès sont observés, le constat est que l’Afrique subsaharienne demeure la région la plus exposée à la corruption publique dans le monde. Un signal d’alarme pour les gouvernements, mais aussi pour les partenaires internationaux engagés dans le financement du développement et des réformes institutionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : la gestion de la Pharmacie populaire sous le regard critique des contrôleurs de l’État</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 08:04:23 +0000</pubDate>
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<p>Pharmacie populaire du Mali : un examen financier révèle des irrégularités dans l'approvisionnement en médicaments.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Un rapport du Bureau du Vérificateur général met en lumière de nombreuses irrégularités administratives et financières dans la gestion de la Pharmacie populaire du Mali (PPM) entre 2021 et 2025. L’organisme public, chargé de l’approvisionnement en médicaments essentiels sur l’ensemble du territoire, est accusé de manquements aux règles budgétaires, fiscales et de passation des marchés publics.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Créée comme outil stratégique de l’État pour garantir l’accès des populations aux médicaments à des prix abordables, la PPM a réalisé, entre 2021 et 2024, des recettes cumulées de 68,64 milliards de francs CFA pour des dépenses de 66,67 milliards. Mais la vérification financière conduite par le bureau du Vérificateur général (BVG) révèle un fonctionnement marqué par de sérieuses défaillances de contrôle interne. Les enquêteurs constatent notamment que les budgets annuels n’ont pas été soumis à l’approbation expresse du ministre de la Santé, pourtant exigée par la réglementation. Cette pratique a concerné plusieurs exercices consécutifs, de 2021 à 2024.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-marches-publics-avantages-indus-fiscalite"><strong>Marchés publics, avantages indus, fiscalité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport souligne également des irrégularités dans la passation des marchés publics. Pour des prestations intellectuelles, la direction de la PPM aurait attribué des contrats sans respecter les procédures de mise en concurrence prévues par le code des marchés publics. Dans certains cas, des marchés ont été conclus sur la base de simples offres financières, sans évaluation technique préalable. Plus de 260 bons de commande auraient en outre été émis par entente directe pour l’achat de médicaments, sans autorisation de l’organe de contrôle compétent ni établissement de contrats formels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan financier, les vérificateurs relèvent le paiement d’avantages indus à des agents non membres des commissions d’analyse des offres, pour un montant total de 13,25 millions de francs CFA. Des appuis financiers irréguliers ont également été accordés au comité syndical de la PPM, pour une somme de 1,375 million de francs CFA, avant d’être reversés après la phase contradictoire de l’audit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport met aussi en évidence des manquements fiscaux. La PPM n’aurait pas déclaré ni reversé aux services des impôts plusieurs retenues liées à l’impôt sur les revenus des valeurs mobilières (IRVM), notamment sur les jetons de présence et primes versés aux membres du conseil d’administration. Le montant total de ces sommes non déclarées et non payées est estimé à plus de 3 millions de francs CFA.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-ecarts-entre-les-stocks-theoriques-et-les-stocks-physiques"><strong>Des écarts entre les stocks théoriques et les stocks physiques</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les régions, les constats sont tout aussi préoccupants. Des écarts importants ont été relevés entre les stocks théoriques et les stocks physiques de médicaments dans les départements régionaux de Kayes et de Koulikoro. À Koulikoro, plus de 12 000 unités de produits pharmaceutiques, d’une valeur de 3,46 millions de francs CFA, n’ont pas pu être justifiées. À Kayes, les vérificateurs ont identifié un écart de plus de 375 000 unités, représentant une valeur de 4,35 millions de francs CFA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, des déficits de caisse non justifiés ont été constatés, bien que certains montants aient été remboursés au cours de la mission de contrôle. Le rapport évoque également de faux enregistrements de contrats par des titulaires de marchés, en violation des règles fiscales en vigueur.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-necessite-d-un-assainissement-durable-de-la-gestion-des-ressources-publiques"><strong>Nécessité d’un assainissement durable de la gestion des ressources publiques</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces constats, le Vérificateur général formule plusieurs recommandations : soumettre systématiquement les budgets à l’approbation du ministre de tutelle, respecter strictement les procédures de passation des marchés publics, appliquer les taux fiscaux prévus par la loi et renforcer le contrôle des stocks et des flux financiers. Ces dysfonctionnements interviennent dans un contexte où la PPM joue un rôle central dans la politique sanitaire du Mali, notamment pour la mise en œuvre de la couverture sanitaire universelle et l’accès équitable aux médicaments essentiels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce nouveau rapport ravive les interrogations sur la gouvernance des entreprises publiques maliennes, déjà pointées dans des audits antérieurs, et relance le débat sur la nécessité d’un assainissement durable de la gestion des ressources publiques dans un secteur aussi stratégique que la santé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : l’affaire des équipements militaires relance la croisade anticorruption</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 22:37:48 +0000</pubDate>
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<p>Le procès dit Paramount–Embraer au Mali ouvre un nouveau chapitre dans la lutte contre la corruption et le blanchiment d'argent.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Mali, la réouverture du procès dit Paramount–Embraer marque une nouvelle étape dans la volonté affichée des autorités de transition de faire de la lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux un axe central de la refondation de l’État.&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 26 janvier, le parquet a requis la réclusion criminelle à perpétuité contre l’ancien Premier ministre Boubou Cissé et plusieurs ex-hauts responsables du régime d’Ibrahim Boubacar Keïta, aujourd’hui en exil, poursuivis pour des faits liés à l’achat d’équipements militaires. Ces réquisitions visent également Mamadou Igor Diarra, ancien ministre de l’Économie et des Finances, Tiéman Hubert Coulibaly, ex-ministre de la Défense, et Babaly Bah, ancien dirigeant de la Banque malienne de solidarité (BMS). Tous sont accusés de « <em>faux et usage de faux </em>», « <em>atteinte aux biens publics</em> », « <em>blanchiment de capitaux </em>» et « <em>complicité</em> ».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-dossier-emblematique-des-derives-de-l-ere-ibk"><strong>Un dossier emblématique des dérives de l’ère IBK</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les faits remontent à 2015, dans un contexte de relance massive des dépenses militaires après l’adoption de la loi d’orientation et de programmation militaire (LOPM). À l’époque, l’État malien attribue à la société sud-africaine Paramount LTD un contrat de 60 millions de dollars portant sur la fourniture de véhicules blindés, de pièces détachées et la réhabilitation d’avions militaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais très vite, ce marché suscite des soupçons de surfacturation et d’irrégularités procédurales. Les flux financiers transitent par la BMS, alors dirigée par Babaly Bah. Un audit mené après les coups d’État de 2020 et 2021 met au jour, selon la justice, plusieurs anomalies majeures. En juillet 2022, des mandats d’arrêt internationaux sont émis contre les principaux protagonistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Relancé le 22 décembre 2025, le procès est devenu l’un des symboles judiciaires de la rupture revendiquée par les autorités de transition avec les pratiques de l’ancien régime.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-justice-inscrite-dans-la-nouvelle-constitution"><strong>Une justice inscrite dans la nouvelle Constitution</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du cas Paramount, ce procès s’inscrit dans un cadre politique et juridique renouvelé. La Constitution adoptée le 22 juillet 2023 consacre explicitement la lutte contre la corruption, la délinquance financière et le blanchiment de capitaux comme des priorités de l’État. Le texte renforce les mécanismes de redevabilité des gouvernants, durcit les sanctions contre les atteintes aux biens publics et affirme l’indépendance de la justice dans le traitement des crimes économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les préambules de cette Constitution, l’Etat malien exprime ses intentions en matière de lutte contre la corruption en s’engageant «&nbsp;<em>à entreprendre toutes actions nécessaires pour lutter contre la corruption et l’enrichissement illicite et promouvoir la bonne gouvernance</em>&nbsp;». L’Article 35 est plus explicite. Il stipule : «&nbsp; <em>Aucune autorité publique ne peut, sous peine de sanctions, user des pouvoirs qu’elle tient de la Constitution ou de la loi pour commettre un détournement de ressources ou de biens publics à son profit ou à celui des détenteurs du pouvoir, des membres de leurs familles, d’organismes, ou de toutes autres personnes par favoritisme, corruption, concussion, trafic d’influence ou autres moyen.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les autorités de transition, il ne s’agit plus seulement de solder les comptes du passé, mais d’ériger un nouveau socle moral et institutionnel. La reprise du dossier Paramount–Embraer, longtemps bloqué, est la preuve d’une volonté politique de « <em>tolérance zéro </em>» face aux détournements de fonds publics, en particulier dans un secteur aussi sensible que la défense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un pays confronté à une guerre prolongée contre les groupes armés, l’affaire prend une dimension hautement symbolique. Elle rappelle que les ressources destinées aux Forces armées maliennes (Fama) auraient pu être détournées au moment même où l’État luttait pour sa survie territoriale. Dans un Mali fragilisé par une décennie de crises politiques et sécuritaires, la lutte contre la corruption est désormais une condition sine qua non de la souveraineté retrouvée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Burkina Faso &#8211; Extradition de Paul Henri Sandaogo Damiba : une coopération judiciaire exemplaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Jan 2026 07:49:21 +0000</pubDate>
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<p>Paul Henri Sandaogo Damiba a été extradé à la suite d'un mandat d'arrêt international. Explorez les détails de cette affaire.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba a été extradé du Togo vers le Burkina Faso le 17 janvier 2026, à la suite d’un mandat d’arrêt international lancé par les autorités burkinabè. Cette procédure fait suite à une dénonciation adressée le 5 janvier 2026 au parquet près le Tribunal de Grande Instance Ouaga I, mettant en lumière l’implication présumée de plusieurs personnes, civiles et militaires, dans des actes préparatoires portant atteinte à la sûreté et à la sécurité de l’État.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces accusations, le Procureur du Faso a immédiatement requis du juge d’instruction l’ouverture d’une information judiciaire. Il a également demandé la délivrance d’un mandat d’arrêt international contre Damiba et le recours à la coopération pénale internationale avec la République du Togo. L’objectif était clair : obtenir l’extradition de l’ancien chef militaire vers le Burkina Faso afin qu’il réponde des faits qui lui sont reprochés devant la justice. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-lancement-de-la-procedure-judiciaire"><strong>Lancement de la procédure judiciaire</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le 6 janvier 2026, le juge d’instruction a donné suite à cette requête en ouvrant une information judiciaire. Les charges retenues contre Damiba sont lourdes : détournement criminel de deniers publics, enrichissement illicite criminel, corruption, recel aggravé, incitation à la commission de délits et blanchiment de capitaux. Ces infractions sont prévues et réprimées par plusieurs articles du code pénal burkinabè ainsi que par la loi n°046-2024/ALT relative à la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la foulée, un mandat d’arrêt international a été décerné contre Damiba. Le juge d’instruction a soumis aux autorités togolaises une demande officielle d’extradition. Cette démarche illustre la volonté du Burkina Faso de mobiliser les instruments de coopération judiciaire régionale pour lutter contre la criminalité financière et préserver la stabilité de l’État. La procédure s’est inscrite dans un cadre légal strict, respectant les conventions internationales en vigueur. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-reponse-des-autorites-togolaises"><strong>La réponse des autorités togolaises</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le 12 janvier 2026, les autorités togolaises ont reçu la demande d’extradition. Après examen de sa régularité, elles ont donné suite conformément aux règles en matière d’extradition. Le 16 janvier, Damiba a été interpellé à Lomé en exécution du mandat d’arrêt. Il a ensuite été écroué, dans l’attente de la décision de la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Lomé, saisie pour statuer sur la requête introduite par le Burkina Faso. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de son audience publique tenue le 16 janvier 2026, la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Lomé a rendu l’arrêt n°013/2026. Cette décision a validé l’extradition de Damiba vers le Burkina Faso. Les juges togolais ont fondé leur avis favorable sur l’offre de réciprocité des autorités burkinabè, sur les instruments internationaux auxquels le Togo est partie, ainsi que sur les garanties offertes concernant le respect des droits fondamentaux de l’intéressé. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-garanties-et-respect-des-droits-humains"><strong>Garanties et respect des droits humains</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi ces garanties figuraient l’intégrité physique et la dignité de Damiba, son droit à un procès équitable et l’assurance de l’absence de peine de mort. Ces éléments ont été déterminants pour convaincre la juridiction togolaise de donner suite à la demande. Le respect des droits humains dans le cadre des procédures judiciaires internationales a été mis en avant comme une condition essentielle de la coopération entre États. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 17 janvier 2026, Paul Henri Sandaogo Damiba a été remis aux autorités burkinabè. Son extradition effective marque une étape importante dans la lutte contre la corruption et le blanchiment de capitaux au Burkina Faso. Elle témoigne également de la solidité des relations judiciaires et diplomatiques entre le Burkina Faso et le Togo, deux pays qui ont su conjuguer leurs efforts pour faire aboutir cette procédure sensible. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-reconnaissance-officielle-du-burkina-faso"><strong>Reconnaissance officielle du Burkina Faso</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement burkinabè, par la voix du ministre de la Justice, Maître Edasso Rodrigue Bayamo, a exprimé sa profonde reconnaissance aux autorités togolaises. Dans un communiqué daté du 20 janvier 2026, il a salué cette coopération exemplaire : « C’est le lieu de traduire, au nom du Gouvernement du Burkina Faso, toute notre reconnaissance aux autorités de la République sœur du Togo pour cette parfaite coopération judiciaire ». &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté togolais, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des droits humains, a également confirmé la régularité de la procédure. Dans un communiqué daté du 19 janvier 2026, il a rappelé que l’extradition s’était déroulée conformément aux instruments internationaux et aux garanties offertes par le Burkina Faso : « La chambre d’instruction a donné un avis favorable sur le fondement des garanties offertes quant au respect de l’intégrité physique et de la dignité de Monsieur Damiba ». &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-cooperation-regionale-renforcee"><strong>Une coopération régionale renforcée</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire Damiba illustre ainsi la capacité des États africains à coopérer efficacement dans le cadre de la lutte contre la criminalité organisée et la corruption. Elle démontre que les mécanismes juridiques régionaux peuvent être mobilisés avec succès pour garantir que nul ne soit au-dessus de la loi. Le processus d’extradition, mené dans le respect des droits fondamentaux, constitue un précédent important pour la région. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, l’extradition de Paul Henri Sandaogo Damiba vers le Burkina Faso représente bien plus qu’une simple procédure judiciaire. Elle incarne la volonté des États de défendre la probité publique, de protéger leurs institutions et de renforcer la coopération régionale. À travers cette affaire, le Burkina Faso et le Togo envoient un signal fort : « La justice reste un pilier incontournable de la stabilité étatique », selon les termes des autorités burkinabè.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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