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	<title>Archives des Conditions de travail &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Idrissa Bakary Diarra, DG de l’INPS : « Faire plus avec moins, telle est notre équation »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Apr 2026 18:22:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Idrissa Bakary Diarra, DG de l'INPS, engage une tournée pour évaluer les défis des agences et renforcer la proximité avec les agents.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Après sa nomination à la tête de l’Institut national de prévoyance sociale (INPS), Idrissa Bakary Diarra engage une tournée de terrain pour prendre la mesure des défis opérationnels. Entre difficultés techniques, contraintes budgétaires et enjeux de mobilisation interne, le nouveau directeur général affiche une méthode de proximité, d’écoute et de recherche de solutions concrètes.</em></strong></p>



<p>Le Directeur général de l’INPS, Idrissa Bakary Diarra, a entamé, mercredi 8 avril 2026, une série de visites au sein des agences principales de Bamako. L’objectif d’aller au contact direct des agents et mieux appréhender les réalités quotidiennes du service public de la sécurité sociale.</p>



<p>Accompagné de ses proches collaborateurs, le patron de l’INPS — nommé fin 2025 — s’est successivement rendu à l’agence principale de la commune I, dirigée par Sory Ibrahim Diarra, puis à celle de la commune II, sous la responsabilité de Karim Diakité, précise l’institution sur sa page Facebook.</p>



<p>Après un accueil protocolaire, la délégation a visité les différentes divisions techniques, où les responsables ont exposé sans détour les contraintes liées aux ressources humaines, aux équipements et aux conditions de travail.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-defis-structurels-persistants"><strong>Des défis structurels persistants</strong></h2>



<p>Les échanges ont rapidement mis en lumière plusieurs difficultés majeures. À l’agence principale de la commune II, les agents ont notamment évoqué des pannes informatiques récurrentes, un manque d’espace face à des effectifs en hausse, ainsi que des difficultés dans le recouvrement des cotisations sociales auprès de certains employeurs.</p>



<p>Pour Karim Diakité, cette visite constitue «&nbsp;<em>une véritable source de motivation&nbsp;</em>» pour les équipes, confrontées à des contraintes opérationnelles croissantes.</p>



<p>Face à ces constats, Idrissa Bakary Diarra a souligné l’importance du rôle des agences dans le fonctionnement global de l’institution :&nbsp;<em>« L’INPS, ce n’est pas seulement la Direction générale ; ce sont aussi les agences et les régions. Sans vous, nous ne sommes rien</em>&nbsp;», a-t-il déclaré.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-reorganisation-interne-et-reprise-annoncee-de-l-assurance-volontaire"><strong>Réorganisation interne et reprise annoncée de l’assurance volontaire</strong></h2>



<p>Parmi les points saillants de cette tournée, le Directeur général a salué l’initiative de redéploiement interne observée dans certaines agences, notamment en commune II, où les agents du Service Assurance volontaire ont été affectés à d’autres tâches. Il a, à cette occasion, annoncé la levée prochaine de la suspension de ce service, une mesure attendue qui devrait intervenir «&nbsp;<em>dans les prochaines semaines</em>&nbsp;».</p>



<p>Dans un contexte de contraintes financières, le DG a appelé à une gestion plus efficiente des ressources disponibles. «&nbsp;<em>L’équation aujourd’hui, c’est : comment faire plus avec moins</em>&nbsp;», a-t-il lancé, exhortant les agents à privilégier la rigueur, l’engagement et l’esprit d’équipe.</p>



<p>Rejetant toute logique de division interne, il a invité les agents à «&nbsp;<em>rejoindre le camp de ceux qui travaillent avec dignité&nbsp;</em>», tout en soulignant la nécessité de renforcer la cohésion au sein de l’institution.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-apaisement-social-et-dialogue-avec-les-partenaires"><strong>Apaisement social et dialogue avec les partenaires</strong></h2>



<p>Souhaitant rassurer le personnel, Idrissa Bakary Diarra a affirmé qu’aucun licenciement n’était envisagé, ni de nouvelles vagues de recrutement à court terme. L’objectif, selon lui, est d’optimiser la gestion des effectifs existants et de garantir un accès équitable aux avantages sociaux.</p>



<p>Il a également indiqué que les syndicats seront associés aux réflexions en cours, dans une logique de dialogue social renforcé.</p>



<p>Prenant la parole, le conseiller technique Bouna Ayad a, de son côté, exhorté les agents à contribuer à l’amélioration de l’image de l’institution : «&nbsp;<em>Faisons en sorte que l’on parle désormais de l’INPS en bien&nbsp;</em>», a-t-il déclaré, insistant sur la responsabilité individuelle de chaque agent.</p>



<p>À travers cette tournée, le nouveau Directeur général entend imprimer un style de gouvernance axé sur l’écoute et la proximité. Une approche qui vise à restaurer la confiance interne et à améliorer la performance d’une institution clé du système de protection sociale malien.</p>



<p><strong>Oumarou Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Restauration de rue à Bamako : une journée chez Sokona, entre fourneaux et survie économique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Feb 2026 07:26:13 +0000</pubDate>
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<p>Explorez le travail acharné des restauratrices de rue à Bamako et les plats savoureux qui alimentent la ville chaque jour.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em><strong><em>La restauration de rue&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>à&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>Bamako est un pilier de l</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>’é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>conomie informelle et de la vie quotidienne. Elle offre des plats locaux&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>–&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>t</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>ô</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>, djouka, ni</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>b</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é – à&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>des prix accessibles et joue un r</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>ô</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>le central dans la s</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>curit</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>alimentaire urbaine. Pour mieux comprendre cette activit</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>essentielle, nous avons pass</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>une journ</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>e chez Sokona, restauratrice de rue.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p>À&nbsp;Bamako, le travail de restauratrice de rue est une activité&nbsp;informelle intense, souvent exercée plus de dix heures par jour, six jours sur sept. C’est ce que Sokona nous confie lors de notre immersion&nbsp;à&nbsp;ses côtés. Vêtue d’une tenue traditionnelle, un mouchoir de tête soigneusement noué, elle est installée dans le premier arrondissement de la capitale, aux abords de la route récemment bitumée reliant le quartier de Doumanzana&nbsp;à&nbsp;celui de Nafadji. Souriante, mais toujours en mouvement, elle jongle entre la préparation des plats et l’accueil des clients.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quatre-heures-pour-pr-e-parer-les-plats"><strong>Quatre heures pour pr</strong><strong>é</strong><strong>parer les plats</strong><strong></strong></h2>



<p>Tout en travaillant, Sokona accepte de se livrer&nbsp;à&nbsp;une causerie&nbsp;à&nbsp;bâtons rompus.&nbsp;«&nbsp;J’ai hérité&nbsp;de ce travail de ma mère, qui le faisait bien avant ma naissance&nbsp;», raconte-t-elle.&nbsp;Âgée d’une trentaine d’années, elle explique avoir très tôt assisté&nbsp;sa mère, lavant les ustensiles ou servant les clients.</p>



<p>«&nbsp;<em>Apr</em><em>è</em><em>s avoir&nbsp;</em><em>é</em><em>chou</em><em>é&nbsp;</em><em>deux fois&nbsp;</em><em>à&nbsp;</em><em>l</em><em>’</em><em>examen du dipl</em><em>ô</em><em>me d</em><em>’é</em><em>tudes fondamentales (DEF), et faute de moyens pour m</em><em>’</em><em>inscrire dans une&nbsp;</em><em>é</em><em>cole priv</em><em>é</em><em>e, j</em><em>’</em><em>ai d</em><em>û&nbsp;</em><em>abandonner les bancs. Ma m</em><em>è</em><em>re m</em><em>’</em><em>a gard</em><em>é</em><em>e aupr</em><em>è</em><em>s d</em><em>’</em><em>elle pour l</em><em>’</em><em>aider. C</em><em>’</em><em>est ce travail qui fait vivre notre famille&nbsp;</em>», confie-t-elle.</p>



<p>Avec les années, l’expérience s’est accumulée. Peu&nbsp;à&nbsp;peu, sa mère s’est retirée, laissant la gestion de l’activité&nbsp;familiale&nbsp;à&nbsp;Sokona, désormais&nbsp;épaulée par ses sœurs cadettes qu’elle forme&nbsp;à&nbsp;son tour. Une transmission intergénérationnelle typique de ce secteur informel.</p>



<p>«&nbsp;<em>À&nbsp;</em><em>partir de 2 heures du matin,&nbsp;</em><em>à&nbsp;</em><em>la maison, nous commen</em><em>ç</em><em>ons&nbsp;</em><em>à&nbsp;</em><em>pr</em><em>é</em><em>parer les plats les plus r</em><em>é</em><em>sistants, comme le ni</em><em>é</em><em>b</em><em>é&nbsp;</em><em>(haricot) et le djouka, un plat&nbsp;</em><em>à&nbsp;</em><em>base de fonio, d</em><em>’</em><em>arachide pil</em><em>é</em><em>e et d</em><em>’</em><em>un peu de poudre de gombo</em>&nbsp;», explique Sokona. Pour le niébé, elle utilise une marmite de 20&nbsp;à&nbsp;30 kilos, tandis que la préparation du djouka nécessite entre 15 et 20 kilos de fonio.</p>



<p>Pendant ce temps, ses sœurs cadettes se répartissent les tâches : certaines&nbsp;épluchent les oignons et préparent la sauce pimentée, d’autres s’occupent de la vaisselle&nbsp;–&nbsp;tasses, assiettes et cuillères. Après près de quatre heures de travail, les plats sont répartis dans différentes tasses. Un tricycle, communément appelé&nbsp;<em>katakatani</em>, est loué&nbsp;pour transporter la nourriture jusqu’au lieu de vente. Sokona réside&nbsp;à&nbsp;Nafadji, un quartier situé&nbsp;derrière Doumanzana, où&nbsp;se déroule la vente. Entre 5 h 30 et 6 h, elle est déjà&nbsp;sur place.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-dix-heures-pour-les-vendre"><strong>Dix heures pour les vendre</strong><strong></strong></h2>



<p>Arrivée sur les lieux, Sokona commence par nettoyer l’espace situé&nbsp;devant un magasin qu’elle loue depuis longtemps. L’endroit est sommaire : une grande table et un long banc pour les clients qui souhaitent manger sur place. Une fois le nettoyage terminé, les plats sont disposés, et deux grands fourneaux sont allumés pour frire la banane plantain et les morceaux de poisson, découpés&nbsp;à&nbsp;la maison et enrobés de farine de blé.</p>



<p>Peu après, le livreur de pain arrive avec une cinquantaine de baguettes. Dès 6 heures, les premiers clients se présentent. Certains mangent sur place, d’autres emportent leur commande. Entre taquineries, impatiences et discussions animées, Sokona passe la journée au service de sa clientèle.</p>



<p>Les prix restent volontairement accessibles : le niébé&nbsp;et le djouka sont vendus&nbsp;à&nbsp;partir de 100 francs CFA, le morceau de poisson&nbsp;à&nbsp;200 francs CFA. Le pain qui accompagne le niébé&nbsp;coûte au minimum 40 francs CFA, tandis que la banane plantain frite est cédée&nbsp;à&nbsp;25 francs CFA pour deux petits morceaux.</p>



<p>Sokona nous désigne quelques clients fidèles, présents depuis l’époque où&nbsp;sa mère tenait l’étal. Ceux-ci l’appellent affectueusement&nbsp;«&nbsp;<em>ma fille</em>&nbsp;»&nbsp;et bénéficient parfois de portions plus généreuses ou de prix aménagés. Aux alentours de 16 heures, l’animation retombe brusquement, comme si l’endroit n’avait jamais connu autant de passage. La journée s’achève alors par le rangement, le nettoyage et le retour&nbsp;à&nbsp;la maison, avant de recommencer le lendemain.</p>



<p>Malgré&nbsp;la pénibilité&nbsp;du métier, la restauration de rue répond&nbsp;à&nbsp;une forte demande de la population urbaine en repas abordables et constitue une source de revenu essentielle pour de nombreuses familles. Elle n’est toutefois pas sans défis, notamment en matière de propreté, d’assainissement et de respect des normes sanitaires, qui demeurent l’un des grands enjeux de ce secteur vital de l’économie informelle bamakoise.</p>



<p><strong>Noumoukai</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Exploitation minière au Mali : l’enfer des mines artisanales raconté par un employé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 09:15:36 +0000</pubDate>
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<p>L'exploitation minière artisanale au Mali attire de nombreux jeunes. Explorez les défis et les réalités de cette ruée vers l'or.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Depuis quelques années, l</em></strong>’<strong><em>exploitation minière a pris de l</em></strong>’<strong><em>ampleur au Mali. Ce phénomène a entraîné une ruée vers les localités dont le sous-sol est susceptible de regorger de minerais, notamment l</em></strong>’<strong><em>or. Beaucoup de jeunes hommes et femmes migrent vers ces zones pour en chercher. Peu d</em></strong>’<strong><em>entre eux y gagnent réellement leur vie, malgré un travail effectué dans des conditions d</em></strong>’<strong><em>enfer. Un jeune employé rencontré dans le village de Prokoto en témoigne.</em></strong></p>



<p>Au Mali, il existe trois types de mines : les mines industrielles, les mines semi-industrielles et les mines artisanales. Le premier type, au nombre de quatorze, est tenu par de grandes compagnies internationales en collaboration avec l’État. Les mines semi-industrielles utilisent des matériels et outils classiques et sont majoritairement exploitées par des expatriés, notamment des Chinois. Quant aux mines artisanales, elles appartiennent à des nationaux qui utilisent des moyens rudimentaires et emploient toute catégorie de personnes, sans qualification professionnelle en la matière.</p>



<p>Malheureusement, beaucoup de jeunes se retrouvent dans ces mines artisanales, travaillant dans des conditions très dures dépassant l’entendement humain. Les horaires légaux de travail, le montant légal des salaires, la prise en charge sécuritaire et sanitaire, entre autres, ne sont jamais respectés.</p>



<p>Pour corroborer cet état de fait, A.K., un employé, se met à table. Ayant quitté son travail de tailleur dans son village de Somo, dans le cercle de San, notre interlocuteur s’est retrouvé dans une mine artisanale à Prokoto, un village situé à 17 km de la mine industrielle de Sadiola, elle-même située à 80 km de Kayes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-ami-qui-m-a-fait-miroiter-le-reve-d-etre-riche"><strong>Un ami qui m</strong>’<strong>a fait miroiter le rêve d’être riche</strong></h2>



<p>« <em>J</em>’<em>ai séjourné à Bamako pendant près de quatre ans pour apprendre le métier de tailleur. Après avoir acquis des connaissances dans ce métier, mon oncle chez qui je logeais m</em>’<em>a acheté une machine à coudre et m</em>’<em>a demandé d</em>’<em>aller l</em>’<em>installer au village</em> », nous dit A.K. dès l’entame de notre entretien.</p>



<p>Au village, le jeune A.K., âgé d’une trentaine d’années, avait acquis une notoriété en qualité de tailleur, car il était pratiquement le seul. Deux ans plus tard, après son retour au village, il décide de rassembler toutes ses économies pour se rendre à Prokoto, une zone minière.</p>



<p>« <em>C</em>’<em>est un ami originaire d</em>’<em>un village voisin du mien qui m</em>’<em>a entraîné dans cette aventure. De retour des mines, cet ami venait souvent discuter dans mon atelier. Il m</em>’<em>a fait rêver : il avait construit une nouvelle maison pour sa famille, acheté des bœufs de labour pour son père et possédait une grosse mobylette </em>“<em>Sanili”. Quelques temps après, il est malheureusement décédé suite à une maladie dont personne ne connaît l</em>’<em>origine</em> », raconte A.K.</p>



<p>Arrivé sur place après un périple périlleux et coûteux, le jeune tailleur dépose ses valises à Prokoto. Auparavant, il avait séjourné à Kayes chez une connaissance. C’est au cours de ce séjour qu’il croise un recruteur pour une mine artisanale, par l’intermédiaire d’une personne fréquentant la famille de son logeur.</p>



<p>Deux jours après, il quitte Kayes pour Sadiola sans aviser son hôte. Là, il passe une nuit avant de se rendre au village, embarqué sur une moto-taxi assurant le trajet Sadiola–Prokoto.</p>



<p>Sur place, il appelle par téléphone la personne indiquée par le recruteur, qui vient à sa rencontre.</p>



<p>« <em>C’était un mercredi aux environs de 15 heures que mon futur patron est venu me chercher. Après les salutations d</em>’<em>usage, il m</em>’<em>embarque sur une grosse moto à destination d</em>’<em>une colline où se trouve la mine artisanale. Et ce même jour, j</em>’<em>ai commencé à travailler sans avoir au préalable discuté des conditions de travail (salaire, avantages, sécurité, etc.) </em>», indique-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-horaires-de-travail-insoutenables"><strong>Des horaires de travail insoutenables</strong></h2>



<p>A.K. affirme que sa toute première journée de travail a consisté à transporter, à l’aide d’une brouette et d’une pelle, de la boue issue de la carrière d’un endroit à un autre distant d’environ 600 mètres.</p>



<p>« <em>Même la nuit tombée, je continuais à travailler avant d’être autorisé par le chef d’équipe à prendre une pause d</em>’<em>une demi-heure, au cours de laquelle il m</em>’<em>a offert à manger et à boire en compagnie des autres employés, qui sont au nombre de douze</em> », raconte-t-il d’une voix cassée.</p>



<p>D’après lui, les employés présents étaient méconnaissables tant ils transpiraient et étaient couverts de boue et de poussière. Il poursuit en précisant qu’ils avaient le torse nu.</p>



<p>Aux environs de 2 heures du matin, leur équipe a été remplacée par une autre, et le chef d’équipe leur a donné rendez-vous pour le matin à 6 heures. Ainsi, dit-il, ils ont regagné les hangars en bois couverts de bâches en plastique noir servant de dortoirs.</p>



<p>« <em>Nous dormons à même le sol sur des bâches noires, souvent à quatre voire cinq sur un espace d</em>’<em>au moins 10 m²</em> », souligne A.K.</p>



<p>Le lendemain, avant de partir à la carrière, le patron est venu lui remettre son emploi du temps : travailler pendant une semaine, y compris le dimanche et les jours fériés, de 6 heures à 18 heures, puis la semaine suivante de 18 heures à 6 heures du matin.</p>



<p>« <em>Depuis bientôt deux ans, je vis dans ces conditions infernales de travail, tout comme les autres employés parmi lesquels figurent des étrangers originaires du Burkina Faso, du Togo et même du Bénin</em> », ajoute-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-remunerations-au-compte-goutte"><strong>Des rémunérations au compte-goutte</strong></h2>



<p>Une semaine après avoir commencé à travailler, A.K. ose demander au chef d’équipe les conditions salariales. En réponse, celui-ci lui rétorque qu’il ne gère pas cette question et qu’il doit attendre le patron.</p>



<p>Deux jours passent. Une nuit, lors du passage du patron venu voir un employé malade, A.K. l’interpelle. Celui-ci lui répond violemment : « <em>La nourriture et l</em>’<em>eau que toi et les autres consommez sont prises en charge par moi. </em>»</p>



<p>Après cette menace, le patron l’invite à s’écarter du regard des autres. « I<em>ci, les rémunérations se font sur la base de ce que l</em>’<em>on gagne comme pépites d</em>’<em>or. À chaque minerai obtenu, la moitié revient aux employés et l</em>’<em>autre moitié à moi-même. </em>»</p>



<p>En entendant ces propos, le jeune tailleur confie qu’il a failli faire une crise. Sentant sa désolation, le patron lui dit toutefois qu’il peut lui prêter, de temps en temps, de l’argent à rembourser chaque fois qu’il y aura des pépites d’or.</p>



<p>« <em>Depuis mon arrivée, nous avons obtenu de l</em>’<em>or au moins trois fois. Malheureusement, une grande partie de ce que j</em>’<em>ai gagné comme rémunération a servi à rembourser les dettes du patron</em> », affirme A.K.</p>



<p>Il explique qu’il ne peut pas rentrer au village avec une économie qui dépasse à peine ce qu’il gagnait lorsqu’il était tailleur.</p>



<p>Et de conclure qu’il a été trompé par son ami : « <em>Je regrette amèrement d’être venu ici. Je conseille à tous les jeunes qui veulent s</em>’<em>aventurer dans cette voie de bien s</em>’<em>informer avant de prendre la route des zones minières </em>», nous dit A.K., la tête baissée, les larmes presque aux yeux.</p>



<p>Certes, l’orpaillage traditionnel au Mali joue un rôle socio-économique important. Il procure des revenus à de nombreuses communautés, contribuant à leur subsistance et à l’amélioration de leurs conditions de vie, tout en étant une source de revenus pour l’État. Cependant, il soulève de graves questions, notamment celle de la surexploitation silencieuse des employés, majoritairement des jeunes.</p>



<p><strong>Nianacoro&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Dans les entrailles des garages de Bamako : l’apprentissage au prix de l’enfance</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Jul 2025 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Le travail des enfants dans les garages de Bamako expose une réalité tragique. Apprentissage ou exploitation, quelle est la vérité ?</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Derrière les bruits de marteaux et l’odeur d’huile brûlée, des enfants travaillent chaque jour, loin des bancs de l’école. Présenté comme une chance d’apprendre un métier, ce quotidien cache souvent des journées éreintantes, des salaires dérisoires et une enfance sacrifiée. Entre apprentissage traditionnel et réalité brutale, la frontière est mince, et beaucoup se demandent si ces ateliers forment vraiment ou exploitent les plus jeunes.</em></strong></p>



<p>Dans un petit garage poussiéreux de Kabala, Abdoulaye Traoré, 13 ans, tient une clé presque trop grande pour ses mains. Il a arrêté l’école en 5e année. «&nbsp;<em>Non, je ne vais plus à l’école. Mes parents n’avaient plus les moyens de payer ma scolarité. Maintenant, je viens tous les jours au garage, de 8h à 18h&nbsp;</em>», confie-t-il d’une voix à peine audible. Autour de lui, d’autres apprentis comme Sidi Camara et Moustapha Traoré s’affairent sous les carrosseries cabossées.</p>



<p>Pour ces enfants, l’espoir se résume souvent à apprendre à réparer une moto ou fabriquer une porte pour, un jour, peut-être, ouvrir leur propre atelier. Quand on lui demande s’il est payé, Abdoulaye esquisse un sourire triste. «&nbsp;<em>Je ne suis pas vraiment payé. Parfois, le patron me donne 1000 ou 1500 francs CFA quand il est content. Mais il dit surtout que c’est pour m’apprendre le métier&nbsp;</em>», souligne-t-il.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-patrons-entre-traditions-et-justifications"><strong>Des patrons entre traditions et justifications</strong></h2>



<p>Du côté des patrons, le discours est plus nuancé. À quelques rues de là, Demba Konaté, propriétaire d’un garage de réparations de motos à Kabala, explique pourquoi il accepte ces enfants. «&nbsp;<em>Je ne les fais pas travailler pour les exploiter. Ce sont souvent des enfants du quartier, parfois orphelins ou de familles pauvres. Les parents eux-mêmes viennent me les confier. Je préfère les voir ici que dans la rue&nbsp;</em>», explique-t-il.</p>



<p>Pour lui, il s’agit avant tout d’un apprentissage. «&nbsp;<em>Moi-même j’ai commencé comme ça. Ce n’est pas facile, mais c’est comme ça qu’on devient un vrai réparateur. Je reconnais qu’ils travaillent dur, mais c’est pour leur avenir</em>&nbsp;», nous confie-t-il.</p>



<p>À Tiebani et Kalaban Coro, même discours chez Mohamed Karembé et Malick Sidibé, tous les deux patrons d’ateliers en menuiserie bois. Tous affirment vouloir «&nbsp;<em>occuper les enfants</em>&nbsp;» pour leur éviter la rue, tout en leur transmettant un savoir-faire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-ombre-d-une-exploitation"><strong>L’ombre d’une exploitation</strong></h2>



<p>Mais sur le terrain, la frontière entre apprentissage et exploitation est mince. Les journées dépassent souvent dix heures, parfois sous un soleil de feu ou au milieu de vapeurs toxiques sans aucune protection. Et quand la seule récompense est un billet de 1000 francs de temps à autre, difficile de ne pas y voir un rapport de force inégal.</p>



<p>«&nbsp;<em>C’est dur. Parfois, je suis fatigué, j’ai mal aux bras, mais je dois continuer&nbsp;</em>», raconte Sidi Camara, 14 ans, apprenti depuis un an. Sans contrat, sans couverture médicale et sans garantie d’être payé un jour, ces jeunes travailleurs restent invisibles aux yeux des lois et des institutions.</p>



<p>Pourtant, le Code du travail malien est clair : nul ne peut être engagé comme apprenti s’il n’a pas au moins 14 ans, ou 13 ans, s’il a terminé le premier cycle fondamental. Un décret précise même que les travaux légerssont les seuls autorisés entre 12 et 14 ans, et ce dans des conditions strictes : 2 heures par jour si l’enfant est scolarisé, 4,5 heures s’il ne l’est pas. Encore faut-il que ces règles soient appliquées.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-systeme-herite-et-difficile-a-changer"><strong>Un système hérité et difficile à changer</strong></h2>



<p>La pratique de l’apprentissage précoce existe depuis longtemps au Mali. Elle repose sur une idée : former des jeunes à un métier artisanal pour qu’ils puissent, plus tard, gagner leur vie. C’est un héritage de l’éducation traditionnelle africaine, fondée sur la transmission orale et la formation sur le tas.</p>



<p>Pourtant, les conventions internationales, que le Mali a ratifiées – notamment la Convention n° 138 de l’OIT sur l’âge minimum et la Convention n° 182 sur les pires formes de travail des enfants – établissent que tout enfant de moins de 18 ans doit être protégé contre les travaux dangereux, notamment ceux pouvant compromettre leur santé, leur sécurité ou leur moralité.</p>



<p>Mais dans bien des ateliers de Bamako, ces principes restent lettre morte. Certains patrons tentent malgré tout de faire autrement. Malick Sidibé assure qu’il laisse parfois ses apprentis partir plus tôt pour apprendre à l’école. «&nbsp;<em>J’aimerais qu’ils sachent au moins lire et compter</em>&nbsp;», dit-il. Mais la plupart des enfants quittent l’école définitivement, sacrifiant le peu d’instruction qu’ils avaient.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-silence-des-rues"><strong>Le silence des rues</strong></h2>



<p>Dans les quartiers visités, personne ne semble choqué. C’est la coutume, disent les uns. C’est mieux que de traîner, disent les autres. Abdoulaye Traoré, lui, ne rêve pas vraiment d’un autre avenir. «&nbsp;<em>Moi, je veux juste devenir un bon mécanicien dans les années à venir&nbsp;</em>», affirme-t-il.</p>



<p>Et pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon l’OIT et l’UNICEF, 87 millions d’enfants travaillent en Afrique subsaharienne, souvent dans des conditions qui ne respectent ni leur âge, ni leur droit à l’éducation. Le secteur informel – garages, ateliers, chantiers – concentre une grande partie de cette main-d’œuvre invisible.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-question-qui-derange"><strong>Une question qui dérange</strong></h2>



<p>Faut-il interdire totalement l’apprentissage dès le jeune âge ? Ou plutôt mieux l’encadrer pour le protéger ? Au Mali, des initiatives émergent timidement. Le Plan national pour l’élimination du travail des enfants a été adopté. Un arrêté récent a précisé les travaux légers autorisés pour les moins de 15 ans. Des efforts, certes, mais encore loin du terrain.</p>



<p>Pour ces enfants, le choix est rarement libre. Quand la misère frappe, le garage devient refuge autant que prison. Un endroit où l’on grandit trop vite, à force de vis rouillées et d’heures volées à l’enfance.</p>



<p>Et dans les bruits métalliques qui résonnent dans ces différents garages et ateliers, une même question plane : former ou exploiter ? Entre nécessité sociale, héritage éducatif et dure réalité économique, la ligne est plus fine qu’on ne l’imagine.</p>



<p><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : Premier mai, mémoire d’un combat inachevé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 May 2025 10:20:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La Journée internationale du travail au Mali révèle des luttes pour la dignité des travailleurs et des tensions sociales persistantes.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Alors que le Mali célèbre la Journée internationale du travail, les tensions sociales et syndicales rappellent que la conquête des droits n’est jamais acquise. Entre héritage ouvrier, promesses étatiques et réalités éducatives chaotiques, ce 1er mai est plus qu’une commémoration. Il est le miroir d’un combat toujours en cours.</em></strong><br>À Bamako comme ailleurs, les banderoles s’agitent, les discours s’enchaînent, les fanfares de circonstance accompagnent la solennité de l’instant. Ce 1er mai 2025, comme les précédents, le Mali célèbre la Journée internationale du travail. Mais derrière les slogans rituels et les poignées de main officielles, le bilan social malien raconte une autre histoire. Celle d’un pays où la lutte pour la dignité des travailleurs reste, plus que jamais, une nécessité.</p>



<p>À l’échelle mondiale comme africaine, la Confédération syndicale internationale Afrique (CSI-Afrique) a retenu pour l’année 2025 le thème : « <em>Industrialisation, commerce et travail décent pour la justice sociale</em> », soulignant l’urgence d’une industrialisation inclusive et durable, alliée à des conditions de travail décentes pour garantir une justice sociale réelle sur le continent. Au Mali, l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) inscrit sa célébration du 1er mai 2025 dans cette dynamique en choisissant le thème : « <em>Travailler dans la dignité, défendre la justice sociale, préserver la Nation </em>», mettant en lumière le rôle essentiel des travailleurs dans l’édification de la nation malienne, en dépit des multiples crises traversées.<br>La symbolique de cette journée puise sa force dans les grèves ouvrières du XIXe siècle, les 8 heures arrachées au prix du sang à Chicago. Transplantée au Mali post-indépendance, elle s’est ancrée dans un tissu social en construction, où les syndicats — notamment l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) — ont dû batailler pour exister, pour peser, pour survivre à la répression et à la paupérisation rampante. Entre avancées salariales et blocages structurels, la condition ouvrière malienne est demeurée une ligne de front, un éternel bras de fer entre promesses politiques et réalités économiques.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-pacte-social-remede-ou-calmant"><strong>Le Pacte social, remède ou calmant ?</strong></h3>



<p>Certaines dates ont marqué les esprits. La grève générale de 2014, par exemple, avait sonné comme un coup de semonce. Le dialogue social, sous tension, avait fini par accoucher d’un compromis — certes fragile, mais salué comme un pas vers plus de justice sociale. Et pourtant, onze ans plus tard, les vieilles douleurs sont toujours là, recouvertes d’un vernis de stabilité qui craque à la moindre friction.</p>



<p>Dernier épisode en date : en avril 2025, le SYNABEF s’est insurgé contre le non-respect d’un protocole d’accord. Une grève, encore. Des revendications salariales, toujours. Et ce constat récurrent : au Mali, les travailleurs sont souvent contraints de hausser le ton pour simplement faire respecter l’écrit.<br>C’est dans ce contexte que le gouvernement a signé un Pacte de stabilité sociale et de croissance, avec en vitrine une hausse du SMIG et une promesse d’accalmie. Une main tendue ou un trompe-l’œil ? L’avenir le dira. Car un pacte, fût-il gravé dans le marbre, ne vaut que par la confiance que les signataires lui accordent — et cette confiance, au Mali, se mérite plus qu’elle ne se décrète.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-education-terrain-mine-de-la-lutte-sociale"><strong>L’éducation, terrain miné de la lutte sociale</strong></h3>



<p>Mais s’il est un secteur où la fracture entre parole publique et réalité de terrain est béante, c’est bien celui de l’éducation. Depuis les «&nbsp;<em>années de braise</em>&nbsp;» (1977-1980), où la répression contre les étudiants a culminé avec l’assassinat d’Abdoul Karim Camara «&nbsp;<em>Cabral</em>&nbsp;», jusqu’aux grèves récentes de 2022 et 2024, les salles de classe sont devenues des arènes de confrontation.</p>



<p>En mars 2024, le gouvernement malien a prononcé la dissolution de l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (AEEM), qu’il juge responsable de violences graves et d’affrontements armés répétés dans les milieux scolaires et universitaires. Cette décision radicale intervient à la suite d’un incident meurtrier survenu le 28 février 2024, ayant coûté la vie à un étudiant et causé plusieurs blessés lors d’un affrontement entre factions rivales au sein même de l’association.&nbsp;</p>



<p>En décembre 2022, puis en février 2024, les syndicats de l’éducation ont paralysé le système scolaire. Les enseignants réclament des salaires, les élèves leurs droits à l’éducation, et les parents leur légitimité à exiger la continuité. À chaque fois, c’est l’enfant malien qui paie le prix de cette guerre silencieuse.<br>Car au Mali, l’éducation est ce paradoxe tragique : universellement saluée comme moteur du développement, mais systématiquement sacrifiée sur l’autel du retard budgétaire, du mépris bureaucratique et de la négligence chronique. Ce n’est pas faute de textes ni de chartes. C’est une question de volonté. De courage. De priorité politique.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-journee-de-combat-pas-seulement-de-commemoration"><strong>Une journée de combat, pas seulement de commémoration</strong></h3>



<p>Alors oui, célébrer le 1er mai est un devoir de mémoire. Mais dans un pays où la précarité est la norme, où les fonctionnaires attendent leurs primes, où les élèves cumulent les années blanches comme des stigmates, ce jour doit être aussi celui d’un inventaire sans complaisance.</p>



<p>Le travail au Mali n’est pas encore un droit garanti. C’est un combat. Un risque. Une espérance.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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