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	<title>Archives des cohésion sociale | Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des cohésion sociale | Sahel Tribune</title>
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		<title>Conférence Faso Baro Kènè : comment le Ndomo transmet les valeurs du Maaya et du Danbé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jul 2026 07:44:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>À travers une conférence du Faso Baro Kènè au Mémorial Modibo Keïta, le Ndomo est présenté comme une école de vie transmettant les valeurs du Maaya, du Danbé et du patrimoine culturel mandingue aux jeunes générations.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Mémorial Modibo Keïta a servi de cadre, ce jeudi 9 juillet 2026, à la première conférence du parrain des activités culturelles du mois de juillet. Éminent marionnettiste et gardien des traditions maliennes, il a réuni autour de lui des personnalités, des chercheurs, des étudiants et un public passionné. Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre du Faso Baro Kènè, espace de réflexion consacré au patrimoine et à l’identité.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Placée sous le thème «&nbsp;<em>Les Années du Ndomo : Maaya Diliw</em>&nbsp;», la conférence a offert un moment privilégié de réflexion sur l’une des plus anciennes institutions éducatives mandingues. Le Ndomo, bien plus qu’un rite initiatique, constitue une véritable école de la vie. Il transmet aux jeunes les valeurs de respect, discipline, solidarité, courage et responsabilité, préparant ainsi les futurs adultes à assumer leur rôle dans la société.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une réflexion sur l’éducation traditionnelle mandingue</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de l’événement, cette rencontre a rappelé que la culture demeure un puissant levier d’éducation et de cohésion sociale. L’importance de préserver les savoirs ancestraux afin de transmettre aux jeunes générations les valeurs qui ont façonné les sociétés africaines a été mise en avant. La culture n’est pas une simple mémoire du passé, mais un outil vivant de développement humain et de construction citoyenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’univers mandingue, le Ndomo occupe une place singulière. Il inculque aux jeunes les principes du vivre-ensemble et les prépare à la vie adulte. Les enseignements reposent sur le Maaya, idéal d’humanisme plaçant l’homme au cœur des relations sociales, et sur le Danbé, symbole de dignité et d’intégrité. Ces valeurs, toujours actuelles, constituent des repères indispensables pour bâtir une société harmonieuse et solidaire.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Les-participants-au-Faso-baro-kainai.jpeg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="980" height="470" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Les-participants-au-Faso-baro-kainai.jpeg" alt="Les participants au Faso baro kènè" class="wp-image-23315" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Les-participants-au-Faso-baro-kainai.jpeg 980w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Les-participants-au-Faso-baro-kainai-300x144.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Les-participants-au-Faso-baro-kainai-768x368.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Les-participants-au-Faso-baro-kainai-585x281.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Les-participants-au-Faso-baro-kainai-600x288.jpeg 600w" sizes="(max-width: 980px) 100vw, 980px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Les participants à la conférence de juillet du  Faso baro kènè, au Mémorial Modibo Kéïta de Bamako. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Ndomo, mémoire vivante et école de vie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il a été souligné que le Ndomo participe à la sauvegarde du patrimoine immatériel du Mali. Les chants, récits initiatiques, pratiques artistiques et symboles transmis de génération en génération représentent une mémoire vivante. Préserver cet héritage face aux défis de la modernité est essentiel. La transmission ne relève pas de la nostalgie, mais d’un investissement pour l’avenir, garantissant la continuité des valeurs éducatives et culturelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Héritier d’une prestigieuse famille de marionnettistes, l’orateur incarne la fidélité aux traditions et l’ouverture sur le monde. Depuis plusieurs décennies, il raconte l’histoire des peuples à travers ses marionnettes, sensibilisant les jeunes aux valeurs du vivre-ensemble. Chaque personnage devient un vecteur d’éducation, chaque spectacle une leçon de civisme et de paix. Son œuvre illustre la pertinence des arts traditionnels face aux enjeux contemporains.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un parrainage culturel porteur de symboles</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sa présence comme parrain des activités culturelles de juillet traduit la volonté des autorités de mettre en lumière les acteurs qui consacrent leur vie à la sauvegarde de l’identité nationale. En incarnant cette mémoire vivante, il est rappelé que le patrimoine culturel n’est pas figé. Il s’agit d’une richesse dynamique, nourrie par la transmission entre générations, et indispensable pour renforcer la cohésion nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les échanges nourris de la conférence ont démontré combien le patrimoine culturel demeure un facteur essentiel de cohésion sociale. Le Faso Baro Kènè a offert un espace de dialogue où les participants ont mesuré la pertinence des enseignements du Ndomo dans la construction d’une société fondée sur solidarité et responsabilité collective. À une époque de bouleversements, ces valeurs apparaissent comme des repères indispensables pour maintenir l’équilibre social.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le patrimoine culturel, socle de cohésion nationale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au nom du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, le chargé de mission Amadou Diabaté a salué l’engagement en faveur de la sauvegarde et de la valorisation du patrimoine culturel. Il a transmis les salutations du ministre et s’est félicité de la qualité des échanges. Il a réaffirmé l’engagement du département à accompagner toutes les initiatives favorisant la transmission des valeurs éducatives, culturelles et citoyennes auprès des jeunes générations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Le Ndomo incarne une école de la vie où se construisent les citoyens de demain. Le parcours présenté témoigne que préserver le patrimoine est une promesse d’avenir pour un Mali fier de ses traditions, de ses valeurs et de son identité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Kansinaya : comprendre les origines d’une rivalité qui fracture les familles maliennes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jul 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
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<p>À Bamako, le kansinaya, cette rivalité entre belles-sœurs vivant dans une même concession, fragilise les liens familiaux. Analyse d’un phénomène social alimenté par la promiscuité, la crise du logement et les mutations urbaines.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans plusieurs concessions de Bamako, de nos jours, ce n’est pas la pauvreté qui tue les liens familiaux en premier. C’est le regard de la belle-sœur d’en face. Une forme de polygamie sans pour autant partager le même homme.&nbsp;</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une ironie cruelle dans la manière dont les familles maliennes se défont. Elles ont résisté aux colonisations, aux coups d’État, aux sécheresses successives, aux crises alimentaires chroniques. Elles ont tenu debout quand tout s’effondrait autour d’elles. Et voilà qu’elles capitulent devant un plat jugé meilleur que celui de la voisine de cour. Devant un mot chuchoté trop fort entre deux portes. Devant la jalousie silencieuse et dévastatrice, entre des épouses de frères vivant dans la même concession, que le bambara nomme&nbsp;<em>kansinaya</em>, et que le français, faute de mot précis, traduit maladroitement par rivalité entre belles-sœurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas un épiphénomène. C’est une épidémie sociale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La concession, ce piège économique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre le kansinaya, il faut d’abord comprendre la concession bamakoise, voire malienne de façon plus large. Ce n’est pas seulement un mode d’habitat. C’est un modèle d’organisation sociale hérité d’une époque où la famille élargie fonctionnait comme un système de solidarité intégrée. On partageait l’espace parce qu’on partageait tout le reste&nbsp;: les ressources, les risques, les deuils, les joies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce modèle est aujourd’hui sous pression extrême. Bamako est l’une des capitales africaines dont la <a href="https://www.persee.fr/doc/payen_0989-6007_1993_ant_6_1_904" target="_blank" rel="noreferrer noopener">croissance démographique</a> est la plus rapide. Sa population a été multipliée par dix en quarante ans, passant d’environ <a href="https://unhabitat.org/fr/node/94584" target="_blank" rel="noreferrer noopener">400 000 habitants en 1980</a> à plus de 3,5 millions aujourd’hui selon les projections de l’INSTAT et de l’ONU-Habitat. Cette explosion urbaine n’a pas été accompagnée d’une production suffisante de logements accessibles. Résultat : des familles qui auraient pu, économiquement, vivre séparément continuent de cohabiter dans des espaces conçus pour la moitié de leurs occupants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La promiscuité subie n’est pas la même chose que la solidarité choisie. Et quand plusieurs ménages aux revenus inégaux partagent une même cuisine, une même cour, un même robinet, la friction devient inévitable. Ce n’est pas une question de mauvaise volonté. C’est une question de mathématiques sociales.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le poison lent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui rend le kansinaya si destructeur, c’est sa progression souterraine. Il ne commence pas par une dispute frontale. Il commence par un regard. Une remarque anodine sur la façon dont l’autre gère ses enfants. Une inégalité de traitement perçue, qu’elle soit réelle ou imaginée, de la part du mari. Un cadeau offert à l’un, par son époux, que l’autre n’a pas reçu du sien. On ne mesure plus les capacités financières de son partenaire, tellement aveuglé par la jalousie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces micro-agressions s’accumulent en silence, s’épaississent en rancœurs, et finissent par structurer l’ensemble des relations dans la concession. Les enfants, élevés dans cet environnement, intègrent le conflit comme norme relationnelle. Des cousins qui auraient dû grandir ensemble comme des frères deviennent des étrangers méfiants, parfois des adversaires déclarés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon des observateurs de ce phénomène social, ce processus est comparable à un traumatisme diffus et normalisé. Les enfants élevés dans ces foyers fracturés présentent statistiquement des niveaux plus élevés d’anxiété et de difficultés à construire des relations de confiance à l’âge adulte. Ils reproduisent, dans leurs propres foyers, les schémas appris dans la cour de leur enfance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le kansinaya se transmet. Pas comme une malédiction, mais comme une culture.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les frères, dommages collatéraux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La cruauté particulière de ce phénomène est qu’il utilise les femmes comme vecteurs pour détruire les hommes. Des frères qui ont partagé la même chambre d’enfance, qui se sont battus côte à côte dans les cours d’école, qui ont pleuré ensemble la mort de leur père finissent par ne plus se saluer dans la cour commune. Ils sont entrainés dans des guerres de procuration dont ils ne maitrisent ni les origines ni l’issue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le <a href="https://fr.scribd.com/archive/plans?doc=924853052&amp;metadata=%7B%22context%22%3A%22archive_view_restricted%22%2C%22page%22%3A%22read%22%2C%22action%22%3A%22download%22%2C%22logged_in%22%3Atrue%2C%22platform%22%3A%22web%22%7D" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rapport 2022 du PNUD Mali sur la cohésion sociale</a>, les conflits intrafamiliaux liés aux dynamiques de cohabitation figurent parmi les principales causes de fragmentation du lien communautaire en milieu urbain, devant les conflits fonciers et les tensions politiques dans certaines zones périphériques de Bamako. Un chiffre qui dit à lui seul à quel point ce phénomène, longtemps relégué au rang d’histoires de femmes, est en réalité une question de société entière.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que la tradition ne peut plus faire seule</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ce délitement, les recours traditionnels s’épuisent. Les griots rappellent que les frères sont les doigts d’une même main. Les imams convoquent le&nbsp;<em>Silat al-Rahim</em>, cette obligation coranique de maintenir les liens du sang que rien ne devrait rompre. Les anciens organisent des médiations dans les cours, tentant de désamorcer des bombes à retardement relationnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces remparts ont leur noblesse. Ils ont longtemps tenu. Mais ils se heurtent aujourd’hui à une double réalité que ni la tradition ni la foi ne peuvent résoudre seules&nbsp;: une crise du logement structurelle qui force la cohabitation, et une montée de l’individualisme urbain qui rend cette cohabitation de plus en plus insupportable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Organisation mondiale de la santé, le <a href="https://www.afro.who.int/fr/countries/south-africa/news/accelerer-laction-regionale-pour-faire-progresser-les-soins-de-sante-mentale-en-afrique" target="_blank" rel="noreferrer noopener">stress chronique</a> lié aux conflits familiaux est l’un des premiers facteurs de détresse psychologique non diagnostiquée dans la région. Une détresse qui touche massivement les femmes, silencieusement, sans jamais atteindre les statistiques officielles ni les politiques publiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que nous perdons, concrètement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui disparaît avec chaque concession fracturée, c’est un modèle de solidarité que l’État malien n’a jamais vraiment remplacé. La famille élargie reste le premier et souvent le seul filet de sécurité accessible pour des millions de personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand ce filet se déchire sous l’effet du kansinaya, ce ne sont pas seulement des relations humaines qui s’abîment. Ce sont des solidarités concrètes qui disparaissent&nbsp;: la vieille tante qui n’aura plus personne pour payer ses soins, l’enfant orphelin qui n’aura plus de cour pour le recueillir, le jeune chômeur qui n’aura plus de réseau familial pour l’insérer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre froide dans nos concessions n’est pas une anecdote sociologique. C’est une crise silencieuse aux conséquences très concrètes, et qui mérite, enfin, d’être traitée comme telle. Le Programme national d’éducation aux valeurs a pour ambition de rétablir cette cohésion sociale en phase de disparition dans notre pays.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : cinq ans de Transition, le gouvernement présente son bilan en santé, réconciliation et affaires religieuses</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jul 2026 07:59:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>À cinq ans de l'arrivée au pouvoir d'Assimi Goïta, trois ministres présentent leur bilan devant la société civile : santé, réconciliation et affaires religieuses au cœur des débats.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À l&rsquo;occasion du cinquième anniversaire de l’accession au pouvoir du général Assimi Goïta, trois ministres se sont soumis jeudi à un exercice de redevabilité publique devant la presse et la société civile. Santé, réconciliation, affaires religieuses : un bilan en demi-teinte, entre réalisations réelles et défis persistants dans un pays qui reste en état de guerre.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 7 juin 2021, le général Assimi Goïta prêtait serment comme président de la Transition malienne, après les évènements d’août 2020, et de mai 2021. Cinq ans plus tard, jour pour jour, l&rsquo;exercice de redevabilité organisé ce jeudi 2 juillet 2026 dans les locaux du ministère de la Santé et du Développement social à Bamako avait quelque chose d&rsquo;inédit dans le paysage politique malien : trois membres du gouvernement, devant un parterre de journalistes, de représentants de la société civile et de bénéficiaires, sommés de répondre de leurs actes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La santé : un chantier réel dans un contexte de souveraineté </strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;exercice est symbolique autant que substantiel. La conférence du 2 juillet est organisée par le gouvernement lui-même, pour ses propres ministres — mais elle dit quelque chose sur la volonté de la Transition de construire une narrative de résultats dans le cadre de ce 5<sup>ème</sup>&nbsp;anniversaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le bilan présenté par le colonel-major Assa Badiallo Touré, ministre de la Santé et du Développement social, est celui qui a suscité le plus de réactions dans la salle. Parmi les réalisations annoncées : 15 hôpitaux de district en construction, la création de centres de dialyse, l&rsquo;installation de panneaux solaires dans les structures sanitaires, la digitalisation des services avec notamment le paiement des pensions par transfert d&rsquo;argent mobile, et les initiatives de solidarité — dons aux couches vulnérables, aide aux victimes d&rsquo;inondations, programme «&nbsp;<em>Soungalo Solidarité</em>&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La réconciliation : l&rsquo;ambition et les cicatrices</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le général de corps d&rsquo;armée Ismaël Wagué, ministre d&rsquo;État chargé de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale — et figure politique centrale de la Transition depuis le coup d&rsquo;État de 2020 —, a présenté les actions de son département en insistant sur le rôle des acteurs locaux comme relais de proximité dans les processus de dialogue communautaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réconciliation nationale reste le dossier le plus complexe et le moins quantifiable du bilan de la Transition. Les Assises nationales de la Refondation (2021-2022), le Programme de stabilisation des zones centre (PSZ-C), les initiatives de réinsertion d&rsquo;ex-combattants dans certaines localités : autant de chantiers engagés, dont l&rsquo;impact sur la réalité du tissu social malien n’est plus à démontrer.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les affaires religieuses : la paix des mosquées comme enjeu de sécurité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième volet de la conférence concernait un portefeuille moins visible mais stratégiquement important : celui du ministre Mahamadou Koné, chargé du Culte et des Affaires religieuses. Ce département gère l&rsquo;organisation des pèlerinages — Hajj pour les musulmans, pèlerinage chrétien —, la formation des leaders religieux et les relations entre l&rsquo;État et les institutions confessionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dimension sécuritaire de ce portefeuille n&rsquo;est pas anodine. L&rsquo;une des révélations des attaques du 25 avril 2026 contre le camp Soundiata de Kati avait été un appel à la prière insolite à 1h18 du matin depuis la mosquée de Sananfara — signal de coordination présumé des groupes armés. La question du management sécuritaire des lieux de culte, soulevée par plusieurs analystes après ces événements, touche directement au portefeuille de Mahamadou Koné. Comment distinguer l&rsquo;exercice légitimement libre du culte et son instrumentalisation par des groupes armés : c&rsquo;est une équation que le ministère du Culte devra résoudre sans attenter à la liberté religieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : face à la mendicité, l&#8217;État prend ses responsabilités</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jun 2026 08:00:34 +0000</pubDate>
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<p>Le gouvernement malien a adopté une Stratégie nationale de lutte contre la mendicité et un Plan d’actions 2026-2028. L’objectif : protéger les enfants, renforcer l’inclusion sociale et promouvoir des alternatives économiques durables.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le gouvernement de la Transition a adopté une Stratégie nationale de lutte contre la mendicité assortie d&rsquo;un Plan d&rsquo;actions 2026-2028. Une réponse structurée, globale et ancrée dans les valeurs maliennes, qui place la protection de l&rsquo;enfant et la cohésion sociale au cœur des priorités de l&rsquo;État.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La scène est devenue familière dans les rues de Bamako, de Ségou ou de Mopti : des enfants tendant la main aux carrefours, des femmes portant leur nourrisson sur le dos pour apitoyer les passants, des hommes déambulant en quête d&rsquo;une aumône. La mendicité, phénomène complexe aux ramifications sociales, économiques et culturelles, a pris au Mali une ampleur telle qu&rsquo;elle appelle désormais une réponse d&rsquo;État coordonnée et durable, surtout en ce contexte de lutte implaccable contre le terrorisme. C&rsquo;est désormais chose faite. Réuni le 25 juin 2026 au Palais de Koulouba sous la présidence du Général d&rsquo;Armée Assimi Goïta, le Conseil des ministres a pris acte d&rsquo;une communication du Premier ministre portant adoption de la Stratégie nationale de lutte contre la mendicité et de son Plan d&rsquo;actions 2026-2028.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un phénomène devenu systémique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le diagnostic posé par le gouvernement est sans ambiguïté. Au cours des dernières décennies, la mendicité a cessé d&rsquo;être un phénomène marginal pour devenir, dans bien des cas, un véritable mode de subsistance. Les crises sécuritaires successives, les déplacements de populations, la pression démographique et la fragilisation du tissu économique rural ont alimenté un exode vers les villes, où une frange croissante de ménages n&rsquo;a d&rsquo;autre recours que la sollicitation de la charité publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conséquences sont multiples et préoccupantes. Pour les enfants d&rsquo;abord — et ils sont légion à être exposés à ce phénomène —, la mendicité constitue une atteinte directe à leurs droits fondamentaux : droit à l&rsquo;éducation, droit à la protection, droit à un développement harmonieux. Pour la société ensuite, la visibilité croissante de ce phénomène érode la cohésion sociale et fragilise l&rsquo;image des villes maliennes. Pour le développement humain enfin, elle entretient des logiques d&rsquo;exclusion et de dépendance qui freinent toute dynamique d&rsquo;émancipation.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une stratégie ancrée dans la vision du Mali kura</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Loin d&rsquo;une approche sécuritaire ou répressive, la stratégie adoptée par le gouvernement choisit délibérément la voie de la prévention et de l&rsquo;inclusion. Elle s&rsquo;inscrit dans le cadre du projet de société «&nbsp;<em>Mali kura nɛtaasira ka ben san 2063 ma</em>&nbsp;» — la vision 2063 — et de la Stratégie nationale pour l&rsquo;Émergence et le Développement durable 2024-2033. Ce double ancrage n&rsquo;est pas anodin : il signale que la lutte contre la mendicité n&rsquo;est pas une politique sectorielle isolée, mais un volet à part entière de la reconstruction nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;objectif central est de contribuer à la réduction durable de la mendicité, notamment celle impliquant les enfants, à travers une approche globale reposant sur la prévention, la protection, l&rsquo;inclusion socio-économique et la responsabilisation des familles et des communautés. Le texte mentionne également la promotion d&rsquo;une éducation inclusive conforme aux valeurs religieuses et républicaines du Mali — une formulation qui témoigne de la volonté d&rsquo;articuler tradition et modernité plutôt que de les opposer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quatre axes pour une réponse globale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La stratégie repose sur quatre piliers complémentaires. Le premier concerne la promotion des alternatives socio-économiques et la réinsertion des personnes vulnérables. Il s&rsquo;agit ici de s&rsquo;attaquer aux causes profondes de la mendicité en offrant des débouchés économiques à celles et ceux qui y ont recours par nécessité : formation professionnelle, appui à l&rsquo;entrepreneuriat, accès aux filets sociaux. Sans alternatives crédibles, toute politique de lutte contre la mendicité risque de rester lettre morte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième axe vise le renforcement de la responsabilité parentale. Dans un pays où la cellule familiale demeure le premier filet de sécurité, responsabiliser les parents — en les accompagnant plutôt qu&rsquo;en les sanctionnant — constitue un levier puissant. Le troisième pilier porte sur l&rsquo;encadrement et l&rsquo;accompagnement des écoles coraniques, dont certaines pratiquent la mendicité rituelle imposée aux jeunes talibés. Il ne s&rsquo;agit pas de les stigmatiser, mais de les intégrer dans un cadre régulé, qui garantisse la dignité et la protection des enfants qui y sont scolarisés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, le quatrième axe — l&rsquo;intégration progressive de l&rsquo;enseignement religieux dans le système éducatif national — traduit une ambition de long terme : réconcilier deux systèmes d&rsquo;éducation qui ont trop souvent coexisté en parallèle, au détriment des enfants pris entre eux. En offrant aux familles une éducation qui honore leur foi tout en ouvrant des perspectives d&rsquo;avenir, l&rsquo;État répond à une attente sociale profonde.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>2026-2028 : le temps de l&rsquo;action</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La stratégie ne restera pas un document de bureau. Elle entre immédiatement en phase opérationnelle avec un premier Plan d&rsquo;actions couvrant la période 2026-2028. Ce calendrier volontariste place le gouvernement face à ses engagements dans un délai mesurable. Dans un contexte où la Transition est engagé dans un processus de transformation profonde des institutions et d’amélioration concrète des conditions de vie des Maliens, l&rsquo;adoption de ce plan est un signal fort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il reste que la réussite de cette stratégie dépendra de la mobilisation de l&rsquo;ensemble des acteurs : ministères, collectivités territoriales, organisations de la société civile, leaders religieux et communautaires. La mendicité est un fait social total ; sa résorption ne peut être que l&rsquo;œuvre d&rsquo;une société qui se mobilise tout entière. Le gouvernement a posé le cadre. Reste à l&rsquo;habiter.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
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		<title>Souveraineté, sécurité et résilience sociale au Sahel : dynamiques et enjeux contemporains</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Face aux crises sécuritaires, le Mali, le Burkina Faso et le Niger cherchent à renforcer leur souveraineté. Analyse des enjeux de résilience sociale, du rôle des femmes, des jeunes et des déplacés internes dans la stabilisation du Sahel.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les femmes, les jeunes et les déplacés internes sont souvent présentés comme les victimes silencieuses des crises qui traversent le Sahel. Toutefois, leur situation dépasse largement le cadre humanitaire. Elle constitue l’un des indicateurs importants de la résilience des sociétés sahéliennes et des dynamiques à l’œuvre dans le cadre des politiques de stabilisation engagées par les États de la région dans les processus de réappropriation et de consolidation de la souveraineté.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers leurs conditions de vie, leur capacité à maintenir des activités économiques, à accéder aux services sociaux essentiels et à préserver leurs liens communautaires, se mesure concrètement la portée des efforts de restauration progressive de l’autorité de l’État sur les territoires concernés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La stabilisation sécuritaire, une étape essentielle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Du Mali au Burkina Faso, en passant par le Niger, la souveraineté s’est progressivement imposée comme l’un des principaux référentiels politiques des transitions contemporaines. La reconquête et la sécurisation des territoires, la lutte contre les groupes armés terroristes, le renforcement des capacités nationales de défense ainsi que la réduction des dépendances stratégiques occupent une place centrale dans les orientations des États de la région. Les forces armées nationales constituent à cet égard des acteurs essentiels des dynamiques de stabilisation et de sécurisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, au-delà des enjeux militaires, diplomatiques et géopolitiques, se développe une autre dimension, moins visible mais essentielle : celle de la souveraineté sociale. La souveraineté sécuritaire renvoie à la capacité d’un État à assurer la protection de son territoire et de ses frontières. La souveraineté sociale, quant à elle, désigne la capacité des États à garantir aux populations l’accès aux conditions minimales d’une vie digne dans un contexte de contraintes sécuritaires. Elle concerne notamment l’accès à l’éducation, à la santé, aux moyens de subsistance, à la protection sociale ainsi qu’au maintien de la cohésion communautaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette distinction est importante pour comprendre les dynamiques actuelles du Sahel. Le rétablissement de l’autorité de l’État dans certaines zones ne s’accompagne pas toujours immédiatement du retour des populations déplacées dans leurs localités d’origine, ni de la reprise complète des activités économiques et sociales. La stabilisation sécuritaire constitue une étape essentielle, qui s’inscrit dans un processus plus large de reconstruction sociale et économique progressive.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La crise sahélienne&nbsp;: une crise de production, de circulation et de revenus</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sous cet angle, la situation des femmes, des jeunes et des déplacés constitue un révélateur pertinent de l’évolution des sociétés sahéliennes. Dans plusieurs zones affectées par l’insécurité, les améliorations observées sur le plan sécuritaire s’accompagnent encore de défis importants en matière d’accès aux services sociaux de base, de fonctionnement des infrastructures publiques et d’opportunités économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plus d’une décennie, les conflits armés ont profondément transformé les équilibres sociaux, économiques et territoriaux du Sahel. Les insurrections armées, les opérations de sécurisation, les violences communautaires ainsi que les fragilités institutionnelles ont entraîné d’importants déplacements de populations. Ces dynamiques ont progressivement redessiné les espaces de peuplement et influencé les rapports sociaux et économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans plusieurs localités rurales, les déplacements successifs ont conduit à l’abandon partiel ou total de certains villages, tandis que d’autres centres ont connu une croissance démographique importante en raison de l’accueil de populations déplacées internes. Cette évolution exerce une pression sur les ressources disponibles, notamment l’eau, les terres cultivables, les logements, les infrastructures scolaires et les structures sanitaires. Elle modifie également les équilibres sociaux entre populations d’accueil et populations déplacées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La croissance démographique observée dans certaines localités du centre du Mali, notamment dans des zones comme Koro, illustre ces transformations des dynamiques de peuplement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conséquences économiques de ces mutations sont également significatives. La crise sahélienne peut être analysée comme une crise de production, de circulation et de revenus. Dans de nombreuses zones rurales, les activités agricoles, pastorales et commerciales sont affectées par les contraintes sécuritaires, les difficultés d’accès aux zones de production ainsi que les perturbations des marchés hebdomadaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le rôle des femmes&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réduction de la mobilité des acteurs économiques, notamment des commerçants, des éleveurs et des producteurs agricoles, influence les revenus des ménages, dont une part importante dépend de ces activités. À cela s’ajoutent les effets liés à la perturbation ou au fonctionnement de certaines infrastructures économiques et sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans certains contextes, les mesures sécuritaires mises en œuvre dans les zones concernées répondent à des impératifs de protection des populations et de sécurisation des territoires. Elles peuvent toutefois, selon les situations locales, avoir des effets indirects sur l’accès aux marchés, aux services sociaux et aux activités économiques, en fonction des contraintes opérationnelles et sécuritaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réalité met en évidence la complexité de la gestion de la sécurité dans les espaces sahéliens. Les stratégies militaires et sécuritaires demeurent indispensables à la stabilisation, mais leur efficacité à long terme dépend également de leur articulation avec des actions de reconstruction sociale et économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La confiance entre les États et les communautés locales repose ainsi sur plusieurs dimensions complémentaires : la sécurité, l’accès aux services publics, les opportunités économiques et la qualité de la gouvernance locale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes occupent une place centrale dans ces dynamiques. Dans de nombreuses communautés sahéliennes, elles jouent un rôle important dans les activités agricoles, la transformation des produits locaux, les échanges commerciaux et la gestion des ménages. Dans les contextes de déplacement, elles contribuent au maintien des activités familiales et à la continuité des solidarités communautaires, participant ainsi aux dynamiques de résilience sociale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Au Burkina Faso et du Niger, les populations s’adaptent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La jeunesse est également confrontée à des défis importants, notamment en matière d’accès à l’éducation et aux opportunités économiques. La fermeture ou les perturbations des établissements scolaires et la limitation des débouchés économiques influencent les perspectives d’avenir. Toutefois, les jeunes participent aussi à de nombreuses initiatives locales de solidarité, de résilience communautaire et de reconstruction des activités économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le centre du Mali illustre de manière significative ces dynamiques complexes. Les cercles de Bankass, Koro, Bandiagara, Djenné et Douentza ont connu des transformations importantes liées aux déplacements de populations et aux recompositions sociales. Ces évolutions ont affecté les structures communautaires, les modes de gestion des ressources et les équilibres économiques locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans plusieurs localités, notamment Diallassagou, l’arrivée de populations déplacées a entraîné de nouveaux enjeux liés à l’accès au logement, à la gestion des ressources, aux infrastructures sociales et à la gouvernance locale. Elle témoigne également des capacités d’adaptation des communautés dans des contextes marqués par des contraintes sécuritaires et économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des dynamiques similaires sont observées dans plusieurs régions du Burkina Faso et du Niger. Dans ces espaces, les populations s’adaptent aux contraintes sécuritaires tout en poursuivant leurs activités économiques et sociales dans des environnements parfois instables.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La consolidation de la souveraineté repose sur la complémentarité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, la souveraineté ne peut être réduite à sa seule dimension militaire ou territoriale. Elle comprend également des dimensions économiques et sociales. La souveraineté économique implique la capacité de préserver les circuits de production et d’échanges. La souveraineté sociale renvoie quant à elle à la capacité de garantir l’accès aux services essentiels et de soutenir les populations vulnérables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le contexte sahélien actuel, la consolidation durable de la souveraineté repose sur la complémentarité entre les efforts de sécurisation, la reconstruction des services sociaux, le développement économique et le renforcement de la cohésion sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La stabilité à long terme dépend ainsi de la capacité collective à améliorer les conditions de vie des populations et à soutenir les dynamiques locales de résilience.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes qui maintiennent des activités économiques malgré les contraintes, les jeunes qui cherchent à préserver leurs perspectives d’avenir et les populations déplacées qui s’adaptent à de nouveaux environnements incarnent une dimension essentielle des transformations en cours dans le Sahel. Leur situation met en lumière les enjeux humains au cœur des processus de stabilisation et de développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mikaïlou Cissé&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Journées nationales du patrimoine culturel : 14 recommandations axées sur la transmission des valeurs sociétales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Jun 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>À l’issue des Journées nationales du patrimoine culturel 2026, le Mali adopte 14 recommandations visant à renforcer la transmission des valeurs sociétales, promouvoir les langues nationales et consolider la cohésion sociale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La salle Balla Moussa Keïta du Centre international de conférences de Bamako a servi de cadre, ce vendredi 19 juin 2026, à la cérémonie de clôture des Journées nationales du patrimoine culturel, placée sous le thème : « Rôle et responsabilité du Corps des Danbé Kolosibaw dans la transmission des valeurs du patrimoine culturel ». La rencontre a été présidée par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Mamou Daffé, en présence du ministre de la Réconciliation nationale, le Général de corps d’Armée Ismaël Wagué.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après deux jours de riches échanges, les Journées nationales du patrimoine culturel ont permis aux participants de réfléchir sur la préservation du patrimoine et la transmission des valeurs sociétales au Mali. Les débats ont mis en lumière les défis liés à la sauvegarde des héritages matériels et immatériels, dans un contexte de mutations sociales profondes. L’accent a été mis sur l’importance de renforcer la transmission des valeurs culturelles aux jeunes générations, afin de préserver l’identité nationale et consolider la cohésion sociale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Dynamiques nationales de sauvegarde patrimoniale culturelle malienne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Instituées par le décret n°2022-0471/PT-RM du 11 août 2022, ces journées s’inscrivent dans le cadre du processus de refondation de l’État et des recommandations des Assises nationales de la Refondation. Elles visent à consolider les valeurs culturelles et à promouvoir la cohésion sociale à travers la valorisation des repères identitaires du Mali. L’édition 2026 a ainsi réaffirmé l’importance du rôle des valeurs traditionnelles dans le vivre-ensemble et la paix sociale.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Des-participants-a-la-ceremonie-de-cloture-des-travaux-.jpeg"><img decoding="async" width="1024" height="603" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Des-participants-a-la-ceremonie-de-cloture-des-travaux--1024x603.jpeg" alt="Des participants à la cérémonie de cloture des travaux" class="wp-image-22932" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Des-participants-a-la-ceremonie-de-cloture-des-travaux--1024x603.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Des-participants-a-la-ceremonie-de-cloture-des-travaux--300x177.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Des-participants-a-la-ceremonie-de-cloture-des-travaux--768x452.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Des-participants-a-la-ceremonie-de-cloture-des-travaux--585x345.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Des-participants-a-la-ceremonie-de-cloture-des-travaux--600x353.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Des-participants-a-la-ceremonie-de-cloture-des-travaux-.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Des participants à la cérémonie de cloture des travaux des Journées nationales du patrimoine culturel. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Les travaux ont abouti à quatorze recommandations, lues par le Dr Fodé Moussa Sidibé. Après cette lecture, Fodé Moussa Sidibé a remis les recommandations au ministre Mamou Daffé qui, à son tour, a transmis les recommandations au ministre de la Réconciliation nationale, le général de corps d’armée Ismaël Wagué. Parmi ces recommandations figurent le renforcement de la place des valeurs sociétales dans les programmes d’enseignement, la promotion des langues nationales et la mise en place d’espaces de dialogue intergénérationnel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Orientations stratégiques issues des recommandations officielles</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rôle des Danbé Kolosibaw a été particulièrement mis en avant. Ces gardiens des valeurs sociétales sont appelés à jouer un rôle central dans la conservation et la transmission des traditions. Leur structuration et leur accompagnement sont considérés comme indispensables pour renforcer leur mission. Ils incarnent la mémoire vivante du Mali et contribuent à maintenir les repères identitaires dans un monde en constante évolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre Mamou Daffé a souligné dans son message officiel l’importance accordée au Dambe, qu’il considère comme une priorité nationale. Selon lui, la préservation de ce patrimoine est essentielle et nécessite un engagement constant. Il a insisté sur la nécessité de travailler activement à sa sauvegarde et à sa valorisation. Il a notamment déclaré : «&nbsp;<em>Notre Dambe, c’est la priorité. Il est capital de le préserver et d’y travailler&nbsp;</em>», réaffirmant ainsi l’importance de cet engagement culturel national.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Consolidation institutionnelle du rôle du Dambé national</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La cérémonie de clôture a marqué une étape importante dans le processus de renaissance culturelle. Elle a rappelé que la culture est à la fois un héritage et une responsabilité commune. Les valeurs du Maaya, du Dambé, du Sinankouya et du Diatiguiya doivent être vécues et transmises pour garantir la cohésion sociale. Ces repères traditionnels sont perçus comme des fondements essentiels du vivre-ensemble et de la paix durable.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Ministre-de-la-Culture-et-celui-de-la-Reconciliation.jpeg"><img decoding="async" width="1024" height="758" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Ministre-de-la-Culture-et-celui-de-la-Reconciliation-1024x758.jpeg" alt="Ministre de la Culture et celui de la Réconciliation" class="wp-image-22931" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Ministre-de-la-Culture-et-celui-de-la-Reconciliation-1024x758.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Ministre-de-la-Culture-et-celui-de-la-Reconciliation-300x222.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Ministre-de-la-Culture-et-celui-de-la-Reconciliation-768x568.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Ministre-de-la-Culture-et-celui-de-la-Reconciliation-585x433.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Ministre-de-la-Culture-et-celui-de-la-Reconciliation-600x444.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Ministre-de-la-Culture-et-celui-de-la-Reconciliation.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Le Ministre de la Culture et celui de la Réconciliation, à la clôture des Journées nationales du patrimoine culturel. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Cette édition 2026 ouvre une nouvelle phase dans les efforts de préservation du patrimoine culturel. Les recommandations serviront de base aux actions futures, en mettant l’accent sur l’éducation, la jeunesse et la gouvernance culturelle. Elles traduisent une volonté de bâtir un Mali uni autour de ses valeurs, en mobilisant toutes les forces vives de la nation pour renforcer la transmission culturelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Consolidation d’une renaissance culturelle nationale durable</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les Journées nationales du patrimoine culturel 2026 ont montré que la culture est au cœur de la refondation de l’État. Elle constitue un socle pour la paix, la cohésion et le développement. Les acteurs culturels, institutionnels et communautaires sont désormais appelés à conjuguer leurs efforts pour faire de la transmission des valeurs un véritable projet national.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dynamique collective ouvre la voie à une renaissance culturelle durable. Elle confirme que la culture, au-delà des discours, doit être vécue et transmise comme un héritage commun et une responsabilité partagée. Les Journées nationales du patrimoine culturel 2026 resteront ainsi une étape marquante dans la construction d’un Mali uni, fort de ses traditions et ouvert à l’avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Journées nationales du patrimoine culturel 2026 : le Mali valorise les savoirs endogènes et la souveraineté culturelle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Réunies à Bamako les 18 et 19 juin 2026, les Journées nationales du patrimoine culturel mettent en lumière le rôle des Danbé Kolosibaw dans la transmission des valeurs, la préservation des savoirs endogènes et le renforcement de la souveraineté culturelle du Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La salle Djéli Baba Sissoko du Centre international de conférences de Bamako abrite, depuis ce jeudi 18 juin 2026, les Journées nationales du patrimoine culturel, édition 2026. La cérémonie d&rsquo;ouverture, présidée par le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, représentant le Président de la Transition, le Général d&rsquo;armée Assimi Goïta, s’est déroulée en présence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Mamou Daffé, de plusieurs membres du gouvernement, des autorités administratives, coutumières ainsi que des acteurs du monde culturel.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Placée sous le thème «&nbsp;<em>Rôle et responsabilité du Corps des Danbé Kolosibaw dans la transmission des valeurs du patrimoine culturel&nbsp;</em>», cette édition se tient les 18 et 19 juin 2026 sous le signe «&nbsp;<em>La souveraineté culturelle protège l’âme de la Nation</em>&nbsp;». Elle est consacrée à la mise en lumière du rôle des Danbé Kolosibaw dans la transmission des valeurs sociétales, la préservation des savoirs endogènes et la valorisation du patrimoine culturel immatériel, dans un contexte national marqué par la volonté de renforcer la cohésion sociale et la continuité des traditions culturelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Valeurs culturelles, attachement identitaire profond</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Prenant la parole, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a déclaré que la célébration des Journées nationales du patrimoine culturel offre l’occasion de réaffirmer l’attachement du Mali à son histoire, à ses valeurs et à la richesse de sa diversité culturelle. Il a indiqué que cette rencontre constitue un cadre de promotion, de sensibilisation et de transmission du patrimoine culturel au bénéfice des générations présentes et futures dans une dynamique de préservation de l’identité nationale.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-membres-du-gouvernement-.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-membres-du-gouvernement--1024x683.jpeg" alt="Les membres du gouvernement" class="wp-image-22916" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-membres-du-gouvernement--1024x683.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-membres-du-gouvernement--300x200.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-membres-du-gouvernement--768x512.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-membres-du-gouvernement--585x390.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-membres-du-gouvernement--263x175.jpeg 263w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-membres-du-gouvernement--600x400.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-membres-du-gouvernement-.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Les membres du gouvernement à la cérémonie d&rsquo;ouverture des Journées nationales du patrimoine culturel. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Dans son allocution d’ouverture, le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, a rappelé que le Mali est une terre de grandes civilisations et d’empires dont le patrimoine culturel constitue un facteur de paix, de cohésion sociale et de dialogue entre les communautés. Il a évoqué les menaces qui pèsent sur cet héritage et a appelé à sa protection, sa valorisation et sa transmission afin de préserver durablement l’identité culturelle nationale et renforcer la résilience collective du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Danbé Kolosibaw, médiateurs des valeurs sociales</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Abordant le thème de cette édition, le Premier ministre a présenté les Danbé Kolosibaw comme des médiateurs sociaux et des détenteurs de savoirs endogènes investis d’une mission de transmission. Il a indiqué qu’ils sont appelés à contribuer à la diffusion des valeurs du Maaya et du Danbé, notamment la dignité, l’honneur, le patriotisme, la solidarité, le courage et le respect de la parole donnée, considérés comme des fondements du réarmement moral de la société malienne contemporaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Premier ministre a rappelé que les Journées nationales du patrimoine culturel s’inscrivent dans le cadre de l’année 2026-2027, décrétée Année de la culture et de l’éducation par le Président de la Transition. Il a procédé à la déclaration d’ouverture des travaux de l’édition 2026 des Journées nationales du patrimoine culturel, inscrites dans un processus de valorisation du patrimoine culturel national et de renforcement des valeurs citoyennes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Regards croisés sur les patrimoines culturels vivants</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au premier jour des travaux, quatre panels thématiques ont été organisés autour des questions liées au patrimoine culturel. Ces panels ont réuni experts, chercheurs, détenteurs de savoirs traditionnels et participants pour des échanges approfondis sur les enjeux contemporains de la culture, sa transmission et sa préservation dans un contexte de mutations sociales et identitaires.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-diplomates-.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="749" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-diplomates--1024x749.jpeg" alt="Les diplomates" class="wp-image-22917" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-diplomates--1024x749.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-diplomates--300x219.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-diplomates--768x562.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-diplomates--585x428.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-diplomates--600x439.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-diplomates-.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Les diplomates à la cérémonie d&rsquo;ouverture des Journées nationales du patrimoine culturel. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Ces panels ont été animés par des spécialistes du patrimoine, des chercheurs, des traditionnistes et des personnes ressources, dont Mamady Keïta, spécialiste du N’Ko, Golé Tounkara, Seydou Sangaré, Yacouba Dao et Dr Fodé Moussa Sidibé. Les communications ont porté sur les thématiques inscrites au programme officiel des travaux des Journées nationales du patrimoine culturel 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les panels ont porté sur le rôle et la responsabilité des Danbé Kolosibaw dans la transmission des valeurs du patrimoine culturel, la culture comme facteur de dialogue, de paix et de cohésion sociale en période de crise, la protection des biens culturels en période de crise ainsi que la promotion des langues nationales comme facteur de souveraineté culturelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Donsos, traditions vivantes et héritage culturel malien</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les activités ont été précédées par les cérémonies de Fougoutiguè et de Djibon, organisées par la confrérie des Donsos. Cette séquence a mis en évidence les pratiques, rites et savoir-faire de cette confrérie dans le cadre du patrimoine culturel immatériel malien. Elle a constitué une mise en valeur des traditions associées à cette communauté dans le cadre des Journées nationales du patrimoine culturel, édition 2026, au Centre international de conférences de Bamako.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-chasseurs-.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="608" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-chasseurs--1024x608.jpeg" alt="Les chasseurs" class="wp-image-22918" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-chasseurs--1024x608.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-chasseurs--300x178.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-chasseurs--768x456.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-chasseurs--585x347.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-chasseurs--600x356.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-chasseurs-.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Les donsos à la cérémonie d&rsquo;ouverture des Journées nationales du patrimoine culturel. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Un hommage a été rendu aux militaires et civils tombés pour la Nation à travers une cérémonie dédiée au Général d’armée Sadio Camara. Ce moment a été inscrit dans le programme des activités d’ouverture des Journées nationales du patrimoine culturel, édition 2026, marquant une séquence officielle de recueillement intégrée aux travaux tenus au Centre international de conférences de Bamako.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant deux jours, les réflexions, les conférences et les échanges devront contribuer à une meilleure compréhension du rôle des Danbé Kolosibaw dans la transmission des valeurs du patrimoine culturel. Au-delà des activités inscrites au programme, cette édition ambitionne de renforcer la préservation des savoirs endogènes et de favoriser leur appropriation par les jeunes générations, dans un contexte où la culture est érigée en pilier de la souveraineté nationale et de la cohésion sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Rencontre d’échange avec les Danbé Kolosibaw : la souveraineté culturelle au cœur des priorités</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 07:17:32 +0000</pubDate>
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<p>Réunis à Bamako, les Danbé Kolosibaw ont été présentés comme un nouvel outil de préservation du patrimoine culturel immatériel, de transmission des savoirs endogènes et de renforcement de la cohésion sociale au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La salle Wa Kamissoko du Centre International de Conférences de Bamako a servi de cadre, ce mardi 16 juin 2026, à une rencontre d’échange avec les Danbé Kolosibaw. La cérémonie était présidée par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, en présence du ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Boureima Kansaye, ainsi que du ministre d’État, ministre de la Réconciliation nationale, le Général de corps d’armée Ismaël Wagué.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre a permis de mettre en lumière les enjeux liés à la préservation du patrimoine culturel immatériel et à la transmission des valeurs sociétales. Elle s’inscrit dans une dynamique nationale visant à renforcer la cohésion sociale et à consolider l’identité culturelle à travers des mécanismes communautaires et participatifs impliquant les acteurs traditionnels et les institutions publiques engagées dans la refondation culturelle du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un dispositif inclusif de valorisation culturelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les Danbé Kolosibaw ont été présentés comme un dispositif national visant à renforcer la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel du Mali. Cette initiative du ministère en charge de la Culture entend mobiliser des ressources humaines issues de divers horizons socioprofessionnels. Elle s’inscrit dans une dynamique de valorisation des valeurs sociétales et de consolidation de l’identité nationale face aux mutations contemporaines profondes et persistantes et de renforcement du vivre ensemble national durable harmonieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le corps des Danbé Kolosibaw regroupe des légitimités traditionnelles, des griots, des enseignants, des chercheurs, des intellectuels et des acteurs culturels reconnus pour leur engagement communautaire. Cette diversité vise à garantir une approche inclusive de la préservation des valeurs sociétales. Chaque membre est appelé à contribuer activement à la transmission des savoirs endogènes et à la promotion de la cohésion sociale nationale dans une dynamique de développement culturel durable national.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Transmission intergénérationnelle des savoirs endogènes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les échanges ont mis en évidence la nécessité de renforcer la transmission des valeurs culturelles face aux transformations sociales rapides. Les participants ont insisté sur l’importance d’une éducation basée sur les réalités locales et les référentiels endogènes. Cette approche vise à consolider le lien social et à promouvoir une meilleure compréhension des identités culturelles au sein des communautés maliennes tout en favorisant la stabilité et la paix sociale durable nationale.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/les-Danbe-Kolosibaw-.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="417" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/les-Danbe-Kolosibaw--1024x417.jpeg" alt="les Danbé Kolosibaw" class="wp-image-22864" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/les-Danbe-Kolosibaw--1024x417.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/les-Danbe-Kolosibaw--300x122.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/les-Danbe-Kolosibaw--768x313.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/les-Danbe-Kolosibaw--585x238.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/les-Danbe-Kolosibaw--600x244.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/les-Danbe-Kolosibaw-.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Rencontre d’échange avec les Danbé Kolosibaw, le 16 juin 2026, au CICB. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Les Danbé Kolosibaw auront pour mission de promouvoir les bonnes pratiques socioculturelles et de renforcer la transmission intergénérationnelle des savoirs. Ils contribueront également à la préservation des traditions et à la valorisation des connaissances locales. Leur action vise à sensibiliser les populations sur l’importance des valeurs de respect, de solidarité et de responsabilité dans la vie communautaire quotidienne afin de renforcer la cohésion sociale et la paix durable nationale collective.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une phase pilote pour évaluation nationale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ils participeront aussi à l’identification, à la documentation et à la valorisation des savoirs endogènes détenus par les communautés. Cette démarche vise à préserver la mémoire collective et à éviter la disparition progressive des connaissances traditionnelles. Elle permettra également d’intégrer ces savoirs dans les politiques de développement local et dans les initiatives culturelles à l’échelle nationale afin de renforcer leur pérennisation et leur contribution au développement culturel national durable inclusif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre Mamou Daffé a souligné que les Danbé Kolosibaw constituent un outil stratégique de renaissance culturelle au Mali. Selon lui, cette initiative répond à la nécessité de renforcer les repères identitaires et de promouvoir les valeurs endogènes. Il a insisté sur l’importance de la participation communautaire dans la construction d’une société fondée sur la culture et la transmission des savoirs Il a parlé de Maaya et Danbé comme fondements.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une gouvernance culturelle de proximité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il a également indiqué que les valeurs du Maaya et du Danbé doivent guider les actions des Danbé Kolosibaw dans toutes les communautés. Ces repères culturels constituent, selon lui, le socle de la cohésion sociale et de l’unité nationale. Leur promotion permet de renforcer le sentiment d’appartenance et d’encourager un comportement citoyen responsable au sein de la société malienne dans une dynamique de consolidation des valeurs républicaines et culturelles nationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’initiative s’inscrit dans le cadre du Programme national d’éducation aux valeurs et des recommandations issues des États généraux de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme. Elle vise à faire du patrimoine culturel immatériel un levier de développement humain et de cohésion sociale. Les autorités entendent renforcer les mécanismes de transmission des valeurs à travers des dispositifs communautaires structurés afin de consolider la stabilité sociale et l’identité nationale durable collective.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une vision de renaissance culturelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mamou Daffé a conclu en affirmant que les Danbé Kolosibaw représentent un instrument essentiel dans la construction d’un Mali nouveau. Il a indiqué que leur action contribuera à renforcer la souveraineté culturelle et à transmettre les valeurs fondamentales aux jeunes générations. Cette démarche s’inscrit dans une vision de long terme axée sur la valorisation du patrimoine culturel national et sur la consolidation durable de l’identité culturelle malienne partagée collective nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la phase pilote, plusieurs régions du pays ont été retenues afin d’expérimenter le dispositif avant son extension progressive à l’échelle nationale. Cette étape permettra d’évaluer les mécanismes d’intervention des Danbé Kolosibaw et de renforcer leur contribution à la préservation des valeurs sociétales maliennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
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		<title>Culture et développement : pourquoi investir dans la culture est essentiel à la croissance économique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>La culture n’est pas un luxe réservé aux pays développés. Industries créatives, cohésion sociale, éducation et innovation : pourquoi la culture constitue un levier essentiel du développement économique et durable.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La culture n&rsquo;est pas un luxe que les pays pauvres s&rsquo;offriront une fois riches. C&rsquo;est une condition du développement lui-même — et les politiques qui l&rsquo;ignorent en paient le prix.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe une erreur de séquençage profondément ancrée dans la pensée du développement : la culture viendrait après. D&rsquo;abord l&rsquo;économie, les infrastructures, la santé, l&rsquo;éducation — puis, une fois ces fondements assurés, on s&rsquo;occupera des musées, des festivals et des traditions. Cette logique, apparemment raisonnable, a conduit des décennies de politiques publiques à traiter la culture comme une variable résiduelle, le dernier poste du budget quand tout le reste est financé. Elle a surtout produit des résultats décevants, car elle repose sur une incompréhension fondamentale : la culture n&rsquo;est pas le vernis du développement. Elle en est la matrice.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le malentendu originel : culture versus économie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La confusion naît d&rsquo;une définition trop étroite de la culture, réduite à ses manifestations spectaculaires — arts, patrimoine, festivités. Dans cette acception restrictive, elle apparaît effectivement comme un supplément d&rsquo;âme, agréable mais accessoire. Mais la culture, dans son sens anthropologique, désigne quelque chose de bien plus structurant : l&rsquo;ensemble des valeurs, des normes, des représentations et des pratiques qui organisent la vie collective et orientent les comportements économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or ces dimensions culturelles conditionnent directement les capacités de développement d&rsquo;une société. La confiance interpersonnelle — ou son absence — détermine les possibilités de coopération économique et d&rsquo;entrepreneuriat collectif. Les représentations du temps, de la réussite et de l&rsquo;accumulation façonnent les comportements d&rsquo;épargne et d&rsquo;investissement. Le rapport à l&rsquo;autorité et à la légitimité influence l&rsquo;efficacité des institutions publiques. Ignorer ces réalités au nom d&rsquo;une prétendue neutralité économique ne les fait pas disparaître : cela condamne simplement les politiques de développement à buter contre des résistances qu&rsquo;elles ne comprennent pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, adoptée par l&rsquo;UNESCO en 2005 et ratifiée par plus de cent cinquante États, reconnaît explicitement la double nature des biens culturels : à la fois porteurs de valeurs et biens économiques. Elle engage les États signataires à intégrer la culture dans leurs stratégies de développement durable — un engagement dont l&rsquo;application reste inégale, faute de mécanismes contraignants et de ressources dédiées.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que les industries créatives apportent vraiment</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Laissons de côté un instant l&rsquo;argument anthropologique pour nous concentrer sur ce que les économistes nomment les industries créatives et culturelles — musique, cinéma, arts vivants, artisanat, design, mode, jeux vidéo, édition. Dans les pays où elles ont été soutenues par des politiques publiques cohérentes, ces industries ont démontré une capacité remarquable à générer de la valeur économique, des emplois et du rayonnement international.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas de Nollywood est devenu une référence : l&rsquo;industrie cinématographique nigériane, essentiellement privée et peu soutenue par l&rsquo;État dans ses premières années, représente aujourd&rsquo;hui plusieurs milliards de dollars de revenus annuels et constitue le second employeur formel du pays. La musique afrobeats génère des revenus de droits et de concert en forte croissance. La mode africaine contemporaine, portée par des créateurs comme Imane Ayissi ou Sindiso Khumalo, accède aux marchés mondiaux et renforce la puissance douce du continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces succès ne sont pas le fruit du hasard. Ils résultent d&rsquo;un écosystème — même imparfait, même insuffisamment soutenu — dans lequel des entrepreneurs culturels ont pu prendre des risques, expérimenter, échouer et recommencer. Ce que les politiques publiques peuvent faire, c&rsquo;est améliorer cet écosystème : former, financer, protéger la propriété intellectuelle, ouvrir les marchés, créer des infrastructures de diffusion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un État qui investit dans sa culture n&rsquo;offre pas un cadeau à ses artistes. Il construit une infrastructure de la confiance collective, sans laquelle aucune politique de développement ne peut tenir dans la durée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les cinq piliers d&rsquo;une politique culturelle au service du développement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une politique culturelle orientée vers le développement ? Elle suppose, selon moi, cinq dimensions indissociables :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>L&rsquo;éducation culturelle dès le plus jeune âge — intégrer les arts, la littérature et les langues nationales dans les curricula scolaires, non comme ornements mais comme vecteurs de formation de l&rsquo;esprit critique et du sens civique.</li>



<li>Le financement public de la création — des fonds nationaux d&rsquo;aide à la création, transparents et gérés à distance du politique, permettant aux artistes de produire sans dépendre exclusivement du marché ou des financements étrangers.</li>



<li>La protection juridique des droits culturels — des régimes de propriété intellectuelle adaptés aux réalités locales, qui garantissent que les créateurs africains captent une part équitable de la valeur qu&rsquo;ils génèrent.</li>



<li>Des infrastructures culturelles décentralisées — bibliothèques, maisons de la culture, studios d&rsquo;enregistrement accessibles, salles de spectacle, hors des seules capitales, pour que la création ne soit pas un privilège urbain.</li>



<li>Une diplomatie culturelle active — utiliser la culture comme levier de politique étrangère, comme l&rsquo;ont compris depuis longtemps la France avec son réseau de centres culturels ou le Brésil avec sa politique d&rsquo;échanges artistiques.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;écueil du culturalisme : quand la culture devient alibi</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut cependant nommer un danger symétrique à celui de l&rsquo;économisme : le culturalisme. Certains discours sur «&nbsp;<em>les valeurs africaines</em>&nbsp;» ou «&nbsp;<em>le génie culturel du continent</em>&nbsp;» servent parfois à justifier l&rsquo;absence de réformes institutionnelles nécessaires, à naturaliser des inégalités structurelles ou à légitimer des pouvoirs qui instrumentalisent le patrimoine à des fins purement politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une politique culturelle au service du développement ne peut pas être une politique de glorification identitaire qui dispense de gouverner. Elle doit articuler deux exigences également impérieuses : l&rsquo;enracinement — une culture qui ne connaît pas ses propres fondements ne peut pas se projeter — et l&rsquo;ouverture — une culture qui se ferme au monde cesse d&rsquo;être vivante. Ce dosage est difficile. Il suppose une classe politique capable de distinguer le patrimoine qu&rsquo;il faut protéger des traditions qu&rsquo;il faut questionner, et des institutions culturelles assez indépendantes pour le faire sans crainte.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le rôle irremplaçable de l&rsquo;État — et ses limites</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">On objectera que dans des pays où les budgets publics sont sous tension, les marges de manœuvre pour des politiques culturelles ambitieuses sont étroites. L&rsquo;objection est sérieuse. Mais elle mérite d&rsquo;être retournée : les pays qui ont sacrifié leur investissement culturel à d&rsquo;autres priorités n&rsquo;ont pas pour autant résolu leurs problèmes de développement. Ils ont simplement ajouté à leurs difficultés économiques une fragilité identitaire et sociale qui rend encore plus difficile la mobilisation collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;État n&rsquo;est pas le seul acteur possible. Les collectivités locales, les entreprises privées, les diasporas, les fondations et les organisations de la société civile peuvent tous contribuer à financer et à animer une vie culturelle. Mais l&rsquo;État reste irremplaçable pour créer le cadre juridique, éduquer les citoyens et garantir que la culture ne soit pas uniquement ce que le marché veut bien produire. Une culture entièrement soumise aux logiques marchandes cesse d&rsquo;être un bien commun pour devenir un produit — consommable, éphémère, et incapable de transmettre quoi que ce soit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n&rsquo;est pas de choisir entre développement économique et investissement culturel. C&rsquo;est de comprendre, enfin, que ces deux dimensions s&rsquo;alimentent l&rsquo;une l&rsquo;autre — ou s&rsquo;appauvrissent ensemble. Les sociétés qui sortiront renforcées des crises actuelles seront celles qui auront su préserver, avec la même rigueur, leur tissu économique et leur tissu culturel. Les autres auront de la croissance, peut-être. Mais elles n&rsquo;auront plus les ressources intérieures pour en faire quelque chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : « Maaya ni Danbé », les nouveaux programmes scolaires pour transmettre les valeurs nationales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 07:16:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le Mali lance les curricula « Maaya ni Danbé » afin d’intégrer les valeurs d’humanité, de dignité et de citoyenneté dans l’enseignement. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Mali vient de franchir une étape dans sa politique d&rsquo;ancrage culturel à l&rsquo;école. Ce lundi 15 juin, un comité d&rsquo;experts a remis officiellement aux ministres de la Culture et de l&rsquo;Enseignement supérieur les curricula « Maaya ni Danbé » — « Humanité et Dignité » —, un programme destiné à intégrer les valeurs sociétales maliennes dans le système éducatif national.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un pays où la cohésion sociale et l&rsquo;identité culturelle sont devenues des enjeux politiques majeurs depuis l&rsquo;arrivée de la Transition au pouvoir, l&rsquo;éducation s&rsquo;impose comme un terrain de reconquête symbolique. Ce lundi 15 juin 2026, la remise officielle des curricula «&nbsp;<em>Maaya ni Danbé</em>&nbsp;» aux ministres Mamou Daffé, en charge de la Culture, et Pr. Boureima Kansaye, responsable de l&rsquo;Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, concrétise une démarche engagée sur instruction directe du général Assimi Goïta, Président de la Transition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces curricula — le terme désigne des programmes pédagogiques structurés — ont été élaborés par un comité pluridisciplinaire d&rsquo;experts issus des deux départements ministériels concernés. Leur mission : traduire en contenus pédagogiques transmissibles les valeurs fondamentales que les autorités maliennes souhaitent voir intégrées dans la formation des enfants et des jeunes, de l&rsquo;école primaire à l&rsquo;enseignement supérieur. L&rsquo;objectif affiché est de former des citoyens «&nbsp;<em>responsables, engagés et profondément enracinés dans leur identité culturelle</em>&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Humanité et dignité : deux mots, un projet politique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Maaya ni Danbé</em>&nbsp;» — en bambara, langue véhiculaire du Mali — se traduit littéralement par «&nbsp;<em>Humanité et Dignité</em>&nbsp;». Deux termes qui ne sont pas choisis au hasard dans le contexte malien actuel. Le «&nbsp;<em>Maaya</em>&nbsp;» renvoie à un concept philosophique profond dans les sociétés mandingues : la qualité d&rsquo;être humain dans ses dimensions relationnelles, morales et sociales, l&rsquo;art de vivre ensemble dans le respect réciproque. Le «&nbsp;<em>Danbé</em>&nbsp;», lui, est la dignité personnelle et collective — cette notion d&rsquo;honneur qui structure les relations sociales dans de nombreuses communautés maliennes et qui est invoquée comme rempart contre la délinquance, la violence et le déracinement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En choisissant ces deux notions comme boussole pédagogique, les autorités maliennes envoient un signal : l&rsquo;école doit renouer avec les ressources morales endogènes de la société, sans nécessairement se limiter aux seuls héritages de l&rsquo;école coloniale française. C&rsquo;est une ambition de «&nbsp;<em>décolonisation des esprits</em>&nbsp;» par l&rsquo;intérieur du système éducatif lui-même, une formule qui fait écho à un courant de pensée pédagogique africaine qui a longtemps peiné à trouver des débouchés institutionnels concrets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces curricula constituent un levier important pour la transmission des valeurs sociétales aux jeunes générations<em>,&nbsp;</em>explique Mamou Daffé<em>.&nbsp;</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Culture et enseignement supérieur : un tandem inédit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est notable dans la conception de ce programme, c&rsquo;est le mariage institutionnel qu&rsquo;il incarne. Associer le ministère de la Culture à celui de l&rsquo;Enseignement supérieur dans la co-production de contenus pédagogiques est une démarche relativement inédite en Afrique de l&rsquo;Ouest, où les deux secteurs fonctionnent généralement en silos étanches. L&rsquo;idée sous-jacente est que la transmission des valeurs ne peut pas être l&rsquo;apanage du seul système scolaire formel — elle doit irriguer l&rsquo;université, la recherche, la formation professionnelle et la vie culturelle dans son ensemble. Aussi, il convient de rappeler que cette initiative s’inscrit aussi dans le cadre de la période 2026-2026, dédiée à «&nbsp;<em>l’éducation et à la culture</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre Daffé a salué la qualité du travail accompli par les experts et s&rsquo;est engagé à accompagner la mise en œuvre effective des curricula. Reste la question centrale : comment ces programmes seront-ils déployés concrètement dans les établissements ? Quels enseignants seront formés pour les dispenser ? Quelle place leur sera réservée dans les emplois du temps déjà chargés des élèves et étudiants ? Ces questions de mise en œuvre seront déterminantes pour que le «&nbsp;<em>Maaya ni Danbé</em>&nbsp;» dépasse le stade du document officiel pour devenir une réalité pédagogique vécue.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Refondation par la culture : un axe cohérent de la transition</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette initiative s&rsquo;inscrit dans une démarche plus large portée par les autorités de la Transition depuis 2021 : la «&nbsp;<em>refondation</em>&nbsp;» du Mali par l&rsquo;éducation, la culture et la réappropriation identitaire. Dans un pays qui traverse une crise sécuritaire profonde, où les jeunes générations ont parfois été captées par des discours terroristes ou par le désenchantement migratoire, la question de l&rsquo;ancrage culturel et moral des jeunes est perçue par Bamako comme une priorité stratégique autant que pédagogique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu&rsquo;on partage ou non la vision politique de la Transition malienne, la démarche mérite d&rsquo;être prise au sérieux dans sa dimension éducative. Des pays aussi différents que Singapour, la Finlande ou le Maroc ont, chacun à leur manière, fait de la transmission de valeurs identitaires un pilier de leur système éducatif — avec des résultats qui plaident pour l&rsquo;importance de cet ancrage. L&rsquo;enjeu pour le Mali sera de ne pas réduire ces curricula à un catéchisme civique désincarné, mais d&rsquo;en faire un outil vivant, ancré dans les réalités multiculturelles d&rsquo;un pays qui compte des dizaines de langues et de traditions.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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