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	<title>Archives des Cinema &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
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	<title>Archives des Cinema &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>FESPACO : le Mali, pays invité d’honneur de l’édition 2023</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bakary FOMBA]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Feb 2023 12:38:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
		<category><![CDATA[Cinema]]></category>
		<category><![CDATA[compétition artistique]]></category>
		<category><![CDATA[FESPACO]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le FESPACO est prévu du 25 février au 4 mars 2023, à Ouagadougou, au Burkina Faso. Le Mali a été désigné comme pays invité d’honneur de cette célébration 28ème édition.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong>Ce jeudi 2 février 2023, lors de l’installation du Comité national d’organisation (CNO), de la 28<sup>e</sup> édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), le <a href="https://www.wakatsera.com/fespaco-2023-le-mali-pays-invite-dhonneur/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mali</a> a été choisi par les autorités burkinabés, comme pays invité d’honneur de l’édition 2023 (Wakat Séra).</strong></p>



<p>Le FESPACO est prévu du 25 février au 4 mars 2023, à Ouagadougou, au Burkina Faso. Le Mali a été désigné comme pays invité d’honneur de cette célébration 28ème édition.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un choix qui se justifie à plusieurs titres</strong></h3>



<p>Selon le président du Comité national d’Organisation (CNO) de cette 28<sup>e</sup>&nbsp;édition, Fidèle Tamini, ce choix porté sur le Mali, se justifie à plusieurs titres. <em>« Au regard des réalités des deux pays, de la vision du moment, le Mali était le meilleur partenaire pour être pays invité d’honneur de ce Fespaco »,</em> a-t-il expliqué. De même, <em>« c’est un pays de cinéma, suffisamment représenté dans cette 28e&nbsp;édition », </em>a-t-il ajouté.</p>



<p>Sur 1 142&nbsp;films inscrits, au total, 170 ont été retenus en sélection officielle pour cette 28<sup>e</sup>&nbsp;édition, dont une dizaine de catégories, notamment celles des fictions, documentaires, séries, films d’animation, des écoles…</p>



<p>Cette <a href="https://fespaco.org/presse/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">28<sup>e</sup> édition du plus grand festival</a> panafricain du cinéma est dédiée aux « <em>cinémas d’Afrique et la culture de la paix</em> », avec comme affiche l’image de Sarraounia (la légende reine nigérienne, symbole de la résistance contre la colonisation).</p>



<p>Dans un monde où le climat sociopolitique reste tendu dans plusieurs pays, cette édition&nbsp;2023 du Fespaco vise à réfléchir sur comment le cinéma peut contribuer à la culture de la paix, à la réconciliation entre les peuples du monde.</p>



<p>Pour rappel, le <a href="https://infosculturedufaso.net/histoire-et-naissance-du-fespaco/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Fespaco</a> est l’une des plus grandes manifestations cinématographiques du continent africain. Il organise notamment des projections cinématographiques en zones rurales. La première édition de cet évènement date de 1969. Rappelons également que le Sénégal avait été désigné comme pays invité d’honneur pour la 27<sup>e </sup>édition de cette biennale.</p>



<p><strong>Bakary Fomba</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Cinéma : Nafissatou Traoré, le rêve d’enfance !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Mar 2021 16:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
		<category><![CDATA[cinéaste malien]]></category>
		<category><![CDATA[Cinema]]></category>
		<category><![CDATA[court-métrage]]></category>
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		<category><![CDATA[Nafissatou Traoré]]></category>
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<p>Pourtant détentrice d’un DESS en musique, la jeune actrice malienne, Nafissatou Traoré parvient à se frayer un chemin dans le 7e art malien. Un succès qui s’explique par le talent&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="has-black-color has-text-color"><strong>Pourtant détentrice d’un DESS en musique, la jeune actrice malienne, Nafissatou Traoré parvient à se frayer un chemin dans le 7<sup>e</sup> art malien. Un succès qui s’explique par le talent intrinsèque et la maitrise du jeu d’acteur de la jeune actrice qui joue son premier rôle dans</strong> <strong>« La vie de Niagalé » en 2012.</strong></p>



<p class="has-black-color has-text-color">&nbsp;Sans pourtant se mesurer aux géants de la production cinématographique du continent, le Mali a toujours connu des cinéastes qui ont porté et continuent de porter haut les couleurs du pays à travers le 7<sup>e</sup> art. Un héritage que la nouvelle génération se donne comme mission de perpétuer à travers tous les métiers du cinéma notamment le jeu d’acteur qui connait de plus en plus de talents à l’image de Nafissatou Traoré qui se démarque aujourd’hui par ses qualités intrinsèques d’actrice.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>« Je cherchais un sens à mon existence »</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color">Passionnée de cinéma depuis sa tendre enfance, le rêve toujours dorloté de Nafisssatou se concrétise aujourd’hui&nbsp;: devenir actrice de cinéma<em>.</em> Cet amour du 7<sup>e</sup> art, la jeune dame le doit à son géniteur, un adepte de films hollywoodiens<em>. « C’est grâce à mon père que j’ai eu l’amour du cinéma. J’ai toujours rêvé de jouer dans un film. Des acteurs comme Demi Moore, Bruce willis, Denzel Washington m’ont beaucoup inspirée dans le cinéma et je rêvais à l’époque de devenir une actrice célèbre comme eux »,</em> explique la jeune actrice qui, à force de persévérance, arrive à réaliser son rêve d’enfance le plus ardent.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="has-black-color has-text-color">Le destin ne prédestinait pourtant pas Nafissatou Traoré à une carrière d’actrice au vu de son parcours scolaire et universitaire. En effet, après l’obtention de son baccalauréat en 2006 en série Sciences humaines, Nafissatou s’inscrit à la Faculté des Lettres et Sciences humaines d’où elle sort avec une maitrise en sciences de l’éducation en 2011. Durant ce parcours universitaire qui ne donnait aucune perspective réelle d’avenir, des questions sur le sens de sa vie taraudent l’esprit de la jeune dame&nbsp;: <em>« En ce moment, j’étais en pleine quête de moi-même, je cherchais un sens à mon existence et la meilleure fenêtre sur mon avenir ouvrait sur l’art dans lequel je me suis lancée à travers la danse contemporaine », </em>raconte-t-elle.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>De la musique au cinéma</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color">Cet intérêt pour la danse conduit la jeune dame à s’intéresser à la musique et au théâtre. C’est ainsi qu’elle passe le concours du Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasséké Kouyaté de Bamako (CAMM-BFK) où elle s’inscrit en section musique et sort en 2014 avec un Diplôme d’Études supérieures spécialisées (DEES). <em>« Mon arrivée au CAMM a réveillé en moi mon rêve de devenir actrice et bien avant la fin de mon cycle universitaire au Conservatoire, je me suis intéressée au cinéma et obtenu des rôles dans de nombreux courts métrages », </em>nous explique Nafissatou qui s’est consacrée depuis au métier qui la passionne.</p>



<p class="has-black-color has-text-color">Depuis son premier rôle en 2012 dans le court métrage<em>&nbsp;La vie de Niagalé de </em>Djénébou Sidibé, plus rien n’arrête Nafissatou, qui compte aujourd’hui une dizaine de films à son actif dont des courts, longs métrages et des séries. Elle a notamment joué dans « ’<em>Sarakaminè » de </em>Dicko Traoré (2013), un film qui engrangera 26 millions de vues sur YouTube. Ce succès ne passera pas inaperçu et la jeune actrice se forge depuis une solide notoriété dans le microcosme cinématographique malien. Elle sera aussitôt sollicitée par d’autres réalisateurs comme Cheick Amadou Ouattara dans son film « Waliya » (2014), Hawa N’diaye dans <em>Les mains d’or de Samba </em>en 2015.&nbsp;</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Un long-métrage en tournage </strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color">Nafsiatou jouera également des rôles dans de nombreuses séries comme <em>Furu</em> (2018-2019) et <em>Fili, la chronique de Bamako </em>de Lord Haïdara et <em>Afro-star&nbsp;22</em> d’Aboubacra Gakou (2019) et plus récemment (2020) dans <em>N’diajnèmo </em>d’Habib Yadzi.</p>



<p class="has-black-color has-text-color">Nafissatou Traoré est loin de finir d’impressionner dans le 7<sup>e</sup> art, car l’aventure continue toujours pour la jeune actrice qui est actuellement en plein tournage dans un long-métrage, dont la réalisatrice est Aissata Bocoum, intitulé <em>“Jour j&nbsp;»&nbsp;</em> dans une série “<em>’Les dimanches à Bamako”</em> d’Emma Sangaré.</p>



<p class="has-black-color has-text-color">Nafissatou poursuit aujourd’hui sa carrière d’actrice <em>“avec beaucoup d’assurance et d’optimisme”&nbsp;et “ambitionne de jouer pour les plus grandes maisons de production cinématographique à travers le monde”</em>. Un rêve réalisable au vu du talent et l’engagement de l’actrice.</p>



<p class="has-black-color has-text-color"><strong>Youssouf Koné</strong></p>



<p class="has-black-color has-text-color"><strong>Source&nbsp;: Aujourd’hui Mali</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Avec « Black Panther », la fiction vole au secours d’une réalité fantasmée</title>
		<link>https://saheltribune.com/avec-black-panther-la-fiction-vole-au-secours-dune-realite-fantasmee/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Aug 2020 20:23:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Cinema]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Etats unis]]></category>
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		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Super-heros]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Erick Cakpo, Université de Lorraine L’acteur Chadwick Boseman, premier rôle dans « Black Panther » est décédé vendredi 27 août à Los Angeles d’un cancer à l’âge de 42 ans.&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><a href="https://theconversation.com/profiles/erick-cakpo-305313" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Erick Cakpo</a>, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-de-lorraine-2158">Université de Lorraine</a></em></p>



<p><em>L’acteur Chadwick Boseman, premier rôle dans « Black Panther » est décédé vendredi 27 août à Los Angeles d’un cancer à l’âge de 42 ans. Lors de la sortie du film, nous avions publié cette analyse qui expliquait l&rsquo;importance du long métrage pour la communauté noire.</em></p>



<p>Le premier super-héros noir de Marvel, <em>Black Panther</em>, règne actuellement sur le box-office nord-américain. En seulement quatre jours, le film a effectué le deuxième meilleur démarrage de l’histoire du cinéma aux États-Unis, engrangeant quelque 196&nbsp;millions d’euros de recettes – on en est aujourd’hui à plus de 700&nbsp;millions. Si ce succès semble presque normal pour l’entreprise Marvel dont l’emprise sur le box-office est connue, c’est surtout l’impact que ce premier film dédié à un héros noir exerce sur les communautés dites «&nbsp;afro&nbsp;» qui retient l’attention.</p>



<p><em>Black Panther</em> est en train de dépasser le statut de simple œuvre fictionnelle pour devenir un phénomène social nourrissant tous les espoirs d’une Afrique émancipée et puissante. Pour les Africains du continent comme pour ceux de la diaspora, l’Afrique a enfin son super-héros. Michelle Obama a exprimé l’espoir que les jeunes trouvent en eux, à travers <em>Black Panther</em>, «&nbsp;le courage d’être les héros de leurs propres histoires&nbsp;». C’est en tout cas l’un des buts poursuivis par le jeune réalisateur Ryan Coogler et il n’a, pour cela, négligé aucun ingrédient.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une fiction américaine qui se veut africaine</h3>



<p>C’est à Wakanda, un pays africain à la pointe de la technologie que Marvel inscrit son univers. À la mort de son père-roi (voir <em>Captain America&nbsp;: Civil War</em>), le jeune T’Challa (Chadwick Boseman) se voit obligé de rentrer au Wakanda pour présider au destin de son peuple. Le Black Panther peut compter sur l’exploitation du Vibranium, métal aux propriétés superpuissantes, qui confère une prospérité à tous points de vue au Wakanda. Mais très vite, le nouveau roi se retrouve au cœur d’un conflit politique d’envergure internationale dont les racines remontent au règne de son défunt père. Ce conflit aux enjeux géopolitiques met en danger le destin du Wakanda que T’Challa se doit désormais de protéger grâce à son pouvoir surhumain de Black Panther.</p>



<p>À première vue, c’est là le scénario classique d’un film de super-héros. Pourtant, le génie de Ryan Coogler, selon la critique, est d’avoir su mêler fantastique et traditions politiques sur fond de réalités africaines. Et c’est sans doute ce qui séduit les communautés africaines et afro-américaines. Tout est mis en œuvre pour que le film interpelle les personnes de ces communautés.</p>



<p>Si ce qui semble susciter d’abord l’enthousiasme est le rôle de premier plan joué par un super-héros noir, il faut noter que Ryan Coogler multiplie les références africaines afin de prouver l’ancrage du film. Outre la distribution essentiellement afro-américaine, l’évocation des cultures africaines occupe tous les plans&nbsp;: design, architecture, langue, vêtements, etc.</p>



<p>On pense en premier aux noms à consonance africaine de certains personnages comme M’Baku, N’Jadaka, N’Jobu, Shuri, Nakia et Okoye. Parmi ceux-ci, la référence la plus flagrante est celle de T’Chaka, le roi unificateur des peuples du Wakanda, que l’on rapproche naturellement du personnage historique de <a href="http://takamtikou.bnf.fr/bibliographies/notices/chaka-zoulou-fils-du-ciel">Chaka Zoulou</a>, l’emblématique fondateur du royaume zoulou d’Afrique du Sud.</p>



<p>L’inspiration sud-africaine n’en reste pas là puisque les Wakandais parlent le xhosa, une langue d’Afrique australe comptant plus de huit millions de locuteurs, qui était la langue maternelle de Nelson Mandela.</p>



<p>C’est au niveau des costumes que les références africaines sont les plus apparentes. Pour ce faire, le réalisateur a fait appel à l’une des plus grandes costumières actuelles, <a href="https://www.nytimes.com/2018/02/23/movies/black-panther-afrofuturism-costumes-ruth-carter.html">Ruth Carter</a>, qui s’est inspirée des tenues traditionnelles africaines. Elle a su à son tour compter sur l’aide du célèbre styliste nigérian <a href="http://www.okayafrica.com/ikire-jones-fashion-trends-menswear-west-african-prints/">Wale Oyejide</a>. Ainsi, on voit Black Panther arborer des tuniques yorouba appelées <a href="http://www.jeuneafrique.com/257702/culture/mode-lepopee-dashiki-ya-mado-de-beyonce-a-fabregas-de-kinshasa-a-new-york/">dashiki</a>. Parallèlement, la coiffure de la reine Ramonda est directement inspirée des coiffures mangbetu ou zoulou. Les mangbetu sont un ensemble de sociétés du nord-est de la République démocratique du Congo, installées à la jonction de la forêt tropicale et de la savane. Les mangbetu sont connus pour leur art, notamment la coiffe féminine en forme de cylindre allongé sur l’arrière de la tête. Ce type de coiffure se retrouve également chez d’autres peuples africains comme les Zoulous. De même, les perles et les bijoux portés par les femmes sont d’inspiration masaï.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/208092/original/file-20180227-36683-aouyom.png?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip" alt=""/><figcaption>Compte Twitter du Musée du Quai Branly–Jacques Chirac. Twitter</figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Des symboles africains comme ancrage culturel</h3>



<p>Plus subtils encore sont les symboles culturels africains qui parcourent le film, à commencer par le titre dont la traduction «&nbsp;panthère noire&nbsp;» n’est rien d’autre que l’évocation du léopard encore appelé la «&nbsp;panthère d’Afrique&nbsp;». La charge symbolique du léopard est importante dans les cultures africaines. Cet animal, symbole de fierté, est considéré comme un attribut de la caste royale et guerrière. Il représente la férocité, en même temps que l’habileté et la force. C’est pour cette raison qu’un certain Mobutu Sese Seko, ancien président du Zaïre (actuellement République démocratique du Congo), dont l’un des surnoms est «&nbsp;Léopard du Zaïre&nbsp;», en a fait durablement son attribut à travers une toque en peau de cet animal.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/208100/original/file-20180227-36693-1mmvwws.png?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip" alt=""/><figcaption>Mobutu et sa toque léopard. <a href="https://www.youtube.com/watch?v=OhjWtdyewqw">Capture d’écran/vidéo RFI</a></figcaption></figure>



<p>L’usage de cet attribut remonte plus loin dans l’histoire du continent. Lors des cérémonies importantes, les prêtres égyptiens revêtaient une peau de léopard. On retrouve également la mention de cet animal dans les récits ethnogoniques (récits à l’initiative de la naissance d’une ethnie) en Afrique. C’est ainsi que les fon, peuple le plus important du sud du Bénin, font remonter leur origine au Léopard. Selon la légende, la princesse qui donna naissance au fondateur de la dynastie fon, a été fécondée par un léopard en allant puiser de l’eau.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://images.theconversation.com/files/208096/original/file-20180227-36671-1ojp7fg.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=1000&amp;fit=clip"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/208096/original/file-20180227-36671-1ojp7fg.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=237&amp;fit=clip" alt=""/></a><figcaption>Revêtu d’une peau de panthère, le roi Séthi Iᵉʳ&nbsp;endosse le rôle de prêtre funéraire de son père Ramsès Iᵉʳ. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Anubis#/media/File:E-105priestrelief.jpg">Wikipédia</a>, <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/">CC BY</a></figcaption></figure>



<p>Si le léopard joue un rôle central dans les cultures africaines, il en est de même dans le film dans la mesure où le premier Black Panther, le guerrier Bashenga, a découvert les propriétés de l’herbe qui augmente les capacités physiques grâce à Bast qui lui indiqua dans un songe la «&nbsp;potion magique&nbsp;». Bast est une évocation de Bastet, divinité féline d’Égypte pharaonique, déesse de la chaleur et du soleil entre autres. Elle est surtout la déesse protectrice de l’humanité. Ses représentations quoique sous les traits de chat sont à rapprocher du léopard.</p>



<p>Par ailleurs, d’autres références culturelles viennent renforcer le scellement africain du film.</p>



<p><a href="http://afrique.lepoint.fr/culture/en-images-joana-choumali-haabre-derniere-generation-de-la-scarification-en-afrique-02-09-2014-1859626_2256.php">Les scarifications ethniques</a> portées sur le tronc par Killmonger sont directement inspirées des marques corporelles à caractère social, rituel et surtout identitaire que l’on retrouve chez certains peuples. Ici, il s’agit notamment des scarifications sous forme de poussées de peau cicatricielle gonflée et dure répandues dans le bassin du Congo, en Éthiopie et au Soudan. Enfin, l’un des points forts salués par la critique est la place importante que le réalisateur <a href="https://www.washingtonpost.com/news/soloish/wp/2018/02/23/the-women-of-black-panther-are-empowered-not-just-in-politics-and-war-but-also-in-love/">donne aux femmes</a>. La garde rapprochée du roi est composée uniquement de femmes. Des femmes courageuses, entreprenantes et engagées qui ne sont pas sans rappeler les amazones du Dahomey, régiment militaire entièrement féminin.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/208102/original/file-20180227-36703-kl77yb.png?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip" alt=""/><figcaption>Sur le compte Twitter du musée du Quai Branly–Jacques Chirac. twitter</figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Une utopie afrofuturiste</h3>



<p>Si les évocations des cultures africaines interpellent visuellement, le film tire surtout sa force de la mise en œuvre d’une vision politique et sociale constituant un idéal fantasmé par les défenseurs de la pensée décoloniale. Le Wakanda est un pays qui n’a jamais été colonisé, de même qu’il n’a jamais connu l’esclavage. Le pays est en avance sur le reste de la planète, possédant tout ce qu’il faut pour que les habitants n’aillent pas chercher à vivre ailleurs. Cette arcadie aux antipodes de la situation contemporaine du continent africain projette le spectateur dans une société imaginaire où les fantasmes sociopolitiques trouvent leur place.</p>



<p>Dans un monde marqué par l’affaiblissement politique et économique de l’Afrique, le Wakanda devient le lieu où tous les espoirs renaissent par le biais de la fiction. Par là, le film peut être inscrit artistiquement dans le courant de l’<a href="http://www.jeuneafrique.com/mag/369265/culture/arts-quest-lafrofuturisme%E2%80%89/">afrofuturisme</a>. Il s’agit d’un courant artistique qui prône la réappropriation de l’histoire africaine par les Africains eux-mêmes en érigeant le futur comme seul espoir de construction de cette histoire. La philosophie de ce courant tient en une conviction&nbsp;: tout ce qui est impossible devient possible dans le futur.</p>



<p>Comme l’envisageait Sun Ra, l’un des artistes promoteurs de ce courant, il s’agit de croire à l’impossible, de transcender le présent pour imaginer un futur plein de promesses. https://www.youtube.com/embed/AZZx0oEdFpc?wmode=transparent&amp;start=0</p>



<p>Les artistes s’inscrivant dans ce mouvement invitent la science-fiction futuriste dans le présent de l’Afrique par le truchement de la littérature, de la musique, de la création plastique et du cinéma. C’est ainsi que les œuvres de <a href="http://www.artnews.com/2017/12/01/yinka-shonibare-install-23-foot-tall-wind-sculpture-near-central-park-new-york/">Yinka </a><a href="http://www.artnews.com/2017/12/01/yinka-shonibare-install-23-foot-tall-wind-sculpture-near-central-park-new-york/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Shonibare</a>, artiste anglo-nigérian dont le nom est rattaché à ce courant, mettent en scène des extraterrestres et des astronautes habillés en tissu wax pour évoquer le futur de l’Afrique. Ainsi, la science-fiction, l’utopie, le futur, l’Afrique, modules qui composent l’afrofuturisme se retrouvent de manière prégnante dans <em>Black Panther</em>.</p>



<p>L’enthousiasme et la fierté que suscite le film auprès des communautés «&nbsp;afro&nbsp;» traduisent le besoin de chaque société de fabriquer un super-héros à travers lequel elle peut projeter ses espoirs et ses rêves d’indéfectibilité et d’irréductibilité. En cela, <em>Black Panther</em> ressemble à son aîné <em>Captain America</em> dont l’impact sur l’imaginaire américain est bien connu.</p>



<p>Il subsiste toutefois une question dans le cas de <em>Black Panther</em> : quand les solutions politiques et économiques peinent à faire leur preuve, la fiction peut-elle devenir le lieu des espoirs – quoique fantasmés – d’une émancipation politico-économique voire culturelle de l’Afrique ? En tout cas, le film de Ryan Coogler montre comment une œuvre cinématographique peut, aux yeux de certains, dépasser le pragmatisme politique – au sens de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_James" target="_blank" rel="noreferrer noopener">William</a><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_James"> James</a> – tant il brouille les frontières entre identité, espace et temps.</p>



<p><a href="https://theconversation.com/profiles/erick-cakpo-305313" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Erick Cakpo</a>, Historien, chercheur, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-de-lorraine-2158">Université de Lorraine</a></em></p>



<p>This article is republished from <a href="https://theconversation.com">The </a><a href="https://theconversation.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Conversation</a> under a Creative Commons license. Read the <a href="https://theconversation.com/avec-black-panther-la-fiction-vole-au-secours-dune-realite-fantasmee-92467" target="_blank" rel="noreferrer noopener">original article</a>.</p>



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<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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