<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des cerveau &#8212; Sahel Tribune</title>
	<atom:link href="https://saheltribune.com/tag/cerveau/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://saheltribune.com/tag/cerveau/</link>
	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
	<lastBuildDate>Tue, 21 Sep 2021 07:34:13 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	

<image>
	<url>http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2021/04/cropped-logo-Sahel-Tribune_Plan-de-travail-1.jpg</url>
	<title>Archives des cerveau &#8212; Sahel Tribune</title>
	<link>https://saheltribune.com/tag/cerveau/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
<site xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">192168702</site>	<item>
		<title>Penser à ses propres pensées ou comment le cerveau s’observe</title>
		<link>https://saheltribune.com/penser-a-ses-propres-pensees-ou-comment-le-cerveau-sobserve/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/penser-a-ses-propres-pensees-ou-comment-le-cerveau-sobserve/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Sep 2021 07:34:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[cerveau]]></category>
		<category><![CDATA[confiance]]></category>
		<category><![CDATA[décision]]></category>
		<category><![CDATA[neurologie]]></category>
		<category><![CDATA[neurones]]></category>
		<category><![CDATA[neuroscience]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=8796</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Cette capacité d’autoréflexion et de réflexion sur nos propres pensées nous permet d’avoir plus ou moins confiance en nos décisions </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p>En 1884, alors qu’ils tentaient de définir les limites de la perception humaine, <a href="https://philarchive.org/archive/PEIOSD" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Charles Pierce et Joseph Jastrow</a> ont découvert autre chose : les limites de notre introspection. Les participants à leurs expériences sous-évaluaient systématiquement leur capacité à juger correctement leurs propres sensations, ce que Pierce et Jastrow ont proposé comme explication de « l’intuition des femmes ainsi que de certains phénomènes <em>télépathiques</em> ». Ces implications pratiques particulières ont heureusement été laissées de côté (ainsi que la relation conceptuelle entre la télépathie et l’intuition féminine).</p>



<p>À la fin des années 1970, cette approche consistant à demander aux participants d’évaluer leurs propres performances est devenue un domaine de recherche à part entière : l’étude de la <a href="https://www.semanticscholar.org/paper/Metacognition-and-Cognitive-Monitoring%3A-A-New-Area-Flavell/ee652f0f63ed5b0cfe0af4cb4ea76b2ecf790c8d" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« métacognition »</a>. Cette capacité d’autoréflexion et de réflexion sur nos propres pensées nous permet d’avoir plus ou moins confiance en nos décisions : nous pouvons agir avec conviction lorsque nous sommes sûrs d’avoir raison, ou être plus prudents lorsque nous pensons avoir peut-être fait une erreur. La métacognition influence tous les aspects de notre comportement : elle détermine comment nous définissons nos objectifs de vie, mais aussi comment nous jugeons nos propres sensations (ce que nous voyons, entendons, sentons, goûtons et touchons).</p>



<p>Nous ne sommes pas toujours doués pour la métacognition. Certaines personnes sont en général trop ou pas assez confiantes, la plupart des gens se sentent occasionnellement très confiants dans un mauvais choix, et tous les <a href="https://theconversation.com/le-mensonge-politique-au-coeur-de-la-campagne-presidentielle-de-donald-trump-144882" target="_blank" rel="noreferrer noopener">réseaux sociaux</a> ont été accusés de propager des croyances fortes alimentées par des infox. On sait que la métacognition se développe au cours de l’<a href="https://doi.org/10.1073/pnas.1515129113" target="_blank" rel="noreferrer noopener">enfance</a> et de l’<a href="https://doi.org/10.1016/j.concog.2013.01.004" target="_blank" rel="noreferrer noopener">adolescence</a>, et une métacognition déficiente a été impliquée dans plusieurs <a href="https://www.cambridge.org/core/journals/european-psychiatry/article/abs/dysfunctional-metacognition-across-psychopathologies-a-metaanalytic-review/3EB4D6C4B21547750252ED1C85FD88A2" target="_blank" rel="noreferrer noopener">troubles psychiatriques</a>, comme l’émergence de croyances délirantes dans la schizophrénie ou encore les troubles obsessionnels compulsifs (TOC).</p>



<p>Il est donc nécessaire de concevoir des <a href="https://www.ih2ef.gouv.fr/la-metacognition-les-enjeux-pedagogiques-de-la-recherche" target="_blank" rel="noreferrer noopener">outils pédagogiques</a> et des traitements pour <a href="https://www.cairn.info/revue-l-information-psychiatrique-2012-4-page-267.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">améliorer</a> la métacognition. Mais nous sommes encore loin de la comprendre réellement.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Juger ses propres émotions</h3>



<p>Pour penser à ses propres pensées, le cerveau doit effectivement s’observer. En théorie, chaque fois que certaines des centaines de milliards de cellules du cerveau s’assemblent pour donner naissance à une pensée, un sentiment ou une action, elles signalent également dans quelle mesure elles y sont parvenues. Tous les processus cérébraux sont suivis et évalués, ce qui donne lieu à la métacognition. L’une des grandes questions est&nbsp;: comment&nbsp;?</p>



<p>Dans <a href="https://cognition.ens.fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">notre département</a>, nous étudions la métacognition dans sa forme la plus élémentaire, notre capacité à juger nos propres sensations. Nous utilisons toujours des méthodes similaires à celles de Pierce et Jastrow : dans une expérience typique, nous montrons une image aux participants et leur demandons de prendre une décision simple sur ce qu’ils voient, puis nous évaluons dans quelle mesure ils sont sûrs d’avoir fait le bon choix. Par exemple, nous pourrions leur montrer une ligne légèrement inclinée et leur demander de juger si elle est inclinée vers la gauche ou la droite. Le participant devrait se sentir plus confiant lorsqu’il sent qu’il n’a pas besoin de regarder la ligne à nouveau pour vérifier qu’il a fait le bon choix, quand les évidences sont fortes pour sa décision. Tout comme dans un tribunal, un jury décide s’il y a suffisamment de preuves pour condamner un criminel, le cerveau décide s’il y a suffisamment d’évidences pour être confiant dans un choix.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Séparer l’activité de décision et de confiance</h3>



<p>C’est en fait un gros problème pour étudier ce qui se passe dans le cerveau lorsque les gens se sentent plus ou moins sûrs d’eux, car une différence de confiance est également une différence de preuves de décision. Si nous trouvons une différence dans l’activité cérébrale pour une confiance élevée par rapport à une confiance faible, cela pourrait en fait être dû à plus ou moins de preuves (la ligne est perçue comme plus ou moins inclinée). Nous devons séparer l’activité cérébrale liée au processus d’évaluation de l’inclinaison de la ligne de l’activité cérébrale liée au processus de confiance dans l’évaluation de cette inclinaison.</p>



<p><a href="https://elifesciences.org/articles/68491" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Nous avons récemment trouvé</a> un moyen de distinguer ces processus, en les séparant dans le temps. Dans l’expérience, nous avons mesuré l’activité cérébrale des participants (avec électroencéphalographie) pendant qu’ils prenaient des décisions concernant une séquence entière d’images montrées les unes après les autres.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/419307/original/file-20210903-25-yyjqkn.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip" alt=""/><figcaption>Illustration de la tâche.</figcaption></figure>



<p>Nous avons pu observer ce qui se passait dans le cerveau lorsque les participants regardaient les images et prenaient leur décision. Parfois, les participants prenaient leur décision avant que toutes les images aient été montrées. Dans ce cas, l’activité liée à la prise de décision s’arrêtait. Mais d’autres activités continuaient. Même quand les participants avaient pris leur décision tôt, ils vérifiaient quand même les images supplémentaires pour évaluer leur confiance. Dans ces cas, l’activité cérébrale liée à la prise de décision s’était arrêtée, et l’on pouvait donc étudier l’activité cérébrale liée à la confiance indépendamment.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/419308/original/file-20210903-25-1trygg.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip" alt=""/><figcaption>Activité cérébrale pendant la tâche (localisée au cortex à l’aide d’une technique appelée «&nbsp;localisation de la source&nbsp;»).</figcaption></figure>



<p>Notre première constatation concorde avec de nombreuses recherches antérieures&nbsp;: nous avons trouvé une activité liée à la confiance dans les zones frontales du cerveau qui sont aussi associées au comportement axé sur les objectifs. Mais en examinant de près cette activité cérébrale, en essayant de répondre à la question de savoir comment le cerveau s’observe, nous nous sommes posé une autre question&nbsp;: quand&nbsp;?</p>



<p>L’opinion par défaut est que l’on prend d’abord sa décision, puis que l’on vérifie la quantité de preuves dont on dispose pour se sentir en confiance ; on pense d’abord, puis on pense à penser. Mais lorsque nous avons examiné le schéma d’activité cérébrale lié à la confiance, nous avons constaté qu’il évoluait avant même que les participants ne prennent leur décision : c’est mettre la charrue avant les bœufs. Le cerveau est <a href="https://lejournal.cnrs.fr/articles/demain-un-ordinateur-inspire-de-notre-cerveau" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’ordinateur le plus efficace</a> que nous connaissions, il est donc étrange de penser qu’il puisse faire quelque chose d’aussi inutile.</p>



<p>Le paradigme habituel suggère un rôle important de la métacognition dans la modération du comportement futur : nos actions ultérieures sont influencées par la confiance que nous avons dans nos décisions, nos pensées et nos sentiments, et nous utilisons une faible confiance pour apprendre et nous améliorer à l’avenir. Mais il y a une autre possibilité : nous pourrions utiliser la confiance en direct, au moment où nous délibérons, pour savoir si nous devrions chercher plus de preuves ou si nous en avons assez pour prendre une décision. Dans une <a href="https://www.nature.com/articles/s41467-020-15561-w" target="_blank" rel="noreferrer noopener">autre expérience</a>, nous avons en effet constaté que les personnes qui sont plus douées pour la métacognition sont également les plus aptes à savoir quand arrêter de délibérer et prendre une décision. Le cerveau pourrait s’observer en permanence, surveiller et évaluer ses processus afin de contrôler leur efficacité ; un système de micromanagement sévère, en somme.</p>



<p>137&nbsp;ans après les interrogations de Pierce et Jastrow sur le rôle de la métacognition, nous continuons à découvrir à quel point ce type d’autoréflexion est important. Ce faisant, nous en apprenons également à chaque nouvelle étude un peu plus sur le cerveau et son étonnante capacité à s’observer.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-background has-black-background-color has-black-color is-style-wide"/>



<p><em>Merci à Clémence Alméras, doctorant, pour son aide à la relecture de cet article</em></p>



<p><a href="https://theconversation.com/profiles/tarryn-balsdon-1075974" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tarryn Balsdon</a>, Postdoctoral researcher, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/ecole-normale-superieure-ens-psl-2180" target="_blank" rel="noreferrer noopener">École normale supérieure (ENS) – PSL</a></em>; <a href="https://theconversation.com/profiles/pascal-mamassian-1266480" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pascal Mamassian</a>, chercheur CNRS en psychologie expérimentale, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/ecole-normale-superieure-ens-psl-2180" target="_blank" rel="noreferrer noopener">École normale supérieure (ENS) – PSL</a></em>, and <a href="https://theconversation.com/profiles/valentin-wyart-1266481" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Valentin Wyart</a>, Directeur de recherche en neurosciences, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/inserm-2376" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Inserm</a></em></p>



<p>This article is republished from <a href="https://theconversation.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Conversation</a> under a Creative Commons license. Read the <a href="https://theconversation.com/penser-a-ses-propres-pensees-ou-comment-le-cerveau-sobserve-167314" target="_blank" rel="noreferrer noopener">original article</a>.</p>



<img decoding="async" src="https://counter.theconversation.com/content/167314/count.gif?distributor=republish-lightbox-advanced" alt="The Conversation" width="1" height="1" style="border: none !important; box-shadow: none !important; margin: 0 !important; max-height: 1px !important; max-width: 1px !important; min-height: 1px !important; min-width: 1px !important; opacity: 0 !important; outline: none !important; padding: 0 !important; text-shadow: none !important" />
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/penser-a-ses-propres-pensees-ou-comment-le-cerveau-sobserve/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">8796</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Nous sommes programmés pour la paresse</title>
		<link>https://saheltribune.com/nous-sommes-programmes-pour-paresse/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/nous-sommes-programmes-pour-paresse/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Aug 2020 17:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[activité physique]]></category>
		<category><![CDATA[cerveau]]></category>
		<category><![CDATA[santé]]></category>
		<category><![CDATA[sédentarité]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://saheltribune.com/?p=3662</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Si vous devez vous faire violence pour sortir de votre canapé et vous adonner à une activité physique, rassurez-vous, vous n’êtes pas seul dans ce cas ! Depuis des décennies, des campagnes de communication nous encouragent à faire de l’exercice. Pourtant, environ 30 % des adultes ont une activité physique insuffisante.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><a href="https://theconversation.com/profiles/boris-cheval-705231" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Boris Cheval</a>, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-de-geneve-2429" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Université de Genève</a></em>; <a href="https://theconversation.com/profiles/matthieu-p-boisgontier-709567" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Matthieu P. Boisgontier</a>, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/university-of-british-columbia-946" target="_blank" rel="noreferrer noopener">University of British Columbia</a></em> et <a href="https://theconversation.com/profiles/philippe-sarrazin-709566" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Philippe Sarrazin</a>, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-grenoble-alpes-2279" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Université Grenoble Alpes</a></em></p>



<p>Si vous devez vous faire violence pour sortir de votre canapé et vous adonner à une activité physique, rassurez-vous, vous n’êtes pas seul dans ce cas&nbsp;! Depuis des décennies, des campagnes de communication nous encouragent à faire de l’exercice. Pourtant, environ 30&nbsp;% des adultes ont une <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30193830" target="_blank" rel="noreferrer noopener">activité physique insuffisante</a>. Et cette inaction est en constante augmentation, partout sur la planète.</p>



<p>La France ne fait pas exception à la règle. Si «&nbsp;faire davantage d’activité physique&nbsp;» se classe dans le top 5&nbsp;des <a href="https://www.newpharma.fr/cnt/art/167/les-bonnes-resolutions-des-francais.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">bonnes résolutions du jour de l’An</a>, 3&nbsp;Français sur 4 ne sont pas <a href="https://www.attitude-prevention.fr/donnees-chiffrees/barometre-activite-physique-sportive-francais-2016" target="_blank" rel="noreferrer noopener">suffisamment actifs</a>. Pourtant, selon l’Organisation mondiale de la santé, 3,2&nbsp;millions de décès sont attribuables à ce manque d’activité physique chaque année, soit un <a href="https://www.who.int/dietphysicalactivity/factsheet_inactivity/fr/">mort toutes les 10&nbsp;secondes</a>.</p>



<p>Un constat qui soulève une question&nbsp;: pourquoi sommes-nous incapables d’être physiquement actifs alors que nous en avons l’intention&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le conflit entre raison et émotions</h2>



<p>Afin de rendre compte de cette lutte qui s’opère entre nos intentions saines et des pulsions contraires, des théories scientifiques, comme les <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15454347" target="_blank" rel="noreferrer noopener">modèles à double processus</a>, ont été développées. Dans ces modèles, les mécanismes qui expliquent notre comportement sont divisés en deux catégories&nbsp;: les mécanismes rationnels, gérés par le système réfléchi, et les mécanismes émotionnels, gérés par le système impulsif. Ce dernier organise la partie automatique et instinctive de nos comportements. Il peut faciliter ou, au contraire, empêcher le système réfléchi de mettre en place nos intentions.</p>



<p>Ce deuxième cas de figure a été clairement illustré par une <a href="https://psycnet.apa.org/record/2014-33518-001" target="_blank" rel="noreferrer noopener">étude</a> que nous avons réalisée. Son but était de comprendre les conditions d’efficacité des messages promouvant l’activité physique. Autrement dit, nous cherchions à savoir si la réflexion peut l’emporter sur nos pulsions lorsqu’il s’agit de se motiver à être plus actif physiquement.</p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p>Les participants ont tout d’abord assisté à une présentation exposant les recommandations en matière d’activité physique bénéfique pour la santé (30&nbsp;minutes d’exercices quotidiens répartis en séquences de 10&nbsp;minutes minimum, la plupart des jours de la semaine). Afin de mesurer leur tendance impulsive à approcher les comportements sédentaires, ils ont ensuite réalisé une tâche expérimentale&nbsp;: le jeu du mannequin.</p>



<p>Celui-ci consiste à déplacer un avatar sur un écran d’ordinateur en utilisant les touches du clavier. Dans l’une des conditions de l’expérience, le participant doit approcher l’avatar le plus rapidement possible d’images représentant une activité physique (marche, vélo, natation…) et l’éloigner d’images représentant une activité sédentaire (télévision, hamac, escalier mécanique…). Dans l’autre condition, c’est l’inverse, l’avatar doit être approché des images évoquant la sédentarité et éloigné des images d’exercice. Plus le participant est rapide à s’approcher des images sédentaires plutôt qu’à s’en éloigner, plus on considère que sa tendance impulsive envers la sédentarité est forte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Devant les messages de prévention, nous ne&nbsp;sommes&nbsp;pas tous&nbsp;égaux</h2>



<p>Après cette tâche, les participants ont été munis d’un accéléromètre destiné à enregistrer leur activité physique quotidienne, puis sont rentrés chez eux. Une semaine plus tard, le débriefing a eu lieu.</p>



<p>Les résultats de cette expérience révèlent que des messages de santé bien formulés peuvent s’avérer efficaces pour susciter une intention. En effet, les participants qui avaient reçu le message promouvant l’activité physique ont formulé une plus forte intention de pratiquer l’exercice que ceux qui avaient reçu le message promouvant une alimentation saine. Mais avoir l’intention de faire de l’exercice physique ne signifie pas qu’on va réellement s’y mettre, et tous les participants n’ont pas réussi à convertir leur intention en comportements.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/267586/original/file-20190404-123434-xejpn6.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip" alt=""/><figcaption>Il est souvent plus simple de céder à l’impulsion de sédentarité… Shutterstock</figcaption></figure>



<p>Seuls ceux qui présentaient une faible tendance impulsive à approcher les comportements sédentaires ont réussi à le faire. À l’inverse, les participants chez qui cette tendance était forte n’ont pas été capables de transformer leur intention en actes. En d’autres termes, l’intention consciente d’être actif perdait le combat contre une tendance automatique à rechercher les comportements sédentaires.</p>



<p>Pourquoi ces comportements sédentaires sont-ils si attractifs alors qu’ils sont nocifs pour notre santé&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">La loi du moindre effort&nbsp;: un legs encombrant de l’évolution</h2>



<p>Si cette attraction vers la sédentarité paraît paradoxale aujourd’hui, elle est logique <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s40279-018-0898-0" target="_blank" rel="noreferrer noopener">lorsqu’on l’examine à la lumière de l’évolution</a>. En effet, quand l’accès à la nourriture devenait difficile, les comportements sédentaires permettaient de <a href="https://oce.ovid.com/article/00149619-201507000-00013/HTML" target="_blank" rel="noreferrer noopener">sauvegarder l’énergie</a> qui s’avérait décisive pour la survie.</p>



<p>Cette tendance à minimiser les efforts inutiles pourrait expliquer la pandémie d’inactivité physique actuelle puisque les gènes qui permettent aux individus de survivre sont plus susceptibles d’être présents dans les générations suivantes.</p>



<p>Dans une étude récente, nous avons cherché à évaluer si notre attraction automatique vers les comportements sédentaires était inscrite dans <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0028393218303981" target="_blank" rel="noreferrer noopener">notre cerveau</a>. Les participants à cette étude devaient également se livrer au jeu du mannequin, mais cette fois des électrodes enregistraient l’activité de leur cerveau.</p>



<p>Les résultats de cette expérimentation montrent que pour s’éloigner des images de sédentarité, notre cerveau doit déployer des ressources plus importantes que pour s’éloigner des images d’activité physique. Dans la vie quotidienne, s’éloigner des opportunités de sédentarité omniprésentes dans notre environnement moderne (escalators, ascenseurs, voitures…) nécessiterait donc bien de vaincre une attraction sédentaire qui serait ancrée dans notre cerveau.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/267593/original/file-20190404-123431-1rpkd8w.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip" alt=""/><figcaption>La sédentarité est bien ancrée dans notre cerveau. Shutterstock</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Efficients, pas paresseux</h2>



<p>Il ne faut néanmoins pas croire que nous avons uniquement évolué pour minimiser les efforts inutiles&nbsp;; nous avons aussi évolué pour être physiquement actifs. Voici environ 2&nbsp;millions d’années, lorsque nos ancêtres se sont convertis à un mode de vie de chasseurs-cueilleurs, l’activité physique est devenue partie intégrante de leur vie quotidienne&nbsp;: ils parcouraient alors 14&nbsp;km par jour en moyenne.</p>



<p>La sélection naturelle a donc favorisé les individus capables d’accumuler une grande quantité d’activité physique tout en s’économisant. Ces individus étaient ceux chez qui l’activité physique était associée à la sécrétion d’hormones <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1526590014009158" target="_blank" rel="noreferrer noopener">antidouleurs</a>, <a href="https://bjsm.bmj.com/content/38/5/536" target="_blank" rel="noreferrer noopener">anxiolytiques</a>, ou encore <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18296435" target="_blank" rel="noreferrer noopener">euphorisantes</a>.</p>



<p>La bonne nouvelle, c’est que ces processus hormonaux sont toujours présents chez nous et qu’ils n’attendent qu’une chose&nbsp;: être sollicités. Le premier pas vers un mode de vie actif est de prendre conscience de cette force qui nous pousse vers la minimisation des efforts. Cette prise de conscience permet de mieux résister aux innombrables opportunités de sédentarité qui nous entourent.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://images.theconversation.com/files/267605/original/file-20190404-123405-kbf0ag.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=1000&amp;fit=clip"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/267605/original/file-20190404-123405-kbf0ag.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=237&amp;fit=clip" alt=""/></a><figcaption>Il faut éviter de céder à la facilité. Mark Martins/Pixabay</figcaption></figure>



<p>Par ailleurs étant donné que, comme nos ancêtres, la grande majorité d’entre nous ne pratique une activité physique que lorsque c’est amusant ou nécessaire, la meilleure façon de promouvoir cette dernière est de la rendre agréable. Il faut donc (re)structurer nos environnements pour la favoriser, notamment lors de nos déplacements quotidiens.</p>



<p>Les politiques publiques devraient par exemple développer des infrastructures et des espaces publics ouverts, sécurisés et bien entretenus afin de favoriser l’accès à des endroits propices à la marche, au vélo et à toute autre activité physique. L’architecture des nouveaux bâtiments devrait aussi favoriser notre activité physique tout au long de la journée, en privilégiant l’accessibilité aux escaliers, les postes de travail debout, etc.</p>



<p>À nous, ensuite, de savoir profiter de ces opportunités pour réduire notre sédentarité… Allez, à vos baskets&nbsp;!</p>



<p><a href="https://theconversation.com/profiles/boris-cheval-705231" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Boris Cheval</a>, PhD. Neuropsychologie de l&rsquo;activité physique, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-de-geneve-2429" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Université de Genève</a></em>; <a href="https://theconversation.com/profiles/matthieu-p-boisgontier-709567" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Matthieu P. Boisgontier</a>, , <em><a href="https://theconversation.com/institutions/university-of-british-columbia-946" target="_blank" rel="noreferrer noopener">University of British Columbia</a></em> et <a href="https://theconversation.com/profiles/philippe-sarrazin-709566">Philippe </a><a href="https://theconversation.com/profiles/philippe-sarrazin-709566" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sarrazin</a>, Professeur des Universités, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-grenoble-alpes-2279">Université </a><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-grenoble-alpes-2279" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Grenoble </a><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-grenoble-alpes-2279">Alpes</a></em></p>



<p>Cet article est republié à partir de <a href="https://theconversation.com">The </a><a href="https://theconversation.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Conversation </a>sous licence Creative Commons. Lire l’<a href="https://theconversation.com/nous-sommes-programmes-pour-la-paresse-113770">article </a><a href="https://theconversation.com/nous-sommes-programmes-pour-la-paresse-113770" target="_blank" rel="noreferrer noopener">original</a>.</p>



<img decoding="async" src="https://counter.theconversation.com/content/113770/count.gif?distributor=republish-lightbox-advanced" alt="The Conversation" width="1" height="1" style="border: none !important; box-shadow: none !important; margin: 0 !important; max-height: 1px !important; max-width: 1px !important; min-height: 1px !important; min-width: 1px !important; opacity: 0 !important; outline: none !important; padding: 0 !important; text-shadow: none !important">
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/nous-sommes-programmes-pour-paresse/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">3662</post-id>	</item>
	</channel>
</rss>
