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	<title>Archives des blé &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
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	<title>Archives des blé &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Mali–Russie : l’axe de la souveraineté </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Jun 2025 05:10:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Découvrez les détails de la visite du président Goïta en Russie, un moment clé pour le partenariat entre Bamako et Moscou.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans un contexte international en recomposition, la visite officielle du Président malien en Russie, au cours de ce week-end,&nbsp;&nbsp;symbolise un basculement stratégique assumé. Bamako et Moscou consolident un partenariat multidimensionnel – militaire, économique et diplomatique – fondé sur la souveraineté et le respect mutuel. Plus qu’un déplacement protocolaire, un jalon dans l’axe Sahel-Eurasie.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Moscou, on appelle cela «&nbsp;<em>une visite d’importance stratégique</em>&nbsp;». À Bamako, on préfère parler d’«&nbsp;<em>alliance de souveraineté</em>&nbsp;». Mais au fond, les mots importent peu : du 21 au 26 juin 2025, le président de la Transition malienne effectue sa toute première visite officielle, en bilatérale, en Russie — et tout dans ce déplacement dit le repositionnement assumé du Mali sur l’échiquier mondial.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-deplacement-au-parfum-d-alliance-geopolitique"><strong>Un déplacement au parfum d’alliance géopolitique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l’invitation de Vladimir Poutine, le général Assimi Goïta retourne dans une capitale où il n’est plus un inconnu. Deux ans après sa participation remarquée au sommet Russie-Afrique de Saint-Pétersbourg, il revient cette fois non seulement comme président de la transition malienne mais également comme président de la Confédération des États du Sahel, porté par une ambition claire : ancrer le Mali dans l’orbite eurasiatique, à l’heure où les certitudes occidentales vacillent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les gestes symboliques, en diplomatie, valent parfois autant que les traités. Le choix de Moscou comme destination bilatérale, après les discours de rupture tenus à Bamako, Ouagadougou ou Niamey, envoie un message sans ambiguïté : dans un monde devenu multipolaire, le Mali ne demande plus la permission — il choisit.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-bamako-veut-du-concret-pas-des-promesses"><strong>Bamako veut du concret, pas des promesses</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2021, les lignes ont bougé à grande vitesse. La Russie, d’abord perçue comme un partenaire sécuritaire alternatif, s’est muée en interlocuteur global : du militaire à l’agricole, du blé à l’uranium, des drones au numérique, Moscou s’est installé dans les interstices que d’autres ont désertés. Et dans les salons feutrés du Kremlin, on sait reconnaître la fidélité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’agenda de cette visite ne trompe personne. Derrière les poignées de main et les sourires d’apparat, il s’agira de convertir les intentions en mécanismes. Traduire les amitiés en investissements. Opérationnaliser — pour reprendre le jargon des chancelleries — une commission bilatérale déjà annoncée mille fois. Et surtout, donner corps à une diplomatie économique qui ne se contente plus d’échanger des formules, mais exige des résultats.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-de-la-kalachnikov-au-ble-une-cooperation-tous-azimuts"><strong>De la kalachnikov au blé : une coopération tous azimuts</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Car le partenariat russo-malien n’est plus une hypothèse. Il est déjà un fait. En témoignent les livraisons successives de blé, d’engrais, d’hydrocarbures, de matériels militaires, mais aussi les 290 bourses offertes pour l’année universitaire à venir. Le 16 juin dernier, le président malien de la transition lançait les travaux de construction de la raffinerie d’or du Mali. Un projet confiée au russe Yadran.&nbsp;&nbsp;Une présence discrète mais solide, qui tranche avec les suspicions et les conditionnalités jadis imposées par d’autres partenaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste que Moscou n’est pas un philanthrope. Et Bamako, pas une cliente passive. Les discussions autour de mécanismes de paiement direct entre banques centrales, de transferts technologiques pour la numérisation de l’administration fiscale, ou encore d’accords miniers conjoints, montrent bien que le deal se veut gagnant-gagnant — et que chacun y trouve son compte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà de l’économie et du militaire, c’est un pari politique que joue le président malien. Celui d’un pays qui revendique sa pleine capacité à redéfinir ses alliances. Celui d’un chef d’État qui sait que dans ce moment de reconfiguration mondiale, les puissances moyennes jouent gros, parfois en silence, souvent en avance.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-moscou-nouvel-epicentre-des-relations-saheliennes"><strong>Moscou, nouvel épicentre des relations sahéliennes ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Russie, de son côté, joue une autre partition : celle d’une puissance globale en quête d’ancrage africain durable. À défaut d’être partout, elle veut être là où elle compte. Et le Sahel, aujourd’hui, est devenu ce théâtre inattendu où s’écrivent les alliances du XXIe siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, les critiques fusent. Certains dénoncent des dépendances nouvelles, des influences opaques, des partenaires peu regardants. Mais au Mali, on a appris à se méfier des leçons données depuis des tribunes lointaines. Le monde change. Les règles aussi. Et les États du Sahel, jadis sous tutelle diplomatique, entendent désormais parler d’égal à égal — quitte à bousculer les codes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette visite, donc, est tout sauf anecdotique. Elle scelle un basculement, entérine une orientation, stabilise un axe. Et elle rappelle, s’il le fallait, que dans les relations internationales comme dans la vie, ce sont rarement les plus bruyants qui tiennent les cartes. Parfois, c’est à Moscou qu’on les distribue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Suspension des importations de farine de froment : que comprendre de cette mesure</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Aug 2023 08:34:59 +0000</pubDate>
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<p>En vue d’offrir aux unités industrielles du pays l’opportunité de conquérir le marché national, les autorités maliennes de la transition tapent encore plus fort. Elles suspendent l’importation de la farine de blé et des pâtes alimentaires.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>En vue d’offrir aux unités industrielles du pays l’opportunité de conquérir le marché national, les autorités maliennes de la transition tapent encore plus fort. Elles suspendent l’importation de la farine de blé et des pâtes alimentaires.&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En application des dispositions de l’Arrêté interministériel du 11&nbsp;aout 2023, le directeur général des douanes du Mali, l’inspecteur général Amadou Konaté a exhorté tous ses services, à travers une notre écrite et rendu publique le 18&nbsp;aout dernier à veiller au respect scrupuleux de cette mesure du gouvernement malien de transition. En son article&nbsp;1, cet Arrêté interministériel indique&nbsp;: « <em>L’importation de la farine de blé et des pâtes alimentaires est suspendue jusqu’à nouvel ordre</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les produits concernés par cette disposition gouvernementale sont surtout la farine de blé et des pâtes alimentaires des nomenclatures tarifaires et statistiques&nbsp;﻿﻿11&nbsp;01&nbsp;00&nbsp;00&nbsp;00 pour la farine de froment (blé) ou de méteil, 19&nbsp;02&nbsp;00&nbsp;00&nbsp;00 et 19&nbsp;02&nbsp;30&nbsp;00&nbsp;00 pour les pâtes alimentaires (autres).&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Mesure stratégique&nbsp;</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cette mesure obéit à l’ambition des autorités de la transition de promouvoir les entreprises et industries nationales. Toute chose qui demeure l’une de leurs principales priorités. C’est d’ailleurs pourquoi depuis leur arrivée au pouvoir, elles se sont évertuées à relancer beaucoup d’industries qui étaient aux arrêts depuis des années. Leur objectif est d’assurer la souveraineté du pays dans tous les secteurs, notamment l’autarcie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Zédion Dembélé, directeur général du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence, ne dit pas le contraire. Selon ses indications dans les colonnes du quotidien national du Mali, cette « <em>suspension temporaire</em> » de suspension vise à sauvegarder les unités industrielles, à promouvoir la production nationale et à préserver les emplois créés. Selon ses explications, « <em>nos unités industrielles sont confrontées à d’énormes difficultés relatives à la commercialisation de leurs produits. Ces difficultés menacent l’existence de ces usines et les efforts déployés par le gouvernement dans le cadre de sa politique de soutien aux unités industrielles</em> », a rapporté l’Essor.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement engage donc le directeur général du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence ainsi que le directeur général des douanes à la bonne application de cette mesure stratégique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>F.&nbsp;Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Crise alimentaire en Afrique : sortir des dépendances, revenir aux fondamentaux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Nov 2022 11:56:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Sécheresses, instabilité, insécurité et manque de vision politique alimentent la dépendance des pays africains vis-à-vis des importations de céréales, à commencer par le blé. Les répercussions de la guerre entre l’Ukraine et la Russie n’expliquent pas tout.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sécheresses, instabilité, insécurité et manque de vision politique alimentent la dépendance des pays africains vis-à-vis des importations de céréales, à commencer par le blé. Les répercussions de la guerre entre l’Ukraine et la Russie n’expliquent pas tout. En attendant que l’Afrique reprenne son destin en main, la Russie est en position de force pour imposer ses conditions.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>La région du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest fait face à une nouvelle <a href="https://saheltribune.com/insecurite-et-crise-alimentaire-au-sahel-adopter-un-plan-de-riposte-holistique/">crise alimentaire et nutritionnelle</a> majeure. Environ 38,3 millions de personnes seront sous pression pour la période de juin-août 2022</em> », <a href="https://www.food-security.net/topic/crise-alimentaire-et-nutritionnelle-2022/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">alertait le RPCA</a> (Réseau de prévention des crises alimentaires) au printemps dernier. Et elles l’ont été, sous pression. Aux crises habituelles — sécheresse, insécurité — sont venues s’ajouter les conséquences de la guerre en Ukraine et du blocage des exportations de céréales ukrainiennes.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L’Afrique du Nord violemment touchée</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Certains pays ont déjà payé le prix fort, à cause de leur trop grande dépendance au blé de la Mer Noire. Surtout en Afrique du Nord. Par exemple, la <a href="https://www.middleeasteye.net/fr/actu-et-enquetes/russie-ukraine-tensions-importations-ble-algerie-tunisie-egypte" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tunisie importait 47,7 % de son blé d’Ukraine.</a> Le robinet fermé au printemps dernier a mis Tunis devant un dilemme pour éviter des émeutes de la faim. Au point d’amener le président Kaïs Saïed à lâcher du lest et à s’attirer les bonnes grâces d’Alger en s’alignant sur la position algérienne dans le dossier du Sahara Occidental. L’<a href="https://oec.world/en/profile/bilateral-product/wheat/reporter/ukr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Égypte elle aussi s’est cassé les dents sur son approvisionnement en céréales</a>, étant largement en tête des pays importateurs de produits agricoles ukrainiens, devant l’Indonésie, le Pakistan, le Bangladesh et le Liban.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, la tension s’est légèrement relâchée du côté des ports de la Mer Noire : un accord entre Kyiv et Moscou est intervenu le 22 juillet dernier, sous l’égide de la Turquie, afin de laisser sortir les céréales en souffrance dans les silos ukrainiens. Deux mois plus tard, début septembre, le président russe Vladimir Poutine a tapé du poing sur la table, considérant que les cargaisons de céréales exportées durant l’été avaient surtout <a href="https://www.challenges.fr/monde/poutine-remet-en-cause-l-accord-sur-les-cereales_826912" target="_blank" rel="noreferrer noopener">bénéficié à l’Europe et aux pays riches</a>. Selon le chef du Kremlin, seuls 2 navires sur 87 auraient livré leur cargaison « <em>aux pays pauvres </em>», soit 3 % seulement. Info ou intox ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Intox, principalement destinée à séduire les pays africains, car les chiffres sont bien différents. Selon le <a href="https://www.sudouest.fr/international/europe/ukraine/poutine-accuse-l-ue-d-accaparer-les-cereales-ukrainiennes-au-detriment-des-pays-pauvres-12191923.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Centre de coordination conjointe</a> (CCC) d’Istanbul qui supervise les exportations ukrainiennes depuis juillet, l’Union européenne a reçu 36 % de ces céréales, la Turquie (20 %) — grand hub céréalier et meunier pour la zone MENA —, la Chine (7 %) et les pays africains (17 %).</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La bataille Russie/Ukraine antérieure à la guerre</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la guerre en Ukraine n’explique pas tout. Comme le souligne <a href="https://www.middleeasteye.net/fr/actu-et-enquetes/russie-ukraine-tensions-importations-ble-algerie-tunisie-egypte" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Middle East Eye</a>, « <em>les craintes légitimes des effets de la crise sur l’approvisionnement en céréales de l’Afrique du Nord coïncident avec les perspectives d’une chute de la production de blé russe en 2021-2022, conséquence des mauvaises conditions climatiques, en particulier des étés chauds et secs</em> ». Résultat, pour la saison 2021/2022, la <a href="https://www.agenceecofin.com/marches/3108-91052-la-russie-pourrait-exporter-en-2021/2022-son-plus-faible-volume-de-ble-depuis-5-ans" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Russie a exporté son plus faible volume total de blé en cinq ans</a>. A contrario, l’<a href="https://www.ukrinform.fr/rubric-economy/3374231-lukraine-annonce-une-recolte-record-de-cereales-en-2021.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ukraine avait enregistré une « saison record »</a> en 2021. Avant la guerre des armes, l’Ukraine et la Russie se livraient déjà un bras de fer monumental sur le marché des matières premières agricoles. En bloquant l’appareil productif ukrainien, la Russie s’est donc imposée sur le marché pour alimenter ces fameux « <em>pays pauvres</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pays africains, eux, subissaient déjà de plein fouet cette guerre économique entre les deux géants. Selon l’ONU, <a href="https://www.aa.com.tr/fr/afrique/vingt-cinq-pays-africains-importent-plus-dun-tiers-de-leur-bl%C3%A9-de-russie-et-d-ukraine-onu/2539348" target="_blank" rel="noreferrer noopener">25 pays du continent importent plus d’un tiers</a> de leur blé de Russie et d’Ukraine, certains étant même <a href="https://fr.statista.com/infographie/27093/les-pays-africains-qui-dependent-le-plus-du-ble-russe-et-ukrainien/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">dépendants à 100 % comme la Somalie et le Bénin</a>. Avec les conséquences socio-économiques et les famines que l’on sait, des régions comme l’Afrique de l’Ouest voyant qui plus est leur <a href="https://www.agridigitale.net/art-baisse_de_20_de_la_production_cralire_.html">production céréalière baisser de 20 %</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’<a href="https://unric.org/fr/un-ouragan-de-la-faim-gonfle-par-la-guerre-en-ukraine/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ONU ne cesse de tirer la sonnette d’alarme</a> face à cet « <em>ouragan de famines</em> » qui pourrait toucher de nombreux pays en 2023, dont le Burkina Faso, l’Égypte, la République démocratique du Congo, la Libye, la Somalie ou encore le Soudan. Le Programme alimentaire mondial (PAM) souligne également l’impact de l’augmentation des prix (+70 % pour l’huile, +30 % pour le riz, +67 % pour la farine de blé) et alerte sur des pays en situation critique comme la République centrafricaine, victime d’un conflit armé interne prolongé, d’une insécurité persistante et de la <a href="https://news.un.org/fr/story/2022/07/1123132" target="_blank" rel="noreferrer noopener">détérioration de la sécurité alimentaire</a>, comme le précise Tomson Phiri, porte-parole du PAM : « <em>Au-delà de ces chocs, il existe des facteurs structurels tels que la forte croissance démographique, la pauvreté généralisée, le sous-emploi et la dégradation de la base de ressources agroécologiques qui contribuent à une détérioration progressive des moyens de subsistance et de la sécurité alimentaire.</em> » Et la proximité du pays avec la Russie, très présente sur la scène sécuritaire et politique centrafricaine, <a href="https://www.connectionivoirienne.net/2022/10/11/mali-comment-eviter-les-pieges-dans-lesquels-est-tombee-la-centrafrique/">ne semble en aucun cas arranger les choses</a> : le pays est au bord de l’effondrement.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Moscou alimente la dépendance alimentaire des pays africains</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte de bras de fer international, l’Afrique s’est retrouvée dans le collimateur commercial de Moscou : en août dernier, le ministère de l’Agriculture russe a énoncé sa <a href="https://www.agenceecofin.com/commerce-exterieur/3108-100722-confortee-par-sa-reussite-dans-le-ble-la-russie-veut-accroitre-ses-expeditions-agricoles-vers-l-afrique#:~:text=Pour%20rappel%2C%20la%20Russie%20a,de%20l'huile%20de%20soja." target="_blank" rel="noreferrer noopener">stratégie visant neuf pays du continent</a>, comme l’Angola, le Cameroun ou le Ghana : « <em>Le continent africain est une zone intéressante et prometteuse pour le développement des exportations alimentaires russes</em>, a expliqué Dmitry Krasnov du Centre fédéral pour le développement des exportations agroalimentaires. <em>Toutefois, il est important de tenir compte d’un certain nombre de facteurs tels que l’instabilité politique dans certains pays ou encore la réglementation des prix d’un certain nombre de marchandises afin de déterminer les pays prioritaires et de cibler les produits.</em> » Une stratégie qui ne relève donc d’aucune forme d’altruisme, mais s’inscrit davantage dans ce qui s’apparenterait presque à un chantage d’État à État, <a href="https://www.courrierinternational.com/article/guerre-en-ukraine-a-l-onu-les-pays-africains-divises-dans-leurs-rapports-avec-la-russie" target="_blank" rel="noreferrer noopener">la Russie monnayant son appui alimentaire contre des votes à l’Onu</a> : mi-octobre, dans le cadre de la condamnation des annexions russes de quatre régions ukrainiennes, 22 pays africains se sont abstenus, 9 ont voté contre : l’Algérie, le Burundi, le Congo, la République centrafricaine, l’Érythrée, l’Éthiopie, le Gabon, le Mali et le Zimbabwe. Un hasard ? Pas vraiment : la diplomatie des matières premières — chère au président Poutine — fonctionne à plein régime, pour le gaz comme pour le blé. Certains États africains n’ont tout simplement pas le choix et cèdent à la pression.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exemple du Mali est significatif : pourtant producteur de blé et de fonio, le pays a dû <a href="https://www.youtube.com/watch?v=wVkNtONFiVM" target="_blank" rel="noreferrer noopener">se résoudre à s’aligner et à importer du blé russe</a> au début de l’été 2022, ainsi que des fertilisants. Selon Alousséni Sanou, ministre de l’Économie et des Finances du Mali, en visite à Moscou, « <em>le commerce mondial est totalement perturbé. Le prix du blé, entre janvier 2021 et mai 2022 a presque été multiplié par cinq. Le Mali importe environ 47 000 tonnes de blé chaque mois. L’approvisionnement des pays n’est plus assuré, ce qui fait qu’aujourd’hui, chaque pays doit chercher à s’ajuster et à équilibrer ses comptes</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce <a href="https://saheltribune.com/securite-alimentaire-la-banque-mondiale-mobilisee-aupres-des-pays-africains/">contexte de crise</a>, c’est donc la Russie qui tire son épingle du jeu. Car derrière l’apparente posture de souveraineté affichée par le ministre affirmant : « <em>Il faut échanger d’État à État, afin d’obtenir des prix sur le blé. C’est ce que nous avons obtenu grâce à des accords pour engager rapidement l’approvisionnement à partir de la Russie ». </em>Une relation d’égal à égal semble hautement hypothétique, tant le Mali dépend dorénavant pour tout, sécurité, relations diplomatiques et, donc, alimentation, du nouvel allié exclusif dont la junte l’a affublé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et à la crise de l’approvisionnement en blé vient à présent s’ajouter celle de l’approvisionnement en maïs et en riz, venu d’Asie. Pour <a href="https://www.jeuneafrique.com/1324825/economie/comment-sortir-lafrique-de-sa-dependance-aux-cereales-importees/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">sortir de ces multiples dépendances</a>, les pays africains devraient revenir à leurs fondamentaux : la production de cultures vivrières locales comme le mil, le fonio, le manioc et le sorgho. Et investir massivement dans l’appareil de production agricole, plutôt que de payer grassement des bateaux venus des ports russes ou asiatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Fatim Ouattara</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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