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	<title>Archives des bénin &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des bénin &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Après sa visite à Bamako, Romuald Wadagni convie Assimi Goïta au Bénin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 18:40:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>En visite officielle à Bamako, le président béninois Romuald Wadagni s'est entretenu avec Assimi Goïta. Les deux dirigeants ont convenu de renforcer la coopération bilatérale et la coordination face aux défis sécuritaires régionaux.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le président béninois Romuald Wadagni a effectué mardi une visite d’amitié et de travail à Bamako. Reçu avec les honneurs par le général d’armée Assimi Goïta, le chef de l’État béninois a affiché, avec son homologue malien, une volonté commune de renforcer les relations bilatérales et de coordonner davantage les efforts face aux défis sécuritaires qui secouent l’Afrique de l’Ouest.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali et le Bénin entendent ouvrir un nouveau chapitre de leur coopération. En visite de travail et d’amitié à Bamako ce mardi 9 juin, le président béninois Romuald Wadagni a été accueilli au palais de Koulouba par le président de la Transition malienne, le général d’armée Assimi Goïta, dans une séquence diplomatique qui témoigne du rapprochement entre les deux États.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À son arrivée à l’aéroport international de Bamako, le chef de l’État béninois a été reçu personnellement par son homologue malien. Les hymnes nationaux des deux pays ont été exécutés avant la présentation des corps constitués et des représentants de la communauté béninoise vivant au Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après un premier entretien dans le pavillon présidentiel, les deux dirigeants ont poursuivi leurs échanges au palais de Koulouba lors d’une séance de travail élargie aux délégations ministérielles et diplomatiques des deux pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une relation bilatérale appelée à se renforcer</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le communiqué conjoint publié à l’issue de la rencontre, les discussions ont porté sur les relations bilatérales, les enjeux sécuritaires régionaux ainsi que les défis politiques et économiques auxquels sont confrontés les deux pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le général Assimi Goïta a saisi cette occasion pour féliciter son homologue béninois pour son accession à la magistrature suprême et lui réaffirmer sa disponibilité à approfondir les liens historiques qui unissent Bamako et Cotonou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux chefs d’État ont notamment convenu de donner un nouvel élan à leur coopération économique, commerciale et culturelle. Ils ont également décidé d’accélérer la tenue de la deuxième session de la Grande Commission mixte de coopération Bénin-Mali, considérée comme un instrument clé pour dynamiser les échanges entre les deux pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette volonté de rapprochement intervient dans un contexte de recomposition des relations diplomatiques en Afrique de l’Ouest, où plusieurs États cherchent à renforcer les partenariats bilatéraux au-delà des cadres régionaux traditionnels.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le terrorisme au cœur des préoccupations</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La question sécuritaire a occupé une place importante dans les échanges. Les deux présidents ont examiné la situation au Sahel et en Afrique de l’Ouest, marquée par la persistance des groupes armés terroristes et l’extension de la menace terroriste vers les pays côtiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président béninois a présenté ses condoléances au peuple malien après les attaques terroristes du 25 avril 2026 qui ont frappé le pays et coûté la vie à plusieurs personnes, dont le général d’armée Sadio Camara, alors ministre d’État chargé de la Défense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans leur déclaration commune, les deux dirigeants ont souligné la nécessité de renforcer la coordination régionale dans la lutte contre le terrorisme et de préserver les conditions d’une coopération efficace entre les États de la sous-région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils ont également réaffirmé leur attachement aux principes de souveraineté nationale, d’intégrité territoriale et de non-ingérence dans les affaires intérieures des États.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une convergence de vues sur les enjeux régionaux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des questions bilatérales, les deux chefs d’État ont évoqué les grands dossiers régionaux et internationaux. Le communiqué conjoint souligne une «&nbsp;<em>convergence de vues</em>&nbsp;» sur plusieurs questions multilatérales d’intérêt commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Bamako, cette visite constitue un signal diplomatique important. Elle traduit la volonté des autorités maliennes de maintenir un dialogue actif avec les pays de la région malgré les recompositions institutionnelles observées ces dernières années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté béninois, ce déplacement confirme également l’importance accordée au dialogue avec le Mali, acteur central des équilibres sécuritaires sahéliens.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une invitation à Cotonou</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au terme de la visite, Romuald Wadagni a invité officiellement le président de la Transition malienne à effectuer une visite d’amitié et de travail au Bénin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le général Assimi Goïta a accepté cette invitation, dont la date sera fixée ultérieurement par voie diplomatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une région confrontée à de multiples défis sécuritaires, économiques et politiques, cette rencontre entre Bamako et Cotonou est une manifestation d’une volonté commune de privilégier le dialogue, la coopération et la concertation pour répondre aux enjeux de stabilité et de développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Visite officielle de Romuald Wadagni : le Mali renforce son influence dans la sous-région</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 09:08:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La visite du président béninois Romuald Wadagni à Bamako, quelques semaines après son investiture, illustre le rôle croissant du Mali dans la recomposition géopolitique ouest-africaine et le rayonnement diplomatique de l’AES.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La visite du président béninois Romuald Wadagni à Bamako, le 9 juin 2026, moins de trois semaines après son investiture, dit quelque chose d&rsquo;essentiel sur le Mali d&rsquo;aujourd&rsquo;hui : un pays qui attire, qui dialogue et qui construit, loin des caricatures.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelque chose de significatif dans le choix du président Romuald Wadagni de faire du Mali l&rsquo;une de ses premières destinations à l&rsquo;étranger. Investi le 24 mai 2026, le nouveau chef de l&rsquo;État béninois a d&rsquo;abord visité le Nigeria, puis le Niger, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire — et maintenant Bamako. Ce tour du voisinage immédiat, accompli en moins d&rsquo;un mois, est un message de réconciliation adressé à toute une région. Et le Mali y occupe une place de choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas un hasard. En cinq ans de refondation, le Mali a construit une diplomatie sur des principes cardinaux devenus constitutionnels: le respect de la souveraineté nationale, le respect des choix stratégiques et du choix des partenaires opérés et la défense des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions prises. C’est une diplomatie cohérente, fondée sur deux piliers indissociables : la souveraineté absolue et le dialogue sincère. Là où d&rsquo;autres auraient choisi l&rsquo;isolement ou la posture, Bamako a fait le pari de l&rsquo;ouverture africaine. L&rsquo;Alliance des États du Sahel (AES), fondée avec le Burkina Faso et le Niger en septembre 2023, en est l&rsquo;expression la plus aboutie : un cadre de coopération sud-sud, sans tutelle extérieure, porté par des peuples qui ont décidé de prendre leur destin en main.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une page tournée dans la sous-région</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La visite de Wadagni a une dimension historique que l&rsquo;on ne saurait minorer. Son prédécesseur Patrice Talon avait figuré parmi les voix les plus fermes en faveur d&rsquo;une intervention armée de la CEDEAO contre le Niger. Les tensions qui s&rsquo;en sont suivies — expulsions de diplomates, fermeture de consulats, crises aux frontières — ont profondément marqué la sous-région. La participation des représentants de l&rsquo;AES à l&rsquo;investiture du nouveau président béninois avait déjà été lue comme un signe. La visite de Bamako le confirme : une page se tourne, et le Mali en est acteur de premier plan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le Mali n&rsquo;a jamais coupé les ponts. Même au plus fort des tensions régionales, Bamako a maintenu avec Cotonou des relations dépourvues de toute tension bilatérale. Les liens historiques et culturels entre les deux peuples ont tenu. Et sur le plan économique, la coopération reste structurellement solide : les Entrepôts Maliens au Bénin (EMABE), opérationnels depuis 2016 sur les 15 000 m² mis à disposition par le gouvernement béninois dès 1983, témoignent d&rsquo;une interdépendance ancienne et mutuellement bénéfique. Le port de Cotonou, à 1 500 kilomètres de Mopti, demeure le débouché maritime le plus proche pour les régions nord du Mali — une réalité géographique que la politique ne saurait effacer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Mali, pivot de la recomposition africaine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui se joue à Bamako en ce 9 juin 2026 dépasse la simple courtoisie diplomatique. C&rsquo;est la démonstration que l&rsquo;AES n&rsquo;est pas un bloc fermé sur lui-même, mais un pôle de gravité capable de dialoguer, de nouer des partenariats et d&rsquo;impulser une nouvelle architecture régionale fondée sur le respect mutuel. Le général GOÏTA reçoit un homologue qu&rsquo;il n&rsquo;a pas attendu passivement — il l&rsquo;a accueilli dans un pays qui se reconstruit, qui investit dans son peuple, et qui rayonne suffisamment pour être l&rsquo;une des premières escales d&rsquo;un chef d&rsquo;État fraîchement élu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali ne réclame pas de reconnaissance. Il la mérite, par ses actes et par sa constance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est cela, la diplomatie de la souveraineté : non pas le repli, mais l&rsquo;affirmation. Non pas la rupture, mais le dialogue exigeant. Le Mali a choisi de n&rsquo;être le client de personne et le partenaire de tous ceux qui le respectent. Cette visite du président Wadagni en est la plus récente, et peut-être la plus éloquente, des validations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le Bénin tend la main à l’AES : vers la fin de la crise entre Porto-Novo, Niamey et Ouagadougou ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2026 20:19:50 +0000</pubDate>
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<p>Le président béninois Romuald Wadagni a effectué des visites officielles à Niamey et Ouagadougou, marquant un rapprochement inédit entre le Bénin et l’Alliance des États du Sahel après deux années de tensions diplomatiques.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 2 juin 2026, le président béninois Romuald Wadagni a effectué en un seul jour deux visites officielles à Niamey et à Ouagadougou. Un geste diplomatique d&rsquo;une portée considérable, qui referme deux ans de tensions ouvertes entre le Bénin et les pays de l&rsquo;Alliance des États du Sahel — frontière fermée, pipeline bloqué, accusations mutuelles de déstabilisation.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En un seul mardi, le président du Bénin a posé deux gestes diplomatiques que beaucoup jugeaient improbables il y a encore six mois : une visite officielle à Niamey, chez le général Abdourahamane Tiani, puis un déplacement à Ouagadougou, chez le capitaine Ibrahim Traoré. Deux capitales de l&rsquo;Alliance des États du Sahel (AES), deux hommes arrivés au pouvoir par des coups d&rsquo;État militaires — et avec lesquels le Bénin de Patrice Talon avait entretenu des relations pour le moins glaciales. Romuald Wadagni, successeur de Talon depuis le 24 mai, a visiblement décidé d&rsquo;écrire une autre page.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le contexte : deux ans de rupture ouverte</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour mesurer la portée de ce double déplacement, il faut rappeler ce que furent les relations entre le Bénin et ses voisins sahéliens depuis le coup d&rsquo;État qui renversa Mohamed Bazoum au Niger, le 28 juillet 2023. Porto-Novo fut l&rsquo;un des pays qui appliqua le plus strictement les sanctions décidées par la CEDEAO — fermeture de la frontière, suspension des flux commerciaux. Niamey, en retour, maintint sa frontière fermée avec le Bénin bien après la levée des sanctions régionales, brandissant une accusation grave.&nbsp;<em>« Le Bénin abrite des bases françaises destinées à entraîner des terroristes pour déstabiliser le Niger. »</em>, expliquait le&nbsp;Gouvernement de transition du Niger, en 2023-2024 — accusation réfutée par Paris et Porto-Novo.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette accusation empoisonna durablement les relations bilatérales. Elle s&rsquo;accompagna d&rsquo;une crise économique et énergétique aux conséquences concrètes : le pipeline Niger-Bénin, infrastructure colossale de 2 000 kilomètres construite pour 6 milliards de dollars afin d&rsquo;acheminer le pétrole brut d&rsquo;Agadès jusqu&rsquo;au terminal de Sèmè-Kpodji, fut pris en otage par la brouille diplomatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;arme du pipeline : quand le pétrole devient otage</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le pipeline Niger-Bénin est l&rsquo;une des infrastructures les plus stratégiques d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest. Mis en service en mars 2024, il avait permis le chargement du premier navire en mai 2024 — une étape historique pour le Niger, qui exportait ainsi pour la première fois son pétrole brut sur le marché international. Les projections tablaient sur 90 000 barils par jour, soit un potentiel de plusieurs milliards d&rsquo;euros de recettes annuelles pour Niamey.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais dès le 6 juin 2024, le général Tiani ordonnait la fermeture totale des vannes. La raison officielle invoquée : l&rsquo;arrestation par les autorités béninoises de cinq ressortissants nigériens pour «&nbsp;<em>atteinte à la sécurité de l&rsquo;État</em>&nbsp;». La raison de fond : une rupture diplomatique totale, dans laquelle le pipeline devenait l&rsquo;instrument de pression d&rsquo;un régime aux abois économiquement mais déterminé à ne pas céder sur le terrain symbolique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un pipeline bloqué, une frontière fermée, des accusations de complot. En un seul jour, Wadagni a tenté de refermer deux ans d&rsquo;hostilité ouverte.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Niamey : la frontière comme premier chantier</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est à Niamey que le signal le plus concret a été envoyé. Le communiqué conjoint Niger-Bénin du 2 juin 2026, signé à l&rsquo;issue des entretiens entre Wadagni et Tiani, mentionne explicitement l&rsquo;engagement des deux pays à lever «&nbsp;<em>tous les obstacles au renforcement de la coopération</em>&nbsp;», et cite nommément la «&nbsp;<em>réouverture de la frontière Bénin-Niger</em>&nbsp;». Un comité d&rsquo;experts a été mandaté pour recenser ces obstacles, avec un délai de quinze jours pour rendre son rapport aux deux chefs d&rsquo;État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est peu, et c&rsquo;est beaucoup. La frontière Bénin-Niger est fermée depuis bientôt trois ans du côté nigérien. Sa réouverture débloquerait non seulement les flux commerciaux terrestres — le Bénin est l&rsquo;un des corridors d&rsquo;approvisionnement naturels du Niger enclavé — mais ouvrirait la voie à une reprise des exportations pétrolières via le pipeline, dont la valeur économique pour Niamey est considérable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les deux Présidents ont réaffirmé leur commune volonté de dynamiser la coopération bilatérale, pour la hisser à la hauteur de leurs ambitions et des attentes légitimes de leurs peuples respectifs, qui aspirent à la paix, à la sécurité et au développement. »,&nbsp;</em>selon le<em>&nbsp;</em>Communiqué conjoint Niger-Bénin, Niamey, du 2 juin 2026.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ouagadougou : le port de Cotonou comme levier</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À Ouagadougou, l&rsquo;enjeu est d&rsquo;une autre nature. Le Burkina Faso est un pays enclavé qui dépend très largement du port autonome de Cotonou pour son approvisionnement en biens importés. Le communiqué conjoint burkinabé-béninois l&rsquo;énonce sans détour : les deux chefs d&rsquo;État ont «&nbsp;<em>apprécié le rôle stratégique du port autonome de Cotonou dans l&rsquo;approvisionnement du Burkina Faso</em>&nbsp;» et se sont engagés à renforcer la coopération en matière de transit, de transport et de logistique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le capitaine Traoré, qui a rompu avec la France et multiplié les ruptures diplomatiques depuis son arrivée au pouvoir en 2022, le maintien d&rsquo;un corridor commercial fiable vers la mer est une nécessité économique vitale. Pour Wadagni, le rôle de Cotonou comme hub régional — menacé par les tensions avec l&rsquo;AES sous Talon — est une priorité stratégique. Les deux intérêts convergent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que dit ce double geste de Wadagni</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des dossiers bilatéraux, la journée du 2 juin 2026 est un signal politique fort adressé à toute la sous-région. Wadagni, à peine élu, choisit de faire de la réconciliation avec l&rsquo;AES l&rsquo;un de ses premiers actes de politique étrangère. Ce faisant, il rompt avec la posture de Talon — qui avait maintenu le cap des sanctions CEDEAO et refusé toute normalisation tant que la frontière restait fermée — et envoie un message à Paris, Washington et Bruxelles : le Bénin peut dialoguer avec les régimes sahéliens sans pour autant renier ses alliances occidentales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les pays de l&rsquo;AES, la visite de Wadagni est un succès diplomatique réel. Elle valide leur stratégie de résistance aux pressions de la CEDEAO et montre que même les États qui avaient appliqué les sanctions les plus strictement reviennent à la table. Le général Tiani a répondu à l&rsquo;invitation de Wadagni : il se rendra officiellement au Bénin à une date à fixer par voie diplomatique. Le capitaine Traoré a fait de même pour Ouagadougou.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les zones d&rsquo;ombre qui subsistent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour autant, il serait prématuré de parler de réconciliation accomplie. Le communiqué de Niamey est prudent : il crée un comité d&rsquo;experts, fixe un délai de quinze jours, mais ne prend aucun engagement ferme sur la réouverture effective de la frontière ni sur la reprise des exportations pétrolières. Les accusations nigériennes sur les «&nbsp;<em>bases françaises</em>&nbsp;» au Bénin n&rsquo;ont jamais été officiellement retirées. Le pipeline reste à l&rsquo;arrêt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté burkinabé, la Cinquième Commission mixte de coopération a été programmée «&nbsp;<em>dans les meilleurs délais</em>&nbsp;» — une formulation diplomatique qui peut signifier beaucoup ou rien. L&rsquo;AES reste, structurellement, dans une posture de méfiance envers les États membres de la CEDEAO, dont le Bénin fait partie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais dans une sous-région où les ruptures s&rsquo;accumulent depuis 2020 — cinq coups d&rsquo;État, deux alliances rivales, une fragmentation croissante des espaces économiques —, la journée du 2 juin 2026 marque quelque chose de rare : deux pays qui choisissent de parler, et d&rsquo;écouter. C&rsquo;est un début.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
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		<title>Élections en Afrique : pourquoi l’alternance ne garantit pas toujours la démocratie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Au Bénin, la succession de Patrice Talon par Romuald Wadagni relance le débat sur l’alternance en Afrique : démocratie réelle ou continuité politique déguisée derrière les élections ?</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Bénin, Romuald Wadagni succède à Patrice Talon. L&rsquo;Occident applaudit. Mais quand un dauphin prend la place du roi, peut-on encore parler d&rsquo;alternance — ou seulement de continuité habillée en démocratie ?</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 24 mai 2026, Patrice Talon quittait le palais de la Marina après dix ans de règne. Son successeur,&nbsp;<a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://www.jeuneafrique.com/1798133/politique/romuald-wadagni-officiellement-investi-president-du-benin/&amp;ved=2ahUKEwi6tqeEqdqUAxVPUKQEHVj-NmIQFnoECCIQAQ&amp;usg=AOvVaw1-vtMzczOtR6BmzqNyr9fP">Romuald Wadagni, prêtait serment</a>. Les chancelleries occidentales se félicitaient. La presse internationale saluait une «&nbsp;<em>alternance pacifique exemplaire</em>&nbsp;». Et pourtant.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Karl Popper et le mirage de l&rsquo;urne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Wadagni n&rsquo;est pas un inconnu surgi de l&rsquo;opposition, porté par la colère populaire ou la promesse d&rsquo;un changement de cap. C&rsquo;est l&rsquo;homme qui, depuis le 7 avril 2016, occupait le poste de <a href="https://finances.bj/le-ministre/">ministre d&rsquo;État en charge de l&rsquo;Économie et des Finances</a> dans le gouvernement Talon — reconduit en 2021, fidèle entre les fidèles, architecte de la politique économique du régime sortant. Talon a quitté le pouvoir. Sa politique, elle, reste. Son homme, lui, gouverne. On appelle ça une alternance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe dans la pensée libérale une formule commode, souvent convoquée pour absoudre les démocraties imparfaites de leurs péchés. Karl Popper la résume ainsi : la démocratie, c&rsquo;est la possibilité de déposer les mauvais dirigeants sans effusion de sang. Peu importe qui arrive, peu importe ce qu&rsquo;il représente, peu importe comment il a gagné. L&rsquo;essentiel : les élections ont eu lieu, le sang n&rsquo;a pas coulé, circulez.&nbsp;La démocratie n&rsquo;est pas le gouvernement de la majorité, c&rsquo;est la garantie que les gouvernants peuvent être chassés sans violence, pour paraphraser&nbsp;Karl Popper, dans son ouvrage politique majeur&nbsp;<em>La Société ouverte et ses ennemis</em>, publié en 1945.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut admirer la profondeur de cette intuition dans le contexte où elle fut formulée — l&rsquo;Europe de 1945, sortant du fascisme et du stalinisme, cherchant les fondements d&rsquo;un ordre politique non violent. Mais appliquer mécaniquement ce critère minimal à l&rsquo;Afrique du XXIe siècle, c&rsquo;est se condamner à bénir des simulacres. Popper nous dit comment éviter la tyrannie. Il ne nous dit pas comment construire une démocratie substantielle. Ce glissement, discret mais fondamental, est au cœur de tous les malentendus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand le dauphin du roi monte sur le trône, l&rsquo;urne a peut-être parlé. La démocratie, elle, est restée muette.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;alternance sans alternance : anatomie d&rsquo;un oxymore africain</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas béninois n&rsquo;est pas isolé. Il s&rsquo;inscrit dans une longue tradition de ce que les politologues appellent parfois la «&nbsp;<em>démocratie de façade</em>&nbsp;» ou la «&nbsp;<em>démocratie délégative</em>&nbsp;» — un régime où les formes électorales sont scrupuleusement respectées, où les urnes sont remplies dans l&rsquo;ordre, où les résultats sont proclamés dans les délais, mais où le <a href="https://saheltribune.com/benin-la-cour-constitutionnelle-valide-lelection-de-romuald-wadagni-avec-plus-de-94-des-voix/">résultat est connu d&rsquo;avance et le changement,</a> soigneusement neutralisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a vu des auto-successions déguisées en alternance — un président qui place son fils, son ministre, son cousin au sommet de l&rsquo;État, en faisant mine de se soumettre au verdict des urnes. On a vu des tripatouillages constitutionnels orchestrés pour permettre un troisième mandat, rebaptisé «&nbsp;<em>premier mandat sous la nouvelle Constitution</em>&nbsp;» par les juristes de service. Pour reprendre la formule lumineuse du Premier ministre malien de transition,&nbsp;<a href="https://amap.ml/discours-du-colonel-abdoulaye-maiga-premier-ministre-p-i-chef-du-gouvernement-du-mali-a-loccasion-du-debat-general-de-la-77eme-session-ordinaire-de-lassemblee-generale-des-nations/">Abdoulaye Maïga, à la tribune des nations unies</a>&nbsp;: certains dirigeants ont appris «&nbsp;<em>l’art de se dribbler soi-même tout en gardant le ballon</em>» — à simuler le mouvement sans jamais le lâcher.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le roman de la fabrique des successeurs&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans&nbsp;<em><a href="https://www.amazon.fr/Fatoma-Broussard-Fousseni-Togola/dp/B0H2JSHGKW/ref=sr_1_4?dib=eyJ2IjoiMSJ9.A3Bl7EqL0YLA-N_nWVkV7-UHCzZyn1VaQukvyBqioVnN6FWdKSjjHGb6HjxGZhHmueHDe722DIhQ_pIOIx0CZ3En_lyeWFr_0XT78nTh2fJZ9kWEfoQkPsWR-X8GyXE2Xk8PzB1szB0poFvQXKO6FsGl54U_DmHRblR91FzhOlfiYWVxwKACTnkrQqMY8nDjiKdZ2ytGpqT4Kz1X3WMN6sH3v_PGYDsO1YERSYoLZ9E.L4S2Ko9FPnjYhT7-lO6juZKAtZins_BbiHjcFi4XUx4&amp;dib_tag=se&amp;qid=1779914616&amp;refinements=p_n_publication_date%3A183196031&amp;s=books&amp;sr=1-4">Fatoma, le broussard</a></em>&nbsp;(2026), Fousseni Togola met en scène la République fictive du Zanzane avec une précision qui déconcerte par sa ressemblance avec des réalités bien réelles.&nbsp;Le roman décrit un pays «&nbsp;<em>vitrine officielle de la démocratie</em>» où le chef de l&rsquo;État en est à son quatrième quinquennat — «&nbsp;<em>démocratiquement élu sur le papier mais qui, depuis des lustres, gouvernait d&rsquo;une main de fer</em>&nbsp;». L&rsquo;opposition y est muselée, la presse «&nbsp;<em>fermée, étranglée financièrement ou bâillonnée par décret&nbsp;</em>», et l&rsquo;exil «&nbsp;<em>un réflexe de survie politique, parfois même économique&nbsp;</em>».&nbsp;Les élections peuvent exister, se répéter, s&rsquo;habiller des atours de la légitimité, et n&rsquo;être que le décor d&rsquo;une domination inchangée. Le Zanzane de Togola était autrefois cité comme «&nbsp;<em>miracle africain</em>&nbsp;» ; sa chute, écrit l&rsquo;auteur, commence précisément quand «&nbsp;<em>la gestion se corrompt et que les mœurs se délient</em>&nbsp;» — non quand les élections s&rsquo;arrêtent, mais quand elles perdent leur substance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman révèle que l&rsquo;alternance au Zanzane est une mise en scène orchestrée de l&rsquo;intérieur.&nbsp;Allakama lui-même fabriquait ses successeurs — en les emprisonnant d&rsquo;abord pour les «&nbsp;<em>blanchir</em>&nbsp;» politiquement. Alladio, présenté comme l&rsquo;opposant héroïque sorti de prison, était en réalité un «&nbsp;<em>complice officieux, opposant de façade, secrètement préparé pour ce moment précis</em>&nbsp;». Le peuple crie victoire. Le système ne change pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans consensus occidental, tant qu&rsquo;il y a des élections, la démocratie est solide. Tant que le perdant concède et que le vainqueur prête serment, le processus est légitime. La gouvernance clanique, la répression de l&rsquo;opposition, le rétrécissement de l&rsquo;espace civique, la mainmise sur la justice et les médias : tous ces faits disparaissent derrière le voile pudique de la procédure électorale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Bénin sous Talon : le modèle qu&rsquo;on nous vendait</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://theconversation.com/patrice-talon-au-benin-le-legs-contraste-dune-decennie-de-rupture-283150">Le Bénin de Patrice Talon</a>&nbsp;est précisément ce modèle. Depuis 2016, le pays a été cité en exemple par les institutions financières internationales pour ses réformes économiques, sa stabilité macroéconomique, son dynamisme entrepreneurial. Peu importe que l&rsquo;opposition ait été progressivement étouffée — contrainte par une loi sur les partis qui excluait de fait toute formation non alignée sur le pouvoir des élections législatives de 2019. Peu importe que des figures de l&rsquo;opposition aient été poursuivies, exilées, réduites au silence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui comptait, aux yeux de la communauté internationale, c&rsquo;est que <a href="https://saheltribune.com/benin-talon-sous-escorte-regionale/">Talon</a> n&rsquo;avait pas modifié la Constitution pour s&rsquo;accrocher au pouvoir — et qu&rsquo;il passait le témoin à la date prévue. La forme était respectée. Le fond, lui, était soigneusement évacué du débat. Et quand le destinataire du témoin est le ministre des Finances qui a conçu et appliqué la politique du prédécesseur depuis dix ans, personne ne trouve cela problématique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Réhabiliter la substance contre la procédure</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que cette tribune voudrait défendre, c&rsquo;est une thèse simple et inconfortable : la qualité d&rsquo;une démocratie ne se mesure pas à la régularité de ses élections, mais à la réalité du choix qu&rsquo;elles offrent aux citoyens. Une alternance n&rsquo;est une alternance que si elle porte une véritable rupture — dans les politiques, dans les équipes, dans les orientations stratégiques du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fixer le baromètre de la démocratie uniquement sur la procédure électorale, c&rsquo;est accepter que des élections organisées au prix de centaines de milliards de francs CFA — souvent financées par la dette ou l&rsquo;aide internationale — puissent servir uniquement à légitimer la continuité d&rsquo;un système au bénéfice de quelques individus et de leurs réseaux. C&rsquo;est accepter que les peuples africains votent sans choisir, participent sans décider, alternent sans changer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie, dans sa version substantielle, exige davantage. Elle exige que les dirigeants rendent compte de leurs projets de société, de leur bilan en matière de développement, de souveraineté économique, de justice sociale. Elle exige que l&rsquo;opposition puisse se présenter et campaigner librement. Elle exige que les citoyens aient accès à une information plurielle et indépendante. Elle exige que les institutions — justice, parlement, médias — ne soient pas des instruments de la volonté du chef.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une élection où les dés sont pipés avant que les bulletins soient imprimés n&rsquo;est pas une démocratie. C&rsquo;est un théâtre coûteux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Et si l&rsquo;on changeait de baromètre ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;alternance pacifique est une condition nécessaire de la démocratie. Elle n&rsquo;en est pas une condition suffisante. Ce que le cas béninois illustre avec une clarté presque pédagogique, c&rsquo;est que la forme peut survivre au contenu — que l&rsquo;enveloppe démocratique peut être rigoureusement respectée pendant que son âme est méthodiquement vidée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s&rsquo;agit pas ici de condamner Romuald Wadagni avant qu&rsquo;il ait gouverné, ni de nier que la transmission pacifique du pouvoir a une valeur en soi. Il s&rsquo;agit de refuser que cette transmission soit le seul critère à l&rsquo;aune duquel on évalue la santé démocratique d&rsquo;un pays. Il s&rsquo;agit de rappeler que les peuples africains méritent une démocratie qui travaille pour eux — pas des élections qui travaillent pour leurs élites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le jour où les observateurs internationaux féliciteront non seulement la régularité du scrutin, mais aussi la réalité du choix offert aux électeurs, la liberté de l&rsquo;opposition et la qualité du projet de gouvernance — ce jour-là, peut-être, on pourra parler de démocratie. En attendant, on parle de procédures.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Bénin : la Cour constitutionnelle valide l’élection de Romuald Wadagni avec plus de 94 % des voix</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 23:24:57 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez les résultats définitifs de l'élection présidentielle au Bénin : Romuald Wadagni proclamé vainqueur avec une majorité impressionnante.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La Cour constitutionnelle du Bénin a proclamé, jeudi 16 avril, les résultats définitifs de l’élection présidentielle du 12 avril 2026, confirmant la victoire écrasante de Romuald Wadagni. Le candidat du pouvoir, associé à Mariam Tchabi Talata, obtient 94,27 % des suffrages exprimés, consolidant ainsi les résultats provisoires annoncés par la Commission électorale nationale autonome (Cena).</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à lui, son unique adversaire, Paul Hounkpè, recueille 5,73 % des voix. Un score sans appel dans un scrutin marqué par l’absence de véritable compétition, mais dont l’issue ne faisait guère de doute au regard du rapport de forces politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre élément notable : le taux de participation. Alors que la Cena l’avait initialement estimé à 58,75 %, la Cour constitutionnelle l’a finalement réévalué à 63,57 %. Une correction qui vise à donner une image plus précise de la mobilisation électorale, dans un contexte où les scrutins béninois font régulièrement l’objet d’un examen attentif, tant au niveau national qu’international.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-dauphin-dans-la-continuite-de-talon"><strong>Un dauphin dans la continuité de Talon</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Âgé de 49 ans, Romuald Wadagni, expert-comptable de formation, s’inscrit dans la continuité du président sortant Patrice Talon, dont il a été pendant près d’une décennie le ministre de l’Économie et des finances. Considéré comme son dauphin, il hérite désormais des rênes du pays dans un contexte de stabilité politique relative, mais aussi d’attentes élevées en matière de gouvernance et de développement économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son investiture est prévue pour le 23 mai 2026. Elle marquera le début d’un mandat présidentiel désormais porté à sept ans, conformément à la révision constitutionnelle adoptée en novembre 2025, qui modifie en profondeur le calendrier politique béninois.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-transition-sans-contestation"><strong>Une transition sans contestation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Fait notable dans ce processus électoral : Paul Hounkpè a reconnu sa défaite avant même la proclamation des résultats provisoires, allant jusqu’à féliciter son adversaire. Un geste qui a contribué à apaiser le climat politique et à éviter toute contestation post-électorale majeure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette élection s’inscrit dans la continuité des réformes politiques engagées ces dernières années au Bénin, souvent saluées pour leur efficacité institutionnelle mais également critiquées par une partie de l’opposition et de la société civile pour leur caractère restrictif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec cette victoire sans appel, Romuald Wadagni ouvre une nouvelle séquence politique au Bénin, marquée par la consolidation du pouvoir en place et la poursuite des orientations économiques et institutionnelles héritées de l’ère Talon.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
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		<title>Bénin : 15 soldats tués dans une attaque armée dans le nord du pays</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 18:03:14 +0000</pubDate>
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<p>Une attaque armée dans le nord du Bénin a fait des victimes. Apprenez-en plus sur les événements tragiques du 4 mars.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Une attaque menée le 4 mars contre des positions militaires dans le nord du Bénin a fait 15 morts et quatre blessés parmi les forces armées. L’armée béninoise affirme avoir neutralisé quatre assaillants lors d’une opération aérienne menée après l’assaut.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le nord du Bénin a de nouveau été frappé par une attaque armée contre les forces de sécurité. Selon des informations relayées par la radio béninoise Bip Radio, citant le porte-parole des forces armées, le colonel James Johnson, l’assaut a causé la mort de 15 soldats béninois et fait quatre blessés dans les rangs de l’armée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’attaque s’est produite le 4 mars dans le village de Kofonou, localité située dans une zone frontalière régulièrement exposée aux incursions de groupes armés. Les assaillants ont pris pour cible des positions des forces armées béninoises avant de tenter de se replier hors de la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-region-sous-pression-securitaire"><strong>Une région sous pression sécuritaire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après l’attaque, les forces armées béninoises ont engagé une opération de poursuite. Selon les autorités militaires, un groupe d’assaillants a été intercepté par des aéronefs de l’armée alors qu’il tentait de quitter la zone.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La frappe aérienne menée lors de cette opération a permis de neutraliser quatre combattants, d’après les informations communiquées par le porte-parole de l’armée. Aucune précision supplémentaire n’a été donnée sur l’identité des assaillants ni sur leur appartenance éventuelle à un groupe armé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte sécuritaire tendu, le gouvernement béninois a annoncé en décembre dernier une mesure visant à accroître les capacités de défense du pays. Les autorités ont lancé le recrutement et la formation de 1 850 nouvelles recrues destinées à intégrer les forces armées entre 2025 et 2026.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-renforcement-des-effectifs-militaires"><strong>Renforcement des effectifs militaires</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette campagne de recrutement ne concerne pas uniquement les combattants. Le gouvernement a également sélectionné plusieurs spécialistes techniques appelés à renforcer les capacités logistiques et opérationnelles de l’armée. Parmi ces profils figurent des mécaniciens automobiles, des chauffeurs, des électriciens automobiles ainsi que des techniciens spécialisés dans la maintenance de générateurs et d’installations solaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces renforts doivent contribuer à moderniser les moyens des forces armées béninoises et à améliorer leur mobilité et leur autonomie énergétique dans les zones d’opération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’attaque de Kofonou rappelle la fragilité sécuritaire persistante dans le nord du Bénin. Si le pays est longtemps resté relativement épargné par les violences qui touchent plusieurs États du Sahel, la multiplication des incidents ces dernières années a conduit les autorités à adapter leur stratégie de défense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les responsables béninois, l’enjeu est désormais de contenir la progression des groupes armés vers le golfe de Guinée tout en renforçant la présence de l’État dans les régions frontalières.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
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		<title>Levée de fonds sur le marché UMOA-Titres : classé 5ᵉen 2025, le Mali démarre l’année 2026 en force</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sidi Modibo Coulibaly]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Jan 2026 08:04:39 +0000</pubDate>
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<p>Le Mali sur le marché UMOA-Titres : performance récente et confiance des investisseurs expliquées en détail.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Mali vient de réussir, à deux reprises au cours de ce mois de janvier, à mobiliser des montants supérieurs à ceux recherchés. Cette performance s’inscrit dans la continuité d’une dynamique amorcée durant les derniers mois de l’année 2025, une année qui avait pourtant débuté par des difficultés à atteindre les objectifs de mobilisation fixés par l’État.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En réussissant à lever des fonds au-delà de ses objectifs initiaux, le Mali retrouve la confiance des investisseurs. Il s’agit donc d’une véritable ruée des investisseurs vers le Mali. Cette mobilisation régionale confirme également que le pays reste attractif sur le marché financier régional, malgré un contexte macroéconomique et sécuritaire corsé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-deux-levees-de-fonds-ayant-depasse-les-objectifs-initiaux"><strong>Deux levées de fonds ayant dépassé les objectifs initiaux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour sa première intervention de l’année 2026, réalisée le 7 janvier, le Mali a non seulement atteint, mais dépassé son objectif initial de 40 milliards FCFA en mobilisant 44 milliards FCFA. Cette opération s’est faite à l’issue d’une émission simultanée de Bons et d’Obligations assimilables du Trésor (BAT/OAT) sur le marché de l’UMOA-Titres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’opération a suscité un engouement marqué, avec 78,83 milliards FCFA de soumissions, soit un taux de couverture de 197,09 %. Autrement dit, les investisseurs ont proposé près de deux fois le montant recherché par le Trésor malien. Ce niveau de demande traduit la capacité du Mali à capter l’épargne disponible au sein de l’UEMOA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la seconde intervention sur le marché, effectuée le 22 janvier, le Mali a également levé des fonds supérieurs à sa demande. En recherchant 50 milliards FCFA, il a obtenu 55 milliards FCFA. L’émission s’est déroulée sous forme d’adjudication de Bons assimilables du Trésor (BAT) et d’Obligations assimilables du Trésor (OAT).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La forte demande des investisseurs a permis au Mali de retenir 55 milliards FCFA, tout en restant sélectif sur les montants et les maturités acceptés. Les titres émis combinent des maturités courtes (182 et 364 jours) et moyennes (3 à 5 ans), ce qui permet d’étaler dans le temps le profil de remboursement.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-en-2025-sur-11-878-milliards-mobilises-la-part-du-mali-etait-modeste"><strong>En 2025, sur 11 878 milliards mobilisés, la part du Mali était modeste</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les données de l’agence UEMOA-Titres, les interventions des huit États membres ont permis de mobiliser, au cours de l’année 2025, des ressources substantielles s’élevant à 11 878 milliards FCFA. Sur ce montant, le Mali a pu encaisser 992 milliards FCFA, le classant ainsi au 5ᵉ rang des États de l’UEMOA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce classement, la Côte d’Ivoire occupe la première place avec 5 149 milliards FCFA. Elle est suivie respectivement par le Sénégal (2 225 milliards FCFA) et le Niger (1 313 milliards FCFA). Le Burkina Faso se classe 4ᵉ avec 1 077 milliards FCFA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est suivi du Mali (992 milliards FCFA), du Togo (412 milliards FCFA) et du Bénin (411 milliards FCFA). La Guinée-Bissau ferme la marche avec 299 milliards FCFA.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sidi Modibo Coulibaly</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Bénin : victoire officielle, défaite stratégique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 12:49:21 +0000</pubDate>
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<p>Examinez l'intervention étrangère au Bénin et son impact sur la souveraineté et la sécurité en Afrique de l'Ouest.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>La crise qui secoue le Bénin, avec ses répliques politiques et militaires traversant l’Afrique de l’Ouest, dépasse largement le cadre d’un simple incident sécuritaire. Elle met à nu une tension structurelle entre une souveraineté proclamée et des dépendances réelles. Plus qu’un événement conjoncturel, elle marque un moment de bascule où l’État, l’armée et les alliances extérieures se trouvent exposés dans leur fragilité.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les images, les interruptions audiovisuelles et les messages numériques n’en ont livré qu’une façade. Comme souvent dans l’Afrique contemporaine, l’essentiel s’est joué à huis clos : mobilisation discrète de soutiens extérieurs, gestion étroite de l’information, volonté manifeste de contenir l’événement afin d’éviter toute contagion régionale. La mémoire collective a été cadrée avant même que le peuple n’en perçoive l’ampleur réelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-armee-sous-pression-entre-loyaute-et-dependance">Une armée sous pression, entre loyauté et dépendance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l’image de l’opération Serval au Mali en 2013, la riposte béninoise s’est voulue immédiate, calibrée et décisive. Serval n’avait pas seulement stoppé l’avancée des groupes armés vers Bamako ; elle avait surtout réaffirmé la centralité française dans la gestion des crises ouest-africaines. De la même manière, l’épisode béninois révèle que certaines souverainetés demeurent conditionnelles, activables ou suspendables selon les intérêts géopolitiques dominants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’armée républicaine, héritière du serment de la Conférence nationale de 1990, a vacillé sans rompre ouvertement. Ses chefs, pris entre loyauté institutionnelle, pressions politiques et dépendance opérationnelle, ont vu leur récit soigneusement aménagé afin d’éviter un effet domino dans l’espace sahélien. La crise, confinée dans l’écosystème numérique, n’a laissé au peuple qu’un écho fragmenté et filtré.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-tenir-a-tout-prix-la-doctrine-de-la-survie-institutionnelle">« Tenir à tout prix » : la doctrine de la survie institutionnelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette défaite de l’armée béninoise opère à plusieurs niveaux. Elle se traduit d’abord par la mise hors combat d’unités d’élite formées à l’antiterrorisme, avec des pertes humaines, matérielles et symboliques notables. Elle révèle ensuite l’incapacité des autorités à assumer publiquement l’ampleur des faits. Enfin, elle met en lumière le rôle déterminant de la CEDEAO et, surtout, des puissances extérieures dans la stabilisation effective des États de la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le schéma de riposte, lisible entre les lignes des communiqués officiels, trahit un embarras stratégique profond : « tenir à tout prix » devient doctrine, même au détriment de la souveraineté. Sauver la face revient alors à accepter une tutelle de fait.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-nigeria-et-france-les-veritables-piliers-de-la-stabilite-beninoise">Nigeria et France : les véritables piliers de la stabilité béninoise</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Nigeria, confronté depuis plus d’une décennie au terrorisme et au banditisme armé, apparaît comme le principal garant de la survie institutionnelle béninoise, reléguant le pays au rang de vassal stratégique. La France, par son intervention, confirme un rapport de suzeraineté déjà bien installé. Sans ces appuis extérieurs, le scénario aurait été radicalement différent — une réalité minimisée, mais centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La présence visible de forces étrangères dans l’espace urbain et la fragilisation des frontières, notamment avec le Burkina Faso, produisent un paradoxe sécuritaire : présentée comme une protection institutionnelle, cette présence incarne en réalité une dépossession. L’ennemi n’est plus seulement extérieur ; il devient structurel, inscrit dans les dispositifs mêmes de défense.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-cedeao-a-geometrie-variable">Une CEDEAO à géométrie variable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu réel dépasse le Bénin. Il vise à contenir et isoler l’Alliance des États du Sahel (AES), perçue comme une menace pour l’architecture régionale dominée par la CEDEAO et ses partenaires occidentaux. À travers le Bénin, un message clair est envoyé : aucune remise en cause de l’ordre régional établi ne sera tolérée sans coût élevé. Le peuple béninois se retrouve ainsi otage d’un affrontement géopolitique qui le dépasse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les précédents confirment cette géopolitique à géométrie variable : indifférence relative en Guinée-Bissau, parfois tournée en dérision, contre réaction vigoureuse au Niger après la chute de Bazoum. Sous Macron, l’orgueil stratégique français maintient certaines armées africaines dans une dépendance structurelle, exposant l’armée béninoise comme un corps privé de pleine autonomie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À court terme, l’histoire — toujours écrite par les vainqueurs — présente le pouvoir de Patrice Talon et l’armée béninoise comme sortis victorieux de l’épreuve. Mais dans la longue durée, ils émergent affaiblis, fragilisant l’État béninois et l’équilibre ouest-africain. Une question demeure, lancinante :&nbsp;que vaut un serment républicain lorsqu’il ne peut s’honorer qu’avec l’assistance de forces étrangères ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mikaïlou Cissé&nbsp;</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Pourquoi la CEDEAO frappe fort au Bénin mais hésite en Guinée-Bissau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Dec 2025 22:49:22 +0000</pubDate>
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<p>Comprenez les menaces politiques en Afrique de l'Ouest à travers la sanction de la CEDEAO contre la Guinée Bissau.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réunie en sommet ordinaire les 14 et 15 décembre 2025 à Abuja, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a dû faire face à deux crises politiques majeures survenues en moins d’un mois. D’un côté, une tentative de coup d’État déjouée au Bénin ; de l’autre, un coup réussi en Guinée-Bissau. Deux situations distinctes, deux réponses différentes, qui interrogent la cohérence stratégique et la crédibilité politique de l’organisation régionale.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 7 décembre 2025, à l’aube, un groupe de soldats dissidents, se revendiquant du « <em>Comité militaire pour la refondation</em> » (CMR), a tenté de renverser le président béninois Patrice Talon. Menée par le lieutenant-colonel Pascal Tigri, l’opération a brièvement visé la télévision nationale et proclamé la suspension de la Constitution, avant d’être rapidement neutralisée par les Forces armées béninoises, restées loyales au pouvoir civil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réaction de la CEDEAO a été immédiate et sans ambiguïté. Dès le jour même, la Commission a condamné une « <em>tentative de subversion de la volonté populaire </em>» et, fait rare, ordonné le déploiement d’éléments de sa force en attente sur le territoire béninois. Des contingents venus du Nigeria, du Ghana, de la Côte d’Ivoire et de la Sierra Leone ont été mobilisés, dans une logique de stabilisation préventive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce déploiement marque la première activation effective de la force régionale depuis la crise gambienne de 2017. Il a été salué par les chefs d’État réunis à Abuja comme un signal clair adressé aux auteurs de coups de force. La CEDEAO entend désormais intervenir en amont pour protéger les institutions lorsqu’elles tiennent encore.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-guinee-bissau-entre-suspension-et-pressions-ciblees"><strong>La Guinée-Bissau, entre suspension et pressions ciblées</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le contraste est saisissant avec la situation en Guinée-Bissau. Le 26 novembre 2025, un coup d’État militaire a renversé le président Umaro Sissoco Embalo. Face à ce changement politique à la tête de l’Etat, la CEDEAO a appliqué les mécanismes classiques prévus par son Protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance : suspension immédiate du pays de toutes les instances de décision et condamnation officielle du changement anticonstitutionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors du sommet d’Abuja, l’organisation est allée plus loin en rejetant fermement le calendrier de transition proposé par les nouvelles autorités du pays, qui envisageaient de conserver le pouvoir jusqu’en 2028. Les chefs d’État ont exigé un retour rapide à l’ordre constitutionnel et la mise en place d’une transition civile courte et inclusive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, sur le plan coercitif, la CEDEAO a opté pour une approche graduée. Plutôt que d’imposer immédiatement des sanctions économiques générales, elle a brandi la menace de sanctions ciblées — gel des avoirs et restrictions de déplacement — à l’encontre des individus entravant le processus de transition. À ce stade, aucune mesure concrète n’a encore été appliquée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-cedeao-a-deux-vitesses"><strong>Une « CEDEAO à deux vitesses » ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette différence de traitement alimente les critiques. Plusieurs observateurs, dont le député sénégalais Guy Marius Sagna, dénoncent une organisation à géométrie variable : intervention militaire rapide lorsque le coup échoue, prudence diplomatique lorsque le coup réussit. Une lecture renforcée par le précédent du Niger en 2023, où la CEDEAO avait renoncé à une intervention militaire après de fortes résistances régionales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ses défenseurs, cette approche relève d’un pragmatisme assumé. La CEDEAO serait plus efficace dans la prévention que dans l’imposition forcée d’un retour à l’ordre constitutionnel, surtout dans des contextes où l’intervention armée risquerait d’aggraver l’instabilité ou de susciter un rejet populaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-mediation-etat-d-urgence-regional-et-defis-securitaires"><strong>Médiation, état d’urgence régional et défis sécuritaires</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Consciente des limites de sa seule posture répressive, la CEDEAO a également annoncé le déploiement imminent d’une mission de haut niveau en Guinée-Bissau, chargée de relancer le dialogue politique. Parallèlement, l’organisation a décidé d’intensifier sa coopération avec l’Union africaine et les Nations unies, notamment en Guinée Conakry, où des missions d’observation électorale accompagneront le scrutin présidentiel de fin décembre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques jours avant le sommet, le président de la Commission, Omar Alieu Touray, avait d’ailleurs proclamé un « <em>état d’urgence régional </em>», soulignant la multiplication des changements anticonstitutionnels et la progression continue de la menace terroriste de la côte ivoirienne au nord du Nigeria.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-credibilite-sous-tension"><strong>Une crédibilité sous tension</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À Abuja, la CEDEAO a réaffirmé sa politique de « <em>tolérance zéro </em>» envers les coups d’État. Mais entre démonstration de force au Bénin et prudence calculée en Guinée-Bissau, l’organisation avance sur une ligne étroite, contrainte par ses moyens militaires limités, ses divisions internes et une opinion publique de plus en plus critique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La gestion du dossier bissau-guinéen sera déterminante. Sa capacité à obtenir une transition civile crédible, sans recourir à une escalade militaire ou à des sanctions aveugles, conditionnera largement la crédibilité future de la CEDEAO comme garante de l’ordre constitutionnel en Afrique de l’Ouest.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Bénin : Talon sous escorte régionale</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Dec 2025 23:56:10 +0000</pubDate>
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<p>Comprenez le coup d'État au Bénin et la réaction de la CEDEAO pour maintenir la stabilité en Afrique de l'Ouest après la crise.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>En ordonnant le déploiement immédiat d’une force régionale pour soutenir le président Patrice Talon après la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, la CEDEAO veut éviter qu’un nouveau domino ne tombe dans la région. Mais derrière cette démonstration de fermeté se joue une autre bataille : celle de la survie du dernier régime civil encore debout dans une Afrique de l’Ouest gagnée par la tentation des ruptures militaires. À Cotonou, le vent du Sahel a soufflé — et même s’il a été contenu, il a révélé l’essoufflement d’un modèle démocratique à bout de souffle.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La riposte a été immédiate. Moins de vingt-quatre heures après la tentative de&nbsp;changement de pouvoir&nbsp;manquée contre le président Patrice Talon, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a sorti la carte de la fermeté. Dans un communiqué publié ce dimanche soir à Abuja, l’organisation régionale a ordonné le&nbsp;déploiement «&nbsp;<em>immédiat&nbsp;</em>» d’éléments de la Force en attente&nbsp;sur le territoire béninois, afin de soutenir le gouvernement et de préserver «&nbsp;<em>l’ordre constitutionnel et l’intégrité territoriale</em>&nbsp;» du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le texte signé par la Commission de la CEDEAO, la décision découle de l’article 25(e) du protocole de 1999, relatif au mécanisme de prévention et de maintien de la paix. Après consultations entre les chefs d’État et de gouvernement, Abuja a donc activé la clause de défense collective, transformant le Bénin en nouvelle ligne rouge du dispositif sécuritaire ouest-africain.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-coalition-sous-banniere-nigeriane"><strong>Une coalition sous bannière nigériane</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La force régionale sera composée de troupes venues du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et de la Sierra Leone — les quatre piliers militaires du dispositif CEDEAO. Ce contingent, qui pourrait être déployé «&nbsp;<em>dans les prochaines heures</em>&nbsp;», aura pour mission de&nbsp;sécuriser Cotonou, les infrastructures stratégiques et les institutions républicaines, tandis que l’armée béninoise poursuit ses opérations contre les&nbsp;auteurs de la tentative de changement de régime&nbsp;retranchés dans la zone portuaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En clair, Abuja ne veut pas d’un nouveau «&nbsp;<em>cas malien&nbsp;</em>» au cœur du Golfe de Guinée. Depuis le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO en janvier 2024, l’organisation voit dans le Bénin un&nbsp;dernier bastion du modèle civil et libéral&nbsp;qu’elle entend préserver à tout prix.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-reaction-de-survie-regionale"><strong>Une réaction de survie régionale</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière la rhétorique juridique et protocolaire, cette décision traduit une peur : celle d’une&nbsp;contagion&nbsp;qui a déjà gagné la moitié du continent. Le spectre d’un basculement du Bénin dans le camp des&nbsp;pouvoirs militaires&nbsp;du Sahel hante les chancelleries d’Abuja, d’Accra,&nbsp;d’Abidjan, voire de la France. Le président nigérian Bola Tinubu, actuel président en exercice de la CEDEAO, l’a d’ailleurs martelé : «&nbsp;<em>Le Bénin ne tombera pas.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette posture de fermeté a un revers. Dans les rues de Cotonou et sur les réseaux sociaux ouest-africains, certains dénoncent une «&nbsp;<em>militarisation de la diplomatie&nbsp;</em>» et un deux-poids-deux-mesures criant. Là où la CEDEAO s’est montrée impuissante face&nbsp;au cas de la Guinée Bisseau, elle déploie aujourd’hui des troupes pour sauver un président affaibli par la fin de son mandat et la fragmentation de son propre camp.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-talon-l-ultime-rempart-ou-le-symbole-d-un-systeme-a-bout-de-souffle"><strong>Talon, l’ultime rempart ou le symbole d’un système à bout de souffle ?</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’ironie est cruelle. Patrice Talon, chantre autoproclamé de la «&nbsp;<em>Rupture&nbsp;</em>», se retrouve désormais&nbsp;protégé par la vieille garde régionale&nbsp;qu’il avait pourtant défiée sur plusieurs dossiers économiques et institutionnels. À Abuja, à Accra comme à Abidjan, on défend un allié. À Cotonou, beaucoup y voient plutôt la consolidation d’un régime de plus en plus verrouillé, où la succession s’est transformée en bombe à retardement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La CEDEAO veut croire qu’elle défend la démocratie. Mais en s’érigeant en gendarme d’un ordre vacillant, elle protège avant tout un modèle à bout de souffle — celui des démocraties verrouillées post-conférences nationales, où les urnes n’ont plus la force d’apaiser, et où les casernes finissent toujours par s’inviter au débat politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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