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	<title>Archives des bénin &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des bénin &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Bénin : 15 soldats tués dans une attaque armée dans le nord du pays</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 18:03:14 +0000</pubDate>
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<p>Une attaque armée dans le nord du Bénin a fait des victimes. Apprenez-en plus sur les événements tragiques du 4 mars.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Une attaque menée le 4 mars contre des positions militaires dans le nord du Bénin a fait 15 morts et quatre blessés parmi les forces armées. L’armée béninoise affirme avoir neutralisé quatre assaillants lors d’une opération aérienne menée après l’assaut.</em></strong></p>



<p>Le nord du Bénin a de nouveau été frappé par une attaque armée contre les forces de sécurité. Selon des informations relayées par la radio béninoise Bip Radio, citant le porte-parole des forces armées, le colonel James Johnson, l’assaut a causé la mort de 15 soldats béninois et fait quatre blessés dans les rangs de l’armée.</p>



<p>L’attaque s’est produite le 4 mars dans le village de Kofonou, localité située dans une zone frontalière régulièrement exposée aux incursions de groupes armés. Les assaillants ont pris pour cible des positions des forces armées béninoises avant de tenter de se replier hors de la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-region-sous-pression-securitaire"><strong>Une région sous pression sécuritaire</strong></h2>



<p>Après l’attaque, les forces armées béninoises ont engagé une opération de poursuite. Selon les autorités militaires, un groupe d’assaillants a été intercepté par des aéronefs de l’armée alors qu’il tentait de quitter la zone.</p>



<p>La frappe aérienne menée lors de cette opération a permis de neutraliser quatre combattants, d’après les informations communiquées par le porte-parole de l’armée. Aucune précision supplémentaire n’a été donnée sur l’identité des assaillants ni sur leur appartenance éventuelle à un groupe armé.</p>



<p>Dans ce contexte sécuritaire tendu, le gouvernement béninois a annoncé en décembre dernier une mesure visant à accroître les capacités de défense du pays. Les autorités ont lancé le recrutement et la formation de 1 850 nouvelles recrues destinées à intégrer les forces armées entre 2025 et 2026.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-renforcement-des-effectifs-militaires"><strong>Renforcement des effectifs militaires</strong></h2>



<p>Cette campagne de recrutement ne concerne pas uniquement les combattants. Le gouvernement a également sélectionné plusieurs spécialistes techniques appelés à renforcer les capacités logistiques et opérationnelles de l’armée. Parmi ces profils figurent des mécaniciens automobiles, des chauffeurs, des électriciens automobiles ainsi que des techniciens spécialisés dans la maintenance de générateurs et d’installations solaires.</p>



<p>Ces renforts doivent contribuer à moderniser les moyens des forces armées béninoises et à améliorer leur mobilité et leur autonomie énergétique dans les zones d’opération.</p>



<p>L’attaque de Kofonou rappelle la fragilité sécuritaire persistante dans le nord du Bénin. Si le pays est longtemps resté relativement épargné par les violences qui touchent plusieurs États du Sahel, la multiplication des incidents ces dernières années a conduit les autorités à adapter leur stratégie de défense.</p>



<p>Pour les responsables béninois, l’enjeu est désormais de contenir la progression des groupes armés vers le golfe de Guinée tout en renforçant la présence de l’État dans les régions frontalières.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Levée de fonds sur le marché UMOA-Titres : classé 5ᵉen 2025, le Mali démarre l’année 2026 en force</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sidi Modibo Coulibaly]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Jan 2026 08:04:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le Mali sur le marché UMOA-Titres : performance récente et confiance des investisseurs expliquées en détail.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Le Mali vient de réussir, à deux reprises au cours de ce mois de janvier, à mobiliser des montants supérieurs à ceux recherchés. Cette performance s’inscrit dans la continuité d’une dynamique amorcée durant les derniers mois de l’année 2025, une année qui avait pourtant débuté par des difficultés à atteindre les objectifs de mobilisation fixés par l’État.</em></strong></p>



<p>En réussissant à lever des fonds au-delà de ses objectifs initiaux, le Mali retrouve la confiance des investisseurs. Il s’agit donc d’une véritable ruée des investisseurs vers le Mali. Cette mobilisation régionale confirme également que le pays reste attractif sur le marché financier régional, malgré un contexte macroéconomique et sécuritaire corsé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-deux-levees-de-fonds-ayant-depasse-les-objectifs-initiaux"><strong>Deux levées de fonds ayant dépassé les objectifs initiaux</strong></h2>



<p>Pour sa première intervention de l’année 2026, réalisée le 7 janvier, le Mali a non seulement atteint, mais dépassé son objectif initial de 40 milliards FCFA en mobilisant 44 milliards FCFA. Cette opération s’est faite à l’issue d’une émission simultanée de Bons et d’Obligations assimilables du Trésor (BAT/OAT) sur le marché de l’UMOA-Titres.</p>



<p>L’opération a suscité un engouement marqué, avec 78,83 milliards FCFA de soumissions, soit un taux de couverture de 197,09 %. Autrement dit, les investisseurs ont proposé près de deux fois le montant recherché par le Trésor malien. Ce niveau de demande traduit la capacité du Mali à capter l’épargne disponible au sein de l’UEMOA.</p>



<p>Pour la seconde intervention sur le marché, effectuée le 22 janvier, le Mali a également levé des fonds supérieurs à sa demande. En recherchant 50 milliards FCFA, il a obtenu 55 milliards FCFA. L’émission s’est déroulée sous forme d’adjudication de Bons assimilables du Trésor (BAT) et d’Obligations assimilables du Trésor (OAT).</p>



<p>La forte demande des investisseurs a permis au Mali de retenir 55 milliards FCFA, tout en restant sélectif sur les montants et les maturités acceptés. Les titres émis combinent des maturités courtes (182 et 364 jours) et moyennes (3 à 5 ans), ce qui permet d’étaler dans le temps le profil de remboursement.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-en-2025-sur-11-878-milliards-mobilises-la-part-du-mali-etait-modeste"><strong>En 2025, sur 11 878 milliards mobilisés, la part du Mali était modeste</strong></h2>



<p>Selon les données de l’agence UEMOA-Titres, les interventions des huit États membres ont permis de mobiliser, au cours de l’année 2025, des ressources substantielles s’élevant à 11 878 milliards FCFA. Sur ce montant, le Mali a pu encaisser 992 milliards FCFA, le classant ainsi au 5ᵉ rang des États de l’UEMOA.</p>



<p>Dans ce classement, la Côte d’Ivoire occupe la première place avec 5 149 milliards FCFA. Elle est suivie respectivement par le Sénégal (2 225 milliards FCFA) et le Niger (1 313 milliards FCFA). Le Burkina Faso se classe 4ᵉ avec 1 077 milliards FCFA.</p>



<p>Il est suivi du Mali (992 milliards FCFA), du Togo (412 milliards FCFA) et du Bénin (411 milliards FCFA). La Guinée-Bissau ferme la marche avec 299 milliards FCFA.</p>



<p><strong>Sidi Modibo Coulibaly</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Bénin : victoire officielle, défaite stratégique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 12:49:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Examinez l'intervention étrangère au Bénin et son impact sur la souveraineté et la sécurité en Afrique de l'Ouest.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em><strong><em>La crise qui secoue le Bénin, avec ses répliques politiques et militaires traversant l’Afrique de l’Ouest, dépasse largement le cadre d’un simple incident sécuritaire. Elle met à nu une tension structurelle entre une souveraineté proclamée et des dépendances réelles. Plus qu’un événement conjoncturel, elle marque un moment de bascule où l’État, l’armée et les alliances extérieures se trouvent exposés dans leur fragilité.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p>Les images, les interruptions audiovisuelles et les messages numériques n’en ont livré qu’une façade. Comme souvent dans l’Afrique contemporaine, l’essentiel s’est joué à huis clos : mobilisation discrète de soutiens extérieurs, gestion étroite de l’information, volonté manifeste de contenir l’événement afin d’éviter toute contagion régionale. La mémoire collective a été cadrée avant même que le peuple n’en perçoive l’ampleur réelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-armee-sous-pression-entre-loyaute-et-dependance">Une armée sous pression, entre loyauté et dépendance</h2>



<p>À l’image de l’opération Serval au Mali en 2013, la riposte béninoise s’est voulue immédiate, calibrée et décisive. Serval n’avait pas seulement stoppé l’avancée des groupes armés vers Bamako ; elle avait surtout réaffirmé la centralité française dans la gestion des crises ouest-africaines. De la même manière, l’épisode béninois révèle que certaines souverainetés demeurent conditionnelles, activables ou suspendables selon les intérêts géopolitiques dominants.</p>



<p>L’armée républicaine, héritière du serment de la Conférence nationale de 1990, a vacillé sans rompre ouvertement. Ses chefs, pris entre loyauté institutionnelle, pressions politiques et dépendance opérationnelle, ont vu leur récit soigneusement aménagé afin d’éviter un effet domino dans l’espace sahélien. La crise, confinée dans l’écosystème numérique, n’a laissé au peuple qu’un écho fragmenté et filtré.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-tenir-a-tout-prix-la-doctrine-de-la-survie-institutionnelle">« Tenir à tout prix » : la doctrine de la survie institutionnelle</h2>



<p>Cette défaite de l’armée béninoise opère à plusieurs niveaux. Elle se traduit d’abord par la mise hors combat d’unités d’élite formées à l’antiterrorisme, avec des pertes humaines, matérielles et symboliques notables. Elle révèle ensuite l’incapacité des autorités à assumer publiquement l’ampleur des faits. Enfin, elle met en lumière le rôle déterminant de la CEDEAO et, surtout, des puissances extérieures dans la stabilisation effective des États de la région.</p>



<p>Le schéma de riposte, lisible entre les lignes des communiqués officiels, trahit un embarras stratégique profond : « tenir à tout prix » devient doctrine, même au détriment de la souveraineté. Sauver la face revient alors à accepter une tutelle de fait.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-nigeria-et-france-les-veritables-piliers-de-la-stabilite-beninoise">Nigeria et France : les véritables piliers de la stabilité béninoise</h2>



<p>Le Nigeria, confronté depuis plus d’une décennie au terrorisme et au banditisme armé, apparaît comme le principal garant de la survie institutionnelle béninoise, reléguant le pays au rang de vassal stratégique. La France, par son intervention, confirme un rapport de suzeraineté déjà bien installé. Sans ces appuis extérieurs, le scénario aurait été radicalement différent — une réalité minimisée, mais centrale.</p>



<p>La présence visible de forces étrangères dans l’espace urbain et la fragilisation des frontières, notamment avec le Burkina Faso, produisent un paradoxe sécuritaire : présentée comme une protection institutionnelle, cette présence incarne en réalité une dépossession. L’ennemi n’est plus seulement extérieur ; il devient structurel, inscrit dans les dispositifs mêmes de défense.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-cedeao-a-geometrie-variable">Une CEDEAO à géométrie variable</h2>



<p>L’enjeu réel dépasse le Bénin. Il vise à contenir et isoler l’Alliance des États du Sahel (AES), perçue comme une menace pour l’architecture régionale dominée par la CEDEAO et ses partenaires occidentaux. À travers le Bénin, un message clair est envoyé : aucune remise en cause de l’ordre régional établi ne sera tolérée sans coût élevé. Le peuple béninois se retrouve ainsi otage d’un affrontement géopolitique qui le dépasse.</p>



<p>Les précédents confirment cette géopolitique à géométrie variable : indifférence relative en Guinée-Bissau, parfois tournée en dérision, contre réaction vigoureuse au Niger après la chute de Bazoum. Sous Macron, l’orgueil stratégique français maintient certaines armées africaines dans une dépendance structurelle, exposant l’armée béninoise comme un corps privé de pleine autonomie.</p>



<p>À court terme, l’histoire — toujours écrite par les vainqueurs — présente le pouvoir de Patrice Talon et l’armée béninoise comme sortis victorieux de l’épreuve. Mais dans la longue durée, ils émergent affaiblis, fragilisant l’État béninois et l’équilibre ouest-africain. Une question demeure, lancinante :&nbsp;que vaut un serment républicain lorsqu’il ne peut s’honorer qu’avec l’assistance de forces étrangères ?</p>



<p><strong>Mikaïlou Cissé&nbsp;</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Pourquoi la CEDEAO frappe fort au Bénin mais hésite en Guinée-Bissau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Dec 2025 22:49:22 +0000</pubDate>
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<p>Comprenez les menaces politiques en Afrique de l'Ouest à travers la sanction de la CEDEAO contre la Guinée Bissau.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p><strong><em>Réunie en sommet ordinaire les 14 et 15 décembre 2025 à Abuja, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a dû faire face à deux crises politiques majeures survenues en moins d’un mois. D’un côté, une tentative de coup d’État déjouée au Bénin ; de l’autre, un coup réussi en Guinée-Bissau. Deux situations distinctes, deux réponses différentes, qui interrogent la cohérence stratégique et la crédibilité politique de l’organisation régionale.</em></strong></p>



<p>Le 7 décembre 2025, à l’aube, un groupe de soldats dissidents, se revendiquant du « <em>Comité militaire pour la refondation</em> » (CMR), a tenté de renverser le président béninois Patrice Talon. Menée par le lieutenant-colonel Pascal Tigri, l’opération a brièvement visé la télévision nationale et proclamé la suspension de la Constitution, avant d’être rapidement neutralisée par les Forces armées béninoises, restées loyales au pouvoir civil.</p>



<p>La réaction de la CEDEAO a été immédiate et sans ambiguïté. Dès le jour même, la Commission a condamné une « <em>tentative de subversion de la volonté populaire </em>» et, fait rare, ordonné le déploiement d’éléments de sa force en attente sur le territoire béninois. Des contingents venus du Nigeria, du Ghana, de la Côte d’Ivoire et de la Sierra Leone ont été mobilisés, dans une logique de stabilisation préventive.</p>



<p>Ce déploiement marque la première activation effective de la force régionale depuis la crise gambienne de 2017. Il a été salué par les chefs d’État réunis à Abuja comme un signal clair adressé aux auteurs de coups de force. La CEDEAO entend désormais intervenir en amont pour protéger les institutions lorsqu’elles tiennent encore.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-guinee-bissau-entre-suspension-et-pressions-ciblees"><strong>La Guinée-Bissau, entre suspension et pressions ciblées</strong></h2>



<p>Le contraste est saisissant avec la situation en Guinée-Bissau. Le 26 novembre 2025, un coup d’État militaire a renversé le président Umaro Sissoco Embalo. Face à ce changement politique à la tête de l’Etat, la CEDEAO a appliqué les mécanismes classiques prévus par son Protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance : suspension immédiate du pays de toutes les instances de décision et condamnation officielle du changement anticonstitutionnel.</p>



<p>Lors du sommet d’Abuja, l’organisation est allée plus loin en rejetant fermement le calendrier de transition proposé par les nouvelles autorités du pays, qui envisageaient de conserver le pouvoir jusqu’en 2028. Les chefs d’État ont exigé un retour rapide à l’ordre constitutionnel et la mise en place d’une transition civile courte et inclusive.</p>



<p>Toutefois, sur le plan coercitif, la CEDEAO a opté pour une approche graduée. Plutôt que d’imposer immédiatement des sanctions économiques générales, elle a brandi la menace de sanctions ciblées — gel des avoirs et restrictions de déplacement — à l’encontre des individus entravant le processus de transition. À ce stade, aucune mesure concrète n’a encore été appliquée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-cedeao-a-deux-vitesses"><strong>Une « CEDEAO à deux vitesses » ?</strong></h2>



<p>Cette différence de traitement alimente les critiques. Plusieurs observateurs, dont le député sénégalais Guy Marius Sagna, dénoncent une organisation à géométrie variable : intervention militaire rapide lorsque le coup échoue, prudence diplomatique lorsque le coup réussit. Une lecture renforcée par le précédent du Niger en 2023, où la CEDEAO avait renoncé à une intervention militaire après de fortes résistances régionales.</p>



<p>Pour ses défenseurs, cette approche relève d’un pragmatisme assumé. La CEDEAO serait plus efficace dans la prévention que dans l’imposition forcée d’un retour à l’ordre constitutionnel, surtout dans des contextes où l’intervention armée risquerait d’aggraver l’instabilité ou de susciter un rejet populaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-mediation-etat-d-urgence-regional-et-defis-securitaires"><strong>Médiation, état d’urgence régional et défis sécuritaires</strong></h2>



<p>Consciente des limites de sa seule posture répressive, la CEDEAO a également annoncé le déploiement imminent d’une mission de haut niveau en Guinée-Bissau, chargée de relancer le dialogue politique. Parallèlement, l’organisation a décidé d’intensifier sa coopération avec l’Union africaine et les Nations unies, notamment en Guinée Conakry, où des missions d’observation électorale accompagneront le scrutin présidentiel de fin décembre.</p>



<p>Quelques jours avant le sommet, le président de la Commission, Omar Alieu Touray, avait d’ailleurs proclamé un « <em>état d’urgence régional </em>», soulignant la multiplication des changements anticonstitutionnels et la progression continue de la menace terroriste de la côte ivoirienne au nord du Nigeria.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-credibilite-sous-tension"><strong>Une crédibilité sous tension</strong></h2>



<p>À Abuja, la CEDEAO a réaffirmé sa politique de « <em>tolérance zéro </em>» envers les coups d’État. Mais entre démonstration de force au Bénin et prudence calculée en Guinée-Bissau, l’organisation avance sur une ligne étroite, contrainte par ses moyens militaires limités, ses divisions internes et une opinion publique de plus en plus critique.</p>



<p>La gestion du dossier bissau-guinéen sera déterminante. Sa capacité à obtenir une transition civile crédible, sans recourir à une escalade militaire ou à des sanctions aveugles, conditionnera largement la crédibilité future de la CEDEAO comme garante de l’ordre constitutionnel en Afrique de l’Ouest.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Bénin : Talon sous escorte régionale</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Dec 2025 23:56:10 +0000</pubDate>
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<p>Comprenez le coup d'État au Bénin et la réaction de la CEDEAO pour maintenir la stabilité en Afrique de l'Ouest après la crise.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em><strong><em>En ordonnant le déploiement immédiat d’une force régionale pour soutenir le président Patrice Talon après la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, la CEDEAO veut éviter qu’un nouveau domino ne tombe dans la région. Mais derrière cette démonstration de fermeté se joue une autre bataille : celle de la survie du dernier régime civil encore debout dans une Afrique de l’Ouest gagnée par la tentation des ruptures militaires. À Cotonou, le vent du Sahel a soufflé — et même s’il a été contenu, il a révélé l’essoufflement d’un modèle démocratique à bout de souffle.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p>La riposte a été immédiate. Moins de vingt-quatre heures après la tentative de&nbsp;changement de pouvoir&nbsp;manquée contre le président Patrice Talon, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a sorti la carte de la fermeté. Dans un communiqué publié ce dimanche soir à Abuja, l’organisation régionale a ordonné le&nbsp;déploiement «&nbsp;<em>immédiat&nbsp;</em>» d’éléments de la Force en attente&nbsp;sur le territoire béninois, afin de soutenir le gouvernement et de préserver «&nbsp;<em>l’ordre constitutionnel et l’intégrité territoriale</em>&nbsp;» du pays.</p>



<p>Selon le texte signé par la Commission de la CEDEAO, la décision découle de l’article 25(e) du protocole de 1999, relatif au mécanisme de prévention et de maintien de la paix. Après consultations entre les chefs d’État et de gouvernement, Abuja a donc activé la clause de défense collective, transformant le Bénin en nouvelle ligne rouge du dispositif sécuritaire ouest-africain.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-coalition-sous-banniere-nigeriane"><strong>Une coalition sous bannière nigériane</strong><strong></strong></h3>



<p>La force régionale sera composée de troupes venues du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et de la Sierra Leone — les quatre piliers militaires du dispositif CEDEAO. Ce contingent, qui pourrait être déployé «&nbsp;<em>dans les prochaines heures</em>&nbsp;», aura pour mission de&nbsp;sécuriser Cotonou, les infrastructures stratégiques et les institutions républicaines, tandis que l’armée béninoise poursuit ses opérations contre les&nbsp;auteurs de la tentative de changement de régime&nbsp;retranchés dans la zone portuaire.</p>



<p>En clair, Abuja ne veut pas d’un nouveau «&nbsp;<em>cas malien&nbsp;</em>» au cœur du Golfe de Guinée. Depuis le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO en janvier 2024, l’organisation voit dans le Bénin un&nbsp;dernier bastion du modèle civil et libéral&nbsp;qu’elle entend préserver à tout prix.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-reaction-de-survie-regionale"><strong>Une réaction de survie régionale</strong><strong></strong></h3>



<p>Derrière la rhétorique juridique et protocolaire, cette décision traduit une peur : celle d’une&nbsp;contagion&nbsp;qui a déjà gagné la moitié du continent. Le spectre d’un basculement du Bénin dans le camp des&nbsp;pouvoirs militaires&nbsp;du Sahel hante les chancelleries d’Abuja, d’Accra,&nbsp;d’Abidjan, voire de la France. Le président nigérian Bola Tinubu, actuel président en exercice de la CEDEAO, l’a d’ailleurs martelé : «&nbsp;<em>Le Bénin ne tombera pas.</em>&nbsp;»</p>



<p>Mais cette posture de fermeté a un revers. Dans les rues de Cotonou et sur les réseaux sociaux ouest-africains, certains dénoncent une «&nbsp;<em>militarisation de la diplomatie&nbsp;</em>» et un deux-poids-deux-mesures criant. Là où la CEDEAO s’est montrée impuissante face&nbsp;au cas de la Guinée Bisseau, elle déploie aujourd’hui des troupes pour sauver un président affaibli par la fin de son mandat et la fragmentation de son propre camp.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-talon-l-ultime-rempart-ou-le-symbole-d-un-systeme-a-bout-de-souffle"><strong>Talon, l’ultime rempart ou le symbole d’un système à bout de souffle ?</strong><strong></strong></h3>



<p>L’ironie est cruelle. Patrice Talon, chantre autoproclamé de la «&nbsp;<em>Rupture&nbsp;</em>», se retrouve désormais&nbsp;protégé par la vieille garde régionale&nbsp;qu’il avait pourtant défiée sur plusieurs dossiers économiques et institutionnels. À Abuja, à Accra comme à Abidjan, on défend un allié. À Cotonou, beaucoup y voient plutôt la consolidation d’un régime de plus en plus verrouillé, où la succession s’est transformée en bombe à retardement.</p>



<p>La CEDEAO veut croire qu’elle défend la démocratie. Mais en s’érigeant en gendarme d’un ordre vacillant, elle protège avant tout un modèle à bout de souffle — celui des démocraties verrouillées post-conférences nationales, où les urnes n’ont plus la force d’apaiser, et où les casernes finissent toujours par s’inviter au débat politique.</p>



<p><strong>A.D</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : Après 6 ans de séparation, place aux retrouvailles</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Sep 2025 08:55:55 +0000</pubDate>
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<p>L'histoire poignante de Sidi met en lumière le parcours des déplacés. Découvrez son retour après une longue absence.</p>
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<p><strong><em>En 2019, Sidi originaire du Bénin, s’est retrouvé à errer seul dans les rues d’Abala au Niger. C’est pourtant à Ménaka (région du Mali, frontalière avec le Niger) que nous avons fait sa connaissance. Son parcours est tristement représentatif de celui de nombreux enfants non accompagnés, contraints de partir de leur foyer, en raison des difficultés économiques familiales liées ou pas au conflit.&nbsp;</em></strong></p>



<p>Il est environ 16&nbsp;h à l’aéroport de Cotonou. Le vol en provenance de Bamako vient d’atterrir. À son bord se trouve le jeune Sidi*, de retour chez lui après six longues années d’absence. Dans la salle d’arrivée, Nouratou*, sa mère, scrute la pièce à la recherche de son fils. Lorsqu’elle aperçoit enfin son fils, ses jambes flanchent presque sous l’émotion.</p>



<p>« <em>Quand nous nous sommes séparés, il était encore un enfant. Aujourd’hui, il est plus grand que moi</em> », dit-elle les larmes aux yeux. Il ne leur faudra que quelques instants pour se jeter dans les bras l’un de l’autre, emportés par des retrouvailles bouleversantes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-chemin-seme-d-embuches"><strong>Un chemin semé d’embûches</strong></h2>



<p>« <em>J’ai abandonné l’école à la primaire. Comme mes sœurs, je voulais travailler pour soutenir ma famille, alors on m’a confié à un ouvrier en bâtiments</em> », raconte Sidi. « <em>Il m’a engagé comme apprenti, et nous avons pris la route du Niger, où il travaillait.</em> »</p>



<p>Arrivés à Niamey, la capitale nigérienne, tous deux travaillaient sur des chantiers. Lorsque son tuteur recevait son salaire, Sidi, lui, touchait une maigre somme. Très vite, leur relation s’est dégradée&nbsp;: son protecteur d’hier a commencé à le battre violemment jusqu’à ce fameux jour où il a réussi à s’échapper.&nbsp;</p>



<p>Livré à lui-même, sans repères et sans aucune personne vers qui se tourner, le jeune garçon a erré pendant des mois dans les rues de Niamey, avant de rencontrer Lassine* qui devint son bienfaiteur durant 4&nbsp;ans.</p>



<p>« <em>Lassine est un transporteur. Quand il a appris que j’étais livré à moi-même, il m’a recueilli et m’a amené avec lui à Ménaka. J’ai été son apprenti durant une année. Avec les violences armées qui persistaient dans la zone, nous avons fini par nous installer dans la ville de Ménaka</em> ».</p>



<p>C’est là que Sidi a pu, enfin, apprendre le métier dont il rêvait depuis toujours&nbsp;: la couture.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-nouveau-chapitre"><strong>Un nouveau chapitre</strong></h2>



<p>À Ménaka, Sidi est redevenu un enfant comme les autres. Accueilli chez Lassine, il a appris à parler le songhaï et s’est rapidement fait des amis avec qui il jouait tous les jours.</p>



<p>&nbsp;« <em>Là-bas, j’étais bien traité. Sa famille me considérait comme l’un des leurs. Elle a facilité mon intégration et je me suis senti comme à la maison</em> » dit-il, souriant.</p>



<p>C’est dans cette ville que Sidi a commencé à écrire un nouveau chapitre de sa vie. Grâce à un programme d’accompagnement et d’autonomisation des jeunes mis en œuvre par une organisation locale, il a pu entamer une formation en couture, sa passion.</p>



<p>Son quotidien était tout aussi simple que celui des autres enfants&nbsp;de son âge&nbsp;: « <em>Après le petit déjeuner, j’allais à l’atelier de couture. Je revenais déjeuner à midi avant d’y retourner encore. Le soir, je m’installais devant la maison avec les autres enfants pour faire du thé et jouer. Et au moment de dormir, on rentrait. </em>»</p>



<p>À la suite d’une prise d’informations sur sa situation, cette organisation servit de trait d’union entre le jeune et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-reunification-minutieuse-aux-defis-logistiques-importants"><strong>Une réunification minutieuse aux défis logistiques importants</strong></h2>



<p>Grâce à une collaboration régionale entre le CICR et la Croix-Rouge du Bénin (CRB), la mère de Sidi est localisée, en février 2025, dans les environs de Porto-Novo au Bénin. Commence alors un important travail logistique pour que la famille soit enfin ensemble.&nbsp;</p>



<p>« <em>Quand j’ai décroché le téléphone, j’ai vu toute ma famille réunie autour de ma mère. Ils criaient&nbsp;: « C’est Sidi, c’est Sidi ! » Et maman a commencé à parler en pleurant… C’est là que j’ai compris à quel point ma famille m’avait manqué </em>», raconte-t-il avec émotion.</p>



<p>Depuis Ménaka, Sidi est transporté par avion jusqu’à Bamako. Il y séjourne presque un mois, le temps que tous les documents administratifs et juridiques nécessaires soient réunis. Une attente longue pour le jeune garçon qui s’impatiente.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>« <em>Le processus était complexe et nécessitait une forte mobilisation. Il fallait non seulement avoir certains documents auprès des autorités maliennes, mais aussi auprès des autorités béninoises et de sa mère. On ne pouvait que patienter et suivre les étapes pour non seulement respecter les textes juridiques, mais aussi protéger l’enfant </em>», explique Telegna Doboko, délégué en charge de la protection au CICR.</p>



<p>À l’aube de ce vendredi du mois d’Avril, sur la route de l’aéroport international Président Modibo Keita de Bamako, Sidi est submergé par l’émotion. Ce jour n’est pas comme les autres&nbsp;: c’est celui des grandes retrouvailles, après six longues années de séparation.</p>



<p>« <em>J’avais hâte de retrouver ma famille. J’ai longuement rêvé de nos retrouvailles. Ma tête posée sur les genoux de ma mère, entouré par mes sœurs, je nous revoyais discuter comme avant, mais à chaque réveil, je pleurais, car ce n’était pas la réalité </em>».&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Accompagné par un agent du CICR, Sidi retrouve enfin l’étreinte maternelle qui lui avait tant manqué.</p>



<p>Désormais, il vit auprès de sa famille. Il envisage de continuer la couture et de se mettre à son compte. Bien qu’il ait dû traverser des épreuves difficiles, il garde une reconnaissance particulière pour Lassine ainsi qu’un précieux souvenir de Ménaka.</p>



<p>« <em>Quand j’aurai de l’argent, je reviendrai un jour à Ménaka. J’irai voir Lassine et tous mes amis. Et, si j’ai de l’argent, je leur en donnerai pour les aider comme ils m’ont aidé »</em>, affirme-t-il.</p>



<figure class="wp-block-table"><div class="pcrstb-wrap"><table class="has-fixed-layout"><tbody><tr><td><strong>Actions du CICR au Mali dans le domaine du rétablissement des liens familiaux</strong>&nbsp;Le CICR et la Croix-Rouge malienne aident les familles à retrouver leurs proches disparus ou arrêtés en lien avec le conflit. Les appels téléphoniques et les messages Croix-Rouge (lettres ouvertes qui ne contiennent que des nouvelles familiales) permettent ainsi aux membres de familles séparées et aux migrants de renouer et de maintenir le contact familial.&nbsp;Le CICR et la Croix-Rouge malienne travaillent à réunir avec leurs familles, les enfants séparés de leurs parents en raison du conflit, y compris ceux qui étaient associés aux forces ou groupes armés.En 2024, le CICR et la Croix-Rouge malienne ont ainsi facilité 18 849&nbsp;appels téléphoniques, l’échange de 431&nbsp;messages Croix-Rouge, la réunification de 12&nbsp;familles, et ont ouvert 336&nbsp;nouvelles demandes de recherche dont 205 ont été résolues.</td></tr></tbody></table></div></figure>



<p>PS&nbsp;: Sidi, Nouratou et Lassine sont des prénoms d’emprunt.&nbsp;</p>



<p><strong>Note de la rédaction&nbsp;:</strong><em>&nbsp;Cet article est une contribution que nous publions dans le cadre de notre partenariat avec le CICR.&nbsp;</em></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Bénin-AES : Vers un début de convergence ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Jul 2025 09:00:25 +0000</pubDate>
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<p>Le Bénin invite des troupes de l'Alliance des États du Sahel : un pas vers le rapprochement AES-Bénin et la coopération régionale.</p>
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<p><strong><em>À l’occasion de sa fête nationale, le Bénin a invité des troupes étrangères, dont certaines issues de l’Alliance des États du Sahel (AES), à participer à son défilé militaire. Une démarche qui traduit une volonté d’ouverture envers ses voisins sahéliens.&nbsp;&nbsp;Ce geste pourrait marquer un tournant dans la coopération régionale et montrer l’importance d’une approche commune contre le terrorisme. Une évolution que beaucoup observent comme le signe d’un début de convergence entre pays sahéliens et côtiers.</em></strong></p>



<p>Sans effacer les différends passés, cette main tendue peut traduire une prise de conscience, notamment, les défis sécuritaires du Sahel et des pays côtiers sont intimement liés. Le Bénin semble désormais reconnaître que le combat contre le terrorisme ne peut se gagner qu’ensemble.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-initiative-qui-depasse-les-symboles"><strong>Une initiative qui dépasse les symboles</strong></h2>



<p>C’est par la voix du porte-parole du gouvernement béninois, Wilfried Léandre Houngbédji, que l’annonce a été faite. Le 20&nbsp;juillet, il a révélé que plusieurs pays ont été conviés à prendre part au défilé aux côtés des troupes béninoises, parmi lesquels figurent des membres de l’AES. «<em> Nos populations sont les mêmes de part et d’autre des frontières </em>», a-t-il déclaré.</p>



<p>Au-delà de l’aspect protocolaire, ce message est porteur d’une idée fondamentale, à savoir celle d’un destin partagé. Car si les divergences politiques ont longtemps pris le pas sur la coopération, les réalités sécuritaires s’imposent aujourd’hui à tous.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-epreuve-du-feu-la-tragedie-d-avril"><strong>L’épreuve du feu, la tragédie d’avril</strong></h2>



<p>Le 17&nbsp;avril dernier, une attaque jihadiste meurtrière dans le nord du Bénin, à la frontière nigérienne, a coûté la vie à 54&nbsp;soldats béninois. L’attaque, revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), a démontré la perméabilité des frontières et les limites de l’approche sécuritaire strictement nationale.</p>



<p>Dans la foulée, les autorités béninoises ont exprimé leur frustration face au manque de coordination avec certains voisins. Pourtant, l’invitation adressée aujourd’hui aux pays de l’AES peut aussi être lue comme une volonté de dépasser les accusations, et de revenir à une logique d’action conjointe.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-tensions-politiques-qui-ont-laisse-des-traces"><strong>Des tensions politiques qui ont laissé des traces</strong></h2>



<p>Depuis la rupture entre les pays de l’AES et la CEDEAO, les relations entre le Bénin et certains d’entre eux se sont nettement dégradées. Cotonou avait été accusé d’avoir facilité des actions hostiles à l’égard de certains pays de l’AES, des accusations que le Bénin a rejetées.</p>



<p>Malgré cette défiance, les autorités béninoises semblent vouloir reposer les bases d’une coopération transfrontalière, en reconnaissant tacitement que les approches institutionnelles divergentes ne doivent pas empêcher le dialogue ni la coordination sur des questions aussi vitales que la sécurité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-fete-nationale-comme-point-de-depart"><strong>Une fête nationale comme point de départ</strong></h2>



<p>La célébration du 65&nbsp;ᵉ anniversaire de l’indépendance béninoise est présentée par le gouvernement comme un moment d’« <em>apothéose</em> ». Si elle marque peut-être la fin de mandat du président Patrice Talon, elle pourrait aussi symboliser le début d’une phase de rapprochement avec les États du Sahel.</p>



<p>L’invitation aux troupes de l’AES, dans ce contexte, n’est pas anodine. Elle porte l’espoir d’un dialogue renouvelé, fondé non plus uniquement sur les exigences de partenaires extérieurs, mais sur la réalité du terrain et des intérêts partagés entre voisins.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-comprehension-progressive-des-dynamiques-saheliennes"><strong>Une compréhension progressive des dynamiques sahéliennes</strong></h2>



<p>Les pays de l’AES ont souvent exprimé leur volonté de conduire leurs politiques sécuritaires de façon souveraine, loin des injonctions d’anciennes puissances ou d’organisations régionales jugées trop rigides. En tendant la main, le Bénin semble reconnaître que cette posture repose sur une volonté de mieux protéger leurs peuples et territoires.</p>



<p>Face à la menace terroriste qui frappe aussi bien le Sahel que les pays du Golfe de Guinée, cette évolution du discours béninois apparaît comme un signe d’ajustement stratégique. Elle pourrait annoncer une phase de coopération plus réaliste et plus enracinée dans les priorités africaines.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-cooperation-indispensable-pour-la-stabilite-regionale"><strong>Une coopération indispensable pour la stabilité régionale</strong></h2>



<p>Si les troupes sahéliennes répondent présentes au défilé du 1<sup>er</sup>&nbsp;août, cela renforcera le message selon lequel la sécurité au Sahel et au Bénin ne peut être dissociée. Même si aucune réaction officielle n’est encore venue de l’AES, le simple fait que l’invitation soit posée indique un début de changement d’approche de la part de Cotonou.</p>



<p>Dans une sous-région fragmentée, mais confrontée aux mêmes menaces, cette ouverture pourrait être un point de bascule. Il ne s’agit plus d’imposer des modèles, mais de construire ensemble des solutions. Et cela, le Bénin semble aujourd’hui le comprendre.</p>



<p><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Pipeline en péril : la bataille du pétrole</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jun 2024 12:15:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Les tensions entre le Niger et le Bénin s'intensifient après le coup d'État. Découvrez les derniers développements de cette crise diplomatique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>La tension entre le Niger et le Bénin, exacerbée par le coup d’État qui a renversé le président nigérien Mohamed Bazoum en juillet 2023, atteint aujourd’hui des sommets inquiétants. Le refus persistant du Niger de rouvrir sa frontière avec le Bénin, porte de sortie essentielle pour l’exportation de son pétrole, en est le dernier épisode.</em></strong></p>



<p>Les récentes condamnations de trois ressortissants nigériens à dix-huit mois de prison avec sursis par la justice béninoise ne font qu’aggraver la situation. Arrêtés la semaine dernière au port de Sèmè-Kpodji, ces individus, dont la directrice générale adjointe de la société pétrolière Wapco-Niger, Moumouni Hadiza Ibra, ont été accusés d’« <em>usurpation de titre</em> » et « <em>usages de données informatiques falsifiées</em> ». Ce geste est perçu par Niamey comme une provocation, voire un acte de « <em>kidnapping</em> ».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-tensions-politiques-et-rivalites-geopolitiques"><strong>Tensions politiques et rivalités géopolitiques</strong></h2>



<p>L’importance de cette crise dépasse largement le cadre juridique. Ce conflit, nourri par des accusations de part et d’autre, notamment celles du Niger contre le Bénin pour hébergement de « <em>bases françaises</em> » qui entraîneraient des « <em>terroristes</em> », illustre les enjeux stratégiques et économiques cruciaux liés à l’oléoduc transportant le pétrole du Niger vers le port de Sèmè-Kpodji.</p>



<p>La fermeture de la frontière nigérienne par le régime militaire de Niamey, couplée à la coupure des vannes de l’oléoduc, a paralysé l’exportation de pétrole, un secteur vital pour les deux économies. Cette situation est exacerbée par des actions de sabotage comme celle revendiquée par le Front patriotique de libération (FPL), mettant hors d’usage un tronçon de l’oléoduc.</p>



<p>Les implications de cette brouille sont multiples. D’un côté, elle met en lumière la fragilité des infrastructures pétrolières dans une région en proie à l’instabilité et aux violences armées, comme l’attaque qui a coûté la vie à six soldats nigériens chargés de surveiller l’oléoduc. De l’autre, elle révèle les tensions politiques et les rivalités géopolitiques exacerbées par les récentes évolutions politiques au Niger.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-mecanismes-de-mediation-et-de-securite-renforcee"><strong>Mécanismes de médiation et de sécurité renforcée</strong></h2>



<p>L’économie des deux pays est en jeu. Le pétrole, ressource stratégique, devient une arme diplomatique dans cette crise, avec des répercussions potentielles sur le développement économique et la stabilité régionale. Le refus du Niger de rouvrir sa frontière et les mesures de rétorsion économiques comme la coupure des vannes de l’oléoduc posent des défis majeurs à l’économie béninoise et nigérienne, déjà fragilisées par des crises politiques et sociales.</p>



<p>Les autorités nigériennes justifient leur intransigeance par des accusations de sécurité nationale, tandis que le Bénin insiste sur la nécessité de respecter les accords commerciaux et de garantir un flux régulier de pétrole. Au milieu de ce bras de fer, ce sont les populations des deux pays qui risquent de payer le prix fort, en termes de précarité économique et de manque d’opportunités.</p>



<p>Il est urgent que les deux nations trouvent une voie de dialogue et de coopération. Les organisations internationales et régionales doivent jouer un rôle clé pour apaiser les tensions et encourager une résolution pacifique du conflit. La mise en place de mécanismes de médiation et de sécurité renforcée pour les infrastructures critiques, comme l’oléoduc, est essentielle pour éviter une escalade de la violence.</p>



<p>Ce conflit n’est pas seulement une question de politique intérieure ou de disputes bilatérales. Il symbolise les défis plus larges auxquels sont confrontés les pays africains dans leur quête de développement économique durable, dans un contexte de ressources naturelles stratégiques et de pressions géopolitiques. Seule une coopération sincère et des efforts concertés peuvent permettre de surmonter ces obstacles et de garantir un avenir prospère et pacifique pour la région.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Paulin Hountondji, le penseur qui a défriché la réflexion sur la philosophie africaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Feb 2024 09:22:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
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<p>Comprendre le combat du philosophe bénissan Paulin Hountondji contre la tentation d'adapter la définition de la philosophie sous l'influence du Rév. P. Placide Tempels.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p>Le philosophe béninois <a href="https://www.presenceafricaine.com/187_tempels-placide" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Paulin Hountondji</a>, décédé le 2 février 2024 à l&rsquo;âge de 82 ans, a eu le courage de s&rsquo;élever contre la tentation à laquelle cédaient beaucoup de penseurs africains, à la suite du Révérend <a href="https://www.presenceafricaine.com/187_tempels-placide">Père Tempels</a>, de modifier la définition de la philosophie pour permettre aux africains de s&rsquo;en attribuer une. Dans son livre <em>La Philosophie Bantou</em>, le Père Placide Tempels affirmait en effet découvrir une philosophie africaine. Beaucoup d&rsquo;intellectuels africains de son époque le célébraient et saluaient son livre comme fondateur de la philosophie africaine.</p>



<p>Paradoxalement, Tempels fut intronisé par ces penseurs nationalistes comme “père de la philosophie africaine” alors même qu’il écrit noir sur blanc dans son livre que son objectif est de mieux comprendre les bantous afin d’accompagner le projet colonial et de mieux accomplir la prétendue mission civilisatrice de l&rsquo;Europe.</p>



<p>C’est contre le consensus qui célébrait Tempels et se plaçait dévotement sous son ombre tutélaire que Paulin Hountondji a eu le courage de s&rsquo;élever. Hountondji sera également, dans les années 9o un des pionniers de la recherche épistémologique sur les savoirs endogènes. Premier africain admis en philosophie à la prestigieuse École Normale Supérieure de la rue d’Ulm à Paris en 1963, il est l&rsquo;un des philosophes les plus influents d&rsquo;Afrique.</p>



<p>Paradoxalement, son courage lui a valu d’être traité, entre autres, de “blanc” par ses détracteurs qui voyaient en lui un élitiste désireux d’en référer aux normes européennes plutôt que d’accepter les spécificités philosophiques africaines.</p>



<p>Il est vrai que Hountondji a suivi un parcours d’élite. Il est né en 1942 à Abidjan, en Côte d&rsquo;Ivoire, dans une famille protestante et déjà cosmopolite. Admis à la prestigieuse École Normale Supérieure de la Rue d&rsquo;Ulm, il y travaille avec des philosophes exceptionnels comme Derrida, Althusser et Canguilhem.</p>



<p>Après Normale Sup’, il soutient à Nanterre en 1970, une thèse de doctorat de troisième cycle sur le thème : “L&rsquo;idée de science dans les prolégomènes et la 1ère recherche logique de Husserl”. Une thèse dirigée par nul autre que Paul Ricoeur, un des plus grands <a href="https://www.cairn.info/revue-recherche-en-soins-infirmiers-2005-2-page-21.htm#:%7E:text=La%20ph%C3%A9nom%C3%A9nologie%20est%20un%20courant,le%20sujet%20qui%20la%20vit." target="_blank" rel="noreferrer noopener">phénoménologues</a> du 20e siècle. Avant et après sa thèse, Hountondji a enseigné la philosophie dans les universités de Besançon, de Kinshasa et de Lubumbashi avant de revenir au Bénin où il a non seulement enseigné à l’université d’Abomey Calavi mais également joué un rôle proéminent dans le processus de démocratisation du pays et occupé des <a href="https://codesria.org/fr/paulin-j-hountondji-1942-2024-hommage-a-un-grand-penseur/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">postes ministériels</a>. Il a été ministre de l’Education de 1990 à 1991, puis de ministre de la Culture et de la Communication de 1991 à 1993.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-vie-politique">Une vie politique</h2>



<p>Du fait des vicissitudes de sa vie politique et de ses engagements scientifiques, ce n’est que dans les années 1990 qu’il finit par soutenir, à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, <a href="https://www.erudit.org/fr/revues/ela/1999-n7-ela03268/1042110ar.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">une thèse</a> de doctorat d’État sur ces travaux sous la direction de Souleymane Bachir Diagne.</p>



<p>Dans le livre tiré de cette thèse d’État, Hountondji revient sur sa carrière et regrette qu&rsquo;ayant toujours eu une passion pour la pensée du philosophe Edmund Husserl, il avait à peine travaillé sur cet auteur du fait qu’il avait été happé par la polémique sur la philosophie africaine.</p>



<p>Cette polémique débute lorsque, dans les années 1970, Hountondji publie une série d’articles dévastateurs, qui seront plus tard réunis sous forme de <a href="https://www.amazon.com/Sur-philosophie-africaine-Critique-lethnophilosophie-ebook/dp/B07DFSQLJD.">livre</a>. Dans ces articles, Hountondji refuse une modification des standards destinée à permettre à tout prix de prouver l’existence d’une philosophie africaine. Quitte à étendre le sens de ce mot au point de le rendre méconnaissable.</p>



<p>Pour Hountondji, nous ne pouvons décréter que ce que nous classerions comme mythe, pensée collective et idiosyncrasie culturelle ailleurs devrait être classé comme philosophie en Afrique. Si vraiment nous voulons savoir s’il existe ou non une philosophie africaine, nous devons partir de la définition normale de la philosophie, à savoir une entreprise personnelle de réflexion sur la condition humaine.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-definition-de-la-philosophie-africaine">Définition de la philosophie africaine</h2>



<p>De fait, selon Hountondji, une philosophie ne saurait être ni collective, ni simplement orale, inconsciente encore moins. Il définit donc la philosophie africaine comme l’ensemble des textes produits par des Africains et qualifiés par leurs auteurs de philosophiques. Armé de cette définition, il intervient dans le débat sur l’existence et la nature de la philosophie africaine. Y a-t-il une philosophie africaine ? En quoi consiste-t-elle ?</p>



<p>À la suite de Tempels, beaucoup d’auteurs africains répondaient positivement à la première question. Pour exposer la nature de la philosophie africaine, ils se proposaient de mener l’enquête en partant des religions, des langues et des mythes africains afin de révéler les systèmes de pensée, les systèmes logiques et la métaphysique développés par les penseurs africains et collectivement préservés par les sociétés traditionnelles africaines.</p>



<p>Pour qualifier ce type de recherche, Hountondji crée le terme d’<em>ethnophilosophie</em>. Il affirme qu’il s’agit là non pas de recherches philosophiques mais de recherches ethnologiques à prétention philosophique. Hountondji estimait, quant à lui, que cette prétention était injustifiée. La philosophie étant une entreprise personnelle et non collective. Il s’en suivra une polémique amère où il se verra qualifié par ses détracteurs d’europhilosophe désireux, selon le philosophe ivoirien <a href="https://blogs.mediapart.fr/bernard-gensane/blog/231114/niamkey-koffi-le-philosophe-officiel-de-la-cote-d-ivoire">Niamkey Koffi</a>, de préserver ses intérêts de classe en excluant du champ philosophique tout ce qui n’est pas adoubé par l’université occidentale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-apport-a-la-philosophie">Apport à la philosophie</h2>



<p>Cette polémique masque un argument important de Hountondji et il faudra attendre que la poussière retombe pour que la portée de cet apport philosophique ne soit réellement comprise. En effet, dès le début, l’argument complet de Hountondji était que la philosophie étant une réflexion méthodique sur des savoirs constitués, pour créer une philosophie proprement africaine, il nous faut partir des savoirs africains parce que, selon lui, la théorie de la science est le noyau essentiel de la philosophie.</p>



<p>Dans les années 90, au sortir des <a href="https://www.cairn.info/revue-africultures-2010-3-page-92.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">polémiques sur l’existence ou non de la philosophie africaine</a>, Hountondji se lance dans le défrichage de la réflexion sur les savoirs africains. Dans ce cadre, il développe le concept de savoir endogène qu’il oppose à la fois au savoir traditionnel et au savoir indigène. Est <em>traditionnel</em> un savoir qui est considéré comme appartenant au patrimoine ancien d’une société. Est <em>indigène</em> le savoir qui est considéré par les membres de la société comme construit à partir de leur savoir traditionnel, sans apport externe.</p>



<p>Est <em>endogène</em> le savoir construit par les membres de la société mais incorporant, de manière critique, des éléments extérieurs. C’est le type de connaissance vivante qui permet, selon Hountondji, la naissance de la philosophie.</p>



<p>L’enjeu pour Hountondji n’est pas de retourner dans le passé pour exhumer des savoirs ou des philosophies traditionnels mais de développer une tradition endogène de production de connaissance qui permette à l’Afrique de briser sa dépendance épistémique et d’être une pourvoyeuse théorie à portée universelle et non pas seulement un lieu de production de données brutes dont la théorisation se fait à l’extérieur du continent. C’est dans cette optique que Hountondji réunit dans les années 1990, d&rsquo;abord à l&rsquo;Université d&rsquo;Abomey-Calavi puis au Centre Africain des Hautes Études de Porto Novo, une équipe pluridisciplinaire de philosophes et de scientifiques pour travailler sur les savoirs endogènes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-reputation-de-polemiste">Réputation de polémiste</h2>



<p>Le philosophe Bado Ndoye de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, qui a publié <a href="https://www.riveneuve.com/catalogue/paulin_hountondji_lecons_de_philosophie-_africaine/">la première biographie</a> intellectuelle de Paulin Hountondji en 2022 affirme que l’enjeu pour ce dernier est non pas de promouvoir une illusoire déconnexion épistémique africaine &#8211; une stricte séparation des savoirs africains avec les savoirs occidentaux &#8211; mais de démarginaliser les savoirs endogènes africains. Selon Ndoye, cette démarginalisation a une double signification :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>restituer et restaurer la dignité théorique de ces savoirs en vue de les intégrer dans le mouvement de la science en train de se faire.</p>
</blockquote>



<p>Hountondji a une réputation de polémiste. Lui-même reconnaît dans son autobiographie intellectuelle qu’il a pu donner autant de coups violents à ses aînés qu’il en a reçu de ses cadets. Et effectivement, sa plume est parfois féroce. Il faut cependant préciser que beaucoup de ceux qui l’ont rencontré gardent le souvenir d’un homme jovial et cordial.</p>



<p>Personnellement, ce qui m’a le plus frappé quand j’ai passé du temps avec lui, c’est sa capacité à écouter longuement et avec une totale concentration ses interlocuteurs puis à poser une ou deux questions qui portent sur un point nodal de l’argumentation.</p>



<p>C’est probablement cette singulière concentration et cette capacité à pointer automatiquement les faiblesses d’une thèse quelle qu’elle soit qui passent pour amour de la polémique alors qu’elles ne sont que recherche de la correction argumentative et scientifique.</p>



<p>Hountondji était actif dans de nombreux réseaux philosophiques, de l&rsquo;Unesco, dont la revue<a href="https://www.cipsh.one/web/diogenes.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> Diogènes</a> a publié ses premiers textes, à la <a href="https://www.fisp.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Fédération internationale des sociétés de philosophie</a>. Deux semaines avant son décès, Hountondji participait encore à un grand colloque à Toulouse sur la philosophie africaine. Malgré son âge, c’est un philosophe encore actif et vigoureux que la communauté philosophique mondiale vient de perdre. Gageons que les champs de recherche qu’il a ouverts seront explorés par des générations de philosophes.</p>



<p><strong><a href="https://theconversation.com/profiles/mouhamadou-el-hady-ba-1508857" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mouhamadou El Hady Ba</a>, enseignant-chercheur, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-cheikh-anta-diop-de-dakar-1967" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Université Cheikh Anta Diop de Dakar</a></em></strong></p>



<p><strong>Cet article est republié à partir de <a href="https://theconversation.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Conversation</a> sous licence Creative Commons. Lire l’<a href="https://theconversation.com/paulin-hountondji-le-penseur-qui-a-defriche-la-reflexion-sur-la-philosophie-africaine-222722" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article original</a>.</strong></p>



<img decoding="async" src="https://counter.theconversation.com/content/222722/count.gif?distributor=republish-lightbox-advanced" alt="The Conversation" width="1" height="1" style="border: none !important; box-shadow: none !important; margin: 0 !important; max-height: 1px !important; max-width: 1px !important; min-height: 1px !important; min-width: 1px !important; opacity: 0 !important; outline: none !important; padding: 0 !important" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade" />
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		<title>Bénin : des explosions font une dizaine de blessés dans un camp militaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed Camara]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 May 2023 07:50:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[bénin]]></category>
		<category><![CDATA[camp militaire]]></category>
		<category><![CDATA[explosion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Une déflagration a frappé une soute à munitions de l’école nationale des officiers de Toffo. Une explosion qui a fait une dizaine de blessés, lors d’un transfert de matériels obsolètes.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong>Ce lundi 1<sup>er</sup>&nbsp;mai, une déflagration a frappé une soute à munitions de l’école nationale des officiers de Toffo. Une explosion qui a fait une dizaine de blessés, lors d’un transfert de matériels obsolètes</strong>.</p>



<p>Dans un communiqué publié le 1<sup>er</sup>&nbsp;mai 2023, le chef d’État-Major des armées béninoises a fait échos d’une explosion au camp militaire de Toffo qui abrite l’École nationale des officiers dans la commune d’Allada. Selon les précisions de la note d’information, une dizaine de « <em>militaire ont été blessés suite à cet accident pyrotechnique</em>. »</p>



<p>Ces blessés militaires ont été aussitôt évacués au Centre national hospitalier universitaire-HKM et qui sont pris en charge depuis leur arrivée, précise le communiqué.</p>



<p>« <em>Une équipe technique du centre de perfectionnement aux actions postconflictuelles de dépollution (CPADD) a été déployée sur le site en vue de le sécuriser </em>», rassure l’État-major.</p>



<p>Le chef d’état-major général des armées tout en rassurant les populations de la maitrise de la situation invite à ne pas manipuler « <em>les débris issus de l’explosion… </em>»</p>



<p><strong>Mohamed Camara</strong></p>
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