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	<title>Archives des Bassirou Diomaye Faye &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
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	<title>Archives des Bassirou Diomaye Faye &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Fanon avait raison : comment le Sahel confirme sa critique du néocolonialisme 65 ans après</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Soixante-cinq ans après Les Damnés de la Terre, les ruptures entre plusieurs États sahéliens et la France relancent le débat sur le néocolonialisme. Une analyse des thèses de Frantz Fanon à la lumière des transformations politiques du Sahel.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En 1961, Frantz Fanon écrivait que les indépendances africaines seraient confisquées par des bourgeoisies nationales servant de « courroie de transmission » entre les peuples africains et le capitalisme occidental. Entre 2021 et 2025, six pays africains ont mis fin aux accords militaires qui les liaient à la France depuis leur indépendance. Cette séquence historique n&rsquo;est pas une anomalie. C&rsquo;est la confirmation, données à l&rsquo;appui, de la prophétie fanonienne.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe des penseurs qui ont le malheur d&rsquo;avoir raison trop tôt. Frantz Fanon est de ceux-là. Né en Martinique en 1925, mort en 1961 à 36 ans d&rsquo;une leucémie foudroyante, il n&rsquo;a pas eu le temps de voir ses prophéties se réaliser. Mais en 2026, soixante-cinq ans après la publication des <em><a href="https://amzn.to/3QhEPga" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Damnés de la Terre</a></em>, la chronologie sahélienne offre la démonstration empirique la plus éclatante de la pertinence de son analyse : en quatre ans, six pays d&rsquo;Afrique subsaharienne ont mis fin aux accords militaires qui les liaient à la France depuis leur indépendance. Le décolonisateur imaginé par Fanon est arrivé. Il est en treillis et tient un micro.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que Fanon avait écrit — et que personne n&rsquo;avait vraiment lu</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le malentendu sur Fanon est vieux comme sa réception. On l&rsquo;a réduit à un théoricien de la violence — parce que Jean-Paul Sartre l&rsquo;a dit dans sa préface aux&nbsp;<em>Damnés de la Terre</em>, parce que la formule est commode et parce qu&rsquo;elle permet de ne pas lire le reste. Mais ce que Fanon dit dans ce texte est bien plus précis, bien plus structurel, et bien plus actuel que le seul éloge de la violence révolutionnaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa thèse centrale est une analyse de classe : après les indépendances, les élites africaines — ce qu&rsquo;il appelle la «&nbsp;<em>bourgeoisie nationale</em>&nbsp;» — ne rompront pas avec l&rsquo;ordre colonial. Elles s&rsquo;y substitueront. Elles prendront la place des administrateurs français, s&rsquo;installeront dans les palais gouvernementaux, signeront les mêmes accords que leurs prédécesseurs, et serviront d&rsquo;interface entre les populations africaines et le capitalisme occidental. Ce n&rsquo;est pas une décolonisation — c&rsquo;est une relève de garde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Dans la logique néocoloniale, la bourgeoisie nationale découvre sa mission historique : être la courroie de transmission entre la nation et un capitalisme camouflé. En vérité, la bourgeoisie nationale se contentera fort bien du rôle d&rsquo;agent d&rsquo;affaires de la bourgeoisie occidentale. »</em>, écrit Frantz Fanon dans&nbsp;<em>Les Damnés de la Terre</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette analyse, formulée en 1961, décrit avec une précision troublante ce que la recherche en science politique a documenté depuis sous le nom de «&nbsp;<em>Françafrique</em>&nbsp;» — ce réseau de relations entre les élites politiques françaises et africaines qui a permis à Paris de maintenir une influence déterminante sur ses anciennes colonies pendant plus de six décennies, bien après les indépendances formelles de 1960.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La Françafrique en chiffres : ce que Fanon n&rsquo;avait pas besoin d&rsquo;inventer</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%25C3%25A7afrique&amp;ved=2ahUKEwjQ77H1yYeVAxWidqQEHQGEBr4QFnoECB8QAQ&amp;usg=AOvVaw1V9JR6pusXARHW9ks8Iis_" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Françafrique</a> n&rsquo;est pas une théorie complotiste. C&rsquo;est un système documenté, qui repose sur trois piliers que les historiens et les journalistes d&rsquo;investigation ont largement décrits. Le premier est militaire : depuis les indépendances, la France a maintenu des bases permanentes et signé des accords de défense avec la quasi-totalité de ses anciennes colonies, lui permettant d&rsquo;intervenir militairement — de <a href="https://www.lefigaro.fr/histoire/il-y-a-40-ans-la-france-declenchait-l-operation-manta-au-tchad-20230809" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;opération Manta au Tchad en 1983</a> à <a href="https://www.irsem.fr/storage/file_manager_files/2025/03/infoveilles-25-mali-serval.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;opération Serval au Mali en 2013</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2014, l&rsquo;opération Barkhane déploie plus de 5 100 soldats français dans cinq pays sahéliens — Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie, Niger — pour combattre les groupes terroristes. Cette présence est présentée à Paris comme un acte de solidarité et un service rendu. Elle est vécue par une partie croissante des populations concernées comme une continuation de la tutelle coloniale par d&rsquo;autres moyens : des soldats étrangers qui opèrent sur un territoire, dont les commandements prennent des décisions qui engagent la vie des populations locales, sans mandat électif et sans contrôle démocratique africain.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Sahel comme cas d&rsquo;école fanonien : la bourgeoisie nationale dépassée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui s&rsquo;est produit au Mali en août 2020, au Burkina Faso en janvier et septembre 2022, au Niger en juillet 2023, n&rsquo;est pas — comme on l&rsquo;a souvent présenté dans les médias européens — simplement des coups d&rsquo;État militaires parmi d&rsquo;autres. C&rsquo;est la rupture de la classe politique civile qui avait jusqu&rsquo;alors assumé le rôle que Fanon avait assigné à la bourgeoisie nationale : gérer l&rsquo;interface avec l&rsquo;ancienne puissance coloniale, maintenir les accords de défense, accueillir les bases, laisser les sociétés françaises exploiter les ressources.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les gouvernements d&rsquo;Ibrahim Boubacar Keïta au Mali, de Roch Marc Christian Kaboré au Burkina Faso, de Mohamed Bazoum au Niger avaient tous maintenu les accords militaires avec Paris, accepté la présence de Barkhane, travaillé dans le cadre institutionnel hérité de la décolonisation française. Ils ont tous été renversés par des officiers militaires qui ont immédiatement annoncé une rupture avec ce cadre. Que l&rsquo;on approuve ou non les méthodes — et la question de la légitimité démocratique des régime militaires est réelle et sérieuse —, la logique fanonienne est là : la bourgeoisie nationale de service s&rsquo;est effondrée sous la pression des populations qui refusaient ce qu&rsquo;elle représentait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fanon écrivait que la décolonisation réelle ne serait pas un transfert de pouvoirs entre élites — mais une rupture. Le Sahel a produit des ruptures. La question est de savoir si elles tiennent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La thèse du néocolonialisme : ce que les données disent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;accusation de néocolonialisme est souvent rejetée en France comme un anachronisme ou une manipulation. Les données économiques et institutionnelles permettent de l&rsquo;examiner sans passion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le franc CFA — créé en 1945 comme «&nbsp;<em>franc des colonies françaises d&rsquo;Afrique</em>&nbsp;», rebaptisé «&nbsp;<em>franc de la Communauté financière africaine</em>&nbsp;» après les indépendances — a longtemps lié quatorze pays africains à la France par un mécanisme monétaire qui imposait la centralisation de 50 % des réserves de change auprès du Trésor français (ramené à 20 % en 2019). En échange, la convertibilité de la monnaie était garantie par Paris. Ce système, dont les économistes débattent encore des effets nets, a été vécu par beaucoup comme une dépendance monétaire constitutive — précisément ce que Fanon entendait par l&rsquo;absence d&rsquo;indépendance économique réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan militaire, la présence française en Afrique — entre 2013 et 2022 — s&rsquo;est traduite par le déploiement de plus de 5 000 soldats dans le cadre de Barkhane, une opération qui a duré neuf ans sans mettre fin aux insurrections terroristes. En 2021 seul, selon les données citées par Wikpédia dans l&rsquo;article sur le <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://fr.wikipedia.org/wiki/Retrait_militaire_fran%25C3%25A7ais_d%2527Afrique_de_l%2527Ouest&amp;ved=2ahUKEwjb6ZPzyoeVAxU7VqQEHc0oCugQFnoECCcQAQ&amp;usg=AOvVaw3e0pvYtkMNR2kCBlZ32Z0-" target="_blank" rel="noreferrer noopener">retrait militaire français d&rsquo;Afrique</a>, près de 6 000 personnes sont mortes de violences liées au conflit au Mali, au Burkina Faso et au Niger — pendant que Barkhane était déployée dans ces trois pays. Ce chiffre dit quelque chose sur l&rsquo;efficacité réelle de la protection offerte, et sur la légitimité de la contestation populaire qui s&rsquo;est développée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le Sénégal est un pays indépendant, c&rsquo;est un pays souverain, et la souveraineté ne s&rsquo;accommode pas de la présence de bases militaires dans un pays souverain. »</em>, expliquait Bassirou Diomaye Faye, le président de la République du Sénégal, en 2024 — cité par <a href="https://www.aa.com.tr/fr/afrique/le-pr%C3%A9sident-bassirou-diomaye-faye-plaide-pour-la-fermeture-des-bases-militaires-francaises-au-s%C3%A9n%C3%A9gal/3408388" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’Agence Anadolu</a>. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que Fanon appelle aujourd&rsquo;hui</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si Fanon vivait en 2026, que lirait-il dans la séquence sahélienne ? Il y verrait, je crois, la confirmation de son diagnostic sur la fragilité des indépendances formelles, et la réalité de la pression populaire pour une décolonisation substantielle. Il verrait aussi, avec sa lucidité habituelle, les dangers d&rsquo;une rupture qui se refermerait sur elle-même — une décolonisation capturée non plus par une bourgeoisie pro-française, mais par une caste militaire pro-russe, avec les mêmes populations qui attendent toujours l&rsquo;émancipation réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://histoirecoloniale.net/fanon-un-film-de-jean-claude-barny/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">film Fanon de Jean-Claude Barny</a>, sorti en salles le 2 avril 2025, a produit un regain d&rsquo;intérêt pour sa pensée dans les milieux intellectuels francophones. Ce regain est salutaire — à condition de ne pas se limiter à l&rsquo;hommage. Relire Fanon aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est refuser de choisir entre le néocolonialisme français et ses alternatives autoritaires. C&rsquo;est exiger davantage : des ruptures qui tiennent, des États qui respectent leurs peuples, des souverainetés qui ne soient pas des cages dorées sous d&rsquo;autres drapeaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela, Fanon l&rsquo;avait écrit aussi. Il faut relire les Damnés de la Terre jusqu&rsquo;à la dernière page.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Macron–Macky Sall : l&#8217;entrevue qui brouille les lignes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 21:54:39 +0000</pubDate>
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<p>Reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron, Macky Sall poursuit sa campagne pour le poste de secrétaire général de l’ONU. Une rencontre qui soulève des interrogations sur le soutien de la France, alors que le Sénégal affiche sa neutralité.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L&rsquo;ancien président sénégalais fait campagne pour la tête de l&rsquo;ONU avec la bienveillance de Paris — mais sans le soutien de Dakar. Une rencontre à l&rsquo;Élysée qui pose autant de questions qu&rsquo;elle n&rsquo;apporte de réponses.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une image soigneusement mise en scène, et c&rsquo;est précisément là que réside le problème. Le 3 juin, Macky Sall a diffusé sur ses réseaux sociaux une photographie le montrant&nbsp;serrant la main d&rsquo;Emmanuel Macron&nbsp;dans le grand escalier de l&rsquo;Élysée, la veille — un cliché que l&rsquo;Élysée, lui, a préféré taire. Cette asymétrie de communication en dit long sur la nature réelle de cette rencontre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ancien chef de l&rsquo;État sénégalais brigue le poste de secrétaire général des Nations unies, en lice pour succéder à Antonio Guterres le 1er janvier 2027. Pour asseoir sa candidature sur la scène internationale, il sollicite les capitales qui comptent. Paris, puissance permanente au Conseil de sécurité, en est une. Jusqu&rsquo;ici, rien d&rsquo;anormal.&nbsp;<em>« Nous n&rsquo;avons pas été impliqués depuis le début, même pas par l&rsquo;intéressé. »</em>, avait fait savoir Bassirou Diomaye Faye en mai&nbsp;2026.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une campagne sans mandat national</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui interroge davantage, c&rsquo;est le&nbsp;vide institutionnel&nbsp;que révèle cet activisme diplomatique. Le président Bassirou Diomaye Faye l&rsquo;a dit sans détour début mai : son gouvernement a choisi «&nbsp;<em>une posture neutre</em>&nbsp;» et n&rsquo;a «&nbsp;<em>pas été impliqué depuis le début</em>&nbsp;». Autrement dit, Macky Sall mène une campagne internationale pour représenter — potentiellement — l&rsquo;ensemble des États membres de l&rsquo;ONU, sans même avoir obtenu l&rsquo;aval de son propre pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation est pour le moins singulière. Quel poids réel peut avoir un candidat dont le pays d&rsquo;origine décline de le soutenir officiellement ? La bienveillance française, aussi réelle soit-elle, ne saurait combler ce déficit de légitimité nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Élysée n&rsquo;a confirmé ni la réunion ni un éventuel soutien à la candidature. C&rsquo;est Macky Sall lui-même qui a donné une dimension publique à l&rsquo;entretien, transformant une rencontre discrète en argument de campagne.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Paris joue la discrétion, macky joue l&rsquo;affichage</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Élysée n&rsquo;a formulé aucun commentaire. Pas de communiqué, pas de déclaration, pas même une confirmation officielle de la réunion. Ce silence choisi contraste avec l&rsquo;enthousiasme médiatique de Macky Sall, qui a pris soin de diffuser la photo&nbsp;en français et en anglais, signalant clairement à quel public international il s&rsquo;adressait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son entourage, l&rsquo;élan est immédiat. Néné Tall, cadre de l&rsquo;Alliance pour la République, n&rsquo;a pas hésité à commenter :&nbsp;<em>« Pendant ce temps, les grands hommes discutent de l&rsquo;avenir du monde. »</em>&nbsp;La formule, aussi maladroite que révélatrice, trahit une stratégie de valorisation par l&rsquo;image plus que par le fond — un&nbsp;affichage de légitimité&nbsp;qui se substitue au débat programmatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car sur le fond, que sait-on réellement de la vision onusienne de Macky Sall, au-delà de la formule — «&nbsp;<em>rationaliser, simplifier, optimiser</em>&nbsp;» — présentée devant l&rsquo;Assemblée générale en avril ? Des principes qui sonnent plus comme un slogan de consultant que comme un projet politique pour une organisation de 193 membres.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le pari risqué d&rsquo;une image trop parisienne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le contexte actuel du continent africain, où le sentiment anti-français reste vif dans plusieurs pays et où la France cherche elle-même à redéfinir sa posture en Afrique,&nbsp;afficher la bienveillance de l&rsquo;Élysée comme un atout&nbsp;pourrait se révéler une stratégie à double tranchant. Si elle peut séduire certaines chancelleries occidentales, elle risque d&rsquo;alimenter la méfiance de nombreux États du Sud global — bloc de voix crucial dans toute élection à l&rsquo;ONU.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Macky Sall devra arbitrer entre deux logiques contradictoires : celle qui consiste à capitaliser sur des réseaux franco-africains bien entretenus, et celle qui exige de se présenter comme un candidat du monde entier, au-delà des alignements historiques. Pour l&rsquo;heure, l&rsquo;image de l&rsquo;escalier de l&rsquo;Élysée penche clairement du premier côté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Sonko contre Diomaye : la guerre déclarée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2026 21:02:29 +0000</pubDate>
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<p>Ousmane Sonko accuse Bassirou Diomaye Faye de vouloir affaiblir le Pastef. Entre remaniement gouvernemental, tensions institutionnelles et démonstration de force politique, le Sénégal entre dans une nouvelle zone de turbulences.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 2 juin 2026, Ousmane Sonko a tenu une conférence de presse explosive à Dakar, révélant pour la première fois les coulisses d&rsquo;une rupture au sommet de l&rsquo;État sénégalais. Même jour : un nouveau gouvernement de 30 ministres sans le Pastef, une instruction interne de mobilisation massive du parti, et un président de l&rsquo;Assemblée nationale qui parle de « cohabitation ». Le Sénégal entre dans une ère inédite.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est 17 heures à Dakar, à la Résidence Serigne Abass Sall, en face de l&rsquo;École de police, quand Ousmane Sonko prend la parole. Devant les caméras, le président du Pastef lève un à un les voiles sur ce que beaucoup pressentaient sans pouvoir le nommer : une rupture totale, profonde et personnelle avec Bassirou Diomaye Faye, le chef de l&rsquo;État qu&rsquo;il avait lui-même propulsé au pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui frappe d&rsquo;abord, c&rsquo;est le ton. Pas celui d&rsquo;un opposant classique qui critique un gouvernement adverse. Celui d&rsquo;un homme qui règle ses comptes avec quelqu&rsquo;un qu&rsquo;il connaît intimement, à qui il fait grief non pas d&rsquo;une différence idéologique, mais d&rsquo;une trahison dans les formes et dans les procédures.&nbsp;<em>« Il est dans des stratégies pour déstabiliser le Pastef. C&rsquo;est pourquoi il a essayé de négocier directement avec des membres du parti sans passer par les instances directrices. »</em>, a déclaré&nbsp;Ousmane Sonko, dans sa déclaration à la presse, Dakar, ce 2 juin 2026.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sonko raconte ensuite un échange cinglant : Diomaye aurait affirmé lors d&rsquo;une réunion être «&nbsp;<em>le plus représentatif dans le Pastef</em>&nbsp;». Sa réponse fut directe. «&nbsp;<em>Je lui ai dit : il faut sortir dans la rue et appeler à un meeting, sans Ousmane Sonko. Si tu réunis 100 personnes, on verra. À commencer par Niaganiao, ta commune que tu ne peux pas gagner.&nbsp;</em>» Le défi, lancé publiquement, dit l&rsquo;état réel des rapports de force entre les deux hommes — et le mépris qui a désormais remplacé la fraternité.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La mécanique de la rupture : ce que Sonko révèle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit de Sonko éclaire la mécanique intime d&rsquo;une brouille qui a mis des mois à se cristalliser. Diomaye aurait refusé de s&rsquo;entretenir avec lui et avec «&nbsp;<em>certains lieutenants désignés</em>&nbsp;», préférant dialoguer avec «&nbsp;<em>des gens qui n&rsquo;ont rien fait pour son arrivée au pouvoir</em>&nbsp;». La médiation d&rsquo;Ahmadou Al Aminou Lô — aujourd&rsquo;hui Premier ministre — aurait finalement permis une rencontre, arrangée dans des conditions révélatrices.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Diomaye envoie un message «&nbsp;<em>le lundi tard dans la soirée</em>&nbsp;» pour demander à Sonko de passer au Palais. Ce dernier répond qu&rsquo;il ne peut pas, qu&rsquo;il passera «&nbsp;<em>le lendemain à 8 heures</em>&nbsp;». Deux hommes qui se toisent à travers des SMS, qui négocient les conditions d&rsquo;une rencontre comme on négocie un armistice. «&nbsp;<em>Voilà comment s&rsquo;est passé le processus de notre rencontre dans la forme</em>&nbsp;», conclut Sonko — formule glaciale qui en dit plus que n&rsquo;importe quel commentaire.&nbsp;<em>« Il n&rsquo;a pas un seul député à l&rsquo;Assemblée nationale. Il n&rsquo;a pas tous les pouvoirs. Il faut qu&rsquo;il redescende de son piédestal et qu&rsquo;on se parle. »,&nbsp;</em>exhorte Sonko.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un gouvernement sans Pastef, avec cinq membres du Pastef</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant que Sonko parlait, les détails du nouveau gouvernement formé par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô se précisaient. Trente ministres. Pas de poids lourd du Pastef aux postes clés — Intérieur, Justice, Affaires étrangères. Le retour en force des technocrates : Cheikh Diba reconduit aux Finances avec le portefeuille élargi de l&rsquo;Économie, Mouhamadou Makhtar Cissé — ancien ministre de l&rsquo;Intérieur sous Macky Sall — reprenant ce poste stratégique. Et El Hadji Abdourahmane Diouf, ouvertement du côté de Diomaye dans le conflit, propulsé à l&rsquo;Énergie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il y a une anomalie que le Pastef devra trancher : cinq de ses membres ont choisi de rester au gouvernement en dépit de la consigne du parti. Parmi eux, le ministre des Forces armées, Yankoba Diémé. Ces cinq ministres sont déjà exclus des boucles de communication WhatsApp internes. Plusieurs membres de leurs cabinets ont annoncé leur démission. Leur sort sera peut-être clarifié lors du congrès du Pastef prévu le 6 juin.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pastef en ordre de bataille : l&rsquo;instruction de Sonko</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que la conférence de presse ne dit pas, le document interne du Pastef le dit. Daté du 15 décembre 2025 et signé Ousmane Sonko en sa qualité de président du parti, l&rsquo;Instruction n°01/PASTEF/PR/2025 révèle la stratégie de fond du mouvement : transformer la crise politique en élan organisationnel. L&rsquo;objectif affiché à horizon fin 2026 est vertigineux — atteindre un million de militants identifiés et actifs, créer ou redynamiser 10 000 cellules fonctionnelles couvrant les 46 départements, les 557 communes et la diaspora.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;instruction fixe également des objectifs citoyens : dons de sang, consultations médicales gratuites, opérations de nettoyage, vigies citoyennes contre la corruption, porte-à-porte hebdomadaire. Le Pastef veut incarner un mouvement social total, présent dans tous les interstices de la vie publique — pendant que Diomaye gouverne avec des technocrates. La stratégie est lisible : occuper le terrain que l&rsquo;État délaisse, et préparer une échéance électorale future depuis une position de force.&nbsp;<em>« PASTEF est un parti forgé dans l&rsquo;épreuve, porté par la conviction, soutenu par le peuple et guidé par une vision de transformation profonde. La transformation nationale exige un Parti mobilisé, discipliné, solidaire, structuré et enraciné. »</em>, précise l’Instruction n°01/PASTEF/PR/2025, signée Ousmane Sonko, le 15 décembre 2025.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La cohabitation sénégalaise : un cas inédit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La situation politique qui s&rsquo;installe au Sénégal n&rsquo;a pas vraiment de précédent dans l&rsquo;histoire du pays. Ce n&rsquo;est pas une cohabitation classique — opposition entre un président et une majorité parlementaire adverse — mais quelque chose de plus complexe et de plus dangereux : une rupture au sein du même mouvement, entre un chef de l&rsquo;État et un parti qui contrôle 130 des 165 sièges du Parlement et qui refuse formellement de participer au gouvernement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sonko a choisi les mots avec soin : «&nbsp;<em>Nous ne censurerons pas</em>&nbsp;» le gouvernement. Le Pastef va «&nbsp;<em>accompagner</em>&nbsp;». Il appelle au «&nbsp;<em>dialogue</em>&nbsp;». Mais dans la même phrase, il pose ses conditions à Diomaye : «&nbsp;<em>Il faut qu&rsquo;il redescende de son piédestal et qu&rsquo;on se parle.</em>&nbsp;» La main tendue est ferme. Le poing, dessous, est fermé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment un gouvernement de technocrates sans base parlementaire propre peut-il gouverner avec un Pastef qui détient la majorité absolue à l&rsquo;Assemblée, dont le président est Sonko lui-même, et qui orchestre en parallèle une mobilisation nationale d&rsquo;un million de militants ? La question ne sera pas résolue par un congrès le 6 juin. Elle sera résolue — ou non — dans les semaines et les mois qui viennent, dans les rues, les institutions et les couloirs du Palais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Sénégal : le duel Sonko-Diomaye ouvre une crise institutionnelle inédite</title>
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		<pubDate>Thu, 28 May 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Après son limogeage de la Primature, Ousmane Sonko est élu président de l’Assemblée nationale du Sénégal. Une manœuvre politique qui fragilise Bassirou Diomaye Faye et révèle les tensions au sommet du Pastef.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Limogé de la Primature par le président Bassirou Diomaye Faye le 22 mai, le chef du Pastef a été élu quatre jours plus tard président de l&rsquo;Assemblée nationale avec 132 voix sur 165. Une manœuvre politique fulgurante, boycottée par l&rsquo;opposition, qui révèle la fracture béante au sommet de l&rsquo;État sénégalais.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En politique, le temps peut être un adversaire ou un allié. Pour Ousmane Sonko, il aura suffi de quatre jours. Limogé de la Primature jeudi 22 mai par le président Bassirou Diomaye Faye — son ancien mentor, son protégé, l&rsquo;homme qu&rsquo;il avait lui-même propulsé au pouvoir —, le leader du Pastef s&rsquo;est retrouvé mardi 26 mai assis au perchoir de l&rsquo;Assemblée nationale du Sénégal, deuxième personnage de l&rsquo;État. Un retournement spectaculaire qui met à nu une crise politique d&rsquo;une gravité inédite depuis l&rsquo;alternance de 2024.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La séquence d&rsquo;un putsch institutionnel ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout s&rsquo;est joué en soixante-douze heures, avec une précision chirurgicale qui laisse peu de doutes sur la préparation de la manœuvre. Dès le dimanche 24 mai, soit quarante-huit heures après le limogeage de Sonko, le Bureau de l&rsquo;Assemblée nationale validait sa demande de réintégration comme député — une procédure expéditive que ses adversaires jugent constitutionnellement douteuse. Dans la foulée, El Malick Ndiaye, président sortant de l&rsquo;institution et figure du Pastef, déposait sa démission de la présidence tout en conservant son siège de parlementaire, libérant ainsi le perchoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mardi 26 mai à 9 heures, les 165 députés étaient convoqués. L&rsquo;opposition, qui dénonce un «&nbsp;<em>coup d&rsquo;État institutionnel</em>», a boycotté la séance. Résultat : 133 suffrages exprimés, 132 en faveur de Sonko, une abstention. Le leader du Pastef devenait le 14e président de l&rsquo;Assemblée nationale du Sénégal, prenant ainsi le contrôle de la deuxième institution de la République — avec, dans son dos, les 130 députés de son parti, majoritaires au Parlement depuis les législatives de novembre 2024.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Deux hommes, un parti, une guerre de succession</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre ce qui se joue, il faut remonter à 2024. Ousmane Sonko, alors emprisonné par le régime de Macky Sall, choisit Bassirou Diomaye Faye — son secrétaire général, libéré de prison dix jours avant le scrutin — comme candidat du Pastef à la présidentielle. Faye gagne dès le premier tour. Sonko est nommé Premier ministre. Les deux hommes semblent incarner un tandem historique, le mentor et le dauphin, au service d&rsquo;un projet commun de rupture avec l&rsquo;ordre ancien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les divergences ont vite émergé. Sur les questions monétaires d&rsquo;abord : Sonko résistait ouvertement aux injonctions du Fonds monétaire international sur la restructuration de la dette, quand Faye cherchait à ménager les partenaires financiers internationaux. Sur la gouvernance ensuite : des sources proches du Palais décrivent un Premier ministre qui s&rsquo;estimait au-dessus de toute tutelle présidentielle, fort de sa légitimité militante au sein du Pastef. La tension était devenue insoutenable.&nbsp;<em>« On ne peut pas faire du Pastef sans Pastef. Notre formation n&rsquo;est pas associée à cette décision. »</em>, a déclaré&nbsp;Ousmane Sonko dans son premier discours en tant que président de l&rsquo;Assemblée nationale, le 26 mai 2026.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette phrase, prononcée à peine installé au perchoir, résume tout. Sonko ne referme pas la guerre — il l&rsquo;officialise. En visant la nomination d&rsquo;Ahmadou Al Aminou Lô comme Premier ministre, décidée par Faye sans concertation avec le Pastef, il signifie que le parti — son parti — ne se considère pas lié par les choix du chef de l&rsquo;État. Le Sénégal entre dans une cohabitation paradoxale : un président et un président de l&rsquo;Assemblée issus du même mouvement, mais désormais rivaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Diomaye seul face à la tempête</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Bassirou Diomaye Faye, la situation est périlleuse. En limogeant Sonko, il a voulu affirmer son autorité présidentielle et sa capacité à gouverner indépendamment du Pastef. Le message était clair : le président, c&rsquo;est lui. Mais en permettant — ou en sous-estimant — la rapidité avec laquelle Sonko a rebondi à la tête de l&rsquo;Assemblée, il se retrouve dans une posture délicate.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son nouveau Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, économiste de 60 ans formé à la Banque centrale des États d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, est une figure technocratique respectée mais sans base politique propre. Il devra former un gouvernement sans le Pastef — ou avec une fraction dissidente du parti — dans un pays où la majorité parlementaire reste solidement aux mains de Sonko. Chaque texte de loi, chaque budget, chaque réforme devra passer par une Assemblée que contrôle son adversaire.&nbsp;<em>« Le Pastef reste ouvert à une discussion responsable qui met de côté les ego pour terminer ce mandat dans les meilleures conditions. »</em>, a expliqué&nbsp;Ousmane Sonko, le 26 mai 2026.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La main tendue, certes. Mais à quel prix. Sonko parle de mettre «&nbsp;<em>de côté les ego</em>&nbsp;» depuis le fauteuil qu&rsquo;il vient de s&rsquo;approprier en moins d&rsquo;une semaine. Pour ses partisans, c&rsquo;est la confirmation de sa pugnacité légendaire. Pour ses adversaires, c&rsquo;est la démonstration que rien, pas même le limogeage par un chef de l&rsquo;État, ne peut durablement le neutraliser.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une démocratie sous tension</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;opposition sénégalaise, de son côté, hurle au scandale institutionnel. La rapidité de la procédure de réintégration de Sonko comme député — fondée sur l&rsquo;article 124 du règlement intérieur de 2025, dont la constitutionnalité est contestée — ouvre une controverse juridique sérieuse. Des juristes soulignent que Sonko était Premier ministre en exercice lorsqu&rsquo;il a conduit la liste du Pastef aux législatives, sans avoir démissionné de ses fonctions : le cumul était-il régulier ? Sa réintégration l&rsquo;est-elle ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces questions resteront probablement sans réponse institutionnelle immédiate — le Conseil constitutionnel sénégalais n&rsquo;a pas été saisi. Mais elles alimentent un doute sur la solidité démocratique d&rsquo;une séquence où tout s&rsquo;est joué trop vite, trop proprement, pour ne pas sembler orchestré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sénégal, longtemps cité en modèle de stabilité démocratique en Afrique de l&rsquo;Ouest, traverse une crise de gouvernance inédite. Deux ans après l&rsquo;alternance historique de 2024, portée par l&rsquo;espoir d&rsquo;une rupture avec les pratiques de l&rsquo;ère Macky Sall, c&rsquo;est au sein du camp du changement lui-même que se joue désormais la bataille du pouvoir. L&rsquo;histoire, pour l&rsquo;instant, sourit à Ousmane Sonko.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Sénégal : Diomaye Faye vire Sonko, son mentor devenu rival</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 22:47:14 +0000</pubDate>
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<p>Au Sénégal, le président Bassirou Diomaye Faye a limogé son Premier ministre Ousmane Sonko après une divergence publique. Une rupture politique majeure qui fragilise le Pastef et ouvre une nouvelle phase d’incertitude.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le président sénégalais a mis fin vendredi soir aux fonctions de son Premier ministre, quelques heures après que ce dernier l&rsquo;avait publiquement contredit à l&rsquo;Assemblée nationale. Une rupture au sommet de l&rsquo;État entre deux hommes qui incarnaient ensemble la promesse d&rsquo;alternance de 2024.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une rupture consommée en direct, sous les caméras de la télévision nationale. Vendredi 22 mai 2026, peu avant 22 heures, Oumar Samba Ba, secrétaire général de la Présidence de la République du Sénégal, lisait sur la RTS le texte du décret n°2026-1128 : le président Bassirou Diomaye Faye mettait fin aux fonctions d&rsquo;Ousmane Sonko, entraînant ipso facto la dissolution de l&rsquo;ensemble du gouvernement. Les membres du cabinet sortant sont chargés d&rsquo;expédier les affaires courantes dans l&rsquo;attente d&rsquo;un nouvel exécutif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques heures plus tôt, dans la matinée, Sonko s&rsquo;était présenté à l&rsquo;Assemblée nationale pour la séance des questions d&rsquo;actualité au gouvernement. Et là, l&rsquo;impensable : le Premier ministre avait créé la surprise en affichant publiquement une divergence de vues majeure avec le président de la République sur la question sensible des fonds politiques et de leur contrôle. Face aux députés, il avait estimé que le chef de l&rsquo;État avait «&nbsp;<em>fait une erreur</em>&nbsp;» sur ce dossier, tout en espérant un changement de posture de sa part. «&nbsp;<em>Le président a fait une erreur concernant les fonds politiques et j&rsquo;ai espoir qu&rsquo;il revienne à la raison. Je ne suis pas d&rsquo;accord avec lui sur cette question</em>&nbsp;», avait-il lancé sans détours, sous les yeux médusés des parlementaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse de Diomaye Faye n&rsquo;a pas tardé. Quelques heures suffisaient.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le mentor et le disciple</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre l&rsquo;ampleur de la rupture, il faut remonter à 2024. Empêché de se présenter à l&rsquo;élection présidentielle par le régime sortant de Macky Sall — qui l&rsquo;avait fait emprisonner —, Ousmane Sonko avait désigné Bassirou Diomaye Faye, son secrétaire général au sein du parti Pastef, pour le remplacer comme candidat. Cette décision avait ouvert la voie à une victoire dès le premier tour de la présidentielle de mars 2024. Faye à l&rsquo;Élysée, Sonko à Matignon sénégalais : le tandem semblait indestructible, porté par une promesse commune de rupture avec l&rsquo;ancien régime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais presque chaque jour que Dieu fait, le tandem entre le président Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko battait de l&rsquo;aile. La relation entre les deux hommes, présentée comme fraternelle pendant la campagne, s&rsquo;était progressivement muée en bras de fer. Sonko avait même évoqué la possibilité de retirer son parti du gouvernement si les désaccords persistaient, qualifiant leur arrangement de «&nbsp;<em>soft power-sharing situation</em>&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Fonds politiques, dialogue national : les fractures à ciel ouvert</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les sujets de friction s&rsquo;étaient accumulés. Sur les fonds politiques — ces budgets discrétionnaires à disposition de l&rsquo;exécutif que Pastef avait toujours promis d&rsquo;encadrer strictement —, Sonko avait affirmé que son parti défendait cette idée depuis 2014 et qu&rsquo;elle figurait déjà dans son programme présidentiel de 2019, avant d&rsquo;être reprise dans celui de la coalition Diomaye Président. Que Faye s&rsquo;en écarte constituait donc, pour Sonko, une trahison programmatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le dialogue national, les deux hommes avaient également affiché des visions divergentes. Dans un contexte de tensions latentes entre les deux chefs de l&rsquo;exécutif sénégalais, Diomaye Faye avait décidé de proposer dix jours de concertations avec la société civile, les partis politiques, les ONG ou encore les chefs traditionnels et religieux — une initiative que Sonko semblait regarder avec un détachement croissant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En structurant sa propre coalition, Bassirou Diomaye Faye s&rsquo;était approché d&rsquo;un point de non-retour, les tensions avec son Premier ministre dessinant les contours d&rsquo;un affrontement politique aux conséquences incertaines. Dès mai 2026, des limogeages dans l&rsquo;entourage présidentiel — notamment le remplacement du porte-parole de la présidence, un homme de Sonko, par un profil proche de Faye — avaient signalé que la présidence était entrée dans une logique de reconquête de son autonomie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>« Alhamdoulillah »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une réaction publiée après son départ, Ousmane Sonko a déclaré : «&nbsp;<em>Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui.&nbsp;</em>» Ni amertume affichée, ni appel à la résistance — du moins pour l&rsquo;instant. Un soulagement, presque. Celui d&rsquo;un homme qui, depuis des mois, semblait suffoquer dans un costume de Premier ministre qui l&#8217;empêchait d&rsquo;être ce qu&rsquo;il est fondamentalement : un tribun de l&rsquo;opposition, pas un gestionnaire de coalition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car Sonko n&rsquo;a jamais caché ses ambitions. Dès décembre 2025, il avait déclaré qu&rsquo;il serait candidat à la prochaine présidentielle — alors même que Diomaye Faye, constitutionnellement, conserve le droit de briguer un second mandat. Une provocation ouverte qui avait encore creusé le fossé entre les deux hommes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Et maintenant ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sénégal entre dans une période d&rsquo;incertitude institutionnelle. La nomination d&rsquo;un nouveau Premier ministre ainsi que la formation d&rsquo;un nouvel exécutif devrait intervenir dans les prochains jours ou les prochaines heures. Aucun nom n&rsquo;avait filtré à l&rsquo;heure où ces lignes étaient écrites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question politique, elle, est posée plus brutalement : que devient Pastef, le parti que les deux hommes présidaient ensemble ? Sonko en est le leader historique, le fondateur, l&rsquo;âme. Faye en est le président élu. Leur rupture institutionnelle annonce-t-elle une rupture partisane ? Les prochaines semaines diront si le Sénégal, qui croyait avoir tourné la page des guerres de clans, vient simplement d&rsquo;en ouvrir une nouvelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bassirou Diomaye Faye, 46 ans, est président du Sénégal depuis avril 2024. Ousmane Sonko, 51 ans, était Premier ministre depuis le 3 avril 2024.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
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		<title>Sénégal : la loi durcissant la répression de l’homosexualité promulguée par Bassirou Diomaye Faye</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Mar 2026 20:59:37 +0000</pubDate>
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<p>Le président sénégalais a signé une loi sur l'homosexualité, augmentant les peines. Découvrez toutes les implications de cette décision.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a promulgué une loi renforçant les sanctions pénales contre l’homosexualité au Sénégal. Publié dans le Journal officiel mardi 31 mars 2026, le texte modifie l’article 319 du Code pénal et double les peines encourues pour les relations sexuelles entre personnes de même sexe.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Adoptée le 11 mars par l’Assemblée nationale du Sénégal à une écrasante majorité — 135 voix pour, aucune contre et trois abstentions — la loi n’a fait l’objet d’aucun recours dans le délai constitutionnel. Sa promulgation par le chef de l’État était donc devenue une formalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réforme figurait parmi les premières promesses électorales du parti au pouvoir, Pastef, qui avait fait du renforcement de la législation contre l’homosexualité un marqueur politique important durant la campagne présidentielle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-peines-desormais-doublees"><strong>Des peines désormais doublées</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’ici, les «&nbsp;<em>actes contre nature à caractère sexuel entre deux personnes de même sexe</em>&nbsp;» étaient punis d’une peine allant de un à cinq ans d’emprisonnement. Désormais, les personnes reconnues coupables encourent de cinq à dix ans de prison, assortis d’amendes pouvant atteindre 10 millions de francs CFA (environ 15 200 euros).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La peine maximale est prévue lorsque l’acte implique un mineur. La principale innovation du texte réside toutefois dans l’élargissement du champ des sanctions. La loi vise désormais également toute personne ou organisation accusée de faire&nbsp;<strong>«&nbsp;</strong><em>l’apologie&nbsp;</em>» de l’homosexualité, notion définie comme toute forme de représentation publique, de diffusion, de promotion ou de soutien — y compris financier — à ces pratiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement sénégalais affirme néanmoins avoir introduit un mécanisme de protection contre les accusations abusives. Les dénonciations calomnieuses pourront être sanctionnées par des peines allant de deux à trois ans de prison et des amendes comprises entre 200 000 et 500 000 francs CFA.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-contexte-de-repression-accrue"><strong>Un contexte de répression accrue</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’adoption de cette loi intervient dans un climat déjà marqué par une intensification des arrestations liées à l’homosexualité. Depuis février, plus d’une trentaine de personnes accusées d’«&nbsp;<em>actes contre nature</em>&nbsp;» ou de «&nbsp;<em>transmission volontaire du VIH</em>&nbsp;» ont été interpellées, parmi lesquelles plusieurs figures médiatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les arrestations se poursuivent presque quotidiennement selon la presse locale. Depuis le début de la semaine, des femmes accusées de «&nbsp;<em>lesbianisme</em>&nbsp;» ont également été arrêtées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, plusieurs acteurs de la société civile dénoncent l’installation d’un climat de forte hostilité envers les minorités sexuelles. Ils pointent notamment une confusion persistante dans l’opinion publique entre homosexualité, pédocriminalité et infection par le VIH/SIDA.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-inquietudes-internationales"><strong>Inquiétudes internationales</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’adoption du texte avait déjà suscité des réactions internationales dès son vote au Parlement. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, avait appelé le président sénégalais à ne pas promulguer la loi, estimant qu’elle constituait «&nbsp;<em>une atteinte aux droits humains</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs organisations de défense des droits humains redoutent également des conséquences sanitaires importantes. Selon elles, la criminalisation accrue des minorités sexuelles pourrait dissuader certaines personnes de se faire dépister ou traiter contre le VIH, fragilisant ainsi les efforts de santé publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ces critiques, la réforme bénéficie au Sénégal d’un large soutien politique et social, reflété par le quasi-consensus observé lors du vote à l’Assemblée nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La promulgation de la loi confirme ainsi la volonté des autorités sénégalaises de durcir l’arsenal pénal contre les pratiques homosexuelles, dans un pays où ces dernières étaient déjà criminalisées depuis plusieurs décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Sénégal : le président de l’Assemblée nationale critiqué pour l’achat de véhicules de luxe aux députés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Jan 2026 22:57:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>En pleine crise économique, l’achat de 4×4 pour les députés sénégalais provoque une vague d’indignation. El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée, s’explique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En pleine crise économique, l’achat de dizaines de 4×4 pour les parlementaires sénégalais provoque une vive controverse. El Malick Ndiaye, proche du président Bassirou Diomaye Faye, est accusé d’opacité et d’incohérence avec les promesses de rupture du pouvoir.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La polémique enfle à Dakar. En plein ralentissement économique, marqué par une dette publique record et un déficit budgétaire estimé à 14 % du PIB, le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a confirmé début janvier la livraison d’un premier lot de véhicules de fonction flambant neufs pour les députés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon la presse locale, 76 Toyota Land Cruiser Prado, d’une valeur unitaire estimée à plusieurs dizaines de millions de francs CFA, ont été réceptionnées, en attendant les livraisons suivantes destinées à l’ensemble des 165 élus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une décision qui passe mal, jusque dans les rangs de la majorité, tant elle semble contredire les engagements de sobriété et de transparence du Pastef, le parti du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko, arrivé au pouvoir avec la promesse de rompre avec les privilèges du passé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-symbole-de-rupture-qui-tourne-a-la-controverse"><strong>Un symbole de rupture qui tourne à la controverse</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Élu à la tête de la 15ᵉ législature après la victoire écrasante du Pastef (130 sièges sur 165), El Malick Ndiaye avait pourtant voulu marquer une différence avec le régime de Macky Sall.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès son arrivée, il avait supprimé l’indemnité mensuelle de transport des députés — fixée à 900 000 francs CFA — instaurée sous l’ancien président. Mais l’achat de véhicules 4×4, jugés luxueux, a rapidement fait dérailler sa stratégie d’exemplarité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>La remise de véhicules aux députés a démarré. Mais le président de l’Assemblée, si prompt à communiquer, reste silencieux sur cette opération </em>», a dénoncé Thierno Alassane Sall, député d’opposition et leader du parti <em>La République des valeurs</em>. Ce dernier réclame un audit complet : « <em>À quel prix ces voitures ont-elles été achetées ? Selon quelle procédure ? </em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même dans la majorité, des voix s’élèvent. Guy Marius Sagna, député du Pastef, confie : « <em>Je ne connais ni la marque ni le prix de la voiture que l’Assemblée va me remettre. Les députés n’ont reçu aucune information ni n’ont été consultés.</em> »</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-aucune-opacite-assure-el-malick-ndiaye"><strong>« Aucune opacité », assure El Malick Ndiaye</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux critiques, le président du perchoir a tenté de calmer les esprits dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux lors de ses vœux de Nouvel An : « <em>76 voitures ont déjà été réceptionnées, les autres suivront. Il n’y a aucune opacité : le concessionnaire, le montant, la procédure, tout est documenté </em>», a-t-il affirmé, assurant que les députés pourraient consulter les dossiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’est même dit prêt à organiser un point de presse conjoint avec la commission des marchés pour « <em>éclairer la lanterne des Sénégalais</em> ». Une promesse restée lettre morte à ce jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un pays confronté à une inflation persistante, à un chômage élevé et à une dette publique estimée à 132 % du PIB, l’affaire tombe au plus mauvais moment. Pour une opinion publique déjà éprouvée par la crise du coût de la vie, ces véhicules de luxe apparaissent comme un symbole de déconnexion entre les élites et les réalités sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les réseaux sociaux s’enflamment, et les appels à la transparence se multiplient. Pour nombre d’observateurs, cette polémique illustre les premières fissures du discours de rupture du Pastef, qui s’était fait le chantre d’une gouvernance éthique et d’une gestion rigoureuse des ressources publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la controverse budgétaire, c’est la crédibilité politique du nouveau pouvoir qui se joue. L’affaire, loin d’être close, devrait continuer à peser sur les débuts du mandat de Malick Ndiaye — et, par ricochet, sur l’image du Pastef, désormais attendu au tournant sur le terrain de la moralisation de la vie publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tribune. Le Sénégal en crise : entre espoir et désillusion</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bocar Harouna Diallo]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Nov 2025 08:25:59 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez la crise politique au Sénégal et ses impacts sur la démocratie et la société civile dans le pays de la Teranga.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>Au moment où le Sénégal traverse l’une des crises politiques les plus profondes de son histoire récente, les espoirs de renouveau démocratique se heurtent à la réalité des fractures institutionnelles et sociales. Entre un pouvoir exécutif divisé, une société civile désabusée et un territoire marqué par de fortes disparités, le pays de la Teranga vacille entre promesse de refondation et désillusion collective. À la croisée des chemins, le Sénégal cherche à préserver son image de modèle de stabilité démocratique dans une Afrique de l’Ouest en pleine recomposition.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La crise politique qui a secoué le Sénégal fin 2025 se présente comme le reflet des vagues tumultueuses qui déferlent sur les côtes de l&rsquo;engagement civique et des aspirations démocratiques. En cette période de grande incertitude, les fondements mêmes du paysage politique national sont ébranlés, reflétant de profondes tensions enracinées dans une histoire politique complexe et des évolutions socio-territoriales marquées par des inégalités exacerbées.<br>La scène politique sénégalaise connaît aujourd&rsquo;hui une polarisation aiguë, le pouvoir exécutif semblant divisé entre deux forces opposées. D&rsquo;un côté, le Président&nbsp;Bassirou Diomaye Faye, soutenu par son mouvement, revendique une légitimité renouvelée ; de l&rsquo;autre, le camp&nbsp;Ousmane Sonko&nbsp;continue d&rsquo;influencer les rouages institutionnels, révélant un héritage lourd de désillusion. Cette dichotomie crée un climat de tension institutionnelle, où chaque décision politique devient un acte de défi entre deux blocs, exacerbant les divisions sociales et régionales.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-les-fractures-territoriales-et-sociales-au-coeur-du-malaise"><strong>Les fractures territoriales et sociales au cœur du malaise</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les crispations se multiplient dans un contexte de manifestations populaires, reflétant une société civile en pleine tourmente qui, après avoir caressé l’espoir du changement, se retrouve aujourd’hui en proie à la confusion et à la désillusion. Ces manifestations, qui auraient pu être l’expression d’une démocratie épanouie, deviennent le théâtre d’un mécontentement généralisé.<br>Une analyse géographique du territoire sénégalais met en évidence de profondes&nbsp;inégalités économiques et sociales&nbsp;: les grandes villes comme Dakar, avec leurs infrastructures modernes, contrastent fortement avec les zones rurales, souvent délaissées. Cette fracture nourrit un sentiment d’abandon et d’injustice, renforçant la méfiance envers les institutions.<br>La polarité urbaine face aux zones rurales devient une source majeure d’instabilité. Les populations rurales, privées d’accès aux services de base, risquent de se tourner vers des acteurs politiques radicaux pour se faire entendre. Cette frustration territoriale pourrait dégénérer si les élites politiques échouent à instaurer un&nbsp;dialogue inclusif&nbsp;prenant en compte les dynamiques locales.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-modele-de-stabilite-africaine-a-la-croisee-des-chemins"><strong>Un modèle de stabilité africaine à la croisée des chemins</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la scène internationale, le Sénégal, longtemps perçu comme un&nbsp;havre de stabilité démocratique en Afrique de l’Ouest, voit son image écornée. Les investisseurs, alarmés par la montée des tensions, pourraient se détourner du pays, compromettant ainsi la croissance économique patiemment acquise.<br>Les relations diplomatiques avec les voisins et les partenaires internationaux risquent également d’en pâtir. Une gestion maladroite de la crise interne pourrait fragiliser la sécurité régionale et entraîner une&nbsp;réévaluation des alliances stratégiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au seuil de décembre 2025, le Sénégal traverse donc une période troublée où l’instabilité politique plane comme un mirage, éclipsant les promesses d’une démocratie renouvelée. Le retour au&nbsp;dialogue et à la réconciliation nationale&nbsp;apparaît désormais comme une nécessité impérieuse.<br>La capacité du pays à retrouver la voie de la stabilité dépendra de son aptitude à concilier les aspirations démocratiques modernes et les réalités sociales enracinées dans le vécu quotidien du peuple sénégalais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bocar H DIALLO, Géographe</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Sénégal : Diomaye Faye — Ousmane Sonko, la fin de l’innocence politique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Nov 2025 09:28:42 +0000</pubDate>
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<p>Le couple présidentiel, Ousmane Sonko et Diomaye Faye, traverse une crise marquée par des ambitions rivales et des tensions croissantes.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Moins de deux ans après leur victoire historique, le tandem qui incarnait le renouveau politique sénégalais se fissure. Entre le président Bassirou Diomaye Faye, soucieux d’affirmer son autorité, et son Premier ministre Ousmane Sonko, toujours porté par sa ferveur militante, la tension est désormais palpable. Derrière les sourires officiels, une guerre froide s’installe, faite de calculs politiques, de défiance réciproque et d’ambitions rivales.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par un de ces retournements dont la politique sénégalaise a le secret, l’idylle entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko a viré à la méfiance. Le duo fraternel de la conquête est devenu un couple présidentiel en crise. Le rêve de la cohabitation harmonieuse s’effrite, laissant place à une guerre froide où chacun affûte désormais ses armes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-de-l-amitie-militante-a-la-rivalite-d-etat"><strong>De l’amitié militante à la rivalité d’État</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ceux qui les ont connus dans les geôles du régime Sall, partageant le même idéal de rupture, peinent à reconnaître les deux anciens compagnons d’infortune. À peine un an et demi après la victoire éclatante de mars 2024, les fissures sont devenues crevasses.<br>Depuis juillet 2025, les signaux d’alerte s’accumulent&nbsp;: Sonko, fidèle à son « <em>verbe volcanique</em> », avait publiquement reproché au chef de l’État son « <em>silence</em> » face aux attaques de ses adversaires. Faye, plus feutré, avait tenté d’éteindre l’incendie en rappelant que le Sénégal avait « <em>d’autres urgences</em> ». Mais sous le vernis de la fraternité, les rancunes couvaient.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-jour-ou-tout-a-bascule"><strong>Le jour où tout a basculé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le 11&nbsp;novembre 2025, la hache de guerre est déterrée. Par un décret laconique, Diomaye Faye écarte Aïda Mbodj, fidèle lieutenante de Sonko, de la coordination de la coalition présidentielle, pour confier la tâche à Aminata Touré. Un choix audacieux — certains diront provocateur — tant l’ex-Première ministre incarne la technostructure politique que le Pastef voulait précisément balayer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sonko encaisse mal le coup&nbsp;: trois jours plus tôt, à Téra, il avait publiquement juré qu’Aïda Mbodj « <em>ne bougerait pas</em> ». En rétorquant que « <em>celui qui veut s’affirmer n’a qu’à descendre dans l’arène </em>», le Premier ministre adressait, sans la nommer, une flèche au palais.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-guerre-des-legitimites"><strong>La guerre des légitimités</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière cette querelle de casting, une bataille plus vaste se dessine&nbsp;: celle de la légitimité. Diomaye Faye, élu président mais longtemps considéré comme l’héritier politique de Sonko, veut désormais s’émanciper. Sonko, lui, refuse de devenir un ornement institutionnel, cantonné à la primature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le communiqué présidentiel évoque pudiquement des « <em>facteurs de division</em> » ; les stratèges, eux, y voient la volonté de Faye de préparer son avenir. En réactivant la coalition sous un visage plus docile, le chef de l’État trace son propre sillon, au-delà de l’ombre tutélaire de son mentor. 2029 n’est pas si loin.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-pastef-sort-les-griffes"><strong>Le Pastef sort les griffes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La riposte du parti de Sonko est immédiate. Dans un communiqué incendiaire, le Pastef dénonce une « <em>décision illégitime</em> » et refuse de reconnaître Aminata Touré. Traduction politique&nbsp;: le Premier ministre défie ouvertement l’autorité de son président. Le Sénégal découvre alors une cohabitation de feu, où chaque camp revendique l’héritage du même électorat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les juristes y voient une question de prérogatives ; les politistes, un choc d’egos entre deux visions du pouvoir&nbsp;: celle, institutionnelle et hiérarchique, de Faye ; celle, messianique et populaire, de Sonko.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-alliance-piegee-par-son-propre-succes"><strong>Une alliance piégée par son propre succès</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe est cruel. La victoire de 2024 devait incarner la renaissance politique du pays. Elle se mue en guerre de positions. Faye, jadis secrétaire général discret, s’impose désormais comme un président soucieux d’ordre et de méthode. Sonko, tribun charismatique et chef de file du Pastef, reste l’âme du mouvement, mais plus tout à fait le maître du jeu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce tandem improbable, uni contre Macky Sall, se retrouve aujourd’hui enlisé dans la mécanique du pouvoir&nbsp;: l’un veut gouverner, l’autre continue de militer.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-spectre-d-une-rupture-annoncee"><strong>Le spectre d’une rupture annoncée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’heure, les deux hommes jurent que rien ne les oppose. Mais le climat, dans les couloirs de la primature comme à la présidence, est électrique. Des proches de Faye murmurent qu’un remaniement pourrait sceller la fin de la cohabitation. D’autres évoquent, du côté de Sonko, la tentation d’une démission fracassante, au nom de la « <em>cohérence morale</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un pays où la stabilité politique repose souvent sur l’équilibre subtil des egos, ce duel fraternel pourrait peser lourd.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette brouille ne se joue pas seulement à deux. Elle interroge une jeunesse sénégalaise qui, en mars 2024, croyait voter pour un renouveau. Les promesses de rupture, de justice et de souveraineté économique peinent à survivre au choc des ambitions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pouvoir Faye-Sonko, né de la révolte, risque de mourir de la normalisation. Le Sénégal, laboratoire démocratique de l’Afrique de l’Ouest, entre dans une zone de turbulences.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Sénégal : vote historique des lois anticorruption de Diomaye Faye</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Aug 2025 08:13:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Analysez les Lois anticorruption de Diomaye Faye. Quelles réformes ont été adoptées pour lutter contre la corruption au Sénégal ?</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 25&nbsp;août, l’Assemblée nationale sénégalaise a voté deux textes phares du vaste arsenal anticorruption voulu par Bassirou Diomaye Faye. Un geste politique fort, mais qui pose déjà une question&nbsp;: entre promesse de rupture et inertie des pratiques, la transparence peut-elle devenir une réalité au pays de la Teranga ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’image a valeur de symbole. Moins de seize mois après son arrivée au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye obtient enfin le vote de ses premières grandes réformes. L’Assemblée nationale, souvent accusée de complaisance envers les exécutifs successifs, a adopté le 25 août <a href="https://www.rts.sn/actualite/detail/a-la-une/lassemblee-nationale-adopte-deux-lois-cles-pour-renforcer-la-lutte-contre-la-corruption" target="_blank" rel="noreferrer noopener">deux textes centraux</a> de son programme : la refondation d’un Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) indépendant et l’instauration élargie de la déclaration obligatoire de patrimoine.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-genese-politique"><strong>Une genèse politique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dès son investiture en avril 2024, l’ancien prisonnier politique avait promis de <a href="https://www.dakarmatin.com/lassemblee-nationale-adopte-deux-lois-cles-pour-renforcer-la-lutte-contre-la-corruption/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">moraliser la vie publique</a>. Sa méthode : rompre avec l’impunité et la connivence. Après des mois de concertation avec la société civile et les corps de contrôle, quatre projets de loi furent ficelés puis adoptés en Conseil des ministres le 30 juillet 2025. Moins d’un mois plus tard, deux piliers sont gravés dans le marbre législatif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’OFNAC nouvelle version n’a plus rien d’un organisme décoratif. Accès direct aux données bancaires, pouvoir d’audition, possibilité de geler les avoirs suspects. Autant d’attributions qui font frémir certains barons de la République. Signe de rupture, ses douze membres seront désormais désignés par appel à candidatures pour un mandat unique de cinq ans, afin d’éviter la capture politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-patrimoine-nbsp-la-fin-de-l-ombre"><strong>Patrimoine&nbsp;: la fin de l’ombre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième loi élargit considérablement le spectre des assujettis à la déclaration de patrimoine. Le seuil est abaissé de 1 milliard à 500 millions FCFA, et l’obligation s’étend désormais aux magistrats, chefs de juridictions, responsables des secteurs stratégiques (mines, hydrocarbures) et à tous les gestionnaires de budgets publics importants. Autrement dit, une partie de l’élite jusque-là à l’abri du regard public devra désormais <a href="https://www.jeuneafrique.com/1715864/politique/reformes-scandales-et-reglements-de-comptes-au-senegal-le-difficile-chemin-de-la-transparence/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rendre des comptes</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Diomaye Faye, la bataille ne fait que commencer. La société civile, à commencer par le Forum Civil, exige que ces textes ne restent pas lettre morte. Car l’Afrique regorge de lois ambitieuses restées dans les tiroirs d’administrations complaisantes. Le Sénégal, lui, a la possibilité d’écrire un autre scénario&nbsp;: celui d’une démocratie qui se donne enfin les moyens de prévenir l’enrichissement illicite, de protéger les deniers publics et de restaurer la confiance dans ses institutions.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-pari-diomaye"><strong>Le pari Diomaye</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En votant ces lois, l’Assemblée a donné corps à une <a href="https://www.pressafrik.com/Lutte-contre-la-corruption-le-President-Diomaye-annonce-la-mise-sur-pied-de-4-projets-de-lois_a278963.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">promesse de campagne</a>. Mais l’essentiel reste devant : l’application. Car dans ce Sénégal où les scandales politico-financiers rythment les mandats, la transparence n’est pas une option morale, elle est une urgence politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rupture proclamée par Bassirou Diomaye Faye sera jugée non pas à la beauté des textes, mais à la solidité de leur mise en œuvre. L’histoire dira si, à Dakar, la transparence restera un mot creux ou deviendra enfin une pratique quotidienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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