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	<title>Archives des autonomie économique | Sahel Tribune</title>
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	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
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	<title>Archives des autonomie économique | Sahel Tribune</title>
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		<title>Femmes rurales maliennes : les oubliées de l’exode qui font vivre l’agriculture</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Alors que les hommes quittent les campagnes, les femmes rurales maliennes assurent l’agriculture, l’éducation des enfants et la survie économique des villages.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Quand on parle d&rsquo;exode rural au Mali, on imagine des jeunes hommes prenant la route vers Bamako ou au-delà. Mais derrière chaque départ masculin, il y a une femme qui reste. Qui cultive. Qui élève les enfants. Qui nourrit la famille. Qui porte le village. Ces femmes rurales maliennes, piliers silencieux d&rsquo;une économie agricole en tension, sont les grandes absentes du débat sur la migration intérieure. Il est temps de leur rendre leur place.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;exode rural malien a un visage masculin. Ce sont majoritairement les hommes — jeunes fils, frères, maris — qui quittent les villages pour les villes ou l&rsquo;étranger. Derrière eux, les femmes demeurent. Non par choix systématique, mais par contrainte sociale, économique et familiale. Partir, pour une femme rurale malienne, c&rsquo;est souvent renoncer à ses enfants, à sa famille élargie, à ce que la tradition lui assigne comme place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce phénomène, que les chercheurs appellent la « <em><a href="https://www.anefa.org/blog/actualites-nationales/la-feminisation-de-lagriculture/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">féminisation de l&rsquo;agriculture</a></em> », est en train de remodeler les campagnes maliennes. Dans certaines régions comme Ségou, Mopti ou Kayes, les femmes représentent aujourd&rsquo;hui la <a href="https://fr.scribd.com/document/735638377/2018-01-Care-rapport-etude-femmes-foncier" target="_blank" rel="noreferrer noopener">majorité de la main-d&rsquo;œuvre agricole active</a>. Elles labourent, sèment, récoltent, transforment — souvent sans posséder légalement la terre qu&rsquo;elles travaillent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un triple fardeau invisible</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La première injustice que vivent les <a href="https://landportal.org/sites/default/files/library/resources/Femme%2520et%2520foncier%2520agricole%2520au%2520Mali_202301_0.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">femmes rurales maliennes est foncière</a>. Au Mali, l&rsquo;accès à la terre reste dominé par les structures patrilinéaires : c&rsquo;est l&rsquo;homme qui hérite, qui possède, qui décide. Une femme qui travaille un champ toute sa vie peut se le voir retirer à la mort de son mari, au profit des fils ou des frères du défunt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette insécurité foncière n&rsquo;est pas qu&rsquo;une question de justice : c&rsquo;est un frein économique majeur. Sans titre de propriété, une femme ne peut pas obtenir de crédit agricole, ne peut pas investir dans son exploitation, ne peut pas s&rsquo;engager dans des contrats avec des acheteurs professionnels. Elle travaille, mais le fruit de son travail lui échappe structurellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand l&rsquo;homme part, la <a href="https://www.wathi.org/laboratoire/initiatives/migrations-ouest-africaines/contribution-migrations-ouest-africaines/situation-difficile-femmes-demigres/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">femme ne reçoit pas de renfort</a> : elle assume seule ce qu&rsquo;ils portaient à deux, voire à plusieurs. La gestion du foyer, l&rsquo;éducation des enfants, les soins aux anciens, et en même temps le travail des champs. Les transferts d&rsquo;argent envoyés par les migrants sont souvent irréguliers, insuffisants, ou simplement inexistants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ces conditions, beaucoup de femmes rurales maliennes développent des stratégies de survie remarquables : jardins potagers, petit commerce, transformation de produits agricoles, tontines entre voisines. Ces activités, invisibles dans les statistiques officielles, constituent pourtant une économie parallèle vitale pour les ménages ruraux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième dimension du fardeau : l&rsquo;exclusion des espaces de décision. Les conseils de village, les coopératives agricoles, les comités de gestion des périmètres irrigués — ces instances où se décide l&rsquo;avenir des terres et des ressources sont encore très majoritairement masculines. La voix des femmes, pourtant premières concernées, y est peu entendue.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des résistances qui s&rsquo;organisent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces contraintes, les femmes rurales maliennes ne restent pas passives. Depuis des décennies, elles s&rsquo;organisent en groupements — tontines, associations villageoises, <a href="https://wildaf-mali.org/remise-des-kits-dactivites-generatrices-de-revenus-agr-aux-beneficiaires-des-groupes-de-metiers-porteurs-des-4-cercles-de-la-region-de-sikasso-sikasso-kadiolo-dandereso-et-kolondieba/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">coopératives de transformation</a> — qui leur permettent de <a href="https://www.ripess.org/cooperative-de-femmes-cest-lieu-privilegie-dexpression-dempowerment-femmes-entretien-sabine-martel/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">mutualiser ressources et savoirs</a>. Ces structures informelles sont souvent le premier filet de sécurité économique dans les zones rurales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains de ces groupements ont franchi un cap décisif : ils accèdent désormais au microcrédit, forment leurs membres à l&rsquo;agroécologie, négocient collectivement avec les acheteurs de la ville. Dans la région de Sikasso, des groupements féminins de <a href="https://mon-3.org/wp-content/uploads/2019/09/Etude-de-marche-du-beurre-de-karite-produit-en-Republique-du-Mali.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">productrices de karité</a> ont réussi à commercialiser directement leur beurre sur des marchés d&rsquo;exportation, capturant une valeur ajoutée qui leur échappait auparavant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités maliennes ont progressivement intégré la dimension genre dans leurs politiques agricoles. Des programmes spécifiques ciblent <a href="https://ceci.org/fr/nouvelles-et-evenements/donner-aux-femmes-un-acces-a-la-terre" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;accès des femmes au foncier</a>, à la formation et au financement. <a href="https://faolex.fao.org/docs/pdf/mli67609.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Loi d&rsquo;Orientation Agricole</a> prévoit des dispositions pour renforcer la participation des femmes dans les coopératives et les instances de gouvernance agricole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des périmètres maraichers réservés aux femmes ont été aménagés dans plusieurs régions, leur donnant un espace de production sécurisé, irrigué et légalement reconnu. Ces initiatives, encore insuffisantes à l&rsquo;échelle du besoin, montrent néanmoins que la question est prise au sérieux et que des solutions concrètes existent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali est l&rsquo;un des <a href="https://www.agenceecofin.com/gestion-publique/0512-114347-mali-les-acteurs-de-la-filiere-karite-se-dotent-d-une-interprofession" target="_blank" rel="noreferrer noopener">premiers producteurs mondiaux de karité</a>, un arbre dont les noix sont transformées en beurre prisé par l&rsquo;industrie cosmétique internationale. Cette filière est quasi exclusivement féminine : ce sont les femmes qui ramassent, concassent, transforment et vendent. Un secteur en plein essor qui représente pour des milliers de femmes rurales une source de revenus croissante et un levier d&rsquo;autonomisation économique réel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que l&rsquo;avenir peut tenir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Reconnaître le rôle des femmes rurales maliennes n&rsquo;est pas seulement un impératif moral : c&rsquo;est une nécessité économique. Une agriculture qui ignore la moitié de ses acteurs se condamne elle-même à l&rsquo;incomplétude. Les femmes ne constituent pas une catégorie périphérique de l&rsquo;économie rurale ; elles en sont l&rsquo;un des piliers. Les exclure de l&rsquo;accès aux ressources, aux financements, à la propriété foncière ou aux instances de gouvernance revient à amputer le secteur agricole d&rsquo;une part considérable de son potentiel productif. Comme le rappelle <em><a href="https://www.maliweb.net/interview/fousseni-togola-lauteur-du-livre-feminitude-musoya-ce-livre-revendique-plus-despaces-appropries-a-lexpression-lepanouissement-de-la-femme-2794040.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Féminitude : Musoya</a></em>, « <em>aucun projet de développement ne saurait être crédible s&rsquo;il fait l&rsquo;impasse sur la moitié de l&rsquo;humanité</em> ». L&rsquo;implication des femmes dans l&rsquo;économie n&rsquo;est donc pas seulement une exigence de justice sociale : elle est une condition de l&rsquo;efficacité économique. Une nation qui marginalise ses femmes renonce à une partie de son intelligence, de sa créativité et de sa capacité d&rsquo;innovation. À l&rsquo;inverse, une économie qui leur ouvre pleinement ses portes se donne les moyens d&rsquo;une croissance plus inclusive, plus durable et plus prospère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes rurales maliennes ne sont pas des victimes passives de l&rsquo;exode. Elles en sont les grandes absorbantes, celles qui maintiennent le tissu social et productif des villages pendant que d&rsquo;autres partent. Il est temps que cette réalité soit reconnue, valorisée et soutenue par des politiques à la hauteur de leur contribution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Invisibles dans les statistiques, absentes des débats publics, mais omniprésentes dans les champs : les femmes rurales maliennes sont le vrai pilier d&rsquo;une agriculture en mutation. Leur reconnaissance pleine et entière — foncière, économique, institutionnelle — est l&rsquo;une des clés d&rsquo;un développement rural durable et équitable au Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mariage au Mali : les vérités que les jeunes femmes auraient aimé entendre avant de dire oui</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Entre traditions, silence et réalités conjugales, de nombreuses Maliennes découvrent après le mariage des enjeux essentiels liés aux droits, à la sexualité, aux finances et aux violences. Une réflexion sur les non-dits de la transmission familiale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Entre ce qu&rsquo;on transmet aux filles et ce qu&rsquo;elles vivent réellement, il y a un abîme que personne ne comble.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, la préparation au mariage existe. Elle a ses rituels, ses femmes désignées, ses nuits de conseil. Mais ce qu&rsquo;on transmet aux filles dans ces moments-là ressemble rarement à ce qu&rsquo;elles vivront réellement. Entre les injonctions à la soumission et les silences pudiques sur la sexualité, la violence conjugale, l&rsquo;argent ou la solitude du foyer, des générations de femmes maliennes ont été envoyées dans le mariage avec une carte incomplète — et ont dû se débrouiller seules pour traverser un territoire qu&rsquo;on leur avait dit être un paradis.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La nuit des conseils : ce qu&rsquo;on dit, ce qu&rsquo;on tait</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la tradition malienne, la veille du mariage est un moment codifié. Les femmes de la famille se réunissent autour de la mariée pour lui prodiguer des conseils. Cela est pareil également pour le jour du mariage à l’occasion des séances de salutations chez les parents des mariés. Le «&nbsp;<em>conseil des sages</em>&nbsp;» prodigue généralement des conseils à la mariée aussi bien qu’au marié.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En théorie, c&rsquo;est une institution précieuse. En pratique, les témoignages de femmes maliennes de différentes générations révèlent une constante troublante : ce qu&rsquo;on leur a dit ce soir-là était presque exclusivement orienté vers la soumission et la préservation de l&rsquo;harmonie du foyer.&nbsp;<em>«</em>&nbsp;<em>Supporte.&nbsp;», «&nbsp;Ne réponds pas à ton mari quand il est en colère.&nbsp;», «&nbsp;La femme qui parle trop perd son foyer.&nbsp;», «&nbsp;Ce qui se passe entre toi et ton mari ne regarde pas ta famille.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu&rsquo;on ne leur a pas dit est tout aussi révélateur. On ne leur a pas parlé de la gestion des finances du ménage. On ne leur a pas expliqué leurs droits légaux en cas de divorce ou de violence. On ne leur a pas préparées à la cohabitation avec une belle-famille potentiellement envahissante. On ne leur a presque jamais parlé de leur propre sexualité, de leurs désirs, de leur droit au plaisir. Et on ne leur a certainement pas dit que le mariage pouvait être un espace de souffrance profonde — et que cette souffrance ne serait pas nécessairement de leur faute.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des chiffres qui parlent à la place des mères</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les données disponibles sur le mariage et la vie conjugale au Mali dessinent un tableau que les temps de conseil n&rsquo;ont jamais préparé les femmes à affronter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon <a href="https://platform.who.int/docs/default-source/mca-documents/policy-documents/plan-strategy/MLI-GBV-19-02-PLAN-STRATEGY-2018-fra-STRAT-VBG-12-09-2018-VF.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;Enquête démographique et de santé du Mali</a> (EDSM-VI, 2018), 57 % des femmes maliennes âgées de 15 à 49 ans déclarent avoir subi des violences physiques ou sexuelles de la part d&rsquo;un partenaire intime au cours de leur vie. Un chiffre qui place le Mali parmi les pays où la prévalence des violences conjugales est la plus élevée en Afrique de l&rsquo;Ouest — et que les conseils du soir de noces n&rsquo;ont jamais nommé, encore moins préparé les femmes à reconnaître ou à fuir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan économique, selon les données de la Banque mondiale, <a href="https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SL.FAM.WORK.FE.ZS?locations=ML" target="_blank" rel="noreferrer noopener">seulement 38 % des femmes maliennes</a> participent au marché du travail formel. La grande majorité entre dans le mariage sans autonomie financière propre, entièrement dépendante du mari pour subvenir à leurs besoins. Aucune mère ne leur a expliqué ce que cette dépendance signifie concrètement en termes de rapport de force dans le foyer — et de vulnérabilité en cas de rupture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les données sur le divorce, encore partielles au Mali faute d&rsquo;enregistrement systématique des unions coutumières et religieuses, indiquent néanmoins une hausse notable des séparations dans les premières années de mariage, particulièrement en milieu urbain. Une part croissante de ces divorces précoces implique des femmes qui n&rsquo;avaient tout simplement jamais été informées de leurs droits, de ce à quoi elles pouvaient légitimement aspirer, ni de ce qu&rsquo;elles pouvaient légalement refuser.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que le silence produit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le silence des mères n&rsquo;est pas une trahison. C&rsquo;est une transmission fidèle de ce qu&rsquo;elles ont elles-mêmes reçu — ou plutôt de ce qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas reçu. Des femmes qui ont survécu à des mariages difficiles en se taisant transmettent, sans le vouloir, le silence comme stratégie de survie. Des mères qui n&rsquo;ont jamais eu accès à leurs propres droits ne peuvent pas transmettre à leurs filles une connaissance qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce silence intergénérationnel produit des effets concrets et mesurables. Il produit des femmes qui endurent des violences sans savoir qu&rsquo;elles ont le droit de les nommer. Des femmes qui signent des actes juridiques sans en comprendre les implications. Des femmes qui découvrent, parfois après des années de mariage, qu&rsquo;elles ne sont pas légalement protégées parce que leur union n&rsquo;a jamais été enregistrée à l&rsquo;état civil. Des femmes, surtout, qui ont passé des années à croire que ce qu&rsquo;elles vivaient était normal — parce que personne ne leur avait jamais dit le contraire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La génération qui pose des questions</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quelque chose est en train de changer, timidement mais réellement. Une génération de jeunes Maliennes — scolarisées, connectées, exposées à d&rsquo;autres récits sur la vie conjugale — commence à poser les questions que leurs mères n&rsquo;ont pas posées. Elles veulent savoir ce que le code des personnes et de la famille prévoit en matière de divorce. Elles veulent comprendre ce que signifie le régime matrimonial qu&rsquo;on leur fait signer. Elles veulent parler de sexualité, d&rsquo;argent, de belle-famille — avant le mariage, pas après.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette curiosité est souvent perçue comme de l&rsquo;insolence par les générations précédentes. Elle est en réalité une forme d&rsquo;intelligence conjugale que leurs mères auraient mérité de posséder. Et que leurs filles méritent de recevoir — non plus dans le secret d&rsquo;une nuit de noces, mais dans des espaces ouverts, informés, bienveillants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des associations comme l&rsquo;Association pour le Progrès et la Défense des Droits des Femmes (<a href="https://www.apdfml.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">APDF</a>) au Mali, ou le <a href="https://alliancedroitsetsante.equipop.org/gp-dcf/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Groupe Pivot Droits et Citoyenneté des Femmes</a>, travaillent depuis des années à combler ce vide informatif. Leurs programmes d&rsquo;éducation juridique et de sensibilisation aux droits conjugaux touchent des milliers de femmes chaque année — mais restent très insuffisants face à l&rsquo;ampleur du besoin.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce qu&rsquo;il faudrait dire, enfin</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si les mères maliennes pouvaient transmettre à leurs filles une vérité différente — plus complète, plus honnête, plus protectrice — elle ressemblerait peut-être à ceci. Que le mariage est un contrat, pas un destin. Qu&rsquo;il implique des droits autant que des devoirs, et que ces droits méritent d&rsquo;être connus avant d&rsquo;être signés. Que la souffrance conjugale n&rsquo;est pas une fatalité à supporter en silence, mais un signal à entendre et à nommer. Que l&rsquo;autonomie économique n&rsquo;est pas une menace pour le foyer, mais sa meilleure assurance. Que le respect que l&rsquo;on se doit à soi-même est la condition première du respect que l&rsquo;on peut exiger de l&rsquo;autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et peut-être, surtout, que l&rsquo;amour — celui qui dure, celui qui construit, celui qui résiste — ne demande pas le silence. Il demande la parole.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>« Le Mali est l’ami de tous ceux qui le souhaitent … », le président Goïta face aux diplomates </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Feb 2026 20:29:58 +0000</pubDate>
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<p>Le président Goïta s'exprime devant le corps diplomatique pour redéfinir la doctrine stratégique du Mali. En savoir plus.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques et l’érosion du multilatéralisme, les autorités maliennes de la Transition affichent une ligne claire : souveraineté stratégique, diversification des partenariats et refondation de l’État. Un cap assumé, réaffirmé lors des échanges de voeux du président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, avec les diplomates accrédités à Bamako, le 10 février 2026. Le chef de l’Etat éclaire la vision internationale et intérieure du pouvoir.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face au corps diplomatique réuni au palais de Koulouba, les autorités maliennes ont posé les fondements d’une doctrine désormais assumée : le Mali entend entretenir des relations avec tous les partenaires qui respectent ses choix stratégiques et ses intérêts vitaux. Dans un environnement international instable, marqué par des crises économiques, des conflits et des rivalités d’influence, le pays affirme avoir choisi « <em>la dignité, le respect et la liberté de ses décisions </em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette orientation s’accompagne d’une diversification assumée des alliances et d’un dialogue renforcé avec plusieurs États et organisations internationales. Pour Bamako, l’augmentation des accréditations diplomatiques constitue un signal d’intérêt renouvelé pour le Mali et pour l’espace confédéral sahélien auquel il appartient. La coopération reste ouverte, mais sur une base redéfinie, sans tutelle ni conditionnalité politique. «&nbsp;<em>Le Mali est l’ami de tous ceux qui le souhaitent dans le respect de ses principes&nbsp;</em>», a affirmé le président de la transition.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-securite-priorite-nationale-et-legitimite-strategique"><strong>Sécurité : priorité nationale et légitimité stratégique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan sécuritaire, les autorités mettent en avant les progrès attribués à la montée en puissance des Forces armées et de sécurité. Engagées dans une guerre asymétrique qualifiée de longue et complexe, elles ont, selon le discours du président de la transition, à renforcer la protection des populations et à favoriser le retour progressif de l’État dans plusieurs zones.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette approche insiste sur une vision élargie de la victoire : non seulement militaire, mais aussi sociale. L’accès à l’école, aux soins, à la justice et aux activités économiques est présenté comme l’indicateur réel du succès sécuritaire. Cette doctrine s’inscrit dans une stratégie régionale incarnée par la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), décrite comme une réponse endogène, coordonnée et crédible aux défis communs. «&nbsp;<em>Le Sahel a besoin de sincérité, de constance, et d’actions concrètes. Il n’a besoin ni d’analyses ni de recettes toutes faites. Il a besoin de partenariats justes, d’un soutien respectueux, et d’une compréhension lucide des causes profondes de l’instabilité.&nbsp;</em>», a expliqué le général Goïta.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-bataille-de-l-information"><strong>La bataille de l’information</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Autre front assumé : celui de la communication. Les autorités dénoncent des campagnes de désinformation qu’elles attribuent à des acteurs étrangers cherchant à fragiliser les pays sahéliens. Face à ces pressions, elles affirment privilégier cohésion nationale, transparence institutionnelle et accès à une information fiable, considérés comme des remparts contre les tentatives de déstabilisation. «&nbsp;<em>Nous ne céderons ni à la peur, ni à la confusion. Nous opposerons aux récits fabriqués la vérité des faits, et aux tentatives de division l’unité de la Nation.&nbsp;</em>», a indiqué le chef de l’Etat.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des enjeux extérieurs, la Transition met en avant un vaste chantier de transformation interne. Refonder l’État signifie, selon ses dirigeants, renforcer la justice, moderniser l’administration, lutter contre la corruption et restaurer la confiance entre gouvernants et citoyens. Cette ambition s’inscrit dans deux cadres stratégiques majeurs : la vision nationale à long terme horizon 2063 et la Stratégie pour l’émergence et le développement durable 2024-2033.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette perspective, l’investissement dans le capital humain est présenté comme prioritaire. Jeunesse, éducation, santé et valeurs civiques sont désignées comme les piliers d’une souveraineté durable. L’annonce de l’« <em>année de l’Éducation et de la Culture 2026-2027</em> » illustre cette volonté de placer la formation et l’identité culturelle au cœur du projet national.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-cap-sur-l-autonomie-economique"><strong>Cap sur l’autonomie économique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le terrain économique, la ligne directrice est celle de solutions endogènes. Les autorités entendent valoriser davantage les ressources nationales, sécuriser les chaînes d’approvisionnement et progresser vers la souveraineté énergétique. Les investissements étrangers restent bienvenus, à condition qu’ils créent des emplois, respectent les règles nationales et favorisent le transfert de compétences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette politique vise à rompre avec les modèles de dépendance jugés inefficaces par le pouvoir actuel. Le Mali affirme ainsi vouloir accueillir des partenaires bâtisseurs plutôt que prescripteurs, inscrivant sa stratégie dans une logique de coopération équilibrée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré cette réorientation, Bamako réaffirme son attachement aux principes fondamentaux du droit international : respect de l’intégrité territoriale, non-ingérence et règlement pacifique des différends. Les autorités saluent les initiatives de dialogue engagées avec plusieurs partenaires et assurent ne fermer aucune porte, pourvu que les relations reposent sur le respect mutuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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