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	<title>Archives des attaques 25 avril 2026 | Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des attaques 25 avril 2026 | Sahel Tribune</title>
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		<title>Mali : la France joue-t-elle avec le feu en soutenant les rebelles touaregs ?</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2026 07:47:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Des révélations sur des liens entre rebelles touaregs, renseignement ukrainien et anciens légionnaires relancent les accusations du Mali contre la France dans la crise sécuritaire au Sahel.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Des révélations sur des liens entre rebelles touaregs, renseignement ukrainien et anciens légionnaires relancent les accusations du Mali contre la France dans la crise sécuritaire au Sahel.</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le 25 avril 2026, le Mali vit au rythme d&rsquo;une offensive d&rsquo;une ampleur inédite. Le Front de Libération de l&rsquo;Azawad (FLA), coalition des mouvements rebelles touaregs et arabes, et le JNIM — branche officielle d&rsquo;Al-Qaïda au Sahel — ont engagé des attaques coordonnées sur plusieurs fronts simultanément : Kidal, Gao, Mopti, et jusqu&rsquo;aux abords de Bamako. Cette alliance de circonstance, aussi surprenante que redoutable, leur permet la facilité de mobilité et la multiplication des attaques terroristes.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des ex-légionnaires dans l&rsquo;ombre du conflit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est dans ce contexte explosif que le journaliste Georges Malbrunot, du&nbsp;<em>Figaro</em>&nbsp;et de RTL, a levé un coin du voile. Selon une source sécuritaire française, des unités du renseignement militaire ukrainien — le GUR — opèrent en coordination avec les rebelles touaregs. Parmi elles, quelques dizaines d&rsquo;ex-légionnaires ukrainiens francophones, anciens membres de la Légion étrangère française, déployés pour former, conseiller et appuyer militairement les forces du FLA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France, officiellement chassée du Mali entre 2022 et 2023, continue donc d&rsquo;agir en sous-main, en jouant sur le vivier de militaires ukrainiens passés par ses rangs. Le schéma répond à une logique d&rsquo;intérêts croisés : les rebelles touaregs cherchent à affaiblir les autorités maliennes de la transition; Kiev et Paris, eux, veulent faire mordre la poussière aux militaires russes de l&rsquo;Africa Corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas une première. Dès le début de l&rsquo;année 2025, le renseignement ukrainien avait proposé aux autorités françaises un plan détaillé pour déloger les autorités de la transition&nbsp;&nbsp;du Sahel (Mali, Burkina Faso et Niger) et faire reculer l&rsquo;influence russe. Paris avait alors décliné, ne souhaitant pas apparaître, même de manière déguisée. Cette fois, le verrou est levé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un jeu de billard à plusieurs bandes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le «&nbsp;<em>paravent ukrainien</em>&nbsp;» offre à la France un avantage décisif : ne pas coopérer directement avec des djihadistes classés organisations terroristes, tout en entretenant des liens historiques bien connus avec les Touaregs, qui revendiquent l&rsquo;indépendance de leur région. En clair : soutenir techniquement — notamment en matière de transmissions — des rebelles alliés de circonstance à Al-Qaïda, sans en assumer officiellement la responsabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Problème : le JNIM n&rsquo;est pas un groupe local anodin. Il s&rsquo;inscrit dans une mouvance terroriste qui a revendiqué ou inspiré des attentats à Madrid, Londres, Paris et Nice. En cherchant à affaiblir le régime pro-russe de Bamako, Paris prend le risque de renforcer, même indirectement, un ennemi stratégique de premier ordre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Wassim Nasr, journaliste à France 24 et spécialiste des mouvements jihadistes, a reconnu sur X une aide ukrainienne limitée au FLA en 2024, tout en démentant que cette aide soit toujours active et en rejetant tout lien entre la France et le JNIM. Les autorités françaises, elles, sont restées muettes. Le ministère des Armées s&rsquo;est borné à indiquer que si des militaires ukrainiens avaient quitté la Légion étrangère pour servir l&rsquo;Ukraine «&nbsp;<em>de la manière qu&rsquo;ils jugent utile</em>&nbsp;», Paris n&rsquo;avait pas d&rsquo;autre commentaire à formuler. Un silence éloquent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La logique du moindre mal</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, le Mali a saisi le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies, en août 2022, en vue de présenter les preuves du soutien de la France aux groupes terroristes évoluant sur son territoire, notamment par la fourniture de renseignements et d’équipements. Dans une correspondance datée du 16 août et signée par le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, le Mali a sollicité la tenue d’une réunion d’urgence afin d’examiner la situation sécuritaire du pays. Mais rien ne fut fait.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, le gouvernement du Mali a annoncé la rupture immédiate de ses relations diplomatiques avec l’Ukraine, invoquant une «&nbsp;<em>implication reconnue et assumée</em>&nbsp;» de Kiev dans les affrontements survenus fin juillet à Tinzaouatene, dans la région de Kidal, entre les Forces armées maliennes, les rebelles du CSP-DPA et des groupes affiliés à al-Qaïda. Dans un communiqué relayé par le porte-parole du gouvernement, l’actuel Premier ministre, le général Abdoulaye Maïga, les autorités maliennes affirmaient que cette implication a été mise en évidence par une vidéo publiée par l’ambassade d’Ukraine à Dakar, dans laquelle le responsable du renseignement militaire ukrainien, Andriy Yusov, se félicitait d’avoir fourni des informations aux rebelles avant les combats, tandis que l’ambassadeur Yurii Pyvovarov y exprimait son soutien. La diffusion de cette séquence a conduit les autorités sénégalaises à convoquer l’ambassadeur ukrainien pour lui rappeler ses obligations de retenue et de non-ingérence, avant que la vidéo ne soit retirée des réseaux sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités maliennes ont toujours soutenu que la crise sécuritaire sur leur espace est créée et soutenue par des acteurs extérieurs avec l’appui d’acteurs intérieurs tel que les derniers évènements en date du 25 avril dernier le prouvent. Les investigations du Tribunal militaire de Bamako ont permis d’établir les faits&nbsp;: «&nbsp;<em>Les investigations menées ont permis, à ce stade, d&rsquo;établir un faisceau d&rsquo;éléments solides relatifs à la complicité de certains militaires, militaires radiés ou en instance de radiation de l&rsquo;effectif, notamment leur participation à la planification, à la coordination et à l&rsquo;exécution des attaques sus indiquées avec l&rsquo;implication notoire de certains hommes politiques, dont le Docteur Oumar Mariko.</em>&nbsp;», lit-on dans le communiqué du 1<sup>er</sup>&nbsp;mai du Procureur de la République près le tribunal militaire de Bamako&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En hiérarchisant ses ennemis — les Russes avant les jihadistes — la France s&rsquo;expose à une accusation lourde : celle d&rsquo;avoir, au nom du pragmatisme géopolitique, contribué à l&rsquo;expansion territoriale et logistique d&rsquo;une organisation affiliée à Al-Qaïda, dans l&rsquo;une des régions jugées les plus instables du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La froide réalité du terrain a parfois ses propres règles. Elle a rarement ses propres garde-fous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mobilisation patriotique : le peuple malien uni derrière ses forces armées</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 May 2026 21:44:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Des milliers de Maliens se sont réunis au Stade Mamadou Konaté de Bamako pour afficher leur soutien aux Forces armées maliennes et réaffirmer l’unité nationale après les attaques du 25 avril 2026.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Un grand rassemblement patriotique s’est tenu ce samedi 9 mai au Stade Mamadou Konaté de Bamako pour soutenir les Forces armées maliennes et les autorités de la Transition. L’événement, présidé par le Général de brigade Issa Ousmane Coulibaly, ministre de l’Administration territoriale et porte-parole du Gouvernement, a marqué un moment fort d’unité nationale. Le peuple malien s’est mobilisé pour réaffirmer sa solidarité et sa confiance envers ses institutions.&nbsp;&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux défis sécuritaires qui secouent le pays, un mouvement de solidarité inédit s’est étendu à travers toutes les régions. L’appel à l’unité lancé à Bamako a trouvé un écho puissant dans les villes et villages du Mali. Ce rassemblement, organisé dans un esprit de recueillement et de détermination, a témoigné d’une volonté commune de résister à la peur et de défendre la stabilité nationale après les attaques du 25 avril.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une mobilisation nationale pour la souveraineté malienne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces attaques, qui ont visé plusieurs positions stratégiques, ont coûté la vie au ministre de la Défense et des Anciens combattants, le Général d’armée Sadio Camara. Malgré cette perte douloureuse, le peuple est resté debout. «&nbsp;<em>Nous ne céderons pas à la peur</em>&nbsp;», ont affirmé les participants. L’événement a servi de catalyseur pour renforcer le lien de confiance entre les citoyens et leurs défenseurs, dans un esprit de résilience et de courage collectif.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le stade était plein à craquer, animé par la présence massive des jeunes et des femmes. La cérémonie a débuté par l’exécution de l’hymne national, en présence de plusieurs ministres et invités de marque. Le griot Bourama Soumano a ouvert les interventions en exaltant la grandeur du pays et de ses dirigeants, rappelant que «&nbsp;<em>la victoire est au bout de l’effort et ensemble, nous vaincrons&nbsp;</em>», avant de ponctuer son discours d’un intermède musical.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les jeunes et les femmes en première ligne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, Ibrahim Cissé, président du Conseil National des Jeunes du Mali, a salué la mobilisation citoyenne observée sur tout le territoire. Revenant sur les événements du 25 avril, il a insisté sur le fait que «&nbsp;<em>l’unité malienne est la meilleure réponse face au terrorisme</em>&nbsp;». Il a encouragé un volontarisme accru dans le recrutement au sein des Forces de défense et exhorté les populations à collaborer étroitement avec les FAMa par le partage d’informations.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mme Kouyaté Goundo Sissoko, représentante de la CAFO, a pris la parole pour exprimer la solidarité des femmes. Elle a déploré les attaques coordonnées et appelé à la résilience. «&nbsp;<em>Nous sommes tous des militaires&nbsp;</em>», a-t-elle déclaré, exhortant chaque Malien à ne pas céder à la peur, car c’est ce que recherchent les terroristes. Elle a invité à la vigilance, à la concorde et au don de soi pour préserver la paix et la stabilité.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les leaders communautaires appellent à la responsabilité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Coordinateur des Chefs de quartiers, Seydou Sangaré, a prié pour le repos des âmes des disparus tout en réaffirmant la souveraineté du Mali au sein de l’Alliance des États du Sahel. Il a salué le leadership du Général d’armée Assimi Goïta et mis en garde contre la mauvaise utilisation des réseaux sociaux. «&nbsp;<em>Les médias doivent diffuser une information responsable</em>&nbsp;», a-t-il insisté, appelant à la prudence et à la cohésion nationale.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le discours du Général de brigade Issa Ousmane Coulibaly a constitué le point culminant de la journée. Le ministre a souligné qu’à travers cette épreuve difficile, «&nbsp;<em>le Mali reste uni et souverain</em>&nbsp;». Il a dénoncé les attaques du 25 avril, qualifiées de lâches, et félicité le peuple pour sa dignité et son courage. Transmettant les salutations du Président de la Transition, Assimi Goïta, et du Premier ministre Abdoulaye Maïga, il a rendu hommage à la résilience des Maliens.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Fidélité et engagement du peuple malien</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux campagnes de désinformation venues de l’extérieur, le ministre a opposé la vérité et la solidarité. Il a affirmé que «&nbsp;<em>le Mali n’acceptera jamais que son destin soit écrit par d’autres que les Maliens eux-mêmes</em>&nbsp;». Avec émotion, il a ajouté : «&nbsp;<em>Nous ne pleurons pas nos héros, nous les célébrons</em>&nbsp;», rappelant que leur sacrifice oblige la nation pour l’éternité. Il a appelé à un soutien indéfectible envers ceux qui défendent le pays.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, le Général Coulibaly a souligné que lorsque «&nbsp;<em>le Mali se lève comme un seul homme, c’est toute l’Afrique qui l’observe avec fierté&nbsp;</em>». Cette journée de mobilisation patriotique restera gravée dans la mémoire collective comme un symbole d’unité, de courage et de fidélité à la nation. Le peuple malien, uni derrière ses forces armées, a réaffirmé son engagement à défendre la patrie et à préserver la souveraineté nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Obsèques nationales : le Mali rend hommage à un pilier de sa stratégie sécuritaire </title>
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		<pubDate>Thu, 30 Apr 2026 15:10:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le Mali rend hommage, à travers des obsèques nationales, au général Sadio Camara, mort lors des attaques du 25 avril 2026.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Il y a des morts qui dépassent le deuil. Celle du Général d’armée Sadio Camara appartient à cette catégorie rare où la disparition d’un homme devient un moment politique, presque un tournant historique. Le 30 avril 2026, sur la place d’armes du génie militaire de Bamako, la République malienne n’a pas seulement enterré un ministre de la Défense tombé sous les balles terroristes. </em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cérémonial militaire, tout était là : la marche funèbre, le drapeau national, la sonnerie aux morts, les hommages officiels. Mais derrière le protocole, une autre réalité affleurait : celle d’un pays en guerre contre une menace diffuse, persistante, et profondément politique. Car Sadio Camara n’était pas qu’un soldat. Il était l’un des visages les plus assumés de la refondation sécuritaire engagée par les autorités de transition.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un parcours marqué d’engagement&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sa trajectoire, longuement rappelée dans les témoignages de ses compagnons d’armes, dessine le portrait d’un officier forgé dans les fractures du Mali contemporain. Formé à l’École militaire interarmes de Koulikoro, passé par plusieurs théâtres d’opérations, il appartient à cette génération marquée au fer rouge par l’effondrement de 2012. Une génération qui a fait de la souveraineté non pas un slogan, mais une obsession.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’écouter — ou plutôt à écouter ceux qui l’ont connu —, une constante revient : la rigueur. Une discipline presque austère, mêlée à une forme d’humilité qui contraste avec le poids des responsabilités qu’il a assumées. Refus de privilèges, engagement personnel, proximité avec ses hommes. Autant d’éléments qui nourrissent aujourd’hui une figure quasi mythifiée.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Mais il serait trop simple d’en faire un héros sans contradictions. Car l’homme s’inscrivait dans une dynamique politique contestée, celle d’une transition militaire confrontée à des défis immenses : insécurité chronique, recomposition des alliances internationales, tensions régionales. En incarnant la montée en puissance des Forces armées maliennes, Sadio Camara portait aussi les espoirs — et les risques — d’une stratégie centrée sur la réponse sécuritaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le serment collectif de continuer le combat</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sa mort, survenue lors des “<em>attaques complexes, simultanées et coordonnées</em>” du 25 avril, agit dès lors un révélateur. Révélateur des complots persistants contre le Mali. Révélateur aussi de l’appui des sponsors internes et externes aux groupes armés terroristes qui ne souhaitent point l’unité et la paix pour la construction du Mali actuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les discours prononcés lors des obsèques ont d’ailleurs dépassé la simple évocation du souvenir. Ils ont pris des allures de serment collectif. Continuer le combat. Ne pas céder. Transformer la perte en énergie politique. Ce glissement du deuil vers la mobilisation est révélateur d’un pays qui refuse de se penser en victime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les témoignages, une image revient avec insistance : celle d’un homme qui «&nbsp;<em>appartenait à tous</em>&nbsp;». À l’armée, bien sûr. Mais aussi à la nation. Et, au-delà, à une certaine idée du Sahel en résistance. La présence de délégations étrangères, notamment du Burkina Faso et du Niger, rappelle que cette guerre dépasse les frontières maliennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste une question, essentielle : que fait une nation de ses morts ? Elle peut les pleurer, les honorer, les oublier. Ou les transformer en repères. À entendre les promesses faites au général défunt — poursuivre son œuvre, prolonger son engagement, incarner ses valeurs —, le Mali a choisi la dernière option.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le général est tombé «&nbsp;<em>les armes à la main</em>&nbsp;»</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais transformer un homme en symbole est toujours un exercice risqué. Car le symbole simplifie. Il gomme les nuances, efface les débats, fige une trajectoire dans une narration univoque. Le défi sera donc de préserver ce que Sadio Camara représentait sans enfermer son héritage dans une lecture unique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fond, cette disparition renvoie le Mali à lui-même. À ses fractures, à ses ambitions, à ses choix stratégiques. Elle rappelle que la souveraineté a un coût, souvent humain. Et que derrière chaque discours martial se trouvent des trajectoires individuelles, des vies interrompues, des familles endeuillées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le général est tombé «&nbsp;<em>les armes à la main</em>&nbsp;», répète-t-on. Formule classique, presque attendue. Mais dans le contexte malien, elle prend une dimension particulière : celle d’un État qui se construit — ou se reconstruit — dans l’épreuve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les grands hommes ne meurent pas, dit-on. Peut-être. Mais les nations, elles, doivent continuer à vivre avec leur absence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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