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	<title>Archives des Assimi Goïta &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Résultats DEF 2026 : comment le Mali a redressé son système éducatif en cinq ans</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jun 2026 09:36:47 +0000</pubDate>
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<p>Les résultats du DEF 2026 au Mali affichent un taux de réussite de 65,40 %, contre 53,02 % en 2025. Une progression qui illustre les effets de la réforme éducative et de la lutte contre la fraude engagées depuis 2021.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Proclamés vendredi 19 juin, les résultats du Diplôme d&rsquo;études fondamentales marquent un tournant dans la politique éducative de la Transition. Après des années de réforme douloureuse, le système scolaire malien trouve enfin son rythme.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Vendredi 19 juin 2026, 15 heures. Sur toute l&rsquo;étendue du territoire national, les directeurs d&rsquo;académie d&rsquo;enseignement proclament les résultats du Diplôme d&rsquo;études fondamentales (DEF), session de juin 2026. Le chiffre tombe, net, incontestable : <a href="https://cnecemali.com/?page_id=12183" target="_blank" rel="noreferrer noopener">65,40 %.</a> Sur les 333 336 candidats ayant pris part aux épreuves, 204 609 sont déclarés admis. En un an, le taux de réussite national a bondi de 12,38 points — il était de 53,02 % en 2025. C&rsquo;est la meilleure session depuis le début de la Transition, et la confirmation statistique d&rsquo;une politique éducative qui, après avoir traversé ses heures les plus sombres, commence à produire des résultats tangibles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Du creux à la remontée : cinq ans d&rsquo;une courbe sinueuse</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre ce que représente ce 65,40 %, il faut relire l&rsquo;histoire récente du DEF malien — celle d&rsquo;un système éducatif passé par le feu d&rsquo;une réforme exigeante avant d&rsquo;en récolter les bénéfices.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2021, dernière session avant que la Transition ne structure sa politique anti-fraude, <a href="https://www.studiotamani.org/28104-def-2021-pres-de-70-de-taux-de-reussite-national" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le taux de réussite atteignait 68,67 %</a>. Un chiffre flatteur, mais largement artificiellement gonflé par des décennies de tolérance pour les fuites de sujets, la fraude organisée et la complaisance dans la correction. Les examens maliens s&rsquo;étaient tristement illustrés par une tradition de tricherie institutionnalisée, où des sujets circulaient avant le jour J, où des correcteurs fermaient les yeux, où le niveau réel des élèves était masqué derrière des résultats enjolivés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de 2022, les autorités de la Transition ont décidé de rompre avec ce système. La rupture fut brutale — et les chiffres le montrent sans équivoque. Cette année-là, le <a href="https://saheltribune.com/resultats-def-2022-100-374-admis-sur-209-705-candidats-presentes/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">taux s&rsquo;est effondré à 47,86 %</a>, soit une chute de plus de vingt points. Puis en 2023, le creux fut atteint : <a href="https://amap.ml/mali-un-taux-national-dadmission-de-3032-au-diplome-detudes-fondamentales/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">30,32 % seulement</a>, sur 245 288 candidats présentés. Un taux qui avait semé l&rsquo;inquiétude chez les parents, alimenté les critiques des opposants à la Transition, et posé la question, légitime, de l&rsquo;efficacité d&rsquo;une réforme qui semblait punir les élèves pour les fautes du système.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais c&rsquo;était méconnaître la logique de la rupture. Ce n&rsquo;était pas l&rsquo;élève malien qui était en échec. C&rsquo;était la fraude que l&rsquo;on mettait à mort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://saheltribune.com/def-2024-liste-des-admis/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">remontée commença en 2024</a>, avec 44,46 %, puis s&rsquo;accentua <a href="https://cnecemali.com/?page_id=11335" target="_blank" rel="noreferrer noopener">en 2025 avec 53,02 %</a>. Et aujourd&rsquo;hui, en 2026, le taux de 65,40 % dit quelque chose d&rsquo;essentiel : le système scolaire malien, purgé de ses artifices les plus grossiers, est en train de reconstruire une performance réelle, fondée sur le travail effectif des élèves, l&rsquo;encadrement des enseignants et l&rsquo;intégrité des épreuves.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une organisation exemplaire dans un contexte difficile</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui rend ce résultat d&rsquo;autant plus remarquable, c&rsquo;est le contexte dans lequel il a été obtenu. Le DEF 2026 s&rsquo;est tenu dans un pays dont une partie du territoire reste sous pression sécuritaire, où les syndicats d&rsquo;enseignants avaient brandi la menace d&rsquo;une grève pour obtenir la revalorisation de leurs conditions salariales, et où l&rsquo;organisation logistique d&rsquo;un examen national représente un défi considérable pour un État dont les ressources restent contraintes par cinq années de sanctions et de réorientation budgétaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les épreuves sportives et physiques se sont déroulées du 11 au 23 mai sur l&rsquo;ensemble du territoire national, suivies des compositions écrites qui ont débuté le lundi 1<sup>er</sup>&nbsp;juin pour prendre fin le mercredi 3 juin 2026. Un calendrier tenu, malgré les obstacles. Les résultats, eux, ont été proclamés le vendredi 19 juin, à partir de 15 heures sur toute l&rsquo;étendue du territoire national, les candidats étant invités à consulter leurs résultats sur la plateforme du Centre national des examens et concours de l&rsquo;éducation (CNECE) — une innovation numérique qui évite aux familles des déplacements parfois longs et coûteux vers les centres d&rsquo;affichage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La digitalisation des résultats est un détail qui mérite attention. Elle s&rsquo;inscrit dans une logique plus large de modernisation administrative que les autorités de la Transition ont portée dans plusieurs secteurs, et dont le secteur éducatif bénéficie désormais concrètement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La lutte contre la fraude comme pilier de la réforme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La caractéristique la plus déterminante de la politique éducative de la Transition depuis 2021 reste la lutte systématique contre la fraude aux examens. Pendant des décennies, les fuites de sujets au DEF étaient une quasi-tradition au Mali — un secret de polichinelle qui faussait les résultats, démoralisait les élèves honnêtes et nourrissait une culture du raccourci incompatible avec la formation d&rsquo;une génération compétente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tenue des épreuves du DEF 2022 avait été largement saluée pour son bon déroulement, sans fuite de sujets dans l&rsquo;ensemble — ce qui était qualifié d&rsquo;exception en matière d&rsquo;examens dans le pays, pour la simple raison que cela faisait plusieurs années que cet examen se passait dans des conditions qui laissaient à désirer. Ce constat de 2022 est encore plus vrai aujourd&rsquo;hui. Quatre ans après le début de cette politique de rigueur, elle est devenue la norme — et les résultats commencent à lui donner raison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre de l&rsquo;Éducation nationale et les services centraux de son département, notamment la Direction du Centre national de Concours et des Examens de l&rsquo;Éducation, ont fait preuve d&rsquo;une grande rigueur dans la traduction de la volonté des plus hautes autorités du pays, dont les maîtres mots restent la lutte contre la fraude sous toutes ses formes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que la courbe des résultats depuis 2021 raconte, en réalité, c&rsquo;est le récit classique de toute réforme sérieuse : une phase de rupture douloureuse, un creux de transition, puis une remontée progressive fondée sur des bases assainies. Le taux de 30,32 % de 2023 n&rsquo;était pas le signe d&rsquo;un système éducatif en faillite — c&rsquo;était celui d&rsquo;un système en désintoxication.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>204 609 nouveaux diplômés : un capital humain pour le futur</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des pourcentages, ce sont 204 609 jeunes Maliens — garçons et filles — qui franchissent ce vendredi 19 juin 2026 le premier grand seuil de leur vie académique. Le DEF n&rsquo;est pas un aboutissement ; il est un accès. Celui vers l&rsquo;enseignement secondaire général, technique et professionnel — vers les lycées, les centres de formation, les filières qui forgeront demain les techniciens, les professeurs, les médecins et les entrepreneurs dont le Mali a un besoin impérieux pour construire son développement dans les conditions de souveraineté que ses autorités lui ont fixées comme horizon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les cours des familles de Bamako, de Sikasso, de Mopti ou de Tombouctou, ces résultats ont été reçus vendredi avec des cris de joie, des prières de gratitude, des larmes — celles des mères surtout, qui ont su ce que coûte chaque bulletin de notes, chaque uniforme acheté à crédit, chaque nuit passée à veiller sur un enfant qui révise à la lueur d&rsquo;une lampe.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que les chiffres ne disent pas encore</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait inexact, cependant, de lire ces résultats comme une victoire totale. Le Mali reste l&rsquo;un des pays au monde où le taux d&rsquo;alphabétisation et d&rsquo;achèvement scolaire sont parmi les plus fragiles. Le maintien des filles à l&rsquo;école dans les zones rurales demeure un défi structurel. Les zones de conflit au centre et au nord du pays limitent encore l&rsquo;accès de milliers d&rsquo;enfants à une scolarité normale. Et si la lutte contre la fraude a produit des résultats encourageants, la qualité pédagogique — la formation des enseignants, les programmes scolaires, l&rsquo;accès aux manuels — reste un chantier ouvert.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le taux de 65,40 % de 2026 est un point de départ encourageant. Il ne sera significatif que si la tendance se confirme et si les 204 609 nouveaux diplômés trouvent, dans le secondaire et au-delà, un système capable de les porter jusqu&rsquo;au bout de leur potentiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais pour l&rsquo;heure, ce vendredi 19 juin, le Mali a le droit de prendre acte d&rsquo;un progrès réel. Cinq ans après avoir décidé de regarder son école en face, d&rsquo;en accepter les failles et d&rsquo;en exiger la rigueur, les chiffres commencent à rendre justice à l&rsquo;effort.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>L’Alliance des États du Sahel construit son marché intérieur et affirme sa souveraineté économique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Réunis à Ouagadougou, les ministres du Commerce du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont accéléré la construction du marché intérieur de l’AES. Préférence nationale, industrialisation, autosuffisance alimentaire et investissements africains sont au cœur de la stratégie.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réunis à Ouagadougou les 14 et 15 juin 2026 pour leur quatrième session de travail, les ministres du Commerce du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont présenté leur bilan au capitaine Ibrahim Traoré, président de la Confédération. Préférence nationale, autosuffisance alimentaire, lutte contre la fraude : le projet économique de l&rsquo;AES prend forme — sans attendre Paris ni Abuja.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En prenant leur distance avec la Communauté économique des États de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest (CEDEAO) en janvier 2025, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont pris un risque considérable : celui de se retrouver économiquement isolés dans une sous-région dont ils dépendent pour leurs approvisionnements et leurs débouchés commerciaux. Dix-huit mois plus tard, la réponse des trois pays à ce défi prend corps à Ouagadougou, où s’est tenu leur quatrième réunion des ministres en charge de l&rsquo;Industrie et du Commerce.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lundi matin, la délégation conduite par le ministre burkinabè Serge Gnaniodem Poda a été reçue en audience par le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso et président en exercice de la Confédération des États du Sahel. Le ministre malien du Commerce, Moussa Alassane Diallo, porte-parole de la délégation, a présenté au chef de l&rsquo;État burkinabè le bilan des actions menées depuis l&rsquo;entrée en vigueur du Traité instituant l&rsquo;AES, ainsi que l&rsquo;état d&rsquo;avancement des orientations stratégiques définies par les trois chefs d&rsquo;État.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un projet économique structuré autour de la souveraineté</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le programme de travail que les ministres ont soumis au capitaine Traoré donne la mesure de l&rsquo;ambition économique de la Confédération. Il s&rsquo;organise autour de quatre axes : la lutte contre la fraude et la contrefaçon, la facilitation des échanges internes à l&rsquo;AES, l&rsquo;attractivité des investissements — en priorité les investissements africains —, et la transformation des productions agricoles locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La formule du ministre malien résume la philosophie du projet : «&nbsp;<em>Produire, transformer, consommer pour répondre aux besoins fondamentaux de nos populations.</em>&nbsp;» Cette trilogie — production locale, transformation industrielle, consommation intérieure — est directement inspirée du modèle de substitution aux importations que plusieurs économistes africains réclament depuis les années 1980 sans jamais l&rsquo;avoir vu appliqué à cette échelle dans la sous-région.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Notre mission centrale est de bâtir un socle industriel solide, améliorer le climat des affaires et renforcer la compétitivité du secteur privé. »</em>, a déclaré Moussa Alassane Diallo, ministre malien de l&rsquo;Industrie et du Commerce.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La préférence nationale : un protectionnisme assumé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les recommandations portées par le ministre malien Diallo, l&rsquo;une mérite une attention particulière pour ce qu&rsquo;elle dit du tournant économique en cours dans l&rsquo;espace AES : l&rsquo;affirmation d&rsquo;une «&nbsp;<em>préférence nationale plus forte dans les marchés publics</em>&nbsp;». En clair, la priorité donnée aux entreprises des trois pays pour l&rsquo;attribution des contrats publics — une forme de protectionnisme que les cadres institutionnels de la CEDEAO et les accords de partenariat économique avec l&rsquo;Union européenne rendaient jusqu&rsquo;ici difficile à appliquer formellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette orientation s&rsquo;inscrit dans un contexte de renégociation en profondeur des règles du jeu économique régional. En quittant la CEDEAO, les trois pays ont également remis en cause les engagements de libre-échange qui contraignaient leurs politiques industrielles. Ils récupèrent ainsi une marge de manœuvre en matière de politique commerciale que les pays membres de blocs régionaux avaient progressivement cédée à des instances supranationales. Que cette marge soit utilisée à bon escient pour développer des filières compétitives — plutôt que de protéger des rentes — sera le vrai test de la cohérence économique de la Confédération.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le secteur privé au cœur du dispositif</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui distingue cette quatrième session des précédentes est la place accordée aux acteurs du secteur privé. La délégation malienne comprenait des représentants de la Chambre de Commerce et d&rsquo;Industrie du Mali, du Conseil National du Patronat, de l&rsquo;Office des Produits Agricoles du Mali (OPAM) et de l&rsquo;Agence pour la Promotion des Investissements (API-Mali). Cette inclusion illustre la volonté de ne pas faire de l&rsquo;AES un projet exclusivement intergouvernemental mais d&rsquo;y associer les entreprises qui devront in fine incarner le projet industriel commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le défi est immense. Les trois pays de l&rsquo;AES comptent environ 75 millions d&rsquo;habitants et un PIB combiné d&rsquo;environ 50 milliards de dollars — soit moins que celui du seul Nigeria. Leurs économies sont fortement dépendantes des exportations de matières premières — or et lithium pour le Mali, or et coton pour le Burkina Faso, uranium et pétrole pour le Niger — et peu diversifiées sur le plan industriel. Construire un «&nbsp;<em>socle industriel solide</em>&nbsp;», comme le formule le ministre malien, dans ce contexte et sans les relations commerciales préférentielles de la CEDEAO, est un pari qui demandera du temps et des investissements massifs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que le capitaine Traoré a dit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En recevant les ministres, le capitaine Ibrahim Traoré n&rsquo;a pas seulement validé leur bilan. Il a fixé le cap. Selon le ministre malien, le président burkinabè et président de la Confédération a appelé à «&nbsp;<em>des réponses structurelles, rapides et pragmatiques</em>&nbsp;» pour trois objectifs concrets : renforcer les petites et moyennes industries, stimuler l&rsquo;investissement interne et garantir l&rsquo;autosuffisance alimentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;insistance sur l&rsquo;autosuffisance alimentaire est politiquement significative. Dans les trois pays, la question de la souveraineté alimentaire est à la fois une priorité économique — les importations alimentaires représentent une fraction importante de la facture extérieure — et un enjeu de sécurité nationale dans des régions où des millions de personnes sont en situation de vulnérabilité alimentaire. Que le chef de la Confédération la place en tête de ses priorités dit quelque chose sur la conception du développement qui guide le projet AES.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Paris, qui a vu trois de ses anciennes colonies sahéliennes quitter la CEDEAO et expulser ses soldats en moins de quatre ans, cette réunion de Ouagadougou est un signal supplémentaire de la profondeur du tournant en cours. Le projet économique de l&rsquo;AES dessinerait un espace intégré de 75 millions d&rsquo;habitants qui aurait délibérément choisi de s&rsquo;organiser en dehors des cadres régionaux et bilatéraux que la France avait contribué à bâtir depuis les indépendances.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : « Maaya ni Danbé », les nouveaux programmes scolaires pour transmettre les valeurs nationales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 07:16:28 +0000</pubDate>
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<p>Le Mali lance les curricula « Maaya ni Danbé » afin d’intégrer les valeurs d’humanité, de dignité et de citoyenneté dans l’enseignement. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Mali vient de franchir une étape dans sa politique d&rsquo;ancrage culturel à l&rsquo;école. Ce lundi 15 juin, un comité d&rsquo;experts a remis officiellement aux ministres de la Culture et de l&rsquo;Enseignement supérieur les curricula « Maaya ni Danbé » — « Humanité et Dignité » —, un programme destiné à intégrer les valeurs sociétales maliennes dans le système éducatif national.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un pays où la cohésion sociale et l&rsquo;identité culturelle sont devenues des enjeux politiques majeurs depuis l&rsquo;arrivée de la Transition au pouvoir, l&rsquo;éducation s&rsquo;impose comme un terrain de reconquête symbolique. Ce lundi 15 juin 2026, la remise officielle des curricula «&nbsp;<em>Maaya ni Danbé</em>&nbsp;» aux ministres Mamou Daffé, en charge de la Culture, et Pr. Boureima Kansaye, responsable de l&rsquo;Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, concrétise une démarche engagée sur instruction directe du général Assimi Goïta, Président de la Transition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces curricula — le terme désigne des programmes pédagogiques structurés — ont été élaborés par un comité pluridisciplinaire d&rsquo;experts issus des deux départements ministériels concernés. Leur mission : traduire en contenus pédagogiques transmissibles les valeurs fondamentales que les autorités maliennes souhaitent voir intégrées dans la formation des enfants et des jeunes, de l&rsquo;école primaire à l&rsquo;enseignement supérieur. L&rsquo;objectif affiché est de former des citoyens «&nbsp;<em>responsables, engagés et profondément enracinés dans leur identité culturelle</em>&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Humanité et dignité : deux mots, un projet politique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Maaya ni Danbé</em>&nbsp;» — en bambara, langue véhiculaire du Mali — se traduit littéralement par «&nbsp;<em>Humanité et Dignité</em>&nbsp;». Deux termes qui ne sont pas choisis au hasard dans le contexte malien actuel. Le «&nbsp;<em>Maaya</em>&nbsp;» renvoie à un concept philosophique profond dans les sociétés mandingues : la qualité d&rsquo;être humain dans ses dimensions relationnelles, morales et sociales, l&rsquo;art de vivre ensemble dans le respect réciproque. Le «&nbsp;<em>Danbé</em>&nbsp;», lui, est la dignité personnelle et collective — cette notion d&rsquo;honneur qui structure les relations sociales dans de nombreuses communautés maliennes et qui est invoquée comme rempart contre la délinquance, la violence et le déracinement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En choisissant ces deux notions comme boussole pédagogique, les autorités maliennes envoient un signal : l&rsquo;école doit renouer avec les ressources morales endogènes de la société, sans nécessairement se limiter aux seuls héritages de l&rsquo;école coloniale française. C&rsquo;est une ambition de «&nbsp;<em>décolonisation des esprits</em>&nbsp;» par l&rsquo;intérieur du système éducatif lui-même, une formule qui fait écho à un courant de pensée pédagogique africaine qui a longtemps peiné à trouver des débouchés institutionnels concrets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces curricula constituent un levier important pour la transmission des valeurs sociétales aux jeunes générations<em>,&nbsp;</em>explique Mamou Daffé<em>.&nbsp;</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Culture et enseignement supérieur : un tandem inédit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est notable dans la conception de ce programme, c&rsquo;est le mariage institutionnel qu&rsquo;il incarne. Associer le ministère de la Culture à celui de l&rsquo;Enseignement supérieur dans la co-production de contenus pédagogiques est une démarche relativement inédite en Afrique de l&rsquo;Ouest, où les deux secteurs fonctionnent généralement en silos étanches. L&rsquo;idée sous-jacente est que la transmission des valeurs ne peut pas être l&rsquo;apanage du seul système scolaire formel — elle doit irriguer l&rsquo;université, la recherche, la formation professionnelle et la vie culturelle dans son ensemble. Aussi, il convient de rappeler que cette initiative s’inscrit aussi dans le cadre de la période 2026-2026, dédiée à «&nbsp;<em>l’éducation et à la culture</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre Daffé a salué la qualité du travail accompli par les experts et s&rsquo;est engagé à accompagner la mise en œuvre effective des curricula. Reste la question centrale : comment ces programmes seront-ils déployés concrètement dans les établissements ? Quels enseignants seront formés pour les dispenser ? Quelle place leur sera réservée dans les emplois du temps déjà chargés des élèves et étudiants ? Ces questions de mise en œuvre seront déterminantes pour que le «&nbsp;<em>Maaya ni Danbé</em>&nbsp;» dépasse le stade du document officiel pour devenir une réalité pédagogique vécue.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Refondation par la culture : un axe cohérent de la transition</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette initiative s&rsquo;inscrit dans une démarche plus large portée par les autorités de la Transition depuis 2021 : la «&nbsp;<em>refondation</em>&nbsp;» du Mali par l&rsquo;éducation, la culture et la réappropriation identitaire. Dans un pays qui traverse une crise sécuritaire profonde, où les jeunes générations ont parfois été captées par des discours terroristes ou par le désenchantement migratoire, la question de l&rsquo;ancrage culturel et moral des jeunes est perçue par Bamako comme une priorité stratégique autant que pédagogique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu&rsquo;on partage ou non la vision politique de la Transition malienne, la démarche mérite d&rsquo;être prise au sérieux dans sa dimension éducative. Des pays aussi différents que Singapour, la Finlande ou le Maroc ont, chacun à leur manière, fait de la transmission de valeurs identitaires un pilier de leur système éducatif — avec des résultats qui plaident pour l&rsquo;importance de cet ancrage. L&rsquo;enjeu pour le Mali sera de ne pas réduire ces curricula à un catéchisme civique désincarné, mais d&rsquo;en faire un outil vivant, ancré dans les réalités multiculturelles d&rsquo;un pays qui compte des dizaines de langues et de traditions.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali-Mauritanie : Assimi Goïta et Ghazouani amorcent-ils un rapprochement sécuritaire ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Après plusieurs mois de crise diplomatique, le ministre mauritanien de la Défense a remis un message personnel du président Ghazouani à Assimi Goïta. Un geste qui intervient dans un contexte de lutte renforcée contre le terrorisme au Sahel et de tensions persistantes entre Bamako et Nouakchott.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ce lundi 15 juin, le ministre mauritanien de la Défense a remis à Assimi Goïta un message personnel du président Ghazouani. Un geste diplomatique qui intervient après des mois de crises sévères entre les deux capitales, dans un contexte de pression maximale contre les groupes terroristes au Sahel. Ce rapprochement est-il une réconciliation ou un répit calculé ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a moins de trois mois, les deux pays échangeaient des communiqués d&rsquo;une virulence peu commune entre voisins. Le 15 mars 2026, l&rsquo;état-major malien annonçait publiquement que deux soldats des FAMa, enlevés par des groupes terroristes, avaient réussi à s&rsquo;exfiltrer d&rsquo;un camp de réfugiés situé sur le territoire mauritanien — insinuant que le JNIM détenait des otages en Mauritanie. Nouakchott répondait avec «&nbsp;<em>stupéfaction et indignation</em>&nbsp;», qualifiant ces accusations de «&nbsp;<em>totalement infondées et profondément offensantes</em>&nbsp;». Ce lundi 15 juin 2026, c&rsquo;est le ministre mauritanien de la Défense, Hanana Ould Sidi, qui se présente à la présidence malienne, porteur d&rsquo;un message personnel du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani à son homologue de la Transition. Le contraste est saisissant. Mais entre ces deux moments, il y a eu le 25 avril.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une frontière de 2 000 kilomètres, un contentieux sans fond</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre cette visite, il faut d&rsquo;abord mesurer la profondeur du fossé qui s&rsquo;est creusé entre Bamako et Nouakchott depuis l&rsquo;arrivée au pouvoir du général d’armée Assimi Goïta. Les deux pays partagent plus de 2 000 kilomètres de frontière désertique — une ligne théorique, poreuse, que les populations traversent depuis des siècles pour commercer, faire paître leurs troupeaux et nouer des liens familiaux. C&rsquo;est aussi une ligne que les groupes armés terroristes utilisent comme couloir de transit, de repli et de ravitaillement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plusieurs années, Bamako accuse Nouakchott de tolérer, sinon de faciliter, cette utilisation de son territoire. Les autorités maliennes de la transition sont persuadées «&nbsp;<em>que la Mauritanie est une base arrière des jihadistes&nbsp;</em>», confiait à l&rsquo;AFP en avril 2026 un diplomate malien qui été en poste à Nouakchott. Les accusations portent sur plusieurs registres : la libération présumée de cadres terroristes par les autorités mauritaniennes qui auraient ensuite rejoint les réseaux du JNIM, la circulation de flux logistiques depuis le sol mauritanien vers les bases djihadistes en territoire malien, et le blanchiment du bétail volé aux éleveurs maliens par le JNIM via des circuits commerciaux mauritaniens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nouakchott, de son côté, oppose des démentis catégoriques : le camp de M&rsquo;Berra, qui accueille des dizaines de milliers de Maliens sous la supervision du HCR, fait l&rsquo;objet d&rsquo;un suivi permanent et ne saurait servir de base arrière ou de lieu de détention pour des groupes terroristes. La Mauritanie a même, en mars 2026, adopté une posture d&rsquo;offensive diplomatique en proposant d&rsquo;accueillir une commission d&rsquo;enquête malienne, ou de l&rsquo;Alliance des États du Sahel, pour répondre aux accusations de Bamako.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La crise de mars 2026 : quand l&rsquo;état-major court-circuite la diplomatie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;épisode de mars 2026 a constitué un point de rupture particulièrement aigu. C&rsquo;est l&rsquo;armée malienne qui avait publiquement porté les accusations, contournant tous les canaux diplomatiques normaux, ce qui avait suscité des interrogations sur un éventuel désaccord entre le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop et l&rsquo;état-major. Cette dissonance institutionnelle — l&rsquo;uniforme parlant plus fort que la cravate — est révélatrice des tensions internes à Bamako entre une diplomatie qui cherche à ménager les voisins et un commandement militaire qui ne cache plus sa frustration face à des frontières qu&rsquo;il juge poreuses et dangereuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tension avait cependant été rapidement désamorcée. Le ministre mauritanien des Affaires étrangères avait reçu l&rsquo;ambassadeur du Mali à Nouakchott, et les deux pays avaient affiché leur volonté de calmer le jeu. Mais quelques semaines plus tard, un autre incident venait remettre de l&rsquo;huile sur le feu : une poignée de manifestants se rassemblait devant l&rsquo;ambassade de Mauritanie à Bamako, accusant la Mauritanie de servir de «&nbsp;<em>refuge</em>&nbsp;» et de «&nbsp;<em>base logistique</em>&nbsp;» aux groupes terroristes, et appelant — propos graves — à incendier les boutiques tenues par des Mauritaniens en représailles aux actions du JNIM. Nouakchott demandait au Mali d&#8217;empêcher la répétition de tels actes. Bamako ne répondait pas officiellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« J&rsquo;ai transmis un message écrit de Son Excellence Ghazouani au Général Goïta, tout en rappelant la profondeur des relations d&rsquo;amitié, de fraternité et de solidarité qui fondent la communauté de destin de nos deux peuples frères. »,&nbsp;</em>a déclaré<em>&nbsp;</em>Hanana Ould Sidi, ministre mauritanien de la Défense, à sa sortie d’audience, le 15 juin 2026.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le 25 avril, tout change d&rsquo;échelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est dans ce contexte déjà chargé qu&rsquo;interviennent les attaques coordonnées du 25 avril 2026. Ce jour-là, le JNIM et le Front de libération de l&rsquo;Azawad frappent simultanément Bamako, Kati, Gao, Sévaré, Mopti et Kidal — une démonstration de force sans précédent dans sa simultanéité et son audace. La base de Kati, à la porte de la capitale, est visée. Et, dans cette offensive, le Mali perd l&rsquo;un de ses hommes les plus importants : le général Sadio Camara, ministre de la Défense nationale, tombe au combat à Kati. Sa mort ébranle la Transition en son cœur même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse de Bamako est immédiate et multiforme. Les autorités maliennes publient une liste de sept chefs terroristes dont les têtes sont mises à prix — jusqu&rsquo;à 2 milliards de francs CFA pour Iyad Ag Ghaly, le chef du JNIM. Des zones d&rsquo;intérêt militaire sont créées dans une trentaine de forêts classées. L&rsquo;importation des motos de gros cylindre est suspendue. Une opération d&rsquo;immatriculation nationale est lancée. Et, sur le plan diplomatique, Assimi Goïta — qui prend personnellement en main la gestion de la défense — cherche à consolider les flancs. La visite à Bamako du ministre mauritanien de la Défense, ce 15 juin, s&rsquo;inscrit dans cette logique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un message de Ghazouani : signal ou vrai tournant ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Que contient le message remis par Hanana Ould Sidi ? Ni Bamako ni Nouakchott n&rsquo;en ont divulgué le contenu. Mais le geste lui-même est porteur de sens. Le rapprochement entre Nouakchott et l&rsquo;OTAN est vu d&rsquo;un mauvais œil au Mali, qui considère avec suspicion les alliances géostratégiques de ses voisins depuis son propre rapprochement avec la Russie. Envoyer son ministre de la Défense — et non des Affaires étrangères — à Bamako est une démarche résolument sécuritaire, militaire, qui adresse un message à l&rsquo;état-major autant qu&rsquo;à la présidence. C&rsquo;est dire : nous sommes conscients des enjeux, nous voulons parler d&rsquo;égal à égal sur le terrain de la défense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le général Goïta a chargé son hôte de transmettre «&nbsp;<em>ses salutations fraternelles et ses vœux de succès&nbsp;</em>» au président Ghazouani. Des mots convenus, mais dans le contexte actuel, la convenance elle-même est un message. La guerre contre le JNIM se joue aussi sur les frontières — et une frontière de 2 000 kilomètres est difficile à sécuriser sans une véritable coopération avec des voisins. Les deux pays le savent. La question est de savoir si cette visite marque le début d&rsquo;une coopération sécuritaire substantielle, ou simplement une trêve diplomatique avant le prochain incident.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Foullah D. Massé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Fanon avait raison : comment le Sahel confirme sa critique du néocolonialisme 65 ans après</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Soixante-cinq ans après Les Damnés de la Terre, les ruptures entre plusieurs États sahéliens et la France relancent le débat sur le néocolonialisme. Une analyse des thèses de Frantz Fanon à la lumière des transformations politiques du Sahel.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En 1961, Frantz Fanon écrivait que les indépendances africaines seraient confisquées par des bourgeoisies nationales servant de « courroie de transmission » entre les peuples africains et le capitalisme occidental. Entre 2021 et 2025, six pays africains ont mis fin aux accords militaires qui les liaient à la France depuis leur indépendance. Cette séquence historique n&rsquo;est pas une anomalie. C&rsquo;est la confirmation, données à l&rsquo;appui, de la prophétie fanonienne.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe des penseurs qui ont le malheur d&rsquo;avoir raison trop tôt. Frantz Fanon est de ceux-là. Né en Martinique en 1925, mort en 1961 à 36 ans d&rsquo;une leucémie foudroyante, il n&rsquo;a pas eu le temps de voir ses prophéties se réaliser. Mais en 2026, soixante-cinq ans après la publication des <em><a href="https://amzn.to/3QhEPga" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Damnés de la Terre</a></em>, la chronologie sahélienne offre la démonstration empirique la plus éclatante de la pertinence de son analyse : en quatre ans, six pays d&rsquo;Afrique subsaharienne ont mis fin aux accords militaires qui les liaient à la France depuis leur indépendance. Le décolonisateur imaginé par Fanon est arrivé. Il est en treillis et tient un micro.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que Fanon avait écrit — et que personne n&rsquo;avait vraiment lu</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le malentendu sur Fanon est vieux comme sa réception. On l&rsquo;a réduit à un théoricien de la violence — parce que Jean-Paul Sartre l&rsquo;a dit dans sa préface aux&nbsp;<em>Damnés de la Terre</em>, parce que la formule est commode et parce qu&rsquo;elle permet de ne pas lire le reste. Mais ce que Fanon dit dans ce texte est bien plus précis, bien plus structurel, et bien plus actuel que le seul éloge de la violence révolutionnaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa thèse centrale est une analyse de classe : après les indépendances, les élites africaines — ce qu&rsquo;il appelle la «&nbsp;<em>bourgeoisie nationale</em>&nbsp;» — ne rompront pas avec l&rsquo;ordre colonial. Elles s&rsquo;y substitueront. Elles prendront la place des administrateurs français, s&rsquo;installeront dans les palais gouvernementaux, signeront les mêmes accords que leurs prédécesseurs, et serviront d&rsquo;interface entre les populations africaines et le capitalisme occidental. Ce n&rsquo;est pas une décolonisation — c&rsquo;est une relève de garde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Dans la logique néocoloniale, la bourgeoisie nationale découvre sa mission historique : être la courroie de transmission entre la nation et un capitalisme camouflé. En vérité, la bourgeoisie nationale se contentera fort bien du rôle d&rsquo;agent d&rsquo;affaires de la bourgeoisie occidentale. »</em>, écrit Frantz Fanon dans&nbsp;<em>Les Damnés de la Terre</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette analyse, formulée en 1961, décrit avec une précision troublante ce que la recherche en science politique a documenté depuis sous le nom de «&nbsp;<em>Françafrique</em>&nbsp;» — ce réseau de relations entre les élites politiques françaises et africaines qui a permis à Paris de maintenir une influence déterminante sur ses anciennes colonies pendant plus de six décennies, bien après les indépendances formelles de 1960.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La Françafrique en chiffres : ce que Fanon n&rsquo;avait pas besoin d&rsquo;inventer</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%25C3%25A7afrique&amp;ved=2ahUKEwjQ77H1yYeVAxWidqQEHQGEBr4QFnoECB8QAQ&amp;usg=AOvVaw1V9JR6pusXARHW9ks8Iis_" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Françafrique</a> n&rsquo;est pas une théorie complotiste. C&rsquo;est un système documenté, qui repose sur trois piliers que les historiens et les journalistes d&rsquo;investigation ont largement décrits. Le premier est militaire : depuis les indépendances, la France a maintenu des bases permanentes et signé des accords de défense avec la quasi-totalité de ses anciennes colonies, lui permettant d&rsquo;intervenir militairement — de <a href="https://www.lefigaro.fr/histoire/il-y-a-40-ans-la-france-declenchait-l-operation-manta-au-tchad-20230809" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;opération Manta au Tchad en 1983</a> à <a href="https://www.irsem.fr/storage/file_manager_files/2025/03/infoveilles-25-mali-serval.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;opération Serval au Mali en 2013</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2014, l&rsquo;opération Barkhane déploie plus de 5 100 soldats français dans cinq pays sahéliens — Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie, Niger — pour combattre les groupes terroristes. Cette présence est présentée à Paris comme un acte de solidarité et un service rendu. Elle est vécue par une partie croissante des populations concernées comme une continuation de la tutelle coloniale par d&rsquo;autres moyens : des soldats étrangers qui opèrent sur un territoire, dont les commandements prennent des décisions qui engagent la vie des populations locales, sans mandat électif et sans contrôle démocratique africain.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Sahel comme cas d&rsquo;école fanonien : la bourgeoisie nationale dépassée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui s&rsquo;est produit au Mali en août 2020, au Burkina Faso en janvier et septembre 2022, au Niger en juillet 2023, n&rsquo;est pas — comme on l&rsquo;a souvent présenté dans les médias européens — simplement des coups d&rsquo;État militaires parmi d&rsquo;autres. C&rsquo;est la rupture de la classe politique civile qui avait jusqu&rsquo;alors assumé le rôle que Fanon avait assigné à la bourgeoisie nationale : gérer l&rsquo;interface avec l&rsquo;ancienne puissance coloniale, maintenir les accords de défense, accueillir les bases, laisser les sociétés françaises exploiter les ressources.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les gouvernements d&rsquo;Ibrahim Boubacar Keïta au Mali, de Roch Marc Christian Kaboré au Burkina Faso, de Mohamed Bazoum au Niger avaient tous maintenu les accords militaires avec Paris, accepté la présence de Barkhane, travaillé dans le cadre institutionnel hérité de la décolonisation française. Ils ont tous été renversés par des officiers militaires qui ont immédiatement annoncé une rupture avec ce cadre. Que l&rsquo;on approuve ou non les méthodes — et la question de la légitimité démocratique des régime militaires est réelle et sérieuse —, la logique fanonienne est là : la bourgeoisie nationale de service s&rsquo;est effondrée sous la pression des populations qui refusaient ce qu&rsquo;elle représentait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fanon écrivait que la décolonisation réelle ne serait pas un transfert de pouvoirs entre élites — mais une rupture. Le Sahel a produit des ruptures. La question est de savoir si elles tiennent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La thèse du néocolonialisme : ce que les données disent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;accusation de néocolonialisme est souvent rejetée en France comme un anachronisme ou une manipulation. Les données économiques et institutionnelles permettent de l&rsquo;examiner sans passion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le franc CFA — créé en 1945 comme «&nbsp;<em>franc des colonies françaises d&rsquo;Afrique</em>&nbsp;», rebaptisé «&nbsp;<em>franc de la Communauté financière africaine</em>&nbsp;» après les indépendances — a longtemps lié quatorze pays africains à la France par un mécanisme monétaire qui imposait la centralisation de 50 % des réserves de change auprès du Trésor français (ramené à 20 % en 2019). En échange, la convertibilité de la monnaie était garantie par Paris. Ce système, dont les économistes débattent encore des effets nets, a été vécu par beaucoup comme une dépendance monétaire constitutive — précisément ce que Fanon entendait par l&rsquo;absence d&rsquo;indépendance économique réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan militaire, la présence française en Afrique — entre 2013 et 2022 — s&rsquo;est traduite par le déploiement de plus de 5 000 soldats dans le cadre de Barkhane, une opération qui a duré neuf ans sans mettre fin aux insurrections terroristes. En 2021 seul, selon les données citées par Wikpédia dans l&rsquo;article sur le <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://fr.wikipedia.org/wiki/Retrait_militaire_fran%25C3%25A7ais_d%2527Afrique_de_l%2527Ouest&amp;ved=2ahUKEwjb6ZPzyoeVAxU7VqQEHc0oCugQFnoECCcQAQ&amp;usg=AOvVaw3e0pvYtkMNR2kCBlZ32Z0-" target="_blank" rel="noreferrer noopener">retrait militaire français d&rsquo;Afrique</a>, près de 6 000 personnes sont mortes de violences liées au conflit au Mali, au Burkina Faso et au Niger — pendant que Barkhane était déployée dans ces trois pays. Ce chiffre dit quelque chose sur l&rsquo;efficacité réelle de la protection offerte, et sur la légitimité de la contestation populaire qui s&rsquo;est développée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le Sénégal est un pays indépendant, c&rsquo;est un pays souverain, et la souveraineté ne s&rsquo;accommode pas de la présence de bases militaires dans un pays souverain. »</em>, expliquait Bassirou Diomaye Faye, le président de la République du Sénégal, en 2024 — cité par <a href="https://www.aa.com.tr/fr/afrique/le-pr%C3%A9sident-bassirou-diomaye-faye-plaide-pour-la-fermeture-des-bases-militaires-francaises-au-s%C3%A9n%C3%A9gal/3408388" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’Agence Anadolu</a>. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que Fanon appelle aujourd&rsquo;hui</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si Fanon vivait en 2026, que lirait-il dans la séquence sahélienne ? Il y verrait, je crois, la confirmation de son diagnostic sur la fragilité des indépendances formelles, et la réalité de la pression populaire pour une décolonisation substantielle. Il verrait aussi, avec sa lucidité habituelle, les dangers d&rsquo;une rupture qui se refermerait sur elle-même — une décolonisation capturée non plus par une bourgeoisie pro-française, mais par une caste militaire pro-russe, avec les mêmes populations qui attendent toujours l&rsquo;émancipation réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://histoirecoloniale.net/fanon-un-film-de-jean-claude-barny/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">film Fanon de Jean-Claude Barny</a>, sorti en salles le 2 avril 2025, a produit un regain d&rsquo;intérêt pour sa pensée dans les milieux intellectuels francophones. Ce regain est salutaire — à condition de ne pas se limiter à l&rsquo;hommage. Relire Fanon aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est refuser de choisir entre le néocolonialisme français et ses alternatives autoritaires. C&rsquo;est exiger davantage : des ruptures qui tiennent, des États qui respectent leurs peuples, des souverainetés qui ne soient pas des cages dorées sous d&rsquo;autres drapeaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela, Fanon l&rsquo;avait écrit aussi. Il faut relire les Damnés de la Terre jusqu&rsquo;à la dernière page.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : la Charte nationale pour la paix s’attaque aux conflits fonciers</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation du Mali place la question foncière au cœur de la stabilité nationale. Pastoralisme, terres agricoles, mines et cadastre figurent parmi les priorités pour prévenir les conflits communautaires.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Derrière la plupart des violences intercommunautaires qui ensanglantent le Mali depuis des années, il y a une terre disputée. Un champ, un pâturage, un filon d&rsquo;or. La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale affronte enfin cette réalité brutale avec une ambition à la hauteur de l&rsquo;enjeu.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, les guerres commencent souvent par une borne. Une borne plantée de travers, déplacée dans la nuit, contestée au petit matin. Un sillon de trop tracé par un paysan dans un champ que son voisin revendique depuis trois générations. Un troupeau qui pénètre dans une zone cultivée et piétine une récolte entière. Une concession minière accordée par Bamako sans que personne n&rsquo;ait consulté les habitants du village qui vivaient sur cette terre depuis des siècles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces disputes paraissent petites. Elles ne le sont pas. Elles sont la mèche d&rsquo;une poudrière. Et dans un pays où l&rsquo;État a longtemps été absent des zones reculées, où la justice formelle reste inaccessible à la majorité, où le changement climatique réduit chaque année les terres cultivables et les pâturages disponibles, cette mèche a une fâcheuse tendance à s&rsquo;enflammer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale, promulguée le 22 août 2025 par le Président de la Transition, le Général d&rsquo;Armée Assimi Goïta, a eu l&rsquo;intelligence et le courage de regarder cette réalité en face. Elle consacre des développements substantiels à la question foncière, aux ressources minérales, au pastoralisme. Elle nomme les conflits, en analyse les causes, propose des mécanismes de résolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une avancée considérable. Et elle mérite d&rsquo;être examinée avec la rigueur qu&rsquo;impose l&rsquo;ampleur du défi.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La terre, matrice de tous les conflits maliens</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre pourquoi la question foncière est si centrale dans la crise malienne, il faut d&rsquo;abord comprendre ce que représente la terre dans les sociétés sahéliennes. Elle n&rsquo;est pas seulement un bien économique. Elle est un lieu de mémoire, un lien entre les vivants et les morts, un marqueur d&rsquo;identité et de dignité. Perdre sa terre, c&rsquo;est perdre son histoire. C&rsquo;est perdre sa place dans la communauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or le Mali concentre sur son territoire plusieurs des facteurs les plus explosifs en matière foncière. Le changement climatique rétrécit chaque année les zones cultivables, poussant les éleveurs vers le sud, sur des terres que les agriculteurs considèrent comme les leurs. L&rsquo;orpaillage artisanal, en plein boom, attire des milliers de jeunes sur des sites disputés où la loi du plus fort tend à s&rsquo;imposer. L&rsquo;exploitation minière industrielle déplace des communautés entières sans que les compensations promises se matérialisent toujours. Et dans le nord et le centre du pays, des années de conflit armé ont brouillé les droits fonciers traditionnels, créant un chaos juridique que les groupes armés ont habilement exploité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte reconnaît tout cela. Elle note que «&nbsp;<em>l&rsquo;exploitation du foncier rural et urbain, forestier, minier, pastoral et de l&rsquo;eau constitue une source de conflits individuels et communautaires récurrents, parfois violents, qui impactent négativement la paix, la sécurité, la cohésion sociale et le vivre-ensemble.&nbsp;</em>» Un diagnostic sans concessions, formulé dans un texte de loi. C&rsquo;est déjà, en soi, un acte courageux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le pastoralisme, poudrière silencieuse</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les conflits fonciers qui ravagent le Mali, ceux qui opposent agriculteurs et éleveurs sont sans doute les plus meurtriers et les moins médiatisés. Dans le delta intérieur du Niger, dans le Manden, dans le Gourma, ces affrontements font des dizaines de morts chaque année, dévastent des communautés entières, et alimentent des cycles de vengeance qui se transmettent de génération en génération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la racine de ces conflits : la réduction des corridors de transhumance, ces couloirs traditionnels par lesquels les troupeaux des éleveurs peuls, touaregs ou arabes descendaient vers le sud en saison sèche. Ces corridors, reconnus par la coutume et parfois par la loi, ont été progressivement grignotés par l&rsquo;extension des cultures, la construction d&rsquo;infrastructures, l&rsquo;installation de nouvelles populations. Les éleveurs se retrouvent sans chemin pour leurs bêtes. Les agriculteurs voient leurs champs piétinés. La violence s&rsquo;installe comme seul arbitre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte propose un cadre de réponse articulé autour de plusieurs axes : «&nbsp;<em>l&rsquo;aménagement équilibré du territoire national&nbsp;</em>», «&nbsp;<em>l&rsquo;aménagement et l&rsquo;exploitation contrôlée des espaces pastoraux&nbsp;</em>», «&nbsp;<em>le renforcement des politiques publiques d&rsquo;aménagement des terres agricoles et des zones pastorales.&nbsp;</em>» Elle prévoit également «&nbsp;<em>la gestion concertée des ressources naturelles »&nbsp;</em>et le recours aux<em>&nbsp;« conventions locales pour l&rsquo;accès aux ressources naturelles.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces orientations sont justes. Elles correspondent à ce que les chercheurs, les organisations paysannes et les experts du développement rural recommandent depuis des années. Mais leur mise en œuvre supposera des investissements considérables, une volonté politique soutenue, et surtout la présence effective de l&rsquo;État dans des zones où il a longtemps été fantomatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;or qui divise : la question minière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si le pastoralisme est la poudrière silencieuse, l&rsquo;exploitation minière est la bombe à fragmentation. L&rsquo;or malien — le pays est l&rsquo;un des premiers producteurs africains — génère des revenus considérables, mais aussi des conflits d&rsquo;une intensité croissante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sites d&rsquo;orpaillage artisanal, où des dizaines de milliers de jeunes maliens cherchent fortune dans des conditions souvent périlleuses, sont devenus des zones de non-droit où se croisent trafics en tous genres, violences et tensions intercommunautaires. Les sites miniers industriels, gérés par des multinationales sous contrat avec l&rsquo;État, soulèvent des questions légitimes de partage des revenus, de compensation des communautés déplacées et de préservation de l&rsquo;environnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte aborde cette réalité avec une franchise bienvenue. Elle reconnaît que «&nbsp;<em>l&rsquo;exploitation industrielle ou artisanale de ces ressources entraîne souvent des crises sociales dont les conflits, la déperdition des valeurs, la dégradation de la santé de la population, et la déscolarisation à grande échelle.&nbsp;</em>» Et elle prescrit un ensemble de mesures : encadrement et régulation des activités minières, formation des exploitants artisanaux aux enjeux environnementaux, renforcement des mécanismes de prévention des conflits sur les sites d&rsquo;orpaillage, et surtout «&nbsp;<em>investissement des revenus tirés de l&rsquo;exploitation minière dans les secteurs sociaux et dans les infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dernière disposition est fondamentale. Elle pose un principe de justice redistributive : les richesses extraites du sous-sol malien doivent profiter aux communautés qui vivent sur ce sous-sol. Ce n&rsquo;est pas une idée nouvelle. Mais son inscription dans un texte fondamental de la République lui donne une force normative qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas jusqu&rsquo;ici.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les commissions foncières : un outil à consolider</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur du dispositif de gestion des conflits fonciers prévu par la Charte se trouvent les Commissions foncières — les COFO. Ces instances multi-acteurs, créées au début des années 2000, regroupent représentants de l&rsquo;administration, élus locaux, chefs coutumiers, organisations paysannes et éleveurs. Leur mission : prévenir et gérer les conflits liés à la terre avant toute saisine des tribunaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte leur confère une légitimité renforcée. Elle prévoit que leurs décisions, «&nbsp;<em>consignées dans un procès-verbal&nbsp;</em>», peuvent être «&nbsp;<em>homologuées par le juge</em>&nbsp;», créant ainsi un pont solide entre la justice coutumière et le droit formel. Elle insiste également sur «&nbsp;<em>le renforcement de la synergie d&rsquo;action entre les Collectivités territoriales et les Autorités et Légitimités traditionnelles dans la mise en œuvre des mécanismes endogènes de prévention, de gestion et de règlement des litiges fonciers.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le terrain, là où elles fonctionnent réellement, les COFO ont démontré leur efficacité. Dans plusieurs communes de la région de Mopti, elles ont permis de désamorcer des conflits agriculteurs-éleveurs qui auraient pu dégénérer en affrontements meurtriers. Leur force tient à leur composition : tout le monde est représenté, les décisions reflètent les réalités locales, et leur légitimité communautaire est souvent bien supérieure à celle d&rsquo;un tribunal lointain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais leur déploiement reste insuffisant. De nombreuses communes n&rsquo;ont pas de COFO opérationnelle. Celles qui existent manquent souvent de moyens, de formation et de soutien institutionnel. La Charte trace la direction. Il faudra maintenant y mettre les ressources.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le cadastre, chaînon manquant de la sécurité foncière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les mesures préconisées par la Charte, l&rsquo;une mérite une attention particulière : «&nbsp;<em>la sécurité juridique en matière foncière par l&rsquo;instauration du cadastre au niveau communal, régional et national.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, une proportion considérable des terres ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucun titre formel. Les droits fonciers reposent sur des accords oraux, des pratiques coutumières, des mémoires familiales. Robustes en temps de paix, ces arrangements deviennent sources de conflits explosifs lorsque la pression sur les terres augmente, lorsque des populations déplacées reviennent réclamer leurs biens, ou lorsque des investisseurs extérieurs arrivent avec des contrats et des bulldozers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un cadastre national fiable, accessible, régulièrement mis à jour, constituerait un instrument de paix d&rsquo;une efficacité redoutable. Il ne résoudrait pas tous les conflits fonciers, mais il en éviterait un grand nombre en clarifiant les droits de chacun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa mise en œuvre sera longue et coûteuse. Elle se heurtera aux résistances de ceux qui profitent de l&rsquo;opacité foncière actuelle. Mais son inscription dans la Charte comme objectif national constitue un engagement solennel que les autorités devront honorer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une ambition à la hauteur du défi</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La question foncière est au Mali ce que le nœud gordien était à Alexandre : un problème si complexe, si emmêlé dans l&rsquo;histoire, la culture, l&rsquo;économie et la politique, que certains désespèrent de le trancher jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités de la Transition n&rsquo;ont pas tranché le nœud. Elles ont fait quelque chose de plus sage : elles ont commencé à le dénouer, patiemment, en reconnaissant la complexité du problème, en mobilisant à la fois le droit moderne et les sagesses traditionnelles, en associant l&rsquo;État et les communautés dans une démarche partagée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale ne résoudra pas d&rsquo;un coup de baguette magique des décennies de conflits fonciers accumulés. Aucun texte ne le pourrait. Mais elle pose les fondations d&rsquo;une approche nouvelle, cohérente et ambitieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle dit aux paysans du delta intérieur, aux éleveurs du Sahel, aux orpailleurs du Wassoulou, aux communautés déplacées du nord : nous vous voyons. Nous savons que la terre est au cœur de votre vie et de vos conflits. Et nous nous engageons à construire un cadre juste pour que chacun puisse vivre de sa terre en paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une promesse considérable. Les autorités de la Transition ont maintenant la responsabilité de la tenir. L&rsquo;histoire du Mali — et la paix de ses communautés — en dépend.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Terrorisme au Sahel : le Mali déploie une stratégie globale pour couper les réseaux logistiques</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Après les attaques du 25 avril 2026, le Mali lance une vaste opération d’immatriculation des motos. Une mesure au cœur de la nouvelle stratégie sécuritaire des autorités pour lutter contre les groupes armés et renforcer le contrôle du territoire.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ce lundi 15 juin, le Mali lance une opération spéciale d&rsquo;immatriculation des deux et trois-roues sur tout le territoire. Derrière la logique administrative se cache une doctrine contre-insurrectionnelle cohérente, assumée et nécessaire. Après la mort au combat du général Sadio Camara, le 25 avril dernier, Assimi Goïta et ses équipes ont décidé de changer d&rsquo;échelle dans la guerre contre le terrorisme. La moto en est l&rsquo;un des fronts.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut avoir traversé le Centre ou le Sud du Mali à moto pour comprendre ce que ces engins représentent dans la géographie terroriste sahélienne. La moto n&rsquo;est pas seulement un moyen de transport. Elle est l&rsquo;infrastructure invisible du JNIM : rapide, discrète, facile à dissimuler, capable de se fondre dans le flot de milliers de deux-roues anonymes que personne n&rsquo;identifie, ne suit, ne contrôle. C&rsquo;est à moto que les combattants se déplacent, que les émissaires transmettent les ordres, que les attaques sont préparées et les victimes choisies. C&rsquo;est à moto que le 25 avril 2026, des groupes terroristes ont frappé de façon simulatnée et corrdonnée plusieurs grandes villes du pays, coûtant la vie au général de corps d&rsquo;armée Sadio Camara, ministre de la Défense et pilier de la Transition malienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa mort a changé quelque chose. Pas dans la détermination des autorités maliennes — celle-ci ne datait pas du 25 avril — mais dans l&rsquo;urgence perçue, dans la nécessité de frapper plus fort, plus vite, plus structurellement. Le général Assimi Goïta, qui a lui-même assumé personnellement la gestion de la défense dans les semaines suivant cette perte, a accéléré la mise en œuvre d&rsquo;une doctrine contre-insurrectionnelle dont plusieurs décisions récentes constituent les pièces d&rsquo;un même puzzle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Trois mesures, une seule logique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le puzzle en question se compose de trois pièces articulées. La première : l&rsquo;arrêté interministériel du 3 juin 2026, signé par cinq ministères, suspendant pour un an l&rsquo;importation, le transit, la commercialisation et la distribution des motocyclettes de cylindrée égale ou supérieure à 125 cm³ — les «&nbsp;<em>gros cylindres</em>&nbsp;» plébiscités par les combattants terroristes pour leur puissance et leur autonomie. Ces engins, qui peuvent couvrir des centaines de kilomètres sur des pistes sans ravitaillement, sont devenus la colonne vertébrale logistique des groupes armés dans le Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième pièce : la création, par arrêté interministériel du 3 juin 2026, de trente-cinq zones d&rsquo;intérêt militaire au sein de forêts classées, réserves naturelles et espaces protégés — parmi lesquelles les forêts de Faya, Soussan, Kangaba ou encore le Parc national de la Boucle du Baoulé. Baptisée opération «&nbsp;<em>Dougoukoloko</em>&nbsp;», cette mesure remplace le précédent dispositif «&nbsp;<em>Maliko</em>&nbsp;» de décembre 2023 et étend significativement le périmètre sous contrôle militaire, principalement dans les régions du centre, du sud et de l&rsquo;ouest du pays. Tout accès à ces zones est désormais soumis à autorisation préalable d&rsquo;une autorité militaire relevant de l&rsquo;état-major général des Armées, qui est parallèlement autorisé à y conduire des opérations contre toute cible identifiée. La logique est celle-là même qui sous-tend l&rsquo;ensemble du dispositif : priver les groupes armés du JNIM de leurs bases de repli, de leurs corridors de transit et de leurs capacités logistiques dans des espaces forestiers peu contrôlés qui constituent, dans l&rsquo;ensemble du Sahel, le terrain favori des insurgés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième pièce — la plus structurelle — entre en vigueur ce lundi 15 juin : l&rsquo;opération spéciale d&rsquo;immatriculation des motos et tricycles, lancée par le ministère des Transports et des Infrastructures sur l&rsquo;ensemble du territoire national. Vingt-huit centres répartis dans presque toutes les régions du pays ouvrent leurs portes aux propriétaires de deux et trois-roues non immatriculés, qui disposent d&rsquo;un délai pour se mettre en règle moyennant 12 000 francs CFA — tarif unique, réglable exclusivement via Tresor Pay, la plateforme électronique du Trésor public.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Identifier pour neutraliser</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La logique est simple et implacable : on ne peut pas contrôler ce qu&rsquo;on ne connaît pas. Tant que des dizaines de milliers de motos circulent sans immatriculation sur le territoire malien, elles constituent autant d&rsquo;angles morts dans le renseignement sécuritaire. Une plaque d&rsquo;immatriculation, c&rsquo;est une trace, un dossier, un propriétaire identifiable, un historique de passage aux points de contrôle. C&rsquo;est précisément ce que les groupes armés cherchent à éviter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette opération est d&rsquo;autant plus pertinente qu&rsquo;elle s&rsquo;applique à tous les engins, quel que soit leur cylindrée — y compris les petites motos utilisées par la très grande majorité des Maliens pour leurs déplacements quotidiens. Elle ne pénalise pas une catégorie d&rsquo;usagers : elle crée un registre national, une cartographie des engins en circulation. À terme, couplée aux points de contrôle et aux systèmes de surveillance, elle permettra d&rsquo;identifier rapidement tout engin non immatriculé comme une anomalie potentiellement suspecte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La moto sans plaque, c&rsquo;est le terroriste sans visage. L&rsquo;immatriculation, c&rsquo;est l&rsquo;État qui recouvre la vue.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un Etat qui reprend l&rsquo;initiative</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui frappe, dans l&rsquo;ensemble de ce dispositif, c&rsquo;est sa cohérence. On n&rsquo;est pas face à des mesures prises dans l&rsquo;urgence ou sous le coup de l&rsquo;émotion après la mort du général Camara. On est face à une doctrine structurée, déployée progressivement : interdire les gros cylindres à l&rsquo;importation, restreindre la circulation dans les zones sensibles, immatriculer l&rsquo;ensemble du parc existant. Chacune de ces mesures renforce les autres. L&rsquo;interdiction des 125 cm³ et plus réduit le potentiel opérationnel futur des groupes armés. Les zones militaires perturbent leurs déplacements actuels. L&rsquo;immatriculation donne aux forces de sécurité les moyens d&rsquo;identifier les engins suspects en temps réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paiement exclusivement numérique via Tresor Pay n&rsquo;est pas un détail anecdotique : il crée une traçabilité financière et administrative de l&rsquo;opération, prévient les détournements et les faux documents, et s&rsquo;inscrit dans la modernisation numérique de l&rsquo;État que les autorités de la Transition ont engagée depuis plusieurs années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ceux qui douteraient de l&rsquo;efficacité de telles mesures face à des groupes armés déterminés, il faut rappeler une vérité souvent négligée dans les analyses sur le Sahel : le terrorisme prospère dans le vide administratif. Là où l&rsquo;État n&rsquo;identifie pas, ne contrôle pas, ne sait pas — là le groupe armé installe sa loi. En reprenant pied dans la réalité administrative quotidienne de ses citoyens, même par un geste apparemment modeste comme l&rsquo;immatriculation d&rsquo;une moto, l&rsquo;État malien réaffirme une chose fondamentale : il existe, il voit, il agit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est à cette aune qu&rsquo;il faut mesurer l&rsquo;opération spéciale du 15 juin 2026 — non comme une simple campagne administrative, mais comme un acte de souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>PNEV au Mali : comment le Programme national d’éducation aux valeurs incarne la souveraineté culturelle africaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jun 2026 06:54:22 +0000</pubDate>
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<p>Le Programme national d’éducation aux valeurs (PNEV) du Mali entend restaurer les référentiels culturels endogènes et de renforcer la souveraineté culturelle. Analyse d’un projet au cœur de la refondation du Mali et du renouveau panafricain.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Porté par les autorités de la Transition depuis 2021, le Programme national d’éducation aux valeurs (PNEV) ambitionne de réhabiliter les référentiels culturels, historiques et moraux du Mali. Fondé sur des héritages tels que la Charte de Kurukanfuga, le Sinankunya ou le Dambé, ce projet dépasse le cadre éducatif pour s’inscrire dans une dynamique plus large de souveraineté culturelle et de renaissance panafricaine qui traverse aujourd’hui le Sahel et une partie du continent africain.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lancé en octobre 2021 à l&rsquo;initiative du général d’armée Assimi Goïta, le Programme national d&rsquo;éducation aux valeurs (PNEV) est bien plus qu&rsquo;un projet pédagogique. C&rsquo;est une déclaration d&rsquo;intention politique : celle d&rsquo;un État qui entend refonder son contrat social sur ses propres héritages normatifs, en rupture assumée avec les modèles importés. En cela, le Mali n&rsquo;est pas seul. Il s&rsquo;inscrit dans un tournant panafricain que les observateurs peinent encore à mesurer dans toute son ampleur.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un programme né d&rsquo;un diagnostic de crise civilisationnelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le PNEV part d&rsquo;un constat sombre, formulé sans détour dans le document officiel : le Mali est une société qui a perdu ses repères. Corruption généralisée, délitement de l&rsquo;autorité parentale, déperdition scolaire, incivisme endémique — la liste des maux est longue. Mais le texte va plus loin qu&rsquo;un simple inventaire des dysfonctionnements. Il en cherche les causes profondes, et les trouve, pour une part significative, dans ce qu&rsquo;il nomme «&nbsp;<em>l&rsquo;asservissement néocolonial</em>&nbsp;» et «&nbsp;<em>l&rsquo;agression de l&rsquo;imaginaire des colonisés&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce diagnostic n&rsquo;est pas anodin. Il situe la crise malienne dans une généalogie politique et culturelle qui dépasse les seules défaillances de gouvernance. Les auteurs du PNEV soutiennent que la perte des valeurs résulte d&rsquo;un processus historique de substitution : des institutions et des règles étrangères ont progressivement supplanté les organes traditionnels de régulation sociale, privant les communautés de leurs boussoles endogènes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce faisant, le PNEV rejoint un courant de pensée bien ancré sur le continent, qui postule que la bonne gouvernance ne peut se décréter par transplantation institutionnelle, mais doit s&rsquo;enraciner dans les substrats culturels propres à chaque société. De Cheikh Anta Diop à Achille Mbembe, en passant par les théoriciens du panafricanisme contemporain, cette thèse chemine depuis des décennies. Le PNEV la traduit, pour la première fois au Mali, en politique publique opérationnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le Panafricanisme, qui avait pris un sérieux recul, trouve de nouveaux porte-flambeaux pour renaître. »,&nbsp;</em>explique-t-on dans le PNEV.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La Charte de Kurukanfuka comme contre-modèle au droit universel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des aspects les plus frappants du PNEV est son recours systématique à des référentiels normatifs précoloniaux. La Charte impériale de Kurukanfuka (1236), les lois de la Diina de Sékou Amadou (1818-1844) et les cahiers jurisprudentiels des manuscrits de Tombouctou sont érigés en sources premières du système de valeurs à restaurer. Ces textes, dit le PNEV, «&nbsp;<em>consacrent notre communauté de destin&nbsp;</em>» et constituent un «&nbsp;<em>patrimoine inépuisable d&rsquo;instruments de régulation étatique et sociale&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce choix est lourd de sens politique. En plaçant la Charte de Kurukanfuka — souvent décrite comme l&rsquo;une des premières déclarations des droits de l&rsquo;homme dans l&rsquo;histoire mondiale, précédant la&nbsp;<em>Magna Carta&nbsp;</em>anglaise — au fondement de son référentiel, le Mali affirme que sa propre tradition juridique est à la fois antérieure et comparable aux grandes chartes occidentales. C&rsquo;est une manière de récuser l&rsquo;idée selon laquelle les normes universelles n&rsquo;auraient qu&rsquo;une seule source de légitimité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le document va jusqu&rsquo;à critiquer explicitement le «&nbsp;<em>système libéral et néolibéral dominant</em>&nbsp;», qui «&nbsp;<em>promeut ses concepts de liberté, de démocratie et de droits de l&rsquo;homme</em>&nbsp;» avec une rigueur à «&nbsp;<em>géométrie variable</em>&nbsp;». Une formulation qui fait écho aux discours portés, depuis plusieurs années, par les gouvernements de transition de la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Sinankunya, la séniorité, le Dambé : la revanche des valeurs endogènes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur du PNEV figure une taxonomie des valeurs à réhabiliter qui constitue en elle-même un manifeste culturel. Le texte distingue trois grandes catégories : les valeurs d&rsquo;homme (identitaires, spirituelles, morales), les valeurs de la République (civiques, éthiques) et les valeurs de système (philosophiques, universelles). Dans chacune, les concepts endogènes occupent une place centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sinankunya — institution de la parenté à plaisanterie, pacte ancestral de non-agression entre patronymes et communautés — est présenté comme «&nbsp;<em>un formidable moyen de médiation sociale&nbsp;</em>» et un «&nbsp;<em>mécanisme traditionnel vivant de résolution des conflits</em>&nbsp;». Le Yèrè-don, connaissance de soi liée à l&rsquo;identité lignagère, est posé comme «&nbsp;<em>la valeur qui prime au Mali</em>&nbsp;». Le Dambé — la dignité — est convoqué comme socle de l&rsquo;existence humaine, attesté dès la Charte de Kurukanfuka.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette démarche n&rsquo;est pas sans précédents sur le continent. Au Rwanda, la philosophie Ubuntu et les mécanismes de justice transitionnelle des Gacaca ont été mobilisés après le génocide pour reconstruire le tissu social. Au Sénégal, les confréries mourides et tidjanes constituent depuis longtemps des vecteurs de régulation sociale reconnus par l&rsquo;État. Au Mali, le PNEV ambitionne de systématiser cette logique, en l&rsquo;institutionnalisant à travers l&rsquo;ensemble du système éducatif et de la fonction publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En érigeant la Charte de Kurukanfuka en référentiel premier, le Mali affirme que sa propre tradition juridique précède et égale les grandes chartes occidentales.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un tournant sahélien, mais pas isolé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le PNEV est né au Mali, mais ses résonances dépassent largement les frontières du pays. Dans le contexte de la recomposition géopolitique du Sahel — marquée par la création de l&rsquo;Alliance des États du Sahel (AES) regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, et le retrait de ces pays de la CEDEAO —, la question de la souveraineté culturelle est devenue un enjeu de premier plan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les trois États de l&rsquo;AES partagent une même rhétorique de rupture avec ce qu&rsquo;ils appellent le «&nbsp;<em>système néocolonial</em>&nbsp;», une même valorisation des légitimités traditionnelles, et une même méfiance à l&rsquo;égard des conditionnalités imposées par les organisations internationales. Le PNEV malien peut ainsi être lu comme la traduction institutionnelle la plus aboutie de cet esprit commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus largement, ce mouvement s&rsquo;inscrit dans une vague continentale. De l&rsquo;Éthiopie à la Tanzanie, du Ghana au Zimbabwe, de nombreux gouvernements africains ont, ces dernières années, relancé des politiques d&rsquo;éducation aux valeurs nationales, souvent présentées comme des remparts contre une mondialisation culturelle perçue comme homogénéisante et déstabilisatrice. La singularité malienne tient à la profondeur historique de son référentiel et à la rigueur méthodologique — quinze experts, des centaines de consultations, un processus participatif étendu — qui a présidé à l&rsquo;élaboration du PNEV.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les défis de la mise en œuvre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi ambitieux soit-il sur le plan conceptuel, le PNEV n&rsquo;échappe pas aux contradictions inhérentes à toute politique de refondation culturelle. Le document lui-même le reconnaît avec franchise : on ne peut demander aux citoyens d&rsquo;adhérer à des valeurs de probité, de mérite et de bien commun, si les gouvernants ne les incarnent pas. «&nbsp;<em>L&rsquo;éducateur lui-même doit être éduqué</em>&nbsp;», rappelle le texte, citant une sagesse ancienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question de l&rsquo;impunité est posée frontalement. Le PNEV souligne que le Mali est passé, selon ses propres termes, d&rsquo;une «&nbsp;<em>situation d&rsquo;intégrité presque totale à une débandade en festival de brigands</em>&nbsp;». La restauration des valeurs ne peut faire l&rsquo;économie de la sanction. Sans elle, la belle architecture normative du programme risque de rester lettre morte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il reste également à savoir comment ce programme s&rsquo;articulera avec la réalité des jeunes générations, nées dans un monde numérique dont le PNEV reconnaît lui-même qu&rsquo;il est porteur d&rsquo;«&nbsp;<em>antivaleurs</em>&nbsp;» difficiles à contrecarrer. La rivalité entre les réseaux sociaux et les veillées de conte n&rsquo;est pas gagnée d&rsquo;avance. L&rsquo;officialisation des langues nationales, prévue dans le cadre de réformes complémentaires, constituera un levier décisif : c&rsquo;est dans ces langues que les valeurs endogènes ont survécu, et c&rsquo;est en elles qu&rsquo;elles doivent être réactivées.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers une grammaire africaine de la gouvernance ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le PNEV malien pose, en filigrane, une question qui transcende le cas national : est-il possible de construire une grammaire africaine de la gouvernance, distincte des modèles libéraux exportés depuis les grandes institutions multilatérales ? La réponse du gouvernement de Transition est clairement affirmative. Mais la démonstration reste à faire dans les actes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est certain, c&rsquo;est que le document constitue, par sa profondeur analytique et son ambition systémique, un objet politique et intellectuel sérieux. À l&rsquo;heure où le débat sur la souveraineté — économique, sécuritaire, culturelle — structure de plus en plus les agendas politiques africains, le PNEV offre un cas d&rsquo;étude remarquable sur la façon dont un État peut tenter de traduire cette aspiration en politique publique concrète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste la question de fond, que le programme lui-même n&rsquo;esquive pas : les valeurs ne se décrètent pas. Elles se vivent, se transmettent, s&rsquo;incarnent dans des comportements quotidiens. La vraie mesure du succès du PNEV ne se lira pas dans les textes, mais dans les cours d&rsquo;école, les administrations et les marchés du Mali de demain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : le gouvernement table sur 6,5 % de croissance et 4 382 milliards FCFA d’investissements par an</title>
		<link>https://saheltribune.com/mali-le-gouvernement-table-sur-65-de-croissance-et-4-382-milliards-fcfa-dinvestissements-par-an/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2026 15:48:16 +0000</pubDate>
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<p>Le gouvernement malien a adopté sa programmation budgétaire 2027-2029. Bamako prévoit une croissance moyenne de 6,5 %, une hausse des recettes fiscales et plus de 4 382 milliards FCFA d’investissements annuels pour soutenir la vision Mali Kura.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réuni le 10 juin sous la présidence du général Assimi Goïta, le Conseil des ministres a adopté le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle 2027-2029. Le gouvernement malien mise sur une croissance moyenne de 6,5 % et une hausse progressive des recettes fiscales pour financer ses ambitions de développement à l&rsquo;horizon 2063.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement malien affine sa trajectoire économique pour les années à venir. Réuni en Conseil des ministres le mercredi 10 juin au palais de Koulouba, sous la présidence du général d&rsquo;armée Assimi Goïta, chef de l&rsquo;État et président de la Transition, l&rsquo;exécutif a examiné le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) couvrant la période 2027-2029.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce document constitue désormais une étape incontournable de la préparation budgétaire, conformément à la nouvelle loi organique relative aux lois de finances adoptée en août 2025. Il doit servir de cadre de référence à l&rsquo;élaboration des futurs budgets annuels et orienter les choix économiques de l&rsquo;État sur un horizon de trois ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une croissance soutenue malgré les défis</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités maliennes affichent des perspectives relativement optimistes. Le document repose sur une hypothèse de croissance économique réelle moyenne de 6,5 % entre 2027 et 2029.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un niveau de progression qui placerait le Mali parmi les économies les plus dynamiques d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, dans un contexte pourtant marqué par les incertitudes sécuritaires, les effets du changement climatique et les tensions sur les marchés internationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le gouvernement, cette trajectoire devrait être soutenue par la poursuite des investissements publics, le développement des infrastructures, la modernisation de l&rsquo;agriculture, l&rsquo;exploitation des ressources minières ainsi que la mise en œuvre progressive des réformes économiques engagées depuis plusieurs années.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;enjeu crucial des recettes fiscales</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour financer cette ambition, Bamako entend également renforcer ses capacités de mobilisation des ressources internes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement prévoit ainsi une augmentation progressive du taux de pression fiscale, qui passerait de 13,9 % du produit intérieur brut en 2027 à 14,7 % en 2028 puis à 15,1 % en 2029, soit une moyenne de 14,6 % sur la période.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet objectif demeure toutefois inférieur au seuil de 20 % recommandé par l&rsquo;Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), mais il traduit la volonté des autorités d&rsquo;élargir l&rsquo;assiette fiscale et d&rsquo;améliorer le recouvrement des recettes publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement estime que cette progression dépendra largement de l&rsquo;amélioration de la situation sécuritaire dans plusieurs régions du pays ainsi que de la poursuite des réformes administratives et fiscales en cours.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Plus de 4 300 milliards de FCFA par an pour les priorités nationales</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le coût moyen annuel des actions publiques prévues sur la période 2027-2029 est évalué à 4 382,9 milliards de francs CFA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette enveloppe doit permettre de financer les priorités fixées par les autorités de la Transition dans le cadre de la Vision nationale «&nbsp;<em>Mali kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma</em>&nbsp;» et de la Stratégie nationale pour l&rsquo;émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les secteurs prioritaires figurent les infrastructures, l&rsquo;agriculture, l&rsquo;énergie, l&rsquo;éducation, la santé ainsi que la sécurité, domaine qui continue de mobiliser une part importante des ressources publiques en raison de la persistance des menaces armées dans plusieurs zones du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une feuille de route pour le Mali de l&rsquo;après-transition</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des chiffres, ce document budgétaire constitue également un instrument politique. Il traduit la volonté des autorités de la Transition de projeter l&rsquo;action publique dans le long terme et de préparer les bases économiques du projet de refondation porté par le général Assimi Goïta.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte où le Mali cherche à renforcer sa souveraineté économique tout en réduisant sa dépendance vis-à-vis des financements extérieurs, la capacité de l&rsquo;État à mobiliser davantage de ressources domestiques sera déterminante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle doit désormais être soumis au débat d&rsquo;orientation budgétaire devant le Conseil national de Transition avant l&rsquo;élaboration du projet de loi de finances pour l&rsquo;année 2027.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un exercice qui permettra de mesurer la crédibilité des projections gouvernementales et la capacité de Bamako à concilier ambitions de développement, impératifs sécuritaires et soutenabilité budgétaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
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		<title>Après sa visite à Bamako, Romuald Wadagni convie Assimi Goïta au Bénin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 18:40:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<category><![CDATA[coopération bilatérale]]></category>
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<p>En visite officielle à Bamako, le président béninois Romuald Wadagni s'est entretenu avec Assimi Goïta. Les deux dirigeants ont convenu de renforcer la coopération bilatérale et la coordination face aux défis sécuritaires régionaux.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le président béninois Romuald Wadagni a effectué mardi une visite d’amitié et de travail à Bamako. Reçu avec les honneurs par le général d’armée Assimi Goïta, le chef de l’État béninois a affiché, avec son homologue malien, une volonté commune de renforcer les relations bilatérales et de coordonner davantage les efforts face aux défis sécuritaires qui secouent l’Afrique de l’Ouest.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali et le Bénin entendent ouvrir un nouveau chapitre de leur coopération. En visite de travail et d’amitié à Bamako ce mardi 9 juin, le président béninois Romuald Wadagni a été accueilli au palais de Koulouba par le président de la Transition malienne, le général d’armée Assimi Goïta, dans une séquence diplomatique qui témoigne du rapprochement entre les deux États.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À son arrivée à l’aéroport international de Bamako, le chef de l’État béninois a été reçu personnellement par son homologue malien. Les hymnes nationaux des deux pays ont été exécutés avant la présentation des corps constitués et des représentants de la communauté béninoise vivant au Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après un premier entretien dans le pavillon présidentiel, les deux dirigeants ont poursuivi leurs échanges au palais de Koulouba lors d’une séance de travail élargie aux délégations ministérielles et diplomatiques des deux pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une relation bilatérale appelée à se renforcer</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le communiqué conjoint publié à l’issue de la rencontre, les discussions ont porté sur les relations bilatérales, les enjeux sécuritaires régionaux ainsi que les défis politiques et économiques auxquels sont confrontés les deux pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le général Assimi Goïta a saisi cette occasion pour féliciter son homologue béninois pour son accession à la magistrature suprême et lui réaffirmer sa disponibilité à approfondir les liens historiques qui unissent Bamako et Cotonou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux chefs d’État ont notamment convenu de donner un nouvel élan à leur coopération économique, commerciale et culturelle. Ils ont également décidé d’accélérer la tenue de la deuxième session de la Grande Commission mixte de coopération Bénin-Mali, considérée comme un instrument clé pour dynamiser les échanges entre les deux pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette volonté de rapprochement intervient dans un contexte de recomposition des relations diplomatiques en Afrique de l’Ouest, où plusieurs États cherchent à renforcer les partenariats bilatéraux au-delà des cadres régionaux traditionnels.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le terrorisme au cœur des préoccupations</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La question sécuritaire a occupé une place importante dans les échanges. Les deux présidents ont examiné la situation au Sahel et en Afrique de l’Ouest, marquée par la persistance des groupes armés terroristes et l’extension de la menace terroriste vers les pays côtiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président béninois a présenté ses condoléances au peuple malien après les attaques terroristes du 25 avril 2026 qui ont frappé le pays et coûté la vie à plusieurs personnes, dont le général d’armée Sadio Camara, alors ministre d’État chargé de la Défense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans leur déclaration commune, les deux dirigeants ont souligné la nécessité de renforcer la coordination régionale dans la lutte contre le terrorisme et de préserver les conditions d’une coopération efficace entre les États de la sous-région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils ont également réaffirmé leur attachement aux principes de souveraineté nationale, d’intégrité territoriale et de non-ingérence dans les affaires intérieures des États.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une convergence de vues sur les enjeux régionaux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des questions bilatérales, les deux chefs d’État ont évoqué les grands dossiers régionaux et internationaux. Le communiqué conjoint souligne une «&nbsp;<em>convergence de vues</em>&nbsp;» sur plusieurs questions multilatérales d’intérêt commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Bamako, cette visite constitue un signal diplomatique important. Elle traduit la volonté des autorités maliennes de maintenir un dialogue actif avec les pays de la région malgré les recompositions institutionnelles observées ces dernières années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté béninois, ce déplacement confirme également l’importance accordée au dialogue avec le Mali, acteur central des équilibres sécuritaires sahéliens.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une invitation à Cotonou</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au terme de la visite, Romuald Wadagni a invité officiellement le président de la Transition malienne à effectuer une visite d’amitié et de travail au Bénin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le général Assimi Goïta a accepté cette invitation, dont la date sera fixée ultérieurement par voie diplomatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une région confrontée à de multiples défis sécuritaires, économiques et politiques, cette rencontre entre Bamako et Cotonou est une manifestation d’une volonté commune de privilégier le dialogue, la coopération et la concertation pour répondre aux enjeux de stabilité et de développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
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