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	<title>Archives des Alliance des États du sahel &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des Alliance des États du sahel &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>L’Alliance des États du Sahel construit son marché intérieur et affirme sa souveraineté économique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Réunis à Ouagadougou, les ministres du Commerce du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont accéléré la construction du marché intérieur de l’AES. Préférence nationale, industrialisation, autosuffisance alimentaire et investissements africains sont au cœur de la stratégie.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réunis à Ouagadougou les 14 et 15 juin 2026 pour leur quatrième session de travail, les ministres du Commerce du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont présenté leur bilan au capitaine Ibrahim Traoré, président de la Confédération. Préférence nationale, autosuffisance alimentaire, lutte contre la fraude : le projet économique de l&rsquo;AES prend forme — sans attendre Paris ni Abuja.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En prenant leur distance avec la Communauté économique des États de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest (CEDEAO) en janvier 2025, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont pris un risque considérable : celui de se retrouver économiquement isolés dans une sous-région dont ils dépendent pour leurs approvisionnements et leurs débouchés commerciaux. Dix-huit mois plus tard, la réponse des trois pays à ce défi prend corps à Ouagadougou, où s’est tenu leur quatrième réunion des ministres en charge de l&rsquo;Industrie et du Commerce.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lundi matin, la délégation conduite par le ministre burkinabè Serge Gnaniodem Poda a été reçue en audience par le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso et président en exercice de la Confédération des États du Sahel. Le ministre malien du Commerce, Moussa Alassane Diallo, porte-parole de la délégation, a présenté au chef de l&rsquo;État burkinabè le bilan des actions menées depuis l&rsquo;entrée en vigueur du Traité instituant l&rsquo;AES, ainsi que l&rsquo;état d&rsquo;avancement des orientations stratégiques définies par les trois chefs d&rsquo;État.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un projet économique structuré autour de la souveraineté</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le programme de travail que les ministres ont soumis au capitaine Traoré donne la mesure de l&rsquo;ambition économique de la Confédération. Il s&rsquo;organise autour de quatre axes : la lutte contre la fraude et la contrefaçon, la facilitation des échanges internes à l&rsquo;AES, l&rsquo;attractivité des investissements — en priorité les investissements africains —, et la transformation des productions agricoles locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La formule du ministre malien résume la philosophie du projet : «&nbsp;<em>Produire, transformer, consommer pour répondre aux besoins fondamentaux de nos populations.</em>&nbsp;» Cette trilogie — production locale, transformation industrielle, consommation intérieure — est directement inspirée du modèle de substitution aux importations que plusieurs économistes africains réclament depuis les années 1980 sans jamais l&rsquo;avoir vu appliqué à cette échelle dans la sous-région.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Notre mission centrale est de bâtir un socle industriel solide, améliorer le climat des affaires et renforcer la compétitivité du secteur privé. »</em>, a déclaré Moussa Alassane Diallo, ministre malien de l&rsquo;Industrie et du Commerce.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La préférence nationale : un protectionnisme assumé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les recommandations portées par le ministre malien Diallo, l&rsquo;une mérite une attention particulière pour ce qu&rsquo;elle dit du tournant économique en cours dans l&rsquo;espace AES : l&rsquo;affirmation d&rsquo;une «&nbsp;<em>préférence nationale plus forte dans les marchés publics</em>&nbsp;». En clair, la priorité donnée aux entreprises des trois pays pour l&rsquo;attribution des contrats publics — une forme de protectionnisme que les cadres institutionnels de la CEDEAO et les accords de partenariat économique avec l&rsquo;Union européenne rendaient jusqu&rsquo;ici difficile à appliquer formellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette orientation s&rsquo;inscrit dans un contexte de renégociation en profondeur des règles du jeu économique régional. En quittant la CEDEAO, les trois pays ont également remis en cause les engagements de libre-échange qui contraignaient leurs politiques industrielles. Ils récupèrent ainsi une marge de manœuvre en matière de politique commerciale que les pays membres de blocs régionaux avaient progressivement cédée à des instances supranationales. Que cette marge soit utilisée à bon escient pour développer des filières compétitives — plutôt que de protéger des rentes — sera le vrai test de la cohérence économique de la Confédération.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le secteur privé au cœur du dispositif</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui distingue cette quatrième session des précédentes est la place accordée aux acteurs du secteur privé. La délégation malienne comprenait des représentants de la Chambre de Commerce et d&rsquo;Industrie du Mali, du Conseil National du Patronat, de l&rsquo;Office des Produits Agricoles du Mali (OPAM) et de l&rsquo;Agence pour la Promotion des Investissements (API-Mali). Cette inclusion illustre la volonté de ne pas faire de l&rsquo;AES un projet exclusivement intergouvernemental mais d&rsquo;y associer les entreprises qui devront in fine incarner le projet industriel commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le défi est immense. Les trois pays de l&rsquo;AES comptent environ 75 millions d&rsquo;habitants et un PIB combiné d&rsquo;environ 50 milliards de dollars — soit moins que celui du seul Nigeria. Leurs économies sont fortement dépendantes des exportations de matières premières — or et lithium pour le Mali, or et coton pour le Burkina Faso, uranium et pétrole pour le Niger — et peu diversifiées sur le plan industriel. Construire un «&nbsp;<em>socle industriel solide</em>&nbsp;», comme le formule le ministre malien, dans ce contexte et sans les relations commerciales préférentielles de la CEDEAO, est un pari qui demandera du temps et des investissements massifs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que le capitaine Traoré a dit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En recevant les ministres, le capitaine Ibrahim Traoré n&rsquo;a pas seulement validé leur bilan. Il a fixé le cap. Selon le ministre malien, le président burkinabè et président de la Confédération a appelé à «&nbsp;<em>des réponses structurelles, rapides et pragmatiques</em>&nbsp;» pour trois objectifs concrets : renforcer les petites et moyennes industries, stimuler l&rsquo;investissement interne et garantir l&rsquo;autosuffisance alimentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;insistance sur l&rsquo;autosuffisance alimentaire est politiquement significative. Dans les trois pays, la question de la souveraineté alimentaire est à la fois une priorité économique — les importations alimentaires représentent une fraction importante de la facture extérieure — et un enjeu de sécurité nationale dans des régions où des millions de personnes sont en situation de vulnérabilité alimentaire. Que le chef de la Confédération la place en tête de ses priorités dit quelque chose sur la conception du développement qui guide le projet AES.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Paris, qui a vu trois de ses anciennes colonies sahéliennes quitter la CEDEAO et expulser ses soldats en moins de quatre ans, cette réunion de Ouagadougou est un signal supplémentaire de la profondeur du tournant en cours. Le projet économique de l&rsquo;AES dessinerait un espace intégré de 75 millions d&rsquo;habitants qui aurait délibérément choisi de s&rsquo;organiser en dehors des cadres régionaux et bilatéraux que la France avait contribué à bâtir depuis les indépendances.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>PNEV au Mali : comment le Programme national d’éducation aux valeurs incarne la souveraineté culturelle africaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jun 2026 06:54:22 +0000</pubDate>
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<p>Le Programme national d’éducation aux valeurs (PNEV) du Mali entend restaurer les référentiels culturels endogènes et de renforcer la souveraineté culturelle. Analyse d’un projet au cœur de la refondation du Mali et du renouveau panafricain.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Porté par les autorités de la Transition depuis 2021, le Programme national d’éducation aux valeurs (PNEV) ambitionne de réhabiliter les référentiels culturels, historiques et moraux du Mali. Fondé sur des héritages tels que la Charte de Kurukanfuga, le Sinankunya ou le Dambé, ce projet dépasse le cadre éducatif pour s’inscrire dans une dynamique plus large de souveraineté culturelle et de renaissance panafricaine qui traverse aujourd’hui le Sahel et une partie du continent africain.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lancé en octobre 2021 à l&rsquo;initiative du général d’armée Assimi Goïta, le Programme national d&rsquo;éducation aux valeurs (PNEV) est bien plus qu&rsquo;un projet pédagogique. C&rsquo;est une déclaration d&rsquo;intention politique : celle d&rsquo;un État qui entend refonder son contrat social sur ses propres héritages normatifs, en rupture assumée avec les modèles importés. En cela, le Mali n&rsquo;est pas seul. Il s&rsquo;inscrit dans un tournant panafricain que les observateurs peinent encore à mesurer dans toute son ampleur.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un programme né d&rsquo;un diagnostic de crise civilisationnelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le PNEV part d&rsquo;un constat sombre, formulé sans détour dans le document officiel : le Mali est une société qui a perdu ses repères. Corruption généralisée, délitement de l&rsquo;autorité parentale, déperdition scolaire, incivisme endémique — la liste des maux est longue. Mais le texte va plus loin qu&rsquo;un simple inventaire des dysfonctionnements. Il en cherche les causes profondes, et les trouve, pour une part significative, dans ce qu&rsquo;il nomme «&nbsp;<em>l&rsquo;asservissement néocolonial</em>&nbsp;» et «&nbsp;<em>l&rsquo;agression de l&rsquo;imaginaire des colonisés&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce diagnostic n&rsquo;est pas anodin. Il situe la crise malienne dans une généalogie politique et culturelle qui dépasse les seules défaillances de gouvernance. Les auteurs du PNEV soutiennent que la perte des valeurs résulte d&rsquo;un processus historique de substitution : des institutions et des règles étrangères ont progressivement supplanté les organes traditionnels de régulation sociale, privant les communautés de leurs boussoles endogènes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce faisant, le PNEV rejoint un courant de pensée bien ancré sur le continent, qui postule que la bonne gouvernance ne peut se décréter par transplantation institutionnelle, mais doit s&rsquo;enraciner dans les substrats culturels propres à chaque société. De Cheikh Anta Diop à Achille Mbembe, en passant par les théoriciens du panafricanisme contemporain, cette thèse chemine depuis des décennies. Le PNEV la traduit, pour la première fois au Mali, en politique publique opérationnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le Panafricanisme, qui avait pris un sérieux recul, trouve de nouveaux porte-flambeaux pour renaître. »,&nbsp;</em>explique-t-on dans le PNEV.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La Charte de Kurukanfuka comme contre-modèle au droit universel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des aspects les plus frappants du PNEV est son recours systématique à des référentiels normatifs précoloniaux. La Charte impériale de Kurukanfuka (1236), les lois de la Diina de Sékou Amadou (1818-1844) et les cahiers jurisprudentiels des manuscrits de Tombouctou sont érigés en sources premières du système de valeurs à restaurer. Ces textes, dit le PNEV, «&nbsp;<em>consacrent notre communauté de destin&nbsp;</em>» et constituent un «&nbsp;<em>patrimoine inépuisable d&rsquo;instruments de régulation étatique et sociale&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce choix est lourd de sens politique. En plaçant la Charte de Kurukanfuka — souvent décrite comme l&rsquo;une des premières déclarations des droits de l&rsquo;homme dans l&rsquo;histoire mondiale, précédant la&nbsp;<em>Magna Carta&nbsp;</em>anglaise — au fondement de son référentiel, le Mali affirme que sa propre tradition juridique est à la fois antérieure et comparable aux grandes chartes occidentales. C&rsquo;est une manière de récuser l&rsquo;idée selon laquelle les normes universelles n&rsquo;auraient qu&rsquo;une seule source de légitimité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le document va jusqu&rsquo;à critiquer explicitement le «&nbsp;<em>système libéral et néolibéral dominant</em>&nbsp;», qui «&nbsp;<em>promeut ses concepts de liberté, de démocratie et de droits de l&rsquo;homme</em>&nbsp;» avec une rigueur à «&nbsp;<em>géométrie variable</em>&nbsp;». Une formulation qui fait écho aux discours portés, depuis plusieurs années, par les gouvernements de transition de la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Sinankunya, la séniorité, le Dambé : la revanche des valeurs endogènes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur du PNEV figure une taxonomie des valeurs à réhabiliter qui constitue en elle-même un manifeste culturel. Le texte distingue trois grandes catégories : les valeurs d&rsquo;homme (identitaires, spirituelles, morales), les valeurs de la République (civiques, éthiques) et les valeurs de système (philosophiques, universelles). Dans chacune, les concepts endogènes occupent une place centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sinankunya — institution de la parenté à plaisanterie, pacte ancestral de non-agression entre patronymes et communautés — est présenté comme «&nbsp;<em>un formidable moyen de médiation sociale&nbsp;</em>» et un «&nbsp;<em>mécanisme traditionnel vivant de résolution des conflits</em>&nbsp;». Le Yèrè-don, connaissance de soi liée à l&rsquo;identité lignagère, est posé comme «&nbsp;<em>la valeur qui prime au Mali</em>&nbsp;». Le Dambé — la dignité — est convoqué comme socle de l&rsquo;existence humaine, attesté dès la Charte de Kurukanfuka.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette démarche n&rsquo;est pas sans précédents sur le continent. Au Rwanda, la philosophie Ubuntu et les mécanismes de justice transitionnelle des Gacaca ont été mobilisés après le génocide pour reconstruire le tissu social. Au Sénégal, les confréries mourides et tidjanes constituent depuis longtemps des vecteurs de régulation sociale reconnus par l&rsquo;État. Au Mali, le PNEV ambitionne de systématiser cette logique, en l&rsquo;institutionnalisant à travers l&rsquo;ensemble du système éducatif et de la fonction publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En érigeant la Charte de Kurukanfuka en référentiel premier, le Mali affirme que sa propre tradition juridique précède et égale les grandes chartes occidentales.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un tournant sahélien, mais pas isolé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le PNEV est né au Mali, mais ses résonances dépassent largement les frontières du pays. Dans le contexte de la recomposition géopolitique du Sahel — marquée par la création de l&rsquo;Alliance des États du Sahel (AES) regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, et le retrait de ces pays de la CEDEAO —, la question de la souveraineté culturelle est devenue un enjeu de premier plan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les trois États de l&rsquo;AES partagent une même rhétorique de rupture avec ce qu&rsquo;ils appellent le «&nbsp;<em>système néocolonial</em>&nbsp;», une même valorisation des légitimités traditionnelles, et une même méfiance à l&rsquo;égard des conditionnalités imposées par les organisations internationales. Le PNEV malien peut ainsi être lu comme la traduction institutionnelle la plus aboutie de cet esprit commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus largement, ce mouvement s&rsquo;inscrit dans une vague continentale. De l&rsquo;Éthiopie à la Tanzanie, du Ghana au Zimbabwe, de nombreux gouvernements africains ont, ces dernières années, relancé des politiques d&rsquo;éducation aux valeurs nationales, souvent présentées comme des remparts contre une mondialisation culturelle perçue comme homogénéisante et déstabilisatrice. La singularité malienne tient à la profondeur historique de son référentiel et à la rigueur méthodologique — quinze experts, des centaines de consultations, un processus participatif étendu — qui a présidé à l&rsquo;élaboration du PNEV.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les défis de la mise en œuvre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi ambitieux soit-il sur le plan conceptuel, le PNEV n&rsquo;échappe pas aux contradictions inhérentes à toute politique de refondation culturelle. Le document lui-même le reconnaît avec franchise : on ne peut demander aux citoyens d&rsquo;adhérer à des valeurs de probité, de mérite et de bien commun, si les gouvernants ne les incarnent pas. «&nbsp;<em>L&rsquo;éducateur lui-même doit être éduqué</em>&nbsp;», rappelle le texte, citant une sagesse ancienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question de l&rsquo;impunité est posée frontalement. Le PNEV souligne que le Mali est passé, selon ses propres termes, d&rsquo;une «&nbsp;<em>situation d&rsquo;intégrité presque totale à une débandade en festival de brigands</em>&nbsp;». La restauration des valeurs ne peut faire l&rsquo;économie de la sanction. Sans elle, la belle architecture normative du programme risque de rester lettre morte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il reste également à savoir comment ce programme s&rsquo;articulera avec la réalité des jeunes générations, nées dans un monde numérique dont le PNEV reconnaît lui-même qu&rsquo;il est porteur d&rsquo;«&nbsp;<em>antivaleurs</em>&nbsp;» difficiles à contrecarrer. La rivalité entre les réseaux sociaux et les veillées de conte n&rsquo;est pas gagnée d&rsquo;avance. L&rsquo;officialisation des langues nationales, prévue dans le cadre de réformes complémentaires, constituera un levier décisif : c&rsquo;est dans ces langues que les valeurs endogènes ont survécu, et c&rsquo;est en elles qu&rsquo;elles doivent être réactivées.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers une grammaire africaine de la gouvernance ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le PNEV malien pose, en filigrane, une question qui transcende le cas national : est-il possible de construire une grammaire africaine de la gouvernance, distincte des modèles libéraux exportés depuis les grandes institutions multilatérales ? La réponse du gouvernement de Transition est clairement affirmative. Mais la démonstration reste à faire dans les actes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est certain, c&rsquo;est que le document constitue, par sa profondeur analytique et son ambition systémique, un objet politique et intellectuel sérieux. À l&rsquo;heure où le débat sur la souveraineté — économique, sécuritaire, culturelle — structure de plus en plus les agendas politiques africains, le PNEV offre un cas d&rsquo;étude remarquable sur la façon dont un État peut tenter de traduire cette aspiration en politique publique concrète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste la question de fond, que le programme lui-même n&rsquo;esquive pas : les valeurs ne se décrètent pas. Elles se vivent, se transmettent, s&rsquo;incarnent dans des comportements quotidiens. La vraie mesure du succès du PNEV ne se lira pas dans les textes, mais dans les cours d&rsquo;école, les administrations et les marchés du Mali de demain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Visite officielle de Romuald Wadagni : le Mali renforce son influence dans la sous-région</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 09:08:33 +0000</pubDate>
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<p>La visite du président béninois Romuald Wadagni à Bamako, quelques semaines après son investiture, illustre le rôle croissant du Mali dans la recomposition géopolitique ouest-africaine et le rayonnement diplomatique de l’AES.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La visite du président béninois Romuald Wadagni à Bamako, le 9 juin 2026, moins de trois semaines après son investiture, dit quelque chose d&rsquo;essentiel sur le Mali d&rsquo;aujourd&rsquo;hui : un pays qui attire, qui dialogue et qui construit, loin des caricatures.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelque chose de significatif dans le choix du président Romuald Wadagni de faire du Mali l&rsquo;une de ses premières destinations à l&rsquo;étranger. Investi le 24 mai 2026, le nouveau chef de l&rsquo;État béninois a d&rsquo;abord visité le Nigeria, puis le Niger, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire — et maintenant Bamako. Ce tour du voisinage immédiat, accompli en moins d&rsquo;un mois, est un message de réconciliation adressé à toute une région. Et le Mali y occupe une place de choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas un hasard. En cinq ans de refondation, le Mali a construit une diplomatie sur des principes cardinaux devenus constitutionnels: le respect de la souveraineté nationale, le respect des choix stratégiques et du choix des partenaires opérés et la défense des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions prises. C’est une diplomatie cohérente, fondée sur deux piliers indissociables : la souveraineté absolue et le dialogue sincère. Là où d&rsquo;autres auraient choisi l&rsquo;isolement ou la posture, Bamako a fait le pari de l&rsquo;ouverture africaine. L&rsquo;Alliance des États du Sahel (AES), fondée avec le Burkina Faso et le Niger en septembre 2023, en est l&rsquo;expression la plus aboutie : un cadre de coopération sud-sud, sans tutelle extérieure, porté par des peuples qui ont décidé de prendre leur destin en main.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une page tournée dans la sous-région</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La visite de Wadagni a une dimension historique que l&rsquo;on ne saurait minorer. Son prédécesseur Patrice Talon avait figuré parmi les voix les plus fermes en faveur d&rsquo;une intervention armée de la CEDEAO contre le Niger. Les tensions qui s&rsquo;en sont suivies — expulsions de diplomates, fermeture de consulats, crises aux frontières — ont profondément marqué la sous-région. La participation des représentants de l&rsquo;AES à l&rsquo;investiture du nouveau président béninois avait déjà été lue comme un signe. La visite de Bamako le confirme : une page se tourne, et le Mali en est acteur de premier plan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le Mali n&rsquo;a jamais coupé les ponts. Même au plus fort des tensions régionales, Bamako a maintenu avec Cotonou des relations dépourvues de toute tension bilatérale. Les liens historiques et culturels entre les deux peuples ont tenu. Et sur le plan économique, la coopération reste structurellement solide : les Entrepôts Maliens au Bénin (EMABE), opérationnels depuis 2016 sur les 15 000 m² mis à disposition par le gouvernement béninois dès 1983, témoignent d&rsquo;une interdépendance ancienne et mutuellement bénéfique. Le port de Cotonou, à 1 500 kilomètres de Mopti, demeure le débouché maritime le plus proche pour les régions nord du Mali — une réalité géographique que la politique ne saurait effacer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Mali, pivot de la recomposition africaine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui se joue à Bamako en ce 9 juin 2026 dépasse la simple courtoisie diplomatique. C&rsquo;est la démonstration que l&rsquo;AES n&rsquo;est pas un bloc fermé sur lui-même, mais un pôle de gravité capable de dialoguer, de nouer des partenariats et d&rsquo;impulser une nouvelle architecture régionale fondée sur le respect mutuel. Le général GOÏTA reçoit un homologue qu&rsquo;il n&rsquo;a pas attendu passivement — il l&rsquo;a accueilli dans un pays qui se reconstruit, qui investit dans son peuple, et qui rayonne suffisamment pour être l&rsquo;une des premières escales d&rsquo;un chef d&rsquo;État fraîchement élu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali ne réclame pas de reconnaissance. Il la mérite, par ses actes et par sa constance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est cela, la diplomatie de la souveraineté : non pas le repli, mais l&rsquo;affirmation. Non pas la rupture, mais le dialogue exigeant. Le Mali a choisi de n&rsquo;être le client de personne et le partenaire de tous ceux qui le respectent. Cette visite du président Wadagni en est la plus récente, et peut-être la plus éloquente, des validations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le Bénin tend la main à l’AES : vers la fin de la crise entre Porto-Novo, Niamey et Ouagadougou ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2026 20:19:50 +0000</pubDate>
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<p>Le président béninois Romuald Wadagni a effectué des visites officielles à Niamey et Ouagadougou, marquant un rapprochement inédit entre le Bénin et l’Alliance des États du Sahel après deux années de tensions diplomatiques.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 2 juin 2026, le président béninois Romuald Wadagni a effectué en un seul jour deux visites officielles à Niamey et à Ouagadougou. Un geste diplomatique d&rsquo;une portée considérable, qui referme deux ans de tensions ouvertes entre le Bénin et les pays de l&rsquo;Alliance des États du Sahel — frontière fermée, pipeline bloqué, accusations mutuelles de déstabilisation.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En un seul mardi, le président du Bénin a posé deux gestes diplomatiques que beaucoup jugeaient improbables il y a encore six mois : une visite officielle à Niamey, chez le général Abdourahamane Tiani, puis un déplacement à Ouagadougou, chez le capitaine Ibrahim Traoré. Deux capitales de l&rsquo;Alliance des États du Sahel (AES), deux hommes arrivés au pouvoir par des coups d&rsquo;État militaires — et avec lesquels le Bénin de Patrice Talon avait entretenu des relations pour le moins glaciales. Romuald Wadagni, successeur de Talon depuis le 24 mai, a visiblement décidé d&rsquo;écrire une autre page.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le contexte : deux ans de rupture ouverte</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour mesurer la portée de ce double déplacement, il faut rappeler ce que furent les relations entre le Bénin et ses voisins sahéliens depuis le coup d&rsquo;État qui renversa Mohamed Bazoum au Niger, le 28 juillet 2023. Porto-Novo fut l&rsquo;un des pays qui appliqua le plus strictement les sanctions décidées par la CEDEAO — fermeture de la frontière, suspension des flux commerciaux. Niamey, en retour, maintint sa frontière fermée avec le Bénin bien après la levée des sanctions régionales, brandissant une accusation grave.&nbsp;<em>« Le Bénin abrite des bases françaises destinées à entraîner des terroristes pour déstabiliser le Niger. »</em>, expliquait le&nbsp;Gouvernement de transition du Niger, en 2023-2024 — accusation réfutée par Paris et Porto-Novo.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette accusation empoisonna durablement les relations bilatérales. Elle s&rsquo;accompagna d&rsquo;une crise économique et énergétique aux conséquences concrètes : le pipeline Niger-Bénin, infrastructure colossale de 2 000 kilomètres construite pour 6 milliards de dollars afin d&rsquo;acheminer le pétrole brut d&rsquo;Agadès jusqu&rsquo;au terminal de Sèmè-Kpodji, fut pris en otage par la brouille diplomatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;arme du pipeline : quand le pétrole devient otage</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le pipeline Niger-Bénin est l&rsquo;une des infrastructures les plus stratégiques d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest. Mis en service en mars 2024, il avait permis le chargement du premier navire en mai 2024 — une étape historique pour le Niger, qui exportait ainsi pour la première fois son pétrole brut sur le marché international. Les projections tablaient sur 90 000 barils par jour, soit un potentiel de plusieurs milliards d&rsquo;euros de recettes annuelles pour Niamey.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais dès le 6 juin 2024, le général Tiani ordonnait la fermeture totale des vannes. La raison officielle invoquée : l&rsquo;arrestation par les autorités béninoises de cinq ressortissants nigériens pour «&nbsp;<em>atteinte à la sécurité de l&rsquo;État</em>&nbsp;». La raison de fond : une rupture diplomatique totale, dans laquelle le pipeline devenait l&rsquo;instrument de pression d&rsquo;un régime aux abois économiquement mais déterminé à ne pas céder sur le terrain symbolique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un pipeline bloqué, une frontière fermée, des accusations de complot. En un seul jour, Wadagni a tenté de refermer deux ans d&rsquo;hostilité ouverte.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Niamey : la frontière comme premier chantier</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est à Niamey que le signal le plus concret a été envoyé. Le communiqué conjoint Niger-Bénin du 2 juin 2026, signé à l&rsquo;issue des entretiens entre Wadagni et Tiani, mentionne explicitement l&rsquo;engagement des deux pays à lever «&nbsp;<em>tous les obstacles au renforcement de la coopération</em>&nbsp;», et cite nommément la «&nbsp;<em>réouverture de la frontière Bénin-Niger</em>&nbsp;». Un comité d&rsquo;experts a été mandaté pour recenser ces obstacles, avec un délai de quinze jours pour rendre son rapport aux deux chefs d&rsquo;État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est peu, et c&rsquo;est beaucoup. La frontière Bénin-Niger est fermée depuis bientôt trois ans du côté nigérien. Sa réouverture débloquerait non seulement les flux commerciaux terrestres — le Bénin est l&rsquo;un des corridors d&rsquo;approvisionnement naturels du Niger enclavé — mais ouvrirait la voie à une reprise des exportations pétrolières via le pipeline, dont la valeur économique pour Niamey est considérable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les deux Présidents ont réaffirmé leur commune volonté de dynamiser la coopération bilatérale, pour la hisser à la hauteur de leurs ambitions et des attentes légitimes de leurs peuples respectifs, qui aspirent à la paix, à la sécurité et au développement. »,&nbsp;</em>selon le<em>&nbsp;</em>Communiqué conjoint Niger-Bénin, Niamey, du 2 juin 2026.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ouagadougou : le port de Cotonou comme levier</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À Ouagadougou, l&rsquo;enjeu est d&rsquo;une autre nature. Le Burkina Faso est un pays enclavé qui dépend très largement du port autonome de Cotonou pour son approvisionnement en biens importés. Le communiqué conjoint burkinabé-béninois l&rsquo;énonce sans détour : les deux chefs d&rsquo;État ont «&nbsp;<em>apprécié le rôle stratégique du port autonome de Cotonou dans l&rsquo;approvisionnement du Burkina Faso</em>&nbsp;» et se sont engagés à renforcer la coopération en matière de transit, de transport et de logistique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le capitaine Traoré, qui a rompu avec la France et multiplié les ruptures diplomatiques depuis son arrivée au pouvoir en 2022, le maintien d&rsquo;un corridor commercial fiable vers la mer est une nécessité économique vitale. Pour Wadagni, le rôle de Cotonou comme hub régional — menacé par les tensions avec l&rsquo;AES sous Talon — est une priorité stratégique. Les deux intérêts convergent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que dit ce double geste de Wadagni</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des dossiers bilatéraux, la journée du 2 juin 2026 est un signal politique fort adressé à toute la sous-région. Wadagni, à peine élu, choisit de faire de la réconciliation avec l&rsquo;AES l&rsquo;un de ses premiers actes de politique étrangère. Ce faisant, il rompt avec la posture de Talon — qui avait maintenu le cap des sanctions CEDEAO et refusé toute normalisation tant que la frontière restait fermée — et envoie un message à Paris, Washington et Bruxelles : le Bénin peut dialoguer avec les régimes sahéliens sans pour autant renier ses alliances occidentales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les pays de l&rsquo;AES, la visite de Wadagni est un succès diplomatique réel. Elle valide leur stratégie de résistance aux pressions de la CEDEAO et montre que même les États qui avaient appliqué les sanctions les plus strictement reviennent à la table. Le général Tiani a répondu à l&rsquo;invitation de Wadagni : il se rendra officiellement au Bénin à une date à fixer par voie diplomatique. Le capitaine Traoré a fait de même pour Ouagadougou.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les zones d&rsquo;ombre qui subsistent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour autant, il serait prématuré de parler de réconciliation accomplie. Le communiqué de Niamey est prudent : il crée un comité d&rsquo;experts, fixe un délai de quinze jours, mais ne prend aucun engagement ferme sur la réouverture effective de la frontière ni sur la reprise des exportations pétrolières. Les accusations nigériennes sur les «&nbsp;<em>bases françaises</em>&nbsp;» au Bénin n&rsquo;ont jamais été officiellement retirées. Le pipeline reste à l&rsquo;arrêt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté burkinabé, la Cinquième Commission mixte de coopération a été programmée «&nbsp;<em>dans les meilleurs délais</em>&nbsp;» — une formulation diplomatique qui peut signifier beaucoup ou rien. L&rsquo;AES reste, structurellement, dans une posture de méfiance envers les États membres de la CEDEAO, dont le Bénin fait partie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais dans une sous-région où les ruptures s&rsquo;accumulent depuis 2020 — cinq coups d&rsquo;État, deux alliances rivales, une fragmentation croissante des espaces économiques —, la journée du 2 juin 2026 marque quelque chose de rare : deux pays qui choisissent de parler, et d&rsquo;écouter. C&rsquo;est un début.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Au Conseil de sécurité, l’AES défend la souveraineté du Sahel et la protection des civils face au terrorisme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Au Conseil de sécurité de l’ONU, la Confédération des États du Sahel (AES) a dénoncé le terrorisme, les ingérences extérieures et la désinformation, tout en réaffirmant sa volonté de protéger les civils et défendre sa souveraineté.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Face aux membres du Conseil de sécurité réunis sur la protection des civils dans les conflits armés, la Confédération des États du Sahel a délivré, le 20 mai 2026, un message sans ambiguïté : ses pays sont en guerre, leurs populations souffrent, et ils entendent bien mener ce combat jusqu&rsquo;à la victoire — sans ingérence et sans leçons à recevoir.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a des discours qui sonnent faux à la tribune des Nations unies. Celui prononcé le 20 mai 2026 par Issa Konfourou, ambassadeur du Mali et porte-voix de la Confédération des États du Sahel (AES), n&rsquo;était pas de ceux-là. Devant le Conseil de sécurité réuni en séance publique sur la protection des civils dans les conflits armés, le diplomate malien a dit ce que peu osent dire dans cette enceinte : que le Burkina Faso, le Mali et le Niger affrontent depuis plus d&rsquo;une décennie un terrorisme transnational alimenté de l&rsquo;extérieur, que leurs populations civiles en paient le prix au quotidien, et que leurs forces armées se battent, au péril de leur vie, pour y mettre fin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un discours de vérité, dans un monde qui préfère souvent les formules diplomatiques au courage politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une guerre imposée, pas choisie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La déclaration de l&rsquo;AES commence par rappeler une réalité que les chancelleries occidentales préfèrent euphémiser : les trois pays du Sahel ne sont pas plongés dans le chaos par incompétence ou mauvaise gouvernance. Ils sont les cibles d&rsquo;un «<em>crime transnational organisé, soutenu par des sponsors étatiques étrangers</em>» — une formulation diplomatique pour désigner ce que les populations sahéliennes vivent comme une guerre par procuration, où des intérêts extérieurs instrumentalisent des groupes armés pour déstabiliser des États souverains qui ont eu l&rsquo;audace de vouloir choisir leurs propres partenaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les faits sont là, implacables. Les groupes terroristes qui opèrent dans le Sahel ciblent délibérément les civils : femmes et enfants assassinés, villages pillés, mosquées profanées, écoles et centres de santé détruits, récoltes brûlées, troupeaux volés, routes coupées. C&rsquo;est cette réalité brutale que l&rsquo;ambassadeur Konfourou a portée devant le Conseil de sécurité — non comme un plaidoyer victimaire, mais comme un acte d&rsquo;accusation contre ceux qui, par action ou par omission, permettent que cette barbarie continue.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des forces armées qui se sacrifient</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette menace, les États membres de la Confédération AES n&rsquo;ont pas attendu que la communauté internationale veuille bien s&rsquo;en préoccuper. Sous le leadership des Capitaine Ibrahim Traoré, Général Assimi Goïta et Général Abdourahamane Tiani, les forces armées des trois pays ont mutualisé leurs moyens, uni leurs commandements, et engagé leurs soldats sur tous les fronts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ambassadeur Konfourou l&rsquo;a dit avec une fierté sobre : ces hommes et ces femmes «<em>se battent au prix de leur vie, pour garantir à toutes les populations sans distinction aucune, la jouissance de leurs droits humains élémentaires, notamment le droit à la vie.</em>» Ce ne sont pas des mercenaires. Ce ne sont pas des supplétifs de puissances étrangères. Ce sont des fils et des filles du Sahel qui meurent pour leurs compatriotes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 25 avril 2026, lors des attaques coordonnées qui ont frappé simultanément plusieurs villes maliennes, des soldats maliens ont payé de leur vie la défense de leur pays. Le Conseil de sécurité lui-même a condamné ces attaques dans une déclaration à la presse le 15 mai 2026, exprimant «<em>sa compassion et sa solidarité avec le Mali, son peuple et ses autorités»</em>&nbsp;— reconnaissance internationale que l&rsquo;AES a saluée, non sans rappeler qu&rsquo;elle aurait pu venir bien plus tôt.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La désinformation, cinquième colonne du terrorisme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des passages les plus forts de la déclaration de l&rsquo;AES concerne la guerre de l&rsquo;information. La Confédération y condamne «<em>fermement tous les narratifs mensongers conçus par certains organes de presse de pays impérialistes, devenus des relais de la propagande terroriste.</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">La formule est dure. Elle est pourtant documentée. Depuis des années, certains médias internationaux relaient des bilans de combats fournis exclusivement par des sources terroristes, donnent une tribune à des groupes armés qui massacrent des civils, et traitent les forces armées sahéliennes avec une suspicion systématique que l&rsquo;on n&rsquo;observe jamais à l&rsquo;égard des armées occidentales dans leurs propres guerres. Ce deux poids deux mesures, les populations du Sahel le ressentent profondément. Il nourrit une méfiance légitime envers une presse internationale qui se présente comme neutre mais dont les angles révèlent des présupposés idéologiques rarement questionnés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;AES demande également que soient taries «<em>les sources de financement du terrorisme, y compris le paiement de rançons pour la libération des otages</em>» — une pique à peine voilée à l&rsquo;égard de certains États européens dont la politique de rachat d&rsquo;otages a, pendant des années, financé les groupes qui terrorisent le Sahel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La souveraineté comme boussole</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui distingue fondamentalement l&rsquo;AES des régimes précédents, c&rsquo;est sa détermination à exercer une souveraineté pleine et entière. Pendant des décennies, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont vu défiler des forces étrangères sur leur sol, accepté des conditionnalités politiques humiliantes, et subi les conséquences d&rsquo;une architecture sécuritaire internationale qui n&rsquo;a pas réussi à endiguer la progression du terrorisme. Le résultat est connu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les nouvelles autorités ont choisi une autre voie : la mutualisation de leurs forces dans le cadre de la Confédération AES, une diplomatie indépendante qui refuse l&rsquo;alignement automatique, et des partenariats choisis sur la base de l&rsquo;intérêt national. C&rsquo;est ce que l&rsquo;ambassadeur Konfourou a rappelé à New York en citant les Capitaine Traoré, Général Goïta et Général Tiani — trois chefs d&rsquo;État qui ont décidé «<em>en toute souveraineté, de mutualiser les efforts des trois pays dans les domaines de la défense, de la diplomatie et du développement.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette souveraineté, la Confédération l&rsquo;assume également devant le Conseil de sécurité en dénonçant «<em>l&rsquo;agenda subversif de certains États membres de l&rsquo;ONU, dont l&rsquo;objectif ultime est d&rsquo;imposer à nouveau leur hégémonie dans nos pays.»</em>&nbsp;Une mise en accusation qui aurait été impensable voilà dix ans, tant les États sahéliens étaient sous tutelle. Elle traduit aujourd&rsquo;hui une rupture que de nombreux observateurs africains jugent salutaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un hommage aux victimes, une promesse aux vivants</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La déclaration de l&rsquo;AES s&rsquo;est conclue par un hommage solennel à «<em>toutes les victimes du terrorisme, sahéliennes comme étrangères, civiles comme militaires</em>», avec une pensée particulière pour les victimes des attaques du 25 avril 2026 au Mali. Et par une réaffirmation de l&rsquo;engagement des trois États à protéger leurs populations «<em>en toute circonstance et dans le respect des engagements internationaux, en particulier dans le domaine des droits de l&rsquo;homme et du droit international humanitaire.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est cet engagement — pas les leçons venues de loin, pas les conditionnalités imposées de l&rsquo;extérieur — qui constitue le socle sur lequel les peuples du Sahel peuvent aujourd&rsquo;hui reconstruire l&rsquo;espoir d&rsquo;un avenir sans terrorisme. La Confédération des États du Sahel n&rsquo;est pas parfaite. Aucun État ne l&rsquo;est. Mais elle est debout. Et elle se bat.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
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		<title>Macron et le franc CFA : la fin annoncée d’un système postcolonial ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Emmanuel Macron affirme que la France a réformé le franc CFA, mais les pays de l’AES dénoncent la persistance d’une domination monétaire française et réclament une véritable souveraineté économique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En affirmant que la France avait déjà « pris toutes ses responsabilités » dans la réforme du franc CFA, Emmanuel Macron pensait sans doute clore un vieux débat postcolonial. Mais au Mali, au Burkina Faso et au Niger, la question monétaire reste au contraire au cœur du combat souverainiste engagé contre l’influence française. Derrière les annonces sur l’ECO et les réformes techniques du CFA, les pays du Sahel dénoncent la persistance d’un système monétaire qu’ils considèrent toujours comme un instrument de dépendance économique et géopolitique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par-delà les déclarations diplomatiques et les promesses de «&nbsp;<em>modernisation</em>&nbsp;», Emmanuel Macron peine à convaincre une Afrique de l’Ouest de plus en plus critique envers le franc CFA. En affirmant que la France aurait «&nbsp;<em>pris toutes ses responsabilités</em>&nbsp;» dans la réforme du système monétaire ouest-africain, le président français tente surtout de déplacer le débat : celui d’une dépendance monétaire héritée de la colonisation qui demeure, malgré les ajustements techniques annoncés depuis 2019, au cœur des tensions entre Paris et les États africains. Derrière le discours officiel sur la souveraineté des pays africains se cache en réalité une stratégie de préservation d’influence, alors même que les pays du Sahel revendiquent désormais une rupture plus profonde avec l’ordre monétaire postcolonial.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Franc CFA : Macron renvoie l’Afrique à ses contradictions monétaires</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En marge du sommet Africa Forward, Emmanuel Macron a assuré que la France avait déjà fait tout ce qu’elle pouvait concernant la réforme du franc CFA. Selon lui, Paris a supprimé les principaux symboles de sa présence dans le fonctionnement de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), notamment la représentation française dans les organes de gouvernance et le mécanisme de centralisation des réserves de change au Trésor français. Ne resteraient donc que la garantie de convertibilité et l’ancrage fixe du CFA à l’euro, maintenus à la demande des États africains concernés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette lecture est contestée dans de nombreux milieux politiques et intellectuels africains. Car au-delà des ajustements institutionnels, la structure même du système monétaire demeure intacte. Le franc CFA reste arrimé à l’euro selon une parité fixe décidée dans un cadre largement influencé par les intérêts européens. Pour les critiques du système, cette architecture continue de limiter les marges de manœuvre budgétaires, industrielles et commerciales des États africains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Mali, Burkina Faso et Niger — la question monétaire s’inscrit désormais dans une dynamique politique plus large de reconquête de souveraineté. Les autorités de transition présentent le franc CFA comme l’un des derniers instruments de domination française sur les économies africaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En février 2024, le général Abdourahamane Tiani du Niger évoquait publiquement la possibilité d’une monnaie commune entre les pays de l’AES. «&nbsp;<em>La monnaie est une étape de sortie de cette colonisation&nbsp;</em>», déclarait-il sur la télévision nigérienne. Le chef de l’État nigérien estimait alors que «&nbsp;<em>la souveraineté totale</em>&nbsp;» passait nécessairement par une rupture avec le système monétaire hérité de la période coloniale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même tonalité au Burkina Faso. Le capitaine Ibrahim Traoré affirmait en 2024 que l’abandon du franc CFA pourrait constituer l’une des prochaines étapes du combat engagé contre «&nbsp;<em>les liens qui maintiennent le pays dans l’esclavage</em>&nbsp;». Des déclarations qui traduisent une évolution profonde du discours politique sahélien, désormais centré sur l’idée d’émancipation économique et stratégique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Eco, souveraineté et CFA : le grand blocage monétaire ouest-africain</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali également, la critique du franc CFA est désormais intégrée dans la vision prospective officielle du pays. Dans le document stratégique «&nbsp;<em>Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma</em>&nbsp;», les autorités maliennes considèrent que la France chercherait à «&nbsp;<em>pirater</em>&nbsp;» le projet de monnaie régionale ECO afin de préserver les avantages géopolitiques et économiques liés au contrôle du CFA. «&nbsp;<em>Les tentatives de la France appuyée par certains dirigeants africains sont entrain de pirater le processus en vue de conserver les avantages que lui procure le contrôle du FCFA.&nbsp;</em>», lit-on dans la Vision Mali 2063. Le texte envisage explicitement plusieurs scénarios de rupture : soit une nouvelle monnaie commune entre États partageant les mêmes ambitions souverainistes, soit une monnaie nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette montée des discours souverainistes, Emmanuel Macron tente aujourd’hui d’inverser la charge politique. En déclarant attendre des États africains qu’ils «&nbsp;<em>aillent au bout</em>&nbsp;» du processus, le président français cherche à faire porter sur les dirigeants africains la responsabilité du maintien du franc CFA. Une posture qui suscite des critiques croissantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car si Paris affirme ne plus s’opposer à une réforme profonde, beaucoup rappellent que la France demeure l’un des principaux bénéficiaires indirects de la stabilité du système CFA. La convertibilité garantie par le Trésor français offre à Paris un levier d’influence financière et diplomatique considérable dans la région. Pour plusieurs économistes africains, cette garantie agit aussi comme un mécanisme de contrôle stratégique des politiques monétaires ouest-africaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet de monnaie ECO, censé remplacer progressivement le CFA, illustre d’ailleurs les ambiguïtés du processus. Annoncée depuis plusieurs années, la nouvelle devise peine toujours à voir le jour. Les divergences économiques entre États membres de la CEDEAO, les retards de convergence macroéconomique et les tensions géopolitiques régionales compliquent considérablement le calendrier.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Sortir du franc CFA : pourquoi les États africains hésitent encore à franchir le pas</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais pour de nombreux observateurs africains, les blocages ne sont pas uniquement techniques. Ils traduisent également la difficulté de sortir d’un système monétaire historiquement conçu pour maintenir l’espace ouest-africain dans une dépendance structurelle vis-à-vis de la France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pays de l’AES entendent désormais vouloir accélérer leur propre agenda monétaire, indépendamment des lenteurs de la CEDEAO. Même si aucune monnaie commune sahélienne n’est encore officiellement lancée, le débat est désormais ouvert et politiquement assumé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fond, la sortie du franc CFA dépasse largement la seule question économique. Elle touche à l’identité politique des États africains, à leur capacité à définir librement leurs politiques publiques et à leur volonté de rompre avec les héritages institutionnels de la Françafrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En affirmant que «&nbsp;<em>tout dépend désormais des Africains&nbsp;</em>», Emmanuel Macron tente de solder symboliquement un dossier devenu explosif. Mais dans le Sahel, beaucoup considèrent au contraire que la France reste au cœur du problème. Et que tant que les mécanismes fondamentaux du système monétaire ne seront pas démantelés, le CFA continuera d’incarner, aux yeux d’une partie croissante des opinions publiques africaines, la survivance d’une domination économique postcoloniale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>KazanForum : le Mali rejette les rumeurs de chaos et de blocus dans la capitale</title>
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		<pubDate>Thu, 14 May 2026 20:21:40 +0000</pubDate>
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<p>Depuis le KazanForum en Russie, le ministre  de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique Bouréma Kansaye affirme que Bamako n’est pas sous blocus et dénonce la campagne médiatique de désinformation de certains médias français contre le Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Depuis le KazanForum en Russie, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique Bouréma Kansaye affirme que Bamako n’est pas sous blocus et dénonce la campagne médiatique de désinformation de certains médias français contre le Mali.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement malien rejette fermement les informations relayées ces derniers jours par plusieurs médias occidentaux évoquant un supposé «&nbsp;<em>blocus de Bamako</em>&nbsp;». En marge du Forum économique international «&nbsp;<em>Russie – Monde islamique : KazanForum</em>&nbsp;», le ministre malien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Bouréma Kansaye, a dénoncé une campagne médiatique visant à fragiliser l’image du Mali sur la scène internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une déclaration accordée à&nbsp;<em>African Initiative</em>, le ministre affirme que «&nbsp;<em>la situation est sous contrôle</em>&nbsp;» et assure que la capitale malienne continue de fonctionner normalement malgré le contexte sécuritaire tendu ayant suivi les attaques coordonnées du 25 avril 2026 contre plusieurs localités stratégiques du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Bamako réfute tout scénario d’effondrement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les autorités maliennes, les récits faisant état d’un isolement de Bamako relèvent davantage d’une bataille informationnelle que d’une réalité observable sur le terrain. Bouréma Kansaye explique que certaines rédactions occidentales, particulièrement françaises, cherchent à installer l’idée d’un État en perte de contrôle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Il y a eu une tentative de renversement du régime, mais ils n’y sont pas parvenus&nbsp;</em>», a déclaré le ministre, avant d’ajouter que cette situation a donné lieu à «&nbsp;<em>une campagne de relations publiques pour montrer que tout va mal au Mali&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon lui, la circulation dans la capitale, les activités administratives et la vie économique suivent leur cours habituel. «&nbsp;<em>Il n’y a aucun blocus à Bamako</em>&nbsp;», insiste-t-il, rappelant qu’il a lui-même quitté récemment la capitale pour se rendre en Russie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette sortie intervient dans un contexte où les autorités de transition travaillent à reprendre la maîtrise du récit autour de la situation sécuritaire du pays, alors que les réseaux sociaux et certains médias internationaux diffusent régulièrement des informations alarmistes sur l’état du Mali.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une guerre de perception autour du Sahel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du seul cas malien, cette séquence illustre la dimension informationnelle croissante des crises sahéliennes. Depuis plusieurs années, les autorités du Mali, du Burkina Faso et du Niger dénoncent le traitement biaisé des questions sécuritaires par une partie de la presse occidentale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les gouvernements de l’Alliance des États du Sahel (AES) dénoncent régulièrement certains médias étrangers de minimiser les avancées militaires des armées sahéliennes tout en amplifiant les difficultés internes afin de nourrir une perception d’instabilité permanente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette défiance a conduit plusieurs États de la région à suspendre ou interdire certains médias internationaux, dans le cadre de la lutte contre la désinformation et l’atteinte au moral des populations et des forces armées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, la communication officielle devient un enjeu stratégique majeur. Bamako entend désormais projeter l’image d’un État résilient, capable de faire face aux attaques terroristes sans sombrer dans le chaos institutionnel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>KazanForum, vitrine diplomatique du repositionnement malien</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La déclaration de Bouréma Kansaye intervient également dans un cadre diplomatique symbolique. Le KazanForum, organisé en Russie du 12 au 17 mai, réunit des délégations issues de plus de 90 pays, notamment d’Afrique et du monde islamique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Bamako, cette participation s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des partenariats internationaux, accélérée depuis la rupture progressive avec plusieurs partenaires occidentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette bataille de récits comme dans celle des alliances, les autorités maliennes montrent que, malgré les turbulences sécuritaires, l’État demeure debout et entend contrôler lui-même la narration de sa crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : gouvernement et médias mobilisés contre la désinformation après les attaques du 25 avril</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 May 2026 14:17:34 +0000</pubDate>
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<p>Au Mali, le gouvernement et les organisations de presse appellent à une mobilisation nationale des médias pour lutter contre la désinformation et renforcer la cohésion nationale après les attaques du 25 avril.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyene, a animé le lundi 11 mai 2026 un point de presse à la Maison de la Presse de Bamako. À ses côtés se trouvaient le président de la Haute Autorité de la Communication, Gaoussou Coulibaly, le président de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté, ainsi que plusieurs responsables des faîtières et des organisations professionnelles. L’objectif était de sensibiliser les acteurs des médias sur la situation nationale.&nbsp;&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette rencontre s’est déroulée après les attaques du 25 avril et face à une recrudescence des campagnes de désinformation. La presse malienne, dans toutes ses composantes, était représentée : médias publics, privés, audiovisuels, écrits et en ligne. Cette mobilisation démontre la volonté des journalistes de participer activement à la défense des intérêts supérieurs du pays et au renforcement de la cohésion nationale.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son intervention, le ministre Alhamdou Ag Ilyene a rappelé la mission essentielle de la presse. Selon lui, «&nbsp;<em>informer avec responsabilité, relayer avec professionnalisme et contribuer à la stabilité nationale&nbsp;</em>» sont des devoirs incontournables. Il a ajouté que les médias doivent rester vigilants face aux campagnes de désinformation et jouer un rôle central dans la consolidation de la souveraineté nationale. Ses propos ont placé la presse au cœur de la riposte contre les manipulations hostiles.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Unité et solidarité des journalistes maliens</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le président de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté, a salué l’initiative du ministère et insisté sur l’unité des journalistes face aux défis actuels. Il a déclaré que «&nbsp;<em>la diversité des médias est une richesse, mais elle doit être encadrée par des principes de responsabilité et de professionnalisme&nbsp;</em>». Il a également mis l’accent sur la solidarité entre les journalistes et la nécessité de préserver la liberté d’informer dans le respect des lois et des valeurs nationales.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bassaro Haïdara, représentant du syndicat, a dénoncé le déficit d’information auquel la presse malienne est confrontée. Selon lui, il est inconcevable que la population soit informée par des sources extérieures faute de données locales fiables. Il a rappelé que dans d’autres pays, les agences de presse jouent un rôle central. Au Mali, l’absence d’un tel dispositif fragilise la crédibilité et expose les journalistes à des risques dans l’exercice de leur métier.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Responsabilité accrue dans la guerre médiatique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le président de l’URTEL, Mahamoudou Bocoum, est surtout revenu sur la responsabilité de la presse dans la guerre médiatique actuelle. Il a affirmé que «&nbsp;<em>les journalistes doivent déconstruire les narratifs hostiles au pays en produisant une information crédible et critique</em>&nbsp;». Selon lui, la presse reste le dernier rempart de la population, notamment dans les zones reculées. Il a plaidé pour un accompagnement de l’État afin de renforcer les capacités des médias et leur permettre de jouer pleinement leur rôle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le directeur de l’AMAP, Alassane Souleymane, a rappelé le rôle central de son institution comme agence nationale d’information. Il a accentué son intervention sur la nécessité de consolider l’AMAP afin qu’elle puisse jouer pleinement sa mission dans la riposte médiatique. Selon lui, «&nbsp;<em>l’agence doit être renforcée pour garantir une information crédible et coordonnée face aux campagnes hostiles</em>&nbsp;». Il a appelé à une meilleure organisation des médias publics pour soutenir la cohésion nationale.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Importance des médias sociaux et jeunesse</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le président de l’APPEL Mali, Modibo Fofana, a centré son intervention sur les médias sociaux, qu’il considère comme le prolongement de l’armée dans la guerre médiatique. Il a dénoncé le matraquage subi depuis le 25 avril, marqué par la désinformation et l’usage de l’intelligence artificielle. Il a ajouté que «&nbsp;<em>la tranche d’âge de 24 à 40 ans est la plus active sur internet et la plus exposée aux narratifs hostiles</em>&nbsp;».&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président de l’ASSEP, Boubacar Yalkoué, a rappelé, quant à lui, que les événements du 25 avril doivent renforcer la cohésion et l’unité entre les Maliens. Il a particulièrement mis l’accent sur la responsabilité collective des journalistes et des citoyens dans la défense des intérêts supérieurs du pays. Selon lui, «&nbsp;<em>la presse doit rester vigilante face aux manipulations et contribuer à la stabilité nationale&nbsp;</em>». Il a appelé à la solidarité et à l’engagement patriotique pour surmonter les défis actuels.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Synergie des médias maliens et AES</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Salif Sanogo, représentant la télévision Tafouk (la chaîne de l’AES), a mis en avant les difficultés rencontrées par les télévisions locales face à la puissance des médias internationaux. Il a également insisté sur «&nbsp;<em>la nécessité d’une synergie entre les médias maliens et ceux de l’Alliance des États du Sahel afin de renforcer la souveraineté médiatique et construire un narratif commun&nbsp;</em>». Cette coopération est jugée indispensable pour donner plus de force et de crédibilité à l’information nationale.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président de la Haute Autorité de la Communication, Gaoussou Coulibaly, a insisté sur «&nbsp;<em>la responsabilité et le professionnalisme des journalistes face aux campagnes de désinformation</em>&nbsp;». Il a rappelé que la HAC doit protéger les acteurs des médias et garantir un cadre équilibré. Selon lui, la presse doit contribuer efficacement à la cohésion nationale et à la stabilité du pays, en restant fidèle à ses principes déontologiques.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre Alhamdou Ag Ilyene a conclu la rencontre en réaffirmant la disponibilité du gouvernement à travailler avec l’ensemble des acteurs du secteur. Il a appelé à «&nbsp;<em>la vigilance, la responsabilité et l’engagement patriotique de tous les journalistes&nbsp;</em>». Selon lui, «&nbsp;<em>la presse doit rester un pilier de la cohésion nationale et un outil de défense des intérêts supérieurs du pays&nbsp;</em>». La rencontre s’est achevée sur un appel à la solidarité et à la mobilisation collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Vision Mali 2063 : un plan de développement qui acte la rupture géopolitique avec l’Occident</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 14:54:10 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le document officiel de planification économique du Mali à l&rsquo;horizon 2063 est bien plus qu&rsquo;une feuille de route technique. C&rsquo;est une déclaration d&rsquo;indépendance vis-à-vis de l&rsquo;Occident, un acte de foi dans l&rsquo;Alliance des États du Sahel et un pari assumé sur la dédollarisation mondiale. Décryptage.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a dans le&nbsp;«&nbsp;<em>Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma&nbsp;</em>»&nbsp;une phrase qui ne figure dans aucun communiqué diplomatique officiel, mais qui résume à elle seule l&rsquo;état d&rsquo;esprit des autorités maliennes de la transition. Le document, élaboré sous l&rsquo;autorité du général Assimi Goïta, qualifie les sanctions imposées au Mali par la CEDEAO et les partenaires occidentaux de «&nbsp;<em>injustes, illégales et inhumaines</em>&nbsp;». Pas de nuance, pas de ménagement. C&rsquo;est dans ce ton — celui d&rsquo;un État victime d&rsquo;une agression extérieure et en architecte de sa propre renaissance — que se construit toute l&rsquo;architecture géopolitique de ce plan de quarante ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un financement pensé sans l&rsquo;Occident</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Premier signal fort : la stratégie de financement de la Vision repose explicitement sur la mobilisation des ressources internes, en réponse à ce que le document nomme le «&nbsp;<em>durcissement des conditions et la rareté des financements concessionnels des bailleurs de fonds multilatéraux</em>&nbsp;» et le «&nbsp;<em>diktat des pays développés</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Traduction : le Mali acte qu&rsquo;il ne peut plus — ou ne veut plus — compter sur la Banque mondiale, le FMI ou l&rsquo;aide européenne dans les mêmes termes qu&rsquo;auparavant. Le secteur minier est désigné comme le moteur de substitution : plus de 500 milliards de FCFA par an en investissements générés, 10 000 milliards de recettes d&rsquo;exportation à rapatrier. L&rsquo;or, le lithium, les ressources du sous-sol malien comme levier d&rsquo;une souveraineté économique réaffirmée face à ceux qui ont cru pouvoir asphyxier le pays par les sanctions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;un choix budgétaire. C&rsquo;est une posture politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;AES comme projet civilisationnel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Vision consacre un chapitre entier à l&rsquo;Alliance des États du Sahel — Mali, Burkina Faso, Niger — née formellement en septembre 2023 et transformée en Confédération par le traité de Niamey du 6 juillet 2024, après le retrait collectif de la CEDEAO. Le document ne présente pas l&rsquo;AES comme une simple organisation régionale de sécurité. Il en fait l&rsquo;un des piliers fondateurs de la Vision : «&nbsp;<em>un ancrage irréversible dans la Confédération des États du Sahel</em>&nbsp;» figure parmi les cinq ambitions cardinales du&nbsp;«&nbsp;<em>Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Irréversible. Le mot est choisi. Il signifie que la rupture avec la CEDEAO n&rsquo;est pas conjoncturelle, pas négociable, pas destinée à être révisée lors d&rsquo;une prochaine transition politique. Elle est inscrite dans le projet de nation à long terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;AES est décrite selon le triptyque des «&nbsp;<em>trois D</em>&nbsp;» : Défense, Diplomatie, Développement. Une architecture qui rappelle, dans sa logique, celle de l&rsquo;OTAN ou de l&rsquo;Union européenne — mais orientée vers l&rsquo;émancipation du tuteur français et de ses relais institutionnels régionaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La question monétaire : vers la sortie du FCFA</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le passage le plus radical de tout le document est peut-être celui consacré à la monnaie. La Vision Mali 2063 prend acte de la «&nbsp;<em>fin progressive de l&rsquo;hégémonie du dollar</em>&nbsp;» et de l&rsquo;euro, accélérée selon elle par les sanctions occidentales contre la Russie après le conflit l’opposant à l&rsquo;Ukraine — qui a «&nbsp;<em>entamé la confiance des autres pays</em>&nbsp;» dans ces devises. Elle salue la montée en puissance des BRICS, des paiements en monnaies nationales, d&rsquo;un nouveau système monétaire adossé à des actifs tangibles : or, pétrole, lithium.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Conclusion du document : il est «&nbsp;<em>impératif, pour nos ambitions de croissance économique et de souveraineté, de quitter le FCFA</em>.&nbsp;<em>L’idéal serait certainement d’arriver à mettre à l’endroit le projet ECO. Dans le cas contraire il y’a deux possibilités :</em>&nbsp;<em>(i) une nouvelle monnaie commune avec quelques pays ayant les</em>&nbsp;<em>mêmes objectifs ou (ii) une monnaie nationale.&nbsp;</em><em>&nbsp;</em>» Une position que&nbsp;les autorités maliennes de la transition&nbsp;n&rsquo;avaient pas formulée aussi explicitement dans&nbsp;leurs&nbsp;discours publics, mais qu&rsquo;elle inscrit ici, noir sur blanc, dans son projet de société à quarante ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un document officiel, un discours de rupture</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui frappe, à la lecture de la Vision Mali 2063, c&rsquo;est la fluidité avec laquelle le langage technocratique de la planification économique se mêle au vocabulaire du souverainisme anti-occidental. Les tableaux de bord macro-économiques coexistent avec des références à «&nbsp;<em>l&rsquo;émancipation des peuples africains</em>&nbsp;», aux «&nbsp;<em>luttes pour l&rsquo;indépendance politique et la dignité humaine&nbsp;</em>», à la nécessité de «&nbsp;<em>faire respecter la souveraineté du Mali vis-à-vis des partenaires extérieurs&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un document d&rsquo;État. Mais c&rsquo;est aussi un manifeste. Et dans le Sahel de 2026, les deux ne sont plus séparables.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : comprendre la nouvelle nature de la guerre au Sahel</title>
		<link>https://saheltribune.com/mali-comprendre-la-nouvelle-nature-de-la-guerre-au-sahel/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 May 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Analyse des nouvelles dynamiques de la guerre au Sahel : évolution de la menace terroriste, rôle du Mali et de l’AES, importance de la cohésion sociale et des légitimités locales dans la stabilisation régionale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Sahel, la lutte contre le terrorisme ne se limite plus à un affrontement militaire classique. Elle s’inscrit désormais dans une conflictualité complexe mêlant enjeux sécuritaires et recompositions géopolitiques. Au cœur de cette dynamique, le Mali et l’Alliance des États du Sahel (AES) apparaissent comme un laboratoire des transformations contemporaines de la guerre.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre antiterroriste menée par les États du Sahel ne relève plus des schémas classiques de la conflictualité enseignés dans les doctrines militaires traditionnelles. Elle s’impose désormais comme un phénomène global, où s’entrecroisent dynamiques sécuritaires, crises de légitimité, tensions socio-économiques et recompositions géopolitiques, le tout structuré autour d’un enjeu central : la souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cet environnement instable, le Mali, au cœur de l’Alliance des États du Sahel (AES), ne constitue pas seulement un théâtre d’opérations, mais un espace révélateur des mutations contemporaines de la guerre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le déplacement du centre de gravité de la menace</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’évolution récente du conflit met en évidence un déplacement du centre de gravité de la menace. Longtemps confinée aux zones rurales et aux espaces périphériques, l’action des groupes armés s’oriente désormais vers les centres urbains et les lieux de pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dynamique traduit une stratégie de pression diffuse : il ne s’agit plus prioritairement de conquérir des territoires, mais de fragiliser l’État dans ses fonctions essentielles. En perturbant la continuité institutionnelle, en érodant la crédibilité des autorités et en exacerbant les fractures sociales, ces groupes visent une désorganisation progressive du corps politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette évolution, les autorités maliennes ont réaffirmé la primauté de la sécurité et de l’intégrité territoriale, notamment à travers les orientations issues du Conseil supérieur de la défense nationale du 29 avril 2026.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une réponse militaire nécessaire mais insuffisante</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les opérations menées par les Forces armées maliennes (FAMa), en coordination avec la Force unifiée de l’AES, témoignent d’une reprise d’initiative. Sécurisation des axes routiers, escortes de convois et neutralisation de groupes armés indiquent une adaptation progressive à une menace mobile et durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, cette montée en puissance militaire, bien que nécessaire, ne saurait suffire. La nature du conflit impose un changement de cadre d’analyse : il ne s’agit plus d’une confrontation linéaire entre armées régulières et groupes irréguliers, mais d’une guerre diffuse visant les structures profondes des sociétés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En s’attaquant aux économies locales, aux mécanismes de régulation sociale et au lien de confiance entre populations et institutions, les groupes armés déplacent le champ de bataille vers le tissu social lui-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le rôle stratégique des autorités traditionnelles et religieuses</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, les légitimités traditionnelles et religieuses apparaissent comme des acteurs stratégiques de premier plan. Ancrées dans les communautés et dotées d’une autorité sociale souvent antérieure à l’État moderne, elles jouent un rôle essentiel dans la régulation des conflits locaux et la cohésion sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur affaiblissement a, dans certaines zones, facilité l’implantation des groupes armés. À l’inverse, leur réintégration dans les dispositifs de stabilisation peut contribuer à restaurer l’autorité et à reconstruire le lien social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La reconnaissance de leur rôle dans le cadre institutionnel constitue une avancée, mais leur efficacité dépendra de leur intégration opérationnelle dans les politiques publiques territoriales.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’AES, une tentative de réponse régionale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l’échelle régionale, la mise en place de la Force unifiée de l’AES marque une inflexion stratégique significative. En mutualisant les moyens militaires, en coordonnant le renseignement et en harmonisant les opérations, le Mali, le Burkina Faso et le Niger entendent dépasser les limites des réponses strictement nationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dynamique traduit une volonté de réappropriation collective de la sécurité, fondée sur une souveraineté assumée et partagée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, cette recomposition s’inscrit dans un environnement géopolitique complexe. Les États sahélo-sahariens évoluent dans un espace traversé par des rivalités d’influence, des intérêts économiques divergents et des alliances fluctuantes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une stabilisation qui dépend aussi du lien social</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La stabilité d’un État repose sur un équilibre constant entre capacité militaire, solidité institutionnelle et cohésion sociale. Or, dans le contexte sahélien, cette cohésion est devenue un espace central de confrontation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les groupes armés ne ciblent plus uniquement les forces de défense : ils exploitent les fractures sociales, attisent les tensions communautaires et installent une insécurité durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, la guerre au Sahel ne peut être comprise à travers les seules catégories du terrorisme ou de la conflictualité classique. Elle se situe à l’intersection du militaire, du politique et du social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa résolution suppose une approche intégrée, combinant action sécuritaire, gouvernance territoriale, mobilisation des légitimités locales et coopération régionale. C’est de cette articulation, plus que de la seule intensité des opérations militaires, que dépendra la stabilisation durable du Mali et de l’ensemble de l’espace sahélien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mikaïlou Cissé&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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