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	<title>Archives des académie française &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
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	<title>Archives des académie française &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Boualem Sansal, du cachot à la Coupole : le prix d’un destin littéraire traversé par l’épreuve</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Jan 2026 23:22:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
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<p>Boualem Sansal, écrivain franco-algérien, élu à l'Académie française, témoigne d'un parcours remarquable entre épreuve et succès.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Gracié par les autorités algériennes après une détention qui avait ému les milieux intellectuels, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été élu à l’Académie française le 29 janvier 2026. Une consécration qui vient clore un parcours marqué par l’alternance entre épreuve politique et reconnaissance littéraire, où la prison aura paradoxalement précédé l’immortalité.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il aura fallu passer par la prison pour accéder à l’immortalité. À 81 ans, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été élu, le 29 janvier 2026, au fauteuil numéro 3 de l’Académie française, vacant depuis la mort de l’avocat et académicien Jean-Denis Bredin en 2021. Une consécration majeure, moins de trois mois après sa grâce présidentielle en Algérie, qui met en lumière un itinéraire fait d’ombres et de lumière, où le malheur semble avoir préparé le terrain du bonheur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>J’ai le sentiment d’entrer dans l’histoire de la France</em> », a confié l’auteur après son élection. Une phrase qui résume à elle seule le paradoxe d’un homme longtemps marginalisé dans son propre pays, devenu aujourd’hui l’un des symboles de la littérature francophone contemporaine.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-de-la-condamnation-a-la-reconnaissance"><strong>De la condamnation à la reconnaissance</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le 16 novembre 2024, Boualem Sansal est arrêté à Alger. Il est ensuite condamné à cinq ans de prison pour « <em>atteinte à l’unité nationale </em>», à la suite de déclarations controversées sur les frontières entre l’Algérie et le Maroc. Son incarcération provoque une onde de choc dans les milieux intellectuels européens et africains. De nombreux écrivains, éditeurs et gouvernements plaident pour sa libération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En novembre 2025, Abdelmadjid Tebboune lui accorde finalement une grâce présidentielle, sur intercession diplomatique, notamment de l’Allemagne. L’écrivain sort affaibli physiquement, mais renforcé symboliquement. Son sort est désormais indissociable de la question de la liberté d’expression dans le monde arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette séquence dramatique agit comme un révélateur. Celui qui doutait encore de sa légitimité à briguer un siège à l’Académie française franchit le pas quelques semaines plus tard.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-je-n-aurais-jamais-ose-viser-l-everest"><strong>« Je n’aurais jamais osé viser l’Everest »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avant son arrestation, Boualem Sansal reconnaissait qu’il n’aurait jamais « <em>osé</em> » s’attaquer à ce qu’il appelait « <em>l’Everest</em> » de l’Académie française. Pourtant, l’institution du Quai de Conti n’avait cessé de lui envoyer des signes de reconnaissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2013, elle lui avait décerné le prix de la francophonie. En 2015, il recevait le Grand Prix du roman pour <em>2084</em>, partagé avec Hédi Kaddour. Autant d’étapes préparatoires à une consécration qui paraissait encore improbable pour cet ancien haut fonctionnaire algérien devenu écrivain dissident.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son élection, intervenue après plusieurs candidatures – la sienne ayant été déposée à la dernière minute le 8 janvier 2026 – apparaît ainsi comme l’aboutissement d’un long chemin de légitimation littéraire, mais aussi morale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-victoire-personnelle-et-symbolique"><strong>Une victoire personnelle et symbolique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Réunis à huis clos sous la Coupole, les académiciens ont choisi Boualem Sansal parmi six candidats. Il rejoint désormais les rangs des « <em>immortels</em> », aux côtés de figures comme Amin Maalouf, Jean-Christophe Rufin, Sylviane Agacinski, Chantal Thomas ou Erik Orsenna. Sur les quarante sièges que compte l’Académie, cinq restent aujourd’hui vacants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son accession à cette institution prestigieuse revêt une dimension politique et symbolique. Elle consacre un écrivain dont l’œuvre n’a cessé d’interroger les dérives autoritaires, les enfermements idéologiques et la mémoire des sociétés maghrébines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle consacre aussi une trajectoire faite de ruptures, où l’épreuve devient moteur de reconnaissance. L’emprisonnement, loin de l’effacer, l’a projeté au centre de la scène intellectuelle internationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-l-epreuve-devient-tremplin"><strong>Quand l’épreuve devient tremplin</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire de Boualem Sansal illustre une dialectique ancienne : celle d’un destin façonné par l’alternance entre le malheur et le bonheur. La disgrâce politique a précédé la gloire littéraire ; la prison a précédé l’Académie ; la solitude a précédé l’immortalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un monde où les écrivains sont parfois réduits au silence, son parcours rappelle que la littérature peut survivre à la répression et que la reconnaissance peut naître de l’épreuve. À 81 ans, Boualem Sansal n’entre pas seulement à l’Académie française : il y entre avec un récit personnel qui épouse les fractures de son époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De la cellule à la Coupole, son itinéraire dit une chose essentielle : certaines promotions ne s’obtiennent qu’après avoir traversé toutes les péripéties du destin.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le/la Covid ? Réouvrir ou rouvrir ? Les leçons de grammaire du coronavirus</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2020 17:05:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Santé]]></category>
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<p>Le Covid-19 a apporté son lot de nouveaux mots (lundimanche, apérue, coronabdos, voire encore corona-boomeurs, whatsappéros ou coronapéro), mais aussi de nouveaux débats linguistiques.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://theconversation.com/profiles/mathieu-avanzi-416739">Mathieu Avanzi</a>, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/sorbonne-universite-2467">Sorbonne </a><a href="https://theconversation.com/institutions/sorbonne-universite-2467" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Université</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Covid-19 a apporté son lot de <a href="https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2020/04/27/lundimanche-aperue-coronabdos-les-nouveaux-mots-du-confinement_6037915_4497916.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">nouveaux </a><a href="https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2020/04/27/lundimanche-aperue-coronabdos-les-nouveaux-mots-du-confinement_6037915_4497916.html">mots</a> (<em>lundimanche</em>, <em>apérue</em>, <em>coronabdos</em>, <a href="https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/chloroquine-quatorzaine-coronapero-les-mots-qui-nous-ont-accompagnes-pendant-la-crise-20200503">voire </a><a href="https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/chloroquine-quatorzaine-coronapero-les-mots-qui-nous-ont-accompagnes-pendant-la-crise-20200503" target="_blank" rel="noreferrer noopener">encore </a><em>corona</em>&#8211;<em>boomeurs</em>, <em>whatsappéros</em> ou <em>coronapéro</em>), mais aussi de nouveaux débats linguistiques. Exit le <a href="https://theconversation.com/pain-au-chocolat-vs-chocolatine-fight-85923" target="_blank" rel="noreferrer noopener">match </a>« pain au chocolat vs chocolatine », et place à des questionnements davantage en rapport avec les nouvelles réalités auxquelles sont désormais confrontés les francophones.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.franceculture.fr/sciences-du-langage/doit-dire-le-ou-la-covid-19" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Doit</a><a href="https://www.franceculture.fr/sciences-du-langage/doit-dire-le-ou-la-covid-19">-on dire</a> « le » ou « la » Covid-19 ? « Rouvrir » ou « réouvrir » : <a href="https://www.rtl.fr/culture/arts-spectacles/rouvrir-ou-reouvrir-que-faut-il-dire-et-ecrire-7800466522" target="_blank" rel="noreferrer noopener">que faut-il</a> dire et écrire ? <a href="https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/coronavirus-faut-il-dire-quatorzaine-quarantaine-1799024.html">Et </a><a href="https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/coronavirus-faut-il-dire-quatorzaine-quarantaine-1799024.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">sinon</a>, faut-il dire « quatorzaine » ou « quarantaine » ? Sur les réseaux sociaux, les internautes échangent des arguments en faveur de l’une ou de l’autre réponse à ces questions, sans jamais réussir à se mettre d’accord.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le ou la Covid-19&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cas du mot <strong>covid-19</strong>, le débat porte sur le genre du mot. Doit-on dire <em>la</em> Covid-19, puisqu’il s’agit d’une maladie&nbsp;; ou <em>le</em> Covid-19, puisque c’est un virus&nbsp;? Quand l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a proposé ce terme le 11&nbsp;février dernier, elle n’a pas précisé son genre (car en anglais la question ne se pose pas).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi, à partir de la mi-mars, et malgré l’utilisation du féminin sur le <a href="https://www.who.int/fr/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/technical-guidance/naming-the-coronavirus-disease-(covid-2019)-and-the-virus-that-causes-it" target="_blank" rel="noreferrer noopener">site </a><a href="https://www.who.int/fr/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/technical-guidance/naming-the-coronavirus-disease-(covid-2019)-and-the-virus-that-causes-it">français</a> de l’OMS, les journalistes de France ont spontanément pris l’habitude de l’employer avec des articles masculins (<em>le</em>, <em>un</em>, <em>ce</em>, etc.). La règle voulant qu’en français, le genre de l’acronyme soit déterminé par le genre du premier mot (<em>co-</em> vient de « corona », <em>vi-</em> de « virus » et <em>d-</em> de l’anglais <em>disease</em> qui veut dire « maladie » ; <em>19</em> indique l’année de l’apparition du virus), et que le genre du mot <em>corona</em> soit masculin en français.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis les internautes leur ont emboîté le pas. C’est ainsi que l’usage du masculin s’est installé dans les pratiques des Français, comme le montre ce graphique réalisé à partir des requêtes sur Google au cours des 90&nbsp;derniers jours en France. La séquence «&nbsp;la covid&nbsp;» est quasiment inexistante en face de la séquence «&nbsp;le covid&nbsp;»&nbsp;:</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/335060/original/file-20200514-77263-18zuvn7.png?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip" alt=""/><figcaption>Author provided</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Outre-Atlantique en revanche, très tôt, une note a circulé encourageant <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1657532/covid-linguistique-virus-epidemie-wuhan-usage">l’usage du </a><a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1657532/covid-linguistique-virus-epidemie-wuhan-usage" target="_blank" rel="noreferrer noopener">féminin </a>(« la covid »), laquelle a été suivie quasi immédiatement d’une <a href="http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=26557671" target="_blank" rel="noreferrer noopener">notice </a>de l’Office québécois de la langue française (OQLF), le grand organisme qui régule la langue au Québec. Si bien qu’aujourd’hui les deux variantes sont en concurrence dans la Belle Province.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/335061/original/file-20200514-77243-1fel0n4.png?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip" alt=""/><figcaption>Author provided</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les Québécois garderont-ils les deux genres, ou basculeront-ils du côté du féminin&nbsp;? Difficile de répondre à cette question pour le moment, il faudra encore être patient pour voir si l’une des deux formes prend le dessus sur l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’Hexagone, <a href="http://www.culture.fr/franceterme">France </a><a href="http://www.culture.fr/franceterme" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Terme</a>, qui publie les résultats de la Commission d’enrichissement de la langue française chargée de nommer en français les réalités nouvelles et les innovations scientifiques et techniques, n’a pas encore proposé de recommandations (alors qu’elle a établi une liste de termes alternatifs aux anglicismes liés au Covid-19 qui commençaient à <a href="https://www.culture.gouv.fr/Actualites/coronavirus-les-mots-pour-le-dire" target="_blank" rel="noreferrer noopener">gagner </a><a href="https://www.culture.gouv.fr/Actualites/coronavirus-les-mots-pour-le-dire">du terrain</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à l’Académie française, elle vient de rendre <a href="https://www.bfmtv.com/societe/le-covid-ou-la-covid-l-academie-francaise-tranche-pour-le-feminin-1912676.html">son </a><a href="https://www.bfmtv.com/societe/le-covid-ou-la-covid-l-academie-francaise-tranche-pour-le-feminin-1912676.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">verdict</a>, en optant pour l’usage du féminin, suivant en cela l’OMS et l’OQLF. Mais c’est sans doute déjà trop tard…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des écoles qui rouvrent ou réouvrent&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le couple <strong>rouvrir/réouvrir</strong> a également fait l’objet de pas mal de débats sur les réseaux sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’argument invoqué par les opposants à la variante <em>réouvrir</em> est que cette forme est peu plaisante à l’oreille (les linguistes diraient qu’elle n’est pas euphonique), en raison du fait qu’elle comporte deux voyelles contiguës (ce qu’on appelle techniquement un hiatus).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant la plupart des dictionnaires commerciaux et libres la mentionnent dans leurs nomenclatures, comme le rappelle le linguiste belge <a href="https://plus.lesoir.be/297992/article/2020-05-01/rouvrir-ou-reouvrir-inutile-de-sortir-de-vos-gonds" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Michel </a><a href="https://plus.lesoir.be/297992/article/2020-05-01/rouvrir-ou-reouvrir-inutile-de-sortir-de-vos-gonds">Francard</a>. On trouve <em>réouverture</em> dans les pages du <em>Larousse</em> (mais il est absent du <em>Robert</em>), dans le <a href="https://www.cnrtl.fr/definition/r%C3%A9ouverture" target="_blank" rel="noreferrer noopener">TFLi </a>(mais pas dans le <em>Littré</em>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand on y pense bien, ce n’est pas étonnant, sachant qu’existent dans la langue de nombreux verbes commençant par le préfixe <em>ré-</em> (et non <em>r-</em>) suivi d’une voyelle&nbsp;: <em>réapprovisionner</em>, <em>réentendre</em>, <em>réécouter</em>, etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En jetant un coup d’œil aux pratiques des twittos en France (Twitter permet de ne chercher que dans les tweets envoyés pendant les neuf derniers jours), on peut voir que même si l’utilisation de <em>rouvrir</em> est majoritaire, celle de <em>réouvrir</em> est loin d’être nulle&nbsp;:</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/335102/original/file-20200514-77263-yzgouq.png?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip" alt=""/><figcaption>Author provided</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La variante <em>réouvrir</em> reste toutefois fort stigmatisée, ce qui explique sans doute pourquoi elle est moins employée (trois fois moins, proportionnellement) que sa concurrente <em>rouvrir</em>. Les internautes ont en effet tendance à l’associer à une mauvaise maîtrise de la langue française, qui serait le propre «&nbsp;des jeunes qui ne savent plus parler&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que diraient pourtant ces censeurs s’ils savaient qu’on trouve cette forme déjà au début XVII<sup>e</sup> siècle, puis régulièrement sous la plume d’écrivains aussi célèbres que Céline ou Stendhal, et tout récemment <a href="https://twitter.com/20Minutes/status/1255130147377709062?s=20">dans le </a><a href="https://twitter.com/20Minutes/status/1255130147377709062?s=20" target="_blank" rel="noreferrer noopener">discours </a>de notre premier ministre Édouard Philippe ou dans les tweets du ministre de l’Éducation, Jean‑Michel Blanquer ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quarantaine ou quatorzaine&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre néologisme qui irrite pas mal d’internautes, le terme <strong>quatorzaine</strong>, qui tend à remplacer depuis quelques semaines le classique <strong>quarantaine</strong>. Sémantiquement, le mot <em>quarantaine</em> est une sorte de terme générique pouvant évoquer une durée variable, alors que <em>quatorzaine</em> est beaucoup plus précis, ce qui explique son succès dans le contexte que l’on vit actuellement, comme l’explique notre collègue <a href="https://information.tv5monde.com/video/quatorzaine-le-neologisme-de-la-crise-du-covid-19-l-humeur-de-linda">Myriam </a><a href="https://information.tv5monde.com/video/quatorzaine-le-neologisme-de-la-crise-du-covid-19-l-humeur-de-linda" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bergeron </a><a href="https://information.tv5monde.com/video/quatorzaine-le-neologisme-de-la-crise-du-covid-19-l-humeur-de-linda">Maguire</a>. Beaucoup ont argumenté que le mot n’est pas légitime car il ne figure pas dans les dictionnaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais quand on y pense bien, est-ce là un motif valable pour le rejeter, sachant que tous les néologismes ont d’abord commencé par ne pas être dans « le » dictionnaire, par la force des choses ? En sont témoin les mots <em>déconfinement</em> et <em>reconfinement</em>, qui ont connu une notoriété soudaine plus ou moins au même moment dans les médias, mais qui ne figurent ni dans le <em>Robert</em>, ni dans le <em>Larousse</em> (le premier vient tout juste d’apparaître dans le <a href="https://fr.wiktionary.org/wiki/d%C3%A9confinement" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Wiktionnaire</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment les mots entrent dans la langue&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu’un mot nouveau entre dans la langue, il arrive que les règles régissant son usage (masculin ou féminin, formes de pluriel, dérivations, etc.) ne soient pas fixées du premier coup, et que des variantes concurrentes circulent. C’est ensuite l’usage – des internautes, des journalistes, des écrivains mais aussi des simples locuteurs – qui permet de faire pencher la balance en faveur de l’une ou de l’autre variante. En bout de chaîne, ce sont les dictionnaires qui entérinent l’issue de ces débats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’une des deux variantes prend clairement le dessus, l’autre est soit abandonnée (elle sort alors de l’usage, et n’est pas reprise par les dictionnaires), soit considérée comme «&nbsp;marquée&nbsp;» (régionale, archaïque, technique ou autre). Ce sera sans doute le cas du genre féminin de covid, qui devrait être accompagné de l’étiquette «&nbsp;régional&nbsp;» dans les dictionnaires fabriqués en France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Signalons toutefois que ce genre de question n’est jamais réglé rapidement&nbsp;: le processus peut prendre du temps, et les usages coexister pendant des siècles (voir notamment le couple <em>rouvrir/réouvrir</em>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, les chances de voir apparaître de nouveaux mots dans la nomenclature des dictionnaires dépendent de leur vitalité, sur le long terme. Les processus de <em>déconfinement</em> et de <em>reconfinement</em> seront-ils des réalités avec lesquelles il faudra apprendre à vivre dans les années à venir&nbsp;? Pendant combien de temps mettra-t-on encore les gens en <em>quatorzaine</em>&nbsp;? Les réponses à ces questions seront cruciales pour les lexicologues en charge des prochaines éditions de dictionnaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://theconversation.com/profiles/mathieu-avanzi-416739" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mathieu </a><a href="https://theconversation.com/profiles/mathieu-avanzi-416739">Avanzi</a>, Maître de conférences en linguistique francaise, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/sorbonne-universite-2467" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sorbonne </a><a href="https://theconversation.com/institutions/sorbonne-universite-2467">Université</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet article est republié à partir de <a href="https://theconversation.com">The </a><a rel="noreferrer noopener" href="https://theconversation.com" target="_blank">Conversation </a>sous licence Creative Commons. Lire l’<a href="https://theconversation.com/le-la-covid-reouvrir-ou-rouvrir-les-lecons-de-grammaire-du-coronavirus-138633">article </a><a rel="noreferrer noopener" href="https://theconversation.com/le-la-covid-reouvrir-ou-rouvrir-les-lecons-de-grammaire-du-coronavirus-138633" target="_blank">original</a>.</p>



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