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	<title>Archives des Sécurité au Sahel : tenez-vous informé &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>IA militaire : comment les drones autonomes transforment les guerres du XXIe siècle</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le Global Peace Index 2026 révèle l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle dans les conflits armés. Drones autonomes, ciblage algorithmique et guerre à vitesse machine redessinent les rapports de force, tandis que l’Afrique reste largement absente des instances de gouvernance de l’IA militaire.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le chapitre « IA, conflits et paix » du Global Peace Index 2026 dresse un tableau saisissant : les frappes de drones ont été multipliées par 115 en sept ans, le temps entre détection d&rsquo;une cible et tir est passé d&rsquo;une journée à cinq secondes, et 37 000 Palestiniens ont été identifiés comme cibles par un algorithme en vingt secondes de revue humaine par frappe. Pendant ce temps, l&rsquo;Afrique est largement absente des 118 États qui ne participent à aucune instance de gouvernance de l&rsquo;IA militaire.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chiffre donne le vertige et mérite d&rsquo;être lu attentivement : entre 2018 et 2025, les frappes de drones ont augmenté de 11 500 %. Pas de 11 500 unités supplémentaires — de 11 500 pour cent. On est passé de 364 événements recensés en 2018 à plus de 42 000 en 2025. Pas moins de 565 groupes armés différents — États et acteurs non étatiques confondus — ont conduit au moins une attaque par drone sur cette période. Le nombre d&rsquo;États ayant enregistré au moins une frappe de drone a plus que doublé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est l&rsquo;une des conclusions les plus frappantes du chapitre consacré à l&rsquo;intelligence artificielle dans la guerre, publié dans la 20e édition du&nbsp;<em>Global Peace Index (GPI) de l&rsquo;Institut for Economics &amp; Peace (IEP)</em>. Ce chapitre constitue la première analyse systématique et comparative de l&rsquo;intégration de l&rsquo;IA dans les conflits armés actuels — Ukraine, Gaza, Iran — et de ses implications pour la gouvernance mondiale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ukraine : le laboratoire mondial de la guerre autonome</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est en Ukraine que la révolution des drones autonomes est la plus avancée. D&rsquo;ici fin 2025, l&rsquo;agence ukrainienne de défense avait livré 2,4 millions de drones FPV (first-person view) en un an, avec une capacité de production nationale atteignant jusqu&rsquo;à cinq millions d&rsquo;unités annuelles via plus de 500 fabricants domestiques. La guerre en Ukraine représente à elle seule 57 % de toutes les frappes de drones mondiales en 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les systèmes ukrainiens ne sont plus de simples projectiles télécommandés. Plusieurs d&rsquo;entre eux utilisent désormais la vision artificielle et l&rsquo;IA embarquée dans la phase terminale d&rsquo;une frappe. Le drone Saker Scout peut identifier 64 catégories d&rsquo;équipements militaires russes et conduire des frappes autonomes après avoir perdu sa liaison GPS ou radio. Du côté russe, le V2U — loitering munition dont la technologie a été confirmée par les services ukrainiens en juin 2025 — utilise une puce Nvidia Jetson Orin pour sélectionner ses cibles de manière entièrement autonome, sans opérateur une fois en vol.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« En mai 2025, sept unités V2U ont rompu leur mission planifiée, formé de manière autonome un pattern d&rsquo;attente, puis coordonné des frappes sur une colonne de véhicules et de civils. »</em>, rapporte le&nbsp;Global Peace Index 2026, IEP.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le temps entre la détection d&rsquo;une cible et le tir est passé d&rsquo;environ une journée avec les missiles de croisière des années 1990, à moins d&rsquo;une minute avec le système GIS Arta ukrainien, à cinq secondes avec le V2U russe. Cette compression du «&nbsp;<em>kill chain</em>&nbsp;» à vitesse machine est l&rsquo;une des transformations les plus profondes de la guerre moderne — et l&rsquo;une des moins régulées.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Gaza : quand un algorithme désigne 37 000 personnes à la mort</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;Ukraine montre la prolifération des drones, Gaza illustre quelque chose de plus inquiétant : l&rsquo;entrée de l&rsquo;IA dans le cœur cognitif du ciblage militaire. Le rapport du GPI 2026 analyse en détail deux systèmes révélés par des enquêtes journalistiques et confirmés par des sources militaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier, Habsora — «&nbsp;<em>l&rsquo;Évangile</em>&nbsp;» —, a été présenté par un porte-parole des Forces de défense israéliennes comme un système produisant automatiquement des cibles à grande vitesse. Selon l&rsquo;ancien chef d&rsquo;état-major des FDI, une fois activé, le système générait 100 nouvelles cibles par jour, contre une cinquantaine par an auparavant. Le second, Lavender, a identifié jusqu&rsquo;à 37 000 Palestiniens comme militants présumés. Le taux d&rsquo;erreur interne était connu : 10 %. La revue humaine était réduite à environ vingt secondes par cible — le temps de confirmer que la cible était de sexe masculin. Un système complémentaire, baptisé «&nbsp;<em>Where&rsquo;s Daddy ?</em>&nbsp;», permettait de frapper les cibles lorsqu&rsquo;elles rentraient chez elles le soir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les frappes sur les cibles identifiées comme militants juniors, les commandants autorisaient jusqu&rsquo;à quinze à vingt morts civils par frappe. Une enquête conjointe publiée en août 2025, basée sur une base de données militaire israélienne révélée, estimait 8 900 combattants Hamas et Jihad islamique tués — sur environ 53 000 morts palestiniens recensés à la même période par les autorités sanitaires de Gaza.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;infrastructure pour la guerre par IA est déjà sur le terrain. L&rsquo;infrastructure pour la paix par IA reste fragmentée, sous-financée et non coordonnée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Iran 2026 : la guerre à vitesse machine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième démonstration opérationnelle de l&rsquo;IA militaire est la plus récente. L&rsquo;Opération Epic Fury, conduite en février 2026 par les États-Unis et Israël contre les infrastructures nucléaires, de commandement et de missiles iraniens, a montré ce que signifie la guerre multi-domaine à vitesse machine. Selon les déclarations américaines et israéliennes : 200 avions israéliens ont frappé environ 500 cibles, pendant que les forces américaines conduisaient 900 frappes — le tout dans les douze premières heures. L&rsquo;Iran a répondu simultanément dans neuf pays avec plusieurs centaines de missiles et de drones.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La coordination de cette simultanéité — ciblage, synchronisation inter-armées, gestion des contre-mesures — à cette échelle et à cette vitesse n&rsquo;est pas réalisable sans systèmes de planification et d&rsquo;allocation des cibles assistés par IA. C&rsquo;est précisément ce que les systèmes comme le Maven Smart System du Pentagone — dont le contrat est passé de 480 millions de dollars à 1,3 milliard en douze mois — sont conçus pour faire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>118 États absents de toute gouvernance IA — et l&rsquo;Afrique ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette révolution militaire, la réponse internationale est dramatiquement insuffisante. Le GPI 2026 recense sept grandes initiatives internationales de gouvernance de l&rsquo;IA. Sur les 193 États membres de l&rsquo;ONU, 118 ne participent à aucune d&rsquo;entre elles. La carte de la gouvernance IA mondiale est presque l&rsquo;inverse de la carte de la conflictualité : les pays qui souffrent le plus des guerres — Sahel, Corne de l&rsquo;Afrique, Afrique centrale — sont les plus absents des instances qui décident des règles de l&rsquo;IA militaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sommet de Bletchley en 2023, celui de Séoul en 2024, la résolution de l&rsquo;ONU sur les armes létales autonomes de novembre 2025 : ce sont des amorces de cadre, mais toutes non contraignantes. Et significativement, lors du Sommet de Paris en février 2025, les États-Unis et le Royaume-Uni ont refusé de signer la déclaration finale — première fracture majeure entre les signataires originels de Bletchley. L&rsquo;IA militaire s&rsquo;accélère. La gouvernance, elle, recule.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;IA pour la paix : une promesse en attente de financement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le GPI 2026 documente également l&rsquo;autre face de l&rsquo;IA — ses usages pour la paix. L&rsquo;IA est utilisée pour la médiation, la documentation des crimes de guerre, l&rsquo;accès linguistique aux informations humanitaires et l&rsquo;alerte précoce des conflits. Des outils comme ceux du&nbsp;<em>Yale Humanitarian Research Lab</em>&nbsp;ont permis de localiser 19 500 enfants ukrainiens déportés dans 210 établissements russes et biélorusses grâce à l&rsquo;imagerie satellitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le contraste de financement est abyssal. Les programmes documentés d&rsquo;IA pour la paix fonctionnent à trois à quatre ordres de grandeur en dessous des investissements en IA militaire. Pour faire simple : pour chaque million de dollars investi dans l&rsquo;IA pour la paix, des milliers de millions sont investis dans l&rsquo;IA pour la guerre. Pour l&rsquo;Afrique — continent qui concentre certains des conflits les plus meurtriers mais qui est quasi absent de la compétition technologique mondiale —, cette asymétrie n&rsquo;est pas seulement injuste. Elle est potentiellement existentielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Guinée : près de 10 morts dans l’éboulement d’une mine d’or artisanale à Kintignan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2026 23:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Un glissement de terrain sur un site d’orpaillage artisanal à Kintignan, dans le nord-est de la Guinée, a fait près de 10 morts. Les recherches se poursuivent dans des conditions difficiles, tandis que la sécurité des mines artisanales est de nouveau mise en cause.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Un glissement de terrain survenu lundi 8 juin à Kintignan, dans le nord-est du pays, a enseveli deux camions-bennes transportant des orpailleurs. Deux jours après le drame, les secours poursuivaient leurs recherches dans des conditions difficiles — pleine saison des pluies, matériel insuffisant — avec la crainte d&rsquo;un bilan bien plus lourd.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un drame que les habitants de Haute-Guinée connaissent trop bien. Lundi 8 juin 2026, un violent glissement de terrain s&rsquo;est produit sur le site d&rsquo;orpaillage artisanal de Kintignan, dans le nord-est de la Guinée. Selon un bilan provisoire fourni par les secours et des sources locales, la catastrophe a causé la mort de près de dix personnes, fait plusieurs blessés et laissé un nombre indéterminé de disparus. Deux jours après les faits, les opérations de recherche se poursuivaient mercredi 10 juin, dans des conditions particulièrement difficiles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Deux camions ensevelis, un bilan qui pourrait s&rsquo;alourdir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui rend ce drame potentiellement plus grave encore, c&rsquo;est la présence de deux camions-bennes au moment du glissement de terrain. L&rsquo;un d&rsquo;eux transportait dix-huit personnes : sept ont réussi à s&rsquo;échapper avant que les tonnes de terre ne s&rsquo;effondrent, quatre ont été blessées, et sept ont trouvé la mort. Le sort de l&rsquo;équipage du second camion reste inconnu au moment où nous écrivons ces lignes, faisant craindre aux secouristes un bilan final beaucoup plus lourd.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les opérations de recherche et de sauvetage sont rendues particulièrement périlleuses par les conditions météorologiques — la Guinée est en pleine saison des pluies — et par le manque criant de matériel adapté. La zone de Kintignan, enclavée dans les reliefs du nord-est du pays, est difficilement accessible, et les équipes doivent travailler à mains nues ou avec des moyens rudimentaires pour tenter de retrouver d&rsquo;éventuels survivants ou d&rsquo;autres victimes ensevelies sous les décombres.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;orpaillage artisanal : une loterie mortelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce type de catastrophe n&rsquo;est pas exceptionnel en Haute-Guinée. La région, dotée de sous-sols riches en métaux précieux, attire depuis des décennies des travailleurs venus de toute l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest — Mali, Burkina Faso, Sénégal, Guinée-Bissau — qui viennent tenter leur chance dans les mines artisanales, légales ou abandonnées, espérant y trouver l&rsquo;or qui transformerait leur vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réalité est souvent tout autre. Ces sites sont exploités sans plans d&rsquo;extraction sérieux, sans étaiement des galeries, sans équipement de sécurité digne de ce nom. Les carrières à ciel ouvert, comme celle de Kintignan, sont soumises aux aléas des pluies tropicales qui saturent les sols et fragilisent les parois des excavations. La saison des pluies — qui court de mai à octobre — est la période la plus dangereuse, mais aussi, paradoxalement, l&rsquo;une des plus fréquentées : les orpailleurs profitent de l&rsquo;eau pour le lavage du gravier aurifère.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Ils ne respectent aucune règle. Les responsables du site savent que c&rsquo;est dangereux, mais personne ne vient jamais vérifier. Et quand il y a un mort, tout continue comme avant. »</em>, explique une Source locale à Kintignan, citée par des médias.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Colère et impunité : le cri des familles</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Deux jours après le drame, la population de Kintignan et les familles endeuillées ne cachent pas leur colère. Ils dénoncent l&rsquo;absence de contrôles sérieux sur ces sites d&rsquo;extraction, le non-respect systématique des normes élémentaires de sécurité, et l&rsquo;impunité dont bénéficient les exploitants en cas d&rsquo;accident. Les mesures de prévention sont insuffisantes, les inspections rares, et les sanctions quasi inexistantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas la première fois qu&rsquo;un drame de ce type endeuille la Haute-Guinée. Des éboulements similaires ont déjà fait des dizaines de victimes dans la région ces dernières années, sans que les conditions d&rsquo;exploitation ne changent fondamentalement. La précarité des travailleurs — dont beaucoup sont des migrants sans papiers, vivant dans une économie informelle et exposés à tous les abus — les rend particulièrement vulnérables et peu enclins à signaler les dangers aux autorités, de peur d&rsquo;être chassés du site.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Guinée est l&rsquo;un des pays africains les plus riches en ressources minières — bauxite, fer, or, diamants — mais les retombées de cette richesse peinent à atteindre les populations les plus exposées à ses risques. À Kintignan comme ailleurs, l&rsquo;or que ces hommes cherchent au péril de leur vie ne leur appartient déjà plus avant même qu&rsquo;ils ne l&rsquo;aient trouvé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : quand l&#8217;État reprend le terrain — mètre carré par mètre carré, cylindrée par cylindrée</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Jun 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Le Mali renforce sa stratégie de lutte contre le terrorisme avec l’interdiction des motos de plus de 125 cm³ et le classement de 39 forêts en zones militaires. Analyse d’une doctrine de reconquête territoriale visant à priver les groupes armés de leurs sanctuaires et de leurs moyens de mobilité.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En vingt-quatre heures, Bamako a interdit les motos de plus de 125 cm³ sur l&rsquo;ensemble du territoire et classé 39 forêts en zones militaires fermées. Deux décisions que les commentateurs pressés lisent comme des restrictions. Ce sont en réalité deux batailles dans une même guerre : celle de la reconquête de la souveraineté territoriale.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre contre le terrorisme sahélien se gagne ou se perd dans les détails logistiques. Les groupes armés terroristes ne sont pas des armées conventionnelles dotées de chars et de pièces d&rsquo;artillerie. Ce sont des réseaux de mobilité légère, d&rsquo;infiltration forestière et de soutien civil contraint. C&rsquo;est exactement ce que les deux arrêtés du 3 juin 2026 s&#8217;emploient à neutraliser, l&rsquo;un en verrouillant les refuges naturels, l&rsquo;autre en coupant l&rsquo;accès aux vecteurs de déplacement rapide. Critiquer ces mesures sans comprendre leur logique opérationnelle, c&rsquo;est lire la guerre avec des lunettes de temps de paix.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La moto : l&rsquo;arme tactique que personne ne voulait réguler</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avant de parler de liberté commerciale ou de droits des importateurs, parlons stratégie. Dans tout le Sahel, la moto de forte cylindrée — 125 cm³ et plus — est devenue depuis dix ans l&rsquo;arme tactique de prédilection des groupes armés terroristes. Elle est rapide, silencieuse comparée à un véhicule à moteur, capable de traverser des terrains que les véhicules militaires ne peuvent pas emprunter, facile à dissimuler, simple à entretenir et d&rsquo;acquisition aisée sur les marchés locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les attaques de villages, les assassinats ciblés d&rsquo;élus locaux, les enlèvements, les poses d&rsquo;engins explosifs improvisés sur les pistes : dans l&rsquo;immense majorité des cas documentés au Mali, au Burkina Faso et au Niger, ces actions ont été conduites par des hommes à moto. L&rsquo;armée française, pendant l&rsquo;opération Barkhane, avait <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/docs/RINFANR5L15B2696.raw" target="_blank" rel="noreferrer noopener">identifié ce phénomène dès 2014</a> et tenté, avec des résultats limités, de cartographier les flux d&rsquo;approvisionnement en motocyclettes dans la bande sahélo-saharienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La décision de Bamako d&rsquo;interdire l&rsquo;importation, le transit, la commercialisation et la distribution des motos de 125 cm³ et plus (arrêté interministériel n°2026-1313, signé par cinq ministères) n&rsquo;est pas une mesure économique déguisée. C&rsquo;est une décision de guerre. Elle vise à assécher l&rsquo;approvisionnement en engins de combat légers des groupes armés qui opèrent sur le territoire malien. Le fait qu&rsquo;elle pénalise également des usages civils légitimes — transport rural, artisanat, commerce — est un coût réel, assumé, dans le cadre d&rsquo;une logique de guerre totale contre un ennemi qui se nourrit de la porosité des marchés civils.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les forêts comme théâtres de guerre : la logique de l&rsquo;opération DOUGOUKOLOKO</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le second arrêté — n°2026-1311, signé le même jour sous l&rsquo;égide de six ministères — est encore plus révélateur de l&rsquo;évolution doctrinale de l&rsquo;armée malienne. Trente-neuf forêts et parcs nationaux sont classés «&nbsp;<em>Zones d&rsquo;intérêt militaire d&rsquo;accès interdit à la population civile</em>&nbsp;». L&rsquo;accès y est strictement soumis à l&rsquo;autorisation d&rsquo;une autorité militaire locale, placée sous la responsabilité directe du chef d&rsquo;état-major général des Armées. Seuls les militaires, les forces de sécurité, les Douanes et les Eaux et Forêts peuvent y pénétrer sur ordre de la hiérarchie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce texte abroge et remplace l&rsquo;arrêté de décembre 2023 qui gérait ces mêmes zones sous l&rsquo;égide de l&rsquo;opération «&nbsp;<em>Maliko</em>&nbsp;» avec un régime d&rsquo;accès simplement limité. Le passage d&rsquo;un accès limité à un accès strictement interdit marque un changement de doctrine fondamental : il ne s&rsquo;agit plus de surveiller ces espaces, mais de les vider de toute présence civile pour y conduire des opérations militaires sans risque de dommages collatéraux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La géographie des sites concernés dit tout de la stratégie. Les forêts visées couvrent l&rsquo;ensemble du territoire malien, du nord au sud, de l&rsquo;est à l&rsquo;ouest : la forêt de la Faya à Zantiguila, les monts Manding à Faraba, les forêts de Keniebaoulé et Bossofala près de Bamako, le Parc national de la Boucle du Baoulé, la forêt de Wagadou à Nara, les forêts de Faïra à Ségou, de Sossebougou à Macina, de Tangadrin à Goundam. Ce sont les refuges naturels que les groupes armés exploitent depuis des années pour préparer leurs attaques, stocker des armes et se déplacer à l&rsquo;abri des frappes aériennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre asymétrique impose des réponses asymétriques. La liberté de circuler dans une forêt pèse peu face à la liberté de ne pas être massacré dans son village.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La doctrine de la reconquête : une cohérence stratégique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui frappe, dans la lecture conjointe de ces deux arrêtés, c&rsquo;est leur cohérence doctrinale. Les groupes armés terroristes opèrent selon un triptyque bien documenté par les spécialistes du contre-terrorisme : mobilité, sanctuarisation, soutien logistique civil contraint. L&rsquo;arrêté sur les motos s&rsquo;attaque à la mobilité. L&rsquo;opération DOUGOUKOLOKO s&rsquo;attaque à la sanctuarisation. Les deux ensembles commencent à construire ce que les armées appellent un «&nbsp;<em>environnement dégradé</em>&nbsp;» pour l&rsquo;ennemi — un espace dans lequel ses avantages comparatifs sont progressivement érodés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette approche est cohérente avec l&rsquo;évolution générale de la doctrine contre-insurrectionnelle dans les conflits asymétriques. Des opérations similaires ont été menées en Colombie contre les FARC, en Malaisie lors de l&rsquo;urgence de 1948-1960, aux Philippines contre Abu Sayyaf. Dans chacun de ces cas, la reconquête territoriale est passée par la fermeture administrative des sanctuaires naturels et le contrôle des flux de mobilité des combattants.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Mali fait ce que d&rsquo;autres ont refusé de faire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut le dire clairement : ces décisions ont le mérite d&rsquo;exister. Pendant des années, les gouvernements successifs du Mali — et les partenaires internationaux qui les accompagnaient — ont reculé devant les mesures contraignantes, par peur des réactions de l&rsquo;opinion, des pressions économiques ou des critiques des organisations de défense des droits humains. Résultat : les groupes armés ont prospéré dans les forêts maliennes, se sont équipés sur les marchés maliens, se sont déplacés sur les pistes maliennes avec des motos achetées dans les villes maliennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement de Transition a décidé de rompre avec cette paralysie. Les arrêtés du 3 juin 2026 sont des actes de gouvernement assumés, signés conjointement par plusieurs ministères, avec des dispositifs de mise en œuvre et de contrôle. Ce n&rsquo;est pas de la communication — c&rsquo;est de la politique. Et cette politique, aussi douloureuse soit-elle pour certains acteurs économiques et certaines communautés rurales, s&rsquo;inscrit dans une logique de reconquête de la souveraineté territoriale qui est la condition première de tout développement futur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali fait la guerre. Pas métaphoriquement. Réellement. Et dans une guerre réelle, les mesures de temps de guerre s&rsquo;appliquent. Ceux qui les critiquent depuis des capitales en paix feraient bien de regarder d&rsquo;abord le prix que paient les populations maliennes pour l&rsquo;absence de ces mesures depuis trop longtemps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Foula D. Massé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : jusqu’à 2 milliards FCFA de récompense pour retrouver Iyad Ag Ghaly et six chefs terroristes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jun 2026 16:27:31 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
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<p>Le Mali annonce des récompenses allant jusqu’à 2 milliards FCFA pour toute information permettant l’arrestation ou la neutralisation d’Iyad Ag Ghaly et de six autres individus recherchés pour des actes terroristes.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le ministre malien de la Sécurité et de la Protection civile a publié ce 4 juin un communiqué officiel proposant des récompenses financières à quiconque fournirait des informations permettant l&rsquo;arrestation ou la neutralisation de sept individus accusés d&rsquo;implication dans des actes terroristes. En tête de liste : Iyad Ag Ghaly, chef historique du groupe Jama&rsquo;at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM).</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une démarche inédite par son ampleur dans le dispositif sécuritaire malien. Le général de division Daoud Aly Mohammedine, ministre de la Sécurité et de la Protection civile, a signé ce 4 juin un communiqué annonçant l&rsquo;instauration d&rsquo;un programme de récompenses financières destiné à obtenir des renseignements sur six individus activement recherchés par les services de sécurité du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le texte officiel, lu sur la télévision nationale (ORTM), ces personnes sont suspectées d&rsquo;avoir participé à «&nbsp;<em>la planification, l&rsquo;organisation et l&rsquo;exécution d&rsquo;actes terroristes ayant porté atteinte à la sécurité des personnes et des biens sur le territoire national&nbsp;</em>». Le gouvernement appelle la population à «&nbsp;<em>faire preuve de vigilance</em>&nbsp;» et à transmettre toute information utile aux Forces armées et de sécurité.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Iyad Ag Ghaly en tête, à 2 milliards FCFA</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La prime la plus élevée — 2 milliards de francs CFA, soit environ 3 millions d&rsquo;euros — est offerte pour Iyad Ag Ghaly, dit Abou al-Fadel, figure fondatrice d&rsquo;Ansar Dine et chef du JNIM, la principale coalition djihadiste active au Sahel et affiliée à Al-Qaïda. Son nom figurait déjà sur les listes de sanctions de l&rsquo;ONU et du Trésor américain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Viennent ensuite Hamadoun Hassan Sangaré/Barry, dit Amadou Kouffa ou Môbbô — chef de la Katiba Macina au Sahel central —, et Abdoulaye Mamoudou Bakaye Diallo, alias Jouleybib de Nampala ou Sidi, tous deux répertoriés à 1,5 milliard FCFA. Alghabass Ag Intalla, ancienne figure de la rébellion touarègue reconvertie dans les réseaux armés, est recherché pour 1 milliard FCFA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trois autres individus sont visés à 500 millions FCFA chacun : Sedane Ag Hita, qui opère sous plusieurs alias dont Outhman Al Ansari et Al Qayrawani ; Bilal Ag Acherif ; et Abderrahmane Al-Batna Al-Jazairi, dont le nom à consonance algérienne suggère une dimension transnationale au réseau ciblé.</p>



<figure class="wp-block-table"><div class="pcrstb-wrap"><table class="has-fixed-layout"><thead><tr><td><strong>INDIVIDU RECHERCHÉ</strong></td><td><strong>ALIAS</strong></td><td><strong>RÉCOMPENSE</strong></td></tr></thead><tbody><tr><td>Iyad Ag Ghaly</td><td>Abou al-Fadel</td><td><strong>2 000 000 000 FCFA</strong></td></tr><tr><td>Hamadoun Hassan Sangaré/Barry</td><td>Amadou Kouffa / Môbbô</td><td rowspan="2"><strong>1 500 000 000 FCFA</strong></td></tr><tr><td>&nbsp;</td><td>&nbsp;</td></tr><tr><td>Abdoulaye M. B. Diallo</td><td>Jouleybib de Nampala / Sidi</td><td><strong>1 500 000 000 FCFA</strong></td></tr><tr><td>Alghabass Ag Intalla</td><td>—</td><td><strong>1 000 000 000 FCFA</strong></td></tr><tr><td>Sedane Ag Hita</td><td>Outhman Al Ansari / Al Qayrawani</td><td><strong>500 000 000 FCFA</strong></td></tr><tr><td>Bilal Ag Acherif</td><td>—</td><td><strong>500 000 000 FCFA</strong></td></tr><tr><td>Abderrahmane Al-Batna Al-Jazairi</td><td>—</td><td><strong>500 000 000 FCFA</strong></td></tr></tbody></table></div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ce type de programme de récompenses est une pratique bien établie dans la lutte antiterroriste internationale. Les États-Unis ont depuis longtemps recours à leur programme «&nbsp;<em>Rewards for Justice</em>&nbsp;» pour traquer les chefs djihadistes, et plusieurs pays africains ont mis en place des mécanismes similaires. Pour Bamako, il s&rsquo;agit d&rsquo;un signal fort adressé tant à la population — mobilisée comme relais de renseignement — qu&rsquo;aux partenaires régionaux et internationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La rédaction&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le Mali suspend pour un an l&#8217;importation et la vente de motos de 125 cm³ et plus</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 21:37:41 +0000</pubDate>
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<p>Le gouvernement malien suspend pour un an l’importation, la vente, la commercialisation et le transit des motos de 125 cm³ et plus. Les commerçants disposent de 90 jours pour déclarer leurs stocks auprès des autorités compétentes.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Un arrêté interministériel signé le 3 juin 2026 interdit sur l&rsquo;ensemble du territoire national l&rsquo;importation, le transit, la commercialisation et la distribution des motocyclettes de cylindrée égale ou supérieure à 125 cm³, ainsi que de leurs accessoires. La mesure, d&rsquo;une durée d&rsquo;un an renouvelable, s&rsquo;accompagne d&rsquo;obligations déclaratives pour les commerçants concernés.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement malien a pris une mesure de grande portée dans le secteur de la moto. L&rsquo;arrêté interministériel n°2026-1313/MEF-MDAC-MJDH-MTI-MIC-SG, signé conjointement par les ministres chargés de l&rsquo;Économie et des Finances, de la Défense et des Anciens combattants, de la Justice et des Droits de l&rsquo;homme, des Transports et des Infrastructures, ainsi que de l&rsquo;Industrie et du Commerce, suspend avec effet immédiat toute importation, tout transit, toute commercialisation, toute vente et toute distribution à titre gratuit des motocyclettes de cylindrée de 125 cm³ et plus sur l&rsquo;ensemble du territoire national.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mesure porte également sur les accessoires de ces engins, définis par l&rsquo;arrêté comme l&rsquo;ensemble des composants entrant dans leur fabrication et leur montage. Sa durée est fixée à un an, avec possibilité de renouvellement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Obligations déclaratives dans un délai de 90 jours</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;arrêté prévoit un régime transitoire pour les stocks existants. Les commerçants qui disposent de motocyclettes de 125 cm³ et plus — ou de commandes en cours — à la date d&rsquo;entrée en vigueur du texte disposent de quatre-vingt-dix jours pour les déclarer auprès de la Direction générale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence, ou de l&rsquo;une de ses directions régionales. Les modalités de gestion de ces stocks et commandes seront précisées par une décision du ministre chargé du Commerce, après consultation des ministres chargés des Finances, des Forces armées et de la Sécurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour garantir l&rsquo;application de ces obligations, les agents habilités du ministère du Commerce sont autorisés à effectuer des contrôles dans tout lieu suspecté de détenir ou de stocker des motocyclettes non déclarées relevant du champ d&rsquo;application de l&rsquo;arrêté. Les manquements aux dispositions du texte sont passibles de sanctions conformément à la réglementation en vigueur.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Exception prévue par le texte</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;arrêté exclut expressément de son champ d&rsquo;application les acquisitions de motocyclettes de 125 cm³ et plus effectuées au profit des Forces armées et de sécurité, qui ne sont donc soumises ni à l&rsquo;interdiction d&rsquo;importation ni aux obligations déclaratives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte implique cinq départements ministériels, reflet du caractère interministériel d&rsquo;une mesure qui touche à la fois aux enjeux économiques, commerciaux, sécuritaires et logistiques. L&rsquo;arrêté ne précise pas les motifs ayant conduit à cette décision, qui intervient dans un contexte sécuritaire tendu au Mali, où les autorités de transition ont engagé ces dernières années une série de réformes touchant à de nombreux secteurs d&rsquo;activité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La rédaction </strong></p>
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		<title>Mali : pourquoi la Charte nationale fait le pari des pratiques ancestrales contre les conflits</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 07:43:58 +0000</pubDate>
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<p>Au Mali, la Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation intègre les mécanismes traditionnels de règlement des conflits. Médiation coutumière, commissions foncières, parenté à plaisanterie : la Transition parie sur les savoirs ancestraux pour renforcer la cohésion sociale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En inscrivant dans la loi les pratiques ancestrales de résolution des conflits, les autorités maliennes de la Transition font un choix civilisationnel audacieux. Loin des modèles importés, elles misent sur ce que les communautés ont toujours su faire : se parler, s&rsquo;écouter, se réconcilier.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une scène que l&rsquo;on observe encore dans certains villages du delta intérieur du Niger, dans le Manden ou sur les rives du fleuve Sénégal. Deux familles en litige, une terre disputée, des mots durs échangés depuis des semaines. Et puis un matin, un vieux arrive. Pas un juge. Pas un gendarme. Un vieux, respecté, connu de tous, porteur d&rsquo;une mémoire longue comme le fleuve. Il s&rsquo;assoit. Il parle peu. Il écoute beaucoup. Et le soir, les deux familles mangent ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce vieux, la Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale du Mali vient de lui donner un titre officiel. Et avec ce titre, une légitimité institutionnelle que des décennies de gouvernance à l&rsquo;occidentale lui avaient déniée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Promulguée le 22 août 2025 par le Président de la Transition, le Général d&rsquo;Armée Assimi Goïta, la Charte consacre un titre entier aux «&nbsp;<em>mécanismes endogènes de règlement des conflits</em>&nbsp;». Commissions foncières, diplomatie coutumière, médiation des notables, parenté à plaisanterie, conventions locales sur les ressources naturelles : tout ce que les communautés maliennes pratiquent depuis des siècles sans attendre la permission de l&rsquo;État est désormais reconnu, valorisé, intégré dans l&rsquo;architecture institutionnelle de la paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un tournant. Et il mérite qu&rsquo;on s&rsquo;y arrête.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le constat d&rsquo;échec d&rsquo;un modèle importé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre pourquoi ce choix est important, il faut d&rsquo;abord comprendre pourquoi il était nécessaire. Pendant des décennies, la gestion des conflits au Mali a reposé sur des institutions héritées de la colonisation : tribunaux formels, forces de l&rsquo;ordre, administration centrale déconcentrée. Des structures légitimes en théorie, mais souvent inaccessibles, lentes, coûteuses, et culturellement étrangères à la majorité de la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les zones rurales, là où vivent la plupart des Maliens, le chemin vers le tribunal le plus proche peut représenter plusieurs jours de voyage. Le coût d&rsquo;un avocat dépasse souvent plusieurs mois de revenus. Et la langue juridique, abstraite et technique, reste hermétique à ceux qui n&rsquo;ont jamais fréquenté l&rsquo;école française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Résultat : les conflits fonciers, les disputes intercommunautaires, les litiges pastoraux ont prospéré dans le vide laissé par des institutions trop lointaines. Et dans ce vide, les groupes armés ont prospéré, proposant leur propre justice, expéditive et violente, mais au moins immédiate et compréhensible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités de la Transition ont lu ce diagnostic avec lucidité. La Charte le formule sans ambages : il faut «&nbsp;<em>le recours privilégié aux modes alternatifs et aux mécanismes endogènes de prévention, de gestion et de règlement des conflits.</em>&nbsp;» Non pas pour remplacer la justice formelle, mais pour la compléter, la rapprocher, la rendre enfin accessible.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les commissions foncières : une justice de proximité qui a fait ses preuves</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le foncier est, au Mali comme dans une grande partie du Sahel, la mère de toutes les querelles. Terres agricoles convoitées par les éleveurs en transhumance, espaces pastoraux réduits par l&rsquo;avancée des cultures, zones d&rsquo;orpaillage disputées entre communautés, périmètres irrigués dont les droits d&rsquo;eau sont sources de conflits permanents : la question foncière est au cœur d&rsquo;une violence qui ne dit pas toujours son nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Commissions foncières — les COFO — existent au Mali depuis les années 2000. Instances multi-acteurs regroupant représentants de l&rsquo;administration, élus locaux, chefs coutumiers, organisations paysannes et éleveurs, elles ont pour mission de prévenir et gérer les conflits liés à la terre avant toute saisine des tribunaux. Leurs décisions, consignées dans des procès-verbaux, peuvent être homologuées par un juge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le terrain, leur bilan est globalement positif là où elles fonctionnent réellement. Dans plusieurs communes de la région de Mopti, les COFO ont permis de désamorcer des conflits agriculteurs-éleveurs qui, sans leur intervention, auraient pu dégénérer en affrontements meurtriers. Leur force tient à leur composition : tout le monde est autour de la table, tout le monde se connaît, et les décisions prises reflètent les réalités locales mieux que n&rsquo;importe quel texte de loi rédigé à Bamako.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte renforce leur rôle et leur légitimité. Elle prévoit que «&nbsp;<em>les décisions obtenues d&rsquo;accord-parties, en matière de conciliation ou de médiation, peuvent être consignées par écrit, certifiées et enregistrées par l&rsquo;Administration en vue de leur homologation par la justice.</em>&nbsp;» Un pont solide entre la coutume et le droit, entre le village et l&rsquo;État.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La diplomatie coutumière : l&rsquo;art de la paix sans témoin</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Plus discrète mais tout aussi efficace, la diplomatie coutumière est peut-être le mécanisme le plus original que la Charte reconnaisse. Le texte la définit comme «&nbsp;<em>un ensemble de pratiques informelles conduites par les Autorités et Légitimités traditionnelles, conformément aux us et coutumes&nbsp;</em>», reposant sur «&nbsp;<em>des traditions et d&rsquo;autres valeurs partagées pour mener des conciliabules, des conciliations, des médiations, des arbitrages, des missions de bons offices et des intermédiations.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement, c&rsquo;est le chef de village qui traverse la nuit pour aller parler à son homologue du village voisin avant que les jeunes ne s&rsquo;affrontent à l&rsquo;aube. C&rsquo;est le doyen de la famille qui convoque une palabre et fait asseoir les belligérants jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;un accord soit trouvé. C&rsquo;est la délégation de notables qui se rend auprès d&rsquo;un groupe armé pour négocier la libération d&rsquo;otages ou le retrait d&rsquo;une zone habitée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces pratiques ont permis de sauver des vies là où les forces de sécurité ne pouvaient pas intervenir. Dans le centre du Mali notamment, des chefs coutumiers ont joué un rôle crucial de médiation entre communautés dogon et peule, entre agriculteurs et éleveurs, entre populations civiles et groupes armés. Souvent au péril de leur vie. Toujours sans reconnaissance officielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte répare cette injustice. Elle reconnaît que «&nbsp;<em>lorsqu&rsquo;elles sont adoptées, de manière continue et généralisée par les communautés, ces pratiques deviennent des règles implicites de comportement&nbsp;</em>» ayant une légitimité propre. C&rsquo;est une révolution conceptuelle dans un pays où le droit positif a longtemps regardé la coutume avec condescendance.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La parenté à plaisanterie : le rire comme armure contre la haine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les mécanismes endogènes valorisés par la Charte, la parenté à plaisanterie mérite une mention particulière, tant elle illustre le génie propre des sociétés sahéliennes face au conflit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette institution, que les anthropologues ont longtemps étudiée avec fascination, établit entre certains groupes ethniques ou familles des relations codifiées où l&rsquo;insulte rituelle, la moquerie assumée et la provocation bienveillante sont non seulement tolérées mais attendues. Entre un Coulibaly et un Traoré, entre un Keita et un Kouyaté, les piques fusent librement. Mais précisément parce qu&rsquo;elles sont ritualisées, elles désamorcent les tensions réelles avant qu&rsquo;elles ne deviennent dangereuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les zones de tension intercommunautaire, ce mécanisme a parfois été le seul pont qui subsistait entre des groupes que tout semblait opposer. Un Peul et un Dogon qui se taquinent mutuellement sur leurs noms de famille se battront moins facilement qu&rsquo;un Peul et un Dogon qui se regardent comme des ennemis héréditaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte inscrit cette sagesse dans le marbre de la loi. Elle reconnaît que la parenté à plaisanterie permet «&nbsp;<em>de réduire les tensions, les risques de conflit et de régler des litiges</em>&nbsp;» et contribue «&nbsp;<em>au renforcement de la coexistence pacifique.</em>&nbsp;» Ce faisant, elle valide des siècles d&rsquo;intelligence sociale que la modernité postcoloniale avait tendance à traiter avec désinvolture.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La coopération transfrontalière : la paix sans frontières</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte va plus loin encore en intégrant la coopération transfrontalière dans les mécanismes endogènes de paix. Le Mali partage ses frontières avec sept pays, et nombre de ses conflits ont une dimension transfrontalière évidente : les éleveurs peuls qui transhumaient librement avant que les frontières coloniales ne tracent leurs lignes artificielles, les familles séparées par des lignes sur une carte qui ne correspondent à aucune réalité culturelle, les réseaux criminels qui exploitent précisément la porosité de ces mêmes frontières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte valorise le «&nbsp;<em>principe de bon voisinage&nbsp;</em>» et le concept de «&nbsp;<em>pays-frontière</em>&nbsp;», qui «&nbsp;<em>consiste à faire des frontières des portes ouvertes et non des barrières séparant les peuples.</em>&nbsp;» Il cite en exemple la zone du Liptako-Gourma, espace partagé entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, aujourd&rsquo;hui réunis au sein de la Confédération des États du Sahel, où la coopération sécuritaire, économique et diplomatique prend une nouvelle dimension.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est là une vision géopolitique cohérente : les mécanismes endogènes de paix ne s&rsquo;arrêtent pas à la frontière nationale. Ils sont par nature transfrontaliers, comme le sont les conflits qu&rsquo;ils cherchent à résoudre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Entre reconnaissance et mise en œuvre : le défi qui reste</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte accomplit donc quelque chose d&rsquo;historique : elle réconcilie l&rsquo;État malien avec sa propre culture. Elle dit que la modernité n&rsquo;est pas l&rsquo;abandon de la tradition, mais sa mise au service du présent. Elle dit que les vieux sages, les chefs coutumiers, les griots médiateurs ne sont pas des reliques d&rsquo;un passé révolu, mais des acteurs essentiels d&rsquo;un avenir à construire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais une reconnaissance juridique, aussi solennelle soit-elle, ne suffit pas à elle seule. Les commissions foncières manquent souvent de moyens pour fonctionner correctement. Les autorités traditionnelles ont besoin de formation pour adapter leurs pratiques aux nouvelles formes de conflit. Les mécanismes endogènes doivent être articulés avec le système judiciaire formel sans que l&rsquo;un étouffe l&rsquo;autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités de la Transition ont conscience de ces défis. La Charte prévoit le «&nbsp;<em>renforcement des capacités des élus et des Autorités et Légitimités traditionnelles&nbsp;</em>», la «&nbsp;<em>formation des acteurs locaux à la résolution des conflits</em>&nbsp;», et la mise en place de plateformes numériques pour accompagner ces mécanismes dans l&rsquo;ère contemporaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un chantier immense. Mais il commence sur de bonnes bases : la conviction que la paix au Mali ne viendra pas de l&rsquo;extérieur, qu&rsquo;elle ne s&rsquo;importera pas avec des modèles étrangers, et qu&rsquo;elle ne se décrètera pas depuis Bamako.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle émergera des villages, des palabres, des palabreurs. Des vieux qui savent écouter. Des griots qui savent raconter l&rsquo;histoire commune. Des communautés qui, malgré tout, se souviennent qu&rsquo;elles ont toujours su vivre ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte leur dit simplement : continuez. L&rsquo;État est avec vous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Hivernage 2026 au Mali : 3,3 milliards FCFA pour prévenir les inondations à Bamako</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sidi Modibo Coulibaly]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>À l’approche de l’hivernage 2026, le Mali lance un vaste programme de curage des collecteurs et caniveaux à Bamako et dans plusieurs régions pour réduire les risques d’inondations après les crues de 2024.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À l&rsquo;approche de la saison des pluies, le gouvernement a officiellement lancé les activités de curage des collecteurs et caniveaux. C&rsquo;est la ministre de l&rsquo;Environnement, de l&rsquo;Assainissement et du Développement durable qui a donné le premier coup de pelle, le 14 mai 2026, au terrain Chaba de Lafiabougou en commune IV du district de Bamako. L&rsquo;année précédente, le 15 mai, c&rsquo;était le Premier ministre qui avait fait le même exercice.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis les inondations sans précédent qu&rsquo;a connues le Mali en 2024, le gouvernement a décidé d&rsquo;agir en amont en prenant des mesures d&rsquo;anticipation. Ces mesures portent sur le curage des collecteurs et caniveaux, des actions qui visent à réduire significativement les risques d&rsquo;inondation. Pour l&rsquo;hivernage 2026, les autorités, à travers la ministre de l&rsquo;Environnement, de l&rsquo;Assainissement et du Développement durable, ont lancé le jeudi 14 mai un vaste programme.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un programme qui va coûter 3,3 milliards de FCFA</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les activités prévues par le programme sont, entre autres, le curage, le désherbage, l&rsquo;enlèvement des déchets, l&rsquo;évacuation des déblais et le suivi technique des ouvrages de drainage identifiés comme prioritaires. Au titre du programme 2026, les interventions dans le District de Bamako portent sur un linéaire global de 348 517 mètres de collecteurs et caniveaux à curer. Elles sont financées conjointement par le Projet de Résilience Urbaine de Bamako et le Budget Spécial d&rsquo;Investissement, pour un montant prévisionnel global de 3 334 067 480 FCFA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre Bamako, il est également prévu le curage de 421 280 mètres linéaires de caniveaux et collecteurs dans d&rsquo;autres localités du pays, pour un montant prévisionnel de 972 398 000 FCFA. Les travaux seront accompagnés par des messages de sensibilisation afin d&rsquo;encourager les populations, les riverains, les commerçants, les collectivités territoriales et les leaders communautaires à préserver les ouvrages d&rsquo;assainissement et à contribuer à leur bon fonctionnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À signaler que quelques jours après le lancement officiel du programme, nous avons pu constater que les travaux de démolition sur le tronçon marigot Sogoniko-Halles de Bamako ont repris le lundi 18 mai 2026. De plus, dans le cadre du suivi des travaux, deux membres du gouvernement ont effectué une mission de terrain dans le district de Bamako.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les ministres chargées de l&rsquo;Assainissement et des Infrastructures sur le terrain</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il s&rsquo;agit de Doumbia Mariam Tangara, ministre de l&rsquo;Environnement, de l&rsquo;Assainissement et du Développement durable, et de Dembélé Madina Sissoko, ministre du Transport et des Infrastructures. Les deux membres du gouvernement se sont rendus au niveau des caniveaux situés à Yirimadio et à Missabougou, deux quartiers à fort risque d&rsquo;inondation. Au cours de leur visite, elles ont constaté que les caniveaux concernés ont été convenablement curés et les déblais totalement évacués à Yirimadio. En revanche, ceux de Missabougou étaient encore en cours d&rsquo;évacuation. Elles ont rappelé aux entreprises contractuelles la nécessité d&rsquo;accélérer la finition des travaux relatifs au reste des caniveaux et collecteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant de quitter le terrain, Doumbia Mariam Tangara et Dembélé Madina Sissoko ont encouragé les entreprises à donner le meilleur d&rsquo;elles-mêmes pour que, conformément aux instructions du Chef de l&rsquo;État, les populations et leurs biens soient préservés des inondations. Elles ont promis de revenir sur ces sites et sur d&rsquo;autres concernés par l&rsquo;opération afin de s&rsquo;assurer du bon déroulement des travaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Rappel du programme 2025</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;année dernière, le gouvernement avait initié un programme similaire d&rsquo;un coût de 2,66 milliards FCFA, portant sur le curage de 131 073 mètres linéaires de collecteurs et 235 365 mètres linéaires de caniveaux dans les six communes du district. Deux chantiers avaient particulièrement retenu l&rsquo;attention de l&rsquo;opinion : le pont de Woyowanko en Commune IV et le site de Sabalibougou Courani en Commune VI.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Woyowanko, les travaux avaient consisté en la construction d&rsquo;un nouvel ouvrage et au redimensionnement de l&rsquo;existant afin de maintenir en service l&rsquo;une des artères principales du pays. Il avait également été engagé l&rsquo;aménagement d&rsquo;une voie alternative de 6 km au tronçon urbain de la route nationale (RN5) en commune IV du district de Bamako. À Sabalibougou Courani, les travaux avaient porté sur le curage de deux siphons et la construction d&rsquo;un collecteur en maçonnerie de moellons du côté amont des deux siphons secondaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sidi Modibo Coulibaly</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Au Conseil de sécurité, l’AES défend la souveraineté du Sahel et la protection des civils face au terrorisme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Au Conseil de sécurité de l’ONU, la Confédération des États du Sahel (AES) a dénoncé le terrorisme, les ingérences extérieures et la désinformation, tout en réaffirmant sa volonté de protéger les civils et défendre sa souveraineté.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Face aux membres du Conseil de sécurité réunis sur la protection des civils dans les conflits armés, la Confédération des États du Sahel a délivré, le 20 mai 2026, un message sans ambiguïté : ses pays sont en guerre, leurs populations souffrent, et ils entendent bien mener ce combat jusqu&rsquo;à la victoire — sans ingérence et sans leçons à recevoir.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a des discours qui sonnent faux à la tribune des Nations unies. Celui prononcé le 20 mai 2026 par Issa Konfourou, ambassadeur du Mali et porte-voix de la Confédération des États du Sahel (AES), n&rsquo;était pas de ceux-là. Devant le Conseil de sécurité réuni en séance publique sur la protection des civils dans les conflits armés, le diplomate malien a dit ce que peu osent dire dans cette enceinte : que le Burkina Faso, le Mali et le Niger affrontent depuis plus d&rsquo;une décennie un terrorisme transnational alimenté de l&rsquo;extérieur, que leurs populations civiles en paient le prix au quotidien, et que leurs forces armées se battent, au péril de leur vie, pour y mettre fin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un discours de vérité, dans un monde qui préfère souvent les formules diplomatiques au courage politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une guerre imposée, pas choisie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La déclaration de l&rsquo;AES commence par rappeler une réalité que les chancelleries occidentales préfèrent euphémiser : les trois pays du Sahel ne sont pas plongés dans le chaos par incompétence ou mauvaise gouvernance. Ils sont les cibles d&rsquo;un «<em>crime transnational organisé, soutenu par des sponsors étatiques étrangers</em>» — une formulation diplomatique pour désigner ce que les populations sahéliennes vivent comme une guerre par procuration, où des intérêts extérieurs instrumentalisent des groupes armés pour déstabiliser des États souverains qui ont eu l&rsquo;audace de vouloir choisir leurs propres partenaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les faits sont là, implacables. Les groupes terroristes qui opèrent dans le Sahel ciblent délibérément les civils : femmes et enfants assassinés, villages pillés, mosquées profanées, écoles et centres de santé détruits, récoltes brûlées, troupeaux volés, routes coupées. C&rsquo;est cette réalité brutale que l&rsquo;ambassadeur Konfourou a portée devant le Conseil de sécurité — non comme un plaidoyer victimaire, mais comme un acte d&rsquo;accusation contre ceux qui, par action ou par omission, permettent que cette barbarie continue.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des forces armées qui se sacrifient</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette menace, les États membres de la Confédération AES n&rsquo;ont pas attendu que la communauté internationale veuille bien s&rsquo;en préoccuper. Sous le leadership des Capitaine Ibrahim Traoré, Général Assimi Goïta et Général Abdourahamane Tiani, les forces armées des trois pays ont mutualisé leurs moyens, uni leurs commandements, et engagé leurs soldats sur tous les fronts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ambassadeur Konfourou l&rsquo;a dit avec une fierté sobre : ces hommes et ces femmes «<em>se battent au prix de leur vie, pour garantir à toutes les populations sans distinction aucune, la jouissance de leurs droits humains élémentaires, notamment le droit à la vie.</em>» Ce ne sont pas des mercenaires. Ce ne sont pas des supplétifs de puissances étrangères. Ce sont des fils et des filles du Sahel qui meurent pour leurs compatriotes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 25 avril 2026, lors des attaques coordonnées qui ont frappé simultanément plusieurs villes maliennes, des soldats maliens ont payé de leur vie la défense de leur pays. Le Conseil de sécurité lui-même a condamné ces attaques dans une déclaration à la presse le 15 mai 2026, exprimant «<em>sa compassion et sa solidarité avec le Mali, son peuple et ses autorités»</em>&nbsp;— reconnaissance internationale que l&rsquo;AES a saluée, non sans rappeler qu&rsquo;elle aurait pu venir bien plus tôt.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La désinformation, cinquième colonne du terrorisme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des passages les plus forts de la déclaration de l&rsquo;AES concerne la guerre de l&rsquo;information. La Confédération y condamne «<em>fermement tous les narratifs mensongers conçus par certains organes de presse de pays impérialistes, devenus des relais de la propagande terroriste.</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">La formule est dure. Elle est pourtant documentée. Depuis des années, certains médias internationaux relaient des bilans de combats fournis exclusivement par des sources terroristes, donnent une tribune à des groupes armés qui massacrent des civils, et traitent les forces armées sahéliennes avec une suspicion systématique que l&rsquo;on n&rsquo;observe jamais à l&rsquo;égard des armées occidentales dans leurs propres guerres. Ce deux poids deux mesures, les populations du Sahel le ressentent profondément. Il nourrit une méfiance légitime envers une presse internationale qui se présente comme neutre mais dont les angles révèlent des présupposés idéologiques rarement questionnés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;AES demande également que soient taries «<em>les sources de financement du terrorisme, y compris le paiement de rançons pour la libération des otages</em>» — une pique à peine voilée à l&rsquo;égard de certains États européens dont la politique de rachat d&rsquo;otages a, pendant des années, financé les groupes qui terrorisent le Sahel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La souveraineté comme boussole</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui distingue fondamentalement l&rsquo;AES des régimes précédents, c&rsquo;est sa détermination à exercer une souveraineté pleine et entière. Pendant des décennies, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont vu défiler des forces étrangères sur leur sol, accepté des conditionnalités politiques humiliantes, et subi les conséquences d&rsquo;une architecture sécuritaire internationale qui n&rsquo;a pas réussi à endiguer la progression du terrorisme. Le résultat est connu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les nouvelles autorités ont choisi une autre voie : la mutualisation de leurs forces dans le cadre de la Confédération AES, une diplomatie indépendante qui refuse l&rsquo;alignement automatique, et des partenariats choisis sur la base de l&rsquo;intérêt national. C&rsquo;est ce que l&rsquo;ambassadeur Konfourou a rappelé à New York en citant les Capitaine Traoré, Général Goïta et Général Tiani — trois chefs d&rsquo;État qui ont décidé «<em>en toute souveraineté, de mutualiser les efforts des trois pays dans les domaines de la défense, de la diplomatie et du développement.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette souveraineté, la Confédération l&rsquo;assume également devant le Conseil de sécurité en dénonçant «<em>l&rsquo;agenda subversif de certains États membres de l&rsquo;ONU, dont l&rsquo;objectif ultime est d&rsquo;imposer à nouveau leur hégémonie dans nos pays.»</em>&nbsp;Une mise en accusation qui aurait été impensable voilà dix ans, tant les États sahéliens étaient sous tutelle. Elle traduit aujourd&rsquo;hui une rupture que de nombreux observateurs africains jugent salutaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un hommage aux victimes, une promesse aux vivants</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La déclaration de l&rsquo;AES s&rsquo;est conclue par un hommage solennel à «<em>toutes les victimes du terrorisme, sahéliennes comme étrangères, civiles comme militaires</em>», avec une pensée particulière pour les victimes des attaques du 25 avril 2026 au Mali. Et par une réaffirmation de l&rsquo;engagement des trois États à protéger leurs populations «<em>en toute circonstance et dans le respect des engagements internationaux, en particulier dans le domaine des droits de l&rsquo;homme et du droit international humanitaire.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est cet engagement — pas les leçons venues de loin, pas les conditionnalités imposées de l&rsquo;extérieur — qui constitue le socle sur lequel les peuples du Sahel peuvent aujourd&rsquo;hui reconstruire l&rsquo;espoir d&rsquo;un avenir sans terrorisme. La Confédération des États du Sahel n&rsquo;est pas parfaite. Aucun État ne l&rsquo;est. Mais elle est debout. Et elle se bat.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : comment la Charte nationale pour la paix donne un rôle clé aux femmes, aux jeunes et aux personnes handicapées</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 May 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Au Mali, la Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale consacre un rôle inédit aux femmes, aux jeunes et aux personnes handicapées dans le processus de paix et la reconstruction nationale.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En inscrivant dans la loi la participation active des groupes les plus vulnérables au processus de réconciliation nationale, les autorités de la Transition posent un acte politique courageux et historique. Une rupture assumée avec les pratiques du passé.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a des textes qui marquent une époque. Des documents qui, bien au-delà de leur dimension juridique, disent quelque chose de profond sur la vision qu&rsquo;un peuple a de lui-même et de son avenir. La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale, promulguée le 22 août 2025 par le Président de la Transition, le Général d&rsquo;Armée Assimi Goïta, est de ceux-là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi ses nombreuses innovations, l&rsquo;une mérite une attention particulière : pour la première fois dans l&rsquo;histoire institutionnelle du Mali, les femmes, les jeunes et les personnes vivant avec un handicap sont reconnus non pas comme de simples bénéficiaires de la paix, mais comme ses artisans à part entière. Une révolution silencieuse, mais profonde.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un choix politique assumé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">On ne mesure pas toujours ce que représente, dans un texte fondamental, le fait d&rsquo;être nommé. D&rsquo;exister. D&rsquo;être reconnu comme acteur et non comme spectateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités de la Transition ont fait ce choix délibéré. Tout au long de la Charte, à chaque fois qu&rsquo;il est question d&rsquo;initiatives pour la paix, de conditions pour la réconciliation, de mécanismes pour la cohésion sociale, les mêmes groupes sont cités, systématiquement, avec la même insistance : les personnes âgées, les femmes, les jeunes, les personnes vivant avec un handicap.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas une formule rhétorique. C&rsquo;est une orientation politique. Le texte prévoit concrètement leur «&nbsp;<em>implication dans le processus de paix</em>&nbsp;», leur «&nbsp;<em>participation aux instances de prise de décision&nbsp;</em>», l&rsquo;«&nbsp;<em>accélération de leur autonomisation&nbsp;</em>» et la mise en place de «&nbsp;<em>mesures spécifiques</em>&nbsp;» en leur faveur. Il va jusqu&rsquo;à exiger que la Charte elle-même soit traduite en braille et en langue des signes, pour que nul ne soit exclu de sa connaissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui, avant la Transition, avait pensé à cela ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les femmes maliennes : de l&rsquo;ombre à la lumière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali a toujours su, au fond de lui-même, que les femmes étaient les gardiennes silencieuses de sa cohésion sociale. Dans les villages, dans les quartiers, dans les familles traversées par des deuils ou des disputes, ce sont elles qui cousent, qui réconcilient, qui maintiennent le lien quand tout menace de se défaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte dit cette vérité à voix haute. Elle reconnaît que la paix durable nécessite «&nbsp;<em>l&rsquo;instauration d&rsquo;une justice économique à travers un accompagnement des femmes</em>&nbsp;» et «&nbsp;<em>l&rsquo;épanouissement de l&rsquo;enfant et l&rsquo;accélération de l&rsquo;autonomisation des femmes.</em>&nbsp;» Elle prévoit de «&nbsp;<em>faciliter l&rsquo;accès des femmes au financement pour la création et le renforcement de leur entreprise.&nbsp;</em>» Elle inscrit leur représentation dans «&nbsp;<em>les instances de prise de décisions&nbsp;</em>» comme un impératif, non comme une option.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est la reconnaissance officielle et solennelle d&rsquo;un rôle que les femmes maliennes jouent depuis toujours, mais que les institutions peinaient à voir. Les autorités de la Transition ont eu l&rsquo;intelligence et l&rsquo;honnêteté de le mettre en lumière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les zones affectées par les conflits, dans le centre et le nord du pays, les femmes ont été de véritables ambassadrices de la paix, maintenant des ponts entre communautés que la guerre cherchait à séparer définitivement. La Charte leur rend justice. Elle transforme leur engagement quotidien en mandat national.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La jeunesse : de terreau du désespoir à force de refondation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le diagnostic que pose la Charte sur la situation des jeunes est d&rsquo;une lucidité remarquable. Elle reconnaît sans détour que le chômage, l&rsquo;exclusion et le manque de perspectives constituent «&nbsp;<em>un terreau favorable à l&rsquo;émigration irrégulière, au recrutement des jeunes par les groupes armés terroristes et à d&rsquo;autres comportements déviants.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais là où d&rsquo;autres textes s&rsquo;arrêtent au constat, la Charte propose une vision. Les jeunes n&rsquo;y sont pas décrits comme un problème à gérer, mais comme une solution à mobiliser. Le texte appelle à «&nbsp;<em>la formation massive et qualitative des jeunes en entrepreneuriat »,</em>&nbsp;à&nbsp;<em>« faciliter l&rsquo;accès des jeunes au financement</em>&nbsp;», à «&nbsp;<em>promouvoir l&rsquo;auto-emploi</em>&nbsp;», à «&nbsp;<em>renforcer le partenariat entre les structures de formation professionnelle et les entreprises.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus encore, la Charte confie aux jeunes une responsabilité morale et civique explicite. Elle les invite à «&nbsp;<em>adopter des pratiques d&rsquo;exploitation durable des ressources naturelles</em>&nbsp;», à «&nbsp;<em>participer à la lutte contre la cybercriminalité et le terrorisme</em>&nbsp;», à «&nbsp;<em>participer à la préservation du cadre de vie.&nbsp;</em>» Ce n&rsquo;est pas une mise sous tutelle. C&rsquo;est une invitation à la souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités de la Transition ont compris ce que trop de gouvernements africains ont mis du temps à admettre : qu&rsquo;une jeunesse sans avenir est une bombe à retardement, mais qu&rsquo;une jeunesse mobilisée et valorisée est la plus puissante des forces de construction nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les personnes handicapées : une inclusion historique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est peut-être là que la Charte accomplit son geste le plus audacieux. Dans l&rsquo;histoire des politiques publiques maliennes, les personnes vivant avec un handicap ont trop souvent été réduites au statut d&rsquo;assistées, quand elles n&rsquo;étaient pas tout simplement invisibles dans les textes officiels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte rompt avec cette tradition d&rsquo;exclusion silencieuse. Elle les cite nominalement comme acteurs du processus de paix, aux côtés des femmes et des jeunes. Elle prévoit des «&nbsp;<em>mesures spécifiques&nbsp;</em>» en leur faveur, exige que le texte de la Charte soit accessible en braille et en langue des signes, et insiste sur leur participation aux initiatives de cohésion sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce faisant, les autorités de la Transition envoient un message fort : la réconciliation nationale ne sera complète que si elle est inclusive. Que si elle atteint celles et ceux que la société a trop longtemps laissés sur le bord du chemin. Qu&rsquo;une paix qui exclut une partie de ses citoyens n&rsquo;est pas une paix, mais une trêve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une conception exigeante, et c&rsquo;est précisément pour cela qu&rsquo;elle est juste.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;observatoire : une garantie institutionnelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour que ces engagements ne restent pas lettre morte, la Charte prévoit la mise en place d&rsquo;un observatoire rattaché à la Présidence de la République, chargé de veiller à sa promotion et à sa mise en œuvre. Cette&nbsp;instance institutionnelle, déjà créée, est chargée de veiller à l&rsquo;application de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation, issue du Dialogue inter-maliens. Il est présidé par l&rsquo;ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga.&nbsp;C&rsquo;est une décision sage. La création de l’observatoire traduit la conscience des autorités que les bonnes intentions ne suffisent pas, et qu&rsquo;un mécanisme de suivi rigoureux est indispensable pour transformer les mots en actes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet observatoire reflète la diversité que la Charte promeut. Il est composé d’une équipe pluridisciplinaire, selon le décret présidentiel du 2 mars 2026, signé par le général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition. On y retrouve des figures comme Zeïni Moulaye, ancien ministre des Affaires étrangères, expert en diplomatie, ainsi que Fatoumata Sékou Dicko, ex-ministre chargée des Réformes politiques et institutionnelles. Le guide religieux Thierno Hady Thiam siège également au sein de cette instance. L’Observatoire intègre également des représentants de la classe politique, de l’administration et de la société civile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités de la Transition ont montré, en adoptant ce texte, qu&rsquo;elles avaient la volonté politique de changer les choses. L&rsquo;observatoire sera le lieu où cette volonté se traduira en résultats mesurables.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une page nouvelle pour le Mali</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali traverse depuis plus d&rsquo;une décennie une crise multidimensionnelle d&rsquo;une rare intensité. Crise sécuritaire, crise institutionnelle, crise de confiance entre l&rsquo;État et ses citoyens. Nombreux étaient ceux qui doutaient que ce pays puisse se relever, se retrouver, se réconcilier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale, issu du dialogue inter-maliens, est une réponse à ce doute. Elle dit que oui, le Mali peut se réconcilier. Que oui, les blessures peuvent cicatriser. Et que cette guérison passera par celles et ceux que l&rsquo;on avait si longtemps négligés : les femmes qui tiennent les familles debout, les jeunes qui portent l&rsquo;avenir du pays dans leurs mains, les personnes handicapées dont la résilience force le respect.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En leur donnant une place centrale dans le grand récit de la reconstruction nationale, les autorités de la Transition ont accompli un acte fondateur. Elles ont dit à ces millions de Maliennes et de Maliens : vous comptez. Vous êtes la paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il appartient désormais à chacun, à tous les niveaux de la société, de transformer cette promesse en réalité. La Charte a tracé le chemin. Le peuple malien, dans toute sa diversité, saura le parcourir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : Bamako et Koulikoro interdisent les camions-bennes la nuit après les attaques terroristes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 May 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
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<p>Après les attaques du 25 avril 2026 ayant coûté la vie au ministre Sadio Camara, les autorités maliennes interdisent la circulation nocturne des camions-bennes à Bamako et Koulikoro pour renforcer la sécurité.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Trois semaines après des attaques simultanées d&rsquo;une ampleur inédite qui ont frappé plusieurs grandes villes du pays et coûté la vie au ministre de la Défense Sadio Camara, les gouverneurs de Koulikoro et du District de Bamako ont interdit par arrêté la circulation nocturne des camions-bennes. Une mesure qui s&rsquo;inscrit dans un dispositif sécuritaire plus large.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux décisions administratives, signées le 15 mai 2026 à Koulikoro et à Bamako, officialisent ce que beaucoup pressentaient : le renforcement du dispositif sécuritaire afin de resserrer l’étau autour des terroristes et les handicaper dans leur capacité de nuisance. L’objectif est de les traquer jusque «&nbsp;<em>dans leur retranchement</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les textes sont sobres, formulés dans la langue froide du droit administratif. Mais leur portée est considérable. Le colonel Lamine Kapory Sanogo, gouverneur de la région de Koulikoro, et Abdoulaye Coulibaly, gouverneur du District de Bamako, ont chacun signé une décision portant «&nbsp;<em>interdiction temporaire de circulation des camions benne</em>&nbsp;» sur leurs territoires respectifs, de 20 heures à 6 heures du matin. Les arrêtés, numérotés respectivement N°2026-00189/GRK-CAB et N°2026-0789/GDB-CAB, prennent effet dès leur date de signature et sont transmis à l&rsquo;ensemble des forces de sécurité de la zone — gendarmerie, police, garde nationale, protection civile.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que disent les arrêtés</strong></h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>Interdiction de circuler pour tous les camions-bennes de 20h à 6h du matin</li>



<li>Motif officiel : « raisons d&rsquo;ordre public »</li>



<li>Périmètre : toute l&rsquo;étendue de la région de Koulikoro et l&rsquo;intégralité du District de Bamako</li>



<li>Exécution confiée aux préfets, sous-préfets, maires, commandants militaires et de gendarmerie, directeurs de la police et de la protection civile</li>



<li>Durée : non précisée — la décision est dite « <em>temporaire</em> » sans terme fixé</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">La raison profonde de ces mesures n&rsquo;est pas écrite dans les textes, mais elle est lisible en filigrane dans l&rsquo;histoire récente du Mali. Le 25 avril 2026, des attaques simultanées, coordonnées et d&rsquo;une ampleur inédite ont frappé plusieurs grandes villes du pays, dont Kati et Bamako. Ce jour-là, des groupes armés terroristes et leurs sponsors internes et externes —affiliés au Groupe de soutien à l&rsquo;islam et aux musulmans (JNIM), branche sahélienne d&rsquo;Al-Qaïda — ont démontré leur capacité à frapper en plusieurs points du territoire de façon synchronisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les victimes de cette journée noire figure Sadio Camara, ministre de la Défense et des anciens Combattants, l&rsquo;une des figures-clés de la transition militaire malienne depuis le coup d&rsquo;État de 2021. Sa mort, survenue lors de ces attaques, a représenté un choc politique et symbolique majeur pour le régime du général d’armée Assimi Goïta.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un dispositif sécuritaire qui va bien au-delà des camions-bennes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;interdiction nocturne des camions-bennes n&rsquo;est qu&rsquo;un élément d&rsquo;un arsenal de mesures restrictives déployées par les autorités maliennes dans les semaines qui ont suivi le 25 avril. Dans plusieurs régions du pays, les cortèges de mariage — rassemblements festifs pouvant réunir des centaines de personnes — ont également été suspendus par arrêté préfectoral. Des couvre-feux ont été instaurés ou renforcés dans des zones jugées sensibles. Les contrôles aux entrées et sorties des grandes agglomérations ainsi que les patrouilles à l’intérieur des villes ont été intensifiés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mort du général Sadio Camara, ministre de la Défense, lors des attaques du 25 avril a représenté un choc politique et symbolique majeur pour le Mali. Officier de l&rsquo;armée malienne, Sadio Camara était l&rsquo;un des acteurs centraux du coup d&rsquo;État du 18 août 2020 qui a porté le général Assimi Goïta à la tête du pays, en juin 2021, après l’épisode Bah Ndaw. Ministre de la défense depuis lors, il incarnait le visage militaire et idéologique de la transition, étroitement associé au rapprochement avec la Russie et à l&rsquo;éviction des forces françaises du territoire malien. Sa disparition lors des attaques du 25 avril 2026 constitue la perte la plus élevée en grade subie par le régime depuis son installation.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Koulikoro et Bamako, au cœur du dispositif</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;interdiction des camions-bennes la nuit s&rsquo;inscrit dans une logique tactique précise : ces véhicules de grande taille, à la benne ouverte ou couverte, peuvent servir à transporter discrètement du matériel, des armes ou des hommes en armes. Les groupes terroristes opérant au Mali ont, par le passé, utilisé des véhicules banalisés pour acheminer combattants et équipements à proximité de leurs cibles avant de lancer des assauts. En fermant la nuit la route aux camions-bennes dans les zones les plus urbanisées et les plus peuplées du pays, les autorités entendent réduire ce vecteur de vulnérabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix des deux territoires concernés par ces premiers arrêtés est significatif. Bamako est la capitale, la vitrine politique et économique du régime, dont la sécurité constitue un impératif existentiel. La région de Koulikoro, qui ceinture le District de Bamako, en constitue la première couronne et représente une porte d&rsquo;entrée stratégique pour quiconque chercherait à approcher la capitale depuis le nord, l&rsquo;est ou l&rsquo;ouest.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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