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	<title>Archives des actualités politiques: analyses et commentaires &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des actualités politiques: analyses et commentaires &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Conditions de destitution du président du Cesec : Le CNT adopte une nouvelle loi organique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 13:21:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le Conseil national de Transition a adopté une nouvelle loi organique réformant le Cesec. Le texte précise son organisation, élargit ses compétences et fixe les conditions de destitution et de remplacement de son président.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Conseil national de Transition (CNT) a adopté, jeudi 25 juin 2026, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le projet de loi organique portant organisation, fonctionnement et désignation des membres du Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec). Le texte fixe également les conditions de destitution et de remplacement du président de cette institution. La séance plénière était présidée par le président du CNT, le Général de corps d&rsquo;armée Malick Diaw.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette adoption marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre des dispositions prévues par la nouvelle Constitution. À travers cette loi organique, les autorités entendent préciser les règles devant encadrer le fonctionnement du Cesec, tout en intégrant plusieurs innovations destinées à adapter cette institution aux nouvelles exigences constitutionnelles. Le texte a été défendu devant les membres du CNT par le ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Réformes politiques et du Soutien au Processus électoral, Mamani Nassiré.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une réforme institutionnelle conforme à la nouvelle Constitution</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Cesec figure parmi les institutions prévues par la nouvelle Constitution. La loi adoptée vise principalement à mettre en conformité son organisation avec les nouvelles orientations de la Loi fondamentale. Elle introduit plusieurs changements concernant aussi bien les compétences de l&rsquo;institution que son fonctionnement interne. L&rsquo;objectif recherché est de donner un cadre juridique plus précis afin de permettre au Conseil d&rsquo;exercer pleinement les missions qui lui sont désormais confiées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les principales innovations figure l&rsquo;élargissement des compétences du Cesec aux questions environnementales. Cette évolution se traduit également par un changement de dénomination de ses membres, qui porteront désormais le titre de «&nbsp;<em>conseillers de la République&nbsp;</em>». Le texte prévoit aussi la mise en place d&rsquo;une procédure de destitution du président de l&rsquo;institution ainsi que les conditions devant permettre l&rsquo;élection d&rsquo;un nouveau président en cas de vacance.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Nouvelle composition fondée sur plusieurs innovations institutionnelles</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La nouvelle loi prend également en compte la représentation des organisations de femmes ainsi que des jeunes dans la composition du Cesec. Cette disposition vient compléter les nouvelles orientations retenues pour assurer une participation plus large au sein de cette institution consultative. Le texte cherche ainsi à adapter le Conseil aux nouvelles dispositions constitutionnelles tout en renforçant son organisation interne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport présenté par la commission Lois constitutionnelles du CNT indique également que le projet de loi corrige plusieurs insuffisances relevées dans la législation actuellement en vigueur. Les nouvelles dispositions proposées doivent permettre d&rsquo;améliorer le fonctionnement du Cesec grâce à une organisation davantage adaptée aux missions qui lui sont désormais reconnues par la nouvelle Constitution.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Réorganisation interne suivant les nouvelles dispositions constitutionnelles</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet de loi crée notamment un nouvel organe dénommé «&nbsp;<em>assemblée</em>&nbsp;», qui s&rsquo;ajoute au bureau dans l&rsquo;organisation de l&rsquo;institution. Le texte détermine également les attributions de cette nouvelle structure afin de préciser son rôle dans le fonctionnement général du Conseil. En revanche, le poste de vice-président est supprimé, conformément aux nouvelles dispositions prévues par la Constitution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La loi fixe également les situations pouvant conduire à la destitution du président du Cesec. Celui-ci pourra être relevé de ses fonctions en cas de manquement aux obligations liées à sa charge. Sont notamment visés le dysfonctionnement du Conseil imputable à sa gestion, la violation du secret des délibérations, le non-respect du devoir de réserve ainsi que les comportements portant atteinte à l&rsquo;image ainsi qu&rsquo;au prestige de l&rsquo;institution.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Procédure stricte encadrant la destitution du président</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte précise aussi les conditions à remplir pour engager une procédure de destitution. La proposition devra être signée par au moins les deux tiers des conseillers de la République pour être recevable. En outre, cette initiative ne pourra intervenir qu&rsquo;après les deux premières années suivant l&rsquo;entrée en fonction du président concerné. Ces règles sont destinées à encadrer strictement une telle procédure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En présentant le projet devant les membres du Conseil national de Transition, le ministre délégué Mamani Nassiré a expliqué que cette loi organique permettra au Cesec d&rsquo;exercer pleinement les compétences qui lui sont désormais reconnues par la nouvelle Constitution. À l&rsquo;issue des échanges, le texte a été adopté à l&rsquo;unanimité par les 125 membres du CNT présents lors de cette séance plénière, marquant ainsi l&rsquo;aboutissement de son examen par l&rsquo;organe législatif de la Transition.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Burkina Faso : Ouagadougou dénonce une résolution du Parlement européen et fustige une « ingérence néocoloniale »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
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<p>Le Burkina Faso a rejeté une résolution du Parlement européen sur les libertés fondamentales. Les autorités de transition dénoncent une ingérence néocoloniale, accusent des réseaux liés à la France et réaffirment leur souveraineté.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le gouvernement burkinabè a vivement rejeté une résolution adoptée par le Parlement européen sur la situation des libertés fondamentales dans le pays. Les autorités de transition dénoncent un texte « partial », inspiré selon elles par des intérêts étrangers hostiles à la souveraineté du Burkina Faso.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les tensions diplomatiques entre Ouagadougou et certaines institutions occidentales connaissent un nouvel épisode. Dans une note verbale adressée à l&rsquo;Union européenne, le gouvernement burkinabè a officiellement rejeté la résolution adoptée le 18 juin 2026 par le Parlement européen intitulée&nbsp;<em>« Persistance de la répression de l&rsquo;espace civique et des libertés fondamentales au Burkina Faso »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les autorités de transition dirigées par le capitaine Ibrahim Traoré, ce texte reflète une lecture biaisée de la situation nationale et ignore les efforts engagés depuis plusieurs années dans la lutte contre l&rsquo;insécurité et la reconstruction économique du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une résolution jugée « partiale »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son communiqué, le ministère burkinabè des Affaires étrangères affirme rejeter «&nbsp;<em>avec la plus grande fermeté</em>&nbsp;» les conclusions du Parlement européen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Ouagadougou, les critiques formulées par les eurodéputés reposent sur des «&nbsp;<em>allégations infondées&nbsp;</em>» et des «&nbsp;<em>jugements péremptoires</em>&nbsp;» qui ne tiennent pas compte des réalités auxquelles le pays est confronté depuis plus d&rsquo;une décennie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités estiment notamment que les progrès réalisés dans la reconquête du territoire national, longtemps affecté par les violences terroristes, ainsi que les mesures prises pour renforcer la résilience économique du pays, sont largement ignorés par les auteurs de la résolution.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Accusations contre la France</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le ton du document va au-delà de la simple contestation diplomatique. Le gouvernement burkinabè considère que cette résolution est «&nbsp;<em>manifestement adossée à des desseins néocoloniaux&nbsp;</em>» et inspirée par des «&nbsp;<em>réseaux obscurs à la solde de la France</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une accusation qui s&rsquo;inscrit dans un contexte de relations particulièrement tendues entre Ouagadougou et Paris depuis l&rsquo;arrivée au pouvoir des autorités militaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2022, le Burkina Faso a engagé une profonde réorientation de sa politique extérieure, marquée par le départ des forces françaises stationnées dans le pays et un rapprochement avec ses partenaires de l&rsquo;Alliance des États du Sahel (AES), composée également du Mali et du Niger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les autorités burkinabè, la résolution européenne constitue une «&nbsp;<em>ingérence inacceptable dans les affaires intérieures d&rsquo;un État souverain&nbsp;</em>» et contrevient aux principes de non-ingérence consacrés par la Charte des Nations unies.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une critique de l&rsquo;approche européenne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans sa réponse, le gouvernement affirme également constater avec inquiétude la persistance d&rsquo;une approche qu&rsquo;il qualifie de «&nbsp;<em>paternaliste</em>&nbsp;» chez certains responsables européens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Ouagadougou, cette vision des relations internationales serait davantage guidée par des préjugés idéologiques que par une compréhension objective des réalités sécuritaires et politiques auxquelles font face les pays du Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette critique rejoint les discours régulièrement tenus par les dirigeants des pays membres de l&rsquo;AES, qui dénoncent depuis plusieurs années ce qu&rsquo;ils considèrent comme une tendance occidentale à juger les transitions sahéliennes à travers des critères déconnectés du contexte régional.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La question libyenne remise sur la table</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement burkinabè a également profité de cette réponse pour rappeler son analyse des origines de la crise sécuritaire qui frappe aujourd&rsquo;hui le Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les autorités, l&rsquo;instabilité actuelle trouve son origine dans l&rsquo;intervention militaire menée en Libye en 2011 sous l&rsquo;égide de l&rsquo;Organisation du traité de l&rsquo;Atlantique nord (OTAN).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ouagadougou estime que la chute du régime de Mouammar Kadhafi a favorisé la circulation massive d&rsquo;armes dans la région, l&rsquo;expansion de groupes armés et l&rsquo;émergence de réseaux criminels transnationaux qui continuent d&rsquo;alimenter l&rsquo;insécurité au Burkina Faso, au Mali, au Niger et dans plusieurs pays d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette lecture est régulièrement défendue par les autorités sahéliennes, qui considèrent l&rsquo;intervention libyenne comme l&rsquo;un des principaux facteurs ayant accéléré la déstabilisation régionale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Dialogue, mais sur un pied d&rsquo;égalité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré la fermeté du ton employé, le ministère burkinabè des Affaires étrangères affirme que le Burkina Faso demeure attaché à un dialogue&nbsp;<em>« franc, respectueux et mutuellement bénéfique</em>&nbsp;» avec l&rsquo;Union européenne et ses partenaires internationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités précisent toutefois que ce dialogue ne saurait prospérer dans un climat marqué par ce qu&rsquo;elles décrivent comme des «&nbsp;<em>injonctions</em>&nbsp;», des «&nbsp;<em>procès d&rsquo;intention</em>&nbsp;» ou des tentatives de remise en cause des choix souverains du peuple burkinabè.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans sa conclusion, le gouvernement estime que la résolution du Parlement européen est «&nbsp;<em>nulle et de nul effet</em>&nbsp;», réaffirmant sa volonté de poursuivre sa stratégie politique et sécuritaire sans céder aux pressions extérieures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette nouvelle passe d&rsquo;armes illustre les fractures persistantes entre plusieurs capitales européennes et les régimes militaires du Sahel central. Alors que les questions de gouvernance, de libertés publiques et de transition politique continuent d&rsquo;alimenter les critiques occidentales, les autorités burkinabè, maliennes et nigériennes mettent en avant la souveraineté nationale et la lutte contre le terrorisme comme priorités absolues de leur action.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La rédaction&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>AES : une diplomatie commune pour peser sur la scène internationale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jun 2026 09:25:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Réunis à Bamako, les ministres des Affaires étrangères du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont lancé une nouvelle étape de la Confédération AES en consolidant son pilier diplomatique et sa stratégie de souveraineté régionale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La Confédération des États du Sahel a tenu samedi dernier sa première réunion ministérielle consacrée à sa diplomatie commune. Entre affirmation de souveraineté et dénonciations des ingérences extérieures, Bamako s&rsquo;impose comme le nouveau centre de gravité d&rsquo;un projet géopolitique inédit.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un rendez-vous discret, mais dont les enjeux débordent largement les couloirs feutrés du protocole diplomatique. Le samedi 20 juin 2026, les ministres des Affaires étrangères des trois États membres de la Confédération des États du Sahel (AES) — Mali, Burkina Faso, Niger — se sont retrouvés à Bamako pour une session ministérielle consacrée à ce qu&rsquo;ils appellent le «&nbsp;<em>pilier Diplomatie</em>&nbsp;» de leur feuille de route commune. Une réunion qui, pour la première fois, donne une chair institutionnelle à l&rsquo;ambition diplomatique d&rsquo;une confédération née sur les décombres de trois ruptures avec Paris.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La session s&rsquo;est ouverte sous la présidence du Burkinabè Karamoko Jean Marie Traoré, dont le pays assure la présidence tournante de la Confédération. Autour de la table, Abdoulaye Diop pour le Mali et Bakary Yaou Sangaré pour le Niger — trois hommes qui, chacun à sa manière, ont personnifié la rupture de leurs États respectifs avec la France et les institutions régionales traditionnelles comme la CEDEAO.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Deux jours de travaux préparatoires</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réunion ministérielle de ce samedi n&rsquo;est pas tombée du ciel. Elle a été précédée, les 17 et 18 juin, d&rsquo;une réunion des hauts fonctionnaires des trois pays — les cadres techniques qui ont planché sur les documents politiques, juridiques et diplomatiques soumis ce jour à la validation des ministres. Ce processus en deux temps — experts d&rsquo;abord, ministres ensuite — signale une volonté de construction institutionnelle méthodique, loin de l&rsquo;improvisation que certains observateurs extérieurs prêtaient volontiers à cette confédération née dans l&rsquo;urgence des changements de régimes intervenus dans ces pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ordre du jour est centré sur l&rsquo;adoption d&rsquo;une «&nbsp;<em>approche commune et solidaire</em>&nbsp;» dans la mise en œuvre du pilier diplomatique de la feuille de route de ce qu&rsquo;ils appellent l&rsquo;«&nbsp;<em>An II</em>&nbsp;» de la Confédération — comprenez la phase de consolidation, après une première année consacrée à l&rsquo;architecture sécuritaire et aux ruptures symboliques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Diop : entre bilan et offensive rhétorique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre malien Abdoulaye Diop n&rsquo;a pas manqué l&rsquo;occasion de hausser le ton. Saluant les «&nbsp;<em>avancées notables</em>&nbsp;» dans la construction confédérale — sur les volets défense, diplomatie et développement —, il a également dénoncé avec vigueur ce qu&rsquo;il a qualifié de «&nbsp;<em>désinformation, manipulation, apologie du terrorisme et relai médiatique orchestré par des sponsors étatiques étrangers, nostalgiques d&rsquo;un impérialisme international ou d&rsquo;une hégémonie régionale</em>&nbsp;». Une formulation qui, sans nommer personne, vise clairement Paris — et dans une moindre mesure les institutions onusiennes et certains médias occidentaux régulièrement accusés de biais par les gouvernements de transition sahéliens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Diop a également fermement condamné les récentes attaques terroristes perpétrées au Mali et au Niger, dans un contexte sécuritaire qui reste explosif malgré les affirmations de succès des armées confédérées contre les groupes terroristes actifs dans la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Bamako, capitale d&rsquo;un nouvel axe</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que cette réunion révèle, au fond, c&rsquo;est l&rsquo;ambition d&rsquo;une Confédération qui ne veut plus être seulement une alliance militaire de circonstance. En s&rsquo;attaquant au pilier diplomatique, les trois États cherchent à parler d&rsquo;une seule voix sur la scène internationale — dans les forums multilatéraux, dans les négociations commerciales, dans les crises régionales. C&rsquo;est un saut qualitatif considérable pour des pays qui, jusqu&rsquo;à leur rupture avec la CEDEAO en janvier 2025, n&rsquo;avaient pas de cadre commun de politique étrangère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est certain, c&rsquo;est que Bamako s&rsquo;impose progressivement comme la capitale symbolique de ce nouvel ordre sahélien. La ville accueille ce sommet moins d&rsquo;une semaine après avoir reçu plusieurs délégations diplomatiques venues de Moscou, Pékin et Ankara. Le calendrier n&rsquo;est pas anodin. La réunion de ce samedi envoie un signal clair : l&rsquo;AES n&rsquo;est pas une parenthèse née de trois coups d&rsquo;État successifs. Elle entend s&rsquo;inscrire dans la durée, avec ses propres codes, ses propres alliances, et sa propre lecture du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>Attentat à l’aéroport de Niamey : l’AES affiche son unité face au terrorisme et aux menaces régionales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jun 2026 09:11:48 +0000</pubDate>
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<p>Après l’attaque contre l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, la Confédération des États du Sahel réaffirme sa solidarité avec le Niger et met en avant sa stratégie commune de lutte contre le terrorisme.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L&rsquo;attaque du 18 juin contre l&rsquo;aéroport international Diori Hamani révèle la fragilité sécuritaire persistante de la région, mais aussi la solidité politique d&rsquo;une alliance qui entend démontrer sa capacité de résilience.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jeudi 18 juin 2026. Aux abords de l&rsquo;aéroport international Diori Hamani de Niamey, des combattants terroristes lancent une attaque d&rsquo;envergure contre l&rsquo;une des infrastructures stratégiques les plus sensibles de la République du Niger. Cible : désorganiser les capacités opérationnelles des Forces armées nigériennes. Résultat : un échec cuisant, selon le communiqué officiel publié le lendemain par la Confédération des États du Sahel (AES), signé à Ouagadougou par le Capitaine Ibrahim Traoré, président en exercice de la Confédération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;attaque intervient dans un contexte diplomatique particulièrement dense : deux jours plus tard, les ministres des Affaires étrangères des trois États membres — Mali, Burkina Faso, Niger — se réunissaient à Bamako pour leur première session consacrée au pilier diplomatique de leur feuille de route commune. La coïncidence du calendrier n&rsquo;a pas échappé aux observateurs. Pour la Confédération, l&rsquo;attaque de Niamey ne serait pas un hasard : elle viserait délibérément à déstabiliser une alliance en pleine phase de consolidation institutionnelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une riposte rapide revendiquée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le communiqué de l&rsquo;AES salue «&nbsp;<em>le professionnalisme, la réactivité, la vigilance et l&rsquo;engagement déterminé des forces combattantes nigériennes</em>&nbsp;», qui ont mis en déroute les assaillants. Les Forces armées du Niger ont pour leur part confirmé avoir repoussé l&rsquo;attaque au prix de pertes humaines dans leurs rangs, sans en préciser le nombre. Des familles endeuillées sont mentionnées dans le texte confédéral, qui présente ses condoléances et souhaite «&nbsp;<em>un prompt rétablissement aux personnes blessées&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rapidité de la réponse militaire mise en avant par Niamey et l&rsquo;AES s&rsquo;inscrit dans une communication soigneusement construite autour de l&rsquo;idée de montée en puissance des armées sahéliennes. Depuis les ruptures successives avec les forces françaises et la mission onusienne Minusma — remplacée par des partenariats avec des instructeurs russes et d&rsquo;autres coopérations bilatérales —, les gouvernements de transition s&rsquo;attachent à démontrer leur autonomie opérationnelle face aux groupes armés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ton du communiqué va cependant au-delà du simple constat sécuritaire. Il désigne nommément, sans les identifier, des «&nbsp;<em>sponsors étatiques étrangers</em>&nbsp;» qui soutiennent les groupes terroristes actifs dans la région.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ibrahim Traoré signe : un acte politique autant que sécuritaire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La signature du communiqué par le Capitaine Ibrahim Traoré lui-même — président du Faso, chef de l&rsquo;État burkinabè et président en exercice de la Confédération AES — n&rsquo;est pas anodine. Elle place la réponse à l&rsquo;attentat de Niamey au niveau le plus haut de l&rsquo;architecture confédérale, signalant que l&rsquo;attaque est traitée non comme un incident nigérien isolé, mais comme une agression contre l&rsquo;ensemble du bloc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Loin de saper l&rsquo;élan qui guide la dynamique confédérale, les attaques récurrentes et téléguidées ne font que renforcer l&rsquo;union sacrée des filles et des fils de l&rsquo;AES</em>&nbsp;», écrit le communiqué. Une formulation qui transforme l&rsquo;attentat en argument politique en faveur de l&rsquo;intégration confédérale : la menace extérieure comme ciment de la cohésion interne. Ce mécanisme n&rsquo;est pas propre à l&rsquo;AES — toutes les alliances militaires de l&rsquo;histoire ont utilisé la pression extérieure comme facteur d&rsquo;unification.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un contexte de consolidation accélérée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;attentat de Niamey intervient à un moment charnière pour la Confédération. Créée formellement en juillet 2024 à la suite du retrait des trois pays de la CEDEAO, l&rsquo;AES a d&rsquo;abord concentré ses efforts sur l&rsquo;architecture sécuritaire — coordination des forces armées, opérations conjointes contre les groupes armés, création d&rsquo;une force confédérale. Elle entre désormais dans une phase de normalisation institutionnelle plus large, avec la structuration de son pilier diplomatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réunion ministérielle de Bamako, qui s&rsquo;est ouverte le lendemain de la publication du communiqué, devait notamment travailler à l&rsquo;harmonisation des positions de politique étrangère des trois États dans les instances multilatérales. Un agenda ambitieux pour des pays dont les capacités administratives restent fragilisées par des années d&rsquo;instabilité et dont les économies subissent les effets des sanctions imposées par la CEDEAO lors des transitions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est certain, c&rsquo;est que la réponse confédérale à l&rsquo;attentat de Niamey engage désormais les trois États au-delà de la rhétorique. En affirmant que la Confédération «&nbsp;<em>demeure pleinement mobilisée aux côtés de la République du Niger&nbsp;</em>», Ibrahim Traoré pose un principe de solidarité active qui crée des obligations réciproques. Si une attaque comparable visait demain Bamako ou Ouagadougou, le Niger serait politiquement tenu d&rsquo;une réponse symétrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>L’Alliance des États du Sahel construit son marché intérieur et affirme sa souveraineté économique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Réunis à Ouagadougou, les ministres du Commerce du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont accéléré la construction du marché intérieur de l’AES. Préférence nationale, industrialisation, autosuffisance alimentaire et investissements africains sont au cœur de la stratégie.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réunis à Ouagadougou les 14 et 15 juin 2026 pour leur quatrième session de travail, les ministres du Commerce du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont présenté leur bilan au capitaine Ibrahim Traoré, président de la Confédération. Préférence nationale, autosuffisance alimentaire, lutte contre la fraude : le projet économique de l&rsquo;AES prend forme — sans attendre Paris ni Abuja.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En prenant leur distance avec la Communauté économique des États de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest (CEDEAO) en janvier 2025, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont pris un risque considérable : celui de se retrouver économiquement isolés dans une sous-région dont ils dépendent pour leurs approvisionnements et leurs débouchés commerciaux. Dix-huit mois plus tard, la réponse des trois pays à ce défi prend corps à Ouagadougou, où s’est tenu leur quatrième réunion des ministres en charge de l&rsquo;Industrie et du Commerce.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lundi matin, la délégation conduite par le ministre burkinabè Serge Gnaniodem Poda a été reçue en audience par le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso et président en exercice de la Confédération des États du Sahel. Le ministre malien du Commerce, Moussa Alassane Diallo, porte-parole de la délégation, a présenté au chef de l&rsquo;État burkinabè le bilan des actions menées depuis l&rsquo;entrée en vigueur du Traité instituant l&rsquo;AES, ainsi que l&rsquo;état d&rsquo;avancement des orientations stratégiques définies par les trois chefs d&rsquo;État.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un projet économique structuré autour de la souveraineté</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le programme de travail que les ministres ont soumis au capitaine Traoré donne la mesure de l&rsquo;ambition économique de la Confédération. Il s&rsquo;organise autour de quatre axes : la lutte contre la fraude et la contrefaçon, la facilitation des échanges internes à l&rsquo;AES, l&rsquo;attractivité des investissements — en priorité les investissements africains —, et la transformation des productions agricoles locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La formule du ministre malien résume la philosophie du projet : «&nbsp;<em>Produire, transformer, consommer pour répondre aux besoins fondamentaux de nos populations.</em>&nbsp;» Cette trilogie — production locale, transformation industrielle, consommation intérieure — est directement inspirée du modèle de substitution aux importations que plusieurs économistes africains réclament depuis les années 1980 sans jamais l&rsquo;avoir vu appliqué à cette échelle dans la sous-région.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Notre mission centrale est de bâtir un socle industriel solide, améliorer le climat des affaires et renforcer la compétitivité du secteur privé. »</em>, a déclaré Moussa Alassane Diallo, ministre malien de l&rsquo;Industrie et du Commerce.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La préférence nationale : un protectionnisme assumé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les recommandations portées par le ministre malien Diallo, l&rsquo;une mérite une attention particulière pour ce qu&rsquo;elle dit du tournant économique en cours dans l&rsquo;espace AES : l&rsquo;affirmation d&rsquo;une «&nbsp;<em>préférence nationale plus forte dans les marchés publics</em>&nbsp;». En clair, la priorité donnée aux entreprises des trois pays pour l&rsquo;attribution des contrats publics — une forme de protectionnisme que les cadres institutionnels de la CEDEAO et les accords de partenariat économique avec l&rsquo;Union européenne rendaient jusqu&rsquo;ici difficile à appliquer formellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette orientation s&rsquo;inscrit dans un contexte de renégociation en profondeur des règles du jeu économique régional. En quittant la CEDEAO, les trois pays ont également remis en cause les engagements de libre-échange qui contraignaient leurs politiques industrielles. Ils récupèrent ainsi une marge de manœuvre en matière de politique commerciale que les pays membres de blocs régionaux avaient progressivement cédée à des instances supranationales. Que cette marge soit utilisée à bon escient pour développer des filières compétitives — plutôt que de protéger des rentes — sera le vrai test de la cohérence économique de la Confédération.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le secteur privé au cœur du dispositif</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui distingue cette quatrième session des précédentes est la place accordée aux acteurs du secteur privé. La délégation malienne comprenait des représentants de la Chambre de Commerce et d&rsquo;Industrie du Mali, du Conseil National du Patronat, de l&rsquo;Office des Produits Agricoles du Mali (OPAM) et de l&rsquo;Agence pour la Promotion des Investissements (API-Mali). Cette inclusion illustre la volonté de ne pas faire de l&rsquo;AES un projet exclusivement intergouvernemental mais d&rsquo;y associer les entreprises qui devront in fine incarner le projet industriel commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le défi est immense. Les trois pays de l&rsquo;AES comptent environ 75 millions d&rsquo;habitants et un PIB combiné d&rsquo;environ 50 milliards de dollars — soit moins que celui du seul Nigeria. Leurs économies sont fortement dépendantes des exportations de matières premières — or et lithium pour le Mali, or et coton pour le Burkina Faso, uranium et pétrole pour le Niger — et peu diversifiées sur le plan industriel. Construire un «&nbsp;<em>socle industriel solide</em>&nbsp;», comme le formule le ministre malien, dans ce contexte et sans les relations commerciales préférentielles de la CEDEAO, est un pari qui demandera du temps et des investissements massifs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que le capitaine Traoré a dit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En recevant les ministres, le capitaine Ibrahim Traoré n&rsquo;a pas seulement validé leur bilan. Il a fixé le cap. Selon le ministre malien, le président burkinabè et président de la Confédération a appelé à «&nbsp;<em>des réponses structurelles, rapides et pragmatiques</em>&nbsp;» pour trois objectifs concrets : renforcer les petites et moyennes industries, stimuler l&rsquo;investissement interne et garantir l&rsquo;autosuffisance alimentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;insistance sur l&rsquo;autosuffisance alimentaire est politiquement significative. Dans les trois pays, la question de la souveraineté alimentaire est à la fois une priorité économique — les importations alimentaires représentent une fraction importante de la facture extérieure — et un enjeu de sécurité nationale dans des régions où des millions de personnes sont en situation de vulnérabilité alimentaire. Que le chef de la Confédération la place en tête de ses priorités dit quelque chose sur la conception du développement qui guide le projet AES.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Paris, qui a vu trois de ses anciennes colonies sahéliennes quitter la CEDEAO et expulser ses soldats en moins de quatre ans, cette réunion de Ouagadougou est un signal supplémentaire de la profondeur du tournant en cours. Le projet économique de l&rsquo;AES dessinerait un espace intégré de 75 millions d&rsquo;habitants qui aurait délibérément choisi de s&rsquo;organiser en dehors des cadres régionaux et bilatéraux que la France avait contribué à bâtir depuis les indépendances.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Après sa visite à Bamako, Romuald Wadagni convie Assimi Goïta au Bénin</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 18:40:45 +0000</pubDate>
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<p>En visite officielle à Bamako, le président béninois Romuald Wadagni s'est entretenu avec Assimi Goïta. Les deux dirigeants ont convenu de renforcer la coopération bilatérale et la coordination face aux défis sécuritaires régionaux.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le président béninois Romuald Wadagni a effectué mardi une visite d’amitié et de travail à Bamako. Reçu avec les honneurs par le général d’armée Assimi Goïta, le chef de l’État béninois a affiché, avec son homologue malien, une volonté commune de renforcer les relations bilatérales et de coordonner davantage les efforts face aux défis sécuritaires qui secouent l’Afrique de l’Ouest.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali et le Bénin entendent ouvrir un nouveau chapitre de leur coopération. En visite de travail et d’amitié à Bamako ce mardi 9 juin, le président béninois Romuald Wadagni a été accueilli au palais de Koulouba par le président de la Transition malienne, le général d’armée Assimi Goïta, dans une séquence diplomatique qui témoigne du rapprochement entre les deux États.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À son arrivée à l’aéroport international de Bamako, le chef de l’État béninois a été reçu personnellement par son homologue malien. Les hymnes nationaux des deux pays ont été exécutés avant la présentation des corps constitués et des représentants de la communauté béninoise vivant au Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après un premier entretien dans le pavillon présidentiel, les deux dirigeants ont poursuivi leurs échanges au palais de Koulouba lors d’une séance de travail élargie aux délégations ministérielles et diplomatiques des deux pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une relation bilatérale appelée à se renforcer</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le communiqué conjoint publié à l’issue de la rencontre, les discussions ont porté sur les relations bilatérales, les enjeux sécuritaires régionaux ainsi que les défis politiques et économiques auxquels sont confrontés les deux pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le général Assimi Goïta a saisi cette occasion pour féliciter son homologue béninois pour son accession à la magistrature suprême et lui réaffirmer sa disponibilité à approfondir les liens historiques qui unissent Bamako et Cotonou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux chefs d’État ont notamment convenu de donner un nouvel élan à leur coopération économique, commerciale et culturelle. Ils ont également décidé d’accélérer la tenue de la deuxième session de la Grande Commission mixte de coopération Bénin-Mali, considérée comme un instrument clé pour dynamiser les échanges entre les deux pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette volonté de rapprochement intervient dans un contexte de recomposition des relations diplomatiques en Afrique de l’Ouest, où plusieurs États cherchent à renforcer les partenariats bilatéraux au-delà des cadres régionaux traditionnels.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le terrorisme au cœur des préoccupations</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La question sécuritaire a occupé une place importante dans les échanges. Les deux présidents ont examiné la situation au Sahel et en Afrique de l’Ouest, marquée par la persistance des groupes armés terroristes et l’extension de la menace terroriste vers les pays côtiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président béninois a présenté ses condoléances au peuple malien après les attaques terroristes du 25 avril 2026 qui ont frappé le pays et coûté la vie à plusieurs personnes, dont le général d’armée Sadio Camara, alors ministre d’État chargé de la Défense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans leur déclaration commune, les deux dirigeants ont souligné la nécessité de renforcer la coordination régionale dans la lutte contre le terrorisme et de préserver les conditions d’une coopération efficace entre les États de la sous-région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils ont également réaffirmé leur attachement aux principes de souveraineté nationale, d’intégrité territoriale et de non-ingérence dans les affaires intérieures des États.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une convergence de vues sur les enjeux régionaux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des questions bilatérales, les deux chefs d’État ont évoqué les grands dossiers régionaux et internationaux. Le communiqué conjoint souligne une «&nbsp;<em>convergence de vues</em>&nbsp;» sur plusieurs questions multilatérales d’intérêt commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Bamako, cette visite constitue un signal diplomatique important. Elle traduit la volonté des autorités maliennes de maintenir un dialogue actif avec les pays de la région malgré les recompositions institutionnelles observées ces dernières années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté béninois, ce déplacement confirme également l’importance accordée au dialogue avec le Mali, acteur central des équilibres sécuritaires sahéliens.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une invitation à Cotonou</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au terme de la visite, Romuald Wadagni a invité officiellement le président de la Transition malienne à effectuer une visite d’amitié et de travail au Bénin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le général Assimi Goïta a accepté cette invitation, dont la date sera fixée ultérieurement par voie diplomatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une région confrontée à de multiples défis sécuritaires, économiques et politiques, cette rencontre entre Bamako et Cotonou est une manifestation d’une volonté commune de privilégier le dialogue, la coopération et la concertation pour répondre aux enjeux de stabilité et de développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Visite officielle de Romuald Wadagni : le Mali renforce son influence dans la sous-région</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 09:08:33 +0000</pubDate>
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<p>La visite du président béninois Romuald Wadagni à Bamako, quelques semaines après son investiture, illustre le rôle croissant du Mali dans la recomposition géopolitique ouest-africaine et le rayonnement diplomatique de l’AES.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La visite du président béninois Romuald Wadagni à Bamako, le 9 juin 2026, moins de trois semaines après son investiture, dit quelque chose d&rsquo;essentiel sur le Mali d&rsquo;aujourd&rsquo;hui : un pays qui attire, qui dialogue et qui construit, loin des caricatures.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelque chose de significatif dans le choix du président Romuald Wadagni de faire du Mali l&rsquo;une de ses premières destinations à l&rsquo;étranger. Investi le 24 mai 2026, le nouveau chef de l&rsquo;État béninois a d&rsquo;abord visité le Nigeria, puis le Niger, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire — et maintenant Bamako. Ce tour du voisinage immédiat, accompli en moins d&rsquo;un mois, est un message de réconciliation adressé à toute une région. Et le Mali y occupe une place de choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas un hasard. En cinq ans de refondation, le Mali a construit une diplomatie sur des principes cardinaux devenus constitutionnels: le respect de la souveraineté nationale, le respect des choix stratégiques et du choix des partenaires opérés et la défense des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions prises. C’est une diplomatie cohérente, fondée sur deux piliers indissociables : la souveraineté absolue et le dialogue sincère. Là où d&rsquo;autres auraient choisi l&rsquo;isolement ou la posture, Bamako a fait le pari de l&rsquo;ouverture africaine. L&rsquo;Alliance des États du Sahel (AES), fondée avec le Burkina Faso et le Niger en septembre 2023, en est l&rsquo;expression la plus aboutie : un cadre de coopération sud-sud, sans tutelle extérieure, porté par des peuples qui ont décidé de prendre leur destin en main.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une page tournée dans la sous-région</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La visite de Wadagni a une dimension historique que l&rsquo;on ne saurait minorer. Son prédécesseur Patrice Talon avait figuré parmi les voix les plus fermes en faveur d&rsquo;une intervention armée de la CEDEAO contre le Niger. Les tensions qui s&rsquo;en sont suivies — expulsions de diplomates, fermeture de consulats, crises aux frontières — ont profondément marqué la sous-région. La participation des représentants de l&rsquo;AES à l&rsquo;investiture du nouveau président béninois avait déjà été lue comme un signe. La visite de Bamako le confirme : une page se tourne, et le Mali en est acteur de premier plan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le Mali n&rsquo;a jamais coupé les ponts. Même au plus fort des tensions régionales, Bamako a maintenu avec Cotonou des relations dépourvues de toute tension bilatérale. Les liens historiques et culturels entre les deux peuples ont tenu. Et sur le plan économique, la coopération reste structurellement solide : les Entrepôts Maliens au Bénin (EMABE), opérationnels depuis 2016 sur les 15 000 m² mis à disposition par le gouvernement béninois dès 1983, témoignent d&rsquo;une interdépendance ancienne et mutuellement bénéfique. Le port de Cotonou, à 1 500 kilomètres de Mopti, demeure le débouché maritime le plus proche pour les régions nord du Mali — une réalité géographique que la politique ne saurait effacer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Mali, pivot de la recomposition africaine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui se joue à Bamako en ce 9 juin 2026 dépasse la simple courtoisie diplomatique. C&rsquo;est la démonstration que l&rsquo;AES n&rsquo;est pas un bloc fermé sur lui-même, mais un pôle de gravité capable de dialoguer, de nouer des partenariats et d&rsquo;impulser une nouvelle architecture régionale fondée sur le respect mutuel. Le général GOÏTA reçoit un homologue qu&rsquo;il n&rsquo;a pas attendu passivement — il l&rsquo;a accueilli dans un pays qui se reconstruit, qui investit dans son peuple, et qui rayonne suffisamment pour être l&rsquo;une des premières escales d&rsquo;un chef d&rsquo;État fraîchement élu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali ne réclame pas de reconnaissance. Il la mérite, par ses actes et par sa constance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est cela, la diplomatie de la souveraineté : non pas le repli, mais l&rsquo;affirmation. Non pas la rupture, mais le dialogue exigeant. Le Mali a choisi de n&rsquo;être le client de personne et le partenaire de tous ceux qui le respectent. Cette visite du président Wadagni en est la plus récente, et peut-être la plus éloquente, des validations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : la Maison des pupilles, ou la dette d&#8217;une nation envers ses enfants de la guerre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 07:21:03 +0000</pubDate>
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<p>Cinq ans après sa promesse d’investiture, le président Assimi Goïta a inauguré la Maison des Pupilles à Bamako. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 7 juin 2026 — cinq ans jour pour jour après l&rsquo;investiture d&rsquo;Assimi Goïta —, une promesse faite aux enfants de soldats tombés au combat s&rsquo;est transformée en bâtiment, en couloirs, en réfectoire, en terrain de sport. La Maison des pupilles n&rsquo;est pas une inauguration de plus. C&rsquo;est l&rsquo;acquittement d&rsquo;une dette morale que le Mali devait à ses morts.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les guerres modernes, on compte les morts. Rarement les orphelins. On inaugure des mémoriaux pour les soldats tombés, et on oublie de se demander ce que deviennent leurs enfants — ceux qui grandissent sans père ni mère, avec pour seul héritage la certitude que leurs parents sont morts pour quelque chose. Le Mali a choisi de ne pas oublier. Le 7 juin 2026, la Maison des pupilles a ouvert ses portes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une promesse, une date, un bâtiment</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout commence le 31 octobre 2023, lors de la Journée nationale des Pupilles. Ce jour-là, la directrice de l&rsquo;Office national des pupilles en République du Mali (ONAPUMA) formule une doléance devant le président de la Transition : ces enfants de soldats morts au combat méritent un lieu qui leur soit propre, un cadre digne, un foyer institutionnel. Assimi Goïta entend l&rsquo;appel. Il s&rsquo;engage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 6 février 2024, il pose la première pierre de la Maison des pupilles dans la zone aéroportuaire de Bamako-Sénou. Deux ans plus tard, le 7 juin 2026 — exactement cinq ans jour pour jour après son investiture —, il inaugure le bâtiment achevé. La date n&rsquo;est pas le fruit du hasard. C&rsquo;est un choix symbolique délibéré : boucler le cycle de la promesse le jour même où elle avait été initiée, avec un engagement public que tout le pays avait entendu.&nbsp;<em>«&nbsp;J&rsquo;ai décidé d&rsquo;allouer les deux tiers du fonds de souveraineté du président aux œuvres sociales et sanitaires, notamment pour faciliter l&rsquo;accès à l&rsquo;eau potable et aux soins de santé primaires dans les zones difficiles de notre pays.&nbsp;»</em>, déclarait le&nbsp;Général d&rsquo;armée Assimi Goïta, dans son discours d&rsquo;investiture, le 7 juin 2021.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cinq ans après, la parole a tenu. Et la Maison des pupilles en est la preuve la plus tangible — non pas parce qu&rsquo;elle est la plus spectaculaire des réalisations, mais parce qu&rsquo;elle est la plus chargée de sens. Elle dit ce que l&rsquo;État croit être sa responsabilité envers ceux qui se sont sacrifiés pour lui.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que l&rsquo;on a construit, et pour qui</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur plus de 2 hectares dans la zone de Sénou, à Bamako, un complexe complet a été érigé : bâtiments d&rsquo;hébergement, réfectoire et cuisine, buanderie, espaces de loisirs, terrains de sports, crèches, bibliothèque et médiathèque, auditorium de 300 places, infirmerie, bloc administratif abritant le siège de l&rsquo;ONAPUMA. Le tout entouré d&rsquo;un mur de clôture, dans un environnement sécurisé et structuré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas un orphelinat. C&rsquo;est une institution nationale de plein exercice, conçue pour que les pupilles de la République — enfants de militaires, de civils et d&rsquo;agents de sécurité tombés dans l&rsquo;exercice de leurs fonctions — trouvent non seulement un toit, mais un projet d&rsquo;avenir. À l&rsquo;occasion de la cérémonie d&rsquo;inauguration, l&rsquo;ONAPUMA a également reçu deux bus de 65 places, un véhicule 4&#215;4, deux pick-up et dix motos avec casques pour assurer la mobilité de ses équipes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que dit le conseiller spécial : une promesse tenue au sens littéral</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son discours d&rsquo;inauguration, Aguibou Dembélé, conseiller spécial du président de la Transition chargé des œuvres sociales, a tenu à retracer la généalogie exacte de cet engagement. C&rsquo;est lors de la Journée nationale des Pupilles du 31 octobre 2023 que la directrice de l&rsquo;ONAPUMA a formulé la demande. C&rsquo;est le 6 février 2024 que la première pierre a été posée. C&rsquo;est le 7 juin 2026 que le bâtiment est inauguré. Trois dates, deux ans de travaux, zéro ajournement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dembélé a également rendu hommage à quatre agents des œuvres sociales morts lors d&rsquo;une mission commandée dans la région de Nara en 2023 — un rappel que le travail social au Mali se fait parfois au péril de la vie, dans des zones où la présence de l&rsquo;État reste une cible pour les groupes armés. Ce détail, passé inaperçu dans la couverture médiatique, dit quelque chose d&rsquo;essentiel sur la réalité du contexte dans lequel s&rsquo;inscrivent ces réalisations.&nbsp;<em>«&nbsp;Cette réalisation que nous admirons tous n&rsquo;est-elle pas une preuve du souci constant de Son Excellence le Général d&rsquo;Armée Assimi Goïta de célébrer ceux qui ont consenti le sacrifice ultime pour la nation ? Assurément, oui.&nbsp;»</em>, témoigne&nbsp;Aguibou Dembélé.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que dit le président : la dette minimale d&rsquo;une nation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le général d’armée Assimi Goïta lui-même a prononcé des mots d&rsquo;une sobriété remarquable lors de la cérémonie. Pas de triomphalisme, pas de discours grandiloquent sur la transformation du Mali. Juste une reconnaissance de l&rsquo;évidence : ce que l&rsquo;État fait pour les pupilles «&nbsp;<em>n&rsquo;est que le minimum, n&rsquo;est qu&rsquo;une question de justice et surtout d&rsquo;équité sociale&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette formulation mérite d&rsquo;être citée et retenue. Un chef d&rsquo;État qui dit, au moment d&rsquo;inaugurer un bâtiment qu&rsquo;il a construit de sa propre poche institutionnelle, que c&rsquo;est «&nbsp;<em>le minimum</em>&nbsp;» — c&rsquo;est un chef d&rsquo;État qui a une conception exigeante de ce que l&rsquo;État doit à ses citoyens les plus vulnérables. La Maison des pupilles n&rsquo;est pas dans son discours une faveur accordée, mais une obligation acquittée.&nbsp;<em>«&nbsp;On ne peut pas récompenser tous ceux qui ont consenti le sacrifice ultime. Tout ce que nous sommes en train de faire aujourd&rsquo;hui pour nos pupilles n&rsquo;est que le minimum, n&rsquo;est qu&rsquo;une question de justice et surtout d&rsquo;équité sociale.&nbsp;»</em>, a indiqué le&nbsp;général d&rsquo;armée Assimi Goïta.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand un État inaugure une maison pour les enfants de ses soldats morts, il dit ce qu&rsquo;il croit valoir. Le Mali a dit quelque chose ce 7 juin.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que cela signifie dans le contexte malien</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali est en guerre. Pas métaphoriquement : des soldats meurent chaque semaine dans les régions du nord et du centre. Des civils sont massacrés, des villages brûlés, des familles décimées. Dans ce contexte, prendre soin des orphelins de la guerre — leur donner un lieu, une identité institutionnelle, un avenir structuré — est un acte politique qui dépasse largement le social. C&rsquo;est un acte de maintien du moral national, une réponse à la question que chaque soldat se pose avant de partir en opération : si je meurs, que deviendront mes enfants ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Maison des pupilles répond à cette question. Elle dit : tes enfants ne seront pas oubliés. Ils auront un toit, une école, un médecin, un terrain pour jouer. La nation s&rsquo;en souviendra. C&rsquo;est le contrat moral que tout État en guerre doit passer avec ceux qui se battent en son nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que cette promesse soit tenue au Mali de la Transition, dans les conditions que l&rsquo;on connaît — sanctions économiques partiellement levées, crises sécuritaires persistantes, ressources budgétaires sous pression — est un fait qui mérite d&rsquo;être nommé. Non pas pour exonérer les autorités de toute critique sur d&rsquo;autres dossiers, mais pour reconnaître ce qui a été fait quand cela a été fait.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : cinq ans d&#8217;œuvres sociales, ou quand un président choisit son peuple plutôt que son fonds</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Jun 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Cinq ans après son démarrage,  le bilan de ses œuvres sociales est éloquent : 533 forages, 75 ambulances, 3 000 lampadaires solaires, des centres de dialyse et la Maison des pupilles à travers le Mali.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 7 juin 2021, lors de son investiture, le général d’armée Assimi Goïta prenait un engagement inédit : consacrer les deux tiers de son fonds de souveraineté aux œuvres sociales. Cinq ans après, le bilan est là — 533 forages, 75 ambulances, 3 000 lampadaires solaires, des centres de dialyse, une Maison des pupilles. Ce n&rsquo;est pas de la communication. C&rsquo;est de la politique.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe, dans la vie politique africaine, des gestes que personne n&rsquo;attend. Des engagements qui dérogent à la règle tacite du pouvoir : prendre, conserver, redistribuer aux siens. Le 7 juin 2021, lors de son investiture à Koulouba, Assimi Goïta en a accompli un. Ce jour-là, il a décidé que les deux tiers de son fonds de souveraineté — cette manne traditionnellement jalousée par les chefs d&rsquo;État africains — iraient directement aux populations les plus vulnérables du Mali. Cinq ans plus tard, jour pour jour, le bilan parle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le 7 juin 2021 : un engagement insolite</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut replacer ce geste dans son contexte pour en mesurer la portée. En juin 2021, le Mali est un pays exsangue. Deux coups d&rsquo;État en neuf mois, une crise sécuritaire qui dévore des pans entiers du territoire, une économie affaiblie par les sanctions de la CEDEAO qui s&rsquo;annoncent, des millions de personnes déplacées ou menacées. Les attentes envers le nouveau chef d’Etat sont aussi immenses qu&rsquo;elles sont incertaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, Assimi Goïta prend un engagement qui n&rsquo;était pas attendu des analystes : il affecte les deux tiers de son fonds de souveraineté présidentiel aux œuvres sociales et sanitaires, avec une priorité explicite — faciliter l&rsquo;accès à l&rsquo;eau potable et aux soins de santé primaires dans les zones difficiles du pays. Un engagement simple, précis, vérifiable. La rareté de ces trois qualificatifs dans la vie politique africaine mérite d&rsquo;être soulignée.&nbsp;<em>« J&rsquo;ai décidé d&rsquo;allouer les deux tiers du fonds de souveraineté du président aux œuvres sociales et sanitaires, notamment pour faciliter l&rsquo;accès à l&rsquo;eau potable et aux soins de santé primaires dans les zones difficiles de notre pays. »</em>, déclarait le&nbsp;Général d&rsquo;armée Assimi Goïta, dans son discours d&rsquo;investiture du 7 juin 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cinq ans plus tard, les œuvres sociales ont absorbé l&rsquo;intégralité du fonds de souveraineté — une décision prise en cours de mandat pour amplifier l&rsquo;effort initial. Ce passage des deux tiers à la totalité du fonds traduit une trajectoire inverse à celle qu&rsquo;on observe habituellement dans les régimes de transition : non pas l&rsquo;accaparement progressif des ressources, mais leur redistribution croissante.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>533 forages, 75 ambulances, 3 000 lampadaires : le bilan de cinq ans</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres du récapitulatif sont éloquents. En cinq ans, 533 forages d&rsquo;eau potable ont été réalisés sur l&rsquo;ensemble du territoire national — de Kayes à Kidal —, dont une soixantaine encore en cours de réalisation au moment du bilan. Ce programme a contribué à porter le taux d&rsquo;accès au service de l&rsquo;eau potable à 75,4 % en 2026, selon les données du ministère de l&rsquo;Énergie et de l&rsquo;Eau, contre des niveaux significativement plus bas en début de mandat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous vous proposons le bilan non exhaustif dans ce digramme :&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Diagramme-scaled.png"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="503" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Diagramme-1024x503.png" alt="Diagramme" class="wp-image-22660" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Diagramme-1024x503.png 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Diagramme-300x147.png 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Diagramme-768x377.png 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Diagramme-1536x754.png 1536w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Diagramme-2048x1006.png 2048w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Diagramme-1920x943.png 1920w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Diagramme-1170x575.png 1170w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Diagramme-585x287.png 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Diagramme-600x295.png 600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Bilan des oeuvres sociales représenté en données. ©Sahel Tribune. </figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading"><strong></strong><strong>Les oubliés que l&rsquo;État a retrouvés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui distingue ces œuvres sociales d&rsquo;un programme classique de redistribution, c&rsquo;est la granularité de leur ciblage. On y trouve pêle-mêle des personnes de petite taille, des sourds-muets, des aveugles, des veuves de militaires ou de chauffeurs de citernes, des femmes entrepreneures, des orphelinats, des élèves bègues. Cette liste n&rsquo;est pas anodine : elle dessine une cartographie de l&rsquo;invisibilité sociale malienne, les catégories que les politiques publiques classiques ne savent pas atteindre parce qu&rsquo;elles sont trop petites, trop dispersées, trop peu organisées pour peser dans un processus électoral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a là une conception particulière du rôle de l&rsquo;État — celle d&rsquo;un État qui descend vers ceux que le marché et les institutions habituelles ont laissés de côté, non par populisme mais par calcul de justice sociale élémentaire. Les 400 motos tricycles remises aux personnes handicapées pour soutenir leur mobilité, les 30 séances d&rsquo;orthophonie offertes à 100 élèves bègues pour faciliter leur insertion scolaire : ce sont des actes d&rsquo;une politique sociale qui accepte de traiter des cas individuels à l&rsquo;échelle nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un État qui soigne les bègues et équipe les aveugles n&rsquo;est pas un État qui oublie son peuple. C&rsquo;est un État qui le regarde.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La Maison des pupilles : l&rsquo;œuvre à portée symbolique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le 7 juin 2026, pour le cinquième anniversaire exact de l&rsquo;engagement inaugural, le général d’armée Assimi Goïta inaugure la Maison des pupilles dont la première pierre avait été posée en 2024. Cette infrastructure — qui abrite le siège de l&rsquo;Office national des pupilles en République du Mali (ONAPUMA), comprend une infirmerie, une bibliothèque, une médiathèque,  des bâtiments d&rsquo;hébergement, un réfectoire, une buanderie, des crèches et des terrains de sport. C&rsquo;est bien plus qu&rsquo;un bâtiment.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Maison-des-pupilles-vue-aerienne--scaled.jpg"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Maison-des-pupilles-vue-aerienne--1024x768.jpg" alt="La Maison des Pupilles vue aérienne." class="wp-image-22656" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Maison-des-pupilles-vue-aerienne--1024x768.jpg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Maison-des-pupilles-vue-aerienne--300x225.jpg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Maison-des-pupilles-vue-aerienne--768x576.jpg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Maison-des-pupilles-vue-aerienne--1536x1152.jpg 1536w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Maison-des-pupilles-vue-aerienne--2048x1536.jpg 2048w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Maison-des-pupilles-vue-aerienne--1920x1440.jpg 1920w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Maison-des-pupilles-vue-aerienne--1170x878.jpg 1170w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Maison-des-pupilles-vue-aerienne--585x439.jpg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Maison-des-pupilles-vue-aerienne--600x450.jpg 600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">La Maison des Pupilles vue aérienne. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Elle est la matérialisation d&rsquo;une dette d&rsquo;État envers ceux qui ont perdu un parent dans la guerre. Les enfants des soldats tombés au combat ont droit à un espace qui leur est propre, doté de ressources pour leur éducation, leur épanouissement et leur insertion. Dans un pays où les familles de militaires morts au front avaient longtemps été reléguées à la marge des dispositifs de soutien public, cette inauguration est un acte politique de reconnaissance nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que cela dit de la gouvernance malienne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Certains observateurs, habituellement prompts à critiquer les régimes de transition sahéliens, ont tendance à passer ces réalisations sous silence — trop occupés à documenter les ruptures diplomatiques ou les tensions sécuritaires. C&rsquo;est une erreur d&rsquo;analyse. La capacité d&rsquo;un État à maintenir une politique sociale cohérente, continue et mesurable sur cinq ans, dans un contexte de guerre asymétrique, de sanctions économiques et de ruptures diplomatiques majeures, est précisément l&rsquo;indicateur le plus révélateur de sa solidité institutionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali de la Transition n&rsquo;est pas un pays en ordre. La sécurité reste précaire dans le nord et le centre. L&rsquo;économie subit des pressions considérables. Les défis humanitaires sont réels. Mais un État qui fore 533 puits en cinq ans, qui déploie 3 000 lampadaires sur les axes urbains de Bamako, qui crée des centres de dialyse dans trois régions et qui inaugure une maison dédiée aux enfants de soldats morts au combat — cet État-là n&rsquo;a pas renoncé à sa mission fondamentale : être présent là où les populations en ont besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 7 juin 2021 était une promesse. Le 7 juin 2026 est un bilan. Entre les deux, 533 forages et des milliers de familles qui ont accès à l&rsquo;eau, à la lumière, aux soins. C&rsquo;est, dans un contexte aussi difficile, un résultat qui mérite d&rsquo;être nommé pour ce qu&rsquo;il est.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba </strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Macron–Macky Sall : l&#8217;entrevue qui brouille les lignes</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 21:54:39 +0000</pubDate>
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<p>Reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron, Macky Sall poursuit sa campagne pour le poste de secrétaire général de l’ONU. Une rencontre qui soulève des interrogations sur le soutien de la France, alors que le Sénégal affiche sa neutralité.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L&rsquo;ancien président sénégalais fait campagne pour la tête de l&rsquo;ONU avec la bienveillance de Paris — mais sans le soutien de Dakar. Une rencontre à l&rsquo;Élysée qui pose autant de questions qu&rsquo;elle n&rsquo;apporte de réponses.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une image soigneusement mise en scène, et c&rsquo;est précisément là que réside le problème. Le 3 juin, Macky Sall a diffusé sur ses réseaux sociaux une photographie le montrant&nbsp;serrant la main d&rsquo;Emmanuel Macron&nbsp;dans le grand escalier de l&rsquo;Élysée, la veille — un cliché que l&rsquo;Élysée, lui, a préféré taire. Cette asymétrie de communication en dit long sur la nature réelle de cette rencontre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ancien chef de l&rsquo;État sénégalais brigue le poste de secrétaire général des Nations unies, en lice pour succéder à Antonio Guterres le 1er janvier 2027. Pour asseoir sa candidature sur la scène internationale, il sollicite les capitales qui comptent. Paris, puissance permanente au Conseil de sécurité, en est une. Jusqu&rsquo;ici, rien d&rsquo;anormal.&nbsp;<em>« Nous n&rsquo;avons pas été impliqués depuis le début, même pas par l&rsquo;intéressé. »</em>, avait fait savoir Bassirou Diomaye Faye en mai&nbsp;2026.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une campagne sans mandat national</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui interroge davantage, c&rsquo;est le&nbsp;vide institutionnel&nbsp;que révèle cet activisme diplomatique. Le président Bassirou Diomaye Faye l&rsquo;a dit sans détour début mai : son gouvernement a choisi «&nbsp;<em>une posture neutre</em>&nbsp;» et n&rsquo;a «&nbsp;<em>pas été impliqué depuis le début</em>&nbsp;». Autrement dit, Macky Sall mène une campagne internationale pour représenter — potentiellement — l&rsquo;ensemble des États membres de l&rsquo;ONU, sans même avoir obtenu l&rsquo;aval de son propre pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation est pour le moins singulière. Quel poids réel peut avoir un candidat dont le pays d&rsquo;origine décline de le soutenir officiellement ? La bienveillance française, aussi réelle soit-elle, ne saurait combler ce déficit de légitimité nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Élysée n&rsquo;a confirmé ni la réunion ni un éventuel soutien à la candidature. C&rsquo;est Macky Sall lui-même qui a donné une dimension publique à l&rsquo;entretien, transformant une rencontre discrète en argument de campagne.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Paris joue la discrétion, macky joue l&rsquo;affichage</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Élysée n&rsquo;a formulé aucun commentaire. Pas de communiqué, pas de déclaration, pas même une confirmation officielle de la réunion. Ce silence choisi contraste avec l&rsquo;enthousiasme médiatique de Macky Sall, qui a pris soin de diffuser la photo&nbsp;en français et en anglais, signalant clairement à quel public international il s&rsquo;adressait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son entourage, l&rsquo;élan est immédiat. Néné Tall, cadre de l&rsquo;Alliance pour la République, n&rsquo;a pas hésité à commenter :&nbsp;<em>« Pendant ce temps, les grands hommes discutent de l&rsquo;avenir du monde. »</em>&nbsp;La formule, aussi maladroite que révélatrice, trahit une stratégie de valorisation par l&rsquo;image plus que par le fond — un&nbsp;affichage de légitimité&nbsp;qui se substitue au débat programmatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car sur le fond, que sait-on réellement de la vision onusienne de Macky Sall, au-delà de la formule — «&nbsp;<em>rationaliser, simplifier, optimiser</em>&nbsp;» — présentée devant l&rsquo;Assemblée générale en avril ? Des principes qui sonnent plus comme un slogan de consultant que comme un projet politique pour une organisation de 193 membres.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le pari risqué d&rsquo;une image trop parisienne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le contexte actuel du continent africain, où le sentiment anti-français reste vif dans plusieurs pays et où la France cherche elle-même à redéfinir sa posture en Afrique,&nbsp;afficher la bienveillance de l&rsquo;Élysée comme un atout&nbsp;pourrait se révéler une stratégie à double tranchant. Si elle peut séduire certaines chancelleries occidentales, elle risque d&rsquo;alimenter la méfiance de nombreux États du Sud global — bloc de voix crucial dans toute élection à l&rsquo;ONU.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Macky Sall devra arbitrer entre deux logiques contradictoires : celle qui consiste à capitaliser sur des réseaux franco-africains bien entretenus, et celle qui exige de se présenter comme un candidat du monde entier, au-delà des alignements historiques. Pour l&rsquo;heure, l&rsquo;image de l&rsquo;escalier de l&rsquo;Élysée penche clairement du premier côté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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