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	<title>Archives des Les démystificateurs du Sahel &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des Les démystificateurs du Sahel &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Deepfakes, propagande, algorithmes : comment résister au mensonge industriel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 May 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Face aux fake news, aux deepfakes et aux manipulations algorithmiques, la désinformation menace la démocratie. Une réflexion inspirée de Karl Popper sur le doute critique comme rempart contre le mensonge industriel.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>La désinformation n&rsquo;est pas simplement un problème de médias ou de technologie. C&rsquo;est une crise de la connaissance elle-même. En détruisant les critères qui permettent de distinguer le vrai du faux, elle frappe au cœur de la démocratie. Face à ce défi, le philosophe Karl Popper nous offre une arme : le doute systématique.</em></strong><strong></strong></p>



<p>Il y a quelques semaines, plusieurs médias internationaux affirmaient que les autorités maliennes auraient libéré des détenus accusés de terrorisme en échange d&rsquo;un approvisionnement en carburant. L&rsquo;information a circulé à grande vitesse, reprise, amplifiée, commentée. Quelques jours plus tard, l&rsquo;armée malienne démentait catégoriquement. Qui avait raison ? Peu importe, en un sens. Ce qui importe, c&rsquo;est ce que cet épisode révèle : nous vivons dans un monde où le mensonge circule à la vitesse de la lumière et où la vérité marche à pied.</p>



<p>Ce n&rsquo;est pas nouveau. Mais ce qui est nouveau, c&rsquo;est l&rsquo;ampleur du phénomène, sa sophistication, et surtout sa nature profonde. Car la désinformation contemporaine n&rsquo;est pas simplement un problème de médias mal régulés ou de réseaux sociaux irresponsables. C&rsquo;est un problème épistémologique — un problème qui touche à la manière dont nous produisons, évaluons et transmettons la connaissance.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La vérité n&rsquo;est plus manifeste</strong></h2>



<p>Pendant des siècles, les philosophes ont cru que la vérité était, pour ainsi dire, à portée de main. Descartes estimait que l&rsquo;idée «&nbsp;<em>claire et distincte</em>&nbsp;» se présente d&rsquo;elle-même à l&rsquo;esprit attentif. Bacon voyait dans la nature un&nbsp;<em>Grand Livre</em>&nbsp;que l&rsquo;homme pouvait apprendre à lire par l&rsquo;observation. Spinoza affirmait que «&nbsp;<em>la vérité est norme d&rsquo;elle-même et du faux, comme la lumière se fait connaître elle-même et fait connaître les ténèbres</em>&nbsp;».</p>



<p>C&rsquo;était une vision optimiste — presque touchante — de la connaissance humaine. Et pas entièrement fausse : il y a bien des choses que nous pouvons connaître avec certitude, pour peu que nous exercions notre raison avec rigueur. Mais à l&rsquo;ère des algorithmes, des deepfakes et de l&rsquo;intelligence artificielle générative, cette lumière naturelle de la vérité se heurte à une industrie du mensonge sans précédent. La caverne de Platon a changé de forme : elle est aujourd&rsquo;hui faite d&rsquo;écrans, de fils d&rsquo;actualité, de statistiques soigneusement sélectionnées. Les ombres projetées sur nos murs numériques se parent de chiffres, de graphiques, d&rsquo;expertises. Elles ont l&rsquo;apparence de la vérité. C&rsquo;est précisément ce qui les rend dangereuses.</p>



<p>Ce que la désinformation contemporaine accomplit de plus redoutable, c&rsquo;est de n&rsquo;utiliser plus le mensonge brut. Elle s&rsquo;est raffinée. Elle présente des données vraies dans des contextes faux, des faits réels privés de leur sève, des chiffres sortis de leur cadre. Myret Zaki, journaliste économique, appelle cela la «&nbsp;<em>désinformation venant d&rsquo;en haut</em>&nbsp;» : celle qui se niche dans les rapports officiels, les communiqués institutionnels, les statistiques gouvernementales. Le Grand Livre de la vérité, pour reprendre Bacon, est devenu le Grand Livre du mensonge.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pourquoi nous y croyons : le piège de l&rsquo;induction</strong></h2>



<p>Il faut aller plus loin. La désinformation ne triomphe pas malgré nos facultés cognitives — elle triomphe à travers elles. Elle exploite les mécanismes mêmes qui, dans d&rsquo;autres circonstances, nous permettent d&rsquo;apprendre et de nous orienter dans le monde.</p>



<p>Le philosophe Karl Popper avait identifié le problème central : nous sommes des créatures inductives. Nous généralisons à partir des cas particuliers. Nous faisons confiance à ce que nous avons déjà vérifié. Nous croyons ce que tout le monde croit. Si plusieurs personnes disent la même chose, nous pensons qu&rsquo;il y a un fond de vérité. Si une source nous a informés correctement hier, nous lui faisons confiance aujourd&rsquo;hui. Ce sont des heuristiques raisonnables dans la vie ordinaire — mais des portes ouvertes à toutes les manipulations.</p>



<p>La désinformation industrielle a compris ce mécanisme avant les épistémologues. En multipliant la diffusion d&rsquo;un même message à travers des canaux apparemment distincts, elle simule l&rsquo;accumulation d&rsquo;observations indépendantes. La répétition crée l&rsquo;apparence de la preuve. La fréquence tient lieu de vérité. Le philosophe écossais David Hume avait raison : c&rsquo;est l&rsquo;habitude, et non la raison, qui guide la plupart de nos jugements. Et l&rsquo;habitude se fabrique.</p>



<p>Orwell l&rsquo;avait vu dans&nbsp;<em>1984</em>&nbsp;: «&nbsp;<em>le mensonge passait dans l&rsquo;histoire et devenait la réalité</em>&nbsp;». Ce qui est aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est que la technologie permet de faire passer ce processus à l&rsquo;échelle industrielle, en temps réel, avec une efficacité que les régimes totalitaires du XXe siècle auraient enviée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La réponse de Popper : apprenons à réfuter</strong></h2>



<p>C&rsquo;est ici que Karl Popper entre en scène. Non pas comme un philosophe poussiéreux sorti des rayons d&rsquo;une bibliothèque universitaire, mais comme un penseur dont la méthode a une valeur pratique immédiate dans notre époque.</p>



<p>Popper a proposé, au lieu du critère de vérifiabilité, un critère de falsifiabilité. Une proposition est scientifique — et plus généralement crédible — non pas parce qu&rsquo;elle a été confirmée par de nombreuses observations, mais parce qu&rsquo;elle peut être réfutée. Elle prend un risque. Elle dit : voici ce qui pourrait la rendre fausse. Si rien ne peut la réfuter, si elle s&rsquo;adapte à toutes les situations, si elle se réforme en permanence pour éviter la contradiction, alors ce n&rsquo;est pas de la connaissance — c&rsquo;est du dogme.</p>



<p>Appliqué à l&rsquo;information, ce critère est révolutionnaire. Une information falsifiable est une information précise : elle dit ce qu&rsquo;elle dit, et pas autre chose. Elle nomme des faits vérifiables, des dates, des chiffres situés dans leur contexte. Elle donne les moyens de sa propre réfutation. À l&rsquo;inverse, une information vague, qui s&rsquo;accommode de toutes les interprétations, qui se présente sans source traçable, qui gagne en crédibilité par la seule répétition — voilà le portrait-robot de la désinformation.</p>



<p>Le philosophe des sciences Gaston Bachelard avait mis le doigt sur un autre aspect du problème : les «&nbsp;<em>obstacles épistémologiques</em>&nbsp;». Nos préjugés, nos habitudes, nos certitudes confortables constituent autant de freins à la connaissance rigoureuse. La première étape du progrès intellectuel, c&rsquo;est de les identifier. Le premier geste contre la désinformation, c&rsquo;est de savoir que nous y sommes vulnérables — tous, sans exception.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qui contrôle les informations contrôle les esprits</strong></h2>



<p>Le problème ne serait que demi-mal s&rsquo;il n&rsquo;était que cognitif. Mais la désinformation est aussi une affaire de pouvoir. Noam Chomsky et Edward Herman ont montré, dans leur analyse des médias américains, que la production de l&rsquo;information est structurée par des rapports de force économiques et politiques. Les propriétaires des médias définissent, volontairement ou non, les frontières du dicible. Myret Zaki le formule crûment : «&nbsp;<em>Les milliardaires sont, en quelque sorte, les rédacteurs en chef du monde.&nbsp;</em>»</p>



<p>Cette concentration du pouvoir informationnel est un défi épistémologique autant que démocratique. Car elle crée l&rsquo;illusion de la pluralité : de nombreux médias semblent donner des informations indépendantes, mais convergent vers les mêmes angles, les mêmes omissions, les mêmes représentations. C&rsquo;est ce que Popper appelait, dans un autre contexte, la «&nbsp;<em>régression à l&rsquo;infini</em>&nbsp;» : cherchez la source derrière la source, et vous trouvez souvent la même main.</p>



<p>Les algorithmes des plateformes numériques aggravent le phénomène. Ils ne cherchent pas la vérité — ils cherchent l&rsquo;engagement. Et ce qui engage, c&rsquo;est l&rsquo;émotion : la colère, la peur, l&rsquo;indignation. La désinformation est émotionnellement efficace. Comme le disent des spécialistes en fact-checking : «&nbsp;<em>Le mensonge court plus vite que la vérité. Les algorithmes mettent en avant les contenus sensationnels qui génèrent plus d&rsquo;engagement. Et cela sert leurs intérêts économiques.</em>&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Douter, c&rsquo;est un acte politique</strong></h2>



<p>Que faire ? La réponse ne peut pas être uniquement technique. Les filtres algorithmiques, les labels de fact-checking, les lois contre la désinformation — tout cela est nécessaire, mais insuffisant. Car ces dispositifs ne touchent pas au cœur du problème : notre rapport individuel et collectif à la connaissance.</p>



<p>Ce qu&rsquo;il faut, c&rsquo;est ce que Kant appelait — dans un texte de 1784 qui n&rsquo;a rien perdu de son actualité — «&nbsp;<em>le courage de se servir de son propre entendement</em>&nbsp;». «&nbsp;<em>Sapere aude</em>&nbsp;» : ose savoir. Ose douter. Ose demander : qui a produit cette information ? Dans quel intérêt ? Quelles seraient les conditions dans lesquelles elle serait fausse ? Est-ce que les sources sont véritablement indépendantes, ou s&rsquo;agit-il du même message relayé en boucle ?</p>



<p>Ce n&rsquo;est pas du scepticisme paralysant. C&rsquo;est du rationalisme critique. Popper ne disait pas qu&rsquo;on ne peut rien savoir. Il disait que le savoir progresse par la critique, par la mise à l&rsquo;épreuve, par l&rsquo;élimination progressive des erreurs. Appliquer ce principe à notre consommation quotidienne d&rsquo;information, c&rsquo;est un acte de résistance — et un acte démocratique.</p>



<p>La démocratie, en effet, ne peut fonctionner que si les citoyens sont capables de former des jugements rationnels fondés sur des informations fiables. Quand l&rsquo;espace public est saturé de mensonges sophistiqués, c&rsquo;est la condition même du débat démocratique qui s&rsquo;effondre. Ce n&rsquo;est pas une métaphore : on l&rsquo;a vu lors des élections américaines de 2016, lors de la pandémie de Covid-19, où la guerre informationnelle a précédé et accompagné tous les processus.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Refonder les critères du vrai</strong></h2>



<p>Mais le doute seul ne suffit pas. Il faut aussi reconstruire. Reconstruire des critères de crédibilité adaptés à notre époque. Non plus la simple vérifiabilité — trop facilement simulée — ni la seule répétition — trop facilement organisée — mais une exigence plus exigeante : celle de la réfutabilité précise, de la traçabilité des sources, de la transparence des intérêts, de la révisabilité déclarée.</p>



<p>Une information digne de ce nom dit ce qu&rsquo;elle est prête à admettre comme réfutation. Elle dit d&rsquo;où elle vient. Elle dit qui l&rsquo;a produite et pourquoi. Elle dit ce qui la rendrait fausse. C&rsquo;est un standard élevé. Mais c&rsquo;est le minimum pour naviguer dignement dans l&rsquo;océan informationnel contemporain.</p>



<p>Cela suppose aussi de reconstruire des institutions. Non des institutions qui décideraient autoritairement ce qui est vrai — ce serait remplacer une tyrannie par une autre — mais des institutions qui organisent la critique collective : des rédactions indépendantes du pouvoir financier et politique, des organismes de vérification dotés de méthodes transparentes, des formations à l&rsquo;esprit critique dès l&rsquo;école, des règles de responsabilité pour les plateformes qui amplifient sans discernement.</p>



<p>En Afrique de l&rsquo;Ouest, où j&rsquo;ai ancré ma réflexion, ces enjeux prennent une acuité particulière. Les conflits armés, les transitions politiques, les crises sanitaires s&rsquo;accompagnent d&rsquo;avalanches de désinformation qui peuvent coûter des vies. Les journalistes qui font ce travail de vérification — et ils sont nombreux, courageux, souvent peu soutenus — méritent d&rsquo;être reconnus comme des acteurs essentiels non seulement de l&rsquo;information, mais de la démocratie elle-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La vérité n&rsquo;est pas une destination : c&rsquo;est un chemin</strong></h2>



<p>Popper aimait à dire que «&nbsp;<em>toute vie est résolution de problèmes</em>&nbsp;». La désinformation est le problème de notre époque. Non pas un problème que l&rsquo;on résout une bonne fois pour toutes, mais un problème qu&rsquo;on affronte chaque jour, dans chaque information qu&rsquo;on consomme, partage ou produit.</p>



<p>La vérité n&rsquo;est pas manifeste. Elle ne se révèle pas d&rsquo;elle-même à l&rsquo;esprit distrait. Elle exige un effort : l&rsquo;effort du doute, de la vérification, de la mise à l&rsquo;épreuve critique. Cet effort n&rsquo;est pas réservé aux philosophes ni aux journalistes. Il appartient à tout citoyen qui refuse de laisser d&rsquo;autres penser à sa place.</p>



<p>Voltaire aurait peut-être reformulé aujourd&rsquo;hui son serment célèbre ainsi : je ne sais pas si ce que vous dites est vrai, mais je me battrai pour que nous ayons les moyens de le vérifier. C&rsquo;est cela, dans notre monde saturé de mensonges industriels, l&rsquo;acte de résistance le plus fondamental.</p>



<p><strong>Fousseni Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : gouvernement et médias mobilisés contre la désinformation après les attaques du 25 avril</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 May 2026 14:17:34 +0000</pubDate>
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<p>Au Mali, le gouvernement et les organisations de presse appellent à une mobilisation nationale des médias pour lutter contre la désinformation et renforcer la cohésion nationale après les attaques du 25 avril.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyene, a animé le lundi 11 mai 2026 un point de presse à la Maison de la Presse de Bamako. À ses côtés se trouvaient le président de la Haute Autorité de la Communication, Gaoussou Coulibaly, le président de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté, ainsi que plusieurs responsables des faîtières et des organisations professionnelles. L’objectif était de sensibiliser les acteurs des médias sur la situation nationale.&nbsp;&nbsp;</em></strong></p>



<p>Cette rencontre s’est déroulée après les attaques du 25 avril et face à une recrudescence des campagnes de désinformation. La presse malienne, dans toutes ses composantes, était représentée : médias publics, privés, audiovisuels, écrits et en ligne. Cette mobilisation démontre la volonté des journalistes de participer activement à la défense des intérêts supérieurs du pays et au renforcement de la cohésion nationale.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Dans son intervention, le ministre Alhamdou Ag Ilyene a rappelé la mission essentielle de la presse. Selon lui, «&nbsp;<em>informer avec responsabilité, relayer avec professionnalisme et contribuer à la stabilité nationale&nbsp;</em>» sont des devoirs incontournables. Il a ajouté que les médias doivent rester vigilants face aux campagnes de désinformation et jouer un rôle central dans la consolidation de la souveraineté nationale. Ses propos ont placé la presse au cœur de la riposte contre les manipulations hostiles.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Unité et solidarité des journalistes maliens</strong></h2>



<p>Le président de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté, a salué l’initiative du ministère et insisté sur l’unité des journalistes face aux défis actuels. Il a déclaré que «&nbsp;<em>la diversité des médias est une richesse, mais elle doit être encadrée par des principes de responsabilité et de professionnalisme&nbsp;</em>». Il a également mis l’accent sur la solidarité entre les journalistes et la nécessité de préserver la liberté d’informer dans le respect des lois et des valeurs nationales.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Bassaro Haïdara, représentant du syndicat, a dénoncé le déficit d’information auquel la presse malienne est confrontée. Selon lui, il est inconcevable que la population soit informée par des sources extérieures faute de données locales fiables. Il a rappelé que dans d’autres pays, les agences de presse jouent un rôle central. Au Mali, l’absence d’un tel dispositif fragilise la crédibilité et expose les journalistes à des risques dans l’exercice de leur métier.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Responsabilité accrue dans la guerre médiatique</strong></h2>



<p>Le président de l’URTEL, Mahamoudou Bocoum, est surtout revenu sur la responsabilité de la presse dans la guerre médiatique actuelle. Il a affirmé que «&nbsp;<em>les journalistes doivent déconstruire les narratifs hostiles au pays en produisant une information crédible et critique</em>&nbsp;». Selon lui, la presse reste le dernier rempart de la population, notamment dans les zones reculées. Il a plaidé pour un accompagnement de l’État afin de renforcer les capacités des médias et leur permettre de jouer pleinement leur rôle.&nbsp;</p>



<p>Le directeur de l’AMAP, Alassane Souleymane, a rappelé le rôle central de son institution comme agence nationale d’information. Il a accentué son intervention sur la nécessité de consolider l’AMAP afin qu’elle puisse jouer pleinement sa mission dans la riposte médiatique. Selon lui, «&nbsp;<em>l’agence doit être renforcée pour garantir une information crédible et coordonnée face aux campagnes hostiles</em>&nbsp;». Il a appelé à une meilleure organisation des médias publics pour soutenir la cohésion nationale.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Importance des médias sociaux et jeunesse</strong></h2>



<p>Le président de l’APPEL Mali, Modibo Fofana, a centré son intervention sur les médias sociaux, qu’il considère comme le prolongement de l’armée dans la guerre médiatique. Il a dénoncé le matraquage subi depuis le 25 avril, marqué par la désinformation et l’usage de l’intelligence artificielle. Il a ajouté que «&nbsp;<em>la tranche d’âge de 24 à 40 ans est la plus active sur internet et la plus exposée aux narratifs hostiles</em>&nbsp;».&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Le président de l’ASSEP, Boubacar Yalkoué, a rappelé, quant à lui, que les événements du 25 avril doivent renforcer la cohésion et l’unité entre les Maliens. Il a particulièrement mis l’accent sur la responsabilité collective des journalistes et des citoyens dans la défense des intérêts supérieurs du pays. Selon lui, «&nbsp;<em>la presse doit rester vigilante face aux manipulations et contribuer à la stabilité nationale&nbsp;</em>». Il a appelé à la solidarité et à l’engagement patriotique pour surmonter les défis actuels.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Synergie des médias maliens et AES</strong></h2>



<p>Salif Sanogo, représentant la télévision Tafouk (la chaîne de l’AES), a mis en avant les difficultés rencontrées par les télévisions locales face à la puissance des médias internationaux. Il a également insisté sur «&nbsp;<em>la nécessité d’une synergie entre les médias maliens et ceux de l’Alliance des États du Sahel afin de renforcer la souveraineté médiatique et construire un narratif commun&nbsp;</em>». Cette coopération est jugée indispensable pour donner plus de force et de crédibilité à l’information nationale.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Le président de la Haute Autorité de la Communication, Gaoussou Coulibaly, a insisté sur «&nbsp;<em>la responsabilité et le professionnalisme des journalistes face aux campagnes de désinformation</em>&nbsp;». Il a rappelé que la HAC doit protéger les acteurs des médias et garantir un cadre équilibré. Selon lui, la presse doit contribuer efficacement à la cohésion nationale et à la stabilité du pays, en restant fidèle à ses principes déontologiques.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Le ministre Alhamdou Ag Ilyene a conclu la rencontre en réaffirmant la disponibilité du gouvernement à travailler avec l’ensemble des acteurs du secteur. Il a appelé à «&nbsp;<em>la vigilance, la responsabilité et l’engagement patriotique de tous les journalistes&nbsp;</em>». Selon lui, «&nbsp;<em>la presse doit rester un pilier de la cohésion nationale et un outil de défense des intérêts supérieurs du pays&nbsp;</em>». La rencontre s’est achevée sur un appel à la solidarité et à la mobilisation collective.</p>



<p><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Guerre de l’information : comment les médias sont devenus des instruments de pouvoir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 May 2026 07:54:30 +0000</pubDate>
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<p><strong><em>Du Sahel aux capitales occidentales, la liberté de la presse se fracasse sur les mêmes écueils : le pouvoir politique, l&rsquo;argent et les agendas cachés. La suspension de neuf médias français au Niger par les autorités de la transition en mai 2026 n&rsquo;est que le dernier épisode d&rsquo;une guerre de l&rsquo;information qui ne dit pas son nom — et dans laquelle aucun camp ne peut se prévaloir d&rsquo;une innocence totale.</em></strong></p>



<p>Au Niger, neuf médias français viennent d&rsquo;être suspendus par décret. France 24, RFI, l&rsquo;AFP, TV5 Monde, Jeune Afrique — des noms familiers à des millions d&rsquo;Africains — rayés des écrans et des ondes du jour au lendemain. Les autorités militaires invoquent des contenus «&nbsp;<em>menaçant l&rsquo;ordre public</em>&nbsp;». RSF crie à la censure. Mais derrière ce bras de fer sahélien se joue quelque chose de beaucoup plus vaste : la bataille mondiale pour le contrôle du récit.</p>



<p>Car le Niger n&rsquo;est pas seul. Au Mali, au Burkina Faso, ces mêmes médias sont suspendus depuis des mois, accusés de traitement tendancieux de l&rsquo;actualité. Et si ces régimes militaires sont souvent épinglés par les organisations de défense de la presse, une question plus inconfortable mérite d&rsquo;être posée : les médias qu&rsquo;ils censurent sont-ils eux-mêmes entièrement libres ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;information comme terrain de guerre</strong></h2>



<p>En septembre 2022, Emmanuel Macron l&rsquo;a dit sans détour devant ses ambassadeurs : la France est engagée dans une «&nbsp;<em>guerre informationnelle</em>&nbsp;» en Afrique. Il a explicitement mentionné France Médias Monde — RFI, France 24 — comme instrument stratégique pour contrer « les&nbsp;<em>narratifs russe, chinois ou turc</em>&nbsp;» sur le continent. Cette déclaration, passée relativement inaperçue en Europe, a résonné comme une confirmation dans de nombreuses capitales africaines.</p>



<p>Elle a surtout mis en lumière une réalité que les analystes des médias décrivent depuis des décennies : l&rsquo;information n&rsquo;est jamais neutre. Elle est le produit de rapports de pouvoir, de stratégies d&rsquo;influence, de logiques économiques et politiques qui conditionnent ce qui est dit, ce qui est tu, et surtout, comment les faits sont présentés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des médias pris en étau entre politique et argent</strong></h2>



<p>Le linguiste Noam Chomsky et Edward Hermann, dans&nbsp;<em>la Fabrication de l’information&nbsp;: de la propagande médiatique en démocratie</em>, l&rsquo;avaient théorisé bien avant l&rsquo;ère numérique : les médias jouent fréquemment «&nbsp;<em>le rôle de serviteurs et de propagandistes des puissants groupes qui les contrôlent et les financent</em>&nbsp;». Cette influence ne s&rsquo;exerce pas nécessairement par des injonctions directes. Elle opère de manière structurelle, à travers la sélection du personnel éditorial, l&rsquo;intériorisation de normes professionnelles compatibles avec les intérêts dominants, et la dépendance aux annonceurs.</p>



<p>En France, le journaliste Laurent Mauduit dresse un constat similaire dans&nbsp;<em>Main basse sur l&rsquo;information</em>&nbsp;: contrairement à d&rsquo;autres grandes démocraties où la presse appartient à des groupes de presse, les médias français sont souvent la propriété de marchands de béton, de marchands d&rsquo;armes ou de grands groupes industriels, tous entretenant des relations de proximité avec le pouvoir. Une concentration qui, selon Edwy Plenel, produit un «&nbsp;<em>journalisme de gouvernement</em>&nbsp;» et une «&nbsp;<em>presse d&rsquo;industrie</em>&nbsp;» — deux phénomènes qui érodent l&rsquo;autonomie éditoriale et brouillent la frontière entre information et communication stratégique.</p>



<p>Ce constat ne concerne pas que la France ou les États-Unis. Au Mali, entre 2010 et 2021, certains médias ont pratiqué ouvertement ce que l&rsquo;on peut appeler la «&nbsp;<em>marchandisation de l&rsquo;information</em>&nbsp;» : la menace de publier un article compromettant devenait un levier de pression, monnayable contre le silence. L&rsquo;information cessait d&rsquo;être un service public pour devenir une ressource stratégique dans les luttes d&rsquo;influence.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le fact-checking, nouveau front de la guerre des récits</strong></h2>



<p>Face à cette crise de confiance, le fact-checking avait été présenté comme le remède miracle contre les récits manipulés, la désinformation et ses dérivés. Malheureusement, il n&rsquo;y échappe pas non plus. La Plateforme africaine des fact-checkers francophones (PAFF) le documente : dans plusieurs pays d&rsquo;Afrique francophone, des institutions liées aux gouvernements, des ONG ou des acteurs politiques ont créé des rubriques de vérification pour «&nbsp;<em>légitimer des récits officiels ou censurer des voix dissidentes, sous couvert de lutte contre la désinformation</em>&nbsp;».</p>



<p>Le philosophe Benoît Labourdette va plus loin, estimant que présenter le fact-checking comme méthode d&rsquo;établissement d&rsquo;une vérité absolue est «&nbsp;<em>la pire chose qui soit arrivée au journalisme</em>&nbsp;». Car le simple choix du sujet à vérifier, des experts à interroger, des données à retenir est déjà un acte partial. L&rsquo;impartialité du vérificateur est, en ce sens, un idéal inaccessible — et parfois un masque commode.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Sortir du labyrinthe</strong></h2>



<p>Faut-il pour autant sombrer dans le cynisme et tout rejeter ? Non. Mais il faut changer de méthode. Plutôt que de confier aux seuls professionnels le soin de distinguer le vrai du faux, c&rsquo;est l&rsquo;esprit critique du citoyen qu&rsquo;il faut cultiver. Gaston Bachelard le rappelait : la connaissance progresse par rupture avec les préjugés, non par accumulation naïve d&rsquo;informations. Karl Popper y ajoutait que tout savoir est provisoire, toujours susceptible d&rsquo;être réfuté et corrigé.</p>



<p>Dans un monde où l&rsquo;information est devenue, selon les mots du philosophe Gilles Deleuze, «&nbsp;<em>un système de contrôle</em>&nbsp;» — un ensemble de mots d&rsquo;ordre que l&rsquo;on est invité à croire, ou du moins à faire semblant de croire — la seule défense durable reste la raison critique exercée par chacun. Ni les médias, ni les fact-checkers, ni les gouvernements ne peuvent se substituer à ce travail individuel.</p>



<p>La suspension de médias au Niger est une atteinte à la liberté de la presse. Mais l&rsquo;instrumentalisation de cette même presse au service d&rsquo;agendas géopolitiques est, elle aussi, une atteinte au droit fondamental des citoyens à une information fiable. Ces deux vérités ne s&rsquo;annulent pas : elles s&rsquo;éclairent mutuellement.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Rumeur de libération de djihadistes : anatomie d’une manipulation informationnelle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Apr 2026 10:06:45 +0000</pubDate>
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<p>La rumeur de libération de djihadistes: une arme de désinformation pour déstabiliser la perception de la sécurité au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Une rumeur sans preuves, relayée à grande échelle, tente d’imposer une lecture biaisée de la situation sécuritaire au Mali. Alors que les forces armées enregistrent des avancées notables sur le terrain, une guerre d’un autre type se joue dans l’espace informationnel : celle des perceptions, où la désinformation devient une arme stratégique pour fragiliser l’État et semer le doute dans l’opinion.</em></strong></p>



<p>Il aura suffi d’une rumeur savamment distillée pour alimenter, une fois encore, la mécanique bien huilée de la désinformation internationale. Selon certains médias, les autorités maliennes de la Transition auraient « <em>relâché plus d’une centaine de détenus présumés djihadistes du JNIM en échange de la libre circulation des camions-citernes</em> ». Une affirmation grave, reprise sans nuance, sans preuve, et surtout sans la moindre rigueur journalistique. Bienvenu dans la guerre cognitive qui n’a d’autre but que d’affaiblir l’ennemi psychologiquement !</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-elimination-de-boubacar-bah-alias-balobo"><strong>L’élimination de Boubacar Bah, alias « Balobo »</strong></h2>



<p>En effet, derrière cette narration approximative se dessine une stratégie bien connue&nbsp;: fabriquer une réalité parallèle pour tenter de fragiliser un État engagé dans une lutte asymétrique contre le terrorisme. La période est bien calculée&nbsp;: la veille du ramadan. Une période très sensible où les besoins des populations vont crescendo et où le transport routier devient beaucoup plus florissant. Du coup, cette fausse information a été présentée comme une évidence, censée expliquer une prétendue « <em>asphyxie</em> » de l’économie malienne par une crise du carburant. Le récit est séduisant. Il est surtout faux — ou, à tout le moins, profondément douteux.&nbsp;</p>



<p>Revenons aux faits, têtus par nature. Au moment même où cette rumeur prenait de l’ampleur, les Forces armées maliennes intensifiaient leurs opérations sur le terrain, accentuant la pression sur les groupes armés terroristes. Acculés, ces derniers tentaient de se redéployer, notamment vers la région de Kayes. C’est dans ce contexte qu’une opération coordonnée dans cette région&nbsp;—&nbsp;dénommée&nbsp;<em>Wilikadjo&nbsp;</em>— mobilisant l’armée de terre, l’armée de l’air et les forces spéciales, ainsi que le Bataillon d’intervention rapide (BIR), a permis de neutraliser Boubacar Bah, alias « <em>Balobo</em> », le 24&nbsp;mars 2026. Il était une figure de proue de la nébuleuse terroriste de la 1<sup>re</sup>&nbsp;région.</p>



<p>Ce succès militaire n’est pas anodin. Il désorganise, fracture, déstabilise le groupe terroriste. Et comme souvent dans ce type de conflit, les défaites sur le terrain appellent des compensations dans l’espace informationnel. La guerre ne se mène plus seulement avec des armes ; elle se joue aussi dans les esprits. C’est la loi de la guerre informationnelle dans laquelle le monde est plongé depuis des années, et qui fait de l’information une arme de destruction massive.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-nouvelles-manipulations-destinees-a-denigrer-notre-armee"><em><strong>Nouvelles manipulations destinées à dénigrer notre armée</strong></em><strong><em></em></strong></h2>



<p>Dès lors, faut-il vraiment s’étonner de voir surgir une telle « <em>information</em> » ? Les groupes terroristes, comme leurs relais — qu’ils soient idéologiques, médiatiques ou géopolitiques — excellent dans l’art de la manipulation narrative. Mais un détail devrait interpeler tout observateur averti&nbsp;: où sont les preuves ? Où sont les noms des prétendus détenus libérés ? Où sont les images, les revendications, les mises en scène triomphalistes dont ces groupes sont pourtant friands ? Rien que le vide et un silence assourdissant.</p>



<p>Le colonel-major Souleymane Dembélé (photo), directeur de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA), dans son point de presse du 30&nbsp;avril 2026, a qualifié ces allégations de&nbsp;<em>« pure manipulation »&nbsp;: « Je le dis sans aucune ambigüité&nbsp;: le Mali est actuellement confronté à un terrorisme médiatique, organisé et savamment orchestré. Certains médias tentent de faire croire à l’existence d’accords avec les terroristes. Ce sont de nouvelles manipulations destinées à dénigrer notre armée et à semer le doute dans l’opinion ».</em></p>



<p>Quiconque observe ces organisations terroristes sait qu’elles capitalisent immédiatement sur la moindre victoire symbolique. Une libération de cette ampleur aurait été exploitée sans délai pour nourrir leur propagande. L’absence totale de communication en ce sens en dit long sur la fragilité de la thèse avancée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-eviter-de-sacrifier-la-verite-sur-l-autel-des-narratifs-opportunistes"><strong>Éviter de sacrifier la vérité sur l’autel des narratifs opportunistes</strong></h2>



<p>En réalité, cette séquence révèle moins une prétendue compromission des autorités maliennes qu’une tentative de déstabilisation par le récit. L’objectif est de semer le doute, entamer la confiance, affaiblir le moral des forces engagées et, au-delà, celui d’une nation confrontée à une guerre complexe. Mais hélas la guerre se joue désormais aussi dans l’esprit des hommes. La guerre cognitive n’a plus de limite. Mais les Maliens ne sont pas dupes et ils sont tous immunisés désormais contre cette nouvelle arme létale.&nbsp;</p>



<p>Cette stratégie n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans une guerre informationnelle où les perceptions comptent autant que les faits, et où certains acteurs n’hésitent pas à travestir la réalité pour servir des agendas qui dépassent largement les frontières du Mali.</p>



<p>Pendant ce temps, sur le terrain, les Forces armées maliennes poursuivent leur mission, notamment dans la sécurisation des convois de carburant, enjeu vital pour l’économie nationale. Des résultats concrets, mesurables, qui contrastent avec le flot d’approximations relayées ailleurs.</p>



<p>Face à cela, une exigence s’impose&nbsp;: celle de la lucidité. Car dans cette guerre des récits, céder à la désinformation, c’est déjà perdre une bataille. Le Mali n’a pas seulement besoin de soutien militaire ou économique. Il a aussi besoin que la vérité ne soit pas sacrifiée sur l’autel des narratifs opportunistes. Le peuple résilient du Mali l’a déjà compris.&nbsp;</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tribune. La post-vérité ou l’âge adulte impossible de l’humanité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Feb 2026 08:47:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
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<p>Plongez dans la géopolitique des fake news et examinez comment la technologie alimente la guerre des récits à travers le globe.</p>
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<p><strong><em>Jamais l’humanité n’a produit autant de données, de rapports et de savoirs. Jamais pourtant la vérité n’a semblé aussi fragile. À l’ère de la post-vérité, la désinformation ne relève plus de l’exception mais d’un système, nourri par les intérêts, la technologie et la guerre des récits.</em></strong></p>



<p>Nous vivons à l’ère de l’abondance informationnelle. De 2016 à 2022, le nombre d’articles scientifiques publiés dans le monde est passé d&rsquo;environ 1,9 million par an à 2,8 millions, selon une <a href="https://www.univ-grenoble-alpes.fr/actualites/a-la-une/actualites-recherche/l-edition-scientifique-sous-pression-1323788.kjsp" target="_blank" rel="noreferrer noopener">étude</a> publiée en septembre 2023. Le volume total d’informations numériques produites – rapports institutionnels, documents techniques, études d’ONG, notes de cabinets de conseil ou de think tanks – atteint près de 913 exaoctets par an. Jamais l’humanité n’a autant écrit, documenté, chiffré. Jamais, pourtant, la vérité n’a paru aussi insaisissable.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-ordre-moral-de-la-post-verite"><strong>L’ordre moral de la post-vérité</strong></h2>



<p>Car cette inflation documentaire ne signifie pas <a href="https://www.vrin.fr/livre/9782251453361/levolution-de-la-connaissance" target="_blank" rel="noreferrer noopener">accumulation de savoir</a>. Elle accompagne, au contraire, une diffusion accélérée de la désinformation. Derrière chaque rapport, chaque étude, chaque chiffre, se cachent désormais des intérêts, des stratégies, des agendas. La <a href="https://shs.cairn.info/sauver-marx--9782707151315-page-220?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">connaissance</a> n’échappe plus à la logique marchande. Elle se finance, se commande, se vend. La science elle-même se voit sommée de produire des résultats compatibles avec les attentes de ses bailleurs. La vérité devient alors secondaire. Ce qui compte, c’est ce qui convainc, ce qui rassure, ce qui sert.</p>



<p>Dans ce monde, le mensonge n’avance plus masqué. Il se pare des atours de la vérité. La vérité, elle, se retrouve du côté du plus fort – non pas celui qui a raison, mais celui qui parle le mieux. Celui qui parle le mieux est souvent celui qui paie le plus. Ainsi se construit l’ordre moral de la post-vérité.</p>



<p>La célèbre maxime attribuée à Voltaire – « <em>Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire</em> » – semble aujourd’hui avoir muté. Elle pourrait se reformuler ainsi : <em>« Je sais que ce que vous dites est faux, mais je me battrai pour que cela soit cru comme vrai. »</em> Tel est le serment tacite de nombreux producteurs de discours dans l’économie contemporaine de l’information.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-verite-devient-bicephale"><strong>La vérité devient bicéphale</strong></h2>



<p>Les données, loin d’éclairer le réel, répondent de plus en plus à des objectifs politiques, économiques ou idéologiques. La vérité est sacrifiée sur l’autel d’intérêts égoïstes. Nous entrons dans un régime de relativisme radical où une affirmation, même fausse, est défendue comme une vérité absolue par ses auteurs, tandis que ses adversaires la rejetteront même si elle est avérée. La vérité devient bicéphale, oscillant sans cesse entre croyance et rejet.</p>



<p>Faut-il alors donner raison à Platon, qui distinguait le monde parfait des idées et le monde imparfait des <a href="https://saheltribune.com/vivons-nous-dans-un-fake-monde/">apparences</a> ? L’accès à la vérité est devenu un combat. Non plus un chemin rationnel, mais une lutte asymétrique. Cette lutte est symptomatique de <a href="https://www.amazon.fr/Fake-monde-Fousseni-Togola/dp/2312144808" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’imperfection de notre monde</a>. Le philosophe Karl Popper l’avait pourtant rappelé : il n’existe pas de vérité absolue en science. Il n’y a que des hypothèses provisoires, destinées à être réfutées. Nous ne faisons que nous rapprocher de la vérité sans jamais la saisir pleinement. Cette <em>vraisemblance</em> – cette « <a href="https://philosciences.com/verisimilitude#:~:text=Pour%20Popper,%20si%20une%20th%C3%A9orie,forme%20d'une%20objectivit%C3%A9%20croissante." target="_blank" rel="noreferrer noopener">verisimilitude</a><em> »</em> – dit quelque chose de fondamental : notre imperfection.</p>



<p>Thomas Kuhn parlera de <a href="https://shs.cairn.info/la-societe-un-monde-incertain--9782705665722-page-3?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">changements de paradigmes</a>. Gaston Bachelard, « <em>d’obstacles épistémologiques</em> ». Ces <a href="https://www.philomag.com/articles/lobstacle-epistemologique-chez-bachelard-cest-quoi" target="_blank" rel="noreferrer noopener">préjugés</a> intimes qui nous poussent à confondre opinion et vérité. Le progrès de la connaissance s’est toujours construit sur les ruines de certitudes anciennes. Mais encore faut-il accepter cette fragilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-pandemie-du-clic"><strong>La pandémie du clic</strong></h2>



<p>Dans le champ géopolitique et militaire, la vérité alternative n’est pas une nouveauté. Elle a toujours été une arme. Sun Tzu en avait fait un <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-enjeux-internationaux/sun-tzu-et-l-art-de-la-guerre-le-premier-traite-de-strategie-militaire-9741979" target="_blank" rel="noreferrer noopener">principe stratégique</a> : tromper l’adversaire, l’épuiser psychologiquement, brouiller ses repères. Ce qui a changé, c’est l’échelle. Avec Internet et les réseaux sociaux, la désinformation n’est plus l’apanage des États ou des presses militantes. Elle est devenue industrielle, virale, instantanée. Une véritable pandémie du clic.</p>



<p>Désormais, rapports officiels, communiqués, déclarations publiques, articles de presse eux-mêmes doivent être lus avec suspicion. Ils dissimulent souvent des intentions de nuisance ou la défense d’intérêts particuliers. L’impartialité, notamment dans le champ médiatique, tend à devenir un mot creux. Voilà la «<a href="https://www.lecourrierdelatlas.com/myret-zaki-la-gouvernance-des-medias-doit-etre-pluraliste-integre-et-transparente/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>désinformation venant d’en-haut</em></a> », dont parle Myret Zaki. Chaque média est arrimé à une ligne, un financement, une vision du monde – consciemment ou non.</p>



<p>En Afrique comme dans toutes les zones de conflits, la guerre offre une illustration brutale de cette bataille des récits. Des rapports contradictoires s’affrontent. Certains dénoncent des violations des droits humains, d’autres les minimisent ou les contestent. Qui dit vrai ? Qui dit le contraire ? Nous sommes dans l’ère de la «&nbsp;<em>géopolitique des fake news</em>&nbsp;». L’expression sûrement pas encore.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-politique-etrangere-de-la-desinformation"><strong>La politique étrangère de la désinformation</strong></h2>



<p>Dans <a href="https://www.amazon.fr/Gouverner-par-Fake-News-internationaux/dp/2315009561/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&amp;crid=13NLKRD9Z1ZLM&amp;dib=eyJ2IjoiMSJ9.FbINg_xoFNOHZfTY9KOqpLHMR1kdcITRiLVvfCEG2Yg.ewzR3ux4AoYDAYimK0lx_JzQLSXjoMb1rvHwuANxctM&amp;dib_tag=se&amp;keywords=Gouverner+par+les+fake+news&amp;qid=1770710833&amp;s=books&amp;sprefix=gouverner+par+les+fake+news,stripbooks,328&amp;sr=1-1-catcorr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Gouverner par les fake news</a>, Jacques Baud, ancien analyste du renseignement stratégique suisse, démonte les narratifs dominants des grandes crises contemporaines. Il soutient que nombre de certitudes occidentales – sur la Syrie, la Russie, le terrorisme – reposent moins sur des faits établis que sur des constructions discursives. Une politique étrangère façonnée par la désinformation.</p>



<p>L’humanité est malade de ses récits. Pourtant, l’antidote demeure l’esprit critique. Refuser de croire un rapport, une déclaration, un chiffre sans interroger ses auteurs, ses financeurs, ses adversaires, ses intentions. À défaut, nous continuerons à absorber des faits empoisonnés, incapables de raisonner par nous-mêmes.</p>



<p>La situation est d’autant plus préoccupante que les outils d’intelligence artificielle ont franchi un seuil. Désormais, chacun peut fabriquer images, vidéos, textes crédibles, depuis un simple smartphone. La « <a href="https://www.amazon.fr/fabrication-consentement-propagande-m%C3%A9diatique-d%C3%A9mocratie/dp/2748900723" target="_blank" rel="noreferrer noopener">fabrique du consentement </a>», pour reprendre Noam Chomsky et Edward Herman, est devenue accessible à tous. Elle n’épargne même pas les fact-checkeurs, parfois <a href="https://saheltribune.com/face-aux-fake-news-la-difficulte-de-verifier-les-faits-en-afrique-de-louest/">piégés par les narratifs</a> qu’ils prétendent démonter, contribuant involontairement à leur diffusion.</p>



<p>Dans ce monde de la<a href="https://saheltribune.com/4810-2/"> post-vérité</a>, le combat pour la vérité n’est plus seulement une exigence morale. C’est une urgence démocratique.</p>



<p><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
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		<title>Monnaie commune de l’AES : quand la désinformation révèle une aspiration populaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 21:45:18 +0000</pubDate>
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<p>Analyse des rumeurs sur la monnaie commune de l’AES et leurs implications sur l’évolution politique et économique régionale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p><strong><em>La diffusion d’un faux communiqué annonçant la création imminente d’une monnaie commune au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) a mis en lumière la montée en puissance de la désinformation dans un contexte politique et monétaire hautement sensible. Derrière ces intox répétées se dessinent à la fois une forte aspiration populaire à la sortie du franc CFA et une instrumentalisation informationnelle susceptible de fragiliser les équilibres régionaux, notamment avec l’UEMOA.</em></strong></p>



<p>Le 23 décembre 2025, alors que se tenait à Bamako la clôture de la deuxième session du collège des chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel (AES), un document présenté comme un communiqué finale de la session de la Confédération annonçait la création imminente d’une monnaie commune baptisée « <em>Sahel</em> ». Le texte, abondamment relayé sur les réseaux sociaux, portait de fausses signatures et des symboles institutionnels détournés. La présidence malienne a dénoncé une manipulation informationnelle.</p>



<p>Un mois plus tard, le lundi 26 janvier, la même information réapparait sur les réseaux sociaux annonçant la feuille de route pour la création d’une monnaie commune AES. Cette déclaration attribuée au ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, ne donnait aucune précision du contexte de la déclaration ni quand est-ce qu’elle fut faite. Le ministère malien de l’Économie et des Finances publie ce mardi 27 janvier un démenti formel : aucune décision n’avait été prise concernant la mise en circulation d’une monnaie unique et aucun calendrier opérationnel n’existait.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-rumeur-qui-prospere-sur-une-attente-reelle"><strong>Une rumeur qui prospère sur une attente réelle</strong></h2>



<p>Si ces fausses annonces rencontrent un tel écho, c’est qu’elles s’inscrivent dans une dynamique politique et sociale profonde. Depuis leur retrait de la CEDEAO, le Mali, le Burkina Faso et le Niger affichent leur volonté de refonder leur souveraineté économique. La question monétaire, longtemps symbolisée par le franc CFA, cristallise cette aspiration.</p>



<p>Dans l’espace public sahélien, la création d’une monnaie propre est devenue un marqueur de rupture avec l’ordre économique hérité de la période postcoloniale. La circulation régulière de fausses informations traduit ainsi moins une simple manipulation qu’une projection des désirs populaires sur un futur institutionnel encore incertain. Car les autorités étatiques n’ont encore fait aucune déclaration officielle traduisant cette volonté de rupture avec le FCFA, considéré comme une monnaie coloniale, qui ne permettrait pas la développement ou la souveraineté de ses Etats membres.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-desinformation-comme-revelateur-d-interets-contradictoires"><strong>La désinformation comme révélateur d’intérêts contradictoires</strong></h2>



<p>La désinformation traduit souvent des volontés inassouvies ou des stratégies d’influence. Dans le cas de l’AES, elle peut servir des intérêts multiples : militants souverainistes impatients, acteurs économiques spéculatifs, ou encore réseaux cherchant à semer la confusion diplomatique entre l’AES et l’UEMOA.</p>



<p>Cette dynamique est d’autant plus sensible que les trois pays ont quitté la CEDEAO mais demeurent liés aux mécanismes monétaires régionaux. Une fausse annonce de monnaie commune pourrait ainsi nourrir des tensions inutiles avec l’UEMOA et fragiliser des relations déjà recomposées.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-information-nouveau-champ-de-bataille-strategique"><strong>L’information, nouveau champ de bataille stratégique</strong></h2>



<p>La multiplication de ces intox s’inscrit dans un phénomène plus large : l’usage croissant de la désinformation comme instrument de puissance. Désormais, les États ne se livrent plus seulement une compétition militaire ou diplomatique, mais aussi informationnelle.</p>



<p>Dans un Sahel marqué par la fragilité institutionnelle et la polarisation politique, la désinformation devient une menace directe pour la stabilité. Elle peut susciter des attentes irréalistes, alimenter la défiance envers les autorités ou provoquer des malentendus régionaux.</p>



<p>Face à ce constat, les autorités de l’AES sont appelées à renforcer leur dispositif de veille informationnelle. La lutte contre la désinformation doit être intégrée aux stratégies de sécurité nationale, au même titre que la lutte antiterroriste.</p>



<p>Investir dans la communication institutionnelle, la transparence décisionnelle et l’éducation aux médias apparaît désormais comme une nécessité stratégique. Car dans un contexte de recomposition géopolitique, la bataille des récits peut peser autant que celle des armes.</p>



<p><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>De la caverne de Platon aux big data : sommes-nous encore libres de voir le réel ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 12:15:40 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez comment les big data influencent notre vision du monde et questionnent notre rapport à l'image et à la réalité.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>À partir de l’allégorie de la caverne de Platon, cette tribune interroge notre rapport contemporain aux big data et aux images numériques. Entre illusion et réalité, elle invite à une lecture critique des technologies qui façonnent nos perceptions et pose une question centrale : sommes-nous encore capables de voir le monde autrement que par ses reflets chiffrés ?</em></strong></p>



<p>Par bien des aspects, notre époque semble avoir donné raison à Platon. Il y a près de 2 500 ans, dans <em>La République</em>, le philosophe grec racontait l’histoire d’hommes enchaînés dans une grotte depuis leur naissance. Face à un mur, ils ne percevaient du monde que des ombres projetées par un feu qu’ils ne voyaient jamais. Pour eux, ces ombres constituaient la seule réalité possible. Leurs geôliers n’étaient pas seulement des surveillants : ils étaient aussi des illusionnistes, fabricants d’images et de croyances.</p>



<p>Dans cette célèbre allégorie de la caverne, Platon montre comment l’homme peut être maintenu dans la passivité par une réalité fabriquée, au point de perdre toute volonté de s’en libérer. Hypnotisés par un flot permanent d’images, les prisonniers finissent par confondre apparence et vérité. Aujourd’hui, cette parabole résonne avec une troublante actualité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-les-big-data-deviennent-nos-nouvelles-ombres"><strong>Quand les big data deviennent nos nouvelles ombres</strong></h2>



<p>À l’ère des big data, des algorithmes et des écrans omniprésents, nous sommes peut-être plus enchaînés que jamais à des représentations du monde qui se substituent au monde lui-même. Nous vivons dans un miroir déformant, une « <em>glace sans tain </em>» — pour reprendre&nbsp; une expression de Marc Dugain et Christophe Labbé, dans <em>l’Homme nu&nbsp;—</em>&nbsp; où le reflet numérique de la réalité prend progressivement le pas sur l’expérience directe.</p>



<p>Le chiffre, la statistique, l’indicateur sont devenus des autorités. Ils prétendent dire le vrai sur nos comportements, nos émotions, nos sociétés. Mais la réalité qu’ils décrivent n’est jamais qu’une construction. En encodant le monde, les big data tissent une toile entre nous et le réel, filtrant ce que nous voyons, ce que nous ressentons et même ce que nous croyons.</p>



<p>Platon faisait dire à l’un de ses prisonniers : « <em>Et si on l’obligeait à regarder le feu lui-même, ses yeux ne lui feraient-ils pas mal ? Ne voudrait-il pas se détourner pour revenir à ce qu’il est dans ses forces de regarder ? </em>» Autrement dit : la vérité fait parfois mal. Elle exige un effort, une rupture avec le confort des illusions.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-danger-d-une-humanite-reduite-a-des-donnees"><strong>Le danger d’une humanité réduite à des données</strong></h2>



<p>La promesse technologique est celle de la prévisibilité : tout mesurer, tout anticiper, tout contrôler. Mais cette logique heurte ce qui fait la singularité humaine : l’émotion, l’imprévisible, le contradictoire, l’irrationnel parfois.</p>



<p>Les big data ne savent pas modéliser la peur, la dignité, l’humiliation, l’espérance. Elles ignorent la part invisible de l’homme. En réduisant les sociétés à des tableaux de bord, on risque de transformer des peuples en objets statistiques et les citoyens en profils numériques.</p>



<p>Pour l’Afrique, cet enjeu est crucial. Le continent est à la fois un laboratoire technologique et un espace de fortes vulnérabilités informationnelles. La dépendance aux plateformes, aux narrations venues d’ailleurs et aux chiffres produits hors contexte peut fabriquer une nouvelle forme de caverne : une réalité importée, projetée, souvent éloignée des vécus locaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-sortir-de-la-caverne-numerique"><strong>Sortir de la caverne numérique</strong></h2>



<p>Sortir de la caverne, aujourd’hui, ne signifie pas rejeter la technologie. Cela signifie la soumettre à la «&nbsp;<em>raison critique&nbsp;</em>» en référence au «&nbsp;<em>rationalisme critique</em>&nbsp;» de Karl Popper. Refuser que les algorithmes deviennent des oracles. Réhabiliter l’expérience humaine face à la donnée brute. Redonner à l’éducation, à la philosophie, au débat public leur fonction émancipatrice.</p>



<p>Platon nous rappelait que la liberté commence par un acte douloureux : celui de détourner le regard des ombres pour affronter la lumière. De même, notre époque doit accepter l’inconfort de la complexité contre la facilité des chiffres.</p>



<p>La question n’est donc pas seulement technologique. Elle est politique, culturelle et morale : voulons-nous comprendre le monde, ou seulement consommer ses images ?</p>



<p>La prophétie de Platon est en train de se réaliser sous nos yeux. Non plus dans une grotte, mais dans des flux de données, des écrans et des narrations automatisées. L’illusion n’est plus imposée par des geôliers visibles, mais par des systèmes que nous alimentons nous-mêmes.</p>



<p>Reste une responsabilité individuelle et collective : ne pas confondre l’ombre avec la chose, la statistique avec la vie, le modèle avec l’homme. Car une société qui abdique sa capacité à voir le réel abdique aussi sa liberté.</p>



<p><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Afrique de l’Ouest : la guerre de l’information, nouveau front de la « géopolitique médiatique »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Jan 2026 20:57:26 +0000</pubDate>
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<p>Comprenez les enjeux de la guerre de l'information en Afrique de l'Ouest et les réponses des États du Sahel.</p>
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<p><em><strong>La guerre de l’information s’impose désormais comme un champ d’affrontement à part entière dans la géopolitique ouest-africaine. Face aux récits imposés de l’extérieur, les États du Sahel — Mali, Burkina Faso et Niger — répliquent par une communication souverainiste, en vue de reprendre le contrôle de leur image, de leur parole et des contenus médiatiques déformés sur cette région.</strong></em></p>



<p>Dans leurs messages de fin d’année, le capitaine Ibrahim Traoré et le général Assimi Goïta ont livré un diagnostic sans complaisance de la «&nbsp;<em>géopolitique médiatique</em>&nbsp;» orientée contre les pays de la confédération des Etats du sahel (AES) dont le seul crime est d’avoir décidé de proclamer haut et fort leur souveraineté comme boussole de toute coopération. Dans cette zone des trois frontières, la guerre ne se joue plus seulement sur le terrain militaire, mais aussi sur celui de l’information. Face aux campagnes de désinformation, les deux dirigeants sahéliens font de la communication un instrument de souveraineté et de résistance. Entre patriotisme, contrôle du récit national et stratégie d’influence, une nouvelle bataille s’ouvre au Sahel — celle de la guerre des récits.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-communication-nouvelle-arme-revolutionnaire"><strong>La communication, nouvelle arme révolutionnaire</strong></h2>



<p>Pour ces deux dirigeants, figures emblématiques du nouvel ordre sahélien incarné par l’Alliance des États du Sahel (AES), créée en septembre 2023, dans les circonstances troubles du coup d’Etat contre Mohamed Bazoum au Niger, l’information n’est plus un simple outil de gouvernance. Elle est un terrain d’affrontement stratégique, un champ de bataille où se joue la légitimité politique, la cohésion nationale et même la survie de leurs régimes.</p>



<p>« <em>Toutes les guerres de l’impérialisme commencent d’abord par la communication</em> », martelait le capitaine Ibrahim Traoré dans son message à la Nation. À Ouagadougou comme à Bamako ou encore à Niamey, la communication n’est plus perçue comme un relais du pouvoir civil, mais comme un instrument de résistance. Dans l’esprit des régimes de transition, la désinformation venue de l’extérieur — notamment des médias occidentaux — participe d’une stratégie plus vaste, à savoir la délégitimation du projet souverainiste porté par les peuples sahéliens.</p>



<p>Ibrahim Traoré, dans un ton à la fois martial et pédagogique, a appelé les journalistes, les blogueurs et les communicateurs burkinabè à devenir les « <em>soldats de la vérité </em>». Son message s’adresse autant à la presse nationale qu’à la diaspora et aux influenceurs panafricanistes, qu’il érige en partisans d’une contre-narration face à ce qu’il qualifie de «<em> médias mensongers</em> ».</p>



<p>Pour lui, la communication n’est pas un art accessoire, mais une discipline stratégique, « <em>un maillon névralgique</em> » de la lutte révolutionnaire et de la défense nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-assimi-goita-la-desinformation-comme-menace-hybride"><strong>Assimi Goïta : la désinformation comme menace hybride</strong></h2>



<p>À Bamako, le général Assimi Goïta adopte un ton plus mesuré, mais l’analyse rejoint celle de son homologue burkinabè. En évoquant la crise du carburant qui a secoué le Mali en 2025, il a pointé du doigt la « <em>campagne de désinformation</em> » ayant accompagné les attaques contre les convois d’approvisionnement. Pour lui, la guerre médiatique et psychologique menée contre le Mali vise moins à saper le moral que la confiance du peuple dans l’État.</p>



<p>Cette rhétorique de la résistance informationnelle s’inscrit dans une logique plus large : celle de la refondation morale et souveraine de l’État, où la vérité devient un outil de guerre et la rumeur, une arme de déstabilisation. En associant communication et sécurité, Goïta, à l’instar de Traoré, fait de la parole publique un outil de cohésion nationale.</p>



<p>Ces discours traduisent un tournant dans la gouvernance des transitions sahéliennes. La communication n’est plus déléguée, elle est militarisée. Les chefs d’État s’adressent directement au peuple, contournant les canaux médiatiques traditionnels. Les réseaux sociaux, les médias d’État et les relais communautaires deviennent des bastions d’un récit patriotique où le peuple, l’armée et la vérité forment un triptyque sacré.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-ere-des-communications-souveraines"><strong>L’ère des communications souveraines</strong></h2>



<p>Les dirigeants des Etats du sahel ont vite compris les enjeux de la communication à l’ère du numérique. Car qui maîtrise le récit maîtrise le monde. Depuis des décennies, l’occident dans sa stratégie d’expansionnisme en Afrique a fait de la communication une arme de destruction massive mais silencieuse grâce à laquelle de nombreux coups d’Etats ont été provoqués sur le continent. Sur base de mensonge fomenté contre des présidents «&nbsp;<em>démocratiques élus</em>&nbsp;», ils ont réussi à faire révolter les peuples contre des régimes en place et pire à donner la mort à des chefs d’Etat africains. Le cas le plus emblématique en la matière est celui de la Libye en 2011, contre Mouammar Kadhafi.&nbsp;</p>



<p>On se rappelle aussi de la fin du régime de Amadou Toumani Touré au Mali, en 2012, et toutes les campagnes de désinformations qui l’ont visé et ont finalement conduit au coup d’Etat. Au plein centre de la crise, il a reçu des femmes maliennes qui n’ont pas eu dans les yeux et l’ont vite qualifié, sur la base des rumeurs qui circulaient à l’époque, d’être «&nbsp;<em>le terroriste en chef&nbsp;</em>». Il ne réussira point à convaincre sur le non-fondé de ces affirmations fallacieuses parce que le mal était déjà fait. La désinformation avait eu le temps de mieux s’enraciner.&nbsp;</p>



<p>L’instabilité politique qui règne dans plusieurs pays francophones d’Afrique et qui explique en grande partie leur sous-développement a été provoquée par l’occident dans le seul souci de satisfaire des intérêts personnels. Comment comprendre que depuis l’indépendance du Mali en 1960 jusqu’en 2020, sur huit (8) présidents, il n’y a qu’Alpha Oumar Konaré qui ait pu terminé son règne sans coup d’Etat ? La réponse réside dans le manque de maîtrise de la communication à l’ère numérique où les campagnes de désinformation se propagent aussi rapidement comme une trainée de poudre, à la vitesse de la lumière.&nbsp;</p>



<p>La désinformation, si elle a le même âge que l’humanité, force est de comprendre que les outils numériques ont apporté un changement notable dans sa diffusion. Avec les réseaux sociaux et la multiplication des smartphones ainsi que la démocratisation de la connexion internet, vers les années 2000 en Afrique, leur impact devient plus considérable. Ayant vite maîtrisé la portée, l’occident a vite orienté ses campagnes de désinformation contre l’Afrique pour défendre ses intérêts aux détriments de ceux des Africains. De la même manière qu’il a falsifié l’histoire du continent en s’attribuant les grands succès, il a fait porter le chapeau de ses échecs aux chefs d’Etat qui agissait sous ses ordres.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-enjeu-regional-et-ideologique"><strong>Un enjeu régional et idéologique</strong></h2>



<p>La nouvelle génération de dirigeants africains, notamment sahéliens, ont vite compris les enjeux de la communication pour la stabilité de leur pays. C’est pourquoi ils utilisent la même arme pour produire des contre-narratifs afin d’atténuer les effets pervers de ces campagnes contre leur régime. Car la désinformation «&nbsp;<em>d’en-haut&nbsp;</em>», pour reprendre l’économiste Myret Zaki, celle qui falsifie les chiffres et les statiques des rapports officiels, celle qui vient des institutions publiques, notamment des États, des grandes entreprises, des services de renseignement, des lobbies, des agences de relations publiques, est la plus dangereuse mais dont on parle rarement,&nbsp;</p>



<p>La convergence entre Ouagadougou et Bamako illustre une recomposition politique et idéologique du Sahel. Ces régimes militaires s’appuient sur un discours de rupture avec l’Occident, tout en réhabilitant la culture, la communication populaire et les valeurs endogènes comme instruments de souveraineté. La désinformation, dénoncée comme arme impérialiste, devient ainsi le miroir d’une bataille pour le contrôle du sens.</p>



<p>Dans ce contexte, l’Afrique de l’Ouest entre dans une ère nouvelle où les transitions ne se gagnent plus seulement sur les champs de bataille ou dans les urnes, mais dans l’arène numérique — celle de la perception, du récit et de l’opinion. Les dirigeants sahéliens l’ont bien compris : dans les révolutions contemporaines, la victoire n’est pas seulement militaire ou politique — elle est narrative. Myret Zaki, dans Désinformation économique,&nbsp; préconise que «&nbsp;<em>la désinformation qui provient des institutions, et face à laquelle la plus grande vigilance est de mise, soit sous contrôle&nbsp;</em>».&nbsp;</p>



<p>Les Etats du Sahel ont certes mis en place des outils avant-gardistes, à travers la création de radio <em>Daandé Liptako</em> au Burkina Faso, de la Télévision AES à Bamako et bientôt de l’agence de presse AES au Niger, pour «&nbsp;<em>contre-attaquer&nbsp;</em>» les «&nbsp;<em>narratifs déformés</em>&nbsp;» sur leur région, mais il sera important d’aller au-delà. Les citoyens doivent être également mieux outillés pour cette guerre d’usure, même s’il faut financer des organisations ou associations de jeunesse déjà engagées dans cette dynamique pour des campagnes de sensibilisation. Car la guerre contre la désinformation demande aussi les mêmes moyens déployés pour sa diffusion. «&nbsp;<em>Les&nbsp;milliardaires sont, en quelque sorte, les rédacteurs en chef du monde. Si le monde était un journal, ils en définiraient la ligne éditoriale. Ceci pour des raisons structurelles évidentes&nbsp;: les idées ont besoin d’argent pour se diffuser.&nbsp;</em>», écrit Myret Zaki.&nbsp;</p>



<p><strong>Chiencoro DIARRA</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>[Tribune] La flotte « fantôme » russe : mythes et réalité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Oleg Nesterenko]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Oct 2025 08:32:38 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez les vérités cachées sur la flotte « fantôme » russe et la réponse stratégique de l'Europe face aux sanctions.</p>
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<p><strong><em>Dans une analyse aussi percutante qu’iconoclaste,&nbsp;<strong>Oleg Nesterenko</strong>, président du CCIE et fin connaisseur de la géopolitique russe, démonte avec une précision chirurgicale le mythe de la « flotte fantôme » brandi par Bruxelles. Derrière les proclamations triomphales d’Ursula von der Leyen, c’est une autre histoire qui se joue : celle d’une Europe qui, à force de sanctionner Moscou, s’enferre dans sa propre impuissance stratégique. Entre guerre économique, propagande maritime et retour de la thalassocratie britannique, Nesterenko révèle une vérité dérangeante : la Russie navigue librement, pendant que l’Occident s’enlise dans ses certitudes.</em></strong></p>



<p>Le 19 septembre dernier, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, annonçait au monde l&rsquo;adoption du 19<sup>ème</sup>&nbsp;paquet de sanctions à l&rsquo;encontre de la Russie.</p>



<p>Parmi les dispositions additionnelles, Madame von der Leyen annonce&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;<em>Pour renforcer l&rsquo;application des sanctions, nous les appliquons désormais à 118&nbsp;navires supplémentaires de la flotte fantôme. Au total, plus de 560&nbsp;navires sont maintenant inscrits sur la liste des navires visés par les sanctions de l&rsquo;UE !</em>&nbsp;».</p>



<p>Cela étant, elle omettait d&rsquo;évoquer l’efficacité des dix-huit précédents trains de sanctions. À titre indicatif, en janvier 2025, le nombre de sanctions décrétées par le bloc occidental à l&rsquo;encontre de la Fédération de Russie culminait à 21700, lesquelles, contrairement aux prévisions initiales fort enthousiastes, ont précipité les pays de l&rsquo;Union européenne, et non pas la Russie, vers la voie d’une récession économique avérée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-manipulation-de-l-esprit-collectif"><strong>La manipulation de l’esprit collectif</strong></h2>



<p>Depuis plusieurs années, et plus particulièrement dans les dernières semaines, l&rsquo;opinion publique est assaillie de récits relatifs à une prétendue «&nbsp;<em>flotte fantôme</em>&nbsp;» russe. Ces narratifs, élaborés par les instances dirigeantes du bloc occidental otanien, amplifiés et propagés par les médias mainstream, véritables fers de lance idéologiques alimentés par des subsides gouvernementaux massifs, tendent à modeler une perception biaisée.</p>



<p>L&rsquo;objectif est de forger une image préconçue dans l&rsquo;esprit collectif : celle de navires naviguant en toute illégalité, cherchant à se soustraire au contrôle bienveillant des autorités légales et représentant une menace environnementale considérable en raison de leur obsolescence et des pratiques opérationnelles très douteuses de leurs équipages et de leurs propriétaires. En somme, une obscure armada d’épaves clandestines hors-la-loi.</p>



<p>Qu&rsquo;en est-il réellement de ce récit ? En vérité, il s&rsquo;agit d&rsquo;une construction narrative dont chaque composante est intrinsèquement fallacieuse ; une stratégie d&rsquo;ingénierie sociale agressive orchestrée dans le but de servir les intérêts politico-financiers des «&nbsp;<em>élites</em>&nbsp;» occidentales.</p>



<p><strong>L&rsquo;expression « flotte fantôme » et le marché de l’assurance maritime</strong></p>



<p>D&rsquo;où émerge cette expression de «&nbsp;<em>flotte fantôme</em>&nbsp;», désignant une portion de la flotte commerciale affiliée, directement ou indirectement, à la Fédération de Russie ou servant les intérêts d’entreprises de nationalité russe ? Sa genèse est simple : une création péjorative, forgée dans les ateliers de propagande du camp atlantico-otanien, avec le Royaume-Uni «&nbsp;<em>en tête de gondole</em>&nbsp;». Un terme chargé d&rsquo;ombres et de sous-entendus dénigrants, destiné à stigmatiser.</p>



<p>Cela étant, sur le plan juridique, la seule distinction entre les navires qualifiés de «&nbsp;<em>fantômes</em>&nbsp;» par l&rsquo;appareil de désinformation occidental et tout autre navire opérant sur les mers et océans réside dans l’origine de leur assurance maritime (des dommages aux navires, de la protection des biens matériels, de la responsabilité civile, des pertes d&rsquo;exploitation, …)&nbsp;: ces navires ont recours à des compagnies d&rsquo;assurance autres qu’occidentales. C&rsquo;est là que commence et s&rsquo;achève la différence entre la flotte «&nbsp;<em>fantôme</em>&nbsp;» et la flotte «&nbsp;<em>conventionnelle</em>&nbsp;».</p>



<p>L&rsquo;ensemble des sanctions imposées à la Fédération de Russie, jugées illégales au regard du droit international et incluant l&rsquo;interdiction d&rsquo;assurer les navires «&nbsp;<em>russes</em>&nbsp;», s&rsquo;est avéré préjudiciable aux instigateurs de ces mesures. La nature ayant horreur du vide, la tentative occidentale de paralyser le commerce maritime de la Fédération de Russie a incité Moscou à abandonner les instruments d&rsquo;assurance maritime traditionnels contrôlés par ses adversaires, au profit de compagnies d&rsquo;assurances alternatives situées en dehors du marché occidental.</p>



<p>À l&rsquo;instar des sanctions similaires imposées au Venezuela et à l&rsquo;Iran, de telles initiatives du camp atlantiste ne font que consolider les compagnies d&rsquo;assurance maritime alternatives au monopole occidental. Par ailleurs, en mai 2023, la Russie a créé sa propre compagnie internationale d&rsquo;assurance maritime, la Compagnie Eurasienne de Réassurance (EPK), avec la participation au capital de la Biélorussie, du Kazakhstan, de l&rsquo;Arménie et du Kirghizistan, rendant ainsi impossible l&rsquo;application contre cette nouvelle structure des sanctions occidentales illégales.</p>



<p>Ainsi, la flotte «&nbsp;<em>fantôme</em>&nbsp;» devient le symbole d&rsquo;une riposte économique inattendue, une ombre portée sur les ambitions hégémoniques de l&rsquo;Occident.</p>



<p>Notons que les dix plus importantes sociétés d&rsquo;assurance maritime sont occidentales (hormis MSIG du Japon, qui reste néanmoins sous influence directe occidentale), dont trois américaines (AIG, BHSI et Gallagher) et deux britanniques (JLT et AON). Ces géants se partagent un marché de l&rsquo;assurance maritime très lucratif et en expansion, dont les bénéfices prévus devraient dépasser 41 milliards USD par an d&rsquo;ici 2028.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-role-sous-jacent-de-londres-nbsp"><strong>Le rôle sous-jacent de Londres&nbsp;</strong></h2>



<p>Il convient de souligner que le Royaume-Uni se positionne en figure de proue dans la lutte contre la prétendue flotte «&nbsp;<em>fantôme</em>&nbsp;» russe. Cette prééminence découle du fait que, contrairement à d&rsquo;autres nations majeures de l&rsquo;assurance maritime occidentale pour lesquelles ce marché représente une composante parmi d&rsquo;autres, l&rsquo;assurance maritime constitue historiquement pour Londres, en tant qu&#8217;empire maritime, l’un des piliers fondamentaux de son influence géopolitique globale. Cette influence est conjuguée à son omniprésence dans le commerce maritime mondial, laquelle s&rsquo;exerce également par le biais d&rsquo;un contrôle officieux, voire militaire, de points de passage maritimes névralgiques à travers le globe, ce qui lui confère une emprise significative sur une part substantielle du commerce maritime mondial.</p>



<p>Traditionnellement, l&rsquo;assurance maritime a toujours entretenu des liens étroits avec les intérêts britanniques. En règle générale, l&rsquo;assurance maritime «&nbsp;<em>corps et machines</em>&nbsp;» (CASCO) est souscrite auprès de compagnies d&rsquo;assurance ou de courtiers affiliés au Lloyd&rsquo;s de Londres (JLT). L&rsquo;assurance de la responsabilité civile des armateurs est principalement gérée par des clubs de protection et d&rsquo;indemnisation mutuelle (P&amp;I), regroupés au sein de l&rsquo;International Group of P&amp;I Clubs (IGP&amp;I), dont l&rsquo;origine historique remonte à l&rsquo;Angleterre.&nbsp;</p>



<p>Bien qu&rsquo;il existe un nombre considérable de clubs de ce type à travers le monde, un grand nombre d&rsquo;entre eux sont soit directement situés au Royaume-Uni (North Standard P&amp;I Club, West of England P&amp;I Club, etc.), soit intégrés à un groupe international où les clubs anglais conservent une influence déterminante. Aujourd&rsquo;hui, ce groupe international se compose de douze clubs membres principaux et de plusieurs clubs associés. Ensemble, ils exercent un contrôle sur environ 90 % du tonnage global assuré.</p>



<p>L&rsquo;omniprésence britannique dans le domaine maritime se manifeste sous diverses formes, allant au-delà du marché de l&rsquo;assurance, et se caractérise toujours par une attitude très agressive envers les puissances considérées comme rivales. Notamment, après avoir échoué à prendre le contrôle du port militaire de Sébastopol en Crimée, conjointement avec son allié américain &#8211; projet qui était intégré à la planification du coup d&rsquo;État de Kiev en 2014 mais contrecarré par l&rsquo;annexion de la péninsule par la Russie -, l&rsquo;une des raisons majeures de la participation britannique très active dans le conflit ukrainien à partir du mois de février 2022 réside dans la volonté de Londres de préserver son emprise sur le second port maritime stratégique de la mer Noire après Sébastopol : celui d&rsquo;Otchakov, situé au sud-est de l&rsquo;Ukraine. Cette participation se traduit par un rôle de fer de lance, incitant le régime de Kiev à poursuivre la guerre contre la Russie au lieu de rechercher une résolution pacifique dès les premiers mois du conflit armé.</p>



<p>L&rsquo;importance stratégique du port d&rsquo;Otchakov découle de son statut particulier au regard de la Convention de Montreux (1936), qui limite considérablement la durée de présence des navires de guerre des pays non riverains en mer Noire. Étant situé au bord de la mer, le port d&rsquo;Otchakov est néanmoins classifié comme un port fluvial, ce qui lui permet de contourner les restrictions de ladite convention et d&rsquo;y implanter de manière permanente une infrastructure navale militaire étrangère au bassin de la mer Noire.</p>



<p>Bien avant le début en février 2022 de la phase active du conflit en Ukraine, les autorités britanniques avaient entrepris la construction de leur base militaire navale à Otchakov. Jusqu&rsquo;à présent, le bellicisme de Londres dans la région est en grande partie motivé par sa détermination à conserver le contrôle de ce port, même au prix de centaines de milliers de vies ukrainiennes et de la destruction de l&rsquo;Ukraine.&nbsp;</p>



<p>Si l&rsquo;entreprise en cours devait échouer, perspective qui se précise à l&rsquo;horizon, il ne faudrait pas s&rsquo;attendre à un abandon de la mer Noire par les Britanniques. Au contraire&nbsp;: un redéploiement stratégique sur la côte roumaine aura lieu comme alternative. Cette adaptation s&rsquo;inscrirait dans une logique de consolidation de la présence britannique dans la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-nbsp-bateaux-poubelles-nbsp-nbsp"><strong>Les «&nbsp;bateaux-poubelles&nbsp;»&nbsp;?</strong></h2>



<p>Concernant le discours atlantico-otanien sur le prétendu danger que représenteraient les navires «&nbsp;<em>russes</em>&nbsp;» pour l’environnement, notamment l&rsquo;allégation selon laquelle ils seraient, pour la plupart, non seulement des navires «&nbsp;<em>fantômes</em>&nbsp;» mais également des «&nbsp;<em>bateaux-poubelles</em>&nbsp;», il convient d’affirmer que cette dernière est profondément mensongère.</p>



<p>Selon des informations dont je dispose, émanant de sources fiables et très bien informées, l’âge moyen de la flotte marchande servant les intérêts de la Fédération de Russie, classée en tant que «&nbsp;<em>fantôme</em>&nbsp;» et assurée auprès de compagnies autres qu’occidentales, est même inférieur à celui des navires assurés par des compagnies d’assurance du Royaume-Uni.</p>



<p>De plus, des études maritimes internationales démontrent que l&rsquo;âge moyen d&rsquo;une flotte n&rsquo;est pas nécessairement corrélé à des risques environnementaux accrus, pourvu que les navires soient entretenus conformément aux normes internationales et aux réglementations de l&rsquo;Organisation Maritime Internationale (OMI). L&rsquo;accusation de «&nbsp;<em>bateaux-poubelles</em>&nbsp;» relève donc d&rsquo;une stratégie de désinformation et non pas d&rsquo;une réalité environnementale avérée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-navire-nbsp-russe-nbsp-aborde-par-la-france-nbsp"><strong>Navire «&nbsp;russe&nbsp;» abordé par la France&nbsp;</strong></h2>



<p>Dans les médias occidentaux, tout un déluge de mensonges s’est déversé au sujet de l’arraisonnement, le 27 septembre dernier, du pétrolier «&nbsp;<em>Boracay</em>&nbsp;» battant pavillon béninois et prétendument lié à la flotte fantôme&nbsp;«&nbsp;<em>russe</em>&nbsp;». Cette opération médiatique s&rsquo;inscrit directement dans une stratégie de manipulation et de formatage de l’opinion du grand public.</p>



<p>À titre d&rsquo;illustration, sur TF1, un professeur français de droit maritime a affirmé : «&nbsp;<em>Au-delà de la mer territoriale se trouve la zone économique exclusive […] Or, dans cette zone, un navire d&rsquo;État français&nbsp;peut parfaitement aborder un navire étranger, s’il a des soupçons&nbsp;sur le fait que ce dernier&nbsp;n&rsquo;ait pas de nationalité, c&rsquo;est-à-dire pas de pavillon</em>&nbsp;».</p>



<p>Dans cette communication, l’expert&nbsp;de TF1 «&nbsp;<em>oublie</em>&nbsp;» de préciser&nbsp;: le fait qu&rsquo;un navire se situe spécifiquement dans la ZEE française n’a aucun rapport avec le droit de l’arraisonner. Les ZEE, s&rsquo;étendant jusqu&rsquo;à 200 milles marins des côtes (370,42 km), ne sont pas des zones de souveraineté absolue. L&rsquo;État côtier n&rsquo;y exerce des droits souverains qu&rsquo;en matière de ressources économiques (extraction des matières premières, pêche, etc.) et de protection de l&rsquo;environnement marin. En matière de navigation, le statut juridique des ZEE est identique à celui des eaux internationales (la haute mer), où la France ne dispose d&rsquo;aucun droit particulier.</p>



<p>L&rsquo;article 110 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM), adoptée à Montego Bay le 10 décembre 1982, encadre strictement le «&nbsp;<em>droit de visite</em>&nbsp;», soit l&rsquo;arraisonnement d&rsquo;un navire en haute mer. Un navire de guerre ou un navire d&rsquo;État (police, douane…) ne peut arraisonner un navire étranger que s&rsquo;il existe des motifs sérieux de soupçonner que ce dernier se livre à la piraterie, au transport d&rsquo;esclaves, à des émissions (de radio ou de télévision) non autorisées, est sans nationalité, ou arbore un pavillon étranger tout en ayant la même nationalité que le navire arraisonneur. En l&rsquo;absence d’une de ces conditions, l&rsquo;arraisonnement est assimilé à un acte de piraterie.</p>



<p>Le cas de l&rsquo;arraisonnement du pétrolier «&nbsp;<em>Boracay</em>&nbsp;» révèle une imposture : l&rsquo;argument officiel du soupçon de sa navigation soi-disant sans aucun pavillon, soit sans nationalité, n’est qu’un prétexte fabriqué et téléguidé depuis Paris, mû par des motivations exclusivement politiques. L&rsquo;objectif est de justifier une séquestration illégale, même temporaire, exhibant ainsi une démonstration de force. La véritable cause de cette provocation dirigée contre le navire réside dans son transport de pétrole d&rsquo;un port russe vers un port indien – une opération légale en parfaite conformité avec le droit international – ce qui déplaît aux autorités atlantico-otaniennes qui se positionnent en suzeraines des nations non occidentales et considèrent être en droit de leur imposer des «&nbsp;<em>règles</em>&nbsp;» au mépris des lois établies.</p>



<p>Le 2 octobre, Emmanuel Macron lui-même a déclaré : «&nbsp;<em>Nous avons décidé de passer un pas en allant vers des politiques d&rsquo;entrave quand dans nos eaux on a des bateaux suspects qui participent de ces trafics et donc pour réduire la capacité de la Russie à se financer par ce biais</em>&nbsp;».</p>



<p>Cette déclaration officielle est explicite et dévoile que les raisons invoquées lors des arraisonnements ne sont que des faux-semblants, une piraterie à peine voilée.</p>



<p>Deux éléments fondamentaux émergent de cette affaire :</p>



<p>Premièrement, l&rsquo;immobilisation du navire «&nbsp;<em>Boracay</em>&nbsp;» a été cautionnée par la justice française. Or, à l&rsquo;examen des faits, nous sommes clairement en face d’une décision judiciaire qui a été prise non sur la base d&rsquo;éléments probants, mais en vertu d&rsquo;une injonction politique émanant du pouvoir exécutif. Il convient de rappeler à ce dernier l&rsquo;existence de la Constitution du 4 octobre 1958 qui, entre autres, consacre la séparation des pouvoirs, garantissant l&rsquo;indépendance fonctionnelle des juridictions par rapport au pouvoir exécutif. La violation de ce principe constitutionnel constitue un crime grave.</p>



<p>Deuxièmement, il est impératif de rappeler aux membres du gouvernement Macron, instigateurs incontestables de cette mise en scène, qu&rsquo;un tel comportement flirte dangereusement avec la piraterie selon l’article 101 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. La piraterie, en plus d&rsquo;être punissable par la loi (article 224-6 du Code pénal), est également un&nbsp;<em>casus belli</em>, un motif suffisant pour l&rsquo;État propriétaire du navire d&rsquo;entrer en guerre contre l&rsquo;État auteur de la piraterie.</p>



<p>Il est également à souligner que les propriétaires des navires abusivement arraisonnés engageront des poursuites judiciaires contre la France afin de réclamer les dommages financiers subis, à commencer par les pertes liées aux retards de livraison, qui peuvent se chiffrer en millions d&rsquo;euros. La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, signée par la France le 10 décembre 1982, est explicite : si les soupçons ayant justifié l&rsquo;immobilisation d&rsquo;un navire s&rsquo;avèrent infondés, les propriétaires du navire sont indemnisés pour toute perte ou tout dommage (Article 110, §3). Ainsi, chaque immobilisation d&rsquo;un navire orchestrée dans le but de satisfaire les intérêts du groupement politique de Macron, à l&rsquo;instar de celle du 27 septembre, se traduit par une facture payée par les contribuables français.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-navires-sous-un-pavillon-etranger-nbsp"><strong>Les navires sous un pavillon étranger&nbsp;</strong></h2>



<p>L&rsquo;assertion de certains «&nbsp;<em>experts</em>&nbsp;» des plateaux télé occidentaux, selon laquelle une part significative de la prétendue flotte «&nbsp;<em>fantôme</em>&nbsp;» russe naviguerait sous des pavillons étrangers, présentée comme une manœuvre dilatoire visant à «&nbsp;<em>brouiller les pistes</em>&nbsp;» face à des actions de «&nbsp;<em>contrôle bienveillant</em>&nbsp;» des pays occidentaux, relève d&rsquo;une simplification excessive et d&rsquo;une méconnaissance totale des pratiques maritimes courantes.&nbsp;</p>



<p>L&rsquo;enregistrement d&rsquo;un navire sous un pavillon différent de la nationalité de son propriétaire est une pratique largement répandue dans l&rsquo;industrie maritime internationale.</p>



<p>Si les registres de navires indiquant sa nationalité&nbsp;ont vu le jour dès 1660, la navigation sous un pavillon étranger est devenue courante surtout dès la fin de la Seconde Guerre mondiale et formalisée en 1974 par la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) en tant que l’acquisition d’un «&nbsp;<em>pavillon de libre immatriculation</em>&nbsp;» ou encore d’un «&nbsp;<em>pavillon de complaisance</em>&nbsp;».</p>



<p>Les principales raisons de la pratique de l’immatriculation des navires dans un pays autre que celui de son véritable propriétaire sont financières et administratives. De nombreux États offrent des régimes fiscaux avantageux, voire une exonération totale d&rsquo;impôts, attirant ainsi les armateurs désireux de réduire leurs charges. Les procédures d&rsquo;immatriculation sont généralement rapides et simplifiées, et les exigences relatives à la nationalité de l&rsquo;équipage sont minimales. La possibilité de recruter une main-d&rsquo;œuvre à bas coût et l&rsquo;absence de législation du travail contraignante permettent également aux armateurs de réaliser des économies substantielles. Enfin, une certaine flexibilité en matière de normes de sécurité et environnementales peut, dans certains cas, réduire davantage les coûts.</p>



<p>Ces facteurs combinés rendent les pavillons de certains pays plus attractifs que d&rsquo;autres pour les armateurs, qui considèrent le choix du pavillon comme un instrument stratégique d&rsquo;optimisation des processus commerciaux. Actuellement, environ quatre cinquièmes de la flotte marchande mondiale sont immatriculés sous des pavillons autres que celui du pays d&rsquo;origine de l&rsquo;armateur. Les principaux pays d&rsquo;immatriculation sont l’Indonésie, la Chine, le Panama, le Liberia, le Japon et les Îles Marshall.&nbsp;</p>



<p>Par conséquent, l&rsquo;immatriculation de navires d&rsquo;origine russe sous des pavillons étrangers s&rsquo;inscrit dans une pratique standard et largement répandue.</p>



<p>Sur un total mondial d&rsquo;environ 112 500 navires marchands immatriculés, la part des bâtiments enregistrés auprès des pays occidentaux (hors Russie) représente une portion minoritaire, inférieure à 20% du total global. Cette répartition souligne une prédominance croissante des pavillons de complaisance et des registres d&rsquo;immatriculation non occidentaux, phénomène analysé en détail dans les rapports annuels de la CNUCED.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-post-scriptum-nbsp"><strong>Post scriptum&nbsp;</strong></h2>



<p>Le mensonge érigé en doctrine, la manipulation institutionnalisée et les sanctions brandis en violation flagrante du droit international, notamment de la Charte des Nations Unies, dont le Conseil de sécurité est le seul organe habilité à prescrire des mesures coercitives (Charte de l’ONU, chapitre VII) – constituent désormais l&rsquo;arsenal privilégié de la politique étrangère occidentale.</p>



<p>La classe politique occidentale, autrefois pourvue de stratèges d&rsquo;envergure, se trouve désormais dominée majoritairement par des vulgaires activistes dogmatiques, manifestant une profonde déconnection des réalités géopolitiques et économiques contemporaines. Le paradigme mondial actuel s&rsquo;écarte significativement de l&rsquo;époque où leur puissance florissait, époque caractérisée par une impunité absolue dans leur suzeraineté sur une planète vassalisée.&nbsp;</p>



<p>Dans ce nouveau contexte, l&rsquo;application des modes opératoires occidentaux traditionnels entraînera des conséquences inéluctables pour leurs instigateurs : au mieux, une récession structurelle et durable ; au pire, un processus d&rsquo;autodestruction.&nbsp;</p>



<p><strong>Oleg Nesterenko, Président du CCIE</strong></p>



<p><strong>(Spécialiste de la Russie, CEI et de l’Afrique subsaharienne)</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tribune. La guerre informationnelle au Mali : enjeux, acteurs et stratégies</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Oct 2025 14:12:54 +0000</pubDate>
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<p>Analyse de la guerre informationnelle au Sahel : comment la désinformation menace l'économie et l'unité du Mali.</p>
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<p><strong><em>Alors que le Mali remporte des victoires militaires décisives, une nouvelle forme de guerre se profile : la guerre informationnelle. À travers la désinformation, certains acteurs extérieurs tentent d’affaiblir l’État malien, d’asphyxier son économie et de briser l’unité régionale incarnée par l’Alliance des États du Sahel</em></strong><strong><em>&nbsp;(AES)</em></strong><strong><em>.</em></strong><em></em></p>



<p>La session ordinaire d’octobre 2025 du Conseil national de transition (CNT) s’est ouverte le lundi 6 octobre au Centre international de Conférence de Bamako (CICB). À cette occasion, le président du CNT, le général Malick Diaw, a dénoncé les manœuvres extérieures visant à affaiblir le Mali : «&nbsp;<em>Ayant tout essayé contre le Mali, ils veulent nous asphyxier économiquement et financièrement en s’attaquant aux camions de transport et aux citernes. Mais grâce à la résistance et au patriotisme de notre peuple, nous vaincrons ce terrorisme économique.</em>&nbsp;»</p>



<p>Derrière cette déclaration se profile une guerre d’un nouveau genre : la «&nbsp;<em>guerre informationnelle&nbsp;</em>», un conflit insidieux qui se joue sur les plans économique, politique et médiatique. Ce conflit, bien que localisé au Mali, s’étend à l’ensemble de l’Alliance des États du Sahel (AES) et, plus largement, à toute l’Afrique sur fond de visée géopolitique qui permet à certains États occidentaux, notamment la France, de manipuler l’information.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-contexte-geopolitique-et-instrumentalisation-de-l-information"><strong>Contexte géopolitique et instrumentalisation de l’information</strong></h2>



<p>Depuis l’échec des tentatives d’isolement du Mali, du Burkina Faso et du Niger – notamment après les changements politiques intervenus dans ces pays – certains sponsors étatiques du terrorisme international, multiplient les actions de déstabilisation. Se voyant perdre leur influence stratégique dans le Sahel, ils recourent désormais à la manipulation de masse, un processus décrit par Sergueï Tchakhotine comme «&nbsp;<em>le viol des foules par la propagande politique</em>&nbsp;».</p>



<p>Leur objectif est de dresser le peuple contre ses dirigeants en instaurant un climat de crise permanente, servant leurs intérêts économiques et géopolitiques. Cette stratégie s’inscrit dans la continuité d’un terrorisme fomenté depuis les indépendances, destiné à légitimer une présence étrangère permanente sous prétexte d’assistance.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-information-arme-strategique-du-xxie-siecle"><strong>Information, arme stratégique du XXIe siècle</strong></h2>



<p>Jamais depuis les deux Guerres mondiales (1914-1918&nbsp;; 1939-1945) le monde n’a été aussi vulnérable qu’en ce XXIe siècle, où l’accès massif à l’information, via les technologies numériques et les réseaux sociaux, a redéfini les règles du jeu. Aujourd’hui, la guerre n’est plus seulement militaire : elle est aussi médiatique et psychologique. D’où le règne de la tyrannie informationnelle.&nbsp;</p>



<p>Comme le soulignait Pierre Schaeffer, «&nbsp;<em>la communication, c’est la guerre&nbsp;</em>». Ainsi, les États doivent désormais traiter l’information comme une arme stratégique de haute valeur ajoutée, au même titre que les équipements militaires. Le général Assimi Goïta a lui-même évoqué en juin 2024, lors de sa visite à Sikasso, 3<sup>ème</sup>&nbsp;région administrative du Mali, le concept de «&nbsp;<em>terrorisme informationnel</em>&nbsp;», aux côtés du&nbsp;<em>«&nbsp;terrorisme économique</em>&nbsp;» et du «&nbsp;<em>terrorisme avec violence armé</em>&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-du-succes-militaire-a-l-offensive-informationnelle"><strong>Du succès militaire à l’offensive informationnelle</strong></h2>



<p>Le Mali, sous la transition menée par le général Goïta, a remporté d’importantes victoires militaires. La reconquête de Kidal en novembre 2023, par exemple, symbolise la reprise en main de territoires échappant à l’État depuis des années. Cette avancée a permis le retour de l’administration dans ces zones sensibles et permit un travail en profondeur sur le processus de pacification à travers l’adoption de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale.&nbsp;</p>



<p>Face à ces succès militaires, les opposants au processus de transition ont ouvert un nouveau front : la désinformation, destinée à émouvoir et manipuler les masses. Cette stratégie repose sur une redoutable efficacité émotionnelle : images sorties de leur contexte, fausses rumeurs de pénurie de carburant, ou mise en scène de camions incendiés, malgré la présence d’escortes militaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-guerre-contre-l-economie-malienne"><strong>Une guerre contre l’économie malienne</strong></h2>



<p>Depuis le retrait du Mali de la CEDEAO en janvier 2025, les attaques informationnelles se sont intensifiées. L’objectif est de saper l’économie malienne, provoquer un soulèvement populaire, et ainsi empêcher l’organisation du prochain sommet de l’AES, repoussé à décembre 2025.</p>



<p>L’exemple le plus marquant reste celui de la crise du carburant. Des groupes armés appuyés par des ennemis du Mali tentent empêcher les camions-citernes d’entrer sur le territoire malien afin de ravitailler les stations-services, simulant ainsi un «&nbsp;<em>blocus économique</em>&nbsp;» déguisé. Une telle stratégie vise à asphyxier l’économie et à briser la dynamique d’unité régionale enclenchée par l’AES.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-precedents-et-les-complicites-regionales"><strong>Les précédents et les complicités régionales</strong></h2>



<p>D’autres tentatives de déstabilisation ont été observées dans cet espace, notamment en 2024, à travers des ONG étrangères, organisait la transhumance de troupeaux maliens vers un pays voisin, a expliqué le président de la transition de sa visite à Sikasso. L’objectif caché était d’affaiblir un secteur vital pour le Mali. Rappelons que l’élevage représente 80 % du revenu des populations rurales du Nord et près de 18 % dans le Sud.</p>



<p>À cela s’ajoute la crise diplomatique avec l’Algérie après la destruction d’un drone malien à Tinzaoutène en avril 2025, suivie d’accusations infondées de violation d’espace aérien. Rappelons aussi l’arrestation de plusieurs officiers maliens, impliquant des ressortissants étrangers en août 2025, a donné lieu à une vague de désinformation contre le Mali destinée à brouiller la perception de la réalité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-maitriser-la-guerre-de-l-opinion"><strong>Maîtriser la guerre de l’opinion</strong></h2>



<p>Aujourd’hui, celui qui maîtrise l’information maîtrise l’opinion publique. La désinformation, loin d’être une simple nuisance, est devenue une véritable arme de conquête politique, comme l’ont démontré certains épisodes électoraux à l’échelle mondiale. La guerre informationnelle est une bataille stratégique où ni les manipulateurs ni les vérificateurs de faits (fact-checkers) n’ont véritablement intérêt à faire cesser les fake news, car tous tirent profit du chaos informationnel.</p>



<p>Face à cette nouvelle forme de guerre, chaque État doit repenser sa stratégie de communication. L’enjeu est de taille : il ne s’agit plus seulement d’informer, mais de défendre sa souveraineté par l’information. Le Mali, au cœur de ce bras de fer, incarne un laboratoire d’expérimentation géopolitique où la survie d’une nation passe aussi par la maîtrise du récit.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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