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	<title>Archives des Analyses &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des Analyses &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>55 pays, un passeport : le rêve impossible du citoyen africain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 May 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Soixante-trois ans après la création de l’OUA, la libre circulation des Africains reste limitée par les visas, les barrières administratives et des politiques migratoires restrictives malgré les ambitions de l’Union africaine.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 25 mai 1963, les pères fondateurs de l&rsquo;OUA promettaient l&rsquo;unité du continent. Soixante-trois ans plus tard, un Malien a besoin d&rsquo;un visa pour aller au Nigeria. Un Gabonais pour entrer en Éthiopie. La libre circulation, promesse cardinale du panafricanisme, reste pour des millions d&rsquo;Africains une abstraction administrative — quand ce n&rsquo;est pas une humiliation quotidienne.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelque chose d&rsquo;absurde, et de profondément révélateur, dans la situation suivante : un ressortissant de l&rsquo;Union européenne peut traverser vingt-sept pays avec une seule carte d&rsquo;identité. Un citoyen de la Communauté économique des États de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest — la CEDEAO, souvent présentée comme le bloc régional africain le plus intégré — doit, selon sa nationalité, jongler avec des régimes de visa différents dès qu&rsquo;il quitte l&rsquo;espace communautaire. Et même à l&rsquo;intérieur de cet espace, la théorie de la libre circulation se heurte quotidiennement à des barrages routiers, des agents zélés et des formulaires kafkaïens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, les textes existent. Le Protocole de la CEDEAO sur la libre circulation des personnes date de 1979. Le Passeport africain, lancé par l&rsquo;Union africaine en 2016 lors du sommet de Kigali, devait permettre à tout citoyen du continent de circuler librement d&rsquo;un État membre à l&rsquo;autre d&rsquo;ici 2020. Nous sommes en 2026. Le passeport n&rsquo;a été délivré, à titre symbolique, qu&rsquo;à une poignée de chefs d&rsquo;État et de hauts fonctionnaires. La grande majorité des 1,5 milliard d&rsquo;Africains n&rsquo;y a pas accès.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le visa, instrument de fragmentation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres de l&rsquo;Indice d&rsquo;ouverture des visas en Afrique, publié annuellement par la Commission de l&rsquo;UA et la Banque africaine de développement, sont éloquents. En 2025, les ressortissants africains avaient besoin d&rsquo;un visa préalable pour accéder à 46 % des autres pays du continent. Seuls 27 % des pays offraient une entrée libre sans visa à tous les autres ressortissants africains. Le reste relevait du visa à l&rsquo;arrivée — une amélioration, certes, mais loin de la promesse d&rsquo;intégration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette fragmentation a un coût économique considérable. La Banque mondiale estime que les barrières à la mobilité intra-africaine réduisent les échanges commerciaux entre pays du continent de 30 à 50 % par rapport à leur potentiel. La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), entrée en vigueur en 2021, ne peut pas déployer tout son potentiel si les hommes d&rsquo;affaires, les ingénieurs, les chercheurs et les artisans ne peuvent pas se déplacer librement pour conclure des accords, former des équipes ou livrer des services.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Diagramme-sur-la-libre-circulation-des-africains-en-2026.png"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="799" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Diagramme-sur-la-libre-circulation-des-africains-en-2026-1024x799.png" alt="Diagramme sur la libre circulation des africains en 2026" class="wp-image-22510" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Diagramme-sur-la-libre-circulation-des-africains-en-2026-1024x799.png 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Diagramme-sur-la-libre-circulation-des-africains-en-2026-300x234.png 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Diagramme-sur-la-libre-circulation-des-africains-en-2026-768x599.png 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Diagramme-sur-la-libre-circulation-des-africains-en-2026-1170x913.png 1170w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Diagramme-sur-la-libre-circulation-des-africains-en-2026-585x457.png 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Diagramme-sur-la-libre-circulation-des-africains-en-2026-600x468.png 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Diagramme-sur-la-libre-circulation-des-africains-en-2026.png 1276w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Diagramme sur la libre circulation des africains en 2026. </figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong></strong><strong>Les bons élèves et les récalcitrants</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout n&rsquo;est pas sombre. Quelques pays ont fait le choix délibéré de l&rsquo;ouverture, et les résultats parlent d&rsquo;eux-mêmes. Le Rwanda de Paul Kagame a ouvert ses frontières à tous les ressortissants africains sans visa depuis 2018 : le tourisme continental a bondi, les investissements étrangers africains ont suivi, et Kigali est devenu l&rsquo;un des hubs économiques les plus dynamiques du continent. Les Seychelles et le Bénin ont fait de même, avec des effets similaires sur leur attractivité. Depuis le 18 mai 2026,&nbsp;le Togo aussi applique une exemption de visa pour tous les ressortissants des pays africains détenteurs d&rsquo;un passeport valide, pour des séjours allant jusqu&rsquo;à 30 jours.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;opposé, certains pays érigent des murs administratifs qui défient toute logique d&rsquo;intégration. Le Nigeria, première économie du continent, applique des règles de visa strictes à la majorité de ses voisins. L&rsquo;Afrique du Nord reste largement fermée au reste du continent — le Maghreb est, statistiquement, la sous-région la moins intégrée à l&rsquo;Afrique subsaharienne. Des États d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est et australe oscillent entre ouverture proclamée et réalité frontalière beaucoup plus restrictive.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La mobilité comme condition de l&rsquo;identité africaine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière la question administrative et économique se joue quelque chose de plus profond : la définition même de ce que signifie être africain. Le panafricanisme des pères fondateurs — de Nkrumah à Nyerere, de Sékou Touré à Modibo Keïta — était fondé sur une vision : celle d&rsquo;un continent dont les peuples partageraient un destin commun, circuleraient librement, construiraient ensemble. Soixante-trois ans après la création de l&rsquo;OUA, cette vision reste largement une métaphore.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, les populations africaines, elles, ne se sont jamais enfermées dans ces frontières héritées de Berlin. Les Peuls élèvent leurs troupeaux du Sahel au golfe de Guinée. Les Haoussa commercent de Kano à Accra. Les Somaliens de la diaspora font des allers-retours entre Nairobi, Djibouti et Mogadiscio. Les artistes circulent, les footballeurs émigrent, les entrepreneurs cherchent leurs marchés. Ce que la bureaucratie étatique bloque, les peuples africains continuent de le vivre — clandestinement, péniblement, parfois dangereusement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>2063 : échéance ou mirage ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Agenda 2063 de l&rsquo;Union africaine prévoit explicitement la libre circulation des personnes comme l&rsquo;un de ses objectifs centraux. Il reste moins de quarante ans. La trajectoire actuelle ne permet pas d&rsquo;y croire sans réserve. Mais des signaux positifs émergent : la ZLECAf crée une dynamique commerciale qui rend la mobilité des personnes plus urgente ; plusieurs pays ont annoncé des réformes de leur politique de visa ces dernières années ; et une nouvelle génération de leaders africains, formés dans des universités continentales et brassés par des expériences transnationales, commence à penser l&rsquo;Afrique autrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour cette Journée mondiale de l&rsquo;Afrique, la question la plus honnête n&rsquo;est peut-être pas : combien de temps faudra-t-il ? Mais plutôt : qui a intérêt à ce que rien ne change ? Les réponses — droits de douane, protectionnisme des marchés du travail, contrôle des flux migratoires pour des raisons sécuritaires ou politiques — sont connues. Ce qui manque, c&rsquo;est la volonté politique de les surmonter. Car un continent qui ne laisse pas ses propres citoyens circuler librement n&rsquo;est pas encore vraiment un continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Nkrumah avait raison. Mais pas pour les raisons qu&#8217;on croit.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2026 22:45:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Analyses]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Face à la rivalité entre la France, la Chine, la Russie et les États-Unis en Afrique, la pensée de Kwame Nkrumah retrouve une étonnante actualité. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En 1963, le père du panafricanisme exigeait l&rsquo;unité du continent pour résister aux grandes puissances. En 2026, avec la France, la Chine, la Russie et les États-Unis qui se disputent l&rsquo;Afrique, sa lucidité fait froid dans le dos.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a des prophètes qu&rsquo;on enterre deux fois : une fois dans leur chair, une fois dans leur pensée. Kwamé Nkrumah, premier président du Ghana indépendant, père spirituel du panafricanisme, fut chassé du pouvoir par un coup d&rsquo;État en 1966 — avec, dit-on, la bénédiction de Washington. Soixante ans plus tard, en ce 25 mai 2026, relire ses discours donne le vertige. Tout ce qu&rsquo;il avait prévu est en train d&rsquo;arriver.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;homme qui avait compris le piège</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nkrumah n&rsquo;était pas seulement un leader charismatique. C&rsquo;était un théoricien rigoureux, formé à Lincoln University et à la London School of Economics, qui avait développé une analyse du capitalisme mondial et de la place de l&rsquo;Afrique dans ce système avec une précision redoutable. Son livre majeur,&nbsp;<em>Néo-colonialisme : le dernier stade de l&rsquo;impérialisme</em>, publié en 1965, lui avait valu une protestation formelle du gouvernement américain — et aurait contribué à précipiter sa chute.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa thèse centrale était simple et brutale : l&rsquo;indépendance politique sans indépendance économique n&rsquo;est qu&rsquo;une fiction. Les États africains nouvellement souverains allaient rester des économies extraverties, produisant des matières premières pour les marchés occidentaux, dépendantes des capitaux étrangers, soumises à des conditionnalités qui reproduiraient la domination coloniale sous d&rsquo;autres formes. La solution, selon lui, était l&rsquo;unité politique du continent — seule capable de créer une masse critique suffisante pour négocier d&rsquo;égal à égal avec les grandes puissances.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Notre objectif, c&rsquo;est, dès maintenant, l&rsquo;unité africaine.&nbsp;</em><em>Il n&rsquo;y a pas de temps à perdre. Nous devons maintenant nous unir ou périr&nbsp;</em><em>»</em>, a déclaré&nbsp;Kwame Nkrumah, dans son&nbsp;discours d&rsquo;ouverture au premier sommet de l&rsquo;Organisation pour l&rsquo;Unité africaine (OUA) qui se déroulait à Addis-Ababa, en&nbsp;Éthiopie, sous le titre «&nbsp;<em>Unis nous résistons</em>&nbsp;», le 24 mai 1963.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;époque, beaucoup avaient jugé cette vision utopique, voire dangereuse. Les leaders qui préféraient la formule plus souple de l&rsquo;OUA avaient emporté le débat. On allait voir ce qu&rsquo;on allait voir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>2026 : le monde que Nkrumah avait décrit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Regardons le monde tel qu&rsquo;il est en ce 25 mai 2026. Les États-Unis maintiennent leur présence militaire dans plusieurs pays africains via l&rsquo;AFRICOM. La Chine est le premier partenaire commercial du continent, a financé des milliers de kilomètres d&rsquo;infrastructures et positionné ses entreprises dans des secteurs stratégiques allant des télécommunications aux ports. La Russie, via des groupes paramilitaires reconvertis en opérateurs sécuritaires, est présente militairement au Mali, au Burkina Faso, en Centrafrique, en Libye. La France recule, mais son recul profite moins à l&rsquo;Afrique qu&rsquo;à ses concurrents. Toutefois, elle est en train de se repositionner sur le continent tel que nous avons pu le constater avec le sommet Africa Forward, les 11 et 12 mai 2026 à Nairobi, au Kenya.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chacune de ces puissances est en train de refaire, avec les outils du XXIe siècle, exactement ce que Nkrumah avait décrit dans les années 1960 : extraire les ressources, vendre des équipements et des services, maintenir des dépendances stratégiques, et soutenir les régimes qui leur sont favorables. La compétition a changé. La structure, non.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Mais Nkrumah se trompait sur un point crucial</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait trop simple, et finalement peu honnête, de présenter Nkrumah comme un prophète infaillible. Sa vision comportait une faille majeure : il croyait que l&rsquo;unité africaine pouvait être construite par le haut, par les États, sous la forme d&rsquo;un gouvernement continental. Il sous-estimait — ou refusait de voir — la diversité réelle des intérêts entre dirigeants africains, la corruption des élites post-coloniales, et la propension de nombreux chefs d&rsquo;État à préférer leurs intérêts personnels à l&rsquo;intégration continentale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une ironie cruelle dans le fait que Nkrumah lui-même, à mesure que son pouvoir se consolidait au Ghana, dérivait vers l&rsquo;autoritarisme. Sa vision panafricaine était sincère, mais son modèle de gouvernance ne l&rsquo;était pas moins — et c&rsquo;est précisément ce modèle qui rendait difficile la confiance mutuelle entre États que l&rsquo;intégration requiert.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Achille Mbembé a longuement réfléchi à cette contradiction dans&nbsp;<em>Critique de la raison nègre</em>&nbsp;(La Découverte, 2013) et dans&nbsp;<em>Sortir de la grande nuit</em>&nbsp;(2010). Pour le philosophe camerounais, les indépendances africaines ont été «&nbsp;<em>négociées avec les puissants</em>&nbsp;» et ont réduit les élites à «&nbsp;<em>un rôle d&rsquo;alliées des logiques néocoloniales</em>&nbsp;». Cette irresponsabilité des élites postcoloniales — y compris de certains pères fondateurs — est pour Mbembé l&rsquo;une des causes profondes du retard de l&rsquo;émancipation africaine. Il ne cite pas Nkrumah nommément sur ce point, mais la lecture de son œuvre laisse entendre que la tentation du pouvoir personnel a souvent primé sur le projet collectif, même chez ceux qui en étaient les plus éloquents défenseurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Ces indépendances négociées avec les puissants ont préparé le continent à la tutelle en réduisant les élites à un rôle d&rsquo;alliées des logiques néocoloniales, camouflées sous les impératifs de la croissance. »</em>, explique&nbsp;Achille Mbembe,&nbsp;<em>Sortir de la grande nuit</em>, La Découverte, 2010</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La vraie leçon : le multilatéralisme ne protège pas automatiquement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que la situation de 2026 révèle avec une clarté brutale, c&rsquo;est ceci : le monde multipolaire que beaucoup appellent de leurs vœux — et que Pékin et Moscou brandissent comme une alternative à l&rsquo;hégémonie américaine — n&rsquo;est pas automatiquement meilleur pour l&rsquo;Afrique. Un monde où plusieurs grandes puissances se disputent le continent peut être pire qu&rsquo;un monde où une seule y règne, si l&rsquo;Afrique reste divisée et incapable de parler d&rsquo;une seule voix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nkrumah avait vu ça aussi. Ce qu&rsquo;il appelait le néo-colonialisme n&rsquo;était pas le fait d&rsquo;une seule puissance — c&rsquo;était le fait de la structure. Des puissances différentes, avec des idéologies différentes, peuvent reproduire exactement les mêmes mécanismes d&rsquo;extraction et de domination si les conditions africaines ne changent pas. Ce n&rsquo;est pas en remplaçant les Occidentaux par les Chinois ou les Russes qu&rsquo;on sortira de la dépendance.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Alors, que faire de ce 25 mai ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être commencer par admettre que les pères fondateurs avaient des choses importantes à dire — et que nous avons passé soixante ans à les célébrer sans les lire vraiment. L&rsquo;Agenda 2063 de l&rsquo;Union africaine, la Zone de libre-échange continentale, les réformes du financement des institutions africaines : tous ces projets s&rsquo;inscrivent, consciemment ou non, dans la continuité de ce que Nkrumah appelait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La différence, peut-être, est que nous savons maintenant que l&rsquo;unité africaine ne peut pas être décrétée d&rsquo;en haut. Elle devra se construire par le bas — par les échanges économiques, les mobilités humaines, les coopérations scientifiques et culturelles, les solidarités entre peuples. Elle devra aussi s&rsquo;appuyer sur une exigence démocratique intérieure que Nkrumah, dans son projet, avait insuffisamment intégrée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2026, dans un monde où les grandes puissances se disputent l&rsquo;Afrique avec une avidité renouvelée, la prophétie de Nkrumah est plus actuelle que jamais. La question n&rsquo;est plus de savoir s&rsquo;il avait raison. Elle est de savoir si ses héritiers — nous — auront le courage d&rsquo;en tirer les conséquences.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>AFRICOM au Nigeria : les États-Unis profitent-ils de la situation sécuritaire au sahel pour reconquérir l’Afrique ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2026 23:38:18 +0000</pubDate>
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<p>Après les frappes d’AFRICOM au Nigeria, Washington tente de prouver son efficacité sécuritaire pendant que le Mali et certains pays africains traversent une crise majeure. Analyse d’une rivalité d’influence entre États-Unis, France et Russie au Sahel.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Après les frappes d’AFRICOM au Nigeria, Washington tente de prouver son efficacité sécuritaire pendant que le Mali et certains pays africains traversent une crise majeure. Analyse d’une rivalité d’influence entre États-Unis, France et Russie au Sahel.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux frappes en deux jours. Les 16 et 17 mai 2026, l&rsquo;AFRICOM — le commandement militaire américain pour l&rsquo;Afrique — a annoncé en grande pompe avoir éliminé Abou Bilal al-Minuki, présenté comme «&nbsp;<em>le terroriste le plus actif au monde</em>» et directeur des opérations internationales de l&rsquo;État islamique, lors d&rsquo;opérations menées dans le nord-est du Nigeria en coordination avec les forces armées nigérianes. Le général Dagvin Anderson, patron de l&rsquo;AFRICOM, n&rsquo;a pas caché sa satisfaction : «&nbsp;<em>Soyez-en assurés, nos deux nations poursuivront et neutraliseront sans relâche les menaces terroristes.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message est clair. Peut-être trop.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un théâtre d&rsquo;opérations, une vitrine commerciale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Car derrière la rhétorique antiterroriste, il faut lire ce que ces opérations signifient réellement sur l&rsquo;échiquier géopolitique africain. Washington frappe au Nigeria, pays le plus peuplé d&rsquo;Afrique, puissance économique régionale, membre influent de la CEDEAO — et le fait savoir. Deux communiqués officiels en quarante-huit heures : l&rsquo;Amérique ne mène pas seulement une opération antiterroriste, elle organise une démonstration de force à destination de l&rsquo;ensemble du continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le timing n&rsquo;est pas fortuit. Pendant que les drones et les forces spéciales américaines s&rsquo;activent dans le nord-est du Nigeria, à quelques milliers de kilomètres de là, au Mali, l&rsquo;Africa Corps — le bras armé de Moscou en Afrique, successeur du groupe Wagner — vit l’un des moments difficiles de son engagement sahélien. Le 25 avril 2026, une offensive coordonnée du Groupe de soutien à l&rsquo;islam et aux musulmans (GSIM) et du Front de libération de l&rsquo;Azawad (FLA) a frappé simultanément Bamako, Kati, Mopti, Sévaré, Gao et Kidal. Le ministre de la Défense malien, le Général Sadio Camara, a été tué dans l&rsquo;attentat kamikaze qui a soufflé sa résidence à l&rsquo;aube. Et depuis Kidal, les efforts restent concentrés autour de Kidal, symbole de la reconquête du Nord malien en 2023.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La “<em>faillite russe</em>” comme argument de vente américain</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce parallèle n&rsquo;est pas un simple hasard calendaire. Il constitue le fond de commerce de la stratégie américaine de reconquête africaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car l&rsquo;Africa Corps, présenté par les autorités maliennes de la transition ainsi que par le peuple malien comme une panacée à la crise sécuritaire malienne après le retrait unilatérale de la force française Barkhane en 2022, semble montré ses limites, voire échoué, selon des observateurs de la scène politique et sécuritaire malienne. Mais les faits sont là, implacables.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les morts attribuables aux groupes islamistes militants au Mali augmentent, rappelle le Centre d&rsquo;études stratégiques de l&rsquo;Afrique. Le groupe Wagner, que l&rsquo;Africa Corps a remplacé depuis juin 2025, «&nbsp;<em>n&rsquo;est pas parvenu à neutraliser l&rsquo;insurrection</em>&nbsp;» — et «&nbsp;<em>cet échec a eu une influence néfaste sur l&rsquo;armée malienne&nbsp;</em>», soulignait dès décembre 2025 le rapport The Sentry. C&rsquo;est ce tableau que Washington agite devant les gouvernements africains afin de mieux huilé sa stratégie d’influence sur ce continent en proie à des crises sécuritaires persistantes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;art de vendre ce qu&rsquo;on a déjà raté ailleurs</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l&rsquo;Amérique a-t-elle le droit de se présenter en alternative crédible ? La question mérite d&rsquo;être posée avec la même sévérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;AFRICOM a été créé en 2007 avec des ambitions similaires — partenariats sécuritaires, formation, renseignement partagé. Deux décennies plus tard, les résultats sont nuancés. En Somalie, malgré des années d&rsquo;opérations et des centaines de frappes de drones contre Al-Shabaab, l&rsquo;organisation contrôle encore de larges pans du territoire. Au Sahel, les États-Unis ont formé pendant des années des officiers malgré tout la crise sécuritaire demeure. L&rsquo;opération au Nigeria, aussi spectaculaire soit-elle, ne résout pas le problème structurel : sans gouvernance locale solide, sans réconciliation politique, aucune frappe — américaine, française ou russe — ne saurait combler le vide que les terroristes s&#8217;empressent de remplir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;élimination d&rsquo;Abou Bilal al-Minuki est une victoire tactique réelle. Mais l&rsquo;État islamique, comme Al-Qaïda, a montré depuis vingt ans une capacité redoutable à régénérer ses cadres dirigeants. Chaque chef éliminé laisse un vide que ses successeurs s&#8217;emploient aussitôt à occuper.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Nigeria, pivot d&rsquo;une reconquête d&rsquo;influence</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que cherche véritablement Washington au Nigeria, c&rsquo;est un point d&rsquo;appui solide dans un Ouest africain en pleine recomposition. Avec Lagos comme capitale économique continentale, Abuja comme partenaire diplomatique fiable et une armée nigériane en demande de coopération face à Boko Haram et à l&rsquo;État islamique en Afrique de l&rsquo;Ouest, le Nigeria représente exactement le partenaire dont l&rsquo;AFRICOM a besoin pour incarner un modèle alternatif aux partenariats existant sur le continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La communication autour des frappes des 16 et 17 mai — avec ses accents triomphants, ses références explicites à la «&nbsp;<em>valeur exceptionnelle du partenariat américano-nigérian</em>&nbsp;» — est à ce titre parfaitement calibrée. Elle ne s&rsquo;adresse pas seulement à Abuja. Elle s&rsquo;adresse à Accra, à Dakar, à Cotonou, à tous ceux qui observent la situation sécuritaire en Afrique de l’ouest et se demandent s&rsquo;il existe une alternative à ces crises sécuritaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse de Washington : nous sommes là, nous sommes efficaces, et regardez ce qui arrive quand vous choisissez des partenaires différents de nous. En un mot, Washington ou le chaos.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;Afrique entre deux miroirs brisés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème est que ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre miroir n&rsquo;est intact. En Afrique de l’ouest, tous les partenaires qui arrivent vendent la sécurité aux pays confrontés à l’insécurité , comme l’avait fait la France des années avant au Mali, sans que les résultats attendus ne soient toujours au rendez-vous. Les États-Unis vendent aujourd&rsquo;hui leur savoir-faire en capitalisant sur ces échecs — sans pour autant garantir davantage que leurs prédécesseurs n&rsquo;ont pu l&rsquo;offrir en deux décennies de présence intermittente sur le continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui manque dans cette compétition d&rsquo;influence à coups de frappes et de communiqués triomphaux, c&rsquo;est précisément ce que ni Washington ni Moscou ni la France ne semblent disposés à offrir : un engagement patient dans la durée, aux côtés de sociétés civiles africaines, de gouvernements élus et d&rsquo;armées professionnelles — et non en substitut de ces dernières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant que la sécurité africaine sera traitée comme un marché à conquérir, elle restera un problème à perpétuer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Foula D. Massé</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide"/>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Foula D. Massé est analyste politique. Il est auteur de l&rsquo;essai Pour une paix rationnelle : de la théorie critique de la société à la réforme du pouvoir en Afrique, publié en 2025, chez les Editions du Net. </em></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Aide publique au développement : vers la fin d&#8217;un modèle à bout de souffle ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Au sommet Africa Forward de Nairobi, réunissant 32 chefs d'État, experts et responsables français ont débattu d'une refonte profonde de l'aide publique au développement. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au sommet Africa Forward de Nairobi, réunissant 32 chefs d&rsquo;État, experts et responsables français ont débattu d&rsquo;une refonte profonde de l&rsquo;aide au développement. Entre contestation souverainiste et réforme de l&rsquo;AFD, un tournant s&rsquo;esquisse.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Trente-deux chefs d&rsquo;État réunis à Nairobi, un titre ambitieux –&nbsp;<em>Africa Forward : Afrique-France, un nouveau souffle</em>&nbsp;– et une question qui fâche autant qu&rsquo;elle mobilise&nbsp;: l&rsquo;aide publique au développement (APD) a-t-elle encore un avenir&nbsp;? C&rsquo;est dans ce contexte qu’un média français organisait son débat&nbsp;<em>Au cœur de l&rsquo;Info</em>, avec des invités aux convictions tranchées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Une aide efficace est une aide qui travaille à sa propre obsolescence. Ce n&rsquo;est pas un système qui se nourrit et s&rsquo;auto-entretient pendant des décennies. Le fait qu&rsquo;il perdure démontre en réalité son inefficacité.&nbsp;»,&nbsp;</em>a expliqué&nbsp;Niagalé Bakayoko, présidente de l&rsquo;African security sector network.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une contestation des deux côtés de la Méditerranée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Niagalé Bakayoko, présidente de l&rsquo;African Security Sector Network, le diagnostic est sans appel. L&rsquo;aide au développement, telle qu&rsquo;elle fonctionne depuis des décennies, s&rsquo;est bureaucratisée au point de mécontenter aussi bien les citoyens du Nord que ceux du Sud. La présidente cite en exemple le discours du président kényan, qui a publiquement déclaré ne plus vouloir d&rsquo;aide extérieure – une position souverainiste qui gagne du terrain sur le continent africain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté français, le débat a été relancé après la fermeture de l&rsquo;USAID américaine. Des voix se sont élevées dans la presse hexagonale pour pointer les limites de certains programmes d&rsquo;aide. «&nbsp;<em>Des deux côtés de la Méditerranée, il y a une contestation du bien-fondé et de l&rsquo;efficacité de l&rsquo;aide&nbsp;</em>», constate Bakayoko. La nécessité de sortir du système actuel s&rsquo;impose donc comme une évidence partagée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le partenariat comme nouvelle boussole</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément ce que défend Emmanuel Macron en prônant les «&nbsp;<em>partenariats</em>&nbsp;» – un terme qui va «&nbsp;<em>dans la bonne direction</em>&nbsp;». Mais la présidente de l&rsquo;ASSN va plus loin&nbsp;: si les partenariats public-privé constituent une piste pertinente, l&rsquo;enjeu fondamental est de responsabiliser les États africains devant leurs propres citoyens, en les rendant comptables de l&rsquo;usage des fonds qui leur sont accordés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle pose aussi la question de la valeur guide&nbsp;: faut-il parler de «&nbsp;<em>partenariat</em>&nbsp;» ou d&rsquo;«&nbsp;<em>équité</em>&nbsp;»&nbsp;? «&nbsp;<em>Ce qui est fondamental, c&rsquo;est de se fonder sur la notion d&rsquo;équité davantage, à mon avis, que sur celle de partenariat</em>&nbsp;», tranche-t-elle, suggérant que le premier terme porte une dimension de justice structurelle que le second n&rsquo;implique pas nécessairement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout juste nommé à la tête de l&rsquo;Agence française de développement (AFD), Christophe Lecourtier participait au sommet Africa Forward. Dans un contexte de restrictions budgétaires et de remise en question de l&rsquo;APD, il défend, dans un autre média français, une nouvelle approche fondée sur les intérêts mutuels, l&rsquo;impact concret et une communication renforcée auprès des citoyens français.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les Français n&rsquo;ont pas renoncé à l&rsquo;idée d&rsquo;une solidarité internationale.&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces critiques, Christophe Lecourtier, nouveau directeur de l&rsquo;Agence française de développement, assume un tournant. Il reconnaît que l&rsquo;ère des objectifs chiffrés d&rsquo;APD en pourcentage du PIB est révolue&nbsp;: «&nbsp;<em>Aujourd&rsquo;hui, plus personne ne juge que c&rsquo;est l&rsquo;objectif essentiel.&nbsp;</em>» Sa feuille de route se veut plus sélective et plus lisible&nbsp;: concentrer les efforts sur un nombre restreint de pays et de secteurs, et surtout mieux expliquer le sens de l&rsquo;action française à l&rsquo;international.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;On peut, avec un peu moins, faire beaucoup mieux. J&rsquo;ai vraiment la conviction que les Français n&rsquo;ont pas renoncé à l&rsquo;idée d&rsquo;une solidarité internationale.&nbsp;»,&nbsp;</em>a souligné&nbsp;christophe Lecourtier, directeur général de l&rsquo;AFD.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s&rsquo;appuie sur ce qu&rsquo;il considère comme un consensus profond chez les Français&nbsp;: la compréhension de l&rsquo;interdépendance mondiale. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de santé publique, de souveraineté alimentaire ou du climat, l&rsquo;argument de la «&nbsp;<em>planète unique</em>&nbsp;» reste, selon lui, majoritairement accepté. L&rsquo;AFD doit simplement mieux démontrer qu&rsquo;elle en est «&nbsp;<em>le bras armé&nbsp;</em>», non seulement de l&rsquo;État français, mais de la nation tout entière.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Exploitation minière au Mali : comment le pays reprend le contrôle de ses ressources stratégiques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Avec le Code minier 2023, le Mali renforce le contrôle de ses ressources stratégiques, renégocie les contrats miniers et mise sur l’or et le lithium pour construire sa souveraineté économique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Longtemps perçu comme un simple fournisseur de matières premières au bénéfice d&rsquo;intérêts étrangers, le Mali engage depuis plusieurs années une transformation profonde de sa politique minière. Révision des codes, renégociation des contrats, montée en puissance des entreprises nationales : le pays affirme sa souveraineté sur ses ressources. Analyse d&rsquo;un virage historique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sous-sol malien recèle des richesses considérables : or, bauxite, fer, manganèse, phosphate, et désormais lithium. L&rsquo;or demeure le pilier du secteur, faisant du Mali le troisième producteur africain après l&rsquo;Afrique du Sud et le Ghana. Les gisements de Loulo-Gounkoto, de Morila et de Syama figurent parmi les plus importants du continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà de l&rsquo;or, c&rsquo;est le lithium qui concentre aujourd&rsquo;hui les regards. À l&rsquo;heure de la transition énergétique mondiale et de la demande explosive en batteries électriques, le Mali dispose de réserves potentielles significatives dans la région de Bougouni. Ce métal stratégique pourrait constituer le prochain levier de développement économique du pays.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1.png"><img decoding="async" width="1024" height="178" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1-1024x178.png" alt="Statistique de l'exploitation minière au Mali" class="wp-image-22388" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1-1024x178.png 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1-300x52.png 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1-768x133.png 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1-1170x203.png 1170w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1-585x102.png 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1-600x104.png 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1.png 1406w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Statistique de l&rsquo;exploitation minière au Mali. ©Graphique généré par IA. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le Mali n’entend plus se contenter d&rsquo;extraire et d&rsquo;exporter des matières premières brutes. Il entend désormais capter davantage de valeur ajoutée sur son territoire, telle est l’orientation de la politique minière nationale de 2023.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La révolution silencieuse du Code minier</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La révision du Code minier malien en 2023 marque un tournant majeur. Les nouvelles dispositions rehaussent significativement la participation de l&rsquo;État dans les projets miniers, renforcent les obligations sociales et environnementales des opérateurs, et instaurent des mécanismes de contrôle plus rigoureux. L&rsquo;objectif est clair : que chaque tonne extraite profite davantage au peuple malien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces réformes s&rsquo;inscrivent dans une dynamique continentale plus large. Plusieurs pays africains — Guinée, Zimbabwe, RDC — ont emprunté le même chemin, affirmant leur droit souverain à tirer profit de leurs ressources naturelles dans un contexte géopolitique mondial reconfiguré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités maliennes ont engagé une révision de plusieurs conventions minières héritées de décennies passées. Ces contrats, souvent conclus dans des conditions défavorables au Mali, font l&rsquo;objet d&rsquo;audits approfondis. L&rsquo;enjeu : rééquilibrer le partage des revenus entre l&rsquo;État, les collectivités locales et les opérateurs privés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers une industrie minière nationale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la régulation, l&rsquo;ambition malienne est de construire une véritable industrie minière nationale. Cela passe par le renforcement des capacités de la Société des Mines du Liptako (SOMILO) et d&rsquo;autres entités publiques, par la formation d&rsquo;ingénieurs et de techniciens maliens, et par l&rsquo;encouragement à la transformation locale des minerais avant exportation. D’ores et déjà, le pays s’est doté aussi en 2026 d’un nouveau cadastre minier.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le développement de sous-traitants locaux, longtemps marginalisés au profit de prestataires étrangers, constitue un autre axe prioritaire. Les nouvelles règles imposent aux opérateurs miniers des quotas croissants d&rsquo;achats auprès de fournisseurs maliens, injectant ainsi des devises dans l&rsquo;économie nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les retombées concrètes pour les communautés locales</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La question minière ne se résume pas à des chiffres macroéconomiques. Dans les zones d&rsquo;extraction comme Kayes ou Sikasso, les projets miniers sont sources d&#8217;emplois directs et indirects, de construction d&rsquo;infrastructures — routes, hôpitaux, écoles — et de recettes fiscales pour les collectivités locales. Le nouveau cadre réglementaire renforce les obligations des entreprises en matière de développement communautaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des fonds de développement local, alimentés par une fraction des revenus miniers, financent désormais des projets identifiés par les communautés elles-mêmes : adduction d&rsquo;eau, électrification, soutien à l&rsquo;agriculture, infrastructures routière et sanitaire. Une approche qui rompt avec le modèle extractif pur du passé. Il faut rappeler que le pays a procédé à la pose de la première pierre, en 2025, de sa prmière raffinerie d’or.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les mines doivent être au service du développement du Mali, pas l&rsquo;inverse. C&rsquo;est le sens des réformes engagées.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le lithium, nouveau défi et nouvelle opportunité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;exploitation du lithium représente à la fois un défi et une chance historique pour le Mali. Défi, car ce métal exige des technologies d&rsquo;extraction et de raffinage sophistiquées. Chance, car la demande mondiale en lithium devrait tripler d&rsquo;ici 2030, portée par l&rsquo;essor des véhicules électriques et du stockage d&rsquo;énergie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités maliennes entendent cette fois ne pas reproduire les erreurs du passé avec l&rsquo;or. Des négociations sont engagées pour que le raffinage du lithium se fasse partiellement sur le territoire national, créant ainsi des emplois qualifiés et captant une valeur ajoutée qui, jusqu&rsquo;ici, partait intégralement à l&rsquo;étranger.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali entre dans une nouvelle ère de sa relation avec ses ressources minières. En révisant son cadre légal, en renégociant des contrats déséquilibrés et en développant ses capacités nationales, le pays pose les bases d&rsquo;une souveraineté économique réelle. Un processus exigeant, mais porteur d&rsquo;un espoir légitime : que les richesses du sous-sol malien deviennent enfin un moteur de développement pour ses habitants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : les valeurs traditionnelles au cœur de la réconciliation nationale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 May 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale adoptée au Mali en 2025 met en avant les valeurs traditionnelles — humanitude, parenté à plaisanterie, pardon et dialogue — comme fondement de la reconstruction du vivre-ensemble.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale, promulguée le 22 août 2025, fait un pari ambitieux : puiser dans le génie culturel millénaire du Mali pour recoudre un tissu social mis à rude épreuve par des années de crise. Un choix philosophique fort, qui replace l&rsquo;humain et ses traditions au centre du projet de refondation nationale.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand les États cherchent à panser leurs blessures, ils se tournent souvent vers les institutions, les lois, les mécanismes formels. Le Mali, lui, a choisi de regarder d&rsquo;abord vers ses villages, ses griots, ses anciens. La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale, adoptée par le Conseil national de Transition le 7 août 2025 et promulguée le 22 du même mois, consacre un titre entier aux «&nbsp;<em>valeurs partagées</em>&nbsp;» du peuple malien. Une liste de seize valeurs fondatrices, de l&rsquo;humanitude au multilinguisme, en passant par la parenté à plaisanterie, le pardon et la solidarité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas un simple inventaire poétique. Ces valeurs ont force de loi.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;humanitude, pierre angulaire du vivre-ensemble</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte ouvre avec une notion rare dans le vocabulaire juridique : l&rsquo;humanitude. Définie comme «&nbsp;<em>une valeur cardinale du vivre-ensemble, de la sociabilité et de la solidarité qui caractérise l&rsquo;humain</em>&nbsp;», elle transcende, selon la Charte, «&nbsp;<em>les différences liées à l&rsquo;âge, à l&rsquo;origine sociale, à l&rsquo;ethnie, au statut, à la religion, à la situation de handicap.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière ce mot se cache une philosophie profondément africaine : celle de l&rsquo;individu qui n&rsquo;existe que dans et par la communauté. Une vision du monde que résume un proverbe cité dans le texte même :&nbsp;<em>« Une seule paire de pieds ne trace pas un chemin. »</em>&nbsp;Dans un pays où les fractures communautaires ont alimenté des années de violence, ce rappel à l&rsquo;interdépendance fondamentale des êtres humains prend une résonance particulière.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La parenté à plaisanterie : un outil de paix vieux comme le Mali</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les valeurs retenues, la parenté à plaisanterie occupe une place de choix. Cette pratique, propre aux sociétés d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, établit entre certains groupes ethniques ou familles des relations codifiées d&rsquo;interpellation, de taquinerie et de dédramatisation des tensions. Entre un Coulibaly et un Traoré, entre un Keita et un Kouyaté, les piques fusent, mais la paix est préservée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte en fait officiellement «&nbsp;<em>un outil de négociation sociale, de réconciliation, de pardon qui utilise les relations et les pactes historiques entre les noms de famille, les ethnies, les individus et les villages.&nbsp;</em>» Ce qui était une pratique informelle transmise de génération en génération devient ainsi un mécanisme d&rsquo;État reconnu pour prévenir et gérer les conflits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour de nombreux observateurs, cette reconnaissance est à la fois symbolique et stratégique. Dans les zones de tension intercommunautaire, notamment dans le centre et le nord du pays, ces liens ancestraux ont parfois constitué le dernier rempart contre la violence généralisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le pardon, « clé qui ouvre la porte de la paix »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Difficile de parler de réconciliation sans évoquer le pardon. La Charte lui consacre un développement remarquable, le définissant comme «&nbsp;<em>un acte par lequel une personne, un groupe de personnes, une communauté ou un État, victime d&rsquo;une offense, d&rsquo;un tort ou d&rsquo;une faute, décide, après le repentir de l&rsquo;offenseur, de renoncer à toute rancune et à tout ressentiment ou désir de vengeance.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte prend soin de préciser que le pardon n&rsquo;est pas une capitulation. Il «&nbsp;<em>nécessite l&rsquo;acceptation de la demande et la reconnaissance par l&rsquo;autre partie de son tort et son engagement à ne pas récidiver.</em>&nbsp;» Il est un processus, pas un effacement. Et il implique une condition fondamentale : le repentir sincère de celui qui a commis le tort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le proverbe choisi pour l&rsquo;illustrer résume à lui seul toute une philosophie de la paix :&nbsp;<em>« On ne lave pas le sang avec du sang. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le dialogue comme mode de gouvernance</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte érige également le dialogue en principe de gouvernance. «&nbsp;<em>C&rsquo;est en dialoguant qu&rsquo;on éteint le feu&nbsp;</em>», dit l&rsquo;un des proverbes qui ponctuent le texte. Cette valorisation du dialogue ne se limite pas aux relations entre communautés : elle s&rsquo;applique aux relations entre l&rsquo;État et les citoyens, entre les institutions et les partis politiques, entre le gouvernement et les syndicats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte où la Charte elle-même reconnaît «&nbsp;<em>l&rsquo;effritement de la confiance entre l&rsquo;État et les citoyens&nbsp;</em>», cette insistance sur la parole partagée devient une réponse directe à l&rsquo;une des causes profondes de la crise malienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des proverbes qui font loi</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;une des particularités les plus frappantes de ce texte juridique est la place accordée aux proverbes. Pour chaque valeur, la Charte cite plusieurs adages issus de la tradition orale malienne, lui donnant ainsi une dimension culturelle et pédagogique inédite pour un document législatif.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin »</em>&nbsp;pour la solidarité.&nbsp;<em>« Là où est le cœur, là est la patrie »</em>&nbsp;pour le patriotisme.&nbsp;<em>« Si ce n&rsquo;est pas vrai, ne le dites pas »</em>&nbsp;pour l&rsquo;honneur. Ces formules, connues de tout Malien dès l&rsquo;enfance, sont intégrées dans la loi pour rappeler que la réconciliation ne se décrète pas : elle se vit, au quotidien, dans les gestes les plus simples.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un pari sur la mémoire collective</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En ancrant ainsi la réconciliation nationale dans la culture et les traditions, le Mali fait le pari que la mémoire collective est plus forte que les divisions récentes. Que derrière les fractures ethniques et communautaires instrumentalisées par les groupes armés, il existe un socle commun, des valeurs partagées que personne n&rsquo;a inventées mais que tout le monde reconnaît.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce pari est-il suffisant face à l&rsquo;ampleur des défis sécuritaires et politiques ? La Charte elle-même ne prétend pas que les valeurs traditionnelles seront à elles seules la solution. Elle les associe à des mécanismes institutionnels, à des réformes juridiques, à une politique de sécurité ambitieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais en choisissant de commencer par là, par ce que le Mali a de plus profond et de plus commun, elle envoie un message clair à son peuple : la paix ne viendra pas de l&rsquo;extérieur. Elle viendra de vous, de nous, de ce que nous sommes ensemble depuis des siècles.&nbsp;<em>« Les doigts de la main ne sont pas égaux, mais ils travaillent ensemble. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : dialogue, force… et après ? Les angles morts de Tebboune </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 May 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Le président algérien Abdelmadjid Tebboune appelle au dialogue au Mali. Une position critiquée pour ses limites face à une crise sahélienne en mutation. Analyse.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les déclarations du président algérien&nbsp;Abdelmadjid Tebboune — dans son entretien périodique avec les médias nationaux, diffusées le samedi 2 mai 2026&nbsp;—&nbsp;appelant au dialogue au Mali, relancent un débat ancien sur les voies de sortie de crise au Sahel. Mais à l’heure où le conflit a profondément changé de nature, cette approche, déjà éprouvée, interroge par son absence d’alternative et son décalage avec les réalités sécuritaires actuelles.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parler du Mali sans tenir compte de la transformation profonde de sa crise sécuritaire relève aujourd’hui moins de l’analyse que de la récitation. Les propos du président algérien Abdelmadjid Tebboune en sont une illustration frappante : un discours familier, presque immuable, qui continue de privilégier le dialogue comme horizon unique, en dépit des échecs accumulés.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, en y regardant de près, cette prise de position n’a rien d’étonnant pour qui sait que l’Algérie a toujours servi de base-arrière pour les groupes armés terroristes opérant au Mali et au sahel. Acculés par les forces armées maliennes ou par la force unifiée AES (FU-AES), ces groupes se réfugient généralement sur le territoire algérien au vu et au su des autorités de la République algérienne démocratique et populaire, qui semblent ignorer la sacralité du voisinage.&nbsp;&nbsp;A chaque fois que la guerre tourne en leur défaveur ou qu’ils sont blessés, les groupes armés terroristes se rendent en Algérie pour se soigner, se réfugier voire se ravitailler. Sûrement que ce pays frontalier a signé des accords gagnant-gagnant avec ces ennemis de son voisin malien ou simplement il sert des intérêts étrangers ou les deux à la fois.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le retour d’une doctrine qui a montré ses limites</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En appelant les autorités maliennes à «&nbsp;<em>discuter avec leur peuple</em>&nbsp;», le chef de l’État algérien s’inscrit dans une tradition diplomatique ancienne. Celle qui a notamment porté les Accords d’Alger, censés stabiliser durablement le pays. Mais une décennie plus tard, le constat est difficile à contourner : ces mécanismes n’ont ni empêché la fragmentation du territoire, ni stoppé l’expansion des groupes armés, encore moins restauré la confiance entre les acteurs nationaux. Continuer à brandir le dialogue comme solution miracle sans en interroger les limites revient à reconduire une approche chaotique avec comme arrière-plan idéologique l’émiettement territorial du Mali, toute cause contraire à la devise nationale&nbsp;: «&nbsp;<em>Un Peuple-Un But-Une Foi.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Est-il besoin encore de rappeler tous les efforts consentis par le Mali dans le sens du dialogue&nbsp;? Depuis son indépendance en 1960, le Mali a multiplié les accords de paix avec les groupes rebelles, principalement Touaregs du Nord, dans une dynamique récurrente marquée par des cessez-le-feu, suivis toujours de reprises des hostilités. Des premières rébellions aux accords structurants comme ceux de Tamanrasset (1991) et le Pacte national (1992), puis l’accord d’Alger de 2006 et enfin l’Accord pour la paix et la réconciliation de 2015, chaque tentative a cherché à combiner démilitarisation, décentralisation, intégration des ex-combattants et développement local. Toutefois, ces dispositifs ont été suivis par la reprise des hostilités. La rupture officielle de l’Accord d’Alger en 2024, après la reprise des combats dans le nord, illustre l’échec d’un cycle d’accords incapables à instaurer une paix durable au Mali.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une lecture incomplète de la crise malienne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’autre problème dans cette déclaration du président algérien est sa propension au réductionnisme. Tebboune ramène tout le problème malien à celui d’une volonté indépendantiste. Or, tout observateur averti ou sincère saura que ce ne sont pas seulement les indépendantistes qui évoluent sur ce territoire puisque la présence du groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), ainsi que d’autres groupes terroristes, est signalée. Inutile de souligner à nouveau les largesses de l’Algérie vis-à-vis de ces groupes criminels.&nbsp;&nbsp;Qu’il nous souvienne que c’est cette même Algérie qui avait détruit un drone malien le 1<sup>er</sup>&nbsp;avril 2025 au motif que celui-ci avait violé son espace aérien. La triste vérité est que ce drone, dans le cadre d’une mission de surveillance en territoire malien, était sur le point de neutraliser des chefs terroristes en réunion de coordination.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les attaques du 25 avril dernier, il ne fait plus l’ombre d’aucun doute que le JNIM et le Front de libération de l’Azawad (FLA) se sont alliés pour s’attaquer à la nation malienne. Dès lors, le FLA ne bascule-t-il pas directement dans le terrorisme&nbsp;? Doit-on continuer à soutenir ce mouvement comme étant animé uniquement d’une volonté indépendantiste&nbsp;ou sécessionniste ? Ce serait de la mauvaise foi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les propos de Abdelmadjid Tebboune reposent sur une hypothèse implicite : la crise malienne serait avant tout politique, et donc soluble dans la négociation. Or, cette grille de lecture est aujourd’hui incomplète voire erronée. Le conflit sahélien s’est transformé en une guerre asymétrique, transfrontalière, où s’entremêlent activités criminelles, «&nbsp;<em>expansion idéologique</em>&nbsp;» manipulations géopolitiques. Dans ce contexte, réduire la réponse à un face-à-face entre pouvoir et «&nbsp;<em>peuple</em>» revient à simplifier à l’excès une réalité autrement plus complexe. Désormais au Mali, ce sont les groupes terroristes, les bandits armés et leurs sponsors internes et externes qui s’emprennent aux intérêts de l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ceux qui vont penser que ces accusations ne sont que des théories du complot ou de la propagande militaro-politicienne, qu’ils nous disent alors ce qui bloque le dossier malien aux Nations unies.&nbsp;Le Mali a saisi le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies, en août 2022, en vue de présenter les preuves du soutien de la France aux groupes terroristes évoluant sur son territoire, notamment par la fourniture de renseignements et d’équipements. Dans une correspondance datée du 16 août et signée par le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, le Mali a sollicité la tenue d’une réunion d’urgence afin d’examiner la situation sécuritaire du pays. Mais rien ne fut fait.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, le gouvernement du Mali a annoncé la rupture immédiate de ses relations diplomatiques avec l’Ukraine, invoquant une «&nbsp;<em>implication reconnue et assumée</em>&nbsp;» de Kiev dans les affrontements survenus en fin juillet à Tinzaouatene, dans la région de Kidal, entre les Forces armées maliennes, les rebelles du CSP-DPA et des groupes affiliés à al-Qaïda. Dans un communiqué relayé par le porte-parole du gouvernement, l’actuel Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, les autorités maliennes affirmaient que cette implication avait été mise en évidence par une vidéo publiée par l’ambassade d’Ukraine à Dakar, dans laquelle le responsable du renseignement militaire ukrainien, Andriy Yusov, se félicitait d’avoir fourni des informations aux rebelles avant les combats, tandis que l’ambassadeur Yurii Pyvovarov y exprimait son soutien. La diffusion de cette séquence a conduit les autorités sénégalaises à convoquer l’ambassadeur ukrainien pour lui rappeler ses obligations de retenue et de non-ingérence, avant que la vidéo ne soit retirée des réseaux sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après tout ceci, oserait-on encore parler de théorie du complot ou de propagande&nbsp;? La crise sécuritaire au Mali est créée et entretenue par des acteurs extérieurs avec l’appui d’acteurs intérieurs comme le prouvent les derniers évènements en date du 25 avril. Les investigations du Tribunal militaire de Bamako ont permis d’établir les faits&nbsp;: «&nbsp;<em>Les investigations menées ont permis, à ce stade, d&rsquo;établir un faisceau d&rsquo;éléments solides relatifs à la complicité de certains militaires, militaires radiés ou en instance de radiation des effectifs, notamment leur participation à la planification, à la coordination et à l&rsquo;exécution des attaques sus indiquées avec l&rsquo;implication notoire de certains hommes politiques, dont le Docteur Oumar Mariko.</em>&nbsp;», lit-on dans le communiqué du 1<sup>er</sup>&nbsp;mai du Procureur de la République près le tribunal militaire de Bamako&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le paradoxe du « ni force ni alternative »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie revendique une ligne constante : ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures du Mali. Une position officiellement irréprochable. Mais dans les faits, son rôle historique de médiateur, son implication dans les processus de paix et sa centralité géographique dans l’espace sahélien en font un acteur incontournable — et donc, de facto, «&nbsp;influent.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément cette ambiguïté qui alimente les interrogations : peut-on être à la fois extérieur au conflit et structurant dans sa gestion ? Cela est difficile.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>La force ne règle pas les problèmes</em>&nbsp;», affirme le président algérien. L’argument est connu, souvent répété, parfois pertinent. Mais il ouvre une contradiction majeure : si l’usage de la force est rejeté, et si le dialogue a montré ses limites, quelle est alors l’alternative stratégique ? Quelle est la troisième voie que préconise le «&nbsp;<em>médiateur algérien</em>&nbsp;». Sur ce point, le discours reste silencieux. Or, dans un environnement aussi instable que le Sahel, l’absence de proposition équivaut à une absence de vision cohérente.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une parole diplomatique en décalage</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce décalage est d’autant plus visible que le Mali, comme d’autres pays de la région, a engagé une recomposition de ses alliances et de son appareil sécuritaire. Cette dynamique, qu’on l’approuve ou non, traduit une volonté de rupture avec les schémas antérieurs. Face à cela, la posture algérienne est figée, comme si la crise sahélienne pouvait encore être abordée avec les référentiels d’hier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, les déclarations de Abdelmadjid Tebboune s’inscrivent dans une rhétorique prétendument morale : appel à la raison, invocation de la fraternité, mise en garde contre l’extrémisme. Mais dans un contexte de guerre prolongée, la morale ne suffit pas à construire une stratégie. Elle peut éclairer une position, mais elle ne remplace ni l’analyse, ni l’innovation politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie reste un acteur majeur du Sahel. Son expérience diplomatique, sa connaissance des dynamiques régionales et son poids politique pourraient constituer des atouts décisifs. Mais encore faudrait-il que cette influence s’accompagne d’un renouvellement de la pensée stratégique. Car à force de répéter les mêmes principes face à une crise qui change de nature, le risque est grand de transformer une position historique en posture d’immobilisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Justice et cohésion sociale : un levier central pour la paix durable au Mali</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 May 2026 11:23:02 +0000</pubDate>
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<p>Au Mali, la justice s’impose comme un levier central pour renforcer la cohésion sociale et construire une paix durable, malgré des défis structurels persistants et des réformes en cours.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La justice occupe une place centrale dans la consolidation de la paix et de la cohésion sociale au Mali. Dans un pays marqué par des crises politiques et sécuritaires récurrentes, elle est attendue comme l’institution capable de garantir l’équité et de renforcer la stabilité.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités judiciaires, notamment la&nbsp;<a href="http://www.saheltribune.com/">Cour suprême</a>, rappellent régulièrement que la justice demeure un pilier essentiel pour restaurer la confiance entre l’État et les citoyens. Elle doit être indépendante, accessible et crédible pour jouer pleinement son rôle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de la rentrée judiciaire 2024-2025, la Cour suprême a consacré son audience solennelle au thème «&nbsp;<em>Le rôle de la justice dans la consolidation de la paix et de la cohésion sociale : le cas des élections&nbsp;</em>». À cette occasion, le Président de la Transition, le général d’armée&nbsp;<a href="http://www.saheltribune.com/">Assimi Goïta</a>, a affirmé que «&nbsp;<em>la justice est un maillon essentiel pour garantir des élections libres et transparentes&nbsp;</em>». Ces propos traduisent l’importance accordée à l’institution judiciaire dans la stabilité nationale et la cohésion sociale.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les défis structurels et institutionnels au Mali</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le système judiciaire malien est confronté à des défis persistants. La lenteur des procédures, le manque de moyens et la perception d’une justice parfois influencée par des intérêts politiques fragilisent la confiance des citoyens. Ces faiblesses alimentent un sentiment d’injustice qui peut devenir un facteur de division et de conflit. La&nbsp;<a href="http://www.saheltribune.com/">corruption</a>&nbsp;et l’impunité sont également des obstacles majeurs. Lorsque les lois ne s’appliquent pas de manière équitable, la cohésion sociale est menacée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les citoyens attendent une justice impartiale, capable de sanctionner les abus et de protéger les droits fondamentaux. Sans une justice crédible, les tensions sociales risquent de s’aggraver et de compromettre les efforts de réconciliation. La consolidation de la paix passe donc par une réforme profonde et une meilleure accessibilité des services judiciaires, afin que chaque citoyen puisse se sentir protégé et reconnu par l’État.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les réformes nationales pour moderniser la justice</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces défis, des réformes ont été engagées pour moderniser les institutions judiciaires. Elles visent à renforcer l’indépendance des magistrats, améliorer leur formation et rapprocher la justice des citoyens. La création de tribunaux spécialisés dans certaines régions montre la volonté de répondre aux besoins spécifiques liés aux crises locales. La&nbsp;<a href="http://www.saheltribune.com/">justice transitionnelle</a>&nbsp;a également été mobilisée pour documenter les violations des droits humains et offrir des réparations aux victimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces mécanismes contribuent à restaurer la confiance et à consolider la cohésion sociale. Ils permettent aux communautés de tourner la page des violences en obtenant une reconnaissance officielle de leurs souffrances. La justice devient ainsi un instrument de réconciliation, capable de donner aux victimes une voix et de renforcer le sentiment d’appartenance nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les programmes internationaux et leurs impacts mesurés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://mali.mercycorps.org/fr/what-we-do/justice-stability-sahel">programme Justice et Stabilité au Sahel (JASS)</a>, financé par le FCDO britannique à hauteur de 19 millions de livres sterling, démontre l’appui international. Mis en œuvre par Mercy Corps et des ONG locales, il a permis la création de 20 Comités de Résolution des Conflits dans autant de communes. Les résultats sont significatifs : 666 incidents collectés par les moniteurs, dont 67 % résolus pacifiquement grâce à des mécanismes endogènes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, 27 microprojets de paix ont été financés pour réduire les tensions locales. Selon les responsables du programme, «&nbsp;<em>ces comités permettent aux communautés de trouver des solutions locales et durables aux conflits</em>&nbsp;». Ces chiffres montrent que la justice, lorsqu’elle est soutenue par des initiatives communautaires, peut devenir un instrument efficace de prévention des conflits et de renforcement du dialogue social.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La justice comme garant de la gouvernance nationale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La justice est indissociable de la gouvernance. Un État de droit solide repose sur des institutions judiciaires capables de réguler les rapports sociaux et politiques. La consolidation de la paix exige une gouvernance transparente, où la justice joue pleinement son rôle de régulateur. La lutte contre l’impunité est un élément clé. Elle permet de prévenir la répétition des violences et de renforcer la légitimité des institutions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En sanctionnant les abus, la justice contribue à instaurer un climat de confiance et à encourager la participation citoyenne à la vie publique. Les réformes doivent donc s’inscrire dans une logique globale de bonne gouvernance. Comme l’a rappelé le général Assimi Goïta, «&nbsp;<em>la justice est le garant de la stabilité et de la cohésion nationale</em>&nbsp;». Ces paroles traduisent la volonté politique de faire de la justice un instrument de régulation et de paix.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les études spécialisées sur l’accès équitable à la justice</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://www.interpeace.org/fr/annual-report-2023/">rapport Interpeace/IMRAP de 2023,</a> soutenu par le Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix, a révélé que les frais de procédure et les déplacements dissuadent les citoyens de recourir à la justice. Les femmes, en particulier, subissent une « double peine » en raison des contraintes matérielles et socioculturelles. Ces constats soulignent la nécessité de rapprocher les services judiciaires des populations et de réduire les coûts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’accès équitable à la justice est une condition essentielle pour renforcer la cohésion sociale et éviter que certaines catégories de citoyens ne se sentent exclues du système. Les réformes entreprises au Mali montrent une volonté de transformer la justice en un outil de paix. La modernisation des tribunaux vise à accélérer les procédures et à réduire les tensions liées aux lenteurs. La formation des magistrats renforce la crédibilité des jugements et accroît la confiance des citoyens.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le rôle central de la justice dans la paix sociale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La justice transitionnelle permet de reconnaître les victimes et de prévenir de nouvelles violences. La lutte contre la corruption assure l’impartialité et garantit l’<a href="http://www.saheltribune.com/">égalité</a>&nbsp;devant la loi. Enfin, les comités de résolution des conflits créés par le programme&nbsp;<a href="http://www.saheltribune.com/">JASS</a>&nbsp;renforcent le dialogue communautaire et favorisent des solutions locales. Ces efforts conjugués montrent que la justice peut devenir un véritable vecteur de réconciliation et d’unité nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://www.jstor.org/stable/resrep25598.7?seq=1">rôle de la justice dans la consolidation de la paix</a> et de la cohésion sociale au Mali est donc fondamental. Les données officielles, qu’elles proviennent de la Cour suprême, des programmes internationaux ou des études spécialisées, confirment que la justice est un levier indispensable pour restaurer la confiance et prévenir les conflits. En poursuivant les réformes et en rapprochant la justice des citoyens, le Mali peut renforcer sa cohésion sociale et consolider durablement la paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le 20ème paquet de sanctions : la réaction des marchés russes </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Oleg Nesterenko]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Apr 2026 07:48:48 +0000</pubDate>
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<p>Malgré un 20e train de sanctions de l’Union européenne visant les banques russes, les marchés financiers à Moscou affichent une résilience inattendue, remettant en question leur efficacité.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans un communiqué de presse du 23 avril 2026, la Commission européenne proclame l’adoption du « 20ème train de sanctions contre la Russie ».&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette nouvelle salve de mesures, visant à isoler davantage le marché russe, précise, pour la vingtième fois en quatre ans, que l’interdiction est étendue, entre autres, à des opérations avec vingt banques russes supplémentaires&nbsp;: «&nbsp;<em>les nouvelles mesures étendent l&rsquo;interdiction aux opérateurs de l&rsquo;UE qui font des affaires avec vingt banques russes supplémentaires […]. Cela porte à 70 le nombre de banques russes exclues de l&rsquo;accès au marché intérieur de l&rsquo;UE</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le jour même de cette annonce, l&rsquo;indice boursier russe principal, le MOEX (Bourse de Moscou), a enregistré une hausse, atteignant 2775 points et gagnant 0,48 % par rapport à la session précédente.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux mois auparavant, le 23 février 2026, le ministère français des Affaires étrangères&nbsp;déclarait que les sanctions&nbsp;adoptées&nbsp;contre la Russie leur nuisaient davantage qu&rsquo;elles ne portaient atteinte à l&rsquo;Europe, les qualifiant de «&nbsp;<em>très efficaces</em>».</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L</strong><strong>a Russie parmi les trois premiers pays du G20 pour sa faible dette publique</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une vision à long terme révèle un constat factuel : il est indubitable qu&rsquo;une telle rhétorique n&rsquo;a pu émerger que dans l&rsquo;hypothèse d&rsquo;une amnésie collective des masses, conditionnée par l&rsquo;agenda de la propagande médiatique quotidienne. Une telle méthodologie de communication postule un oubli sélectif des déclarations antérieures émanant d&rsquo;un autre ministère français, celui de l&rsquo;Économie. En l&rsquo;occurrence, son ministre M. Bruno Le Maire, lors d&rsquo;un discours magistral prononcé le 1<sup>er</sup> mars 2022, avait expressément déclaré : « <em>Les sanctions sont efficaces.</em> <em>Les sanctions économiques et financières sont même d&rsquo;une efficacité redoutable. […]Nous allons livrer une guerre économique et financière totale à la Russie. Nous allons donc provoquer l&rsquo;effondrement de l&rsquo;économie russe ! </em>».</p>



<figure class="wp-block-embed is-provider-youtube wp-block-embed-youtube"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="&quot;Nous allons provoquer l&#039;effondrement de l&#039;économie russe&quot;, affirme Bruno Le Maire • FRANCE 24" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/Ntzacqlm-Ac?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph">Cette prédiction, qui annonçait l&rsquo;effondrement de l&rsquo;économie russe dans les mois suivants, fait écho à une cascade de déclarations similaires au cours des quatre dernières années. Malgré plus de 31 500 sanctions instrumentalisées à ce jour, l&rsquo;économie russe&nbsp;est toujours parfaitement debout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan macroéconomique, la situation de la Russie suscite une comparaison bien défavorable pour ses adversaires. En 2025, la dette publique russe s&rsquo;élevait à 18% du PIB, contrastant avec les 115,6% enregistrés en France.&nbsp;À savoir qu’en 2021, elle était d&rsquo;environ 18,1% du PIB de la Russie. C’est-à-dire que durant les années de guerre et les&nbsp;dépenses très considérables associées,&nbsp;elle N’a non seulement nullement augmenté, mais même légèrement diminué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, la Russie se classe ainsi parmi les trois premiers pays du G20 pour sa faible dette publique par habitant, s&rsquo;établissant à environ 2 300 USD, loin des 59 187 USD par habitant en France. De plus, le taux de chômage en Russie se maintient aux alentours de 2 %, demeurant le plus bas parmi les pays du G20.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant les vingt banques nouvellement sanctionnées – «&nbsp;<em>Derjava », « Levoberejny », « Metallinvestbank », « Blank-Bank », « Eurofinance Mosnarbank », « WB-Bank », « BKS-Bank », « Faura-Bank », « Russky Standart », « UBRR », « Chelyabinvestbank », « PSKB », « Solidarité », « Iturup », « SDM-Bank », « Avers », « Avangard », « Hlynov », « Banque Postale » et la banque « Ienisseï</em>&nbsp;» – l&rsquo;attention se porte sur deux institutions majeures cotées à la bourse de Moscou (MOEX) : Avangard Bank et BKS-Bank.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réaction boursière à leur nouvelle situation, survenue suite à l&rsquo;initiative malveillante de l&rsquo;Union Européenne, peut être considérée comme un échantillon représentatif de l&rsquo;ensemble du segment de marché.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quelle est cette réaction&nbsp;?&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le lendemain de l&rsquo;annonce des sanctions, l&rsquo;action de BKS-Bank a enregistré une variation nulle, soit -0,00%. Au cours des 3 mois précédents sa mise sous sanctions, sa croissance a été de +11,7% (du 24/01 au 24/04/26) et de +30,43% sur l&rsquo;année écoulée, suggérant une position financière robuste. Elle se situe donc en position saine, qui n’est pas prête à changer à la suite des agissements de la Commission européenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la banque Avangard, le 24 avril 2026, la perte de -0,15% de son action est une fluctuation minime, attribuable davantage aux dynamiques normales du marché qu&rsquo;aux sanctions elles-mêmes. Cette observation est d&rsquo;autant plus pertinente que l&rsquo;action avait connu une baisse de -1,2% dans les trois mois précédant les sanctions (du 24/01 au 24/04/26) et de -11,77% sur l&rsquo;année.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un contraste flagrant dans le contexte actuel, où, notamment, le cours des hydrocarbures affiche une volatilité particulièrement significative, et ce, le jour même de l&rsquo;annonce d&rsquo;une moindre restriction à l&rsquo;échelle internationale.&nbsp;Soit, les marchés russes ont la certitude que les nouvelles sanctions seront aussi inefficaces que les précédentes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il convient également de noter que la majorité des 70 banques russes sous sanctions européennes étaient déjà placées sous sanctions américaines, dont l&rsquo;impact s’est avéré notoirement inférieur aux projections initiales de leurs émetteurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pour saisir la projection économique de la Fédération de Russie, il faut retenir deux points fondamentaux </strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">1. Les difficultés sectorielles en Russie découlent bien moins des sanctions occidentales que de la politique économique interne, particulièrement des orientations controversées de la Banque centrale et du ministère des Finances russes&nbsp;(sujet d’une autre discussion).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">2.&nbsp;D&rsquo;un point de vue stratégique, les défis économiques rencontrés par la Russie ces cinq dernières années sont d&rsquo;ordre conjoncturel, tandis que ceux des pays occidentaux relèvent d’un caractère structurel. À l&rsquo;issue du conflit en Ukraine, la Russie&nbsp;récupérera&nbsp;rapidement la majeure partie de ses acquis perdus, sans compter les avancées et développements accomplis durant cette période.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De leur côté, les pays de l’UE ne récupéreront que très peu de leurs positions stratégiques perdues durant les années de la guerre qu’ils mènent tant militairement via leur proxy ukrainien qu’économiquement via l’émission de sanctions.&nbsp;Ces dernières, outre qu&rsquo;elles violent le règlement de l&rsquo;Organisation Mondiale du Commerce (OMC), constituent, lorsqu&rsquo;elles sont adoptées en dehors de résolutions du Conseil de sécurité de l&rsquo;ONU, de graves violations du droit international.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oleg Nesterenko</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Président du CCIE<em>&nbsp;(</em></strong><a href="http://www.c-cie.eu/"><strong><em>www.c-cie.eu</em></strong></a><strong><em>)</em></strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Sénégal : comment les agropoles redessinent les territoires ruraux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bocar Harouna Diallo]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Apr 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Depuis l’Acte III de la décentralisation, les agropoles s’imposent comme un levier majeur de transformation des zones rurales au Sénégal. Elles favorisent la modernisation agricole, l’emploi local et un meilleur équilibre territorial.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Depuis l’Acte III de la décentralisation, les agropoles s’imposent comme un levier majeur de transformation des zones rurales au Sénégal. Elles favorisent la modernisation agricole, l’emploi local et un meilleur équilibre territorial.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les nouvelles réalités rurales au Sénégal reflètent les profondes transformations sociales, économiques et territoriales qui redessinent les campagnes depuis le début des années 2000, et plus particulièrement depuis l’avènement de l’Acte III de la décentralisation. Loin d’être de simples espaces agricoles traditionnels, les régions rurales s’inscrivent désormais dans une logique multifonctionnelle marquée par la modernisation, la diversification des activités économiques et une recomposition de l’organisation territoriale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, les campagnes sénégalaises ne sont plus seulement des lieux de production agricole. Elles deviennent progressivement des espaces d’innovation, d’investissement et de développement local.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les agropoles, levier stratégique de transformation territoriale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette dynamique, les agropoles s’imposent comme un instrument majeur de transformation économique et territoriale. Elles s’inscrivent dans une stratégie de territorialisation du développement visant à structurer les filières agricoles autour de hubs agro-industriels régionaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Implantées dans les différentes zones agro-écologiques du pays — Nord, Centre, Sud, Est et Ouest — ces plateformes productives contribuent à dessiner une nouvelle géographie économique, moins dépendante de Dakar et davantage ancrée dans les potentialités locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En favorisant la transformation locale des produits agricoles, les agropoles participent à la construction d’un modèle de développement territorial plus équilibré.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Renforcer l’économie rurale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des principaux apports des agropoles réside dans l’intégration des différentes étapes de la chaîne de valeur agricole : production, transformation et commercialisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette organisation permet de réduire considérablement les pertes post-récolte, de valoriser les produits locaux et de créer des emplois, y compris en dehors du secteur strictement agricole. Les agropoles encouragent ainsi l’émergence d’un tissu économique rural plus diversifié et innovant, dans lequel les jeunes et les femmes occupent une place de plus en plus importante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les agropoles contribuent également à la modernisation des territoires ruraux grâce à la mise en place d’infrastructures structurantes : routes, entrepôts de stockage, chaînes de froid et unités de transformation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces équipements renforcent l’attractivité des campagnes et facilitent l’accès aux marchés. Les zones rurales se transforment progressivement en véritables centres de services et d’innovation, capables d’améliorer les conditions de vie des populations et de limiter l’exode rural.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Rééquilibrer le développement régional</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En structurant les territoires autour de pôles économiques spécialisés, les agropoles participent aussi à la réduction des disparités entre la région de Dakar et les autres espaces du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette logique s’inscrit dans la stratégie nationale de décentralisation économique et dans les politiques de souveraineté alimentaire. Elle vise à renforcer le développement régional tout en valorisant les ressources locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, les agropoles ne se limitent pas à de simples projets agricoles. Elles incarnent une nouvelle manière de concevoir les territoires ruraux, fondée sur la productivité, l’innovation et l’intégration territoriale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elles traduisent le passage d’une ruralité longtemps perçue comme marginale à une ruralité stratégique, désormais placée au cœur des enjeux de développement du Sénégal contemporain, notamment dans un contexte marqué par les défis de la sécurité alimentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bocar Harouna Diallo, Géographe en développement régional et territorial</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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