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	<title>Archives des Analyses &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Mali : dans les nuits des « Koutouba philosophiques », la jeunesse réinvente le débat public</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Apr 2026 14:27:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Les Koutouba philosophiques permettent une réflexion enrichissante pendant le Ramadan, promouvant le partage d'idées au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Dans un Mali en quête de refondation, les « Koutouba philosophiques » —une initiative de l’Union des étudiants en philosophie (UEP) — s’imposent comme un espace rare de respiration intellectuelle. Nées dans le sillage des Nouvelles Pratiques Philosophiques, ces nuits de réflexion organisées durant le Ramadan 2026 réunissent étudiants, enseignants et chercheurs autour d’un principe simple mais exigeant : faire primer la force des arguments. Au-delà du débat académique, ces rencontres interrogent la place de la pensée critique dans la construction du « Mali Koura », entre réforme de l’école, crise de l’État postcolonial et impératif de souveraineté intellectuelle.</em></strong></p>



<p>À rebours d’un espace public souvent saturé de certitudes, d’invectives et de postures figées, une expérience discrète mais féconde se déploie au Mali : celle des «&nbsp;<em>Koutouba philosophiques</em>&nbsp;». Nées dans le sillage des Nouvelles Pratiques Philosophiques, ces rencontres — organisées notamment durant le mois de Ramadan 2026 — réhabilitent un art trop souvent négligé : celui de penser ensemble. Comme le rappelle le Dr Souleymane Keïta, superviseur de ces nuits de réflexions philosophiques. Ces espaces sont «&nbsp;<em>le lieu où il n’y a ni Dieu, ni Maître, mais celui de la force des arguments en lieu et place des arguments de force&nbsp;</em>». Dans un pays en quête de refondation, cette initiative s’impose comme un véritable laboratoire citoyen, où la pensée critique devient un instrument de souveraineté intellectuelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-penseurs-pensent-nbsp"><strong>« Les penseurs pensent&nbsp;»</strong></h2>



<p>Les discussions menées en 2026 révèlent d’abord une urgence : repenser la place de la philosophie dans la société malienne. Les participants dénoncent surtout une marginalisation institutionnelle de la discipline et appellent à reconnaître la licence de philosophie dans les recrutements publics. «&nbsp;<em>L’employabilité des philosophes ne saurait se réduire à l’enseignement&nbsp;</em>», expliquent Abdramane et Drissa Coulibaly, membres de l’Union des étudiants en philosophie (UEP). Ils plaident pour une valorisation des compétences analytiques dans l’administration, la gouvernance et les politiques publiques.&nbsp;</p>



<p>Dans le même élan, Abdramane et Drissa, tous deux des écrivains, jugent important d’aller vers une réforme profonde des programmes scolaires dans le cadre du Mali Koura. Ils plaident surtout pour l’intégration des thématiques contemporaines — changement climatique, bioéthique, terrorisme, civisme — dans la formation des citoyens éclairés et ancrés dans leur époque.</p>



<p>Mais la réflexion ne s’arrête pas là. Les Koutouba dressent un diagnostic sans concession du système éducatif malien, qualifié de «&nbsp;<em>grand corps malade</em>&nbsp;». Cette analyse est surtout celle de Sibiry Sanou, Hamida Ag Bella et Bassirou Maïga. Entre écoles fermées pour cause d’insécurité, insuffisance d’enseignants et infrastructures inadaptées, les constats sont sévères. Les membres de l’UEP dénoncent un «&nbsp;<em>éternel retour des états généraux de l’éducation sans praxis</em>&nbsp;», soulignant que «&nbsp;<em>les penseurs pensent, mais les décisions dorment dans les tiroirs</em>&nbsp;». La réforme de l’école est ainsi érigée en préalable absolu.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-systeme-educatif-coherent-adapte-aux-realites-de-la-mondialisation"><strong>Un système éducatif cohérent, adapté aux réalités de la mondialisation</strong></h2>



<p>Cette critique s’étend aux conditions des enseignants, notamment dans le privé, où la précarité est décrite avec acuité : salaires dérisoires, absence de protection sociale, instabilité chronique. «&nbsp;<em>Dans ces conditions, la lutte pour la survie prime sur l’intellect</em>&nbsp;», résume ces enseignants en philosophie. Pour les philosophes, l’amélioration de l’éducation passe nécessairement par une revalorisation de la condition enseignante et une application rigoureuse des textes existants.</p>



<p>Sur la question linguistique, les débats invitent à dépasser les postures idéologiques. Si la Constitution consacre les langues nationales, les participants mettent en garde contre une approche précipitée : «&nbsp;<em>On n’impose pas une langue, elle s’impose par sa capacité à produire du savoir »</em>, expliquent Sibiry Sanou, Hamida Ag Bella et Bassirou Maïga. L’enjeu n’est donc pas d’opposer langues locales et langues étrangères, mais de construire un système éducatif cohérent, adapté aux réalités de la mondialisation.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-ethique-du-vivre-ensemble-fondee-sur-l-humanisme"><strong>Une éthique du vivre-ensemble fondée sur l’humanisme</strong></h2>



<p>Les Koutouba explorent également les mutations sociales contemporaines. À travers le prisme des réseaux sociaux, ils soulignent à la fois les opportunités — accès à l’information, promotion culturelle — et les dérives : désinformation, cybercriminalité, fragilités psychologiques. Des développements ont été faits sur ces mutations par Sékou Sanogo sous le thème «&nbsp;<em>Jeunesse malienne et réseaux sociaux : usages, opportunités et défis pour l&rsquo;avenir&nbsp;»</em>.&nbsp;&nbsp;La solution réside dans une éducation numérique responsable et la valorisation de contenus locaux.</p>



<p>Sur le terrain religieux, les débats pointent une montée des tensions intra et interconfessionnelles, aggravées par l’absence de régulation du prêche. Les participants appellent à «&nbsp;<em>ne pas tolérer l’intolérance religieuse</em>&nbsp;» et à encadrer davantage les discours pour préserver la cohésion sociale, a expliqué notamment Sétigui Traoré, dans son intervention. «&nbsp;<em>Avant d’être croyant, on est d’abord humain</em>&nbsp;», rappellent-il, plaidant pour une éthique du vivre-ensemble fondée sur l’humanisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-reinvention-de-l-etat-postcolonial"><strong>Réinvention de l’État postcolonial</strong></h2>



<p>La réflexion politique, elle, s’attaque à des questions majeures : la recrudescence des coups d’État et la crise de la démocratie. Le constat est nuancé : «&nbsp;<em>Ce n’est pas la démocratie qui échoue, mais sa mise en œuvre&nbsp;</em>», explique Mohamed Ombotimbé. Les coups d’État apparaissent comme des symptômes d’une gouvernance défaillante, sans pour autant constituer une solution viable. Dans cette perspective, la réinvention de l’État postcolonial s’impose comme un chantier central : décentralisation, lutte contre la corruption, institutions fortes et légitimes. «&nbsp;<em>La réinvention de l’État postcolonial apparaît comme une voie possible pour concilier héritage historique, modernité politique et développement&nbsp;</em>», souligne Sodiougo Sagara.&nbsp;</p>



<p>Les enjeux sociaux ne sont pas en reste. Drogue, mariage précoce, inégalités de genre : autant de défis qui hypothèquent l’avenir du pays. Les débats mettent en lumière des réalités préoccupantes — «&nbsp;<em>70 % des consommateurs de drogue ont entre 15 et 45 ans</em>&nbsp;», rappelle Allaye Karembe en se référant des chiffres de l’OCS — et appellent à une mobilisation collective.&nbsp;</p>



<p>Sur la condition féminine, une contradiction persistante est soulignée : malgré leur montée en puissance économique, les femmes continuent d’assumer une charge domestique écrasante et un pouvoir décisionnel limité. La solution passe par «&nbsp;<em>la transformation des mentalités</em>&nbsp;» et une application effective des lois, préconisent Zaratou Boré et Oumou Bah. Arouna Diallo, pour sa part, estime qu’«&nbsp;<em>une approche</em>&nbsp;<em>collective est indispensable pour lutter efficacement contre le mariage précoce et promouvoir la scolarisation des filles au Mali</em>».&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-medias-maliens-et-transition-politique"><strong>Médias maliens et transition politique</strong></h2>



<p>Enfin, les Koutouba insistent sur le rôle stratégique des médias et de l’éducation citoyenne. Dans un contexte de transition politique et de défis sécuritaires, les médias sont décrits comme «&nbsp;<em>un couteau à double tranchant</em>&nbsp;» : instruments de construction ou de déstabilisation, explique Alpha Hama Boré, dans le développement de sa thématique&nbsp;: «&nbsp;<em>Médias maliens et transition politique :&nbsp;Entre liberté d’expression et transition politique, responsabilité sociale et enjeux sécuritaire.&nbsp;»</em>. D’où la nécessité d’une presse libre, responsable et éthique, capable de concilier liberté d’expression et impératifs nationaux. Ainsi, l’éducation à la citoyenneté trouve toute sa nécessité ajoute Cheick Cissé. Il soutient que cette éducation doit être décentralisée faisant la promotion du patriotisme dans tous les secteurs du Mali.</p>



<p>Au fond, les «&nbsp;<em>Koutouba philosophiques</em>&nbsp;» dessinent l’ambition de faire émerger un Mali où la pensée critique irrigue l’action publique, où la jeunesse s’approprie les outils du débat et où la souveraineté s’ancre aussi dans les esprits. Car, comme le suggèrent ces échanges, il n’y a pas de Mali Kura sans révolution intellectuelle. Et cette révolution commence, peut-être, par une simple conversation.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>26 mars : l’héritage des martyrs à l’heure des réformes</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Mar 2026 21:25:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Trente-cinq ans après, le Mali se souvient des martyrs et continue de construire un État démocratique et juste.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Trente-cinq ans après la chute de Moussa Traoré, le Mali commémore les martyrs du changement de trajectoire du Mali, dans une période de refondation profonde de l’État. 35&nbsp;ans après la marche historique du peuple malien, le pays se trouve en plein chantier afin d’honorer la mémoire des martyrs de mars 1991.&nbsp;</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p>Il ne suffit plus de se souvenir. Le 26&nbsp;mars 1991 n’est pas qu’un moment d’histoire. C’est une promesse. Celle d’un État juste, d’une démocratie réelle, d’une rupture avec les logiques de prédation et de dépendance.&nbsp;Trente-cinq ans après ces événements, la démocratie malienne poursuit son chemin. L’idéal porté par les révolutionnaires de 1991 visait l’émergence d’un Mali nouveau. Un État libéré de la corruption, du favoritisme, du clientélisme et des restrictions des libertés. En d’autres termes, le passage d’une « <em>société close</em> » à une « <em>société ouverte</em> », comme le résumait si bien le slogan populaire&nbsp;: « <em>An tɛ kɔrɔlen fɛ fo kura </em>» — nous ne voulons plus de l’ordre ancien, nous voulons du renouveau — entendu par la renaissance du Mali&nbsp;: le&nbsp;<em>Mali Kura</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-anrs-et-la-nouvelle-constitution-nbsp"><strong>Les ANRs et la nouvelle Constitution&nbsp;</strong><strong></strong></h2>



<p>C’est précisément ce vide et cette recommandation populaire que la Transition actuelle entend combler. Non pas en répétant les symboles, mais en réinvestissant le réel. Depuis 2021, une série de réformes structurantes dessine en lettre d’or cette ambition des autorités maliennes de la Transition à la refondation. L’une des premières tâches fut de réunir le peuple malien autour d’une table de discussion à travers les Assises nationales de la Refondation, en 2021 — qui ont porté un diagnostic sans complaisance sur les maux du pays et proposé des solutions idoines pour la résolution des nombreuses crises qui assaillent la nation— secteur par secteur.&nbsp;</p>



<p>À l’issue des ANRs, une nouvelle Constitution a été adoptée et promulguée le 22&nbsp;juillet 2023. Le Mali redéfinit ainsi ses partenariats internationaux, affirme une souveraineté politique assumée et réorganise l’appareil d’État. Les conclusions des Assises nationales de la refondation se sont prolongées dans la Vision Mali&nbsp;2063, qui ambitionnent de donner une colonne vertébrale stratégique au pays.</p>



<p>Sur le plan de l’architecture institutionnelle, il convient de rappeler surtout la création de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) en vue de restaurer la crédibilité des scrutins, longtemps contestée et objet de déstabilisation politique, en témoigne les nombreuses crises post-électorales connues par le Mali. Dans le même esprit, les propositions de réforme du système politique — encadrement du nomadisme partisan, durcissement des conditions d’accès à la magistrature suprême, remise en cause du statut de chef de file de l’opposition — traduisent une volonté de moralisation et de rationalisation du jeu politique.</p>



<p>Mais aucune refondation ne tient sans sécurité. Il s’agit surtout de restaurer l’intégrité territoriale et rétablir l’autorité de l’État. La montée en puissance des Forces armées maliennes, désormais mieux équipées et structurées, s’inscrit dans une doctrine assumée de fermeté. En plus de l’équipement, il convient de mentionner aussi le rehaussement du moral des troupes à travers notamment la considération accordée aux familles des militaires et paramilitaires tombés pour la nation reconnaissante — prise en charge de leurs enfants dans le cadre des pupilles de la nation, la construction en cours d’un mémoriel militaire en leur mémoire, la rédaction en cours de l’histoire militaire, la remise de chèques géants à leur famille, etc.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Dans la même veine, il convient de souligne le projet de construction de la maison des pupilles, dans la zone aéroportuaire. La pose de la première de cette infrastructure a eu lieu en février 2024.&nbsp;</p>



<p>Dans le prolongement régional, la création de l’Alliance des États du Sahel — réunissant le Mali, le Burkina Faso et le Niger —&nbsp;consacre une approche collective de la sécurité, centrée sur le bassin stratégique du Liptako-Gourma. L’ambition est non seulement de sécuriser les territoires, mais aussi de valoriser leurs ressources dans une logique de développement endogène.</p>



<p>Cette reconquête passe aussi par le retour concret de l’État. C’est dans cette dynamique que les autorités maliennes se sont attelées à la réorganisation territoriale, à la création de nouvelles circonscriptions, à la réhabilitation des infrastructures administratives — notamment dans le Nord. L’objectif est de rapprocher l’administration des citoyens et de corriger les fractures héritées des crises successives.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-fin-de-l-extraversion-des-richesses-naturelles"><strong>La fin de l’extraversion des richesses naturelles</strong></h2>



<p>Mais c’est sans doute sur le terrain économique que la rupture est la plus lisible — et la plus attendue. Longtemps, le Mali a été un paradoxe&nbsp;: un géant aurifère, mais un État pauvre. L’or sortait, la richesse s’évaporait. Les zones minières, elles, restaient enclavées, marginalisées, oubliées.</p>



<p>La réforme du Code minier de 2023 marque à cet égard un tournant majeur. Elle ne se contente pas d’ajuster des règles. Elle redéfinit la philosophie même de l’exploitation des ressources. Désormais, l’objectif est de faire du secteur minier un levier de développement national et non plus un simple moteur d’extraction.</p>



<p>Cette nouvelle gouvernance repose sur plusieurs piliers. D’abord, une meilleure redistribution des revenus, avec la création de fonds dédiés, dont le Fonds minier de développement local, alimenté notamment par une contribution de 0,75&nbsp;% du chiffre d’affaires des sociétés minières. Ce mécanisme vise à réinjecter directement les richesses dans les territoires concernés — infrastructures, santé, éducation, accès à l’eau et à l’énergie.</p>



<p>Ensuite, la mise en place d’une politique de contenu local, qui impose une intégration accrue des acteurs nationaux dans la chaîne de valeur. Emploi, sous-traitance, transfert de compétences. Il ne s’agit plus seulement d’exploiter, mais de construire une économie autour de la ressource.</p>



<p>Enfin, une exigence renforcée de transparence et de redevabilité, avec des mécanismes de suivi à plusieurs niveaux — communal, régional et national — pour garantir que les fonds bénéficient réellement aux populations.</p>



<p>Dans cette même dynamique, le développement du bassin du Liptako-Gourma est pensé comme un chantier stratégique, combinant sécurité, exploitation des ressources et amélioration des conditions de vie. À cela s’ajoutent des politiques sociales ciblées&nbsp;: programmes d’emploi des jeunes, soutien aux micro-entreprises rurales, promotion d’activités génératrices de revenus dans plusieurs régions. Le « <em>Projet présidentiel d’urgence hospitalière</em> », avec la construction et l’équipement d’infrastructures sanitaires modernes, illustre également cette volonté de traduire la refondation dans le quotidien des populations.</p>



<p>Sur le plan sanitaire, il faut noter aussi la construction en cours depuis 2022, du 4<sup>e</sup>&nbsp;Hôpital de référence, à Banancoro, à quelques kilomètres de Bamako, en vue de réduire&nbsp;l’évacuation sanitaire vers l’étranger de 95&nbsp;%</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-relance-d-unites-industrielles-nbsp"><strong>La relance d’unités industrielles&nbsp;</strong></h2>



<p>Cette réorientation n’est pas anodine. Elle répond à une exigence centrale du 26&nbsp;mars&nbsp;: mettre fin à la confiscation des richesses par une minorité et faire de l’État un instrument au service du plus grand nombre. En ce sens, la réforme minière est l’une des traductions les plus concrètes de l’idéal de 1991.</p>



<p>Mais la refondation ne se joue pas uniquement dans le secteur minier. Elle s’étend à d’autres secteurs économiques comme la relance industrielle avec la remise en activité d’unités comme la COMATEX ou l’UMPP, le projet de construction d’une école des mines, l’investissement dans l’éducation — avec la régionalisation des universités et des projets innovants comme une école d’intelligence artificielle et de robotique —, ou encore la signature du pacte de stabilité sociale et de croissance pour encadrer les relations avec les partenaires sociaux. Soulignons aussi la relance du chemin de fer bien que ce secteur observe toujours quelques difficultés de redécollage.&nbsp;</p>



<p>La démocratie ne se résume ni à des élections ni à des symboles. Elle suppose un État capable, souverain et légitime. C’est précisément cette équation que la Transition entend de résoudre, dans un contexte régional et international particulièrement contraint.</p>



<p>Le 26&nbsp;mars 2026 est donc plus qu’une commémoration. C’est un moment de clarification. Entre mémoire et action, entre héritage et refondation, le Mali est à la croisée des chemins. Les martyrs de 1991 n’ont pas seulement ouvert une page de l’histoire ; ils ont posé une exigence.</p>



<p><strong>Noumoukai</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Les croyances apocalyptiques gagnent du terrain et redessinent notre rapport aux crises mondiales</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Mar 2026 18:42:19 +0000</pubDate>
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<p>Comment les croyances apocalyptiques affectent-elles notre société ? Analysez les résultats d'une étude récente sur ce sujet crucial.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Et si la peur de la fin du monde influençait déjà nos choix politiques et nos comportements collectifs ? Longtemps marginales, les croyances apocalyptiques gagnent du terrain et redéfinissent en profondeur la manière dont les sociétés perçoivent et affrontent les grandes menaces globales.</em></strong></p>



<p>Longtemps reléguée aux marges, la pensée apocalyptique s’impose désormais comme un prisme central à travers lequel une part croissante des sociétés interprète les menaces globales. C’est le principal enseignement d’une étude récente publiée dans le <em>Journal of Personality and Social Psychology</em>, qui met en lumière l’influence profonde de ces croyances sur les comportements collectifs face aux crises contemporaines.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-vision-de-la-fin-du-monde-largement-partagee"><strong>Une vision de la fin du monde largement partagée</strong></h2>



<p>Menée par des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), l’étude repose sur des enquêtes réalisées auprès de plus de 3 400 personnes aux États-Unis et au Canada. Son principal auteur, Matthieu Billet, aujourd’hui affilié à l’Université de Californie à Irvine, souligne un constat frappant : près d’un tiers des Américains interrogés pensent que la fin du monde surviendra de leur vivant.</p>



<p>Dans un contexte marqué par l’angoisse climatique, les tensions géopolitiques et l’essor rapide de l’intelligence artificielle, ces croyances ne relèvent plus de l’exception. Elles traversent désormais les sociétés nord-américaines et influencent directement la manière dont les individus perçoivent des risques tels que les pandémies, les conflits nucléaires ou les bouleversements technologiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-cinq-facons-de-penser-l-apocalypse"><strong>Cinq façons de penser l’apocalypse</strong></h2>



<p>Pour mieux comprendre ce phénomène, les chercheurs ont identifié cinq dimensions structurantes de la pensée apocalyptique : la proximité perçue de la fin du monde, sa cause (humaine ou divine), le degré de contrôle individuel, et la charge émotionnelle associée à cette fin — perçue comme catastrophe ou comme délivrance.</p>



<p>Ces représentations ne sont pas neutres. Elles conditionnent les attitudes face aux politiques publiques. Ainsi, ceux qui attribuent une origine humaine à une éventuelle catastrophe — notamment à travers le changement climatique — se montrent plus enclins à soutenir des mesures fortes pour y faire face. À l’inverse, les individus convaincus que la fin relève d’un dessein divin tendent à adopter des postures plus fatalistes, voire à rejeter les politiques de prévention.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-croyances-qui-pesent-sur-l-action-collective"><strong>Des croyances qui pèsent sur l’action collective</strong></h2>



<p>Les implications de ces résultats sont majeures. En croisant ces croyances avec les grandes catégories de risques identifiées par le Forum économique mondial — économiques, environnementaux, géopolitiques, sociétaux et technologiques —, l’étude montre que la perception de l’urgence et les réponses envisagées varient fortement selon les récits apocalyptiques auxquels adhèrent les individus.</p>



<p>Ce clivage complique la coordination des réponses à l’échelle nationale et internationale. Certaines croyances peuvent même entraver des politiques publiques cruciales, comme l’ont montré les résistances à la vaccination durant la pandémie de Covid-19 ou le découragement d’une partie de la jeunesse face à l’ampleur de la crise climatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-religion-culture-et-fragmentation-des-perceptions"><strong>Religion, culture et fragmentation des perceptions</strong></h2>



<p>L’étude met également en évidence des différences notables entre groupes religieux et non religieux. Si tous s’accordent globalement sur le rôle de l’humanité dans son propre destin, les interprétations divergent quant aux causes ultimes et aux solutions possibles.</p>



<p>Ces écarts traduisent le poids des cadres culturels et religieux dans la construction des perceptions du futur. Ils participent à fragmenter l’espace public, rendant plus difficile l’émergence d’un consensus autour des grandes priorités globales.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-comprendre-plutot-que-marginaliser"><strong>Comprendre plutôt que marginaliser</strong></h2>



<p>Face à ce constat, les chercheurs appellent à ne pas disqualifier ces croyances comme irrationnelles. Bien au contraire : les intégrer dans l’analyse des comportements collectifs apparaît comme une condition essentielle pour améliorer la communication publique et l’efficacité des politiques.</p>



<p>Dans un monde confronté à des risques systémiques — du dérèglement climatique aux menaces liées à l’intelligence artificielle —, la compréhension des imaginaires apocalyptiques devient un enjeu stratégique. Car, qu’elles soient fondées ou non, ces croyances façonnent bel et bien les décisions individuelles et collectives.</p>



<p>À l’heure où la gestion des crises exige une coordination sans précédent, ignorer ces représentations reviendrait à sous-estimer un facteur déterminant de l’action humaine : la manière dont les sociétés se projettent dans leur propre fin.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Guerre contemporaine : la fin des certitudes stratégiques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 14:10:40 +0000</pubDate>
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<p>Analyse approfondie des mutations de la guerre contemporaine, où la puissance ne garantit plus la maîtrise des conflits.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Dans une analyse dense et critique, Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au secondaire au Mali, interroge les mutations profondes de la guerre contemporaine. Entre brouillage de la notion de victoire, montée des rivalités géopolitiques et imbrication des enjeux militaires, économiques et médiatiques, il décrypte un nouvel ordre conflictuel où la puissance ne garantit plus la maîtrise des conflits.</em></strong></p>



<p>La guerre constitue avant tout un affrontement de stratégies, de moyens et de volontés orientés vers l’atteinte d’objectifs déterminés. Elle se conçoit dans la réflexion stratégique, mais se décide et se précise dans la réalité concrète du champ de bataille. La victoire se mesure alors à la réalisation des objectifs initiaux et à la capacité d’un acteur politique ou militaire d’imposer sa volonté à l’adversaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-dilution-contemporaine-de-la-notion-de-victoire"><strong>La dilution contemporaine de la notion de victoire</strong></h2>



<p>Cependant, dans la dynamique des conflits contemporains, la notion de victoire tend parfois à perdre sa clarté. Elle se transforme en une quête indéterminée où les objectifs évoluent au fil du conflit, entraînant sa prolongation et fragilisant les principes du droit international censés encadrer la conduite de la guerre.</p>



<p>Dans ce contexte, les valeurs proclamées par le monde dit « <em>civilisé</em> » apparaissent souvent en tension avec les pratiques effectives des puissances qui se présentent comme les garantes de l’ordre international. Les moyens technologiques et militaires mobilisés dans les conflits contemporains mettent ainsi en lumière les contradictions entre les discours fondés sur la défense des droits humains et les impératifs stratégiques liés à la sécurité et à la puissance économique et politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-grandes-puissances-et-la-structuration-des-rapports-de-force"><strong>Les grandes puissances et la structuration des rapports de force</strong></h2>



<p>La stabilité d’une entité politique repose pourtant sur la solidité de ses institutions, sa capacité à maintenir la paix intérieure et l’existence d’une force militaire organisée placée sous l’autorité d’un commandement légitime reconnu à la fois par le pouvoir politique et par la population. Lorsque ces conditions s’affaiblissent, la structure de l’État se fragilise et la souveraineté devient vulnérable.</p>



<p>Dans l’ordre international actuel, certaines puissances structurent les rapports de force en s’appuyant sur des capacités économiques, technologiques et militaires considérables. Les États-Unis disposent par exemple d’un complexe militaro-industriel et énergétique capable d’influencer les équilibres stratégiques mondiaux. Cette puissance se déploie notamment à travers un vaste réseau d’alliances en Europe et au Moyen-Orient, régions devenues des espaces majeurs de rivalités géopolitiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-role-determinant-des-dynamiques-politiques"><strong>Le rôle déterminant des dynamiques politiques</strong></h2>



<p>Dans ces zones sensibles, les domaines aérien, maritime et informationnel constituent désormais des théâtres de compétition stratégique. Les puissances y déploient simultanément des démonstrations de force militaire, des stratégies d’influence politique et des politiques de contrôle des ressources énergétiques.</p>



<p>Dans certaines situations de crise, la disparition ou l’affaiblissement d’une figure politique peut transformer profondément la dynamique du conflit. Un tel événement modifie les rapports de force et impose de nouvelles contraintes stratégiques, y compris aux grandes puissances. L’enlèvement au Venezuela du président Nicolas Maduro en est une illustration.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-imprevisibilite-des-conflits-contemporains"><strong>L’imprévisibilité des conflits contemporains</strong></h2>



<p>L’évolution des affrontements internationaux déjoue ainsi fréquemment les prévisions initiales. La réaffirmation d’une autorité politique ou la mobilisation d’une population peuvent neutraliser les effets attendus d’une supériorité militaire. L’issue d’un conflit dépend alors autant de la cohérence du projet politique que de la puissance matérielle engagée.</p>



<p>Par ailleurs, la guerre contemporaine affecte directement les populations civiles. Des actions violentes visent parfois les infrastructures essentielles à la vie sociale, tandis que les victimes ne sont évoquées que sous forme de statistiques illustrant l’ampleur du désastre. La violence ne se limite plus à la destruction matérielle : elle cherche également à nier l’existence politique de l’adversaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-guerre-inscrite-dans-l-economie-mondiale"><strong>Une guerre inscrite dans l’économie mondiale</strong></h2>



<p>La confrontation militaire s’inscrit également dans un système plus large où décisions politiques, institutions militaires et intérêts énergétiques participent à la structuration de l’économie mondiale. Dans certaines régions stratégiques, notamment au Moyen-Orient, les rivalités autour des ressources et des routes commerciales alimentent les tensions géopolitiques.</p>



<p>La guerre contemporaine révèle également une transformation profonde de la puissance militaire. Sur mer, dans les airs, dans l’espace et dans le cyberespace, les systèmes d’armes disposent de capacités de projection et de destruction sans précédent. Les industries d’armement se trouvent ainsi engagées dans une compétition technologique où l’innovation devient un facteur décisif de la puissance des États.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-limites-et-les-couts-de-la-domination-militaire"><strong>Les limites et les coûts de la domination militaire</strong></h2>



<p>Cette dynamique soulève toutefois une question politique majeure : les États peuvent-ils assumer les conséquences humaines, démographiques et écologiques de ces stratégies de domination militaire ? Les dispositifs de défense, longtemps perçus comme les garants de la sécurité nationale, révèlent désormais leurs limites face aux vulnérabilités technologiques et systémiques.</p>



<p>Dans ce contexte, la maîtrise de l’énergie apparaît comme l’un des fondements essentiels de la guerre contemporaine. Les technologies militaires modernes reposent en effet sur une capacité croissante à mobiliser et à concentrer l’énergie au service de la domination politique et économique.</p>



<p>Par ailleurs, l’imbrication entre industrie de défense, pouvoir politique et espace médiatique transforme profondément la nature des conflits. Les enjeux économiques, stratégiques et militaires s’entrelacent dans la construction de la politique et dans la lutte pour l’influence internationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-affaiblissement-du-droit-international"><strong>L’affaiblissement du droit international</strong></h2>



<p>Les conventions internationales elles-mêmes se trouvent fragilisées lorsque des bombardements massifs visent les espaces urbains ou paralysent les institutions sociales, remettant en cause la possibilité d’une régulation juridique effective de la guerre.</p>



<p>Dès lors, la confrontation militaire devient également une lutte pour la légitimité politique. Sur les plans diplomatique et médiatique, chaque acteur cherche à délégitimer l’autre en l’accusant d’hégémonie ou d’impérialisme, accusations qui renvoient souvent à une même logique historique : la recherche du monopole de la décision et de la violence légitime.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-commerce-mondial-comme-champ-de-bataille"><strong>Le commerce mondial comme champ de bataille</strong></h2>



<p>Enfin, la perturbation du commerce mondial constitue l’une des manifestations les plus visibles de ces rivalités. Les chaînes logistiques, les flux énergétiques et les circuits financiers deviennent eux-mêmes des instruments de pression stratégique.</p>



<p>Ainsi, la guerre contemporaine ne se réduit plus à l’affrontement militaire direct. Elle s’inscrit dans un conflit multidimensionnel où se mêlent rivalités géopolitiques, compétition technologique, stratégies économiques et luttes d’influence médiatique pour le contrôle de l’ordre international.</p>



<p><strong>Mikaïlou Cissé&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>[Tribune ] Le terrorisme : histoire, ambiguïtés et usages politiques d’un concept controversé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Mar 2026 06:45:24 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez la Généalogie du terrorisme à travers une analyse historique et philosophique des enjeux politiques contemporains.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Dans cette réflexion approfondie, Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au secondaire au Mali, analyse la notion de terrorisme en revenant sur son évolution historique, ses ambiguïtés juridiques et ses usages politiques. À travers une approche à la fois philosophique et géopolitique, l’auteur montre que le terrorisme ne peut être compris uniquement comme une forme de violence, mais aussi comme une catégorie de qualification dont le sens dépend des contextes historiques, des rapports de pouvoir et des enjeux des relations internationales.</em></strong></p>



<p>Le terme « <em>terrorisme</em> » occupe aujourd’hui une place centrale dans les discours politiques, médiatiques et militaires contemporains. Pourtant, derrière son apparente évidence morale, il dissimule une notion historiquement évolutive, juridiquement contestée et politiquement instrumentalisée. Comprendre le terrorisme exige donc de dépasser les usages immédiats du mot pour en retracer la généalogie, en interroger la portée conceptuelle et en examiner les implications géopolitiques.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-origine-revolutionnaire-du-concept"><strong>L’origine révolutionnaire du concept</strong></h2>



<p>Dès lors, il révèle que le terrorisme n’est pas seulement un phénomène de violence, mais aussi une catégorie de qualification politique dont la signification dépend des contextes historiques et des rapports de pouvoir.</p>



<p>Historiquement, le terme apparaît dans un contexte inattendu au regard de son usage actuel. Son origine remonte à la Révolution française, plus précisément à la période de la Terreur entre 1793 et 1794. À cette époque, la terreur est assumée comme un instrument politique par le pouvoir révolutionnaire afin de préserver la République face aux menaces intérieures et extérieures.&nbsp;</p>



<p>La violence n’est pas alors celle d’acteurs clandestins contre l’État, mais bien celle exercée par l’État lui-même pour défendre un ordre politique jugé légitime. Dans cette configuration originelle, le terrorisme n’est pas perçu comme une criminalité marginale, mais comme une technique de gouvernement fondée sur l’intimidation et la peur. Cette généalogie historique rappelle que la notion de terrorisme ne naît pas dans la périphérie du pouvoir, mais au cœur même de l’État.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-transformation-du-sens-au-xixe-siecle"><strong>La transformation du sens au XIXe siècle</strong></h2>



<p>Au cours du XIXe siècle, le sens du terme connaît cependant une transformation progressive. Avec l’émergence de mouvements anarchistes, révolutionnaires et nationalistes, le terrorisme en vient à désigner des actions violentes dirigées contre les institutions étatiques ou contre les représentants du pouvoir. Les attentats anarchistes, les actions de groupes révolutionnaires ou certaines luttes de libération nationale contribuent à modifier la perception du phénomène.</p>



<p>Dans ce nouveau contexte, la violence terroriste est associée à des acteurs non étatiques cherchant à déstabiliser l’ordre politique établi. Cette mutation sémantique révèle déjà une tension fondamentale : la qualification de terrorisme dépend largement de la position de celui qui l’énonce. Pour les gouvernements, ces actes apparaissent comme des formes de criminalité politique menaçant l’ordre public. Pour leurs auteurs, ils peuvent être présentés comme des moyens de résistance ou de lutte contre l’oppression. La notion devient ainsi intrinsèquement polémique, oscillant entre condamnation morale et justification politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-absence-de-definition-universelle-dans-les-relations-internationales"><strong>L’absence de définition universelle dans les relations internationales</strong></h2>



<p>À l’époque contemporaine, cette ambiguïté s’accentue encore avec la mondialisation des conflits et l’émergence de réseaux transnationaux de violence politique. Malgré l’usage massif du terme dans les relations internationales, aucune définition universelle et consensuelle du terrorisme n’existe. Les organisations internationales ont tenté d’en préciser les contours, mais les divergences politiques entre États rendent difficile l’adoption d’une définition unique.</p>



<p>Dans ce contexte, l’Organisation des Nations unies privilégie une approche pragmatique. La résolution 1566 adoptée en 2004 décrit le terrorisme comme des actes criminels dirigés contre des civils, commis dans l’intention de provoquer un état de terreur au sein d’une population ou de contraindre un gouvernement à agir d’une certaine manière. Cette formulation met l’accent sur deux critères essentiels : l’intention de produire un effet psychologique de peur collective et l’usage de la violence contre des civils.</p>



<p>Cette tentative de clarification vise à établir une base juridique permettant la coopération internationale contre les réseaux violents transnationaux. Toutefois, elle laisse subsister une difficulté majeure. En pratique, la plupart des définitions internationales s’appliquent principalement aux acteurs non étatiques, tandis que les violences commises par les États sont généralement inscrites dans le cadre du droit international humanitaire. Cette distinction contribue à maintenir une zone d’ombre conceptuelle autour de ce que certains qualifient de «<em> terrorisme d’État</em> », notion qui demeure politiquement sensible dans les relations internationales.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-terrorisme-comme-categorie-strategique-dans-les-relations-internationales"><strong>Le terrorisme comme catégorie stratégique dans les relations internationales</strong></h2>



<p>Dans les pratiques géopolitiques contemporaines, le terme « <em>terrorisme</em> » fonctionne ainsi souvent comme une catégorie stratégique. Les gouvernements l’utilisent pour délégitimer leurs adversaires et justifier diverses politiques sécuritaires ou interventions militaires. Cette dynamique s’est particulièrement intensifiée au début du XXIe siècle à la suite des attentats du 11 septembre 2001.</p>



<p>La proclamation d’une « <em>guerre mondiale contre le terrorisme</em> » a contribué à universaliser cette catégorie dans les discours politiques et à renforcer les dispositifs juridiques et sécuritaires dans de nombreux États. Les législations antiterroristes se sont multipliées, élargissant les pouvoirs des autorités publiques en matière de surveillance, de répression et de contrôle des populations et des États. Parallèlement, certaines puissances ont établi des classifications d’« <em>États parrains du terrorisme</em> », catégories souvent influencées par des considérations stratégiques et politiques autant que juridiques et humanitaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-qualification-profondement-politique-de-la-violence"><strong>Une qualification profondément politique de la violence</strong></h2>



<p>Cette évolution révèle le caractère profondément politique de la notion. Loin d’être une simple description objective d’actes violents, le terrorisme fonctionne également comme un instrument de qualification normative. Nommer un acteur « <em>terroriste</em> » revient à lui retirer toute légitimité politique et à inscrire son action dans le registre de la criminalité absolue. Cette dimension performative du langage explique la force symbolique du terme dans les relations internationales.</p>



<p>Elle explique aussi les débats persistants autour de son usage, car la qualification de terrorisme peut dépendre autant des rapports de puissance que de critères juridiques ou moraux.</p>



<p>Cette situation renvoie plus largement à la question de la qualification de la violence politique. Toute violence ne se réduit pas à sa matérialité : elle est toujours interprétée et catégorisée dans des cadres normatifs et discursifs. Une même action peut être décrite comme un acte de guerre, une insurrection, une résistance ou un terrorisme selon le point de vue adopté.</p>



<p>Cette pluralité d’interprétations montre que la notion de terrorisme appartient autant au domaine du langage politique qu’à celui du juridique ou du stratégique. Elle illustre également la difficulté de distinguer clairement entre violence illégitime et violence politiquement justifiée dans les situations de conflit.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-une-definition-plus-objective-du-phenomene"><strong>Vers une définition plus objective du phénomène</strong></h2>



<p>Dans ce contexte, recentrer la définition du terrorisme sur des critères relativement objectifs afin de limiter les manipulations politiques semble nécessaire. Ces critères incluent l’usage intentionnel de la violence, la cible constituée de civils, la volonté de produire un effet psychologique de peur collective et la poursuite d’objectifs politiques. Une telle approche permettrait de dissocier la qualification du terrorisme de l’identité des acteurs et de la fonder plutôt sur la nature des actes commis.</p>



<p>En définitive, le terrorisme apparaît comme une notion à la fois indispensable et fragile dans la compréhension des conflits contemporains. Indispensable, parce qu’elle permet de désigner certaines formes de violence politique visant délibérément les populations civiles et les États souverains. Fragile, parce que son usage reste profondément dépendant des contextes politiques et des rapports militaires.</p>



<p>Dans les débats publics, parler du terrorisme implique donc de préciser les critères employés, de distinguer les faits de leur qualification normative et de replacer les événements dans leur contexte historique et politique. À défaut de cet effort de clarification, le terme risque de perdre sa valeur sémantique pour devenir une simple arme rhétorique dans les conflits du monde contemporain.</p>



<p><strong>Mikaïlou Cissé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Redistribution du Fonds minier : vers la fin de la malédiction de l’or malien ?</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 10:30:16 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Vision Mali 2063]]></category>
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<p>La redistribution des revenus des richesses au Mali vise à faire profiter l’exploitation minière aux territoires qui la produisent.</p>
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<p><strong><em><strong><em>Longtemps accus</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>e de profiter davantage aux multinationales qu</em></strong></em></strong>’<strong><em><strong><em>aux populations locales, la richesse&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>aurif</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>è</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>re</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>&nbsp;du Mali pourrait-elle enfin b</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>n</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>ficier aux territoires qui la produisent ? Avec la r</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>forme du Code minier et l</em></strong></em></strong>’<strong><em><strong><em>adoption d</em></strong></em></strong>’<strong><em><strong><em>une politique de contenu local en 2023, les autorit</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>s de transition, dirig</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>es par le&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>G</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>n</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>ral d</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>’</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>arm</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>e&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>Assimi Go</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>ï</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>ta</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>,</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>&nbsp;entendent transformer l</em></strong></em></strong>’<strong><em><strong><em>exploitation mini</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>è</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>re en moteur de d</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>veloppement pour les collectivit</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>s. Redistribution des revenus, fonds d</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>di</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>s aux communes et participation accrue de l</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>’É</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>tat : ces mesures ambitionnent de faire des ressources du sous-sol un v</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>ritable levier de justice territoriale et de souverainet</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>conomique.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p>L’or commence enfin&nbsp;à&nbsp;briller pour les Maliens. Grâce&nbsp;à&nbsp;une réforme courageuse et structurante du secteur minier engagée par les autorités maliennes de la Transition en 2023, les collectivités territoriales commencent progressivement&nbsp;à&nbsp;percevoir les retombées des richesses du sous-sol national. Pendant longtemps, les dividendes de&nbsp;ces ressources ont&nbsp;été&nbsp;largement extraverties, au profit d’intérêts privés&nbsp;étrangers, dans un système qui a dominé&nbsp;la gouvernance du pays durant plusieurs décennies.</p>



<p>Depuis son arrivée au pouvoir en juin 2021, s’il est une orientation que le président de la transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a voulu inscrire au cœur de son action publique, c’est bien celle de la co-construction avec les citoyens et de la souveraineté&nbsp;nationale. Dans sa vision, l’action de l’État doit rester guidée par le bien-être des Maliens. C’est dans cet esprit que les membres du gouvernement ont&nbsp;été&nbsp;appelés&nbsp;à&nbsp;faire de l’intérêt général la boussole de chacune de leurs initiatives.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-divers-fonds-miniers-nbsp"><strong>Les divers Fonds miniers&nbsp;</strong><strong></strong></h2>



<p>En décembre 2021, les Maliens se sont réunis&nbsp;—&nbsp;dans le cadre des Assises nationales de la refondation&nbsp;—&nbsp;sur toute l’étendue du territoire national afin de réfléchir aux maux qui&nbsp;minent&nbsp;le pays et de préconiser des solutions viables pour une souveraineté&nbsp;pleine et entière dans l’ensemble des secteurs vitaux de la nation. C’est dans ce cadre qu’il a&nbsp;été&nbsp;recommandé&nbsp;dans le rapport final des ANR d’«&nbsp;<em>augmenter l</em>’<em>impact des ressources mini</em><em>è</em><em>res sur l</em><em>’é</em><em>conomie communautaire et nationale&nbsp;</em><em>à&nbsp;</em><em>travers la construction d</em>’<em>infrastructures de base : routes,&nbsp;</em><em>é</em><em>coles, centres de sant</em><em>é</em><em>,&nbsp;</em><em>é</em><em>lectricit</em><em>é&nbsp;</em>». Il a&nbsp;également&nbsp;été&nbsp;recommandé&nbsp;d’«&nbsp;<em>é</em><em>laborer une politique nationale de contenu local (notamment au niveau du secteur minier)&nbsp;</em>».</p>



<p>Par-delà&nbsp;les discours sur la souveraineté économique, une question demeure centrale au Mali : comment faire en sorte que l’immense richesse minière du pays profite réellement aux populations qui vivent sur ces territoires ? La réponse&nbsp;à&nbsp;cette question est donnée dans le nouveau Code minier et dans la loi relative au Contenu local dans le secteur minier en août 2023. Il s’agit là&nbsp;d’un&nbsp;«&nbsp;<em>ensemble de dispositions et de mesures qui exigent des entreprises mini</em><em>è</em><em>res qu</em>’<em>elles donnent la priorit</em><em>é&nbsp;</em><em>aux nationaux, aux communaut</em><em>é</em><em>s locales, aux entreprises nationales et aux mat</em><em>é</em><em>riaux produits localement dans l</em>’<em>ex</em><em>é</em><em>cution de leurs activit</em><em>é</em><em>s</em>&nbsp;».</p>



<p>La révision du Code minier a permis de créer cinq fonds miniers : le Fonds minier de développement local ; le Fonds de réhabilitation, de sécurisation des sites miniers artisanaux et de lutte contre l’usage des produits chimiques prohibés ; le Fonds de financement de la promotion du secteur minier ; le Fonds de financement de la recherche géologique, du renforcement des capacités et de la formation ; et enfin le Fonds de réalisation des infrastructures&nbsp;énergétiques, hydrauliques et de transport.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-fin-de-la-mal-e-diction-des-ressources-naturelles-nbsp"><strong>Fin de la mal</strong><strong>é</strong><strong>diction des ressources naturelles&nbsp;</strong><strong></strong></h2>



<p>La remise symbolique de chèques géants&nbsp;à&nbsp;plusieurs communes par le président de la transition, le Général d’armée Assimi Goïta, le 12 mars 2026 au palais de Koulouba, entre dans le cadre de la mise en&nbsp;œuvre du Fonds minier de développement local.&nbsp;«&nbsp;<em>Le Fonds minier de d</em><em>é</em><em>veloppement local est affect</em><em>é&nbsp;</em><em>au financement des plans nationaux, r</em><em>é</em><em>gionaux et communaux de d</em><em>é</em><em>veloppement</em>&nbsp;», lit-on dans l’article 95 du Code minier de 2023.</p>



<p>L’organisation et le fonctionnement de ce fonds sont définis par décret pris en Conseil des ministres, tandis que les ministères chargés des Mines et des Finances publient chaque année un rapport détaillé&nbsp;sur les contributions et leur gestion, explique le Code minier. Les ressources versées aux collectivités territoriales doivent&nbsp;être intégrées dans leurs programmes d’investissements communautaires et utilisées conformément aux plans de développement conclus avec les sociétés minières. Leur utilisation fait l’objet de rapports annuels approuvés par les conseils municipaux et régionaux et contrôlés par l’État, puis publiés officiellement afin de garantir la transparence.</p>



<p>Dans la vision 2063 du Mali, il est&nbsp;également expliqué&nbsp;les apports indéniables du nouveau Code minier dans le cadre de la souveraineté économique du Mali.&nbsp;«&nbsp;<em>Le nouveau Code permettra de g</em><em>é</em><em>n</em><em>é</em><em>rer des revenus annuels suppl</em><em>é</em><em>mentaires d</em>’<em>au moins 500 milliards de FCFA (803 millions de dollars). En plus, il permet d</em><em>é</em><em>sormais au gouvernement de prendre une participation de 10 % dans les projets miniers et lui offre l</em>’<em>option d</em>’<em>acheter 20 % suppl</em><em>é</em><em>mentaires au cours des deux premi</em><em>è</em><em>res ann</em><em>é</em><em>es de production commerciale. Une participation suppl</em><em>é</em><em>mentaire de 5 % pourra aussi&nbsp;</em><em>ê</em><em>tre octroy</em><em>é</em><em>e au secteur priv</em><em>é&nbsp;</em><em>malien, portant les int</em><em>é</em><em>r</em><em>ê</em><em>ts publics et priv</em><em>é</em><em>s nationaux dans les nouveaux projets&nbsp;</em><em>à&nbsp;</em><em>35 %, contre 20 % dans l</em>’<em>ancien Code&nbsp;</em>», lit-on dans la Vision&nbsp;<em>Mali Kura&nbsp;</em><em>ɲɛ</em><em>taasira ka b</em><em>ɛ</em><em>n san 2063 ma</em>, une initiative&nbsp;«&nbsp;<em>ambitieuse et inclusive visant&nbsp;</em><em>à&nbsp;</em><em>transformer le Mali en une nation&nbsp;</em><em>é</em><em>mergente</em>&nbsp;».</p>



<p>Derrière ce geste politique, une réalité économique et territoriale demeure. Le Mali est l’un des principaux producteurs d’or du continent africain, mais nombre de collectivités locales situées dans les zones minières continuent de faire face&nbsp;à&nbsp;des infrastructures insuffisantes,&nbsp;à&nbsp;un accès limité&nbsp;aux services publics et aux impacts environnementaux de l’exploitation.</p>



<p>La création et la mise en&nbsp;œuvre effective du Fonds minier de développement local répondent précisément&nbsp;à&nbsp;cette contradiction et marque la fin des décennies de malédiction des ressources naturelles. Pour l’exercice 2025, ce mécanisme représente plus de 18,4 milliards de francs CFA, issus d’un prélèvement de 0,75 % du chiffre d’affaires des sociétés titulaires de titres d’exploitation et des opérateurs industriels de carrières. L’objectif est de transformer une part de la richesse extraite du sous-sol en investissements concrets dans les territoires.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-renforcement-de-la-coh-e-sion-sociale-et-la-r-e-duction-d-es-frustrations"><strong>Le renforcement de la coh</strong><strong>é</strong><strong>sion sociale et la r</strong><strong>é</strong><strong>duction d</strong><strong>es frustrations</strong><strong></strong></h2>



<p>La clé&nbsp;de répartition adoptée reflète une volonté&nbsp;de rééquilibrage territorial. La moitié&nbsp;des ressources est destinée aux communes directement affectées par l’activité&nbsp;minière. Un quart revient aux autres collectivités de la zone concernée, tandis que le dernier quart est redistribué à&nbsp;l’ensemble des collectivités territoriales du pays. Cette architecture vise&nbsp;à&nbsp;concilier compensation locale et solidarité&nbsp;nationale.</p>



<p>Dans un pays où&nbsp;les disparités régionales demeurent fortes, l’enjeu est majeur. Les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Bougouni, Kita, Tombouctou, San, Gao et Kidal figurent parmi celles concernées par cette redistribution symbolique, même si,&nbsp;à&nbsp;terme, les ressources doivent bénéficier&nbsp;à&nbsp;l’ensemble des communes maliennes.</p>



<p>Mais la question essentielle n’est pas seulement celle de la redistribution. Elle est aussi celle de l’utilisation de ces fonds. Les autorités insistent sur la nécessité&nbsp;de financer des projets structurants, conformément aux clauses de la loi relative au Contenu Local : infrastructures, services sociaux de base, initiatives&nbsp;économiques locales ou encore programmes d’employabilité&nbsp;pour les jeunes.</p>



<p>Dans les zones minières, les attentes sont immenses. L’exploitation des ressources naturelles peut&nbsp;être source de tensions sociales lorsque les populations locales ont le sentiment de ne pas bénéficier des retombées&nbsp;économiques.&nbsp;À&nbsp;l’inverse, une redistribution bien pensée peut contribuer&nbsp;à&nbsp;renforcer la cohésion sociale et&nbsp;à&nbsp;réduire les frustrations.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-transformation-de-la-rente-extractive-en-levier-de-d-e-veloppement-durable"><strong>La transformation de la rente extractive en levier de d</strong><strong>é</strong><strong>veloppement durable</strong><strong></strong></h2>



<p>C’est pourquoi les autorités maliennes affirment vouloir encadrer strictement l’utilisation de ces ressources. Un mécanisme de suivi a&nbsp;été&nbsp;mis en place, reposant sur trois niveaux de contrôle : communal, régional et national. L’objectif est d’éviter que ces fonds ne se diluent dans des circuits administratifs opaques ou dans des pratiques de mauvaise gouvernance.</p>



<p>Dans un contexte où&nbsp;la lutte contre la corruption constitue une priorité, la crédibilité&nbsp;de ce dispositif dépendra précisément de sa capacité à&nbsp;garantir transparence et redevabilité.</p>



<p>Au-delà&nbsp;du cas malien, la question posée est celle du modèle de développement des pays riches en ressources naturelles. Trop souvent, l’abondance minière n’a pas empêché&nbsp;la persistance de la pauvreté&nbsp;locale. Le défi consiste donc&nbsp;à&nbsp;transformer la rente extractive en levier de développement durable.</p>



<p>L’adoption&nbsp;du Code minier et de la loi relative au Contenu local dans le secteur minier&nbsp;«&nbsp;<em>offre une grande opportunit</em><em>é&nbsp;</em><em>au gouvernement de la R</em><em>é</em><em>publique du Mali de mettre en place un fonds de ressources naturelles pour la gestion des revenus qui seront g</em><em>é</em><em>n</em><em>é</em><em>r</em><em>é</em><em>s dans le secteur minier gr</em><em>â</em><em>ce&nbsp;</em><em>à&nbsp;</em><em>ces r</em><em>é</em><em>formes&nbsp;</em>», rassure la Vision 2063.</p>



<p><strong>Noumoukai </strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tensions au Moyen-Orient : l’Afrique en première ligne des répercussions  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Mar 2026 07:20:09 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez les conséquences des tensions au Moyen-Orient sur l'Afrique et l'impact sur l'économie et l'énergie.</p>
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<p><strong><em>La guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l’Iran, marquée par des bombardements massifs et des ripostes régionales, ne se limite pas au Moyen-Orient. Elle projette des conséquences directes sur l’Afrique. Les frappes sur plus de 2 000 sites en deux jours et les déclarations de Donald Trump et Benjamin Netanyahu montrent une volonté d’affaiblir durablement le régime iranien et d’empêcher son accès à l’arme nucléaire. Mais cette stratégie militaire, en intensifiant l’instabilité dans le Golfe, menace les équilibres mondiaux dont l’Afrique dépend.  </em></strong></p>



<p>Le continent est particulièrement vulnérable sur le plan énergétique. La perturbation des flux pétroliers et gaziers dans le Golfe pourrait entraîner une flambée des prix, affectant les budgets nationaux et le quotidien des populations. Les économies africaines, déjà fragiles, risquent de subir une pression budgétaire accrue, tandis que les ménages verraient leur pouvoir d’achat se réduire. Cette dépendance structurelle aux importations rend l’Afrique sensible aux chocs externes. &nbsp;</p>



<p>La sécurité alimentaire est également en jeu. Les chaînes d’approvisionnement mondiales, déjà fragilisées, pourraient être perturbées par l’extension du conflit. L’Afrique, qui importe une part importante de ses céréales et produits de base, verrait ses marchés déstabilisés. Une hausse brutale des prix alimentaires accentuerait les tensions sociales et politiques, notamment dans les pays où la gouvernance est fragile et où les populations sont déjà confrontées à l’insécurité ou aux crises climatiques. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-securite-et-corridors-strategiques"><strong>Sécurité et corridors stratégiques</strong><strong></strong></h2>



<p>Sur le plan sécuritaire, la guerre ouvre de nouveaux fronts, comme les échanges de tirs entre Israël et le Hezbollah au Liban ou les attaques contre des bases américaines dans le Golfe. Ces développements pourraient entraîner un redéploiement militaire des États-Unis et de leurs alliés, réduisant l’attention portée à l’Afrique. Dans des zones sensibles comme le Sahel, où la lutte contre le terrorisme dépend en partie du soutien international, cette redistribution des priorités risquerait d’aggraver l’instabilité. &nbsp;</p>



<p>Les corridors maritimes constituent une autre source d’inquiétude. Le renforcement de la présence européenne en mer Rouge illustre l’importance stratégique de cette zone pour le commerce africain. Une insécurité prolongée dans le Golfe pourrait affecter les routes reliant l’Afrique de l’Est au Moyen-Orient et à l’Asie. Les pays côtiers, dépendants du commerce maritime, seraient parmi les premiers touchés, avec des conséquences immédiates sur leurs économies. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-repercussions-financieres-et-sociales"><strong>Répercussions financières et sociales</strong><strong></strong></h2>



<p>Les répercussions financières ne doivent pas être sous-estimées. La guerre risque de provoquer une volatilité accrue sur les marchés mondiaux, affectant les devises africaines et compliquant la gestion des dettes souveraines. Les investisseurs, craignant une contagion régionale, pourraient réduire leurs engagements en Afrique. Cette contraction des flux financiers accentuerait la fragilité des économies émergentes et limiterait les marges de manœuvre des gouvernements.&nbsp;</p>



<p>Sur le plan social, la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires pourrait alimenter des mouvements de contestation dans plusieurs pays africains. Les gouvernements, déjà confrontés à des défis internes, risquent de voir leur légitimité remise en cause. Cette situation pourrait renforcer les tensions sociales et accentuer les risques de déstabilisation politique, notamment dans les États où la gouvernance est fragile. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-afrique-face-a-ses-responsabilites"><strong>L’Afrique face à ses responsabilités</strong><strong></strong></h2>



<p>Paradoxalement, certains pays africains producteurs de pétrole et de gaz pourraient bénéficier de la hausse des prix, augmentant leurs revenus. Mais cette opportunité reste conditionnée à une gestion transparente et équitable. Sans une redistribution efficace, les bénéfices risquent de renforcer les inégalités plutôt que de soutenir le développement. L’opportunité pourrait ainsi se transformer en facteur de division interne. &nbsp;</p>



<p>Dans ce contexte, les positions exprimées par la CEDEAO et l’Union africaine prennent tout leur sens. En appelant à la retenue, au respect du droit international et au règlement pacifique des différends, elles cherchent à protéger l’Afrique des effets collatéraux d’un conflit qui menace directement ses intérêts. Leur insistance sur la protection des civils et des infrastructures critiques traduit une volonté de prévenir une crise humanitaire et économique sur le continent. &nbsp;</p>



<p>Comme l’a rappelé El Hadji Amadou Niang, ancien fonctionnaire international et diplomate sénégalais, « <em>l’Afrique, par sa dépendance aux marchés mondiaux, sera inévitablement affectée par cette guerre. Il est urgent que les institutions multilatérales renforcent leur rôle pour éviter que les plus vulnérables ne paient le prix des rivalités de puissance.</em> » Cette mise en garde souligne que les conséquences ne seront pas seulement économiques mais aussi sociales et politiques, car l’instabilité mondiale fragilise directement les trajectoires africaines.  </p>



<p>Face à cette réalité, l’Afrique ne peut rester spectatrice. Les vulnérabilités énergétiques, alimentaires, sécuritaires et financières exigent une réponse collective et coordonnée. La diversification des sources d’approvisionnement, la promotion de la souveraineté alimentaire et le plaidoyer pour le respect du droit international doivent constituer des axes prioritaires. Dans un contexte où un conflit lointain menace directement son avenir, le continent doit agir avec lucidité et responsabilité pour protéger ses populations et préserver ses perspectives de développement. &nbsp;</p>



<p><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le monde au bord du précipice</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Feb 2026 20:59:59 +0000</pubDate>
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<p>Les tensions États-Unis-Iran relancent le débat sur les guerres et l'avenir de l'ordre mondial en période de crise.</p>
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<p><strong><em>Dans un contexte d’escalade militaire impliquant les États-Unis, l’Iran et leurs alliés, la stratégie internationale attribuée à Donald Trump ravive le spectre d’un monde régi par la force plutôt que par le droit. Une situation qui relance le débat sur la place des peuples dans les décisions de guerre et sur l’avenir de l’ordre mondial.</em></strong></p>



<p>Le monde vacille, et l’époque semble redécouvrir ses vieux démons. Sous l’ombre portée de Donald Trump, les États‑Unis paraissent renouer avec une vision brutale des relations internationales : celle d’un ordre régi non plus par le droit, mais par la force. Une sorte de retour à l’« <em>état de nature</em> » décrit par le philosophe Thomas Hobbes, où la sécurité n’est jamais garantie et où la méfiance devient la règle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-plus-de-36-000-morts-civils-dans-quatorze-guerres-rien-en-2024"><strong>Plus de 36 000 morts civils dans quatorze guerres rien en 2024</strong></h2>



<p>La frappe coordonnée menée le 28 février 2026 par Washington et Israël contre des cibles en Iran — notamment à Téhéran et dans plusieurs centres stratégiques — marque un seuil supplémentaire dans l’escalade. L’opération, mêlant missiles de croisière et saturation aérienne, a été suivie de représailles iraniennes visant des installations militaires américaines et israéliennes dans la région. En quelques heures, la mécanique de dissuasion s’est transformée en spirale d’action-réaction. La logique est de frapper pour prévenir, riposter pour dissuader, escalader pour ne pas perdre la face.</p>



<p>Ce basculement vers une conflictualité permanente se déroule dans un silence quasi-assourdissant des institutions censées préserver l’équilibre mondial. Les organisations internationales, héritières de l’ordre d’après-guerre, semblent paralysées. Comme si les règles construites sur les ruines de 1945 n’étaient plus que des vestiges juridiques face au retour des rapports de puissance.</p>



<p>Or, derrière les démonstrations militaires et les discours martiaux, ce sont rarement les peuples qui décident des guerres, mais presque toujours eux qui les subissent. Une étude publiée en 2024 par Handicap International recensait tortures, violences sexuelles, déplacements forcés ou prises d’otages comme réalités ordinaires des civils dans les conflits contemporains. De son côté, le Conseil de sécurité des Nations unies a comptabilisé plus de 36 000 morts civils dans quatorze guerres rien qu’en 2024. Les chiffres changent et font froid dans le dos, mais la logique reste.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-comment-empecher-les-gouvernants-de-nuire"><strong>« Comment empêcher les gouvernants de nuire ? »</strong></h2>



<p>C’est ici que la pensée de Karl Popper retrouve une brûlante actualité. Pour le philosophe, la démocratie ne se définit pas par la promesse abstraite du bonheur collectif — illusion dangereuse — mais par la capacité des citoyens à renverser pacifiquement leurs dirigeants. Là où ce mécanisme disparaît, commence la tyrannie. Autrement dit, la véritable question politique n’est pas « <em>qui doit gouverner ?</em> », mais « <em>comment empêcher les gouvernants de nuire ? </em>». Cette question doit se poser avec acuité dans le monde actuel. L’on ne devrait plus se préoccuper de la personnalité dirigeante, mais plutôt s’assurer du maintien des libertés, du protectionnisme de l’Etat afin que les citoyens disposent permanemment du droit de dire «&nbsp;<em>non</em>&nbsp;», sans déstabiliser l’ordre politique.&nbsp;</p>



<p>Popper insistait sur un point décisif : ceux qui prennent les décisions ne sont presque jamais ceux qui en paient le prix. Si les citoyens étaient réellement associés aux choix majeurs — guerres, sanctions, politiques hostiles — ils hésiteraient davantage à enclencher des processus dont ils seraient les premières victimes. La distance entre décideurs et populations constitue ainsi l’un des moteurs invisibles des conflits modernes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-humanite-est-elle-condamnee-a-repeter-l-histoire"><strong>L’humanité est-elle condamnée à répéter l’histoire</strong></h2>



<p>Autre intuition poppérienne, tout aussi actuelle, c’est la dénonciation des récits simplistes et complotistes. Quand les sociétés refusent d’analyser rationnellement leurs problèmes, elles cherchent des coupables plutôt que des causes. La théorie du complot devient alors une arme politique commode. Elle soude un camp, désigne un ennemi et dispense de toute autocritique. Dans un monde saturé d’informations instantanées, cette tentation n’a jamais été aussi forte.</p>



<p>L’escalade entre Washington, Tel-Aviv et Téhéran n’est donc pas seulement un épisode géopolitique de plus. Elle est le symptôme d’un dérèglement plus profond. L’érosion progressive des garde-fous rationnels qui limitaient autrefois la violence internationale. Quand la diplomatie recule, l’imaginaire guerrier avance.</p>



<p>Reste une question, simple et vertigineuse : l’humanité est-elle condamnée à répéter l’histoire, ou saura-t-elle enfin apprendre d’elle ? Car si le XXe siècle a démontré la capacité des hommes à détruire le monde, le XXIe teste désormais leur volonté — ou leur incapacité — à l’empêcher.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Moscou plutôt que Paris</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Feb 2026 17:21:36 +0000</pubDate>
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<p>La visite de Michaël Randrianirina à Moscou ouvre la voie à une diplomatie africaine plus diversifiée et affirmée.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Le président de transition malgache Michaël Randrianirina a choisi Moscou plutôt que les capitales occidentales, pour cette 1ère sortie à l&rsquo;internationale. Un déplacement hautement politique qui s’inscrit dans la recomposition des influences en Afrique, au moment où la France tente de reprendre pied sur un continent où la concurrence stratégique s’intensifie.</em></strong></p>



<p>Entre drones, coopération énergétique et évocation d’une possible adhésion aux BRICS, la visite de Randrianirina en Russie dépasse largement le cadre bilatéral. Elle symbolise l’affirmation d’une diplomatie africaine plus diversifiée et la montée des rivalités de puissances sur le continent.</p>



<p><em>« Nous sommes ravis de vous annoncer notre détermination à travailler avec la Russie. Nous sommes prêts à entamer une nouvelle ère de coopération et nous pensons que la Russie va beaucoup nous aider dans cette période un peu difficile tant sur le plan politique qu’économique »</em>, a déclaré le président malgache, qui doit se rendre à Paris dans quelques jours. Cette visite de Michaël Randrianirina à Moscou n’a rien d’anodin. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de recomposition des alliances africaines, dans laquelle les États cherchent à élargir leurs marges de manœuvre face aux partenaires traditionnels.</p>



<p>Alors que la France multiplie les initiatives diplomatiques sur le continent — notamment en Afrique du Nord et au Sahel — la visite du dirigeant malgache en Russie est le témoignage de la montée en puissance d’acteurs alternatifs capables d’offrir coopération sécuritaire, énergétique et technologique sans condition politique explicite.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-diplomatie-africaine-plus-autonome"><strong>Une diplomatie africaine plus autonome</strong></h2>



<p>Pour Moscou, ce rapprochement s’inscrit dans une stratégie patiente d’implantation en Afrique, fondée sur des projets concrets — énergie, infrastructures, agriculture — mais aussi sur des instruments d’influence culturelle comme l’ouverture annoncée d’une Maison russe à Antananarivo.</p>



<p>La coopération militaire et les discussions sectorielles relèvent d’une approche globale visant à renforcer l’interdépendance avec des partenaires africains en quête de diversification.</p>



<p>Pour Madagascar, l’enjeu est de multiplier les partenaires afin de réduire la dépendance à un seul pôle d’influence. L’évocation d’une possible adhésion aux BRICS s’inscrit dans cette logique d’intégration à un ordre international plus multipolaire.</p>



<p>Ce positionnement traduit une tendance plus large observée sur le continent. L’affirmation d’États qui cherchent à arbitrer entre puissances concurrentes pour maximiser leurs intérêts économiques et politiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-recul-relatif-de-l-influence-francaise"><strong>Le recul relatif de l’influence française</strong></h2>



<p>Dans ce contexte, la France apparaît confrontée à une érosion progressive de son influence historique, malgré des efforts récents pour relancer sa présence diplomatique. La concurrence de la Russie, mais aussi de la Chine, de la Turquie, des Etats-Unis d’Amérique ou des pays du Golfe, redessine un paysage où Paris n’est plus l’interlocuteur privilégié qu’elle fut longtemps.</p>



<p>La visite de Randrianirina à Moscou illustre finalement une transformation plus profonde.&nbsp; L’Afrique est devenue un espace central de compétition stratégique dans un monde fragmenté.</p>



<p>Entre quête de souveraineté, recherche d’investissements et diversification des alliances, les États africains redéfinissent leurs partenariats selon une logique de pragmatisme, annonçant une ère diplomatique plus fluide — et plus concurrentielle.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>« Aucun Algérien, aucun Africain ne saurait comprendre que l&#8217;Algérie prête son territoire pour agresser un pays africain », le général Tiani. </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Feb 2026 07:43:52 +0000</pubDate>
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<p>La déclaration de Tiani en Algérie met en lumière les relations historiques et la volonté de renforcer la coopération entre les États.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>En visite officielle de deux jours en Algérie, le chef du régime nigérien le général Abdourahamane Tiani a publiquement remercié son homologue Abdelmadjid Tebboune pour son soutien diplomatique, tout en dénonçant les pressions extérieures visant son pays. Au cœur de sa déclaration : une phrase lourde de sous-entendus géopolitiques — « aucun Algérien, aucun Africain ne saurait comprendre que l’Algérie prête son territoire pour agresser un pays africain ». </em></strong></p>



<p>À l’issue de son déplacement des 15 et 16 février 2026, le président nigérien a insisté sur la « <em>fraternité</em> » et les « <em>relations historiques </em>» unissant les deux États. Il a surtout affirmé que cette visite illustrait la volonté commune de renforcer la coopération bilatérale. Sécurité, énergie, transports, commerce ou formation. Une feuille de route qui se veut large et structurante.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-declaration-politique-a-forte-charge-symbolique"><strong>Une déclaration politique à forte charge symbolique</strong></h2>



<p>Parmi les projets cités figurent notamment un chemin de fer transfrontalier, un port sec à Agadez, ou encore des infrastructures sanitaires et éducatives à Zinder et Niamey. Pour Niamey, ces initiatives doivent incarner une coopération « <em>concrète</em> » et durable capable de résister aux tensions internationales.</p>



<p>Mais au-delà des annonces économiques, c’est le message diplomatique qui retient l’attention. Tiani a salué la position d’Alger après le coup d’État du 26 juillet 2023 au Niger. Il a souligné que les autorités algériennes avaient rejeté toute option militaire contre son pays.</p>



<p>Dans une allusion transparente aux débats régionaux ayant suivi la prise de pouvoir des militaires, il a dénoncé les « <em>tentatives néocolonialistes </em>» et les pressions exercées, selon lui, par certaines puissances étrangères et organisations internationales. Sa formule la plus commentée — affirmant qu’aucun Africain ne comprendrait que l’Algérie serve de base pour attaquer un État africain — sonne comme un avertissement adressé aux partisans d’une intervention armée, mais aussi de l’implication quasi-régulière de l’Algerie dans des manoeuvres de déstabilisation du Mali.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-cas-malien-nbsp"><strong>Le cas malien&nbsp;</strong></h2>



<p>Depuis 2024-2025, les autorités de transition maliennes dénoncent le jeu trouble d’Alger,&nbsp; dans le conflit malien. Dans un communiqué publié en janvier 2025, Bamako évoquait « <em>la persistance d’actes d’ingérence </em>» et affirmait que l’Algérie avait offert un soutien logistique à des groupes terroristes. Des dénonciations qu’Alger n’a cessé de rejeter.</p>



<p>Dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, un drone Akıncı appartenant au Mali a été détruit à Tin Zaouatine par les forces de Algérie. Alger affirmait qu’il avait violé son espace aérien. Une version contestée par les autorités maliennes, qui assurent avoir fourni des éléments pour réfuter cette accusation.</p>



<p>Ces propos du président Tiani pourrait également viser la présence sur le territoire algérien de certains opposants politiques maliens qui poursuivent, depuis l’étranger, des activités hostiles à l’État malien.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-sahel-terrain-d-une-recomposition-politique"><strong>Le Sahel, terrain d’une recomposition politique</strong></h2>



<p>Le chef du régime nigérien a inscrit sa visite dans une lecture plus large : celle d’une « <em>page de l’histoire du Sahel</em> » en train de s’écrire. Selon lui, chaque pays devra choisir sa position face aux recompositions régionales, entre alliances sécuritaires, souveraineté nationale et rivalités d’influence.</p>



<p>Dans ce contexte, Alger apparaît pour Niamey comme un partenaire stratégique capable d’offrir à la fois un soutien politique et une profondeur diplomatique. L’Algérie, puissance régionale prudente mais influente, s’est en effet imposée ces dernières années comme un acteur clé des médiations sahéliennes.</p>



<p>En clôturant son allocution, Tiani a insisté sur la nécessité de « <em>ne jamais trahir les aspirations du peuple </em>» et de privilégier le dialogue pour surmonter les tensions régionales. Derrière les remerciements protocolaires, son discours dessine toutefois la ligne politique de consolidation des alliances africaines pour contrer les ingérences extérieures.</p>



<p>Dans un contexte international fragmenté, cette visite et ses déclarations confirment que la bataille d’influence autour du Sahel ne se joue plus seulement sur le terrain militaire ou économique, mais aussi dans l’arène symbolique des discours et des positionnements diplomatiques.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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