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	<title>Archives des Changement climatique au Sahel : défis et enjeux &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des Changement climatique au Sahel : défis et enjeux &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Burkina Faso : Ibrahim Traoré mobilise les citoyens pour reverdir le pays lors de la Journée nationale de l’Arbre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jun 2026 09:18:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>À l’occasion de la 8e Journée nationale de l’Arbre, le président burkinabè Ibrahim Traoré a appelé chaque citoyen à planter et entretenir un arbre. Une initiative placée sous le thème « Ma concession, mon arbre » pour renforcer la résilience environnementale du Burkina Faso.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À l’occasion de la 8e Journée nationale de l’Arbre, le président burkinabè Ibrahim Traoré a appelé chaque citoyen à planter et entretenir un arbre. Une initiative placée sous le thème « Ma concession, mon arbre » pour renforcer la résilience environnementale du Burkina Faso.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Planter un arbre, c&rsquo;est contribuer à la vie de l&rsquo;humanité entière.</em>&nbsp;» C&rsquo;est par ces mots que le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a clôturé son intervention ce samedi, après avoir lui-même mis en terre son arbre à l&rsquo;occasion de la 8e édition de la Journée nationale de l&rsquo;Arbre. Une cérémonie placée, cette année, sous le thème «&nbsp;<em>Ma concession, mon arbre&nbsp;</em>», et à laquelle le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a également pris part en plantant le sien.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un geste présidentiel, un message écologique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du symbole, le chef de l&rsquo;État a tenu à justifier l&rsquo;importance de l&rsquo;acte. «&nbsp;<em>Planter un arbre, c&rsquo;est un acte très important</em>&nbsp;», a-t-il déclaré, énumérant les fonctions vitales de l&rsquo;arbre : nourrir les hommes et les animaux, offrir de l&rsquo;ombrage, assurer l&rsquo;équilibre écologique, embellir l&rsquo;environnement, et soigner les êtres humains comme les animaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est toutefois par une image inattendue que le capitaine Traoré a frappé les esprits, en reliant le sort des arbres à celui des abeilles. Selon lui, les fleurs des arbres nourrissent les abeilles par leur nectar et leur pollen, alors que ces insectes assurent l&rsquo;essentiel de la pollinisation sur Terre. Sa conclusion se voulait sans appel : sans arbres, pas d&rsquo;abeilles ; sans abeilles, plus de nourriture possible pour l&rsquo;humanité. Un raisonnement qui l&rsquo;a conduit à renouveler son appel à chaque Burkinabè à planter et entretenir au moins un arbre, «&nbsp;<em>pour que cet arbre puisse servir l&rsquo;humanité</em>&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Premier ministre relaie l&rsquo;appel présidentiel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À sa suite, le Premier ministre a lui aussi planté son arbre, traduisant en acte l&rsquo;appel lancé par le chef de l&rsquo;État. Pour le chef du gouvernement, le thème retenu cette année, «&nbsp;<em>Ma concession, mon arbre</em>&nbsp;», rappelle que la protection de l&rsquo;environnement commence d&rsquo;abord dans chaque foyer : planter et entretenir un arbre dans sa propre concession relève, selon lui, d&rsquo;une responsabilité à la fois individuelle, familiale, communautaire et intergénérationnelle. Chaque concession, a-t-il insisté, doit devenir un lieu d&rsquo;engagement concret pour un Burkina Faso plus vert, plus sain et plus résilient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Premier ministre a par ailleurs salué la vision du président Traoré, qui place selon lui la reconquête environnementale au cœur même de la construction nationale. Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, la dégradation des terres et les défis liés à la sécurité alimentaire, l&rsquo;arbre est présenté par l&rsquo;exécutif burkinabè comme un allié stratégique pour renforcer la résilience des populations et consolider les bases du développement du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une journée instituée en symbole national</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Célébrée chaque année le 20 juin depuis huit éditions, la Journée nationale de l&rsquo;Arbre s&rsquo;est imposée, au fil du temps, comme un rendez-vous mobilisateur de l&rsquo;agenda environnemental burkinabè, où les plus hautes autorités de l&rsquo;État donnent elles-mêmes le ton en multipliant les gestes symboliques. Reste à savoir si cet élan, porté cette année par un slogan résolument tourné vers l&rsquo;échelle domestique, se traduira par une appropriation durable du geste au sein des foyers burkinabè, dans un pays où la pression sur les ressources naturelles ne cesse de s&rsquo;accentuer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>FIFA et climat : pourquoi la Coupe du monde 2026 pourrait être la plus polluante de l’histoire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Climat et environnement]]></category>
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<p>Un rapport du New Weather Institute accuse la FIFA d’alimenter la crise climatique. La Coupe du monde 2026 pourrait générer plus de 9 millions de tonnes de CO₂, tandis que le partenariat avec Aramco est vivement critiqué.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Un rapport publié en juillet 2025 par le New Weather Institute, en partenariat avec des scientifiques et des ONG environnementales, dresse un réquisitoire sévère contre la FIFA. La Coupe du monde 2026 en Amérique du Nord s&rsquo;annonce comme l&rsquo;événement sportif le plus polluant de l&rsquo;histoire, tandis que le partenariat avec Aramco génèrerait à lui seul plus d&rsquo;émissions que tout le tournoi.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le football est le sport le plus populaire de la planète. Mais selon un rapport accablant publié en juillet 2025 par le&nbsp;<em>New Weather Institute</em>, en collaboration avec&nbsp;<em>Scientists for Global Responsibility, l&rsquo;Environmental Defense Fund&nbsp;</em>et le réseau&nbsp;<em>Cool Down</em>, il pourrait aussi devenir l&rsquo;un des sports les plus dévastateurs pour le climat — du moins si la FIFA maintient la trajectoire qu&rsquo;elle a choisie. Le document, intitulé&nbsp;<em>FIFA&rsquo;s Climate Blind Spot</em>&nbsp;(«&nbsp;<em>L&rsquo;angle mort climatique de la FIFA</em>&nbsp;»), passe au crible les trois prochaines éditions de la Coupe du monde masculine — 2026 en Amérique du Nord, 2030 en Espagne-Portugal-Maroc, 2034 en Arabie saoudite — et conclut à une aggravation systématique de leur empreinte carbone.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le verdict central est sans appel : la Coupe du monde 2026, qui se joue depuis le 11 juin aux États-Unis, au Canada et au Mexique, générera au minimum&nbsp;9 millions de tonnes d&rsquo;équivalent CO₂&nbsp;— soit le double de la moyenne des quatre tournois précédents (2010-2022). Un record absolu pour un événement sportif, qui s&rsquo;explique principalement par l&rsquo;expansion du nombre d&rsquo;équipes, passé de 32 à 48, et les immenses distances séparant les villes hôtes sur un continent de 5 000 kilomètres d&rsquo;est en ouest.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le transport aérien, principal coupable</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport décompose les sources d&rsquo;émissions avec précision. Sur les 9,02 millions de tonnes de CO₂e attribuées au tournoi 2026,&nbsp;7,72 millions proviennent du seul transport aérien&nbsp;— soit quatre fois plus que la moyenne historique. L&rsquo;absence de réseaux ferroviaires à grande vitesse entre les villes hôtes nord-américaines rend l&rsquo;avion incontournable pour les équipes, les officiels, les médias et les millions de supporters. Faute d&rsquo;alternative, l&rsquo;organisation a conçu un «&nbsp;<em>tour climatique de la vulnérabilité</em>&nbsp;» selon les auteurs du rapport, en programmant des matchs dans les zones les plus exposées de l&rsquo;Amérique du Nord pendant leur saison la plus dangereuse — chaleur extrême, ouragans, incendies de forêt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres pourraient même être bien plus élevés. Des recherches scientifiques récentes suggèrent que l&rsquo;effet chauffant des émissions aériennes en haute altitude est trois fois supérieur au seul CO₂. En appliquant ce coefficient, les émissions du tournoi 2026 pourraient atteindre&nbsp;15 millions de tonnes&nbsp;— l&rsquo;équivalent de 3,25 millions de voitures américaines roulant pendant un an.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Aramco, le partenaire qui pèse plus que le tournoi</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport réserve ses critiques les plus vives au partenariat commercial signé entre la FIFA et Aramco, la compagnie pétrolière d&rsquo;État saoudienne, pour la Coupe du monde 2026. Appliquant une méthodologie économique pour calculer les «&nbsp;<em>émissions induites</em>&nbsp;» par la publicité — soit les volumes supplémentaires de carburant fossile consommés grâce à la visibilité accrue du sponsor —, les auteurs estiment que ce seul deal générerait environ&nbsp;30 millions de tonnes de CO₂e, soit plus de trois fois les émissions directes du tournoi lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette conclusion est particulièrement embarrassante au moment où la FIFA prétend mener une politique climatique ambitieuse. Lancée lors de la COP26 en 2021, sa stratégie promettait de réduire de 50 % ses émissions organisationnelles d&rsquo;ici 2030 et d&rsquo;atteindre la neutralité carbone en 2040. Mais selon les auteurs, seules 2 des 18 actions prévues ont été menées à bien, 2 autres n&rsquo;ont enregistré que des progrès limités, et 14 n&rsquo;ont enregistré aucun progrès visible — soit un taux d&rsquo;exécution de 11 % en trois ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Maroc 2030 : un bilan plus favorable, mais fragile</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce tableau sombre, l&rsquo;édition 2030 — dont une partie se jouera au Maroc, en Espagne et au Portugal, avec trois matches symboliques en Amérique du Sud — apparaît comme la moins polluante des trois tournois à venir, avec une empreinte estimée à&nbsp;6,09 millions de tonnes de CO₂e, en hausse de 29 % par rapport à la moyenne historique mais nettement en deçà de 2026 et 2034.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette relative sobriété s&rsquo;explique par plusieurs facteurs : la proximité géographique entre les pays hôtes européens et africains, l&rsquo;hypothèse que les supporters voyageront en surface entre l&rsquo;Espagne, le Portugal et le Maroc, et la construction d&rsquo;un seul nouveau stade — à Casablanca. Pour l&rsquo;Afrique, l&rsquo;organisation de matchs au Maroc représente une occasion historique de positionner le continent comme hôte d&rsquo;un Mondial, dans une configuration qui permet de limiter l&#8217;empreinte carbone. Le rapport ne manque pas de souligner, cependant, que les trois matches en Amérique du Sud ajoutent une dimension intercontinentale dont l&rsquo;impact climatique risque d&rsquo;être sous-estimé.</p>



<figure class="wp-block-table"><div class="pcrstb-wrap"><table class="has-fixed-layout"><thead><tr><td><strong>SOURCE</strong><strong></strong></td><td><strong>2010-22 (MOY.)</strong><strong></strong></td><td><strong>2026 AMÉR. NORD</strong><strong></strong></td><td><strong>2030 ESPAGNE-MAROC</strong><strong></strong></td><td><strong>2034 ARABIE SAOUDITE</strong><strong></strong></td></tr></thead><tbody><tr><td>Transport aérien</td><td>1,82 Mt</td><td><strong>7,72 Mt</strong><strong></strong></td><td>4,78 Mt</td><td>4,75 Mt</td></tr><tr><td>Construction stades</td><td>1,89 Mt</td><td>0,00 Mt</td><td>0,27 Mt</td><td><strong>2,97 Mt</strong><strong></strong></td></tr><tr><td>Autres sources</td><td>1,00 Mt</td><td>1,30 Mt</td><td>1,04 Mt</td><td>0,83 Mt</td></tr><tr><td><strong>Total</strong></td><td><strong>4,71 Mt</strong></td><td><strong>9,02 Mt (+92 %)</strong><strong></strong></td><td><strong>6,09 Mt (+29 %)</strong></td><td><strong>8,55 Mt (+82 %)</strong><strong></strong></td></tr></tbody></table></div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>2034 en Arabie saoudite : le pire encore à venir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le tournoi 2034, attribué à l&rsquo;Arabie saoudite dans des conditions que le rapport qualifie de «&nbsp;<em>processus d&rsquo;appel d&rsquo;offres précipité et opaque</em>&nbsp;», est décrit comme potentiellement le plus controversé de l&rsquo;histoire de la compétition. Avec des températures estivales extrêmes obligeant à programmer les matches en novembre-décembre, et la nécessité de construire&nbsp;11 nouveaux stades, les émissions liées à la construction seront les plus élevées jamais enregistrées pour un Mondial — 2,97 millions de tonnes, dépassant même la moyenne historique toutes sources confondues. Le rapport évoque un risque de «&nbsp;<em>sportswashing</em>&nbsp;» — l&rsquo;utilisation d&rsquo;un événement mondial pour redorer l&rsquo;image d&rsquo;un pays tout en contribuant à la crise climatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les stades en danger : chaleur, inondations, incendies</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des émissions globales, le rapport évalue les risques climatiques spécifiques aux 16 stades de la Coupe du monde 2026 selon trois critères : stress thermique, risque d&rsquo;inondation et exposition aux événements climatiques extrêmes. Le résultat est alarmant : la moitié des enceintes (8 sur 16) nécessitent une intervention environnementale immédiate, et 4 sont classées en «&nbsp;<em>intervention critique&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">NRG Stadium à Houston enregistre l&rsquo;indice WBGT le plus élevé — 28,96 °C en juillet, au-dessus du seuil de 27,78 °C au-delà duquel les médecins sportifs recommandent l&rsquo;arrêt des activités athlétiques. AT&amp;T Stadium à Dallas connaît en moyenne 37 jours par an au-dessus de 35 °C. Hard Rock Stadium à Miami est exposé à un risque d&rsquo;inondation critique et à la saison des ouragans. SoFi Stadium à Los Angeles fait face à la double menace chaleur-incendies de forêt. Pour répondre à ces risques dans les six stades les plus exposés, le rapport chiffre les investissements nécessaires à&nbsp;171 millions de dollars.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que ce rapport dit à l’Afrique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l&rsquo;Afrique, ce rapport est à double lecture. D&rsquo;un côté, il valide le choix du Maroc comme co-hôte 2030 : parmi les trois prochains tournois, c&rsquo;est celui qui génère le moins d&rsquo;émissions, notamment parce que la proximité géographique réduit la dépendance à l&rsquo;avion. De l&rsquo;autre, il soulève une question structurelle : comment le continent africain — qui contribue le moins aux émissions mondiales mais subit de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique — peut-il peser sur la gouvernance d&rsquo;une organisation comme la FIFA pour que ses choix de sites et de format intègrent enfin la réalité climatique ? Le rapport formule des recommandations concrètes : revenir à 32 équipes, abandonner les sponsors pétroliers, abaisser les seuils de capacité des stades pour limiter les nouvelles constructions, et instaurer un cadre de gouvernance climatique contraignant avec des pénalités financières allant jusqu&rsquo;à 50 millions de dollars.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La FIFA, qui dispose d&rsquo;un budget de 11 milliards de dollars pour la période 2023-2026, ne peut invoquer un manque de moyens pour justifier son inaction. Les auteurs du rapport l&rsquo;accusent d&rsquo;un «&nbsp;<em>vide de gouvernance</em>&nbsp;» profond et d&rsquo;une résistance structurelle à toute réforme. En juin 2023, la Commission suisse pour la loyauté avait déjà infligé un «&nbsp;<em>carton rouge</em>&nbsp;» à l&rsquo;organisation pour avoir affirmé que la Coupe du monde 2022 au Qatar était «&nbsp;<em>neutre en carbone</em>&nbsp;» — une affirmation jugée «&nbsp;<em>fausse et trompeuse</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La «&nbsp;<em>belle époque</em>&nbsp;» du football mondial, celle où l&rsquo;on pouvait organiser la fête du ballon sans compter les émissions, est peut-être révolue. La question est de savoir si la FIFA choisira d&rsquo;être à la hauteur de cette réalité — ou si elle continuera, comme ce rapport l&rsquo;accuse de le faire, d&rsquo;alimenter l&rsquo;incendie qu&rsquo;elle prétend éteindre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Pourquoi le Sahel ne pourra pas lutter contre le réchauffement sans réduire le charbon de bois</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Jun 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Au Mali et dans l’ensemble du Sahel, le charbon de bois demeure la principale source d’énergie domestique. Entre déforestation massive, désertification et difficultés de transition énergétique, enquête sur une menace majeure pour le climat et les populations.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Entre alternatives prometteuses et résistances profondes, la filière bois-énergie impose sa loi sur les écosystèmes sahéliens. Une urgence trop longtemps ignorée.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Bamako, à Niamey, à Ouagadougou, chaque matin recommence le même rituel : des femmes allument le feu. Des braises rougeoyantes, une marmite posée sur trois pierres ou dans un fourneau, et ce nuage âcre qui monte vers un ciel déjà trop chaud. Le charbon de bois est partout. Il cuit le riz, réchauffe le thé, fait griller la viande des gargotes de rue. Invisible dans sa banalité, il est pourtant l&rsquo;un des principaux moteurs de la destruction forestière au Sahel — et, avec elle, de la spirale climatique qui menace d&rsquo;engloutir la région tout entière.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une forêt qui recule, une demande qui explose</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres donnent le vertige. Selon la FAO,&nbsp;<a href="https://www.unep.org/fr/actualites-et-recits/recit/six-ans-apres-une-campagne-intensive-de-reboisement-les-pays-africains" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;Afrique subsaharienne perd chaque année environ 3,9 millions d&rsquo;hectares de forêts</a>&nbsp;— soit la superficie d&rsquo;un pays comme la Suisse disparaissant des cartes toutes les douze mois. Au Mali, le&nbsp;<a href="https://saheltribune.com/mali-le-vert-se-meurt/">taux de déforestation</a>&nbsp;annuel est estimé entre 100 000 et 200 000 hectares. Dans cette hémorragie silencieuse, la filière bois-énergie — charbon de bois et bois de chauffe confondus — est responsable de plus de 80 % de la consommation d&rsquo;énergie domestique. Non pas par goût du désastre, mais par nécessité absolue : en l&rsquo;absence d&rsquo;alternatives accessibles et abordables, des millions de familles sahéliennes n&rsquo;ont tout simplement pas d&rsquo;autre choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démographie amplifie la catastrophe. Le Sahel est l&rsquo;une des régions du monde où la population croît le plus vite. D&rsquo;ici 2050,&nbsp;<a href="https://mali.unfpa.org/fr/news/plus-de-50-millions-dhabitants-attendus-en-2050-selon-les-projections-demographiques-du-mali" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le Mali pourrait compter près de 45 millions</a>&nbsp;d&rsquo;habitants, contre 23 millions aujourd&rsquo;hui. Chaque naissance supplémentaire, chaque ménage qui se constitue en périphérie de Bamako, représente une demande de charbon de bois additionnelle. Les forêts, elles, ne poussent pas aussi vite que les hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe est vertigineux : le <a href="https://amzn.to/4eo3Pdz" target="_blank" rel="noreferrer noopener">charbon de bois</a> est à la fois symptôme et cause de la crise climatique sahélienne. La déforestation qu&rsquo;il provoque accélère la désertification, qui réduit les précipitations, qui fragilise l&rsquo;agriculture, qui appauvrit les populations, qui se tournent davantage vers le charbon de bois faute de ressources pour s&rsquo;en affranchir. Un cercle vicieux d&rsquo;une brutalité presque géométrique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une filière hors de tout contrôle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La production de charbon de bois au Sahel est une économie de l&rsquo;informalité totale. Les charbonniers — souvent des paysans sans terre, des migrants internes, des jeunes sans emploi — s&rsquo;enfoncent dans les derniers massifs forestiers avec leurs meules traditionnelles, produisant un charbon dont le&nbsp;<a href="https://www.fao.org/4/y4450f/y4450f05.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rendement énergétique ne dépasse pas 20 à 25 %</a>. Autrement dit, pour produire un sac de charbon, on brûle l&rsquo;équivalent de cinq sacs de bois. L&rsquo;inefficacité est structurelle, systémique, inscrite dans les gestes mêmes de la production.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les États sahéliens ont tenté d&rsquo;encadrer cette filière. Au Mali, des schémas directeurs d&rsquo;approvisionnement en bois (SDAB) ont été élaborés, des marchés ruraux de bois ont été créés pour donner aux communautés villageoises le contrôle de leurs ressources forestières. Sur le papier, la démarche est rationnelle. Sur le terrain, le bilan est mitigé : les marchés ruraux qui fonctionnent restent insuffisants pour endiguer la pression globale, et la chaîne de contrôle se rompt trop souvent faute de moyens humains et financiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut également nommer ce que l&rsquo;on tait trop souvent : le charbon de bois est une filière économique qui fait vivre des centaines de milliers de personnes — producteurs, transporteurs, grossistes, revendeuses. Toute politique de transition énergétique qui ne tient pas compte de cette réalité socioéconomique est condamnée à l&rsquo;échec, ou pire, à produire des injustices supplémentaires contre les plus pauvres.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les alternatives existent. Pourquoi peinent-elles à s&rsquo;imposer ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le gaz butane, d&rsquo;abord. Au Sénégal, des politiques volontaristes de subvention et de diffusion massive des réchauds à gaz ont permis de réduire significativement la dépendance au charbon de bois dans les zones urbaines. La Côte d&rsquo;Ivoire a suivi une trajectoire comparable. Mais au Mali, en raison de l&rsquo;enclavement, de la fragilité des circuits d&rsquo;approvisionnement et des perturbations sécuritaires qui compliquent la logistique, la pénétration du gaz domestique reste insuffisante. Le coût de la bonbonne reste prohibitif pour les ménages les plus vulnérables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les foyers améliorés, ensuite. Ces foyers à combustion optimisée — qui permettent de réduire de 40 à 60 % la consommation de charbon par rapport aux foyers traditionnels — ont fait l&rsquo;objet de nombreux programmes de promotion. Les résultats sont réels, mais limités : les usagères adoptent le foyer amélioré&#8230; puis reviennent parfois au foyer traditionnel, jugé plus polyvalent pour certains types de cuisson. La transition comportementale ne suit pas automatiquement la transition technique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a aussi les combustibles de substitution issus de la biomasse résiduelle : briquettes fabriquées à partir de tiges de coton, de balles de riz, de résidus agricoles. Des initiatives prometteuses ont vu le jour à Ségou, à Mopti, à Sikasso. Des jeunes entrepreneurs sahéliens se lancent dans cette filière verte avec une énergie remarquable. Mais les volumes restent confidentiels face à l&rsquo;immensité de la demande. Le marché du charbon de bois, lui, n&rsquo;attend pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, l&rsquo;énergie solaire. Le photovoltaïque se déploie à grande vitesse au Mali — panneaux sur les toits, kits solaires dans les villages, centrales hybrides financées par des partenaires internationaux. Mais l&rsquo;électricité solaire ne résout pas encore le problème de la cuisson. Les plaques électriques à induction demeurent trop énergivores pour les installations solaires domestiques de base. Des solutions de cuisson solaire existent, mais leur adoption à grande échelle reste un défi que la recherche et l&rsquo;ingénierie n&rsquo;ont pas encore pleinement résolu.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les résistances : économiques, culturelles, politiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parler de «&nbsp;<em>résistances</em>&nbsp;» au sujet du charbon de bois, c&rsquo;est d&rsquo;abord reconnaître que les populations ne sont pas irrationnelles. Elles calculent, comparent, anticipent. Le charbon de bois est disponible partout, à tout moment, en toute quantité. Il peut s&rsquo;acheter à la tasse, à la boîte de conserve, au demi-sac. Cette modularité extraordinaire en fait un carburant parfaitement adapté aux économies de survie, aux budgets journaliers, aux incertitudes des ménages précaires. Aucune alternative n&rsquo;offre, pour l&rsquo;instant, cette flexibilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les résistances sont aussi culturelles. Au Sahel, le charbon de bois n&rsquo;est pas un simple combustible : il est lié à des pratiques culinaires transmises de mère en fille, à des saveurs, à des textures, à des rituels sociaux. La cuisine au feu de bois ou au charbon a une odeur, une dimension sensorielle et mémorielle que le gaz ou l&rsquo;électricité ne reproduisent pas. Cette dimension est souvent négligée par les ingénieurs et les décideurs — mais elle pèse lourd dans les choix réels des ménages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a enfin les résistances politiques. La filière charbon de bois est une économie de rente pour de nombreux intermédiaires — commerçants influents, élus locaux, forces de contrôle aux barrages routiers. Toute réforme sérieuse de cette filière implique de bousculer des intérêts constitués qui disposent de relais politiques. Les États sahéliens, déjà fragilisés par les crises sécuritaires et les transitions institutionnelles, n&rsquo;ont pas toujours les marges de manœuvre pour affronter ces réalités de front.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une transition à réinventer — depuis le bas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le grand échec des politiques de transition énergétique en Afrique sahélienne est d&rsquo;avoir voulu résoudre un problème social par des solutions uniquement techniques. On a distribué des foyers améliorés sans former les femmes à les utiliser. On a promu le gaz sans sécuriser les filières d&rsquo;approvisionnement. On a financé des études sans investir dans les acteurs locaux capables de porter le changement à grande échelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une véritable transition devra partir des femmes — elles qui cuisinent, gèrent les budgets ménagers, et subissent en premier lieu les effets de la fumée sur leur santé. Elle devra intégrer les charbonniers dans la solution, en les reconvertissant en producteurs de biomasse durable ou en gestionnaires de forêts communautaires. Elle devra être subventionnée avec la même générosité que celle qui a permis à d&rsquo;autres pays de réussir leur transition : on ne demande pas aux plus pauvres de payer le prix de la protection climatique que les riches ont omis d&rsquo;assurer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sahel brûle — au sens propre comme au figuré. Ses forêts se consument à petit feu dans des milliers de meules obscures, pendant que ses habitants transpirent sous des chaleurs de plus en plus écrasantes. L&rsquo;urgence n&rsquo;est plus de produire des rapports supplémentaires sur la déforestation : elle est de financer, d&rsquo;accompagner, de réguler et de respecter les communautés sahéliennes dans leur difficile et nécessaire marche vers un autre rapport à l&rsquo;énergie. Avant qu&rsquo;il ne reste plus rien à brûler.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Logement abordable en Afrique : Rabat accueille la 45e Assemblée générale de Shelter Afrique</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Jun 2026 17:45:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Du 9 au 11 juin, Rabat accueille la 45e Assemblée générale de Shelter Afrique. Ministres, investisseurs et urbanistes débattront du financement du logement abordable et du développement de villes africaines durables, inclusives et résilientes.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La capitale marocaine abrite du 9 au 11 juin la 45e Assemblée générale annuelle de la Banque de développement Shelter Afrique, réunissant ministres, investisseurs et urbanistes autour d&rsquo;un défi continental : financer des villes africaines plus vertes, plus inclusives et plus résilientes.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Rabat s&rsquo;apprête à devenir, le temps de trois jours, la capitale africaine du logement et de l&rsquo;urbanisme durable. Le Sofitel Jardin des Roses accueillera du 9 au 11 juin la 45e Assemblée générale annuelle (AGA) de la Banque de développement Shelter Afrique (ShafDB), institution panafricaine dédiée au financement du logement et des infrastructures urbaines sur le continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Placée sous le thème «&nbsp;<em>L&rsquo;avenir des villes : financer un développement urbain inclusif, vert et résilient</em>&nbsp;», la rencontre réunira des délégués des 44 États membres de la banque, ainsi que des représentants d&rsquo;institutions multilatérales, de partenaires de développement et d&rsquo;acteurs du secteur privé. Au programme : un symposium annuel, une table ronde ministérielle, les réunions statutaires de l&rsquo;institution, des visites de terrain et une série d&rsquo;échanges commerciaux centrés sur le financement du logement et la transformation urbaine.&nbsp;<em>« Une plateforme stratégique pour repenser l&rsquo;avenir des villes et renforcer les partenariats qui favoriseront un développement urbain inclusif et résilient à travers le continent. »</em>, a déclaré&nbsp;Thierno Habib Hann, directeur général de la banque Shelter Afrique.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Maroc, vitrine d&rsquo;une transformation urbaine continentale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix de Rabat n&rsquo;est pas anodin. Le Maroc, qui a engagé ces dernières décennies d&rsquo;importants programmes de résorption de l&rsquo;habitat insalubre et de développement de villes nouvelles, entend utiliser ce forum pour partager son modèle. La ministre de l&rsquo;Aménagement du territoire, de l&rsquo;Urbanisme, du Logement et de la Politique de la ville, Fatima-Zahra Mansouri, a insisté sur la volonté du royaume de «&nbsp;<em>partager son expérience en matière de transformation urbaine tout en approfondissant les partenariats qui soutiennent un logement abordable et résilient au changement climatique à travers l&rsquo;Afrique</em>&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Ms.-Fatima-Zahra-Mansouri.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Ms.-Fatima-Zahra-Mansouri-1024x683.jpg" alt="Ms. Fatima-Zahra Mansouri" class="wp-image-22647" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Ms.-Fatima-Zahra-Mansouri-1024x683.jpg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Ms.-Fatima-Zahra-Mansouri-300x200.jpg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Ms.-Fatima-Zahra-Mansouri-768x512.jpg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Ms.-Fatima-Zahra-Mansouri-1536x1024.jpg 1536w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Ms.-Fatima-Zahra-Mansouri-2048x1366.jpg 2048w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Ms.-Fatima-Zahra-Mansouri-1920x1280.jpg 1920w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Ms.-Fatima-Zahra-Mansouri-1170x780.jpg 1170w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Ms.-Fatima-Zahra-Mansouri-585x390.jpg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Ms.-Fatima-Zahra-Mansouri-263x175.jpg 263w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Ms.-Fatima-Zahra-Mansouri-600x400.jpg 600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">ministre de l&rsquo;Aménagement du territoire, de l&rsquo;Urbanisme, du Logement et de la Politique de la ville, Fatima-Zahra Mansouri. </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Cette édition intervient dans un contexte d&rsquo;urbanisation accélérée sur le continent. Selon les projections des Nations unies, l&rsquo;Afrique subsaharienne pourrait abriter près d&rsquo;un milliard de citadins supplémentaires d&rsquo;ici 2050, exerçant une pression considérable sur les infrastructures, le foncier et les services de base. Face à ce défi structurel, ShafDB — fondée en 1981 à Lusaka et dont le siège est à Nairobi — est l&rsquo;un des rares instruments financiers multilatéraux entièrement dédié à cette problématique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quatre leviers de financement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;institution opère à travers quatre lignes d&rsquo;activité complémentaires : le financement des institutions financières partenaires, le financement de projets, les partenariats souverains et public-privé, et la gestion de fonds. Un spectre large qui lui permet d&rsquo;intervenir aussi bien côté offre — promoteurs, constructeurs — que côté demande, en facilitant l&rsquo;accès au crédit immobilier pour les ménages.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Construire avec la terre : Renaissance de l&#8217;architecture en banco comme réponse écologique et culturelle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 09:19:59 +0000</pubDate>
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<p>Au Mali et dans le Sahel, le banco revient au cœur des débats sur l’habitat durable. Écologique, économique et adapté au climat, l’architecture en terre crue apparaît comme une alternative crédible au béton face aux défis environnementaux et urbains.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Deux milliards de personnes vivent encore dans des bâtiments en terre crue. Le ciment, lui, produit chaque année 2,5 milliards de tonnes de CO₂, soit 7 % des émissions mondiales. Au Mali, à Djenné, à Tombouctou, au Burkina Faso et dans tout le Sahel, le banco — cette argile mêlée de paille ou de la bouse de vache — a façonné des cités durant des siècles. Aujourd&rsquo;hui, une génération d&rsquo;architectes, de chercheurs et d&rsquo;artisans tente de redonner à ce matériau sa place légitime. Non pas comme vestige folklorique, mais comme réponse rigoureuse à la double urgence climatique et sociale du XXI</em></strong><strong><em>ᵉ</em></strong><strong><em>&nbsp;siècle.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut commencer par nommer le paradoxe. Dans la ville de Djenné, au cœur du Mali, se dresse le plus grand édifice en terre crue du monde : la Grande Mosquée, inscrite au patrimoine mondial de l&rsquo;UNESCO depuis 1988. Construite initialement au XIIIᵉ&nbsp;siècle, reconstruite en 1907 dans le style soudano-sahélien, elle accueille chaque année le rituel du crépissage — une mobilisation collective de toute la communauté djennékée pour enduire ses murs de banco frais avant la saison des pluies. Ce geste n&rsquo;est pas de la nostalgie : c&rsquo;est de l&rsquo;ingénierie sociale et thermique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, à quelques rues de là, les habitants détruisent leurs maisons en terre pour les reconstruire en parpaings et en ciment. Non par conviction technique, mais par mimétisme social : dans l&rsquo;imaginaire collectif forgé par des décennies de «&nbsp;<em>modernisation</em>&nbsp;», la maison en béton est signe de réussite, et le banco signe de pauvreté. Cette hiérarchie symbolique est l&rsquo;un des obstacles les plus redoutables à surmonter. Elle n&rsquo;est pas irrationnelle — elle est le produit d&rsquo;une histoire coloniale et postcoloniale qui a systématiquement déprécié les savoirs locaux au profit de matériaux importés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le résultat est documenté : l&rsquo;UNESCO signale depuis plusieurs années que <a href="https://africarenewal.un.org/fr/magazine/mali-le-site-des-villes-anciennes-de-djenne-ajoute-la-liste-du-patrimoine-mondial-en-peril" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;introduction du ciment</a>, des briques cuites et des huisseries métalliques dans le tissu ancien de Djenné altère l&rsquo;authenticité du site classé, et accélère la dégradation des structures traditionnelles en modifiant leurs propriétés hygrothermiques d&rsquo;origine.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que la science dit du banco : des chiffres, pas des mythes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;architecture en terre crue n&rsquo;est pas qu&rsquo;une affaire d&rsquo;esthétique ou d&rsquo;identité. Elle est d&rsquo;abord une technique aux performances mesurables, documentées par la recherche contemporaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Première propriété fondamentale : l&rsquo;inertie thermique. Les murs en banco présentent un déphasage thermique de 10 à 12 heures — ce qui signifie que la chaleur absorbée en journée n&rsquo;est restituée vers l&rsquo;intérieur que la nuit, quand les températures extérieures ont baissé. Dans un climat sahélien où <a href="https://www.jle.com/en/revues/sec/e-docs/les_parcours_du_sahel_270087/article.phtml%60" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les écarts jour/nuit peuvent dépasser 20 °C</a>, cette propriété est capitale. Elle permet de maintenir une température intérieure stable sans aucune énergie mécanique — sans climatiseur, sans ventilateur, sans générateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième propriété : le bilan carbone. Selon les données disponibles sur les matériaux de construction, la production d&rsquo;une tonne de ciment Portland génère entre 800 kilos et une tonne de CO₂. L&rsquo;industrie cimentière mondiale est responsable d&rsquo;environ <a href="https://www.ecocemglobal.com/wp-content/uploads/2023/03/FR-06445-Ecocem-%E2%80%93-State-of-the-Cement-Nation-Report-V8_FR.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">2,5 milliards de tonnes de CO₂ par an</a>, soit 7 % des émissions mondiales — un chiffre comparable à celui de l&rsquo;aviation internationale. La terre crue, elle, ne subit aucune cuisson, aucune transformation chimique énergivore. Son énergie grise — c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;énergie nécessaire à sa production — est jusqu&rsquo;à dix fois inférieure à celle des briques cuites, et radicalement moindre que celle du béton armé, selon des experts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième propriété : la réversibilité. Un mur en banco peut, en fin de vie, retourner à la terre. Il n&rsquo;existe pas de déchet inerte, pas de gravat non recyclable. Dans un continent africain qui devra construire des millions de logements dans les prochaines décennies pour absorber une urbanisation sans précédent — <a href="https://unhabitat.org/topic/housing" target="_blank" rel="noreferrer noopener">UN-Habitat</a> évaluait en 2016 le besoin à 90 000 logements par jour d&rsquo;ici 2030 pour 3 milliards de personnes mal logées — la question du coût environnemental des matériaux n&rsquo;est pas secondaire. Elle est centrale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Djenné, Tombouctou, le Sahel : un patrimoine vivant sous pression</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali concentre quelques-uns des monuments en terre les plus importants au monde. Outre la Grande Mosquée de Djenné — le plus grand édifice en adobe du monde —, la ville <a href="https://whc.unesco.org/fr/actualites/1520" target="_blank" rel="noreferrer noopener">abrite plus de 2 000 maisons traditionnelles</a>, toutes inscrites au patrimoine mondial de l&rsquo;UNESCO. À Tombouctou, la mosquée Djingareyber, construite au XIVᵉ siècle, est la plus vieille construction en terre d&rsquo;Afrique subsaharienne encore debout. Ces monuments ne sont pas des musées : ils sont des preuves vivantes de la durabilité d&rsquo;une technique constructive quand elle est correctement entretenue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="https://the.akdn/en/how-we-work/our-agencies/aga-khan-trust-culture" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L&rsquo;Aga Khan Trust for Culture</a></em> (AKTC), qui intervient à Djenné depuis 2006, a conduit une restauration complète de la Grande Mosquée après avoir constaté que des décennies de surcrépissage avaient accumulé plus de 500 tonnes de banco sur la toiture, fragilisant l&rsquo;ensemble de la structure. Cette intervention illustre une leçon essentielle : l&rsquo;architecture en terre n&rsquo;est pas une technique passive. Elle exige un entretien régulier, des savoir-faire transmis, une organisation communautaire. C&rsquo;est précisément là que réside sa dimension culturelle irremplaçable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le banco n&rsquo;est pas seulement un matériau de construction — il est un vecteur de cohésion sociale. Le crépissage annuel de la mosquée de Djenné est un événement culturel qui mobilise l&rsquo;ensemble de la communauté, transmet les techniques aux jeunes générations, et réaffirme collectivement l&rsquo;appartenance à un lieu et à une histoire. Cet aspect — difficile à quantifier dans une feuille de calcul carbone — est pourtant l&rsquo;une des ressources les plus précieuses que l&rsquo;architecture en banco peut offrir à des sociétés sahéliennes traversées par les fractures de la modernité.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La renaissance est en marche — mais elle se bat contre des vents contraires</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis quelques années, un écosystème d&rsquo;acteurs travaille à réhabiliter l&rsquo;architecture en terre crue comme option sérieuse pour la construction contemporaine au Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Bamako, l&rsquo;École supérieure d&rsquo;ingénierie, d&rsquo;architecture et d&rsquo;urbanisme (<a href="https://legrandfrere.africa/etablissement/esiau/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ESIAU</a>) porte le réseau <a href="https://www.factsahelplus.com/le-reseau" target="_blank" rel="noreferrer noopener">FACT Sahel+,</a> un forum qui fédère architectes, maçons, ingénieurs et chercheurs du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Bénin et au-delà. </p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;échelle internationale, le <a href="https://amaco.org/terra-award-premier-prix-mondial-des-architectures-contemporaines-terre-crue/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">TERRA Award</a> — premier prix mondial des architectures contemporaines en terre crue, lancé en 2016 sous l&rsquo;égide de la chaire UNESCO « <em>Architectures de terre, cultures constructives et développement durable</em> », portée par le laboratoire CRAterre de l&rsquo;ENSAG — a déjà récompensé des réalisations sahéliennes et démontré que l&rsquo;architecture en banco peut être à la fois rigoureuse, esthétique et économiquement accessible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces initiatives se heurtent cependant à des obstacles structurels considérables. Les normes de construction en vigueur dans la plupart des pays sahéliens ont été conçues pour le béton armé : elles ignorent ou pénalisent les matériaux locaux. Les bailleurs de fonds internationaux — banques de développement, agences d&rsquo;aide bilatérale — financent plus volontiers du béton «&nbsp;<em>standardisé</em>&nbsp;» que de la terre «&nbsp;<em>vernaculaire</em>&nbsp;». Et les architectes formés dans des écoles aux références occidentales manquent souvent des compétences techniques spécifiques à la construction en terre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce qu&rsquo;il faut faire : une politique, pas une nostalgie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La renaissance du banco ne peut pas reposer sur la seule bonne volonté des militants de l&rsquo;architecture durable. Elle nécessite des décisions politiques claires, à plusieurs niveaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier impératif est normatif. Les États malien, burkinabè, nigérien et leurs voisins doivent adapter leurs codes de construction pour intégrer les matériaux locaux — banco, brique de terre compressée (BTC), pisé — avec des normes de mise en œuvre claires et des exigences de formation adaptées. Sans reconnaissance légale, les artisans et architectes qui choisissent la terre restent dans un vide juridique pénalisant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième impératif est éducatif. L&rsquo;architecture en terre doit entrer dans les cursus des écoles d&rsquo;architecture et d&rsquo;ingénierie du Sahel — non pas comme module optionnel exotique, mais comme compétence fondamentale. L&rsquo;expérience de l&rsquo;ESIAU et du réseau FACT Sahel+ montre que la demande existe chez les étudiants. Il manque des ressources pédagogiques, des équipements, et une reconnaissance institutionnelle de ces formations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième impératif est financier. Les programmes d&rsquo;aide au logement, qu&rsquo;ils émanent des États ou des bailleurs internationaux, doivent intégrer des critères favorisant les matériaux locaux à faible empreinte carbone. Dans un contexte où le continent africain va devoir construire massivement pour loger une population en forte croissance, orienter ces flux financiers vers des filières locales de construction en terre est à la fois un choix climatique et un choix de développement économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le quatrième impératif, souvent négligé, est symbolique. Tant que la maison en banco sera perçue comme signe de pauvreté et le parpaing comme signe de réussite, les campagnes techniques échoueront. Changer cette perception suppose un travail de longue haleine — dans les médias, dans les programmes scolaires, dans l&rsquo;architecture des équipements publics. Lorsqu&rsquo;une mairie, une école ou un dispensaire est construit en banco de qualité, avec un soin architectural visible, le message est puissant : ce matériau est digne, il est contemporain, il est nôtre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La terre n&rsquo;est pas un retour en arrière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait naïf de prétendre que le banco seul peut répondre à tous les besoins de construction du Sahel contemporain. Les villes croissent trop vite, les programmes sont trop massifs, les contraintes trop diverses. L&rsquo;enjeu n&rsquo;est pas de remplacer le ciment par la terre de manière idéologique, mais d&rsquo;intégrer la terre crue dans une palette de matériaux raisonnée — là où ses performances thermiques, son coût, sa disponibilité locale et sa dimension culturelle en font le meilleur choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce choix est déjà celui de près de deux milliards d&rsquo;êtres humains sur la planète. Il est celui de civilisations sahéliennes qui ont bâti des cités entières, des mosquées millénaires, des greniers centenaires avec cette argile modeste et généreuse. La science du XXIᵉ&nbsp;siècle ne fait que confirmer ce que les maçons de Djenné savaient depuis longtemps : la terre est un matériau intelligent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie question n&rsquo;est pas de savoir si l&rsquo;architecture en banco est capable de répondre aux défis du présent. Elle l&rsquo;est. La vraie question est de savoir si nos politiques, nos institutions et nos imaginaires collectifs sont capables de lui faire confiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Changement climatique au Sahel : comment sécheresse et désertification accélèrent l’exode rural</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Sécheresses, désertification et baisse des récoltes accélèrent l’exode rural au Sahel. Au Mali, le changement climatique fragilise agriculture, élevage et stabilité des communautés rurales.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Hausse des températures, sécheresses à répétition, terres qui se stérilisent : dans le Sahel, le dérèglement climatique n&rsquo;est pas une abstraction. C&rsquo;est une réalité quotidienne qui vide des villages, épuise des éleveurs et pousse des familles entières sur les routes. Derrière les chiffres de la migration au Sahel, il y a des visages, des choix impossibles — et une urgence que le monde peine encore à mesurer à sa juste échelle.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la région de Mopti, au cœur du Mali, les observations accumulées sur trente ans racontent une même histoire : <a href="https://saheltribune.com/bamako-quand-les-vagues-de-chaleur-urbaines-deviennent-une-urgence-de-sante-publique/">les températures montent</a>, les pluies se raréfient, le calendrier agricole se dérègle. Pour les agriculteurs de subsistance, qui dépendent presque entièrement des précipitations pour leurs récoltes, chaque saison est désormais un pari sur l&rsquo;avenir. L&rsquo;agriculture malienne est essentiellement pluviale, ce qui la rend structurellement vulnérable au moindre écart climatique. Les études scientifiques confirment que le dérèglement climatique a un effet globalement négatif sur les rendements céréaliers du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les éleveurs, la situation est tout aussi critique. Dans les vastes plaines de savane du centre Mali, la <a href="https://saheltribune.com/climat-la-terre-sort-de-lequilibre-et-nous-avec/">sécheresse menace chaque année un cheptel </a>qui s&rsquo;amaigrit. Les pâturages se réduisent, les points d&rsquo;eau disparaissent, forçant les pasteurs à abandonner leurs routes de transhumance traditionnelles pour se sédentariser ou migrer. Un mouvement qui crée à son tour de nouvelles tensions avec les agriculteurs pour l&rsquo;accès aux terres et aux ressources en eau. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des chiffres qui donnent le vertige</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le&nbsp;<a href="https://www.internal-displacement.org/global-report/grid2023/#french">rapport 2023 de l&rsquo;Observatoire des situations de déplacement interne</a>&nbsp;(IDMC) révèle que les catastrophes naturelles ont multiplié par six le nombre de déplacés internes en Afrique en l&rsquo;espace de quatorze ans seulement : de 1,1 million en 2009 à 6,3 millions en 2023. Sur ce total, les inondations causent plus de 75 % des déplacements, tandis que les sécheresses en sont responsables d&rsquo;environ 11 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;échelle du continent, les projections des Nations Unies tracent un tableau sombre : dans le scénario le plus pessimiste — celui où aucune politique climatique ni de développement sérieux n&rsquo;est engagée — près de 86 millions de personnes pourraient être déplacées en Afrique subsaharienne d&rsquo;ici 2050. Pour la seule Afrique de l&rsquo;Ouest, le&nbsp;<a href="https://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2021/09/13/climate-change-could-force-216-million-people-to-migrate-within-their-own-countries-by-2050">rapport Groundswell de la Banque mondiale</a>&nbsp;estime à 32 millions le nombre de migrants internes potentiels d&rsquo;ici cette même échéance, sous l&rsquo;effet conjugué de la pénurie d&rsquo;eau, de la baisse des récoltes et de la dégradation des écosystèmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>L&rsquo;intensité et la fréquence des événements climatiques extrêmes augmentent à un rythme inquiétant. Ces perturbations, ajoutant aux vulnérabilités existantes, affaiblissent les infrastructures critiques et réduisent les ressources naturelles dans les régions les plus vulnérables.</em>&nbsp;», note le GIEC, dans son&nbsp;<a href="https://calenda.org/1255702?file=1">Rapport 2021</a>.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La désertification, ennemie silencieuse des campagnes sahéliennes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au Sahel, un habitant sur quatre est touché par la sous-alimentation, en partie en raison de la désertification qui annule les gains de croissance agricole. Au Mali, la pression est particulièrement forte : chaque année, environ 4 000 kilomètres carrés de couverture forestière disparaissent pour répondre aux besoins en bois de chauffage et en combustible d&rsquo;une population en forte croissance. Cette déforestation accélère l&rsquo;érosion des sols et réduit mécaniquement les terres cultivables disponibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la région de Mopti et dans le delta intérieur du Niger, le <a href="https://saheltribune.com/rechauffement-climatique-pourquoi-leurope-devient-lepicentre-des-extremes-climatiques/">changement climatique</a> a profondément reconfiguré les équilibres entre agriculture et élevage. Les éleveurs, contraints de se sédentariser, entrent en compétition directe avec les agriculteurs pour des ressources de plus en plus rares. Ce stress sur les ressources naturelles génère des tensions communautaires qui, dans certaines zones, dégénèrent en conflits — ajoutant une dimension sécuritaire à une crise d&rsquo;abord environnementale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, les inondations en Afrique de l&rsquo;Ouest ont affecté 960 000 hectares de terres cultivées et provoqué la perte de 128 000 têtes de bétail, selon le&nbsp;<a href="https://africacenter.org/fr/spotlight/des-niveaux-sans-precedent-dinondations-en-afrique/">Bureau de coordination des affaires humanitaires de l&rsquo;ONU</a>. Un désastre agricole silencieux qui alimente directement les flux migratoires.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une migration qui prend plusieurs visages</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Traditionnellement, les populations rurales du Sahel pratiquaient une mobilité saisonnière : quitter le village pendant la saison sèche pour trouver un emploi en ville ou dans les champs irrigués, puis revenir à la saison des pluies pour cultiver. Le dérèglement climatique allonge et aggrave ces saisons sèches, transformant des départs temporaires en ruptures définitives. Ce glissement du provisoire vers le permanent est au cœur du changement en cours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les zones les plus touchées par la dégradation climatique et l&rsquo;instabilité, la migration n&rsquo;est plus un choix mais une contrainte. Des familles quittent leurs villages non par ambition mais par nécessité absolue, sans ressources ni réseau dans les villes d&rsquo;accueil. Le HCR souligne que ces populations déracinées sont particulièrement exposées à de nouveaux risques en milieu urbain, notamment l&rsquo;exploitation et la violence — avec une vulnérabilité accrue pour les femmes et les jeunes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que font le Mali et ses partenaires pour répondre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette urgence, les réponses se structurent progressivement. L&rsquo;Organisation internationale pour les migrations (OIM), en partenariat avec le gouvernement malien et l&rsquo;Ambassade de Belgique, a lancé une&nbsp;<a href="https://mali.iom.int/news/mali-une-initiative-pilote-est-lancee-pour-renforcer-la-resilience-des-populations-confrontees-aux-defis-de-la-migration-et-du-changement-climatique-dans-six-etats-du-sahel">initiative régionale dédiée au nexus environnement-migration</a>, pour mieux documenter les déplacements liés au climat et renforcer la résilience des populations concernées au Mali et dans cinq autres pays du Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le terrain, des programmes de restauration des terres agricoles sont engagés. Au Mali, la restauration des berges du fleuve Niger dans la commune de Méguétan illustre cette approche : stabiliser les sols, prévenir l&rsquo;érosion et améliorer la qualité des ressources en eau pour rendre les zones rurales à nouveau viables. Ces actions locales, menées en concertation directe avec les communautés, représentent le type d&rsquo;intervention à la fois le plus concret et le plus durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Grande Muraille Verte — ce projet continental de reforestation qui traverse le Sahel d&rsquo;est en ouest — demeure l&rsquo;ambition la plus symbolique. Lente à se concrétiser, elle incarne néanmoins une vision : celle d&rsquo;un Sahel qui résiste à la désertification par la végétalisation et la restauration des écosystèmes dégradés, ancrant durablement les populations sur leurs terres.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une crise globale, une responsabilité partagée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait injuste — et inexact — de réduire l&rsquo;exode rural au Sahel à un seul facteur. Mais le changement climatique en est désormais l&rsquo;un des moteurs les plus puissants et les plus structurels. Plus grave encore : le Sahel contribue marginalement aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais supporte une part disproportionnée des conséquences. Les pays sahéliens consacrent déjà 2 à 9 % de leur budget à la lutte contre les effets des phénomènes climatiques extrêmes — des ressources précieuses soustraites à l&rsquo;éducation, la santé et le développement rural.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette équation fondamentalement inégale alimente une demande légitime des États africains pour des mécanismes de financement climatique à la hauteur des dommages subis. Le Mali et ses voisins sahéliens ne demandent pas la charité — ils réclament justice climatique et solidarité internationale dans une crise qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas créée mais qu&rsquo;ils subissent de plein fouet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le changement climatique est désormais un moteur central de l&rsquo;exode rural au Sahel. Sécheresses prolongées, désertification, érosion des sols et compétition pour des ressources naturelles de plus en plus rares : ces dynamiques environnementales poussent des millions de personnes hors de leurs terres. Pourtant, des solutions existent — restauration des écosystèmes, soutien à l&rsquo;agriculture résiliente, financement climatique juste — à condition que la communauté internationale soit à la hauteur d&rsquo;une responsabilité qu&rsquo;elle porte largement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Bamako : Quand les vagues de chaleur urbaines deviennent une urgence de santé publique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 08:51:00 +0000</pubDate>
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<p>À Bamako, les températures extrêmes dépassant 45 °C aggravent les risques sanitaires, les coupures d’électricité et les inégalités. La chaleur urbaine devient une urgence de santé publique au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En avril 2024, Bamako a enregistré des températures dépassant 45 °C pendant plusieurs jours consécutifs. Ce record n&rsquo;était pas une anomalie : c&rsquo;est le nouveau visage d&rsquo;une capitale sahélienne transformée en four urbain. Entre béton surchauffé, délestages électriques et système de santé sous tension, la chaleur extrême est désormais une menace silencieuse qui tue — et que les politiques publiques ignorent encore trop souvent.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il fut un temps où la saison chaude au Mali était une contrainte connue, gérée par des architectures adaptées, des rythmes de vie ralentis et une végétation qui offrait ombre et fraîcheur. Ce temps est révolu. Selon les données de Mali Météo et des stations de <a href="https://www.bbc.com/afrique/region-68846671" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;Organisation météorologique mondiale</a> (OMM), Bamako a connu au cours des dix dernières années une augmentation moyenne de 1,5 °C de ses températures maximales en saison sèche — soit un rythme deux fois supérieur à la moyenne mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En mai 2026, période qui charrie généralement des promesses de pluie, le Niger, le Mali et le Burkina Faso — pays réunis au sein de la Confédération des États du sahel (AES) — ont subi des <a href="https://www.jeuneafrique.com/1796333/societe/le-sahel-etouffe-sous-la-canicule/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">pics de chaleur</a>, avec, par endroits, 45 degrés Celsius, voire 47°.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une ville qui brûle : les faits</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la température seule ne dit pas tout. C&rsquo;est l&rsquo;effet combiné de la chaleur et de l&rsquo;humidité — mesuré par l&rsquo;indice de chaleur ressentie — qui constitue la véritable menace sanitaire. À Bamako, lors des pics de mars à juin, la chaleur ressentie peut dépasser 50 °C dans les quartiers populaires densément bâtis comme Banconi, Magnambougou ou Sotuba. Dans ces zones, les toits en tôle transforment les habitations en véritables étuves après le coucher du soleil, privant des milliers de familles d&rsquo;un sommeil réparateur — condition pourtant essentielle à la récupération physiologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cela s&rsquo;ajoute le <a href="https://www.notre-planete.info/terre/climatologie_meteo/ilot-chaleur-urbain.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">phénomène d&rsquo;îlot de chaleur urbain</a> (ICU), bien documenté dans les métropoles du Sud global. Bamako, dont la population a été multipliée par cinq en trente ans pour atteindre plus de 3,5 millions d&rsquo;habitants, illustre ce phénomène avec une acuité particulière : l&rsquo;imperméabilisation des sols, la disparition du couvert végétal, la multiplication des surfaces réfléchissantes et la chaleur rejetée par les générateurs électriques créent un différentiel de température pouvant atteindre 6 à 8 °C entre le centre-ville et les zones périurbaines encore boisées.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un fardeau sanitaire invisible</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La chaleur extrême est le tueur climatique le plus meurtrier au monde, devant les inondations et les cyclones. Pourtant, elle est aussi le moins visible : elle ne laisse pas de décombres, ne fait pas de «&nbsp;<em>une</em>&nbsp;» spectaculaire. Ses victimes meurent d&rsquo;insuffisance cardiaque, de déshydratation sévère, d&rsquo;aggravation de maladies chroniques — des causes de décès qui ne figurent jamais dans les registres sous la rubrique «&nbsp;<em>vague de chaleur</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, les données épidémiologiques sur la mortalité liée à la chaleur sont quasi inexistantes — et c&rsquo;est précisément là que réside le premier problème. Sans mesure, pas de mobilisation. Quelques études menées au niveau régional par l&rsquo;Organisation mondiale de la santé (OMS) et des universités africaines commencent toutefois à établir des <a href="https://files.aho.afro.who.int/afahobckpcontainer/production/files/iAHO_Climate_change_in_health_Fact_Sheet-April_2024_French.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">corrélations troublantes</a> : dans les grandes villes sahéliennes, les semaines de chaleur extrême sont systématiquement associées à une surmortalité significative, notamment chez les nourrissons, les personnes âgées et les travailleurs du secteur informel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Bamako, ces derniers représentent la grande majorité de la population active : vendeurs de rue, maçons, mécaniciens, porteurs des marchés. Ces travailleurs passent dix à douze heures par jour en plein soleil, sans protection, sans accès à l&rsquo;eau potable en quantité suffisante, sans couverture maladie. Lorsque la chaleur frappe, ils n&rsquo;ont pas le luxe de «&nbsp;<em>rester chez soi</em>&nbsp;». Leur corps paie le prix d&rsquo;une économie qui n&rsquo;a pas prévu l&rsquo;urgence climatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;aggravation systémique : énergie, eau, inégalités</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La chaleur extrême ne frappe pas au hasard. Elle frappe les pauvres. À Bamako, les délestages électriques — qui peuvent atteindre huit à douze heures par jour durant les pics de consommation estivale — privent de climatisation ceux qui en possèdent, et de réfrigération ceux qui conservent nourriture et médicaments. Les climatiseurs eux-mêmes, accessibles à une minorité, aggravent localement l&rsquo;effet d&rsquo;îlot de chaleur en rejetant de l&rsquo;air chaud vers les rues.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://saheltribune.com/au-mali-les-forages-changent-le-quotidien-des-populations-rurales/">L&rsquo;eau potable </a>constitue un autre point de rupture. La chaleur accroît les besoins en hydratation au moment précis où les nappes phréatiques sont les plus basses et où la pression dans le réseau de distribution chute. Dans de nombreux quartiers périphériques, les habitants — souvent des femmes et des enfants — parcourent de longues distances pour s&rsquo;approvisionner. Cette eau, lorsqu&rsquo;elle est stockée dans des récipients exposés au soleil, atteint des températures incompatibles avec la sécurité alimentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les établissements de santé eux-mêmes ne sont pas épargnés. Plusieurs hôpitaux et centres de santé communautaires de Bamako fonctionnent sans climatisation dans les salles d&rsquo;hospitalisation. Les médicaments thermosensibles — vaccins, insuline, solutés — sont régulièrement exposés à des températures dépassant les seuils de conservation. La chaleur fragilise donc non seulement les patients, mais aussi l&rsquo;appareil de soins censé les prendre en charge.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que les villes africaines peuvent faire — et ne font pas assez</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ce tableau, le fatalisme serait une erreur autant qu&rsquo;une faute. Des solutions existent, éprouvées à des latitudes comparables, adaptables au contexte sahélien. Le premier impératif est celui de la connaissance : il est urgent de mettre en place des systèmes de surveillance épidémiologique sensibles à la chaleur, capables de détecter en temps réel les pics de mortalité et de morbidité liés aux températures. Sans données, aucune politique cohérente n&rsquo;est possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième champ d&rsquo;action est urbanistique. La végétalisation urbaine — toitures végétalisées, alignements d&rsquo;arbres, parcs de quartier — est l&rsquo;un des leviers les plus efficaces et les moins coûteux pour lutter contre l&rsquo;effet d&rsquo;îlot de chaleur. Des villes comme <a href="https://www.bbc.com/future/article/20230922-how-medellin-is-beating-the-heat-with-green-corridors" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Medellín</a> en Colombie ou Ahmedabad en Inde ont démontré qu&rsquo;une augmentation de <a href="https://www.c40knowledgehub.org/s/article/Cities100-Medellin-s-interconnected-green-corridors?language=en_US" target="_blank" rel="noreferrer noopener">10 % du couvert végétal</a> pouvait réduire la température locale de 2 à 3 °C. À Bamako, la disparition progressive des grands arbres des boulevards au profit du bitume est une régression qu&rsquo;il faut inverser en urgence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième levier est celui de l&rsquo;architecture bioclimatique. Les constructions traditionnelles maliennes et sahéliennes — en banco, à ventilation naturelle, orientées pour capter les brises — étaient des réponses intelligentes au climat. La pression démographique et l&rsquo;imitation de modèles constructifs inadaptés ont marginalisé ce savoir. Il est temps de le réhabiliter, en l&rsquo;intégrant aux normes de construction et aux programmes de formation des professionnels du bâtiment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, des plans d&rsquo;action chaleur, sur le modèle de ceux mis en place après la <a href="https://www.atachcommunity.com/our-impact/case-studies/saving-lives-through-a-heat-health-action-plan-in-india/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">canicule européenne de 2003</a> ou en Inde après la <a href="https://assets.publishing.service.gov.uk/media/57a08984e5274a27b2000105/CDKN-Ahmedabad-Paper.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">catastrophe d&rsquo;Ahmedabad en 2010</a>, doivent être élaborés et financés au niveau municipal. Ces plans prévoient des espaces de rafraîchissement accessibles à tous, des protocoles d&rsquo;alerte précoce, des cellules de crise sanitaire et la prise en charge prioritaire des populations vulnérables lors des pics thermiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La responsabilité des États et de la communauté internationale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali et les pays du Sahel portent une responsabilité infime dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre — moins de 0,1 % pour le Mali. Et pourtant, ils figurent parmi les nations les plus exposées aux conséquences du dérèglement climatique. Cette injustice fondamentale doit être au cœur des négociations climatiques internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les fonds d&rsquo;adaptation climatique — Fonds vert pour le climat, Fonds d&rsquo;adaptation, mécanisme de pertes et dommages acté à la COP27 — doivent être mobilisés de façon bien plus ambitieuse pour financer des infrastructures de résilience thermique en Afrique subsaharienne. Les montants engagés restent dérisoires au regard des besoins. Et les procédures d&rsquo;accès, souvent conçues pour des États dotés d&rsquo;une administration rodée aux standards internationaux, excluent de facto les pays les plus fragiles — ceux-là mêmes qui en ont le plus besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les gouvernements africains, de leur côté, doivent cesser de traiter la <a href="https://saheltribune.com/climat-la-terre-sort-de-lequilibre-et-nous-avec/">chaleur extrême</a> comme un problème météorologique et non comme un enjeu de santé publique et de sécurité nationale. Cela implique des budgets dédiés, des institutions compétentes, des plans d&rsquo;urbanisme contraignants et, surtout, une volonté politique de protéger en priorité les populations les plus vulnérables plutôt que de multiplier les climatiseurs dans les bureaux de l&rsquo;administration.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Nommer le problème pour le résoudre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bamako qui brûle n&rsquo;est pas une métaphore. C&rsquo;est une réalité physiologique vécue chaque jour par des millions de personnes dont les corps — les corps des pauvres, des enfants, des vieux — absorbent les conséquences d&rsquo;un monde qui se réchauffe trop vite. La chaleur extrême est une urgence de santé publique. Elle mérite d&rsquo;être traitée comme telle : avec des données, des ressources, des plans d&rsquo;action et, avant tout, une reconnaissance politique à la hauteur de la menace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sahel ne peut pas attendre que le reste du monde finisse de débattre. Les corps des Bamakois n&rsquo;attendent pas. Les politiques publiques, elles, doivent enfin prendre la mesure de l&rsquo;urgence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Crise pétrolière et électromobilité : pourquoi l’Afrique mise sur les motos électriques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 09:02:34 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Climat et environnement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le rapport 2026 de l’AIE révèle une transition électrique mondiale à deux vitesses : tandis que l’Europe mise sur les voitures électriques, l’Afrique accélère avec motos, scooters et tricycles électriques, notamment au Kenya et en Ouganda.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le nouveau rapport de l&rsquo;AIE sur les véhicules électriques, rendu public ce mercredi 20 mai 2026, révèle une fracture mondiale invisible dans les grands titres&nbsp;: ce sont les deux-roues et trois-roues électriques qui portent la transition dans les pays du Sud, pas la voiture. Un modèle africain émerge, discret mais puissant.</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a deux récits dans le <a href="https://iea.blob.core.windows.net/assets/d159b304-53b2-432a-b43f-b760dddb7cf2/GlobalEVOutlook2026.pdf">rapport que l&rsquo;Agence internationale de l&rsquo;énergie </a>(AIE) a rendu public ce mercredi. Le premier, celui qui occupe les unes des journaux occidentaux : les ventes mondiales de voitures électriques ont dépassé les 20 millions d&rsquo;unités en 2025, représentant un quart du marché automobile mondial. L&rsquo;Europe accélère, la Chine domine, les États-Unis tergiversent. Fascinant, certes. Mais il y a un deuxième récit, nettement plus africain, enfoui dans les chapitres du rapport : celui des deux-roues et des trois-roues électriques, qui progressent à une vitesse vertigineuse là où la voiture reste un luxe inaccessible.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-3.png"><img decoding="async" width="1024" height="155" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-3-1024x155.png" alt="" class="wp-image-22454" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-3-1024x155.png 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-3-300x45.png 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-3-768x116.png 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-3-1170x177.png 1170w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-3-585x89.png 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-3-600x91.png 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-3.png 1454w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En Afrique, les ventes de <a href="http://Mali : repenser règles et comportements face à la montée de l’électrique">deux-roues électriques</a> ont atteint environ 70 000 unités en 2025. Le chiffre peut sembler modeste. Il représente pourtant plus de 80 fois le niveau du début de la décennie. C&rsquo;est une explosion, silencieuse, qui suit une logique implacable : là où les revenus sont faibles, c&rsquo;est la moto, le tricycle et le scooter qui assurent la mobilité quotidienne — pas la berline familiale. La transition électrique, pour des millions d&rsquo;Africains, ne ressemble pas à l&rsquo;achat d&rsquo;un véhicule neuf dans une concession. Elle ressemble à un conducteur de boda-boda à Kampala qui calcule qu&rsquo;il économise 8 dollars par jour en passant à l&rsquo;électrique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Kenya et l&rsquo;Ouganda, locomotives africaines</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport de l&rsquo;AIE distingue deux pays africains qui tirent l&rsquo;ensemble du continent&nbsp;: le Kenya et l&rsquo;Ouganda. Au Kenya, les ventes de deux-roues électriques ont plus que triplé en un an pour dépasser 25&nbsp;000 unités, représentant désormais environ 15&nbsp;% des nouvelles immatriculations de deux-roues dans le pays. La raison est arithmétique&nbsp;: un conducteur de moto-taxi dans le pays consacre entre 40 et 60&nbsp;% de ses revenus quotidiens — soit 10 à 15&nbsp;dollars par jour — au carburant thermique. Avec un deux-roues électrique, sa facture énergétique tombe à moins de 2&nbsp;dollars par jour. Le calcul est limpide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Ouganda, c&rsquo;est encore plus spectaculaire&nbsp;: les ventes ont dépassé 30&nbsp;000 unités en 2025, après avoir décollé d&rsquo;une base quasiment nulle en 2024. Le moteur de cette croissance&nbsp;? Des programmes de financement innovants portés par des acteurs comme Spiro, entreprise basée à Nairobi, qui a déployé à grande échelle des systèmes d&rsquo;achat progressif alignés sur les flux de trésorerie quotidiens des utilisateurs. La formule «&nbsp;<em>ride-to-own</em>&nbsp;» — rouler pour devenir propriétaire — permet d&rsquo;acquérir un véhicule électrique sans capital initial, en remboursant par micro-paiements journaliers. Une révolution dans la révolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Les deux-roues électriques représentent désormais 40&nbsp;% de la flotte de Bolt en Afrique. La logique économique est trop évidente pour être ignorée.&nbsp;»,&nbsp;</em>indique l’AIE dans son rapport<em>.</em><em></em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong></strong><strong>L&rsquo;innovation africaine&nbsp;: le swap de batterie</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La recharge lente reste un frein majeur dans les pays où les coupures de courant sont fréquentes et les journées de travail sans arrêt. La réponse africaine à ce problème s&rsquo;appelle le «&nbsp;<em>battery swapping&nbsp;</em>»&nbsp;: au lieu de recharger la batterie, on l&rsquo;échange contre une batterie déjà chargée en moins d&rsquo;une minute, dans une station dédiée. L&rsquo;AIE note que ce modèle, déjà courant en Chine, connaît un déploiement accéléré en Afrique orientale, notamment au Kenya et en Ouganda, précisément pour les deux-roues commerciaux. Spiro et Zembo Motorcycles — cette dernière financée par la banque de développement néerlandaise FMO — en ont fait leur cheval de bataille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce modèle présente un avantage décisif&nbsp;: il découple l&rsquo;achat du véhicule de la propriété de la batterie, qui représente entre un quart et un tiers du coût total. En louant la batterie plutôt qu&rsquo;en l&rsquo;achetant, le conducteur voit le prix d&rsquo;entrée s&rsquo;effondrer. C&rsquo;est exactement le levier dont le continent a besoin pour déclencher une adoption de masse, sans attendre que les prix des voitures électriques s&rsquo;alignent sur ceux de l&rsquo;Asie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La fracture mondiale en chiffres</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le contraste est saisissant lorsqu&rsquo;on lit le rapport dans son ensemble. En Chine, 70&nbsp;% des voitures électriques vendues en 2025 coûtaient moins cher que la moyenne des voitures thermiques. En Europe, les constructeurs se battent pour sortir des modèles sous les 25&nbsp;000 euros. Pour les marchés africains, ces chiffres restent une réalité étrangère&nbsp;: selon le rapport, environ 60&nbsp;% des additions annuelles au parc automobile africain sont des voitures d&rsquo;occasion importées d&rsquo;Allemagne, du Japon et des États-Unis. Le marché du neuf électrique reste concentré sur l&rsquo;Égypte, le Maroc et l&rsquo;Afrique du Sud — trois pays qui représentent à eux seuls près de 70&nbsp;% des quelque 25&nbsp;000 voitures électriques neuves vendues sur le continent en 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le reste du continent, c&rsquo;est bien le deux-roues et le trois-roues électrique qui constituent la frontière réelle de la transition. Et leur potentiel est colossal&nbsp;: à l&rsquo;échelle mondiale, le segment des 2/3 roues est déjà le plus électrifié de tout le transport routier, avec environ 10&nbsp;% du parc mondial désormais électrique. Si l&rsquo;Afrique reproduit la trajectoire du Vietnam — où les ventes ont doublé en un an pour franchir la barre des 20&nbsp;% de part de marché —, le continent pourrait devenir l&rsquo;un des épicentres inattendus de cette révolution silencieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Inde offre un modèle instructif pour l&rsquo;Afrique. Le pays est le plus grand marché mondial de trois-roues électriques, avec plus des deux tiers des ventes mondiales de ce segment. Les «&nbsp;<em>e-rickshaws</em>&nbsp;» ont transformé la mobilité urbaine de dizaines de millions d&rsquo;Indiens aux revenus modestes, bien avant que la voiture électrique ne soit accessible. En 2025, plus d&rsquo;un quart des trois-roues vendus dans le monde étaient électriques. L&rsquo;Afrique n&rsquo;en est qu&rsquo;au début de cette trajectoire. Avec des politiques fiscales adaptées — à l&rsquo;image des exonérations de TVA accordées en Ouganda pour les assembleurs locaux —, la décennie à venir pourrait marquer un basculement comparable.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le continent doit s&#8217;emparer du sujet</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport de l&rsquo;AIE fait un constat que peu de gouvernements africains ont encore pleinement intégré&nbsp;: la crise pétrolière mondiale actuelle — née du conflit au Moyen-Orient — renchérit structurellement le coût des carburants fossiles, accélérant la rentabilité économique des deux-roues électriques dans des pays où les revenus sont faibles et la sensibilité aux prix du carburant extrême. Des pays d&rsquo;Asie du Sud-Est comme le Vietnam ont déjà annoncé des incitations fiscales supplémentaires pour les véhicules électriques en réponse à la crise. L&rsquo;Afrique, elle, hésite encore.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Kenya fait figure d&rsquo;exception avec son code national du bâtiment de 2024 exigeant que 5&nbsp;% des parkings des nouveaux immeubles soient équipés pour la recharge électrique. L&rsquo;Ouganda a mis en place des exonérations fiscales pour les assembleurs locaux de véhicules électriques. Mais ces initiatives restent isolées sur un continent où la majorité des gouvernements n&rsquo;ont pas encore élaboré de stratégie nationale d&rsquo;électromobilité adaptée à la réalité de leurs populations&nbsp;: des millions de personnes qui se déplacent à moto, pas en berline.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le risque est que la transition africaine reste, faute de vision politique, une importation de masse de deux-roues électriques chinois — reproduisant à l&rsquo;échelle du vélo motorisé la dépendance qu&rsquo;on cherche à surmonter avec le pétrole. L&rsquo;Ouganda et quelques autres pays l&rsquo;ont compris&nbsp;: l&rsquo;enjeu n&rsquo;est pas seulement de rouler électrique, mais d&rsquo;assembler, voire de fabriquer électrique. C&rsquo;est à cette condition que la révolution du deux-roues deviendra réellement africaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Plastiques et pétrole : la crise géopolitique pourrait-elle accélérer la transition ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 May 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>La hausse des prix du pétrole liée aux tensions géopolitiques autour du détroit d’Ormuz pourrait renchérir le coût du plastique vierge et accélérer la transition vers des alternatives durables.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que les tensions autour du détroit d&rsquo;Ormuz font grimper les prix du brut, une opportunité inattendue se dessine&nbsp;: renchérir le coût du plastique vierge pourrait contraindre entreprises et États à repenser en profondeur leur rapport aux matières fossiles et à leurs dérivés.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est un facteur du changement climatique que l&rsquo;on tend à négliger dans les colonnes consacrées aux tensions géopolitiques&nbsp;: la production de plastiques. Pourtant, la grande majorité des matières plastiques conventionnelles est fabriquée à partir de pétrole et de gaz fossile. Et lorsque les prix du brut s&rsquo;envolent — comme c&rsquo;est le cas depuis les récentes turbulences autour du détroit d&rsquo;Ormuz —, c&rsquo;est toute l&rsquo;économie mondiale du plastique qui vacille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un renchérissement qui, paradoxalement, pourrait s&rsquo;avérer bénéfique pour la planète.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une chaîne de valeur entièrement fossile</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Programme des Nations Unies pour l&rsquo;environnement (PNUE) est formel&nbsp;: les plastiques génèrent des émissions nocives de gaz à effet de serre à chaque étape de leur cycle de vie — de l&rsquo;extraction pétrolière au raffinage, de la fabrication au transport, jusqu&rsquo;à l&rsquo;élimination finale. Sans inflexion majeure, ces émissions continueront d&rsquo;augmenter au rythme de la production mondiale, qui n&rsquo;a cessé de croître depuis des décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Nous devons repenser la manière dont nous produisons, utilisons et éliminons les plastiques.</em>&nbsp;», explique le&nbsp;programme des Nations unies pour l&rsquo;environnement&nbsp;(PNUE)&nbsp;Au-delà du problème des déchets — souvent au cœur du débat public —, c&rsquo;est donc une question climatique fondamentale qui se pose. L&rsquo;économie mondiale du plastique est une économie fossile&nbsp;; en l&rsquo;alimentant, on alimente le réchauffement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quels plastiques peut-on réellement remplacer&nbsp;?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse à cette question exige de distinguer la commodité de la nécessité. Le PNUE propose une lecture en trois catégories, que l&rsquo;on peut résumer ainsi&nbsp;:</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2.png"><img decoding="async" width="1024" height="475" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-1024x475.png" alt="" class="wp-image-22404" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-1024x475.png 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-300x139.png 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-768x356.png 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-1170x543.png 1170w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-585x271.png 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-600x278.png 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2.png 1406w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Seringues, équipements de protection, composants électroniques&nbsp;: le plastique y reste souvent irremplaçable à court terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les emballages alimentaires — bouteilles, films, contenants jetables — représentent la part la plus importante de la production mondiale et, bonne nouvelle, la plus facile à réformer. De nombreux pays ont déjà légiféré en ce sens, interdisant sacs plastiques et couverts à usage unique au profit d&rsquo;alternatives réutilisables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il convient toutefois de nuancer le tableau&nbsp;: certains usages du plastique contribuent à réduire les émissions. Les matériaux isolants améliorent l&rsquo;efficacité énergétique des bâtiments&nbsp;; les composants légers dans l&rsquo;automobile diminuent la consommation de carburant. «&nbsp;<em>La solution n&rsquo;est pas d&rsquo;interdire tous les plastiques, mais d&rsquo;éliminer les plastiques inutiles, évitables et problématiques</em>&nbsp;», rappelle le PNUE.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La pression économique comme levier de transformation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici que la géopolitique devient, malgré elle, alliée de l&rsquo;écologie. Lorsque le coût du plastique vierge augmente, les logiques économiques évoluent&nbsp;: les emballages excessifs perdent de leur attractivité, les produits jetables se retrouvent concurrencés par des solutions réutilisables, et les taxes environnementales trouvent un soutien public accru.&nbsp;<em>«&nbsp;La réutilisation représente l&rsquo;un des changements de marché les plus puissants disponibles.&nbsp;»,&nbsp;</em>selon le<em>&nbsp;</em>PNUE</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour de nombreux experts, cette pression pourrait accélérer trois dynamiques simultanément&nbsp;: la réduction des usages superflus, le développement des systèmes de réemploi et l&rsquo;investissement dans des matériaux alternatifs moins émetteurs de gaz à effet de serre. En d&rsquo;autres termes, ce que les politiques publiques peinent à imposer, les prix du marché pourraient l&rsquo;obtenir par défaut.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La production mondiale de plastiques génère des émissions de gaz à effet de serre à chaque étape de son cycle de vie. Le PNUE avertit que ces émissions continueront probablement d&rsquo;augmenter si la croissance non régulée de la production se poursuit. Les plastiques nuisent également à la biodiversité, via la pollution des océans et des écosystèmes terrestres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : le gouvernement lance un concours inter-écoles pour promouvoir l’hygiène et l’assainissement</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Le Mali lance un concours inter-écoles à Bamako pour promouvoir l’hygiène et l’assainissement. Une initiative éducative visant à renforcer les comportements citoyens et durables.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réuni en Conseil des ministres le 6 mai 2026 au palais de Koulouba, sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta, le gouvernement malien a annoncé le lancement d’un concours inter-écoles dédié à la promotion de la salubrité, de l’hygiène et de l’assainissement dans plusieurs académies de la capitale.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Portée par le ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la politique nationale d’assainissement, mais aussi des activités de l’Année de l’Éducation et de la Culture décrétée par le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Former des citoyens responsables dès l’école</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Placée sous le thème «&nbsp;<em>L’école, creuset de citoyens responsables pour un cadre de vie propre et sain&nbsp;</em>», l’opération concernera les établissements scolaires relevant des académies d’enseignement de Bamako, Kalabancoro et Kati.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif affiché est double : sensibiliser les élèves aux enjeux environnementaux et encourager l’adoption de comportements durables face aux défis persistants liés à l’insalubrité des espaces scolaires et urbains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers cette compétition, les autorités entendent faire de l’école un levier de transformation sociale, en inculquant dès le plus jeune âge des réflexes liés à l’hygiène, à la propreté et à la préservation du cadre de vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une réponse aux défis urbains</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte marqué par une urbanisation rapide et des difficultés structurelles en matière de gestion des déchets, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de sensibilisation des populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les établissements scolaires sont ainsi appelés à devenir des espaces pilotes, capables d’impulser des changements de comportements au-delà de leurs murs, notamment au sein des familles et des communautés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un lancement imminent à Bamako</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les autorités, le lancement officiel de la phase opérationnelle du concours est prévu le 7 mai 2026 à Bamako. Cette première étape devrait ouvrir la voie à une mobilisation progressive des établissements scolaires, avec l’ambition d’inscrire durablement la question de l’assainissement dans les pratiques éducatives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la compétition, le gouvernement mise sur une dynamique collective où l’éducation environnementale devient un pilier de la citoyenneté et du développement durable au Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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