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	<title>Archives des Changement climatique au Sahel : défis et enjeux | Sahel Tribune</title>
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	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
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	<title>Archives des Changement climatique au Sahel : défis et enjeux | Sahel Tribune</title>
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		<title>32ᵉ édition de la Campagne nationale de reboisement : le Mali mise sur 21 millions d&#8217;arbres pour restaurer ses écosystèmes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Jul 2026 18:05:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
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<p>Le Mali lance une campagne nationale de reboisement visant un record de 21 millions d'arbres pour lutter contre la déforestation et restaurer les écosystèmes.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Lancée par le Premier ministre Abdoulaye Maïga, la 32ᵉ édition de la campagne mise sur la mobilisation citoyenne et la jeunesse, avec un objectif inédit de plantation. Le pays perd chaque année environ 100 000 hectares de couvert forestier, selon la ministre de l&rsquo;Environnement.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Vingt et un millions de plants à mettre en terre d&rsquo;ici la fin de l&rsquo;hivernage. C&rsquo;est l&rsquo;objectif affiché par les autorités maliennes pour la 32ᵉ édition de la Campagne nationale de reboisement, lancée au Palais des Pionniers de Bamako par le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, au nom du président de la Transition, le général d&rsquo;armée Assimi Goïta. Un chiffre présenté par le ministère de tutelle comme une plantation record pour le pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Deux millions d&rsquo;arbres plantés dès les trois premiers jours</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La cérémonie de lancement a réuni plusieurs membres du gouvernement, dont la ministre de l&rsquo;Environnement, de l&rsquo;Assainissement et du Développement durable, Mariam Tangara Doumbia, aux côtés de représentants des institutions, des autorités administratives, religieuses et traditionnelles, des partenaires techniques et financiers, de la société civile et du secteur privé. Selon le ministère, deux millions d&rsquo;arbres doivent être plantés dès les trois premiers jours de la campagne dans le district de Bamako et l&rsquo;ensemble des régions, cercles, communes et villages du pays, avant que l&rsquo;effort ne se poursuive sur toute la période hivernale pour atteindre l&rsquo;objectif des 21 millions de plants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette édition se distingue par plusieurs innovations, au premier rang desquelles la place accordée à la jeunesse, mobilisée à travers la signature d&rsquo;un pacte d&rsquo;engagement avec plusieurs organisations socioprofessionnelles. Le ministère a également lancé le Challenge «&nbsp;<em>Je plante mon arbre</em>&nbsp;», qui invite chaque citoyen à planter un arbre, à en assurer le suivi et à convaincre d&rsquo;autres personnes de rejoindre la démarche, ainsi que le «&nbsp;<em>Mur vert des Maliens&nbsp;</em>», dispositif destiné à mettre en valeur les initiatives individuelles et collectives menées à travers le pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Cent mille hectares de forêt perdus chaque année</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son intervention, la ministre de l&rsquo;Environnement a dressé un état des lieux préoccupant des défis environnementaux du pays : dégradation du couvert végétal, désertification, appauvrissement des terres, perte de biodiversité, déforestation, pollution des cours d&rsquo;eau et effets de plus en plus perceptibles du changement climatique. Selon elle, le Mali perd chaque année environ 100 000 hectares de formations forestières, sous l&rsquo;effet conjugué des changements d&rsquo;usage des terres et des pressions croissantes exercées sur les écosystèmes. Un rythme qui, selon ses mots, appelle une ambition renouvelée et un sens accru de responsabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la ministre, l&rsquo;enjeu de cette 32ᵉ édition dépasse la seule plantation d&rsquo;arbres. Il s&rsquo;agit de transformer la campagne en un véritable mouvement national de mobilisation citoyenne, résumé par la formule «&nbsp;<em>Un arbre pour chacun, un Mali vert pour tous</em>&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Pnud en soutien via la Grande Muraille verte</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) au Mali, Evelyne Bamba, a par ailleurs rappelé l&rsquo;appui apporté par l&rsquo;institution à l&rsquo;effort national, à travers un projet financé par le Fonds pour l&rsquo;environnement mondial et consacré à l&rsquo;accélération de la restauration des écosystèmes le long du corridor de la Grande Muraille verte.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lancé en juin, ce projet vise la restauration de 90 000 hectares de terres dégradées et l&rsquo;amélioration durable des pratiques sur 75 000 hectares de paysages, pour un bénéfice attendu au profit de 163 000 personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<item>
		<title>Au Forum africain de l&#8217;eau, le Tchad crée la surprise en supprimant les visas pour tous les Africains</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Jul 2026 08:10:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
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<p>Lors du Forum africain de l'eau à N'Djamena, le président Mahamat Idriss Déby Itno a annoncé la suppression des visas pour tous les Africains à compter du 1er janvier 2027, ainsi qu'un pacte national de 3,8 milliards de dollars pour le secteur de l'eau.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réuni à N&rsquo;Djamena les 15 et 16 juillet avec la Banque mondiale, le premier Forum africain de l&rsquo;eau devait porter sur la crise hydrique du continent. Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno y a surtout marqué les esprits par une annonce diplomatique inattendue, quelques instants avant la signature d&rsquo;un pacte national pour l&rsquo;eau de 3,8 milliards de dollars.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est par une annonce que personne n&rsquo;attendait que le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a conclu, ce mercredi 15 juillet, le discours d&rsquo;ouverture du premier Forum africain de l&rsquo;eau : à compter du 1<sup>er</sup>&nbsp;janvier 2027, le Tchad supprimera les visas d&rsquo;entrée pour l&rsquo;ensemble des ressortissants africains. «&nbsp;<em>Le Tchad, pays de Toumaï, berceau de l&rsquo;humanité, ouvre ses frontières et supprime les visas d&rsquo;entrée pour tous les Africains</em>&nbsp;», a déclaré le chef de l&rsquo;État devant les délégations réunies dans la capitale tchadienne pour deux jours de travaux consacrés à la crise hydrique du continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mesure, dont les modalités pratiques n&rsquo;ont pas encore été précisées, place le Tchad dans le sillage d&rsquo;une série d&rsquo;annonces similaires ces dernières années : le Kenya avait ouvert ses frontières à la quasi-totalité des nationalités africaines en 2025, l&rsquo;Angola dès 2023, tandis que le Togo instaurait en mai une exemption de trente jours pour les citoyens du continent. Ces gestes s&rsquo;inscrivent dans la dynamique de la Zone de libre-échange continentale africaine et de l&rsquo;Agenda 2063 de l&rsquo;Union africaine, qui ambitionne à terme un passeport africain unique. Un horizon encore lointain tant la majorité des États du continent continuent d&rsquo;exiger des visas de leurs voisins, ou de réserver leurs exemptions aux seuls ressortissants de leur communauté économique régionale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un forum sur fond de crise hydrique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Coorganisé par le gouvernement tchadien et le Groupe de la Banque mondiale, ce premier Forum africain de l&rsquo;eau, placé sous le thème «&nbsp;<em>De la vision à l&rsquo;action</em>&nbsp;», a réuni à N&rsquo;Djamena plusieurs chefs d&rsquo;État&nbsp;: le Béninois Romuald Wadagni, le Mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le Gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema ou encore le Congolais Félix-Antoine Tshisekedi, ainsi que des représentants de plusieurs organisations de bassins fluviaux et régionales, dont la Commission du bassin du lac Tchad, l&rsquo;Autorité du bassin du Niger ou l&rsquo;Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son discours, le président tchadien a dressé un constat sombre de la situation hydrique du continent, citant les données du document de cadrage établi par la Banque mondiale. Plus de 400 millions d&rsquo;Africains sans accès à l&rsquo;eau potable, des capacités de stockage en recul et un changement climatique susceptible d&rsquo;amputer le PIB de certaines régions africaines de près de 12 % d&rsquo;ici 2050. Il a illustré ce constat par l&rsquo;exemple du lac Tchad, situé à quelques kilomètres de la capitale, qui a perdu la plus grande partie de sa superficie en soixante ans après avoir longtemps fait vivre plus de 30 millions de personnes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un pacte national à 3,8 milliards de dollars</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan national, Mahamat Idriss Déby a annoncé la signature, au cours du forum, d&rsquo;un «&nbsp;<em>Pacte pour l&rsquo;eau du Tchad</em>&nbsp;» évaluant à 3,8 milliards de dollars les besoins de financement du secteur pour les cinq prochaines années, dont 20 %, soit environ 75 milliards de francs CFA, devant être couverts par des financements nationaux. Le chef de l&rsquo;État a également appelé les bailleurs multilatéraux et régionaux à «&nbsp;<em>accélérer la mobilisation des financements annoncés&nbsp;</em>» dans le cadre de l&rsquo;initiative «&nbsp;<em>Water Forward</em>&nbsp;», lancée par la Banque mondiale en avril.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un appel qui n&rsquo;est pas sans rappeler les nombreux engagements financiers pris lors de précédents sommets consacrés à l&rsquo;eau ou au climat sur le continent, dont le taux de décaissement effectif reste, selon plusieurs organisations non gouvernementales, très en deçà des annonces. Le forum de N&rsquo;Djamena se tient d&rsquo;ailleurs dans un pays où l&rsquo;accès à l&rsquo;eau potable demeure très inégal entre la capitale et les régions rurales, et où la gouvernance du secteur a longtemps été critiquée pour son manque de transparence.&nbsp;&nbsp;Des critiques que la classe dirigeante tchadienne, elle-même issue d&rsquo;une transition contestée depuis la mort d&rsquo;Idriss Déby Itno en 2021 puis d&rsquo;une élection présidentielle disputée en 2024, n&rsquo;a pas manqué de relativiser en mettant en avant sa nouvelle stratégie «&nbsp;<em>Tchad Connexion 2030</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste que l&rsquo;enjeu dépasse le seul Tchad. Le forum a aussi été l&rsquo;occasion de réaffirmer l&rsquo;importance de la gestion concertée des bassins transfrontaliers, dans un contexte sahélien où la raréfaction de l&rsquo;eau alimente, selon de nombreux experts, une partie des tensions intercommunautaires et des conflits pour l&rsquo;accès aux ressources pastorales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<item>
		<title>Mali : comment le réchauffement climatique transforme les tempêtes de poussière en menace permanente</title>
		<link>https://saheltribune.com/mali-comment-le-rechauffement-climatique-transforme-les-tempetes-de-poussiere-en-menace-permanente/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jul 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Après les haboobs de Ségou et les vents violents de Koulikoro, enquête sur les effets du réchauffement climatique qui intensifie les tempêtes de sable au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À Ségou, début juillet 2026, un mur de poussière a englouti la ville en quelques minutes. Ce haboob, filmé et photographié par des habitants sous le choc, n&rsquo;est pas une anomalie : c&rsquo;est le nouveau visage d&rsquo;un Sahel dont les extrêmes climatiques se multiplient, s&rsquo;intensifient et frappent plus tôt dans la saison.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est venu de nulle part, ou plutôt, de partout à la fois. Un mur ocre, haut de plusieurs centaines de mètres, roulant sur la ville de Ségou comme un raz-de-marée de terre. En quelques minutes, le ciel a disparu. Les arbres se sont courbés sous des rafales que rien ne laissait prévoir cet après-midi du vendredi. Puis le silence, et la poussière partout. Dans les maisons, dans les poumons, sur les cultures. Ce haboob du début juillet 2026 restera dans les mémoires de la quatrième ville du Mali. Mais pour les climatologues, il s&rsquo;inscrit dans une série qui n&rsquo;a rien d&rsquo;imprévisible : celle d&rsquo;un Sahel dont les événements météorologiques extrêmes se multiplient à un rythme que la science a désormais chiffré avec précision.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un phénomène ancien, une intensité nouvelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le haboob, le mot vient de l&rsquo;arabe haboub, qui signifie simplement « <em>vent fort</em> », est connu de toutes les populations du Niger, du Tchad, du Mali et du Soudan. <a href="https://www.nature.com/articles/d44148-026-00097-w" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ces murs de poussière spectaculaires</a>, poussés par de puissantes rafales atteignant 50 nœuds en moyenne, ont de tout temps marqué les débuts d&rsquo;hivernage. Les anciens les lisaient comme un signal : la pluie n&rsquo;était pas loin. Mais quelque chose a changé dans leur physionomie. Ils arrivent plus tôt, frappent plus fort, et laissent derrière eux des dégâts que les générations précédentes n&rsquo;avaient pas connus à cette échelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La donnée scientifique la plus robuste sur ce sujet est celle publiée par une équipe internationale de chercheurs en 2017, dont les travaux ont été repris par <a href="https://hal.science/hal-01630882v1/file/postprint_with_figs_acceptedversion.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;Observatoire des sciences de l&rsquo;Univers de Grenoble</a> : la fréquence des tempêtes extrêmes au Sahel a plus que triplé en trente-cinq ans, mesurée à partir des données satellitaires et des observations au sol entre 1982 et 2017. Ce triplement n&rsquo;est qu&rsquo;en partie expliqué par le retour des pluies depuis les sécheresses des années 1980 : il implique aussi le réchauffement du Sahara voisin, qui modifie la circulation atmosphérique régionale d&rsquo;une manière qui favorise l&rsquo;émergence d&rsquo;orages d&rsquo;une intensité exceptionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les modèles climatiques projettent que cette tendance se poursuivra au cours du XXIe siècle. Autrement dit, ce que les habitants de Ségou, ainsi que de plusieurs autres localités du Mali, ont vécu en ce début d’hivernage 2026, et ce que ceux de Koulikoro avaient subi lorsque <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://afrikinfos-mali.com/2026/05/13/koulikoro-une-violente-tornade-cause-dimportants-degats-au-stade-mamadou-diarra-h/&amp;ved=2ahUKEwjT3Mjlpr6VAxVzVqQEHdr1BIsQFnoECB4QAQ&amp;usg=AOvVaw3kmv5MyDR3IzF4lfxmMZgh" target="_blank" rel="noreferrer noopener">des installations du stade Diarrah H ont été détruites</a> en partie par un vent violent, n&rsquo;est pas l&rsquo;exception. C&rsquo;est l&rsquo;avant-goût d&rsquo;une saison climatique durablement plus violente.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le paradoxe sahélien&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre ce qui se passe au Sahel, il faut déconstruire une idée reçue : la région ne souffre pas d&rsquo;une simple sécheresse. Elle vit une transformation plus complexe et, à certains égards, plus dangereuse. Depuis les années 1990, les cumuls pluviométriques annuels ont partiellement rebondi après les dramatiques sécheresses des années 1970-1980. Mais ce retour de la pluie n&rsquo;est pas celui qu&rsquo;espéraient les agriculteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des <a href="https://books.openedition.org/irdeditions/8937?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">travaux publiés par l&rsquo;IRD</a> le formulent avec précision : en combinant augmentation des épisodes pluvieux extrêmes et persistance des séquences sèches longues, le Sahel présente tous les signes de ce que les climatologues nomment une « <em>augmentation de l&rsquo;intensité hydro-climatique</em> ». Moins d&rsquo;événements pluvieux dans l&rsquo;année, mais des événements bien plus intenses quand ils se produisent. Moins de pluies régulières qui nourrissent les sols, et davantage de pluies brutales qui les ravinent. La moyenne annuelle peut sembler rassurante ; la réalité vécue par les paysans, elle, est désastreuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cette <a href="https://agrhymet.cilss.int/wp-content/uploads/2026/04/COMMUNIQUE-FINAL_PRESASS_Ndjamena_2026_VF.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">intensification des pluies</a> s&rsquo;ajoute celle des vents. Les températures en Afrique de l&rsquo;Ouest ont augmenté de 0,2 à 0,8°C par décennie depuis la fin des années 1970, avec une hausse plus marquée dans les zones sahélo-sahariennes. Cette chaleur accrue du Sahara accentue le gradient thermique avec les régions voisines, ce qui renforce le cisaillement des vents. Le mécanisme même qui permet aux haboobs de se former et de gagner en puissance. Donc, plus le Sahara se réchauffe, plus le Sahel essuie des tempêtes de vent et de poussière d&rsquo;une brutalité croissante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La décennie internationale des tempêtes de poussière&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas un hasard si les Nations Unies ont désigné la période 2025-2034 comme la Décennie internationale de <a href="https://www.unccd.int/sites/default/files/2022-05/1871_Summary%20for%20Decision%20Makers_FR_web_0.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">lutte contre les tempêtes de sable et de poussière</a>. La CNULCD (Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification) alerte depuis plusieurs années sur l&rsquo;aggravation mondiale du phénomène : on estime que 2 milliards de tonnes de sable et de poussière pénètrent dans l&rsquo;atmosphère chaque année à l&rsquo;échelle de la planète. Dans certaines régions, la quantité de poussière désertique a doublé en un siècle. Dans les scénarios de réchauffement extrême, les projections scientifiques indiquent que les quantités de poussière saharienne soulevées dans l&rsquo;atmosphère pourraient augmenter de 40 à 60 % d&rsquo;ici la fin du siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les populations du Sahel, les conséquences sont immédiates et concrètes. Dans le nord du Sahel sénégalais, <a href="https://www.peren-revues.fr/pollutionatmospherique/6450" target="_blank" rel="noreferrer noopener">des études</a> conduites sur la période 1965-2014 ont montré que plus de 80 % des épisodes de poussière dégradaient fortement la qualité de l&rsquo;air au-delà des normes définies par l&rsquo;OMS. Au Mali, les bulletins de Mali-Météo en 2026 ont maintenu des alertes répétées aux vents forts sur l&rsquo;ensemble du territoire. Une <a href="https://malimeteo.ml/documents/4804/Bulletin_de_vigilance_nationale_du_21-05-2026.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">alerte nationale aux vents violents</a> avait notamment été émise le 21 mai 2026, signe que ces phénomènes ne relèvent plus du simple aléa saisonnier mais d&rsquo;une surveillance météorologique permanente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les haboobs constituent un cas particulier dans ce tableau : leur caractère soudain les rend difficiles à prévoir. Selon les <a href="https://www.equaltimes.org/les-tempetes-de-sable-un-desastre?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">spécialistes cités par Equal Times</a>, si les services météorologiques du Sahel parviennent à anticiper les brumes sèches plusieurs jours à l&rsquo;avance, les haboobs, ces murs de poussière générés par l&rsquo;effondrement des courants d&rsquo;air d&rsquo;un orage, restent en revanche beaucoup plus imprévisibles. À Ségou, les habitants n&rsquo;ont eu que quelques minutes pour se mettre à l&rsquo;abri.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des infrastructures et des vies sans protection</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les dommages ne sont pas que atmosphériques. En début d&rsquo;hivernage 2026, le vent violent qui a frappé Koulikoro a détruit en partie des installations du stade Diarrah H. Des structures publiques, censées être dimensionnées pour durer. À travers le Sahel, des toitures arrachées, des pylônes électriques couchés, des greniers à ciel ouvert après que la pluie violente a suivi la tempête de vent : la saison humide 2026 a déjà laissé son lot de bilans que les services régionaux de protection civile peinent à documenter dans leur totalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vulnérabilité des villes sahéliennes à ces phénomènes est une réalité structurelle. L&rsquo;urbanisation rapide, Bamako a plus que doublé de population en vingt ans, a produit des périphéries denses construites sans normes parasismiques ni paracycloniques adaptées. Des quartiers entiers de Bamako, Mopti ou Ségou sont classés par Mali-Météo comme zones à risque d&rsquo;inondation lors des orages accompagnés de vents violents. L&rsquo;alerte est lancée à chaque bulletin ; les moyens pour y répondre structurellement restent insuffisants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="file:///Users/samesidibe/Downloads/forum%20PRESASS%202025,%20organise%CC%81%20a%CC%80%20Bamako%20du%2021%20au%2025%20avril%202025" target="_blank" rel="noreferrer noopener">forum PRESASS 2025</a>, organisé à Bamako du 21 au 25 avril 2025, a précisément identifié pour la bande agricole du Mali des séquences sèches courtes à moyennes en début de saison des pluies. Ce qui signifie une installation tardive et irrégulière de l&rsquo;hivernage, favorable à ces épisodes de vents extrêmes qui caractérisent la transition entre saison sèche et saison humide. Le forum PRESASS 2026, tenu à N&rsquo;Djaména du 20 au 24 avril, a confirmé pour le Sahel Ouest et la zone soudanienne des précipitations normales à déficitaires, avec des démarrages de saison agricole moyens à tardifs. Un profil qui augmente statistiquement la probabilité et l&rsquo;intensité des haboobs de début d&rsquo;hivernage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que le ciel de Ségou dit à l&rsquo;Europe</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a dans ces images quelque chose qui devrait traverser la Méditerranée. La poussière sahélienne, elle, ne s&rsquo;arrête pas aux frontières. Des études satellitaires ont documenté des tempêtes de sable parcourant des milliers de kilomètres depuis le Sahara jusqu&rsquo;à l&rsquo;Europe du Sud (la France, l&rsquo;Espagne, l&rsquo;Italie) où elles se manifestent par ces journées de ciel orange et de précipitations de sable qui font désormais la une des journaux européens plusieurs fois par saison. <a href="https://www.lefigaro.fr/meteo/une-muraille-de-sable-les-images-aeriennes-d-une-impressionnante-tempete-saharienne-20260331" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Une tempête importante a ainsi balayé le nord-ouest de l&rsquo;Afrique le 30 mars 2026</a>, s&rsquo;étendant selon les images satellites sur environ 1 600 kilomètres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà de la poussière physique qui voyage, c&rsquo;est une réalité politique qui devrait s&rsquo;imposer : <a href="https://base.afrique-gouvernance.net/docs/le_sahel_face_aux_changements_climatiques.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les pays sahéliens</a> sont les premiers à payer le prix d&rsquo;un réchauffement climatique dont ils sont les derniers responsables. Le Mali émet une quantité de CO2 par habitant qui représente une fraction infime de celle d&rsquo;un citoyen français, américain ou allemand. Pourtant, ses villes essuient des tempêtes de vent dont la fréquence a triplé en trente-cinq ans à cause du réchauffement global, ses agriculteurs voient la durée de leur saison pluvieuse se réduire, et ses populations urbaines vivent sans systèmes d&rsquo;alerte précoce dignes de ce nom pour les haboobs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://unfccc.int/resource/docs/convkp/convfr.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques</a> reconnaît ce principe d&rsquo;injustice climatique. Les fonds pour les pertes et préjudices ont été négociés laborieusement lors des dernières COP. Mais entre la signature des accords et leur traduction en capacités météorologiques locales au Mali, en abris anti-tempête à Ségou, en normes de construction résistantes aux vents violents à Koulikoro, il reste un abîme que les discours diplomatiques ne comblent pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Bamako ne devrait pas avoir à mendier la météo</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La scène la plus frappante de cet hivernage 2026 n&rsquo;est pas le mur de poussière lui-même. C&rsquo;est ce qui vient après. Les habitants qui ressortent et commencent à balayer, à recouvrir ce qui peut encore être sauvé, à compter les dégâts avec la résignation de ceux qui savent qu&rsquo;il faudra recommencer la saison prochaine. Sans indemnisation. Sans filet de sécurité climatique. Sans même, souvent, l&rsquo;accès à une prévision météorologique suffisamment fine pour avoir été prévenu à temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mali-Météo fait avec les moyens du bord. Les experts sahéliens d&rsquo;AGRHYMET produisent chaque année des prévisions saisonnières de plus en plus précises. Mais la chaîne entre le modèle climatique et le paysan de Ségou qui doit décider quand semer, ou l&rsquo;habitant de Koulikoro qui doit sécuriser sa toiture avant la tempête, reste fragile, sous-financée, insuffisamment connectée aux réalités de terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vent qui a englouti Ségou en juillet 2026 n&rsquo;était pas une <a href="https://www.revues.scienceafrique.org/naaj/texte/gaye2019/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">catastrophe naturelle</a> au sens classique du terme (un phénomène imprévisible, échappant à toute logique). C&rsquo;était la manifestation physique d&rsquo;une équation bien connue : un Sahara qui se réchauffe plus vite que le reste du monde, un Sahel qui en subit les conséquences sans en être responsable, et une communauté internationale qui regarde les images en s&rsquo;étonnant de leur beauté apocalyptique, sans encore avoir fourni les outils pour que Ségou, Koulikoro, et leurs habitants n&rsquo;aient plus à essuyer seuls la tempête.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>N&#8217;Djamena, capitale mondiale de l&#8217;eau le temps de deux jours : pourquoi ce forum africain arrive au bon moment</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jul 2026 15:22:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Climat et environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Forum africain de l'eau]]></category>
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		<category><![CDATA[N’Djamena]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité hydrique]]></category>
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<p>Les 15 et 16 juillet 2026, N'Djamena accueille le Forum africain de l'eau. Face à la sécheresse, au recul du lac Tchad et aux tensions climatiques, les dirigeants africains sont attendus pour transformer les engagements en actions concrètes.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les 15 et 16 juillet 2026, la capitale tchadienne accueillera le Forum africain de l&rsquo;eau « De la vision à l&rsquo;action », coorganisé par le Tchad et la Banque mondiale. Alors que le Maréchal Déby multiplie les invitations aux chefs d&rsquo;État africains — Mali, Niger, Burkina Faso, Bénin, Nigeria, entre autres —, ce forum arrive dans un contexte de sécheresse aggravée, de lac Tchad en voie de disparition et de compétition croissante pour une ressource que le réchauffement climatique rend de plus en plus rare. Un rendez-vous continental à ne pas rater.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas un sommet de plus. Ce n&rsquo;est pas non plus une conférence d&rsquo;experts où les recommandations s&#8217;empilent sans suite. Le Forum africain de l&rsquo;eau qui s&rsquo;ouvrira les 15 et 16 juillet 2026 à N&rsquo;Djamena, sous le thème «&nbsp;<em>De la vision à l&rsquo;action</em>&nbsp;», porte dans son intitulé même l&rsquo;aveu de ce qui n&rsquo;a pas fonctionné jusqu&rsquo;ici : trop de vision, pas assez d&rsquo;action. Le Tchad et la Banque mondiale, coorganisateurs de l&rsquo;événement, ont voulu faire de ce rendez-vous un moment où des engagements fermes sont pris, des contrats signés, des feuilles de route finalisées. Un pari ambitieux dans un continent où l&rsquo;eau est à la fois une priorité absolue et un angle mort des politiques publiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Tchad, pays de l&rsquo;eau&#8230; et pays de la soif</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix de N&rsquo;Djamena comme ville hôte n&rsquo;est pas anodin. Le Tchad est l&rsquo;un des pays africains les mieux dotés en ressources hydriques sur le papier — lac Tchad, fleuves Chari et Logone, lacs Fitri, Léré et Iro, réserves du grès de Nubie, bassins transfrontaliers partagés avec ses voisins. Et pourtant, le Tchad est aussi l&rsquo;un des pays les plus touchés par la crise de l&rsquo;eau sahélienne. C&rsquo;est précisément cette contradiction — richesse potentielle, pauvreté réelle — qui fait de lui un hôte crédible pour ce dialogue continental.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« C&rsquo;est précisément pour cela que le Tchad a voulu être au cœur de ce dialogue continental.»</em>, Tahir Hamid Nguilin, ministre d&rsquo;État tchadien aux Finances et à la Coopération internationale, en mai 2026. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le lac Tchad, symbole le plus visible de la crise hydrique africaine, a perdu plus de 90 % de sa superficie depuis les années 1960 — passant de 25 000 km² à moins de 2 000 km² selon les estimations les plus récentes. Ce n&rsquo;est pas seulement une catastrophe écologique : c&rsquo;est une catastrophe économique et humaine. Trente millions de personnes dépendent directement du lac pour leur eau potable, leur agriculture et leur élevage. Sa disparition progressive a alimenté les conflits entre éleveurs et agriculteurs, les migrations forcées et, dans certains cas, le terreau du recrutement par les groupes armés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une diplomatie de l&rsquo;eau à grande vitesse</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui frappe dans la préparation du Forum de N&rsquo;Djamena, c&rsquo;est l&rsquo;intensité de la diplomatie qui l&rsquo;entoure. Le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno a personnellement orchestré une vaste campagne d&rsquo;invitations diplomatiques, envoyant des émissaires dans plusieurs capitales africaines en l&rsquo;espace de quelques jours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 29 juin à Abuja, le ministre des Finances tchadien Tahir Hamid Nguilin transmettait un message du Maréchal Déby au président nigérian Bola Tinubu, l&rsquo;invitant à participer au forum. Le 30 juin à Cotonou, le même émissaire était reçu par le président béninois Romuald Wadagni. Et le 1er juillet à Bamako — après le Niger et le Burkina Faso — c&rsquo;est l&rsquo;envoyée spéciale Fatime Aldjineh Garfa qui transmettait au Président malien Assimi Goïta l&rsquo;invitation personnelle du chef de l&rsquo;État tchadien. En moins de soixante-douze heures, cinq capitales africaines, cinq invitations, une même urgence.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>160 millions de dollars et des « compacts » nationaux : la substance du forum</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du symbole diplomatique, le Forum de N&rsquo;Djamena doit déboucher sur des engagements concrets et vérifiables. La Banque mondiale a annoncé qu&rsquo;elle présentera à son conseil d&rsquo;administration, deux semaines avant le forum, un projet de 160 millions de dollars destiné à améliorer l&rsquo;accès à l&rsquo;eau dans trois provinces tchadiennes — eau potable, eau pour le bétail, eau pour l&rsquo;agriculture. La signature et le lancement de ce projet sont prévus dans le cadre même du forum.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus structurellement, l&rsquo;ambition affichée est d&rsquo;obtenir que chaque pays participant signe un «&nbsp;<em>compact national pour l&rsquo;eau</em>» — une feuille de route sectorielle assortie d&rsquo;objectifs mesurables et d&rsquo;un mécanisme de suivi rigoureux. C&rsquo;est une innovation de méthode : il ne s&rsquo;agit plus de produire des déclarations d&rsquo;intention, mais de contractualiser des engagements gouvernementaux sur des cibles précises en matière d&rsquo;accès à l&rsquo;eau potable, de développement de l&rsquo;irrigation et de gouvernance des ressources transfrontalières.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;eau sahélienne, enjeu de paix et de sécurité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière les chiffres et les mécanismes, il y a une réalité que les diplomates habillent en termes techniques mais que les populations vivent dans leur chair : au Sahel, la rareté de l&rsquo;eau tue. Elle tue directement, par la soif et les maladies hydriques. Elle tue indirectement, en alimentant les conflits entre communautés qui se disputent des ressources en déclin. Elle tue à long terme, en poussant des millions de personnes vers les villes et vers l&rsquo;exil, dans un mouvement que le changement climatique va amplifier de manière exponentielle dans les décennies à venir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les prévisions de Mali Météo, citées lors du Conseil supérieur de l&rsquo;agriculture du 9 juin 2026 à Bamako, anticipent un hivernage déficitaire en 2026. Pour le Niger, le Burkina Faso et le Tchad, les projections ne sont guère plus optimistes. Ce contexte climatique rend le Forum de N&rsquo;Djamena non pas accessoire mais urgent. Il ne s&rsquo;agit pas de parler d&rsquo;eau dans une salle climatisée pendant deux jours — il s&rsquo;agit de décider, maintenant, comment partager une ressource qui se raréfie entre des populations qui se multiplient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Sahel, l&rsquo;eau est une arme. Celui qui la contrôle contrôle les hommes. Le Forum de N&rsquo;Djamena peut en faire une ressource partagée — ou laisser la crise faire le reste.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce qu&rsquo;on attend, ce qu&rsquo;on craint</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les espoirs placés dans le Forum de N&rsquo;Djamena sont réels. L&rsquo;engagement personnel du Maréchal Déby, l&rsquo;appui financier et technique de la Banque mondiale, la mobilisation diplomatique auprès des capitales voisines : tout cela crée les conditions d&rsquo;un moment politique fort. Si les compacts nationaux pour l&rsquo;eau sont effectivement signés et dotés de mécanismes de suivi crédibles, ce forum pourrait marquer une inflexion réelle dans la gouvernance hydrique africaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les précédents invitent cependant à la prudence. L&rsquo;Afrique a une longue histoire de forums sur l&rsquo;eau — à Durban, à Marrakech, à Dakar — dont les déclarations finales ont rarement survécu au retour des délégations dans leurs capitales. Ce qui distinguera N&rsquo;Djamena des rendez-vous précédents, c&rsquo;est si les engagements pris par les gouvernements débouchent, dans les douze mois suivants, sur des budgets alloués, des infrastructures construites et des indicateurs publics de suivi. C&rsquo;est à cette aune qu&rsquo;on jugera si le forum aura tenu sa promesse de passer «&nbsp;<em>de la vision à l&rsquo;action</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">En attendant, le Mali y sera, probablement. Le Nigeria aussi. Le Bénin, d&rsquo;autres encore. Et sur les bords du fleuve Chari, le 15 juillet, le continent aura au moins décidé de se regarder en face sur la question de l&rsquo;eau. Ce n&rsquo;est pas rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Changement climatique : comment les paysans du Sahel anticipent les saisons avec une précision remarquable</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jul 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Au Sahel, les savoirs paysans convergent avec les prévisions climatiques scientifiques. Une complémentarité devenue essentielle face au changement climatique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Sahel, les indicateurs traditionnels — vents, oiseaux, floraisons — convergent souvent avec les modèles scientifiques les plus sophistiqués. Une rencontre entre deux savoirs que la recherche commence enfin à prendre au sérieux.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les villages du Yatenga, au nord du Burkina Faso, des anciens observent la direction des vents, la couleur des nuages au crépuscule, le comportement des oiseaux migrateurs. De ces signaux, ils tirent une prévision : la saison sera bonne, moyenne ou mauvaise. À quelques centaines de kilomètres de là, dans les <a href="https://agrhymet.cilss.int/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">centres de calcul du Centre régional AGRHYMET à Niamey</a>, des climatologues alimentent des modèles de circulation générale de l&rsquo;atmosphère avec des données satellitaires sur la température des océans. Deux mondes, deux méthodologies — et, de plus en plus, une convergence troublante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une convergence documentée par la recherche</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le programme de recherche du CGIAR sur le changement climatique, l&rsquo;agriculture et la sécurité alimentaire (<a href="https://ccafs.cgiar.org/fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CCAFS</a>) a documenté ce phénomène à partir du cas du Yatenga : les prévisions paysannes, fondées sur des indicateurs naturels observés de génération en génération, produisent des résultats très proches des prévisions météorologiques officielles. Selon le CCAFS, il existe une certaine convergence entre les prévisions populaires et les prévisions scientifiques, suffisamment significative pour que des programmes de recherche consacrent des moyens à l&rsquo;étudier plutôt qu&rsquo;à l&rsquo;ignorer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une&nbsp;<a href="https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/2022-09/010085801.pdf">étude menée dans la région de Zinder</a>, au Niger, a précisément cherché à confronter les deux approches. Les chercheurs y ont interrogé vingt chefs de ménage dans chacune des huit communes rurales du département de Mirriah, tous âgés de trente ans et plus afin de capter une mémoire climatique longue. Leurs témoignages ont ensuite été comparés statistiquement aux données agro-climatiques mesurées sur soixante années. Le constat est sans ambiguïté : les paysans interrogés utilisent des indicateurs atmosphériques précis — le comportement des vents, la couleur des nuages — ainsi que des indicateurs environnementaux, tels que la migration et la nidification des oiseaux ou la feuillaison de certaines espèces végétales, pour définir leur calendrier agricole et anticiper la productivité de la saison à venir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La même étude apporte une donnée glaçante sur l&rsquo;évolution du climat sahélien : la fréquence des saisons agricoles dites «&nbsp;<em>longues</em>&nbsp;» n&rsquo;est plus que de 16 % aujourd&rsquo;hui, contre 75 % avant la rupture climatique de 1967. Une bascule documentée scientifiquement, mais que les paysans avaient déjà intégrée à leur vécu, génération après génération, bien avant qu&rsquo;elle ne soit formalisée par les statisticiens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La machine scientifique : un dispositif régional de plus en plus précis</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté institutionnel, le dispositif s&rsquo;est considérablement structuré. Chaque année depuis plus de deux décennies, le Forum régional des prévisions saisonnières agro-hydro-climatiques (<a href="https://fsrp.araa.org/fr/actualites/communique-final-du-forum-2026-des-previsions-saisonnieres-des-caracteristiques-agro" target="_blank" rel="noreferrer noopener">PRESASS</a>) réunit les services météorologiques et hydrologiques nationaux des dix-sept pays d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest et du Sahel, sous l&rsquo;égide du Centre climatique régional AGRHYMET et de <a href="https://wmo.int/fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;Organisation météorologique mondiale</a>. <a href="https://agrhymet.cilss.int/2025/03/18/annonce-officielle-edition-2025-forum-regional-des-previsions-saisonnieres-agro-hydro-climatiques-pour-les-zones-sahelienne-et-soudanienne-presass/">L&rsquo;édition 2025 s&rsquo;est tenue à Bamako du 21 au 25 avril</a>, en partenariat avec Mali-Météo ; <a href="https://gwpo-gwp.org/afrique-ouest/fr/news/presass-2026-perspectives-climatologiques-et-engagement-strategique-du-gwp-ao/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;édition 2026</a> s&rsquo;est déroulée à N&rsquo;Djaména, du 20 au 24 avril, réunissant les experts climatiques de toute la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conclusions du forum PRESASS 2026 illustrent la finesse atteinte par ces prévisions scientifiques : pour la saison des pluies 2026, des cumuls pluviométriques excédentaires à moyens sont attendus dans le Sahel Centre et Est — Niger, Tchad, Nord du Nigeria —, tandis que des précipitations normales à déficitaires sont anticipées dans le Sahel Ouest et la zone soudanienne, incluant l&rsquo;Ouest du Mali, le Sénégal et la Guinée-Bissau. Les dates de démarrage de la saison agricole, les séquences sèches et les écoulements des principaux bassins fluviaux font l&rsquo;objet de projections différenciées selon les zones.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce niveau de granularité, impossible à atteindre par la seule observation empirique villageoise, repose sur l&rsquo;analyse des températures de surface des océans, des modèles statistiques régionaux et des données collectées par les services météorologiques et hydrologiques nationaux. Mais ces mêmes services reconnaissent volontiers, dans leurs propres communiqués, que leurs prévisions intègrent aussi les connaissances issues du terrain — preuve que la complémentarité, plutôt que la concurrence, s&rsquo;impose progressivement comme doctrine.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi les savoirs locaux gagnent en crédibilité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Des travaux menés au Burkina Faso ont montré que <a href="https://climatoscope.ca/les-savoirs-endogenes-et-locaux-au-service-de-ladaptation-aux-changements-climatiques/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;intégration des savoirs intrinsèques des paysans</a> en matière de climat dans les approches scientifiques et opérationnelles permet de gagner la confiance et l&rsquo;adhésion des populations face aux défis climatiques et environnementaux. Ce n&rsquo;est pas un détail anecdotique : dans des zones où l&rsquo;alphabétisation reste limitée et où l&rsquo;accès aux bulletins météorologiques officiels demeure inégal, un indicateur traditionnel relayé par un chef de village peut atteindre une audience que ne touchera jamais une prévision diffusée uniquement par voie institutionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des chercheurs ayant étudié les <a href="https://shs.hal.science/halshs-02354373v1/document" target="_blank" rel="noreferrer noopener">perceptions climatiques des populations riveraines</a> de zones forestières en Afrique centrale relèvent des indicateurs convergents d&rsquo;une région à l&rsquo;autre : baisse du volume des pluies, dérèglement du calendrier saisonnier, irrégularité des précipitations, multiplication des poches de sécheresse en pleine saison. Cette concordance entre observations paysannes recueillies à des milliers de kilomètres de distance constitue, pour la communauté scientifique, un argument fort en faveur de la fiabilité de ces savoirs empiriques accumulés sur plusieurs générations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://ier.ml/admin/documents/Coulibaly%20et%20al%202022_Les%20strat%C3%A9gies%20d%E2%80%99adaptation%20au%20changement%20climatique%20par%20les.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">chercheur malien Namanké Kanté</a>, cité dans plusieurs travaux universitaires sur l&rsquo;adaptation climatique, insiste sur ce point : pour que les populations rurales adhèrent réellement aux actions locales d&rsquo;adaptation, ces initiatives doivent intégrer leurs savoirs endogènes plutôt que de les contourner. Une politique climatique imposée depuis Bamako, Niamey ou Ouagadougou sans dialogue avec les savoirs villageois s&rsquo;expose, selon cette analyse, à un risque élevé de rejet ou d&rsquo;application partielle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les limites d&rsquo;un savoir mis à l&rsquo;épreuve par l&rsquo;accélération climatique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette convergence entre science et tradition ne doit toutefois pas masquer une réalité plus inquiétante : le dérèglement climatique en cours fragilise la fiabilité même des indicateurs traditionnels. <a href="https://hal.science/hal-03769279v1/document" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L&rsquo;étude de la région de Zinder</a> le montre noir sur blanc — le début de la saison agricole est devenu très variable et intervient de plus en plus tardivement, tandis que la durée des saisons continue de se raccourcir. Or les indicateurs paysans ont été calibrés sur des décennies, voire des siècles, de régularité climatique relative. Quand le climat change plus vite que la mémoire collective ne peut s&rsquo;adapter, l&rsquo;avantage comparatif du savoir traditionnel s&rsquo;érode.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément ce qui justifie, pour les chercheurs, l&rsquo;urgence de bâtir des dispositifs hybrides plutôt que de choisir entre les deux approches. Un <a href="https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/divers20-06/010078505.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article de référence publié par l&rsquo;IRD</a> souligne que la prévisibilité des faux départs de saison agricole — ces premières pluies trompeuses qui poussent les paysans à semer avant l&rsquo;installation réelle de la saison — dépend de facteurs dynamiques et thermodynamiques complexes de l&rsquo;atmosphère, dont l&rsquo;identification précise nécessite des moyens scientifiques que seule la modélisation climatique peut fournir. Mais cette modélisation, pour être utile sur le terrain, doit ensuite être traduite et articulée avec les calendriers et les pratiques que les communautés rurales connaissent et appliquent déjà.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une climatologie à deux voix</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le forum PRESASS, dans ses communiqués officiels les plus récents, reconnaît explicitement que ses prévisions saisonnières sont élaborées sur la base d&rsquo;analyses combinant la situation actuelle, les évolutions probables des températures océaniques, les modèles statistiques issus des services météorologiques nationaux — et les connaissances locales. Cette mention, loin d&rsquo;être protocolaire, traduit une évolution réelle de la doctrine scientifique régionale : les savoirs paysans ne sont plus traités comme un folklore résiduel à dépasser, mais comme une source d&rsquo;information à part entière, à valider, affiner et croiser avec les outils de la météorologie moderne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Sahel, où l&rsquo;agriculture pluviale reste la principale source de subsistance pour une majorité de la population rurale, la question n&rsquo;est donc plus de savoir qui, des anciens ou des climatologues, lit le mieux le ciel. Elle est de construire les passerelles institutionnelles — radios rurales, plateformes d&rsquo;interface utilisateurs, ateliers de restitution villageois — capables de faire dialoguer ces deux mémoires du climat avant que l&rsquo;accélération du dérèglement ne rende l&rsquo;une d&rsquo;elles obsolète sans que l&rsquo;autre ait eu le temps de prendre pleinement le relais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Crise énergétique : à Montréal, des dizaines de pays misent sur l’efficacité énergétique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 14:50:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Climat et environnement]]></category>
		<category><![CDATA[AIE]]></category>
		<category><![CDATA[crise énergétique]]></category>
		<category><![CDATA[détroit d’Ormuz]]></category>
		<category><![CDATA[efficacité énergétique]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal 2026]]></category>
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<p>Réunis à Montréal, des dizaines de pays ont adopté une déclaration portée par l’AIE pour accélérer l’efficacité énergétique face à la crise provoquée par la fermeture du détroit d’Ormuz, avec en ligne de mire la COP31.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réunis le 29 juin 2026 à l&rsquo;occasion de la 11e Conférence mondiale sur l&rsquo;efficacité énergétique de l&rsquo;AIE, des dizaines de gouvernements ont signé une déclaration commune érigeant l&rsquo;efficacité énergétique en pierre angulaire de leur politique. Un engagement pris alors que la fermeture du détroit d&rsquo;Ormuz fait vaciller les marchés mondiaux de l&rsquo;énergie pour la deuxième fois en quatre ans.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un mot qui ne fait pas vibrer les foules — ni les marchés. L&rsquo;«&nbsp;<em>efficacité énergétique&nbsp;</em>» n&rsquo;a ni le panache des renouvelables ni le drame géopolitique du pétrole. Et pourtant, c&rsquo;est elle que des dizaines de gouvernements du monde entier ont choisi de placer au centre de leur réponse à la crise énergétique qui secoue la planète depuis la fermeture du détroit d&rsquo;Ormuz. Réunis ce 29 juin 2026 à Montréal pour la 11e Conférence mondiale annuelle sur l&rsquo;efficacité énergétique de l&rsquo;Agence internationale de l&rsquo;énergie (AIE), coorganisée par le gouvernement du Canada, ministres et hauts fonctionnaires de tous les continents ont signé une déclaration commune actant un engagement directionnel fort : faire de la sobriété énergétique la pierre angulaire de la politique énergétique mondiale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une crise qui rappelle les années 1970</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le contexte de cette déclaration n&rsquo;a rien d&rsquo;anodin. Quatre ans après le choc énergétique provoqué par l&rsquo;invasion russe de l&rsquo;Ukraine, le monde affronte une nouvelle perturbation majeure de ses marchés de l&rsquo;énergie, cette fois liée au conflit au Moyen-Orient et à la fermeture du détroit d&rsquo;Ormuz. Les gouvernements réunis à Montréal ont explicitement établi ce lien : les récentes perturbations ont renforcé la nécessité d&rsquo;accélérer l&rsquo;efficacité énergétique comme l&rsquo;un des moyens les plus rapides de réduire les coûts, renforcer la sécurité énergétique et limiter l&rsquo;exposition à la volatilité future des marchés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le parallèle avec les chocs pétroliers des années 1970 est explicitement revendiqué par l&rsquo;AIE elle-même. Ces crises avaient entraîné, à l&rsquo;époque, des transformations profondes et durables dans la manière dont les économies occidentales consommaient l&rsquo;énergie — isolation des bâtiments, normes de consommation automobile, sobriété industrielle. L&rsquo;agence veut faire de la crise actuelle un nouveau catalyseur de ce type de transformation, mais à l&rsquo;échelle mondiale et avec des outils numériques que les années 1970 ne connaissaient pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Comme les crises énergétiques successives l&rsquo;ont montré, l&rsquo;efficacité énergétique reste l&rsquo;un des outils les plus puissants dont disposent les gouvernements pour renforcer la sécurité énergétique, réduire les coûts et stimuler la compétitivité économique. Tout comme les crises pétrolières des années 1970 ont entraîné des améliorations majeures dans la façon dont l&rsquo;énergie est utilisée, la crise d&rsquo;aujourd&rsquo;hui devrait servir de catalyseur pour une action plus rapide sur l&rsquo;efficacité. »</em>, a indiqué Fatih Birol, directeur exécutif de l&rsquo;AIE, Montréal, 29 juin 2026</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Protéger les plus vulnérables, en priorité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte de la déclaration ne se limite pas aux grands principes. Il identifie une cible prioritaire : les ménages vulnérables et les petites et moyennes entreprises, identifiés comme souvent parmi les plus durement touchés par la volatilité des prix de l&rsquo;énergie. Les gouvernements signataires se sont engagés à garantir que tous puissent accéder aux bénéfices de l&rsquo;efficacité énergétique — formule qui, en creux, reconnaît que les politiques de transition énergétique ont parfois eu tendance à bénéficier davantage aux ménages aisés, capables d&rsquo;investir dans l&rsquo;isolation ou les équipements performants, qu&rsquo;aux populations précaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les centres de données, nouveau front de la sobriété</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un des axes les plus actuels de la déclaration concerne l&rsquo;efficacité des centres de données — infrastructures dont la consommation électrique explose avec le développement de l&rsquo;intelligence artificielle. Le rapport publié en mai 2026 par l&rsquo;AIE sur l&rsquo;investissement énergétique mondial avait déjà souligné ce phénomène : les commandes de nouvelles centrales à gaz ont atteint en 2025 leur plus haut niveau depuis 25 ans, en partie pour répondre aux besoins des centres de données. Intégrer ces infrastructures dans l&rsquo;agenda de l&rsquo;efficacité énergétique est une reconnaissance implicite que la révolution de l&rsquo;IA a un coût énergétique qu&rsquo;il faut désormais maîtriser activement, et non plus simplement subir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers la COP31 : un objectif contraignant pour les bâtiments</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;annonce la plus concrète de la conférence de Montréal concerne la suite du processus international. La présidence de la COP31 — qui se tiendra à Antalya, en Turquie, plus tard cette année — a chargé l&rsquo;AIE de produire un rapport spécial destiné à soutenir l&rsquo;élaboration d&rsquo;un objectif international d&rsquo;efficacité énergétique pour les bâtiments. Le secteur du bâtiment, responsable d&rsquo;environ 30 % de la consommation énergétique mondiale selon les estimations de l&rsquo;AIE, reste l&rsquo;un des gisements d&rsquo;économies les plus sous-exploités à l&rsquo;échelle planétaire — isolation insuffisante, systèmes de chauffage et de climatisation obsolètes, manque de réglementation contraignante dans de nombreux pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que ce mandat soit confié à l&rsquo;AIE en amont de la COP31 indique que les négociateurs climatiques internationaux veulent transformer l&rsquo;élan politique de Montréal en obligation concrète d&rsquo;ici la fin de l&rsquo;année. Reste à savoir si la déclaration commune, dépourvue de caractère contraignant, débouchera sur des politiques nationales réellement mises en œuvre — l&rsquo;histoire des engagements climatiques internationaux invite à la prudence sur ce point.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le Canada construit une économie concurrentielle sur le plan climatique qui mène la transition mondiale vers le zéro net. Améliorer l&rsquo;efficacité dans tous les secteurs signifie de réelles économies pour les Canadiens et une économie plus résiliente pour nous tous. »</em>, a expliqué Julie Dabrusin, ministre canadienne de l&rsquo;Environnement, du Changement climatique et de la Nature, Montréal, 29 juin 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les pays du Sud, dont beaucoup peinent à financer ne serait-ce que l&rsquo;accès de base à l&rsquo;électricité, l&rsquo;agenda de l&rsquo;efficacité énergétique pose une question structurelle : comment rendre des systèmes énergétiques plus efficaces quand l&rsquo;enjeu premier reste d&rsquo;abord de les construire ? La réponse de l&rsquo;AIE, esquissée dans plusieurs de ses rapports récents, est que l&rsquo;efficacité doit être intégrée dès la conception des nouvelles infrastructures plutôt que d&rsquo;être ajoutée a posteriori — une approche qui pourrait permettre aux économies émergentes d&rsquo;éviter les inefficacités historiquement accumulées par les pays industrialisés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Transition énergétique : derrière les promesses mondiales, 655 millions de personnes attendent toujours la lumière</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jun 2026 08:44:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Climat et environnement]]></category>
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<p>655 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité dans le monde. Le rapport Tracking SDG 7 alerte sur le retard énergétique mondial, notamment en Afrique subsaharienne.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que la transition énergétique s’impose comme un enjeu majeur du XXIᵉ siècle, le monde reste loin de son objectif d’un accès universel à l’énergie. Un rapport conjoint de l’AIE, de l’ONU, de la Banque mondiale, de l’IRENA et de l’OMS révèle que 655 millions de personnes vivent encore sans électricité, dont l’immense majorité en Afrique subsaharienne. Pour atteindre l’Objectif de développement durable n°7 d’ici 2030, le rythme actuel d’électrification devra être multiplié par trois.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le constat est accablant. Alors que la planète multiplie les sommets climatiques et les promesses de transition énergétique, 655 millions d&rsquo;êtres humains n&rsquo;ont toujours pas accès à l&rsquo;électricité. Et deux milliards d&rsquo;autres cuisinent encore avec des combustibles polluants — bois, charbon de bois, kérosène — au péril de leur santé. Ces chiffres sont tirés de la dernière édition du rapport&nbsp;<em>Tracking SDG 7: The Energy Progress Report,</em>&nbsp;publié le 24 juin 2026 par cinq grandes institutions internationales : l&rsquo;Agence internationale de l&rsquo;énergie (AIE), l&rsquo;IRENA, la Division statistique de l&rsquo;ONU, la Banque mondiale et l&rsquo;OMS.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière les moyennes mondiales flatteuses — 92 % de taux d&rsquo;accès à l&rsquo;électricité dans le monde, plus de 30 % d&rsquo;électricité d&rsquo;origine renouvelable —, se cache une réalité géographique brutale. L&rsquo;Afrique subsaharienne concentre à elle seule plus de 560 millions de personnes sans électricité et 970 millions sans accès à une énergie propre pour cuisiner. Une disproportion qui n&rsquo;est pas nouvelle, mais qui s&rsquo;aggrave.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un rythme trois fois trop lent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport est sans ambiguïté sur le diagnostic : si rien ne change, l&rsquo;ODD 7 — garantir un accès universel à une énergie abordable, fiable, durable et moderne d&rsquo;ici à 2030 — ne sera pas atteint. Pour y parvenir, il faudrait tripler le rythme actuel d&rsquo;électrification, soit passer de moins de 0,5 % de progression annuelle à 1,3 %. En Afrique subsaharienne, le déficit rural s&rsquo;est même creusé, passant de 376 millions de personnes non raccordées en 2010 à 447 millions en 2024. Le continent avance, mais moins vite que sa démographie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chiffre qui illustre le mieux cette fracture : dans les pays à revenu élevé, la capacité installée en énergies renouvelables atteint 1 224 watts par habitant. Dans les pays à faible revenu, elle plafonne à 33,6 watts. Soit un écart de 1 à 36.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un problème de prix autant que d&rsquo;infrastructure</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des enseignements les plus saillants du rapport est que l&rsquo;absence d&rsquo;électricité n&rsquo;est plus seulement une question d&rsquo;infrastructure. Même là où le réseau existe, des millions de ménages ne peuvent pas se permettre de s&rsquo;y connecter. Les frais de raccordement, le câblage intérieur, les abonnements de base : autant de barrières financières qui condamnent les plus pauvres à rester dans l&rsquo;obscurité. Le rapport plaide pour des subventions ciblées, des mécanismes de financement innovants et des solutions décentralisées — solaire hors réseau, mini-réseaux — qui permettent un accès à moindre coût.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur ce point, les progrès sont réels. Les énergies renouvelables distribuées touchent déjà des centaines de millions de personnes dans les zones rurales les plus reculées. L&rsquo;électricité, le bioéthanol et le biogaz gagnent du terrain comme alternatives propres pour cuisiner. Mais le rythme reste insuffisant face à l&rsquo;ampleur du défi.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le financement international se défile</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Autre signal inquiétant : les flux financiers internationaux publics en faveur des énergies propres dans les pays les moins avancés ont chuté de 11 % entre 2023 et 2024, pour s&rsquo;établir à 3,7 milliards de dollars. À l&rsquo;heure où les pays riches proclament leur engagement pour la transition énergétique mondiale, ce recul est paradoxal — et politiquement difficile à justifier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au total, le financement public international des énergies propres dans les pays en développement n&rsquo;a progressé que marginalement, passant de 24,4 à 24,6 milliards de dollars entre 2023 et 2024. Et 80 % de ces flux prennent la forme de dette — dans des pays déjà étranglés par des taux d&rsquo;intérêt élevés. Les subventions ne représentent que 13 % du total, les prises de participation et les garanties de risques, moins de 10 %.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Trois millions de morts par an : l&rsquo;impératif sanitaire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport rappelle une réalité trop souvent occultée dans les débats sur la transition énergétique : la pollution de l&rsquo;air intérieur liée aux combustibles de cuisson tue environ trois millions de personnes chaque année. Un bilan que l&rsquo;OMS qualifie d&rsquo; «&nbsp;<em>impératif fondamental pour la santé&nbsp;</em>». Les victimes sont majoritairement des femmes et des enfants, exposés des heures durant aux fumées toxiques dans des espaces confinés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faute de politiques plus ambitieuses, 1,8 milliard de personnes pourraient encore cuire leurs aliments avec des combustibles polluants en 2030. Et le nombre de personnes sans accès à l&rsquo;énergie propre pour cuisiner en Afrique subsaharienne devrait franchir le seuil du milliard dès 2027.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les renouvelables progressent, mais inégalement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le tableau n&rsquo;est pas entièrement sombre. Les énergies renouvelables représentent désormais plus de 30 % de la consommation mondiale d&rsquo;électricité, et la capacité installée a atteint 544 watts par personne dans le monde — un record. Le rendement énergétique s&rsquo;améliore, à 3,76 mégajoules par dollar de PIB. Mais ces indicateurs globaux masquent des réalités très disparates, et leur rythme de progression reste en deçà des cibles fixées par l&rsquo;ODD 7.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport sera présenté le 8 juillet 2026, en marge du Forum politique de haut niveau sur le développement durable à New York. Un rendez-vous où les États seront une nouvelle fois appelés à transformer leurs engagements en actes — et à répondre à une question simple : peut-on se satisfaire, à quatre ans de 2030, de laisser 655 millions de personnes dans le noir ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport&nbsp;<em>Tracking SDG 7: The Energy Progress Report</em>&nbsp;est une publication annuelle coproduite par l&rsquo;AIE, l&rsquo;IRENA, la Division de statistique de l&rsquo;ONU (DESA), la Banque mondiale et l&rsquo;OMS. L&rsquo;édition 2026, présentant les données 2023-2024, a été dirigée par la DESA. Elle constitue le principal outil de suivi international des progrès vers l&rsquo;objectif de développement durable n°7.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Burkina Faso : Ibrahim Traoré mobilise les citoyens pour reverdir le pays lors de la Journée nationale de l’Arbre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jun 2026 09:18:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Climat et environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Burkina Faso]]></category>
		<category><![CDATA[changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Ibrahim traoré]]></category>
		<category><![CDATA[Journée nationale de l'Arbre]]></category>
		<category><![CDATA[Ma concession mon arbre]]></category>
		<category><![CDATA[reboisement]]></category>
		<category><![CDATA[résilience]]></category>
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<p>À l’occasion de la 8e Journée nationale de l’Arbre, le président burkinabè Ibrahim Traoré a appelé chaque citoyen à planter et entretenir un arbre. Une initiative placée sous le thème « Ma concession, mon arbre » pour renforcer la résilience environnementale du Burkina Faso.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À l’occasion de la 8e Journée nationale de l’Arbre, le président burkinabè Ibrahim Traoré a appelé chaque citoyen à planter et entretenir un arbre. Une initiative placée sous le thème « Ma concession, mon arbre » pour renforcer la résilience environnementale du Burkina Faso.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Planter un arbre, c&rsquo;est contribuer à la vie de l&rsquo;humanité entière.</em>&nbsp;» C&rsquo;est par ces mots que le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a clôturé son intervention ce samedi, après avoir lui-même mis en terre son arbre à l&rsquo;occasion de la 8e édition de la Journée nationale de l&rsquo;Arbre. Une cérémonie placée, cette année, sous le thème «&nbsp;<em>Ma concession, mon arbre&nbsp;</em>», et à laquelle le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a également pris part en plantant le sien.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un geste présidentiel, un message écologique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du symbole, le chef de l&rsquo;État a tenu à justifier l&rsquo;importance de l&rsquo;acte. «&nbsp;<em>Planter un arbre, c&rsquo;est un acte très important</em>&nbsp;», a-t-il déclaré, énumérant les fonctions vitales de l&rsquo;arbre : nourrir les hommes et les animaux, offrir de l&rsquo;ombrage, assurer l&rsquo;équilibre écologique, embellir l&rsquo;environnement, et soigner les êtres humains comme les animaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est toutefois par une image inattendue que le capitaine Traoré a frappé les esprits, en reliant le sort des arbres à celui des abeilles. Selon lui, les fleurs des arbres nourrissent les abeilles par leur nectar et leur pollen, alors que ces insectes assurent l&rsquo;essentiel de la pollinisation sur Terre. Sa conclusion se voulait sans appel : sans arbres, pas d&rsquo;abeilles ; sans abeilles, plus de nourriture possible pour l&rsquo;humanité. Un raisonnement qui l&rsquo;a conduit à renouveler son appel à chaque Burkinabè à planter et entretenir au moins un arbre, «&nbsp;<em>pour que cet arbre puisse servir l&rsquo;humanité</em>&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Premier ministre relaie l&rsquo;appel présidentiel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À sa suite, le Premier ministre a lui aussi planté son arbre, traduisant en acte l&rsquo;appel lancé par le chef de l&rsquo;État. Pour le chef du gouvernement, le thème retenu cette année, «&nbsp;<em>Ma concession, mon arbre</em>&nbsp;», rappelle que la protection de l&rsquo;environnement commence d&rsquo;abord dans chaque foyer : planter et entretenir un arbre dans sa propre concession relève, selon lui, d&rsquo;une responsabilité à la fois individuelle, familiale, communautaire et intergénérationnelle. Chaque concession, a-t-il insisté, doit devenir un lieu d&rsquo;engagement concret pour un Burkina Faso plus vert, plus sain et plus résilient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Premier ministre a par ailleurs salué la vision du président Traoré, qui place selon lui la reconquête environnementale au cœur même de la construction nationale. Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, la dégradation des terres et les défis liés à la sécurité alimentaire, l&rsquo;arbre est présenté par l&rsquo;exécutif burkinabè comme un allié stratégique pour renforcer la résilience des populations et consolider les bases du développement du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une journée instituée en symbole national</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Célébrée chaque année le 20 juin depuis huit éditions, la Journée nationale de l&rsquo;Arbre s&rsquo;est imposée, au fil du temps, comme un rendez-vous mobilisateur de l&rsquo;agenda environnemental burkinabè, où les plus hautes autorités de l&rsquo;État donnent elles-mêmes le ton en multipliant les gestes symboliques. Reste à savoir si cet élan, porté cette année par un slogan résolument tourné vers l&rsquo;échelle domestique, se traduira par une appropriation durable du geste au sein des foyers burkinabè, dans un pays où la pression sur les ressources naturelles ne cesse de s&rsquo;accentuer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>FIFA et climat : pourquoi la Coupe du monde 2026 pourrait être la plus polluante de l’histoire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Climat et environnement]]></category>
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<p>Un rapport du New Weather Institute accuse la FIFA d’alimenter la crise climatique. La Coupe du monde 2026 pourrait générer plus de 9 millions de tonnes de CO₂, tandis que le partenariat avec Aramco est vivement critiqué.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Un rapport publié en juillet 2025 par le New Weather Institute, en partenariat avec des scientifiques et des ONG environnementales, dresse un réquisitoire sévère contre la FIFA. La Coupe du monde 2026 en Amérique du Nord s&rsquo;annonce comme l&rsquo;événement sportif le plus polluant de l&rsquo;histoire, tandis que le partenariat avec Aramco génèrerait à lui seul plus d&rsquo;émissions que tout le tournoi.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le football est le sport le plus populaire de la planète. Mais selon un rapport accablant publié en juillet 2025 par le&nbsp;<em>New Weather Institute</em>, en collaboration avec&nbsp;<em>Scientists for Global Responsibility, l&rsquo;Environmental Defense Fund&nbsp;</em>et le réseau&nbsp;<em>Cool Down</em>, il pourrait aussi devenir l&rsquo;un des sports les plus dévastateurs pour le climat — du moins si la FIFA maintient la trajectoire qu&rsquo;elle a choisie. Le document, intitulé&nbsp;<em>FIFA&rsquo;s Climate Blind Spot</em>&nbsp;(«&nbsp;<em>L&rsquo;angle mort climatique de la FIFA</em>&nbsp;»), passe au crible les trois prochaines éditions de la Coupe du monde masculine — 2026 en Amérique du Nord, 2030 en Espagne-Portugal-Maroc, 2034 en Arabie saoudite — et conclut à une aggravation systématique de leur empreinte carbone.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le verdict central est sans appel : la Coupe du monde 2026, qui se joue depuis le 11 juin aux États-Unis, au Canada et au Mexique, générera au minimum&nbsp;9 millions de tonnes d&rsquo;équivalent CO₂&nbsp;— soit le double de la moyenne des quatre tournois précédents (2010-2022). Un record absolu pour un événement sportif, qui s&rsquo;explique principalement par l&rsquo;expansion du nombre d&rsquo;équipes, passé de 32 à 48, et les immenses distances séparant les villes hôtes sur un continent de 5 000 kilomètres d&rsquo;est en ouest.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le transport aérien, principal coupable</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport décompose les sources d&rsquo;émissions avec précision. Sur les 9,02 millions de tonnes de CO₂e attribuées au tournoi 2026,&nbsp;7,72 millions proviennent du seul transport aérien&nbsp;— soit quatre fois plus que la moyenne historique. L&rsquo;absence de réseaux ferroviaires à grande vitesse entre les villes hôtes nord-américaines rend l&rsquo;avion incontournable pour les équipes, les officiels, les médias et les millions de supporters. Faute d&rsquo;alternative, l&rsquo;organisation a conçu un «&nbsp;<em>tour climatique de la vulnérabilité</em>&nbsp;» selon les auteurs du rapport, en programmant des matchs dans les zones les plus exposées de l&rsquo;Amérique du Nord pendant leur saison la plus dangereuse — chaleur extrême, ouragans, incendies de forêt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres pourraient même être bien plus élevés. Des recherches scientifiques récentes suggèrent que l&rsquo;effet chauffant des émissions aériennes en haute altitude est trois fois supérieur au seul CO₂. En appliquant ce coefficient, les émissions du tournoi 2026 pourraient atteindre&nbsp;15 millions de tonnes&nbsp;— l&rsquo;équivalent de 3,25 millions de voitures américaines roulant pendant un an.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Aramco, le partenaire qui pèse plus que le tournoi</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport réserve ses critiques les plus vives au partenariat commercial signé entre la FIFA et Aramco, la compagnie pétrolière d&rsquo;État saoudienne, pour la Coupe du monde 2026. Appliquant une méthodologie économique pour calculer les «&nbsp;<em>émissions induites</em>&nbsp;» par la publicité — soit les volumes supplémentaires de carburant fossile consommés grâce à la visibilité accrue du sponsor —, les auteurs estiment que ce seul deal générerait environ&nbsp;30 millions de tonnes de CO₂e, soit plus de trois fois les émissions directes du tournoi lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette conclusion est particulièrement embarrassante au moment où la FIFA prétend mener une politique climatique ambitieuse. Lancée lors de la COP26 en 2021, sa stratégie promettait de réduire de 50 % ses émissions organisationnelles d&rsquo;ici 2030 et d&rsquo;atteindre la neutralité carbone en 2040. Mais selon les auteurs, seules 2 des 18 actions prévues ont été menées à bien, 2 autres n&rsquo;ont enregistré que des progrès limités, et 14 n&rsquo;ont enregistré aucun progrès visible — soit un taux d&rsquo;exécution de 11 % en trois ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Maroc 2030 : un bilan plus favorable, mais fragile</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce tableau sombre, l&rsquo;édition 2030 — dont une partie se jouera au Maroc, en Espagne et au Portugal, avec trois matches symboliques en Amérique du Sud — apparaît comme la moins polluante des trois tournois à venir, avec une empreinte estimée à&nbsp;6,09 millions de tonnes de CO₂e, en hausse de 29 % par rapport à la moyenne historique mais nettement en deçà de 2026 et 2034.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette relative sobriété s&rsquo;explique par plusieurs facteurs : la proximité géographique entre les pays hôtes européens et africains, l&rsquo;hypothèse que les supporters voyageront en surface entre l&rsquo;Espagne, le Portugal et le Maroc, et la construction d&rsquo;un seul nouveau stade — à Casablanca. Pour l&rsquo;Afrique, l&rsquo;organisation de matchs au Maroc représente une occasion historique de positionner le continent comme hôte d&rsquo;un Mondial, dans une configuration qui permet de limiter l&#8217;empreinte carbone. Le rapport ne manque pas de souligner, cependant, que les trois matches en Amérique du Sud ajoutent une dimension intercontinentale dont l&rsquo;impact climatique risque d&rsquo;être sous-estimé.</p>



<figure class="wp-block-table"><div class="pcrstb-wrap"><table class="has-fixed-layout"><thead><tr><td><strong>SOURCE</strong><strong></strong></td><td><strong>2010-22 (MOY.)</strong><strong></strong></td><td><strong>2026 AMÉR. NORD</strong><strong></strong></td><td><strong>2030 ESPAGNE-MAROC</strong><strong></strong></td><td><strong>2034 ARABIE SAOUDITE</strong><strong></strong></td></tr></thead><tbody><tr><td>Transport aérien</td><td>1,82 Mt</td><td><strong>7,72 Mt</strong><strong></strong></td><td>4,78 Mt</td><td>4,75 Mt</td></tr><tr><td>Construction stades</td><td>1,89 Mt</td><td>0,00 Mt</td><td>0,27 Mt</td><td><strong>2,97 Mt</strong><strong></strong></td></tr><tr><td>Autres sources</td><td>1,00 Mt</td><td>1,30 Mt</td><td>1,04 Mt</td><td>0,83 Mt</td></tr><tr><td><strong>Total</strong></td><td><strong>4,71 Mt</strong></td><td><strong>9,02 Mt (+92 %)</strong><strong></strong></td><td><strong>6,09 Mt (+29 %)</strong></td><td><strong>8,55 Mt (+82 %)</strong><strong></strong></td></tr></tbody></table></div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>2034 en Arabie saoudite : le pire encore à venir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le tournoi 2034, attribué à l&rsquo;Arabie saoudite dans des conditions que le rapport qualifie de «&nbsp;<em>processus d&rsquo;appel d&rsquo;offres précipité et opaque</em>&nbsp;», est décrit comme potentiellement le plus controversé de l&rsquo;histoire de la compétition. Avec des températures estivales extrêmes obligeant à programmer les matches en novembre-décembre, et la nécessité de construire&nbsp;11 nouveaux stades, les émissions liées à la construction seront les plus élevées jamais enregistrées pour un Mondial — 2,97 millions de tonnes, dépassant même la moyenne historique toutes sources confondues. Le rapport évoque un risque de «&nbsp;<em>sportswashing</em>&nbsp;» — l&rsquo;utilisation d&rsquo;un événement mondial pour redorer l&rsquo;image d&rsquo;un pays tout en contribuant à la crise climatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les stades en danger : chaleur, inondations, incendies</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des émissions globales, le rapport évalue les risques climatiques spécifiques aux 16 stades de la Coupe du monde 2026 selon trois critères : stress thermique, risque d&rsquo;inondation et exposition aux événements climatiques extrêmes. Le résultat est alarmant : la moitié des enceintes (8 sur 16) nécessitent une intervention environnementale immédiate, et 4 sont classées en «&nbsp;<em>intervention critique&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">NRG Stadium à Houston enregistre l&rsquo;indice WBGT le plus élevé — 28,96 °C en juillet, au-dessus du seuil de 27,78 °C au-delà duquel les médecins sportifs recommandent l&rsquo;arrêt des activités athlétiques. AT&amp;T Stadium à Dallas connaît en moyenne 37 jours par an au-dessus de 35 °C. Hard Rock Stadium à Miami est exposé à un risque d&rsquo;inondation critique et à la saison des ouragans. SoFi Stadium à Los Angeles fait face à la double menace chaleur-incendies de forêt. Pour répondre à ces risques dans les six stades les plus exposés, le rapport chiffre les investissements nécessaires à&nbsp;171 millions de dollars.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que ce rapport dit à l’Afrique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l&rsquo;Afrique, ce rapport est à double lecture. D&rsquo;un côté, il valide le choix du Maroc comme co-hôte 2030 : parmi les trois prochains tournois, c&rsquo;est celui qui génère le moins d&rsquo;émissions, notamment parce que la proximité géographique réduit la dépendance à l&rsquo;avion. De l&rsquo;autre, il soulève une question structurelle : comment le continent africain — qui contribue le moins aux émissions mondiales mais subit de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique — peut-il peser sur la gouvernance d&rsquo;une organisation comme la FIFA pour que ses choix de sites et de format intègrent enfin la réalité climatique ? Le rapport formule des recommandations concrètes : revenir à 32 équipes, abandonner les sponsors pétroliers, abaisser les seuils de capacité des stades pour limiter les nouvelles constructions, et instaurer un cadre de gouvernance climatique contraignant avec des pénalités financières allant jusqu&rsquo;à 50 millions de dollars.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La FIFA, qui dispose d&rsquo;un budget de 11 milliards de dollars pour la période 2023-2026, ne peut invoquer un manque de moyens pour justifier son inaction. Les auteurs du rapport l&rsquo;accusent d&rsquo;un «&nbsp;<em>vide de gouvernance</em>&nbsp;» profond et d&rsquo;une résistance structurelle à toute réforme. En juin 2023, la Commission suisse pour la loyauté avait déjà infligé un «&nbsp;<em>carton rouge</em>&nbsp;» à l&rsquo;organisation pour avoir affirmé que la Coupe du monde 2022 au Qatar était «&nbsp;<em>neutre en carbone</em>&nbsp;» — une affirmation jugée «&nbsp;<em>fausse et trompeuse</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La «&nbsp;<em>belle époque</em>&nbsp;» du football mondial, celle où l&rsquo;on pouvait organiser la fête du ballon sans compter les émissions, est peut-être révolue. La question est de savoir si la FIFA choisira d&rsquo;être à la hauteur de cette réalité — ou si elle continuera, comme ce rapport l&rsquo;accuse de le faire, d&rsquo;alimenter l&rsquo;incendie qu&rsquo;elle prétend éteindre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Pourquoi le Sahel ne pourra pas lutter contre le réchauffement sans réduire le charbon de bois</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Jun 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Au Mali et dans l’ensemble du Sahel, le charbon de bois demeure la principale source d’énergie domestique. Entre déforestation massive, désertification et difficultés de transition énergétique, enquête sur une menace majeure pour le climat et les populations.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Entre alternatives prometteuses et résistances profondes, la filière bois-énergie impose sa loi sur les écosystèmes sahéliens. Une urgence trop longtemps ignorée.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Bamako, à Niamey, à Ouagadougou, chaque matin recommence le même rituel : des femmes allument le feu. Des braises rougeoyantes, une marmite posée sur trois pierres ou dans un fourneau, et ce nuage âcre qui monte vers un ciel déjà trop chaud. Le charbon de bois est partout. Il cuit le riz, réchauffe le thé, fait griller la viande des gargotes de rue. Invisible dans sa banalité, il est pourtant l&rsquo;un des principaux moteurs de la destruction forestière au Sahel — et, avec elle, de la spirale climatique qui menace d&rsquo;engloutir la région tout entière.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une forêt qui recule, une demande qui explose</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres donnent le vertige. Selon la FAO,&nbsp;<a href="https://www.unep.org/fr/actualites-et-recits/recit/six-ans-apres-une-campagne-intensive-de-reboisement-les-pays-africains" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;Afrique subsaharienne perd chaque année environ 3,9 millions d&rsquo;hectares de forêts</a>&nbsp;— soit la superficie d&rsquo;un pays comme la Suisse disparaissant des cartes toutes les douze mois. Au Mali, le&nbsp;<a href="https://saheltribune.com/mali-le-vert-se-meurt/">taux de déforestation</a>&nbsp;annuel est estimé entre 100 000 et 200 000 hectares. Dans cette hémorragie silencieuse, la filière bois-énergie — charbon de bois et bois de chauffe confondus — est responsable de plus de 80 % de la consommation d&rsquo;énergie domestique. Non pas par goût du désastre, mais par nécessité absolue : en l&rsquo;absence d&rsquo;alternatives accessibles et abordables, des millions de familles sahéliennes n&rsquo;ont tout simplement pas d&rsquo;autre choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démographie amplifie la catastrophe. Le Sahel est l&rsquo;une des régions du monde où la population croît le plus vite. D&rsquo;ici 2050,&nbsp;<a href="https://mali.unfpa.org/fr/news/plus-de-50-millions-dhabitants-attendus-en-2050-selon-les-projections-demographiques-du-mali" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le Mali pourrait compter près de 45 millions</a>&nbsp;d&rsquo;habitants, contre 23 millions aujourd&rsquo;hui. Chaque naissance supplémentaire, chaque ménage qui se constitue en périphérie de Bamako, représente une demande de charbon de bois additionnelle. Les forêts, elles, ne poussent pas aussi vite que les hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe est vertigineux : le <a href="https://amzn.to/4eo3Pdz" target="_blank" rel="noreferrer noopener">charbon de bois</a> est à la fois symptôme et cause de la crise climatique sahélienne. La déforestation qu&rsquo;il provoque accélère la désertification, qui réduit les précipitations, qui fragilise l&rsquo;agriculture, qui appauvrit les populations, qui se tournent davantage vers le charbon de bois faute de ressources pour s&rsquo;en affranchir. Un cercle vicieux d&rsquo;une brutalité presque géométrique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une filière hors de tout contrôle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La production de charbon de bois au Sahel est une économie de l&rsquo;informalité totale. Les charbonniers — souvent des paysans sans terre, des migrants internes, des jeunes sans emploi — s&rsquo;enfoncent dans les derniers massifs forestiers avec leurs meules traditionnelles, produisant un charbon dont le&nbsp;<a href="https://www.fao.org/4/y4450f/y4450f05.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rendement énergétique ne dépasse pas 20 à 25 %</a>. Autrement dit, pour produire un sac de charbon, on brûle l&rsquo;équivalent de cinq sacs de bois. L&rsquo;inefficacité est structurelle, systémique, inscrite dans les gestes mêmes de la production.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les États sahéliens ont tenté d&rsquo;encadrer cette filière. Au Mali, des schémas directeurs d&rsquo;approvisionnement en bois (SDAB) ont été élaborés, des marchés ruraux de bois ont été créés pour donner aux communautés villageoises le contrôle de leurs ressources forestières. Sur le papier, la démarche est rationnelle. Sur le terrain, le bilan est mitigé : les marchés ruraux qui fonctionnent restent insuffisants pour endiguer la pression globale, et la chaîne de contrôle se rompt trop souvent faute de moyens humains et financiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut également nommer ce que l&rsquo;on tait trop souvent : le charbon de bois est une filière économique qui fait vivre des centaines de milliers de personnes — producteurs, transporteurs, grossistes, revendeuses. Toute politique de transition énergétique qui ne tient pas compte de cette réalité socioéconomique est condamnée à l&rsquo;échec, ou pire, à produire des injustices supplémentaires contre les plus pauvres.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les alternatives existent. Pourquoi peinent-elles à s&rsquo;imposer ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le gaz butane, d&rsquo;abord. Au Sénégal, des politiques volontaristes de subvention et de diffusion massive des réchauds à gaz ont permis de réduire significativement la dépendance au charbon de bois dans les zones urbaines. La Côte d&rsquo;Ivoire a suivi une trajectoire comparable. Mais au Mali, en raison de l&rsquo;enclavement, de la fragilité des circuits d&rsquo;approvisionnement et des perturbations sécuritaires qui compliquent la logistique, la pénétration du gaz domestique reste insuffisante. Le coût de la bonbonne reste prohibitif pour les ménages les plus vulnérables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les foyers améliorés, ensuite. Ces foyers à combustion optimisée — qui permettent de réduire de 40 à 60 % la consommation de charbon par rapport aux foyers traditionnels — ont fait l&rsquo;objet de nombreux programmes de promotion. Les résultats sont réels, mais limités : les usagères adoptent le foyer amélioré&#8230; puis reviennent parfois au foyer traditionnel, jugé plus polyvalent pour certains types de cuisson. La transition comportementale ne suit pas automatiquement la transition technique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a aussi les combustibles de substitution issus de la biomasse résiduelle : briquettes fabriquées à partir de tiges de coton, de balles de riz, de résidus agricoles. Des initiatives prometteuses ont vu le jour à Ségou, à Mopti, à Sikasso. Des jeunes entrepreneurs sahéliens se lancent dans cette filière verte avec une énergie remarquable. Mais les volumes restent confidentiels face à l&rsquo;immensité de la demande. Le marché du charbon de bois, lui, n&rsquo;attend pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, l&rsquo;énergie solaire. Le photovoltaïque se déploie à grande vitesse au Mali — panneaux sur les toits, kits solaires dans les villages, centrales hybrides financées par des partenaires internationaux. Mais l&rsquo;électricité solaire ne résout pas encore le problème de la cuisson. Les plaques électriques à induction demeurent trop énergivores pour les installations solaires domestiques de base. Des solutions de cuisson solaire existent, mais leur adoption à grande échelle reste un défi que la recherche et l&rsquo;ingénierie n&rsquo;ont pas encore pleinement résolu.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les résistances : économiques, culturelles, politiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parler de «&nbsp;<em>résistances</em>&nbsp;» au sujet du charbon de bois, c&rsquo;est d&rsquo;abord reconnaître que les populations ne sont pas irrationnelles. Elles calculent, comparent, anticipent. Le charbon de bois est disponible partout, à tout moment, en toute quantité. Il peut s&rsquo;acheter à la tasse, à la boîte de conserve, au demi-sac. Cette modularité extraordinaire en fait un carburant parfaitement adapté aux économies de survie, aux budgets journaliers, aux incertitudes des ménages précaires. Aucune alternative n&rsquo;offre, pour l&rsquo;instant, cette flexibilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les résistances sont aussi culturelles. Au Sahel, le charbon de bois n&rsquo;est pas un simple combustible : il est lié à des pratiques culinaires transmises de mère en fille, à des saveurs, à des textures, à des rituels sociaux. La cuisine au feu de bois ou au charbon a une odeur, une dimension sensorielle et mémorielle que le gaz ou l&rsquo;électricité ne reproduisent pas. Cette dimension est souvent négligée par les ingénieurs et les décideurs — mais elle pèse lourd dans les choix réels des ménages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a enfin les résistances politiques. La filière charbon de bois est une économie de rente pour de nombreux intermédiaires — commerçants influents, élus locaux, forces de contrôle aux barrages routiers. Toute réforme sérieuse de cette filière implique de bousculer des intérêts constitués qui disposent de relais politiques. Les États sahéliens, déjà fragilisés par les crises sécuritaires et les transitions institutionnelles, n&rsquo;ont pas toujours les marges de manœuvre pour affronter ces réalités de front.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une transition à réinventer — depuis le bas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le grand échec des politiques de transition énergétique en Afrique sahélienne est d&rsquo;avoir voulu résoudre un problème social par des solutions uniquement techniques. On a distribué des foyers améliorés sans former les femmes à les utiliser. On a promu le gaz sans sécuriser les filières d&rsquo;approvisionnement. On a financé des études sans investir dans les acteurs locaux capables de porter le changement à grande échelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une véritable transition devra partir des femmes — elles qui cuisinent, gèrent les budgets ménagers, et subissent en premier lieu les effets de la fumée sur leur santé. Elle devra intégrer les charbonniers dans la solution, en les reconvertissant en producteurs de biomasse durable ou en gestionnaires de forêts communautaires. Elle devra être subventionnée avec la même générosité que celle qui a permis à d&rsquo;autres pays de réussir leur transition : on ne demande pas aux plus pauvres de payer le prix de la protection climatique que les riches ont omis d&rsquo;assurer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sahel brûle — au sens propre comme au figuré. Ses forêts se consument à petit feu dans des milliers de meules obscures, pendant que ses habitants transpirent sous des chaleurs de plus en plus écrasantes. L&rsquo;urgence n&rsquo;est plus de produire des rapports supplémentaires sur la déforestation : elle est de financer, d&rsquo;accompagner, de réguler et de respecter les communautés sahéliennes dans leur difficile et nécessaire marche vers un autre rapport à l&rsquo;énergie. Avant qu&rsquo;il ne reste plus rien à brûler.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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