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	<title>Archives des Edito &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des Edito &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Un tir sur un drone, mais c’est l’Algérie qui se crashe moralement</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Sep 2025 06:49:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>L'attaque de drone au Mali soulève des questions sur le régime algérien et la nature des relations entre voisins en Afrique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Sous les sables de Kidal, un drone détruit, une hypocrisie éventrée.</em></strong><strong><em>&nbsp;Le geste d’Alger n’est pas seulement une violation de l’espace aérien, c’est l’aveu d’un régime qui confond voisinage et tutelle.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il fallait oser. Alger l’a fait. Dans la nuit du 31&nbsp;mars au 1ᵉʳ&nbsp;avril — date propice aux mauvaises blagues — le régime algérien a abattu un drone malien de reconnaissance dans le ciel de Kidal, ont informé les autorités maliennes de la transition. Un tir prémédité, revendiqué à demi-mot, qui ressemble à s’y méprendre à un « <em>poisson d’avril </em>» géopolitique… sauf que, cette fois-ci, la plaisanterie a couté cher.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car ce n’est pas seulement un aéronef qui est tombé en flammes à Tinzaouatène, mais aussi l’illusion d’un voisinage apaisé. En détruisant l’appareil, Alger a également pulvérisé le principe sacro-saint de non-agression inscrit dans la charte onusienne. La frontière, censée séparer deux peuples frères, s’est muée en ligne de fracture où la mauvaise foi se conjugue avec la condescendance. Au pays de l’« <em>hirak</em> » muselé et des généraux omniprésents, on préfère tirer sur un drone malien que de viser, enfin, les véritables ennemis&nbsp;: les trafiquants et djihadistes qui, ironie cruelle, circulent dans le même espace aérien… mais eux, en toute impunité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-en-algerie-on-filme-la-lucidite-strategique"><strong>En Algérie, on filme la lucidité stratégique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis Bamako, la riposte est juridique. Une plainte en bonne et due forme déposée devant la Cour internationale de justice, a informé le gouvernement malien en début de week-end dans iun communiqué. Un geste symbolique ? Peut-être. Mais surtout un signal&nbsp;: le Mali, lassé des sermons paternalistes, rappelle qu’il n’est plus ce cadet docile que l’on tance du haut de l’Atlas. Face aux drones détruits, Bamako oppose le droit brandi. Face aux accusations algériennes de « <em>violation d’espace</em> », la transition malienne répond par une violation manifeste du bon sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus triste dans cette affaire ? Que le régime algérien, engoncé dans ses réflexes de puissance régionale frustrée, préfère la pyromanie diplomatique au réalisme coopératif. À Kidal, le drone malien filmait le désert. À Alger, on filme un autre désert&nbsp;: celui de la lucidité stratégique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>La brousse dans la cité : deux animaux tombés pour l’urbanisation</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Aug 2025 09:40:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Edito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>L'abattage d'un buffle et d'un éléphant au Burkina Faso révèle les défis de la cohabitation entre l'homme et la faune sauvage.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Un buffle abattu sur l’asphalte de Ouagadougou, un éléphant terrassé au cœur du marché de Bobo-Dioulasso. En une seule journée, le Burkina Faso a vu la brousse s’inviter brutalement en ville. Ces scènes tragiques ne disent pas seulement l’urgence sécuritaire face aux bêtes affolées ; elles révèlent surtout la faillite d’une urbanisation incontrôlée et d’une conservation faunique délaissée, où l’homme et l’animal se retrouvent piégés dans une cohabitation impossible.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un buffle foudroyé sur le bitume de Ouagadougou, un éléphant terrassé au milieu du marché de Bobo-Dioulasso&nbsp;: voilà les images cruelles qui, en une journée, rappellent à quel point l’Afrique vit désormais sur une ligne de fracture entre la modernité urbaine et une faune sauvage reléguée à l’étroit. Le spectacle de ces abattages en pleine rue — quatre balles de gros calibre pour abattre le pachyderme, une rafale sèche pour neutraliser le buffle — n’est pas seulement l’illustration de l’urgence sécuritaire. C’est aussi, et surtout, la démonstration sanglante de ce que coûte l’urbanisation anarchique, le braconnage, la fragmentation des habitats naturels.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-cohabitation-forcee-faute-de-vision"><strong>La cohabitation forcée, faute de vision</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelque chose de dérangeant, presque de symbolique, à voir un éléphant — roi des savanes, figure totémique de l’Afrique des origines — s’effondrer dans le vacarme des échoppes et des vuvuzelas. Non pas terrassé par un chasseur, ni par un braconnier à l’ombre d’une réserve, mais par les forces de sécurité d’un État acculé à choisir entre la vie des citadins et le maintien d’un mythe. En quelques minutes, ce colosse des steppes est devenu un danger public, et son abattage, une fatalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De Ouaga à Bobo, la même scène. L’animal, d’abord curieux, devient menaçant parce qu’enfermé dans un labyrinthe de béton et d’asphalte. Le buffle de Balkuy, affolé par les motos et les klaxons, fonce sur la foule comme pour rappeler qu’il n’est pas un bovin docile, mais une force brute de la nature. L’éléphant de Kuinima, lui, n’avait que déplacé quelques étals avant que la panique humaine, comme toujours plus dévastatrice que le danger réel, n’impose son exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière ces faits divers se cache une vérité plus vaste&nbsp;: l’Afrique perd ses frontières invisibles entre l’homme et la faune. Les couloirs écologiques disparaissent, les forêts s’amenuisent, les villages deviennent villes et les villes, métropoles. Résultat&nbsp;: les lions ne rugissent plus que dans les zoos, les éléphants errent jusqu’aux carrefours, et les buffles deviennent des intrus condamnés à mort. La cohabitation forcée, faute de vision, se solde par des cadavres géants sur le bitume.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-inventer-une-strategie-credible-de-coexistence"><strong>Inventer une stratégie crédible de coexistence</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il blâmer les forces de sécurité ? Non. Elles ont choisi la vie des riverains face à l’imprévisible. Mais le vrai procès est ailleurs. Il vise l’absence de dispositifs modernes de capture, la lenteur des programmes de conservation, et l’incapacité des États à anticiper. Les éléphants ne connaissent ni les frontières administratives ni les cadastres urbains ; ils suivent des routes ancestrales que l’homme a barrées de goudron et de béton.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de l’émotion, nul ne peut s’empêcher d’y voir une métaphore&nbsp;: dans le tumulte d’un continent en mutation, l’animal sauvage incarne cette part d’Afrique que l’on sacrifie chaque jour sur l’autel d’un développement précipité. Quand un éléphant tombe à Bobo, ce n’est pas seulement une bête qui meurt ; c’est une civilisation qui renonce un peu plus à son équilibre millénaire avec la nature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste une question, lancinante&nbsp;: combien d’animaux devront encore tomber dans nos rues avant que les capitales africaines n’inventent une stratégie crédible de coexistence ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>ÉDITORIAL – « Du bac promo » à la promo zéro : retour sur quinze ans de faillite éducative</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Aug 2025 08:38:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le taux d'admission au Bac malien en 2025 n'est que de 27,48 %. Découvrez les raisons de cette baisse alarmante.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Avec un taux d’admission au bac&nbsp;2025 de seulement 27,48&nbsp;%, le système éducatif malien confirme sa descente aux enfers, entre réformes mal maîtrisées, désengagement collectif et dérives numériques non encadrées.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un chiffre, d’abord. Un seul. 27,48&nbsp;%. C’est le taux de réussite au baccalauréat malien en 2025. Un taux qui, comme ceux des années précédentes, peine à franchir le seuil des 30&nbsp;%, désormais devenu une barrière symbolique, presque mythique. À tel point qu’on pourrait croire qu’il s’agit d’un plafond de verre éducatif, gravé dans le granite de notre déclin scolaire. Pourtant, ce chiffre, aussi sec que glaçant, raconte beaucoup plus qu’un simple échec collectif. Il dit l’histoire d’un système qui ne se réforme qu’en façade, d’une pédagogie qui s’est noyée dans ses propres sigles, et d’un pays où l’école a perdu sa boussole — quand elle n’a pas tout simplement déserté le navire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-systeme-scolaire-confronte-a-des-difficultes-nbsp"><strong>Le système scolaire confronté à des difficultés&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À bien y regarder, les statistiques dessinent un paysage d’effondrement progressif&nbsp;: 38,75&nbsp;% en 2021, 25,73&nbsp;% en 2023, 27,23&nbsp;% en 2024, puis ce pâle 27,48&nbsp;% pour 2025. Autrement dit, la génération actuelle n’échoue pas par hasard. Elle hérite non seulement d’un système miné depuis plus d’une décennie, mais aussi bénéficie de la période de la lutte implacable contre la fraude dans les examens et concours. L’année&nbsp;2008 — 50&nbsp;% de réussite — fait désormais figure d’eldorado éducatif, une époque où, ironie tragique, les examens furent organisés après une année quasi blanche, avec des surveillants de fortune et un seul trimestre effectif. Preuve, s’il en fallait une, que l’apparence de rigueur ne suffit pas à produire des résultats. La détermination des élèves aussi est un facteur important.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut dire que depuis 2010, l’introduction de l’approche par compétences (APC), sans formation adéquate des enseignants ni manuels adaptés, a brouillé les repères des enseignants et des élèves. L’enseignant n’est plus un transmetteur de savoir, mais un « <em>facilitateur</em> » — encore faut-il qu’il ait les moyens de faciliter quelque chose. En réalité, ce changement de paradigme pédagogique n’a jamais quitté le stade de l’expérimentation mal maîtrisée, abandonnée à des contractuels mal formés, des classes surchargées et des bibliothèques fantômes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un article publié dans la&nbsp;<em>Revue internationale d’éducation de Sèvre</em>, et qui s’intitule « <em>Les grandes réformes de l’école malienne de 1962 à 2016</em> », Seydou Loua, explique&nbsp;: « <em>les difficultés d’application de cette réforme curriculaire par l’approche par compétences sont nombreuses. Les enseignants dénoncent notamment l’insuffisance de formations adéquates, de matériels, de temps, de ressources humaines. Beaucoup d’acteurs font une confusion entre la pédagogie convergente et l’approche par compétences, car la convergence entre les langues nationales et le français n’est pas clairement élucidée. </em>»</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-smartphones-les-nouveaux-tableaux-noirs"><strong>Les smartphones, les nouveaux tableaux noirs</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À cela s’ajoute un effondrement silencieux de la concentration et de la motivation des élèves, happés par TikTok, Instagram et leurs dérives addictives. Les smartphones sont devenus les nouveaux tableaux noirs de cette génération, sauf que rien n’y est enseigné — si ce n’est l’art de l’oubli et de la distraction. Certains misent sur l’intelligence artificielle pour tricher plus habilement, sans même savoir l’utiliser. L’IA, au lieu d’être introduite comme un outil pédagogique structurant, est laissée à la merci des plus débrouillards. Résultat&nbsp;: on ne lit plus, on ne révise plus, on ne rêve même plus d’excellence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son mémoire intitulé&nbsp;<em>« Impacts des réseaux sociaux sur les élèves du lycée public de Niamakoro »</em>, soutenu en 2023 à l’École normale supérieure (ENSUP) de Bamako, Sidiki Konaté explique que les réseaux sociaux sont comparables à la langue d’Ésope&nbsp;: à la fois bénéfiques et néfastes. « <em>Le téléphone portable affecte souvent le bon déroulement des cours et est source de perturbations pendant les heures d’activités. Il entraîne également une distraction de l’esprit des élèves, les détournant des tâches données par l’enseignant en classe.</em> » L’utilisation des réseaux sociaux via le téléphone portable influence donc négativement le processus d’apprentissage et reste une problématique d’actualité. Une problématique pourtant rarement au cœur des recherches dans notre pays.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-fermer-les-reseaux-et-rouvrir-les-cahiers"><strong>Fermer les réseaux et rouvrir les cahiers</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À cela, une réponse collective s’impose. Non, le Mali ne manque pas de cerveaux. Il manquait d’une vision, d’un plan, et surtout d’un courage politique pour transformer le système éducatif en profondeur. Un baccalauréat qui exclut 7 élèves sur 10 est un baccalauréat qui ne joue plus son rôle d’ascenseur social, mais celui de broyeur de destinées. C’est ce que les autorités de la transition ont compris en organisant en 2024, les États généraux de l’éducation en vue d’analyser sans complaisance les maux qui minent le système éducatif malien. Le discours du ministre de l’Éducation nationale, Amadou Sy Savané, lors de l’ouverture de ces travaux est assez révélateur&nbsp;: « <em>L’Histoire nous apprend que, à chaque changement de la société, correspondent des changements au niveau de l’éducation. Nous devons dès lors, avec toute l’objectivité requise, examiner tous ces changements et nous y adapter pour le bonheur des enfants du Mali. </em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut repenser l’école avec et pour les réalités maliennes, et non pas plaquer des modèles venus d’ailleurs, sans traduction possible sur le terrain. Il faut intégrer l’IA, encadrer l’usage des smartphones, investir dans les manuels et les bibliothèques, former les enseignants à la nouvelle donne, et surtout, replacer l’effort et le mérite au centre de l’apprentissage. Il est temps de fermer les réseaux et rouvrir les cahiers. Car le vrai scandale aujourd’hui, ce n’est pas que 72&nbsp;% des candidats échouent. C’est que tout le monde s’y soit habitué.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le Mali face à lui-même</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Jul 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Edito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Adoptée en 2025, la Charte nationale pour la paix et la réconciliation au Mali remet à l'honneur les mécanismes endogènes de résolution des conflits. Parenté à plaisanterie, palabre, respect des anciens : autant de valeurs ancestrales que le pays veut réactiver pour consolider sa cohésion sociale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À l’heure où le Mali cherche à recoudre son tissu social déchiré par des années de violences, la Charte nationale pour la paix et la réconciliation sonne comme un retour aux sources. En réhabilitant les mécanismes endogènes de résolution des conflits — palabre, cousinage à plaisanterie, respect des aînés — ce texte marque une tentative assumée de synthèse entre valeurs traditionnelles et institutions modernes. Un pari ambitieux sur l’âme malienne, que seule une appropriation collective pourra transformer en levier durable de stabilité.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En remettant, le 21 juillet 2025, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le projet de <em>charte nationale pour la paix et la réconciliation</em> au président de la Transition, l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga n’a pas simplement transmis un texte. Il a formulé, à travers un vocabulaire d’une densité rare, une sorte de pacte moral avec l’histoire, une tentative de reconquête des fondations profondes de la société malienne. « <em>La charte nationale souligne la nécessité de résoudre les crises et les conflits en privilégiant les modes alternatifs et les mécanismes endogènes de prévention, de gestion et de règlement des conflits qui ont montré leur efficacité </em>», a-t-il déclaré, dans un souffle où perçait la nostalgie d’un ordre ancien que les convulsions modernes ont ébranlé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-sagesse-parle-toujours-d-une-meme-voix"><strong>La sagesse parle toujours d’une même voix</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà de cette volonté de restaurer des équilibres perdus, c’est à un véritable manifeste de civilisation qu’on assiste. «&nbsp;<em>Pour ce faire, elle met en exergue certaines valeurs partagées de la Nation : les alliances et la parenté à plaisanterie, l’autorité des parents, la conscience professionnelle, le dialogue, la dignité, l’honneur, le pardon, le patriotisme, le respect des aînés, la solidarité, la tolérance, l’hospitalité, l’humanitude, l’humilité, la loyauté, le multilinguisme, le travail et la vertu&nbsp;</em>», a encore précisé le président de la commission de rédaction, énumérant ce qui pourrait s’apparenter à une charte morale de l’âme malienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car l’Afrique — et le Mali en particulier — n’a pas attendu la&nbsp;<em>Déclaration universelle des droits de l’homme</em>pour inventer des moyens de gérer les tensions et les désaccords. Le conflit n’est pas un champ de bataille, mais un désordre à rééquilibrer ; la parole, un instrument de justice. Comme l’écrivait Amadou Hampâté Bâ en prêtant ses mots à son maître Thierno Bokar, «&nbsp;<em>tous les maux de nos sociétés se résument à l’intolérance et l’incompréhension&nbsp;</em>».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce constat trouve un écho inattendu chez un penseur à l’opposé du monde mandingue : Karl Popper. Dans son œuvre sur la «&nbsp;<em>société ouverte</em>&nbsp;», ce philosophe austro-britannique, souvent cité mais rarement médité en Afrique, écrivait que la discussion rationnelle est «&nbsp;<em>le meilleur antidote aux conflits</em>&nbsp;». Là encore, l’écoute, le débat contradictoire, la recherche de solutions collectives sont au fondement de la paix durable. De Mopti à Vienne, du Mandé à Oxford, la sagesse, semble-t-il, parle toujours d’une même voix.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-faire-une-synthese-des-valeurs-anciennes-avec-les-nouvelles-nbsp"><strong>Faire une « synthèse » des valeurs anciennes avec les nouvelles&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À ce legs immatériel, il faut ajouter l’intelligence des sociétés d’initiation, creusets de formation civique et morale. Ces espaces, aujourd’hui négligés voire marginalisés, ont pourtant façonné des générations de jeunes Maliens avec une conscience aiguë de leur place dans la communauté. L’amitié scellée entre «<em> camarades d’initiation </em>» valait tous les contrats écrits. On ne tuait pas un frère, mais dialoguait en vue de  trancher ensemble, au nom du groupe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le Mali traditionnel, le «&nbsp;<em>ne me fais pas honte</em>&nbsp;» du vieillard ou encore «&nbsp;<em>mieux vaut la mort que la honte</em>&nbsp;» valait bien plus que mille injonctions légales. Les sociétés d’initiation, les alliances à plaisanterie, les mariages stratégiques entre familles étaient autant de garde-fous qui faisaient du tissu social un filet résilient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce projet de charte ne vise donc pas à faire table rase du présent, ni à idéaliser un passé figé dans l’imaginaire. Il ne s’agit pas d’un retour à l’âge du griot-roi, mais d’une démarche de «&nbsp;<em>synthèse</em>&nbsp;». Une démarche que ne renierait pas Kwamé Nkrumah, qui, au lendemain de l’indépendance du Ghana, appelait à fusionner les vertus du monde ancien avec les exigences de la modernité. Le Mali post-crise, le Mali en transition, s’inscrit dans ce sillon. Il ne s’agit pas de nier l’utilité des institutions modernes, mais de leur injecter une âme. De faire une «&nbsp;<em>synthèse</em>&nbsp;» des valeurs anciennes avec les nouvelles afin d’avoir des valeurs plus fortes permettant de mieux réguler la société et la transformer en havre de paix.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-depersonnalisation-du-nbsp-sujet-francais-nbsp-nbsp"><strong>La dépersonnalisation du «&nbsp;sujet français&nbsp;»&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais pour que cette charte ne reste pas un texte solennel relégué dans les tiroirs de la République, encore faut-il qu’elle vive, qu’elle circule, qu’elle s’incarne. Cela suppose une pédagogie inédite. Une fois son adoption, il serait indispensable, vu que les «&nbsp;<em>sociétés secrètes</em>&nbsp;» sont mortes dans la plupart de nos contrées, d’enseigner ce document dans nos écoles, nos espaces publics de discussion, à travers les médias, mais aussi impliquer les autorités et légitimités traditionnelles pour une large appropriation de son contenu. Toutefois, à quoi bon écrire la paix si personne ne l’apprend, ne l’entend, ne la prononce ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce processus est d’autant très important qu’il fera taire les détracteurs qui essaient de faire croire que le processus de rédaction de ce projet a été exclusif. Pourtant, à en croire les différents discours lors de la remise du projet au président de la transition, toutes les couches ont été impliqués.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut aussi oser poser la question dérangeante : si les sociétés anciennes étaient si fortes, qu’est-ce qui a bien pu entraîner leur décadence ? La réponse tient à la longue ombre de la colonisation. Non, elle ne fut jamais une entreprise philanthropique, si ce n’est dans les déclarations de ses commis. Le projet colonial, dans sa matrice la plus intime, fut un projet de substitution culturelle. Il fallait déraciner pour mieux régner. Il suffit d’analyser la littérature classique africaine pour s’en convaincre&nbsp;: «&nbsp;<em>Le colonisateur a voulu avoir de “purs produits intellectuels de la culture française”. Pour ce faire, il a entrepris de “nous vider de nous-mêmes pour nous emplir des manières d’être, d’agir et de penser du colonisateur”.&nbsp;</em>», pour reprendre Amadou Hampaté Bâ.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et cela a, en partie, réussi. «&nbsp;<em>On ne peut dire que, dans notre cas, cette politique ait toujours échoué. À une certaine époque, la dépersonnalisation du “sujet français” dûment scolarisé et instruit était telle, en effet, qu’il ne demandait plus qu’une chose : devenir la copie conforme du colonisateur, au point d’adopter sa coutume, sa cuisine, souvent sa religion et parfois même ses tics.</em>&nbsp;» Loin d’être de simples anecdotes, ces comportements traduisent une aliénation qui a désarticulé les repères fondateurs de nos sociétés.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-il-est-impossible-de-proposer-un-systeme-tout-fait"><strong>« Il est impossible de proposer un système tout fait. »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’accoutumance a la peau dure, dit-on. Et même après l’indépendance, les réflexes sont restés. L’État africain postcolonial a souvent été une pâle copie de l’État jacobin français, décalé, vertical, déconnecté. Mais voilà qu’aujourd’hui, sous l’effet d’un désenchantement global, d’une crise de légitimité politique et d’une résilience populaire, des nations comme le Mali tentent un virage. Le départ de la France, les réformes constitutionnelles, la montée d’un souverainisme culturel assumé… Tout cela participe d’un chantier plus vaste : celui de la reconquête de soi. Non pas en rejetant en bloc l’apport occidental, mais en procédant par synthèse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ce que disait François Mitterrand à La Baule, en 1990, dans son discours sur la démocratisation de l’Afrique, n’en est que plus éclairant : «&nbsp;<em>La France n’a pas à dicter je ne sais quelle loi constitutionnelle qui s’imposerait de facto à l’ensemble de peuples qui ont leur propre conscience et leur propre histoire et qui doivent savoir comment se diriger vers le principe universel qu’est la démocratie.</em>&nbsp;» Avant d’ajouter : «&nbsp;<em>Il est impossible de proposer un système tout fait.&nbsp;</em>» Voilà qui devrait faire réfléchir ceux qui, à Paris, Bruxelles ou Washington, confondent démocratie et «&nbsp;<em>copy-paste institutionnel</em>&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-ce-qui-vaut-pour-la-politique-vaut-pour-la-societe"><strong>Ce qui vaut pour la politique vaut pour la société</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À travers l’Afrique, des traditions ancestrales de résolution des conflits — du Rwanda à l’Éthiopie, du Soudan à la Tanzanie — démontrent que la paix durable ne se décrète pas uniquement par le droit positif, mais se tisse dans les fibres vivantes de la communauté. Qu’il s’agisse des juridictions «&nbsp;<em>Gacaca</em>&nbsp;» rwandaises, du système «&nbsp;<em>Gadaa des Oromo</em>&nbsp;» ou des médiations foncières en Tanzanie, ces dispositifs endogènes privilégient la vérité, la réparation et la cohésion sociale, là où les mécanismes étatiques échouent souvent. Ils prouvent, en somme, que la sagesse des anciens, la parole échangée et la justice enracinée dans les cultures locales restent des leviers puissants pour restaurer la paix et prévenir les ruptures sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie ne se résume pas à des urnes et des bulletins de vote. Elle s’incarne aussi dans des valeurs partagées, dans un socle culturel accepté. Et ce socle, au Mali, ce sont ces vertus que la charte vient rappeler : l’humilité, le dialogue, le sens de l’honneur, le respect des anciens, la capacité à pardonner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui vaut pour la politique vaut pour la société. La charte nationale pour la paix et la réconciliation ne prétend pas imposer un système, mais raviver un esprit. Celui d’un Mali réconcilié avec lui-même, lucide sur son histoire, et résolument tourné vers un avenir pacifié. Si l’on veut que demain ne ressemble pas à hier, il faudra plus qu’un texte. Il faudra une pédagogie du respect, une volonté partagée, et un courage moral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est là, précisément, que tout commence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Fousseni Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mariages modernes: retour masqué aux logiques claniques ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Jul 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Comprenez comment la mutation du mariage au Mali reflète les transformations sociales et culturelles de la région aujourd'hui.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Sous les apparences féériques de l’union entre figures publiques se dessinent les contours d’une transformation plus profonde&nbsp;: celle du mariage comme instrument de reproduction sociale dans les sociétés africaines contemporaines. Entre tradition, religion et capital symbolique, la noce devient une scène où se rejouent, entre deux hashtags, les vieilles luttes de classe sous un jour nouveau.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un de ces événements mi-sociétaux, mi-spectaculaires, dont seule l’ère TikTok pouvait accoucher à Bamako ou Ouaga. À la croisée du buzz numérique, du mythe religieux et du clinquant social, le récent mariage de la tiktokeuse burkinabè Djamila Diallo avec Seid Chérif Hamed Tidjane Haïdara, fils du président du Haut Conseil islamique du Mali, a provoqué une onde virale qui, au-delà des écrans, révèle un vrai tournant dans l’évolution des codes du mariage en Afrique de l’Ouest.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-2022-le-mariage-de-belebele-chizy">2022, le mariage de Belebele Chizy</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur les réseaux sociaux, on s’est précipité à en faire un énième conte moderne. La belle influenceuse aux centaines de milliers d’abonnés, tombée dans les bras du très convoité héritier d’un des plus puissants dignitaires religieux du Mali. Une histoire cousue d’or et d’algorithmes, où la religion flirte avec la notoriété, et où le sentiment amoureux — ce vieux rêve romantique — semble tenu à distance. Mais est-ce si simple ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme toujours, dans cette région où le sacré épouse souvent l’apparat, chacun y est allé de son hypothèse. Mariage d’argent ? Alliance d’influence ? Arrangement spirituel ? L’amour, le vrai, celui des poètes et des ballades peules, est curieusement absent de ces scénarios en circulation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant… ce phénomène n’est pas nouveau. Déjà en 2022, le mariage de Belebele Chizy, tiktokeuse notoire, avec le milliardaire malien Mohamed Samassékou avait fait couler autant de thé que de pixels. Là aussi, on prédisait une union éphémère, une passade de luxe vouée à l’échec. Trois ans plus tard, le couple vit toujours… à Dubaï.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui interroge ici, ce n’est pas tant le choix de ces jeunes femmes que le regard que la société pose sur leurs unions. Ce regard, souvent condescendant, parfois méprisant, trahit une crispation face à la transformation profonde des modèles matrimoniaux dans nos sociétés sahéliennes. Il soulève une question fondamentale&nbsp;: l’amour est-il encore la boussole du mariage dans nos sociétés modernes ?</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-mariage-comme-miroir-des-mutations-sociales"><strong>Le mariage comme miroir des mutations sociales</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Longtemps, le mariage au Mali n’a jamais été affaire de cœur uniquement. Il était d’abord un pacte social, une alliance entre familles, clans, castes. Il répondait à des logiques communautaires, parfois mystiques, souvent économiques. Le&nbsp;<em>Senkoli</em>, le&nbsp;<em>dambé</em>, les noix de colas, la dot… Autant de rituels fondateurs d’un contrat aux multiples dimensions, bien au-delà des sentiments.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La modernité, avec l’école, la migration, l’éducation des filles et l’urbanisation, a introduit une autre grammaire&nbsp;: celle de la liberté de choix, du mariage d’amour, de la quête individuelle. Le Code des personnes et de la famille de 2011 au Mali, bien qu’amendé sous pression religieuse, en est un reflet partiel. À Bamako, les jeunes femmes repoussent l’âge du mariage, refusent les unions imposées, et revendiquent leur droit à choisir — ou à refuser — un conjoint.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais voici qu’émerge une troisième voie, une nouvelle hybridation. Dans cette société désormais connectée, hypermédiatisée, marquée par le culte du prestige et la circulation virale de l’image, le mariage devient aussi une affaire de positionnement social. On ne se marie plus seulement par amour ni par obligation, mais aussi — parfois surtout — pour ce que l’union symbolise en termes de notoriété, de rang, d’ancrage dans l’élite économique ou religieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas là un phénomène marginal. Il traduit le retour en force des hiérarchies sociales de Platon (aucun lien de mariage ne doit exister entre membres de classe différente pour éviter de souiller les classes) ou encore des sociétés africaines traditionnelles où le mariage entre certains groupes sociaux était interdit, dans un monde où l’argent impose ses codes, où l’aristocratie religieuse côtoie les influenceuses, et où l’élite économique redéfinit le « <em>désirabilité matrimoniale </em>».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-retour-au-prestige-consentement-inclus"><strong>Retour au prestige, consentement inclus</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il pour autant y voir une régression ? Pas si sûr. Contrairement à la « <em>société fermée </em>» d’hier, où le mariage était imposé sans appel, cette nouvelle « <em>société capitalistique </em>» conserve une forme de consentement. Les protagonistes se choisissent, même si c’est sur d’autres critères que l’amour au sens romantique. Le riche choisit la belle. L’influenceuse choisit le rang. L’union est libre, mais stratégiquement orientée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela n’étonnera personne dans une région où l’Islam confrérique, le prestige lignager et la visibilité numérique se combinent pour façonner de nouveaux codes. Où l’alliance d’un fils de Haïdara avec une star du TikTok burkinabè est perçue, par certains, comme une passerelle entre deux mondes que tout opposait. Pour d’autres, elle est surtout le symptôme d’un nouvel âge du mariage malien&nbsp;: plus individualisé, plus spectaculaire, mais toujours structurant.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-generation-et-la-corruption"><strong>Le « génération » et la « corruption »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait convoquer ici la logique aristotélicienne de la génération, de l’accroissement et de la corruption des êtres. Tout naît, croît, vieillit, et meurt. Le mariage malien, comme institution sociale, suit cette logique circulaire. Le « <em>mariage fermé </em>» fut corrompu par le contact colonial ; le « <em>mariage ouvert</em> » est aujourd’hui corrompu par le « <em>capitalisme sentimental</em> ». Une nouvelle ère commence, où le sacré cède le pas à l’affichage, et où les valeurs se marchandisent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais comme le rappelait Karl Popper dans sa critique des historicismes fermés, rien n’est inévitable. La corruption d’une institution n’est pas sa mort. À condition d’en repenser les fondements.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-defi-de-la-stabilite"><strong>Le défi de la stabilité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Reste la question centrale&nbsp;: ces mariages dureront-ils ? Le buzz médiatique se transforme-t-il en socle solide pour bâtir une famille ? On l’ignore. Mais le cas de Belebele Chizy, toujours dans son foyer à Dubaï, invite à relativiser les prophéties de divorce précipité. L’histoire du mariage africain est faite de surprises, de résiliences, d’alliances qui défient les pronostics.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que ces mariages « <em>influents</em> » révèlent, ce n’est pas tant une crise de l’amour qu’un déplacement de ses fondations. L’amour est toujours là, mais il a changé de grammaire. On ne tombe plus amoureux d’un visage ou d’une voix. On tombe amoureux d’un destin projeté, d’un capital relationnel, d’un nom à particule spirituelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À terme, si cette dynamique se généralise, elle pourrait nous conduire à des mariages contractuels, temporaires, de convenance, à l’image des sociétés occidentales. Où l’union devient un pacte, une fusion-acquisition, avec date de péremption intégrée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au Mali, l’histoire nous enseigne une chose&nbsp;: les sociétés africaines savent digérer les influences exogènes sans perdre leur âme. À condition de ne pas céder à la dictature du clinquant. À condition de se souvenir que l’amour, ce n’est ni TikTok ni le prestige&nbsp;: c’est le projet à deux. Tout le reste n’est que décor.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>L’UEMOA a dit non. L’histoire, elle, pourrait dire autrement</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Jul 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Analyse des relations tendues entre l'UEMOA et l'AES, marquées par la présidence controversée du Conseil des ministres.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>C’est un bras de fer de ceux qui changent la géographie politique d’un continent. D’un côté, le formalisme feutré de Lomé, ses tapis rouges et ses discours calibrés, drapés dans la rhétorique de la légalité communautaire. De l’autre, la colère froide de Ouagadougou, la morgue souverainiste de Bamako, la raideur stratégique de Niamey. Entre les deux, un micro-déclencheur : la présidence tournante du Conseil des ministres de l’UEMOA… refusée au Burkina Faso.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout commence le 11 juillet 2025. Une date qui s’ajoutera sans doute aux annales des rendez-vous manqués de l’intégration ouest-africaine. Ce jour-là, à Lomé, les délégations des trois pays de l’AES (Mali, Burkina, Niger) claquent la porte d’une réunion du Conseil des ministres de l’UEMOA, furieuses d’un camouflet qu’elles jugent doublement injuste : contre le droit et contre leur dignité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le texte est clair comme l’eau d’un puits de brousse. L’article 11 du traité de l’Union prévoit que la présidence du Conseil revient à tour de rôle aux ministres des Finances des États membres. Après le Bénin, c’était au Burkina Faso, naturellement. Sauf que la rotation a soudainement buté sur un veto. Celui du président ivoirien Alassane Ouattara, chef d’orchestre discret mais implacable d’un rejet assumé : pas de présidence pour un pays dirigé par un militaire en treillis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’argument ? Une organisation monétaire ne saurait confier sa tête à un État dont le gouvernement est issu d’un coup de force, où les urnes ont cédé la place aux kalachnikovs, et où les institutions de la démocratie dorment encore sous la poussière. La réalité ? Une défiance profonde, géopolitique, presque civilisationnelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-ce-que-ouattara-redoute-ce-que-traore-incarne"><strong>Ce que Ouattara redoute, ce que Traoré incarne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agit pas uniquement de Traoré, de Tiani ou de Goïta. Il s’agit d’une lecture du monde. Pour Ouattara, comme pour Macky Sall hier ou Patrice Talon demain, l’avenir passe par les institutions héritées de Bretton Woods, par les partenariats de Washington, par l’ancrage à l’euro. Pour le triumvirat de l’AES, l’horizon est ailleurs : Moscou, Pékin, et surtout eux-mêmes. Un souverainisme radical, aux accents panafricanistes, qui se veut rupture autant que revanche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui se joue, c’est donc bien plus qu’une querelle de procédure. L’UEMOA est aujourd’hui le dernier trait d’union entre deux visions du continent. La CEDEAO a déjà éclaté, emportée par les sanctions, les ressentiments et les ruptures. L’UEMOA tenait encore, portée par la BCEAO, cimentée par le franc CFA, sanctuarisée par l’économie. Elle tangue désormais.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-monnaie-dernier-bastion-ou-premier-champ-de-bataille"><strong>La monnaie, dernier bastion ou premier champ de bataille ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les signaux étaient déjà là. Le général Tiani au Niger qui fustige une monnaie coloniale. Le capitaine Traoré qui promet de «&nbsp;<em>briser les chaînes</em>&nbsp;» de l’asservissement monétaire. Le colonel Goïta qui parle de créer une devise propre, ancrée dans l’autodétermination. Trois pays, un même cri : la souveraineté ne sera complète que lorsqu’elle sera également monétaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais voilà : quitter le franc CFA, c’est plonger dans l’inconnu. C’est renoncer au «&nbsp;<em>pot commun</em>&nbsp;» de la BCEAO, aux taux bonifiés du marché régional, aux transferts massifs des diasporas depuis Abidjan ou Dakar. C’est prendre le risque d’une instabilité, d’une inflation, d’un isolement économique. En un mot : c’est faire le saut sans parachute.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, pour les chefs de l’AES, il s’agit d’un pari existentiel. Le refus du Burkina Faso à la présidence du Conseil des ministres de l’UEMOA ne serait que la goutte de trop dans un vase rempli d’humiliations perçues, de condescendance diplomatique et de marginalisation politique. L’heure, pour eux, n’est plus à l’intégration. Elle est à la recomposition.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-l-implosion-ou-la-metamorphose"><strong>Vers l’implosion ou la métamorphose ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le choc du 11 juillet 2025 est peut-être le prélude à une rupture définitive. Car si l’UEMOA refuse ses textes au nom de principes flous, que reste-t-il de son autorité ? Et si l’AES transforme le ressentiment en agenda monétaire alternatif, que restera-t-il du CFA demain ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus grave encore ; cette crise révèle l’échec d’un langage commun en Afrique de l’Ouest. Entre ceux qui jurent par la stabilité et ceux qui revendiquent la rupture, entre les républicains institutionnels et les révolutionnaires militaires, il n’y a plus même syntaxe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rotation bloquée du Burkina Faso n’est qu’un symbole. Mais comme souvent dans l’histoire, les symboles précèdent les tremblements de terre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Afrique de l’Ouest change de logiciel. Et chacun cherche encore sa place dans ce nouveau code.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>AES, an I : le réel contre les faux-semblants ouest-africains</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Jul 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Le deuxième sommet de l’AES : un an après sa création, retour sur les avancées et défis rencontrés par l'union du Sahel.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Un an après sa création, la Confédération des États du Sahel (AES) célèbre son premier anniversaire. Née dans le tumulte sécuritaire et politique, l’union entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger s’est imposée comme une réponse salvatrice aux défis régionaux. Entre intégration militaire, souveraineté économique et rupture diplomatique assumée, l’AES trace une voie nouvelle pour l’Afrique de l’Ouest. Retour sur douze mois d’une expérience politique inédite, portée par des chefs d’État déterminés à reprendre leur destin en main.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui aurait parié, il y a un an, qu’un triumvirat sahélien, né dans le tumulte, tiendrait bon face à la tempête ? Qui aurait cru que Bamako, Ouagadougou et Niamey, unis plus par la menace terroriste que par les manuels d’intégration régionale, réussiraient là où la CEDEAO peine, l’UEMOA tangue et l’UA hésite ? Un an après la naissance de la Confédération des États du Sahel (AES), le bilan est là, têtu comme les faits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Assimi Goïta, colonel devenu général, mais surtout artisan tranquille d’une souveraineté retrouvée, peut se retourner sans rougir. Il n’a pas seulement tenu la présidence tournante de la Confédération : il l’a marquée. De la force conjointe interarmées à la Banque confédérale, du passeport biométrique à l’unité de doctrine, l’AES a été plus loin en un an que la CEDEAO en vingt.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-trois-ruptures-fondatrices"><strong>Trois ruptures fondatrices</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Première rupture : la sécurité. Fini les armées nationales émiettées et dépendantes. L’opération <em>Yéréko 2</em> a signé le retour de l’État sahélien armé et décidé. Pour les apprentis djihadistes, il ne s’agit plus de “<em>tenir le terrain”,</em> mais de le fuir. Ceux qui attendaient l’échec militaire n’ont eu droit qu’à des photos aériennes de leurs repaires pulvérisés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième rupture : l’économie. Pendant que les technocrates ouest-africains négocient le Franc Eco depuis dix ans, les pays de l’AES ont mis en place un prélèvement commun sur les importations, doté leur banque confédérale de 500 milliards de francs CFA et lancé des projets aussi concrets qu’un chemin de fer transfrontalier. De l’intégration de dossiers au fond des tiroirs, on est passé à l’intégration budgétée, chiffrée, pilotée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième rupture : l’esprit. L’AES n’est pas une énième coalition de chefs d’État. C’est une déclaration de divorce. Divorce d’avec l’hypocrisie de la “<em>communauté internationale</em>” toujours prête à donner des leçons, jamais à tenir ses promesses. Divorce d’avec la tutelle financière et politique des anciennes métropoles. À défaut d’un passeport pour l’Europe, les Sahéliens ont désormais un passeport pour eux-mêmes — et c’est déjà beaucoup.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-style-goita-version-confederale"><strong>Le style Goïta, version confédérale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’on le veuille ou non, Assimi Goïta est devenu plus qu’un président de transition : un symbole de constance dans une région friande de revirements. Son style ? Sobriété, rigueur, action. Il ne tweete pas, il ne théorise pas ; il fait. Quand d’autres organisent des colloques sur l’Afrique de demain, lui installe des lampadaires, rénove des routes et parachute des unités de reconnaissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce style a essaimé. À Ouagadougou, Ibrahim Traoré durcit l’appareil sécuritaire sans faux-semblants. À Niamey, Tiani remet l’État dans le cockpit d’une souveraineté assumée. Il fallait une colonne vertébrale politique : elle existe.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-sceptiques-grognent-les-peuples-adherent"><strong>Les sceptiques grognent, les peuples adhèrent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, les critiques fusent. Paris s’agace, Bruxelles s’interroge, Washington observe. Certains pensent encore que ces trois pays reviendront, penauds, dans le giron des anciennes structures régionales. Mais dans les rues de Sikasso, Kaya ou Zinder, ce n’est pas la nostalgie des sommets de l’UA qui anime les conversations. C’est la fierté d’être maître chez soi. C’est l’espoir que, pour une fois, les décisions prises au sommet redescendent jusqu’aux plaines et aux hameaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le vrai test de l’AES n’est pas géopolitique. Il est social. Si, dans un an, les enfants sahéliens vont mieux à l’école, si leurs mères accouchent dans des hôpitaux fonctionnels, si les jeunes ne rêvent plus d’exil, alors l’AES ne sera pas seulement un projet politique. Ce sera une révolution paisible.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-integration-ou-l-insignifiance"><strong>L’intégration ou l’insignifiance</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Soyons clairs. L’AES n’a pas vocation à rester une exception. Elle veut devenir une norme africaine. Une Afrique qui se construit par les bases, pas par les sommets. Une Afrique qui préfère ses réalités à ses dépendances. Une Afrique qui sait que l’intégration est une exigence de survie, non un luxe de diplomates.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il reste des défis, bien sûr. Une gouvernance plus structurée. Une monnaie commune, un jour peut-être. Une reconnaissance internationale pleine et entière. Mais, comme souvent, ce sont ceux qui n’ont plus rien à perdre qui avancent le plus vite. Et au Sahel, on a appris à faire des miracles avec des miettes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la veille de la session de décembre à Bamako, les peuples de l’AES savent une chose : ils ne sont plus seuls, ni désunis. Ils avancent ensemble, enfin. Et qu’importe si, en chemin, ils doivent laisser derrière eux quelques certitudes obsolètes. Au fond, l’histoire n’appartient pas à ceux qui commentent, mais à ceux qui la font.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Climat, conflits et cohabitation : la grande fracture agropastorale </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jun 2025 09:56:34 +0000</pubDate>
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<p>Analysez les causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs face au changement climatique et à la raréfaction des ressources.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que le climat se dérègle et que les ressources naturelles se raréfient, les tensions entre agriculteurs et éleveurs s’intensifient dans de nombreuses régions rurales du continent. Derrière ces affrontements parfois violents se cache une crise systémique : concurrence pour l’eau et la terre, mutation des pratiques agricoles, vulnérabilité face aux chocs climatiques. Plus qu’un simple conflit de voisinage, c’est toute une architecture agropastorale qu’il faut repenser pour éviter l’embrasement silencieux des campagnes africaines.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il fut un temps – pas si lointain – où agriculteurs et éleveurs, unis par le sort et la saison, se croisaient sur les terres du Sahel dans une forme de coexistence organique. L’un semait, l’autre transhumait ; l’un récoltait, l’autre abreuvait son bétail. Il y avait des heurts, certes, mais ils étaient ponctuels, souvent réglés par le chef de village ou un imam à barbe blanche. Aujourd’hui, les kalachnikovs ont remplacé les palabres, et les pâturages se disputent à coups de machettes ou de cocktails Molotov. Ce glissement progressif du conflit local vers la crise régionale n’est pas qu’un fait divers agricole. Il est le miroir brisé d’un système à bout de souffle, exacerbé par une donnée longtemps ignorée mais désormais implacable : le changement climatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-disparition-progressive-des-mecanismes-de-mediation"><strong>Disparition progressive des mécanismes de médiation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Car derrière les tensions entre agriculteurs et éleveurs se profile une lutte acharnée pour l’accès à des ressources naturelles qui se raréfient, s’étiolent, ou disparaissent tout simplement. Eau, terres, pâturages : tout devient objet de survie, donc de conflit. Dans un Sahel de plus en plus aride, où l’on parle aujourd’hui de «&nbsp;<em>stress hydrique</em>&nbsp;» comme autrefois de sécheresse saisonnière, les corridors de transhumance sont engloutis par l’extension agricole, les forages tarissent et la poussière remplace la verdure. L’herbe est devenue un champ de bataille, et l’eau, un bien géopolitique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait illusoire – voire irresponsable – de réduire ces affrontements à de simples disputes rurales. Ce sont les premiers symptômes d’un dérèglement plus global. Un dérèglement où les systèmes de production, autrefois complémentaires, s’opposent aujourd’hui dans une logique de dépossession. L’éleveur n’est plus vu comme le frère nomade, mais comme l’envahisseur. Le paysan, jadis compagnon de saison, devient l’accapareur. Derrière cette polarisation, se cache un changement de paradigme : la disparition progressive des mécanismes de médiation sociale, l’épuisement des modèles de cohabitation ancestrale, et l’impuissance d’États parfois absents, parfois dépassés.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-changer-de-paradigme-pour-une-meilleure-gestion-nbsp"><strong>Changer de paradigme pour une meilleure gestion&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce que le climat a déréglé, la politique – si elle est éclairée – peut encore réajuster. Il ne s’agit plus seulement de «&nbsp;<em>gérer des conflits</em>&nbsp;», mais de refonder la relation entre agriculture et élevage dans une optique de résilience commune. Cela passe par une ingénierie sociale : moderniser les cadres juridiques, sécuriser les terres, garantir la mobilité pastorale tout en accompagnant l’intensification agricole. Cela implique aussi une révolution technologique à la hauteur des défis climatiques : irrigation de précision, partage de données agroclimatiques, diversification intelligente des cultures, et surtout, revalorisation des savoirs locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus fondamentalement, il faudra décoloniser les imaginaires. Arrêter de considérer l’éleveur comme un archaïsme ambulant et le cultivateur comme une victime éternelle. L’un et l’autre sont au front, au propre comme au figuré. Leur combat est celui de la souveraineté alimentaire, de la paix sociale et de la survie collective dans une ère climatique incertaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si rien n’est fait, si les États, les partenaires, les communautés continuent de traiter ce conflit comme une nuisance périphérique, alors les tensions locales d’aujourd’hui deviendront les guerres civiles de demain. Il ne faut pas s’y tromper : la bataille pour l’eau et la terre est déjà engagée. Elle ne se gagnera ni avec des fusils ni avec des décrets, mais avec une volonté politique ferme, une gouvernance inclusive, et une ambition régionale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au<em>&nbsp;</em><em>cœur de la brousse en feu, ce n’est pas seulement la vache qui meurt, c’est aussi l’équilibre d’un monde qu’on croyait éternel</em><em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Révolution minière : enfin le temps des Africains</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Jun 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Le Mali prend des mesures audacieuses avec le lancement des travaux de construction de la raffinerie d'or, affirmant sa souveraineté.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans un secteur longtemps dominé par les grandes compagnies étrangères, le Mali entreprend une révolution minière sans précédent. Nouveau code fiscal, création d’une société publique, diversification vers le lithium, partenariat stratégique avec la Russie. La Transition malienne affirme une souveraineté assumée sur ses ressources. Mais ce recentrage étatique se heurte aux résistances des multinationales. Entre bras de fer, diversification et transformation locale, le pays trace sa propre voie vers l’indépendance économique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Bamako, ce que certains appellent « <em>bras de fer minier</em> » est, pour les autorités de la Transition, un acte de redressement. Une reconquête économique menée à la houe fiscale et au marteau diplomatique, au nom d’un mot aujourd’hui omniprésent dans les discours comme dans les décisions&nbsp;: souveraineté. Le Mali, troisième producteur d’or du continent, ne veut plus se contenter d’extraire pour d’autres. Il veut transformer chez lui, encadrer, fiscaliser, et peser.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-code-minier-qui-redistribue-les-cartes"><strong>Un code minier qui redistribue les cartes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En août 2023, la Transition malienne a fait voter un code minier dont la portée dépasse les chiffres. La nouvelle loi impose un cadre plus contraignant&nbsp;: fin des exonérations massives, obligation de raffinage local, et montée de l’État à hauteur de 35 % dans chaque projet nouveau. Autrement dit&nbsp;: l’époque des contrats léonins est révolue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les résultats ne se sont pas fait attendre. Malgré une baisse de 23 % de la production industrielle en 2024, les recettes minières ont bondi de 52,5 %, pour atteindre 835&nbsp;milliards de francs CFA. Comment ? Par une révision lucide des rapports de force, un encadrement rigoureux des exonérations, et la fin d’un régime de faveur qui avait trop profité aux grandes compagnies.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-barrick-resolute-et-le-pari-du-rapport-de-force"><strong>Barrick, Resolute et le pari du rapport de force</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais toute révolution a ses secousses. En janvier 2025, le gouvernement bloque les exportations de Barrick Gold, saisit trois tonnes d’or, et gèle les opérations de Loulo-Gounkoto. Une décision ferme, qui fait vaciller les marchés et agite les ambassades. Au Mali, désormais, on ne négocie plus avec un révolver fiscal sur la tempe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres, comme Resolute Mining, ont compris la nouvelle donne. Un accord à 160&nbsp;millions&nbsp;USD, une négociation discrète, une sortie honorable. Deux stratégies, deux résultats&nbsp;: la confrontation pour les uns, la coopération pour les autres.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-goulamina-nbsp-le-lithium-malien-entre-en-scene"><strong>Goulamina&nbsp;: le lithium malien entre en scène</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’or n’est plus seul sur l’échiquier stratégique. En décembre 2024, la mine de lithium de Goulamina est lancée, opérée par les Chinois de Ganfeng, avec une participation malienne de 30 %. Là encore, le contrat est clair&nbsp;: la transformation commence sur le sol malien, et les retombées (emplois, sous-traitance, fiscalité) sont garanties. Le Mali s’impose comme futur leader du lithium ouest-africain, alors que le monde entier cherche du minerai pour ses batteries.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-sorem-et-la-raffinerie-nbsp-les-outils-d-un-mali-maitre-de-son-destin"><strong>SOREM et la raffinerie&nbsp;: les outils d’un Mali maître de son destin</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur de ce repositionnement stratégique, la création de SOREM — bras public d’exploration et d’exploitation — et surtout, le projet de raffinerie d’or avec la Russie. 200&nbsp;tonnes de capacité annuelle, 62 % de capital détenu par l’État, et le lancement des travaux de construction prévu ce 16 juin 2025 par le président Assimi Goïta. Ce geste, au-delà du symbolique, est l’acte fondateur d’un Mali qui ne veut plus exporter son or brut, mais le transformer, le certifier, et en maîtriser la chaîne de valeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix de Moscou comme partenaire n’est pas neutre. Il s’inscrit dans une redéfinition des alliances, post-françafrique, post-MINUSMA. Le Mali trace sa voie, assume ses choix, et cherche désormais l&rsquo;efficacité dans le respect de ses intérêts fondamentaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-souverainete-miniere-a-consolider"><strong>Une souveraineté minière à consolider</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la souveraineté ne s’exerce pas qu’avec les multinationales. Sur les sites d’orpaillage artisanal, où travaillent des milliers de Maliens, la Transition a lancé une série de réformes&nbsp;: sécurité des sites, encadrement environnemental, et création de cinq fonds spécialisés. Une réponse urgente à une série de drames humains — comme les effondrements meurtriers de Koulikoro et Kayes — et à un enjeu écologique majeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que vit aujourd’hui le Mali n’est pas une crise minière. C’est un rééquilibrage historique. Un acte de souveraineté économique dans un secteur longtemps dominé par des logiques extraterritoriales. Certes, les tensions sont réelles. Certes, la production vacille. Mais l’État assume, reprend la main, renégocie, et s’investit. Entre pragmatisme et fermeté, la Transition trace sa ligne&nbsp;: celle d’un pays qui veut cesser d’être un gisement sous contrôle étranger, pour devenir une nation pleinement maîtresse de ses richesses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pari est ambitieux. Mais dans ce moment de bascule où l’Afrique réinvente son rôle dans l’économie mondiale, le Mali joue une carte que d’autres n’ont jamais osé poser sur la table.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>À Malabo, l’union se décompose : autopsie d’une crise diplomatique africaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Jun 2025 17:41:51 +0000</pubDate>
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<p>Le retrait du Rwanda de la CEEAC met en lumière l'impuissance des organisations africaines face aux rivalités géopolitiques.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À Malabo, le sommet qui devait acter une transition ordinaire à la tête de la CEEAC s’est transformé en scène de rupture. Le Rwanda, privé de la présidence tournante, claque la porte. En toile de fond : le conflit rwandais-congolais, désormais transporté dans l’arène diplomatique. Et une question : que reste-t-il de l’intégration régionale quand les États règlent leurs comptes à ciel ouvert ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 8 juin 2025, Kigali a claqué la porte. En refusant de transmettre la présidence tournante de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) au Rwanda, les chefs d’État réunis à Malabo ont provoqué une crise diplomatique d’une ampleur inédite dans l’histoire de cette organisation créée en 1983. Derrière le prétexte institutionnel, c’est un contentieux plus profond, plus ancien, plus explosif – celui entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) – qui a refait surface, projetant son ombre sur l’intégration régionale tout entière.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-quand-kinshasa-bloque-kigali"><strong>Quand Kinshasa bloque Kigali</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne devait s’agir que d’une formalité. Une transmission de témoin, en somme : Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, président de la Guinée équatoriale, cédant la présidence tournante de la CEEAC à son homologue rwandais, Paul Kagame. Mais à Malabo, rien ne s’est passé comme prévu. Le Burundi s’y est opposé. La RDC a haussé le ton. Résultat : statu quo prolongé. Obiang reste président. Kagame s’éclipse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les coulisses du sommet, les mots ont fusé. Un commissaire de la CEEAC confie : «&nbsp;<em>C’était électrique. Le ministre rwandais voulait comprendre pourquoi cette transmission lui était refusée. Celui de la RDC a répondu que ses autorités ne pouvaient pas accepter d’avoir à se rendre au Rwanda tant que ce pays menait une agression contre leur territoire&nbsp;</em>». Ambiance.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-kigali-denonce-kinshasa-persiste"><strong>Kigali dénonce, Kinshasa persiste</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un communiqué au vitriol publié le 8 juin au matin, le ministère rwandais des Affaires étrangères accuse : «&nbsp;<em>La CEEAC a été instrumentalisée par la RDC. Le droit du Rwanda à assumer la présidence tournante a été sciemment bafoué pour permettre à Kinshasa d’imposer sa volonté.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pilule est d’autant plus amère à Kigali que ce n’est pas la première fois que le Rwanda se sent marginalisé. En 2023 déjà, lors d’un sommet tenu à Kinshasa, Kigali avait été exclu des débats. La scène se rejoue, cette fois à Malabo. Et cette fois, Kigali préfère se retirer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté congolais, la réponse n’a pas tardé. Selon la présidence de la RDC, «&nbsp;<em>les chefs d’État de la CEEAC ont reconnu l’agression rwandaise et ont appelé Kigali à retirer ses troupes de l’est de la RDC&nbsp;</em>». Le ton est sans appel. Pour Félix Tshisekedi, aucun dialogue n’est possible tant que le Rwanda est perçu comme fauteur de guerre.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-organisation-prise-en-otage"><strong>Une organisation prise en otage</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du conflit bilatéral, c’est toute la crédibilité de la CEEAC qui vacille. L’organisation, qui se voulait un espace de coopération économique, de dialogue politique, de développement solidaire, devient la scène d’un duel. L’épisode de Malabo donne à voir une structure régionale paralysée, incapable de faire respecter ses propres règles, à commencer par celle de la rotation de sa présidence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ironie du sort : au même moment, les chefs d’État valident le lancement d’une zone de libre-échange régionale, prévue pour le 30 août 2025. Mais comment bâtir une union économique quand un de ses membres les plus dynamiques – le Rwanda – est exclu du cercle ?</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-precedent-sahelien"><strong>Le précédent sahélien</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui se joue ici dépasse le cas d’école. La crise que traverse la CEEAC résonne avec celle que vit la CEDEAO à l’ouest, où le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont claqué la porte pour fonder leur propre organisation, la Confédération des États du sahel. L’Afrique régionale se fragmente. L’unité continentale, tant prônée par l’Union africaine, se heurte à la realpolitik des capitales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette érosion institutionnelle, la CEEAC devra choisir : réforme ou délitement. Le retrait du Rwanda n’est pas anodin. Kigali est un poids lourd stratégique, diplomatique et économique. L’écarter revient à se priver d’un partenaire de premier plan. Mais le garder, aux yeux de Kinshasa, c’est adouber un agresseur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le divorce rwandais révèle les limites du multilatéralisme à l’africaine quand les intérêts nationaux prennent le pas sur les ambitions communautaires. Ce n’est pas seulement la présidence tournante qui a été confisquée à Malabo. C’est l’idée même de solidarité régionale qui a volé en éclats. Et à mesure que les fractures s’accentuent, c’est l’Afrique centrale tout entière qui s’enfonce dans une instabilité institutionnelle durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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