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	<title>Chiencoro, auteur sur Sahel Tribune</title>
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	<title>Chiencoro, auteur sur Sahel Tribune</title>
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		<title>Gavi investit 189 millions de dollars dans les vaccins africains et vise 500 millions d&#8217;enfants d&#8217;ici 2030</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Jul 2026 08:13:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Gavi lance sa stratégie 2026-2030 avec 189 millions de dollars pour les vaccins africains, un fonds de 250 millions pour les pays fragiles et l'objectif de vacciner 500 millions d'enfants.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réuni les 1<sup>er</sup>&nbsp;et 2 juillet 2026 à Genève, le Conseil d&rsquo;administration de l&rsquo;Alliance du Vaccin Gavi a arrêté les grandes orientations de sa stratégie 2026-2030, dite Gavi 6.0. Au menu : des objectifs maintenus malgré les contraintes financières, un soutien inédit de 189 millions de dollars à la fabrication africaine de vaccins, et un mécanisme de 250 millions pour les contextes fragiles. Des décisions qui touchent directement des dizaines de millions d&rsquo;enfants africains.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les pressions budgétaires qui pèsent sur les grands bailleurs internationaux depuis la crise post-Covid et les tensions géopolitiques de 2025-2026, le Conseil d&rsquo;administration de Gavi a refusé de revoir à la baisse ses ambitions pour la période 2026-2030. Les objectifs de Gavi 6.0 sont confirmés dans leur version initiale : atteindre 500 millions d&rsquo;enfants supplémentaires, prévenir entre 8 et 9 millions de morts additionnels, contribuer à une réduction de 10 % supplémentaire de la mortalité des moins de cinq ans, et générer plus de 100 milliards de dollars de bénéfices économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce maintien de l&rsquo;ambition dans un contexte financièrement difficile est un signal politique fort. Il dit que l&rsquo;Alliance refuse de sacrifier sur l&rsquo;autel de l&rsquo;austérité budgétaire les enfants les plus vulnérables de la planète, dont la grande majorité se trouvent en Afrique subsaharienne. Atteindre ces cibles supposera toutefois de combler un déficit de financement dont les contours ne sont pas encore tous définis : le Conseil a appelé à un engagement continu des bailleurs souverains et philanthropiques pour y parvenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les résultats des cinq dernières années montrent ce qui est possible avec un engagement financier et politique soutenu envers la vaccination. Ils nous inspirent également à relever les défis difficiles qui nous attendent. »</em>, explique Rt. Hon. Helen Clark, Présidente du Conseil d&rsquo;administration de Gavi.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>189 millions de dollars pour les vaccins fabriqués en Afrique</strong><em></em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;annonce la plus attendue par le continent africain est sans conteste celle concernant l&rsquo;Accélérateur africain de fabrication de vaccins (AVMA). Au-delà du milliard de dollars déjà alloué à ce programme depuis son lancement, le Conseil a approuvé 189 millions de dollars supplémentaires pour renforcer la demande de vaccins fabriqués sur le continent et soutenir les activités d&rsquo;écosystème indispensables à leur développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La répartition de cette enveloppe dit beaucoup sur la stratégie adoptée. Sur les 189 millions : 139 millions seront consacrés à l&rsquo;achat de vaccins fabriqués en Afrique, une injection directe dans les carnets de commande des producteurs africains, qui leur donne la visibilité nécessaire pour investir et pour emprunter. Les 50 millions restants iront à trois partenaires institutionnels stratégiques : l&rsquo;Africa CDC, l&rsquo;Agence africaine des médicaments (AMA) et l&rsquo;OMS, chargés de lever les obstacles réglementaires, logistiques et techniques qui freinent encore le développement d&rsquo;un véritable écosystème vaccinal continental.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Contextes fragiles et humanitaires&nbsp;</strong><em></em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les pays africains en situation de fragilité, notamment ceux qui cumulent insécurité, crise humanitaire et capacités sanitaires limitées, bénéficieront d&rsquo;un traitement préférentiel renforcé dans Gavi 6.0. Le Conseil a approuvé la mise en place d&rsquo;un «&nbsp;<em>Mécanisme de résilience Gavi&nbsp;</em>» : un fonds dédié de 250 millions de dollars, réservé pour répondre aux besoins imprévus dans ces contextes — épidémies non couvertes par les stocks existants, urgences sanitaires, crises humanitaires soudaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S&rsquo;y ajoute une flexibilité sur le co-financement, la contribution que les gouvernements bénéficiaires doivent apporter pour participer aux programmes Gavi : jusqu&rsquo;à 100 millions de dollars de dérogations pourront être accordées aux pays dont la situation ne leur permet pas d&rsquo;honorer cette obligation. Pour des pays comme le Mali, le Burkina Faso, le Niger ou la République centrafricaine, ces deux mécanismes représentent un filet de sécurité concret dans un environnement où les épidémies constituent une menace permanente.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Paiements numériques, une révolution pour les agents de santé africains</strong><em></em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;une des décisions les plus concrètes du Conseil concerne les campagnes de vaccination et leurs agents de terrain. Dès la mise en œuvre de Gavi 6.0, les paiements numériques deviendront le mécanisme par défaut pour rémunérer les agents de santé participant aux campagnes de vaccination financées par Gavi. Une décision saluée par la directrice générale de l&rsquo;Alliance, le Dr Sania Nishtar, dont l&rsquo;expérience ministérielle lui a permis de mesurer l&rsquo;impact concret de cette réforme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les paiements en espèces, qui restaient largement la norme dans de nombreux pays africains, présentent trois problèmes majeurs : les délais de versement qui peuvent durer des semaines ou des mois après la campagne, les risques de détournement ou de soustraction de fonds à différents niveaux de la chaîne administrative, et l&rsquo;impossibilité de vérifier que les agents ont bien été payés. Le paiement numérique, via mobile money ou virement bancaire, résout ces trois problèmes simultanément, directement au bénéfice des milliers d&rsquo;agents de santé communautaires qui assurent la première ligne de la vaccination en Afrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je suis particulièrement satisfaite que, désormais, nos campagnes de vaccination imposeront les paiements numériques pour les agents de santé. D&rsquo;après mon expérience en tant que ministre, je sais que cela fera une énorme différence en termes d&rsquo;élimination des abus et de garantie que les agents sont payés équitablement et à temps. »</em>, précise Dr Sania Nishtar, Directrice générale de Gavi.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un bilan 2020-2025 qui donne confiance, et des angles morts à corriger</strong><em></em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avant de se tourner vers l&rsquo;avenir, le Conseil a pris le temps d&rsquo;examiner le bilan de la période stratégique précédente (Gavi 5.0, 2020-2025). La conclusion est globalement positive : malgré les perturbations massives causées par la pandémie de Covid-19, l&rsquo;Alliance a atteint ou dépassé la grande majorité de ses objectifs, nombre d&rsquo;enfants atteints, couverture contre les maladies à prévention vaccinale, introductions de nouveaux vaccins, qualité des marchés vaccinaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux domaines sont cependant identifiés comme insuffisants : la réduction du nombre d&rsquo;enfants «&nbsp;<em>zéro dose</em>», ceux qui n&rsquo;ont reçu aucun vaccin, et l&rsquo;équité géographique dans l&rsquo;accès à la vaccination. En Afrique subsaharienne, ces deux dimensions sont étroitement liées : les enfants zéro dose se concentrent dans les zones rurales reculées, les quartiers informels des grandes villes et les zones de conflit où les services de santé ont été dégradés ou interrompus. C&rsquo;est précisément sur ces deux angles morts que Gavi 6.0 devra prouver qu&rsquo;il fait mieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis sa création en 2000, l&rsquo;Alliance a permis de vacciner plus de 1,2 milliard d&rsquo;enfants et d&rsquo;éviter plus de 20,6 millions de décès prématurés. Elle a contribué à diviser par deux la mortalité infantile dans 78 pays à faibles revenus. Ces chiffres donnent la mesure de ce qu&rsquo;une ambition collective et un financement soutenu peuvent produire. Gavi 6.0, avec ses 189 millions de dollars pour les vaccins africains et ses 250 millions pour les crises humanitaires, entend écrire un nouveau chapitre de cette histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Sondage GISSE : 83,9 % des Maliens satisfaits de la Transition — les chiffres qui parlent d&#8217;eux-mêmes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Jul 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Une enquête nationale du GISSE révèle que 83,9 % des Maliens soutiennent la Transition, 92 % font confiance à Assimi Goïta et 86,7 % privilégient la sécurité avant les élections.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Une enquête d&rsquo;opinion nationale indépendante menée auprès de 2 320 Maliens dans neuf villes du pays confirme ce que le terrain laissait pressentir : une adhésion massive des citoyens au projet de la Transition, une confiance écrasante envers Assimi Goïta, et une priorité nationale claire — la sécurité avant les élections. Les résultats, présentés le 2 juillet 2026 à Bamako, dessinent le portrait d&rsquo;un peuple qui choisit la refondation.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Commandée par l&rsquo;ONG Centre Sahel pour la paix et le développement et réalisée par le cabinet Groupement d&rsquo;intérêt scientifique des statisticiens économistes (GISSE), cette enquête d&rsquo;opinion nationale a été conduite du 2 au 12 mai 2026 auprès d&rsquo;un échantillon représentatif de 2 320 personnes âgées de 18 ans et plus, dans les capitales des huit anciennes régions du Mali — Bamako, Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou et Gao — à l&rsquo;exception de Kidal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les résultats ont été rendus publics le jeudi 2 juillet 2026 lors d&rsquo;une conférence de presse à l&rsquo;hôtel Radisson de Bamako, en présence de Yaya Mémé, président de l&rsquo;ONG Centre Sahel, et de Sidiki Guindo, directeur du cabinet GISSE. Leur portée dépasse largement le cadre d&rsquo;une étude académique : ils offrent, pour la première fois depuis plusieurs années, une photographie fidèle et méthodologiquement rigoureuse de ce que les Maliens pensent réellement de leur pays et de ses dirigeants.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>83,9 % satisfaits : le peuple valide la Transition</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le chiffre central de l&rsquo;enquête est sans appel : 83,9 % des personnes interrogées se déclarent satisfaites de la gestion de la Transition. Plus de huit Maliens sur dix. Ce taux de satisfaction, mesuré à l&rsquo;échelle nationale et dans des conditions scientifiques rigoureuses, est le premier verdict démocratique que le peuple malien rend depuis 2021 — non pas dans les urnes, mais dans les réponses librement exprimées à un questionnaire indépendant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce résultat n&rsquo;est pas une surprise pour qui a suivi l&rsquo;évolution de l&rsquo;opinion au Mali depuis le 18 août 2020. Les réformes engagées — code minier, souveraineté sur l&rsquo;or, montée en puissance des FAMa, œuvres sociales, reconstruction institutionnelle — ont produit des effets tangibles que les populations perçoivent et apprécient. La satisfaction n&rsquo;est pas aveugle : c&rsquo;est la reconnaissance d&rsquo;un travail réel, accompli dans des conditions difficiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">83,9 % de satisfaction. Ce chiffre n&rsquo;est pas une déclaration politique. C&rsquo;est le verdict du peuple malien, exprimé librement à un chercheur indépendant.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>92 % de confiance en Goïta : un leadership plébiscité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la satisfaction envers la Transition comme institution, c&rsquo;est le leadership personnel du Général d&rsquo;Armée Assimi Goïta qui est le plus massivement reconnu. 92 % des sondés déclarent avoir une opinion favorable du Président de la Transition. Ce taux de confiance place Goïta parmi les dirigeants africains les mieux perçus par leurs propres populations — un fait que les médias internationaux, souvent focalisés sur les aspects institutionnels ou sécuritaires, omettent de mesurer à sa juste valeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce plébiscite personnel dit quelque chose sur la nature du lien qui s&rsquo;est tissé entre le chef de l&rsquo;État et les Maliens depuis 2021. Un lien de confiance construit sur des actes : la remontée en puissance des forces armées, les plus de 533 forages d&rsquo;eau, la raffinerie d&rsquo;or, les 15 hôpitaux en chantier, la Maison des pupilles. Les Maliens qui font confiance à Goïta ne font pas confiance à une image — ils font confiance à un bilan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>86,7 % contre les élections en priorité : le peuple choisit la refondation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des résultats les plus révélateurs de l&rsquo;enquête concerne la question électorale. 86,7 % des sondés estiment que l&rsquo;organisation d&rsquo;une élection présidentielle ne constitue pas une priorité immédiate. Ce chiffre est crucial : il invalide l&rsquo;argument selon lequel la Transition retarderait des élections que la population réclamerait urgemment. C&rsquo;est exactement l&rsquo;inverse. Les Maliens interrogés partagent la conviction de leurs autorités : avant de voter, il faut sécuriser, stabiliser, reconstruire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette convergence entre la vision des autorités et l&rsquo;attente du peuple n&rsquo;est pas un hasard. Elle reflète une réalité vécue : dans un pays où des régions entières ont été coupées du reste du territoire par des groupes armés, où des convois d&rsquo;hydrocarbures devaient être escortés par l&rsquo;armée pour atteindre leur destination, la priorité absolue est de rétablir les conditions d&rsquo;un fonctionnement normal de la société avant d&rsquo;organiser des scrutins. Le sondage le confirme avec éclat : 67 % des Maliens placent la lutte contre le terrorisme en tête de leurs priorités nationales.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>93 % pour la Russie : un partenariat validé par le peuple</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le volet «&nbsp;<em>partenaires internationaux</em>&nbsp;» du sondage apporte un éclairage décisif sur les choix diplomatiques de la Transition. La Russie recueille 93 % d&rsquo;opinions favorables — un score qui place ce partenariat au rang de consensus national. Cette adhésion populaire massive dit que la rupture avec la France et le rapprochement avec Moscou n&rsquo;ont pas été imposés au peuple malien contre sa volonté : ils ont été accueillis, approuvés et plébiscités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;inverse, la France recueille 90,8 % d&rsquo;opinions défavorables — moins d&rsquo;un sondé sur dix lui est favorable. La CEDEAO, dont le Mali s&rsquo;est retiré en janvier 2025, obtient 81,9 % d&rsquo;opinions défavorables. Ces chiffres ne sont pas le résultat d&rsquo;une propagande : ils sont le produit d&rsquo;une histoire, d&rsquo;une mémoire collective et d&rsquo;un jugement sur des décennies de relations inégales. Le peuple malien a rendu son verdict sur ses anciens partenaires. Il est sans appel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les leaders religieux : l&rsquo;autorité morale au service de la cohésion</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le sondage révèle également la vitalité de l&rsquo;autorité morale des grandes figures religieuses maliennes. Le Chérif de Nioro et le Chérif Ousmane Madani Haïdara recueillent chacun plus de 85 % d&rsquo;opinions favorables — des taux qui les placent parmi les personnalités les mieux perçues de tout le sondage. Ces chiffres confirment que les grandes confréries et familles religieuses maliennes continuent de jouer un rôle de ciment social irremplaçable, contribuant à maintenir la cohésion nationale dans un contexte de crise.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un baromètre à pérenniser</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de leurs résultats immédiats, ces données ouvrent une perspective que l&rsquo;ONG Centre Sahel entend saisir. Yaya Mémé, son président, a annoncé la vocation de cette enquête à devenir un baromètre permanent de l&rsquo;opinion publique malienne — un outil de suivi dans le temps des perceptions citoyennes sur les grandes questions nationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Notre ambition est que cette initiative ne demeure pas un exercice ponctuel. Nous souhaitons qu&rsquo;elle devienne un véritable baromètre de l&rsquo;opinion publique au Mali, permettant de suivre dans le temps l&rsquo;évolution des perceptions des citoyens sur les grandes questions nationales. »</em>, a déclaré Yaya Mémé, président de l&rsquo;ONG Centre Sahel pour la paix et le développement, le 2 juillet 2026.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;étude recommande aux autorités de poursuivre et d&rsquo;intensifier les réformes engagées, d&rsquo;améliorer les conditions de vie des populations, de renforcer la communication autour des politiques publiques, et de favoriser un dialogue permanent avec les citoyens, les partenaires techniques, les organisations de la société civile et les médias. Elle leur offre, en somme, une base objective de réflexion et d&rsquo;analyse pour les décisions à venir. Une cartographie de la confiance, au service d&rsquo;une gouvernance à l&rsquo;écoute de son peuple.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Au Mali, l&#8217;exposition TƐGƐNƆ fait dialoguer archéologie, ethnographie et art contemporain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jul 2026 19:40:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Présentée au Musée national du Mali, l'exposition TƐGƐNƆ met en dialogue patrimoine archéologique, collections ethnographiques et création contemporaine pour célébrer la mémoire collective et la souveraineté culturelle du Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Musée national du Mali a abrité, ce jeudi 2 juillet 2026, l’exposition TƐGƐNƆ (l’empreinte), réalisée par l’artiste malien Abdou OUOLOGUEM. Présidée par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Mamou DAFFÉ, la cérémonie s’est déroulée en présence du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, SEM Abdoulaye DIOP, du ministre de la Communication et de la Modernisation de l’Administration, M. Alhamdou Ag ILYÈNE, et du ministre de l’Environnement, Mme Doumbia Mariam Tangara.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre a également réuni Mme Irène Marie-Cécile MBOUKOU-KIMBATSA, ministre congolaise des Petites et Moyennes Entreprises et de l’Artisanat, ainsi que le ministre centrafricain de l’Artisanat ainsi que la représentante de l’ambassade d’Espagne, Patricia Gomes. Les visiteurs ont ensuite pu découvrir la richesse des pièces présentées dans l’exposition TƐGƐNƆ, où objets archéologiques, collections ethnographiques et créations contemporaines dialoguent dans une mise en scène immersive.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un événement culturel d’envergure nationale et internationale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cet événement s’inscrit dans le prolongement de l’Année de la Culture et de la décision du Président de la Transition, Son Excellence Assimi GOÏTA, de décréter la période 2026–2027 « Année de l’Éducation et de la Culture ». Le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme a engagé une revitalisation ambitieuse du Musée national du Mali, afin d’en faire un espace de transmission et d’innovation.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Exposition-TƐGƐNƆ-.jpeg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="609" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Exposition-TƐGƐNƆ--1024x609.jpeg" alt="Exposition « TƐGƐNƆ »" class="wp-image-23205" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Exposition-TƐGƐNƆ--1024x609.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Exposition-TƐGƐNƆ--300x178.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Exposition-TƐGƐNƆ--768x457.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Exposition-TƐGƐNƆ--585x348.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Exposition-TƐGƐNƆ--600x357.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Exposition-TƐGƐNƆ-.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Au Mali, l&rsquo;exposition TƐGƐNƆ fait dialoguer archéologie, ethnographie et art contemporain. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/ Sahel tribune. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">L’exposition TƐGƐNƆ démontre cette ambition en mettant en lumière la diversité des patrimoines matériels et immatériels du Mali. Les objets archéologiques, les collections ethnographiques et les œuvres artistiques dialoguent avec des dispositifs immersifs pour offrir un parcours sensible et inédit. Chaque pièce agit comme une empreinte, qu’elle soit physique ou émotionnelle, rappelant la fragilité et la persistance des traces laissées par les générations.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une exposition révélant richesse patrimoniale et créativité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette mise en scène rend hommage aux artisans et artistes qui ont façonné la mémoire collective. Elle invite le public à réfléchir à sa propre empreinte dans l’histoire, entre héritage reçu et marque à transmettre. L’exposition devient ainsi un voyage entre passé et avenir, où les traditions anciennes rencontrent les créations contemporaines, donnant au Mali une image plurielle et vivante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre Mamou DAFFÉ a insisté sur la portée symbolique de cette exposition. Il a rappelé que chaque objet, chaque savoir-faire constitue une empreinte vivante de la civilisation malienne. Selon lui, TƐGƐNƆ participe à la souveraineté culturelle et à la renaissance enclenchée depuis l’Année de la Culture, renforçant le sentiment d’appartenance et la fierté nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une empreinte affirmant souveraineté culturelle malienne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre a également souligné que cette exposition est une étape décisive dans la valorisation du patrimoine national. Il a mis en avant la nécessité de préserver les savoir-faire traditionnels, de protéger les identités culturelles et de transmettre aux générations futures un héritage solide. Pour lui, TƐGƐNƆ est une démonstration de la vitalité du Mali et de sa capacité à se réinventer par la culture.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Exposition-TƐGƐNƆ-2.jpeg"><img decoding="async" width="1024" height="624" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Exposition-TƐGƐNƆ-2-1024x624.jpeg" alt="Exposition « TƐGƐNƆ » 2" class="wp-image-23206" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Exposition-TƐGƐNƆ-2-1024x624.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Exposition-TƐGƐNƆ-2-300x183.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Exposition-TƐGƐNƆ-2-768x468.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Exposition-TƐGƐNƆ-2-585x356.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Exposition-TƐGƐNƆ-2-600x365.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/07/Exposition-TƐGƐNƆ-2.jpeg 1059w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Au Mali, l&rsquo;exposition TƐGƐNƆ fait dialoguer archéologie, ethnographie et art contemporain. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/ Sahel tribune. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">L’exposition ne se limite pas à une présentation d’objets. Elle devient un véritable parcours sensible où les fissures, les cassures et les brisures des pièces exposées dialoguent avec les émotions, les souvenirs et les identités. Elle invite chaque visiteur à réfléchir à ce qu’il a reçu des grands empires du passé et à la marque qu’il souhaite transmettre aux générations futures.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une expérience immersive reliant passé et avenir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de l’exposition, TƐGƐNƆ s’inscrit dans une dynamique de renaissance culturelle. Elle rappelle que chaque objet, chaque geste et chaque savoir-faire constitue une empreinte vivante de l’histoire collective. Elle incarne la volonté du Mali de valoriser son patrimoine, de renforcer son identité et de s’ouvrir au monde à travers la culture, en affirmant sa souveraineté culturelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’événement a été marqué par la visite de l’incroyable exposition TƐGƐNƆ (l’empreinte), qui incarne la renaissance culturelle du Mali et son rayonnement à l’international. Plus qu’une simple présentation, elle devient une invitation à porter un regard renouvelé sur le patrimoine et sur l’héritage que nous transmettons aux générations futures. Elle montre la force de la mémoire collective et la vitalité des savoir-faire maliens.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : l&#8217;OMSP, ou comment l&#8217;or malien cesse enfin de disparaître dans la nuit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jul 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Le Mali franchit une étape majeure dans la réforme de son secteur minier avec la création de l’Office malien des Substances précieuses (OMSP). Objectif : contrôler les exportations d’or, lutter contre la contrebande et renforcer la souveraineté économique du pays.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 30 juin 2026, le Conseil national de Transition a adopté à l&rsquo;unanimité — 120 voix pour, zéro contre — la loi créant l&rsquo;Office malien des Substances précieuses. Un vote historique qui parachève trois ans de réforme minière et donne au Mali ce qui lui manquait depuis les indépendances : le contrôle réel sur la commercialisation et l&rsquo;exportation de son or.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a des textes de loi dont le vote est une formalité, et d&rsquo;autres dont le vote est un acte politique de premier ordre. La ratification, le 30 juin 2026, de l&rsquo;ordonnance créant l&rsquo;Office malien des Substances précieuses (OMSP) appartient à la seconde catégorie. 120 voix pour, zéro contre, zéro abstention au Conseil national de Transition : l&rsquo;unanimité dit le poids de la décision. Depuis les indépendances, le Mali produisait de l&rsquo;or, en exportait, en tirait des recettes — et en perdait une fraction considérable dans des circuits informels que l&rsquo;État ne contrôlait pas. L&rsquo;OMSP est la réponse institutionnelle à soixante ans d&rsquo;hémorragie dorée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le scandale des statistiques : l&rsquo;or qu&rsquo;on déclare et l&rsquo;or qui part</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le point de départ de cette réforme est un constat que les autorités n&rsquo;ont pas cherché à minimiser. Dans le communiqué du Conseil des ministres du 18 mars 2026, qui présentait les textes de création de l&rsquo;OMSP avant leur ratification par le CNT, le gouvernement a posé le problème en termes clairs : il existe des disparités entre les statistiques officielles au niveau national et les quantités reçues dans les pays de destination.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Traduction : le Mali déclare une certaine quantité d&rsquo;or exportée. Les pays qui reçoivent cet or en enregistrent davantage. L&rsquo;écart n&rsquo;est pas une erreur comptable — c&rsquo;est de l&rsquo;or qui quitte le territoire malien sans jamais être déclaré aux douanes, sans jamais générer de recettes fiscales, sans jamais alimenter les caisses de l&rsquo;État. C&rsquo;est de la contrebande à grande échelle, organisée, systémique, qui dure depuis des décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ampleur du phénomène est difficile à chiffrer précisément — par définition, ce qui est frauduleux n&rsquo;est pas déclaré. Mais les données officielles donnent une idée du contexte. En 2022, le Mali a produit 72,227 tonnes d&rsquo;or, dont 6 tonnes issues de l&rsquo;orpaillage. Ce secteur représentait 9,2 % du PIB et avait généré 763 milliards de FCFA de recettes budgétaires. Si même une fraction de l&rsquo;or non déclaré avait transité par des circuits officiels, ces chiffres auraient été significativement plus élevés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Malgré cette contribution, il existe des difficultés dans la maîtrise des flux issus de l’orpaillage et des petites mines au regard des disparités entre les statistiques officielles au niveau national et les quantités reçues dans les pays de destination.</em> <em>»</em>, selon le communiqué final du Conseil des ministres du 18 mars 2026. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;OMSP : monopole d&rsquo;exportation et régulation de la chaîne complète</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse apportée par l&rsquo;OMSP est structurelle. L&rsquo;Office devient la seule entité habilitée à exporter l&rsquo;or malien — un monopole d&rsquo;exportation qui met fin à la fragmentation des circuits actuels, où des dizaines de comptoirs d&rsquo;achat, de collecteurs privés et d&rsquo;exportateurs opèrent en parallèle, avec des niveaux de contrôle très variables. Désormais, tout l&rsquo;or exporté doit passer par un guichet unique étatique, qui trace, enregistre et certifie chaque transaction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;OMSP est placé sous la tutelle du ministère de l&rsquo;Industrie et du Commerce — non pas des Mines, ce qui est un choix délibéré : il s&rsquo;agit d&rsquo;une institution de commerce et de transformation, pas seulement d&rsquo;extraction. Ses missions couvrent la régulation et la centralisation de la commercialisation de l&rsquo;or et des autres substances précieuses, le renforcement du contrôle de l&rsquo;État sur les ressources minières, la sécurisation des flux financiers, et la lutte contre les circuits de commercialisation illicites.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La pièce manquante d&rsquo;un puzzle en trois ans</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre ce que représente l&rsquo;OMSP, il faut le lire dans la séquence de réformes engagées depuis 2023. En août 2023, le Conseil national de Transition adoptait le nouveau Code minier (loi n°2023-040) et la loi sur le contenu local dans le secteur minier (loi n°2023-041). Le code portait la participation obligatoire de l&rsquo;État dans les projets miniers de 20 % à 35 %, supprimait les clauses de stabilité qui immunisaient les compagnies contre toute révision fiscale, et réformait en profondeur le régime des redevances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2023-2024, un audit du secteur minier révélait entre 300 et 600 milliards de FCFA d&rsquo;irrégularités. Les négociations avec les compagnies minières aboutissaient à des recouvrements massifs : 761 milliards de FCFA d&rsquo;arriérés en 2025, dont 85 millions de dollars pour la seule Barrick Gold. En juin 2025, la pose de la première pierre de SOROMA-SA — la raffinerie nationale d&rsquo;or de Sénou, partenariat public-privé avec la société russe Yadran, capacité de 200 tonnes par an — matérialisait la volonté de transformer l&rsquo;or malien sur le territoire malien avant de l&rsquo;exporter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;OMSP est la pièce finale de ce puzzle. Le code minier a fixé les règles d&rsquo;exploitation. L&rsquo;audit a récupéré les arriérés. La raffinerie va transformer l&rsquo;or brut en lingots certifiés. L&rsquo;OMSP va contrôler que l&rsquo;or exporté par la raffinerie est bien le même que celui déclaré à la production. La chaîne est enfin complète — de la mine au marché international, en passant exclusivement par des circuits sous contrôle malien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Produire de l&rsquo;or sans contrôler son exportation, c&rsquo;est tenir un seau percé. L&rsquo;OMSP est le bouchon qui manquait depuis l&rsquo;indépendance.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;orpaillage : le vrai enjeu de l&rsquo;OMSP</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;OMSP s&rsquo;applique à l&rsquo;ensemble du secteur aurifère, c&rsquo;est l&rsquo;orpaillage — et plus généralement les petites et moyennes exploitations — qui constitue son vrai terrain de bataille. Les grandes mines industrielles (Barrick, Resolute, B2Gold, etc.) sont déjà sous contrat avec l&rsquo;État, soumises à des audits, tenues de déclarer leurs productions. C&rsquo;est difficile, parfois litigieux, mais le cadre existe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;orpaillage, lui, est une autre affaire. Selon les estimations du gouvernement, plusieurs millions de personnes pratiquent l&rsquo;orpaillage au Mali — une activité qui génère des revenus vitaux pour des communautés rurales entières, mais qui est aussi le principal vecteur de la fuite de l&rsquo;or en dehors des circuits officiels. Les collecteurs qui achètent l&rsquo;or aux orpailleurs, les comptoirs qui le stockent, les exportateurs qui l&rsquo;acheminent vers Dubaï, le Togo ou la Côte d&rsquo;Ivoire avec des déclarations tronquées : c&rsquo;est toute cette filière informelle que l&rsquo;OMSP doit structurer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tâche est immense et les défis sont réels. L&rsquo;orpaillage est géographiquement dispersé — il se pratique dans des centaines de sites, souvent dans des zones reculées difficiles d&rsquo;accès. Les orpailleurs sont des travailleurs précaires qui vendent leur production au mieux offrant, sans se soucier des circuits officiels. Et la contrebande d&rsquo;or a des réseaux bien établis, qui ne disparaîtront pas parce qu&rsquo;un office a été créé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce qui fera la différence : l&rsquo;application</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le président de la Commission des Mines et de l&rsquo;Énergie du CNT, Assane Sidibé, a posé clairement l&rsquo;enjeu lors du débat précédant le vote : l&rsquo;OMSP s&rsquo;impose désormais comme l&rsquo;organe exclusif pour lutter contre l&rsquo;orpaillage anarchique et la dégradation des forêts. Pour lui, ce texte parachève la feuille de route du Président de la Transition initiée après le vote du Code minier de 2023.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La chaîne causale est logique : si l&rsquo;OMSP est le seul exportateur autorisé, et si la raffinerie de Sénou — opérationnelle fin 2026 selon le calendrier prévu — est le seul transformateur agréé, alors tout l&rsquo;or qui circule en dehors de ces deux entités sera, par définition, hors-la-loi. Pas seulement informel — illégal. Ce changement de statut juridique est la condition pour que les sanctions soient appliquées et que les circuits parallèles perdent leur impunité actuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec 120 voix pour et zéro contre, le CNT a dit ce que le pays pense de cette réforme. Il reste maintenant à transformer l&rsquo;unanimité du vote en réalité du terrain. C&rsquo;est là que se joueront les milliards.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>N&#8217;Djamena, capitale mondiale de l&#8217;eau le temps de deux jours : pourquoi ce forum africain arrive au bon moment</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jul 2026 15:22:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Climat et environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Forum africain de l'eau]]></category>
		<category><![CDATA[lac tchad]]></category>
		<category><![CDATA[N’Djamena]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité hydrique]]></category>
		<category><![CDATA[Tchad]]></category>
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<p>Les 15 et 16 juillet 2026, N'Djamena accueille le Forum africain de l'eau. Face à la sécheresse, au recul du lac Tchad et aux tensions climatiques, les dirigeants africains sont attendus pour transformer les engagements en actions concrètes.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les 15 et 16 juillet 2026, la capitale tchadienne accueillera le Forum africain de l&rsquo;eau « De la vision à l&rsquo;action », coorganisé par le Tchad et la Banque mondiale. Alors que le Maréchal Déby multiplie les invitations aux chefs d&rsquo;État africains — Mali, Niger, Burkina Faso, Bénin, Nigeria, entre autres —, ce forum arrive dans un contexte de sécheresse aggravée, de lac Tchad en voie de disparition et de compétition croissante pour une ressource que le réchauffement climatique rend de plus en plus rare. Un rendez-vous continental à ne pas rater.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas un sommet de plus. Ce n&rsquo;est pas non plus une conférence d&rsquo;experts où les recommandations s&#8217;empilent sans suite. Le Forum africain de l&rsquo;eau qui s&rsquo;ouvrira les 15 et 16 juillet 2026 à N&rsquo;Djamena, sous le thème «&nbsp;<em>De la vision à l&rsquo;action</em>&nbsp;», porte dans son intitulé même l&rsquo;aveu de ce qui n&rsquo;a pas fonctionné jusqu&rsquo;ici : trop de vision, pas assez d&rsquo;action. Le Tchad et la Banque mondiale, coorganisateurs de l&rsquo;événement, ont voulu faire de ce rendez-vous un moment où des engagements fermes sont pris, des contrats signés, des feuilles de route finalisées. Un pari ambitieux dans un continent où l&rsquo;eau est à la fois une priorité absolue et un angle mort des politiques publiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Tchad, pays de l&rsquo;eau&#8230; et pays de la soif</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix de N&rsquo;Djamena comme ville hôte n&rsquo;est pas anodin. Le Tchad est l&rsquo;un des pays africains les mieux dotés en ressources hydriques sur le papier — lac Tchad, fleuves Chari et Logone, lacs Fitri, Léré et Iro, réserves du grès de Nubie, bassins transfrontaliers partagés avec ses voisins. Et pourtant, le Tchad est aussi l&rsquo;un des pays les plus touchés par la crise de l&rsquo;eau sahélienne. C&rsquo;est précisément cette contradiction — richesse potentielle, pauvreté réelle — qui fait de lui un hôte crédible pour ce dialogue continental.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« C&rsquo;est précisément pour cela que le Tchad a voulu être au cœur de ce dialogue continental.»</em>, Tahir Hamid Nguilin, ministre d&rsquo;État tchadien aux Finances et à la Coopération internationale, en mai 2026. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le lac Tchad, symbole le plus visible de la crise hydrique africaine, a perdu plus de 90 % de sa superficie depuis les années 1960 — passant de 25 000 km² à moins de 2 000 km² selon les estimations les plus récentes. Ce n&rsquo;est pas seulement une catastrophe écologique : c&rsquo;est une catastrophe économique et humaine. Trente millions de personnes dépendent directement du lac pour leur eau potable, leur agriculture et leur élevage. Sa disparition progressive a alimenté les conflits entre éleveurs et agriculteurs, les migrations forcées et, dans certains cas, le terreau du recrutement par les groupes armés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une diplomatie de l&rsquo;eau à grande vitesse</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui frappe dans la préparation du Forum de N&rsquo;Djamena, c&rsquo;est l&rsquo;intensité de la diplomatie qui l&rsquo;entoure. Le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno a personnellement orchestré une vaste campagne d&rsquo;invitations diplomatiques, envoyant des émissaires dans plusieurs capitales africaines en l&rsquo;espace de quelques jours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 29 juin à Abuja, le ministre des Finances tchadien Tahir Hamid Nguilin transmettait un message du Maréchal Déby au président nigérian Bola Tinubu, l&rsquo;invitant à participer au forum. Le 30 juin à Cotonou, le même émissaire était reçu par le président béninois Romuald Wadagni. Et le 1er juillet à Bamako — après le Niger et le Burkina Faso — c&rsquo;est l&rsquo;envoyée spéciale Fatime Aldjineh Garfa qui transmettait au Président malien Assimi Goïta l&rsquo;invitation personnelle du chef de l&rsquo;État tchadien. En moins de soixante-douze heures, cinq capitales africaines, cinq invitations, une même urgence.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>160 millions de dollars et des « compacts » nationaux : la substance du forum</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du symbole diplomatique, le Forum de N&rsquo;Djamena doit déboucher sur des engagements concrets et vérifiables. La Banque mondiale a annoncé qu&rsquo;elle présentera à son conseil d&rsquo;administration, deux semaines avant le forum, un projet de 160 millions de dollars destiné à améliorer l&rsquo;accès à l&rsquo;eau dans trois provinces tchadiennes — eau potable, eau pour le bétail, eau pour l&rsquo;agriculture. La signature et le lancement de ce projet sont prévus dans le cadre même du forum.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus structurellement, l&rsquo;ambition affichée est d&rsquo;obtenir que chaque pays participant signe un «&nbsp;<em>compact national pour l&rsquo;eau</em>» — une feuille de route sectorielle assortie d&rsquo;objectifs mesurables et d&rsquo;un mécanisme de suivi rigoureux. C&rsquo;est une innovation de méthode : il ne s&rsquo;agit plus de produire des déclarations d&rsquo;intention, mais de contractualiser des engagements gouvernementaux sur des cibles précises en matière d&rsquo;accès à l&rsquo;eau potable, de développement de l&rsquo;irrigation et de gouvernance des ressources transfrontalières.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;eau sahélienne, enjeu de paix et de sécurité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière les chiffres et les mécanismes, il y a une réalité que les diplomates habillent en termes techniques mais que les populations vivent dans leur chair : au Sahel, la rareté de l&rsquo;eau tue. Elle tue directement, par la soif et les maladies hydriques. Elle tue indirectement, en alimentant les conflits entre communautés qui se disputent des ressources en déclin. Elle tue à long terme, en poussant des millions de personnes vers les villes et vers l&rsquo;exil, dans un mouvement que le changement climatique va amplifier de manière exponentielle dans les décennies à venir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les prévisions de Mali Météo, citées lors du Conseil supérieur de l&rsquo;agriculture du 9 juin 2026 à Bamako, anticipent un hivernage déficitaire en 2026. Pour le Niger, le Burkina Faso et le Tchad, les projections ne sont guère plus optimistes. Ce contexte climatique rend le Forum de N&rsquo;Djamena non pas accessoire mais urgent. Il ne s&rsquo;agit pas de parler d&rsquo;eau dans une salle climatisée pendant deux jours — il s&rsquo;agit de décider, maintenant, comment partager une ressource qui se raréfie entre des populations qui se multiplient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Sahel, l&rsquo;eau est une arme. Celui qui la contrôle contrôle les hommes. Le Forum de N&rsquo;Djamena peut en faire une ressource partagée — ou laisser la crise faire le reste.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce qu&rsquo;on attend, ce qu&rsquo;on craint</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les espoirs placés dans le Forum de N&rsquo;Djamena sont réels. L&rsquo;engagement personnel du Maréchal Déby, l&rsquo;appui financier et technique de la Banque mondiale, la mobilisation diplomatique auprès des capitales voisines : tout cela crée les conditions d&rsquo;un moment politique fort. Si les compacts nationaux pour l&rsquo;eau sont effectivement signés et dotés de mécanismes de suivi crédibles, ce forum pourrait marquer une inflexion réelle dans la gouvernance hydrique africaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les précédents invitent cependant à la prudence. L&rsquo;Afrique a une longue histoire de forums sur l&rsquo;eau — à Durban, à Marrakech, à Dakar — dont les déclarations finales ont rarement survécu au retour des délégations dans leurs capitales. Ce qui distinguera N&rsquo;Djamena des rendez-vous précédents, c&rsquo;est si les engagements pris par les gouvernements débouchent, dans les douze mois suivants, sur des budgets alloués, des infrastructures construites et des indicateurs publics de suivi. C&rsquo;est à cette aune qu&rsquo;on jugera si le forum aura tenu sa promesse de passer «&nbsp;<em>de la vision à l&rsquo;action</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">En attendant, le Mali y sera, probablement. Le Nigeria aussi. Le Bénin, d&rsquo;autres encore. Et sur les bords du fleuve Chari, le 15 juillet, le continent aura au moins décidé de se regarder en face sur la question de l&rsquo;eau. Ce n&rsquo;est pas rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Changement climatique : comment les paysans du Sahel anticipent les saisons avec une précision remarquable</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jul 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[sécurité alimentaire]]></category>
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<p>Au Sahel, les savoirs paysans convergent avec les prévisions climatiques scientifiques. Une complémentarité devenue essentielle face au changement climatique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Sahel, les indicateurs traditionnels — vents, oiseaux, floraisons — convergent souvent avec les modèles scientifiques les plus sophistiqués. Une rencontre entre deux savoirs que la recherche commence enfin à prendre au sérieux.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les villages du Yatenga, au nord du Burkina Faso, des anciens observent la direction des vents, la couleur des nuages au crépuscule, le comportement des oiseaux migrateurs. De ces signaux, ils tirent une prévision : la saison sera bonne, moyenne ou mauvaise. À quelques centaines de kilomètres de là, dans les <a href="https://agrhymet.cilss.int/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">centres de calcul du Centre régional AGRHYMET à Niamey</a>, des climatologues alimentent des modèles de circulation générale de l&rsquo;atmosphère avec des données satellitaires sur la température des océans. Deux mondes, deux méthodologies — et, de plus en plus, une convergence troublante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une convergence documentée par la recherche</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le programme de recherche du CGIAR sur le changement climatique, l&rsquo;agriculture et la sécurité alimentaire (<a href="https://ccafs.cgiar.org/fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CCAFS</a>) a documenté ce phénomène à partir du cas du Yatenga : les prévisions paysannes, fondées sur des indicateurs naturels observés de génération en génération, produisent des résultats très proches des prévisions météorologiques officielles. Selon le CCAFS, il existe une certaine convergence entre les prévisions populaires et les prévisions scientifiques, suffisamment significative pour que des programmes de recherche consacrent des moyens à l&rsquo;étudier plutôt qu&rsquo;à l&rsquo;ignorer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une&nbsp;<a href="https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/2022-09/010085801.pdf">étude menée dans la région de Zinder</a>, au Niger, a précisément cherché à confronter les deux approches. Les chercheurs y ont interrogé vingt chefs de ménage dans chacune des huit communes rurales du département de Mirriah, tous âgés de trente ans et plus afin de capter une mémoire climatique longue. Leurs témoignages ont ensuite été comparés statistiquement aux données agro-climatiques mesurées sur soixante années. Le constat est sans ambiguïté : les paysans interrogés utilisent des indicateurs atmosphériques précis — le comportement des vents, la couleur des nuages — ainsi que des indicateurs environnementaux, tels que la migration et la nidification des oiseaux ou la feuillaison de certaines espèces végétales, pour définir leur calendrier agricole et anticiper la productivité de la saison à venir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La même étude apporte une donnée glaçante sur l&rsquo;évolution du climat sahélien : la fréquence des saisons agricoles dites «&nbsp;<em>longues</em>&nbsp;» n&rsquo;est plus que de 16 % aujourd&rsquo;hui, contre 75 % avant la rupture climatique de 1967. Une bascule documentée scientifiquement, mais que les paysans avaient déjà intégrée à leur vécu, génération après génération, bien avant qu&rsquo;elle ne soit formalisée par les statisticiens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La machine scientifique : un dispositif régional de plus en plus précis</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté institutionnel, le dispositif s&rsquo;est considérablement structuré. Chaque année depuis plus de deux décennies, le Forum régional des prévisions saisonnières agro-hydro-climatiques (<a href="https://fsrp.araa.org/fr/actualites/communique-final-du-forum-2026-des-previsions-saisonnieres-des-caracteristiques-agro" target="_blank" rel="noreferrer noopener">PRESASS</a>) réunit les services météorologiques et hydrologiques nationaux des dix-sept pays d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest et du Sahel, sous l&rsquo;égide du Centre climatique régional AGRHYMET et de <a href="https://wmo.int/fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;Organisation météorologique mondiale</a>. <a href="https://agrhymet.cilss.int/2025/03/18/annonce-officielle-edition-2025-forum-regional-des-previsions-saisonnieres-agro-hydro-climatiques-pour-les-zones-sahelienne-et-soudanienne-presass/">L&rsquo;édition 2025 s&rsquo;est tenue à Bamako du 21 au 25 avril</a>, en partenariat avec Mali-Météo ; <a href="https://gwpo-gwp.org/afrique-ouest/fr/news/presass-2026-perspectives-climatologiques-et-engagement-strategique-du-gwp-ao/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;édition 2026</a> s&rsquo;est déroulée à N&rsquo;Djaména, du 20 au 24 avril, réunissant les experts climatiques de toute la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conclusions du forum PRESASS 2026 illustrent la finesse atteinte par ces prévisions scientifiques : pour la saison des pluies 2026, des cumuls pluviométriques excédentaires à moyens sont attendus dans le Sahel Centre et Est — Niger, Tchad, Nord du Nigeria —, tandis que des précipitations normales à déficitaires sont anticipées dans le Sahel Ouest et la zone soudanienne, incluant l&rsquo;Ouest du Mali, le Sénégal et la Guinée-Bissau. Les dates de démarrage de la saison agricole, les séquences sèches et les écoulements des principaux bassins fluviaux font l&rsquo;objet de projections différenciées selon les zones.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce niveau de granularité, impossible à atteindre par la seule observation empirique villageoise, repose sur l&rsquo;analyse des températures de surface des océans, des modèles statistiques régionaux et des données collectées par les services météorologiques et hydrologiques nationaux. Mais ces mêmes services reconnaissent volontiers, dans leurs propres communiqués, que leurs prévisions intègrent aussi les connaissances issues du terrain — preuve que la complémentarité, plutôt que la concurrence, s&rsquo;impose progressivement comme doctrine.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi les savoirs locaux gagnent en crédibilité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Des travaux menés au Burkina Faso ont montré que <a href="https://climatoscope.ca/les-savoirs-endogenes-et-locaux-au-service-de-ladaptation-aux-changements-climatiques/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;intégration des savoirs intrinsèques des paysans</a> en matière de climat dans les approches scientifiques et opérationnelles permet de gagner la confiance et l&rsquo;adhésion des populations face aux défis climatiques et environnementaux. Ce n&rsquo;est pas un détail anecdotique : dans des zones où l&rsquo;alphabétisation reste limitée et où l&rsquo;accès aux bulletins météorologiques officiels demeure inégal, un indicateur traditionnel relayé par un chef de village peut atteindre une audience que ne touchera jamais une prévision diffusée uniquement par voie institutionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des chercheurs ayant étudié les <a href="https://shs.hal.science/halshs-02354373v1/document" target="_blank" rel="noreferrer noopener">perceptions climatiques des populations riveraines</a> de zones forestières en Afrique centrale relèvent des indicateurs convergents d&rsquo;une région à l&rsquo;autre : baisse du volume des pluies, dérèglement du calendrier saisonnier, irrégularité des précipitations, multiplication des poches de sécheresse en pleine saison. Cette concordance entre observations paysannes recueillies à des milliers de kilomètres de distance constitue, pour la communauté scientifique, un argument fort en faveur de la fiabilité de ces savoirs empiriques accumulés sur plusieurs générations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://ier.ml/admin/documents/Coulibaly%20et%20al%202022_Les%20strat%C3%A9gies%20d%E2%80%99adaptation%20au%20changement%20climatique%20par%20les.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">chercheur malien Namanké Kanté</a>, cité dans plusieurs travaux universitaires sur l&rsquo;adaptation climatique, insiste sur ce point : pour que les populations rurales adhèrent réellement aux actions locales d&rsquo;adaptation, ces initiatives doivent intégrer leurs savoirs endogènes plutôt que de les contourner. Une politique climatique imposée depuis Bamako, Niamey ou Ouagadougou sans dialogue avec les savoirs villageois s&rsquo;expose, selon cette analyse, à un risque élevé de rejet ou d&rsquo;application partielle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les limites d&rsquo;un savoir mis à l&rsquo;épreuve par l&rsquo;accélération climatique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette convergence entre science et tradition ne doit toutefois pas masquer une réalité plus inquiétante : le dérèglement climatique en cours fragilise la fiabilité même des indicateurs traditionnels. <a href="https://hal.science/hal-03769279v1/document" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L&rsquo;étude de la région de Zinder</a> le montre noir sur blanc — le début de la saison agricole est devenu très variable et intervient de plus en plus tardivement, tandis que la durée des saisons continue de se raccourcir. Or les indicateurs paysans ont été calibrés sur des décennies, voire des siècles, de régularité climatique relative. Quand le climat change plus vite que la mémoire collective ne peut s&rsquo;adapter, l&rsquo;avantage comparatif du savoir traditionnel s&rsquo;érode.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément ce qui justifie, pour les chercheurs, l&rsquo;urgence de bâtir des dispositifs hybrides plutôt que de choisir entre les deux approches. Un <a href="https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/divers20-06/010078505.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article de référence publié par l&rsquo;IRD</a> souligne que la prévisibilité des faux départs de saison agricole — ces premières pluies trompeuses qui poussent les paysans à semer avant l&rsquo;installation réelle de la saison — dépend de facteurs dynamiques et thermodynamiques complexes de l&rsquo;atmosphère, dont l&rsquo;identification précise nécessite des moyens scientifiques que seule la modélisation climatique peut fournir. Mais cette modélisation, pour être utile sur le terrain, doit ensuite être traduite et articulée avec les calendriers et les pratiques que les communautés rurales connaissent et appliquent déjà.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une climatologie à deux voix</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le forum PRESASS, dans ses communiqués officiels les plus récents, reconnaît explicitement que ses prévisions saisonnières sont élaborées sur la base d&rsquo;analyses combinant la situation actuelle, les évolutions probables des températures océaniques, les modèles statistiques issus des services météorologiques nationaux — et les connaissances locales. Cette mention, loin d&rsquo;être protocolaire, traduit une évolution réelle de la doctrine scientifique régionale : les savoirs paysans ne sont plus traités comme un folklore résiduel à dépasser, mais comme une source d&rsquo;information à part entière, à valider, affiner et croiser avec les outils de la météorologie moderne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Sahel, où l&rsquo;agriculture pluviale reste la principale source de subsistance pour une majorité de la population rurale, la question n&rsquo;est donc plus de savoir qui, des anciens ou des climatologues, lit le mieux le ciel. Elle est de construire les passerelles institutionnelles — radios rurales, plateformes d&rsquo;interface utilisateurs, ateliers de restitution villageois — capables de faire dialoguer ces deux mémoires du climat avant que l&rsquo;accélération du dérèglement ne rende l&rsquo;une d&rsquo;elles obsolète sans que l&rsquo;autre ait eu le temps de prendre pleinement le relais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Transition énergétique : derrière les promesses mondiales, 655 millions de personnes attendent toujours la lumière</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jun 2026 08:44:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Climat et environnement]]></category>
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<p>655 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité dans le monde. Le rapport Tracking SDG 7 alerte sur le retard énergétique mondial, notamment en Afrique subsaharienne.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que la transition énergétique s’impose comme un enjeu majeur du XXIᵉ siècle, le monde reste loin de son objectif d’un accès universel à l’énergie. Un rapport conjoint de l’AIE, de l’ONU, de la Banque mondiale, de l’IRENA et de l’OMS révèle que 655 millions de personnes vivent encore sans électricité, dont l’immense majorité en Afrique subsaharienne. Pour atteindre l’Objectif de développement durable n°7 d’ici 2030, le rythme actuel d’électrification devra être multiplié par trois.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le constat est accablant. Alors que la planète multiplie les sommets climatiques et les promesses de transition énergétique, 655 millions d&rsquo;êtres humains n&rsquo;ont toujours pas accès à l&rsquo;électricité. Et deux milliards d&rsquo;autres cuisinent encore avec des combustibles polluants — bois, charbon de bois, kérosène — au péril de leur santé. Ces chiffres sont tirés de la dernière édition du rapport&nbsp;<em>Tracking SDG 7: The Energy Progress Report,</em>&nbsp;publié le 24 juin 2026 par cinq grandes institutions internationales : l&rsquo;Agence internationale de l&rsquo;énergie (AIE), l&rsquo;IRENA, la Division statistique de l&rsquo;ONU, la Banque mondiale et l&rsquo;OMS.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière les moyennes mondiales flatteuses — 92 % de taux d&rsquo;accès à l&rsquo;électricité dans le monde, plus de 30 % d&rsquo;électricité d&rsquo;origine renouvelable —, se cache une réalité géographique brutale. L&rsquo;Afrique subsaharienne concentre à elle seule plus de 560 millions de personnes sans électricité et 970 millions sans accès à une énergie propre pour cuisiner. Une disproportion qui n&rsquo;est pas nouvelle, mais qui s&rsquo;aggrave.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un rythme trois fois trop lent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport est sans ambiguïté sur le diagnostic : si rien ne change, l&rsquo;ODD 7 — garantir un accès universel à une énergie abordable, fiable, durable et moderne d&rsquo;ici à 2030 — ne sera pas atteint. Pour y parvenir, il faudrait tripler le rythme actuel d&rsquo;électrification, soit passer de moins de 0,5 % de progression annuelle à 1,3 %. En Afrique subsaharienne, le déficit rural s&rsquo;est même creusé, passant de 376 millions de personnes non raccordées en 2010 à 447 millions en 2024. Le continent avance, mais moins vite que sa démographie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chiffre qui illustre le mieux cette fracture : dans les pays à revenu élevé, la capacité installée en énergies renouvelables atteint 1 224 watts par habitant. Dans les pays à faible revenu, elle plafonne à 33,6 watts. Soit un écart de 1 à 36.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un problème de prix autant que d&rsquo;infrastructure</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des enseignements les plus saillants du rapport est que l&rsquo;absence d&rsquo;électricité n&rsquo;est plus seulement une question d&rsquo;infrastructure. Même là où le réseau existe, des millions de ménages ne peuvent pas se permettre de s&rsquo;y connecter. Les frais de raccordement, le câblage intérieur, les abonnements de base : autant de barrières financières qui condamnent les plus pauvres à rester dans l&rsquo;obscurité. Le rapport plaide pour des subventions ciblées, des mécanismes de financement innovants et des solutions décentralisées — solaire hors réseau, mini-réseaux — qui permettent un accès à moindre coût.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur ce point, les progrès sont réels. Les énergies renouvelables distribuées touchent déjà des centaines de millions de personnes dans les zones rurales les plus reculées. L&rsquo;électricité, le bioéthanol et le biogaz gagnent du terrain comme alternatives propres pour cuisiner. Mais le rythme reste insuffisant face à l&rsquo;ampleur du défi.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le financement international se défile</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Autre signal inquiétant : les flux financiers internationaux publics en faveur des énergies propres dans les pays les moins avancés ont chuté de 11 % entre 2023 et 2024, pour s&rsquo;établir à 3,7 milliards de dollars. À l&rsquo;heure où les pays riches proclament leur engagement pour la transition énergétique mondiale, ce recul est paradoxal — et politiquement difficile à justifier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au total, le financement public international des énergies propres dans les pays en développement n&rsquo;a progressé que marginalement, passant de 24,4 à 24,6 milliards de dollars entre 2023 et 2024. Et 80 % de ces flux prennent la forme de dette — dans des pays déjà étranglés par des taux d&rsquo;intérêt élevés. Les subventions ne représentent que 13 % du total, les prises de participation et les garanties de risques, moins de 10 %.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Trois millions de morts par an : l&rsquo;impératif sanitaire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport rappelle une réalité trop souvent occultée dans les débats sur la transition énergétique : la pollution de l&rsquo;air intérieur liée aux combustibles de cuisson tue environ trois millions de personnes chaque année. Un bilan que l&rsquo;OMS qualifie d&rsquo; «&nbsp;<em>impératif fondamental pour la santé&nbsp;</em>». Les victimes sont majoritairement des femmes et des enfants, exposés des heures durant aux fumées toxiques dans des espaces confinés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faute de politiques plus ambitieuses, 1,8 milliard de personnes pourraient encore cuire leurs aliments avec des combustibles polluants en 2030. Et le nombre de personnes sans accès à l&rsquo;énergie propre pour cuisiner en Afrique subsaharienne devrait franchir le seuil du milliard dès 2027.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les renouvelables progressent, mais inégalement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le tableau n&rsquo;est pas entièrement sombre. Les énergies renouvelables représentent désormais plus de 30 % de la consommation mondiale d&rsquo;électricité, et la capacité installée a atteint 544 watts par personne dans le monde — un record. Le rendement énergétique s&rsquo;améliore, à 3,76 mégajoules par dollar de PIB. Mais ces indicateurs globaux masquent des réalités très disparates, et leur rythme de progression reste en deçà des cibles fixées par l&rsquo;ODD 7.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport sera présenté le 8 juillet 2026, en marge du Forum politique de haut niveau sur le développement durable à New York. Un rendez-vous où les États seront une nouvelle fois appelés à transformer leurs engagements en actes — et à répondre à une question simple : peut-on se satisfaire, à quatre ans de 2030, de laisser 655 millions de personnes dans le noir ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport&nbsp;<em>Tracking SDG 7: The Energy Progress Report</em>&nbsp;est une publication annuelle coproduite par l&rsquo;AIE, l&rsquo;IRENA, la Division de statistique de l&rsquo;ONU (DESA), la Banque mondiale et l&rsquo;OMS. L&rsquo;édition 2026, présentant les données 2023-2024, a été dirigée par la DESA. Elle constitue le principal outil de suivi international des progrès vers l&rsquo;objectif de développement durable n°7.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : le CNT adopte un nouveau régime de protection de la propriété littéraire et artistique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jun 2026 07:15:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
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		<category><![CDATA[secteur culturel]]></category>
		<category><![CDATA[Transition malienne]]></category>
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<p>Le Conseil national de Transition a adopté à l’unanimité la loi ratifiant l’ordonnance sur la propriété littéraire et artistique. Une réforme majeure destinée à renforcer les droits d’auteur et à moderniser le secteur culturel malien.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Conseil national de Transition a adopté à l&rsquo;unanimité, le 25 juin 2026, le projet de loi ratifiant l&rsquo;ordonnance instituant un cadre légal rénové pour les droits d&rsquo;auteur au Mali.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cent vingt-huit voix pour, aucune contre, aucune abstention. Rarement un texte législatif aura fait l&rsquo;objet d&rsquo;une adhésion aussi totale au sein du Conseil national de Transition (CNT). En ratifiant l&rsquo;ordonnance n° 2026-015/PT-RM du 10 avril 2026 fixant le régime de la propriété littéraire et artistique, le Mali franchit une étape décisive dans la structuration et la valorisation de sa création culturelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un vote sans dissension</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est dans un climat de consensus remarquable que le Conseil national de Transition a clos ses travaux du jeudi 25 juin 2026. Réunis en session plénière en présence du ministre de l&rsquo;Artisanat, de la Culture, de l&rsquo;Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, les honorables membres du CNT ont adopté le projet de loi portant ratification de l&rsquo;ordonnance n° 2026-015/PT-RM — un texte appelé à redéfinir les fondements juridiques de la protection des œuvres littéraires et artistiques au Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vote, acquis à l&rsquo;unanimité avec 128 voix favorables, traduit une volonté politique forte et partagée de moderniser l&rsquo;arsenal législatif du pays en matière de droits d&rsquo;auteur. À l&rsquo;issue de l&rsquo;examen approfondi du rapport parlementaire et des débats qui ont nourri la réflexion des élus de la Transition, aucun amendement dissident n&rsquo;a été enregistré — signal d&rsquo;une adhésion pleine aux ambitions portées par ce texte.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une ordonnance pour refonder le droit d&rsquo;auteur</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Prise par la présidence de la Transition le 10 avril 2026, l&rsquo;ordonnance n° 2026-015/PT-RM constitue le socle d&rsquo;une réforme attendue de longue date par les milieux culturels maliens. Elle vise à doter le pays d&rsquo;un régime de propriété littéraire et artistique cohérent, adapté aux mutations du secteur culturel contemporain — notamment à l&rsquo;ère du numérique — et aligné sur les standards internationaux en matière de droits d&rsquo;auteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement, le texte entend renforcer les mécanismes de reconnaissance et de protection des œuvres originales, consolider les droits moraux et patrimoniaux des créateurs, et fournir aux structures de gestion collective les outils juridiques nécessaires à l&rsquo;exercice de leurs missions. Il s&rsquo;agit, en somme, de passer d&rsquo;un cadre législatif vieillissant à une architecture normative à même de soutenir l&rsquo;émergence d&rsquo;une filière culturelle professionnalisée et économiquement viable.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le ministre Daffé salue une avancée structurante</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Présent dans l&rsquo;hémicycle, le ministre Mamou Daffé a exprimé sa satisfaction à l&rsquo;issue du vote. Il a remercié chaleureusement les membres du CNT pour l&rsquo;adoption de ce projet de loi, soulignant que ce texte allait permettre de soutenir davantage la structuration du secteur culturel et de protéger concrètement la propriété littéraire et artistique au Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le chef du département en charge de la Culture, cette ratification dépasse le cadre strictement juridique : elle incarne une vision politique dans laquelle la culture est reconnue comme pilier du développement national. Une formule, portée par la communication officielle du ministère, résume cette ambition : «&nbsp;<em>La culture, pilier pour bâtir le Mali nouveau.&nbsp;</em>»</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers une filière culturelle professionnalisée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;adoption de cette loi intervient dans un contexte de revalorisation affichée du secteur culturel par les autorités de la Transition. Depuis 2021, plusieurs initiatives ont été engagées pour structurer les industries créatives maliennes : révision des cadres institutionnels, soutien aux manifestations artistiques, promotion du patrimoine immatériel et affirmation de la souveraineté culturelle dans la politique étrangère du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La ratification de l&rsquo;ordonnance sur la propriété littéraire et artistique s&rsquo;inscrit dans cette dynamique. En offrant aux auteurs, musiciens, plasticiens et autres créateurs un socle légal solide, elle crée les conditions d&rsquo;une économie créative plus robuste, capable de générer des emplois et de faire rayonner la production culturelle malienne au-delà des frontières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste désormais à veiller à la mise en œuvre effective de ce nouveau régime, notamment par le renforcement des capacités des structures chargées de son application et par une information des acteurs culturels sur les droits et recours qu&rsquo;il leur ouvre. La loi est votée ; son impact réel se mesurera à l&rsquo;aune de son application sur le terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
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		<title>Dambé et Yèrè-don : les fondements moraux du Mali Kura</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Au Mali, le Dambé ne désigne pas seulement la dignité individuelle. Cette valeur traditionnelle apparaît aujourd’hui comme un levier essentiel pour restaurer la gouvernance, la redevabilité et la confiance entre citoyens et institutions dans le cadre du Mali Kura.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La dignité comme valeur politique. Quand un peuple perd le sens du Dambé, il perd aussi la capacité d&rsquo;exiger des comptes à ses dirigeants. Lecture politologique d&rsquo;une valeur morale.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe, dans les langues du Mali, un mot que les traductions ne parviennent jamais tout à fait à saisir. Le Dambé. On le rend par «&nbsp;<em>dignité</em>&nbsp;», parfois par «&nbsp;<em>honneur</em>&nbsp;», à l&rsquo;occasion par «&nbsp;<em>intégrité</em>&nbsp;». Mais aucun de ces équivalents n&rsquo;épuise ce que le concept recouvre réellement : une posture existentielle globale, un rapport au monde fondé sur la conscience aiguë de ce qu&rsquo;on doit à soi-même, à sa famille, à sa communauté, et — c&rsquo;est là que tout devient politique — à l&rsquo;État qu&rsquo;on habite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Programme national d&rsquo;éducation aux valeurs (PNEV), adopté par le gouvernement malien de transition, place le Dambé au cœur de son référentiel. Ce n&rsquo;est pas un détail ornemental dans un document administratif. C&rsquo;est un aveu. L&rsquo;aveu que quelque chose de fondamental s&rsquo;est perdu — et que sans le retrouver, aucune réforme institutionnelle, aucune transition politique, aucune promesse de «&nbsp;<em>Malikura</em>&nbsp;» (Mali nouveau) ne pourra véritablement tenir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une valeur morale à portée politique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La politologie occidentale parle volontiers de «&nbsp;<em>capital social&nbsp;</em>», de «&nbsp;<em>confiance institutionnelle&nbsp;</em>», d&rsquo;«&nbsp;<em>accountability</em>&nbsp;». Ces concepts désignent, dans leur jargon, quelque chose que le Dambé formule depuis des siècles en bambara avec une économie de moyens bien plus grande : la conscience que ta valeur d&rsquo;être humain est liée à ta capacité de tenir ta parole, d&rsquo;assumer tes responsabilités, de ne pas trahir ceux qui te font confiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce lien entre dignité individuelle et obligation sociale n&rsquo;est pas une spécificité africaine. On le retrouve dans l&rsquo;ethos républicain romain, dans la notion japonaise de «&nbsp;<em>face</em>&nbsp;», dans le concept grec de&nbsp;<em>timè</em>. Mais au Mali, il prend une forme particulière : le Dambé est à la fois une valeur intime et une norme collective, simultanément intériorisée par l&rsquo;individu et surveillée par la communauté. Le PNEV le dit avec précision : ce sont les «&nbsp;<em>jeux sociaux&nbsp;</em>» autour de la dignité — la réputation, l&rsquo;image, l&rsquo;estime des pairs — qui constituent la «&nbsp;<em>police de conscience</em>&nbsp;», première digue contre la dérive morale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand la honte disparaît de la vie publique, l&rsquo;impunité cesse d&rsquo;être une exception pour devenir le système. Or c&rsquo;est précisément cette police de conscience qui s&rsquo;est effondrée. Le PNEV le documente avec une franchise brutale : «&nbsp;<em>Beaucoup n&rsquo;éprouvent aucune honte à prendre de l&rsquo;argent pour vendre leurs âmes au diable, commettre des forfaits, proférer des mensonges publics, jouer de déshonneur.</em>&nbsp;» Des élus corrompus qui paradent. Des fonctionnaires qui détournent et continuent d&rsquo;occuper leurs bureaux. Et, fait peut-être plus révélateur encore, des «&nbsp;<em>célèbres détenus</em>&nbsp;» qui «&nbsp;<em>font de la prison un lieu de fête</em>&nbsp;». Quand la honte disparaît de la vie publique, l&rsquo;impunité cesse d&rsquo;être une exception pour devenir le système.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Babemba Traoré ou la leçon perdue</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le PNEV convoque un ancêtre pour mesurer l&rsquo;ampleur de la chute. Babemba Traoré, roi du Kénédougou, résistant à la pénétration coloniale française à la fin du XIXe siècle, a légué à la postérité cette formule: «&nbsp;<em>Plutôt la mort que la honte.</em>&nbsp;» Le document la cite non comme une curiosité historique, mais comme un idéal régulateur — celui d&rsquo;une éthique publique où la dignité vaut plus que la survie politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelque chose de vertigineux à mesurer l&rsquo;écart entre cet idéal et la réalité contemporaine. Car ce que Babemba formulait comme une maxime existentielle était en réalité un principe de gouvernance : un souverain qui se déshonore perd le droit de gouverner. La honte n&rsquo;est pas, dans cette logique, une sanction privée. Elle est un mécanisme politique de révocation symbolique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ce mécanisme que le Mali a perdu. Et sa perte n&rsquo;est pas abstraite. Elle se traduit, très concrètement, par l&rsquo;incapacité des citoyens à exiger des comptes. Car on n&rsquo;exige des comptes qu&rsquo;à quelqu&rsquo;un dont on reconnaît la faillibilité — et dont on attend, au moins nominalement, qu&rsquo;il soit capable de honte. Quand cette attente disparaît, la redevabilité n&rsquo;a plus de prise.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Yèrè-don ou la condition de tout le reste</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le PNEV articule le Dambé à une autre notion cardinale : le Yèrè-don, la connaissance de soi. Le document affirme sans ambages que c&rsquo;est «&nbsp;<em>la valeur qui prime au Mali</em>&nbsp;». On comprend pourquoi. La dignité ne peut être qu&rsquo;un vernis si elle n&rsquo;est pas fondée sur une conscience claire de ce qu&rsquo;on est, de d&rsquo;où l&rsquo;on vient, de ce que l&rsquo;on doit aux générations qui précèdent et à celles qui suivent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette insistance sur la connaissance de soi a une dimension sociale sous-estimée. Un citoyen qui ne sait pas qui il est — c&rsquo;est-à-dire qui ne s&rsquo;inscrit pas dans une tradition, dans des obligations, dans une généalogie de responsabilités — est un citoyen sans ancrage. Et un citoyen sans ancrage est un citoyen sans contrainte. Il peut promettre n&rsquo;importe quoi, rompre n&rsquo;importe quel engagement, trahir n&rsquo;importe quelle confiance, parce qu&rsquo;il ne se sent redevable à personne — ni aux ancêtres, ni à sa famille, ni aux contemporains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sociétés maliennes traditionnelles avaient résolu ce problème en faisant de l&rsquo;identité une charge publique. Le nom de famille — le patronyme — n&rsquo;était pas seulement une désignation. C&rsquo;était une responsabilité. Entacher ce nom revenait à entacher toute la lignée, vivants et morts. Ce dispositif, aussi informel soit-il, produisait des effets de redevabilité que bien des constitutions écrites peinent à garantir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La dignité ne se décrète pas — elle se pratique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici que le PNEV atteint à la fois sa plus grande ambition et son défi le plus redoutable. Car réactiver le Dambé comme valeur politique ne peut pas se faire par décret. On ne restaure pas la culture de l&rsquo;honneur par une circulaire ministérielle. Le document le sait, et il le dit avec une lucidité qui force le respect : «&nbsp;<em>L&rsquo;exemplarité des gouvernants doit être au rendez-vous comme une condition essentielle&nbsp;</em><em>﻿</em><em>de confiance et d’adhésion populaire.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est là le nœud gordien. Le PNEV demande aux citoyens de retrouver le sens du Dambé dans leur vie quotidienne — dans leur rapport au travail, à la famille, à la communauté. Mais cette demande ne peut avoir de force que si elle est portée, incarnée, démontrée par ceux qui gouvernent. Or c&rsquo;est précisément l&rsquo;exemple qui manque le plus cruellement. Comment enseigner la dignité à des enfants dont les aînés voient tous les jours que l&rsquo;indignité paie mieux ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n&rsquo;est pas rhétorique. Elle est structurelle. Et elle renvoie à un défi que toutes les transitions politiques africaines contemporaines partagent : comment reconstruire la légitimité morale de l&rsquo;État quand cet État a lui-même été le principal vecteur de la désintégration des valeurs qu&rsquo;il prétend aujourd&rsquo;hui restaurer ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne restaure pas la culture de l&rsquo;honneur par une circulaire ministérielle. Mais sans elle, aucune réforme institutionnelle ne tient.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un pari politique raisonnable</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour autant, le PNEV ne mérite pas le scepticisme facile. Il représente, au-delà de ses ambitions peut-être intenables à court terme, quelque chose de politiquement rare : la reconnaissance explicite, par un gouvernement africain, que la crise de gouvernance est d&rsquo;abord une crise de valeurs — et que les instruments pour la surmonter ne sont pas à chercher exclusivement dans des modèles importés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réhabiliter le Dambé, le Yèrè-don, la police de conscience communautaire, c&rsquo;est parier que les sociétés africaines disposent en elles-mêmes des ressources morales nécessaires à leur propre régénération. C&rsquo;est un pari audacieux. C&rsquo;est aussi, à bien y réfléchir, le seul pari raisonnable. Parce que les institutions sans valeurs sont des coquilles vides. Parce que la démocratie sans honneur est une procédure sans âme. Et parce qu&rsquo;aucun système juridique, aussi sophistiqué soit-il, ne peut suppléer à l&rsquo;effondrement de la conscience morale collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Babemba Traoré avait raison. Pas seulement pour lui. Pour tous ceux qui, après lui, ont à gouverner des hommes et des femmes qui exigent, avec raison, d&rsquo;être gouvernés par des êtres dignes de ce nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Comment les Forces armées maliennes ont changé le rapport de force depuis 2021</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jun 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Depuis 2021, les Forces armées maliennes (FAMa) ont engagé une profonde transformation capacitaire et stratégique. Équipements modernes, nouvelles doctrines, partenariats sécuritaires et rapprochement avec les populations : retour sur cinq années de refondation militaire.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Il y a cinq ans, en 2021, le Mali engageait l’un des chantiers les plus structurants de son histoire récente&nbsp;: la refondation de son outil de défense. Aujourd’hui, force est de constater que les Forces armées de défense et de sécurité (FAMa) ne ressemblent plus à celles d’hier. Montée en puissance capacitaire, doctrine offensive assumée, ancrage renforcé auprès des populations&nbsp;: le Mali a fait de la souveraineté sécuritaire un pilier de sa refondation nationale. Il est temps de le dire, et de le saluer.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">De 2021 à nos jours, les FAMa ont connu une mutation capacitaire sans précédent depuis l’indépendance. L’acquisition d’équipements de guerre sophistiqués, l’arrivée de vecteurs aériens modernes — drones de reconnaissance et d’attaque, avions de chasse — ainsi que le renouvellement substantiel des moyens de transport des troupes, tant aériens que terrestres, ont profondément modifié le rapport de force sur le terrain. Une armée qui, hier encore, peinait à projeter rapidement ses unités sur des théâtres d’opérations étendus, dispose désormais d’une mobilité et d’une capacité de frappe qu’on ne lui connaissait pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette montée en puissance ne relève pas du symbole. Elle se traduit, sur le terrain, par une pression accrue et continue sur les groupes armés terroristes, désormais contraints de multiplier les manœuvres de contournement plutôt que les offensives frontales contre des positions militaires de mieux en mieux défendues et de plus en plus mobiles. Il serait malhonnête de prétendre que la menace a disparu — les tentatives répétées d’isolement économique de certaines localités, à travers les attaques visant les axes d’approvisionnement, en sont la preuve la plus récente. Mais il serait tout aussi malhonnête de ne pas reconnaître qu’une armée qui reprend l’initiative, qui frappe plutôt que de simplement se défendre, et qui réduit la liberté de mouvement de ses adversaires, est une armée qui change de visage.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une présence sur tous les fronts</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui frappe, dans cette refondation, c’est la diversité des missions assumées simultanément par les FAMa. Sécurisation des convois d’hydrocarbures et des produits de première nécessité, protection des déplacements des autorités à l’intérieur du pays, escortes humanitaires et commerciales&nbsp;: l’armée malienne ne se contente pas de combattre, elle protège la continuité de la vie économique et sociale du pays, souvent dans des conditions extrêmement exigeantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cela s’ajoute un volet trop souvent ignoré&nbsp;: les missions de développement économique et social menées par les unités au contact des populations. Forages, appuis sanitaires, actions civilo-militaires dans les zones reconquises ou fragilisées — ces initiatives participent d’une stratégie assumée de renforcement du lien armée-nation, condition sine qua non d’une meilleure coordination entre les forces combattantes et les communautés locales dans la lutte contre l’insécurité sous toutes ses formes. Une armée qui se bat seule s’épuise ; une armée adossée à sa population dure.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des décisions de la hiérarchie qui paient sur le terrain</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les succès tactiques enregistrés ces dernières années ne doivent rien au hasard. Ils sont le fruit de décisions assumées par le commandement militaire, parfois impopulaires sur le moment, mais dont l’efficacité opérationnelle s’est révélée déterminante. L’interdiction des motos grosses cylindrées, vecteur privilégié des groupes armés terroristes pour leurs raids éclairs, l’immatriculation systématique des deux-roues et trois-roues, ainsi que la définition de zones d’intérêt militaire au sein d’une trentaine de massifs forestiers à travers le pays — sanctuaires historiques des groupes armés — ont considérablement réduit la liberté d’action des katibas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cela s’ajoute une mesure hautement symbolique et opérationnelle&nbsp;: la mise à prix de la tête de sept cerveaux de groupes armés terroristes, qui a contribué à fragiliser les chaînes de commandement adverses et à semer le doute jusque dans leurs propres rangs. Enfin, la motorisation accélérée des FAMa, couplée au déploiement croissant de drones et d’avions de chasse, a donné à l’armée malienne une capacité de réaction et de projection inédite sur l’ensemble du territoire national.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le poids des partenariats stratégiques</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette transformation n’aurait pas été possible sans l’appui de partenaires que Bamako qualifie désormais de stratégiques et fiables. La Russie, la Chine et la Türkiye ont fourni à l’armée malienne des équipements et un accompagnement technique déterminants dans cette phase de montée en puissance, à rebours d’une coopération occidentale trop conditionnée, trop lente et trop budgétivore, car ne défendant que leurs intérêts au détriment de ceux du Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au niveau régional, la dynamique de l’Alliance des États du Sahel (AES), créée en 2023 à Bamako à travers la signature de la charte du Liptako-Gourma, a ouvert une nouvelle ère de coopération sécuritaire entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger. La Force unifiée de l’AES (FU-AES) incarne cette ambition d’une mutualisation des moyens et du renseignement face à une menace transfrontalière qui ne s’embarrasse, elle, d’aucune frontière.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Honorer ceux qui portent l’uniforme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une armée se juge aussi à la manière dont elle traite les siens. Sur ce plan, les autorités de la transition ont posé des actes forts&nbsp;: prise en charge des familles des militaires et paramilitaires tombés sur les théâtres d’opérations, lancement de la construction de mille logements destinés aux personnels des forces armées, édification d’un hôpital militaire moderne, érection d’un mémorial dédié à la mémoire des soldats tombés pour la nation, et rédaction, actuellement en cours, de l’histoire militaire du Mali. Ces initiatives, loin d’être anecdotiques, participent directement au renforcement du moral des troupes engagées sur des fronts multiples, souvent loin de leurs familles et dans des conditions de combat éprouvantes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une vigilance qui reste de mise</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Saluer cette montée en puissance ne dispense pas de lucidité. « <em>Le Mali a besoin de lucidité et non de panique</em> », avait déclaré le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, dans son adresse à la nation du 28&nbsp;avril 2026. La tentative de blocus en septembre 2025 par le Jnim et ses sponsors étatiques étrangers ainsi que ses appuis à l’interne, sur certains axes d’approvisionnement rappelle que la victoire militaire n’est jamais acquise et que l’adversaire, affaibli sur le plan tactique, conserve une capacité de nuisance sur le plan économique et psychologique. C’est précisément pour cela que la trajectoire engagée depuis 2021 doit se poursuivre, s’approfondir et se consolider&nbsp;: équipement, doctrine, lien armée-nation, partenariats diversifiés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali a fait le choix de reconstruire son outil de défense par lui-même et avec les partenaires de son choix et respectant sa souveraineté. Cinq ans après le début de cette refondation, les Forces armées de défense et de sécurité méritent, à tout le moins, la reconnaissance d’une nation qui leur doit, chaque jour, un peu plus de répit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
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