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	<title>Chiencoro, auteur sur Sahel Tribune</title>
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	<title>Chiencoro, auteur sur Sahel Tribune</title>
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		<title>Nkrumah avait raison. Mais pas pour les raisons qu&#8217;on croit.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2026 22:45:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Face à la rivalité entre la France, la Chine, la Russie et les États-Unis en Afrique, la pensée de Kwame Nkrumah retrouve une étonnante actualité. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En 1963, le père du panafricanisme exigeait l&rsquo;unité du continent pour résister aux grandes puissances. En 2026, avec la France, la Chine, la Russie et les États-Unis qui se disputent l&rsquo;Afrique, sa lucidité fait froid dans le dos.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a des prophètes qu&rsquo;on enterre deux fois : une fois dans leur chair, une fois dans leur pensée. Kwamé Nkrumah, premier président du Ghana indépendant, père spirituel du panafricanisme, fut chassé du pouvoir par un coup d&rsquo;État en 1966 — avec, dit-on, la bénédiction de Washington. Soixante ans plus tard, en ce 25 mai 2026, relire ses discours donne le vertige. Tout ce qu&rsquo;il avait prévu est en train d&rsquo;arriver.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;homme qui avait compris le piège</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nkrumah n&rsquo;était pas seulement un leader charismatique. C&rsquo;était un théoricien rigoureux, formé à Lincoln University et à la London School of Economics, qui avait développé une analyse du capitalisme mondial et de la place de l&rsquo;Afrique dans ce système avec une précision redoutable. Son livre majeur,&nbsp;<em>Néo-colonialisme : le dernier stade de l&rsquo;impérialisme</em>, publié en 1965, lui avait valu une protestation formelle du gouvernement américain — et aurait contribué à précipiter sa chute.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa thèse centrale était simple et brutale : l&rsquo;indépendance politique sans indépendance économique n&rsquo;est qu&rsquo;une fiction. Les États africains nouvellement souverains allaient rester des économies extraverties, produisant des matières premières pour les marchés occidentaux, dépendantes des capitaux étrangers, soumises à des conditionnalités qui reproduiraient la domination coloniale sous d&rsquo;autres formes. La solution, selon lui, était l&rsquo;unité politique du continent — seule capable de créer une masse critique suffisante pour négocier d&rsquo;égal à égal avec les grandes puissances.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Notre objectif, c&rsquo;est, dès maintenant, l&rsquo;unité africaine.&nbsp;</em><em>Il n&rsquo;y a pas de temps à perdre. Nous devons maintenant nous unir ou périr&nbsp;</em><em>»</em>, a déclaré&nbsp;Kwame Nkrumah, dans son&nbsp;discours d&rsquo;ouverture au premier sommet de l&rsquo;Organisation pour l&rsquo;Unité africaine (OUA) qui se déroulait à Addis-Ababa, en&nbsp;Éthiopie, sous le titre «&nbsp;<em>Unis nous résistons</em>&nbsp;», le 24 mai 1963.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;époque, beaucoup avaient jugé cette vision utopique, voire dangereuse. Les leaders qui préféraient la formule plus souple de l&rsquo;OUA avaient emporté le débat. On allait voir ce qu&rsquo;on allait voir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>2026 : le monde que Nkrumah avait décrit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Regardons le monde tel qu&rsquo;il est en ce 25 mai 2026. Les États-Unis maintiennent leur présence militaire dans plusieurs pays africains via l&rsquo;AFRICOM. La Chine est le premier partenaire commercial du continent, a financé des milliers de kilomètres d&rsquo;infrastructures et positionné ses entreprises dans des secteurs stratégiques allant des télécommunications aux ports. La Russie, via des groupes paramilitaires reconvertis en opérateurs sécuritaires, est présente militairement au Mali, au Burkina Faso, en Centrafrique, en Libye. La France recule, mais son recul profite moins à l&rsquo;Afrique qu&rsquo;à ses concurrents. Toutefois, elle est en train de se repositionner sur le continent tel que nous avons pu le constater avec le sommet Africa Forward, les 11 et 12 mai 2026 à Nairobi, au Kenya.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chacune de ces puissances est en train de refaire, avec les outils du XXIe siècle, exactement ce que Nkrumah avait décrit dans les années 1960 : extraire les ressources, vendre des équipements et des services, maintenir des dépendances stratégiques, et soutenir les régimes qui leur sont favorables. La compétition a changé. La structure, non.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Mais Nkrumah se trompait sur un point crucial</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait trop simple, et finalement peu honnête, de présenter Nkrumah comme un prophète infaillible. Sa vision comportait une faille majeure : il croyait que l&rsquo;unité africaine pouvait être construite par le haut, par les États, sous la forme d&rsquo;un gouvernement continental. Il sous-estimait — ou refusait de voir — la diversité réelle des intérêts entre dirigeants africains, la corruption des élites post-coloniales, et la propension de nombreux chefs d&rsquo;État à préférer leurs intérêts personnels à l&rsquo;intégration continentale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une ironie cruelle dans le fait que Nkrumah lui-même, à mesure que son pouvoir se consolidait au Ghana, dérivait vers l&rsquo;autoritarisme. Sa vision panafricaine était sincère, mais son modèle de gouvernance ne l&rsquo;était pas moins — et c&rsquo;est précisément ce modèle qui rendait difficile la confiance mutuelle entre États que l&rsquo;intégration requiert.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Achille Mbembé a longuement réfléchi à cette contradiction dans&nbsp;<em>Critique de la raison nègre</em>&nbsp;(La Découverte, 2013) et dans&nbsp;<em>Sortir de la grande nuit</em>&nbsp;(2010). Pour le philosophe camerounais, les indépendances africaines ont été «&nbsp;<em>négociées avec les puissants</em>&nbsp;» et ont réduit les élites à «&nbsp;<em>un rôle d&rsquo;alliées des logiques néocoloniales</em>&nbsp;». Cette irresponsabilité des élites postcoloniales — y compris de certains pères fondateurs — est pour Mbembé l&rsquo;une des causes profondes du retard de l&rsquo;émancipation africaine. Il ne cite pas Nkrumah nommément sur ce point, mais la lecture de son œuvre laisse entendre que la tentation du pouvoir personnel a souvent primé sur le projet collectif, même chez ceux qui en étaient les plus éloquents défenseurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Ces indépendances négociées avec les puissants ont préparé le continent à la tutelle en réduisant les élites à un rôle d&rsquo;alliées des logiques néocoloniales, camouflées sous les impératifs de la croissance. »</em>, explique&nbsp;Achille Mbembe,&nbsp;<em>Sortir de la grande nuit</em>, La Découverte, 2010</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La vraie leçon : le multilatéralisme ne protège pas automatiquement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que la situation de 2026 révèle avec une clarté brutale, c&rsquo;est ceci : le monde multipolaire que beaucoup appellent de leurs vœux — et que Pékin et Moscou brandissent comme une alternative à l&rsquo;hégémonie américaine — n&rsquo;est pas automatiquement meilleur pour l&rsquo;Afrique. Un monde où plusieurs grandes puissances se disputent le continent peut être pire qu&rsquo;un monde où une seule y règne, si l&rsquo;Afrique reste divisée et incapable de parler d&rsquo;une seule voix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nkrumah avait vu ça aussi. Ce qu&rsquo;il appelait le néo-colonialisme n&rsquo;était pas le fait d&rsquo;une seule puissance — c&rsquo;était le fait de la structure. Des puissances différentes, avec des idéologies différentes, peuvent reproduire exactement les mêmes mécanismes d&rsquo;extraction et de domination si les conditions africaines ne changent pas. Ce n&rsquo;est pas en remplaçant les Occidentaux par les Chinois ou les Russes qu&rsquo;on sortira de la dépendance.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Alors, que faire de ce 25 mai ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être commencer par admettre que les pères fondateurs avaient des choses importantes à dire — et que nous avons passé soixante ans à les célébrer sans les lire vraiment. L&rsquo;Agenda 2063 de l&rsquo;Union africaine, la Zone de libre-échange continentale, les réformes du financement des institutions africaines : tous ces projets s&rsquo;inscrivent, consciemment ou non, dans la continuité de ce que Nkrumah appelait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La différence, peut-être, est que nous savons maintenant que l&rsquo;unité africaine ne peut pas être décrétée d&rsquo;en haut. Elle devra se construire par le bas — par les échanges économiques, les mobilités humaines, les coopérations scientifiques et culturelles, les solidarités entre peuples. Elle devra aussi s&rsquo;appuyer sur une exigence démocratique intérieure que Nkrumah, dans son projet, avait insuffisamment intégrée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2026, dans un monde où les grandes puissances se disputent l&rsquo;Afrique avec une avidité renouvelée, la prophétie de Nkrumah est plus actuelle que jamais. La question n&rsquo;est plus de savoir s&rsquo;il avait raison. Elle est de savoir si ses héritiers — nous — auront le courage d&rsquo;en tirer les conséquences.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : le président Goïta soutient les veuves et blessés des chauffeurs victimes d’attaques terroristes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2026 20:31:41 +0000</pubDate>
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<p>À l’approche de la Tabaski 2026, Assimi Goïta remet béliers et kits alimentaires aux veuves et blessés des chauffeurs de citernes victimes d’attaques terroristes, salués comme des « soldats de la route ».</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À la veille de la fête de Tabaski, les autorités de la Transition ont remis kits alimentaires et béliers aux veuves et aux blessés des chauffeurs de citernes victimes d’attaques terroristes. Une cérémonie sobre et chargée de symbolique, qui confirme la volonté du président Goïta d’étendre la reconnaissance nationale au-delà du seul monde militaire.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce samedi 23 mai 2026, le terrain de football du camp Digue de NTomikorobougou, en commune III du District de Bamako, a revêtu ses habits de cérémonie. C’est là, dans ce quartier populaire de la capitale malienne, que les autorités de la Transition ont choisi d’organiser la remise de kits alimentaires et de béliers aux veuves des chauffeurs de citernes tués lors d’attaques terroristes, ainsi qu’aux conducteurs blessés dans l’exercice de leur mission.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La cérémonie, présidée par Aguibou Dembélé, Conseiller spécial du président de la Transition, chargé des œuvres sociales, le Général d’armée Assimi Goïta, s’est ouverte par une minute de silence à la mémoire des disparus. Une image forte, dans un pays où les chauffeurs de camions-citernes bravent chaque jour des routes minées et des embuscades terroristes pour assurer l’approvisionnement du territoire national en carburant et en vivres. Cinquante-trois familles ont reçu chacune un bélier, un sac de riz de 50 kg et un bidon d’huile de 20 litres, à l’occasion de la fête de Tabaski, annoncée pour mercredi 27 mai prochain.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les «soldats de la route» élevés au rang de héros nationaux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le geste est symboliquement fort. En assimilant les chauffeurs de citernes aux combattants des Forces armées maliennes, la Transition franchit un cap dans sa vision de la solidarité nationale. «<em>Au même titre que les veuves des militaires et des paramilitaires, celles des chauffeurs ne seront point oubliées</em>», a rappelé le Conseiller spécial Aguibou Dembélé, soulignant le rôle «<em>prépondérant</em>» de ces hommes dans la «<em>reconstruction nationale</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La formule «<em>soldats de la route</em>», utilisée lors de la cérémonie, résume à elle seule l’évolution du regard officiel sur cette catégorie de travailleurs longtemps invisible. Dans un pays où de nombreuses régions dépendent entièrement des convois routiers pour leur approvisionnement — en carburant pour les générateurs, en denrées alimentaires, en matériaux de construction — les chauffeurs de citernes occupent une place stratégique dans l’économie de guerre malienne. « <em>Nous ne sommes point surpris par ce geste. Depuis son arrivée au pouvoir, le Président de la Transition se bat pour le bien-être des Maliens.</em> », a témoigné le Président du Conseil malien des transports routiers (CMTR), Youssouf Traoré. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un État qui assume sa dette envers les siens</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La présence de plusieurs membres du gouvernement à cette cérémonie — le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mme le ministre des Transports et des Infrastructures, le représentant du Gouverneur du District de Bamako, la Directrice de l’économie sociale et solidaire — traduit l’attention que les plus hautes autorités portent à ce secteur. Le maire de la commune III a rendu hommage aux chauffeurs disparus, et assuré que «<em>la nation reconnaissante n’oubliera jamais ses martyrs</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mme Dembélé Madina Sissoko, qui conduisait une partie de la délégation, a exhorté les chauffeurs à «<em>ne jamais se décourager</em>» et à poursuivre leur mission d’approvisionnement du pays «<em>avec le même engagement</em>». Elle a appelé les familles à l’«<em>union sacrée autour de la patrie en cette période difficile</em>», une formule qui résonne comme un appel à la résilience collective face aux défis sécuritaires que traverse le Mali. <em>« Nous avons toujours bénéficié de l’appui des autorités maliennes, de notre prise en charge jusqu’à notre guérison et même après. Nous rassurons les autorités de notre accompagnement sans faille. », </em>a déclaré Oumar Bengaly, porte-parole des chauffeurs blessés. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, ce geste de Tabaski n&rsquo;est pas le premier témoignage de reconnaissance de l&rsquo;État malien envers ces travailleurs de l&rsquo;ombre. Le 5 décembre 2025, le président de la Transition, le Général d&rsquo;armée Assimi Goïta, avait présidé en personne, au Palais de Koulouba, une cérémonie solennelle de remise de décorations aux opérateurs pétroliers, responsables syndicaux et chauffeurs ayant activement soutenu l&rsquo;État durant la crise des hydrocarbures. Les chauffeurs blessés avaient reçu la Médaille du Mérite National avec étoile d&rsquo;argent et effigie Lion Debout, tandis que des distinctions à titre posthume avaient été décernées aux chauffeurs décédés lors des convois d&rsquo;approvisionnement. Le Grand Chancelier des Ordres Nationaux, le Général Amadou Sagafourou Guèye, les avait alors qualifiés de «&nbsp;<em>héros silencieux</em>&nbsp;», saluant des hommes qui avaient «&nbsp;<em>pris les routes, au péril de leurs vies, pour soulager leur peuple</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La remise de kits alimentaires ce 23 mai s&rsquo;inscrit dans la continuité directe de cet engagement solennel : non pas un geste isolé dicté par le calendrier des fêtes, mais la confirmation d&rsquo;une doctrine — celle d&rsquo;un État qui honore les siens dans la durée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La voix des bénéficiaires : gratitude et espoir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Rokia Traoré, porte-parole des veuves bénéficiaires, a exprimé la gratitude des familles à l’égard du président Goïta, formulant des vœux pour le repos éternel des défunts et un prompt rétablissement aux blessés. Ses mots, simples et dignes, ont résumé l’état d’esprit d’une assistance mêlée de deuil et de reconnaissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car derrière chaque bélier remis cet après-midi, il y a une famille qui a perdu son soutien de famille sur une route du Mali profond. Des hommes ordinaires accompli d’un acte extraordinaire : continuer à conduire malgré les mines, les embuscades et la peur. La cérémonie de NTomikorobougou dit, à sa façon, que cet acte n’est pas passé inaperçu.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une vision de la solidarité nationale élargie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du geste matériel, la cérémonie de ce samedi illustre une vision politique claire : celle d’un État qui étend le périmètre de sa reconnaissance à tous ceux qui contribuent, par leur travail et leurs sacrifices, à la survie de la nation. Les chauffeurs de citernes ne sont pas des combattants au sens militaire du terme. Mais dans le contexte malien, où couper les voies d’approvisionnement est une stratégie des groupes armés, ils se retrouvent en première ligne d’une guerre économique et logistique dont peu mesurent l’intensité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fonds permettant de financer ces œuvres sociales — dont Aguibou Dembélé a expliqué la provenance aux bénéficiaires — témoigne d’une volonté institutionnalisée, et non conjoncturelle, d’accompagner les victimes civiles du conflit. Un signal fort, à quelques jours d’une Tabaski que ces familles célèbreront le cœur encore lourd, mais la dignité préservée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : l&#8217;INPS rapproche ses services des retraités en région</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Au Mali, l’INPS engage une réforme pour déconcentrer la gestion des pensions dans les régions afin de rapprocher les services des retraités, veufs et ayants droit éloignés de Bamako.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L&rsquo;Institut National de Prévoyance Sociale a réuni ses techniciens,&nbsp;</em></strong><strong>vendredi 22 mai 2026,&nbsp;</strong>&nbsp;<strong><em>&nbsp;pour valider les modalités de déconcentration de la gestion des pensions dans les régions. Une réforme administrative discrète, mais qui pourrait changer le quotidien de milliers d&rsquo;assurés éloignés de la capitale.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut parfois parcourir des centaines de kilomètres pour toucher sa retraite. C&rsquo;est la réalité de nombreux assurés maliens, retraités ou veufs et veuves, qui dépendent des prestations de l&rsquo;Institut National de Prévoyance Sociale (INPS) mais vivent loin de Bamako, où se concentre l&rsquo;essentiel du traitement administratif des dossiers. Une réalité que la direction de l&rsquo;institution entend changer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce vendredi 22 mai, la salle du Conseil d&rsquo;administration de l&rsquo;INPS a accueilli une réunion de validation des procédures de traitement des dossiers de pensions et des modalités de déconcentration des activités d&rsquo;Assurance vieillesse, d&rsquo;Invalidité et d&rsquo;Allocation de survivant dans les régions et les agences principales de Bamako. La séance, présidée par le Directeur général Idrissa Bakary Diarra, a réuni les principaux techniciens de l&rsquo;institution autour d&rsquo;un objectif concret : descendre la gestion des pensions au plus près des bénéficiaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une centralisation historique qui montre ses limites</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Fondé en 1961, l&rsquo;INPS est l&rsquo;organisme de sécurité sociale des travailleurs salariés du secteur privé et parapublic malien. Il couvre aujourd&rsquo;hui plusieurs risques : les charges de famille, les accidents du travail, la vieillesse, l&rsquo;invalidité et le décès. Placé sous la tutelle du ministère du Développement social, l&rsquo;établissement dispose d&rsquo;un réseau déconcentré qui comprend huit directions régionales et vingt-et-un bureaux correspondants dans les cercles du pays, auxquels s&rsquo;ajoutent six agences principales dans les communes du district de Bamako.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré cette présence territoriale, le traitement des dossiers de pensions — les plus sensibles, car ils concernent des personnes souvent âgées, invalides ou en situation de vulnérabilité — restait jusqu&rsquo;ici largement centralisé à Bamako. Résultat : des délais de traitement allongés, des déplacements coûteux pour les assurés et leurs ayants droit, et une charge administrative croissante sur les services centraux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Valider, former, contrôler</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réunion du 22 mai a permis d&rsquo;examiner et de valider les termes de référence de cette déconcentration, ainsi que les procédures de traitement des dossiers au niveau local. Les échanges ont porté sur trois axes : l&rsquo;organisation des structures déconcentrées, la définition des responsabilités des acteurs locaux, et les mécanismes de contrôle et d&rsquo;évaluation destinés à garantir la qualité du service.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les participants ont insisté sur la nécessité de former le personnel des directions régionales, d&rsquo;harmoniser les procédures entre les différentes structures et de déployer des outils de suivi performants pour éviter que la déconcentration ne se traduise par une dispersion incontrôlée des pratiques. Un calendrier de mise en œuvre a été validé à l&rsquo;issue de la réunion, accompagné de recommandations opérationnelles pour piloter la montée en charge progressive du dispositif.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un enjeu de justice sociale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La portée de cette réforme dépasse le simple réajustement organisationnel. Elle touche à une question fondamentale de justice sociale dans un pays où la majorité de la population vit en dehors de la capitale. Pour un retraité de Kayes, de Mopti ou de Tombouctou, devoir se déplacer à Bamako — ou envoyer un représentant — pour constituer ou suivre un dossier de pension représente un coût financier et physique considérable. Pour une veuve cherchant à faire valoir ses droits à une allocation de survivant, les délais de traitement actuels peuvent signifier des mois sans ressources.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La déconcentration de ces prestations s&rsquo;inscrit dans une tendance plus large observée dans plusieurs pays d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, où les organismes de prévoyance sociale cherchent à moderniser leur gestion et à étendre leur couverture effective. Au Sénégal, l&rsquo;IPRES a depuis longtemps misé sur un réseau d&rsquo;agences régionales pour fluidifier le service aux pensionnés. En Côte d&rsquo;Ivoire, la CNPS a engagé une numérisation progressive de ses procédures pour réduire les délais. Le Mali, avec cette réforme, cherche à rattraper ce mouvement continental, avec le leadership clairvoyant de du directeur général Idrissa Bakary Diarra.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un nouveau directeur général, un agenda réformateur</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réunion du 22 mai intervient dans un contexte institutionnel particulier. Idrissa Bakary Diarra a été nommé à la tête de l&rsquo;INPS il y a peu, succédant à Ousmane Karim Coulibaly, sous la direction duquel avait eu lieu en novembre 2025 un comité de gestion élargi destiné à dresser un bilan complet des activités et à poser les bases des priorités pour 2026. La déconcentration des pensions constitue l&rsquo;un des axes stratégiques de la nouvelle direction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La prochaine étape sera la mise en œuvre effective du calendrier validé ce vendredi, et avec elle, l&rsquo;épreuve du terrain : former des agents régionaux souvent peu habitués à traiter des dossiers de pensions complexes, garantir la fluidité de l&rsquo;information entre les structures locales et le siège, et maintenir un contrôle de qualité rigoureux pour éviter les erreurs de liquidation — dont les conséquences humaines peuvent être lourdes pour des bénéficiaires en situation de fragilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réforme silencieuse représente, pour des milliers de retraités maliens, un changement concret et attendu depuis longtemps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Bamako : Quand les vagues de chaleur urbaines deviennent une urgence de santé publique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 08:51:00 +0000</pubDate>
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<p>À Bamako, les températures extrêmes dépassant 45 °C aggravent les risques sanitaires, les coupures d’électricité et les inégalités. La chaleur urbaine devient une urgence de santé publique au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En avril 2024, Bamako a enregistré des températures dépassant 45 °C pendant plusieurs jours consécutifs. Ce record n&rsquo;était pas une anomalie : c&rsquo;est le nouveau visage d&rsquo;une capitale sahélienne transformée en four urbain. Entre béton surchauffé, délestages électriques et système de santé sous tension, la chaleur extrême est désormais une menace silencieuse qui tue — et que les politiques publiques ignorent encore trop souvent.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il fut un temps où la saison chaude au Mali était une contrainte connue, gérée par des architectures adaptées, des rythmes de vie ralentis et une végétation qui offrait ombre et fraîcheur. Ce temps est révolu. Selon les données de Mali Météo et des stations de <a href="https://www.bbc.com/afrique/region-68846671" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;Organisation météorologique mondiale</a> (OMM), Bamako a connu au cours des dix dernières années une augmentation moyenne de 1,5 °C de ses températures maximales en saison sèche — soit un rythme deux fois supérieur à la moyenne mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En mai 2026, période qui charrie généralement des promesses de pluie, le Niger, le Mali et le Burkina Faso — pays réunis au sein de la Confédération des États du sahel (AES) — ont subi des <a href="https://www.jeuneafrique.com/1796333/societe/le-sahel-etouffe-sous-la-canicule/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">pics de chaleur</a>, avec, par endroits, 45 degrés Celsius, voire 47°.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une ville qui brûle : les faits</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la température seule ne dit pas tout. C&rsquo;est l&rsquo;effet combiné de la chaleur et de l&rsquo;humidité — mesuré par l&rsquo;indice de chaleur ressentie — qui constitue la véritable menace sanitaire. À Bamako, lors des pics de mars à juin, la chaleur ressentie peut dépasser 50 °C dans les quartiers populaires densément bâtis comme Banconi, Magnambougou ou Sotuba. Dans ces zones, les toits en tôle transforment les habitations en véritables étuves après le coucher du soleil, privant des milliers de familles d&rsquo;un sommeil réparateur — condition pourtant essentielle à la récupération physiologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cela s&rsquo;ajoute le <a href="https://www.notre-planete.info/terre/climatologie_meteo/ilot-chaleur-urbain.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">phénomène d&rsquo;îlot de chaleur urbain</a> (ICU), bien documenté dans les métropoles du Sud global. Bamako, dont la population a été multipliée par cinq en trente ans pour atteindre plus de 3,5 millions d&rsquo;habitants, illustre ce phénomène avec une acuité particulière : l&rsquo;imperméabilisation des sols, la disparition du couvert végétal, la multiplication des surfaces réfléchissantes et la chaleur rejetée par les générateurs électriques créent un différentiel de température pouvant atteindre 6 à 8 °C entre le centre-ville et les zones périurbaines encore boisées.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un fardeau sanitaire invisible</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La chaleur extrême est le tueur climatique le plus meurtrier au monde, devant les inondations et les cyclones. Pourtant, elle est aussi le moins visible : elle ne laisse pas de décombres, ne fait pas de «&nbsp;<em>une</em>&nbsp;» spectaculaire. Ses victimes meurent d&rsquo;insuffisance cardiaque, de déshydratation sévère, d&rsquo;aggravation de maladies chroniques — des causes de décès qui ne figurent jamais dans les registres sous la rubrique «&nbsp;<em>vague de chaleur</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, les données épidémiologiques sur la mortalité liée à la chaleur sont quasi inexistantes — et c&rsquo;est précisément là que réside le premier problème. Sans mesure, pas de mobilisation. Quelques études menées au niveau régional par l&rsquo;Organisation mondiale de la santé (OMS) et des universités africaines commencent toutefois à établir des <a href="https://files.aho.afro.who.int/afahobckpcontainer/production/files/iAHO_Climate_change_in_health_Fact_Sheet-April_2024_French.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">corrélations troublantes</a> : dans les grandes villes sahéliennes, les semaines de chaleur extrême sont systématiquement associées à une surmortalité significative, notamment chez les nourrissons, les personnes âgées et les travailleurs du secteur informel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Bamako, ces derniers représentent la grande majorité de la population active : vendeurs de rue, maçons, mécaniciens, porteurs des marchés. Ces travailleurs passent dix à douze heures par jour en plein soleil, sans protection, sans accès à l&rsquo;eau potable en quantité suffisante, sans couverture maladie. Lorsque la chaleur frappe, ils n&rsquo;ont pas le luxe de «&nbsp;<em>rester chez soi</em>&nbsp;». Leur corps paie le prix d&rsquo;une économie qui n&rsquo;a pas prévu l&rsquo;urgence climatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;aggravation systémique : énergie, eau, inégalités</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La chaleur extrême ne frappe pas au hasard. Elle frappe les pauvres. À Bamako, les délestages électriques — qui peuvent atteindre huit à douze heures par jour durant les pics de consommation estivale — privent de climatisation ceux qui en possèdent, et de réfrigération ceux qui conservent nourriture et médicaments. Les climatiseurs eux-mêmes, accessibles à une minorité, aggravent localement l&rsquo;effet d&rsquo;îlot de chaleur en rejetant de l&rsquo;air chaud vers les rues.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://saheltribune.com/au-mali-les-forages-changent-le-quotidien-des-populations-rurales/">L&rsquo;eau potable </a>constitue un autre point de rupture. La chaleur accroît les besoins en hydratation au moment précis où les nappes phréatiques sont les plus basses et où la pression dans le réseau de distribution chute. Dans de nombreux quartiers périphériques, les habitants — souvent des femmes et des enfants — parcourent de longues distances pour s&rsquo;approvisionner. Cette eau, lorsqu&rsquo;elle est stockée dans des récipients exposés au soleil, atteint des températures incompatibles avec la sécurité alimentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les établissements de santé eux-mêmes ne sont pas épargnés. Plusieurs hôpitaux et centres de santé communautaires de Bamako fonctionnent sans climatisation dans les salles d&rsquo;hospitalisation. Les médicaments thermosensibles — vaccins, insuline, solutés — sont régulièrement exposés à des températures dépassant les seuils de conservation. La chaleur fragilise donc non seulement les patients, mais aussi l&rsquo;appareil de soins censé les prendre en charge.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que les villes africaines peuvent faire — et ne font pas assez</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ce tableau, le fatalisme serait une erreur autant qu&rsquo;une faute. Des solutions existent, éprouvées à des latitudes comparables, adaptables au contexte sahélien. Le premier impératif est celui de la connaissance : il est urgent de mettre en place des systèmes de surveillance épidémiologique sensibles à la chaleur, capables de détecter en temps réel les pics de mortalité et de morbidité liés aux températures. Sans données, aucune politique cohérente n&rsquo;est possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième champ d&rsquo;action est urbanistique. La végétalisation urbaine — toitures végétalisées, alignements d&rsquo;arbres, parcs de quartier — est l&rsquo;un des leviers les plus efficaces et les moins coûteux pour lutter contre l&rsquo;effet d&rsquo;îlot de chaleur. Des villes comme <a href="https://www.bbc.com/future/article/20230922-how-medellin-is-beating-the-heat-with-green-corridors" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Medellín</a> en Colombie ou Ahmedabad en Inde ont démontré qu&rsquo;une augmentation de <a href="https://www.c40knowledgehub.org/s/article/Cities100-Medellin-s-interconnected-green-corridors?language=en_US" target="_blank" rel="noreferrer noopener">10 % du couvert végétal</a> pouvait réduire la température locale de 2 à 3 °C. À Bamako, la disparition progressive des grands arbres des boulevards au profit du bitume est une régression qu&rsquo;il faut inverser en urgence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième levier est celui de l&rsquo;architecture bioclimatique. Les constructions traditionnelles maliennes et sahéliennes — en banco, à ventilation naturelle, orientées pour capter les brises — étaient des réponses intelligentes au climat. La pression démographique et l&rsquo;imitation de modèles constructifs inadaptés ont marginalisé ce savoir. Il est temps de le réhabiliter, en l&rsquo;intégrant aux normes de construction et aux programmes de formation des professionnels du bâtiment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, des plans d&rsquo;action chaleur, sur le modèle de ceux mis en place après la <a href="https://www.atachcommunity.com/our-impact/case-studies/saving-lives-through-a-heat-health-action-plan-in-india/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">canicule européenne de 2003</a> ou en Inde après la <a href="https://assets.publishing.service.gov.uk/media/57a08984e5274a27b2000105/CDKN-Ahmedabad-Paper.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">catastrophe d&rsquo;Ahmedabad en 2010</a>, doivent être élaborés et financés au niveau municipal. Ces plans prévoient des espaces de rafraîchissement accessibles à tous, des protocoles d&rsquo;alerte précoce, des cellules de crise sanitaire et la prise en charge prioritaire des populations vulnérables lors des pics thermiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La responsabilité des États et de la communauté internationale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali et les pays du Sahel portent une responsabilité infime dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre — moins de 0,1 % pour le Mali. Et pourtant, ils figurent parmi les nations les plus exposées aux conséquences du dérèglement climatique. Cette injustice fondamentale doit être au cœur des négociations climatiques internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les fonds d&rsquo;adaptation climatique — Fonds vert pour le climat, Fonds d&rsquo;adaptation, mécanisme de pertes et dommages acté à la COP27 — doivent être mobilisés de façon bien plus ambitieuse pour financer des infrastructures de résilience thermique en Afrique subsaharienne. Les montants engagés restent dérisoires au regard des besoins. Et les procédures d&rsquo;accès, souvent conçues pour des États dotés d&rsquo;une administration rodée aux standards internationaux, excluent de facto les pays les plus fragiles — ceux-là mêmes qui en ont le plus besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les gouvernements africains, de leur côté, doivent cesser de traiter la <a href="https://saheltribune.com/climat-la-terre-sort-de-lequilibre-et-nous-avec/">chaleur extrême</a> comme un problème météorologique et non comme un enjeu de santé publique et de sécurité nationale. Cela implique des budgets dédiés, des institutions compétentes, des plans d&rsquo;urbanisme contraignants et, surtout, une volonté politique de protéger en priorité les populations les plus vulnérables plutôt que de multiplier les climatiseurs dans les bureaux de l&rsquo;administration.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Nommer le problème pour le résoudre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bamako qui brûle n&rsquo;est pas une métaphore. C&rsquo;est une réalité physiologique vécue chaque jour par des millions de personnes dont les corps — les corps des pauvres, des enfants, des vieux — absorbent les conséquences d&rsquo;un monde qui se réchauffe trop vite. La chaleur extrême est une urgence de santé publique. Elle mérite d&rsquo;être traitée comme telle : avec des données, des ressources, des plans d&rsquo;action et, avant tout, une reconnaissance politique à la hauteur de la menace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sahel ne peut pas attendre que le reste du monde finisse de débattre. Les corps des Bamakois n&rsquo;attendent pas. Les politiques publiques, elles, doivent enfin prendre la mesure de l&rsquo;urgence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Université à Koulikoro : le Mali poursuit sa stratégie de décentralisation du savoir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 May 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Le Mali accélère la régionalisation de l’enseignement supérieur avec de nouvelles universités à Koulikoro, Kayes, Sikasso, Gao ou Tombouctou afin de rapprocher la formation des jeunes et soutenir le développement régional.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Conseil des ministres a adopté mercredi un décret affectant une parcelle de 100 hectares à Didiéni, dans la région de Koulikoro, pour la construction d&rsquo;une nouvelle université. Une décision qui s&rsquo;inscrit dans une politique systématique de régionalisation de l&rsquo;enseignement supérieur, engagée depuis 2022 par les autorités de la Transition.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En moins de quatre ans, le Mali aura posé les fondations juridiques et foncières de sept universités régionales, du désert de Tombouctou aux plaines du Kénédougou. Mercredi 20 mai, le Conseil des ministres réuni à Koulouba sous la présidence du Général d&rsquo;Armée Assimi Goïta a adopté un nouveau décret d&rsquo;affectation, attribuant au ministère de l&rsquo;Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique une parcelle de 100 hectares 49 ares à Didiéni, commune rurale du Cercle de Kolokani, dans la région de Koulikoro. Objectif : y construire une université destinée à «&nbsp;<em>accroître les offres de formation en tenant compte des potentialités de la Région et des besoins du marché du travail</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce décret est le dernier jalon d&rsquo;une initiative présidentielle d&rsquo;envergure qui constitue l&rsquo;une des réformes structurelles majeures du «&nbsp;<em>Mali Kura</em>&nbsp;» —promise par Assimi Goïta depuis son arrivée au pouvoir en 2021.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un maillage universitaire inédit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le chantier a débuté en juillet 2022, lorsque le gouvernement malien a adopté simultanément trois lois portant création de l&rsquo;Université de Sikasso, de l&rsquo;Université de Gao et de l&rsquo;Université de Tombouctou. Pour l’une des rares fois dans l&rsquo;histoire du pays, des établissements d&rsquo;enseignement supérieur public allaient voir le jour hors de Bamako, où sont historiquement concentrées les grandes universités maliennes — l&rsquo;Université des Sciences sociales et de Gestion (USSGB), l&rsquo;Université des Lettres et des Sciences humaines (ULSHB) ou encore l&rsquo;École nationale d&rsquo;ingénieurs Abderhamane Baba Touré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plus avancée à ce jour est l&rsquo;Université de Sikasso, dont la première pierre a été officiellement posée le 22 juin 2024 par le chef de l&rsquo;État lors de sa première visite officielle dans la capitale du Kénédougou. Bâtie sur une superficie de 400 hectares dans la commune de Gongasso, à 40 kilomètres de la ville, elle doit accueillir 8 facultés et 5 instituts, un campus numérisé, un internat pour 20 000 étudiants et des logements pour 700 professeurs. Son coût de réalisation est estimé à 133,24 milliards de francs CFA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En février 2025, une ordonnance a créé l&rsquo;Université polytechnique de Bandiagara, dans la région de Mopti, avant que la loi portant création de l&rsquo;Université de Kayes ne soit adoptée en juin 2025. Pour cette dernière, le Conseil des ministres du 23 avril 2026 a affecté au ministère de l&rsquo;Enseignement supérieur une parcelle de 200 hectares à Diyala, dans la commune rurale de Liberté Dembaya, destinée à accueillir le futur campus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le décret du 20 mai concernant Koulikoro, le Mali compte désormais sept universités régionales en cours de création ou de planification : Sikasso, Gao, Tombouctou, Bandiagara, Kayes, et à présent Koulikoro — sans compter les structures partielles déjà opérationnelles, comme l&rsquo;Institut universitaire de développement rural de Sikasso, dont les activités ont été lancées dès janvier 2024 dans des locaux provisoires en ville, le temps que le campus définitif soit achevé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Désenclaver par le savoir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La logique qui sous-tend cette politique est à la fois démographique et économique. Le Mali compte plus de 23 millions d&rsquo;habitants, dont une majorité vit en dehors de Bamako. Les bacheliers des régions éloignées — Kayes à l&rsquo;ouest, Gao et Tombouctou au nord — devaient jusqu&rsquo;ici rejoindre la capitale pour accéder à l&rsquo;enseignement supérieur public, engendrant des coûts prohibitifs pour de nombreuses familles et une pression croissante sur les campus bamakois, notoirement surchargés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enseignement supérieur malien bénéficiera, selon les autorités, de la création d&rsquo;universités régionales et de centres d&rsquo;intelligence artificielle, dans le cadre d&rsquo;une réforme plus large du système éducatif. Les États généraux de l&rsquo;éducation, dont le rapport a été remis au président Goïta en mars 2024, ont confirmé cette orientation, préconisant une décentralisation profonde des opportunités de formation sur l&rsquo;ensemble du territoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque université est conçue pour s&rsquo;articuler avec les ressources et les besoins spécifiques de sa région. Celle de Koulikoro devra ainsi valoriser les «&nbsp;<em>potentialités</em>&nbsp;» d&rsquo;une région connue pour son agriculture, son élevage et sa proximité avec le fleuve Niger. Celle de Kayes devait répondre aux besoins d&rsquo;une région minière, frontalière du Sénégal et de la Mauritanie, dont les populations entretiennent traditionnellement de forts liens avec la diaspora malienne en France.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une réforme dans l&rsquo;ADN du « Mali Kura »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des chiffres, la politique de régionalisation universitaire est devenue l&rsquo;un des symboles les plus visibles de la stratégie de légitimation intérieure des autorités de la Transition. En portant l&rsquo;université hors de Bamako, le général d’armée Assimi Goïta envoie un signal fort aux populations des régions historiquement marginalisées dans l&rsquo;accès aux services de l&rsquo;État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour de nombreux observateurs, la création de ces universités régionales constitue un signal fort adressé à la jeunesse malienne : celui d&rsquo;un État qui prépare l&rsquo;avenir par le savoir. Une lecture que les autorités de Bamako cultivent soigneusement. Le président Goïta a toujours fait savoir que cette transition est celle de la jeunesse. Pour l’avenement du Mali Kura, il faut le Maliden kura. Celui-ci ne pourrait voir le jour qu’à travers une formation adaptée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Crise pétrolière et électromobilité : pourquoi l’Afrique mise sur les motos électriques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 09:02:34 +0000</pubDate>
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<p>Le rapport 2026 de l’AIE révèle une transition électrique mondiale à deux vitesses : tandis que l’Europe mise sur les voitures électriques, l’Afrique accélère avec motos, scooters et tricycles électriques, notamment au Kenya et en Ouganda.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le nouveau rapport de l&rsquo;AIE sur les véhicules électriques, rendu public ce mercredi 20 mai 2026, révèle une fracture mondiale invisible dans les grands titres&nbsp;: ce sont les deux-roues et trois-roues électriques qui portent la transition dans les pays du Sud, pas la voiture. Un modèle africain émerge, discret mais puissant.</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a deux récits dans le <a href="https://iea.blob.core.windows.net/assets/d159b304-53b2-432a-b43f-b760dddb7cf2/GlobalEVOutlook2026.pdf">rapport que l&rsquo;Agence internationale de l&rsquo;énergie </a>(AIE) a rendu public ce mercredi. Le premier, celui qui occupe les unes des journaux occidentaux : les ventes mondiales de voitures électriques ont dépassé les 20 millions d&rsquo;unités en 2025, représentant un quart du marché automobile mondial. L&rsquo;Europe accélère, la Chine domine, les États-Unis tergiversent. Fascinant, certes. Mais il y a un deuxième récit, nettement plus africain, enfoui dans les chapitres du rapport : celui des deux-roues et des trois-roues électriques, qui progressent à une vitesse vertigineuse là où la voiture reste un luxe inaccessible.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-3.png"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="155" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-3-1024x155.png" alt="" class="wp-image-22454" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-3-1024x155.png 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-3-300x45.png 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-3-768x116.png 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-3-1170x177.png 1170w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-3-585x89.png 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-3-600x91.png 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-3.png 1454w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En Afrique, les ventes de <a href="http://Mali : repenser règles et comportements face à la montée de l’électrique">deux-roues électriques</a> ont atteint environ 70 000 unités en 2025. Le chiffre peut sembler modeste. Il représente pourtant plus de 80 fois le niveau du début de la décennie. C&rsquo;est une explosion, silencieuse, qui suit une logique implacable : là où les revenus sont faibles, c&rsquo;est la moto, le tricycle et le scooter qui assurent la mobilité quotidienne — pas la berline familiale. La transition électrique, pour des millions d&rsquo;Africains, ne ressemble pas à l&rsquo;achat d&rsquo;un véhicule neuf dans une concession. Elle ressemble à un conducteur de boda-boda à Kampala qui calcule qu&rsquo;il économise 8 dollars par jour en passant à l&rsquo;électrique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Kenya et l&rsquo;Ouganda, locomotives africaines</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport de l&rsquo;AIE distingue deux pays africains qui tirent l&rsquo;ensemble du continent&nbsp;: le Kenya et l&rsquo;Ouganda. Au Kenya, les ventes de deux-roues électriques ont plus que triplé en un an pour dépasser 25&nbsp;000 unités, représentant désormais environ 15&nbsp;% des nouvelles immatriculations de deux-roues dans le pays. La raison est arithmétique&nbsp;: un conducteur de moto-taxi dans le pays consacre entre 40 et 60&nbsp;% de ses revenus quotidiens — soit 10 à 15&nbsp;dollars par jour — au carburant thermique. Avec un deux-roues électrique, sa facture énergétique tombe à moins de 2&nbsp;dollars par jour. Le calcul est limpide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Ouganda, c&rsquo;est encore plus spectaculaire&nbsp;: les ventes ont dépassé 30&nbsp;000 unités en 2025, après avoir décollé d&rsquo;une base quasiment nulle en 2024. Le moteur de cette croissance&nbsp;? Des programmes de financement innovants portés par des acteurs comme Spiro, entreprise basée à Nairobi, qui a déployé à grande échelle des systèmes d&rsquo;achat progressif alignés sur les flux de trésorerie quotidiens des utilisateurs. La formule «&nbsp;<em>ride-to-own</em>&nbsp;» — rouler pour devenir propriétaire — permet d&rsquo;acquérir un véhicule électrique sans capital initial, en remboursant par micro-paiements journaliers. Une révolution dans la révolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Les deux-roues électriques représentent désormais 40&nbsp;% de la flotte de Bolt en Afrique. La logique économique est trop évidente pour être ignorée.&nbsp;»,&nbsp;</em>indique l’AIE dans son rapport<em>.</em><em></em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong></strong><strong>L&rsquo;innovation africaine&nbsp;: le swap de batterie</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La recharge lente reste un frein majeur dans les pays où les coupures de courant sont fréquentes et les journées de travail sans arrêt. La réponse africaine à ce problème s&rsquo;appelle le «&nbsp;<em>battery swapping&nbsp;</em>»&nbsp;: au lieu de recharger la batterie, on l&rsquo;échange contre une batterie déjà chargée en moins d&rsquo;une minute, dans une station dédiée. L&rsquo;AIE note que ce modèle, déjà courant en Chine, connaît un déploiement accéléré en Afrique orientale, notamment au Kenya et en Ouganda, précisément pour les deux-roues commerciaux. Spiro et Zembo Motorcycles — cette dernière financée par la banque de développement néerlandaise FMO — en ont fait leur cheval de bataille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce modèle présente un avantage décisif&nbsp;: il découple l&rsquo;achat du véhicule de la propriété de la batterie, qui représente entre un quart et un tiers du coût total. En louant la batterie plutôt qu&rsquo;en l&rsquo;achetant, le conducteur voit le prix d&rsquo;entrée s&rsquo;effondrer. C&rsquo;est exactement le levier dont le continent a besoin pour déclencher une adoption de masse, sans attendre que les prix des voitures électriques s&rsquo;alignent sur ceux de l&rsquo;Asie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La fracture mondiale en chiffres</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le contraste est saisissant lorsqu&rsquo;on lit le rapport dans son ensemble. En Chine, 70&nbsp;% des voitures électriques vendues en 2025 coûtaient moins cher que la moyenne des voitures thermiques. En Europe, les constructeurs se battent pour sortir des modèles sous les 25&nbsp;000 euros. Pour les marchés africains, ces chiffres restent une réalité étrangère&nbsp;: selon le rapport, environ 60&nbsp;% des additions annuelles au parc automobile africain sont des voitures d&rsquo;occasion importées d&rsquo;Allemagne, du Japon et des États-Unis. Le marché du neuf électrique reste concentré sur l&rsquo;Égypte, le Maroc et l&rsquo;Afrique du Sud — trois pays qui représentent à eux seuls près de 70&nbsp;% des quelque 25&nbsp;000 voitures électriques neuves vendues sur le continent en 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le reste du continent, c&rsquo;est bien le deux-roues et le trois-roues électrique qui constituent la frontière réelle de la transition. Et leur potentiel est colossal&nbsp;: à l&rsquo;échelle mondiale, le segment des 2/3 roues est déjà le plus électrifié de tout le transport routier, avec environ 10&nbsp;% du parc mondial désormais électrique. Si l&rsquo;Afrique reproduit la trajectoire du Vietnam — où les ventes ont doublé en un an pour franchir la barre des 20&nbsp;% de part de marché —, le continent pourrait devenir l&rsquo;un des épicentres inattendus de cette révolution silencieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Inde offre un modèle instructif pour l&rsquo;Afrique. Le pays est le plus grand marché mondial de trois-roues électriques, avec plus des deux tiers des ventes mondiales de ce segment. Les «&nbsp;<em>e-rickshaws</em>&nbsp;» ont transformé la mobilité urbaine de dizaines de millions d&rsquo;Indiens aux revenus modestes, bien avant que la voiture électrique ne soit accessible. En 2025, plus d&rsquo;un quart des trois-roues vendus dans le monde étaient électriques. L&rsquo;Afrique n&rsquo;en est qu&rsquo;au début de cette trajectoire. Avec des politiques fiscales adaptées — à l&rsquo;image des exonérations de TVA accordées en Ouganda pour les assembleurs locaux —, la décennie à venir pourrait marquer un basculement comparable.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le continent doit s&#8217;emparer du sujet</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport de l&rsquo;AIE fait un constat que peu de gouvernements africains ont encore pleinement intégré&nbsp;: la crise pétrolière mondiale actuelle — née du conflit au Moyen-Orient — renchérit structurellement le coût des carburants fossiles, accélérant la rentabilité économique des deux-roues électriques dans des pays où les revenus sont faibles et la sensibilité aux prix du carburant extrême. Des pays d&rsquo;Asie du Sud-Est comme le Vietnam ont déjà annoncé des incitations fiscales supplémentaires pour les véhicules électriques en réponse à la crise. L&rsquo;Afrique, elle, hésite encore.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Kenya fait figure d&rsquo;exception avec son code national du bâtiment de 2024 exigeant que 5&nbsp;% des parkings des nouveaux immeubles soient équipés pour la recharge électrique. L&rsquo;Ouganda a mis en place des exonérations fiscales pour les assembleurs locaux de véhicules électriques. Mais ces initiatives restent isolées sur un continent où la majorité des gouvernements n&rsquo;ont pas encore élaboré de stratégie nationale d&rsquo;électromobilité adaptée à la réalité de leurs populations&nbsp;: des millions de personnes qui se déplacent à moto, pas en berline.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le risque est que la transition africaine reste, faute de vision politique, une importation de masse de deux-roues électriques chinois — reproduisant à l&rsquo;échelle du vélo motorisé la dépendance qu&rsquo;on cherche à surmonter avec le pétrole. L&rsquo;Ouganda et quelques autres pays l&rsquo;ont compris&nbsp;: l&rsquo;enjeu n&rsquo;est pas seulement de rouler électrique, mais d&rsquo;assembler, voire de fabriquer électrique. C&rsquo;est à cette condition que la révolution du deux-roues deviendra réellement africaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Société malienne : la honte peut-elle encore jouer son rôle de régulateur moral ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Au Mali, la honte, autrefois pilier de la régulation sociale, semble perdre son influence face à l’argent, à l’individualisme et à l’effritement des repères collectifs.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Mali, la « police de conscience » — cet antique mécanisme par lequel la société se disciplinait elle-même — est en lambeaux. Le Programme National d&rsquo;Éducation aux Valeurs tente de comprendre pourquoi, et d&rsquo;imaginer comment la ressusciter. Reportage au cœur d&rsquo;une question qui touche à l&rsquo;âme d&rsquo;une civilisation.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une scène que Mariam Coulibaly, enseignante à la retraite à Bamako, ne peut raconter sans baisser la voix. Un jour, dans les couloirs d&rsquo;une administration de la capitale, elle a vu un fonctionnaire glisser des billets dans sa poche, devant tout le monde, sans même se retourner pour vérifier si quelqu&rsquo;un regardait. «&nbsp;<em>Ce n&rsquo;était pas la discrétion qui m&rsquo;a frappée. C&rsquo;est l&rsquo;absence totale de gêne. Il n&rsquo;avait pas honte. Pas du tout.</em>&nbsp;» Elle marque une pause. «&nbsp;<em>Chez nous, avant, ça n&rsquo;existait pas.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce «&nbsp;<em>avant</em>&nbsp;» qu&rsquo;elle invoque, c&rsquo;est celui d&rsquo;une société où la honte —&nbsp;<em>maloya</em>&nbsp;en bamanankan — jouait un rôle que nul tribunal, nulle police, nulle loi écrite ne pouvait pleinement remplacer. Un rôle de régulateur. D&rsquo;arbitre invisible. De dernier rempart avant la faute.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&rsquo;hui, ce rempart semble en ruine. Et c&rsquo;est ce constat, brutal et mélancolique, qui fonde l&rsquo;un des développements les plus originaux du Programme National d&rsquo;Éducation aux Valeurs (PNEV), lancé par les autorités de la Transition malienne. Le texte y consacre plusieurs pages à ce que ses rédacteurs appellent, avec une formule à la fois froide et percutante, la «&nbsp;<em>police de conscience&nbsp;</em>». Autrement dit : le système par lequel une société se surveille elle-même, avant que l&rsquo;État n&rsquo;ait besoin d&rsquo;intervenir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La honte, ce gendarme sans uniforme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la conception traditionnelle malienne que décrit le PNEV, la honte n&rsquo;est pas une faiblesse. C&rsquo;est une architecture. Un édifice moral à plusieurs étages, bâti collectivement pour que chacun reste à sa place — non par peur de la prison, mais par peur du regard des siens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout commence à l&rsquo;intérieur : l&rsquo;individu s&rsquo;interdit certains actes parce qu&rsquo;il se sait porteur d&rsquo;un nom, d&rsquo;une lignée, d&rsquo;une réputation à préserver. La notion de&nbsp;<em>yèrèdon</em>&nbsp;— la connaissance de soi — est ici centrale. «&nbsp;<em>Sodon, jiridon, yèrèdon de niogôn tè</em>&nbsp;», disait une sagesse malienne.&nbsp;&nbsp;Savoir qui l&rsquo;on est, c&rsquo;est savoir ce qu&rsquo;on ne peut pas se permettre. L&rsquo;homme qui vole, qui trahit, qui humilie, ne trahit pas seulement une règle abstraite. Il trahit ses ancêtres. Il souille son patronyme. Il se rend indigne de l&rsquo;estime de sa famille, de son quartier, de sa classe d&rsquo;âge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la honte personnelle ne suffit pas toujours. C&rsquo;est pourquoi la société malienne traditionnelle avait développé un dispositif de contrôle social en cercles concentriques, décrit avec une précision quasi ethnographique dans le PNEV. En cas de manquement grave, les sanctions s&rsquo;enchaînaient selon un protocole rigoureux : d&rsquo;abord la réprimande de l&rsquo;épouse ou du mari, ensuite l&rsquo;admonestation des amis, puis le retrait des camarades de classe d&rsquo;âge, la mise à l&rsquo;index par les chefs religieux, la dénonciation publique, et enfin — sanction suprême — l&rsquo;excommunication de la communauté. Le bannissement. L&rsquo;effacement social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>La famille tenait plus à la préservation de son honneur qu&rsquo;à celle du lien avec le membre qui l&rsquo;avait déshonorée</em>&nbsp;», résume sobrement le programme. Une formule qui dit tout sur la violence de cette régulation — et sur son efficacité redoutable.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quand l&rsquo;argent a mis la honte en fuite</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, qu&rsquo;est-il arrivé ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le PNEV ne mâche pas ses mots. Il pointe, avec une franchise qui tranche sur le langage habituel des documents officiels, «&nbsp;<em>la perte de la honte et la culture populaire du profit à tout prix</em>&nbsp;» comme l&rsquo;une des causes majeures de l&rsquo;effondrement moral du pays. L&rsquo;argent, écrit le texte, «&nbsp;<em>a gangrené tous les espaces de la vie publique et privée&nbsp;</em>», entraînant «&nbsp;<em>un bouleversement social sans précédent »&nbsp;</em>et<em>&nbsp;« une inversion des valeurs&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui était honteux est devenu enviable. Ce qui était enviable est devenu suspect. Les fonctions sociales jadis sanctuarisées — l&rsquo;enseignant, le juge, le médiateur traditionnel, le religieux — ont toutes «&nbsp;<em>cédé au pouvoir redoutable de l&rsquo;argent&nbsp;</em>». Et le comble : «&nbsp;<em>ce pourquoi l&rsquo;on se donnait la mort avant, le vol, est devenu chose banale.&nbsp;</em>» Le document rappelle, sans ironie mais avec une tristesse à peine contenue, que «&nbsp;<em>de célèbres détenus font de la prison un lieu de fête&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fousseni Togola, professeur de philosophe et écrivain à Bamako, n&rsquo;est pas surpris par ce diagnostic. Il l&rsquo;a observé, pendant des années. «&nbsp;<em>La honte fonctionnait parce que la communauté était le miroir dans lequel chacun se regardait. Or ce miroir s&rsquo;est fragmenté. L&rsquo;exode rural, l&rsquo;anonymat des grandes villes, les réseaux sociaux — tout cela a créé un individu sans communauté. Et sans regard de l&rsquo;autre, la honte n&rsquo;a plus de prise.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il marque une pause, puis ajoute : «&nbsp;<em>Il y a aussi une responsabilité des élites. Quand les gens qui devraient incarner la honte sont précisément ceux qui s&rsquo;en affranchissent le plus ostensiblement, c&rsquo;est toute la norme qui s&rsquo;effondre.</em>&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>« Plutôt la mort que la honte » : une maxime oubliée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le PNEV convoque une figure tutélaire pour illustrer ce que la honte, dans sa version héroïque, peut produire : Babemba Traoré, roi du Kénédougou, qui préféra mourir plutôt que de se soumettre aux forces coloniales françaises en 1898. Sa devise —&nbsp;<em>« Plutôt la mort que la honte »</em>&nbsp;— est citée dans le texte comme un exemple de ce que le sens de l&rsquo;honneur peut engendrer de plus grand : le sacrifice de soi pour l&rsquo;intégrité de soi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dimension n&rsquo;est pas anecdotique. Dans la tradition malienne, la honte et l&rsquo;honneur sont les deux faces d&rsquo;une même médaille. L&rsquo;<em>horonya</em>&nbsp;— l&rsquo;honorabilité — est l&rsquo;une des cinq valeurs cardinales de la citoyenneté telles qu&rsquo;identifiées par le système d&rsquo;enseignement initiatique&nbsp;<em>Do Kayidara</em>. Elle se vit dans le mérite, dans la dignité préservée génération après génération, dans l&rsquo;exigence de «&nbsp;<em>se montrer digne du patronyme reçu</em>&nbsp;». Ce n&rsquo;est pas une posture. C&rsquo;est une ontologie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or c&rsquo;est précisément cette ontologie qui s&rsquo;est effilochée. Quand les promotions se font par clientélisme, quand la réussite se mesure à l&rsquo;épaisseur du portefeuille plutôt qu&rsquo;à la rectitude de la conduite, quand les médias mettent en scène le luxe des délinquants plutôt que la sobriété des honnêtes gens — le langage de la honte perd sa grammaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les gardiens se sont tus</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui aggrave la situation, selon le PNEV, c&rsquo;est que les gardiens traditionnels de la norme morale ont eux-mêmes renoncé à leur rôle. Les chefs religieux, dont l&rsquo;autorité morale était autrefois incontestée, «&nbsp;<em>tendent à la spéculation intéressée avec des accointances politiciennes qui les décrédibilisent</em>&nbsp;». Les leaders traditionnels voient leurs pouvoirs s&rsquo;éroder face aux institutions formelles de l&rsquo;État. Les parents, débordés, ont «&nbsp;<em>abandonné la culture des enfants aux programmes de la télévision</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et la télévision, justement, a fait le travail inverse. En diffusant sans retenue les comportements déviants des puissants — dépenses ostentatoires, impunité affichée, mensonges non sanctionnés —, elle a envoyé un signal dévastateur aux plus jeunes :&nbsp;<em>la honte ne paie pas</em>. L&rsquo;absence de honte, si.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Korotoumou Diarra, mère de quatre enfants à Fana, dans la région de Dioïla, en témoigne avec une lassitude qui ressemble à de la résignation. «&nbsp;<em>J&rsquo;essaie d&rsquo;apprendre à mes fils que le vol, c&rsquo;est honteux. Mais ils me regardent et ils disent : « Maman, celui-là a volé, et il roule en 4&#215;4. » Qu&rsquo;est-ce que je leur réponds ?&nbsp;</em>» Elle regarde ses mains. «&nbsp;<em>Avant, la communauté m&rsquo;aidait à éduquer mes enfants. Aujourd&rsquo;hui, je suis seule.</em>&nbsp;» Justement, seule, parce que plus aucun parent ne souhaite voir ses enfants corriger par autrui, aussi bien dans la famille que dans la rue. La société vit un individualisme à outrance.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Peut-on restaurer une honte perdue ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est la question que le PNEV pose, sans tout à fait y répondre. Car restaurer la honte comme régulateur social n&rsquo;est pas une question de loi ni de décret. C&rsquo;est une question de reconstruction de la communauté comme espace de regard mutuel. Et cela prend du temps — beaucoup de temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le programme parie sur plusieurs leviers simultanés : réhabiliter le rôle des aînés et des médiateurs traditionnels, réintroduire l&rsquo;éducation civique et morale à l&rsquo;école comme matière à part entière, revaloriser publiquement ceux qui font l&rsquo;effort de l&rsquo;intégrité, et sanctionner visiblement les comportements déviants des personnalités publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce dernier point est crucial. La honte est contagieuse — dans les deux sens. Quand les puissants assument leur déshonneur sans en payer le prix, c&rsquo;est toute la société qui se déshonore par procuration. Quand un juge est révoqué, un ministre poursuivi, un fonctionnaire condamné à rembourser — et que cela se voit, que cela se sait, que cela se dit — alors la norme reprend corps. La honte retrouve une adresse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le document conclut, avec une lucidité qui mérite d&rsquo;être citée : «&nbsp;<em>La police de conscience n&rsquo;est pas tant garantie des valeurs qu&rsquo;on le voudrait.&nbsp;</em>» Ce n&rsquo;est pas un aveu de faiblesse. C&rsquo;est un appel à ne pas tout attendre d&rsquo;elle. La honte ne peut fonctionner seule. Elle a besoin d&rsquo;une justice qui condamne, d&rsquo;une école qui forme, d&rsquo;une famille qui transmet, et d&rsquo;une société civile qui ose encore dire, à voix haute, ce qui se fait et ce qui ne se fait pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;La honte ne tue pas. Mais sans elle, on peut tout se permettre. Et quand on peut tout se permettre, on finit par tout perdre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Foula D. Massé : Pour une paix rationnelle, un essai pour repenser la paix et le pouvoir en Afrique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Nominé à la 13e édition de la Journée du manuscrit francophone en octobre 2025, Pour une paix rationnelle : de la théorie critique de la société à la réforme du pouvoir en Afrique de Foula D. Massé n’est ni un simple essai philosophique ni un manifeste politique ordinaire. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Nominé à la 13e édition de la Journée du manuscrit francophone en octobre 2025, Pour une paix rationnelle : de la théorie critique de la société à la réforme du pouvoir en Afrique de Foula D. Massé n’est ni un simple essai philosophique ni un manifeste politique ordinaire.&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://www.leseditionsdunet.com/livre/pour-une-paix-rationnelle&amp;ved=2ahUKEwjp1d3wkMaUAxVER_4FHX4cN04QFnoECBsQAQ&amp;usg=AOvVaw0iK1Fx5apGXgFNbbzqCQ-e" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’ouvrage</a> se situe à la frontière rare entre réflexion intellectuelle, critique institutionnelle et plaidoyer civique. Dans une Afrique traversée par les crises sécuritaires, les coups d’État, les tensions identitaires et les promesses démocratiques inachevées, l’auteur choisit un pari audacieux : convoquer Emmanuel Kant et Karl Popper pour penser la paix non comme slogan diplomatique, mais comme architecture rationnelle du vivre-ensemble. Dès les premières pages, Foula D. Massé installe une conviction forte : la violence n’est pas seulement affaire d’armes, elle procède aussi d’un échec intellectuel et institutionnel. Une idée qui irrigue tout le livre. Selon lui, là où le débat disparaît, la force prend le relais ; là où l’on ne peut plus critiquer, les conflits deviennent inévitables. Le rationalisme critique de Popper devient alors une méthode politique : apprendre à corriger les erreurs plutôt qu’à sacraliser le pouvoir. Le livre insiste ainsi sur une idée centrale : une paix durable suppose des institutions capables de supporter la contradiction, de protéger la liberté critique et d’encadrer le pouvoir plutôt que de le sanctifier.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La démocratie véritable ne se mesure pas au seul rituel électoral</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des grands mérites de l’ouvrage réside dans sa volonté de rendre la philosophie opératoire. Foula D. Massé ne se contente pas de commenter Kant ou Popper ; il africanise leurs intuitions. Les concepts de «&nbsp;<em>société ouverte</em>&nbsp;», d’État de droit ou de rationalisme critique deviennent des instruments pour interroger les réalités africaines contemporaines : constitutions modifiées au gré des ambitions, institutions domestiquées, démagogie politique, instrumentalisation de la peur et criminalisation de la critique. L’auteur rappelle qu’une démocratie véritable ne se mesure pas au seul rituel électoral, mais à la capacité des institutions à corriger les abus, protéger les contre-pouvoirs et accepter la contestation. Il affirme avec force qu’une paix imposée par la peur n’est qu’un silence provisoire, jamais une stabilité durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/pour-une-paix-rationnelle-9782312154565/&amp;ved=2ahUKEwjp1d3wkMaUAxVER_4FHX4cN04QFnoECBoQAQ&amp;usg=AOvVaw21isEH9e3kaUFkfwgxMK9Z" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Pour une paix rationnelle</em> </a>n’est pas un livre confortable. Sa lecture dérange parfois, parce qu’elle refuse les raccourcis idéologiques et les explications faciles. Foula D. Massé s’attaque frontalement aux récits simplificateurs, aux logiques complotistes et aux mythologies politiques qui, selon lui, empêchent de penser lucidement les causes profondes des crises africaines. Il met en garde contre les sociétés closes, ces systèmes où le doute devient suspect, la critique assimilée à une trahison et la vérité transformée en dogme d’État. Dans ces configurations, avertit-il, la violence n’est jamais accidentelle : elle devient le langage du pouvoir lui-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Penser avant de gouverner</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan littéraire, l’essai surprend par son ambition stylistique. L’écriture alterne rigueur universitaire et souffle pamphlétaire, citations philosophiques et formules incisives. L’auteur mobilise Kant, Popper, Montesquieu, Nietzsche ou encore Aldous Huxley avec une volonté manifeste de rendre accessible une réflexion souvent perçue comme réservée aux cercles académiques. Par moments, le ton devient volontiers professoral ou prescriptif, ce qui pourra rebuter certains lecteurs en quête d’un essai plus nuancé. Mais cette densité participe aussi à la singularité du texte : Foula D. Massé écrit comme un intellectuel engagé, convaincu que les idées ont encore un rôle à jouer dans le destin politique du continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fond,&nbsp;<em>Pour une paix rationnelle</em>&nbsp;pose une question simple et redoutable : comment construire une paix qui ne soit ni une parenthèse militaire, ni une illusion institutionnelle ? La réponse proposée par Foula D. Massé tient en une formule implicite : penser avant de gouverner, critiquer avant d’imposer, réformer avant d’exploser. Le livre ne promet ni miracle ni solution clé en main ; il appelle plutôt à une culture politique du doute, du débat et de la réforme progressive. En cela, cette nomination à la 13e Journée du manuscrit francophone apparaît moins comme une récompense symbolique qu’une reconnaissance d’un texte ambitieux, profondément ancré dans les fractures contemporaines de l’Afrique et résolument tourné vers la question essentielle : comment éviter que la paix ne reste un mot, quand elle devrait devenir une méthode ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Plastiques et pétrole : la crise géopolitique pourrait-elle accélérer la transition ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 May 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>La hausse des prix du pétrole liée aux tensions géopolitiques autour du détroit d’Ormuz pourrait renchérir le coût du plastique vierge et accélérer la transition vers des alternatives durables.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que les tensions autour du détroit d&rsquo;Ormuz font grimper les prix du brut, une opportunité inattendue se dessine&nbsp;: renchérir le coût du plastique vierge pourrait contraindre entreprises et États à repenser en profondeur leur rapport aux matières fossiles et à leurs dérivés.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est un facteur du changement climatique que l&rsquo;on tend à négliger dans les colonnes consacrées aux tensions géopolitiques&nbsp;: la production de plastiques. Pourtant, la grande majorité des matières plastiques conventionnelles est fabriquée à partir de pétrole et de gaz fossile. Et lorsque les prix du brut s&rsquo;envolent — comme c&rsquo;est le cas depuis les récentes turbulences autour du détroit d&rsquo;Ormuz —, c&rsquo;est toute l&rsquo;économie mondiale du plastique qui vacille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un renchérissement qui, paradoxalement, pourrait s&rsquo;avérer bénéfique pour la planète.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une chaîne de valeur entièrement fossile</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Programme des Nations Unies pour l&rsquo;environnement (PNUE) est formel&nbsp;: les plastiques génèrent des émissions nocives de gaz à effet de serre à chaque étape de leur cycle de vie — de l&rsquo;extraction pétrolière au raffinage, de la fabrication au transport, jusqu&rsquo;à l&rsquo;élimination finale. Sans inflexion majeure, ces émissions continueront d&rsquo;augmenter au rythme de la production mondiale, qui n&rsquo;a cessé de croître depuis des décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Nous devons repenser la manière dont nous produisons, utilisons et éliminons les plastiques.</em>&nbsp;», explique le&nbsp;programme des Nations unies pour l&rsquo;environnement&nbsp;(PNUE)&nbsp;Au-delà du problème des déchets — souvent au cœur du débat public —, c&rsquo;est donc une question climatique fondamentale qui se pose. L&rsquo;économie mondiale du plastique est une économie fossile&nbsp;; en l&rsquo;alimentant, on alimente le réchauffement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quels plastiques peut-on réellement remplacer&nbsp;?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse à cette question exige de distinguer la commodité de la nécessité. Le PNUE propose une lecture en trois catégories, que l&rsquo;on peut résumer ainsi&nbsp;:</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2.png"><img decoding="async" width="1024" height="475" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-1024x475.png" alt="" class="wp-image-22404" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-1024x475.png 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-300x139.png 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-768x356.png 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-1170x543.png 1170w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-585x271.png 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-600x278.png 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2.png 1406w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Seringues, équipements de protection, composants électroniques&nbsp;: le plastique y reste souvent irremplaçable à court terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les emballages alimentaires — bouteilles, films, contenants jetables — représentent la part la plus importante de la production mondiale et, bonne nouvelle, la plus facile à réformer. De nombreux pays ont déjà légiféré en ce sens, interdisant sacs plastiques et couverts à usage unique au profit d&rsquo;alternatives réutilisables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il convient toutefois de nuancer le tableau&nbsp;: certains usages du plastique contribuent à réduire les émissions. Les matériaux isolants améliorent l&rsquo;efficacité énergétique des bâtiments&nbsp;; les composants légers dans l&rsquo;automobile diminuent la consommation de carburant. «&nbsp;<em>La solution n&rsquo;est pas d&rsquo;interdire tous les plastiques, mais d&rsquo;éliminer les plastiques inutiles, évitables et problématiques</em>&nbsp;», rappelle le PNUE.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La pression économique comme levier de transformation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici que la géopolitique devient, malgré elle, alliée de l&rsquo;écologie. Lorsque le coût du plastique vierge augmente, les logiques économiques évoluent&nbsp;: les emballages excessifs perdent de leur attractivité, les produits jetables se retrouvent concurrencés par des solutions réutilisables, et les taxes environnementales trouvent un soutien public accru.&nbsp;<em>«&nbsp;La réutilisation représente l&rsquo;un des changements de marché les plus puissants disponibles.&nbsp;»,&nbsp;</em>selon le<em>&nbsp;</em>PNUE</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour de nombreux experts, cette pression pourrait accélérer trois dynamiques simultanément&nbsp;: la réduction des usages superflus, le développement des systèmes de réemploi et l&rsquo;investissement dans des matériaux alternatifs moins émetteurs de gaz à effet de serre. En d&rsquo;autres termes, ce que les politiques publiques peinent à imposer, les prix du marché pourraient l&rsquo;obtenir par défaut.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La production mondiale de plastiques génère des émissions de gaz à effet de serre à chaque étape de son cycle de vie. Le PNUE avertit que ces émissions continueront probablement d&rsquo;augmenter si la croissance non régulée de la production se poursuit. Les plastiques nuisent également à la biodiversité, via la pollution des océans et des écosystèmes terrestres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Exploitation minière au Mali : comment le pays reprend le contrôle de ses ressources stratégiques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Avec le Code minier 2023, le Mali renforce le contrôle de ses ressources stratégiques, renégocie les contrats miniers et mise sur l’or et le lithium pour construire sa souveraineté économique.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Longtemps perçu comme un simple fournisseur de matières premières au bénéfice d&rsquo;intérêts étrangers, le Mali engage depuis plusieurs années une transformation profonde de sa politique minière. Révision des codes, renégociation des contrats, montée en puissance des entreprises nationales : le pays affirme sa souveraineté sur ses ressources. Analyse d&rsquo;un virage historique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sous-sol malien recèle des richesses considérables : or, bauxite, fer, manganèse, phosphate, et désormais lithium. L&rsquo;or demeure le pilier du secteur, faisant du Mali le troisième producteur africain après l&rsquo;Afrique du Sud et le Ghana. Les gisements de Loulo-Gounkoto, de Morila et de Syama figurent parmi les plus importants du continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà de l&rsquo;or, c&rsquo;est le lithium qui concentre aujourd&rsquo;hui les regards. À l&rsquo;heure de la transition énergétique mondiale et de la demande explosive en batteries électriques, le Mali dispose de réserves potentielles significatives dans la région de Bougouni. Ce métal stratégique pourrait constituer le prochain levier de développement économique du pays.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1.png"><img decoding="async" width="1024" height="178" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1-1024x178.png" alt="Statistique de l'exploitation minière au Mali" class="wp-image-22388" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1-1024x178.png 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1-300x52.png 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1-768x133.png 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1-1170x203.png 1170w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1-585x102.png 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1-600x104.png 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1.png 1406w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Statistique de l&rsquo;exploitation minière au Mali. ©Graphique généré par IA. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le Mali n’entend plus se contenter d&rsquo;extraire et d&rsquo;exporter des matières premières brutes. Il entend désormais capter davantage de valeur ajoutée sur son territoire, telle est l’orientation de la politique minière nationale de 2023.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La révolution silencieuse du Code minier</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La révision du Code minier malien en 2023 marque un tournant majeur. Les nouvelles dispositions rehaussent significativement la participation de l&rsquo;État dans les projets miniers, renforcent les obligations sociales et environnementales des opérateurs, et instaurent des mécanismes de contrôle plus rigoureux. L&rsquo;objectif est clair : que chaque tonne extraite profite davantage au peuple malien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces réformes s&rsquo;inscrivent dans une dynamique continentale plus large. Plusieurs pays africains — Guinée, Zimbabwe, RDC — ont emprunté le même chemin, affirmant leur droit souverain à tirer profit de leurs ressources naturelles dans un contexte géopolitique mondial reconfiguré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités maliennes ont engagé une révision de plusieurs conventions minières héritées de décennies passées. Ces contrats, souvent conclus dans des conditions défavorables au Mali, font l&rsquo;objet d&rsquo;audits approfondis. L&rsquo;enjeu : rééquilibrer le partage des revenus entre l&rsquo;État, les collectivités locales et les opérateurs privés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers une industrie minière nationale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la régulation, l&rsquo;ambition malienne est de construire une véritable industrie minière nationale. Cela passe par le renforcement des capacités de la Société des Mines du Liptako (SOMILO) et d&rsquo;autres entités publiques, par la formation d&rsquo;ingénieurs et de techniciens maliens, et par l&rsquo;encouragement à la transformation locale des minerais avant exportation. D’ores et déjà, le pays s’est doté aussi en 2026 d’un nouveau cadastre minier.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le développement de sous-traitants locaux, longtemps marginalisés au profit de prestataires étrangers, constitue un autre axe prioritaire. Les nouvelles règles imposent aux opérateurs miniers des quotas croissants d&rsquo;achats auprès de fournisseurs maliens, injectant ainsi des devises dans l&rsquo;économie nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les retombées concrètes pour les communautés locales</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La question minière ne se résume pas à des chiffres macroéconomiques. Dans les zones d&rsquo;extraction comme Kayes ou Sikasso, les projets miniers sont sources d&#8217;emplois directs et indirects, de construction d&rsquo;infrastructures — routes, hôpitaux, écoles — et de recettes fiscales pour les collectivités locales. Le nouveau cadre réglementaire renforce les obligations des entreprises en matière de développement communautaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des fonds de développement local, alimentés par une fraction des revenus miniers, financent désormais des projets identifiés par les communautés elles-mêmes : adduction d&rsquo;eau, électrification, soutien à l&rsquo;agriculture, infrastructures routière et sanitaire. Une approche qui rompt avec le modèle extractif pur du passé. Il faut rappeler que le pays a procédé à la pose de la première pierre, en 2025, de sa prmière raffinerie d’or.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les mines doivent être au service du développement du Mali, pas l&rsquo;inverse. C&rsquo;est le sens des réformes engagées.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le lithium, nouveau défi et nouvelle opportunité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;exploitation du lithium représente à la fois un défi et une chance historique pour le Mali. Défi, car ce métal exige des technologies d&rsquo;extraction et de raffinage sophistiquées. Chance, car la demande mondiale en lithium devrait tripler d&rsquo;ici 2030, portée par l&rsquo;essor des véhicules électriques et du stockage d&rsquo;énergie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités maliennes entendent cette fois ne pas reproduire les erreurs du passé avec l&rsquo;or. Des négociations sont engagées pour que le raffinage du lithium se fasse partiellement sur le territoire national, créant ainsi des emplois qualifiés et captant une valeur ajoutée qui, jusqu&rsquo;ici, partait intégralement à l&rsquo;étranger.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali entre dans une nouvelle ère de sa relation avec ses ressources minières. En révisant son cadre légal, en renégociant des contrats déséquilibrés et en développant ses capacités nationales, le pays pose les bases d&rsquo;une souveraineté économique réelle. Un processus exigeant, mais porteur d&rsquo;un espoir légitime : que les richesses du sous-sol malien deviennent enfin un moteur de développement pour ses habitants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra</strong></p>
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