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	<title>Sahel Tribune, auteur sur Sahel Tribune</title>
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	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
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	<title>Sahel Tribune, auteur sur Sahel Tribune</title>
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		<title>Crise énergétique : à Montréal, des dizaines de pays misent sur l’efficacité énergétique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 14:50:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Réunis à Montréal, des dizaines de pays ont adopté une déclaration portée par l’AIE pour accélérer l’efficacité énergétique face à la crise provoquée par la fermeture du détroit d’Ormuz, avec en ligne de mire la COP31.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réunis le 29 juin 2026 à l&rsquo;occasion de la 11e Conférence mondiale sur l&rsquo;efficacité énergétique de l&rsquo;AIE, des dizaines de gouvernements ont signé une déclaration commune érigeant l&rsquo;efficacité énergétique en pierre angulaire de leur politique. Un engagement pris alors que la fermeture du détroit d&rsquo;Ormuz fait vaciller les marchés mondiaux de l&rsquo;énergie pour la deuxième fois en quatre ans.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un mot qui ne fait pas vibrer les foules — ni les marchés. L&rsquo;«&nbsp;<em>efficacité énergétique&nbsp;</em>» n&rsquo;a ni le panache des renouvelables ni le drame géopolitique du pétrole. Et pourtant, c&rsquo;est elle que des dizaines de gouvernements du monde entier ont choisi de placer au centre de leur réponse à la crise énergétique qui secoue la planète depuis la fermeture du détroit d&rsquo;Ormuz. Réunis ce 29 juin 2026 à Montréal pour la 11e Conférence mondiale annuelle sur l&rsquo;efficacité énergétique de l&rsquo;Agence internationale de l&rsquo;énergie (AIE), coorganisée par le gouvernement du Canada, ministres et hauts fonctionnaires de tous les continents ont signé une déclaration commune actant un engagement directionnel fort : faire de la sobriété énergétique la pierre angulaire de la politique énergétique mondiale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une crise qui rappelle les années 1970</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le contexte de cette déclaration n&rsquo;a rien d&rsquo;anodin. Quatre ans après le choc énergétique provoqué par l&rsquo;invasion russe de l&rsquo;Ukraine, le monde affronte une nouvelle perturbation majeure de ses marchés de l&rsquo;énergie, cette fois liée au conflit au Moyen-Orient et à la fermeture du détroit d&rsquo;Ormuz. Les gouvernements réunis à Montréal ont explicitement établi ce lien : les récentes perturbations ont renforcé la nécessité d&rsquo;accélérer l&rsquo;efficacité énergétique comme l&rsquo;un des moyens les plus rapides de réduire les coûts, renforcer la sécurité énergétique et limiter l&rsquo;exposition à la volatilité future des marchés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le parallèle avec les chocs pétroliers des années 1970 est explicitement revendiqué par l&rsquo;AIE elle-même. Ces crises avaient entraîné, à l&rsquo;époque, des transformations profondes et durables dans la manière dont les économies occidentales consommaient l&rsquo;énergie — isolation des bâtiments, normes de consommation automobile, sobriété industrielle. L&rsquo;agence veut faire de la crise actuelle un nouveau catalyseur de ce type de transformation, mais à l&rsquo;échelle mondiale et avec des outils numériques que les années 1970 ne connaissaient pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Comme les crises énergétiques successives l&rsquo;ont montré, l&rsquo;efficacité énergétique reste l&rsquo;un des outils les plus puissants dont disposent les gouvernements pour renforcer la sécurité énergétique, réduire les coûts et stimuler la compétitivité économique. Tout comme les crises pétrolières des années 1970 ont entraîné des améliorations majeures dans la façon dont l&rsquo;énergie est utilisée, la crise d&rsquo;aujourd&rsquo;hui devrait servir de catalyseur pour une action plus rapide sur l&rsquo;efficacité. »</em>, a indiqué Fatih Birol, directeur exécutif de l&rsquo;AIE, Montréal, 29 juin 2026</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Protéger les plus vulnérables, en priorité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte de la déclaration ne se limite pas aux grands principes. Il identifie une cible prioritaire : les ménages vulnérables et les petites et moyennes entreprises, identifiés comme souvent parmi les plus durement touchés par la volatilité des prix de l&rsquo;énergie. Les gouvernements signataires se sont engagés à garantir que tous puissent accéder aux bénéfices de l&rsquo;efficacité énergétique — formule qui, en creux, reconnaît que les politiques de transition énergétique ont parfois eu tendance à bénéficier davantage aux ménages aisés, capables d&rsquo;investir dans l&rsquo;isolation ou les équipements performants, qu&rsquo;aux populations précaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les centres de données, nouveau front de la sobriété</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un des axes les plus actuels de la déclaration concerne l&rsquo;efficacité des centres de données — infrastructures dont la consommation électrique explose avec le développement de l&rsquo;intelligence artificielle. Le rapport publié en mai 2026 par l&rsquo;AIE sur l&rsquo;investissement énergétique mondial avait déjà souligné ce phénomène : les commandes de nouvelles centrales à gaz ont atteint en 2025 leur plus haut niveau depuis 25 ans, en partie pour répondre aux besoins des centres de données. Intégrer ces infrastructures dans l&rsquo;agenda de l&rsquo;efficacité énergétique est une reconnaissance implicite que la révolution de l&rsquo;IA a un coût énergétique qu&rsquo;il faut désormais maîtriser activement, et non plus simplement subir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers la COP31 : un objectif contraignant pour les bâtiments</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;annonce la plus concrète de la conférence de Montréal concerne la suite du processus international. La présidence de la COP31 — qui se tiendra à Antalya, en Turquie, plus tard cette année — a chargé l&rsquo;AIE de produire un rapport spécial destiné à soutenir l&rsquo;élaboration d&rsquo;un objectif international d&rsquo;efficacité énergétique pour les bâtiments. Le secteur du bâtiment, responsable d&rsquo;environ 30 % de la consommation énergétique mondiale selon les estimations de l&rsquo;AIE, reste l&rsquo;un des gisements d&rsquo;économies les plus sous-exploités à l&rsquo;échelle planétaire — isolation insuffisante, systèmes de chauffage et de climatisation obsolètes, manque de réglementation contraignante dans de nombreux pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que ce mandat soit confié à l&rsquo;AIE en amont de la COP31 indique que les négociateurs climatiques internationaux veulent transformer l&rsquo;élan politique de Montréal en obligation concrète d&rsquo;ici la fin de l&rsquo;année. Reste à savoir si la déclaration commune, dépourvue de caractère contraignant, débouchera sur des politiques nationales réellement mises en œuvre — l&rsquo;histoire des engagements climatiques internationaux invite à la prudence sur ce point.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le Canada construit une économie concurrentielle sur le plan climatique qui mène la transition mondiale vers le zéro net. Améliorer l&rsquo;efficacité dans tous les secteurs signifie de réelles économies pour les Canadiens et une économie plus résiliente pour nous tous. »</em>, a expliqué Julie Dabrusin, ministre canadienne de l&rsquo;Environnement, du Changement climatique et de la Nature, Montréal, 29 juin 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les pays du Sud, dont beaucoup peinent à financer ne serait-ce que l&rsquo;accès de base à l&rsquo;électricité, l&rsquo;agenda de l&rsquo;efficacité énergétique pose une question structurelle : comment rendre des systèmes énergétiques plus efficaces quand l&rsquo;enjeu premier reste d&rsquo;abord de les construire ? La réponse de l&rsquo;AIE, esquissée dans plusieurs de ses rapports récents, est que l&rsquo;efficacité doit être intégrée dès la conception des nouvelles infrastructures plutôt que d&rsquo;être ajoutée a posteriori — une approche qui pourrait permettre aux économies émergentes d&rsquo;éviter les inefficacités historiquement accumulées par les pays industrialisés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : les FAMa renforcent la souveraineté économique avec l&#8217;escorte de 940 camions</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 12:08:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Les Forces armées maliennes (FAMa) ont escorté 940 camions civils entre Kayes et Bamako du 23 au 29 juin 2026, sécurisant l'un des principaux corridors économiques du Mali face aux menaces des groupes armés.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Du 23 au 29 juin 2026, les Forces armées maliennes ont conduit l&rsquo;une de leurs plus importantes opérations d&rsquo;escorte civile sur l&rsquo;axe Kayes–Sandaré–Diéma–Bamako. Résultat : 940 camions livrés à destination sans incident. Un succès logistique et sécuritaire qui dit l&rsquo;état de la guerre économique que mène le Mali contre l&rsquo;insécurité routière.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sept jours. Deux détachements coordonnés. Neuf cent quarante camions civils. Et pas un incident majeur. Du 23 au 29 juin 2026, les Forces armées maliennes (FAMa) ont conduit l&rsquo;une des opérations d&rsquo;escorte civile les plus significatives jamais documentées sur le corridor routier Kayes–Sandaré–Diéma–Bamako. Un axe d&rsquo;environ 600 kilomètres qui relie la région de Kayes — frontière avec le Sénégal et la Mauritanie, porte d&rsquo;entrée des marchandises venues du port de Dakar — à la capitale malienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet axe est vital. Il est aussi, depuis plusieurs années, l&rsquo;un des plus exposés aux menaces des groupes armés, qui utilisent les régions de Kayes et de Koulikoro comme zone d&rsquo;extension de leur emprise territoriale vers l&rsquo;ouest du Mali. Les camions qui empruntent cette route transportent des hydrocarbures, des denrées alimentaires, des matériaux de construction, des équipements industriels — tout ce qui fait vivre une économie enclavée. Bloquer cet axe, c&rsquo;est asphyxier le Mali économiquement. Le tenir, c&rsquo;est affirmer la souveraineté de l&rsquo;État jusque dans ses fonctions les plus concrètes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La mécanique d&rsquo;une opération à deux branches</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le dispositif mis en place par les FAMa illustre la complexité logistique d&rsquo;une telle opération. Dans un premier temps, un convoi de 540 camions civils est formé à Kayes et escorté par un premier détachement jusqu&rsquo;à Sandaré — ville-étape à mi-chemin, dans le cercle de Nioro du Sahel. Simultanément, un second détachement quitte Diéma le 23 juin pour rejoindre le convoi principal, prendre en charge les 540 camions et libérer les véhicules restés immobilisés à Sandaré — camions en panne, convois en attente d&rsquo;escorte, véhicules dont les chauffeurs refusaient d&rsquo;avancer seuls sur un tronçon considéré à risque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le regroupement s&rsquo;opère à Diéma, où les deux branches du dispositif fusionnent pour former un convoi de 940 camions civils — un chiffre considérable qui donne la mesure de l&rsquo;accumulation de trafic bloqué sur cet axe en l&rsquo;absence de protection militaire. Le convoi unifié progresse alors vers Bamako en suivant une route intérieure qui évite les tronçons les plus exposés : Sebabougou, Kwala, Diédiéni, Kolokani, Kati — la ville-garnison —&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un rôle qui va au-delà de la guerre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;opération Kayes–Bamako illustre une réalité que les analyses sécuritaires centrées sur les combats passent souvent sous silence : les FAMa mènent simultanément une guerre contre le terrorisme et une guerre économique contre l&rsquo;isolement. Sécuriser les convois de 940 camions, c&rsquo;est aussi sécuriser les emplois des transporteurs, les revenus des commerçants, les approvisionnements alimentaires des ménages bamakois et des régions traversées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette conception élargie du rôle des forces armées — à la fois force de combat, force de protection économique et force de développement — est au cœur de la doctrine que la Transition malienne entend déployer. Elle se traduit dans les faits : escorte des convois d&rsquo;hydrocarbures, sécurisation des déplacements des fonctionnaires à l&rsquo;intérieur du territoire, missions humanitaires et de développement dans les zones de reconquête.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;arrivée des 940 camions à Bamako le 29 juin 2026, sans incident majeur, est une victoire discrète. Pas le genre de victoire qui fait la une des chaînes d&rsquo;information en continu. Mais le genre de victoire qui fait que le Mali vit, que ses marchés se réapprovisionnent, que ses populations ne subissent pas l&rsquo;asphyxie économique que les groupes armés cherchent à leur imposer. C&rsquo;est cela, aussi, la guerre que les FAMa gagnent — un convoi après l&rsquo;autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La rédaction&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Économie verte : pourquoi le karité est un atout stratégique pour le Mali</title>
		<link>https://saheltribune.com/economie-verte-pourquoi-karite-est-atout-strategique-pour-mali/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 09:00:48 +0000</pubDate>
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<p>Le karité s'impose comme l'un des piliers de l'économie verte au Mali. Portée par des millions de femmes rurales, cette filière stratégique alimente les marchés mondiaux tout en offrant un fort potentiel de transformation locale et de souveraineté économique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Pilier discret mais essentiel de l&rsquo;économie rurale malienne, la filière karité connaît une montée en puissance portée par une demande mondiale croissante. À l&rsquo;heure de l&rsquo;hivernage, des millions de femmes s&rsquo;activent pour collecter un trésor que l&rsquo;industrie cosmétique et agroalimentaire mondiale s&rsquo;arrache.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque année, dès que les premières pluies de l&rsquo;hivernage humectent les terres du Sahel, un ballet silencieux s&rsquo;organise dans les villages du Mali. Des femmes, souvent accompagnées de leurs enfants, s&rsquo;élancent à l&rsquo;aube vers les parcs arborés pour ramasser les noix de karité tombées au pied des arbres. Un geste ancestral, répété de génération en génération, qui alimente aujourd&rsquo;hui une filière estimée à plusieurs centaines de milliards de francs CFA et convoitée par les plus grandes multinationales de la cosmétique et de l&rsquo;agroalimentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali figure parmi <a href="https://www.ifc.org/fr/stories/2020/shea-nut-mali-fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les premiers producteurs mondiaux de karité</a>. Avec une ceinture de production s&rsquo;étendant des régions de Sikasso à Mopti, en passant par Ségou et Koulikoro, le pays abrite l&rsquo;une des plus grandes concentrations de <em>Vitellaria paradoxa</em> — le nom scientifique de l&rsquo;arbre à karité — du continent africain. On estime à plus de <a href="https://malijet.com/actualite_de_la_nation_malienne/22930-karite_beaucoup_de_travail_pour.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">40 millions le nombre d&rsquo;arbres</a> sur le territoire national, constituant un patrimoine naturel d&rsquo;une valeur inestimable.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;hivernage, temps fort d&rsquo;une économie féminine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La saison de collecte, qui coïncide avec l&rsquo;hivernage entre juin et août, est un moment charnière pour des millions de ménages ruraux. La cueillette des noix de karité représente souvent la principale source de revenus monétaires des femmes en zone rurale, dans un pays où leur <a href="https://saheltribune.com/femmes-rurales-maliennes-les-oubliees-de-lexode-qui-font-vivre-lagriculture/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">accès à la terre et au crédit</a> demeure structurellement limité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les noix sont d&rsquo;abord ramassées, puis bouillies, séchées, décortiquées, broyées et barattées selon un processus long et éprouvant, entièrement manuel dans la grande majorité des cas. De ce travail patient naît <a href="https://saheltribune.com/economie-locale-ulpk-dioila-une-union-agroecologique-qui-promeut-la-politique-genre-interview/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le beurre de karité</a> brut, produit à la couleur ivoire et à l&rsquo;odeur caractéristique, que les femmes vendent ensuite sur les marchés locaux ou cèdent à des collecteurs qui alimentent les circuits d&rsquo;exportation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les coopératives féminines jouent ici un rôle central. Structurées avec l&rsquo;appui d&rsquo;ONG, de l&rsquo;État et de partenaires internationaux, certaines d&rsquo;entre elles ont réussi à court-circuiter les intermédiaires pour accéder directement aux acheteurs internationaux, améliorant sensiblement leur part de la valeur ajoutée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une demande mondiale en plein essor</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le beurre de karité est devenu un ingrédient incontournable de l&rsquo;industrie cosmétique mondiale. Lotion hydratante, crème anti-âge, baume à lèvres, shampoing ou savon de luxe : les grands noms de la beauté — de&nbsp;<a href="https://www.loreal-finance.com/fr/rapport-activite-2016/the-body-shop">L&rsquo;Oréal à The Body Shop</a>, en passant par&nbsp;<a href="https://www.unilever.fr/">Unilever</a>&nbsp;— s&rsquo;approvisionnent massivement en Afrique de l&rsquo;Ouest. Le secteur agroalimentaire n&rsquo;est pas en reste : utilisé comme substitut au beurre de cacao dans la fabrication du chocolat, le karité répond à une demande croissante de l&rsquo;industrie sucrière européenne depuis la libéralisation des normes sur les matières grasses végétales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;échelle mondiale, le <a href="https://www.fao.org/fao-who-codexalimentarius/sh-proxy/en/?lnk=1&amp;url=https%253A%252F%252Fworkspace.fao.org%252Fsites%252Fcodex%252FMeetings%252FCX-709-29%252Ffo29_09_Add1f.pdf&amp;__cf_chl_f_tk=aFheUYEEDC70C46W_9xsgDitPHc2HEBmWjrKUsI2C6w-1782845055-1.0.1.1-3ln8k_YHt3rq47zzlgAoP.TeDll5bTnGPIZMBIfkWGk" target="_blank" rel="noreferrer noopener">marché du beurre de karité</a> est évalué à plusieurs milliards de dollars et affiche une croissance soutenue, portée par l&rsquo;engouement des consommateurs occidentaux et asiatiques pour les cosmétiques naturels et le commerce équitable. Une tendance dont le Mali peut et doit tirer davantage profit.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une valeur ajoutée encore trop faible</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, malgré ce potentiel considérable, <a href="https://bamada.net/produits-oleagineux-le-mali-suspend-lexportation-damandes-de-karite" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le Mali exportait encore l&rsquo;essentiel de sa production</a> sous forme brute ou semi-transformée. Les noix et le beurre non raffiné partent massivement vers l&rsquo;Europe et l&rsquo;Asie, où ils sont transformés, conditionnés et revendus à des prix sans commune mesure avec ceux pratiqués à la sortie des villages maliens. Cette situation prive le pays d&rsquo;une fraction substantielle de la richesse que génère la filière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les acteurs du secteur plaident depuis longtemps pour une montée en gamme : développement d&rsquo;unités industrielles de transformation locale, certification biologique et équitable, création de marques maliennes à l&rsquo;export, et meilleur accès des productrices aux marchés internationaux. Des initiatives existent — <a href="https://journaldumali.com/karite-lamande-produite-au-mali-sera-transformee-sur-place/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">quelques unités de transformation</a> ont vu le jour à Bamako et à Sikasso — mais elles restent insuffisantes au regard du volume de production national.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;État face à ses responsabilités</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement malien a affiché sa volonté de structurer davantage la filière. L&rsquo;Assemblée Permanente des Chambres d&rsquo;Agriculture du Mali (APCAM) et plusieurs agences étatiques œuvrent à l&rsquo;organisation des producteurs, à la normalisation de la qualité et à la promotion du karité malien sur les marchés internationaux. Des partenariats avec le secteur privé et des bailleurs de fonds internationaux ont permis de financer des programmes de renforcement des capacités des femmes transformatrices.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les défis demeurent immenses. L&rsquo;accès au financement reste la première contrainte des coopératives. La dégradation du couvert arboré, liée à la déforestation et aux changements climatiques, menace à long terme la ressource elle-même. Et la faiblesse des infrastructures rurales — routes impraticables en hivernage, manque d&rsquo;électricité, absence de stockage adéquat — continue de rogner les marges des productrices et de fragiliser la qualité des produits.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un or blanc à faire briller</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le karité malien a tous les atouts pour devenir un fleuron de l&rsquo;économie nationale et un symbole du développement inclusif : il est abondant, naturel, porté par des femmes entrepreneures et plébiscité par un marché mondial en croissance. Il ne manque, pour s&rsquo;imposer pleinement, que la volonté politique de transformer cet or blanc en levier de souveraineté économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les champs de l&rsquo;hivernage, pendant que les femmes s&rsquo;agenouillent pour ramasser les noix tombées, c&rsquo;est déjà, à leur échelle, cette souveraineté-là qu&rsquo;elles exercent, noix après noix, saison après saison.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : trois jours de concertation pour renforcer la prise en charge des personnes déplacées</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 09:43:32 +0000</pubDate>
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<p>Le Mali organise à Bamako un atelier national avec le PNUD afin de renforcer la stratégie de solutions durables pour les personnes déplacées internes et promouvoir une réponse humanitaire coordonnée et durable.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le gouvernement malien a organisé un atelier national de trois jours pour renforcer la réponse coordonnée aux crises de déplacement interne, avec l&rsquo;appui du PNUD.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali franchit une nouvelle étape dans sa réponse aux crises humanitaires. Le Ministre de la Santé et du Développement social, le Médecin Colonel-major Assa Badiallo Touré, a présidé l&rsquo;ouverture d&rsquo;un atelier national de renforcement des capacités consacré à la Stratégie nationale des solutions durables, réunissant à Bamako les principaux acteurs institutionnels, techniques et humanitaires du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant trois jours, représentants de l&rsquo;État, partenaires internationaux et acteurs de terrain ont conjugué leurs expertises pour affiner un plan d&rsquo;action commun, à même de répondre durablement aux défis posés par les déplacements forcés qui affectent des pans entiers de la population malienne, en particulier dans les régions du Centre et du Nord.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De l&rsquo;urgence au développement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ambition affichée dépasse le simple cadre de la réponse humanitaire d&rsquo;urgence. Il s&rsquo;agit désormais d&rsquo;inscrire les acquis de l&rsquo;aide aux personnes déplacées dans une logique de développement durable, en associant l&rsquo;ensemble des parties prenantes à l&rsquo;élaboration de solutions pérennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Dans les prochaines semaines, des actions de terrain seront menées dans nos régions en vue de coconstruire des réponses avec les populations. Cela nécessitera la coordination de nos efforts en vue d&rsquo;une réponse intégrée pour un développement durable</em>&nbsp;», a déclaré la ministre lors de la cérémonie d&rsquo;ouverture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette approche concertée traduit une volonté politique claire : ne plus dissocier secours immédiat et perspective à long terme, en faisant de chaque intervention humanitaire un levier de stabilisation et de résilience pour les communautés touchées.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;appui crucial du PNUD</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La tenue de cet atelier stratégique n&rsquo;aurait pas été possible sans le soutien du Programme des Nations Unies pour le Développement, dont l&rsquo;accompagnement technique et financier a été expressément salué par la ministre. Le PNUD s&rsquo;affirme ainsi comme un partenaire structurant dans la mise en œuvre de la politique nationale de solutions durables, aux côtés des autorités maliennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;issue des trois jours de travaux, les participants sont attendus sur la production d&rsquo;un plan d&rsquo;action opérationnel, doté des outils méthodologiques nécessaires à sa mise en œuvre sur le terrain. Un signal fort, à l&rsquo;heure où le Mali cherche à démontrer que la stabilisation de son territoire peut aller de pair avec une prise en charge digne et structurée des populations déplacées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La rédaction&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Yaya Sangaré, l&#8217;homme de parole du Mali, s&#8217;est éteint</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jun 2026 23:53:48 +0000</pubDate>
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<p>Décès de Yaya Sangaré le 29 juin 2026. Retour sur le parcours d’un homme de médias, député et ministre ayant marqué la vie politique malienne.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L&rsquo;ancien ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement malien, est décédé ce lundi 29 juin 2026. Homme de radio, parlementaire chevronné, ministre sous IBK, Yaya Sangaré aura traversé quatre décennies de vie publique malienne avec une constance rare : celle de la parole au service de l&rsquo;État.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La nouvelle a traversé Bamako comme une onde silencieuse, ce lundi 29 juin 2026. Yaya Sangaré n&rsquo;est plus. L&rsquo;ancien ministre de la Communication, chargé des Relations avec les Institutions et Porte-parole du Gouvernement, s&rsquo;est éteint, laissant derrière lui le souvenir d&rsquo;un homme dont la voix — au sens propre comme au sens figuré — aura longtemps résonné dans les couloirs du pouvoir malien et dans les studios de radio du pays profond.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De Bouaké à Bamako : un Malien de toujours</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Né le 2 juillet 1964 à Bouaké, en Côte d&rsquo;Ivoire, Yaya Sangaré est un fils du terroir de Yanfolila, dont il fit ses études primaires avant de décrocher son baccalauréat série sciences humaines à Bamako en 1983. Quatre ans plus tard, en 1987, il obtient une maîtrise en Histoire et géographie à l&rsquo;École normale supérieure de Bamako (ENSup), avant de compléter son cursus en 2012 par un MBA délocalisé de l&rsquo;École Supérieure de Gestion de Paris, à l&rsquo;ISTA-TechnoLab de Bamako, option Communication, Médias et Événementiels. Un parcours intellectuel cohérent, traversé de bout en bout par le même fil conducteur : les mots, leur pouvoir, leur responsabilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;homme de radio avant l&rsquo;homme d&rsquo;État</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avant d&rsquo;être ministre, avant d&rsquo;être député, Yaya Sangaré fut un homme de médias. C&rsquo;est en 1991 qu&rsquo;il fait son entrée dans le monde de la communication en rejoignant la Coopérative culturelle Jamana, d&rsquo;abord comme directeur de son imprimerie, puis comme chroniqueur dans les colonnes des Échos, premier journal indépendant du Mali, à partir de 1993. La même année, il prend la direction de la Radio Jamana de Koutiala, toute fraîche station née dans le sillage de la libération des ondes qui avait accompagné la révolution démocratique de mars 1991. Il en restera directeur jusqu&rsquo;en 1999, avant de devenir coordinateur principal du réseau des radios de proximité de la Coopérative multimédia Jamana.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette immersion dans le paysage médiatique malien lui vaudra, entre 2004 et 2007, la présidence de l&rsquo;Union des radiodiffusions et télévisions libres du Mali (URTEL), faîtière du secteur privé audiovisuel. Un ancrage dans la société civile de la presse qui forge chez lui une connaissance fine des rouages de l&rsquo;information, une sensibilité aux équilibres entre liberté d&rsquo;expression et responsabilité institutionnelle — des qualités qui lui seront plus tard précieuses au perchoir de porte-parole du gouvernement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une décennie au Parlement, entre Bamako et Abuja</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 2007, membre de l&rsquo;ADEMA-PASJ depuis sa fondation, Yaya Sangaré franchit le Rubicon politique en se faisant élire député à l&rsquo;Assemblée nationale sous les couleurs du parti à l&rsquo;abeille, dans la circonscription de Yanfolila. Réélu en 2013, il cumule pendant plus d&rsquo;une décennie les responsabilités parlementaires aux niveaux national et sous-régional. Au Parlement de la CEDEAO, il préside successivement la Commission Santé et Services Sociaux (2008-2011), puis la Commission Éducation, Sciences, Technologies, Jeunesse, Sports et Culture (2011-2015), avant de prendre la tête, dès 2015, de la Commission Affaires politiques, Paix, Sécurité et Mécanisme Africain d&rsquo;Évaluation par les pairs. Autant de responsabilités qui font de lui un interlocuteur respecté bien au-delà des frontières maliennes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ministre d&rsquo;IBK : de la diaspora à la communication</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est en septembre 2018, dans le premier gouvernement du second quinquennat d&rsquo;Ibrahim Boubacar Keïta, que Yaya Sangaré effectue son baptême du feu dans l&rsquo;exécutif. Nommé ministre des Maliens établis à l&rsquo;Extérieur et de l&rsquo;Intégration africaine, il s&rsquo;attelle à redonner consistance à un département longtemps traité comme un ministère de seconde zone, en développant des liens plus actifs avec la diaspora malienne — première source de devises du pays. Quelques mois plus tard, une promotion significative lui est accordée : il est nommé ministre de la Communication, chargé des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement. Un poste à haute exposition, en pleine période de tension sécuritaire et sociale, dans un pays où le front médiatique devenait aussi important que le front militaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce rôle délicat, Yaya Sangaré s&rsquo;impose comme un porte-parole habile, pédagogue sans être complaisant, capable de défendre les positions gouvernementales sans écraser ses interlocuteurs. Sa formation de journaliste lui confère un sens aigu du message, de la formule, de la mise en récit des politiques publiques. Il prend la parole dans les moments les plus difficiles, endosse le costume de l&rsquo;État avec une gravité naturelle et une maîtrise rare de la communication de crise.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un vide dans la mémoire démocratique du Mali</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Yaya Sangaré appartient à cette génération de militants politiques qui ont construit leur engagement dans le sillage de la révolution démocratique de 1991 et du multipartisme qu&rsquo;elle a engendré. Membre fondateur actif de l&rsquo;ADEMA-PASJ, il a vécu de l&rsquo;intérieur les mutations — et les déchirements — d&rsquo;un parti qui fut longtemps l&rsquo;axe structurant de la vie politique malienne. Son parcours illustre une certaine idée de l&rsquo;engagement : celle d&rsquo;un homme qui choisit de bâtir plutôt que de dénoncer, de servir les institutions plutôt que de les contester, sans jamais renoncer à ses convictions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Père de huit enfants, époux de deux femmes, fils de Yanfolila qui ne s&rsquo;était jamais coupé de ses racines malgré les grandeurs de la capitale, Yaya Sangaré laisse le souvenir d&rsquo;un homme à la fois de conviction et de mesure. Sa mort, ce lundi 29 juin 2026, rappelle que la démocratie malienne, si fragile et si chahutée, s&rsquo;est construite aussi sur des vies comme la sienne — discrètes, laborieuses, irremplaçables.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Repose en paix, Yaya Sangaré.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : ces couples qui ne s’aiment plus mais n’osent pas se quitter</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Jun 2026 08:13:39 +0000</pubDate>
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<p>Au Mali, de nombreux couples restent ensemble malgré des relations brisées, sous l’effet de la pression sociale, du tabou du divorce et de la peur du regard des autres. Une réalité qui interroge les modèles conjugaux et le bien-être familial.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Mali, de nombreux couples restent ensemble malgré des relations brisées, sous l’effet de la pression sociale, du tabou du divorce et de la peur du regard des autres. Une réalité qui interroge les modèles conjugaux et le bien-être familial.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils partagent un toit, parfois un lit, rarement une vie. Ils se sont dit oui devant les familles, devant la communauté, devant l’officier d’état civil, devant l&rsquo;imam. Et c&rsquo;est précisément devant cette communauté qu&rsquo;ils ne peuvent plus se dire non. Au Mali, derrière les <a href="https://saheltribune.com/mariage-au-mali-la-frequentation-avant-lunion-reduit-elle-vraiment-les-divorces/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">apparences de foyers stables</a> se cachent des milliers de couples maintenus ensemble non par l&rsquo;amour ou le respect mutuel, mais par la peur viscérale du qu&rsquo;en-dira-t-on. Le divorce reste l&rsquo;un des tabous les plus puissants de la société malienne — et ce tabou a un coût humain considérable, largement invisibilisé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une prison sans barreaux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Elle s&rsquo;appelle Fatoumata, Aminata, ou Mariam. Il s&rsquo;appelle Moussa, Adama, ou Ibrahim. Ils habitent ensemble depuis dix, quinze, vingt ans. Ils ne se parlent plus vraiment, ne se touchent plus, ne se regardent plus. Mais ils restent. Pas par choix. Par calcul social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce calcul, des millions de Maliens le font chaque jour sans le nommer. Il intègre des variables précises : la honte de la famille, le regard du quartier, la pression des beaux-parents, la réputation des enfants, le statut de la femme divorcée dans une société qui la perçoit encore souvent comme une marchandise retournée, défectueuse, suspecte. Face à ces variables, beaucoup de couples choisissent la cohabitation silencieuse plutôt que la séparation bruyante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce phénomène n&rsquo;est pas propre au Mali. Mais il y prend une intensité particulière, nourrie par des structures sociales où l&rsquo;individu reste profondément subordonné au groupe, et où le mariage est perçu moins comme <a href="https://amzn.to/4ewzYB8" target="_blank" rel="noreferrer noopener">une relation entre deux personnes</a> que comme une alliance entre deux familles — une alliance que l&rsquo;on ne rompt pas sans conséquences collectives.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que les données révèlent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les statistiques officielles sur le divorce au Mali restent parcellaires, en raison de la prédominance des unions religieuses et coutumières non enregistrées à l&rsquo;état civil. Néanmoins, les données disponibles dessinent un tableau révélateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon <a href="https://www.instat-mali.org/laravel-filemanager/files/shares/rgph/rapport-etat-matrimonial-nuptialite-rgph5_rgph.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cinquième Recensement général de la population et de l’habitat</a> (RGPH5), moins de 5 % des femmes maliennes sont divorcées ou séparées au moment de l&rsquo;enquête — un chiffre remarquablement bas au regard de la prévalence documentée des violences conjugales, des conflits liés à la polygamie, et des difficultés économiques des ménages. Cet écart entre la réalité vécue des tensions conjugales et le faible taux de divorces officiels constitue en lui-même une donnée significative : il suggère que de nombreuses unions dysfonctionnelles perdurent sans jamais aboutir à une séparation formelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La grande majorité des <a href="https://www.persee.fr/doc/pop_0032-4663_1995_num_50_1_5902" target="_blank" rel="noreferrer noopener">unions dissoutes</a> le sont généralement de manière informelle — l&rsquo;homme prononce le divorce religieux, la femme retourne chez sa famille — sans passage devant les tribunaux civils. Ces divorces invisibles ne figurent dans aucune statistique officielle, rendant le phénomène encore plus difficile à mesurer avec précision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La peur du regard social et de la stigmatisation est l&rsquo;un des principaux facteurs dissuadant les femmes de mettre fin à des unions conflictuelles ou violentes — devant même les obstacles économiques liés à l&rsquo;absence d&rsquo;autonomie financière.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le divorce, une honte genrée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le tabou du divorce ne frappe pas de la même manière les hommes et les femmes. C&rsquo;est là une réalité que les données confirment et que les témoignages illustrent avec une constance troublante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour un homme malien, divorcer — surtout s&rsquo;il se remarie ensuite — reste socialement acceptable, voire valorisé dans certains milieux. Il a exercé son droit. Il a refait sa vie. La communauté comprend, parfois applaudit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour une femme divorcée, le regard social est d&rsquo;une toute autre nature. Elle est «&nbsp;<em>la femme qui n&rsquo;a pas su garder son mari</em>&nbsp;». Elle est suspecte — trop indépendante, trop difficile, peut-être trop libre. Dans les zones rurales comme dans certains quartiers urbains de Bamako, une femme divorcée voit sa valeur matrimoniale chuter brutalement, ses chances de remariage se réduire, et son statut au sein de la communauté se fragiliser durablement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette asymétrie est documentée par plusieurs études conduites en Afrique de l&rsquo;Ouest. Une recherche publiée par l&rsquo;Institut de recherche pour le développement (IRD) sur les <a href="https://www.erudit.org/fr/revues/as/2025-v49-n1-as010219/1119568ar/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">dynamiques familiales au Sahel</a> montre que dans des sociétés à forte pression communautaire, les femmes intègrent très tôt le coût social du divorce dans leurs décisions conjugales — et que ce coût perçu est systématiquement plus élevé pour elles que pour leurs conjoints.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les enfants, otages du qu&rsquo;en-dira-t-on</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des arguments les plus fréquemment invoqués pour justifier le maintien d&rsquo;une union dysfonctionnelle est la protection des enfants. «&nbsp;<em>Je reste pour mes enfants</em>&nbsp;» est une phrase que les conseillers conjugaux et les travailleurs sociaux maliens entendent quotidiennement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais que vivent réellement ces enfants ? Les recherches en psychologie de l&rsquo;enfant menées dans des contextes similaires montrent de manière convergente que les enfants élevés dans des foyers marqués par un conflit conjugal chronique, même silencieux, présentent des niveaux significativement plus élevés d&rsquo;anxiété, de difficultés scolaires et de troubles comportementaux que ceux élevés par un parent seul dans un environnement stable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enfant élevé dans un foyer où les parents ne se parlent plus, où la tension est palpable, où les disputes étouffées rythment les nuits — cet enfant n&rsquo;est pas protégé. Il est exposé à un modèle conjugal fondé sur l&rsquo;apparence et l&rsquo;endurance, qu&rsquo;il risque fort de reproduire à son tour.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La cohabitation silencieuse comme mode de vie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que les sociologues appellent le «&nbsp;<em>mariage coquille</em>&nbsp;» — une union dont la forme persiste après que le contenu a disparu — est une réalité croissante dans les grandes villes maliennes. À Bamako, des couples occupent le même domicile en menant des vies parallèles : finances séparées, espaces distincts, interactions réduites au minimum. Ils maintiennent l&rsquo;apparence du foyer pour les enfants, pour les familles, pour le quartier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette configuration n&rsquo;est pas nécessairement vécue comme un drame au quotidien. Elle peut s&rsquo;installer progressivement, presque naturellement, comme une adaptation raisonnée à une situation sans issue apparente. Mais elle a un coût psychologique réel — solitude chronique, sentiment d&rsquo;enfermement, renoncement à toute intimité affective — que ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre des conjoints ne peut nommer publiquement sans remettre en cause l&rsquo;édifice entier.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quand le regard des autres coûte plus cher que la liberté</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie question que pose ce phénomène est celle du prix que la société malienne fait payer à ceux qui osent partir. Tant que le divorce sera perçu comme un échec personnel et une honte familiale plutôt que comme une décision adulte et courageuse, des milliers de personnes continueront de sacrifier leur bonheur — et parfois leur santé mentale — sur l&rsquo;autel du qu&rsquo;en-dira-t-on.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des études sur la santé mentale en Afrique subsaharienne, notamment le <a href="https://www.un.org/fr/global-issues/mental-health" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rapport 2023 de l&rsquo;Organisation mondiale de la santé</a> sur la charge des troubles mentaux dans la région africaine, identifient les situations de stress conjugal chronique comme l&rsquo;un des facteurs de risque majeurs de dépression et d&rsquo;anxiété généralisée — des pathologies largement sous-diagnostiquées et sous-traitées au Mali, où le recours à la santé mentale reste marginalisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rester dans un mariage sans amour par peur du regard des autres n&rsquo;est pas de la sagesse. C&rsquo;est une forme de violence lente, exercée par la société sur les individus — et consentie par eux, faute d&rsquo;alternative culturellement acceptable.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers une autre culture du mariage et du divorce</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Changer ce paradigme ne se décrète pas. Cela suppose un travail long et patient sur les représentations collectives — dans les familles, dans les mosquées, dans les médias, dans les écoles. Cela suppose de normaliser l&rsquo;idée qu&rsquo;un mariage qui se termine n&rsquo;est pas nécessairement un mariage raté. Que deux personnes qui se séparent avec dignité valent mieux qu&rsquo;un foyer maintenu par la peur. Que le regard des autres n&rsquo;est pas une boussole fiable pour naviguer sa propre vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des voix s&rsquo;élèvent au Mali pour porter ce discours. Des imams progressistes qui rappellent que l&rsquo;islam autorise et encadre le divorce, sans en faire une infamie. Des associations qui créent des espaces de parole pour des personnes piégées dans des unions sans issue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce travail est lent. Il est fragile. Mais il est réel. Et il porte, au fond, la même conviction : qu&rsquo;une vie humaine vaut plus que l&rsquo;opinion du quartier. Que la liberté intérieure ne devrait jamais être sacrifiée sur l&rsquo;autel des apparences. Et qu&rsquo;un foyer qui tient par la peur n&rsquo;est pas un foyer — c&rsquo;est une façade.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Programme de restauration des Terres dégradées (PRTD)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jun 2026 08:51:45 +0000</pubDate>
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<p>Un magazine sur le Programme de restauration des terres dégradées, dans la région de Mopti. Une réalisation du ministère de l'Environnement diffusé sur la télévision nationale du Mali le 24 juin 2026.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Un magazine sur le Programme de restauration des terres dégradées, dans la région de Mopti. Une réalisation du ministère de l&rsquo;Environnement diffusé sur la télévision nationale du Mali le 24 juin 2026.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Programme de restauration des Terres dégradées (PRTD)" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/TSkD3Brgp9o?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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		<title>Mali : face à la mendicité, l&#8217;État prend ses responsabilités</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jun 2026 08:00:34 +0000</pubDate>
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<p>Le gouvernement malien a adopté une Stratégie nationale de lutte contre la mendicité et un Plan d’actions 2026-2028. L’objectif : protéger les enfants, renforcer l’inclusion sociale et promouvoir des alternatives économiques durables.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le gouvernement de la Transition a adopté une Stratégie nationale de lutte contre la mendicité assortie d&rsquo;un Plan d&rsquo;actions 2026-2028. Une réponse structurée, globale et ancrée dans les valeurs maliennes, qui place la protection de l&rsquo;enfant et la cohésion sociale au cœur des priorités de l&rsquo;État.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La scène est devenue familière dans les rues de Bamako, de Ségou ou de Mopti : des enfants tendant la main aux carrefours, des femmes portant leur nourrisson sur le dos pour apitoyer les passants, des hommes déambulant en quête d&rsquo;une aumône. La mendicité, phénomène complexe aux ramifications sociales, économiques et culturelles, a pris au Mali une ampleur telle qu&rsquo;elle appelle désormais une réponse d&rsquo;État coordonnée et durable, surtout en ce contexte de lutte implaccable contre le terrorisme. C&rsquo;est désormais chose faite. Réuni le 25 juin 2026 au Palais de Koulouba sous la présidence du Général d&rsquo;Armée Assimi Goïta, le Conseil des ministres a pris acte d&rsquo;une communication du Premier ministre portant adoption de la Stratégie nationale de lutte contre la mendicité et de son Plan d&rsquo;actions 2026-2028.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un phénomène devenu systémique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le diagnostic posé par le gouvernement est sans ambiguïté. Au cours des dernières décennies, la mendicité a cessé d&rsquo;être un phénomène marginal pour devenir, dans bien des cas, un véritable mode de subsistance. Les crises sécuritaires successives, les déplacements de populations, la pression démographique et la fragilisation du tissu économique rural ont alimenté un exode vers les villes, où une frange croissante de ménages n&rsquo;a d&rsquo;autre recours que la sollicitation de la charité publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conséquences sont multiples et préoccupantes. Pour les enfants d&rsquo;abord — et ils sont légion à être exposés à ce phénomène —, la mendicité constitue une atteinte directe à leurs droits fondamentaux : droit à l&rsquo;éducation, droit à la protection, droit à un développement harmonieux. Pour la société ensuite, la visibilité croissante de ce phénomène érode la cohésion sociale et fragilise l&rsquo;image des villes maliennes. Pour le développement humain enfin, elle entretient des logiques d&rsquo;exclusion et de dépendance qui freinent toute dynamique d&rsquo;émancipation.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une stratégie ancrée dans la vision du Mali kura</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Loin d&rsquo;une approche sécuritaire ou répressive, la stratégie adoptée par le gouvernement choisit délibérément la voie de la prévention et de l&rsquo;inclusion. Elle s&rsquo;inscrit dans le cadre du projet de société «&nbsp;<em>Mali kura nɛtaasira ka ben san 2063 ma</em>&nbsp;» — la vision 2063 — et de la Stratégie nationale pour l&rsquo;Émergence et le Développement durable 2024-2033. Ce double ancrage n&rsquo;est pas anodin : il signale que la lutte contre la mendicité n&rsquo;est pas une politique sectorielle isolée, mais un volet à part entière de la reconstruction nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;objectif central est de contribuer à la réduction durable de la mendicité, notamment celle impliquant les enfants, à travers une approche globale reposant sur la prévention, la protection, l&rsquo;inclusion socio-économique et la responsabilisation des familles et des communautés. Le texte mentionne également la promotion d&rsquo;une éducation inclusive conforme aux valeurs religieuses et républicaines du Mali — une formulation qui témoigne de la volonté d&rsquo;articuler tradition et modernité plutôt que de les opposer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quatre axes pour une réponse globale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La stratégie repose sur quatre piliers complémentaires. Le premier concerne la promotion des alternatives socio-économiques et la réinsertion des personnes vulnérables. Il s&rsquo;agit ici de s&rsquo;attaquer aux causes profondes de la mendicité en offrant des débouchés économiques à celles et ceux qui y ont recours par nécessité : formation professionnelle, appui à l&rsquo;entrepreneuriat, accès aux filets sociaux. Sans alternatives crédibles, toute politique de lutte contre la mendicité risque de rester lettre morte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième axe vise le renforcement de la responsabilité parentale. Dans un pays où la cellule familiale demeure le premier filet de sécurité, responsabiliser les parents — en les accompagnant plutôt qu&rsquo;en les sanctionnant — constitue un levier puissant. Le troisième pilier porte sur l&rsquo;encadrement et l&rsquo;accompagnement des écoles coraniques, dont certaines pratiquent la mendicité rituelle imposée aux jeunes talibés. Il ne s&rsquo;agit pas de les stigmatiser, mais de les intégrer dans un cadre régulé, qui garantisse la dignité et la protection des enfants qui y sont scolarisés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, le quatrième axe — l&rsquo;intégration progressive de l&rsquo;enseignement religieux dans le système éducatif national — traduit une ambition de long terme : réconcilier deux systèmes d&rsquo;éducation qui ont trop souvent coexisté en parallèle, au détriment des enfants pris entre eux. En offrant aux familles une éducation qui honore leur foi tout en ouvrant des perspectives d&rsquo;avenir, l&rsquo;État répond à une attente sociale profonde.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>2026-2028 : le temps de l&rsquo;action</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La stratégie ne restera pas un document de bureau. Elle entre immédiatement en phase opérationnelle avec un premier Plan d&rsquo;actions couvrant la période 2026-2028. Ce calendrier volontariste place le gouvernement face à ses engagements dans un délai mesurable. Dans un contexte où la Transition est engagé dans un processus de transformation profonde des institutions et d’amélioration concrète des conditions de vie des Maliens, l&rsquo;adoption de ce plan est un signal fort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il reste que la réussite de cette stratégie dépendra de la mobilisation de l&rsquo;ensemble des acteurs : ministères, collectivités territoriales, organisations de la société civile, leaders religieux et communautaires. La mendicité est un fait social total ; sa résorption ne peut être que l&rsquo;œuvre d&rsquo;une société qui se mobilise tout entière. Le gouvernement a posé le cadre. Reste à l&rsquo;habiter.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
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		<title>Hydrocarbures : le Mali réceptionne près de 30 millions de litres de carburant en une semaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jun 2026 07:09:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
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<p>Réuni autour du ministre Moussa Alassane Diallo, le comité de suivi des hydrocarbures a confirmé la disponibilité des stocks et la volonté du Mali de diversifier ses sources d’approvisionnement pour renforcer sa souveraineté énergétique.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Malgré les contraintes logistiques qui continuent de peser sur les corridors régionaux, le Mali maintient un niveau d’approvisionnement soutenu en produits pétroliers. Entre le 15 et le 21 juin, près de 30 millions de litres de carburants ont été acheminés vers le pays à travers 655 citernes. Une performance qui illustre les efforts des autorités et des opérateurs du secteur pour sécuriser l’approvisionnement énergétique national, dans un contexte marqué par la recherche de nouvelles sources d’importation et la consolidation de la souveraineté énergétique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministère de l&rsquo;Industrie et du Commerce a tenu ce jeudi 25 juin 2026 sa 26e réunion périodique de suivi de l&rsquo;approvisionnement du Mali en hydrocarbures. Présidée par le ministre Moussa Alassane Diallo, cette rencontre a réuni l&rsquo;ensemble des acteurs stratégiques du secteur pétrolier national, dans un contexte international marqué par des évolutions contrastées.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une détente internationale qui allège les coûts</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan international, les participants ont enregistré avec satisfaction une détente progressive des cours du pétrole. Cette évolution est la résultante directe de l&rsquo;accalmie observée dans le conflit au Moyen-Orient et, surtout, de la réouverture du détroit d&rsquo;Ormuz — artère vitale du commerce mondial des hydrocarbures. Ces développements favorables sont susceptibles d&rsquo;alléger sensiblement les coûts d&rsquo;approvisionnement du Mali dans les semaines à venir, offrant une marge de respiration bienvenue pour les opérateurs nationaux et les consommateurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des stocks actifs, des défis logistiques à surmonter</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan opérationnel, les données présentées témoignent d&rsquo;un approvisionnement en cours mais sous surveillance. Du 15 au 21 juin 2026, le Mali a réceptionné 655 citernes représentant un volume total de 29 849 000 litres de carburants. Le dernier convoi enregistré, le 19 juin, comprenait 264 citernes d&rsquo;essence, 337 citernes de gasoil, 47 citernes de fuel et 6 citernes de gaz butane — soit un taux de ravitaillement de 27 %, reflet du dynamisme des importations malgré les difficultés structurelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, plusieurs défis demeurent. L&rsquo;absence de nouveaux convois depuis le 19 juin, des commandes en attente de livraison et l&rsquo;état dégradé de certaines infrastructures routières continuent de peser sur la fluidité du transport des produits pétroliers à l&rsquo;intérieur du territoire. Ces constats, formulés sans détour lors de la réunion, illustrent la lucidité des autorités de la Transition face aux réalités d&rsquo;un pays enclavé, fortement tributaire des corridors d&rsquo;approvisionnement régionaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La diversification comme priorité stratégique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces contraintes, les participants ont réaffirmé avec force la nécessité de diversifier les sources d&rsquo;approvisionnement. Une mission conjointe — réunissant les services techniques de l&rsquo;État et les opérateurs privés du secteur — est envisagée à Abidjan afin d&rsquo;engager des échanges approfondis avec les partenaires régionaux. L&rsquo;objectif est d&rsquo;identifier des solutions concrètes permettant de renforcer la résilience et la fluidité des approvisionnements du Mali en hydrocarbures, dans une logique de souveraineté énergétique cohérente avec les orientations de la Transition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette démarche s&rsquo;inscrit dans la continuité des efforts engagés par les autorités maliennes pour émanciper progressivement le pays des vulnérabilités héritées de sa dépendance aux circuits d&rsquo;approvisionnement traditionnels, souvent exposés aux aléas géopolitiques ou aux défaillances infrastructurelles des pays de transit.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un engagement gouvernemental sans faille</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En clôturant la réunion, le ministre Moussa Alassane Diallo a tenu à réaffirmer solennellement l&rsquo;engagement du Gouvernement de la Transition à surveiller avec la plus grande vigilance l&rsquo;évolution de la situation et à prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver la disponibilité des produits pétroliers sur l&rsquo;ensemble du territoire national. Une posture qui confirme la détermination des autorités à faire de la sécurité énergétique un pilier de la stabilité économique et sociale du Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces réunions de suivi périodiques — dont la régularité est en soi un signal fort — témoignent d&rsquo;une gouvernance proactive et d&rsquo;une coordination sectorielle renforcée. Dans un environnement régional complexe, la capacité du Mali à anticiper et à gérer ses approvisionnements en hydrocarbures constitue un enjeu de premier ordre pour la souveraineté nationale et le bien-être des populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : la refondation de la défense nationale prend force de loi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jun 2026 07:04:09 +0000</pubDate>
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<p>Le gouvernement malien a adopté un projet de loi réformant l’organisation générale de la défense et de la sécurité. Une étape majeure dans la refondation des FAMa et le renforcement de la souveraineté nationale face aux défis sécuritaires du Sahel.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Conseil des ministres du 25 juin 2026 a adopté un projet de loi réformant l&rsquo;organisation générale de la défense et de la sécurité. Une réforme structurelle engagée par la Transition pour adapter les Forces armées aux nouvelles réalités géostratégiques du Sahel.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une décision à portée historique que le gouvernement de la Transition malienne vient de prendre. Réuni en session ordinaire au Palais de Koulouba sous la présidence du Général d&rsquo;Armée Assimi Goïta, Chef de l&rsquo;État, le Conseil des ministres a adopté, ce jeudi 25 juin 2026, un projet de loi portant organisation générale de la Défense et de la Sécurité. Un texte fondateur, longtemps attendu, qui engage le Mali dans une recomposition profonde de son architecture sécuritaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une loi héritée d&rsquo;une autre époque</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2004, l&rsquo;organisation de la défense nationale malienne reposait sur la Loi n°04-051 du 23 novembre 2004. Ce texte avait été conçu pour répondre aux menaces d&rsquo;une époque révolue, dans un contexte géopolitique qui n&rsquo;a plus grand-chose à voir avec les défis actuels auxquels fait face le Sahel. Vingt-deux ans plus tard, les insuffisances de cette loi sont apparues avec acuité, à mesure que le Mali se trouvait confronté à des formes d&rsquo;agression multiples et en constante mutation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à la montée en puissance des groupes armés, à la recomposition des alliances régionales et à l&rsquo;évolution des doctrines de sécurité, le cadre légal de 2004 ne suffisait plus. Le gouvernement a pris acte de cette réalité en engageant dès le début de la Transition un chantier de réformes majeures au sein des Forces armées et de sécurité du Mali (FAMa), dont ce projet de loi constitue l&rsquo;aboutissement législatif.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La refondation au cœur de la souveraineté</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le concept de «&nbsp;<em>refondation</em>&nbsp;» n&rsquo;est pas un mot en l&rsquo;air dans le vocabulaire de la Transition. Il traduit une ambition politique cohérente : reconstruire les institutions de l&rsquo;État sur des bases solides, adaptées aux réalités du pays et aux exigences de la souveraineté. Dans ce cadre, la réorganisation de l&rsquo;appareil de défense est une priorité absolue. Il ne s&rsquo;agit pas seulement d&rsquo;améliorer les capacités opérationnelles des FAMa, mais de redéfinir les fondements mêmes de la défense nationale, en cohérence avec les nouvelles orientations stratégiques du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce projet de loi s&rsquo;inscrit également dans la logique de l&rsquo;Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, dont l&rsquo;un des axes structurants est la mutualisation des capacités de défense. Réformer le cadre législatif malien, c&rsquo;est aussi préparer le terrain à une coopération sécuritaire plus efficace entre ces trois États qui ont choisi de faire face ensemble aux menaces qui pèsent sur leur espace commun.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un outil de défense renforcé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le rapport présenté par le ministre délégué auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le texte adopté vise à renforcer l&rsquo;outil de Défense et de Sécurité. Formule lapidaire, mais qui recouvre des enjeux considérables : clarification des chaînes de commandement, redéfinition des responsabilités institutionnelles, meilleure articulation entre les différentes composantes des forces de sécurité. Autant de leviers qui, s&rsquo;ils sont activés avec rigueur, peuvent sensiblement améliorer l&rsquo;efficacité opérationnelle des FAMa sur le terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les observateurs noteront que cette réforme intervient dans un contexte où les FAMa ont multiplié les succès militaires ces dernières années, réduisant significativement l&#8217;emprise de groupes armés dans plusieurs régions du pays. Consolider ces acquis en dotant l&rsquo;armée d&rsquo;un cadre juridique modernisé constitue une démarche logique, voire indispensable, pour pérenniser les gains obtenus sur le terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet de loi doit désormais suivre le processus législatif ordinaire avant d&rsquo;entrer en vigueur. Mais d&rsquo;ores et déjà, son adoption en Conseil des ministres marque une étape importante dans la construction d&rsquo;un Mali souverain, capable d&rsquo;assurer lui-même la sécurité de son territoire et la protection de ses populations — sans tutelle, sans compromis sur l&rsquo;essentiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Foula D. Massé</strong></p>
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